Le festival Selbst Gemacht est de retour samedi 15 et dimanche 16 octobre à La Semencerie, dans le quartier Laiterie à Strasbourg. Durant deux jours, dans un joyeux bordel, une série d’ateliers permettront de partager les connaissances sur la sérigraphie, la réparation de vélo ou… l’occupation militante de bâtiments.
Le hangar de La Semencerie à Strasbourg n’ayant toujours pas trouvé d’acheteur, les artistes qui l’occupent depuis près de dix ans continuent de l’animer. Et chaque année, le festival phare de ce collectif, intitulé Selbst Gemacht, est plus ambitieux que le précédent. Il aura lieu cette année samedi 15 et dimanche 16 octobre, de 10h à 18h. L’objectif reste de mettre en valeur des savoirs-faire qui se perdent, car délégués à des professionnels ou masqués par la conception d’appareils qu’on utilise pourtant tous les jours.
La perte d’autonomie qui en résulte questionne les artistes qui composent le collectif de La Semencerie, qui s’inscrivent dans un mouvement de réappropriation, « Do It Yourself » en anglais (DIY). C’est pourquoi de nombreux ateliers de Selbst Gemacht portent sur des pratiques manuelles, mais pas seulement.
Le festival Selbst Gemacht en 2014 (Photo La Semencerie)
Une trentaine d’ateliers
Ainsi, dans le programme touffu de ces deux journées, on trouve notamment une présentation des techniques de tricot (du point de base au jacquard et même la dentelle), des échanges sur les graines et les boutures, afin de jardiner comme un pro, en bio et en ville, des ateliers de sérigraphie pour concevoir un jeu de type « memory » et même un autre atelier pour concevoir la boite de rangement du jeu ensuite. Il y a plusieurs ateliers de cuisine, un pour faire son pain et même un autre pour savoir préparer sa choucroute !
Selbst Gemacht donne aussi rendez-vous à tous ceux qui sont perdus dans l’univers informatique et d’Internet, et propose plusieurs rendez-vous pour (re)faire fonctionner un ordinateur, surfer sans Google ou virer le moteur de recherche mondial de son téléphone.
Et puis on trouve également des présentations plus insolites, comme l’ipsajang, une technique coréenne de ciselage d’une surface d’acier et incrustation de fils de cuivre et d’argent. Ou une session pour construire un autolienne, une auto-mobile traction à vent avec du fil de fer et du ruban adhésif. Autre rendez-vous à noter : un atelier pour fabriquer soi-même son « matériel de blocage pour des luttes sociales plus efficaces », en ces temps de luttes sociales, voilà qui est pratique !
Le Maillon ouvre cette saison avec un spectacle qui vient d’obtenir le Molière jeune public 2016 : le Pinocchio de Joël Pommerat. Épopée magique du pantin de bois qui deviendra garçon, la pièce parcourt un monde sombre et fantastique. Conte initiatique pour les grands comme pour les petits – à partir de 8 ans.
Cette nouvelle saison au Maillon est la première dont la programmation est signée Frédéric Simon. Que ce soit à travers le spectacle de Pinocchio, ou au creux des caravanes de Lupovino et des cabanes des Chateaux en l’air qui accompagnent cette ouverture, tout invite au voyage, à l’enfance, à l’initiation. Et cette invitation se joue à guichet fermé, ou presque. Pourtant la pièce de Joël Pommerat a été créée en 2008 et présentée au TNS en 2009. Qu’importe, puisqu’il s’agit du genre de pièce que l’on revoit, comme c’est le cas de plusieurs personnes dans la salle : deux fois, ou même plus.
Dans sa manière d’aborder les contes pour enfants, Joël Pommerat touche à une sorte d’essentiel. On retrouve dans Pinocchio le même esprit qui l’a animé pour Le Petit Chaperon Rouge. Une féérie totale sur un plateau souvent presque nu. Un objet, un son, une lumière évoquent un monde immense. On traverse ces univers, comme tenu par la main, au rythme de l’histoire que l’on nous raconte. Une façon formidable de solliciter l’imaginaire avec une précision chirurgicale, élégante et sobre.
« Pinocchio », d’après Collodi, de Joël Pommerat (Photo Elisabeth Carecchio)
Pensé comme une partition, une chorégraphie virtuose, le spectacle raconte une histoire familière et pourtant inédite. C’est sans doute, comme l’explique Frédéric Simon, parce que Joël Pommerat n’est pas « dans la commémoration du texte. C’est un spectacle feuilleté sur des milliers de niveaux de lecture. »
Du bois à la chair
Pinocchio c’est bien sûr l’histoire écrite par Carlo Collodi dans les années 1880. Proposée sous forme d’épisodes dans un journal, cette aventure regorge d’épreuves, de personnages, d’obstacles. L’enfance n’est pas tant le monde de l’innocence que celui de la naïveté, de la curiosité et d’un esprit si libre qu’aucun cadre ne le soutient. La marionnette créée par son père est presque indestructible, et c’est tant mieux au regard des épreuves qu’elle traverse. Joël Pommerat, qui signe le texte de cette adaptation, le souligne et fait dire à l’un de ses personnages au sujet de Pinocchio, fort maltraité : « Heureusement qu’il était un peu en bois, quand même. »
L’histoire originale présente un aspect plutôt moraliste, suivant l’idée que c’est parce qu’il désobéit que Pinocchio se retrouve dans des situations innommables. La version de Pommerat est assez différente. Si la fée représente, d’une certaine façon, la morale, elle est justement la preuve que l’on peut grandir autrement, en se frottant à d’autres sentiers. La marionnette peut devenir un garçon malgré, ou peut-être grâce, à ses aventures fantastiques et souvent douloureuses.
« Pinocchio » de Joël Pommerat – l’épisode de l’âne (Photo Elisabeth Carecchio)
Clair obscur
La scène de Joël Pommerat, comme la scénographie d’Eric Soyer, est une terre de contrastes. Les noirs sont profonds, les blancs éblouissants. Il y a une véritable puissance cinématographique dans le travail de la lumière et du son. Comme devant l’écran de cinéma, l’on se retrouve happé dans une histoire qui semble émerger des ténèbres par instants fugaces pour y replonger aussitôt. Philippe Carbonneaux, collaborateur artistique de Joël Pommerat sur ce spectacle, explique :
« Pinocchio c’est une métaphore de la peur de l’engagement dans la vie. La peur est un outil qui sert à avancer. »
Il est vrai cependant que même dans les scènes les plus dures il y a une douceur insoupçonnée. Un aspect fondant, bienveillant, qui vient compenser la mécanique implacable d’univers sonores et visuels magistraux.
« Pinocchio » de Joël Pommerat, la fée et l’enfant (Photo Elisabeth Carecchio)
Sortir du cadre
Myriam Assouline donne à ce Pinocchio une voix et une démarche singulières, mystérieuses. C’est une créature, un être qu’on ne sait pas qualifier. A travers le jeu, mais aussi à travers le maquillage et les costumes, on trouve à ce Pinocchio comme à ses compères quelque chose de fantastique – au sens surnaturel du terme. Philippe Carbonneaux qualifie cette sensation :
« Joël Pommerat a beaucoup travaillé sur un Pinocchio qui serait à l’intérieur de l’image et qui voudrait en sortir. »
Un personnage coincé dans un corps de bois, qui dès le départ exige autre chose. Une bouche, des yeux. Des moyens de sortir de lui-même. Il devra passer par plusieurs autres corps, un âne, une baleine, pour pouvoir s’échapper du sien et réussir sa mue. Quel soulagement donc lorsque Pinocchio retrouve son père et accomplit une sorte de passage à la raison en lui disant : « Je ne vais pas être exactement comme tu voudras que je soies. Je vais être encore mieux. » Et c’est ainsi que le petit garçon pourra quitter sa peau de marionnette, inerte, comme un cocon vide, en la laissant sur une chaise au milieu de la scène.
Cachettes, cabanes et caravanes
L’exploration de petits univers clos continue en dehors du plateau à travers les caravanes de Lupovino, placées à l’entrée du Maillon comme à l’orée d’un chapiteau. Puis dans le hall contigu, où les artistes Ramona Poenaru et Gaël Chaillat, de la compagnie Des Châteaux en l’air, invitent les spectateurs, les soirs de spectacles, à une « installation expansive », architecture collective et mouvante dont le carton est la pierre angulaire. Et ce jusqu’à début décembre. Un projet pour « chercher un sens avec ses mains, enfreindre les règles, inventer des usages », à suivre en continu sur le site dédié de la compagnie.
Indépendante, coordinatrice de projets et rédactrice, je travaille dans le champs des droits humains, du développement et de la culture, au niveau international mais aussi en local à Strasbourg.
Le trio strasbourgeois Electric Electric présente samedi son troisième album au Molodoï à Strasbourg. Intitulé sobrement III, l’album accueille 8 titres de ce style perfectionné et unique que le groupe est parvenu à maîtriser, sorte de mélange entre un rock ultra-rythmé hypnotique et d’électro déstructurée. Conséquence de tous ces adjectifs mis bout à bout : leur magie est difficilement palpable sur disque, il faut les voir et se laisser happer.
Electric Electric, c’est d’abord du rythme, et encore un rythme imbriqué dans le premier, et encore un peu de rythme pour faire bonne mesure. Tout le talent des Strasbourgeois Éric Bentz (guitare, voix), Vincent Redel (batterie) et Vincent Robert (clavier, voix) réside dans leur capacité à sortir une mélodie, nerveuse, entêtante et racée, de ces imbrications successives.
Leurs deux premiers albums (Sad City Handclappers, en 2008, et Discipline, en 2012) collectionnent les morceaux écrits avec ces techniques, mais le rendu est difficile à transmettre sur disque. Il faut les avoir en face de soi, les voir s’échiner sur leurs instruments avec une extrême précision, pour que le cerveau comprenne ce qu’il est en train de se passer.
Vincent Robert, Vincent Redel et Éric Bentz, les trois perfectionnistes d’Electric Electric qui font de la musique comme d’autres alignent des équations. (Photo Pierre Lambla / Jimmy Cuquel / Doc remis)
Du coup le trio formé en 2005 a beaucoup tourné après Discipline. Pendant 4 ans, ils sont allés un peu partout en Europe, jusqu’en Russie même, mais pas à Strasbourg. Leur concert samedi au Molodoï à l’occasion de la sortie de leur troisième opus, sobrement baptisé III, est donc un double événement.
Le nom de l’album veut marquer qu’il s’agit peut-être de leur premier album véritablement co-écrit à trois, comme l’explique Éric Bentz :
« Electric Electric a beaucoup changé parce que ses trois composantes ont beaucoup évolué. On s’est un peu éloignés des rythmiques ultra-rapides et des musiques nébuleuses et planantes. III est vraiment l’album qui nous correspond le plus aujourd’hui, il s’est construit sur une année, par touches successives. On est toujours sur des musiques répétitives, hypnotiques, mais on voulait aussi proposer un album qui soit écoutable chez soi, il est plus compatible avec le studio. »
Écoutez III de Electric Electric
Loin du rock mais avec son énergie
Du coup, III, s’il est incontestablement le descendant de ses deux aînés, marque une rupture que le groupe doit aux impulsions d’Éric Bentz. Ce dernier a posé les bases de travail sans riffs de guitares ni batteries. À la place, des voix spectrales (dont une de Philippe Poirier, de Kat Onoma), des tempos ralentis, lointains, des plages d’ambiance… Nourris à la musique contemporaine ou electro-acoustique, les gars d’Electric Electric ont construit là dessus, pour finalement produire une œuvre d’un nouveau genre, entre une sorte d’electro-punk et un jazz sous acide.
III bouscule, même les fans, mais l’ADN d’Electric Electric est bien là, la magie d’une musique enivrante, planante car précise, pointue, sophistiquée, continue d’opérer et cette fois, même à l’écoute du disque. Le concert promet donc d’être épique.
