Ensoleillement et fortes chaleurs sont attendus en Alsace vendredi. En raison d’une concentration d’ozone supérieure aux recommandations, les automobilistes sont invités à trouver une alternative pour leur transport et les personnes sensibles à la qualité de l’air à prendre des précautions. Ce niveau d’information est reconduit pour le samedi 27 août.
La combinaison des activités humaines, de la chaleur et du fort ensoleillement feront grimper les niveaux d’ozone (O3) en Alsace et dans l’agglomération de Strasbourg vendredi 26 août, selon des prévisions de l’Aspa (Association de surveillance de la pollution en Alsace). Les personnes sensibles aux fortes chaleurs et à la pollution atmosphérique sont encouragées à réduire leurs activités et à rester chez elles. L’utilisation de la voiture doit être restreinte pour lutter contre l’aggravation de la qualité de l’air.
Les dispositions adossées à ce « seuil de recommandation » (180 µg/m³ d’O3 dans l’air relevés en une heure) sont reconduites pour samedi 27 août. Une amélioration est néanmoins attendue pour dimanche.
Transports : forfait « pic de pollution » à 1,70€
L’utilisation des transports en commun est recommandée par les autorités. Elle permet de réduire le taux d’ozone dans l’atmosphère en comparaison à l’utilisation de la voiture. Conformément au plan ozone de l’Eurométropole, une tarification spéciale est mise en place pour la journée. Le forfait journalier « pic de pollution » coûte 1,70€ pour se déplacer dans les tramways et les bus de la CTS. Les trajets des transports interurbains du Réseau 67 seront à 2€ l’aller-retour. Les Vel’hop à la journée seront au prix de 3€ au lieu de 5€.
Il est aussi recommandé aux conducteurs d’adopter une conduite plus souple, d’abaisser leur vitesse de 20km/h sur des portions limitées à plus de 70km/h (sans descendre en dessous de 70km/h).
La pollution à l’ozone est issue d’une combinaison de facteurs météorologiques et humains (Photo Ulf Bodin / FlickR / cc)
Se la couler douce : éviter les activités trop intenses
Il est conseillé aux personnes sensibles à ce type de phénomène de prendre des précautions pour ménager leur santé. C’est à dire éviter les activités sportives ou les sorties en plein air. L’usage du vélo ou la marche à pied leur est également déconseillé. Toute activité physique intense est à prohiber pour les plus fragiles.
Pour éviter les déplacements ou la surchauffe, les administrations et les entreprises peuvent envisager d’adapter leurs horaires de travail. Pour ceux qui le peuvent, travailler à la maison est une solution à envisager.
Enfin, les autorités demandent à tous ceux qui participent aux activités de production de vérifier les installations de combustion ainsi que le fonctionnement des dispositifs anti-pollution.
Ces mesures sont susceptibles d’être reconduites, si la situation ne s’améliore pas.
Du 27 août au 3 septembre, les tickets de cinéma ne coûteront que 4,50€ dans les salles du Grand Est participant à l’opération « Ciné-cool ». Bien sûr, les cinq cinémas strasbourgeois sont concernés. Pour l’occasion, 38 films seront proposés en avant-première, dont ceux de François Ozon ou encore de Michael Moore. Quatorze projections se feront en présence des équipes des films.
À partir du samedi 27 août et jusqu’au samedi 3 septembre, toutes les places de cinéma, quel que soit l’horaire et le lieu de la séance, seront vendues à 4,50€. C’est la 19e édition de « Ciné-cool », une opération organisée par le syndicat des Directeurs de Cinéma de l’Est. Pour la première fois, certains cinémas de Champagne-Ardenne participent à l’opération, en plus des habituelles salles d’Alsace et de Lorraine.
Vous ne pourrez pas dire que vous ne connaissez pas le tarif …
Overdose d’écran noir
Les manifestations permettant d’accéder au 7ème art à moindre coût se succèdent à un rythme trimestriel. Après la traditionnelle Fête du Cinéma de juin, il est à nouveau possible d’être curieux grâce à Ciné-cool. Parce que l’enjeu, au-delà du fait de réinstaurer des habitudes cinéphiles quelques jours avant une rentrée riche en sorties prometteuses, c’est aussi d’ouvrir le spectateur occasionnel à d’autres perspectives, à d’autres films.
Avec un ticket d’entrée à plus de dix euros, il parait évident que le public opte pour la sécurité, pour un choix attendu, pour une zone de confort. Et lorsqu’une séance coûte ce qu’elle devrait vraisemblablement coûter au consommateur (4,50 euros comme exprimé plus haut), celui-ci peut être tenté de faire un choix audacieux. Il peut nier l’habitude, se risquer à voir et peut-être à détester la grande sensation cannoise, une comédie allemande de 2h40 intitulée Toni Erdmann. Il peut refuser au cinéma américain le monopole du spectacle et se diriger vers le film catastrophe de l’année, l’incroyable Dernier train pour Busan.
Il peut, pour résumer, associer à nouveau découverte et grand écran, quitte à être déçu, irrité. Il lui suffira alors, pour un même tarif dérisoire, de tenter sa chance avec une oeuvre différente.
Rassembler public et équipes de film
Ciné-cool promet bien sûr des avant-premières prestigieuses et tonitruantes. Mais de manière plus pertinente, les exploitants ont surtout la possibilité de lier leur public aux films attendus, de supprimer une barrière, d’amener les équipes dans les salles. Les cinéphiles sont, à l’heure des grands festivals (Berlin, Cannes ou Locarno) gavés d’informations, de perspectives et de palmarès qui sonnent comme des promesses. Ils observent les cinéastes brandir des trophées et peuvent simplement rêver à une future découverte.
Pendant cette semaine à cheval sur août et septembre, ils pourront descendre dans l’arène aux côtés des cinéastes et des comédiens. Alain Guiraudie, cinéaste-artisan par définition, à présent auréolé de ses sélections officielles en compétition à Cannes, pourra échanger avec son public. La réalisatrice de Divines, caméra d’or et succès surprise du dernier festival de Cannes, pourra également confronter son premier film à ses spectateurs.
Et cette opportunité sert les cinéastes, tout autant que les cinéphiles. Contre toute attente, l’intérêt de Ciné-cool ne réside pas dans des avant-premières froides et spectaculaires de blockbusters attendus. La manifestation participe, sur un plan financier, humain et artistique, à rendre au cinéma sa dimension populaire, à ramener les égarés dans les salles, à rapprocher cinéphages, artistes et faiseurs.
Détaillons ci-dessous quelques points d’orgue de cette semaine cinéphile.
Réalisateurs émérites à Strasbourg
François Ozon à l’UGC : Passions franco-allemandes en noir et blanc.
Pour le film « Frantz » à l’UGC à 18h et 20h le 27 août. Dans ce dernier, Anna se recueille sur la tombe de Frantz. La veuve y aperçoit Alain, un ancien poilu. Leur rencontre au lendemain de la première guerre mondiale intrigue et passionne.
Houda Benyamina au Star Saint-Exupéry : Caméra d’or 2016
Le 2 septembre à 19h30, Houda Benyamina présentera son première long-métrage au Star Saint-Exupéry. L’auteure réalisatrice a obtenu la caméra d’or pour son film Divines. Dans ce récit, Dounia et Maimouna succombent aux appels de l’argent facile. Leur coeur balance entre entre violence et opulence.
Alain Guiraudie au Star Saint-Exupéry : Pulsions en milieux naturels
Le 27 août à 20h15 au Star Saint Exupéry. Après l’Inconnu du Lac qui l’a fait connaitre auprès du grand public, Alain Guiraudie dessine à nouveau des rencontres en zig-zag, à l’air libre. Dans Rester Vertical, Léo part en Lozère à la recherche du loup, et rencontre une bergère qu’il finit par éconduire. De cette relation est né un enfant qui n’aura pas su semer ses doutes existentiels.
L’Amérique, critique
Soy Nero : les étrangers bombardent pour des green card
Histoire quasi-réelle. Plusieurs milliers d’aspirants à la green card – carte de résident aux Etats-Unis – partent faire la guerre au sein des troupes américaines, pour acquérir la nationalité du pays. Nero, mexicain d’origine, fait partie d’entre eux. Il part au combat pour avoir le droit de retourner dans les pays dans lequel il est né. Le réalisateur du film, Raffi Pits, sera présent au cinéma Star le 31 août à 20h15.
Where to invade next : Des congés, oui oui oui ! Du pétrole, non non non !
Michael Moore ne se lasse pas d’analyser la travers guerriers et consuméristes des Etats-Unis. Après avoir réalisé des films sur l’éducation, la pollution, la crise économique, il part dans plusieurs pays pour s’inspirer de leurs modèles. Système carcéral, menus scolaires, congés payés : autant de domaines dans lesquels il peut piocher allègrement.
Aquarius : Bémols au Brésil
Le film se veut une critique du Brésil contemporain. Dans « Aquarius », Clara, proteste contre l’accélération du temps et refuse de vendre son appartement à un puissant promoteur immobilier. En compétition à Cannes, l’équipe du film Aquarius avait brandi des panneaux dénonçant ce qu’ils considèrent comme un coup d’Etat au Brésil.
À l’Odyssée : trois films en version restaurée
Trente ans après la sortie initiale du film « Mauvais Sang », Denis Lavant et Juliette Binoche cherchent à trouver le vaccin contre un virus qui tue « ceux qui font l’amour sans s’aimer ». A l’Odyssée le 2 septembre à 20h.
Dans « en quatrième vitesse » [« Kiss me deadly » en version anglaise] Mike Hammer, est plus vivant qu’en 55′. Il « part chercher des hommes qui torturent des femmes et tuent avec férocité… ceci était leur jungle ». A l’Odyssée le 27 août à 20h20.
Capture d’écran de la version non restaurée du film « L’agent » (Youtube)
Une fois admis comme agent de la circulation, Otello, « Il vigile » (l’agent), fait preuve d’un zèle irritant. En 1960, le petit chef une fois remis à sa place fera preuve d’une indolence équivalente. A l’Odyssée le 1er septembre à 20h15.
Superproductions testéronées : « Ben Hur », « Blood Father », « Mechanic Resurrection ».
Contre un seul lors de la dernière édition Ciné-cool, quatre films américains seront proposés cette année. Mel Gibson, Jason Statham, Morgan Freeman… chacun son film d’action.
L’enlèvement de sa femme tire Arthur Bischop de sa retraite. Dans « Mechanic Resurrection », le flingueur doit reprendre du service dans un sequel du film « The Mecanic ».
