Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Au moins trois candidats pour reprendre le cinéma Odyssée en 2022

Au moins trois candidats pour reprendre le cinéma Odyssée en 2022

Le lancement de la procédure de délégation de service public du cinéma Odyssée pour 2022 est au programme du conseil municipal de lundi. Depuis plus de 20 ans, ce cinéma municipal est dirigé par l’association des Rencontres Cinématographiques d’Alsace (RCA) et son directeur Faruk Gunaltay. À la faveur d’un changement de municipalité, d’autres candidats croient cette fois en leur chance. Premier épisode de la saison 2021 du feuilleton de l’Odyssée.

« Ne vous énervez pas Monsieur Mangin, ne vous énervez pas ! ». La dernière fois que le cinéma Odyssée avait été abordé en conseil municipal, les esprits s’étaient échauffés. Rappelez-vous, c’était en décembre 2016. L’annonce de l’attribution de la DSP (délégation de service public) à l’association des Rencontres Cinématographiques d’Alsace, pour cinq années supplémentaires, après 25 ans déjà à la tête du cinéma, avait été très critiquée, débattue, et contestée lors d’une séance homérique.

Des écolos avec Marie-Dominique Dreyssé, Syamak Agha Babaei ou encore Abdelkarim Ramdane, à la droite avec Thierry Roos ou encore Pascal Mangin : tous avaient vivement contesté le résultat de la commission d’attribution. Et les 0,79 points qui séparaient les notes sur 100 attribuées aux deux candidats. Interruption de séance, 1h30 de débats… et finalement, le maire Roland Ries avait décidé de maintenir le choix initial de la commission, et donc l’attribution de la délégation aux RCA.

Roland Ries avait finalement décidé de faire voter le conseil municipal sur la décision prise par la commission en décembre 2016 : le renouvellement de la DSP aux RCA (photo Pascal Bastien / Divergence).

Cet article fait partie de l’édition abonnés. | Déjà abonné ? Connectez-vous

Abonnez-vous maintenant pour poursuivre votre lecture

Abonnez-vous
Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous

Séisme de magnitude 3,6 au nord de Strasbourg vendredi soir

Séisme de magnitude 3,6 au nord de Strasbourg vendredi soir

Un séisme de magnitude 3,6 a secoué le nord de Strasbourg vendredi soir. Il est très probablement lié aux opération de géothermie, en cours d’arrêt, à Vendenheim.

La terre a de nouveau tremblé ce vendredi soir. À 19h33, un séisme d’une magnitude de 3,6 a été enregistré au nord de Strasbourg, près de Reichstett par le réseau national de surveillance sismique (Renass).

L’épicentre de ce séisme est toujours très proche de l’usine de géothermie de Vendenheim. Photo : document Renass

Ce séisme a été attribué par les sismologues, comme les précédents, aux opérations de géothermie profonde de Fonroche à Vendenheim. Sur ce site, l’entreprise GéoVen cherchait à produire de la chaleur à partir d’un puits récupérant de l’eau souterraine à 5 000 mètres sous terre.

La société a diffusé un communiqué vers 21h dans lequel elle reconnaît que le séisme est lié à son activité, mais elle conteste le calcul du Renass :

« Un évènement sismique de magnitude 2,78 a été observé à 19h33 à proximité du puits injecteur de la centrale de Vendenheim. La vitesse de vibration du sol a été mesurée à 2,1 mm/s, soit supérieure au seuil du ressenti humain de 1 mm/s. Une réplique de magnitude 1,6 a été observée à 19h34. Cet évènement est lié au relâchement du réservoir impliqué par la procédure d’arrêt. La circulation d’eau dans le doublet a été arrêtée le 2 janvier. Les puits sont en observation. Le réservoir revient lentement vers sa pression naturelle et ce relâchement s’accompagne de sismicité. »

Une dizaine de séismes en deux ans

Mais l’opération a semble-t-il déstabilisé des portions de roches souterraines, si bien qu’une dizaine de séismes ont émaillé l’actualité sismique de Strasbourg depuis deux ans. En novembre 2019, deux séismes avaient contraint les autorités environnementales à imposer de nouveaux tests à Fonroche. Puis le 4 décembre, un séisme d’une magnitude de 3,5 avait provoqué une nouvelle crise entre élus, autorités de l’État et GéoVen. Dès le lendemain, l’entreprise avait perdu sa capacité à exploiter la géothermie sur ce site, interdiction qui a été rendue définitive quelques jours plus tard.

Cependant, l’arrêt total de l’installation n’est possible que graduellement. À raison d’une baisse de 2 à 4 mètres-cubes par heure (m3/h) du débit initial de 40 m3/h, un délai d’environ trois mois est nécessaire avant l’arrêt complet.

Blessé après un accident avec la police : « Ils ont pris la fuite et m’ont laissé seul au sol »

Blessé après un accident avec la police : « Ils ont pris la fuite et m’ont laissé seul au sol »

Jeudi 21 janvier, vers 14 heures, un jeune scootériste de 19 ans chute après avoir croisé la police municipale à l’Elsau. Blessé, au sol, il n’obtient aucune assistance des policiers municipaux. Ces derniers prétextent avoir été caillassés. Une version contredite par plusieurs témoins.

« Pour l’instant, c’est ma parole contre celle des policiers. Mais les caméras parleront. » Mehmet (le prénom a été modifié) a le bras en écharpe sous sa veste grise. Vers 14 heures, jeudi 21 janvier, il conduisait son scooter, sans casque, le long de la rue Mathias Grünewald à l’Elsau, quand il croise une voiture de la police municipale :

« Elle s’est mise à faire des zig-zag, ça m’a fait peur. Quand je suis arrivé à leur niveau, j’ai été percuté par la voiture et je me suis retrouvé au sol. »

Une marche arrière, un second choc selon la victime

Le jeune homme de 19 ans raconte s’être relevé pour reprendre son scooter. Il dit avoir été touché par la voiture de police en marche arrière. C’est ce second choc qui l’aurait mis KO, l’épaule déboitée. Rencontré moins de 24 heures après les faits, Mehmet admet un souvenir assez flou dès la première chute. Il n’a presque pas dormi de la nuit. La douleur à l’épaule lui rappelle sans cesse cette scène traumatisante :

C’est à ce niveau de la rue Mathias Grünewald que le scootériste a chuté. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

« Quelque chose de grave s’est passé. Je pensais que ce genre de scène n’existait qu’à Paris ou Marseille. J’aurais pu en mourir. »

Selon les Dernières Nouvelles d’Alsace, le scooter aurait été percuté après la première chute du conducteur, suite à une marche arrière. Une source policière citée par 20 Minutes assure que la police n’est pas à l’origine de la blessure du jeune Elsauvien.