Douze habitants du centre-ville de Strasbourg ont respiré du monoxyde de carbone pendant des mois à des doses dangereuses. Mais entre la vétusté des appartements et les postures des parties prenantes, la situation est bloquée. En l’absence de travaux, les locataires ont été délogés sans savoir quand ils pourront réintégrer leurs appartements.
Douze locataires, répartis dans trois appartements, rue du faisan en plein centre-ville, pensaient qu’habiter un appartement ancien était le bon plan pour vivre au cœur de Strasbourg pour peu cher. Dans une partie de l’immeuble, logeaient un couple avec un enfant, des jeunes travailleurs ou étudiants. Mais depuis le 1er août, tout ce petit monde ne peut plus y habiter. La faute à la présence de monoxyde de carbone (CO) dans leurs habitations, un gaz invisible et inodore très dangereux pour la santé au-delà de certaines concentrations.
Le premier signalement remonte à août 2014. Les habitants sentent le charbon et la fumée qui venait du restaurant La Pampa au rez-de-chaussée. Cet établissement a remplacé le Tiger Wok et ses spécialités asiatiques en 2013. Il propose des grillades au feu de bois, un concept traditionnel argentin.
Les appartements et le fonds de commerce du restaurant appartiennent au même propriétaire, la SCI Investim de Jean-Claude Bintz, gérée dans les faits par son fils par Daniel Bintz, co-actionnaire. Il se trouve être le président de la Fédération nationale des agences immobilières (FNAIM). Son agence professionnelle, Habitat et Humanisme, a pour vocation de gérer un parc immobilier privé à destination des personnes fragilisées.
De premiers travaux inefficaces
Après plusieurs démarches des locataires auprès de leur agence, du propriétaire, du restaurant et du service Hygiène et Santé de la Ville de Strasbourg, les choses rentrent dans l’ordre au printemps 2015 (voir chronologie). Les riverains, pensent qu’il s’agit de la fin d’un événement tendu – des courriers d’avocats sont tout de même échangés – mais finalement réglé. Le restaurant avait d’abord procédé à des modifications de sa chaudière.
Largement insuffisant, les concentration de CO restaient trop élevées. Puis « on a changé deux chaudières et une aspiration dans les combles », se rappelle Daniel Bintz, comme lui demandait un premier arrêté municipal en mars.
Mais en novembre 2015, les nuisances olfactives reviennent, de nouveau cette odeur de charbon. Cependant, les concentrations de gaz CO sont en-dessous des valeurs limites cette fois. Depuis l’été, d’autres travaux ont été réalisés par le propriétaire comme au niveau des ventilations. Tout s’envenime en mai 2016, lorsqu’une habitante est prise de vertiges, un des symptômes de la présence de monoxyde de carbone.
Une nouvelle enquête est réalisée par les services de la Ville, qui détectent à nouveau des mesures trop élevées. Le service a eu la bonne idée de se déplacer pour la première fois aux heures d’ouverture du restaurant. Dans son rapport d’enquête, les services d’hygiène mettent en avant que les pics sont corrélés aux heures d’accueil des clients.
Plus de monoxyde lors des services
Le 15 juin, un pic de monoxyde entre 12h et 15h, puis qui redémarre vers 18h. (extrait du rapport d’enquête des services hygiène et santé de la ville)Le 14 juin, détail de la concentration de monoxyde entre midi et 14h. (extrait du rapport d’enquête des services hygiène et santé de la ville)Le 25 juin, un pic de monoxyde à partir de 20h30 jusqu’à environ minuit. (extrait du rapport d’enquête des services hygiène et santé de la ville)
Pas d’action du propriétaire, une fermeture en juillet
Un arrêté municipal pris le 1er juillet, exige des mesures urgentes et plus radicales que par le passé : l’installation de détecteurs et déclencheurs d’alarme sous une semaine et de diagnostics sous un mois pour le bailleur. Si les excès continuent, il a obligation de reloger ses habitants. Le restaurant effectue le test d’étanchéité demandé sous une semaine, mais le propriétaire estime avoir déjà effectué beaucoup de travaux sans que la situation ne s’améliore.
Il ne suit pas l’arrêté et demande une expertise judiciaire en référé pour établir clairement ce qui provoque ces dépassements. Expertise qui dure et qui est toujours en cours car l’expert nommé par le tribunal demande l’aide d’un sapiteur, c’est-à-dire une aide technique évoluée. Le propriétaire demande aussi l’arrêt provisoire du restaurant, ce qui lui est refusé par la Justice. Les locataires ne sont pas informés de cette passe d’armes judiciaire et ne peuvent se constituer partie prenante à temps. Des recours contre les entreprises qui ont effectués les travaux par le passé contribuent à allonger les délais.
Sous les allures de petite rue tranquille, une vie cauchemardesque (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Sans surprise, les concentrations sont de nouveau dépassées lors d’un nouveau contrôle le 12 juillet en soirée (jusqu’à 604 PPM détectés). Par mesure d’urgence, le restaurant est fermé une semaine via un troisième arrêté municipal. Résultat, les ex-habitants font les frais de cet immobilisme. Ils ne peuvent plus habiter rue du faisan jusqu’à nouvel ordre. L’appartement est sous scellé depuis le 1er août, date de la réouverture du restaurant après ses congés d’été. L’accès est possible les mardis et jeudis de 8h à 11h, « quand on travaille » regrette une habitante.
Quatre personnes relogées, les autres pris en charge par la Ville
Le couple avec leur enfant et une troisième personne sont relogés dans deux autres appartements, plus petits, de la SCI Investim. Ils continuent de payer leur loyer au même prix « et il faut compter des petits frais en plus comme des machines à laver, avoir deux contrats d’électricité ou d’internet », relève une personne relogée.
Pour les autres, la Ville de Strasbourg s’est substituée au propriétaire et les redirige vers le Centre communal d’action sociale (CCAS). Concrètement, les neuf personnes non-relogées sont baladées dans des Appart’hotel parfois à la Meinau, au musée d’art moderne ou au boulevard de Nancy à la petite semaine. Ils ne paient plus de loyer et la Ville avance ces frais, en attendant que le contentieux soit réglé avec le propriétaire, qui pourrait se retrouver à rembourses ces sommes. En revanche, cela entraîne de longues pertes de temps (il faut par exemple se présenter toutes les semaines au CCAS) qui pèsent sur la vie personnelle et professionnelle.
Du côté du restaurant, les fermetures temporaires et les travaux qu’il a payés l’ont contraint à licencier du personnel et de n’ouvrir que les soirs désormais. L’établissement est en redressement judiciaire, ce qui a pour conséquences que le loyer n’est plus versé au propriétaire. Complication supplémentaire, la société attaque son propriétaire pour pertes d’exploitations, car elle estime que ce sont des travaux insuffisants qui ont causé les nouveaux arrêtés et donc les fermetures.
L’arreté du 1er juillet dont les exigences ne sont pas levées
Incompréhension générale
Plus de trois mois plus tard, un habitant ne comprend pas le décalage entre la situation constatée et l’arrêté toujours en vigueur :
« On a l’impression que la Ville a privilégié l’activité économique du restaurant à notre santé. Une fermeture aurait été couverte par des assurances. L’arrêté dit que les sources sont multiples, alors que les relevés montrent que c’est aux heures d’ouverture du restaurant que le taux de monoxyde augmente. On remarquait bien que selon la fréquentation du restaurant, les dégagements étaient plus ou moins importants. D’ailleurs, nous sommes autorisés à y retourner le matin, quand le restaurant est fermé. »
Les assurances n’ont pas compensé les pertes déjà subies, car il ne s’agit pas d’un sinistre, mais d’un défaut du bâtiment. Concernant l’origine des gaz toxiques, appréciation différente pour la responsable du service Hygiène et Santé de la Ville de Strasbourg, Pascale Rouillard-Neau, qui avance une certaine prudence nécessaire avant d’exiger la fermeture du restaurant :
« L’arrêté du 1er juillet exigeait des diagnostics et travaux supplémentaires qui n’ont pas été faits par le propriétaire. Nous avons donc pris une mesure d’urgence (le 13 juillet ndlr) pour protéger la santé des habitants. La situation ne nous permet pas de mettre en cause directement la hotte ou le restaurant dans la production du monoxyde. D’autres éléments, comme les équipements du bâtiment, qui est ancien, nous laissent penser qu’il y a plusieurs raisons à ce dépassement des limites. Dès que l’expertise sera rendue, et notre avocat a sensibilisé le tribunal sur l’urgence de la situation, la Ville pourra prendre les décisions adaptées. »
Le rapport d’enquête pointe notamment le défaut d’étanchéité d’un conduit de fumées de la chaudière gaz atmosphérique du logement au 1er étage. Les investigation de juin concluent aussi qu’un réseau de gaines technique dans les étages favorise la diffusion des produits polluants. Des fissures ou des câbles apparents dans les parties communes et les sous-sols que nous avons vus attestent d’une vétusté generale de l’immeuble.
Des arguments bien rôdés
Daniel Bintz, qui regrette que « les ordonnateurs ne soient pas les payeurs » espère qu’en parallèle des procédures lancées, une solution soit possible :
« Il faut être raisonnable et que l’on trouve une solution provisoire avec une cuisson au gaz. Je n’ai eu aucun contrôle sur le type de cuisine du restaurant. C’est un bail commercial qui a été renouvelé en 2012 par le Tiger Wok et repris par la Pampa. »
Changer une cuisine nécessiterait nouveaux travaux. La directrice de la Pampa, Viviana Schrenck préfère rester prudente dans son expression en raison des affaires judiciaires en cours, mais s’estime victime de la situation « comme les locataires » :
« J’attends avec impatience que les expertises de la Justice pour le bien de tous. La situation dure depuis 22 mois et met en péril notre activité. Moi, j’ai respecté tous les arrêtés de la Ville et payé tout ce qu’on me demandait. Quelle sont les garanties que malgré les travaux du propriétaire, le bâtiment est en conformité ? Du monoxyde a été détecté le dimanche quand le restaurant est fermé. Il y a même eu une expertise par le tribunal de Colmar. Si nous étions la seule cause des dégats, la Ville aurait suspendu l’activité. »
Fait rare, les locataires, le restaurant comme le propriétaire se sont tous réjouis d’une médiatisation de la situation en espérant que cela débloque l’impasse actuelle. Des élus ont également été contactés. Mais comme pour l’expertise judiciaire, personne n’espère le même résultat.
L’année dernière, Rue89 Strasbourg révélait les comptes de l’opération des Illuminations de Noël. La gestion et les méthodes des Vitrines de Strasbourg, l’association des commerçants de centre-ville, faisait l’objet d’étonnement et de critique. Depuis, la municipalité a lancé un groupe de travail sur l’avenir des Illuminations et des commerçants ont lancé une nouvelle association. Interview de Pierre Bardet et Gwenn Bauer, directeur et président de l’association.
Des commerçants ont exprimé leur mécontentement vis-à-vis de votre gestion des crises successives qui ont touché le centre-ville depuis un an. Que leur répondez-vous ?
Pierre Bardet : Les commerçants subissent un contexte économique compliqué, un manque d’accessibilité au centre-ville et des contraintes sécuritaires. Le problème des Vitrines de Strasbourg, c’est qu’on ne voit que le côté animation de l’association, avec la fête des Vendanges, les Illuminations de Noël, la grande braderie… Mais à côté, on se bat tous les jours pour le commerce. Dans la vie, il y a les blablateurs et ceux qui agissent en coulisses. L’année écoulée est la seule dans l’histoire des Vitrines où on a eu à gérer une situation de crise à un tel niveau. Nous sommes dans un état de guerre en France. On n’est quand même pas responsables des attentats. On a fait le maximum pour sauver la braderie et le Marché de Noël avec les contraintes qui nous étaient imposées.
