Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Lohr va tester le Cristal, une navette électrique à la demande, à Strasbourg

Lohr va tester le Cristal, une navette électrique à la demande, à Strasbourg

Le « Cristal » : c’est le nom classieux d’un nouveau véhicule totalement électrique et numérique, qui sera expérimenté à Strasbourg durant six mois à partir de septembre 2017. Il sera exploité en double usage : pour une utilisation individuelle et en mode navette, à la manière des transports en commun classiques. Les détails de son utilisation ont été présentés du 14 au 16 juin, au Salon Européen de la mobilité à Paris.

Développé par le groupe alsacien Lohr, le Cristal est un véhicule de transport bimodal et long comme une grosse voiture (3,90 mètres). Sa hauteur (2,50m) se rapproche toutefois plus de celle d’un bus. Il réunit d’ailleurs les deux types de transport : 7 stations seront installées dans Strasbourg pour permettre aux particuliers de louer le véhicule, à la manière des Autolib’ à Paris. Trois des stations seront équipées de bornes pour recharger les véhicules.

Trajet de la navette Cristal et points de recharge prévus (doc remis / Lohr)
Trajet de la navette Cristal et points de recharge prévus (doc remis / Lohr)

Une navette pour les étudiants

Pour le mode navette, c’est en réalité deux à quatre véhicules qui seront attelés, et pilotés par un chauffeur professionnel. De 16 à 20 personnes peuvent voyager debout ainsi. La boucle prévue pour le Cristal vise les étudiants, en desservant 9 stations du campus à l’hyper-centre de Strasbourg, en passant par la zone piétonne de la place de la Cathédrale.

Totalement électrique, le Cristal sera également numérique : une application dédiée devrait permettre de repérer les véhicules en temps réel et d’en réserver un. Un accès à Internet par WiFi sera également installé à bord de chaque véhicule.

L’accès à ces quatre véhicules prêtés par Lohr à Strasbourg sera gratuit. L’objectif pour le groupe industriel alsacien est de tester les usages, voir si les réservations fonctionnent correctement, si les comportements des utilisateurs correspondent à ceux prévus, etc. Pour Strasbourg, l’objectif est d’apporter une touche d’innovation dans les transports en commun et peut être de trouver une solution pour ces quartiers de l’hyper-centre où il est délicat de faire passer des bus.

Égalité et citoyenneté : un tiers de loi pour Philippe Bies

Égalité et citoyenneté : un tiers de loi pour Philippe Bies

Pour une fois, un député alsacien est dans le coup. Philippe Bies (PS) est rapporteur de la partie « logement social » de la loi Égalité et citoyenneté. Explications.

Il est d’usage de dire que les personnalités politiques alsaciennes ne sont guère influentes à Paris. Un seul ministre lors des deux derniers quinquennats, (Philippe Richert, chargé des collectivités territoriales, poste plutôt secondaire), la position des élus alsaciens de la majorité pour l’Alsace-Lorraine non-entendue lors du redécoupage des régions en 2014, une seule députée européenne alsacienne, un impact sur les lois souvent cantonné à celles sur le droit local

Même Armand Jung (PS), pourtant député depuis 1997, n’a pas pas brillé par sa présence dans l’hémicycle et ses propositions de lois une fois la gauche revenue au pouvoir en 2012, bien avant ses problèmes de santé.

Mais pour l’une des dernières lois du quinquennat de François Hollande, le député de la deuxième circonscription du Bas-Rhin (Strasbourg sud – Illkirch) Philippe Bies (PS) a été nommé co-rapporteur d’une partie du texte de la loi Égalité et citoyenneté. Pas rapporteur général (Razzi Hammadi), mais d’un des trois volets, celui sur le logement social. Un domaine que Philippe Bies connait bien, puisqu’il préside les bailleurs sociaux Habitation moderne et CUS Habitat.

La salle du manège Solignac au Nuehof (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
La salle du manège Solignac au Neuhof a accueilli une soixantaine de personnes pour une réunion publique sur le sujet (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Philippe Bies explique comment il a obtenu cette responsabilité :

« C’est une loi qui concerne trois ministères (la Ville la Jeunesse et les Sports ; le Logement et l’Égalité réelle) de manière assez égale. Quand c’est comme ça, on crée une commission spéciale, comme pour la loi Macron. La partie logement relève des affaires économiques dont je suis membre. Nous sommes trois ou quatre députés plus spécialisés sur ces questions et deux avaient déjà été rapporteurs. »

Vidéo – Les enjeux du texte selon Philippe Bies



Le député strasbourgeois précise le rôle d’un rapporteur :

« Mon travail est de mener des auditions des différents acteurs du milieu : l’association des maires de France, France urbaine, l’union sociale de l’Habitat, la fondation Abbé Pierre, les représentants des locataires, le droit au logement, puis de faire le lien avec le ministère et apporter des modifications et amendements. Mon but est que le texte soit applicable rapidement et concrètement. Beaucoup de loi traînent car elles nécessitent des décrets d’application longs à rédiger. »

Ça, c’est pour la partie technique, la suite se sont des questions de fond.