« On peut pas laisser quelqu’un à terre comme ça »

À quelques mètres de là, trois jeunes étudiants d’Obernai utilisaient les structures de street-workout, comme tous les jeudis après-midi. Florentin Vone se souvient bien de « deux bruits de choc », sans avoir pu observer la scène. Pour lui, la police n’avait aucune raison de fuir après l’accident : « Il n’y avait aucun jeune, pas d’attroupement, personne. Je ne vois pas de quoi les deux policiers ont eu peur. »

Son amie Alicia décrit la deuxième partie de la séquence :

« Le scooter était tombé, le jeune au sol. La voiture de police a reculé, mais pas petit à petit, vraiment rapidement. Elle a écrasé une roue du scooter alors que le jeune était encore à moitié dessus. Mais je crois qu’il a réussi à s’enlever rapidement. Un policier est sorti avec une matraque, à peine dix secondes, puis la police a pris la fuite. Ce n’est qu’après qu’une bande de jeunes est arrivée. Je suis pas contre la police, mais ils ont bien vu qu’il était blessé. Il roulait sans casque ok, mais on peut pas laisser quelqu’un à terre comme ça. »

La structure de street-workout où s’entrainaient trois jeunes d’Obernai est juste à côté de la rue Mathias Grünewald. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

« Quand la police est partie, il n’y avait aucun attroupement »

Auteur d’une vidéo en direct sur Facebook très partagée, Hmida Boutghata venait de déposer sa fille à l’école lorsqu’il a fait face à la scène. La description de cet habitant du quartier colle au récit d’Alicia : « Quand la police est partie, il n’y avait aucun attroupement, aucun caillassage. »

Les rares témoins se disent surtout choqués par le manque d’aide des policiers au jeune blessé :

« Ça peut arriver un accident, estime Hmida Boutghata, ils ont paniqué. Mais a minima, il aurait fallu intervenir auprès du jeune. »

Mehmet tient un discours similaire :

« Je veux bien comprendre qu’ils voulaient me verbaliser pour non-port du casque. Mais de là à me laisser par terre pour mort… »

Le jeune homme tient à souligner qu’il n’était pas en train de faire des roues levées lorsqu’il a croisé la police municipale.

« J’aimerais lui demander pourquoi elle m’a fait ça »

« J’ai appelé le Samu à 14h08 et les pompiers sont arrivés vers 14h35 », raconte Hmida Boutghata. Contactés, les pompiers n’ont pas souhaité indiquer si la police municipale les avait aussi contactés. Suite à notre demande d’interview, la Ville de Strasbourg nous a transmis ce communiqué par écrit :

« Le jeudi 21 janvier vers 14h, un équipage de la Police municipale, présent à l’École Léonard de Vinci dans le quartier de l’Elsau, pour sécuriser le périmètre scolaire dans le cadre de ses missions quotidiennes auprès des habitants, a constaté un rodéo en scooter, avec un conducteur roulant sans casque.  

Dans le cadre de cette intervention, et alors que le conducteur du scooter tentait d’y échapper, celui-ci a chuté. L’équipage de la police municipale a immédiatement transmis l’information, pour une intervention rapide des secours. Le conducteur ne présentait aucun signe de blessures graves.

Alors qu’un attroupement se formait, et afin d’apaiser la situation, l’équipage a pris la décision de se mettre en retrait pour revenir avec la police nationale et les secours. Rapidement pris en charge par les services hospitaliers, le jeune homme a pu, fort heureusement, rejoindre son domicile le jour même.

Selon la procédure habituelle, la Ville de Strasbourg a transmis le rapport circonstancié de la police municipale à la Procureure de la République.

La Ville de Strasbourg appelle chacun et chacune à l’apaisement et rappelle son attachement à l’exemplarité de tous et toutes. »

A l’angle de la rue Mathias Grünewald, une caméra de vidéosurveillance, à quelques dizaines de mètres du lieu de l’incident. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Vendredi 22 janvier, peu après midi, Mehmet demande de ralentir le pas alors qu’il se dirige vers l’endroit de la chute. Le jeune homme est encore affaibli par l’accident. Au CHU de Strasbourg, il a appris que son épaule devra être immobilisée un mois. L’ancien livreur de pizza songe à porter plainte, pour non-assistance à personne en danger. Pour que justice soit faite, l’Elsauvien souhaiterait une suspension des policiers impliqués :

« J’aimerais aussi rencontrer la conductrice, pour lui demander pourquoi elle m’a fait ça ? »

Neuvième manifestation contre la loi « sécurité globale » samedi

Neuvième manifestation contre la loi « sécurité globale » samedi

Malgré une baisse du nombre de participants dans les cortèges, plusieurs collectifs engagés contre la loi dite de « sécurité globale » maintiennent leur mobilisation. Une 9e manifestation est prévue samedi 23 janvier.

La manifestation de samedi 16 janvier a réuni environ 500 personnes, grâce au renfort d’une « free party ». Mais à l’issue de cette huitième manifestation contre la loi de « sécurité globale », des interpellations ont eu lieu. Le collectif d’une vingtaine d’associations appelant au retrait de cette loi très controversée appelle à une nouvelle manifestation samedi 23 janvier et demande la « fin de la répression. »

Cette manifestation se déroulera alors que le Premier ministre Jean Castex et quatre autres ministres et sous-ministres seront en déplacement en Alsace. Ils sont attendus vers midi à l’Hôtel de Ville par la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian avant d’aller à la rencontre d’étudiants de l’Université de Strasbourg vers 14h.

Laure explique la mobilisation par un sentiment de « ras le bol général » Photo : PF / Rue89 Strasbourg / cc

La préfecture a une nouvelle fois refusé l’accès au centre-ville pour cette manifestation. Les trois collectifs appelant à manifester (Gilets jaunes, citoyens en colère et un collectif d’étudiants) ont validé un départ de la place de la République pour se rendre à la gare centrale par les boulevards avant de revenir place de la République par les quais. Le départ doit être donné vers 14h, après une « assemblée populaire », place de la République, prévue à 13h.

Une loi pour la société de surveillance

La loi sur la sécurité globale est toujours à l’agenda législatif du gouvernement de Jean Castex. Elle prévoit l’extension des pouvoirs des forces de l’ordre et de nouveaux usages, comme les drones, mais étend également les prérogatives des polices municipales et même des agents de sécurité privés. Comme à chaque fois, ces nouvelles dispositions sécuritaires ne sont pas soumises à l’autorisation d’une autorité judiciaire. Cette loi permet l’installation d’une société de surveillance, la multiplication des caméras, des dispositifs d’écoute et de pistage ainsi que l’accès à ces données. Ces dispositions sont justifiées par le gouvernement comme nécessaires à la lutte contre le terrorisme, alors qu’elles sont en réalité utilisées contre tous les mouvements sociaux, revendicatifs et écologistes.

En décembre, le Conseil de l’Europe s’était alarmé de l’article 24 de cette loi, qui entend créer un « délit d’intention » dans la loi sur la liberté de la presse, une première brèche dans ce texte fondamental qui régit toute la liberté d’expression en France. Tous les acteurs de la presse, des journalistes aux patrons de médias, se sont élevés contre cette disposition qui sera opposable à tous les citoyens.

À Strasbourg, un laboratoire de recherche sacrifié par Sanofi sans égard pour ses salariés

À Strasbourg, un laboratoire de recherche sacrifié par Sanofi sans égard pour ses salariés

Après avoir réduit de moitié ses effectifs français en dix ans, Sanofi avait promis un nouveau virage pour son laboratoire strasbourgeois. Malgré des dividendes en hausse, la présidence du groupe déménage cette antenne, au mépris d’une cinquantaine de salariés, toujours inquiets quant à leur avenir.

