Le dernier conseil municipal de l’année doit, entre autres, adopter le budget de la Ville de Strasbourg pour 2017, qui ne prévoit pas de hausse d’impôts. Il y sera aussi question du cinéma Odyssée. À suivre en direct dès 9h30.
C’est l’heure du budget pour le plus long conseil municipal de l’année. Début des débats lundi à 9h30. Après deux hausses de 3% et 2,5%, le maire de Strasbourg Roland Ries a fixé comme objectif en 2017 de ne pas augmenter les impôts locaux. Les taux restent identiques pour 2017 mais les sommes demandées sur la feuille d’imposition seront supérieures car le Parlement a voté une revalorisation des bases de 0,4% en première lecture. La part de l’imposition intercommunale de l’Eurométropole (les 28 communes et bientôt 33) sera connue dans la semaine.
Moins de personnel
Malgré la poursuite, certes plus faible qu’annoncée, de la baisse des dotations de l’Etat (4,8 millions d’euros de moins que l’an dernier), des hausses de dépenses en sécurité pour les événements (300 000 euros), ainsi que 500 000 euros pour sécuriser les écoles, l’équilibre du budget de Strasbourg est atteint grâce à des économies et à la hausse des recettes fiscales.
Le budget total s’élève à 508,1 millions d’euros. C’est un peu plus que l’an dernier (501,7 millions d’euros), notamment car la Ville de Strasbourg s’occupe de nouveau des Bains municipaux (2,6 millions d’euros de charges et de recettes, avant affectés à l’Eurométropole) et car les investissements sont un peu plus forts. Si l’on enlève les remboursements d’emprunts, l’argent injecté à Strasbourg prévu est de 467,1 millions d’euros.
Plus de recettes fiscales
La collectivité continue de réduire sa masse salariale (200 000 euros de dépenses en moins) en ne remplaçant pas les départs de certains agents, baisse légèrement son soutien aux associations (-0,8%). La baisse des charges financières sur la dette (-1,4 million d’euros de dépenses), qui diminue après plusieurs années de hausse. Les constructions de nouveaux quartiers, même si elles exigent de nouvelles dépenses en services (comme dans les écoles), permettront aussi d’augmenter les recettes fiscales générales (+2,94% soit 4,7 millions d’euros au total).
Bien que loin des sommets autour de 140 millions d’euros vers 2013/2014, le montant des dépenses d’investissement est légèrement plus élevé que l’an dernier (92,8 millions d’euros). La plupart des crédits sont dépensés dans des aménagements, les écoles, les gymnases, la fin de l’Île aux Sports au Wacken ou les débuts des travaux du nouveau théâtre du Maillon.
La non-augmentation des impôts suffira-t-elle pour maintenir l’assemblée dans le calme ? (Photo Pascal Bastien)
La ZAC Baggersee, un des plus grands projets d’urbanisme au sud de Strasbourg met du temps à se lancer. Tous les regards se tournent vers Auchan, dont les stratégies varient au gré des succès commerciaux. Les prochaines tractations sont prévues en janvier.
À la limite d’Illkirch-Graffenstaden et du sud de Strasbourg, la zone d’aménagement concertée (ZAC) du Baggersee est un des plus grands projets immobilier de l’Eurométropole en préparation depuis les années 2010. Mais ses contours et son ampleur ne sont pas encore connus, notamment car les intentions de l’hypermarché Auchan, au centre de la zone, se font attendre.
La société de grande distribution possède une partie des terrains, en particulier la galerie commerciale, le parking et les abords du plan d’eau soit via sa filiale immobilière Immochan ou en tant qu’actionnaire de la société civile immobilière (SCI) Baggersee ouest.
Le reste des terrains appartiennent aux municipalités d’Illkirch-Graffenstaden, de Strasbourg et à l’Eurométropole, qui louent les champs à des agriculteurs tant qu’ils ne sont pas bâtis.
Plan de situation (doc Eurométropole)
Objectif 5 000 logements à Illkirch
La ZAC du Baggersee est une illustration de la volonté de « densifier Strasbourg » et de « construire la ville sur la ville », plutôt que s’étendre avec des pavillons sur les terres agricoles et naturelles des alentours. C’est la principale orientation du plan local d’urbanisme (PLUi) qui sera voté fin décembre et prévoit la constructions de 45 000 logements à l’horizon 2030.
Pour tenir cet objectif, l’Eurométropole va notamment construire sur ses « entrées de ville », ces espaces souvent constitués des petits champs de céréales en bord de ville et d’autoroutes. Celle d’Illkirch-Graffenstaden est la plus grande.
Dans cette grande répartition des futures habitations, Illkrich-Graffenstaden prend, après Strasbourg et ses 18 000 logements (dont 9 000 aux Deux-Rives soit 20 000 habitants), la plus large part. Les documents de travail tablent sur 5 000 nouvelles constructions dans la commune de 27 000 habitants, là où les autres villes tablent au maximum sur 2 200 nouveaux logements.
Une des pistes de travail de la répartition des constructions de logements à Strasbourg et son agglomération pour 15 ans (extrait PLU)
1 300 constructions lancées aux prairies du Canal
Environ un quart des futures habitations illkirchoises, 1 300 exactement, sortent déjà de terre à Lixenbuhl, aux prairies des Canal. Un rapide calcul laissent donc penser qu’environ 3 500 logements seront nécessaires sur la ZAC Baggersee.
Un total qui semble ambitieux vu l’espace ramassé, mais qui ne peut être confirmé par des documents officiels. Le calendrier prévoyait que l’aménageur soit choisi en 2016. Or, la mise en concurrence n’a pas été entamée. Désormais prudente, la mairie d’Illkirch parle sur son site d’un horizon 2025/2030.
À Lixenbuhl, les bâtiments des prairies du canal sortent de terre. Selon Jacques Bigot, il n’y a pas eu de contestation car personne n’habitait à proximité. (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)
« On cherche à inclure Auchan dans les discussions pour avoir une cohérence globale. C’est compliqué et les discussions sont longues. Auchan veut des espaces commerciaux mais a changé de stratégie, notamment à cause d’interrogations sur le modèle économique de l’hypermarché qui se trouve en concurrence avec le E.Leclerc à Geispolsheim. »
Le sénateur-maire a vu plusieurs ébauches de projet, mais aucun n’a abouti :
« Il a été question d’ajouter des loisirs comme un cinéma, puis désormais d’autres espaces commerciaux plus petits. Les modèles économiques changent vite. À une époque, on achetait l’électroménager uniquement dans des grandes foires commerciales, puis dans des surfaces spécialisées, et maintenant on commande en ligne. Un séminaire avec Auchan est prévu en janvier pour faire le point sur la ZAC. »
Derrière le parking relais tram, des champs qui peuvent être urbanisés près de l’autoroute (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
« Avant tout un projet métropolitain »
Jacques Bigot prévient « ses amis de l’Eurométropole » (qu’il a présidé entre 2008 et 2014 et dont il dirige le groupe d’élus PS et apparentés dans l’assemblée), qu’il faut néanmoins une limite raisonnable au nombre de logements :
« C’est avant tout un projet métropolitain. Illkirch n’a pas spécialement intérêt à construire un maximum de logements à cet endroit. »
Ses mandats se sont surtout concentrés sur l’animation et la desserte du centre. Dans les 13 recommandations des commissaire enquêteur au PLUi, qui ont mystérieusement disparues du site strasbourg.eu, une d’elles préconise de revoir le nombre de logements à la baisse. « C’est la tendance dans laquelle nous-mêmes nous inscrivons » affirmait le vice-président en charge du PLUi Yves Bur (« Les Républicains »).
Il a été un moment question d’un cinéma, qui rapprocherait l’hypermarché Auchan d’un mall à l’américaine, avec des espaces de loisirs et de consommation (visuel Urban Act)
Recommandation de prévoir à la baisse
La politique de l’Eurométropole depuis 2014 est que les ZAC doivent être à l’équilibre financier. Autrement dit, en échange de projets immobiliers, le promoteur et l’aménageur prennent en charge les travaux des routes et autres modifications du secteur. Ce qui nécessite une certaine rentabilité sur les aspects immobiliers.
Au milieu, un parc en longueur doit traverser l’espace. Mais ces projections ne sont pas définitives (document Urban Act)
« On est revenu dans les années 1970 ? »
D’abord réunis en collectif, des riverains ont constitués en 2015, l’association Baggersee qui ne se définit pas « d’opposition », mais de « propositions ». Sa présidente Marie-Hélène Lawson imagine difficilement un grand ensemble près des petits lotissements de deux à trois étages au nord et au sud de la ZAC :
« Nous ne sommes pas contre la construction de logements. Mais le carrefour est déjà bouché avec les tramways, les voitures qui vont vers l’autoroute et celles qui prennent la route pour aller vers Plobsheim. La seule proposition des aménageurs est de faire un boulevard et d’abaisser la vitesse à 50 km/h. On souhaiterait un projet plus modeste. Et puis cela pose des questions par rapport aux espaces inondables tout proches. Strasbourg s’est toujours distingué par une bonne qualité de vie, car les quartiers étaient peu denses. Est-ce qu’on est revenu dans les années 1970 ? »
Autre inconvénient, le secteur est tout proche de l’autoroute A35 et de ses niveaux de pollution élevés. Le flux de voitures génère un bruit constant que l’on entend depuis les habitations existantes.
