Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme a porté plainte dimanche contre la société Deliveroo et un ou plusieurs livreurs de cette enseigne qui ont refusé jeudi de « servir des juifs » en allant prendre des commandes dans des restaurants casher.
La scène relatée dans un communiqué du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) est à peine croyable. Jeudi 7 janvier au soir, un livreur Deliveroo s’est présenté devant un restaurant casher de Strasbourg et demandé « Quelle est la spécialité du restaurant ? » Quand le restaurateur lui a répondu qu’il cuisinait des « spécialités israéliennes, » le livreur a répondu « Ah bon alors je ne livre pas pour les juifs », avant de tendre son téléphone portable pour montrer le statut de la commande sur l’application Deliveroo : « Voilà c’est annulé, » a-t-il dit. Toujours selon le communiqué, devant l’incompréhension du restaurateur, le livreur a confirmé : « c’est comme ça, je ne livre pas pour les juifs » avant de repartir.
L’affaire de discrimination embarrasse la société de livraison, qui rappelle qu’elle n’est pas l’employeur des livreurs. Photo : Deliveroo / FlickR
Selon le BNCVA, des faits similaires se sont déroulés dans un autre restaurant casher de Strasbourg, le même jour sans qu’il soit possible à ce stade de savoir s’il s’agit du même livreur Deliveroo. Les deux restaurateurs ont porté plainte vendredi pour des faits de « boycott et de discrimination raciale. » Saisi de cette affaire par le Consistoire israélite de Strasbourg, le BNCVA a décidé de porter plainte à son tour dimanche contre ce ou ces livreurs, et la société Deliveroo.
Me Raphaël Nisand a été chargé par le BNCVA de cette procédure :
« Les faits sont particulièrement graves mais l’enquête progresse vite. La société Deliveroo collabore avec la police. Un livreur a été identifié à partir des informations fournies par les plaignants. »
Suite à cette affaire, le BNVCA exige « que les dirigeants de Deliveroo publient une charte destinée à leur personnel, interdisant le boycott et la discrimination. » De son côté, la société Deliveroo n’a pas répondu à cette sollicitation mais dans un communiqué transmis à l’AFP, elle a indiqué « prendre cet incident très au sérieux » et avoir mené une enquête interne.
En réunion publique après sa visite de Stocamine, la ministre Barbara Pompili a surpris, voire braqué, nombre d’Alsaciens avec un langage semblant désinvolte. Mais pour certains participants, cette familiarité est source d’espoir : avec une vision moins technocratique, les déchets pourraient remonter du sol plus vite.
« Si j’en n’avais rien à foutre… Pardon, excusez moi, c’est la fin de journée et j’ai pas bouffé (sic) ». En visite dans le bassin potassique d’Alsace, la ministre Barbara Pompili a usé d’un vocabulaire familier, voire grossier, avec le grand public. Le ton de cette « petite fille de mineurs » du Nord Pas-de-Calais, comme elle l’a souligné à plusieurs reprises, contrastait avec la gravité de la soirée. En visioconférence ou dans la salle, c’est pour beaucoup la seule occasion depuis 19 ans d’interpeller directement une ministre sur le dossier des déchets industriels enfouis à Stocamine, près de Mulhouse. Le tout à quelques semaines d’une décision qui semble définitive pour le centre de stockage souterrain.
Fatigue ? Manque d’arguments ? Désintérêt ? Tergiversations ? L’expression de Barbara Pompili s’est appauvrie au fur et à mesure de la soirée qui s’est étirée jusqu’à 23 heures en préfecture de Colmar. « Elle parlait beaucoup plus sérieusement avec les élus », témoigne Joseph Weisbeck, ancien mineur électricien à Stocamine (« ma caisse d’outils est toujours en bas, je l’avais laissé la veille de l’incendie ») et adjoint au maire à Wittenheim.
L’élu local a d’abord assisté à une rencontre d’environ une heure à la mine de Wittelsheim, « où elle paraissait moins catégorique », juste avant la réunion publique. Idem devant les journalistes, où elle met davantage en avant son émotion, tout en indiquant qu’elle a sa préférence pour ne plus rien remonter.
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Face à une souffrance au travail niée par leur direction, 37 salariés et ex-employés d’une entreprise alsacienne, soutenus par la CFDT et les élus du personnel, ont porté plainte au pénal pour harcèlement moral organisationnel. Une action rarissime.
La démarche est exceptionnelle. Le 2 décembre 2020, 37 salariés et ex-employés de l’entreprise RSI Vidéo, accompagnés du comité social et économique (CSE) et de la CFDT Communication, conseil et culture, ont déposé une plainte pénale auprès du procureur de la République contre leur employeur ainsi que contre quatre dirigeants ou anciens cadres pour harcèlement moral. Cela représente plus des deux tiers de l’effectif de cette société basée à Strasbourg.
La plainte, que Mediapart a pu consulter, illustre la lente agonie d’équipes qui se désagrègent, et dresse en creux une stratégie pour vider l’entreprise de ses salariés, alors qu’un plan de sauvegarde pour l’emploi (PSE) présenté à l’été 2019 a avorté.
« Les victimes entendent dénoncer le harcèlement moral organisationnel mis en place au sein de la société, ainsi que l’atteinte à l’intégrité psychique et physique des salariés », conclut la plainte, espérant y voir une possibilité de procès, puis de condamnation sur le modèle de celle de France Télécom en décembre 2019.
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Social, puis gauche(s) et dorénavant LREM. De la pige à Mediapart, en passant par Liaisons sociales, je suis passé du suivi des politiques sociales à la politique tout court.
Cet article a été initialement publié sur Médiapart. Il est republié sur Rue89 Strasbourg dans le cadre du partenariat entre nos deux titres.
La campagne de vaccination a débuté dans le Grand Est. Mais pas assez vite pour Jean Rottner. Désormais en campagne électorale, le président (LR) de la région Grand Est a entamé une tournée des médias pour dénoncer un « scandale d’État ».
Quelques doux dingues ne baissent pas les bras face aux contraintes sanitaires. Un événement festif, en musique, en groupe et à vélo est organisé samedi au centre-ville.
Est-ce qu’il y a encore un moyen de faire la fête ensemble malgré les contraintes sanitaires, sécuritaires et réglementaires ? Beaucoup renoncent, d’autres organisent des soirées secrètes et Dimitri Rossi, DJ de Strasbourg, propose une « bike parade ». C’est un peu comme une techno-parade, mais à vélo.
Le concept de la roller-bike parade a déjà bien pris à Bruxelles Photo : Roller Bike Parade
Avec masques et en respectant les distances, les organisateurs assurent que cette techno parade, appelée « Bike n Zen » est « Covid compatible » (adaptée à la situation sanitaire) et en utilisant des vélos, l’organisateur espère contourner l’interdiction générale de se regrouper dans l’espace public. Selon ce dernier, d’autres manifestations similaires ont eu lieu en Europe sans problème, y compris à Paris un mois auparavant.
L’organisateur donne rendez-vous samedi à 14h30 dans un lieu encore tenu secret, il sera dévoilé au dernier moment aux participants inscrits sur l’événement Facebook. Ce ne sera pas à l’intérieur de la Grande-Île, en raison d’un arrêté préfectorale interdisant les manifestations.
Les participants sont invités à apporter toutes leurs lumières, afin de parer leurs vélos et eux-mêmes de leurs plus beaux effets.
La bike parade à Venice Beach, y’a du level.