Gwenn Bauer : Quand les attentats du 13 novembre 2015 se sont produits quinze jours avant le Marché de Noël, nous avons travaillé en coulisses pour que ce marché soit maintenu. C’est une des rares manifestations en France avec autant de monde qui a été maintenue si peu de temps après les événements. Nous sommes arrivés à faire rouvrir la station de tram Langstross-Grand’rue deux jours avant le 24 décembre. Nous sommes aussi intervenus en quelques heures sur une grande annonce sur l’autoroute qui signalait le centre « fermé ». Nous avons fait inscrire « piéton » pour être plus positif et ne pas dissuader les gens de venir.
Concernant le passage au stationnement payant entre midi et 14h, je l’ai appris comme tout le monde, par la presse. Cette décision a été prise sans concertation. On nous a mis devant le fait accompli. Nous continuons neuf mois après de nous battre pour lever cette mesure qui a vidé le centre de ses clients habituels pendant la pause déjeuner.
Pierre Bardet et Gwenn Bauer à l’église Saint-Guillaume lors de la réunion publique sur le réaménagement des quais le 10 octobre 2016. (Photo : CG / Rue89 Strasbourg / cc)
« La Ville a pris des décisions sans nous concerter »
Pierre Bardet : Pour le système de livraison du centre, ça a été la même chose. Pendant Noël, les livraisons se sont faites jusqu’à 10h au lieu de 11h. Nous avons découvert en janvier que cette règle était maintenue, des panneaux de signalisation avaient même commencé à être changés. Nous avons réussi à revenir à des livraisons jusqu’à 11h, en attendant qu’on en discute avec les autorités.
Gwenn Bauer : Pour l’organisation de la grande braderie, tout se présentait bien jusqu’à l’attentat de Nice le 14 juillet, soit quinze jours avant l’événement. Pierre Bardet a réussi à empêcher l’annonce de son annulation, puis nous avons eu des réunions avec le maire et le préfet. La braderie est un incontournable de l’histoire de notre ville. On a réussi à la maintenir sous des conditions qui permettront d’avoir une visibilité pour Noël 2016.
Pierre Bardet : Cette année, on s’est aussi battus avec succès contre la piétonisation complète des quais. Il a fallu batailler pour en arriver au compromis acceptable d’une zone de rencontre. On fait pression pour avoir des parkings aux abords de l’ellipse insulaire. Aujourd’hui on est arrivé enfin à un projet de nouveau parking place de Bordeaux. Maintenant on attend du concret.
Avez-vous un commentaire sur la création de l’association Défis par des déçus des Vitrines ?
Gwenn Bauer : Il s’agit d’un non-événement. Il y a toujours eu pleins d’associations qui se créent. Nous travaillons déjà en lien avec les associations de quartier.
Pierre Bardet : Nous, on sait ce qu’on fait et on est bien dans nos baskets.
« Si la Ville nous a laissé faire, c’est qu’elle estime notre gestion transparente »
Comment envisagez-vous à présent la période de Noël 2016 ?
Gwenn Bauer : Nous avons anticipé cette question. Sachant tout ce qui s’était passé, nous avions demandé un rendez-vous au préfet dès juin. Depuis de nouveaux attentats se sont produits. Aujourd’hui, il y a des pistes mais rien n’est défini. Dans le contexte des attentats, chaque jour les décisions qu’on prend peuvent changer du jour au lendemain. La Ville et les Vitrines sont sur la même longueur d’ondes sur la nécessité de maintenir cet événement.
Nous travaillons avec elle sur la question de savoir comment aménager ce centre-ville piéton pendant le marché de Noël. En juin, nous avons demandé au préfet que le tram s’arrête en ville à Grand’rue et que le marché puisse fermer plus tard le soir. Nous souhaitons aussi que le marché puisse durer jusqu’au 31 décembre. Mais ce sont des souhaits, sur lesquels le préfet décidera au final.
Pierre Bardet : Dans un état de guerre comme ça, où le danger est permanent, il faut qu’on joue collectif. L’Alsace est l’une des régions les plus radicalisées de France et compte des centaines de fichés S, quand on connaît les éléments, on sait qu’il nous faut être responsables avant tout et accepter les contraintes de sécurité. Nous défendons tous les citoyens.
Un groupe de travail est en cours sur votre gestion des Illuminations de Noël. Reconnaissez-vous des largesses dans cette gestion ? Seriez-vous prêts à laisser la gestion financière de cette opération à une régie ?
Gwenn Bauer : Nous allons attendre les conclusions de la commission, d’ici la mi-novembre, pour faire des commentaires. Les illuminations 2016 sont entamées. Si la Ville nous a laissé faire, c’est qu’elle estime que notre gestion se fait en totale transparence. Les illuminations sont prises en charge à 50 % par les commerçants et notre rôle est de les fédérer par rapport à ça. Une régie extérieure pourquoi pas, sauf qu’il n’y aurait plus aucun commerçant qui paierait, donc ça coûterait plus cher à la Ville. Nous sommes arrivés à quelque chose qui a permis de faire de Strasbourg un lieu où on a envie de venir pour ses illuminations. Strasbourg est la ville la plus illuminée de France à Noël. Après, on ne peut pas plaire à tout le monde. Si tous les commerçants payaient, on ferait encore mieux.
Il a été reproché aux Vitrines de cacher dans ses comptes de l’opération Illuminations ses difficultés à recouvrir toutes les factures dues par les commerçants.
Pierre Bardet : Depuis que nous avons décalé la fin de l’année comptable à mars au lieu de janvier, il n’y a plus tant de factures impayées qu’on le croit. Nous comptons encore dans nos comptes des avoirs à recevoir après la clôture des comptes. Cela concerne aujourd’hui les grandes enseignes parisiennes qui paient en décalage mais qu’on ne lâche pas. 85% des commerçants du centre participent au financement des Illuminations.
« Lors de l’AG, il n’y a eu aucune question sur les comptes »
Qu’en est-il de la transparence des décisions financières de l’association ?
Gwenn Bauer : N’importe qui peut consulter les bilans de l’association quinze jours avant l’assemblée générale et certains l’ont fait. Lors de l’assemblée générale, énormément d’adhérents étaient présents. Il n’y a eu aucune question posé sur les comptes. Quand il y en a, le comptable peut leur apporter toutes les réponses.
En 2014-2015, nous avons connu une hausse de 20 % des adhésions. Sur l’année 2015-2016, elles se sont stabilisées. Nous avons depuis deux ans attiré de grandes enseignes comme Habitat, ou Starbucks.
Le recours par le passé des Vitrines à la société luxembourgeoise International Majestic pour payer la venue de personnalités sur les événements comme le lancement des Illuminations ou la grande braderie suscite des questions. De quoi s’agit-il ?
Pierre Bardet : Nous ne travaillons plus avec cette société. Depuis trois ans, je travaille en direct avec les artistes, qui viennent de plus en plus souvent gratuitement, en dehors des frais de déplacement et d’hébergement. International Majestic est une agence qui nous permettait avant d’entrer en contact avec des artistes que je n’avais pas dans mon réseau. Elle était établie en Belgique et non au Luxembourg, c’est vers ce pays que se faisaient les paiements. On a mis en place ces événements il y a dix ans et la venue des artistes suscite aujourd’hui une forte attente populaire. Elle est financée par l’argent des commerçants et par nos partenaires bancaires.
Gwenn Bauer : Qui n’a jamais payé de facture dans l’Union Européenne ? Les Vitrines n’ont pas de compte au Luxembourg, ni ailleurs dans l’UE.
Au printemps Pierre Bardet s’était engagé sur Rue89 Strasbourg à passer le relai de sa présidence de l’association des commerçants de la Robertsau. Où en est-on aujourd’hui ?
Pierre Bardet : Je travaille à constituer une nouvelle équipe pour l’association, qui devrait être en place d’ici la fin de l’année.
Gwenn Bauer : Cette affaire est suivie de près par le comité de direction des Vitrines et ça devrait être mis au carré avant la fin de l’année.
Étrillé par la critique dans les années 90, Showgirls, le film maudit de Paul Verhoeven ressort sur nos écrans. Le brûlot du cinéaste néerlandais, qui a bénéficié d’une vaste opération de revalorisation dans la presse, aura-t-il cette fois les faveurs du public ?
Showgirls, c’est une éducation sentimentale à la mode 90’s, l’histoire d’une danseuse attirée par les néons et les paillettes qui va se perdre dans le temple du vice, du capitalisme et de la putasserie (à Las Vegas, donc…).
Verhoeven, les deux pieds sur l’accélérateur
Le cinéaste hollandais Paul Verhoeven est un habitué du scandale, un européen alors perdu dans les méandres de l’establishment américain, un perpétuel outsider dans l’univers très cadré des studios de cinéma. Sa première incursion sur le territoire de la bannière étoilée était ainsi déjà nimbée d’un certain parfum de soufre. Avec Robocop, il marquait les années 80 du sceau de l’irrévérence et de la violence décomplexée. Et il aurait d’emblée pu être renvoyé sur le vieux continent. Mais son insolence étant couronnée de succès, il prit le parti de surenchérir.
En 1992, il triomphe donc avec Basic Instinct. Au terme d’une seule projection Cannoise, Sharon Stone est propulsée icône du 7ème art et Michael Douglas (alors superstar du cinéma) réduit au rôle de laquais consentant. Trois ans plus tard, avec Showgirls, Verhoeven tente simplement de remettre le couvert, de repousser, encore, les limites de ce qu’il est possible de vendre au plus large public en terme d’audace, de vulgarité et d’amoralité.
Avec le même scénariste, et une même volonté de porter au pinacle un visage inconnu, il narre l’ascension d’une danseuse qui ne songe qu’au fric et à la gloire, qui use de son corps et du sexe comme d’une arme. Mais les frontières de la tolérance ont été atteintes. Le public et la presse n’apprécient pas ce miroir tendu au capitalisme dévoyé. Le réalisateur néerlandais a donc lui-même creusé la tombe de sa carrière américaine. Il tournera encore deux films, tièdement reçus, avant de rejoindre son pays natal.
Showgirls (Photo Pathé Production)
Revirement et statut culte
D’évidence, Showgirls est une œuvre importante dans la carrière d’un cinéaste important. Vingt ans avant Elle, il est passionnant de découvrir que Verhoeven s’employait déjà à une sorte de célébration détournée de la toute-puissance féminine.
Mais au-delà du film, on peut s’interroger sur les ratés de l’appréhension et de l’approche du film. Comme le chantait un moustachu, le temps ne change rien à l’affaire. Les qualités et les défauts du film étaient déjà là, sous nos yeux. Récit solidement mené par un auteur débonnaire et provocateur, Showgirls était d’évidence une pure satire. Il a pourtant été perçu comme un film creux, voir une célébration de la vacuité.
Verhoeven suscite ainsi le malentendu. Il prêche à demi-mot et n’est compris qu’à posteriori. Nul n’est prophète en son temps, pourra-t-on dire. Deux décennies plus tard, Showgirls n’est pas plus aimable. Mais il séduit parce qu’il n’est plus un film de notre temps. Son miroir est tendu au passé, c’est un vestige des années 90 et on peut donc, en toute sécurité, rire des travers de cette période.
Le revirement est encourageant. Dans vingt ans, sans doute, Ellesera peut-être apprécié comme un portrait au vitriol de la bourgeoisie à notre époque.
Le film est projeté au cinéma Star Saint-Exupéry, à raison d’une séance par jour.
Auteur, journaliste, accessoirement enseignant en cinéma à l’Unistra et, last but not least, programmateur du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg.
Jardiner bio à Strasbourg. – Jeunes ou vieux, expérimentés ou non, avec ou sans jardin, tout le monde peut assister gratuitement aux ateliers jardinage du Centre d’initiation à la nature de Bussierre, en lisière de la forêt de la Robertsau à Strasbourg. J’ai assisté au dernier atelier de la saison, consacré à la préparation du sol pour l’hiver. Brrr.
On se souvient qu’en grande débutante et adepte du jardinage naturel, je ne me suis pas faite que des copains dans mon lotissement de jardins familiaux. Alors, pour afficher une plus grande assurance face à mes voisins « qui plantent droit », j’ai décidé de consolider mes connaissances théoriques et pratiques en assistant aux ateliers jardinage du Centre d’initiation à la nature et à l’environnement (CINE) de Bussierre, à deux pas du château de Pourtalès au nord de Strasbourg.