Merell, Dow Chemical, HMR, Synthelabo… Depuis 1972, les actionnaires internationaux se succèdent au laboratoire de recherche rue d’Ankara, quartier Esplanade, à côté de l’université. Aux grandes heures du site, dans les années 1980, entre 250 et 300 salariés y travaillent. L’arrivée de Sanofi se fait en 1999, suite à la fusion avec Synthelabo. Mais au fil des restructurations de Sanofi, les effectifs sur place s’amenuisent : 76 en 2010, 66 en 2012, aujourd’hui 55 salariés. « C’est encore un grand nom, mais ce n’est plus un grand site dans l’écosystème local », estime un entrepreneur strasbourgeois dans les technologies médicales.

« On nous parlaient de projets en sachant qu’ils ne se feraient pas »

Le vendredi 26 juin 2020, les employés sont convoqués dans l’auditorium. Au retour du confinement et avant les congés d’été, la direction annonce la fermeture totale du site. « Ça a été la sidération totale », se rappelle Véronique Roujean. La secrétaire du Comité social et économique (CSE) et adhérente CGT apprend la nouvelle dans la matinée par d’autres syndicalistes de l’entreprise, suite à des annonces au niveau européen. Son collègue Nicolas Muzet, cadre et élu non-syndiqué au CSE, est informé par la direction la veille au soir :

Abonnez-vous

Cet article fait partie de l’édition abonnés. Pour lire la suite, profitez d’une offre découverte à 1€.

Contribuez à consolider un média indépendant à Strasbourg, en capacité d’enquêter sur les enjeux locaux.

    Paiement sécurisé
    Sans engagement
Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous

Les vélos à nouveau autorisés dans le tram dès le 1er février, mais la manifestation de samedi maintenue

Les vélos à nouveau autorisés dans le tram dès le 1er février, mais la manifestation de samedi maintenue

Depuis la fin du premier confinement, les vélos n’étaient plus autorisés dans les trams de l’Eurométropole. Après la lettre ouverte de l’association Cadr67 et du collectif Vélorution cette semaine, la CTS a fait un premier pas en ré-ouvrant, partiellement, l’accès aux deux-roues dès lundi prochain. La manifestation de demain est maintenue.

« Une crevaison, le froid, un coup de mou, un vol de selle, une pluie imprévue… Les raisons ne manquent pas pour souhaiter embarquer sa monture (dans le tram, ndlr) » Dans une lettre ouverte adressée à plusieurs élus de l’Eurométropole de Strasbourg, le collectif Vélorution énumère les raisons d’une « incompréhension croissante de la communauté cycliste » face à l’interdiction de monter à bord du tram avec son vélo, mise en place à la fin du premier confinement. Face à l’inaction du président de la CTS Patrick Maciejewski, Vélorution et l’association Cadr67 ont appellé à manifester à vélo, samedi 30 janvier.

On ne peut plus monter à bord des trams avec son vélo. Photos : Matthieu Mondoloni

Du côté de la CTS, on justifiait cette interdiction par la distanciation physique nécessaire dans les transports en commun depuis le début de la pandémie. Mais finalement, le 27 janvier, l’Eurométropole et la CTS ont annoncé une réouverture partielle des tramways aux vélos.

Vélos ré-autorisés dans le tram dès lundi, avant 7h et après 19h

À partir du 1er février 2021, vous pourrez donc monter dans le tram avec votre deux-roues, mais seulement avant 7h et après 19h du lundi au samedi, ainsi que le dimanche et les jours fériés toute la journée. Le communiqué de la CTS précise également : « L’accès des vélos sera autorisé uniquement par la porte arrière des tramways ».

L’Eurométropole annonce également une « table ronde participative autour de la complémentarité entre vélo et réseau de transport en commun », le 10 février prochain. Elle réunira les associations de cyclistes, les associations d’usagers des transports collectifs, les associations de piétons et de structures travaillant autour du handicap ainsi que des représentants des conducteurs de la CTS.

CADR67 ne sera pas à la manif, Vélorution oui

L’association CADR67 a annoncé se désolidariser de la manifestation de samedi : « Même si la réponse ne nous satisfait pas entièrement quant à la praticité de sa mise en œuvre, nous avons été entendus quant à notre volonté de pouvoir utiliser de nouveau le tram avec nos vélos. »

Le collectif Vélorution, lui, maintient le rendez-vous initial.

Manifestation et assemblée générale des acteurs culturels samedi

Manifestation et assemblée générale des acteurs culturels samedi

Des organisations syndicales de la culture appellent à manifester samedi 23 janvier. Un cortège partira à 11 heures de la place d’Austerlitz jusqu’au Théâtre National de Strasbourg pour donner lieu à une assemblée générale qui doit structurer le mouvement.

« Pour que la culture ne soit pas sacrifiée. » Samedi 23 janvier, des organisations syndicales du monde de la culture appellent à manifester. A Strasbourg, le cortège partira de la place d’Austerlitz à 11 heures. Pour le syndicat national des Arts Vivants du Grand Est, lappel s’adresse aux « professionnel·les,  amateurs et amatrices, citoyens et citoyennes, et toute personne préoccupée par la place allouée aux arts et à la culture dans notre société ». Destination : le Théâtre National de Strasbourg. La manifestation sera suivie d’une assemblée générale constituante du « Collectif du 23 janvier ».

La farine, une « métaphore du brouillard » qui entoure le monde de la Culture. Photo : Rue89 Strasbourg

Les acteurs culturels mobilisés souhaitent structurer un mouvement aux revendications multiples : engagement de l’Etat et des collectivités territoriales pour garantir un accès à l’art et à la culture au même titre qu’un service public, mise en place d’un fonds de soutien spécifique aux compagnies, associations et autres structures pour une durée minimale d’un an après la reprise normale de l’activité culturelle.

Manif pour la réouverture de l’université : « Isolée, sans perspective, j’ai déjà pensé à la mort »

Manif pour la réouverture de l’université : « Isolée, sans perspective, j’ai déjà pensé à la mort »

Près de 200 personnes ont manifesté pour la réouverture de l’université ce mercredi 20 janvier à Strasbourg. Dans le cortège, de nombreux étudiants expriment leur détresse, entre solitude, stress et absence de perspective.

« Le distanciel tue. » Pancarte au slogan choc à la main, Alice participait à la manifestation pour la réouverture de l’université ce mercredi 20 janvier près du campus de Strasbourg. Dans le cortège d’environ 200 personnes, l’étudiante en double licence de Mathématiques et d’Économie exprime les nombreuses raisons de son mal-être. La jeune femme de 19 ans se sent « vide » à force de ne voir personne. Elle se dit « perdue » en mesurant l’impact de la crise sanitaire sur le secteur de l’aéronautique, un domaine dans lequel elle se voyait travailler plus tard. Puis il y a le sentiment d’être oubliée par le gouvernement :

« Lors de l’avant dernier discours de Jean Castex, le Premier ministre a parlé des remontées mécaniques, mais pas de nous. Ça m’a fait l’effet d’une claque. »

Alice, 19 ans : « Lors de l’avant dernier discours de Jean Castex, le premier ministre a parlé des remontées mécaniques, mais pas de nous. Ça m’a fait l’effet d’une claque. » Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Sur la pancarte de Lysa, 19 ans, une question : « Etudiants fantômes ? » Malgré la réouverture de certaines salles réservées à quelques élèves décrocheurs, en situation de précarité ou étrangers, cette étudiante en L2 Humanités attend toujours des informations sur l’évolution de sa situation scolaire : « Les élèves de L1 commencent à revenir en demi-groupes, mais les L2 et L3, le gouvernement n’en parle pas. »

Lysa, 19 ans : « Les élèves de L1 commencent à revenir en demi-groupe, mais les L2 et L3, le gouvernement n’en parle pas. » Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Pour Jean, étudiant en deuxième année de licence de Droit, la souffrance provient d’un « stress constant ». Il évoque d’abord des examens inchangés malgré le contexte sanitaire :

« Avec l’enseignement à distance, j’ai du mal à me concentrer. J’ai régulièrement des moments de blanc, 20 minutes de déconcentration où je passe d’un réseau social à l’autre. »

Puis le jeune homme évoque le pic d’inquiétude lors d’un partiel perturbé par un bug informatique. Il craint de ne pas valider ses partiels cette année.