L’organisateurs se charge de l’itinéraire et… du son puisqu’il prévoit d’apporter quelques enceintes et des platines pour faire de ce rendez-vous un événement festif, histoire de se rappeler à quoi ça ressemblait, avant.
L’ancienne adjointe au maire Chantal Cutajar a gardé sa formation constituée lors des élections municipales et fait part de deux propositions pour 2021.
Une démocratie locale « un peu en panne » et qui sert « parfois d’alibi ». Voici comment Laurent Aunroult, vice-président du nouveau parti politique « Citoyens engagés, » analyse la situation du dialogue citoyen à Strasbourg. À ses côtés, Chantal Cutajar, l’ancienne adjointe au maire en charge de la démocratie locale. L’ancienne candidate aux élections municipales (2,17% au premier tour) compte encore peser dans la vie politique strasbourgeoise.
Qu’une liste d’opposition tente de faire reprendre ses propositions par la majorité, c’est assez commun. Qu’une liste non-représentée dans l’hémicycle s’y essaye, c’est un peu plus inédit. L’objectif est de mettre en place la proposition phare de la campagne de Citoyens engagés : une « Chambre de participation citoyenne ».
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L’ingénieur écologue Jean-Claude Génot critique dans une tribune le plan de relance de la filière bois du gouvernement. Selon lui, il y aura des conséquences sur les forêts alsaciennes.
Est-ce que le sort de tous ces arbres sera le même que celui des centaines de milliers d’épicéas, plantés il y a quelques décennies, morts affaiblis par les sécheresses et tués par les scolytes (insectes) en 2019 et 2020 ? Car si la forêt a encaissé ces pertes massives, ce n’est ni la faute du réchauffement climatique que nous avons déclenché, ni celle des scolytes qui font partie de l’écosystème forestier, mais bien celles des sylviculteurs qui ont planté l’épicéa sur des sols inadaptés et en peuplements purs, fragiles et non résilients.
Un plan pour la forêt à visée uniquement économique
Travailler contre la nature nécessite d’en payer le prix, tôt ou tard. La vision de la forêt du ministre de l’Agriculture a le mérite de la clarté en nous rappelant : « qu’une forêt, ça se protège, tout comme le sol, et ça se cultive, tout comme le sol ». Si la culture de la forêt vue par le ministre a pour modèle l’agriculture industrielle française, on peut avoir des craintes légitimes quant aux effets de ce plan sur la biodiversité forestière.
Cultiver la forêt signifie la plupart du temps, planter des résineux à croissance rapide, donc créer des champs d’arbres et certainement pas des forêts. Une forêt pousse toute seule et n’a nullement besoin de plantation pour exister, c’est ce qui la différencie d’un champ d’arbres.
La forêt est composée d’espèces autochtones d’âges divers, adaptées au sol et au climat local, issues de régénération naturelle, où vivent une faune et une flore spécifiques liées à l’ambiance forestière. C’est un espace multifonctionnel pour la production de bois, la protection de la nature et l’accueil des populations.
Mélanges d’espèces, d’âges et de couleurs : une forêt (photo Jean-Claude Génot, document remis).
Un champ d’arbres, à l’inverse, est une monoculture d’espèces allochtones d’âge unique, très pauvre en biodiversité forestière et fragile face aux tempêtes, aux insectes et aux herbivores. C’est un espace monofonctionnel dont le seul but est de produire de la biomasse pour l’industrie. Ce programme de « repeuplement » est en fait un plan de relance de la filière bois qui souhaite majoritairement des résineux, alors que la forêt française est dominée par les feuillus. Il ne sert pas l’intérêt général mais les intérêts des pépiniéristes, des coopératives forestières et de l’ONF (Office nationale des forêts), aux abois sur le plan économique depuis que l’Etat ne compense plus son déficit.
Plantation d’épicéas, avec un couloir pour l’abatteuse, tous les 10 à 15 mètres : un champ d’arbres ( photo Jean-Claude Génot, document remis).
Des espèces exotiques, aux effets néfastes sur la biodiversité…
Il faut en finir avec cet argument simpliste selon lequel planter un arbre est bon pour la nature si on ne précise pas l’espèce, le lieu et l’objectif. Il est bénéfique de planter des arbres ayant vocation à devenir plus que centenaires, dans des paysages appauvris par l’agriculture ou dans des villes très bétonnées. Par contre, en forêt il est calamiteux sur le plan écologique de planter des résineux à la place des feuillus autochtones, sous peine de diminuer drastiquement la biodiversité. Idem si l’on plante ces mêmes résineux sur les surfaces d’épicéas éliminés par les scolytes et coupés à blanc, sous peine de reproduire les mêmes erreurs que dans le passé, avec cette fois des espèces encore plus exotiques, censées mieux s’adapter au changement climatique.
L’ONF a d’ailleurs établi une liste d’espèces exotiques envisageables, censées mieux réagir au réchauffement climatique. Pour la chênaie, il y a 53 espèces, parmi lesquelles : les sapins de Céphalonie, d’Espagne et Cilicie, les cèdres de l’Atlas, à encens et du Liban, l’eucalyptus du Mont Dalrymple, les pins noirs d’Autriche, de Monterrey et de Brutie, sans oublier le Douglas et les chênes du Caucase, de Hongrie et de Turquie.
Comment peut-on miser sur des espèces soi-disant « miraculeuses », dont on ne sait rien du comportement à moyen et long terme vis-à-vis du sol et des autres espèces de flore et de faune, sans aucune étude d’impact préalable ?
À l’heure où les spécialistes de la biodiversité insistent sur la nécessaire attention à porter avant d’introduire des espèces exotiques, les forestiers foulent allègrement le principe de précaution inscrit dans la Constitution. Pourtant dans ces listes, figurent le févier d’Amérique au caractère envahissant reconnu, des eucalyptus, réputés assécher les sols, le frêne de Mandchourie qui serait à l’origine de la chalarose du frêne en France et enfin le cyprès de l’Arizona, au pollen allergène pour les humains.
Il y a déjà des précédents en forêt avec des exotiques envahissants comme le robinier, le cerisier tardif, le pin de Weymouth et le sumac de Virginie. À ce propos, l’agence fédérale allemande de l’environnement a classé le Douglas dans les espèces envahissantes.
… et qui renforcent les effets du réchauffement climatique
Enfin, ces plantations ne permettent pas de lutter contre les effets du réchauffement climatique. En effet le stockage de carbone est bien meilleur dans une forêt à cycle long que dans une plantation gérée sur un cycle court. De plus, les arbres d’une plantation font l’objet d’une coupe rase, et la débauche de travaux (dessouchage, labour, épandage de fertilisants ou de pesticides) liés à l’exploitation perturbent fortement les sols, ce qui provoque un relargage du carbone contenu dans la biomasse, le bois mort, l’humus et le sol. Sans parler de la dépense d’énergie fossile, plus importante dans le cas de la plantation que pour une forêt âgée.
C’est même l’inverse qui se produit : la plantation de résineux renforce les effets du réchauffement climatique, car elle diminue la capacité des arbres à réfléchir les rayons du soleil, elle augmente la capacité des arbres à laisser passer la lumière et elle favorise l’évapotranspiration du sol, plus soumis à la lumière dans les plantations de résineux que dans les forêts de feuillus.
L’Alsace n’est pas épargnée
En Alsace, la part des feuillus représente 64% en surface, et celle des résineux 36%, mais en volume, les feuillus ne représentent plus que 53% et les résineux 47%. On le voit, l’Alsace et en particulier le massif Vosgien a déjà fait l’objet d’un enrésinement important dans le passé, à base d’épicéas, de Douglas, de pin sylvestre et de sapins alors que la forêt vosgienne était naturellement feuillue (hêtre, chêne, érable), avec ça et là du sapin en mélange ou du pin dans les stations sèches orientées plein sud.