Valoriser l’engagement citoyen

Née après les attentats de Paris en janvier 2015, cette loi vise à atténuer les fractures de la sociétés françaises par plusieurs petites mesures, notamment en valorisant l’engagement. « Il y un pacte de sécurité, mais il doit inclure un volet citoyenneté » a résumé le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports Patrick Kanner lors d’un passage à Strasbourg.

Les mesures ont été présentées en conseil des ministres : constituer une réserve citoyenne (bénévoles prêts à aider en cas de catastrophe naturelle), un congé d’engagement associatifs (6 jours à diviser en demi-journée), une généralisation du service civique, notamment chez les sapeurs pompiers et d’autres structures publiques, échanger un cours à l’université (les fameux crédits ECTS) contre des heures d’engagement associatif, ouvrir davantage les concours de la fonction publique aux salariés du privé, poser une caméra-piéton sur les policiers ou encore punir plus sévèrement les actes de racisme « notamment sur les réseaux sociaux » toujours selon le ministre.

En réunion publique (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
En réunion publique avec le ministre de la Ville Patrick Kanner (au centre). Son fidèle soutien Mathieu Cahn  était aussi convié en tant que président de l’association nationale des conseils d’enfants et de jeunes (Anacej)  (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Vu comme ça, la loi risque d’être critiquée pour son côté « fourre-tout » sans pour autant que de grandes mesures fortes se dégagent. La partie dont Philippe Bies est en charge, sur les logements sociaux, risque de mener aux débats politiques les plus intenses à l’Assemblée nationale. Comme aux conseils municipaux ou de l’Eurométropole de Strasbourg, ces thèmes mènent souvent à de nombreuses passes d’armes entre gauche et droite. Philippe Bies se prépare déjà aux critiques « des députés-maires qui ne sont pas toujours vertueux en la matière chez eux. »

Moins de barres HLM et une répartition plus équilibrée de la population

Le propos du Premier ministre Manuel Valls sur des situations « d’apartheid » en France avaient suscité la polémique. Sans adhérer au choix des mots, Philippe Bies partage les constats :

« L’objectif est qu’il y ait moins de ségrégation sociale et trouver l’équilibre entre mixité et droit au logement. On a travaillé sur le stock avec la rénovation urbaine, puis la gouvernance en transférant aux agglomérations la politique d’offre et de peuplement avec la loi ALUR et maintenant on travaille sur les flux pour faire un rééquilibrage des populations. »

Principal article de la loi, que les bailleurs sociaux attribuent aux ménages les plus modestes un quart de leurs logements, en dehors des quartiers défavorisés, ce qu’on appelle les « quartiers prioritaires de la ville » (QPV). Une mesure qui aura un « effet immédiat » selon le député strasbourgeois. Autrement dit, moins de cités et barres HLM où toutes les difficultés sont concentrées. C’est justement une politique appliquée à l’Eurométropole, ce qui ne devrait donc pas créer de bouleversements localement. Pour cela, les bailleurs sociaux, pourront baisser leurs prix dans certains secteurs (les loyers sont réglementés), quitte à en réévaluer d’autres.

Autre volet de la loi, accroître la transparence et clarifier les critères d’attribution. Reste à voir jusque dans quelle mesure iront ces belles intentions. Enfin, l’État pourrait laisser « moins de marges de manœuvre pour ceux qui contournent les lois », poursuit Philippe Bies, dont l’objectif est d’atteindre 25% de logements sociaux par commune en 2025.

La Wantzenau, particulièrement concernée

Autour de Strasbourg, la commune de La Wantzenau, au nord est particulièrement concernée, elle qui est placée sur une liste de communes dites « récalcitrantes » avec un taux de 1,6% de logements à loyers modérés. Les autres communes en dessous des seuils sont Eckbolsheim, Reichstett et Vendenheim. Le maire Patrick Depyl (sans étiquette) se défend de ne pas faire d’effort, mais malgré cela explique que les objectifs sont inatteignables :

