Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Sur l’étang du Rohrkopf, la fable de la carpe et du cou du coq

Sur l’étang du Rohrkopf, la fable de la carpe et du cou du coq

Un été au club-house – L’étang du Rohrkopf, c’est un petit coin de paradis isolé, à dix minutes de Strasbourg. On pêche la carpe, on fabrique des mouches et on taille la bavette, sous un soleil de plomb dominical. Hervé, fondateur des lieux, accueille le visiteur avec des anecdotes inépuisables et une science de la pêche à toute épreuve.

Le port aux pétroles de Strasbourg. Ses usines, ses terrains vagues et ses sites pollués. Puis, à quelques centaines de mètres, sur la route du Glaserswoerth, enclavé entre le Rhin et la forêt de la Robertsau, un véritable coin de paradis insoupçonné : l’étang du Rohrkopf. Totalement préservé et à l’ombre des grands arbres, il abrite les locaux du Club Mouche 67, le plus vieux club de pêche à la mouche de la région, où plus de 400 pêcheurs en herbe ont été formés depuis 1984.

De la verdure, de la nature et encore de la verdure à l'étang du Rohrkopf. (Photo: BB/ Rue89Strasbourg)
De la verdure, de la nature et encore de la verdure à l’étang du Rohrkopf. (Photo BB/ Rue89 Strasbourg)

Mais ce dimanche matin de juillet, il n’y a pas grand monde autour de l’étang ou du chalet, siège du club et de l’AAPPMA (Association Agréée pour la Pêche et la Protection des Milieux Aquatiques). Il faut dire que le Club Mouche 67 est ouvert tous les dimanches et jours fériés, toute l’année, et que l’été, c’est plutôt la morte saison ici. Autour de l’étang, profond de plus de six mètres et doté d’une réserve pour le repos des poissons, de rares amateurs pêchent dans la quiétude la plus totale.

Un peu de chirurgie avec le cou du coq

Hervé Bub, lui, est bien présent et fidèle au poste. À 78 ans, le fondateur du club est toujours frais comme un gardon. Retraité, ancien électricien, il a écrit un ouvrage sur les insectes éphémères et rempli le chalet du club de ses croquis de bestioles. Totalement passionné par son sujet, fin érudit de la faune et la flore de la région, Hervé est de ces puits de science anonymes qui ont énormément à partager à qui veut bien les écouter :

« C’est comme les docteurs. J’ai toujours été minutieux, avec la passion du détail et de la chose exacte. Ça fait trente ans que j’anime le club et j’ai pu partager beaucoup de choses. Par exemple, l’impact du système solaire ou de la lune sur les poissons ! Tout ça, ça peut animer une après-midi. On fait régulièrement des après-midi où on mange ensemble, on parle pêche, on échange, quoi. »

Au mur, les croquis de Hervé Bub décorent le chalet de pêche. (Photo: BB/ Rue89 Strasbourg)
Au mur, les croquis de Hervé Bub décorent le chalet de pêche. (Photo BB/ Rue89 Strasbourg)

Durant ces après-midi, chacun s’installe autour des deux grandes tables en bois du chalet et prépare sa petite compote. Entendre par là : chacun fabrique ses mouches, avant de partir à l’assaut des nombreuses carpes et autres brochets arpentant l’étang. Car on n’utilise jamais de véritables mouches, beaucoup trop fragiles pour la pêche. Hervé, attelé sur sa « coiffeuse » à mouche, explique :

« Si vous accrochez une mouche naturelle, elle ne tiendra pas. Lorsqu’on fait le geste de lancer, ça claque. La vitesse atteint presque le mur du son, parfois. C’est trop pour une mouche naturelle. Pour fabriquer les mouches, on fait un corps et des pattes, avec des plumes de coup de coq. C’est un petit peu de chirurgie, pour ainsi dire. »

Hervé, en pleine création de mouche. (Photo: BB/ Rue89 Strasbourg)
Hervé, en pleine création de mouche. (Photo BB/ Rue89 Strasbourg)
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Il existe différentes « mouches » en fonction des poissons, de la profondeur que l’on cherche. Les couleurs impactent aussi. (Photo: BB/ Rue89 Strasbourg)

La carpe, cet animal malin

Résultat ? Les pêcheurs du Club Mouche 67 attrapent de sacrés monstres. Tous les poissons attrapés par les membres du club sont remis à l’eau, dans la réserve ou dans l’étang. Exceptés quelques bestiaux, particulièrement épais et voraces, qui atteignent parfois plus de huit kilos ou plus de deux mètres de long. Ceux-là, pour ne pas qu’ils rabotent de leurs crocs acérés tout l’écosystème vivant dans étang, sont envoyés dans le Rhin. Pour le plus grand plaisir de tous les pêcheurs alentours.

Souvenir d'une fameuse session de pêche de l'hiver. (Photo: BB/ Rue89 Strasbourg)
Souvenir d’une fameuse session de pêche de l’hiver. (Photo BB/ Rue89 Strasbourg)

C’est l’heure de la démonstration. Patrick, le fils d’Hervé qui a repris les rênes du club, torse nu sous un soleil déjà bien haut, casquette vissée sur la tête, est à la lutte avec ses poissons depuis le matin. Visiblement, il se sent d’attaque :

« On va prendre un poisson pour monsieur ? »

Dans la réserve, il envoie quelques quignons de pains pour attirer les chalands aquatiques. Rapidement, une carpe pointe le bout de ses écailles. Ça mord bien, sur l’étang de Rohrkopf. Mais il faudra déployer nombre de subtilités pour tirer ladite carpe de son lit. Patrick tire, lâche du mou, attrape l’épuisette… Puis recommence. Finalement, la grosse jaunâtre finit par se laisse prendre. Avant d’être, bien sûr, relâchée.

La carpe face à son destin. (Photo: BB/ Rue89 Strasbourg)
La carpe face à son destin. (Photo BB/ Rue89 Strasbourg)
Un matou observe tranquillement la scène. "Le déjeuner?", se demande-t-il. (Photo: BB/Rue89 Strasbourg)
Un matou observe tranquillement la scène. « Le déjeuner ? », se demande-t-il. (Photo BB/Rue89 Strasbourg)

Plus loin, quelques pêcheurs profitent de leur dimanche. Chacun est dans son petit coin de verdure, aucun n’est vraiment loquace. Il faut dire que la pêche, c’est aussi la joie du silence et de la tranquillité, loin des aléas du quotidien et des bruits de la ville ou du travail.

Alain, garde-pêche de l’étang, s’installe au même endroit depuis 25 ans. Lui, il pêche la carpe et laisse aux autres le soin d’attraper le menu fretin. Il sait précisément comment ferrer les animaux aquatiques, mais préfère donner dans la difficulté. Au lieu de lancer le hameçon exactement où ça mordrait, il attend de les laisser venir :

« Je préfère en attraper deux grosses dans une journée que quinze petites. C’est le challenge qui m’intéresse. »

Et pour l’augmenter, il refuse qu’on ajoute des poissons dans l’étang. Contrairement à la demande de certains pêcheurs :

« Depuis quatre ou cinq ans, on me le demande souvent. Mais c’est hors de question. La pêche dans l’étang perdrait toute sa difficulté. Maintenant, les animaux ici ont l’habitude des pêcheurs et sont plus méfiants, mais c’est ça qui fait le jeu ! »

On attend que ça mort ! (Photo: BB/ Rue89 Strasbourg)
On attend que ça morde ! (Photo BB/ Rue89 Strasbourg)
Un peu plus loin, deux autres membres du club sont aussi bien installés. (Photo: BB/ Rue89 Strasbourg)
Un peu plus loin, deux autres membres du club sont aussi bien installés. (Photo BB/ Rue89 Strasbourg)

Les deux épines dans le poisson

Mais tout n’est pas parfait dans le petit monde du Club Mouche 67. En particulier, le club explique avoir de légers différents avec la mairie, notamment à cause de la zone Seveso  — réunissant des sites industriels à risques — à proximité. Dans le cadre du plan de prévention liés à ces sites, la municipalité a évoqué plusieurs fois l’hypothèse de fermer le quai Jacoutot et la route du Glaserswoerth, menant tout droit à l’étang. En 2015, il a finalement été décidé de fermer une partie du quai durant la nuit. Patrick reste dubitatif :

« On est vraiment dans un paradis ici, même si la Ville ne nous aide pas et nous fait comprendre qu’on est plus vraiment les bienvenus. Quand ils ont construit le Parlement, ils ont enlevé certains étangs là-bas, où l’on pêchait. Ils nous ont mis ici, avec un chalet brut et vétuste. Donc on a tout refait ici, sans aide ni entretien du lieu, et maintenant qu’on est bien installés, ils veulent nous délocaliser sans nous donner un autre site. »

Il faut dire que le site est loué par l’AAPPMA et le Club Mouche 67 à la Ville. D’où l’incompréhension de Patrick. Un autre problème vient perturber la tranquille vie du club : les braconniers. Comme les pêcheurs officiels ne viennent que le dimanche et les jours fériés, certains viennent pêcher illégalement en semaine. La fine clôture séparant les routes voisines du site ne protège pas vraiment des intrus.

Un totem pour la postérité

Mais au fond, ce n’est pas si grave : les poissons, eux, sont bien-là, tout en écailles, n’attendant qu’à être pêchés. Et, si le club de pêche à la mouche existe depuis 1984, l’association des pêcheurs de la Robertsau, elle, existe depuis 1903. Des braconniers, il y a eu d’autres et il y en aura d’autres. Alors, pour fêter cette longévité et l’unité du club, Hervé a fait construire un totem.

Dessus, on peut voir les signes du zodiaques, les dates de 1903 et 1984, ainsi que le nom de Léonard Baldner, premier naturaliste strasbourgeois, pêcheur, chasseur et inspirateur d’Hervé Bub.

Le totem sera installé prochainement. (Photo: BB/ Rue89 Strasbourg)
Le totem sera installé prochainement. (Photo BB/ Rue89 Strasbourg)

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Droit de réponse du maire de Niederhausbergen, Jean-Luc Herzog

Droit de réponse du maire de Niederhausbergen, Jean-Luc Herzog

Je me permets de vous apporter les éléments contradictoires relatifs à votre article.

Le Maire est l’expression de son conseil municipal et met en œuvre la politique définie. Il applique ses prérogatives en matière d’urbanisme dans le cadre de la loi.

Terres du Sud

Le programme des Terres du Sud a été voté à l’unanimité en conseil municipal le 15 janvier 2015 (15 voix sur 15). Il vient d’être soumis à enquête publique préfectorale du 13 juin au 22 juillet 2016 permettant à chaque concitoyen de s’exprimer pleinement. Ce programme répond aux obligations du Plan Local de l’Habitat de l’Eurométropole.

Salle culturelle

Le projet de salle culturelle et sportive assorti de son budget a été voté à l’unanimité en conseil municipal dès le 2 février 2015 (15 voix sur 15).  Il permet d’apporter une réponse à toutes nos associations et de développer 2 pôles émergents (Futsal et  danse sportive) avec l’aide de l’Etat, de la Région, et de la LAFA pour ne citer que les plus gros contributeurs. Plus de 700 licenciés et membres sont concernés. Sur un budget global de 3,9 M€, la commune n’empruntera que 1,6 M€ sans aucune incidence fiscale.

Brasserie

Concernant la brasserie, M. F. Julich ne dit pas que je l’ai soutenu en lui  attribuant d’emblée un permis de construire en date du 30 janvier 2015 pour construire son atelier de brasseur rue Mercière, et que son activité a démarré grâce à ce permis. 18 mois plus tard, il remet tout en cause !

Il a jeté son dévolu sur un  terrain agricole non constructible, terrain sur lequel son grand père a construit des baraquements dans les années 1980 sans jamais avoir obtenu un quelconque permis de construire ; les municipalités successives n’ont jamais accepté de régulariser cette situation ni de modifier le POS ou PLU de la commune en conséquence ; il en va de même pour notre municipalité actuelle. Une situation  de fait ne peut devenir une situation de droit !