Annik Schnitzler, professeur d’écologie et spécialiste des forêts naturelles, a parlé de « boréalisation » pour le massif Vosgien, car les forêts boréales sont composées de conifères. Il est clair que ce plan qui fait la part belle aux plantations, donc surtout aux résineux, pourrait voir ces derniers augmenter significativement en surface dans l’avenir, voire dépasser les feuillus en volume.
Un programme FuturForEst pour tester 10 espèces exotiques
Dans la région Grand Est, 74 parcelles forestières d’environ 2 hectares ont été sélectionnées pour tester dix espèces d’arbres exotiques dans le cadre d’un programme baptisé FuturForEst, soutenu par la Région avec des fonds européens à hauteur de 1,7 millions d’euros.
Les premières plantations « climatiques » ont déjà eu lieu. Les dix essences testées sont : le chêne zéen, le chêne de Hongrie, le chêne pubescent, le frêne de Mandchourie, le copalme d’Amérique, le sapin de Cilicie, le pin de Macédoine, le calocèdre, le cyprès de l’Arizona et le séquoia toujours-vert.
Ces plantations effectuées en forêt publique et privée sont des tests. Au bout de 5 à 10 ans d’observation, en fonction des résultats, les espèces exotiques pourront alors être utilisées plus couramment. Elles deviendraient alors plus importantes en surface.
Ces observations ne sont pas effectuées dans un cadre scientifique selon un protocole rigoureux, ce ne sont que des essais, réalisés par des gestionnaires qui n’auront ni les moyens ni les capacités d’étudier l’impact écologique de ces espèces sur l’écosystème. Et que dire de cette période de 5 à 10 ans pour en tirer des conclusions, alors qu’une forêt s’inscrit dans le long terme ?
L’Alsace, cinquième région forestière de France avant la fusion, a également pour particularité l’importance des forêts publiques qui représentent 75% de la forêt alsacienne. Or, c’est justement en forêt publique, gérée par l’ONF, que vont être effectuées des plantations d’espèces exotiques à hauteur de 3% de la forêt domaniale, sur des surfaces de 0,5 à 5 hectares, nommés des « îlots d’avenir ». Ce pourcentage n’est pas négligeable si on le compare au 1% dédié à la nature protégée de façon stricte en forêt. Déjà, certaines coupes rases d’épicéas dans le secteur de Saverne ont été plantées avec des mélèzes ou encore des cèdres de l’Atlas.
Plus d’arbres mais moins de forêt à terme
Après l’échec des plantations d’épicéas, comment peut-on aujourd’hui s’obstiner à planter, quand la forêt fonctionne gratuitement par régénération naturelle ? Comment peut-on croire que des espèces venues de régions plus chaudes vont mieux s’adapter à un environnement changeant, dont personne ne peut prédire exactement les effets sur le climat local?
Tout cela fait penser à un apprenti sorcier qui veut dominer la nature en ignorant les conséquences écologiques, et en jouant à la roulette russe avec de l’argent public. Planter des espèces plus qu’exotiques est un acte contre nature qui nécessite une énergie manuelle, mécanique ou chimique pour être menée à terme ; tout cela est coûteux et sans aucune garantie de réussite quand la nature fait pousser des espèces autochtones gratuitement.
Mais l’homme veut « ses » arbres, qui répondent aux critères industriels et pas la forêt, oubliant qu’une société qui refuse de s’adapter à son environnement naturel n’est pas durable. Assurément planter des résineux sur le modèle agricole revient à avoir peut-être plus d’arbres mais nettement moins de forêts.
La forêt française mériterait un débat citoyen afin de dégager des objectifs de gestion pour ce bien commun. Sous couvert d’adaptation au changement climatique, en introduisant plus de résineux en plantation à cycle court, l’homme va réduire les capacités de la forêt à jouer son rôle de puits de carbone, maximal pour les forêts feuillues âgées à couvert continu.
Un collectif d’une vingtaine d’associations et de partis appellent à la reprise de la contestation contre le projet de loi sécurité globale. Il s’agit de la septième manifestation contre ces dispositions attentatoires aux libertés fondamentales.
Est-ce que la loi de sécurité globale est en train de devenir la loi Travail du quinquennat d’Emmanuel Macron ? En 2016, après des mois de manifestations hostiles, la loi Travail avait finalement été adoptée mais elle avait durablement essorés les Socialistes alors au pouvoir.
La protestation contre la loi de sécurité globale a débuté en novembre Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc
Contre le projet de loi de Sécurité globale, une nouvelle fois, une vingtaine d’associations, collectifs et partis, plutôt à gauche, appellent à protester samedi 9 janvier à Strasbourg contre la loi de sécurité globale, toujours à l’agenda du gouvernement et du parlement.
Le retrait ou rien…
Les organisateurs de cette septième manifestation à Strasbourg demandent le retrait total du projet de loi. Le gouvernement, embarrassé par des appels internationaux critiques, dont un émanant du Conseil de l’Europe, a proposé une commission pour réécrire l’article 24 de cette loi, qui prévoyait d’inclure dans la loi de 1881 sur la liberté d’expression un délit d’intention (nuire aux forces de l’ordre).
Mais la loi contient bien d’autres dispositions renforçant l’arsenal sécuritaire, dont l’utilisation de moyens technologiques comme des drones pour les forces de l’ordre, dans des conditions très larges, ainsi que l’extension des pouvoirs des policiers municipaux et des agents de sécurité privés.
Dans un communiqué la coordination contre le projet de loi a indiqué que « les parlementaires se sont contentés d’effets d’annonce s’agissant de la réécriture de l’article 24 », promise en réponse au tollé suscité par la mesure. Et le Sénat « semble vouloir fusionner » ce texte « avec l’article 18 du projet de loi “confortant les principes républicains”, précédemment nommée “contre le séparatisme”. » Cette coordination a demandé un rendez-vous au Premier ministre et au président de la République, demandes restées sans réponse à ce jour.
C’est un mariage qui pourrait être révolutionnaire pour l’histoire de la presse. L’entreprise Numerize, spécialisée dans la numérisation de documents, rêve de se plonger dans la plus grande collection de magazines du monde, détenue par un Anglais. L’idée : créer une sorte de Spotify pour ces 160 000 magazines qui seraient numérisés, référencés et consultables en ligne. Il ne reste plus qu’à trouver des financements.
Au sud-est de Londres, dans un immense entrepôt gris et blanc, se cache la plus grande collection de magazines du monde. 160 000 revues, accumulées depuis le début des années 90 par James Hyman, un ancien scénariste de la chaîne de télé MTV.
Avec sa folle collection Hymag, l’Anglais de 47 ans est même entré en 2012 au Guiness World Records. Des producteurs de Netflix, à des designers célèbres en passant par Kate Moss, le public du monde entier se bouscule dans les rayons de cet entrepôt de 900 m², plein à craquer de vieilles revues (pour la plupart anglaises et américaines : Vogue, Playboy, The Face, etc.), dont certaines datent de plus 200 ans.
Dans un entrepôt de 900 m² au sud-est de Londres, 160 000 magazines sont entassés sur près de 2 km d’étagères (Photo Mat Benson / doc remis).
Sources d’inspirations ou archives historiques, chacun y trouve son compte, tant dans le contenu que dans le contexte que les magazines donnent à voir.