Des projets pour le parking d’Auchan ? Pour l’instant rien d’imminent (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Une hauteur « non-réglementée » qui interroge
Pour Jacques Bigot, il y a eu un peu de confusion entre ce qui a déjà été présenté, mais reste peu avancé, et l’enquête publique sur le PLUi :
« C’est le problème avec les concertations, si on ne propose rien et on nous dit « vous n’avez pas de projet », si on présente quelque chose, on nous dit que “tout est ficelé”. »
Un document de l’agence d’urbanisme de Strasbourg (l’ADEUS) mentionne que les parties près des habitations ne doivent pas dépasser les deux étages plus attiques, avant de pouvoir s’élever graduellement. Dans la partie centrale, la hauteur est « non-réglementée ». D’après certaines sources, il pourrait y avoir jusqu’à 13 étages, mais aucun document officiel ne le confirme.
La zone en rouge est « sans hauteur réglementée », ce qui fait craindre des tours très hautes. (doc. ADEUS)
« Je ne voudrais pas qu’Illkirch devienne un quartier de Strasbourg. C’est intéressant de mettre des compétences en commun avec l’Eurométropole, mais chaque ville peut avoir son identité. Illkirch a un côté ville à la campagne. Si on déplace son centre de gravité, cela pourrait dévitaliser le centre, dont tous les espaces commerciaux ne sont pas utilisés. La plupart des animations fêtent bientôt leur vingtième édition, à l’époque où Jacques Bigot est arrivé. Il faudrait se remettre en question pour la suite. »
Qu’imaginerait-il sur cet espace ? « Une ferme urbaine » dit-il. Quelles que soient les orientations futures prises avec Auchan, Jacques Bigot promet que le projet sera de nouveau soumis à la concertation. Après s’être d’abord dite favorable à nous présenter ses projets, la filiale immobilière d’Auchan, Immochan a ensuite souhaité qu’un entretien se fasse en présence d’un représentant de l’Eurométropole, avant de ne plus donner suite à nos sollicitations.
Les questions concernant le temps sont fréquentes chez les enfants. Temps scolaire, temps périscolaire, garde alternée : parce qu’aujourd’hui l’enfant se retrouve soumis à un découpage strict de son temps, prévu par l’adulte, se projeter dans l’avenir proche est plus difficile que par le passé.
« C’est dans longtemps Noël ? » Calendriers de l’Avent et leurs petites surprises, couronne de l’Avent décorées de leurs quatre bougies… Des réponses ont été trouvées par des éducateurs au fil des décennies pour attendre Noël et faire vivre aux plus jeunes ce temps « d’avant ». Ils restent d’excellents moyens pour apprendre l’anticipation, la projection dans l’avenir.
Toujours apprécié le calendrier gourmand permet d’apprendre l’anticipation (photo M.C./Rue89Strg)
Allez ! on ne traîne pas ! On n’a pas le temps !
« Mais dépêche-toi, tu sais qu’on n’a pas le temps ! » Cette injonction des adultes, les enfants la connaissent tous.
Il y a quelques années, j’ai monté une comédie musicale avec ma classe de C.P, soit 26 enfants de six ans. Je me souviens combien les enfants ont eu d’idées lorsqu’il fallait imaginer, autour d’une grande horloge, la scène qui représenterait l’accélération du temps dans le monde moderne :
« Maîtresse, on ne mettrait qu’une sandalette, l’autre on la tiendrait à la main. Et la veste, on en enfilerait qu’une seule manche et puis on court, on court autour de l’horloge ! Viiiite ! Cerise sur le gâteau, la tartine : on en mangerait qu’une partie, puis on arriverait sur scène et on mâcherait vite en courant, comme quand on fini le petit-déjeuner dans la voiture le matin. »
Ainsi fut fait. Il n’y avait qu’à noter et à leur fournir les accessoires.Les parents, eux, ont bien ri en reconnaissant des scènes vécues.
Chez Papa ou chez Maman ? L’enfance du temps partagé
Pour les enfants « qui ont deux adresses » comme on dit dans les écoles, l’annonce de projets, d’événements, est vu à travers leur découpage du temps qui est celui a été décidé par le juge. « C’est quand je serai chez Papa ou chez Maman ? » m’a-t-on demandé parfois.
J’ai observé chez les petits, comme une segmentation du temps, une difficulté à percevoir la continuité des mois, des années. Il me semble qu’évoquer avec eux, l’histoire de la famille depuis Papy et Mamie ou même bien avant, les rencontres, les étapes et les lieux où l’on a vécu, les aide à s’ancrer dans une histoire qui permet de se construire et de reconstruire un fil nécessaire.
Au CM1 : Entre rois et familles royales, dessiner pour mémoriser (photo M.C./Rue89Strg)
Avant, après… Du temps vécu au temps historique
Aujourd’hui c’est maintenant ! L’enfant vit d’abord au présent. L’école lui propose des représentations pour construire le concept de temps. Les axes des temps ont une place réaffirmée dans les nouveaux programmes de 2016. En Histoire bien sûr, en conjugaison, en mathématique, le temps s’invite dans les domaines d’apprentissage. Les spécialistes du domaine nous incitent représenter la chronologie, non seulement de gauche à droite, mais aussi d’en haut vers le bas : une idée, à ne pas oublier la prochaine fois qu’on leur affichera un « mémo » dans leur chambre ou sur la porte du frigo !
« C’est beaucoup une heure ? » demandait Clémence qui cherchait à résoudre un problème de CE1. Les camarades de son groupe lui expliquèrent que cela dépendait si l’on était au cinéma ou si l’on attendait l’autobus. Du temps vécu individuel à la perception du temps reconnu par la collectivité il y a un chemin qui fait grandir.
Tu te souviens ? Que voudrais-tu faire plus tard ?
Parlons de temps à nos enfants et pas seulement pour se plaindre de toujours en manquer. Évoquer les vacances passées en Bretagne, les fêtes auxquelles on a participé, la naissance du petit frère, le déménagement… T’en souviens-tu mon fils ? Le sens du passé s’apprend et s’affine progressivement. Il est tout aussi important d’imaginer demain, de se donner le droit de se projeter.
C’est essentiel pour grandir et oser aller de l’avant.
Malgré une stagnation, le cinéma de l’Odyssée va tout de même être confié à la même équipe, en place depuis bientôt 25 ans. Le maire de Strasbourg Roland Ries estime que les débats doivent rester internes au conseil municipal, tandis que son adjointe Christel Kohler avance que le bilan des RCA est tout de même satisfaisant.
Ce n’est pas une surprise, la municipalité n’a guère apprécié que l’association battue d’un cheveu dans l’attribution de la gestion du cinéma Odyssée s’exprime sur la manière dont s’est passé son jury et fasse connaître son projet. Lors d’un point presse consacré au prochain conseil municipal, le maire de Strasbourg Roland Ries (PS) a abordé le sujet « sans trop vouloir en dire avant le débat de lundi » :
« L’idée que l’on puisse essayer d’influer sur la décision, elle me heurte. »
Strasbourg se targue pourtant de favoriser la démocratie locale et la participation de ses habitants aux décisions qui les concernent. Mais visiblement, pas sur le dossier de l’Odyssée où les Rencontres cinématographiques d’Alsace (RCA), en place depuis 1992, ont été choisies une quatrième fois de suite par un jury municipal. Roland Ries a rappelé que c’est aux élus strasbourgeois d’avoir le dernier mot :
« Le maire propose, mais c’est la majorité du conseil municipal, dans sa diversité, qui vote. Ce n’est pas de l’extérieur que les choses doivent venir. Il faut regarder le cahier des charges et ensuite dire si on est d’accord ou non, mais cela doit rester en interne. L’Odyssée n’est pas une salle comme les autres. »
Le choix du jury doit être validé, ou non, par un vote du conseil municipal ce lundi 12 décembre. La durée de la délégation est de cinq ans, assortie d’une subvention annuelle de 190 000 euros.
Le cinéma Odyssée, rue des Francs Bourgeois (Photo : Flickr / VicomQ / Cc)
« Une baisse de fréquentation dans tous les cinémas »
Sur le fond, c’est davantage l’adjointe en charge de l’audiovisuel depuis septembre Christel Kohler (sans étiquette) qui a défendu ce choix. Les objectifs de fréquentation à 70 000 entrées n’ont par exemple pas été remplis, mais cela n’est pas grave selon elle :
« Il y a une baisse de la fréquentation de tous les cinémas, à part Le trèfle à Molsheim. L’objectif d’il y a cinq ans n’appréhendait pas les évolutions rapides avec le numérique. Je ne peux pas laisser dire que la fréquentation baisse. Elle est passée de 55 959 entrées à 56 008 entre 2014 et 2015 (ce qui est légèrement différent des chiffres de notre enquête, NDLR). Et tous les documents demandés ont bien été transmis. »
L’adjointe omet cependant de préciser que cette stagnation est due aux entrées « non CNC », c’est à dire non liées aux projections cinématographiques et non vérifiables. Quant aux labellisations non-obtenues, elles auraient été régularisées par la suite, car les films doublés n’avaient pas été pris en compte.
Moins de films et plus de soirées municipales
Il faut dire que le cahier des charges concocté par la municipalité ne laissait pas vraiment de place pour un nouveau projet dans la salle historique du centre-ville. Il prévoit une baisse des séances (3 500) et des films projetés (400), pour « plus de lisibilité » contre 4 702 séances pour 531 films en 2015. En revanche, il demandait plus de disponibilités de la grande salle pour la Ville de Strasbourg : 20 soirs, contre 10 jusqu’à présent.