Pour Jean, étudiant en deuxième année de licence de Droit, la souffrance provient d’un « stress constant ». Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Zoé, également inscrite en deuxième année de licence Humanités, ne cache pas sa détresse : « Depuis peu, je suis sous antidépresseurs. J’ai l’impression de ne pas voir le bout du tunnel. » L’étudiante parle d’une « fatigue morale ». Seule dans son studio de 13 mètres-carrés, suivant les cours en partageant la connexion de son téléphone portable, elle a « failli décrocher au quatrième semestre. »

Zoé, en deuxième année de Licence Humanités : « À notre âge, on cherche à se construire, mais on nous enlève tous les outils. J’ai dû prendre un rendez-vous en urgence chez un psychiatre. »

Car Zoé s’était inscrite à l’Université de Strasbourg pour construire ses idées et échanger avec des camarades pour mieux confronter ses opinions. À distance, l’étudiante n’arrive pas à suivre les cours. Elle perd le sens de ses études. Évoquant une « santé mentale fragile », Zoé explique que cette situation combinée à des difficultés personnelles ont suffi à la plonger en dépression :

« Isolée, sans perspective, j’ai pu penser à la mort. À notre âge, on cherche à se construire, mais on nous enlève tous les outils. J’ai dû prendre un rendez-vous en urgence chez un psychiatre. »

« Des copies blanches, même des meilleurs élèves »

Ingénieur de recherche et co-secrétaire de SUD Éducation Alsace, Nicolas Poulin voit de plus en plus d’étudiants se renfermer sur eux-mêmes : « On reçoit beaucoup plus de mails qu’au début de la pandémie. » Il évoque des copies blanches rendues par des élèves lors des derniers partiels. « L’une d’entre elles venait d’une des meilleures étudiantes l’année précédente », raconte-t-il. Mais pour les enseignants comme pour les responsables de départements, difficile de venir en aide à ces jeunes en détresse : « Parfois, nous n’avons pas plus d’information qu’eux, et nous ne sommes pas formés au travail d’assistant social ou de psychologue. »

Ingénieur de recherche et co-secrétaire de SUD Éducation Alsace, Nicolas Poulin voit de plus en plus d’étudiants se renfermer.

La manifestation se termine vers 14h30 sur le campus central de l’Université de Strasbourg. Une Assemblée générale est alors annoncée dans un amphithéâtre du bâtiment Escarpe. Au fil des interventions, plusieurs étudiants dénoncent les incohérences de la politique gouvernementale : « Cette situation n’est pas sanitaire mais politique. Je travaille dans un collège, je vois bien que les collégiens ne respectent pas les mesures sanitaires mieux que les étudiants », s’indigne Arpad, membre du Nouveau parti anticapitaliste. Au fond de la salle, une étudiante se lève et demande une mobilisation pour ceux qui souffrent de pathologies et de troubles psychiatriques :

« On a bien ramassé, je pense que je suis pas la seule. On aimerait bien un soutien psychologique, une aide gratuite, qu’on soit juste pris en considération. »

Recrutement de psychologues par l’Université

Interrogée sur le dispositif de soutien psychologique dédié aux étudiants, l’Université de Strasbourg indique que les effectifs de psychologues sont en augmentation :

« Il y avait un demi-poste de psychologue avant le confinement au service de santé universitaire. Depuis novembre, il y a un poste et demi. Depuis mars, les étudiants ont la possibilité de prendre rendez-vous avec un médecin du service de santé universitaire, directement via Doctolib. Ils ne restent donc pas sans rendez-vous ni voir de médecins. Nous avons 18 étudiants « relais campus » et 15 étudiants « relais cité U », qui sont des interlocuteurs (formés) de premier niveau auxquels les étudiants peuvent s’adresser. Ce dispositif fonctionne. D’autre part, un nouveau psychologue devrait être recruté dans les semaines à venir. »

Des hausses d’impôts de 5 à 7% envisagées pour le premier budget de la municipalité

Des hausses d’impôts de 5 à 7% envisagées pour le premier budget de la municipalité

Trois scénarios sont soumis au premier débat budgétaire de la Ville de Strasbourg. Ceux avec les hausses des impôts locaux en 2021 sont les plus soutenables.

Le premier débat d’orientation budgétaire (DOB) de la Ville de Strasbourg est prévu lundi 25 janvier. Et c’est le retour des fameux « scénarios » ! Trois possibilités sont soumises aux 65 élus et élues pour 2021 : un scénario sans hausse d’impôts locaux et deux autres avec des hausses de 5% ou 7% des taux de taxe d’habitation et foncière. Conséquence : une rentrée d’argent de 180, 187 ou 190 millions d’euros selon l’option choisie, sur un total espéré d’environ 400 millions d’euros, comme en 2018 et 2019. Les autres recettes viennent notamment de l’État et des transactions immobilières.

Les trois scénarios présentés reprennent des engagements de la liste écologiste : 135 millions d’euros d’investissement par an, un niveau soutenu, et 150 créations de postes à la Ville de Strasbourg sur le mandat. L’hypothèse sans hausse d’impôts montre une dégradation des indicateurs financiers (capacité de désendettement, épargne brute) dès 2022 et 2023. Les deux autres montrent une situation financière plus soutenable à moyen terme. Le choix devrait donc se situer entre ces deux alternatives.

Centre administratif, parc de l’Étoile Photo : Flickr / Alexandre Prévot / Cc

Lisez la suite pour 1€ seulement

    Accédez à nos enquêtes et révélations exclusives Soutenez une rédaction locale qui appartient à ses journalistes Maintenez une vigie citoyenne sur les pouvoirs locaux

Je m’abonne 

Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous

« Une régulation des réseaux sociaux est inévitable »

« Une régulation des réseaux sociaux est inévitable »

Twitter, Facebook, YouTube sont-ils devenus des médias ? Depuis la crise sanitaire, les plateformes sociales ont pris une part de plus en plus active dans la modération des contenus qu’elles diffusent. Pourquoi ce virage et quelles sont les suites possibles ? On en discute jeudi soir avec nos deux spécialistes, en partenariat avec le Shadok.