« Ce serait comme perdre la bibliothèque d’Alexandrie une nouvelle fois »
Il faut donc imaginer des rayons et des rayons de vieux magazines. L’équivalent d’1,8 km d’étagères. Avec parfois des revues abîmées, très fragiles. Et surtout avec le risque d’un incendie et de voir tout disparaître. « Ce serait comme perdre la bibliothèque d’Alexandrie une nouvelle fois », analyse Maghan McDowell du magazine Vogue dans une vidéo publiée sur le site de Hymag.
Des exemplaires de Vogue, Play Boy, The Rolling Stones ou encore National Geographic : la collection de James Hyman est la plus grande du monde. Photo : Doug Rimington / doc remis
En 2020, James Hyman réalise en effet que ses magazines ne lui survivront pas. Et qu’il faut trouver une solution pour qu’ils soient accessibles à tout le monde entier et surtout aux futures générations. Il se lance donc dans la numérisation de ses bijoux en papier. Mais scanner toutes les pages de 160 000 magazines, ça prend du temps, et de l’argent, et pour l’instant, seules les revues The Face ont été numérisées. C’est là que Numerize entre en scène.
Numériser les 160 000 magazines de James Hyman, permettrait d’avoir une base d’archives unique, d’histoire de la presse. Photo : Jake Green / doc remis
15 millions de pages à tourner et à numériser
L’entreprise alsacienne basée à Hoerdt est spécialisée dans la numérisation de documents depuis 2008. Et lorsque le jeune dirigeant de la PME, Julien Gless, découvre Hymag il y a quelques mois, il n’hésite pas une seconde. « J’ai lu un article qui parlait de James et de son projet, et j’ai tout de suite trouvé son idée géniale. J’ai cherché son mail, je lui ai écrit, il m’a répondu immédiatement, on s’est appelés et c’était parti ! »
Julien Gless est si enthousiaste qu’il a même proposé à James Hyman de faire un essai gratuitement :
« Je l’ai convaincu de m’envoyer un échantillon de sa collection, pour avoir une idée d’un potentiel devis et pour estimer le temps de travail, en fonction de la qualité et de l’état des magazines. Certains sont très vieux, il faut faire très attention quand on tourne les pages, ça peut prendre 3h, mais en moyenne il faut compter 1h par magazine. »
Julien Gless, directeur général de Numerize.
Julien Gless, le directeur général de Numerize, rêve de numériser les 15 millions de pages des magazines de James Hyman. Photo : Sabrina Schwartz / doc remis
Le jeune trentenaire et la vingtaine de salariés de Numerize ont donc commencé à numériser une centaine de magazines pendant les vacances de Noël. « On fait ça sur nos temps creux pour l’instant ». Mais à terme, Julien Gless espère bien crouler sous le travail en 2021, puisqu’avec 160 000 magazines, il faudrait donc 160 000 heures de travail (18 ans environ) pour les 15 millions de pages à tourner et à numériser. « Si ce projet se concrétise, on devra recruter et mettre une équipe à temps plein dessus », explique le dirigeant.
Une fois les revues numérisées, « il faut utiliser des logiciels pour gommer les impuretés, explique Julien Gless, puis “océriser” les magazines, c’est-à-dire passer d’un fichier image à un fichier texte, afin que les mots clés soient identifiés pour d’éventuelles recherches ». La dernière étape, c’est l’indexation.
Les salariés de Numerize ont déjà commencé à numériser quelques magazines de James Hyman, dans leurs locaux à Hoerdt. Photo : Sabrina Schwartz
Le concept de Hymag c’est bien sûr de mettre à disposition cette base de données unique, mais aussi de reverser des royalties aux auteurs et aux photographes, en fonction du nombre d’utilisateurs. « C’est là que ça ressemble à Spotify », note Julien Gless. La collection numérique comprendrait un accès gratuit limité et plusieurs offres payantes pour « quelques euros par mois », afin d’accéder à l’ensemble du répertoire.
« Pour la numérisation complète et pour la création de cette plateforme, de cette intelligence artificielle, on a besoin de 6 millions d’euros », détaille l’entrepreneur. James Hyman a commencé une levée de fonds il y a plus de trois mois, accessible ici (il a déjà récolté plus de 20 000£), mais Julien Gless rêve désormais d’un partenariat plus global et plus important avec un musée, une bibliothèque, un fonds d’investissement ou mêmes des investisseurs privés.
Diplômée à Lille en 2012. Après Paris et Marseille, je me suis installée à Strasbourg en 2020. Je suis aujourd’hui indépendante en radio et web, pour Rue89 Strasbourg, Mediapart, Louie Media et France Culture. J’aime les reportages et les enquêtes au long cours, sur les sujets de société et sur notamment sur les violences sexistes et sexuelles.
L’auteur de BD strasbourgeois Joseph Béhé signe l’œuvre de sa vie avec une adaptation d’un essai anthropologique titré « Et l’homme créa les dieux. » L’ouvrage, imposant et magnifique, explore une nouvelle façon de transmettre les connaissances scientifiques.
Peut-on sérieusement expliquer les phénomènes religieux, ces sujets aussi brûlants que la foi, le fanatisme, le surnaturel, dans une bande dessinée ? Joseph Béhé, auteur strasbourgeois de BD de 58 ans et enseignant à la Haute école des arts du Rhin (Hear), prend le pari et publie aux éditions Futoropolis « Et l’homme créa les dieux ». Il s’agit d’une adaptation d’un essai publié en 2001 par Pascal Boyer, anthropologue et directeur de recherches au CNRS. Ce dernier d’ailleurs n’y croyait pas. Dans la préface de l’ouvrage, il rappelle non sans humour son scepticisme initial en se rappelant avoir reçu cette « proposition biscornue d’un original. »
Mais pour Joseph Béhé, l’idée était bien avec cet imposant ouvrage de 368 pages d’expérimenter quelque chose, pour la bande dessinée :
« On dit qu’une image vaut mille mots. C’est pas toujours vrai mais en tout cas, l’image est un canal puissant. Je voulais proposer une nouvelle lecture graphique des concepts détaillés par la recherche en sciences sociales, tels qu’ils sont développés par Pascal Boyer. Certains concepts se visualisent très bien quand on lit le livre. »
Il aura fallu 8 années de création à Joseph Béhé pour arriver au bout de cet ultime ouvrage Photo : PF / Rue89 Strasbourg / cc
Sauf qu’il aura fallu 8 ans à Joseph Béhé pour venir à bout de cette œuvre, une année par chapitre, tous extrêmement détaillés et enrichis de références ethnographiques, théologiques, sociologiques, psychologiques et même neuroscientifiques. L’auteur de 58 ans aux 19 albums l’affirme : « J’arrête de dessiner après ça, “Et l’homme créa les dieux” sera ma dernière BD. »
Rue89 Strasbourg : Pourquoi et comment vous est venue l’idée d’adapter un essai anthropologique en bande-dessinée ?
Joseph Béhé : Je suis issu d’une famille catholique alsacienne de Triembach-au-Val, j’ai baigné dans la religion étant petit, dans les années 60. À 15 ans, je chantais des messes avec ma guitare. Puis étudiant à Strasbourg, je suis devenu athée, révolté contre les religions… Je suis resté assez méprisant avec les croyants pendant longtemps, à me demander comment j’avais pu moi-même être là-dedans… Jusqu’à ce que le monde se rappelle à moi, au début des années 2000, comme étant profondément religieux !