Selon ces critères, qui incluaient aussi les concepts de « rayonnement de la capitale de l’Europe et des droits de l’Homme », « communication moderne », « stratégie tarifaire innovante » et « une action vers les publics prioritaires », les deux équipes ont été départagées par 0,8 points sur 100.
Pas de famille et/ou la flemme de faire la popote le 24 au soir ? Outre l’option « incruste chez des potes », il est encore possible de réserver une table dans un restaurant. Mais attention, pas n’importe lequel ! La plupart des restos de quartier est fermée le soir du réveillon de Noël, mais également les 25 et le 26 décembre. Restent les restaurants du centre-ville, habitués à recevoir des touristes, et quelques restaurants d’hôtels.
Premier réflexe, si vous souhaitez vous épargner les courses alimentaires de Noël et dîner dehors les 24 et 31, ou déjeuner au restaurant les 25 et 26 décembre : téléphonez dès aujourd’hui chez vos restaurateurs habituels, ou ceux qui vous font rêver toute l’année. Malheureusement, la réponse sera bien souvent : « Nous sommes fermés pendant les fêtes » (mais pas forcément, si vous avez un peu de pot). Et c’est bien compréhensible. Tout le monde a droit à son moment festif en famille (ou pas).
Une liste disponible à l’office de tourisme
Néanmoins, l’affaire n’est pas complètement pliée ! L’office de tourisme de Strasbourg met à disposition des habitants et des touristes une liste de restaurants ouverts pendant la période, avec accueil ou non de groupes. Cette liste est non-exhaustive, puisque n’ont été interrogés que les restaurants adhérents à l’office, soit environ 130 adresses sur 800 (600 restos « traditionnels » environ, si l’on met de côté les enseignes de restauration dite « rapide »). Il n’empêche : la liste (ci-dessous) donne déjà la tendance et indique quelques pistes à explorer.
Les restaurants à touristes
Ils sont presque tous ouverts. Dans le secteur des Ponts couverts et de la Petite-France, pas de souci : l’Ami Schutz et la Taverne du quai, mais aussi le Marco Polo et le Pont Saint-Martin, avec passage du père Noël, ou le Lohkäs, sont ouverts les 24, 25 et 26 décembre.
Bonnets de Noël (Photo MM / Rue89 Strasbourg)
Au centre-ville, l’Ancienne Douane (ouverte les 25 et 26) et la Corde à linge (26), place Benjamin-Zix, mais aussi l’Alsace à table (24, 25, 26) ou la Chaîne d’or (24, 25, 26), à proximité de la Grand’rue, le Dauphin et le Gurtlerhoft (24, 25, 26) – avec pianistes ! – place de la Cathédrale, les brasseries Kohler-Rehm place Kléber et Europ’Café place de l’Homme-de-Fer, la Maison Kammerzel, le Munsterstuewel, le Strissel et le Pfifferbriader, autour de la place du Marché-au-Cochon-de-Lait, Au Vieux Strasbourg… Quasiment toutes les winstubs sont ouvertes.
Les adresses des « multi-restaurateurs »
Parmi les restaurants précédemment cités, la plupart appartient aux « multi-restaurateurs » strasbourgeois : la Maison Kammerzel ou la Chaîne d’or de Jean-Noël Dron, le Pfifferbriader ou le Lohkäs de Damien Delalleau, l’Ami Schutz ou le Marco Polo de Marc Faller…
Parmi eux en revanche, seul Cédric Moulot revendique l’ouverture 7 jours sur 7 de tous ses restaurants. Même le 1741 et le Crocodile, étoilé au Michelin, qui n’ouvrent habituellement que 5 jours par semaine, servent à déjeuner et à dîner tous les jours du mois de décembre, sans exception. Un menu unique est prévu les 24 et 31 au soir dans ces deux restaurants gastronomiques, tandis que dans les 5 autres, le Meiselocker, le Tire-Bouchon, la Table de Louise, Aux Armes de Strasbourg et Au bon vivant, l’on propose des plats à la carte ou aux menus habituels.
Les gastros
Outre le Crocodile, ouvert donc les 24, 25 et 26 décembre, rares sont les restaurants gastronomiques qui servent pendant les fêtes. N’essayez ni au Buerehiesel à l’Orangerie, ni chez Zuem Ysehuet sur l’île Sainte-Hélène, ni à la Cambuse ou à la Casserole (centre-ville), vous vous y casseriez les dents. De façon générale, les restaurants indépendants, dans lesquels le patron est en cuisine ou en salle, épaulé par une équipe restreinte, profitent tous de la période pour fermer boutique.
On peut néanmoins tabler sur les restaurants d’hôtels pour apprécier quelques délicates associations « mets et vins » ou enchaîner les 7 plats du menu de Noël. Exemples avec la brasserie H ! de l’hôtel Hilton au Wacken, qui propose un buffet de Noël bien garni, le nouveau restaurant Terroir and co (ex-Goh) du Sofitel au centre-ville (ouvert les 24 et 26 au soir) ; le Gourmet de l’Ill au Château de l’Ill à Ostwald (la Winstub de l’Ill étant fermée), ou encore, un peu à part, la brasserie Les Haras (25 et 26), à côté de l’Hôpital civil. Comptez généralement entre 80 et 180€ le repas par personne, boissons incluses.
Près de chez vous
Dans les quartiers de Strasbourg, hors centre-ville, quelques tables sont ouvertes, mais rarement indépendantes. Pas la peine d’appeler à la Vignette à la Robertsau, chez Lard et crème à Neudorf ou au Colbert à Cronenbourg. Idem à L’Abattoir au marché gare. Tous ferment aux dates fatidiques.
On peut néanmoins compter sur les « multi » (encore eux) pour sustenter les feignants de la popote. Exemples avec le Bistrot des copains (ouvert les 24, 25 et 26), quai Finkwiller, les brasseries de la Bourse (24, 25 et 26) place du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny, ou Le Dix place de la Gare (24, 25 et 26). Quelques autres sont également ouverts, tels le Coucou des bois (24, 25 et 26) et ses tartes flambées, au fin fond du Neuhof, Le Cheval Blanc à Schiltigheim (uniquement le 26), La Tocante à Vendenheim ou l’Auberge du Ried à Ertsein.
Choucroute garnie (Photo Pascal Bastien)
Les restos à tendance fast food
Restent quelques adresses de fast food ou assimilés, pour ceux qui voudront admirer les lumières de Noël et les décos du grand sapin, et seulement grignoter quelque chose en chemin. Le 231 East Street (24, 25 et 26) place Saint-Etienne, le Balsamo (24, 25, 26), place de la Cathédrale, le Flam’s (24, 25, 26), la Frituur (24, 26), Grand’rue, et quelques autres sont ouverts aux dates qui nous intéressent.
Attention cependant, les deux KFC de Strasbourg, Rivétoile et Homme-de-Fer, ferment respectivement à 17h et 18h le 24.
D’après le journal économique Les Echos, Caddie s’apprête à investir 10 millions d’euros sur un troisième site en Alsace. L’entreprise de chariots de supermarchés va rénover l’ancienne usine de traitement de pièces automobiles Electropoli à Dettwiller, près de Saverne. À partir de septembre 2017, cet espace servira à assurer les opérations de zingage, de vernissage, d’assemblage des roulettes et de peinture, avant l’envoi aux clients.
Depuis la reprise à l’automne 2014 par Stéphane Dedieu, qui avait maintenu 128 emplois sur 372 dans les usines de Drusenheim et à Oberhausbergen, le chiffre d’affaires est passé de 17 millions d’euros à 26 millions attendus pour 2016, notamment grâce à des clients à l’étranger. “Les Ateliers réunis Caddie” (le nom de 1928 remis en place par Stéphane Dedieu) emploie désormais 230 salariés.
Président par intérim et candidat à la succession d’Alain Beretz, Michel Deneken refuse l’invitation à un débat avec ses concurrents, à quelques jours du vote final. Il juge l’invitation trop tardive.
En 2012, un débat entre Jacques Haiech et Alain Beretz avait électrisé l’Université de Strasbourg (Unistra), qui devait choisir son président après des élections très serrées. Les nombreux élus étudiants de l’AFGES (4 représentants sur 5 possibles à l’époque et organisateurs du débat) s’étaient finalement ralliés à Alain Beretz et le président sortant avait pu assurer un second mandat.
Sauf retournement de situation improbable, la scène ne va pas se répéter en 2016. Mardi 6 décembre, la liste Alternatives 2017 a invité, via un communiqué, son concurrent à un débat le vendredi 9 décembre. Une invitation qui reste lettre morte à quelques jours du vote final. Dans un mail transmis aux personnels, le candidat Michel Deneken coupe court à l’initiative, qu’il estime trop tardive. Il répond que l’autre liste aurait dû s’y employer avant les premières élections du 17 novembre.
Silence radio qui tranche avec l’image passée
Suite à la parution de l’article, Michel Deneken, que nous n’avions pu joindre avant, nous a fait savoir qu’il sera en Suède vendredi pour la remise du Prix Nobel de chimie au chercheur Strasbourgeois Jean-Pierre Sauvage et que le lundi est consacré au cabinet de la présidence. Car en tant qu’ancien premier vice-président, Michel Deneken a pris de droit la présidence de l’Unistra depuis septembre suite au départ d’Alain Beretz pour le ministère de la Recherche et de l’Enseignement supérieur. Il a mené de front cette fonction et la campagne.