Niederhausbergen Mairie
La mairie de Niederhausbergen (Photo Raunstein / Wikimedia Commons / cc)

AgriCoolTure

La manifestation musicale organisée par l’association Les Semailles de madame Wolf est soutenue et encouragée par la mairie ; une subvention est versée chaque année y compris en 2016 malgré une demande postérieure de 1 mois à ladite manifestation. D’ores et déjà, je l’ai encouragée à développer son projet pour l’accueillir dans notre nouvelle salle en 2018. On est très loin de ses propos.

Associations de riverains

Vous  citez 2 associations qui s’expriment contre nos projets communaux :

– L’une regroupe quelques riverains proches des terres du sud ! Ils ont pu s’exprimer lors de 2 réunions publiques et lors de l’enquête publique terminée voici quelques jours (6 demi-journées de présence du commissaire enquêteur).

– L’autre regroupe les propriétaires terriens concernés par le parcellaire des Terres du Sud qui font pression sur la commune pour obtenir beaucoup d’argent, soit un prix de l’are deux à trois fois supérieur au prix du marché eurométropolitain; la concession d’aménagement prévoit 4 500 euros alors que  les services des Domaines les ont valorisés à 2 300 euros. Ils en veulent 8 à 10 000 euros, soit ! Le même terrain sans projet municipal a une valeur de 45 euros l’are.

Enfin Mme C. Barbot, conseillère dissidente comme elle se déclare, est concernée à titre personnel par une cession de terrain ce qui explique sa dissidence soudaine 8 ans après ; elle est à l’initiative et membre de l’association des propriétaires et veut depuis lors être juge et partie pour obtenir un prix fort, ce que je refuse car il y a conflit d’intérêts. Elle a par ailleurs voté le projet de salle sportive qu’elle décrie aujourd’hui (3 délibérations successives en 2 années) ».

Du 31 juillet au 26 août, un bus à la place du tram entre Grand’Rue et Étoile Bourse

Du 31 juillet au 26 août, un bus à la place du tram entre Grand’Rue et Étoile Bourse

Les lignes de tram A et D seront interrompues entre les stations Langstross Grand’Rue et Etoile Bourse du dimanche 31 juillet au vendredi 26 août inclus. Pour ceux que la marche à pied ne tente pas, un bus de remplacement permettra de relier les deux stations, à raison d’un véhicule toutes les 7 minutes du lundi au samedi et toutes les 10 minutes le dimanche et le 15 août.

schéma explicatif (document CTS)
schéma explicatif (document CTS)

La Compagnie des Transports de Strasbourg (CTS) procédera à la rénovation de la station de tram Porte de l’hôpital et au remplacement de la courbe des rails.

Courbe porte de l'hôpital

La continuité du service sera assurée par des bus de remplacements :

    Au départ de la station Langstross Grand’rue, un cheminement piéton indiquera l’arrêt des bus de remplacement, situé rue de la Division Leclerc. L’arrêt Porte de l’Hôpital sera déplacé à l’angle de la rue de la 1ère armée et de la rue Sengenwald. Les arrêts Etoile Bourse et Etoile Polygone s’effectueront aux arrêts des lignes 14 et 24.

Les horaires de circulation des trams A et D seront légèrement modifiés pendant la dite période. Ils seront consultables dans chaque fiche horaires.

Malgré le contexte pesant, la Grande braderie à tout prix

Malgré le contexte pesant, la Grande braderie à tout prix

La mairie de Strasbourg et la Préfecture ont accepté la tenue de la Grande braderie à condition d’un sérieux renforcement de la sécurité. Pour soutenir les forces de l’ordre, l’association des Vitrines de Strasbourg, organisateur de l’événement, devra faire appel à des sociétés de sécurité privées. Les commerçants assureront une partie du surcoût d’une des plus grosses opérations de l’association.

Face à l’insistance des organisateurs, le préfet ainsi que le maire de Strasbourg, Roland Ries (PS), se sont ralliés à la tenue de la 58ème Grande Braderie ce samedi 30 juillet. Pour assurer la quiétude des milliers de visiteurs habituels, les commerçants sont tenus de se soumettre à des conditions de sécurité inédites. (voir notre article et notre carte plus bas)

La fête était pourtant loin d’être acquise après l’attentat du 14 juillet à Nice. Le lendemain, sur le plateau de France 3 Alsace, Roland Ries se disait réticent à la tenue de la braderie à Strasbourg :

« En accord avec M. le préfet, nous avons repéré des manifestations qui sont difficiles à sécuriser. Je pense au grand marché, qui est prévu le 30 juillet, la braderie. Elle s’étend sur toute la Ville. […] Vraisemblablement nous serons obligés de ne pas organiser cette braderie et je le regrette. »

Roland Ries au lendemain de l’attentat de Nice


Roland Ries invité du journal de 19h

Jusqu’alors, seul le dispositif habituel était prévu. Il n’y avait pas de plan B. Mais c’était sans compter sur la détermination de l’association des commerçants, les Vitrines de Strasbourg, organisateur de l’événement chaque année.

La décision n’a pas fait débat au sein du comité de direction de l’association, explique le président Gwenn Bauer :

« Nous avons pris la décision de maintenir l’événement si des conditions de sécurité acceptables pouvaient être mises en place. On était d’accord pour participer à la sécurité. Mais la décision finale revenait au préfet. »

C’est alors que s’engagent d’intenses tractations avec la Ville et la préfecture. Après six réunions entre le 15 et le 21 juillet, un dispositif similaire à celui du marché de Noël 2015, et même plus drastique, est décidé : filtrages policiers sur les différents ponts et aucun tram ou véhicule de 7h à 22h dans la grand Ile. D’autres réunions jusqu’au 30 juillet ont suivi pour affiner le dispositif. “On en fait beaucoup, mais pour la braderie le centre est de toute façon fermé les autres années”, minimise Gwenn Bauer. Le psychodrame colmarien est en tout cas évité (voir encadré).

Le directeur de l’association Pierre Bardet justifie ce maintien par des raisons aussi bien économiques que symboliques :

“Les trois derniers mois ont déjà été difficiles pour les commerçants locaux. La grande Braderie est l’occasion pour eux de passer un grand coup de balai. C’est une tradition que nous tenions à maintenir.”

Une bonne opération pour les Vitrines

Comme les illuminations du marché de Noël, la braderie est un événement organisé par la puissante association des Vitrines de Strasbourg. La Ville facture l’occupation de l’espace public (environ 20 000€ selon le directeur), puis l’association a ensuite les mains libres : re-facturer les emplacements aux commerçants (300€ pour 10 mètres et 261€ pour 8 mètres pour les non-sédentaires membres du syndicat des commerçants non-sédentaires du Bas-Rhin), décider des invités (cette année, il y en a trois, Frédéric François, Derya et Priscilla Betti), jusqu’à assurer le nettoyage le soir (15 000€ payés à la Ville de Strasbourg).

D’un budget d’environ 100 000 euros, la Grande Braderie est l’un des événements phare de l’association avec aussi les fêtes des vendanges et de Pâques, dont les recettes d’exploitations totales étaient de de 875 000 euros en 2014/2015 (environ 60% provient des illuminations de Noël). En 2012 et 2013, cette animation commerciale a permis de dégager 18 715 euros et 27 687 euros de bénéfice.

Contrepartie à la tenue de l’événement cette année, l’association a dû participer aux frais de sécurité supplémentaires, en faisant appel à la société Axial Protection, soit 30 personnes de plus. Un troisième poste de secours a aussi été pris en charge. Des frais de “quelques milliers d’euros” que Pierre Bardet dit avoir du mal à estimer à quelques jours de l’événement. Seule certitude, une partie sera répercutée sur les commerçants. Le chiffre de 30€ par commerce a été évoqué par plusieurs sources mais n’est pas confirmé par le directeur qui dispose néanmoins d’un accord de principe des participants.

Côté sécurité, chaque commerçant, sédentaire ou non-sédentaire a dû transmettre ses nom, prénom, date de naissance ainsi que l’identification de leur véhicule aux autorités. Les informations doivent passer par “trois fichiers de sécurisation”, raconte Pierre Bardet. Lorsqu’elle transmet ces informations par courrier, l’association fait savoir aux participants qu’elle “a tout fait” pour le maintien de l’événement et ajoute “croyez-bien que cela n’a pas été simple”. Un bon point à l’heure où certains adhérents hésitent à renouveler leur adhésion, parfois déçus par les polémiques autour des illuminations du marché de Noël.

Des commerçants dissuadés

Les nouvelles mesures ont dissuadé des commerçants de tenter leur chance cette année. À deux jours de l’événement, les estimations du nombre d’absents varient. Le 21 juillet, il était question selon les autorités “de 40 à 50 stands” en moins (sur 250 à 300 au total dans les rues, en plus des 700 commerces habituels), ceux prévus place Kléber.

Puis, les jours suivants ces commerçants sont simplement “déplacés” selon les organisateurs. Ils ne seraient que “quelques uns” à ne pas participer selon Pierre Bardet. Un peu plus si l’on écoute divers commerçants du marché Broglie mercredi matin. Par exemple, Hank, habitué de la place Kleber depuis 1992 a lui refusé le nouvel emplacement proposé. Ali (le prénom a été modifié), vendeur de vêtements, préférera le marché hebdomadaire d’Hautepierre :

“Des gens nous disent qu’ils ne viendront pas. Avec le côté forteresse au centre, on craint qu’il y ait peu de monde.”

Les premières semaines du marché de Noël 2015 sont restés dans quelques mémoires. D’autres, ne sont pas en mesure d’entreprendre seuls les allers-retours qu’impliquent ces nouvelles dispositions : décharger le véhicule, sortir le véhicule à l’extérieur, le soir faire la même chose. Le stand se retrouverait sans surveillance.

Jean-Pierre Husson, autre commerçant non-sédentaire habitué a eu plus de chance. Il a pu obtenir un meilleur emplacement grâce à son ancienneté. Malgré tout, il ne compte plus la braderie parmi ses ‘‘inévitables’’ :

« Maintenant on est à la limite de ne pas le refaire l’année prochaine »

Des renforts à Strasbourg, pas à Mulhouse

L’événement a nécessité des renforts de la part des forces de l’ordre. Sans préciser le nombre, les autorité ont annoncées des renforts supplémentaires pour sécuriser l’événement : des policiers en civils, des polices municipales et nationales et même des militaires de la zone Est de défense et de l’opération Sentinelle.

Un soutien exceptionnel que n’a pas obtenu de son côté le maire de Mulhouse Jean-Rottner (LR) le même jour, contraint d’annuler la soirée club’in des Nuits Rouges (les 5 autres événements les autres soirs sont maintenus) :

“On ne demandait pas grand chose, juste une demie-compagnie de gendarmes ou de CRS (soit 45 à 50 hommes NDRL), alors qu’on attend plus de 10 000 personnes. Avec l’état d’urgence, c’est la première fois qu’on ne les obtient pas. On l’a appris seulement après l’attentat de Nice. Dans ces conditions, je prends mes responsabilités pour la sécurité et ne fait pas subir de risque. Il y a 500 policiers qui surveillent Paris Plage, mais beaucoup d’exemple d’événements en province annulés.”

« s’y habituer » ?

C’est donc une braderie très particulière qui s’annonce. La fréquentation est la grande inconnue et risque de conditionner le retour de commerçants les années suivantes. Si un tel dispositif n’était pas imaginé avant l’attentat, le directeur de Vitrines pense qu’il faudra “s’y habituer” pour les grands événements.

En attendant de tirer des conclusions pour les années suivantes, c‘est en tout cas “un dispositif semblable à l’année dernière » qui se profile pour le marché de Noël de décembre 2016 a prévenu le maire de Strasbourg sur le plateau de France 3 Alsace.

Grande braderie : la CTS modifie les trajets des tramways et bus

Grande braderie : la CTS modifie les trajets des tramways et bus

À l’occasion de la Grande braderie, qui se tiendra ce samedi dans Strasbourg, la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) a détaillé son dispositif pour les trajets et les horaires des transports en commun.

Si vous avez encore de bonnes raisons de vous rendre à la Grande braderie, c’est l’occasion de savoir comment. La Ville avait déjà annoncé le déploiement d’importants dispositifs de sécurité aux abords de la grande-île et l’interdiction de circuler à l’intérieur. Durant la braderie, de 6h à 23h30, les tramways et les bus seront également interdits dans le périmètre. Les voies de tramways ne seront pas occupées par les commerçants, mais serviront au trafic des véhicules de sécurité.