« Ce qui est gênant avec ce terme de commune « récalcitrante », qui d’ailleurs n’a pas de valeur juridique, c’est qu’on mélange des ceux qui font des efforts et les autres. J’ai rencontré les municipalités concernées lors du congrès des maires, et il y en a qui ne veulent tout simplement pas de logements sociaux. Je suis arrivé en 2014, depuis on est passé de 39 à 70 logements aidés. Le problème c’est qu’à la fois on est tenu par la loi, mais aussi par le Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) au niveau de l’Eurométropole qui prévoit 750 logements dont 300 aidés sur notre commune. Ça ne permettra pas d’être dans les objectifs, même pas à 20% (le seuil obligatoire avant la loi SRU de 2013). À cela, s’ajoute le plan de prévention des risques d’inondations (PPRI) qui prévoit qu’une partie de nos terrains soient inconstructibles. Ce que j’attends des améliorations au texte que peut apporter Philippe Bies, c’est que le taux de logements soit calculé au niveau des intercommunalités. Parce que les constructions sont décidées au niveau de l’agglomération, mais les amendes sont calculées par communes. Bien sûr, il faut que toutes les communes jouent le jeu pour que ça fonctionne, mais par exemple nous disposons d’une station d’épuration qui bénéficie à toute l’agglomération, nous avons aussi une zone Sévéso (à risques technologiques). Il faut voir les agglomérations comme comme un tout. »

La commune paie une amende de 133 000 euros par an, qui est globalement déduite des aides qu’elle apporte à de nouveaux programmes immobiliers. Lors d’une entrevue, le préfet de Bas-Rhin a assuré au maire que s’il avait certes une attention particulière sur sa commune, il ne comptait pas la priver de son droit de préemption, ni de délivrer des permis de construire.

Bon pour la réélection ?

Avec des mesures qui devraient être bien perçues par les électeurs de gauche et quelques propositions issues des réseaux associatifs, cette loi intervient à point nommée pour la majorité, qui devrait être bien plus rassemblée que sur le texte la Loi Travail. Comme la loi numérique d’Axelle Lemaire, les internautes ont pu contribuer en ligne et une demi-journée sera organisée pour essayer de transformer les propositions en amendements. « C’est vers cela qu’il faut aller, il faut changer la manière de faire la loi », estime Philippe Bies.

Être associé à cette future loi peut être un atout lorsque Philippe Bies, qui briguera sa réélection en 2017, même si on est rarement réélu grâce à un bilan. L’ancien président lorrain Jean-Pierre Masseret (PS) qui en avait fait son principal argument de campagne lors des régionales dans le Grand Est en sait quelque chose.

(photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Philippe Bies a pu mettre en avant son implication. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Temps fort de son mandat, le député a pu organiser une réunion publique au Neuhof, au Manège Solignac, lieu remis en état récemment par la municipalité dans un quartier de sa circonscription qui vote peu. Une rencontre qui a réuni une soixantaine de personnes où les questions se sont concentrées sur les autres parties du texte. À la fin de la réunion, Philippe Bies a proposé de le contacter sur son site en précisant qu’un rapporteur peut soumettre les amendements en dernier.

Pour Philippe Bies, la gauche doit mieux mettre en avant ses travaux :

« Je ne fais pas ce travail pour le bilan, mais pour que ça soit utile. Mais il est vrai qu’en écoutant Patrick Kanner, je trouvais qu’il en faisait presque trop sur François Hollande, pourtant je suis hollandiste. En même temps, je me disais qu’on se retrouve en situation où on a presque honte de notre action, alors qu’on a fait des choses et qu’il faut les mettre en avant. »

L’examen des différents articles est prévu le 27 juin à l’Assemblée nationale, avant un vote solennel le mardi 5 juillet.

Quinze Alsaciens cités dans les listes des « Panama Papers »

Quinze Alsaciens cités dans les listes des « Panama Papers »

Début mai, le groupement international de journalistes d’investigation ICIJ a dévoilé la plus importante fuite de sociétés et de personnes ayant des intérêts dans les paradis fiscaux. Ce sont les « Panama Papers ». Et dans ces dossiers figure une poignée d’Alsaciens, aux profils très divers.

Dans les « Panama Papers », on trouve les données de plus de 214 000 sociétés offshores, c’est à dire les actionnaires et les liens de structures juridiques situées dans des paradis fiscaux comme les Îles Vierges ou les Seychelles. Ces données ont été publiées sur Internet à la suite de l’acquisition par le consortium de journalistes d’investigation ICIJ de fuites, dont la principale provient du cabinet d’avocats Mossack Fonseca, situé au Panama.

Ces données ont permis de mettre en évidence comment l’ancien Premier ministre d’Islande, le président de l’Ukraine ou le roi d’Arabie Saoudite par exemple ont placé leur argent à l’abri des regards et des administrations fiscales.