« Ce livre m’a réconcilié avec la religion »
Tout le monde croit en fait, il n’y a guère qu’en une fraction de l’occident qu’il y a des athées. Donc cette question est centrale, fondamentale. Et quand j’ai lu le livre de Pascal Boyer, ça m’a réconcilié avec la religion : enfin une explication rationnelle, enfin des réponses ! On croit qu’on est maître de nos croyances, mais pas du tout en fait. Je me suis dit qu’il fallait absolument que ce message, extrêmement utile, soit adapté en BD, ne serait-ce que pour sortir des rayons universitaires des bibliothèques.
Chaque image a été pensée individuellement, pour permettre des réorganisations éventuelles Photo : PF / Rue89 Strasbourg / cc
L’ouvrage est imposant, 360 pages très denses, très documentées… Comment avez-vous travaillé ?
D’abord, il a fallu trouver la forme narrative, le scénario. J’ai tout de suite eu l’idée d’une conversation, entre Pascal Boyer d’une part et six avatars de moi-même, qui ont des rapports différents à la religion, d’autre part.
J’ai envoyé quelques planches pour trouver un éditeur et Sébastien Gnaedig de Futuropolis, conquis, m’a rappelé tout de suite. Et heureusement que c’était lui car c’est grâce à sa détermination et à ses encouragements que je n’ai pas abandonné… Après les 4 premières années à ne travailler que sur ce projet, je n’en voyais pas le bout.
La présentation de la BD
« J’ai dû réécrire certaines bulles 40 fois »
Je suis resté très proche de l’essai de Pascal Boyer. Chaque année, je lui envoyais un chapitre afin qu’il regarde si ça lui convenait. Et c’était le cas la plupart du temps. Les grosses corrections sont venues d’un travail de lissage de la narration, je voulais absolument que le lecteur soit emmené par touches successives dans cet univers extrêmement complexe des sciences cognitives. Toutes les images ont été dessinées individuellement, pour pouvoir être réarrangées. J’ai dû réécrire certaines bulles 40 fois.
Sur le dessin, j’ai essayé de varier les styles tout en restant dans le noir et blanc, pour des questions de coût. Il y a beaucoup de sophistication parce que je voulais être au niveau des croyants. Les statues, les livres, les ornements qui représentent les déités ont toujours été créés avec extrêmement de soin. J’avais cette tradition de l’excellence en tête, je voulais leur rendre hommage.
J’espère déjà que les religieux ne vont pas me tomber dessus ! J’ai essayé de respecter toutes les religions présentées, mais ça reste le livre d’un athée. Donc mon espoir est que ce livre trouve sa place au rayon des livres de sociologie. J’espère qu’il ne sera pas cantonné au rayon des BD, car je pense que les amateurs du genre risqueraient d’être déçus…
« Aider les chercheurs à toucher plus de monde »
C’est plutôt un livre pour tout le monde, avec une narration en images. C’est de la vulgarisation scientifique. J’ai toujours apprécié la recherche et mon objectif, c’est bien d’aider les chercheurs à toucher plus de monde. Ça me semble essentiel.
L’autre ambition de cet ouvrage, c’est aussi de faire bouger un peu la bande-dessinée. En tant que professeur à la Hear, je passe mon temps à donner ce même objectif à mes étudiants. Ils ont tous beaucoup de talent, donc je voulais montrer que moi aussi, je peux le faire ! Quand on lit une BD, on a l’impression de tout comprendre, cette forme est exigeante avec la narration donc c’est peut-être la première d’une nouvelle façon de transmettre les connaissances scientifiques.
Après… on verra bien comment le livre sera reçu. Suite à sa parution, l’une de mes premières invitations émane du Musée du quai Branly. En tant qu’auteur de BD, c’est déjà pas banal…
Huit patients et un médecin ont été vaccinés lundi à la clinique de la Toussaint. La polémique enfle sur la stratégie vaccinale des autorités sanitaires, qui promettent 80 000 vaccinations fin janvier dans le Grand Est.
C’est parti pour la vaccination contre la Covid-19 à Strasbourg : huit personnes et un masseur kinésithérapeute ont été vaccinés lundi à la clinique de la Toussaint à Strasbourg, dans le service de gériatrie.
« Vous êtes toujours d’accord pour être vacciné ?
– plus que jamais ! «
Masseur-kinésithérapeuthe, il n’a pas hésité à être le premier soignant alsacien vacciné contre la covid-19 lundi malgré sa crainte des piqures Photos : Adbesslam Mirdass / Hans Lucas
Un petit coup de désinfectant sur une compresse et le docteur Valérie Kurtz procède à l’injection qui dure quelques secondes. Gabriel Egri, masseur kinésithérapeute de 68 ans, est le premier professionnel de santé alsacien à se prêter à la vaccination :
« C’est le seul moyen simple, efficace et peu coûteux de me protéger et de protéger les autres. En tant que soignant je dois pouvoir être en bonne santé et pouvoir m’occuper de mes patients. »
Le soignant qui exerce à la Toussaint depuis trois ans confesse en souriant avoir peur des piqures mais il n’a pas hésité. Il a été touché de près par la Covid : son frère, cardiologue de 67 ans, en est décédé en mai dernier après cinq semaines en réanimation. Cette tragédie a renforcé sa détermination.
Selon le Dr Kurtz, les premiers retours des patients sont très enthousiastes. Photo : Abdesslam Mirdass / Hans Lucas
« Patients plutôt enthousiastes »
Selon le Dr Valérie Kurtz, responsable du service, parmi les patients éligibles, trois refus seulement ont été exprimés. Selon l’Agence régionale de santé, les taux de consentement parmi les résidents oscillent entre 75 et 85% selon les établissements, loin devant les sondages sur la population générale, qui font état d’une personne consentante sur deux.
Les consentements ont été recueillis après un protocole précis : plus de 65 ans (ou plus de 50 ans pour les soignants), exclusion de facteurs allergiques graves, ne pas avoir contracté la Covid dans les mois précédents, pas de vaccin contre la grippe les trois dernières semaines.
Le Dr Valérie Kurtz attendait ce moment avec impatience :
« Dans l’ensemble les patients sont plutôt enthousiastes, ils ont compris l’enjeu sur le plan sanitaire, économique aussi et puis ils veulent un retour à la vie normale. Il faut que la population se fasse vacciner, nous sommes loin d’avoir atteint l’immunité collective. »
Les médias ont été invités à documenter les débuts de la campagne mais… à distance quand même Photo : Abdesslam Mirdass / Hans Lucas
Les médias ont été conviés par l’Agence régionale de santé (ARS) pour suivre le lancement de cette campagne de vaccination qui soulève de nombreuses questions. Cependant, dans une manœuvre déroutante dont elle a le secret depuis le début de l’épidémie, l’ARS a refusé que les journalistes posent des questions aux patients… L’agence promet cependant que le nombre de personnes vaccinées sera publié et mis à jour quotidiennement.
La clinique située près de la place des Halles appartient au groupe hospitalier Saint-Vincent (GHSV), un groupe de santé privé qui compte plus de 540 lits d’hospitalisation en Alsace, avec notamment les cliniques Sainte-Anne et Sainte-Barbe.
Un flacon permet de vacciner cinq personnes, mais une fois décongelé il doit être terminé rapidement Photo : Abdesslam Mirdass / Hans Lucas
247 personnes vaccinées, nouvelle polémique
Le GHSV a été en première ligne aux côtés des hôpitaux publics lors de la crise sanitaire, avec la mise en place d’unités dans divers établissements pour des patients Covid+. La clinique de la Toussaint fait partie de 5 sites pilotes désignées par l’ARS pour un territoire qui couvre le Bas-rhin et l’Est de la Moselle.