Après un exil prolongé, « Ben-Hur » (nom du film et du personnage principal) retourne à Rome se venger de son frère qui l’a accusé à tort de trahison. Il doit récupérer son titre de prince.
Il avait pourtant laissé tomber ses mauvaises habitudes… Dans « Blood Father », Mel Gibson est contraint est forcé de prendre les armes pour sauver sa fille, poursuivie par les narcotrafiquants.
Evidemment, la liste est non-exhaustive. D’autres films seront projetés en avant-première, dont plusieurs en présence des équipes du film. Parmi lesquels « Le ciel attendra« , à l’UGC le 28 août ou encore « Clash » au Star Saint-Exupéry le 3 septembre.
Auteur, journaliste, accessoirement enseignant en cinéma à l’Unistra et, last but not least, programmateur du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg.
En partenariat avec les cinémas Star, Rue89 Strasbourg vous propose de gagner des invitations pour la projection spéciale de « Soy Nero », en présence du réalisateur, mercredi 31 août au cinéma Star.
Le festival Ciné-Cool débute samedi pour une semaine, avec de nombreuses avant-premières et des tarifs à 4,5€ dans toutes les salles strasbourgeoises et à tous les horaires. Et parmi ces avant-premières, il y a l’excellent « Soy Nero », en présence du réalisateur iranien Rafi Pitts, à laquelle Rue89 Strasbourg, en partenariat avec les cinémas Star, seraient très heureux de vous inviter. Il vous suffit pour cela de remplir le formulaire ci-dessous, et de sacrifier un poulet… euh, de croiser les doigts.
Le pitch
Nero a 19 ans, il a grandi aux États-Unis puis s’est fait déporter au Mexique. Étranger dans le pays de ses parents, il est décidé à repasser la frontière coûte que coûte. Il parvient enfin à retrouver son frère, Jesus, qui vit à Los Angeles. Pour échapper à la vie de misère à laquelle le condamne sa condition de clandestin, sa dernière chance pour devenir américain est de s’engager dans l’armée. Nero rejoint le front des green card soldiers…
Dans un communiqué diffusé mardi matin, Philippe Richert, président (Les Républicains) du Conseil régional du Grand Est annonce son soutien à la candidature de Nicolas Sarkozy pour la primaire de la droite :
« J’ai confiance en Nicolas Sarkozy pour redresser la France. Depuis son élection à la tête du parti Les Républicains, Nicolas Sarkozy a pleinement joué son rôle de chef de l’opposition. Il a ressoudé notre famille politique en apaisant les guerres d’égo, redressé et assaini les finances du parti, redonné du sens à l’action de notre mouvement politique. Il a mis en place les conditions nécessaires à l’alternance tout en laissant s’installer un vrai débat politique. C’est en véritable leader qu’il nous a rassemblés. C’est en construisant un solide projet politique pour la France qu’il m’a convaincu. »
Philippe Richert (Photo Stadler / Région Alsace)
« L’homme de la situation »
Des propos étonnants de la part de Philippe Richert, qui pense devoir préciser en conclusion qu’il est toujours « un centriste convaincu » et non un « tenant de la droite forte », dont se réclame pourtant Nicolas Sarkozy.
Le communiqué du président du Grand Est fait suite à la candidature de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle, annoncée hier. Selon Philippe Richert, il est « l’homme de la situation » :
« La France souffre. Elle souffre d’un fort chômage et d’une faible croissance, d’une économie qui ne décolle pas, et elle souffre surtout de l’amateurisme d’un gouvernement qui n’a pas eu la force d’assumer des réformes nécessaires pour le pays aussi bien structurelles que politiques. Plus encore, notre pays doute de sa sécurité dans un monde en plein changement. De nouvelles menaces modifient profondément notre perception de notre communauté nationale. Nicolas Sarkozy est indiscutablement un homme qui a la capacité et la volonté de construire un projet économique ambitieux, de restaurer l’autorité de l’Etat et de réorganiser la France en réformant son fonctionnement. C’est l’homme de la situation. »
Mais « l’homme de la situation » est mis en examen pour « corruption », « trafic d’influence » et « recel de violation du secret professionnel », quand même, soupçonné d’avoir corrompu un magistrat pour que celui-ci intervienne dans l’affaire Bettencourt. Dans l’affaire Bygmalion, sur le financement de sa campagne de 2017, Nicolas Sarkozy est mis en examen pour « financement illégal de campagne électorale », il a échappé à « escroquerie » car l’enquête n’ayant pas réussi à démontrer que l’ancien chef de l’État était au courant du système des fausses factures qui sévissait dans son parti…
Philippe Richert ne fait nulle mention de ces affaires dans son communiqué.
Dans deux cafés de la place d’Austerlitz à Strasbourg, il n’est désormais plus possible de commander… des cafés après 17h. Une politique commerciale qui vise à « changer de clientèle ».
Petit à petit, les habitants les plus modestes du quartier de la Krutenau à Strasbourg sont priés d’aller se détendre ailleurs. Place d’Austerlitz, le changement d’enseigne du vieillissant « La Ville de Bâle » pour le très branché « Café Bâle » en mai s’est accompagné d’une nouvelle politique commerciale : plus de bières, plus chères, un happy-hour de trois heures et… la fin des boissons chaudes après 17 heures.
La mesure vise à décourager la clientèle traditionnelle de « La Ville de Bâle » de revenir. Elle était composée de touristes bien sûr, mais aussi de retraités et d’habitants du quartier aux revenus modestes, chômeurs, personnes âgées… Pour les repreneurs du fonds de commerce, il était hors de question de continuer avec cette clientèle comme l’explique Pierre Ohmann, responsable du « Café Bâle » :
« On a repris la « Ville de Bâle » en décembre et pendant un mois, on n’a rien changé. Donc on connait bien l’ancienne clientèle et on a bien vu qu’on ne pourrait pas tenir nos prévisions de chiffre d’affaire avec des piliers de comptoir qui prennent un café et squattent le journal pendant toute une après-midi… J’ai proposé qu’on arrête les boissons chaudes en soirée, pour faire de la place à notre happy-hour. Et ça a marché. À l’heure de l’apéro, il est difficile de trouver une place sur la terrasse du « Café Bâle » et commercialement, on s’y retrouve. »
« Commercialement, on s’y retrouve »
Commercialement peut-être, mais la mesure n’est-elle pas une encoche dans le contrat social, surtout pour un lieu de convivialité comme un café ? Pierre Ohmann assume :
« On a été très clairs, nos nouveaux tarifs ont été affichés dès notre ouverture le 6 mai et ils sont les mêmes pour tout le monde, quel que soit le profil du client. On a reçu quelques critiques au début mais je constate que cette clientèle s’est trouvée d’autres points de chute, toujours dans le quartier et parfois juste à côté. C’est comme ça. »
La fréquentation des bars de la place a drastiquement évolué après son réaménagement en 2009, qui a remplacé le parking de cars par des espaces piétons, des jeux pour enfants et de petits massifs.
Mais il en restait encore pour apprécier lire le journal avec un café ou regarder passer les gens en profitant des derniers rayons de soleil de la journée. Ils ont temporairement trouvé asile dans les bars alentours. Mais en juillet, le « Café Berlin », quelques mètres plus loin, a également retiré les cafés de sa carte après 17 heures. Marie, responsable du Café Berlin, assure qu’il ne s’agit pas d’une réaction à la politique du « Café Bâle » :
« Comme on propose déjà des pâtisseries, on ne voulait pas donner l’image d’un salon de thé. »
Le Café Bâle mise sur ses cocktails et happy hour (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Une clientèle prisée, une autre boudée
En fait, les bars de la place se battent pour la même clientèle : les étudiants, les jeunes actifs et les Strasbourgeois qui sortent régulièrement. « Les poivrots, les oisifs et les branleurs, personne n’en veut » souligne, sous couvert d’anonymat, un serveur de la place. Il continue :
« On peut le regretter, mais c’est une politique qui se retrouve de plus en plus dans les centres-villes et qui s’étend à Strasbourg. »
Pour l’instant en revanche, la contagion place d’Austerlitz s’est arrêtée net aux limites des terrasses du « Xanadu » et du « Molly Malone ». Mike, responsable du « Xanadu », est atterré par cette politique commerciale :
« Quand le « Café Bâle » a choisi de restreindre ses cafés, on s’est posé la question de le faire aussi évidemment. Mais je suis contre, je trouve ça triste de s’appeler « café » et de ne pas servir de cafés, quel que soit le prétexte. C’est de la ségrégation. Mon point de vue, tout à fait personnel, est qu’un café est un lien de rencontre et que l’endroit doit accepter tout le monde. Donc nous on continuera à servir des cafés toute la journée et en soirée également. »
En face, Inès responsable du « Molly Malone » ne comprend pas le problème :
« Les gens qui prennent des cafés en terrasse ne restent pas indéfiniment… Le pub est ouvert depuis 7 ans et on n’a jamais eu de problème, tout juste on peut avoir des difficultés dans les grands moments de rush en soirée… »
Dans le sillage du réaménagement de la place
Un peu plus loin, le responsable du « Chat Perché », Stéphane, commente :
« Il peut arriver que certaines personnes abusent, prennent une table pendant très longtemps alors qu’il y a beaucoup de demande… Mais bon, dans ces cas là on discute et en général, ça se passe très bien. On n’a jamais eu de problème. »
Le « Chat Perché » a aussi évolué, l’endroit a été entièrement refait en 2008 à partir de « La Porte d’Austerlitz », qui était un café traditionnel, fréquenté par une clientèle d’habitués. Stéphane explique :
« Le changement de clientèle s’est fait tout seul. Avec le réaménagement de la place en 2009, l’extension de la terrasse, le changement dans la décoration et l’interdiction de fumer… Il ne reste plus beaucoup d’habitués de « La Porte d’Austerlitz ». »
Les procéduriers pourront argumenter que le refus de vendre un café pourrait être considéré comme un délit, selon l’article L122-1 du code de la consommation. Mais si des jugements ont condamné des cafetiers à servir des boissons chaudes sur toute l’amplitude horaire de leur ouverture, rien n’interdit en revanche de changer les prix en fonction de l’heure, à partir du moment où c’est clairement indiqué.
C’est à Strasbourg que se tiendra l’édition 2016 du championnat mondial de Super Mario Kart, un jeu vidéo des années 90. Une soixantaine de joueurs vont déterminer le champion du monde de cette course déjantée, du 24 au 29 août dans le cadre du festival du jeu vidéo Start To Play.