Plusieurs lignes de tramways seront ainsi découpées en deux branches :

    La ligne A circulera de Parc des Sports à Ancienne Synagogue les Halles. Puis de Étoile Bourse à Illkirch-Graffenstaden. La ligne B circulera de Lingolsheim Tirgaertel à Faubourg National. Puis de Hoenheim Gare à République. La ligne D circulera de Aristide Briand à Étoile Bourse. Puis de Ancienne Synagogue les Halles à Poteries. La ligne C circulera uniquement entre Neuhof Rodolphe Reuss et République. La ligne F ne circulera pas.

Les stations à l’intérieur de la grande-île (Homme de Fer, Langstross Grand’Rue, e seront donc desservies par aucun tramway. De même que les stations Vieux Marché aux Vins, Broglie), ainsi que Porte de l’Hôpital, Faubourg de Saverne et Gare Centrale, tout comme la Place d’Islande au bout de la ligne F. En dehors de ces arrêts, les fréquences des tramways seront d’un tram toutes les 7 à 8 minutes.

Un tramway citadis gare centrale (Photo Viktor Brito / FlickR / cc)
Un tramway citadis gare centrale (Photo Viktor Brito / FlickR / cc)

La trajectoire de quelques lignes de bus changée, une navette ajoutée

Du côté des bus, la ligne de bus 4, qui lie Reichstett Mairie et Wolfisheim Stade, sera déviée entre Saint Gall et Place de Pierre. Ainsi, les arrêts Sainte Aurélie, Gare Centrale, Wilson et Travail seront exceptionnellement desservis.

De même, la ligne 6 dans le sens Hoenheim Gare jusqu’à Robertsau Pont Phario sera déviée entre les arrêts Wilson et Liberté. Les arrêts Gare Centrale, Travail, Palais des Fêtes, Place de Pierre, Vosges-Oberlin et Lamey seront desservis pour la journée.

Enfin, les lignes de bus 14 et 24 effectueront leur terminus à l’arrêt Porte de l’hôpital, à la place d’Ancienne Douane.

Malgré ces chamboulements, pour permettre aux personnes venues d’Illkirch, de Neudorf, du Neuhof et du sud de l’agglomération, d’accéder au centre-ville de Strasbourg et à la Grande Braderie, la CTS met en place une « navette braderie », qui effectuera la liaison entre les stations bus-tram de Étoile Polygone et Porte de l’hôpital, en passant par Étoile Bourse. Sa fréquence sera de 10 à 15 minutes environ, de 8h à 00h30.

À Souffelweyersheim, Bouddhistes laotiens et Alsaciens cohabitent depuis 25 ans

À Souffelweyersheim, Bouddhistes laotiens et Alsaciens cohabitent depuis 25 ans

Vidéo – À Souffelweyersheim, bouddhistes laotiens et habitants cohabitent en harmonie depuis vingt-cinq ans. En 1991, cette communauté a installé son premier temple au cœur de ce village. Lieu de culte où vivent en permanence trois moines, c’est aussi un lieu de rencontres et d’activités autour des traditions laotiennes. Regards croisés entre ces deux cultures.

On arrive par une petite route, juste à l’entrée de ce village au nord de Strasbourg. Après les jardins ouvriers, nichée entre un petit bois, des champs et un court d’eau, une Pagode. Le chemin qui longe le temple est fréquemment emprunté par les joggeurs et les promeneurs. Vision insolite pour une balade dominicale dans le Ried d’Alsace.

Les Laotiens d’Alsace

Les Laotiens d’Alsace sont issus des boat-peoples, réfugiés politiques qui ont fuit leur pays par bateau dans les années 1970. Vatsana Luangkhot, en charge de la communication de l’association CLASBEC (Communauté Laotienne de Soutien aux Actions Bouddhiques Éducatives et Culturelles) et de la gestion du temple, dénombre actuellement 300 familles laotiennes en Alsace.

Ces laotiens pratiquent le bouddhisme Theravada dit « du Petit véhicule ». Il s’agit de la plus ancienne des écoles bouddhistes actuelles, présente surtout en Asie du sud-est.  Le Vénérable Khamdeng Alain Sengpraseuth explique :

« L’enseignement du Bouddha comporte 80 400 thèmes, dont trois fondamentaux : ne pas faire de mal à autrui, ne faire que de bonnes actions, maîtriser son esprit et sa pensée. »

Le moine, arrivé en France en 1986, s’est installé en Alsace et a endossé le rôle de « moine bâtisseur » à la demande de la communauté laotienne qui sollicitait un lieu de culte pour cette région.

Le Vénérable Khamdeng Alain Sengpraseuth (Photo : FL / Rue89 Strasbourg)
Le Vénérable Khamdeng Alain Sengpraseuth Photo : FL / Rue89 Strasbourg

Le temple actuel

Après quelques années passées dans un appartement puis une maison du village, les moines ont eu l’opportunité de racheter cette friche industrielle à la commune sise rue du Ried. Le bâtiment, laissé à l’abandon de nombreuses années, avait par le passé abrité plusieurs entreprises. C’est sur une volonté de l’ancien maire et sénateur, André Reichardt (LR), que le projet s’est concrétisé.

Sans fonds publics, la Pagode s’est construite grâce aux dons des fidèles et à la participation de nombreux bénévoles qui poursuivent encore aujourd’hui l’embellissement de ce lieu.
Les habitants de Souffelweyersheim qui connaissaient le bâtiment d’origine ont accueilli de façon positive sa réhabilitation en temple. D’autres découvrent aujourd’hui ce lieu avec étonnement.

« J’ai cru à un restaurant »

La boulangère du centre du village se souvient de la première fois qu’elle a vu la Pagode :

« J’ai cru que c’était un restaurant asiatique »

Si cette curiosité architecturale intrigue à première vue, ça ne lui a pas empêché de réussir son intégration dans le paysage alsacien.

« Il y a bien une église catholique, un temple… On n’a pas de synagogue mais on a un temple bouddhiste ! », s’amuse un client de la boulangerie.

Les personnes croisées dans les rues du village avaient toutes déjà entendu parler de ce temple bouddhiste.

Pagode Wat Simoungkhoune (Photo : FL / Rue89 Strasbourg)
Pagode Wat Simoungkhoune Photo : FL / Rue89 Strasbourg

Les relations avec les habitants du village

« Des habitants de “Souffel’” viennent nous apporter des offrandes et des packs d’eau, pour subvenir aux besoins des moines. »

Autant de marques d’attention qui, selon Vatsana Luangkhot, attestent des bonnes relations entre les habitants et la communauté laotienne. Sa femme, Khamphouvanh Luangkhot, vice-présidente de l’association CLASBEC, s’explique cette bonne intégration en partie parce que le Laos était sous protectorat français jusqu’en 1954. Ces Laotiens avaient donc déjà côtoyé la culture française quand ils vivaient au Laos. Et de conclure :

« Moi, mes ancêtres sont gaulois, c’est ce qu’on m’a appris ! »

Le maire du village, Pierre Perrin, confirme cette bonne entente :

« Nous allons l’un vers l’autre. Quand ils nous invitent nous participons à leurs fêtes et cultes. Et eux viennent à nos manifestations, qu’elles soient patriotiques ou festives. »

Moment clé de ce mélange des cultures, les Laotiens participent chaque année au marché de Noël du village avec un stand de spécialités culinaires asiatiques. La réputation de leurs nems conjuguée à leur gentillesse contribue résolument à en faire d’agréables voisins.

Au centre du village de Souffelweyersheim (Photo : FL / Rue89 Strasbourg)
Au centre du village de Souffelweyersheim Photo : FL / Rue89 Strasbourg

Des Alsaciens attirés par le bouddhisme

Serge est marié avec une Laotienne depuis vingt cinq ans. Cet Alsacien pratique le bouddhisme avec assiduité depuis deux ans :

« Le bouddhisme ce n’est pas vraiment une religion, c’est plus une façon de vivre, une philosophie »

Quand il vient au temple, il se sent beaucoup plus calme et reposé. D’autres Alsaciens participent régulièrement à la vie du lieu.

Séances des méditations pour les non-pratiquants

La Pagode organise sur demande des visites guidées pour des groupes avec, à l’issue, un repas asiatique préparé par les bénévoles. Marc, un retraité du village, garde un bon souvenir de la visite de la Pagode avec un club de loisir de la commune.

Ce qu’il aime dans la pensée bouddhiste c’est le fait d’« essayer de comprendre l’Homme et de se comprendre soi-même ». Des séances de méditations sont ouvertes aux non-pratiquants plusieurs fois par mois.

Un temple intégré dans le paysage du Ried. La Souffel longe le bâtiment. (Photo : FL / Rue89 Strasbourg)
Un temple intégré dans le paysage du Ried. La Souffel longe le bâtiment. Photo : FL / Rue89 Strasbourg

Visiter le temple

Les visiteurs sont les bienvenus à la Pagode. Il suffit juste de passer un coup de fil avant de venir pour s’assurer d’être bien accueilli.

Quelques recommandations pour la visite à l’intérieur du lieu de culte : tenue correcte demandée, pensez à vous déchausser pour entrer dans la partie du temple, ne pas toucher les moines (en particulier les femmes qui doivent maintenir une certaine distance physique). Pour saluer : joignez les mains devant votre poitrine et inclinez la tête vers vos mains (tutoriel en image dans la vidéo !).

Les offrandes ne sont pas obligatoires. Si toutefois vous souhaitez apporter quelque chose, vous pouvez opter pour des dons en espèces ou en nature (nourriture et autres produits de la vie courante).

Pour voir l’extérieur, nul besoin de rendez-vous. Vous pourrez admirer le toit et les nombreuses sculptures de dragons dorés qui ornent le bâtiment. Entre les deux parties du temple, un bouddha est également visible depuis la rue.

« C’est en essayant de comprendre l’autre qu’on voit la différence et qu’on accepte la différence de l’autre », de conclure Khamphouvanh Luangkhot.

Et si vous voulez savoir comment on dit « hopla » en laotien, regardez la vidéo !

À la rentrée, les étudiants de Strasbourg seront sur un campus européen

À la rentrée, les étudiants de Strasbourg seront sur un campus européen

Les étudiants de Strasbourg, Mulhouse, Fribourg, Karlsruhe et Bâle pourront désormais circuler librement au sein de la seule « université européenne ». Mais pour réaliser un cursus européen, il faudra attendre encore un peu.

C’est une première en Europe : les universités de Strasbourg, Mulhouse, Fribourg-en-Brisgau, Bâle et l’Institut de technologie de Karlsruhe ont créé « Eucor – The European Campus ». En créant ce Groupement Européen de Coopération Territoriale (GECT, une structure juridique de droit européen), Strasbourg et ses partenaires veulent créer la première université s’étendant sur trois pays.

Le réseau Eucor et ses sept universités du Rhin Supérieur – le territoire englobant l’Alsace, une partie du Bade Wurtemberg, du Palatinat et du Nord de la Suisse – existe depuis 25 ans. En 2000, il s’est doté d’un bureau de coordination à Strasbourg. Et en mai 2016, il a inauguré officiellement ce « campus » d’un nouveau genre dans la capitale européenne : ni une fusion, ni construction de nouveaux locaux. Le directeur du bureau de coordination, Janosch Nieden, explique :

« Cette structure bâtit les conditions pour créer un campus unique, favoriser la mobilité des étudiants et des enseignants chercheurs, être davantage visible à l’international, et offrir des carrières transfrontalières et européennes à nos étudiants. »

Le directeur explique qu’il fallait une structure unique pour simplifier le travail entre les universités, en inscrivant dans la durée les liens entre ses différentes entités. Cela permet justement d’abolir les obstacles administratifs. Surtout, le GECT solidifie le réseau et lui permet de bénéficier des fonds européens.

Il est financé par le programme « Interreg VA Rhin Supérieur », à hauteur de 5,5 millions d’euros sur trois ans, grâce au Fonds européen de développement économique et régional (Feder) de l’Union Européenne. Cette structure lui permet à la fois de déposer des projets au niveau communautaire, mais aussi auprès des agences nationales de recherche, une procédure jusque là inédite.