Après l’invasion du Capitole, les réseaux sociaux se sont mis à censurer les discours publics de Donald Trump. Le président des États-Unis, dont le compte Twitter était suivi par plus de 80 millions de personnes, peut-il être ainsi à la merci des décisions d’une entreprise privée ? La volte-face de Twitter, après une série d’avertissements distillés depuis mai 2020, est-elle l’amorce d’une nouvelle politique des plateformes sociales ? Retranchées derrière le très pratique statut d’hébergeur, elles rechignent à accepter une co-responsabilité pour les contenus qu’elles diffusent. Et si cette époque était révolue ?

Ce sera le sujet d’une visioconférence organisée par le Shadok et Rue89 Strasbourg jeudi 21 janvier à 19h, dans le cadre du cycle « Tous connectés et après ? » Les intervenants, qui répondront aux questions posées sur le tchat, sont Florence G’Sell, professeure de droit comparé à Sciences-Po et à l’Université de Lorraine, et Nikos Smyrnaios, maître de conférence en sciences de l’information à l’université de Toulouse et auteur du livre « Les GAFAM contre l’Internet » (Ed. INA).

Rue89 Strasbourg : La décision de Twitter de bannir Donald Trump a-t-elle été une surprise pour vous ?

Florence G’Sell : Oui quand même. Elle survient dans le contexte très particulier de l’invasion du Capitole, un vrai traumatisme aux États-Unis dont on peine à percevoir l’ampleur depuis l’Europe, et alors que Donald Trump est en fin de mandat. Mais ce bannissement survient surtout après des années de laisser-faire, même s’il y a eu une montée en puissance des mesures régulatoires depuis la crise sanitaire.

Nikos Smyrnaios : Twitter est sous la pression continue de ses employés notamment, qui ne supportent plus d’être les accessoires ou les complices des discours fascisants sur Internet. Il y a eu des débrayages, des grèves, etc. chez Twitter, Facebook et Google. Ça s’est graduellement accentué après Black Lives Matter et jusqu’à l’attaque du Capitole.

Est-ce qu’il s’agit d’un tournant pour ces plateformes, qui ne cessent d’invoquer qu’elles dépendent du très neutre et très pratique statut d’hébergeur ?

NS : Jusqu’en 2015, on était optimiste sur les effets des réseaux sociaux, pour la liberté d’expression et le débat public. Cet optimisme dans les plateformes a commencé à se dégrader quand on s’est rendu compte à quel point elles étaient utilisées par l’État islamique, et très efficaces pour toucher et recrutement des nouveaux membres. Puis il y a eu le scandale de Cambridge Analytica en 2016, avec des manipulations de masses à partir des données de Facebook pour l’élection présidentielle américaine et le référendum sur le Brexit. Quand l’idée que ces plateformes avaient un pouvoir arbitraire a émergé, le paradigme du débat public via les réseaux sociaux est devenu négatif. À partir de là, la question d’une nouvelle forme de régulation s’est posée.

FG : Il n’est plus possible d’osciller entre les statuts d’hébergeur et d’éditeur. Aucun ne convient puisque les réseaux sociaux ne sont ni l’un ni l’autre. Donc il faut créer une nouvelle catégorie d’acteur du numérique, qui corresponde à ce que sont ces plateformes. Rappelons qu’en Europe, elles sont toujours régies par la directive e-commerce, qui date de 2000 ! Et d’ailleurs, l’Europe est en train de légiférer et les États-Unis ont déclaré leur intention de le faire.

Est-ce que les plateformes ont le droit de supprimer des messages qui relèvent de l’expression publique, voire d’État ?

FG : Du point de vue du droit, strictement techniquement, oui les plateformes ont le droit de bannir et de supprimer des messages de n’importe quel utilisateur. On pourrait ergoter sur l’intérêt public, etc. mais elles se sont prévues de larges capacités d’intervention sur les contenus.

NS : Tout le design de ces applications découle de leur modèle économique. Leur objectif, c’est de capter l’attention pour ensuite la monétiser. Une fois ceci posé, elles se sont données les moyens d’agir sur ces capacités, y compris sur ce qui a été publié par les utilisateurs. Ce qu’on peut déplorer, c’est que la modération des contenus ne soit sujette à aucune transparence, les utilisateurs n’ont qu’un retour très succinct. En outre, le fait que cette modération soit externalisée génère une quantité d’autres problèmes, sociaux notamment.

Ces plateformes sont globales. Quelle prise les citoyens ou les États peuvent-ils avoir sur elles ?

NS : Les plateformes ne bougeront pas tant qu’elles n’y seront pas contraintes. On l’a bien vu par le passé, Facebook n’a fait évoluer ses pratiques qu’au compte-gouttes et à condition d’y être forcé par la puissance publique. Ce n’est pas tant la question de la régulation, qui interviendra tôt ou tard, que la notion d’équilibre. Il ne faudrait pas croire qu’une régulation étatique serait forcément souhaitable… On a bien vu les tentatives du gouvernement français, avec la loi Avia et la loi contre les fake news… qui ont été unanimement dénoncées par tous les acteurs du secteur. L’État n’est pas nécessairement bienveillant. C’est plutôt aux citoyens de s’emparer de ce sujet et de trouver leur place dans ce débat.

FG : Les plateformes sentent bien que l’étau se resserre et essaient de produire des initiatives d’auto-régulation, comme le « oversight board » chez Facebook, mais sans convaincre car elles en gardent le contrôle. Jack Dorsey de Twitter évoque une régulation décentralisée dans la blockchain… Ça ressemble surtout à une manœuvre dilatoire. Mais il serait tout à fait possible d’imaginer des instances de régulation citoyenne. On pourrait très bien imaginer que les utilisateurs de Twitter soient amenés à voter pour leurs représentants au conseil de pilotage du réseau social…

Manifestation en soutien aux étudiants mercredi

Manifestation en soutien aux étudiants mercredi

Plusieurs syndicats d’enseignants et d’étudiants appellent à manifester mercredi 20 janvier. Le cortège se rassemblera à 13h sur la place de la République pour se réunir en assemblée générale à 14h30 sur le campus de l’Esplanade.

Près d’un an de cours sur ordinateur ou smartphone, du stress parfois aggravé par la précarité, une souffrance psychologique croissante… Fin octobre 2020, les universités ont fermé. Le 4 janvier, les facultés ont rouvert pour les élèves les plus en difficulté, par groupes de 10 personnes maximum. Insuffisant pour une intersyndicale d’enseignants et d’étudiants de l’Université de Strasbourg, qui appelle à manifester mercredi 20 janvier à 13h. Le cortège partira de la place de la République pour rejoindre le campus de l’Esplanade où une Assemblée générale doit avoir lieu à 14h30 :

« Les personnels de l’Université de Strasbourg n’acceptent plus de travailler dans des locaux privés d’étudiants et presque vides, alors que les supermarchés sont bondés et que les élèves de BTS et des CPGE sont autorisés à suivre tous leurs cours en présentiel. »

Selon un sondage publié dans le Figaro étudiant, sept étudiants sur dix s’inquiètent pour leur santé mentale. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Selon un sondage publié dans le Figaro étudiant, sept étudiants sur dix s’inquiètent pour leur santé mentale. L’observatoire de la vie étudiante rapporte qu’un étudiant sur trois présente des signes de détresse psychologique.