Contactée, la tête de liste d’Alternatives 2017, Hélène Michel, se disait prête à décaler l’invitation au lundi 12 décembre. La journée de vendredi avait tout de même sa préférence car elle laisserait le week-end pour que plus de monde puisse se faire son avis ou le visionner.
Depuis sa fusion en 2009, l’Université de Strasbourg a toujours mis en avant une image moderne, d’ouverture et d’endroit où le débat d’idées est fructueux. Ce revirement soudain a de quoi écorner cette image. De là à influer sur le choix du président ? Réponse mardi 13 décembre lors du vote final pour le président.
Lors de la campagne, la misé la liste l’Université pour Réussir sur la continuité par rapport au travail mis en place, malgré un certain renouvellement des colistiers.
L’Université de Strasbourg a le droit à de la neige sur son campus mais pas à un débat entre les candidats à sa présidence. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Après les élections, dont nous vous expliquions le long procédé en novembre, la liste de Michel Deneken a obtenu une courte majorité face à ses adversaires : 9 élus contre 7. Mais pour diriger l’Université aux quatre prix Nobel et 48 000 étudiants, le professeur de théologie catholique aura besoin du soutien d’autres membres du conseil d’administration, à savoir les représentants étudiants, du personnel, et désormais les personnalités extérieures (5 élues et 3 nommées, qui représentent la Région Grand Est, l’Eurométropole et le CNRS).
Une majorité à trouver, l’AFGES bien placée
L’association étudiante l’AFGES avec 4 représentants, et même 5 vu que l’entrepreneur Rémy Perla (une des 5 personnalités extérieure élue) est un ancien membre, est l’organisation qui a le plus de poids pour faire pencher la balance. Mais elle ne peut plus décider du vainqueur à elle seule cette année, car les personnalités extérieures participent désormais au choix du président.
Pour le président de Bastien Barberio, ce refus n’est pas particulièrement un problème pour la prise de position de l’association :
« La liste nous a demandé s’il y avait un besoin particulier de débat, mais ce n’était pas le cas cette année, sinon nous en aurions organisé un nous-même. On a privilégié des rencontres directes avec les listes, car nous étions très occupés avec le renouvellement de nos instances et les élections étudiantes. L’invitation est partie tard, Michel Deneken est à l’étranger ce vendredi avec le prix Nobel et on ne pense pas qu’un débat à un jour du vote va faire changer d’avis les élus du conseil d’administration. Mais s’il y en a un nous irons bien sûr. »
L’organisation ne s’est pas encore positionnée, mais fera connaître sa position finale dimanche. Le vote du président est fixé lors du conseil d’administration du mardi 13 décembre.
Le directeur du Théâtre du Rond Point à Paris vient présenter Par-delà les marronniers-Revu(e) à l’invitation du Théâtre National de Strasbourg du 7 au 17 décembre. Une pièce qui permet à Jean-Michel Ribes de célébrer les esprits libres et libertaires : trois jeunes dadaïstes précurseurs des années 20 et, en résonance, les dessinateurs assassinés de Charlie Hebdo.
La première fois que Jean-Michel Ribes a créé cette pièce – en 1972 -, il baignait encore dans les effluves vaporeuses de mai 68. Il venait de découvrir, en déroulant le fil surréaliste de Breton, les vies en forme d’œuvres de trois jeunes hommes, suprêmement poètes de l’absurde, précurseurs du surréalisme. Il a admiré chez Arthur Cravan, Jacques Vaché et Jacques Rigaut cette « magnifique révolte contre la tyrannie de la civilisation ».
Figures fascinantes de fantaisie, ils ont réussi à lâcher les ancrages de leur propres sociétés pour aller explorer les espaces surprenants de vies courtes mais hors-normes. Des chemins refusant les diktats moraux qui avaient pu mener à la boucherie sauvage et incompréhensible de 14-18.
Michel Fau est Arthur Cravan dans « Par-delà les marronniers-Revu(e) » (Photo Giovanni Cittadini Cesi)
L’irrévérence, du dadaïsme à Charlie Hebdo
L’assassinat des membres de Charlie Hebdo en pleine conférence de rédaction le 7 janvier 2015 a suscité chez Jean-Michel Ribes l’urgence de revenir sur cette pièce. Parce qu’un même esprit anime, selon lui, les jeunes « enchanteurs » des années 20 et les irrévérencieux de Charlie Hebdo.
« Ce sont des gens qui m’ont aidé à vivre », explique Jean-Michel Ribes, « qui ont l’insolence d’être, comme des enfants. » Leur redonner la parole dans un music-hall flashy est une façon de distiller un peu de cette « fantaisie désespérée ». Une invitation à dédaigner, au moins pour un moment, la mort, la vie, les conséquences. A rire de tout.
Brochette de poètes pour « Par-delà les marronniers-Rev(ue) » (Photo Giovanni Cittadini Cesi)
Des vies comme des œuvres
Arthur Cravan, Jacques Vaché et Jacques Rigaut pourraient aussi bien être des personnages de roman. Ils mènent des vies faites de choix, insolents, esthétiques et désespérés. Ils appliquent leurs propres lois jusque dans la mort.
Jacques Rigaut aurait d’ailleurs inspiré Le Feu Follet à Drieu la Rochelle, tous deux fascinés par le suicide, élevé au rang d’art. Jacques Rigaut était mondain, élégant, appliqué dans sa recherche systématique du plaisir. Toujours attiré par la mort, il affirmait néanmoins : « chaque Rolls Royce que je rencontre prolonge ma vie d’un quart d’heure. » Il s’est suicidé avec méthode à 30 ans.
Jacques Vaché était un dandy, adepte de la sape et des nouvelles expériences. Il portait un monocle et dessinait. Quelques lettres écrites depuis les tranchées à André Breton, alors interne en neurologie à l’armée, feront de Breton l’un des chefs de file du surréalisme. Ainsi, le 19 décembre 1918 :
« Je crois me souvenir que, d’accord, nous avions résolu de laisser le monde dans une demi-ignorance étonnée jusqu’à quelque manifestation satisfaisante et peut-être scandaleuse. Toutefois et naturellement, je m’en reporte à vous pour préparer les voies de ce Dieu décevant, ricaneur un peu, et terrible en tout cas. Comme ce sera drôle, voyez-vous, si ce vrai ESPRIT NOUVEAU se déchaîne. »
Jacques Vaché n’est pas mort à la guerre, volontairement, affirme-t-il. Il meurt quelques temps après d’une overdose d’opium, – volontaire aussi ? -, emprunté à son militaire de père.
Au cabaret de « Par-delà les marionniers – Revu(e) » (Photo Giovanni Cittadini-Cesi)
Le « poète aux cheveux les plus courts du monde »
Arthur Cravan, de son vrai nom Fabian Avenarius Lloyd, est poète et boxeur. Il se dit le « poète aux cheveux les plus courts du monde ». Le colosse de 2 mètres et 105 kilos dirige chaque étape de sa vie avec détermination et fantaisie, pour « se surprendre lui-même ». Il crée et écrit, seul, un fanzine critique littéraire à l’acide citrique, Maintenant, qu’il vend à la criée.
Violemment anti-militariste, il fuit la guerre grâce à un combat de boxe légendaire contre le champion Jack Johnson. Il arrive aux États-Unis. Y fait une conférence-performance, nu et ivre, pour dénoncer l’art et l’institution. Il arrache à Marcel Duchamp sa future femme, la poétesse Mina Loy. Et finit par disparaître, seul encore, sur une barque dans le Golfe de Tehuantepec.
Ces trajectoires fulgurantes sont diablement inspirantes en termes de liberté. Peut-être plus encore que les productions littéraires et artistiques, rares et polymorphes, laissées par les trois hommes.
Trois hommes et un music-hall
Rien d’étonnant donc à ce que Jean-Michel Ribes ressuscite les trois hommes. Il les fait évoluer dans un décor de music-hall signé Sophie Perez, en collaboration avec Xavier Boussiron. Les lumières y sont colorées et crues, découpant des zones d’ombres qui sont autant de ténèbres. Ce cabaret des années 20 pourrait être l’habitat naturel des trois dadaïstes. Un lieu de plaisir, de futilité, d’élégance clinquante et de nuit, possiblement interlope. Le théâtre lui-même prends des airs de boulevard où le cynisme se mêle au divertissement.
En cinq tableaux, Jean-Michel Ribes retrace les choix de vie des trois précurseurs du surréalisme face aux grands enjeux de leurs existences. L’amour, la mort, l’art, la guerre et l’ennui – dans le désordre. Pas facile de distinguer, dans les répliques des acteurs, les textes originaux des trois hommes de ceux que Ribes y a apporté.
Les femmes font partie de l’ambiance, Coco girls d’époque, pendant exubérant à la gravité désabusée des hommes. Elles forment une sorte de chœur antique vitaminé qui contribue à l’aspect illustratif de la narration. La pièce rends peu justice, surtout, à la poétesse Mina Loy, souvent incarnée sans être jamais dotée d’une réelle densité. Mais ce n’est probablement pas son objet.