Cette campagne débute sur fond de polémique nationale sur la stratégie des autorités sanitaires : la France est très en retard par rapport aux autres pays européens (un peu plus de 500 personnes avaient été vaccinées en France au 1er janvier contre près de 317 000 en Allemagne le 5 janvier).
Au soir du 5 janvier, l’ARS indique que 247 personnes ont été vaccinées dans les 10 départements du Grand Est (dont 163 soignants) mais la directrice de l’ARS n’a pas été en mesure de préciser ce chiffre pour chacun des 10 départements de la région.
Président de la Région Grand Est, Jean Rottner (LR) a parlé de « scandale d’État » sur France 2 regrettant « une forme d’impréparation et d’irresponsabilité » de l’État déjà constatées lors des masques et des tests :
« C’est le virus qui fait la stratégie, ce n’est pas les sondages d’opinion. Aujourd’hui, le vaccin est un médicament. Ceux qui veulent se faire vacciner doivent pouvoir se faire vacciner. »
Comme d’autres, il réclame une stratégie qui s’appuie sur les autorités locales. Mardi soir, la directrice de l’Agence régionale de santé du Grand Est, n’a pas répondu à cette demande, arguant que les 35 Ehpad choisis sur les 650 que compte la grande région ne représentent qu’une phase de test pour éprouver la logistique de cette campagne de vaccination.
L’ARS a comme objectif la distribution de 80 000 doses en un mois Photo : Abdesslam Mirdass / Hans Lucas
L’ARS Grand Est s’est fixé comme objectif de distribuer 80 000 doses du vaccin Pfizer / BioNTech pendant le mois de janvier. Ce vaccin nécessite le déploiement d’une chaîne logistique contraignante, puisqu’il se conserve à –80°C.
Deux flux de distribution ont été mis en place : le premier est en circuit fermé, des centres hospitaliers vers les établissements de soins ; le second alimente des points de vaccination accessibles aux personnes individuelles. Une dizaine de ces centres de vaccination doivent ouvrir dès le 11 janvier dans le Bas-Rhin, deux à Strasbourg (Nouvel hôpital civil et une clinique du GHSV), un à Saverne, Haguenau, Sélestat et, sous réserve, à Obernai et Wissembourg.
Deuxième injection à prévoir trois semaines plus tard
La deuxième injection nécessaire pour le vaccin Pfizer / BioNTech doit avoir lieu 3 semaines après la première. Les patients hospitalisés pour de plus courtes périodes seront recontactés ou vaccinés dans leur Ehpad. Ce vaccin est pour l’instant le seul autorisé par l’agence européenne des médicaments, quatre autres vaccins sont en phase finale d’approbation.
À propos de la stratégie vaccinale des autorités, le directeur du GHSV, Frédéric Leyret se réjouit que les soignants de plus de 50 ans fassent finalement partie de la première vague des vaccinés :
« Avec cette épidémie depuis le début nous sommes sur une ligne de crête entre l’efficacité, la prudence et la gestion logistique. Cette ligne est difficile à maintenir et il est vrai qu’il a pu y avoir beaucoup d’injonctions paradoxales.
Dans les semaines de janvier, tous les patients éligibles et consentants qui seront accueillis dans ce service de la clinique Toussaint seront vaccinés. Les médecins de ville doivent également y recevoir leur première injection.
Photo : Agence Populous / Rey de Crécy / doc remis
L’Eurométropole a présenté mardi le projet retenu pour l’agrandissement et la rénovation du stade du Racing club de Strasbourg. En 2025, la Meinau pourra accueillir 32 000 personnes. Il n’y aura pas de « naming » par une entreprise publique.
Le Racing joue devant un stade vide depuis novembre. C’est dans cette période particulière que les architectes et les esquisses retenues pour l’agrandissement du stade de la Meinau a été annoncé, mardi 5 janvier lors d’une conférence de presse.
Le RCSA et les collectivités se projettent dans un monde post-Covid où l’on pourra rassembler plus de 32 000 supporters à l’unisson dans un stade relifté, espéré pour être opérationnel en août 2025.
Le nouveau look du stade de la Meinau en 2025 Photo : Agence Populous / Rey de Crécy / doc remis
Vidéo de présentation du futur stade.
Le cabinet anglais Populous, qui a déjà conçu le nouveau stade de Lyon ou la restructuration de celui de Wembley à Londres, a été choisi par le jury de l’Eurométropole. Le projet consiste à la surélévation de la tribune Sud, où se trouvent les loges, la tribune presse et les bancs de touche. Le cabinet strasbourgeois Rey de Crécy, l’agence a réalisé la rénovation du Palais de la musique et des Congrès (PMC), est associé à cette candidature. Il pilotera plus de la moitié du chantier.
Les coursives des quatre côtés du stade seront entièrement emballées. La nouvelle façade côté sud, avec un niveau supplémentaire, sera construite à partir de fuselages d’avions A340 recyclés , ce qui créera de nouveaux espaces VIP.
À cela s’ajoute une « fanzone » à l’extérieur, un espace convivial et de consommation pour avant et après les matches et pour d’autres événements devant accueillir un public nombreux.
Les travaux vont agrandir successivement les tribunes du stade Photo : cabinet Populous / doc remis
L’autre grande annonce, venue par la présidente de l’Eurométropole Pia Imbs est qu’il n’y aura pas « naming ». L’investissement étant public, il n’y aura pas de sponsor privé qui donnerait son nom à la Meinau en échange d’argent, comme c’est envisagé pour le Rhénus.
32 037 places contre 26 000 aujourd’hui
Ce projet doit permettre davantage de revenus pour le club, notamment via l’augmentation du nombre de loges. Ces ressources plafonnaient à 20 millions d’euros par an dans le monde d’avant le Covid. Le dossier arrive dans un contexte économique incertain dans le football professionnel, puisque le diffuseur Mediapro a fait défaut et ne versera pas aux clubs les droits télévisuels records promis en 2018. Le RCSA a lancé les travaux pour les deux terrains d’entrainement des pros en avril (4 millions d’euros), mais d’autres projets autour du centre d’entrainement (10 millions au total) et du centre de formation (15 millions) seront « décalés » a annoncé le président du Racing, Marc Keller.
Pour le grand public, cette augmentation ne se traduit que par 4 000 places supplémentaires, de 24 500 aujourd’hui à 28 500 environ, selon les configurations. Le Kop est maintenu en places debout dans la tribune ouest.
Marc Keller a ajouté que le club ne voulait « pas forcément augmenter les prix » et même proposer « une gamme plus accessible » pour le grand public. Ce sont surtout les loges (« les espaces d’hospitalité ») qui génèreraient les recettes supplémentaires.
La tribune sud aura une nouvelle façade. (Agence Populous / Rey de Crécy / doc remis)Photo : Document remis
Le chantier se déroulera par phases successives jusqu’à l’été 2025. La tribune sud d’abord, surélevée, sera en travaux à partir de juin 2022. Le stade ne pourra alors accueillir que 19 000 personnes, jusqu’à la fin 2023. Puis, ce sera au tour de la tribune ouest d’être rénovée pendant 6 mois, ainsi que la fan zone, puis la tribune nord, à nouveau pendant 6 mois et enfin la tribune Est, toujours pendant 6 mois.
La restructuration des tribunes permettra au stade de s’adapter, pour accueillir par exemple des matchs de rugby sur aire d’activité maximale de 131 m par 80. Il y aura un espace déambulatoire continu et protégé dans trois tribunes, avec trois fan’s bars, un par tribune au premier niveau. En tribune Est, au rez-de-chaussée, se trouvera le Kop’in ainsi qu’une partie des annexes d’exploitation.