« À vos binettes » : participatif et gratuit
Depuis 2011, le Centre d’initiation à la nature de Strasbourg – structure unique en son genre dans l’Eurométropole – propose en effet des ateliers participatifs gratuits, étiquetés « à vos binettes » dans le programme annuel (voir le PDF). Ils se déroulent de février à octobre, sur 2 à 3 heures les mercredis après-midi, et permettent à la fois d’entretenir le jardin de Bussierre et de transmettre aux participants (de 4 à 15 personnes par séance) les connaissances de l’animateur nature qui en a la charge : Olivier Gadrat.
Dernier atelier jardinage de l’année au CINE de Bussierre, animé par Olivier Gadrat (Photo MM / Rue89 Strasbourg)
La dernière séance de l’année est peut-être la plus importante en jardinage naturel : il s’agit d’apprendre à préparer son sol pour l’hiver (paillage, semis d’engrais verts), c’est à dire à le protéger et à l’enrichir pendant la saison froide. Alors que les ateliers « taille » sont souvent fréquentés par des hommes – dixit Eric Charton du Club relais jardin et compostage – celui-ci est exclusivement féminin : 8 femmes, de 20 à 70 ans environ, sont venues assister au cours d’Olivier.
Rotation et association des cultures
Autour des carrés du potager, l’animateur explique d’abord le principe de la rotation des cultures d’une année sur l’autre, ainsi que celui de la complémentarité (ou association) des plantes légumières entre elles, « qui se protègent mutuellement et dont les systèmes racinaires et les besoins ne rentrent pas en concurrence ». Il complète :
« Au fur et à mesure de la rotation sur 4 ans, on installe des plantes qui ont de moins en moins d’exigences en terme de richesse du sol et qui puisent peu, comme les carottes, les radis ou les salades. Et puis, quand tel ou tel carré doit à nouveau accueillir des plantes gourmandes en nutriments, on fait une culture d’enrichissement, de pois, de fèves ou de haricots, qui fixent l’azote dans le sol. Ensuite, on peut pailler au fumier et au compost. Mais surtout, avant ou pendant la culture, on ne laisse jamais la terre à nu ! »
Règle numéro 1 pour avoir un sol vivant et riche : pailler, pailler et pailler (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Bonne santé du sol = bonne santé des plantes
Grâce à cette couverture permanente, composée de déchets de jardin (broyat de branches, feuilles mortes, fanes – ci-dessus) ou de paille (ci-dessous), et à ces cultures d’enrichissement, la terre d’Olivier est meuble, foncée (donc riche en matière organique) et capable d’accueillir la faune du sol : verres de terre, qui aèrent naturellement la terre en creusant des galeries, insectes, champignons et bactéries, nécessaires à la bonne santé des plantes, sans produits chimiques ! Mais attention, prévient Olivier :
« Il ne faut jamais retourner cette terre ! Sinon, la microfaune qui vit en profondeur et celle qui vit en surface et a besoin d’oxygène vont mourir. Tout le travail sera à refaire ! Pareil : n’utilisez pas de pelle-bêche : elle tasse le sol ! Utilisez plutôt une fourche-bêche et un croc pour aérer un peu le sol avant de semer, et un râteau pour terminer l’émiettage et niveler la surface… »
Une bonne terre doit être meuble, foncée et humide (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Entre deux échanges, questions-réponses, retours d’expériences, les participantes remontent les manches, aèrent, sèment à la volée (du blé et de la mâche) et recouvrent le sol de deux carrés du jardin. Olivier conseille encore :
« A la fin de l’hiver, coupez ce qui aura poussé, mais laissez les racines dans le sol. Découvrez pendant deux à trois semaines pour réchauffer le sol et arrosez : les graines contenues dans le sol vont germer, c’est ce qu’on appelle le faux-semis – vous faites pousser les mauvaises herbes, en fait. Ne reste plus qu’à ratisser les plantules (qui peuvent rester sur place et sécher au soleil) avant de semer ce que vous voulez. Et surtout, n’oubliez pas de re-pailler derrière ! »
« Nettoyer » son jardin avant l’hiver, c’est priver la faune de gîte et de couvert
Ultimes remarques : pas de couverture à base de résineux (ce qu’on trouve généralement en jardinerie…) qui acidifie le sol, et favoriser les couvertures « tendres et humides qui se décomposent vite », comme l’herbe coupée. De même, il n’est pas nécessaire de couper les fleurs séchées – leurs graines sont un festin de choix pour les oiseaux en hiver, ou de « nettoyer » les massifs, qui constituent de véritable refuge pour la faune par temps froid.
Trois étapes avant l’hiver : décompacter, semer et recouvrir (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Note d’intérêt : l’auteur de l’article est impliquée dans l’association SINE (Strasbourg Initiation Nature Environnement), qui gère le CINE de Bussierre.
Un spectaculaire accident de la circulation a eu lieu mardi 11 octobre vers 12h30 entre deux tramways et une voiture, avenue Jean Jaurès à Strasbourg. Selon Renaud Fausser, assistant parlementaire de Philippe Bies, député (PS) du Bas-Rhin, une voiture est entrée en collision avec les tramways au niveau du croisement entre la rue Kembs / rue de la Kurvau et l’avenue Jean Jaurès, près de l’arrêt Landsberg.
Elle s’est retrouvée prise entre deux tramways, venant chacun de directions différentes.
La localisation de l’impact (Google Maps)
Alors qu’il travaillait, Renaud Fausser a entendu un bruit intense :
« J’ai entendu comme une explosion dans la rue, j’ai eu peur qu’il y ait un drame important. En sortant, j’ai découvert la voiture encastrée entre les deux tramways. Je ne sais pas comment le conducteur a fait pour s’en sortir quand on voit l’état du véhicule. »
Au final, il n’y a qu’un blessé léger à déplorer, le conducteur du véhicule mis en cause. Il a notamment pu compter sur la protection de 4 airbags. Les conducteurs des tramways ainsi que les passagers ne semblent pas avoir été blessés durant l’impact.
Les photos de l’accident
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La CTS n’a pas communiqué sur cet accident, le trafic a été interrompu entre les arrêts Landsberg et Aristide Briand jusqu’à 14h.
Les opposants à l’autoroute du Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg continuent leur mobilisation. Ils prévoient de défiler à pieds et en tracteurs samedi 15 octobre dans les rues de la ville.
Après les mobilisations dans les villages, les opposants au Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg (re)viennent en ville. Une manifestation prendra le départ place Adrien Zeller au Wacken samedi 15 octobre à 14h30 pour rallier la place Broglie. Des manifestants des villages traversés ou côtoyés par la future autoroute, de Strasbourg et quelques tracteurs d’agriculteurs sont attendus.
Ce projet d’autoroute payante de 24 kilomètres a pour but de désengorger l’A35 en détournant les véhicules qui ne s’arrêtent pas en ville (voir tous nos articles). Mais elle devrait supprimer environ 300 hectares de terres agricoles et naturelles, tandis que son efficacité est contestée, notamment car la majeure partie du trafic a besoin d’aller et venir à Strasbourg et non la contourner. À long terme, l’autoroute A35 qui traverse Strasbourg du nord au sud doit être transformée en boulevard.
Les terres fertiles du Kochersberg seraient en partie impactées par le tracé du GCO (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Fin septembre, un forage hors-la-loi
Dernier rebondissement en date, un des premiers forage géotechnique (étude des sols) de Vinci sur sur le ban de la commune de Kolbsheim, en pleine zone de protection stricte du grand hamster d’Alsace, s’est avéré être illégal. L’entreprise, qui plaide « une erreur de transmission de consignes » a rebouché le trou et attend des autorisations pour novembre.
Amala Dianor est une pointure de la danse Hip Hop en France. Il est aussi le nouvel artiste associé de Pôle Sud, pour les trois prochaines années, avec un focus particulier sur le quartier de la Meinau à Strasbourg. Sa nouvelle création, De(s)génération, est l’occasion pour lui de poser un regard sur l’évolution de la danse Hip Hop à travers trois générations de danseurs, en retrouvant les fondamentaux : « peace, love, unity and having fun. »
Le nouveau statut de Pôle Sud, labellisé Centre de Développement Chorégraphique (CDC) de Strasbourg en 2015, amène avec lui la possibilité d’accueillir des artistes à demeure de façon plus régulière. Joëlle Smadja, directrice de du centre, a donc décidé d’inviter Amala Dianor, danseur Hip Hop mais pas seulement, comme artiste associé pour les trois années à venir.
« Pour moi il fallait donc que cet artiste ait une personnalité très généreuse, dont le travail pouvait s’adapter à de nombreux publics et à des nombreux types de pratiques. Amala Dianor a toutes ces qualités. »
Focus sur le quartier de la Meinau
L’idée est aussi de se concentrer sur le quartier de la Meinau, en mettant en valeur ses qualités propres et sa diversité, notamment par le biais des danses traditionnelles. Loin des clichés, le parcours d’Amala Dianor et son désir d’agir vont dans le sens d’une ouverture en grand des espaces des uns et des autres. Joëlle Smadja explique :
« D’origine sénégalaise, il est arrivé à un très haut niveau de danse Hip Hop. Il a fait le CNDC (Centre national de danse contemporaine) d’Angers en Danse contemporaine, et il est arrivé à un très haut niveau de ce côté-là aussi. Il a toutes ces compétences, qu’il a réussi à mixer à sa manière. C’est vraiment sa danse. Combiné à sa personnalité rayonnante et généreuse, cela fonctionne vraiment dans cette position d’artiste associé. Il est en mesure de rencontrer des gens très différents. On est sur un quartier périphérique : on a ici des pratiques de danses de tous les pays. Cela ouvre beaucoup de fenêtres. »
Le dialogue d’Amala Dianor avec Strasbourg commence par la présentation de sa nouvelle création, De(s)génération, les mardi 11 et mercredi 12 octobre. L’occasion pour Amala Dianor de se présenter en faisant un bilan sur trois générations de danse Hip Hop, entre hommages et questionnements constructifs. Rencontre avec un danseur solaire et libre, qui n’hésite pas à sortir des cadres et des codes.
Rencontre avec Amala Dianor (Photo MB / Rue89 Strasbourg)
Rue89 Strasbourg : Il y a 3 générations de danseurs Hip Hop dans De(s)génération. Qu’est-ce qui a changé depuis les débuts de la Danse Hip Hop ?
Amala Dianor (AD) : Je fais partie de la deuxième génération des danseurs. Les danseurs d’aujourd’hui ont une totale liberté d’aller vers les danses qu’ils veulent. Moi lorsque mes aînés me proposaient de me montrer un mouvement, il devait se faire d’une certaine manière. On se faisait remonter les bretelles ! Il y a avait une grande vigilance par rapport au respect des mouvements. Ils avaient peur que ce soit une mode et que cette mode passe. Il fallait donc aller dans le sens de la transmission pour faire en sorte que le mouvement perdure.
Aujourd’hui, les disciplines se mélangent plus et les mouvements s’inspirent de ces croisements. Dans le spectacle De(s)génération, la dernière génération des danseurs fait aussi de la danse classique, en même temps que de la Street Dance à haut niveau, de la musique, de la couture… A mon époque cela nous était interdit. Cela fait partie des choses qui m’ont beaucoup interrogé sur la danse. J’avais besoin de m’exprimer autrement.
J’ai trouvé ma réponse dans la danse contemporaine, où on a une grande liberté. J’ai découvert au CNDC à Angers que les danseurs pouvaient parfois marcher sur scène. Rien que ça, ça a été une révolution! [rires]
Voilà où réside la principale différence entre les danseurs des différentes générations. On peut dire que les choses se sont démocratisées au fur et à mesure.