Conférence-performance d’Arthur Cravan, joué par Michel Fau (Photo Giovanni Cittadini Cesi)
De quoi s’interroger
Si l’on comprends aisément l’inclination de Jean-Michel Ribes pour ces figures tutélaires aujourd’hui, l’on se demande tout de même comment ces derniers auraient réagi face à ce spectacle. Vêtus d’un même costume blanc, pur comme un linceul, ces trois hommes condensés en une sorte d’icône dédoublée en auraient peut-être avalé leur monocle. En effet, pour des pourfendeurs de l’art, n’y-a-t-il pas une contradiction profonde à apparaître ainsi sur des scènes aussi prestigieuses que le Théâtre du Rond Point ou le TNS? Les irrévérencieux d’hier auraient-ils apprécié l’hommage?
On peut imaginer que là n’est pas la question. Que ce qui compte aujourd’hui est de faire vivre leur « feu » en racontant leurs vies. Que le divertissement, appuyé par des choix musicaux à forte valeur émotionnelle, est justement la forme qui aurait convenu le mieux à ces hommes durs en quête de légèreté. D’en rire, encore : c’est le pari tenu de Jean-Michel Ribes.
Indépendante, coordinatrice de projets et rédactrice, je travaille dans le champs des droits humains, du développement et de la culture, au niveau international mais aussi en local à Strasbourg.
Le maire de Niederhausbergen, au nord-ouest de Strasbourg, multiplie les difficultés contre la brasserie artisanale La Mercière. Depuis l’été, le couple de brasseurs a vu débarquer la police du bâtiment et se voit poursuivi en diffamation pour des commentaires sur Facebook. Le maire a demandé le concours de la collectivité dans les volets judiciaires qui s’annoncent, tandis que l’Eurométropole s’apprête à passer outre la réserve du Plan local d’urbanisme sur la brasserie.
La situation se tend à Niederhausbergen, village d’un peu plus de mille âmes au nord-ouest de Strasbourg. La brasserie artisanale La Mercière, tenue à bout de bras par Franck et Imène Julich, aimerait étendre son activité. Entre deux brassins, Franck Julich a réussi à se mettre d’accord avec sa famille pour récupérer un terrain de 40 ares appartenant à son grand-père, actuellement occupé par des bâtiments désaffectés.
Franck et Imène Julich aimeraient installer une malterie alimentée par des céréales biologiques alsaciennes, héberger des artisans locaux avec une petite épicerie dédiée aux circuits courts. Idéalement, le site pourrait accueillir des ateliers sur les savoirs-faire anciens ainsi qu’un restaurant qui se fournirait auprès des agriculteurs voisins.
Mais voilà, le maire Jean-Luc Herzog (sans étiquette) ne veut pas d’une zone artisanale à cet emplacement, assez central dans l’évolution du village. L’endroit a été placé en « réserve foncière communale » dans le Plan local d’urbanisme, en cours de discussion à l’Eurométropole, à la grande surprise de Franck Julich qui l’a découvert dans les documents d’enquête publique… Le couple de brasseurs a bien essayé de plaider sa cause auprès de Jean-Luc Herzog, de lui faire valoir tout l’intérêt qu’une brasserie artisanale et ouverte au public pourrait présenter pour un village comme Niederhausbergen, rien n’y a fait.
Une partie des installations de La Mercière, sous chapiteaux Photo : La Mercière / doc remis
La contre-attaque du maire
En juillet, Rue89 Strasbourg avait évoqué ce dossier, qui agitent avec d’autres le débat local à Niederhausbergen. Une publicité qui n’a pas plu au maire. À Rue89 Strasbourg, après avoir refusé de répondre à nos questions, Jean-Luc Herzog a envoyé un droit de réponse.
Mais Franck et Imène Julich eux, ont eu la surprise de voir débarquer dans leur maison la police du bâtiment, quatre jours après la publication de notre article. En cause : les chapiteaux qu’ils utilisent pour abriter leurs cuves ne seraient pas conformes. Trois courriers administratifs ont suivi, ainsi que deux courriers en provenance des avocats de Jean-Luc Herzog : une injonction de publier le droit de réponse du maire sur leur page Facebook et une notification que des poursuites pour diffamation allaient être menées à leur encontre, suite à des commentaires publiés sur cette même page Facebook.
Une quinzaine de personnes s’étaient déplacés pour le conseil municipal de novembre. Mais le maire a choisi le huis clos pour faire voter le soutien juridique de la commune Photo : PF / Rue89 Strasbourg / cc
Avertissements… suivis de poursuites
Dans ces courriers, les avocats du maire avertissent également Franck et Imène Julich que « ne seront pas tolérés des débordements » qui pourraient être constatés lors d’une soirée de soutien qu’ils prévoyaient d’organiser en octobre à la Brasserie. Devant ces courriers au ton comminatoire, le couple décide de publier le droit de réponse, de supprimer nombre de commentaires, de modérer la publicité de leurs déboires avec la commune et d’annuler la soirée de soutien.
L’affaire aurait pu en rester là, mais le maire ne lâche pas. Dans le numéro d’octobre de la gazette municipale, Jean-Luc Herzog mentionne dans son éditorial qu’il a été la cible « d’attaques personnelles » au service, selon lui, « d’enjeux cachés ». Il conclue que « l’intérêt collectif primera toujours sur l’intérêt individuel et il n’y aura aucun passe-droit ».
Visé : le terrain du grand-père de Franck Julich, car il est partiellement bâti alors qu’il est non constructible. De son côté, Franck Julich assure que ce terrain a bien été vendu constructible à son grand-père en 1972 mais que la mairie n’a jamais régularisé son statut.
Puis jeudi 24 novembre, Jean-Luc Herzog a fait voter par son conseil municipal, à huis clos, une délibération lui permettant de faire couvrir ses frais de justice personnels par la mairie :
La Ville de Niederhausbergen va prendre en charge la défense de Jean-Luc Herzog Photo : document commune de Niederhausbergen
« Des ramettes entières de constats d’huissier »
Et vendredi 2 décembre, Imène et Franck Julich se sont retrouvés à Mundolsheim devant les gendarmes. Franck Julich décrit ce moment surréaliste :
« On nous a présentés des ramettes entières de captures d’écrans, des impressions de quasiment toute notre page Facebook et de notre pétition en ligne, à chaque fois assorties d’un constat d’huissier : outrage, injure, diffamation… On n’ose pas imaginer les frais engendrés par une telle procédure. D’autant qu’on a très vite supprimé les commentaires en question. On est désarmés face à cet acharnement du maire contre nous. »
Franck et Imène Julich Photo : La Mercière / doc remis
La réserve du PLU allègrement contournée
En outre, une lueur d’espoir pour le couple de brasseurs vient de s’éteindre. En septembre, le commissaire enquêteur sur le plan local d’urbanisme (PLU) intercommunautaire avait émis une réserve quant aux choix fonciers de la mairie de Niederhausbergen. Pour le commissaire, empêcher le développement de la brasserie à l’emplacement souhaité est incompatible avec les objectifs de développement économique affichés par l’Eurométropole.
Premier vice-président de l’Eurométropole et en charge du PLU, Yves Bur avait alors indiqué à la presse qu’il souhaitait sortir « par le haut » de cet imbroglio. Mais sa médiation n’a pas abouti, Jean-Luc Herzog est resté inflexible. Et lors du prochain conseil de l’Eurométropole, selon nos informations, les conseillers métropolitains devraient se voir proposer de passer outre la réserve du commissaire enquêteur.
Vers un long combat juridique
Pour Franck et Imène Julich, c’est donc le début d’un long processus contentieux qui s’annonce. Après avoir été dépités, puis découragés, ils se disent aujourd’hui combatifs et prévoient d’alerter l’opinion sur leur situation :
« On a tout tenté : le dialogue, les négociations, les propositions alternatives… Mais à un moment, on ne peut pas nous demander de tout laisser tomber et d’aller voir ailleurs, parce que c’est ça la seule proposition en provenance de la mairie. Mon grand-père a acheté ce terrain au prix constructible de l’époque, ce n’est pas notre faute si l’administration n’a pas suivi. »
Pour l’instant, le couple n’a reçu le soutien que de la Chambre des métiers d’Alsace, ce qui promet des échanges intéressants entre son président, Bernard Stalter, et Jean-Luc Herzog puisque ce dernier est également vice-président de l’Eurométropole… délégué à l’artisanat. Contacté, le maire de Niederhausbergen n’a une nouvelle fois pas répondu à nos sollicitations.
Selon Guillaume Dégé, illustrateur en charge de la formation, l’objectif de l’école est « de fabriquer des auteurs et non des illustrateurs formatés. Pour que de nouvelles images puissent pénétrer le marché, il faut que ces jeunes gens s’entraident, se regardent travailler et produisent des choses ensemble. »
En 2015, le New York Times a fait appel à plusieurs élèves de l’école. Le résultat a en partie été compilé dans une exposition appelée « Fit to print », vue à Strasbourg et qui sera accrochée en mars 2017 à New York, dans les locaux de la Society of Illustrators.