Strasbourg dispose finalement de sa compétition mondiale ! La capitale européenne vient de ravir à La Suze-sur-Sarthe près du Mans, le… championnat international de Super Mario Kart (SMK). Une soixantaine de joueurs, dont 2 filles, venus d’Europe et des États-Unis pour 3 d’entre eux, doivent s’affronter à partir de mercredi. Le championnat fait partie du festival du jeu vidéo de Strasbourg, Start To Play, qui se tiendra à la salle de la Bourse du 24 au 29 août. Il est soutenu pour la première fois par la Ville.
Le championnat mondial à Strasbourg est le résultat d’une rencontre entre Ludus Events, association organisatrice de Start to Play depuis 2014, et la fédération française de Super Mario Kart (oui ça existe). La collaboration entre Ludus Events et la FFSMK a débuté après deux invitations de Florent Lecoanet au festival Start To Play. Le français, sachez le, est sextuple champion du monde de Super Mario Kart et désormais président de cette fameuse fédération. Il remettra son titre en jeu cette année :
« J’ai été invité au premier festival [Start To Play 2014] il y a deux ans en tant que champion du monde de Super Mario Kart. Ils m’ont invité l’année suivante avec Kayane (une championne française de jeux de combat et animatrice sur la chaîne de télévision Game One, ndlr). À la fin du dernier championnat on a fini par décider d’organiser l’édition 2016 à Strasbourg. »
Des joueurs venus d’Europe et des États-Unis
Lors de ses premières éditions en 2002, le championnat de Super Mario Kart organisé par la FFSMK ne concernait que des joueurs français. Mais au fil du temps, il a su attirer des joueurs européens en 2008 puis mondiaux l’année suivante. Le bureau de la fédération s’est également étendu à de nouvelles nationalités.
Une montée en gamme qui nécessitait le déménagement de l’événement vers une ville plus internationale. La candidature de Strasbourg tombait à pic, comme l’explique Mathieu Bernhart, coordinateur général de l’événement :
« C’est nous qui avons proposé à la fédération de l’organiser à Strasbourg. Ça arrangeait ceux qui organisent habituellement le championnat. Ils y participent aussi et ne peuvent plus tout faire en même temps »
Pour l’édition à venir, un quart des compétiteurs seront de nationalité française. Une demi-douzaine de joueurs viendront des États-Unis, le reste de nombreux pays d’Europe : Grande-Bretagne, Pays-Bas, Belgique, Allemagne, etc.
Un seul joueur est sponsorisé
Si la compétition peut réunir des joueurs de tous les continents, tous ne peuvent pas faire le déplacement chaque année. Malgré le développement des sports électroniques, un seul joueur de Super Mario Kart sur la planète est sponsorisé et c’est Florent Lecoanet, champion du monde actuel. Il explique la situation :
« C’est compliqué pour des joueurs d’Australie ou du Japon de faire des déplacements aussi longs pour un événement qui ne peut pas leur amener de rémunération. La plupart sont des passionnés. »
La dimension internationale de l’événement pourra aussi se constater en ligne. En plus des 500 à 1 000 personnes par jour attendues lors du festival, plusieurs milliers de personnes regarderont la compétition se dérouler sur Internet. Mathieu Bernhart, responsable de l’événement et organisateur de la compétition, précise :
« L’événement pourra être observé en ligne sur des sites spécialisés comme twitch.tv. Lors d’éditions précédentes on a pu atteindre des pics à 10 000 visionnages simultanés. »
La compétition gagne en niveau et en notoriété. En 2014, la compétition et son champion ont fait l’objet d’un article dans Le Monde. Florent Lecoanet prévoit une concurrence de plus en plus ardue et constate une augmentation du niveau général. Il s’attend à une compétition rude :
« L’année dernière déjà j’ai eu chaud. Ceux qui sont arrivés deuxième et troisième l’an dernier seront encore de sérieux concurrents »
Quatre épreuves sur quatre jours
Beaucoup perçoivent Mario Kart uniquement comme un jeu de course. Grave erreur car la version « super » sur laquelle les compétiteurs s’affrontent est agrémentée de multiples épreuves. Mathieu Bernhardt détaille :
« Mario Kart, ce n’est pas seulement de la course ! Et pour être champion du monde faut être fort sur toutes les phases de jeu. »
La compétition se déroulera en quatre épreuves, une par jour : Time Trial (course contre la montre), Match Race (course en tête à tête), Battle Mode (bataille en tête à tête) et Grand Prix 150CC (course à 12). Le champion du monde est celui qui aura cumulé le plus de points sur les quatre épreuves.
La Super NES est a été commercialisée la première fois au Japon en 1990. (Photo Wikimedia Commons)
Le rétrogaming a la cote : les puristes joueront sur SuperNES
Les concurrents utiliseront des consoles anciennes, des Super NES de Nintendo, commercialisées dans les années 1980, et avec la toute première version de Super Mario Kart, sortie en 1992. Malgré l’explosion des pixels depuis cette époque, on n’a rien fait de mieux. Selon les adeptes du rétrogaming, jouer sur des consoles et des jeux qui ont plus de 20 ans combine une forme de purisme et une recherche de convivialité. Un mode de jeu qui semble gagner en popularité, comme l’explique Mathieu :
« Le retrogaming vise beaucoup les trentenaires et les quarantenaires. C’est une génération qui a connu toutes les consoles et toutes les versions de Mario Kart. Même si aujourd’hui toutes les générations jouent aux jeux vidéos. Le retrogaming est plus présent en Europe, peut-être parce qu’aucune console n’y est née. Mais Peugeot, Seb et Alcatel avaient essayé de faire les leurs ! »
Le champion du monde apprécie particulièrement la convivialité qu’apportent ces cassettes sauvées du grenier :
« Le but de ce jeu au départ c’est de jouer entre amis. Dans les championnats, on joue dans des matchs en face à face et on peut se serrer la main à la fin. »
D’autres événements en parallèle de la compétition
Le festival du jeu vidéo de Strasbourg prévoit d’héberger d’autres compétitions, auxquelles le public pourra participer, avec des jeux comme Smash Bros, Street Fighter ou encore Bomber Man. En outre, Start To Play a déniché une douzaine de bornes d’arcade, pour rappeler de bons souvenirs aux joueurs les plus anciens. La relève aura elle accès à une « kids zone », ce qui permettra aux papas et aux fistons de dégommer chacun des cibles adaptées.
La nouvelle version de SOS Fantômes, classique de la comédie fantastique des années 80, a déchaîné les passions plusieurs mois avant sa sortie. Les fans hargneux de la première heure ont d’emblée déversé leur bile à l’idée. Le casting est venu s’écharper sur Twitter. À présent, le résultat définitif parvient sur nos écrans. Peut-être pourrons-nous donc enfin parler du film ?
Une équipe de spécialistes du paranormal, ramassis de bras cassés, scientifiques excentriques et désargentés, se réunissent pour chasser le fantôme à New-York. Le postulat de Ghostbusters, SOS Fantômes en français, version 2016 est donc exactement similaire à celui du film de 1984.
Personne ne s’inquiète de ne pas croiser les faisceaux (Photo Sony Pictures Releasing)
Who you gonna call ? (again)
Le changement principal, celui sur lequel la presse s’est si longuement attardé, c’est l’inversion des sexes. Les chasseurs sont à présent des chasseuses. Kirsten Wiig, Melissa McCarthy et Kate McKinnon viennent remplacer le trio Bill Murray, Dan Aykroyd et Harold Ramis. Ce changement, qui pourrait paraître fondamental, ne l’est en rien. Aucun ressort comique du film ne se fonde sur le sexe des personnages. Plus important, ces nouveaux visages sont issus du même terreau que les anciens.
Wiig et McKinnon sont aujourd’hui les nouveaux visages du Saturday Night Live, succession de sketchs hebdomadaires, émission comique absolument culte de la télévision américaine. Ce programme existait déjà au début des années 80. Et avant de révéler Mike Myers et Eddie Murphy, il était le terrain d’expérimentation de Bill Murray et de ses futurs Ghostbusters. À cette époque, la grande star du show n’est autre que Jim Belushi, auquel le rôle principal du film de 1984 était initialement promis.
Un vrai bon reboot, remake, reload…
SOS Fantômes 2016 se nourrit donc du même vivier comique que son prédécesseur. Il partage un même humour. On ne peut même pas dire que son ton ait été édulcoré, puisque les répliques libidineuses autrefois réservées à Murray reviennent lors des apparitions de l’éphèbe blond joué par Chris Hemsworth.
Ce remake (reboot, au choix, puisqu’il convient d’utiliser le nouveau vocable des studios de cinéma) dispose des mêmes armes, des mêmes atouts que son illustre prédécesseur. Le résultat est une oeuvre efficace qui souffre de son label, de son sigle, de son thème musical. Débarrassé de la marque, ce nouveau Ghostbusters est un film drôle, rythmé et attachant, une comédie qui remplit aisément son office.
S’agit-il d’un chef-d’oeuvre, ou même d’un grand film ? Assurément, non. Mais il en va de même pour le film initial, signé Ivan Reitman.
Les spectres ont un peu plus de lustre quand même… (Copyright Sony Pictures Releasing GmbH)
Ivan qui ?
SOS Fantômes est un produit des années 80, un long-métrage porté par le charisme de ses interprètes, par un scénario définitivement drôle et original. La nostalgie n’en fait pas une oeuvre indispensable ou un chef-d’oeuvre indéboulonnable au panthéon cinématographique. C’était, à sa sortie, un film génial pour les mômes que nous étions, au même titre que les Goonies ou Buckaroo Bonzai.
La dimension référentielle de la culture pop gêne aujourd’hui l’analyse d’un grand nombre de films et de séries. Ce vague à l’âme, cette sacralisation perpétuelle des années 80, de l’avènement du mercantilisme corrélé au 7ème art vient empuantir bon nombre d’arguments.
Ainsi, la série Stranger Things, qui triomphe actuellement sur Netflix, n’est appréhendée qu’à l’aune de ses modèles. Beaucoup adorent parce qu’ils retrouvent la parfum d’E.T. quand d’autres détestent parce qu’ils n’y voient qu’un shoot mélancolique.
SOS Fantômes, dans sa version 2016, a été vilipendé avant même d’être vu par les gardiens du temple d’une culture de masse. Quand il n’est ni pire, ni meilleur que son modèle. Pour apprécier le film de Paul Feig, il convient simplement de faire descendre celui d’Ivan Reitman d’un piédestal usurpé.