Plusieurs organisations syndicales appellent aussi à une journée de grève et de manifestation le mercredi 26 janvier « pour la réouverture des universités aux étudiants avec les moyens nécessaires, pour exiger une autre politique, des créations de postes, l’amélioration de nos salaires et de nos carrières et pour défendre nos conditions de travail et d’études ».

Condamné pour harcèlement, l’ancien directeur de la Maison des assos indemnisé pour son licenciement

Condamné pour harcèlement, l’ancien directeur de la Maison des assos indemnisé pour son licenciement

Le conseil des prud’hommes a conclu que le licenciement du directeur de la Maison des associations était « sans cause réelle et sérieuse » et a condamné l’employeur à l’indemniser à hauteur de 108 000 euros. Après l’avoir sanctionné, la MDAS avait licencié son directeur suite à trois plaintes de collaboratrices pour des faits de harcèlement sexuel pour lesquels il a été condamné en première instance.

Accusé de harcèlement sexuel sur trois collaboratrices, condamné en première instance sur le volet pénal, l’ancien directeur de la Maison des associations, Patrick Gerber, a été relaxé mardi 12 janvier dans le volet social par le conseil des prud’hommes de Strasbourg. La formation professionnelle a estimé que le licenciement de Patrick Gerber, faisant suite aux trois plaintes de collaboratrices, avait été pris « sans cause réelle et sérieuse » puisque se fondant uniquement sur les faits relatés dans notre article initial sur cet affaire, en mars 2019.

Le bureau de la Maison des associations avait pris la décision de licencier Patrick Gerber « suite aux nouveaux éléments publiés dans l’article de Rue89 Strasbourg. » Il n’avait écopé jusqu’alors que d’un blâme, suite à une enquête interne.

Le bâtiment du conseil des prud’hommes à Strasbourg Photo : PF / Rue89 Strasbourg / cc

Pour le Conseil des prud’hommes, composé de deux femmes et de deux hommes, il n’y a pas de preuve que Patrick Gerber ait déclaré qu’il avait été « blanchi » par l’enquête interne, une condition nécessaire selon la formation professionnelle pour établir que Patrick Gerber ait commis une « faute grave ». Devant le conseil des prud’hommes, Patrick Gerber a nié avoir fait cette déclaration à Rue89 Strasbourg. Il a produit à l’audience des échanges par mail avec notre rédaction consécutifs à notre entretien, extraits dans lesquels cette affirmation précise n’était pas présente. Nous maintenons cependant que Patrick Gerber a bien prononcé ces mots, et ce dès le début de l’entretien. Il considérait alors qu’il n’y avait pas d’affaire.

Les juges ne se prononcent pas sur les faits de harcèlement sexuel, réglés sur le volet social selon eux par le blâme infligé à Patrick Gerber fin 2018. Considérant qu’il s’agit d’un licenciement abusif, le conseil des prud’hommes a condamné la Maison des associations à indemniser Patrick Gerber à hauteur de 53 091,84€, soit un an de salaire, plus 30 030,33€ d’indemnités de préavis, de congés payés et de rappels sur salaire.

En outre, les juges reconnaissent que les faits ont « porté atteinte à l’honneur et à la considération » de Patrick Gerber et ils lui ont accordé 25 000€ de dommages et intérêts pour son préjudice moral. Il en demandait le double. Le total des indemnités se solde à un peu plus de 108 000 euros. Contacté, le président de la Maison des associations, Claude Schneider, n’a pas souhaité répondre sur les suites que la structure entendait donner à ce jugement.

Presque oubliée de tous, une piste cyclable coupée pour le centre d’entrainement du Racing bientôt rouverte

Presque oubliée de tous, une piste cyclable coupée pour le centre d’entrainement du Racing bientôt rouverte

L’extension du centre d’entrainement du Racing Club de Strasbourg Alsace a nécessité la suppression d’une voie cyclable et piétonne importante du quartier de la Meinau. Au grand dam des riverains et usagers, lesquels se sont plaints en nombre auprès des élus. La piste devrait rouvrir dans les prochains jours.

Inauguré au mois de novembre, le nouveau centre d’entraînement du Racing Club de Strasbourg Alsace (RCSA) n’a pas fait que des heureux. Son extension s’est faite au détriment des piétons et des cyclistes. Depuis l’automne, la piste Georges Speicher, qui relie la rue des Vanneaux au stade de la Meinau en passant juste entre les deux anciens terrains d’entraînement du club de football, n’est plus accessible. Des barrières bloquent l’accès par l’Ouest ou par l’Est.

Riverains ou passants se retrouvent contraints à un détour d’environ 750 mètres pour se rendre de part et d’autre du centre d’entraînement, dont le lieu de vie (vestiaire, espace médical, salle de musculation) doit encore être construit.

« Au cours du mois d’octobre, on a simplement vu apparaître des panneaux « Déviation », à peine quelques jours avant la mise en place des barrières », se rappelle Astrid, la soixantaine, habitante du secteur et usagère de cette piste cyclable structurante du quartier. Elle s’irrite :

« Priver toute la population d’un droit de passage pratique au profit du RCSA est scandaleux ».

Elle n’est pas la seule, semble-t-il. « Cyclistes, piétons, scolaires… La déviation pose problème et nous avons été contactés par pas mal de monde », reconnaît auprès de Rue89 Strasbourg Sophie Dupressoir, conseillère municipale déléguée à la ville cyclable et marchable.

La bronca citoyenne a cependant payé : la piste devrait rouvrir « très rapidement, d’ici quelques jours », assure l’élue strasbourgeoise.

Une enquête publique sans public

Cette réouverture représentera la conclusion d’une affaire où tout s’est déroulé dans les habituelles règles administratives, c’est à dire une procédure de « consultation » des habitants qui n’est communiquée à personne. Si elle avait été annoncée, cette procédure aurait vraisemblablement permis de faire remonter cette répercussion négative du projet d’extension sur le quotidien des habitants.

Retour en arrière. Le nouveau centre d’entraînement, prévu dans le projet de rénovation du stade de la Meinau, lancé par les anciennes équipes municipales et métropolitaines. Financées par le club, ces infrastructures prévoient de placer côte-à-côte les deux nouvelles pelouses « hybrides » (97% de pelouse naturelle et 2% de synthétique), ajouter un demi-terrain et enfin d’y construire les infrastructures au bord. Pour le moment, les joueurs se changent dans les vestiaires sous la tribune Sud du stade, qui sera bientôt refaite, avant d’aller sur les terrains en crampons.

Les nouveaux terrains d’entrainement


Cette modernisation s’érige en partie sur des parcelles appartenant à l’Eurométropole, mais non-prévues pour cet usage. Dans ce cas, les règles d’urbanisme sont pointilleuses : une enquête publique doit être ouverte avant de pouvoir changer la fonction de ces parcelles et en confier la gestion au RCSA, en charge des travaux.

Plan du nouveau centre d’entrainement, la piste cyclable passe au nord des terrains et des futurs bâtiments. Photo : extrait de la délibération de l’Eurométropole
À l’entrée Ouest de la piste cyclable, des barrières de sécurité bloquent encore l’accès. Photo : TS / Rue89Strasbourg / cc

Menée du 17 décembre 2019 au 6 janvier 2020, une période plus propice aux fêtes qu’à la participation citoyenne, cette consultation spécifique au centre d’entrainement s’est contentée du strict minimum. Trois avis dans la presse locale et spécialisée, trois permanences de deux heures chacune au siège de la Ville et de l’Eurométropole.