La façade de l’école des Arts Décoratifs (Photo Wikimedia Commons / cc)
Jongler entre les commandes et le RSA
Pour Le Monde, Strasbourg a acquis une position de « capitale de l’illustration » en gardant ces illustrateurs formés à l’école grâce à des « loyers faibles. » Le journaliste compare sans doute avec le marché immobilier de Paris car, comme le rappelle Guillaume Dégé : « il est moins cher de vivre ici quand on doit jongler entre des commandes aléatoires et le RSA. »
C’est ce qui explique la vivacité de Central Vapeur, une association qui regroupe environ 75 illustrateurs et qui organise chaque année un festival de l’illustration et de l’édition indépendante. Pour Le Monde, ce festival a pris de l’ampleur l’an dernier en se muant en « Rencontres de l’illustration ». Des rencontres qui ont permis aux illustrateurs strasbourgeois d’en prendre « plein la gueule » en découvrant le travail de leurs collègues européens.
Photo : Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons / cc
Indignés par la prochaine reconduction des Rencontres cinématographiques d’Alsace (RCA) aux commandes du cinéma public de Strasbourg, l’Odyssée, les membres du collectif qui avait déposé une candidature concurrente listent dans une tribune les raisons de leur engagement, et dénoncent un « simulacre de démocratie ». Ils appellent le maire et les élus à reconsidérer leur choix.
Depuis maintenant 25 ans, le cinéma municipal l’Odyssée est dirigé par les Rencontres Cinématographiques d’Alsace et son directeur-programmateur Faruk Günaltay. Lundi 12 décembre, au terme de la procédure de renouvellement de la délégation de service public pour l’exploitation du cinéma strasbourgeois, le maire va proposer au conseil municipal de reconduire pour 5 nouvelles années l’unique exploitant du cinéma depuis un quart de siècle.
Nous, citoyens engagés dans la fabrication de la culture de notre ville et son rayonnement, en tant qu’artiste contemporain, professeure d’université, administrateur de compagnie de théâtre, programmateur de cinémas art et essai, auteur, bistrotier, directeur de festival d’illustration, directrice d’exploitation de cinémas et traducteur, sommes indignés par ce choix. Il témoigne d’un manque coupable de discernement et de courage dans la détermination de la politique culturelle de notre ville et de son cinéma.
Porteurs de renouvellement… en 2011
Il y a 5 ans déjà, notre collectif s’était lancé dans l’aventure de concourir à la reprise de l’Odyssée, sous la forme de l’association Le Troisième Souffle. Forts de nos amitiés naissantes, de nos compétences reconnues et de nos expertises complémentaires, nous avions construit ensemble le projet ambitieux de réinventer le cinéma de notre ville et de le restituer à ses citoyens. Au final, nous avions échoué de très peu, la faute à nos propositions en matière d’entretien et de maintenance du site jugées insuffisantes.
En juillet 2011, une note à l’attention du maire confiait pourtant que notre offre « reflét[ait] une proposition de grande qualité, autant du point de vue de son projet culturel que de celui de sa politique de programmation, l’un et l’autre dynamiques et porteurs de renouvellement. »
Les Rencontres Cinématographiques d’Alsace (RCA) étaient quant à elles sanctionnées d’un « s’inscrit dans la continuité de l’activité développée depuis 19 ans, RCA ne s’engage pas explicitement quant aux moyens de corriger l’érosion constatée de la fréquentation et demeure réservée sur le développement de liens nouveaux avec le réseau culturel local. »
Un échec flagrant de politique publique… qui se répète !
Mais le maire avait fini par expliquer fin 2011 que son choix s’était porté sur « une équipe qui a géré, les autres n’avaient que des promesses. » Quand on constate aujourd’hui, comme il y a 5 ans d’ailleurs, l’état général de déliquescence dans lequel l’Odyssée se trouve, on est en droit de s’interroger sur les réelles conditions de ce choix et de s’insurger comme nous entendons le faire contre un échec flagrant de politique publique.
Aujourd’hui encore, l’histoire se répète. Car fous que nous sommes, et sans amertume, nous avons décidé début 2016 de repartir dans la bataille, sous la bannière des cinémas Star cette fois. Notre projet, héritier de celui du Troisième Souffle, repensé, actualisé, consolidé, a curieusement échoué à nouveau au terme d’un face-à-face avec les RCA, témoignant à l’occasion du peu d’intérêt que peut avoir ou que l’on a bien voulu susciter autour de ce cinéma, pourtant remarquable par son histoire et son architecture. Vertigineuse impression de déjà-vu.
L’Odyssée dispose d’un emplacement de choix, rue des Francs-Bourgeois (Photo Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons / cc)
Lente annihilation d’une salle de cinéma d’art et essai
Lundi une énième page de l’histoire de l’Odyssée se tourne donc. L’épilogue paraît toujours aussi rassurant : on ne change rien, tout va pour le mieux. En bonne intelligence, on décide de reconduire une méthode qui a su faire ses preuves depuis une quinzaine d’années : la lente mais certaine annihilation d’une salle municipale de cinéma d’art et essai. On nous reprochera sans doute, en mauvais perdants que nous sommes, un jugement sans partage sur la qualité du bilan et du projet des RCA. Ce n’est pas juste, bien au contraire.
L’Odyssée a encore des spectateurs. La preuve en est, sa fréquentation continue de chuter, près de 48 000 entrées payantes déclarées au CNC en 2015, contre plus de 82 000 en 2002, soit une baisse de 34 000 entrées en un peu plus de 10 ans, eu égard à l’objectif des 70 000 spectateurs fixé en 2012 par la collectivité et jamais atteint.
L’Odyssée est bien un cinéma d’art et essai comme l’exige le cahier des charges de la Ville, sauf lorsque la labellisation n’est pas obtenue en 2015. Intuitivement, nous pensons à une faute professionnelle grave, puisqu’elle contrevient aux engagements pris contractuellement par le délégataire avec la Ville. Celui-ci s’expose d’ailleurs à des sanctions en cas d’un tel manquement. Aucune suite n’est donnée, impunité totale.
Succession stérile et sans fin de filmographies nationales
L’Odyssée propose une programmation de cinématographie européenne, pour preuve la succession stérile et sans fin de cycles de filmographies nationales reflétant l’image cruellement désespérante d’une culture européenne morcelée. Ce n’est pas l’idée que nous nous faisons de l’Europe. Nous défendons le projet d’une culture européenne transnationale, faite de ponts et d’échanges, où les films européens dialoguent et résonnent entre eux, au-delà des frontières et de tout carcan national.
L’Odyssée développe des partenariats avec les acteurs locaux : l’accueil est cinglant, une grille précisant les tarifs des locations de salle comme signe de bienvenue. Sans compter que la salle est avant tout devenue l’apanage des ambassades et consulats.
Nous n’oublions pas non plus, entre autres, un centre de documentation en perdition totale, quand nous projetons d’en faire un lieu vivant, de rencontres et d’échanges, atelier de formation et d’activités ludiques à destination des enfants et des adultes autour du cinéma, de son histoire, de ses techniques et de sa pratique.
Notre projet, une réappropriation de ce cinéma public par les citoyens
Notre projet, inscrit dans une réflexion libre et citoyenne, collective et ouverte, ne se limite pas à des constats ou à des solutions aux problèmes en présence. Il se veut aussi une grande source de propositions nouvelles et innovantes pour l’Odyssée :
un tarif unique à 5€ pour recréer un plaisir spontané de cinéma ;
une séance à toute heure du fait d’horaires en décalé entre la grande et la petite salle pour offrir une véritable lisibilité de la programmation ;
la rénovation et le réaménagement des espaces d’accueil et leur extension au salon se situant à l’étage pour créer un véritable lieu de vie, convivial et animé par un bar réintégré à l’exploitation générale du cinéma ;
la construction d’une offre dynamique et complémentaire de cinéma art et essai au centre-ville de Strasbourg avec les cinémas Star ; le retour à l’Odyssée des temps forts du cinéma et de la culture à Strasbourg à l’instar du Festival Européen du Film Fantastique ;
des nouveaux partenariats au niveau national avec la Cinémathèque Française pour redonner à l’Odyssée le prestige qui lui est dû ;
une coopérative à intérêt collectif pour gérer le cinéma, en toute transparence et indépendance, incarnant notre envie de réappropriation du cinéma, par les citoyens, les spectateurs, les salariés, les professionnels de la culture et tous les forces vives publiques et privées.
Nous étions déterminés et confiants dans la force de notre projet capable de donner un souffle nouveau à l’Odyssée. Nous avions aussi décidé d’accorder toute notre confiance à une procédure pourtant déjà malmenée il y a 5 ans. Nous avons nourri l’espoir d’un sursaut de la Ville, d’une prise de conscience collective, d’un respect rigoureux et impartial de la procédure de renouvellement.
De nombreuses irrégularités dans la procédure
Malgré tout, la réalité a peu à peu repris le dessus. Nos interlocuteurs de la Ville nous signifiaient ouvertement le caractère « très sensible » du dossier. Des documents ne nous sont pas transmis malgré le règlement de la procédure de DSP, aucun bilan financier, aucun organigramme fonctionnel, aucun tableau du personnel à jour, aucune enquête de satisfaction des usagers…
Progressivement, nos doutes se sont affirmés en soupçons, qui se sont confirmés en certitudes. Lorsque nous apprenons que l’attribution de la délégation de l’Odyssée ne sera pas proposée au conseil municipal de novembre comme annoncé deux mois plus tôt, mais au conseil municipal du 12 décembre, soit moins de 20 jours avant le début de la nouvelle délégation, nos illusions ne résistent plus longtemps.