Auteur, journaliste, accessoirement enseignant en cinéma à l’Unistra et, last but not least, programmateur du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg.
Un juif religieux, membre de la communauté loubavitch de Strasbourg, a été agressé au couteau, avenue des Vosges à Strasbourg. Hospitalisé, son état a été stabilisé. L’agresseur a crié « allahu ackbar ». Il a été interpellé et il s’agirait d’un récidiviste.
Shalom Levy, membre de la communauté juive loubavitch de Strasbourg, a été agressé au couteau à l’angle de la rue Finkmatt et de l’avenue des Vosges à Strasbourg vendredi matin, vers 11h45.
Selon plusieurs témoins, la victime, qui portait un grand chapeau noir et un costume sombre, la tenue traditionnelle de la communauté loubavitch, a reçu un coup de couteau au niveau de l’abdomen par une personne qui a crié « Allahu ackbar ». L’agresseur s’apprêtait à porter un second coup mais Shalom Levy, âgé de 62 ans, a réussi à s’enfuir avant de trouver refuge dans le Toon’s, un bar du quartier à partir duquel on été appelés les secours.
Le périmètre de l’agression a été momentanément bouclé par la police judiciaire (Photo Twitter)
En revenant des courses pour shabbat
Shalom Levy revenait juste de ses courses pour shabbat. Il a été transporté à l’hôpital universitaire de Strasbourg à Hautepierre. Selon Mendel Samama, rabbin de Strasbourg, qui a pu la rencontrer à l’hôpital, son état de santé a été stabilisé :
Je viens de voir M. Levy, victime d'une attaque au couteau. Sa situation est stable. Prions pour son établissement rapide.#Strasbourg
Selon Mendel Samama, Shalom Levy est un « miraculé » :
« Je connais très bien M. Levy, un membre éminent et respecté de notre communauté. Il a eu le réflexe de courir se réfugier tout de suite après le premier coup, et c’est probablement ce qui a sauvé sa vie. »
Selon René Gutman, grand rabbin de Strasbourg, informé par la préfecture de Strasbourg, l’auteur de l’agression a été placé en garde à vue et l’enquête a été confiée à la police judiciaire de Strasbourg. Il s’agirait de la même personne qui, en 2010, avait déjà agressé un juif place Kléber à Strasbourg.
Antécédents psychiatriques
Des informations confirmés par la suite par le procureur de la République, qui a indiqué dans un communiqué que le prévenu est « connu pour des faits similaires, pour lesquels il a été déclaré pénalement irresponsable en raison de troubles mentaux. Il a par ailleurs fait l’objet de plusieurs hospitalisations d’office et il est suivi par un médecin psychiatre. »
Le Parquet envisage d’ouvrir une information judiciaire pour « tentative de meurtre avec cette circonstance que les faits ont été commis en raison de l’appartenance réelle ou supposée de la victime à une ethnie, une race ou une religion déterminée. » L’agression s’est déroulée en plein dans le quartier juif de Strasbourg, qui compte une communauté d’environ 15 000 personnes.
Dans les années 1970, Fernand Kolbeck accumule les titres de champion de France de marathon. En 2016, il habitue quelques centaines de coureurs à privilégier « la qualité à la quantité » autour des stades. Et il continue à courir.
Samedi 9 juillet au stade du SUC au Wacken à Strasbourg, quelques dizaines de coureurs s’époumonent sur la piste d’athlétisme en macadam. C’était le dernier entrainement avant la trêve estivale. Muni d’un mégaphone et d’un chronomètre, Fernand Kolbeck donne le top.
Pour les membres de l’Association sportive et de loisirs (ASL) de la Robertsau – section athlétisme – les tours de stades les samedis matin et/ou les mercredis sont un rituel. L’entrainement de « fractionné » consiste à enchaîner les séries de tours à un rythme soutenu. À 9h, un groupe court à 6 minutes au kilomètre. À midi, ce sont les cadors, qui foncent à environ 3 minutes au kilomètre. Avec comme coach, un pionnier de la course à pied en France.
Fernand Kolbeck à l’entraînement aux stades du suc et de l’Aar tous les mercredis et samedis (photo Claude Hurth)
Il débute la course à 20 ans
Dans les années 1970, Fernand Kolbeck se constitue l’un des plus grand palmarès de l’athlétisme français : 5 championnats de France entre 1971 et 1977, une Coupe d’Europe (1979), 7ème du marathon de New York (1977), vainqueur du marathon de Paris (1977) et de Cuba (1982)…
Le gamin de Marckolsheim n’a pourtant débuté la course à pied qu’à l’âge de 20 ans, lors de son service militaire de 18 mois à Bitche en Moselle :
« Je ne savais même pas que la course à pied existait comme sport. Dans mon village, on n’avait pas la télévision, pas de journaux. On jouait au foot dans la rue mais c’est tout. À l’armée, ça a été un déclic un peu obligé. On devait courir 7 kilomètres le matin avant le petit-déjeuner. C’était souvent “à celui qui peut le plus fait le moins”, et en arrivant premier je pouvais aller manger plus tôt. »
Fernand prend goût pour l’endurance. Lors d’une garde, il s’échappe pour aller remporter un épique championnat d’Alsace de cross… chez lui à Marckolsheim sous les encouragements de gendarmes sensés l’arrêter. Une fois son service accompli, la Poste le recrute afin qu’il rejoigne son club, l’ASPTT. Partie moins connue de sa carrière, Fernand Kolbeck fait ses premières armes sur les 3 000 mètres steeple, c’est-à-dire avec un franchissement de haie.
Fernand Kolbeck supervise l’entrainement (photo Ben Gayer)
Une dernière haie ratée, des JO ratés
Mais dans la course qualificative pour les Jeux Olympiques de Mexico de 1968, il rate la dernière barrière et se fait une déchirure qui lui fait manquer son objectif. À son retour de blessure, il passe sur des plus longues distances et enchaîne les titres, sur 20 kilomètres, sur l’heure et bien sûr au marathon. En 1972, il participe aux Jeux Olympiques de Munich (28ème), puis ceux de Montréal en 1976 (34ème).
À cette époque là, il a vécu l’explosion de l’engouement pour la course à pied :
« Le vrai boom ça a été en 1976 avec les Jeux olympiques à la télévision. À mes débuts, il n’y avait quasiment pas de course sur route. Le premier marathon de France (qu’il a remporté) était à Neuf Brisach, en 1971. On était 14 au départ. Puis il y a eu en engouement venu des États-Unis avec le marathon de New York, qui au début était seulement dans Central Park. À partir de ce moment, toutes les villes ont voulu leur propre marathon. Et ce n’est pas près de s’arrêter ! Les personnes qui commencent continuent toujours et il y a de plus en plus de femmes ! Aujourd’hui, la course sur route a même pris le pas sur la piste, ce qui est un peu dommage, car c’est l’essence de l’athlétisme. »
Pendant sa carrière, il côtoie l’ancien président de Lorraine Jean-Pierre Masseret (PS). Nés la même année, les deux hommes se croisent lors des stages nationaux à Mimizan. L’ex-candidat PS des élections régionales de 2015 accumule les titres de champion de Lorraine, mais préfère suivre la voie de la fonction publique puis de la politique au sport de très haut niveau.
Fernand Kolbeck, impressionné par l’engouement au marathon de New York en 1977
À combiner avec le métier de postier
En athlétisme, le sport professionnel n’existe pas à cette époque. Alors quand il ne court pas, le marathonien travaille au centre de tri de la poste, qui était encore à la gare de Strasbourg. Son métier lui permet de trouver le temps de s’entraîner :
« Les horaires de travail variaient selon les jours. J’allais courir avant ou après. Parfois on avait une pause entre minuit et deux heures du matin et quand d’autres allaient au troquet du coin, moi je m’entraînais. C’est seulement à partir de mon titre de champion de France en 1969 (sur 20 kilomètre et sur la course d’une heure), que j’ai commencé à avoir des horaires aménagées. C’est sûr, la course à pied, ce n’est pas compatible avec l’usine. »
« Les gazelles ne s’étirent pas »
Alors qu’il habite à Wilgotheim dans le Kochersberg, certains matins, il vient au travail en courant et repart le soir : 20 bornes aller et 20 bornes retour. Autour d’un petit déjeuner au café Brandt, il explique que les méthodes d’entrainement étaient alors très approximatives :
« Un coureur, c’est comme un grand chef, ça ne donne pas ses petits secrets. On ne savait rien sur comment s’entraîner. Alors on essayait d’imiter Zatopek (champion tchécoslovaque des années 1950), mais là aussi chacun raconte un peu n’importe quoi. Mon rythme, c’était trois semaines intenses avec deux entraînements par jour, puis une semaine de repos, c’est-à-dire un footing léger tous les deux jours. Les étirements, le renforcement musculaire, tout ça, ça n’existait pas… »
C’est de là qu’il tire une de ses citations célèbres qu’il distille en fin d’entraînement :
« Les gazelles ne s’étirent pas. »
Il garde néanmoins une ligne de conduite qu’il transmet : « la qualité plutôt que la quantité ». La séance de fractionné « longue » le samedi dure 6 kilomètres (8 en hiver) et la « courte » le mercredi, 4 kilomètres. Pour les autres entraînements, il prescrit deux à trois sorties longues sur un rythme plus modéré.
Pas très à l’aise avec les photos, Fernand a surtout envie que la séance se termine pour aller courir avec des amis (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
La compétition jusqu’à 50 ans
Il continue la compétition jusqu’à 50 ans. En 1994, il termine en beauté, en signant la meilleure performance mondiale sur un marathon de la catégorie vétéran (2h24). C’est aussi à cette époque qu’il quitte son club de l’ASPTT, où il avait été muté au sein de l’administration par la Poste, pour s’occuper de la section sportive.
« Il ne m’est jamais venu à l’esprit de faire autre chose, la course c’est ma vie. »
Il continue à courir au parc de Pourtalès avec quelques amis. Après quelques contacts avec Robert Grossmann, il monte une section athlétisme à l’ASL. L’histoire dure depuis 20 ans. « La première année on était 3-4, maintenant on est 260 ! », résume, pas peu fier, Fernand Kolbeck.