Faciliter la mobilité des étudiants et des enseignants

Les principaux bénéficiaires de cette mutualisation seront les étudiants, selon les promoteurs d’Eucor. Le campus européen doit leur simplifier le parcours académique : jusqu’à maintenant, il était possible pour un étudiant de ces universités de s’inscrire et de suivre des cours dans un établissement partenaire, mais il s’agissait de relations bilatérales et les initiatives reposaient sur l’étudiant.

L’objectif est que les étudiants puissent prendre des cours où ils veulent, avec inscription, suivi et reconnaissance des validations automatiques, même si Janosch Nieden admet que cela constitue encore un défi :

« Il faudra mettre en place des procédures simplifiées et pour cela mettre d’accord les universités sur une marche à suivre unique, ce qui n’est pas sans difficulté. »

Des problèmes que pointent également les étudiants. Ainsi l’Association Fédérative Générale des Etudiants de Strasbourg (AFGES) regrette que l’on soit encore loin d’une intégration totale du parcours de l’étudiant. Le Président Tommy Veyrat, précise :

« En réalité, les étudiants en mobilité dans l’Eucor sont sous statut Erasmus : il n’y a pas de statut « mobilité EUCOR » ni de système d’aides à la mobilité. »

Les présidents des universités du Rhin supérieur ont formalisé leur union en mai (Photo Unistra)
Les présidents des universités du Rhin supérieur ont formalisé leur union en mai (Photo Unistra)

15 parcours bi ou tri-nationaux

Pourtant, « The European Campus » compte renforcer la politique de doubles diplômes déjà bien engagée dans la grande région des cinq universités. L’Unistra propose déjà 15 parcours bi-ou trinationaux dans le cadre d’Eucor, comme le master de journalisme franco-allemand entre Strasbourg et Fribourg.

Plus au sud, la licence transfrontalière en chimie Regio Chimica forme des chimistes entre Mulhouse et Fribourg depuis septembre 2010. Le nouveau campus veut maintenir les cursus existants, et favoriser le développement de nouveaux parcours. L’objectif, au bout du chemin, est d’assurer une insertion professionnelle dans les carrières transfrontalières et internationales.

Une nécessité, pour l’AFGES, qui considère que le nombre de double cursus est faible et trop concentré :

« L’Unistra avance un fort nombre de cursus bi-nationaux, mais la réalité est plus nuancée : ils ne touchent que très peu d’étudiants, et majoritairement dans les domaines scientifiques. Comme d’habitude, les humanités et les sciences sociales restent les parents pauvres des échanges internationaux. Et puis sur 70 mentions de licence et 250 mentions de Master à l’Unistra, c’est finalement très peu, compte tenu de la richesse académique des 5 universités. Le Campus Européen, à l’instar du programme Erasmus à sa création, doit servir à une véritable démocratisation des échanges internationaux académiques, culturels et sociaux. »

Tous les équipements en commun

En attendant, le quotidien des étudiants allemands, français et suisses concernés sera simplifié : le campus unique leur permettra de bénéficier de tous les équipements comme s’ils étaient les leurs. Qu’il s’agisse des bibliothèques, restaurants universitaires ou résidences étudiantes, l’accès sera libre sur chaque site du campus européen pour tous les étudiants en faisant partie.

Comme toute université, ce campus trinational veut proposer à ses étudiants des activités extra académiques. En témoigne le Tour Eucor, un parcours cycliste qui relie depuis 1998 les cinq universités, dont les étudiants et anciens sont invités à rouler ensemble dans une ambiance franco-germano-suisse, ou encore la « Grande école d’été » à venir, interdisciplinaire et internationale, accueillant même des étudiants au-delà de la région transfrontalière.

C’est ainsi que les promoteurs d’Eucor veulent instiller une identité européenne commune pour maintenir la dynamique du campus européen. La vie étudiante au sein de ce grand campus est aussi à améliorer, à en croire Tommy Veyrat :

« Nous souhaitons la création d’un système d’aide sociale à la mobilité dans le Campus Européen, et d’autres événements transnationaux tels que le tour Eucor, pour créer une vraie communauté transfrontalière. »

De l’autre côté du pupitre, ce campus d’un genre nouveau devrait simplifier le recrutement d’enseignants chercheurs. Il arrive qu’un professeur soit employé par plusieurs universités du réseau. L’objectif est maintenant de passer par un seul recrutement, et de faciliter par là la mobilité de l’enseignant sur les différents sites. Les enseignants aussi bénéficieront des équipements et des ressources communs.

Président de l'université de Strasbourg, Alain Beretz espère ainsi créer une université à l'échelle mondiale (Photo Unistra)
Président de l’université de Strasbourg, Alain Beretz espère ainsi créer une université à l’échelle mondiale (Photo Unistra)

Proposer le meilleur de l’offre académique européenne

Surtout, l’ampleur de la structure va permettre une meilleure visibilité au niveau international. Avec plus de 115 000 étudiants, 15 000 chercheurs, 11 000 doctorants et un budget de 2,3 milliards d’euros, le Campus Européen se met au niveau de grands centres universitaires. Janosch Nieden ose : « comme Paris, Berlin ou même Boston ».

Un objectif nécessaire, selon les présidents d’universités, pour attirer les meilleurs talents, chercheurs et étudiants.

Mais c’est aussi là que le bât blesse, d’après l’AFGES. Eucor souffrirait d’un réel manque de visibilité et d’information, déjà auprès du premier public concerné, soulève Tommy Veyrat :

« Il manque une véritable communication autour des formations et échanges proposés (trop peu d’étudiants sont au courant) et des dispositifs d’insertion professionnelle transfrontaliers (possibilités de faire des stages dans une autre ville du Campus Européen par exemple). »

L’Europe pour et par les étudiants

Au-delà de l’aspect académique, le campus européen serait une nouvelle manière de développer la construction européenne. L’AFGES soulève sa singularité :

« Eucor, c’est de la coopération transfrontalière très concrète, et ça a un côté très européen de penser l’enseignement supérieur pas seulement de manière internationale, mais de manière transfrontalière.  C’est pour ça que le Campus Européen constitue une réelle avancée : en rendant plus étroit la coopération, on va pouvoir enfin faire participer les étudiant-e-s à cet espace trinational, à la construction européenne. »

En ce sens, le Campus Européen a ramené à la vie le Conseil Etudiant d’Eucor, pour permettre un retour des premiers concernés et les faire participer au développement du réseau. Tommy Veyrat avance même :

« L’objectif à terme sera de permettre au Conseil Etudiant d’avoir une voix délibérative aux côté des Universités membres. »

Malgré tout, la fédération étudiante, qui se dit « européiste », salue l’étape du Campus Européen :

« En somme, [il] renforcera la coopération, et par là même les opportunités pour les étudiants et les chercheurs et chercheuses. Du moins on l’espère et on y contribuera. »

Verdict dès la rentrée, les étudiants les plus volontaires devraient rapidement mettre à l’épreuve ces engagements.

Un label « Industrie du futur » pour la French Tech Alsace

Un label « Industrie du futur » pour la French Tech Alsace

Le pôle métropolitain Strasbourg-Colmar-Mulhouse a été récompensé d’une deuxième labellisation « French Tech ». Après les technologies médicales, l’écosystème alsacien est reconnu dans le domaine de la reconversion des industries. Mais il y a tant de primés désormais qu’il est difficile de comprendre en quoi ce label différencie l’Alsace.

Emmanuel Macron, ministre de l’Economie et Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du numérique ont annoncé les nouveaux « réseaux thématiques » French Tech ce lundi 25 juillet. Après avoir obtenu la spécialisation dans le domaine médical – « les MedTech » en juin 2015 (mais pas de manière générale contrairement à 13 pôles métropoles majeures, voir plus bas), le pôle métropolitain Strasbourg-Mulhouse, rejoint depuis par Colmar, était candidat à celui de « l’Industrie du futur ».

15 territoires primés

Conformément à ses espoirs, le secteur alsacien est récompensé dans le domaine de le reconversion des industries aux nouvelles technologies, comme 15 de ses homologues.

Les territoires du réseau thématique "Industries du futur" (document French Tech)
Les territoires du réseau thématique « Industries du futur » (document French Tech)

Vers un rééquilibrage Strasbourg-Mulhouse ?

Cette récompense devrait rééquilibrer les relations entre Strasbourg et Mulhouse. La ville haut-rhinoise est davantage positionnée sur le créneau de la mutation numérique industries, c’est-à-dire ce nouveau label. Le domaine médical est a contrario surtout concentré à Strasbourg. Un secteur dans lequel le projet alsacien est désormais rejoint par 23 (!) territoires. Un record et un domaine dans lequel l’Alsace aimerait être chef de file (réponse à l’automne).

Les nouveaux territoires "MedTech", aux côtés de l'Alsace. (document French Tech)
Les nouveaux territoires « MedTech », aux côtés de l’Alsace. (document French Tech)

9 thèmes en tout, seulement 2 en Alsace

Au niveau national, neuf thèmes ont été retenus : La Health Tech (technologies médicales), IOT Manufacturing (industrie du futur), EdTech Entertainment (le divertissement), Sport, CleanTech Mobility (le développement durable et la transport), la FinTech (la finance), Security-Privacy (la sécurité), Retail (le commerce) et la FoodTech (la nourriture).

Des intitulés en anglo-saxons a justifié Emmanuel Macron, expliquant que le but de la French Tech est d’exporter le savoir-faire français à l’étranger. L’Alsace ne figure donc que dans deux de ces neuf domaines. Dans d’autres réseaux, on compte en revanche qu’une poignée de lauréats (la liste complète ici).

Une question d’image

Le gouvernement dépense pas moins de 15 millions d’euros à l’étranger pour la promotion de ce label qu’il a inventé. Un choix qui vaut des critiques, certains estimant que la France ferait mieux de se concentrer sur des projets concrets. Avoir son entreprise dans un territoire French Tech donne aussi accès un fonds d’investissements de 200 millions d’euros auprès de la Banque publique d’investissement (BPI). Deux projets, à Brest et Lyon, en bénéficient pour le moment.

Ce label ne déclenche pas d’argent automatique, mais permet surtout de bénéficier de cette nouvelle image. Mais là aussi, être primé dans un domaine spécifique (désormais partagé avec une myriade de villes) « a surtout stigmatisé les startups qui n’étaient pas dans le domaine du médical, et celles-ci représentent l’écrasante majorité » estimait l’investisseur Sébastien Dérivaux dans un article sur Medium début juillet, au sujet du cas alsacien.

Le coq de la French Tech sur les docks de la presqu'île Malraux. L'Alsace parviendra-t-elle à compenser ses faiblesses ? (Photo Studio Amopix)
Le coq de la French Tech sur les docks de la presqu’île Malraux. L’Alsace parviendra-t-elle à compenser ses faiblesses ? (Photo Studio Amopix)

Un nouveau directeur prochainement

C’est dans ces conditions qu’un nouveau directeur prendra ses fonctions en Alsace. Le premier directeur n’ayant pas été reconduit au bout de six mois suite à un « changement de stratégie » officiellement. Ses deux missions, animer le « club French Tech Alsace », composé d’entreprises et de start-ups et lancer un accélérateur à destination des entreprises innovantes en recherche de financements n’avaient pas été remplies. Sa troisième mission était de décrocher ce nouveau label.

Les 13 métropoles (sans l’Alsace) confirmées

Au sein de la région Grand Est, LoRnTECH intègre les réseaux IOT Manufacturing et FinTech, Reims Tech rejoint le réseau Sports et Nogentech (Haute-Marne) celui de la santé.

Par ailleurs les treize éco-systèmes généraux labellisés fin 2014 puis en 2015, dont l’Alsace ne fait pas partie, ont été confirmés.