Résultat : « Deux personnes se sont présentées à l’occasion des permanences. Le registre n’a été alimenté d’aucune observation manuscrite ni d’aucun courriel », note le commissaire enquêteur dans son rapport remis à l’issue de l’enquête.

Côté Est, l’entrée de la piste cyclable est elle aussi toujours verrouillée. Les panneaux « Déviation » ont disparu. Photo : TS / Rue89Strasbourg / cc
Désormais fermée, une portion de la voie piétonne et cyclable Georges Speicher longeait le centre d’entrainement du RCS, près du stade de la Meinau, pour rejoindre l’Avenue de Colmar. Photo : TS / Rue89 Strasbourg / cc

« L’interrogation » du commissaire enquêteur

Dans ses conclusions, où il émet un avis favorable à ce déclassement, le commissaire enquêteur relève pourtant déjà un « point d’interrogation ». À savoir :

« La circulation au niveau de la piste Georges Speicher qui ne sera dès lors plus accessible dans sa totalité. Un moyen de contournement par la rue des Ciriers a été proposé ; celui-ci est tout à fait crédible mais il aurait été intéressant de développer et de documenter davantage ce point du dossier. »

Pas de quoi mettre la puce à l’oreille des élus de l’intercommunalité dans la majorité de l’ancien président Robert Herrmann (PS). Dans une décision en date du 14 février 2020, la commission permanente de l’Eurométropole, la dernière du précédent mandat, acte du « déclassement du domaine public de voirie » et le « classement dans le domaine public sportif » de cette parcelle – et d’autres alentours –, ce qui permet le démarrage des travaux d’extension du centre d’entraînement au printemps.

Dans l’attente d’une nouvelle piste

En outre, une nouvelle piste cyclable est prévue, un peu plus au nord, dans le cadre de l’ensemble des travaux du stade de la Meinau. Mais elle ne devrait pas voir le jour avant de longs mois, voire années. Le nouveau stade et ses aménagements doivent être terminés en 2025.

« C’est un engagement pris à l’issue de la concertation autour de ce projet de réaménagement du stade : maintenir et valoriser les traversées piétonnes et cyclistes Est-Ouest et Nord-Sud », confirme Sophie Dupressoir. Mais, dans l’intervalle, « on a été un peu vite en pensant qu’une déviation suffirait », concède-t-elle.

Ville et Eurométropole vont donc rouvrir la piste Georges Speicher, en attendant la mise en service de cette nouvelle voie, quelques mètres plus au nord. La conseillère municipale et eurométropolitaine l’assure :

« On sera attentif au phasage de toutes les opérations, pour qu’une traversée piétonne et cycliste reste possible. »

Les quatre ans et demi de chantier ne font que commencer.

« C’est pour les autres filles que je le fais » : une troisième plainte déposée contre Julien Hohl

« C’est pour les autres filles que je le fais » : une troisième plainte déposée contre Julien Hohl

Trois jeunes femmes ont porté plainte depuis début janvier contre Julien Hohl, le fondateur et ancien dirigeant du label Deaf Rock. Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Strasbourg et confiée à la brigade des mœurs de la Sûreté Départementale. Julien Hohl, lui, n’a toujours pas été entendu.

« Quand j’ai reçu le mail de MusicToo me disant que je n’étais pas la seule, ça a été un électrochoc. C’est là que j’ai décidé de porter plainte ». Anne (les prénoms d’emprunt de l’enquête initiale ont été conservés), 21 ans au moment des faits en 2019, avait raconté dans l’enquête de Rue89 Strasbourg et Mediapart comment Julien Hohl, dirigeant du label Deaf Rock, lui aurait touché les seins, puis les fesses, à plusieurs reprises, couché et serré contre elle, à trois dans un même lit, au retour d’une soirée professionnelle avec d’autres salariés.

La jeune femme, à l’époque en service civique est dans une position d’infériorité professionnelle. Elle n’ose rien dire mais retire pourtant à plusieurs reprises la main de son patron de son corps :

« J’ai enlevé ses mains, une fois, deux fois, peut-être une troisième fois je ne sais plus. À chaque fois, il les remettait », racontait-elle d’une voix calme, en novembre.

Lisez la suite pour 1€ seulement

    Accédez à nos enquêtes et révélations exclusives Soutenez une rédaction locale qui appartient à ses journalistes Maintenez une vigie citoyenne sur les pouvoirs locaux

Je m’abonne 

Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous

Barbara Pompili renonce à remonter les déchets toxiques enfouis à Stocamine

Barbara Pompili renonce à remonter les déchets toxiques enfouis à Stocamine

Les associations partisanes du déstockage et de la protection de l’Environnement ont été informés que la ministre de l’Écologie n’a pas changé d’avis suite à sa visite. La Collectivité européenne d’Alsace propose d’assumer la responsabilité d’un destockage.

Le préfet du Haut-Rhin, Louis Laugier, a appelé les membres de la commission de suivi de site (CSS) de Stocamine ce lundi 18 janvier. Il leur a annoncé que la ministre de l’Écologie, Barbara Pompili, a choisi de laisser les 42 000 tonnes de déchets toxiques au fond de Stocamine, une ancienne mine de potasse à Wittelsheim.

Elle n’a donc pas changé d’avis après s’être « coltinée les gens » dans l’ancien bassin minier. À terme, les barils et big bags de substances chimiques communiqueront avec la nappe phréatique du Rhin, l’une des plus grande d’Europe. « Les avantages potentiels d’un déstockage complémentaire des déchets ne sont pas démontrés », indique la ministre. Pour le collectif Destocamine c’est au contraire « un affront pour les citoyens et associations, une humiliation pour nos élus du bassin rhénan, alsaciens et allemands, et la condamnation inéluctable de notre ressource en eau ».

Bigbag de déchets dans une galerie de stockage à -500m. StocaMine. Photo : Pascal Bastien / Divergence

Un chèque de compensations

Pour faire passer la nouvelle auprès d’élus et d’habitants, la décision est assortie de 50 millions d’euros en 5 ans pour la protection de la nappe phréatique en surface. Ce montant potentiel est bien inférieur à la différence entre le coût du confinement des déchets (estimé à 128 millions d’euros) et leur destockage (205 à 456 millions selon les scénarios). Pourtant, Barbara Pompili avait promis à des élus alsaciens qu’en cas de confinement total, une somme équivalente au destockage serait redéployée.

« La semaine dernière, plusieurs élus alsaciens ont interpellé la ministre pour la pollution au Lindame en surface« , remarque Philippe Aullen, membre de la CSS. « Ils ont joué sur cette corde sensible », regrette-t-il. Lors de son déplacement, l’ancienne élue écologiste avait opposé la pollution de surface, à court terme, à celle de l’ancienne mine, à plus long terme. « Le cynisme de LREM s’exprime aussi en essayant d’opposer les dossiers les uns aux autres, opposant dépôt à Colmar et Stocamine. Tous les dossiers de la nappe ont la même importance, on ne peut pas prioriser », appuie le député de la circonscription, Raphaël Schellenberger (LR)

La semaine précédente, la Préfecture avait encore demandé un argumentaire aux partisans du destockage. Cette annonce intervient à une semaine d’un déplacement du Premier Ministre Jean Castex en Alsace, samedi 23 janvier, où le sujet doit entres autres être évoqué avec les élus alsaciens. La toute jeune Collectivité européenne d’Alsace (CeA) a voté à l’unanimité vendredi 15 janvier une nouvelle motion demandant un destockage « immédiat et le plus total possible ».