Fernand à l’entrainement au stade du SUC (photo Laura Seyler)
Un bout de marathon de New York à 70 ans
Devenu entraîneur des novices comme de champions régionaux, Fernand Kolbeck estime pourtant qu’il a peu de conseils à distiller à ceux qui veulent se lancer dans la course à pied :
« Je me méfie des gourous. Tout dépend de ce qu’on cherche. Même au club il y a des gens qui viennent juste pour se dépasser et l’ambiance, pas du tout pour la compétition. Au début, courir une à deux fois par semaine suffit pour prendre conscience de son corps. Mais le haut niveau, c’est un gros investissement, en temps, en argent et en effort. J’ai eu la chance d’avoir la santé, mais à un certain niveau tout le monde ne peut pas aller au-delà de ses limites. »
C’est le cas de son fils qui a couru à haut niveau, mais qu’il n’a pas poussé à aller si haut à tout prix. Pour autant les privations n’ont pas été une difficulté sur le moment, « on est tellement absorbé, on ne se rend pas compte ». Le seul regret qu’il concède est d’avoir « parfois délaissé la vie familiale » :
« Un sportif est toujours égoïste. Maintenant c’est à mon tour de donner du temps pour les autres. »
À tel point qu’une partie des licenciés lui ont offert pour ses 70 ans un voyage à New-York pour courir le marathon en 2014. La course n’aura duré que 20 kilomètres avant d’abandonner mais peu importe. Son plaisir aujourd’hui est de voir les membres de son club progresser ou même gagner un championnat d’Alsace, un Ekkiden (marathon en relais). « On ne peut que s’enthousiasmer. J’ai l’impression de courir avec eux », décrit-il, le regard pétillant.
Le sourire inégalable du champion (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Le projet d’augmenter les entraînements
Fernand Kolbeck n’est pas à court de projet pour son club. L’ASL doit notamment quitter le stade désuet du SUC pour faire place au futur parc des expositions. Le club devrait s’installer en novembre non loin de là, sur l’île des Sports du Wacken, et sa futur piste d’athlétisme. L’occasion espérée de passer « à 4 entraînements par semaine », même si les négociations de créneaux s’annoncent serrés.
Autre sujet de négociation avec la municipalité, le maintien ou non de la Robertsauvienne, une course gratuite dans la forêt de la Robertsau, qui a connu sa dixième édition le 3 juillet. En attendant, Fernand va même rater le rendez-vous annuel avec les champions de sa génération – « dont beaucoup ont arrêté la course » – pour assurer la reprise samedi 20 août.
Après l’interview, Fernand part rejoindre des amis pour courir au parc du Pourtalès. Une habitude qu’il garde une à deux fois par semaine, à bientôt 72 ans.
Le supermarché Match, dans le quartier de la Robertsau à Strasbourg, pensait pouvoir discrètement inaugurer une ouverture le dimanche en profitant de la torpeur de l’été. C’est raté. CGT et CFDT appellent les opposants aux ouvertures dominicales et leurs adhérents à bruyamment manifester leur opposition dimanche 21 août, à partir de 8h30 sur le parking du supermarché.
Pour les responsables du supermarché Match, dans le quartier de la Robertsau à Strasbourg, il n’y a aucune différence entre leur commerce de plus de 2 000 m² et les épiceries de quartier. Ils peuvent s’appuyer sur l’arrêté municipal pris en juin 2013 par le maire de Strasbourg, Roland Ries, qui autorise les commerces d’alimentation à ouvrir trois heures le dimanche matin.
Cet arrêté avait été pris à la suite d’une action de l’Inspection du travail contre une série de supérettes de quartier qui tentaient de contourner la loi à Strasbourg. Le texte visait donc ces supérettes et épiceries de quartier mais l’arrêté n’a pas limité la surface maximale de vente, préférant laisser cette question aux accords interprofessionnels.
Au final, cette question n’a pas été tranchée non plus par les syndicats, ce qui permet aux responsables de Match de penser qu’ils peuvent ouvrir leur supermarché dès dimanche 21 août. Mais les syndicats ne sont pas d’accord et ont engagé plusieurs actions juridiques contre plusieurs ouvertures dominicales en Alsace. Une précédente ouverture le dimanche d’un supermarché Match à Niederbronn a d’ailleurs été annulée en 2015.
La CGT et la CFDT organisent dimanche 21 août un rassemblement pour protester contre cette ouverture dominicale, qui selon eux, met en danger l’équilibre entre le temps « consacré à la vie familiale, culturelle, sociale et associative et le « temps consacré au travail et à la consommation. »
Pas sûr cependant que les syndicats soient suivis par les employés du supermarché. Les heures travaillées le dimanche sont payées 150% et sont récupérées.
Les plans de lutte anti-terroriste du gouvernement prévoient, entres autres, d’agir dans le milieu pénitentiaire. Les Services Pénitentiaires d’Insertion et de Probation (SPIP) se voient dotés d’agents supplémentaires, dédiés à cette question. À Strasbourg, les conseillers ont encore du mal à s’y retrouver.
La vague d’attentats qui a touché la France en 2015 a soulevé le phénomène de radicalisation terroriste de jeunes individus, particulièrement en prison. L’État a alors mis en place au printemps 2015 un Plan de Lutte Anti Terroriste (PLAT) puis le Plan Anti Radicalisation Terroriste (PART) en 2016 pour tenter d’endiguer cette tendance. Le PLAT comprend une enveloppe supplémentaire pour la Justice de 181 millions d’euros sur 2015-2017, et la création de 950 nouveaux emplois.
Pour soutenir le travail des Services Pénitentiaires d’Insertion et de Probation (SPIP), qui aident les détenus ou les personnes condamnées à une peine alternative à ne pas se couper de la société, il a été décidé de déployer une centaine d’éducateurs spécialisés et de psychologues sur toute la France.
Un éducateur et psychologue recrutés dans le Bas-Rhin
Ces moyens se déclinent aussi dans le Bas-Rhin où travaillent 28 Conseillers Pénitentiaires d’Insertion et de Probation (CPIP) auprès des Tribunaux de Grande Instance de Saverne et de Strasbourg, de la Maison d’arrêt de l’Elsau, du centre de détention régional d’Oermingen, et du centre de semi-liberté de Souffelweyersheim. Deux agents ont été recrutés pour identifier et suivre les individus suspectés de radicalisation. Ce binôme est composé d’un éducateur spécialisé et d’un psychologue.
Si le Ministère de la Justice veut faire preuve de réactivité et de volontarisme, le fossé semble grand entre les mesures sur papier et la réalité du terrain. L’objectif est que tous les CPIP, le binôme anti-radicalisation et la cellule de renseignement pénitentiaire (liée aux renseignements de l’État), travaillent en coopération, de l’identification jusqu’à une prise en charge particulière. Après quelques mois, les CPIP disent avoir du mal à trouver leur rôle dans ce jeune dispositif.
Des entretiens individuels
L’administration explique qu’en plus du soutien aux acteurs du terrain et l’évaluation des phénomènes de radicalisation, les nouveaux agents doivent mettre en place des actions collectives :
« Les binômes sont chargés de mettre en place des programmes adaptés de déconstruction du discours et de contre-discours. »
Les deux recrues ont été placées dans les bureaux du SPIP et sont censées travailler à la fois en milieu fermé et en milieu ouvert (avec les personnes en travaux d’intérêt généraux, sursis, liberté conditionnelle, ou avec bracelet électronique).
Leur tâche est de rencontrer régulièrement les personnes concernées en entretien individuel (de manière hebdomadaire pour certains), pour effectuer un suivi. Ces personnes sont signalées aux cellules de renseignement.
Des « grilles de radicalisation » remises aux conseillers
Pour procéder à l’identification de personnes éventuellement radicalisées, les conseillers se sont vus remettre des grilles d’évaluation avec des questions comme « le détenu présente-t-il des signes ostensibles ou physiques de sa confession ? », « Adopte-t-il un discours empreint de références au religieux, quelque soit le sujet abordé ? », « Refuse-t-il d’avoir affaire avec le personnel féminin ? »… Elles doivent être complétées par les termes « repéré », « non-repéré », ou « élément manquant ».
Des intitulés qui font débat. Le syndicat CGT dénonce notamment « une volonté de repérage à grande échelle » et « un risque important de stigmatisation ». Delphine Colin, secrétaire nationale de la CGT Insertion Probation, avance :
« On focalise sur l’Islam alors que des radicalisations de tous bords sont possibles. En faisant cela, on génère une rancœur qui va alimenter justement ce risque de radicalisation. »
Le syndicat pointe aussi comme écueils possibles de la nomination d’agents spécialement dédiés à cette mission, dont la mission, ce qui pourrait « stigmatiser » les personnes ciblées et les mettre sur la défensive.
Pire selon Delphine Colin, ces grilles ont mené au licenciement d’un ex-détenu qui avait retrouvé un emploi :
« Il y a eu le cas d’un collègue dans le sud de la France un collègue avait fait remonter certains éléments, concernant une personne en voie de réinsertion. Quelques jours plus tard, l’ex-détenu a perdu son emploi car son employeur avait été contacté. Il faut faire attention à cette psychose ambiante. »
Du côté de l’administration, on nuance :
« Les grilles sont adaptées pour chaque métier concerné, elles sont distribuées aux surveillants, personnel d’encadrement et CPIP, et le but est d’avoir de nombreux avis différents. C’est en les recoupant que l’on peut cerner la complexité d’un individu. Nous faisons attention à dissocier une idée, ou un simple rapprochement vers la religion, d’un engagement violent. C’est une commission pluridisciplinaire qui se charge de l’évaluation des détenus signalés. C’est là que les binômes sont en première ligne et apportent un soutien dans l’identification d’une radicalisation violente. »
A l’intérieur de la maison d’arrêt de Strasbourg (Photo : CGLPL)
Les radicalisés du Bas-Rhin transférés dans d’autres prisons
Les personnes qui seraient repérées à Strasbourg comme en voie de radicalisation seraient alors soumis à un “plan d’accompagnement” et transférés à Fresnes ou à Fleury-Mérogis pour une évaluation. Les individus les plus dangereux seraient placés à l’isolement, et d’autres rejoindraient des « unités dédiées » avec des programmes spécifiques. Enfin, ceux identifiés comme moins dangereux réintégreraient la détention classique, tout en pouvant être signalés à la police, à la préfecture et aux magistrats.
Le dispositif est expérimental et cherche encore ses marques. À Schiltigheim, où sont basés les CPIP travaillant en milieu ouvert, on le découvre. « On n’a jamais entendu parler de ces grilles d’évaluation », témoigne une conseillère.