Deux semaines plus tard, et avec près de 3 mois de retard dans la procédure, l’élue en charge du dossier, Christel Kohler, nous annonce poliment que notre projet ne sera pas retenu par le maire « malgré sa grande qualité ». Elle se risque même à nous expliquer en réponse à notre contestation devant le bilan désastreux du délégataire sortant que le choix s’est avant tout fait sur les projets. Révolution complète dans la méthode d’analyse des offres par la Ville, désespérément toujours en la défaveur d’une quelconque alternative à la tête du cinéma municipal.
Le choix audacieux de l’alternance paye donc encore le prix d’une procédure galvaudée, de la relativité du jugement de nos élus et de l’immobilisme ou de l’absence d’une véritable politique culturelle pour le devenir du cinéma de notre ville et ses concitoyens.
C’est pourquoi nous nous sommes décidés à sortir de notre réserve, car nous renonçons à feindre le silence, et dénonçons par cette tribune ce simulacre de démocratie. Nous lançons un appel sincère et déterminé à notre maire à reconsidérer son choix, à nos élus à incarner une politique culturelle ambitieuse pour notre ville, aux citoyens strasbourgeois à se mobiliser pour que leur soit rendu leur cinéma.
Mathieu Boisadan, Valérie Carré, Étienne Hunsinger, Stéphane Libs, Romain Sublon, Fabrice Tabu, Fabien Texier, Flore Tournois, Till Zimmermann, collectif portant la candidature des cinémas Star
Mercredi 7 décembre, pour le troisième jour d’affilée, le niveau de pollution aux particules fines (PM10) dépasse le seuil d’information sur l’ensemble de l’Alsace.
L’air alsacien continue d’être pollué. En ce moment, les particules fines (PM10) se concentrent en grande quantité dans la plaine d’Alsace, à plus de 50 µg/m³ (millionième de grammed’air en 24h. Déclenchée depuis le lundi 5 décembre, la « procédure d’information » de public à la pollution est maintenue pour le mercredi 7 décembre.
Conformément aux prévisions de la veille, elle a été levée pour le jeudi 8 décembre après une amélioration de la qualité de l’air. À Strasbourg, lalgré une grande-île vidée de la majorité de ses voitures pour le Marché de Noël, les niveaux de pollution avaient augmenté entre le mardi et le jeudi (voir plus bas). Ce seuil avait aussi été dépassé le 1er décembre.
Chauffage et trafic routier
L’association de surveillance et de protection de l’Air (ASPA, future Atmo Grand Est) explique cet épisode par les rejets des chauffages des bâtiments et des moteurs de véhicules en cette période de températures froides. Cette couche de pollution n’est pas dispersée par du vent.
À ce niveau de pollution, seules des « recommandations » pour les individus sont prévues, mais aucune mesure ne tente d’enrayer la pollution. Il est donc conseillé de ne pas faire du sport pour les personnes sensibles, de favoriser les télétravail, de conduire moins vite, d’avoir recours au covoiturage, d’éviter les feux… L’ASPA envisage néanmoins une amélioration jeudi.
La situation empire
Projections de l’Aspa sur son site. Glissez le curseur entre les deux images pour voir l’évolution entre mardi et mercredi
Pierre Poudoulec, de la Fédération Hiéro Strasbourg, a lancé une radio sur Internet, afin de faire découvrir les talents des groupes de la région Grand Est. La radio diffuse leurs morceaux, et prévoit d’ajouter des émissions prochainement.
C’est dans le train, en revenant des Transmusicales de Rennes, dimanche, que ça lui a pris : créer une radio sur Internet pour faire connaître les musiques actuelles produites dans la région Grand Est. Responsable de la Fédération Hiéro Strasbourg, Pierre Poudoulec est connu pour faire bouger le petit monde de la musique local, et pour ses coups de gueules réguliers aussi. Et pendant le festival, ça n’a pas manqué :
« Je discutais avec des journalistes de magazines culturels et de musique. Et tous se demandent comment plaire aux gens ? Qu’est-ce qu’ils écoutent et comment en parler. Ils sont à fond sur le « big data », à sillonner et exploiter les données des amateurs de musique. Mais moi j’attends justement l’inverse de ces magazines, qu’ils soient prescripteurs, qu’ils me recommandent leurs découvertes ! Au final, j’étais tellement énervé que j’ai décidé de redonner vie à un projet de web-radio qu’on a depuis longtemps… Puisqu’ils ne veulent plus assumer ce rôle, on va le faire. »
Le Nordmende Idol Radio Recorder, le top de la technologie en 1973, ne pourra pas diffuser la radio des découvertes du Grand Est (Photo Wikimedia Commons / cc)
Le plus gros du boulot : numériser les CD
Du coup, Pierre Poudoulec a passé quelques heures à numériser des CDs de groupes locaux qu’il apprécie tout particulièrement. Puis il a monté une radio sur Internet avec RadioKing, ça ne prend que quelques minutes. Il précise :
« Techniquement, ça ne présente aucune difficulté. Je voulais quelque chose qui soit sans publicité, donc il faudra financer le service et la Sacem. Ce sera l’affaire de quelques centaines d’euros. Le gros du travail va être de proposer une programmation sur toute la semaine. Là, j’espère bien que les groupes vont nous envoyer leurs morceaux et nouer des partenariats avec des radios locales du Grand Est pour partager la programmation. »
Lancer la radio
Voilà donc la web-radio des pépites du Grand Est lancée, les premiers groupes à occuper ces ondes numériques sont des groupes alsaciens, comme les solides et rugueux Bad Juice (Strasbourg) avec l’album Ding a dong, Les Couloirs du temps du saxophoniste Michael Alizon et du pianiste Jean-René Mourot (Strasbourg) ou Domestic Monster de Stellar Temple, autre groupe rugueux aux guitares et voix chaudes. Pour permettre une écoute plus agréable, les genres musicaux seront répartis sur des plages horaires fixes.
La Ville de Strasbourg s’apprête à reconduire les Rencontres cinématographiques d’Alsace (RCA) pour la gestion du cinéma Odyssée, une délégation que l’association a obtenu la première fois en 1992. Malgré une faible fréquentation, la Ville considère toujours que Faruk Günaltay est le meilleur directeur possible pour ce cinéma public.
Selon nos informations, le conseil municipal de Strasbourg du lundi 12 décembre devrait octroyer aux Rencontres cinématographiques d’Alsace (RCA) une nouvelle délégation de gestion du cinéma Odyssée, pour cinq nouvelles années (2017 – 2022).
L’association RCA est aux commandes de ce cinéma proche de la place Kléber depuis 1992. En 2017, cela fera donc 25 ans que Faruk Günaltay est le directeur de l’Odyssée. En 2011, devant la baisse continue de la fréquentation de ce cinéma, la Ville de Strasbourg avait commandé un audit à l’occasion du renouvellement de la délégation de service public. Mais en 2012, le maire Roland Ries (PS) avait finalement choisi de reconduire les RCA, malgré la candidature de deux autres équipes très solides.
Des recommandations peu suivies d’effets
Cependant, la nouvelle convention d’affermage de l’Odyssée intégrait les recommandations de l’audit. L’équipe des RCA devait normalement resserrer la programmation de l’Odyssée, difficilement perceptible par le public. Mais l’Odyssée a projeté 531 films en 2015 lors de 4 702 séances.
En outre, la Ville a demandé que les RCA réinscrivent le cinéma dans l’écosystème local, dont il s’était largement exclu. C’est le cas pour le festival Augenblick qui a reprogrammé une partie de ses films en langue allemande à l’Odyssée depuis 2015, pas du Festival européen du film fantastique.
Surtout, les RCA devaient mettre un terme à l’érosion de la fréquentation. La convention prévoyait un objectif de 70 000 entrées. Or la Ville qui verse chaque année une subvention de fonctionnement de plus de 190 000€ aux RCA doit bien constater que l’Odyssée n’a pas atteint cet objectif. D’après les chiffres communiqués par lses RCA, les places de cinéma vendues à l’Odyssée (certifiées par le Centre national du cinéma, CNC) sont restées à leur niveau le plus faible depuis 10 ans, compensées en partie par les entrées « non CNC », c’est à dire les événements et soirées spéciales. La fréquentation des seniors est restée stable tandis que celle des scolaires est en baisse.
Autre source d’inquiétude pour l’avenir de l’Odyssée : la complète disparition des abonnements en 2015.
Chiffre d’affaires et subventions en baisse
En conséquence, le chiffre d’affaires de l’Odyssée est en baisse de 4,4% (224 000€ en 2015 contre 245 000€ en 2014). Même les subventions baissent puisque les RCA ont perdu en 2015 deux labels Arts et Essais du CNC sur trois, suite à une « erreur de transmission des données » indique le projet de délibération. Une erreur qui a privé le cinéma de 14 400€.
Les dépenses d’exploitation ont également baissé, de 5,8% (-21% sur les charges d’exploitation des films en salle, -4% sur le personnel). Au final, la Ville estime que la situation du cinéma est « toujours fragile ».
La grande salle rénovée du cinéma Odyssée (Photo Wikimedia Commons / cc)
Une seule candidature concurrente
Après avoir longtemps hésité, Stéphane Libs, directeur des cinémas Star, avait constitué une équipe et déposé un dossier de candidature pour la gestion de l’Odyssée. Avec celui des RCA candidats à leur renouvellement, c’était le seul dossier concurrent, ce qui est inquiétant pour un cinéma aussi bien situé, dont les investissements sont déjà programmés et financés par la Ville. Au final, le dossier de l’équipe de Stéphane Libs a obtenu 86,33 points de la commission d’attribution, présidée par Christel Kohler, tandis que les RCA ont obtenu… 87,12 points.