Rue89 Strasbourg : C’est vrai que pendant longtemps il y a eut une vraie méfiance des danseurs Hip Hop envers la danse contemporaine…
AD : Oui, mais ça c’est un peu fini. Je suis le premier danseur Hip Hop à avoir intégré l’école de danse contemporaine à Angers. À l’époque ça a été vu comme une trahison énorme. Les danseurs Hip Hop me disait que j’étais fou, que les danseurs contemporains ne dansaient pas sur la musique, que parfois même ils dansaient sans musique du tout ! Ils trouvaient que c’était ringard. C’était juste de l’ignorance, en fait.
La culture Hip Hop, j’en suis issu, profondément imprégné. Cela n’empêche pas qu’on puisse questionner certaines réflexions, certains propos. En ce sens les deux années que j’ai passé au CNDC ont été les plus belles de ma vie. J’ai enfin pu être moi-même, apprendre de nouvelles techniques, rencontrer des gens passionnants…
Pour revenir à la question, je crois qu’aujourd’hui il n’y a plus ces frontières, cette méfiance. Avec internet, et les vidéos en particulier, tout se mélange. On se rend compte qu’un art nourrit l’autre. Certains danseurs de De(s)génération font de la danse classique ET des battles.
Au sujet des battles : c’est un monde particulier, celui de la compétition. Il faut se concentrer totalement sur ce qu’on fait. Cela ne laisse pas beaucoup de temps pour s’ouvrir à d’autres choses. Le monde des battles, des performances physiques, ça va un temps. Avec l’âge et les blessures, on met un peu d’eau dans son vin, ce qui permet aussi de s’ouvrir à d’autres choses.
Amala Dianor (Photo MB / Rue89 Strasbourg)
Rue89 Strasbourg : Est-ce qu’il y a encore aujourd’hui un esprit propre au Hip Hop, en lien avec la question de la rue ?
AD : C’est une bonne question ! [rires] C’est exactement pour ça que je voulais faire De(s)génération. Mon parcours chorégraphique est issu du monde Hip Hop, mais je m’en suis écarté pour aller vers la danse contemporaine. Ensuite j’ai voulu revenir vers le Hip Hop pour retrouver mes compères, mes aînés et rencontrer la nouvelle génération. Mon idée était aussi de questionner la Street Dance : savoir où elle en était en 2016.
On dit parfois que les gens qui font de la danse Hip Hop sur scène ne font pas vraiment du Hip Hop. Le monde des battles a aussi été pas mal récupéré par des grandes marques, ce qui donne une compétition qui mets en valeur les individualités. Moi ce que je retiens des valeurs de la culture Hip Hop c’est « peace, unity, love and having fun ». Une envie de se retrouver ensemble, de partager du plaisir. Passer par le défi pour se rendre meilleurs.
Pour De(s)génération, j’ai donc invité des danseurs de renom. Gabin Nuissier par exemple fait partie de la première génération des danseurs de Hip Hop en France, ceux qui sont issus des battles. Brahim Bouchelaghem, lui, fait essentiellement de la création. Avec De(s)génération je voulais revenir à la source même de ce qu’est, à mon sens, la culture Hip Hop : se retrouver au-delà du style de danse qu’on pratique ou des environnements dans lesquels on les présente. On peut avoir 50 ans, venir de la première génération, et se retrouver en duo avec un danseur de 20 ans qui est issu de la danse classique.
La danse Hip Hop, coeur du propos de De(s)génération (Photo DR)
De(s)génération n’est pas un projet dans la virtuosité. Il ne s’agit pas de représenter telle ou telle école. Il s’agit de venir comme une famille : montrer la richesse et la diversité des corps et des styles dans la culture Hip Hop.
Rue89 Strasbourg : Quelle place y-a-t-il pour les filles dans la danse Hip Hop aujourd’hui ?
AD : Comme je l’ai dis auparavant, les choses se sont vraiment démocratisées. Il y a plusieurs disciplines dans la danse Hip Hop – on devrait plutôt dire Street Dance d’ailleurs. Il y a la danse debout et la danse au sol. La danse au sol est très physique. Pendant longtemps peu de filles qui s’y attelaient. Mais il y en a de plus en plus. Et les filles arrivent vraiment au niveau des garçons!
En danse debout on retrouve beaucoup plus de filles. Il y a le Pop, le Lock, le Ragga… Les filles y ont vraiment leur place.
Dans De(s)génération, il y a une fille: Sandrine Lescourant. C’est une danseuse que je trouve incroyable. Elle a à la fois la douceur et la délicatesse, la force et l’énergie, presque destructrice. [rires] Elle peut faire face à des personnalités telles que Mathias Rassin.
Dans la Street Dance, tu existes à partir du moment où tu fais tes preuves. Tenir le rythme, avoir un vocabulaire qui te soit propre. Les filles se sont affirmées. Elles ont aujourd’hui toute leur place.
Sandrine Lescourant dans De(s)génération (Photo DR)
Rue89 Strasbourg : Est-ce que vous connaissez la scène Hip Hop strasbourgeoise ?
AD : Pas encore. J’ai rencontré il y a peu Mistral Est, qui fait un travail remarquable pour l’accompagnement des jeunes générations, la professionnalisation. J’ai aussi échangé avec Majid plusieurs fois à l’occasion de spectacles.
Je me donne l’opportunité de découvrir la scène d’ici lors des trois prochaines années que je vais passer ici avec Pôle Sud.
Rue89 Strasbourg : Qu’est-ce que ça représente pour vous d’être artiste associé à Pôle Sud ?
C’est une chance énorme. Je sors de deux ans de résidence à Tremblay-en-France. C’était ma première résidence en tant que chorégraphe. ça m’a permis de moins courir : après les programmateurs, après l’argent… J’ai pu me poser et réfléchir à mon propos chorégraphique.
Le fait d’être associé au CDC à Strasbourg est une étape supérieure. J’espère composer un spectacle ici que je pourrais au moins qualifier de « chef d’oeuvre » ! [rires]
Et puis j’avais commencé un travail à Tremblay-en-France sur le rapport aux habitants. C’est dans le 93, une zone difficile. Le théâtre se trouve dans une cité. Bien souvent les habitants ne se rendent pas compte de l’outil extraordinaire qui se trouve à côté de chez eux. Avec Pôle Sud, l’idée c’est de faire une immersion dans le quartier de la Meinau pour aller à la rencontre des habitants. Les amener à se rencontrer entre eux aussi, à travers les danses traditionnelles.
Le CDC est une structure magnifique : c’est l’un des lieux qui propose le plus de spectacles dansés en France. Je ne sais pas si les habitants de la Meinau se rendent compte de cette chance. Je veux tenter de servir de passerelle entre le CDC et les habitants. J’ai grandit dans un quartier, c’est une population qui m’est familière. Mon envie vient aussi de là.
Indépendante, coordinatrice de projets et rédactrice, je travaille dans le champs des droits humains, du développement et de la culture, au niveau international mais aussi en local à Strasbourg.
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Roland Ries et Olivier Bitz ont annoncé lundi soir en réunion publique une future « zone de rencontre » entre voitures, piétons et cyclistes le long du quai des Bateliers. Ce compromis entre les attentes des habitants et celles des commerçants a été accueilli dans le calme, même si quelques inquiétudes se sont exprimées.
Des zones 30 et une « zone de rencontre » à sens unique permettant l’accès des voitures au centre-ville de Strasbourg par le Pont du Corbeau depuis le quai des pêcheurs et depuis le quai Finkwiller, tel est le projet que la Ville a retenu pour réaménager les quais sud de l’Ill. Roland Ries a présenté cette décision lundi soir lors d’une réunion publique dans l’Eglise Saint-Guillaume, pleine à craquer.
Pour le maire (PS) de Strasbourg ce choix est « un point d’équilibre raisonnable et évolutif » entre les différents intérêts mis en avant au cours de la concertation publique sur le dossier. Alors que 8 associations avaient clairement demandé l’aménagement d’une zone piétonne sur le quai des Bateliers, la municipalité a finalement pris en compte les revendications d’une partie des commerçants, qui refusaient de voir les quais, et donc le centre-ville, inaccessibles en voitures par ce côté de l’ellipse insulaire. Une zone de rencontre est un axe où les voitures peuvent circuler à 20 km/h mais doivent laisser la priorité aux piétons et aux cyclistes, comme dans la rue des Frères.
Après avoir mené la concertation publique à la Krutenau, Olivier Bitz (à gauche) va devenir le référent de la mairie pour les commerçants et les associations du centre-ville. Il aura pour mission de mener un raisonnement global sur l’avenir de la Grande-île. Pour Roland Ries (à droite), « l’enjeu est de trouver comment protéger le centre sans le transformer en musée ». (Photo CG/ Rue89 Strasbourg / cc)
L’objectif affiché de la Ville dans ce dossier est de rapprocher le quartier Krutenau du centre-ville en empêchant le trafic de transit sur les quais pour mettre en valeur son patrimoine. Olivier Bitz, adjoint de quartier à la Krutenau, a posé les enjeux :
« Il s’agit de développer l’attractivité du centre-ville élargi à la Krutenau, d’améliorer le cadre de vie des habitants et des usagers des quais et de valoriser un patrimoine exceptionnel largement méconnu. Pour cela, il faut récupérer un espace jusque-là monopolisé par le passage de 10 000 voitures par jour. »
Bilan de la fermeture des quais pendant les travaux de l’été
La Ville appuie son choix sur la fermeture du quai des Bateliers pour travaux cet été. Jean-Luc Marchal, chef de projet mobilité de la Ville, a détaillé le bilan de cette expérience :
« Avant la fermeture du quai des bateliers, 20 % du trafic sur le quai des pêcheurs était constitué de simple transit. Cette circulation a disparu pendant les travaux. Le trafic d’échange s’est reporté sur l’axe rue de Zurich – rue des Orphelins – rue Segenwald où l’on a compté pendant les travaux 6 500 voitures par jour, contre 3 500 avant. Il y a aussi eu un faible report sur la rue de Lausanne qui a gagné 800 voitures supplémentaires par jour. Les parkings Gutenberg et Austerlitz ont augmenté leur fréquentation de 7% pendant les travaux. La déviation du bus 10 par l’axe de la rue des Orphelins a causé des retards moyens de 4 à 5 minutes. Ils ont révélé que des travaux de voieries sont nécessaires pour faciliter le passage du bus à cet endroit. Notre surprise a été de constater que les voitures ne se sont pas échappées ni vers l’avenue des Vosges, ni vers l’Esplanade. Par contre le trafic a augmenté du quai Saint-Nicolas vers le quai Finkwiller, ce qui correspond à des trajets d’accès à l’hôpital civil. »
(document Ville de Strasbourg)
Trois scénarios étudiés
Le scénario retenu avait été mis en balance avec deux autres options. La première était d’aménager les quais en partie en zone de rencontre et en partie en zone piétonne. D’après Jean-Luc Marchal, elle posait un problème d’accès au centre-ville qui ne pouvait plus se faire de ce côté de l’ellipse insulaire que par la rue des Bouchers. Elle aurait aussi causé un report de circulation trop important sur l’axe de la rue des Orphelins. La deuxième option était d’aménager une vaste zone de rencontre au milieu des quais en sens uniques de la place du Corbeau vers la rue de Zurich d’un côté et le quai Saint-Nicolas de l’autre. Ces sens unique en « tête bèche » permettaient bien de casser le trafic de transit, mais pas de maintenir « l’irrigation des commerçants du centre-ville » par les voitures.
La dernière option, choisie, prévoit une zone de rencontre à sens unique de la rue de Zurich vers la place du Corbeau d’un côté et du quai Saint-Nicolas vers la place du Corbeau de l’autre, soit dans le sens entrant en direction du centre-ville. Elle permettra, selon Jean-Luc Marchal, de casser le transit, sachant que des déviations sont quand même projetées, de diminuer le trafic sur les quais tout en augmentant faiblement celui sur la rue des Orphelins, et de maintenir l’accès au centre-ville.