Delphine Colin, de la CGT, ajoute qu’il n’a pas été testé partout :
« Dans certains services cela ne s’est même pas fait, car l’effectif était insuffisant. Parfois, certains collègues n’ont pas voulu l’appliquer car cela leur posait de véritables problèmes de conscience ».
Plusieurs conseillers interrogés expriment en effet la crainte d’un détournement de leur métier, et veulent rappeler que leur mission première est l’accompagnement et la réinsertion, non l’identification et le signalement. Emmanuelle Wilt, secrétaire de la section CFDT Justice Alsace, appuie ce constat :
« Nous sommes des travailleurs sociaux, et nous sommes face à de l’humain. Il faut apporter la réponse appropriée à chaque personne ».
Plusieurs individus déjà signalés
Sur place, même les premiers concernés ne visualisent pas bien le travail des deux nouveaux agents. Bastien Peden, secrétaire départemental du syndicat SNEPAP-FSU, explique qu’on en est encore aux premiers pas :
« Les procédures ne sont pas encore tout à fait établies, nous ne sommes pas encore rodés en ce qui concerne le travail en coopération des différents agents. Nous avons maintenant l’obligation de signaler toute personne identifiée comme en radicalisation à la cellule de renseignement, mais on n’a pas toujours de retour, donc de visibilité et de suivi sur ces dossiers-là… On a encore des questionnements sur le travail en lui-même, notamment en milieu ouvert. A partir de quand peut-on identifier ces personnes comme en radicalisation, comment sait-on si on a assez d’éléments pour les signaler ? Mais tout cela est en amélioration. D’ailleurs, plusieurs personnes ont déjà été signalées et suivies à Strasbourg ».
La Direction de l’administration pénitentiaire explique de possibles incompréhensions par le caractère jeune du dispositif :
« Ce sont des dispositifs expérimentaux, nous ne prétendons pas faire de la science exacte. Nous sommes en évaluation permanente. D’ailleurs, les premiers retours sont assez positifs. Cette dynamique de recoupage des visions marche assez bien ».
Flou sur les recrutements
Les CPIP, dont les syndicats saluent néanmoins “une réelle volonté d’agir” du gouvernement, espéraient des recrutements pour avoir moins de détenus à suivre, et être plus efficaces et alertes dans leur suivi. À Strasbourg, un conseiller peut suivre « jusqu’à 150 personnes différentes », d’après la section CFDT Justice Alsace. Cette revendication nationale avait été appuyée par un mouvement de grève au printemps.
Le gouvernement a annoncé un recrutement de 84 CPIP au niveau national, mais pour le moment, on ne sait pas comment cela se traduira à Strasbourg, selon Bastien Peden :
« Normalement des agents à Strasbourg, mais très peu. Cela reste une amélioration, mais vraiment à la marge ».
Dans ce contexte, l’arrivée de personnes extérieures n’est pas toujours bien vue, et les représentants de la CGT regrettent la manière d’employer les moyens :
« Si nous étions en nombre suffisant pour accompagner les personnes, nous pourrions participer à ce travail d’identification de dérives. Mais on constate aujourd’hui qu’il y a soudainement énormément d’argent pour embaucher des contractuels extérieurs à l’administration pénitentiaire ».
Une journée de formation mais pas pour tous
Le processus aurait du mal à se mettre en place en raison d’une gestion des profils du personnel pas tout à fait adaptée, d’après les syndicats et certains CPIP. Une conseillère regrette ainsi que les CPIP ne soient pas assez pris en compte dans cette orientation d’identification de radicalisation :
« Nous ne sommes pas considérés comme étant en première ligne. Pourtant, nous suivons chacun en moyenne 130 individus, avec qui nous sommes évidemment régulièrement en contact. Mais nous ne sommes pas inclus dans le dispositif anti-radicalisation ».
Cela alors que le métier consiste à établir une relation de confiance avec la personne et à la réinsérer socialement. Elle explique qu’une seule journée de formation a été proposée pour le moment :
« Ceux qui ont eu le temps d’y aller sont restés sur leur faim. On oublie qu’il y a des outils et du personnel déjà existant. On a le potentiel pour faire ce travail d’identification et d’accompagnement. Ce qu’il faudrait, c’est de l’organisation et une meilleure formation ».
Emmanuelle Wilt suggère que cela serait plus efficace et plus approprié de mobiliser les conseillers :
« L’isolement, l’enfermement, cela peut être judicieux pour une personne, mais contre-productive pour une autre. Il y a autant de réponses que d’individus. Ce sont les professionnels de terrain, qui suivent les personnes depuis longtemps, qui peuvent faire cette analyse du comportement et trouver la réponse adéquate, tout cela dans une démarche pluridisciplinaire ».
L’amertume de ne pas avoir davantage été considéré lors l’élaboration du plan et des premiers pas encore approximatifs augure de nouveaux échanges tendus entre l’administration pénitentiaire et ses conseillers d’insertion pour son application concrète.
Raconter des histoires, cela peut être un métier. On dénombre une trentaine de conteurs professionnels en Alsace. Rencontres en vidéos avec ceux qui ont fait de la transmission de l’imaginaire, leur gagne-pain quotidien.
Il était une fois, dans une contrée verdoyante et merveilleuse, l’Alsace, l’histoire de femmes et d’hommes qui avaient fait de la narration un métier.
Les conteurs professionnels — car c’est ainsi qu’on les nomme — gagnaient leur vie en relatant des récits anciens et des histoires enchanteresses. Certains mettaient en scène des classiques revisités, d’autres préféraient s’installer seul face au public, captivant leur auditoire à la seule intensité de leur voix.
Une trentaine en Alsace
Tous, pourtant, avaient quelque chose en commun : ils voulaient transmettre ces histoires hors de l’espace et du temps, interpellant notre conscience et notre manière d’être par la simplicité de la philosophie du conte.
Un peu crispé avant le début du spectacle, Lénaïc Eberlin vérifie ses ustensiles. (Photo: BB/Rue89 Strasbourg)
En 2016, ce métier insoupçonné, que l’on pourrait croire en voie de disparition, connaît un certain succès en Alsace. Près de 30 conteurs professionnels sont regroupés, depuis 2007, dans l’association Oralsace. Comment ont-ils reçu « l’appel du conte » et fait du verbe un métier ?
Des parcours bigarrés
Pour beaucoup, le fait d’être devenu conteur est une forme de coup du destin. Pour reprendre le terme d’Innocent Yapi, c’est bien un « appel du conte » qui les embarque dans ce métier. Conteur en Alsace depuis 1997, il explique que le conte est venu à lui de façon fortuite :
« Quand j’étais étudiant en droit et comptabilité, je déclamais beaucoup de poèmes et participais à quelques pièces de théâtre. Un jour, on m’a proposé de lire des poèmes lors d’un événement à Woerth. La personne s’était vraiment trompé, puisqu’en fait, on cherchait un conteur. J’ai donc conté ! (…) Mais ça a été un long processus, c’est pour cela que je parle d’ “appel du conte“. »
Trois ans plus tard, tandis qu’il réalise quelques spectacles de-ci, de-là, on lui propose de venir conter dans une ferme-auberge près de Strasbourg. À partir de ce moment, Innocent Yapi se met à conter de manière plus professionnelle. Une conteuse devient sa « marraine » et lui permet de participer à des festivals hors de l’Alsace, tout en donnant des cours de conte.
« Un jour, on m’a dit : “Quand Dieu t’a donné un talent, ce n’est pas pour toi, mais pour les autres !” Alors j’ai dit d’accord ! (Rires) J’ai toujours aimé transmettre et partager. »
Des miroirs de la vie
Nicole Docin-Julien aussi considère qu’il y a quelque chose de l’ordre du destin dans ce qui l’a emmené à exercer ce métier. Autrefois conseillère en communication et relation humaine, elle est devenue conteuse après que plusieurs de ses clients, travaillant à la mairie de Strasbourg et au Conseil général, lui aient proposé d’intervenir dans des médiathèques :
« En exerçant mon métier, l’idée m’est venue de proposer certains contes en miroir à des étapes de vie, à des difficultés, des crises ou des remises en question. Et les personnes sur lesquelles j’intervenais trouvaient intéressante cette liaison entre psychologie et symboles. Cette métaphore du conte. Je me suis souvenu des contes que j’aimais beaucoup lire, petite fille, et ils me sont apparus comme des miroirs de notre propre vie psychique. »
C’est dans certains quartiers difficiles de la ville, auprès des jeunes, qu’elle s’essaie pour la première fois au métier de conteuse.
« C’était difficile ! Je ne savais pas du tout comment gérer les enfants. Les premiers temps, je rentrais chez moi et dormais directement durant trois heures. Je me suis dit qu’il fallait les cadrer et les captiver. Alors je me suis mise à en lire, à les conter. Et le miracle est arrivé. »
Le conte, un récit hors du temps
Oralsace n’est pas vraiment une association de conteurs travaillant ensemble régulièrement. C’est plus un réseau, où chacun est emmené à participer selon ses disponibilités et objectifs du moment. Chaque année, ils se réunissent pourtant à Sélestat, au centre culturel l’Evasion, et donnent un spectacle commun. Les conteurs participent également à différents festivals dans la région ou en organisent. Ainsi, en juin dernier, le festival Couleurs Conte organisé par Nicole Docin-Julien a fêté ses dix ans d’existence. Des conteurs de tous les répertoires s’y sont rendus : contes philosophiques, moraux, merveilleux… Le conte prend de multiples formes orales et scénographiques. Comme le souligne Innocent Yapi :
« C’est comme du lait ou de l’eau que tu verses dans un récipient : il prend sa forme. Mais en même temps, il y a quelque chose qui reste : le conteur doit avoir cette conscience de la puissance du mot, du verbe. Dans la manière dont on exprime le mot, on emmène le rythme, la force. Il doit montrer comment il est vivant. Et là on en fait quelque chose, on crée de la matière. (…) Ce qui fait peut-être le conte, c’est son aura d’ancienneté et son côté sacré. On ne peut pas le situer dans l’espace et le temps, c’est quelque chose de patiné qui interpelle directement notre conscience en ayant l’air de rien. »
En plein spectacle de conte (photo BB / Rue89 Strasbourg)
Dans le discours des conteurs, on sent quelque chose de l’ordre de la transcendance dans l’histoire transmise à l’autre. Lénaïc Eberlin, de la compagnie Bardaf, a une vision peut-être plus contemporaine du conte : il utilise une scénographie plus poussée, fait appel à des auteurs et des metteurs en scène, joue avec les ustensiles et les objets.