Le dossier, qui a laissé beaucoup de traces dans des amitiés et au sein de familles du bassin potassique, ne devrait pas en rester-là. En fin de journée le président la Collectivité européenne d’Alsace (CeA), Frédéric Bierry (LR), a proposé de « prendre la maitrise d’ouvrage » du destockage, en demandant à l’Etat de lui verser « les 456 millions d’euros prévus ». 

Raphaël Schellenberger « déplore cette décision qui piétine notre rapport parlementaire, pourtant adopté à l’unanimité des membres de la commission du développement durable de l’Assemblée nationale, alors présidée par Barbara Pompili. […] La Ministre se trouve ici incapable de transformer ses paroles en actes », fustige-t-il.

Dans la majorité LREM, le ton est tout autre. Le député bas-rhinois Vincent Thiébaut « approuve » la décision et indique que la mission d’information qu’il présidait émettait deux réserves : « l’évaluation des risques environnementaux, sanitaires et  de sécurité des travailleurs, et l’existence d’une solution de restockage alternatif qui offre de meilleures garanties environnementales. Selon lui, ces conditions « ne sont pas réunies » et la pollution sera « très faible et hypothétique ». « Ce n’est pas la bonne décision qui a été prise », juge néanmoins le député haut-rhinois Bruno Fuchs (Modem), aussi membre de la majorité, qui regrette que les dernières études n’aient servi à rien. Il estime au passage que la somme de 50 millions d’euros pour protéger de la pollution est insuffisante et qu’il faudrait le double.

Karima Delli : « Strasbourg doit pouvoir desservir l’Europe en train de nuit »

Karima Delli : « Strasbourg doit pouvoir desservir l’Europe en train de nuit »

Députée européenne Europe Ecologie Les Verts (EELV) et engagée pour la relance des trains de nuit, Karima Delli critique le retard français dans ce domaine et défend une desserte strasbourgeoise forte.

Début décembre, une carte des futurs trains de nuit européens n’indiquait pas la gare de Strasbourg. Puis, la Deutsche Bahn et les Chemins de fer fédéraux autrichiens nous ont confirmé une étape strasbourgeoise sur le tracé Paris – Vienne. Si l’eurodéputée écologiste Karima Delli se félicite de ce retour du ferroviaire nocturne sur le réseau européen, elle reste critique vis-à-vis du retard français sur le développement du train de nuit. L’élue Europe Ecologie Les Verts, présidente de la commission transports et tourisme au Parlement européen plaide pour une meilleure desserte de Strasbourg en trains de nuit.

Rue89 Strasbourg : Quel a été votre sentiment suite aux annonces des sociétés ferroviaires autrichiennes, allemandes, suisses et françaises concernant les nouvelles lignes internationales de train de nuit ?

Karima Delli : C’est une victoire. Cela fait des années que je me bats pour le retour des trains de nuit. C’est une mobilisation citoyenne, mais aussi une lutte pour le climat. Au niveau du CO2 émis par kilomètre, l’avion est 45 fois plus polluant que le train (sur des distances nationales, ndlr).

Extrait de la page 182 du rapport « Climat, Air et Énergies 2018 » de l’Agence de transition écologique Photo : Ademe

Une « année européenne du train »

Pour les trajets domestiques, les associations comme Objectif train de nuit militent pour ce mode de transport qui permet des économies de 70 à 90 % d’énergie par rapport à l’avion. Le train de nuit est donc moins polluant, mais sa particularité est qu’il peut remplacer l’avion sur des trajets longs, de 600 à 1 800 km. Ces nouvelles lignes donnent donc une vraie chance aux alternatives écologiques.

Que fait l’Union Européenne pour soutenir le train de nuit ?

Le 12 novembre 2020, les représentants du Parlement et de la Commission européenne se sont mis d’accord pour faire de 2021 l’année européenne du train. Il y aura des campagnes de mobilisation. Ainsi, je vais faire un tour de France pour rappeler qu’on était pionnier il y a quarante ans. En 1980, 150 gares françaises étaient desservies par au moins un train de nuit. Aujourd’hui, on les compte sur les doigts de la main (sept, ndlr).

« Encourager les investissements »

Cette décision autour de l’année européenne du train a pour but de promouvoir le transport ferroviaire dans tout le territoire. Le train de nuit fera alors partie d’une volonté d’investissement européen, c’est une victoire.

Quel est le montant de l’investissement européen dans le train de nuit ?

Pour l’instant, nous sommes dans les négociations du plan de relance. Il est certain que le train fera partie des investissements. L’Europe va donc lancer une campagne, pour sensibiliser l’opinion sur les bienfaits du ferroviaire au niveau du climat et de l’emploi.

Karima Delli est présidente de la commission des transports et du tourisme. Photo : Parlement européen

L’Union Européenne a très bien compris qu’elle doit intervenir. Elle a enfin saisi que le train de nuit, c’est l’avenir. Elle doit donc harmoniser les outils au niveau européen et encourager les investissements dans ce secteur.

Quelle doit être la place de Strasbourg dans ce réseau des trains de nuit européens ? 

Strasbourg est une ville européenne et transfrontalière de premier ordre, elle mérite une desserte ferroviaire à la hauteur de ce qu’elle représente au niveau territorial. Je pense que Strasbourg doit pouvoir desservir le Nord, le Sud, l’Est et l’Ouest de l’Europe, en train de nuit. On pourrait partir de Strasbourg vers Barcelone, Hambourg, Munich ou Bratislava, ce serait une véritable victoire.

« On dirait que le gouvernement n’a pas de vision »

Avez-vous le sentiment que le gouvernement français s’engage assez pour relancer le train de nuit ?

Dans son entretien télévisé du 14 juillet, Macron a dit qu’il souhaitait redévelopper le fret et le train de nuit. Moi je dis banco. Cette annonce répond aussi à une demande de la Convention Citoyenne pour le climat, et le Président s’est engagé. Mais je regrette que les choses n’aillent pas plus vite. La ligne nocturne Paris – Nice a fermé en 2016, la ligne Paris – Berlin aussi, puis Paris – Moscou en 2019… Aujourd’hui, il faut donc réinvestir massivement. Le collectif Oui au train de nuit estime qu’on pourrait ouvrir 15 lignes nationales et 15 lignes internationales pour 1,5 milliard d’euros en 2030.

Le principal enjeu, c’est la rénovation du matériel roulant. Les Autrichiens sont les leaders dans ce domaine. On pourrait aussi faire un premier plan de rénovation du matériel roulant de nuit, avec des entreprises françaises comme Alstom et Bombardier. Qu’est-ce qu’on attend pour lancer ces entreprises sur ces chantiers ? Je ne sais pas, on dirait que le gouvernement français n’a pas de vision. Je regrette que la France ne soit pas à l’initiative de ce projet de nouvelles lignes européennes. Strasbourg ne peut pas être oubliée des grands axes européens.

#Karima Delli