Déviation du bus 10
Le principal inconvénient de ce choix est qu’elle oblige à dévier la ligne de bus 10. Celle-ci ne passera plus sur les quais, mais sur l’axe de la rue des Orphelins, comme cet été pendant la fermeture des quais. Ce changement va nécessiter des travaux de voirie pour faciliter le passage des bus.
Ce réaménagement des quais pose encore quelques questions, a reconnu Roland Ries. Il faudra notamment penser à limiter la circulation des voitures à l’entrée de la grande Ile le samedi matin pendant le marché des producteurs et quand le parking de la place Gutenberg sera plein. La piétonisation du quai des bateliers reste envisagée « pour les occasions exceptionnelles et les dimanches ».
Livraisons par voies d’eau
La Ville souhaite travailler en collaboration avec les Voies Navigables de France (VNF), responsables de l’Ill et des péniches du quai des Pêcheurs. Pendant le chantier de réaménagement, qui pourrait commencer dès l’été 2017, elle souhaite que les déchets et les matériaux neufs transitent par voie d’eau. À terme, l’idée de VNF est de développer un système de livraison par bateaux pour les entreprises du centre, avec des triporteurs électriques pour le dernier kilomètre. Roland Ries a aussi annoncé que le réaménagement des quais devait être l’occasion de raccorder les péniches du quais des Pêcheurs au système d’égouts de la Ville pour limiter la pollution de l’Ill. De son côté, VNF envisage un redéploiement de ces péniches sur toutes la longueur des quais sud.
Un compromis salué
Dans l’église Saint-Guillaume, le projet municipal a été plutôt bien accueilli par le public. D’un bord comme de l’autre, les participants qui ont pris la parole ont salué un compromis. L’Association des habitants de la Krutenau (Abakh) a toutefois rappelé que la grande majorité des participants à la concertation avait plébiscité un secteur piétonnier, et regretté que le choix retenu réponde à des raisons purement commerciales. Jean Saumer, pour le conseil de quartier de la Krutenau, a salué « l’effort pédagogique » de l’équipe municipale pour mener la concertation publique avec « succès » :
« La décision ne va pas aussi loin que souhaité mais elle répond aux attentes exprimées en réunions de travail. »
La circulation des vélos sera-t-elle encadrée ?
Des habitants se sont inquiétés que la future zone de rencontre puisse devenir une voie de transit pour les vélos et demandé l’organisation de leur circulation. En réponse, le maire a appelé de ses vœux à l’autodiscipline des cyclistes et au respect des règles de petite vitesse sans rebondir sur la demande exprimée d’aménager une piste cyclable spécifique.
L’augmentation attendue de la circulation de la rue de Zurich jusqu’à la place d’Austerlitz et la perte de places de stationnements dans le quartier a fait l’objet de plusieurs interventions du public.
La peur de nouvelles terrasses
L’autre point d’inquiétude des habitants présents est l’horizon d’un développement des terrasses sur les quais. L’animation de la Krutenau et le bruit nocturne qui en découle crispe déjà nombre d’entre eux. Sur ce point Roland Ries a assuré qu’il ne voit « pas de besoin de développement des terrasses dans ce secteur déjà bien animé. »
Le conseiller municipal d’opposition Thierry Roos (LR) a regretté que le projet de réaménagement ne tienne pas compte de l’importance des quais comme artère d’accès à l’hôpital civil.
La municipalité doit maintenant lancer les études sur le projet retenu et promet une nouvelle réunion publique en janvier 2017.
Le nouveau réseau de chaleur du quartier Wacken à Strasbourg est inauguré ce lundi. Les autres réseaux de la ville passent progressivement aux énergies renouvelables aussi, avec un gain espéré pour le consommateur.
Les entreprises Réseaux de chaleur urbains d’Alsace (RCUA), filiale de Réseau GDS, et EBM inaugurent ce lundi le réseau de chaleur Eco2Wacken à Strasbourg. Grâce à un système de tuyaux de 6,5 km, il doit alimenter en chauffage et eau chaude une quinzaine de sites entre la Maison du bâtiment et la piscine du Wacken. Avec 87% de son énergie tirée de la combustion de bois et de rafles de maïs et 13% tiré du gaz naturel, ce réseau est le plus vert d’Alsace.
Eco2Wacken est le délégataire de l’Eurométropole de Strasbourg, dont il va chauffer six sites pendant 23 ans. À côté, il propose des contrats commerciaux avec un engagement minimum de 15 ans. Ce nouveau réseau a mobilisé un investissement de 12 millions d’euros.
Fini les cheminées au fioul
Cet équipement va permettre de fermer les cheminées au fioul des bâtiments de France Télévision, de l’Armée, rue Kablé et de l’internat du lycée Kléber. Eco2Wacken desservira aussi le Rhénus jusqu’alors chauffé au gaz, les bâtiments du Crédit Mutuel, l’hôtel Mercure, la piscine du Wacken, le centre européen de la jeunesse, le Tennis club, le gymnase Ménora, le centre de réadaptation fonctionnel Clémenceau, le Palais de la Musique et des Congrès en complément de ses pompes à chaleur, et le Parlement européen pour son eau chaude sanitaire.
Il alimentera aussi le nouveau quartier d’affaire du Wacken et le futur théâtre Maillon. Le groupement commercial est aussi en négociation pour raccorder l’hôtel Hilton, et les futurs logements de la clinique Adassa et de la Maison du bâtiment. À terme, il devrait alimenter près de 600 logements.
Bois et rafles de maïs
La centrale biomasse d’Eco2Wacken, située rue Kablé entre l’arrière du lycée Kléber et le futur Parc des Expositions, est constituée d’une chaudière à bois, d’une chaudière à raves de maïs et deux chaudières au gaz naturel en cas de besoin. Une troisième chaudière au gaz a été installée en secours à la piscine du Wacken.
La centrale d’Eco2Wacken fonctionne déjà au ralenti depuis juin 2016. Le bâtiment a été conçu par l’architecte Alain Braesch. (Photo : Claire Gandanger / Rue89 Strasbourg / cc)
Concrètement ce système de chauffage va fonctionner grâce à un ballon d’eau chaude de 100 m3 situé à la centrale et à 150 m3 d’eau en circuit fermé dans les 6,5 km de tuyauterie du réseau.
Ce sont les Suisses d’EBM qui ont conçu la centrale, après une première expérience similaire à Saint-Louis, dans le Haut-Rhin. Les combustibles biomasses, 1 000 tonnes prévues par an, proviennent des forêts alsaciennes dans un rayon de 90 km autour de Strasbourg. Le bois fournira 70% de ce combustible, les rafles de maïs, 30%.
Le four à bois de la chaufferie du Wacken monte à une température de 850° C. Eco2Wacken espère commercialiser les cendres de ses combustibles biomasse pour en tant qu’engrais. (Photo : Claire Gandanger / Rue89 Strasbourg / cc)
Un réseau extensible
Hervé Lamorlette, directeur général de RCUA, assure que le réseau du Wacken sera extensible :
« Grâce à une colonne vertébrale de deux tuyaux de gros diamètre partant de la centrale biomasse vers la place d’Haguenau et la piscine du Wacken, le réseau actuel est conçu pour pouvoir s’étendre dans l’avenir et se raccorder éventuellement à une future source de géothermie. »
Une centrale biomasse en novembre pour l’Esplanade et l’Elsau
Fin novembre, c’est le réseau de chaleur de l’Esplanade qui va se mettre au vert à son tour. En service depuis les années 1960, il dessert 15 500 équivalents logements grâce à ses 25 km de tuyauterie. Parmi ses bénéficiaires : la cité administrative, l’Université, le centre commercial de l’Esplanade, et depuis peu l’île Malraux et le nouveau quartier Danube.
En 2001, le réseau de l’Esplanade avait abandonné le charbon pour le gaz naturel, avec une centrale qui produisait « en cogénération » à la fois de la chaleur et de l’électricité. La nouvelle centrale biomasse d’Electricité de Strasbourg, située au Port autonome de strasbourg, va désormais alimenter le réseau à 70%. Elle représente un investissement de 42 millions euros pour le groupe d’électricité.
Vers une autonomie énergétique de l’Eurométropole
L’Eurométropole conduit une politique globale de transition énergétique sur ses réseaux de chaleur. Elle poursuit plusieurs objectifs, comme l’explique son service de communication :
« En plus de la dimension financière, il s’agit pour l’Eurométropole de Strasbourg de participer à l’effort commun de réduction des gaz à effet de serre et de lutte contre les pollutions et les changements climatiques. Enfin nous souhaitons aller vers une plus grande autonomie énergétique notamment vis-à-vis des pays importateurs de pétrole et de gaz, en assurant la transition vers des énergies plus propres, plus vertes, produites localement et favorisant les emplois locaux et l’innovation technologique. »
Le réseau Sud de Sénerval en suspens
Dans ce cadre, l’’Eurométropole voulait mettre l’accent sur un troisième réseau de chaleur vert : celui des quartiers Sud de la Ville, alimenté à partir d’octobre 2013 par l’activité d’incinération des ordures ménagères de l’usine Sénerval. Ces 12 km de réseau construits en 2013 devaient desservir 17 000 logements à la Meinau, au Neuhof, à Neudorf et à l’Elsau et éviter ainsi le rejet de 18 000 tonnes de CO2 par an dans l’atmosphère. Mais l’arrêt de l’usine Sénerval suite à la découverte d’amiante sur le site a mis cette avancée en suspens.
En attendant que l’usine du Rohrschollen soit à nouveau utilisable, normalement d’ici 3 ans, les sites desservis doivent se rabattre sur leurs modes de chauffage traditionnels. Les installations de chauffage antérieures avaient été maintenues pour pallier un tel problème.
Une DSP de transition à Hautepierre en attendant Fonroche
Il reste encore à l’Eurométropole à optimiser les réseaux de chaleur de Hautepierre et de l’Elsau. Pour l’heure, ces deux réseaux sont alimentés par des centrales à gaz. Ils ont abandonné définitivement le fioul lourd pour ne recourir qu’à du fioul domestique en appoint en périodes de grand froid, et en secours en cas de défaillance des chaufferies au gaz.
Le réseau de l’Elsau a été raccordé à celui de Sénerval en janvier 2014, pour recevoir une partie de ses besoins de l’usine. Son interconnexion avec le réseau de l’Esplanade lui permettra à partir de novembre de combler 27 % de ses besoins grâce à la centrale biomasse d’Electricité de Strasbourg. A terme, l’objectif est de porter cet apport à 50%. En activité depuis la fin des années 1960, le réseau de l’Elsau dessert aujourd’hui 14 000 équivalents logements dont la maison d’arrêt depuis septembre 2014. Il est exploité depuis 1998 par une filiale d’Electricité de Strasbourg.
Le réseau de Hautepierre, ouvert en même en temps que le quartier en 1971, dessert quant à lui 17 500 équivalents logements jusqu’au quartier des Poteries. En 2016, Dalkia a perdu son exploitation seule en délégation de service public, qu’elle avait depuis 45 ans, au profit d’un groupement entre elle, Réseau GDS, RCUA et Electricité de Strasbourg pour une « DSP de transition » de cinq ans. Le réseau de Hautepierre doit à terme abandonner le gaz pour être alimenté par le projet de géothermie profonde d’Eckbolsheim porté par Fonroche.
Pendant 10 ans, Lucile Guillotin a été la voix du Racing sur les ondes locales de France Bleu Alsace. Désormais rédactrice en chef adjointe de la station, elle n’en continue pas moins de suivre les tribulations d’un club dont elle se dit « supportrice fervente ». Pour Fièvre Bleue, Lucile nous évoque pêle-mêle son parcours pro, le Racing des pires années, la saison en cours ou encore Eric Cantona. Rencontre.
Commençons par évoquer ton parcours. Comment en es-tu venue au journalisme sportif ?