« J’essaie d’utiliser le patrimoine traditionnel que portent les histoires, c’est-à-dire leur canevas, leur background, leur signification profonde, en les frottant à ma propre histoire. Que je rends fictionnelle, donc. Le conteur aujourd’hui, il est à l’écoute du monde et à l’écoute de lui-même et il faudrait qu’il ait du temps pour écouter les histoires des gens. »
Hansel & Bretzel
Lénaïc Eberlin et la compagnie Bardaf donnaient justement un spectacle au Vaisseau, du 12 au 31 juillet dernier. « Les yeux plus gros que le ventre, ou la véritable histoire de Hanzel et Bretzel » est un conte culinaire, un objet incongru et difficilement identifiable, entre le théâtre et le conte, mais tout en saveur, explosif, épicé et coloré.
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Sur le plateau, un personnage joue à l’apprenti alchimiste avec des ustensiles de cuisine et nous raconte sa propre histoire. Sa relation avec l’alimentation, le lien profond avec sa grand-mère. Et, en filigrane, l’histoire des frères Grimm commence à s’inscrire dans le récit. Sans s’en rendre compte, le spectateur est transporté vers cette histoire universelle grâce à la cuisine. Car avant d’embrasser le conte, Lénaïc Eberlin fut d’abord cuisinier.
« Gamin déjà, j’adorais mettre sans dessus-dessous la cuisine de mes parents. La cuisine m’a vite passionné, aussi parce que c’est un moyen de partage. Mais quand tu arrives dans la restauration, c’est assez hard. La cuisine me passionnait mais la restauration m’écœurait. (…) C’est la rencontre avec le milieu de l’éducation populaire, l’éducation nature et environnement, qui m’a redonné goût avec la cuisine, où j’ai retrouvé ce temps de partage. La transition s’est faite comme ça, par le métier d’animateur. En sortant du lycée, j’allais aussi à énormément de spectacle. Alors je me suis dit que j’allais en créer un avec une soupe. Et c’est venu. »
La fumée, ça fait toujours son effet (photo BB / Rue89 Strasbourg)
Festival à Muttersholtz du 26 au 28 août
Dans Hansel et Bretzel, le partage a une place centrale. Le public est emmené à participer à plusieurs reprises, tant pour donner son avis que pour se goinfrer de la maison en pain d’épice concoctée par le comédien. Le tout est rythmé par des jeux de lumières, de la musique, une voix off caverneuse et une mise en scène soignée. On est loin de la diction classique du conte, où le conteur ne fait appel qu’à ses capacités oratoires. Pourtant, la substance originale de ces récits est conservée : cette idée de transmettre un message à travers, un coin de vérité, à travers le conte.
« Pour moi, dans ce spectacle, la cuisine, c’est la capacité qu’on a à faire de nous-même. C’est le Do it yourself. On a un pouvoir de transformation, avec nos mains. Ça peut être un ébéniste avec sa planche, un gamin devant sa feuille de dessin. C’est l’envie de créer et de transformer. »
À la fin du mois, la compagnie Bardaf organise également un festival de conte : l’Avide Jardin, coorganisé avec l’association Azimut, qui se tiendra du 26 au 28 août à Muttersholtz. Des conteurs de Oralsace, comme Fred Duvaud, viendront déclamer des contes. Lénaïc Eberlin produira, pour sa part, un nouveau conte culinaire. Le teaser est disponible ici.
Fermée depuis l’été 2015, la Maison Mimir, lieu alternatif et solidaire de la Krutenau, pourra rouvrir au début de l’automne, après d’important travaux de mise aux normes et un financement participatif réussi.
Eugénie, nouvelle présidente de l’association « pour les six prochains mois », explique :
« On s’est fixés comme objectif de rouvrir d’ici à l’automne. On est en train de tout faire pour que ça arrive. »
Les travaux sont bientôt terminés (photo TU / Rue89 Strasbourg)
Lieu atypique, cet ancien squat légalisé en 2013 est un mini-centre social auto-géré. Jusqu’à sa fermeture pour mise aux normes, il proposait des événements conviviaux, culturels, un bar à prix libre sans alcool, le Barakawa ou un service de bagagerie notamment pour les plus démunis. Quelques personnes habitaient dans les étages.
Une ré-ouverture simple : seulement le bar pour commencer
Lors de l’appel aux dons au printemps, les Mimiriens avaient prévu 8 paliers, jusqu’à 100 00 euros. Comme souvent lors des financements participatifs (dont celui de Rue89 Strasbourg en juin 2015), le premier objectif a été atteint – celui qui permet d’activer les dons alors que dans le cas contraire tout le monde est remboursé – mais pas les suivants. C’est donc pour le moment une ré-ouverture du rez-de-chaussé, le Barakawa et sa nouvelle cuisine qui sont prévus.
Comme promis, mise aux normes de l’électricité, assainissement des structures et optimisation des canalisations seront opérés d’ici là. Une rampe et des WC pour les personnes en situation de handicap pourront également être installés.
Les Mimiriens ont fait appel aux ateliers NA, une association d’élèves de l’école d’ingénieur et d’architecte de l’INSA (photo TU / Rue89 Strasbourg)
À terme, l’association souhaite poursuivre l’ensemble des activités qu’elle entreprenait avant sa fermeture. Pour l’instant, elle manque des financements nécessaires à cet objectif. Ses membres envisagent de relancer un appel aux dons pour rouvrir la « poutch », salle dans laquelle se déroulaient habituellement les concerts.
Un été au club-house. – Le club-house de l’École d’Équitation du Waldhof – l’une des plus huppées de Strasbourg – est un lieu de repos et de partage. Réunis autour d’une passion commune, les cavaliers échangent de précieux conseils mais expriment aussi leurs mécontentements et leurs inquiétudes.
Moquette au sol, nappes en tissu coloré sur les tables, grandes baies vitrées donnant sur le manège intérieur d’où l’on peut voir chevaux et cavaliers travailler, tableaux, peintures, gravures et dessins en tous genres de chevaux accrochés sur des murs en bois fraîchement peint en blanc, une collection de fer à cheval dans une valise vintage, pas de doute nous sommes bien au Relais : le club-house très cozy de l’école d’équitation du Waldhof.
Véronique, gérante du club-house Le Relais (photo LL / Rue89 Strasbourg / cc)
Fermé durant deux ans au plus grand regret des usagers, il est redevenu un point névralgique du centre équestre de La Wantzenau. Il a fallu toute l’énergie et la motivation de Véronique David, maman de cavalière et photographe de métier, pour faire revivre ce lieu et le rendre agréable :
« J’ai fait une proposition à la ville de Strasbourg à qui appartiennent les locaux et mon projet leur a plu. Je tiens une buvette, je propose de la petite restauration rapide et un plat du jour. Je suis ouverte 5 jours dans la semaine aux horaires des reprises. »
La terrasse improvisée du club-house (photo LL / Rue89 Strasbourg / cc)
Chiens, chevaux et cheveux
Situé au premier étage d’un grand bâtiment, seuls les chevaux ne peuvent pas monter les grands escaliers qui mènent au Relais. Les chiens, très nombreux, se courent après et viennent également se désaltérer au club-house. Un chiot renverse la gamelle d’eau mise à disposition de ces usagers à quatre pattes, mais ce n’est pas Véronique qui va s’en offusquer.
« Ce lieu est ouvert à tous. Ici, il y a quasiment autant de chiens que d’humains, car il y a peu de cavaliers sans chien. Moi aussi j’en ai un, Circus. Il vient de Roumanie, il a été sauvé par une association qui milite pour sauver les chiens des chenils roumains. »
Palefrenière, cavalière, et propriétaires réunies autour d’un verre (photo LL / Rue89 Strasbourg / cc)
Ce samedi, c’est l’effervescence. La fille de Véronique, Léa-Marie, donne un coup de main au bar tandis que son petit frère joue aux jeux vidéo sur une tablette. Marie-Aude, une propriétaire surnommée maître Yoda, connue pour ses réflexions décalées et son franc parler s’installe au bar et discute avec une jeune palefrenière.
Au même moment, une femme qui semble plus inquiète pour les chevaux que pour leurs propriétaires, passe la tête par la porte et lance à la volée, sans ménagement et sur un air de reproche :
« Ton cheval galope dans le pré. Il doit être énervé par les moustiques »
Véro, comme l’appellent les habitués, est occupée à couper la frange de Sylvie, une coach de dressage. Toujours prête à rendre service, elle s’est improvisée coiffeuse pour libérer Sylvie de sa mèche rebelle avant son cours.
À la recherche du nouveau directeur
Dans tout ce tumulte, une question revient sur toutes les lèvres :
« Quelqu’un a-t-il vu le nouveau directeur ? »
Il doit prendre ses fonctions bientôt et serait de passage au club. La rumeur se repend comme une traînée de poudre. Le club équestre, géré sous forme associative, n’a plus eu de directeur depuis des années. Il est donc très attendu. On se questionne, on échange de rares informations. Son nom, Thierry Bonno circule, mais on ne le verra pas au club-house. Faute à la mésentente entre le président du centre équestre, Yves Tazelmati, et Véronique.
Ce samedi là, comme quasiment tous les jours depuis des années, Jacques Nicquet, est de passage. Devenu une légende vivante, le propriétaire de la jument Juvénile, enseigne bénévolement. Il rejoint son ami Patrick, et s’installe sur un des tabourets du bar :
« Je travaille pour le club depuis que je suis retraité, plutôt que de m’ennuyer chez moi. Je viens souvent le dimanche, je m’occupe des débutants, mais j’en ai un peu marre. Aujourd’hui, on demande aux moniteurs d’être des animateurs, plus des instructeurs. Et du côté des cavaliers règne le culte de l’immodestie. »
Patrick Poli, l’ex-cavalier le plus élégant du Waldhof (photo LL/ Rue89 Strasbourg/ cc)
La grande époque du Waldhof est révolue
Dignement installé au bar, Patrick, élégant dans sa rutilante chemise blanche, 35 ans d’équitation derrière lui, sirote une menthe à l’eau et abonde dans le sens de Jacques :
« J’ai une grande idée de l’équitation. Je garde un souvenir napoléonien de mon passage à cheval. Malheureusement, l’équitation est tombée dans le domaine du loisir de masse. La FFE (Fédération Française d’Équitation) a mis en avant des disciplines comme le pony games. Les gens sont bercés dans l’illusion extraordinaire qu’ils savent monter à cheval. L’équitation devrait rester une école, pas un amusement. »
Le cavalier le plus élégant du club, toujours chaussé de belles bottes de cuir noir ciré et vêtu d’une redingote pour monter à cheval, a raccroché ses éperons il y a quelques années déjà. Il demeure un des piliers du club-house, incapable de se passer de la présence des chevaux.