À Niederhausbergen, le maire Jean-Luc Herzog n’écoute plus personne

À Niederhausbergen, le maire Jean-Luc Herzog n’écoute plus personne

À Niederhausbergen, le village se divise autour d’une nouvelle salle polyvalente et d’un important projet immobilier. Mais, après avoir été réélu en tant que seul candidat à sa succession en 2014, le maire Jean-Luc Herzog n’entend pas laisser à ses opposants ne serait-ce que l’opportunité de débattre. Et tant pis si des projets alternatifs comme une brasserie artisanale ou un festival champêtre ne cadrent pas avec sa vision du village…

Niederhausbergen, c’est ce petit village de 1 400 habitants au nord ouest de l’Eurométropole de Strasbourg. Là bas, on est plus vraiment en ville, on est plus proche des champs et il règne dans les rues proprettes une ambiance calme et rurale. En 2014, la liste menée par Jean-Luc Herzog, ancien dirigeant du Racing Club de Strasbourg de 2006 à 2010 et candidat à sa succession, était la seule disponible.

Conseillère municipale, Christiane Barbot-Schaub se souvient :

« On a rejoint Jean-Luc Herzog en 2008 car c’est quelqu’un de dynamique, il avait envie de faire bouger les choses à Niederhausbergen et c’est ce qu’on a fait durant le premier mandat. Mais après notre réélection, le dynamisme s’est mué en des dépenses excessives. L’ambiance s’est tendue et j’ai remarqué qu’il était malvenu de poser des questions sur les choix du maire. En fait, les conseillers municipaux sont seulement là pour approuver… Je l’ai appris à mes dépens. »

Car depuis, Christiane Barbot-Schaub est devenue l’opposante n°1, la seule en fait au sein de ce conseil municipal de 15 personnes. Elle se décrit comme « agressée » par les propos du maire en conseil municipal et vit désormais son mandat comme une souffrance. Les autres conseillers municipaux en tout cas ont retenu la leçon : silence.

La vie municipale à Niederhausbergen est rythmée par trois gros dossiers : l’installation probable d’une aire pour les gens du voyage, une nouvelle salle polyvalente et la construction du lotissement des « Terres du sud », qui doit apporter 130 à 160 logements nouveaux vers la rue de Bischheim. Cet aménagement fera passer au village la barre des 2 000 habitants en 2018. Il y a aussi le réaménagement du centre du village, mais ce dernier, d’un coût de 500 000€ sur deux ans, est financé à 90% par l’Eurométropole.

Jean-Luc Herzog devant la mairie qu'il souhaite un jour remplacer (Photo Floréal Hernandez / 20 Minutes)
Jean-Luc Herzog devant la mairie qu’il souhaite un jour remplacer (Photo Floréal Hernandez / 20 Minutes)

Une dette qui explose et qui inquiète

Alors qu’il y a des salles polyvalentes dans toutes les communes voisines, Niederhausbergen avait-elle vraiment besoin d’un tel équipement ? Composé de deux salles, une de 966 m² pour les sports collectifs et une autre de 300 m² pour la danse sportive et d’autres activités culturelles, sa construction doit coûter plus de 3,3 millions d’euros. Un projet jugé démesuré par certains habitants de cette commune dont le budget oscille autour de 1,5 million d’euros et dont la dette a explosé en 2014.

Encours de la dette de Niederhausbergen (doc JDN / Min Economie)
Encours de la dette de Niederhausbergen (doc JDN / Min Economie)

Jean-Luc Herzog prévoit de financer cet équipement par 1,2 million d’euros de fonds propres et le recours à l’emprunt pour le reste. Dans le bulletin municipal, Jean-Luc Herzog assure que la commune a les moyens de se payer cette salle, étant donné que lors du mandat précédent, elle a financé un nouveau groupe scolaire. Mais l’opération n’était que de 2 millions d’euros et cofinancée par l’État.

Des associations locales remontées

Deux associations portent la contradiction au maire, en l’absence de tout groupe municipal d’opposition : Nieder Authentique, qui revendique une centaine de membres, et Nieder Patrimoine, 25 membres. Les deux associations contestent vigoureusement l’aménagement des Terres du Sud et la création de la nouvelle salle polyvalente. Jean-Luc Herzog a refusé de les recevoir et n’a jamais répondu aux questions que ces associations lui ont adressé par courrier.

Président de Nieder Authentique, Françoise Prinz détaille :

« On nous cache des informations, on refuse de répondre à nos questions et on nous refuse l’accès aux réunions publiques sur le dossier des Terres du Sud. C’est quand même incroyable ! On n’est pas d’accord et on devrait avoir le droit de le dire. »

Elles ont alors porté le débat sur le plan juridique et entament des recours contre les délibérations du conseil municipal. Mais surtout, l’association Nieder Authentique s’est rendue coupable d’un acte impardonnable aux yeux du maire : elle a écrit aux conseillers municipaux. Furieux, Jean-Luc Herzog a répondu cette fois, avec un courrier comminatoire en exigeant que l’association « reste dans les limites du droit français. » Ambiance, ambiance.

Chaque année dans la cour de la ferme Wolff, c'est musique et tartes flambées (Photo Les Semailles)
Chaque année dans la cour de la ferme Wolff, c’est musique et tartes flambées (Photo Les Semailles)

« Votre fête champêtre, c’est bien, mais faites la ailleurs »

Autre association en délicatesse avec le maire, Les Semailles, qui organise tous les ans le petit festival AgriCoolTure, en juin. Françoise Wolff, l’agricultrice à l’origine de cette manifestation à base de concerts et de tartes flambées, ne comprend toujours pas en quoi elle dérange le maire :

« Chaque année, on fait venir 300 à 400 personnes dans la cour de notre ferme, rue Mercière en plein centre du village. C’est sympa, ça fait sortir les gens et ça anime le village. Eh bien l’an dernier, il m’a dit qu’il faudrait aller ailleurs, juste comme ça, sans raison. Je n’ai pas cédé et on a maintenu le festival. J’étais un peu inquiète, mais il n’a rien pu faire car on ne demande rien à la mairie, même pas un banc. Heureusement d’ailleurs, mais c’est peut-être ça qui le dérange. »

Autre activité qui donne des boutons à Jean-Luc Herzog, la brasserie Mercière de Franck Julich. Grâce à son travail acharné et à pas mal de nuits blanches, Franck Julich a réussi à transformer cette passion en entreprise artisanale naissante. Il vend 2 000 litres de bières chaque semaine dans sa petite échoppe du bout de la rue Mercière et sa production double tous les ans. À Strasbourg, sa bière est disponible au Kitsch n’bar, au Local et à la Popartiserie.

Pas de brasserie écolo non plus

Pour se développer, Franck Julich a besoin de plus d’espace. Il a un super projet : créer une brasserie artisanale au coeur du village, écologique et autonome en énergie, avec une unité de brasserie, une malterie et une petite épicerie où se vendrait de la bière, mais aussi des produits locaux, biologiques et en vrac. Franck Julich prévoit d’agrémenter tout ça avec des ateliers et des rencontres pour réapprendre à « faire soi-même », à perpétuer le savoir-faire des anciens…

Quel maire ne voudrait pas ça dans son village ? Jean-Luc Herzog à nouveau. Le maire n’entend pas permettre à Franck Julich d’utiliser un terrain, pourtant acquis par son grand-père, pour qu’il réalise ce projet. Pour justifier son refus, le maire a simplement dit à Franck Julich que cette brasserie ne correspondait pas à « sa vision du village ». Il lui propose un autre terrain, plus petit, plus cher, dans une zone commerciale à l’extérieur…

Entre deux brassins, Franck Julich, né à Niederhausbergen et attaché à sa commune, ne comprend pas non plus ce qui lui tombe sur la tête :

« J’ai le sentiment que dans n’importe quel autre village, le maire me déroulerait un tapis rouge pour faire ça ! Et je ne lui demande rien, pas une subvention, pas une aide, pas un mètre de voirie… Juste le droit d’utiliser le terrain de mon grand-père, que toute ma famille est d’accord pour me vendre d’ailleurs. Mais mon projet de brasserie écolo le gêne dans ses grands plans pour l’avenir du village, je suis en plein dans le chemin… »

D’autres terrains de sports et une nouvelle mairie

Car le terrain que Franck Julich convoite a été réservé par le maire pour en faire… des terrains de sports, quand la commune possède déjà trois terrains de foot, un multistade, deux terrains de futsal et donc bientôt une nouvelle salle de sports… Mais surtout, juste à côté, Jean-Luc Herzog prévoit de construire… une nouvelle mairie et d’y déplacer le centre du village.

Pour certains habitants, Jean-Luc Herzog est devenu intouchable depuis qu’il a été nommé vice-président de l’Eurométropole. Le maire, divers-droite, fait partie des prises de guerre emmenés par Yves Bur, autre maire divers-droite de Lingolsheim, pour consolider la majorité menée par Robert Herrmann (PS) à la présidence de l’agglomération. Il a reçu le commerce et l’artisanat en délégation, ce qui inquiète Franck Julich.

Mais les choix du maire inquiètent aussi… la Chambre des métiers. Son président, Bernard Stalter, a écrit à Jean-Luc Herzog pour lui demander de bien vouloir réexaminer la demande de Franck Ulrich, compte-tenu des emplois que le projet va générer et de ses bénéfices en termes d’attractivité pour le village. Le maire de Niederhausbergen, en charge de l’artisanat pour l’Eurométropole, n’a pas encore répondu au représentant des artisans d’Alsace…

Nous avons évidemment contacté Jean-Luc Herzog à de multiples reprises, pour recueillir sa version des faits évoqués ci-dessus. Mais il nous a répondu qu’il « n’avait pas l’intention de répondre à nos questions » avant de raccrocher.

Maladie de Lyme : on a surtout besoin d’y voir clair

Maladie de Lyme : on a surtout besoin d’y voir clair

Y a-t-il vraiment une nouvelle épidémie de la maladie de Lyme ? En Alsace, on connaît bien cette maladie. Mais hélas, en l’absence de référentiels clairs, surtout pour le 3e stade de la maladie, les diagnostics et le suivi sont très délicats.

Lyme. Rien que le mot est devenu sulfureux. On nous en bat et rebat les oreilles sur tous les médias.

J’ai osé dire il y a quelques temps que traiter la maladie de Lyme par homéopathie et régime sans gluten n’était peut-être pas la meilleure manière de la soigner et je me suis retrouvée au milieu d’un remue-ménage hallucinant qui a complètement dérapé, sans aucune modération.

La maladie de Lyme est bien connue en Alsace (et dans l’Est de la France en général) parce que fréquente et tout médecin en voit en général plusieurs par an.

Pas de problème de diagnostic pour la maladie primaire

La maladie primaire, quand elle se déclare par un érythème migrant, ne pose pas de problème de diagnostic la plupart du temps, tant cet érythème est pathognomonique (typique ) de la maladie.

La tique (infestée dans 1/4 des cas environ en Alsace) pique, s’accroche, crache et injecte la bactérie responsable de la maladie (la Borelia) et dans les 3 à 30 jours la réaction cutanée arrive en belle cocarde rouge sans aucun autre symptôme. Antibiotiques pendant 2 semaines et la voilà guérie.

Une tique de retour de promenade ? Il faut tester la présence des bactéries... (Photo Doc Arnica)
Une tique de retour de promenade ? Il faut l’enlever aussitôt (Photo Doc Arnica)

Le problème des symptômes inexistants ou diffus

Problème : environ une fois sur deux, la maladie primaire ne donne aucun symptôme cutané : rien, nada. Donc quand vous vous promenez dans nos campagnes forêts ou montagnes (à  moins de 800 m, ça fait presque tout le massif vosgien), « épouillez » vous en rentrant pour traquer la bête. Enlevez là à sec sans produit avec une pince à épiler ou mieux un tire-tique.

La maladie évolue quelques fois, tranquille, à bas bruit et puis un jour va s’exprimer : soit bruyamment comme un de mes meilleurs amis qui a fait une méningite de Lyme après une balade dans les Vosges, soit sournoisement avec des douleurs articulaires diffuses qui durent pour lesquelles tout médecin en Alsace va chercher outre les maladies inflammatoires classiques des articulations (polyarthrite rhumatoïde ou lupus par ex), la maladie de Lyme avec une analyse biologique : test Elisa puis Western Blot, si Elisa positif.

Si le tableau clinique est net et les tests positifs, le patient va être traité énergiquement par des antibiotiques. Personnellement, je l’adresse au service de maladies infectieuses de mon CHU. Elisa est souvent positif en Alsace vu l’exposition des patients depuis leur enfance. Le test Western Blot permet dans une certaine mesure de faire le tri entre les maladies anciennes qui ont laissé une trace dans le sang (IgG) et les récentes avec IgM . Mais rien n’est simple avec ces deux tests . Leurs résultats reviennent souvent douteux.