Esquisse de l’intérieur de la future tribune Sud (Doc Populous / doc remis)Photo : Document remis / Populous
La tribune Sud, tribune officielle du stade de la Meinau, va abriter les vestiaires des joueurs, les gradins réservés à la presse, l’ensemble des sièges à prestation, les annexes de sécurité et des sièges grand public. La section basse de cette tribune correspond aux gradins droits existants qui sont conservés en l’état et étendus jusqu’au niveau du terrain au-dessus de la fosse existante. Elle offrira en partie haute une terrasse « business » de 4,5 m de profondeur.
Une esquisse de l’extérieur futur de la tribune Sud Photo : Populous / doc remis Une deuxième vue de la future tribune Sud (Populous / doc remis)Photo : Document remis / Populous
La maire écologiste de Strasbourg estime qu’il s’agit d’un « projet sobre et exemplaire dont nous pourrons collectivement être fiers ». Elle cite notamment les 900 m² de panneaux solaires, des solutions de captage d’eau, du bois pour la fanzone, le réemploi de matériaux. Le choix s’est fait à l’unanimité, mais le jury s’est réuni deux fois. Jeanne Barseghian précise projet a été retravaillé est repassé une deuxième fois devant le jury notamment « pour correspondre aux objectifs du Plan Climat ».
Ancien premier adjoint et désormais dans l’opposition, Alain Fontanel (LREM) salue le choix du cabinet Populous, qu’il a approuvé au sein du jury :
« Il y a une vraie ambition avec ce choix. Ce n’est pas le projet d’un club ou d’un dirigeant, mais une ambition pour le territoire, grâce au travail sur la fan zone et l’insertion dans le quartier. Le Racing est l’une des composantes le plus vivantes de son patrimoine. C’est aussi le projet qui déconstruisait le moins, ce qui est important sur le plan environnemental, mais aussi pour le délai de livraison et limiter le temps d’interruption dans le stade. »
Y aura-t-il désormais une volonté d’aller au bout ? « Le jury a été constructif, il y a eu un fort engagement de Pia Imbs qui a convaincu les Strasbourgeois les plus réticents », estime Alain Fontanel. Membres de la majorité, les écologistes avaient affiché leur opposition à cet investissement conséquent, avant d’annoncer une fois en campagne qu’ils accepteraient la rénovation du stade, bien que rien ne les obligeait.
Conformément aux engagements de l’équipe municipale précédente, le financement 100% public est assuré à hauteur de 50 millions par l’Eurométropole de Strasbourg, 25 millions par la Région Grand Est, 12,5 pour la Ville de Strasbourg et 12,5 par la CEA.
La ministre de l’Écologie se rend dans le Haut-Rhin ce mardi 5 janvier. La décision du déstockage ou de l’enfouissement définitif des déchets industriels entreposés sous la nappe phréatique semble imminente.
Voilà plus de deux mois que Barbara Pompili est en possession d’une énième étude sur le déstockage de Stocamine. Pour rappel, 41 999 tonnes de déchets industriels sont entreposées dans l’ancienne mine de potasse Joseph-Else, à Wittelsheim près de Mulhouse.
Le site est à l’arrêt suite à un incendie en 2002, après seulement trois ans d’exploitation. Sont toujours entreposés : du mercure, de l’arsenic, du chrome, répartis dans 66 256 « colis », c’est-à-dire des barils ou « big bags ». Et les galeries s’effondrent petit à petit.
Les mines sont bien en-deçà de la nappe phréatique, mais pourraient communiquer avec, à long terme. Photo : Schéma Destocamine
Seules 2 000 tonnes, 95% des déchets mercuriels, ont été prélevées entre 2015 et 2017 à l’initiative de la ministre de l’Écologie de l’époque, Ségolène Royal. En dépit du projet de 27 barrages en béton pour « confiner » les déchets, la nappe phréatique d’Alsace où est puisée l’eau potable pourrait tout de même être polluée. L’eau s’infiltre le long des puits et remontera dans plusieurs centaines d’années selon les expertises officielles.
L’eau s’infiltre et remontera vers la nappe phréatique sous plusieurs centaines d’années. Photo : Schéma extrait de l’étude de 2018 du BRGM
Six scénarios pour la suite
La nouvelle étude donne six scénarios, d’un déstockage total, à l’exception du bloc 15 incendié (1 629 tonnes), à un rebouchage immédiat de la mine.
C’est la présentation de ces options à la population qui motive la venue de Barbara Pompili en Alsace mardi 5 janvier. Les élus du Haut-Rhin ont déjà échangé avec la ministre en visioconférence début décembre. Y aura-t-il une annonce lors de cette venue ? Pas sûr…
« Rien à négocier »
« Normalement, les décisions sont d’abord annoncées en commission de suivi de site (CSS) et elle n’est pas convoquée », explique Philippe Aullen, qui y représente l’association Collectif citoyen Guebwiller. Cette instance présidée par le préfet du Haut-Rhin ne s’est plus réunie depuis avril 2019, alors que son règlement prévoit deux séances par an.
« On craint que la décision ne soit déjà prise », lâche le responsable associatif, qui découvre les avancées « dans la presse ». Il faut lire entre les lignes, mais la présentation du déplacement ministériel insiste sur ce qui a déjà été déstocké, et non sur ce qu’il reste à faire.
Pour Yann Flory, porte-parole du collectif Destocamine, la séquence rappelle les années où des déchets mercuriels ont été remontés :
« En CSS, un représentant de l’État nous a dit à l’époque qu’on le faisait “pour nous faire plaisir”. On a l’impression que l’on retombe là-dedans. On présente des scénarios, 12% ; 25%, etc. on ne choisira peut-être pas le pire, pour trouver une porte de sortie honorable à tout le monde. La qualité de l’eau ne se négocie pas à coups de pourcentages. Les élus locaux devraient rester intransigeants et laisser la responsabilité à l’État. »
Quant à Josiane Kieffer, membre de la CLCV et représentante des cinq associations de la CSS, elle estime qu’il faut continuer à demander le déstockage total :
« Depuis que les élus s’en sont mêlés, on ne parle plus du bloc 15 incendié. Alors que dans son étude en 2018, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) confirmait que tout pouvait être sorti, ce que disaient déjà les experts suisses que l’on avait mandatés dès 2011 ! Il y a certes plus de risques dans ce bloc, mais on n’explore pas la piste d’un remontage par des robots. Notre difficulté c’est qu’en tant qu’association nous n’avons rien à négocier. »
Les associations locales n’auront pas de moment d’échange direct avec la ministre.
Présidente du Haut-Rhin de 2017 à 2020 et désormais collègue de Barbara Pompili au gouvernement, Brigitte Klinkert, ministre déléguée à l’Insertion, avait pris des positions fortes sur ce dossier, notamment avec les voisins allemands (voir la motion en encadré). Son implication jusque-là est louée par les associations. Et elle siège toujours au sein de la CEA.
Aux côtés de la Région Grand Est, de la commune de Wittelsheim et d’associations, elle avait attaqué l’arrêté ministériel du 23 mars 2017, qui rendait le stockage illimité et non plus « réversible » (jusqu’en 2027 au maximum) comme promis dans les années 1990. Déboutés en première instance en juin 2019, le Conseil départemental, devenu CEA, et les autres parties prenantes ont fait appel de cette décision. L’instruction se terminera le 25 janvier et l’audience devant la cour d’appel administrative de Nancy ne se tiendra pas avant plusieurs mois. « C’est ubuesque, tout le monde attaque un arrêté, alors qu’une autre décision sera sûrement prise avant l’audience », s’agace Josiane Kieffer, qui a mandaté l’ancienne ministre de l’Écologie Corine Lepage, comme avocate pour la CLCV.