L’ombre des heures sombres du club plane toujours
Autour d’une boisson fraîche – il fait très chaud ce jour-là – les deux compères Patrick et Jacques discutent chevaux mais aussi gestion. Le Comité directeur élu fin 2015 a de nombreux détracteurs, et son président est très critiqué au comptoir, même si la décision d’embaucher un directeur fait l’unanimité. L’angoisse provoquée par les mauvais souvenirs d’un club en déroute sont encore très présents dans les esprits.
2012, l’année noire, n’est pas si loin. L’association, alors sous la présidence de Patrick Mondejar, déposait le bilan à cause d’une dette de près d’un million d’euros. À l’époque, Jacques avait demandé le redressement judiciaire avant de succéder un temps à la présidence du club.
Marc et sa femme continuent de venir régulièrement déjeuner au club-house (photo LL / Rue89 Strasbourg / cc)
À l’heure du déjeuner
Amar, palefrenier depuis 2001, mange quotidiennement sur place. Pratique et pas cher. À la table d’à côté, un couple d’habitués continue de déjeuner au club alors que leur fille ne monte plus ici. Sur les larges escaliers métalliques qui tiennent lieu de terrasse, et dans le restaurant, des cavaliers s’installent avec un sandwich tiré du sac. Le papa d’une cavalière discute avec Véro en attendant la fin de la leçon :
« On a l’impression d’être en famille ici. Véro est toujours là pour nos enfants. Souvent le mercredi, ils font même leurs devoirs ici. C’est lieu indispensable où tout le monde se retrouve. Les leçons d’équitation durent longtemps, si j’avais dû attendre deux heures dans le froid en hiver, je n’aurais certainement pas inscrit ma fille ici. »
Devant lui, sur le bar, quelques pages imprimées sont à disposition pour présenter les Hugogo. Une association pour les chevaux du club mis à la retraite au pré. La cagnotte destinée aux dons a disparu du bar car Véronique a constaté qu’elle restait vide.
« Elle était posée là, mais peu de personnes pensaient à faire des dons. J’ai donc décidé de mettre mes pourboires de côté pour l’association. Depuis que les cavaliers savent que je fais ça, ils laissent un peu plus de pourboire, et on arrive à récolter une centaine d’euros par mois. »
Léa-Marie et son jeune cheval Nadir (photo LL / Rue89 Strasbourg / cc)
Échanges de bons procédés à la veille des vacances
Plus tard ce sont trois employés d’une ferme de la Wantzenau qui se désaltèrent après avoir déchargé des bottes de foin, tandis que des propriétaires échangent leurs numéros et notent les dernières consignes avant leur départ en vacances :
« Je suis rassurée de savoir que d’autres propriétaires veillent sur mon cheval en mon absence, qu’elles vont vérifier l’eau et qu’en cas d’urgence elles pourront tout de suite appeler le vétérinaire. Hier soir, mon fils de 11 ans était en larmes. Il s’inquiète de laisser son poney seul pendant les vacances car l’année dernière nous avons failli le perdre à cause d’une colique. »
Isabelle, propriétaire de Fürst Piccolo, en pension ici depuis quelques mois seulement a déjà noué de nombreux liens avec d’autres cavaliers avec qui elle échange de bons conseils équestres :
« Lorsqu’on s’occupe de son cheval on n’a pas le temps de discuter. On est concentré sur son cheval. C’est un atout de l’équitation, ce sport permet de se couper de ce monde hyper connecté. Au club-house on réapprend à parler, c’est un lieu qui permet de recréer du lien dans notre société de plus en plus individualiste. »
Chloé et sa famille (photo LL / Rue89 Strasbourg / cc)
L’équitation réservé à une autre classe sociale
Malgré tout, monter au club-house n’est pas une évidence pour tous. Dans la cour, au milieu des écuries, la mamie de Chloé ne se sent pas à son aise :
« J’aide ma fille qui s’occupe seule de ses deux enfants. D’habitude, je les accompagne au judo ou au foot. J’ai l’impression qu’ici c’est un peu plus snob. On n’est pas de la même classe sociale. »
Chloé, 7 ans, rêve de pratiquer l’équitation. Accompagnée de toute sa famille : sa maman, son frère, sa tante, et sa mamie, elle est venue faire ses trois leçons d’essai qu’elle a reçu en cadeau de Noël.
« La leçon de poney était très très très (répété à minima neuf fois) bien. »
Sa maman trouve que le prix des leçons est raisonnable, mais l’organisation nécessaire pour se rendre en transport en commun de Schiltigheim à la Wantzenau reste un frein à l’inscription de sa fille.
Le retour du championnat de France de Lamotte (photo LL / Rue89 Strasbourg / cc)
Retour du championnat de France
Au début d’après-midi, des fenêtres du club-house, on aperçoit le camion qui revient du championnat de France d’équitation de Lamotte. Les jeunes cavalières déchargent leurs affaires. L’une d’elle présente avec fierté sa nouvelle selle surnommée « bébé cuir » à ses amies.
Les six cavalières, leurs six poneys, leur monitrice et deux parents accompagnateurs sont épuisés après huit jours de compétition. Coralie, monitrice d’équitation, est ravie de cette première sortie à Lamotte :
« Les parents ont vraiment joué le jeu. Ils se sont relayés pour soutenir leurs enfants mais aussi gérer les repas. C’est aussi un investissement financier. Sur place, tout est plus cher : la paille, le foin. Il faut loger cavaliers et chevaux. Louer un poney si l’on ne possède pas le sien. Il faut compter un budget d’au moins 1 300 € par cavalier. »
Les cavalières après huit jours de compétition (photo LL/ Rue89 Strasbourg / cc)
Pas de podiums pour les filles, mais des flots et surtout une très belle expérience.
En pleine Foire aux vins de Colmar édition 2016, le quotidien régional l’Alsace se projette dans l’année suivante. Traditionnellement, cette foire commerciale adossée à des concerts se déroule en août sur une dizaine de jours, pour se terminer autour du 15 août. Mais l’an prochain, les organisateurs ont choisi d’avancer le début du festival (nous évoquions le sujet en 2012) au 27 juillet, pour se terminer le 6 août. La raison ? Une majorité des artistes arrêteraient leur tournée le 1er août explique le programmateur du festival, Claude Lebourgeois.
La Foire aux vins avancée, les Eurocks reculées
De son côté, l’un des plus grands festivals musical de France, les Eurockéennes de Belfort, a choisi le week-end des 7, 8 et 9 juillet pour ses trois jours de concerts sur la presqu’île du lac Malsaucy en 2017. D’habitude, le festival belfortain se tient le premier week-end de juillet, mais débuter le vendredi 30 juin semblait un peu trop précoce.
Dans ces conditions, le journal alsacien s’interroge sur les conséquences du rapprochement des dates dans la future programmation des deux événements. Si le responsable de la communication des « Eurock’ » Hervé Casteran parle de « bonne intelligence » entre les deux équipes, la concurrence pourrait néanmoins jouer sur « deux ou trois artistes », selon le programmateur de la Foire aux vins.
Envie de mettre son estomac à l’heure d’été sans avoir besoin d’avaler des kilomètres ? Voici une carte des rares endroits où vous pouvez alimenter de bonnes braises en toute légalité à proximité de Strasbourg.
« Les feux sont interdits, de même que les barbecues, sauf autorisation spécifique, et à l’exception des lieux où un emplacement est spécialement aménagé à cet effet (et signalé par un panonceau). »
Nous sommes partis à la recherche de ces lieux. Dans tous les cas, il faut amener votre propre grille y disposer la nourriture. En plein cœur de la ville, au square Louise Weiss de la petite France, deux barbecues sont mis à disposition des riverains. Ces installations en libre service ont pour but de profiter aux familles n’ayant ni balcon, ni jardin.
Un des deux barbecues à disposition au square Louise Weiss (photo Strasbourg Tourisme / Pinterest)
À la périphérie du centre-ville
Deux grandes gravières de l’agglomération autorisent les barbecues. Le plan d’eau du Baggersee à Illkirch-Graffenstaden et de la Ballastière à Bischheim sont souvent pris d’assaut par les amateurs de viande grillée. Ces deux anciennes gravières accessibles à vélo proposent également de nombreuses activités sportives et la baignade y est surveillée durant les beaux jours.
À la plaine des jeux de Hautepierre et au parc de la Bergerie de Cronenbourg, on peut voir des familles ou des groupes d’amis partager un repas autour d’un bon feu. Attention cependant, car si des foyers existent, ils ne sont pas officiels, et l’on s’expose à une contravention, tout comme au lac Achard d’Illkirch-Graffenstaden où le surveillant de baignade rappelle que :
« Il est strictement interdit de faire du feu à l’intérieur et jusqu’à une distance de 200 mètres des forêts. Cette interdiction vise aussi les barbecues. »
En revanche à l’Elsau, le square Robert Kuven, près de l’arrêt de tram, propose quatre foyers de barbecue prêts à l’emploi et une grande table pour déguster les merguez.
Les jardins familiaux
Pour ceux qui ont la chance d’avoir un jardin familial – ou une connaissance possédant un jardin familial – sachez que les barbecues au charbon de bois y sont autorisés dans le respect de ses voisins riverains et jardiniers.
De l’autre côté de la frontière
Si vous avez un bon coup de pédale vous pouvez vous rendre à la gravière de Kork, juste derrière Kehl. Il est autorisé d’y faire ses grillades et elle demeure moins fréquentée que le Baggersee ou la Ballastière.
Côté allemand, d’autres emplacements sont aménagés pour les grillades mais il vous faudra prendre la voiture. En remontant un peu vers le nord, vous pourrez vous installer à la gravière d’Helmlingen en partant de Kehl et en dépassant Rheinau (au niveau d’Offendorf côté français) ou bien organiser un véritable dîner à Gamshurst près d’Achern où 60 personnes peuvent être accueillies.
À domicile
Pour les propriétaires, pas de souci. En revanche, si vous vivez en copropriété et que vous possédez un balcon, renseignez-vous auprès de votre syndic ou de votre concierge. De nombreuses copropriétés interdisent les barbecues pour des raisons plus ou moins valables. Mais il peut être fait exception pour les barbecues électriques.
D’autres adresses de barbecues près de Strasbourg ? Laissez vos bons plans en commentaire.