En maladie chronique, un flou intégral

La maladie de Lyme, un peu comme la vieille syphilis, peut évoluer en une maladie chronique dite aussi tertiaire et là commence le flou intégral.

Pas de test positif la plupart du temps et des symptômes totalement bâtards, comme une fatigue intense, des douleurs diffuses dans tout le corps… Quand il s’agit d’un patient forestier, en général on ne doute pas vraiment du diagnostic. Mais les autres patients ont à faire face, d’une part à l’absence de critères précis pour faire le diagnostic et ensuite à l’incrédulité des soignants surtout lorsqu’ils se sont autodiagnostiqués « malades de Lyme ».

Le vieux consensus français  (2006) ne les prend pas vraiment en compte et s’en suit deux problèmes tout aussi importants :

1 – Un abandon de patient qui ont probablement une maladie de Lyme chronique pour laquelle on ne leur propose rien que des antalgiques quasi inefficaces. Ceux-là vont chercher tous les moyens pour se soigner et un jour vont trouver un médecin pour essayer (avec conviction) des traitements par association d’antibiotiques à souvent fortes doses et pendant des années. Je comprends ces patients et ces médecins, même si je ne le fais pas.

2 – L’arrivée de patients qui ont des problèmes psychologiques importants et qui, dans le déni de ces problèmes, vont s’autodiagnostiquer malades de Lyme sans aucun argument. Cela est d’autant plus facile que les critères diagnostiques sont complètement flous (voire nuls) et vont passer de médecins, en médecins à pratiques alternatives. Ils vont plonger dans toutes les thérapeutiques non évaluées, comme l’homéopathie ou les régimes « sans » (gluten, lactose, produits laitiers, voire sucre, etc.).

Apprentis sorciers

Ces médecins sont-ils convaincus du bienfait de leur traitement ? J’espère qu’ils savent ce qu’ils font avec des patients qui ont déjà bien galéré avant de partir pour de tels traitements. Pour moi ils jouent aux apprentis sorciers.

Rien n’est simple avec cette maladie qui finalement, bien qu’elle soit découverte depuis les années 70, n’est toujours pas bien connue, faute d’études suffisamment larges et faute de critères diagnostiques bien établis pour la maladie chronique et surtout faute de traitements réellement efficaces.

Alors j’aimerais vraiment que l’on se penche sur cette maladie et qu’il y ait de vraies recherches, déjà  pour établir des critères diagnostics précis de la maladie tertiaire pour  ne pas se retouver avec tout un tas de patients dans l’errance médicale. Les américains ont appelé la maladie tertiaire récemment : la maladie de Lyme post-traitement (Post-Treatment Lyme Disease) en évoquant l’hypothèse de désordres immunitaires persistant des mois après la fin du traitement antibiotique. Les études américaines ne montrent pas de bénéfice à des traitement antibiotiques prolongés pendant des mois par rapport à des traitements conventionnels de quelques semaines.

Il faut quand même noter que l’évolution naturelle de cette maladie se fait vers une amélioration progressive des symptômes dans la plupart des cas, au prix de mois de fatigue, de douleurs et souvent d’un prix social très élevé avec perte de son emploi et difficulté d’obtenir une invalidité.

En attendant si les tests restent négatifs et devant une association de symptômes peu spécifiques, je ne saurais poser un diagnostic de maladie de Lyme, ni tenter un traitement au hasard, quel qu’il soit.

Alors j’espère que le plan d’action promis par notre ministre de la Santé pour septembre sera un vrai programme de recherche et de prise en compte de cette maladie de Lyme et pas juste un plan-com’ destiné aux associations de patients.

Au 1er octobre, fin du train de nuit Strasbourg – Nice

Au 1er octobre, fin du train de nuit Strasbourg – Nice

Un clou de plus a été enfoncé dans le cercueil des trains de nuit, dont le Strasbourg – Nice. Comme nous vous l’annoncions en juin 2015, l’État ne veut plus subventionner le fonctionnement de ces trains. L’an dernier, la SNCF avait déjà mis fin à la tranche vers Port Bou.

Jeudi, le secrétaire d’État aux Transports, Alain Vidalies, a indiqué que faute de repreneurs privés, ces trains cesseront de circuler au 1er octobre.

Sur les 8 lignes Intercités de nuit, seules les liaisons Paris – Irun (Espagne) et Paris – Nice seront encore financées jusqu’en juillet et octobre 2017. Les liaisons Paris-Briançon et Paris-Rodez-Latour-de-Carol seront maintenues.

Fabienne Keller et cheminots, même combat

Sénatrice du Bas-Rhin, Fabienne Keller (LR) a critiqué la décision d’Alain Vidalies dans un communiqué. Selon l’ancienne maire de Strasbourg, la fin du Strasbourg – Nice ne peut être justifiée par l’amélioration de l’offre TGV entre Paris et Strasbourg :

« Cette décision est tout à fait illogique. D’abord, l’offre de service du train de nuit Strasbourg-Nice où l’on dort et se réveille le matin à destination n’est en rien comparable à un voyage réalisé en journée où l’on se rend d’abord en TGV à Paris, à Lyon ou à Marseille, avant de devoir effectuer un changement de train pour se rendre à Nice, ou à Cerbère. Ensuite, le coût d’un tel voyage en train de nuit est autrement plus économe que celui en TGV. Je regrette cet abandon d’une double ligne de nuit, l’Etat refusant d’investir pour maintenir ou favoriser les liens entre les territoires. »

Trains de banlieue à Crépy-en-Valois (Photo Rino54 / FlickR / cc)
Trains de banlieue à Crépy-en-Valois (Photo Rino54 / FlickR / cc)

Fabienne Keller se trouve sur la même ligne que les syndicats de cheminots, qui déplorent également le désengagement de l’État dans les trains Intercités. La CGT-Cheminots regrettant que le gouvernement « tire un trait sur la cohérence territoriale et l’aménagement du territoire assurés par ces trains » et dénonçant une « saignée » pour les trains de nuit. Quand à la CFDT-Cheminots, la centrale remarque que « rien n’a été fait depuis des années pour améliorer le service des trains de nuit et inciter les voyageurs à les prendre, donc automatiquement ils sont vides. »

La fréquentation des trains de nuit est en baisse de 25% depuis 2011. Alors qu’ils ne représentent que 3% des passagers Intercités, ils pèsent pour 25 % du déficit de cette même branche, selon un rapport transmis au secrétaire d’État l’an dernier. Cette activité de la SNCF perd chaque année environ 340 millions d’euros.

#Strasbourg Port Bou

Alsace Nature dénonce le GCO auprès de la Commission Européenne

Alsace Nature dénonce le GCO auprès de la Commission Européenne

Selon Alsace Nature, l’approbation par la France du Grand Contournement Ouest (GCO) de Strasbourg entraîne la violation de deux directives européennes. L’association environnementaliste a porté plainte auprès de la commission européenne.

En janvier 2016, l’État a signé un acte de concession avec une filiale de Vinci permettant le lancement de la construction du Grand Contournement Ouest (GCO) de Strasbourg, une autoroute devant relier directement le nord, l’ouest et le sud de l’agglomération. Mais pour l’association Alsace Nature, cet aval constitue une infraction au droit européen. Elle estime que la France s’assoit sur deux directives, pourtant ratifiées par le Parlement, et a adressé deux plaintes mardi à la Commission européenne.

La première directive concernée est la directive « Habitats Faune Flore » du 21 mai 1992. Selon Alsace Nature, le GCO, en fragmentant l’habitat du Grand Hamster d’Alsace, risque de contrevenir aux buts de la directive alors même que la France a déjà été condamnée par la Cour de Justice de l’Union Européenne pour « insuffisance des mesures de protection du Grand Hamster » en 2011. Si la France est à nouveau condamnée, elle risque une amende pouvant atteindre plusieurs millions d’euros.

Le GCO contraire aux principes protecteurs de l’environnement

La seconde directive concernée est celle par laquelle la France s’engage à évaluer les incidences environnementales des grands projets publics et privés. L’association estime que « le GCO viole plusieurs règles édictées par cette directive ». De plus, la France n’aurait pas notifié à l’Allemagne les répercussions que le projet risque d’entraîner sur le territoire outre-Rhin.

Dans un autre courrier, l’association Alsace Nature informe la Banque d’Investissement Européenne [BEI] qu’il est de son devoir de « veiller à ce que les fonds publics [investis] prennent en compte les enjeux liés au changement climatique ainsi que l’importance de la biodiversité », conformément à la Déclaration des principes et des normes qu’elle a adopté. Pour l’association environnementaliste, l’accord de principe de la BEI pour l’octroi d’un prêt de 280 millions d’euros à la société Arcos (filiale de Vinci) pour la construction et l’exploitation de l’autoroute entre en contradiction avec ses buts déclarés.

Après le karaté, la samouraï Christelle Sturtz s’est trouvé d’autres combats

Après le karaté, la samouraï Christelle Sturtz s’est trouvé d’autres combats

À l’aube de ses quarante printemps, Christelle Sturtz, vainqueur de la coupe du monde de karaté en 2010 et titulaire de 12 titres en coupe d’Europe de karaté, ne foule plus les tatamis. Mais elle lutte, elle court, elle mouille le maillot, sans cesse, pour ceux qui ne le peuvent plus.

Christelle Strutz est une « nana de challenges ». C’est elle qui le dit. Sûre de son fait, les yeux bouillonnants de vie et l’esprit plein de projets, elle raconte être arrivé au bout d’un cycle de sa vie avec la publication de son livre « La Samouraï », en avril dernier. À 38 ans, elle a le sentiment de clore un chapitre. Elle veut faire autre chose.

« Faire », c’est un peu son mantra, son exigence, son obsession. Vainqueur de la coupe du monde de Tokyo en 2010, quadruple vainqueur de la coupe d’Europe et sept fois vainqueur de la Coupe de France de karaté, le palmarès de Christelle Sturtz est pourtant déjà long comme le Rhin. Pas seulement son palmarès sportif : marraine de l’association Ela, qui lutte contre la leucodystrophie, elle est aussi diplômé d’un master de sciences de l’éducation, presque thésarde, et fut également intervenante d’une émission TV de coaching. Christelle ne sait pas s’arrêter :

« Si je devais faire passer un message, ce serait cette fougue, cette envie d’aller vite. Comme une envie constante de rattraper le temps. »

La souffrance et le combat

Le karaté, Christelle le découvre un peu par hasard. Dans son livre, les chapitres sont découpés par « maisons » : celle des contraintes, l’école, celle du bien-être et de ses ancêtres, le Japon, ou encore celle située juste derrière l’endroit où elle a grandit, dans un village d’Alsace. C’est la maison du combattant : le dojo. Alors, à peine âgée de dix ans, elle s’inscrit et pratique durant deux ans avant de faire de la course à pied. Ce n’est qu’à 17 ans qu’elle remet le kimono :

« J’aurais pu faire n’importe quel sport. Le karaté faisait parti de mes exutoires et m’a permis d’exister. J’ai connu un paysage sombre et je me suis forgée une sorte de carapace. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai toujours voulu me battre, même s’il s’agissait de le faire contre des fantômes, des démons ou des choses contre lesquelles on ne peut pas faire grand chose. »

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Ambassadrice d’Alsace. (document remis)

Bien sûr, le sport la passionne, mais ce qui compte, c’est la lutte et la transcendance que peut apporter la compétition. Tous les sportifs connaissent ça : c’est dans la souffrance et l’épuisement qu’ils arrivent à se surpasser et, finalement, prennent le plus de plaisir. Puis, comme les autres arts martiaux, le karaté apporte une forme de dualité presque spirituelle :

« Le karaté permet à la fois de se recentrer et de se défouler. On apprend à se canaliser tout en se développant. Il y a une certaine forme de maîtrise à avoir, mais en même temps, c’est du combat. »

À 18 ans, Christelle Sturtz est ceinture noire. Elle pratique principalement le Wado-Ryu, un des nombreux styles de karaté. La même année, elle emporte la médaille de bronze en coupe de France. Repéré par le coach de l’équipe de France, elle fait ses premiers pas dans la cour des grands :