Je voulais faire du journalisme depuis toute petite. J’ai toujours aimé écrire et j’ai gardé ce projet en tête tout au long de ma scolarité. Par ailleurs, je suis issue d’une famille de sportifs et dès l’âge de 6 ans j’ai pratiqué le foot. Donc journaliste et pourquoi pas journaliste sportif, mais sans être une obsession par rapport au sport. Une fois à l’école de journalisme, je me suis rendue compte que j’étais une des rares filles à m’y connaître en sport et c’est ainsi que je commence par un stage à l’Équipe TV.
Nous sommes alors en 2001…
Le stage à l’Équipe TV se passe très bien ; je me souviens notamment de belles discussions avec Didier Roustan, fan de Cantona tout comme moi ! Ensuite, j’enchaîne avec un autre stage, à la rédaction de France Bleu à Paris, et là le rédacteur en chef de l’époque – Alain Ménargues – me dit : « Lucile, j’ai beaucoup aimé ton passage chez nous, si jamais j’entends quelque chose pour la suite je te fais signe ». Peu après, il m’appelle et m’apprend qu’un poste de pigiste permanent se libère à France Bleu Creuse, à Guéret. Ils recherchaient alors quelqu’un de polyvalent, qui sache faire sport et info générale. Du coup, je me rends là-bas et j’en viens à commenter des matches de Promotion de Ligue ! Finalement, au bout d’un an, je suis intégrée en CDD.
Après 4 ans de CDD à Radio France à travers l’hexagone, de 2002 à 2006, tu débarques à Strasbourg. Pourquoi l’Alsace justement ?
Au bout d’un moment, comme tous les CDD, j’ai passé un entretien au niveau national pour être embauchée de manière définitive et j’ai été prise. Et c’est là qu’on me dit : « Tu vas à Strasbourg pour t’occuper de sport ! » Bon, comme peu de femmes sont orientées sport, c’était un peu de la discrimination positive de la part de Radio France. Je ne m’attendais vraiment pas à un poste à temps plein comme journalisme sportif. Voilà comment je suis arrivée.
Vraiment le hasard en fait…
Totalement !
« Pour certains, une femme n’a rien à faire derrière un micro »
France Bleu Alsace te confie alors la mission de commenter le Racing en direct. Comment vis-tu tes débuts à l’antenne ?
Au début, très mal. Il fallait que je gère plein d’informations d’un coup. Et puis je prenais le relais d’un des meilleurs commentateurs du réseau : Mathieu Dubrulle. Par ailleurs, j’entendais certaines réflexions machistes d’auditeurs : « Mais qu’est-ce qu’elle fait là ? Qu’elle retourne à sa cuisine ! ». Mais ça m’a aidé à me battre, à prouver que j’en étais capable. Il a fallu s’accrocher. Finalement, au bout de 6 mois, le malaise s’estompe. Après, une minorité estimera toujours qu’une femme n’a rien à faire à commenter du foot.
Pourtant, le foot est une vraie passion pour toi. Un sport que tu as d’ailleurs pas mal pratiqué…
J’ai commencé à Cambes-en-Plaine, à côté de Caen. Mon père avait été muté en Normandie et j’ai démarré comme ça, en débutantes. On était quatre filles dans l’équipe. J’ai fait toutes mes classes à Cambes-en-Plaine, puis je suis revenue en région parisienne où j’ai évolué dans plusieurs clubs. J’ai aussi joué au tennis, pratiqué le ski…
Sur France Bleu Alsace, Lucile Guillotin a été la voix du Racing pendant 10 ans (document remis)
Étant originaire de la région parisienne, quel est ton club de cœur à l’origine ?
Le Red Star forcément, ma famille étant originaire du 93, même si je suis née dans le Val-d’Oise, à Villiers-le Bel. Mon cousin d’ailleurs a joué au Red Star. Et puis il y a aussi le PSG des années 90, avec du Valdo ou du Raï sur la pelouse. À l’époque, tu voyais souvent de très beaux matches au Parc. Le PSG avait une équipe fabuleuse. Quelle ferveur au stade ! J’étais habituée de la tribune Auteuil. Malheureusement, cette belle ambiance a été cassée plus tard, en 2010, par le plan Leproux. Certes, il existait des problèmes de violence qu’il fallait bien sûr régler, mais de là à réprimer autant le supportérisme… Je trouve ça aberrant.
« Je suis devenue fervente supportrice »
Revenons en Alsace. Après plus de 10 ans passés à suivre le Racing, as-tu le sentiment aujourd’hui d’en être devenue supportrice ?
Forcément. Lorsque l’on commente du direct sur une antenne régionale de France Bleu, on est amené à s’emballer pour le club local. Au total, j’ai dû couvrir 400 matches du Racing de 2006 à 2016. Dans ces conditions, on en devient supportrice fervente.
Carrément fervente ?
Oui. Je suivrai le Racing jusqu’à la fin de ma vie. Après, je ne suis pas dupe des choses qui peuvent mal se passer. Quand l’équipe déjoue, je le dis. Je n’ai pas d’œillères au point d’affirmer que tout est rose au Racing.
En 10 ans, quels sont les joueurs qui t’ont le plus marqué ?
Un garçon comme Stéphane Cassard m’a beaucoup touché. Au terme du match de Montpellier en 2009, quand il sort en larmes, il émeut absolument tout le monde. Son attitude était tellement sincère, il défendait à fond les couleurs du Racing : un véritable exemple. Cette année-là, le Racing rate la montée en Ligue 1 à la dernière journée, c’était terriblement cruel. Sinon, un mec comme Guillaume Lacour prenait bien ses responsabilités : il faisait le boulot. Après, il y a eu des joueurs fantasques comme Wason Renteria, passé au club entre 2007 et 2008, mais qui n’est pas resté longtemps.
À cette époque, le club est dirigé par Philippe Ginestet, accusé par beaucoup d’avoir été le fossoyeur du Racing…
On peut effectivement se demander si Ginestet et ses acolytes n’ont pas précipité la chute du club. Qui a revendu le RCS à l’obscur Roman Loban fin 2009 ? A-t-on jamais su un jour qui est ce Roman Loban ? A-t-on eu des infos sur le montant de la transaction ? J’aurais bien aimé avoir des éléments sur tout cela. D’abord, il y a eu Loban, puis Alain Fontenla et Jafar Hilali. Bref, on n’y comprenait plus rien. Au final, le principal fait d’armes de Ginestet est d’avoir cédé le club à Roman Loban…
Au niveau des entraîneurs qui se sont succédés au Racing depuis 10 ans, qui peut-on ressortir du lot ?
Mention spéciale à Laurent Fournier, tout simplement parce qu’il a coaché la pire année du Racing, en 2010-11, avec Jafar Hilali à sa tête. Je me souviens d’un match à Amiens, où c’était Fournier qui avait payé l’hôtel des joueurs parce que le club n’avait pas réglé les chambres ! Malgré tout, l’équipe tourne bien cette saison-là, mais finit par échouer au pied du podium de National avec un nombre incalculable de points au compteur. Clairement, Fournier aurait mérité une meilleure réussite.
« En Alsace, personne ne veut investir au Racing »
Historiquement, au-delà de ses succès épars, le Racing n’a jamais figuré durablement parmi les meilleurs clubs français. Comment l’expliques-tu ?
Il y a peut-être eu trop de changements au niveau de la présidence ou de l’actionnariat. Sinon, l’Alsace est une des régions les plus riches de France, mais y a-t-il seulement un gros actionnaire qui s’intéresse au Racing ? Ginestet a été obligé de vendre à Loban ?! Le club n’intéressait personne d’autre ? Parfois, je me demande bien pourquoi personne ne veut investir. Peut-être parce que l’Alsace est une région identitaire et que cela fait peur à certaines personnes. Après, il y a plusieurs facteurs à considérer…
Actuellement, le club est dirigé par Marc Keller. Que penses-tu des propos de Gilbert Gress qui, dans une interview récente à l’Equipe, mettait en doute son honnêteté ?
C’est de la provocation à la Gress.
Keller est-il un bon président pour le Racing ?
Oui, je pense. Il a amené de la stabilité, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas. Aujourd’hui, le Racing n’a pas de problème d’argent, comparé à pas mal de clubs de Ligue 1, Ligue 2 ou National. Pour cela, le supporter du Racing peut être rassuré. Mais est-ce que ça suffit à en faire un bon président… Je suis un peu mitigée en fait. Il est sans doute trop tôt pour en juger.
Dernièrement, le Racing ne s’est extrait du National qu’au terme de 3 saisons ennuyeuses…
Il y a eu six beaux mois avec Jacky Duguépéroux, à partir de janvier 2015 et l’arrivée de Jérémy Blayac. À ce moment-là, on ne s’ennuyait pas : il y avait du jeu et des buts. Là, le choix a été fait de partir avec un autre entraîneur – Thierry Laurey – qui a annoncé du spectacle, ce qu’on attend toujours pour l’instant. Sur les prochaines saisons, Marc Keller va jouer gros. Et si jamais on monte en Ligue 1, qu’est-ce qu’on fait ? Ne sera-t-il pas nécessaire d’ouvrir le capital ? Encore une fois, je ne suis pas sûre que le Racing intéresse beaucoup d’investisseurs.
Ce qui fait peur de l’extérieur, n’est-ce pas aussi le fait que le Racing fédère un entre-soi où ce sont toujours les mêmes personnes qui y gravitent ?
Difficile à dire. Si Keller doit ouvrir le capital, on verra bien s’il se tourne vers des gens de l’extérieur… Ou vers des amis d’Egon Gindorf, ex-président entre 2003 et 2005, un très proche de Keller. On n’a pas beaucoup parlé d’Egon, qui n’est pas alsacien, mais qui aime profondément le Racing. Son grand âge fait qu’il finira par passer la main, forcément.
Gindorf continue de donner beaucoup d’argent au Racing…
Et il continuera. Tant que Marc Keller sera là en tous cas.
« Thierry Laurey a l’air de savoir où il va »
Passons à la saison en cours. Comment juges-tu le début de saison du Racing ?
C’est déjà mieux que ce qu’on a vu la saison dernière, pour l’instant (N.B : l’entretien a eu lieu le 23 septembre) les résultats sont là, mais globalement… Je ne sais pas, tu en penses quoi toi ?
Pour le moment, je trouve que le classement est bien payé par rapport au niveau de jeu. Maintenant, ça marque plus de buts que l’an dernier, ce qui est un élément positif. A voir sur la durée, là aussi…
Après, il y a des joueurs qui ne sont pas dans leur état de forme, comme Vincent Gragnic. Mais pour l’instant je trouve que c’est décevant. Malgré cela, ils vont sans doute se maintenir assez facilement. Je ne sais pas quelle place a budgétisé le club, mais terminer 7ème ou 8ème serait déjà pas mal.
Quels sont les joueurs à suivre cette année ?
J’aime bien Vincent Nogueira ; il a un choix de carrière assez étonnant, qu’il assume parfaitement apparemment. Ernest Seka sera à suivre aussi, un vrai boss en défense ; à terme, il sera sans doute difficile de le garder. Puis le meilleur joueur des quelques derniers matches c’est quand même Dimitri Liénard, lui qui vit ses premières heures dans le professionnalisme. Beaucoup l’ont critiqué pour son choix de rester au club, mais rien que contre le Red Star il touche le poteau et a les meilleures occasions en première mi-temps.
Cet été, Thierry Laurey est arrivé sur le banc. Un bon choix selon toi ?
Sur son vécu, oui. Il a notamment une expérience de montée en Ligue 1 avec Ajaccio, avec peu de moyens, ce qui est forcément intéressant. Sinon, c’est quelqu’un qui a les idées arrêtées, sans bla bla inutile. A priori, j’ai plutôt confiance en lui, puis c’est quelqu’un qui est intéressant dans ses propos, qui a des choses à raconter et qui a l’air de savoir où il veut aller.
Une parenthèse quant à la pelouse de la Meinau. Selon toi, actuellement, c’est l’une des plus belles de France…
Oui, effectivement. T’as vu Nice ou Montpellier les pelouses, en comparaison ? À la Meinau, les arbitres et les équipes adverses hallucinent !