Déçu, Stéphane Libs a trouvé la consultation trop politique :
« Dès le début, la Ville nous a indiqué qu’il s’agissait d’un dossier “ultra sensible” alors qu’on parle juste d’un cinéma doté d’une subvention de moins de 200 000€ ! Le dossier était très exigeant, on a répondu avec une proposition tournée vers les Strasbourgeois, qui dépensent aujourd’hui 1€ par habitant sur chaque place vendues à l’Odyssée… Ce serait bien qu’ils y passent un peu plus de temps. Il y a tellement à faire avec cette salle superbe, de nombreux films d’anthologie sont réédités et on ne les voit jamais à l’Odyssée, qui ne s’intéresse qu’au cinéma européen. Mais les entretiens ont sans cesse été repoussés, si bien qu’en novembre, on n’avait toujours pas l’avis finale de la commission… pour une délégation censée débuter en janvier. »
Un dossier géré par le maire
En 2012 déjà, le dossier présenté par l’équipe à laquelle appartenait Stéphane Libs avait la faveur du service de la culture, avant d’être retoqué par la commission d’attribution. Roland Ries avait indiqué aux DNA qu’il n’avait « que des promesses » face à « une équipe qui a géré. » Lors du second mandat du maire en 2014 et jusqu’à sa démission, Souad El-Maysour était l’adjointe au maire en charge du cinéma… mais pas de l’Odyssée :
« Faruk Günaltay ne voulait pas me parler. J’ai constaté ensuite que l’Odyssée était géré par le directeur des services, Alain Fontanel (premier adjoint au maire, ndlr) ou Roland Ries. Ce cinéma échappe complètement aux élus ainsi qu’au service de la culture de l’administration. »
Présidente de la commission d’attribution, Christel Kohler a indiqué qu’il était trop tôt pour communiquer sur ce dossier. De son côté, Faruk Günaltay n’a pas répondu à nos sollicitations. Le renouvellement de la délégation des RCA pour la gestion de l’Odyssée doit être proposé aux conseillers municipaux lundi 12 décembre.
Pour éviter la généralisation de l’ouverture des grandes surfaces le dimanche, la Ville de Strasbourg modernise son règlement et fixe deux limites : 4 heures d’ouverture et 1 000 m² de surface maximale pour les supermarchés.
Le supermarché Match de la Robertsau à Strasbourg, ouvert depuis le dimanche 21 août, devrait fermer les dimanches à partir du 1er janvier 2017. C’est en tout cas le sens du nouveau règlement que va soumettre au vote la municipalité au vote du conseil municipal lundi 12 décembre. Comme pour les deux Départements alsaciens, la municipalité strasbourgeoise entreprend un toilettage de son règlement qui organise les ouvertures le dimanche des commerces alimentaires dans le cadre du droit local d’Alsace-Moselle.
Les textes remontaient à 1917 (et 1935 pour le Bas-Rhin). La nouvelle disposition entrerait en vigueur le 1er janvier 2017. Fini donc les références aux « denrées coloniales » et autres archaïsmes.
Taille maximale, 1 000 m² voire 2 000 m² dans certains quartiers
Alors qu’aucune limite de surface n’était fixée par le passé, la taille maximale sera désormais de 1 000 m² (hors drive), pour une durée d’ouverture maximale de 4 heures (contre trois auparavant), au plus tard jusqu’à 13h.
Quant à la possibilité pour certains magasins de fermer des rayons le dimanche pour rentrer dans les critères de surface, ce sera à l’inspection du Travail d’en apprécier la légalité.
Cinq heures pour les bouchers et boulangers
Concernant les boucheries-charcuteries, les marchands de fleurs, les boulangeries et boulangeries-pâtisseries, la limite sera de cinq heures d’ouverture, entre 7h et 13h. Le préfet ajoutera trois heures pendant lesquelles les boulangers auront le droit de confectionner le pain, sans être ouverts pour autant.
Concernant les autres commerces alimentaires de moins de 120 m² (définition Insee du petit commerce d’alimentation générale, ce qu’on appelle couramment « l’épicerie »), ils pourront toujours ouvrir 10 heures par jour, en accord avec texte préfectoral.
Les ouvertures le dimanches sont autorisées à la condition d’une meilleure rémunération (Photo credit: Oneras via Visualhunt / CC BY-SA)
Selon le premier adjoint au maire Alain Fontanel (PS) qui a mené la consultation avec les différents acteurs du milieu (représentants du patronat, des salariés, du droit local, des cultes, des consommateurs, des partis politiques…), la limite de 1 000 m² n’a été proposée par aucune des parties interrogées, et a été jugée comme un point d’équilibre par la municipalité :
« Nous étions dans une situation où 13 supérettes sur 42 sont ouvertes et trois font plus de 2 000 m². Le risque c’était que [sans limite de taille] des surfaces comme Leclerc Rivétoile et Auchan ouvrent et qu’on ne soit plus dans l’objectif initial de préserver le droit local. »
L’adjoint au commerce, Paul Meyer (PS), l’appuie. Mettant en avant « l’évolution des modes de consommation », il estime que limiter davantage les surfaces risquait de favoriser l’essor d’autres services, comme la livraison avec Amazon fresh, dont l’organisation permet payer un minimum d’impôts sur les bénéfices en France.
Limitation à 400 m² ailleurs en Alsace
Depuis l’élection de leur nouvelle majorité en 2015, les deux Départements alsaciens du Bas-Rhin et du Haut-Rhin ont également lancé de vastes consultations sur le sujet. Avec également comme enjeu de « préserver le petit commerce, et moderniser le droit local », les deux conseils départementaux sont arrivés à des règlements similaires. Celui du Bas-Rhin doit être voté ce jeudi 8 décembre pour une entrée en vigueur le 1er janvier
La limite de surface maximale choisie sera plus basse, 400 m², mais avec une durée ouverture maximale de 5 heures. Un maire ne peut que prendre qu’un règlement plus strict. Comme à Strasbourg, il est prévu que les commerces alimentaires de moins de 120 m² puissent ouvrir jusqu’à 10h. La limite entre 120 et 400 m² correspond à la définition officielle des « supérettes ».
Toutes ces ouvertures sont réglementées par un accord collectif du 6 janvier 2014, qui oblige le volontariat des salariés et au minimum un salaire augmenté de 50%, ainsi qu’un temps de repos équivalent. Pour rappel, l’Alsace-Moselle n’est pas concernée par les dispositions sur les ouvertures le dimanche réglementées par la loi Macron.
Les abonnés de la CTS pourront utiliser en mai le réseau de bus de la Ville de Kehl, sans surcoût. En revanche, les abonnés allemands seront limités à la ligne D à Strasbourg. Quant aux utilisateurs ponctuels, ils devront cumuler deux tickets en cas de correspondance transnationale.
La mise en service du tramway entre Strasbourg et la ville de Kehl est programmée pour le 30 avril, dans un premier temps jusqu’à la gare allemande, puis jusqu’à la mairie à la fin de l’année. Mais il fallait encore se mettre d’accord sur les prix des tickets. Car le tramway a beau être, ce sont deux lois différentes sur les transports qu’il fallait accorder.
Après des négociations entre la Compagnie des transports de Strasbourg la CTS et celle de l’Ortenau (TGO), les deux réseaux s’ouvrent en partie aux abonnés de l’autre. Pour les usagers ponctuels en revanche, il n’y a pas d’accord. Il sera nécessaire de s’acquitter de deux tickets en cas de correspondance, ce qui pénalisera surtout les Allemands voulant se déplacer à Strasbourg.
Pour les usagers des transports de l’Eurométropole
Les abonnés de la CTS pourront circuler sur les bus dans les zones 20 et 21 sans surcoût, c’est-à-dire la ville de Kehl et quelques communes des alentours (Auenheim, Kork, voir plan ci-dessous).
En revanche, un ticket simple de la CTS ne donne pas accès aux bus kehlois.
Pour les usagers des transports allemands
Les abonnés TGO pourront circuler sans surcoût sur la ligne D du tram, jusqu’au terminus (Poteries). S’ils veulent prendre une autre ligne ou un bus, ils devront acheter un autre ticket CTS ou prendre un second abonnement.
Si le point de départ est une station du tramway D à Kehl, un ticket CTS (unitaire ou à la journée) suffit sur la ligne D.
En revanche, un ticket sur le réseau TGO ne donne pas accès au tram une fois le pont franchi. En cas de correspondance bus allemand + tram D, il faudra donc deux tickets.
Les week-ends, les abonnés allemands peuvent faire profiter leur famille (un adulte et deux enfants) de leur abonnement sur la ligne D du tram, comme cela est déjà le cas sur le reste du réseau TGO.
9 000 passagers au début
Pour les débuts, environ 9 000 passagers par jours sont attendus sur la partie qui franchit le pont de Kehl. La fréquence envisagée est d’un tram toutes les 14 minutes. Cet accord pourra être revu tous les ans.
Les forfaits Europass (entre 6€60 et 11€90 selon le périmètre choisi) qui permettent de circuler sur l’ensemble des réseaux SNCF, CTS et TGO dans l’Eurométropole et l’Ortenau restent valables.
Moins de bouchons sur le pont de Kehl avec l’arrivée du tram ? (photo JFG / Rue89 Strasbourg)