« J’avais besoin de compétition, à ce moment-là, c’était une question presque identitaire. Pour être quelqu’un et être dans un groupe. Je cherchais le côté famille. Et pour éviter d’être noyé dans la masse, il fallait se distinguer d’une manière ou d’une autre. Même dans la défaite : c’était mettre le doigt sur quelque chose qui ne va pas. Toutes les défaites m’ont renforcé. »

Elle raconte cela sans nostalgie. Mais se souvient avec plaisir de la tension palpable avant de mettre les pieds sur le tatami, de l’exaltation d’une victoire ou de la rage précédent une finale :

« L’adrénaline, les moments où on a mal au bide, où on se sent seul, où on se demande ce qu’on fout là en se disant qu’on va se faire éclater la gueule, c’est ça la compétition. La zone de confort, ça a un côté fade et c’est insupportable. »

Se donner du sens, dépasser ses carcans

Pas encore olympique, peu médiatisé, le karaté ne remplit pas le frigo de ses professionnels, aussi doués soient-ils. Et il faut bien gagner sa vie. Jeune femme, elle s’essaie à un cursus staps (sciences du sport), avant de laisser tomber au bout d’un an. Finalement, elle commence à travailler à l’école élémentaire du Rhin, comme animatrice sportive, tout en menant à bien une licence en sciences de l’éducation :

« Je me laisse un peu prendre par le jeu. Ça me plait. On réfléchit sur les concepts de l’apprendre, du savoir, du partage. Surtout, ça me fait sortir du sport et de ses carcans. C’est important d’avoir un autre axe, un autre éventail intellectuel. »

La vie après le sport professionnel, Christelle Sturtz la débute avant même d’avoir remporté ses principaux combats. Tout en travaillant à l’école du Rhin, elle fait la rencontre d’un jeune homme atteint de leucodystrophie. Maladies orphelines et rares, les différents types de leucodystrophie attaquent le système nerveux central du cerveau et de la moelle épinière. Elle a vingt ans lorsque ce jeune homme décède.

« À partir de là, beaucoup de choses changent. Je me remets dans cette espèce de situation de révolte, que j’avais plus jeune. Mais contre la maladie. Mes compétitions ont un autre goût. Quand j’étais gamine, je ne voulais pas être championne pour les médailles. Je voulais qu’on m’aime, qu’on voit que j’existe. Je trouvais ce moyen d’exister par le sport, mais cette maladie donne un sens plus dense à mes combats. Je ne me donne pas d’autres choix que d’y arriver, parce que je peux tout faire. Je suis en bonne santé, je vis. »

Fin de course. (document remis)
Fin de course. (document remis)

Après cette perte, les médailles n’ont pourtant plus la même saveur. Un break s’impose. On est en 2001, et le soir même du décès de cette personne, Christelle téléphone au coach des équipes de France pour lui annoncer son départ. Elle raccroche, du moins pour un temps :

« Je pensais avoir trouvé ma voix, la compétition, le karaté. Mais ce garçon m’a permis de donner un réel sens à ma vie. J’ai compris qu’elle était dans l’engagement, mais pas que physique. Que ça allait au-delà. C’était presque une illumination. »

Dans le sport comme dans le reste, c’est une quête de sens dans laquelle s’est engagée Christelle Sturtz. Donner de soi, oui, mais dans quel but ? Pour mettre ses idées au clair, un beau matin de 2003, elle décide de courir le marathon des sables, au Maroc. Plus de 200 kilomètres, en autosuffisance alimentaire. Ce challenge là, il est spirituel.

 « Je l’ai fait pour moi. J’avais besoin de retrouver des éléments importants. C’était la nature, le désert. Il y avait un côté mystique dans cette course. »

Transmettre, porter et fédérer

À son retour, elle s’engage finalement, pour de bon, contre la maladie. Elle devient la marraine alsacienne de l’association Ela, qui lutte contre la leucodystrophie. Depuis dix ans désormais, elle est ambassadrice d’Ela auprès des entreprises et des écoles. Son challenge, c’est de faire mouiller le maillot pour ceux qui ne le peuvent plus, grâce à l’opération « Mets tes baskets » :

« Je me sens vraiment utile là-bas. Je suis dans ce que je sais faire le mieux : faire, transmettre, porter et fédérer. J’aime embarquer les gens et lorsque les Alsaciens décident de s’engager, ils le font vraiment. Je raconte mon expérience et je mets le doigt sur le fait que la maladie peut tomber sur n’importe qui. »

En racontant son rapport avec les gamins, comment elle fait le show pour les motiver, pour leur donner envie de faire, Christelle exulte. C’est ça, qu’elle cherchait, dans le combat. Cette sensation qu’on peut aller encore et toujours plus loin.

« Les enfants malades, la première chose qu’ils demandent c’est : “Est ce qu’ils sont contents de faire quelque chose pour nous ?” Je le dis de suite aux enfants, dans les écoles. “Mouillez vos tee-shirts pour ceux qui ne peuvent plus courir, donnez vous à fond pour les autres”. Et les gamins ils sont comme des fous. Ils se donnent comme jamais. C’est bon à voir. »

Chistelle Sturtz dans son dojo. (document remis)
Christelle Sturtz dans son dojo. (document remis)

Une armure qui se décompose

Marraine de l’association et désormais détentrice d’un master en sciences de l’éducation, Christelle Sturtz a aussi repris les combats. En 2005, elle fait sa première visite au Japon pour une compétition. Elle n’y reviendra que cinq ans plus tard, en 2010, pour la coupe du monde. C’est une révélation, pour elle :

« C’est comme si c’était ma première rencontre avec le Japon. Il y a Tokyo, évidemment, mais là, je rencontre le pays Japonais. On est partis dans le nord, dans la région de Fukushima. J’avais l’impression de rentrer à la maison, alors que c’était ma première fois là-bas. C’est comme si toute l’armure que je m’étais construite toutes ces années, je n’en avais plus besoin là-bas. J’ai senti une complète osmose avec ce pays. »

Pour la première fois, elle remporte la coupe du monde dans sa catégorie, le Wado-Ryu. Pour elle, cette coupe n’était pas particulièrement complexe en terme de difficulté, mais il bouclait — à nouveau — un cycle de vie. C’en est bel et bien fini du karaté en compétition, mais elle possède encore son propre dojo, à Holtzeim, le Chris Innov Karaté, où elle coache des jeunes et donne des cours.

La télévision ? Elle en a fait quelques fois, ces dernières années. Contactée par la société de production à l’origine de l’émission « Pascal le grand-frère », diffusée sur NRJ 12, on lui propose d’intervenir une première fois auprès d’un jeune Alsacien de 17 ans, dans l’émission « SOS: Ma famille a besoin d’aide ». Sur un principe simple : du coaching auprès de jeunes hommes ayant tendance à être violents.

« J’ai dit oui parce qu’il y avait cet aspect coaching que je pratiquais au club. Un côté entraide, aussi. Puis la curiosité de la télévision et je suis quelqu’un qui fait un peu le show aussi. J’avais vaguement quelques informations sur le môme, très violent avec sa mère, sa copine. J’étais en mode compet’ quoi ! (Rires) Bon, il y avait une part scénarisée. Je devais arriver en courant, genre je suis en train de faire mon footing, par hasard. En revanche, il n’y avait pas de dialogues préparés. Je lui dit d’envoyer une ou deux droites, puis boum ! Mon poing part. »

Et elle y est retourné, à la télévision. Quelques fois, toujours sur la même émission et auprès du même type de jeunes hommes. Mais aujourd’hui, après des années de compétition et d’engagement, elle ne voit pas vraiment son avenir devant la caméra. Ni dans son club de karaté, dont elle envisage de lâcher les rênes.

La publication de son ouvrage, c’est l’armure qui tombe. Les combats ont lieu désormais sur les bancs des écoles et des salles de réunions des entreprises. Salariée de l’association Ela depuis trois ans, elle arrive, aux côtés de ses comparses, à collecter plus de 150 000 euros par an, en Alsace. Et pour le moment, l’avenir de l’ancienne compétitrice se situe là, entre le soutien aux enfants malades et le coaching des enfants en pleine santé.

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Grande braderie : 9 ponts sur 21 ouverts aux piétons samedi

Grande braderie : 9 ponts sur 21 ouverts aux piétons samedi

La Grande Braderie de Strasbourg, samedi 30 juillet, est maintenue. Elle sera cependant dotée d’un dispositif de sécurité important, rappelant celui en vigueur lors du Marché de Noël : pas de véhicule dans l’île centrale, barrages filtrants et patrouilles permanentes. Seuls 9 ponts sur les 21 seront ouverts.

Après l’attentat de Nice, la tenue de la Grande Braderie de Strasbourg, prévue samedi 30 juillet et qui rassemble chaque année des dizaines de milliers de personnes dans le centre de Strasbourg, n’était pas gagnée. Les services de sécurité de l’État ont tenu de multiples réunions avec les services de la Ville de Strasbourg et les associations de commerçants ces derniers jours et finalement, le maire de Strasbourg, Roland Ries, a choisi de maintenir l’événement commercial.

En revanche, un dispositif de sécurité très important sera déployé toute la journée de samedi, rappelant celui en vigueur en décembre, lors du Marché de Noël et aménagé avec les enseignements de l’attentat de Nice. Les restrictions d’accès seront plus importantes, puisque seuls 9 des 21 ponts qui permettent d’entrer sur la Grande Ile de Strasbourg seront ouverts aux piétons. Les 12 autres seront bloqués par les forces de l’ordre.

Le dispositif de sécurité de la Grande Braderie

En résumé, il y aura un filtrage strict des véhicules présents dès vendredi soir, et samedi toute la journée. En dehors des parkings privés, toutes les voitures doivent quitter le centre le vendredi 29 à 22h, sous peine de se retrouver à la fourrière. Seuls les commerçants pourront cheminer leurs marchandises entre 5h et 7h du matin et les reprendre à partir de 22h. Entre ces horaires, toute pénétration d’un véhicule dans l’enceinte de la Grande Île sera proscrit. Des riverains ont ainsi dû décaler leur déménagement.

De 6h à 22h30, il n’y aura pas non plus de tramways ni bus dans le périmètre de la Grande Île. Ils seront arrêtés à l’extérieur. Néanmoins, les espaces des rails de tramway ne seront pas occupés par des stands de commerçants, ils seront dédiés à la circulation des véhicules de sécurité. L’objectif étant de permettre l’évacuation rapide de la foule en cas d’incident, et la circulation des moyens de secours.

Un peu moins de stands de commerçants non-sédentaires

De même, la place Kléber sera dégagée de la présence de stands, afin d’offrir une respiration aux mouvements de foule. L’ensemble de ces restrictions a limité l’installation à environ 200 commerçants non-sédentaires, contre 250 à 300 habituellement, en plus des stands des boutiques. Les magasins les plus importants doivent également se doter d’agents de sécurité supplémentaires.

Les véhicules de secours et ceux autorisés, comme une dizaine de camions frigorifiques pour les stands de nourriture, seront contrôlés à trois points d’accès : les ponts du Corbeau, de Paris et de la Fonderie. Les autres accès seront complètement barrés à la circulation. Pas moins de 1 400 affiches (dont 400 dans les commerces) sur l’évènement ont été disposés, à la fois pour la promotion, la prévention, les annonces, etc.

En outre, les drones, artifices, chiens dangereux et la consommation alcool sur la voie publique (hors terrasses) sont interdits.

350 à 400 hommes en plus, pas d’illuminations de la cathédrale

Les forces de police seront équipées « d’armes collectives », afin de s’interposer à toute pénétration de force de l’enceinte du périmètre sécurisé. Les militaires de l’opération Sentinelle patrouilleront à l’extérieur de la Grande Île. Au total, on dénombre 350 et 400 personnes mobilisées, dont 30 vigiles supplémentaires d’une société de sécurité embauchée par les Vitrines de Strasbourg, organisateur de l’événement. Une partie des troupes (unités mobile, personnel en civil, personnel de la bac) se déplaceront dans la foule.

Le premier adjoint Alain Fontanel (PS) a indiqué que le surcoût de ces dispositions de sécurité ne sera connu qu’après les festivités. En outre, samedi soir, les illuminations de la Cathédrale sont annulées, en raison de la superposition des contraintes de sécurité.