« Après 10 ans, la routine commençait à me peser »
Depuis la rentrée, tu ne commentes plus les matches du Racing. Etait-ce un choix d’arrêter ?
Oui. Cela faisait déjà plus d’an que j’y pensais. Dix ans, quand on suit un club, c’est extrêmement long, sachant que quand le match est fini le travail, lui, n’est pas terminé. Je couvrais les matches du Racing à domicile comme à l’extérieur, et donc je n’avais aucun week-end parce qu’en tant que journaliste sportif je suivais aussi les autres sports pour France Bleu Alsace. Aucun week-end, et donc peu de vie sociale et une vie sentimentale difficile aussi. La routine professionnelle commençait un peu à me peser. Et bien avant la fin de saison, j’ai eu une proposition pour devenir rédactrice en chef adjointe et je l’ai acceptée. C’est un challenge intéressant, je découvre une nouvelle facette de mon métier. Et comme je suis libre le week-end désormais, je vais pouvoir aller au concert de Ben Harper en octobre !
As-tu une péripétie à nous raconter, tirée de ces 10 ans à suivre le Racing ?
Une fois, à Niort, le directeur sportif local a voulu me casser la figure. J’avais besoin de traverser la coursive pour aller voir les joueurs de l’autre côté du stade et là le mec me prend par le col et me crie : « Si vous n’étiez pas une femme, je vous casserai la gueule ! ». Intervient mon collègue de la presse écrite, ça commence à s’enflammer et c’est Jean-Pierre Papin qui a dû séparer les deux !
Avec Hervé Bride (Europe 1), on évoquait sur ce même blog les buffets destinés aux journalistes. Tu confirmes que le pire c’est Metz ?
Ah les buffets de Ligue 1 ! Ca nous manque. À Bordeaux on mangeait très bien, tout comme à Lyon ou au Parc. Mention spéciale également pour la galette-saucisse à Rennes. Metz effectivement c’était très mauvais !
Et à Strasbourg, comment juges-tu l’accueil des journalistes ?
Jusque-là, c’était une catastrophe. L’année dernière, on était en Corse et le président du club en question nous propose un énorme buffet : de la bonne charcuterie, du fromage, etc. Marc Keller voit ça et demande l’air surpris : « C’est pour les journalistes ? ». En comparaison, à Strasbourg, il n’y avait même pas une bouteille d’eau. Du coup, les choses ont changé suite à ça.
Terminons sur Éric Cantona, un joueur dont tu es une grande fan. Comment est née cette passion « cantonesque » ?
Quand j’étais petite, dès que je pouvais, je regardais tous ses matches à la télé. On était au milieu des années 1980. J’ai commencé à bien l’aimer quand il jouait à Montpellier. Par la suite, j’ai acheté toutes ses biographies et vu, revu tous ses buts…
Le plus beau ?
Le plus marquant pour moi c’est celui en finale de FA Cup contre Liverpool, à Wembley, en 1996. Suite à un corner, à 20 mètres, la balle arrive sur lui, reprise de volée… Il marque le seul but du match et Manchester United gagne 1-0.
Et comment as-tu vécu ses déclarations juste avant le dernier Euro, accusant Didier Deschamps de racisme ?
J’ai trouvé ça déplacé, ça m’a déçu de lui. Qu’est-ce qu’il en savait des choix de Deschamps ? Ou alors si son opinion se basait sur un vécu de l’époque où il était joueur, il fallait qu’il aille plus loin, qu’il étaye son propos. Bref, c’était complètement con.
Fidèle supporter du Racing depuis l’âge de 8 ans, je suis également un grand amateur de football allemand et italien. Mon regard se veut avant tout critique : Strasbourg mérite un grand club et ses fans doivent être respectés. Le lundi de 20h à 22h, je suis à l’antenne sur RBS (91.9 FM) pour le Mojito Football Club, une émission consacrée au foot étranger.
Le tribunal de grande instance de Strasbourg a invalidé le plan social pour l’emploi (PSE) de Lidl de 2013. Le déménagement d’une partie des activités du siège strasbourgeois vers Rungis avait causé le licenciement de plus de 130 personnes. Elles avaient refusé de déménager en région parisienne ou un reclassement. La CGT avait attaqué en Justice la décision et a obtenu gain de cause en première instance.
Depuis, le siège social de Lidl France reste officiellement à Strasbourg. Mais la gérance, le développement commercial et la centrale d’achats sont domiciliés en Ile-de-France au « siège opérationnel ».
Pour cette réorganisation stratégique, Lidl prévoit de déplacer 244 salariés à qui l’on propose des avenants individuels à leur contrat. Le déménagement est accepté par 76 personnes. Pour les autres, la société met en place un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), ce que l’on appelle couramment un plan social, pour reclasser les 169 personnes qui refusent de migrer de l’Alsace vers la région parisienne. Un PSE est obligatoire dans les entreprises de plus de50 salariés, lorsque le projet de licenciement concerne au moins 10 salariés en un mois.
Les propositions ne satisfont pas le syndicat de la CGT, mais qui ne peut bloquer le PSE, car il est minoritaire au comité d’entreprise. Après les négociations, il dépose un recours en justice en septembre 2013. Il estime que les propositions de reclassement ne sont pas « suffisantes et sérieuses », selon les termes vagues que prévoient le Code du travail. « Les exigences envers un groupe comme Lidl ou un petit artisan ne vont pas être les mêmes », explique Me Binantifame Tabiou qui représente la CGT dans de ce conflit.
Société allemande, Lidl avait choisi Strasbourg pour son siège français, avant de déménager une partie des activités. (doc remis)
112 propositions, plus de 130 licenciements
Des propositions sont formulées pour 112 personnes (sur 168 salariés) que seules 41 acceptent. Les autres déclinent pour des raisons géographiques ou financières. Et encore, 12 auraient utilisées leur « droit de repentir » tout comme 14 des salariés qui avaient initialement accepté d’aller à Paris et qui sont revenus à leur ancien poste à Strasbourg.
L’opération débouche sur plus de 130 licenciements économiques, le chiffre exact n’aurait pas été dévoilé par Lidl lors de l’audience selon le syndicat et son avocat.
Une réintégration ou une indemnité possibles
Dans son recours, la CGT a ensuite été rejointe par le syndicat l’Unsa en 2014. Le 3 octobre 2016, le tribunal de grande instance (TGI) de Strasbourg a annulé le PSE, estimant que les propositions de Lidl n’étaient pas « suffisantes », suivant donc la position des syndicats. L’annulation prend effet immédiatement.
Selon la page sur les PSE de service-public.fr : « le juge peut […] prononcer la nullité du licenciement et ordonner la réintégration du salarié (s’il la demande) ou […] l’employeur doit lui verser une indemnité ». Pour les personnes qui ont accepté le déménagement avant le PSE, il faudra voir au cas par cas si cette décision change leur situation.
Lidl, reconnu comme groupe européen et non une entreprise française
L’avocat de la CGT, maître Binantifame Tabiou estime que ce sont les arguments économiques qui ont permis d’invalider les licenciements :
« Nous avons démontré que Lidl France appartient bien au groupe allemand Schwartz. Si Lidl France ne peut proposer de reclassement, il existe des possiilités dans d’autres sociétés du groupe comme Kaufland. La croissance économique du groupe était de 13,1% entre 2013 et 2012 ou de 6,6% sur la période 2007/2012. Avec un chiffre d’affaire de 98 milliards de dollars, il s’agit du quatrième groupe mondial dans la grande distribution selon le ministère de l’Économie. Il avait donc des marges de manœuvre économiques. Si la CGT n’avait pas contesté ce PSE, il aurait été définitif. »
Pour Thierry Chantrenne, délégué central de la CGT-Lidl, les personnes concernées doivent maintenant se manifester :
« Nous sommes allés au bout de notre conviction. Que Lidl soit reconnu dans le groupe va changer les choses pour les personnes mises en inaptitude. Jusqu’ici, Lidl ne proposait pas de postes dans le groupe Schwartz, mais seulement en France. Les personnes licenciées font ce qu’elles veulent, mais elles ont intérêt à se faire connaitre pour faire valoir leurs droits. »
Un plan accepté par les représentants du personnel en 2013
En 2013, les syndicats de la CFDT, majoritaire et de la CFTC avaient avalisées ce plan. Christophe Pierre, délégué syndical de la CFDT se rappelle que son syndicat avait jugé qu’un recours serait inutile :
« On s’était battu pour qu’un maximum de personnes soient reclassées. Aux dernières nouvelles, plus de 90% des salariés licenciés ont retrouvé un emploi. »
« Faux », rétorque l’avocat, « c’est un élément de langage de la direction que l’on a aussi eu lors du procès. J’ai moi même plus de 6 personnes qui n’ont pas retrouvé d’emplois. »
Vers un appel non-suspensif
Contactée, la société Lidl a répondu via son responsable de la communication Nicolas Calo :
« Nous prenons acte de cette décision. Nous observons qu’elle admet le bien-fondé économique du déménagement d’une partie des activités du siège à Rungis et que le plan de sauvegarde de l’emploi ne relève d’aucune fraude à la loi. Selon toute vraisemblance, nous devrions faire appel. »
Un appel n’est pas suspensif (de l’annulation du PSE donc), à moins d’adjoindre une demande de sursis à exécution provisoire, qui doit être motivée.
Lidl relève la question de la « fraude à la loi », car le juge n’a pas suivi la CGT sur ce point. Lidl a justifié son déménagement par le fait d’être excentré des centres de décisions parisiens. La CGT et son avocat estiment que cette raison n’était pas suffisante compte tenu de la desserte de Strasbourg par le TGV et les moyens de communication modernes. Cet aspect est lourd en incidences, car une condamnation entraînerait un éventuel remboursement des aides perçues lors de l’implantation en Ile-de-France.
Le Monde revient sur l’excellence de « l’école de chimie » de l’université de Strasbourg et détaille les travaux de Jean-Pierre Sauvage. À 71 ans, le chercheur a reçu mercredi le prix Nobel avec l’Ecossais James Fraser Stoddart (université Northwestern, Illinois, Etats-Unis) et le Néerlandais Bernard Feringa (université de Groningen, Pays-Bas) pour ses travaux sur les véhicules moléculaires.
Les trois chercheurs à l’honneur « ont amené les systèmes moléculaires vers des états où, remplis d’énergie, leurs mouvements peuvent être contrôlés », a expliqué le jury Nobel, précisant :
« Le moteur moléculaire se trouve aujourd’hui au même stade que le moteur électrique dans les années 1830, lorsque les scientifiques exposaient des manivelles et des roues, sans savoir que cela mènerait aux trains électriques, au lave-linge, aux ventilateurs et aux mixeurs. »
Jean-Pierre Sauvage devient ainsi le 4e prix Nobel de l’Université de Strasbourg, après ses collègues du département de chimie Jean-Marie Lehn en 1987 et Martin Karplus en 2013. Jules Hoffmann a été distingué en 2011 dans la catégorie médecine/physiologie.
Le Monde précise que « les trois chimistes mis à l’honneur cette année n’ont cessé de réaliser des tours de force, assemblant les atomes – c’est leur métier – pour fabriquer de véritables machines moléculaires : des ascenseurs, des muscles, des roues, des voitures… Ou tout du moins des analogues mécaniques de ces objets, à des échelles microscopiques, d’une taille de l’ordre du milliardième de mètre. »
Jean-Pierre Sauvage s’est lancé le défi de contrôler les mouvements pour réaliser de véritables machines. En 2000 raconte Le Monde, « son équipe synthétise le premier muscle artificiel, une molécule en deux morceaux qui coulissent l’un dans l’autre. Un réactif chimique contracte ou étire l’ensemble. »
Selon le journal, le Nobel aurait pu être attribué au chercheur strasbourgeois dès les années 1990. Ses travaux permettent d’envisager la création de composants ultra-miniatures, à l’échelle moléculaire donc, notamment pour l’électronique, les nouveaux matériaux, les capteurs et les systèmes de stockage d’énergie.