Des citoyens sont venus rappeler leur demande de déstockage des déchets ultimes à Stocamine aux nouveaux élus de la CeA le 2 janvier. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
Une réunion publique le soir, sur Facebook
Seule la conseillère départementale d’opposition dans le Haut-Rhin, Marie-France Vallat (divers gauche, qui a rejoint la majorité à la CEA), salue aussi le volontarisme de Brigitte Klinkert. L’ancienne première adjointe de Wittenheim lui a « transmis des éléments » au regard de la nouvelle étude, qu’elle estime imparfaite, dans l’espoir de peser sur un arbitrage :
« On dit d’un côté qu’il y a des difficultés d’identification des déchets, et de l’autre on donne un détail exhaustif des scénarios de déstockage. Or on sait qu’avec certains big bags d’autres choses ont été ajoutées et tout n’a pas été répertorié ».
Cette chercheuse au CNRS s’interroge aussi sur le risque supposé de travailler dans un espace amianté. « On sait s’en protéger », assure cette spécialiste de la science des matériaux.
À la veille de la venue, Marie-France Vallat, conseillère d’Alsace du canton concerné, ne savait toujours pas si elle pourrait assister à la réunion avec les élus. « La rhétorique actuelle oppose la pollution de surface, qu’il faut de toute façon traiter, à la pollution souterraine de la mine », s’inquiète-t-elle.
Dans la soirée du mardi 5 janvier, une réunion publique de 20h à 21h30 est prévue. Crise sanitaire et couvre-feu obligent, elle se déroulera en visioconférence. Seuls les membres des cinq associations et du comité de suivi de site pourront y assister « en présentiel ». Elle ne sera diffusée que sur un seul réseau social, Facebook.
Yasemin ne donnait plus de signe de vie depuis le 23 décembre. Le corps de cette mère de quatre enfants a été retrouvé lundi dernier, enterré dans la forêt de Vendenheim. Elle avait 25 ans. Son ex-conjoint, plusieurs fois signalé à la police, a été mis en examen pour meurtre.
Lundi 28 décembre, les proches de Yasemin espéraient encore la retrouver. Sur un groupe Facebook dédiée à la disparition de la mère de quatre enfants, plusieurs centaines de personnes s’organisaient, entre recherches sur le terrain et appels à témoignages. Cela faisait alors cinq jours que cette habitante du quartier de la Montagne-Verte ne donnait plus aucun signe de vie. Puis la terrible nouvelle est tombée dans les Dernières Nouvelles d’Alsace : le corps de cette femme de 25 ans a été retrouvé dans la forêt de Vendenheim. Yasemin a été la 97e femme à mourir sous les coups de son conjoint ou de son ex-conjoint en 2020.
Le visage de Yasemin sur les réseaux sociaux, alors qu’une campagne se mettait en place pour la retrouver Photo : capture d’écran
Mis en examen pour meurtre
Savas O. a été interpellé trois jours après la disparition de Yasemin. L’homme de 42 ans aurait avoué son crime en garde à vue. Il a été mis en examen pour « meurtre sur conjoint ou ex-conjoint ». Un second homme âgé de 48 ans, qui l’aurait assisté dans le transport du corps, est poursuivi pour « dissimulation de cadavre et modification de scène de crime ». Ils ont été tous les deux placés en détention provisoire.
Samedi 2 janvier, plus de 300 personnes se sont retrouvées place Kléber pour dire stop aux féminicides Photo : PF / Rue89 Strasbourg / cc
L’un des enfants de Yasemin a rapporté aux enquêteurs une dispute entre sa mère et son ex-conjoint au soir du samedi 23 décembre. Savas O. n’aurait pas supporté de voir son ex discuter avec un autre homme. Selon le rapport d’autopsie pratiquée à l’institut de médecine légale de Strasbourg, Yasemin est morte étouffée des suites d’un étranglement, mais son corps portait également plusieurs plaies à l’arme blanche. Les enfants, de 1 à 8 ans, ont déclaré aux enquêteurs qu’ils avaient vu leur père porter les coups puis s’enfermer avec leur mère dans la salle de bains. Il en est ressorti seul avant de les emmener chez sa soeur.
Dans l’entourage de la jeune femme, Savas O. est décrit comme violent et colérique. Au journal Le Monde, Leyla, la sœur de Yasemin rapporte des coups, un coquard à l’oeil et que la jeune femme avait signalé sa situation auprès de la police nationale avec des mains courantes et au moins une plainte.
Pourquoi les alertes ont-elles été ignorées ? Photo : PF / Rue89 Strasbourg / cc
« Ma sœur avait peur et finalement c’est arrivé »
« Je ne comprends pas pourquoi ce n’est pas allé plus loin », dit-elle. Au micro de France Bleu Alsace lors d’un rassemblement qui s’est tenu mercredi 30 décembre devant le domicile de Yasemin, Leyla ajoute : « Ma sœur avait peur et finalement c’est arrivé. » Une centaine de personnes ont alors rendu hommage à la jeune mère.
Un deuxième rassemblement a été organisé samedi 2 janvier place Kléber. Plus de 300 personnes s’y sont sont rendues, dont des représentantes d’associations féministes, et pour dénoncer cette nouvelle disparition, qui doit également à l’incapacité de la « société patriarcale » de protéger les femmes victimes de violences.
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
La première majorité de la Collectivité européenne d’Alsace autour de Frédéric Bierry pour les premiers mois a été constituée. Passage en revue des effectifs.
En incluant Frédéric Bierry, cet exécutif de droite et du centre compte 9 hommes pour 7 femmes, ainsi qu’un équilibre de 8 Bas-rhinois et autant de Haut-rhinois. Il assurera les premières décisions jusqu’aux élections départementales prévues en juin. Présidente du Haut-Rhin de 2017 à mi-2020 et très active lorsque la CeA s’est négociée, Brigitte Klinkert ne figure pas dans cette équipe. Cet été, elle est devenue ministre déléguée en charge de l’Insertion.
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Le Bas-Rhinois a été élu par ses homologues pour prendre la tête de la nouvelle CEA, issue de la fusion du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, jusqu’aux prochaines élections départementales au printemps.
Président du conseil départemental du Bas-Rhin depuis 2015, Frédéric Bierry (LR) a été élu président de la nouvelle « Collectivité européenne d’Alsace » (CEA, lire notre article), née le 1er janvier. L’élu local de 54 ans était le seul candidat, suite aux tractations au sein de la droite alsacienne.
Les 80 conseillers d’Alsace, addition des 46 et 34 ex-conseillers départementaux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin ont choisi l’ancien maire de Schirmeck (1995-2015) avec 75 voix « pour » et 4 bulletins blancs.
Frédéric Bierry est le premier président de la toute nouvelle Collectivité européenne d’Alsace. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
Le reste de cette séance inaugurale qui se tient à Colmar consistera à élire les 15 vice-présidents et vice-présidentes. Frédéric Bierry proposera 7 vice-présidences liées à des « territoires » et 8 sur des thématiques spécifiques (Finances, Éducation, Transports etc., à retrouver dans l’édition abonnés Rue89 Strasbourg dans la journée). Cet exécutif de 16 personnes prévoit une répartition à parts égales entre les représentants des 40 cantons du « 67 » et du « 68 ».