Balade nature… au centre-ville de Strasbourg !

Balade nature… au centre-ville de Strasbourg !

Balade nature. – Si les constructions nouvelles se multiplient depuis quelques années, Strasbourg reste peu dense par rapport à des villes comme Bordeaux, Lille ou Nantes. Ce qui laisse de la place à la verdure, même dans les quartiers centraux. La dernière balade de cette série part des Halles et va jusqu’à la presqu’île Malraux, en passant par l’Orangerie et la Citadelle.

Le circuit qui suit, à parcourir à pied en 3h15 environ, est tout entier en milieu urbain. De simples baskets suffisent, même s’il est toujours plus confortable de marcher longtemps dans des chaussures adaptées… Prévoyez crème solaire ou cape de pluie, et bien sûr une bouteille d’eau, même si vous trouverez quelques endroits (payants) où vous ravitailler en chemin.

Les lieux de départ et d’arrivée sont situés à des stations de tram, afin que vous puissiez vous passer de voiture ou de vélo. Ce dernier mode de transport peut néanmoins être utilisé sur tout le circuit et divise par deux le temps de trajet. Cette balade, contrairement à d’autres, est accessible aux personnes handicapées presque tout du long. Quand le chemin n’est pas adapté, il est doublé par un quai ou une piste cyclable.

1 – Le canal des Faux-Remparts

Départ. – La promenade commence à la station de tram Ancienne Synagogue – Les Halles (ligne A et D). Prenez le large pont du Marché (piétons) en face des Halles, puis à gauche sur le quai de Paris. Là, descendez la rampe en pierres jusqu’aux berges du canal des Faux-Remparts. Prenez à droite, pour remonter vers la place de la République.

Ce sentier, aux pavés irréguliers (boueux et glissants ce printemps), a été réaménagé entre 2012 et 2013, laissant plus de place à la nature mais moins aux joggeurs (qui, du coup, doivent courir en face) ou aux SDF. Pas de banc, mais une végétation foisonnante… et quelques chiens et leurs maîtres. Parcourez ainsi un peu plus d’un kilomètre, en contrebas de quelques beaux spécimens de la Neustadt, tels la place de la République ou le lycée des Pontonniers.

Le long du canal des Faux-Remparts, au nord de l'ellipse insulaire (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Le long du canal des Faux-Remparts, au nord de l’ellipse insulaire (Photos MM / Rue89 Strasbourg)

2 – A la confluence de l’Ill et de l’Aar

Passez sous le pont Saint-Etienne et remontez à droite par un petit escalier sur le quai du même nom. Prenez à droite, puis à nouveau à droite sur le pont. Tout de suite (encore) à droite, descendez sur les berges de l’Esca, ce bâtiment aux appartements haut-de-gamme, construit en 1934.

Profitez (de jour !) de cet endroit exceptionnel, face aux péniches du quai des Pêcheurs, là où se croisent Ill et canal des Faux-Remparts. Mais attention, plus question de s’asseoir pour grignoter ici son sandwich : depuis quelques années et à l’initiative de l’adjoint de quartier (et président de l’Eurométropole) Robert Herrmann, « un aménagement paysager empêchant l’installation de groupe, grâce à des plantations dissuasives » est en place. Cette nature « dissuasive » : des bosquets de ronces bien visibles, disséminés sur la berge…

Après être passé sous le pont Royal (station Gallia), remontez par une rampe en pente douce vers le quai Koch, puis prenez le pont d’Auvergne, à la confluence de l’Ill et de l’Aar, face au Palais universitaire. Une petite pause au café Brant pour boire un jus de fruit / reposer ses gambettes / se soulager la vessie ? Et puis ça repart, par le quai du Maire-Dietrich, qui longe les baies vitrées du café, côté Ill.

Sur les berges de l'Esca, la nature "dissuasive" (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Sur les berges de l’Esca, la nature « dissuasive » – Vers le quai Koch – place de l’Université (Photos MM / Rue89 Strasbourg)

3 – Vers les institutions européennes

Traversez la place Sébastien-Brant et prenez le quai Rouget-de-L’Isle, marqué par un losange bleu du Club Vosgien et le repère de l’un des circuits Vitaboucle (PDF). En face, de l’autre côté de l’Ill, le quai Mullhenheim s’allonge, avec ses ambassades américaine et allemande, têtes de pont de l’île Sainte-Hélène. De votre côté, les belles demeures du quai (dont l’école maternelle Notre-Dame de Sion) rivalisent d’architectures originales…

Passez le pont de la Dordogne et plongez sur le quai du Bassin de l’Ill (toujours tout droit), après la passerelle métallique Ducrot – inaugurée en 1889, la même année que la Tour Eiffel ! A hauteur de l’Ill, découvrez les locaux de la chaîne franco-allemande Arte, puis le Parlement européen (en face), en longeant les bâtiments du Conseil de l’Europe (puis son parking semi-sauvage, à l’arrière). Prenez la rue Sforza, en zigzaguant entre les voitures et débouchez sur l’avenue de l’Europe.

Mi-parcours. – Là, après 1h30 de marche (cool) environ, vous pouvez prendre le tram de l’autre côté du canal à gauche, à la station Droits-de-L’Homme (ligne E), ou les bus 72, 30 et 6 (station Conseil de l’Europe) à droite, vers le centre-ville. Ou continuer la balade !

Quai Rouget-de-L'Isle puis quai du Bassin de l'Ill (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Quai Rouget-de-L’Isle puis quai du Bassin de l’Ill, avec vue sur le Parlement et la Cour européenne des Droits de l’Homme (Photos MM / Rue89 Strasbourg)

4 – L’Orangerie et le Bon Pasteur

Traversez l’avenue de l’Europe et rentrez dans le parc de l’Orangerie par la guérite en grès et colonnade devant laquelle les Kurdes se relaient 365 jours par an. Là, dans le parc, vous pouvez pique-niquer, faire jouer les enfants aux nombreux agrès, manger une glace chez Franchi (deux spots à glaces + un restaurant en face du Conseil), faire un déjeuner gastronomique au Buerehiesel… (liste non-exhaustive.) Ou traverser d’une traite le parc d’ouest en est, en direction de la rue François-Xavier-Richter, qui longe le côté est du parc.

Prenez cette rue à droite, traversez et prenez le boulevard (sic) Jean-Sébastien-Bach, petit passage qui mène à un pont de bois sur l’étang artificiel structurant ce quartier récent du Bon Pasteur. Continuez tout droit par la rue Touchemolin et débouchez sur la place du Conseil des Quinze. Encore une possibilité de larguer les amarres : le bus 15 passe par là, direction (entre autres) la place de la Bourse…

(En haut) le parc de l'Orangerie - (En bas) le quartier du Bon Pasteur (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
(En haut) le parc de l’Orangerie – (En bas) le quartier du Bon Pasteur (Photos MM / Rue89 Strasbourg)

5 – Du bassin des Remparts à l’Esplanade

Découvrez cette placette à la végétation rare, entourée de demeures étonnantes. Prenez toujours tout droit par la rue Richard-Brunck (en travaux ces temps-ci) et débouchez sur la rue du Général-Conrad. Traversez et trouvez un petit passage entre les rondins anti-caravanes pour accéder au bord de l’eau. Là, bifurquez vers la droite et suivez les péniches amarrées dans le bassin des Remparts. Un havre de paix en face du port nord

Laissez (sur votre droite) la cité Rotterdam, le quartier Leclerc où est installé l’EPIDE de Strasbourg depuis 2007, puis, après le pont d’Anvers, longez le stade de l’AS Vauban avec, en arrière-plan, les immeubles de l’Esplanade. Côté bassin de la Citadelle, après les bateaux de croisière, profitez de la vue sur le nouveau viaduc tram, mis en service en 2017, et le port de plaisance de Strasbourg.

Le long du bassin des Remparts, vers le quai des Belges - du Conseil des XV à l'Esplanade (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Le long du bassin des Remparts, vers le quai des Belges – du Conseil des XV à l’Esplanade (Photos MM / Rue89 Strasbourg)

6 – Du parc de la Citadelle aux berges de Danube

À hauteur du parc de la Citadelle, traversez le quai des Belges et entrez dans le parc. Découvrez là un jardin partagé (grillagé), ici des jeux pour enfants divers et récents, là encore, une balade le long des douves au bas des fortifications, jugées « meilleur spot à libellules de Strasbourg » par l’association Odonat (Office des données naturalistes d’Alsace).

Une fois imprégné de l’esprit des lieux, contournez les fortifications par la gauche et ressortez du parc par le quai des Alpes, que vous traversez. Restez à gauche du pont du Danube et descendez à hauteur de l’entrée du Vaisseau. Avant cette entrée, prenez le petit chemin verdoyant (toujours à gauche) jusqu’au bassin. Là, vous pouvez faire une petite pause sur les bancs, à proximité de prairies fleuries aux nombreuses fleurs et insectes…

Prenez ensuite à gauche sous le pont du Danube et continuez le long de la friche qui devient progressivement l’éco-quartier Danube. Passez le chantier de la tour Elithis et débouchez par un petit escalier à gauche sur le pont Churchill, en face des tours Black Swans, elles aussi en cours d’érection. Vous êtes au point d’arrivée de la balade, à la station de tram Winston-Churchill (tram E et C).

Si vous avez encore un peu d’énergie (ou que vous souhaitez prendre le tram A à la station Etoile-Bourse, en direction du point de départ de la balade, place des Halles), contournez le nouveau bâtiment de l’INET côté route du Rhin, puis le Ciné Cité. Là, vous déboucherez au cœur du quartier Malraux, la « nouvelle Neustadt » de Strasbourg…

Du parc de la Citadelle aux berges de Danube (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Du parc de la Citadelle aux berges de Danube (Photos MM / Rue89 Strasbourg)

Ancienne coopérative à Schiltigheim : un marché couvert et un centre d’art

Ancienne coopérative à Schiltigheim : un marché couvert et un centre d’art

À la rentrée 2017, l’Ancienne coopérative des Bouchers de Schiltigheim, aujourd’hui une friche industrielle, sera transformée en marché couvert et en centre d’art. Le nouveau lieu favorisera les artistes comme les commerçants et agriculteurs locaux.

La friche de l’Ancienne coopérative des Bouchers à Schiltigheim fait l’objet de travaux depuis août 2015. Elle sera finalement transformée en un marché couvert, un lieu culturel, et en bâtiments administratifs pour un coût de 4,5 millions d’euros. Le maire (UDI) de Schiltigheim, Jean-Marie Kutner, a annoncé mercredi avoir trouvé un accord de financement avec la Caisse des dépôts.

Cette réhabilitation devra permettre de conserver les bâtiments présentant une valeur historique, le tout dans un « complexe à empreinte énergétique faible ». Pour ce faire, la Ville a fait appel au cabinet d’architectes Dominique Coulon & Associés.

Ancienne Coopérative des Bouchers 2
Esquisse de l’extérieur de la coopérative des Bouchers (doc Coulon & associés)

Certains bâtiments seront détruits

L’ensemble de la friche était initialement composé de cinq bâtiments. Deux d’entre eux seront réhabilités : la Maison Alsacienne et la Halle. La Remise ne pourra être conservée en l’état et sera déconstruite puis reconstruite, pour pouvoir abriter du personnel administratif. La maison alsacienne historique, qui fait partie de la friche, conservera son ossature en bois. Elle abritera le service culturel de la ville. Les deux dépendances de la friche seront quant à elles démolies.

Certains bâtiments seront entièrement reconstruits (Doc Dominique Coulon & Associés)
Certains bâtiments seront entièrement reconstruits (Doc Dominique Coulon & Associés)

La Halle abritera le marché couvert et le centre d’art. Le bâtiment sera affublé d’une extension qui abritera un « bar d’été ». Le marché couvert de 700 m² abritera des commerçants locaux qui vendront des produits alimentaires de la région, en circuits courts. 

Au premier étage, un lieu d’exposition de 350 m² accueillera expositions d’art, projections et conférences. La première exposition qui s’y déroulera sera consacrée à Tomi Ungerer dans le cadre d’une programmation qui se voudra « aussi variée que possible ».