En résumé, grâce à des sociétés qui n’existent que sur le papier implantées dans des paradis fiscaux où le taux d’impôt est très bas voire inexistant, les actionnaires peuvent en toute discrétion vendre ou acheter des biens en utilisant le nom de ces sociétés-écrans. Ces mécanismes sont connus, mais c’est grâce à la fuite de 11,5 millions de documents au Süddeutsche Zeitung en 2015 que le voile sur l’ampleur de ce vaste système d’évasion fiscale commence à être levé.

En Alsace, des chefs d’entreprise ou des inconnus

Il aura fallu plus d’un an à l’ICIJ, aidé par plus d’une centaine de médias, pour creuser cette montagne de documents et les rendre intelligibles dans une base de données, désormais librement accessible sur Internet. Lorsqu’en mai les premiers résultats sont dévoilés, on découvre en France que les époux Balkany, élus des Hauts-de-Seine, font partie des personnes citées dans les « Panama Papers », ou encore Michel Platini ainsi que des proches de Jean-Marie et de Marine Le Pen.

En Alsace, ce ne sont pas les plus riches ou les élus de la région qui sont cités, mais des chefs d’entreprise souvent très discrets. Dans la base de données, on trouve ainsi une quinzaine d’Alsaciens, dont les sociétés-écrans sont pratiquement toutes sous la juridiction des Îles Vierges Britanniques, qui garantit l’exemption fiscale.

Voici la liste, non exhaustive, des Alsaciens actionnaires de sociétés offshores, avec en lien leur entrée directe dans la base de données de l’ICIJ.

Quatre Strasbourgeois

    Ephraim Massun, dirigeant d’Energie Climat, une société strasbourgeoise dont l’activité consiste dans le commerce interentreprises de matériel de plomberie et de chauffage, est actionnaire de Ledwin Company Group Inc., enregistrée à Genève et créée en 2006. Mais pour joindre Énergie Climat au Port-du-Rhin, il faut appeler un numéro surtaxé, lequel répond automatiquement que… « l’entreprise ne souhaite pas être contactée. »
    Plus connu, on trouve également Christian Eberhardt, le président d’Eberhardt Frères, important distributeur d’appareils électroménagers à Strasbourg. Christian Eberhardt est listé comme actionnaire de deux sociétés aux Îles vierges britanniques, Xerena S.A., via les Emirats Arabes Unis, et Raxalle, via Monaco. Interrogé sur l’opportunité de ces sociétés dans de ce paradis fiscal, Christian Eberhardt n’a pas souhaité répondre à nos questions.
    Kirill Pankratiev a exercé comme consultant en systèmes et logiciels informatiques à Strasbourg, via sa société KP Développement en novembre 2011. Il est actionnaire de Blackswan Managers and Consultants, créée en 2009 à Hong Kong et close en avril 2010. Résident en Suisse, M. Pankratiev a contacté la rédaction en juillet, pour préciser que la création de cette société offshore « n’avait rien à voir avec Strasbourg », mais parce qu’il était directeur d’une société basée à Hong-Kong.
    Un quatrième Strasbourgeois est actionnaire d’UNISSE (Universal Science And Superior Education) depuis 1999, enregistrée dans les Îles Vierges Britanniques : Gustav Schmid.

Ailleurs dans le Bas-Rhin

    À Gambsheim, Albert Schneider, né en 1941 et co-gérant de la société civile immobilière Albia, est actionnaire de Trade Group Limited, basée à Hong Kong, depuis 2002. Contacté à son domicile, Albert Schneider n’a pas répondu à nos sollicitations.
    Toujours à Gambsheim, Franck Schneider est lui aussi actionnaire de cette société depuis 2002. Celui-ci est dirigeant de HP SUD, une entreprise créée en 2011.
    Jacques Kouchnir, décédé en 2011, est avec Stella Bash actionnaire de Quiltmere Limited depuis 1998. La société-écran, enregistrée à Lausanne, est toujours active. Il possédait plusieurs sociétés civiles immobilières à Truchtersheim et à Berstett. Contactée par téléphone, Stella Bash affirme avoir vendu toutes leurs actions.
Capture d'écran de la base de données ICIJ.
Capture d’écran de la base de données ICIJ : les liens avec la société offshore Quiltmere Limited, enregistrée en Suisse.
    À Bischoffsheim, Bernard et Marie-Louise Lehmann sont actionnaires depuis dix ans de Fevor Management, située à Genève. Ceux-ci sont co-gérants d’une société immobilière et Bernard Lehmann en possède deux autres encore : Le Lielos et Mont des Frères. Contacté par téléphone, Bernard Lehmann s’est déclaré très étonné d’apprendre l’existence de ces sociétés. Retiré des affaires, il a assuré qu’il n’avait jamais créé ou détenu des actions d’une société offshore. Il a cependant refusé de nous communiquer les coordonnées du cabinet en charge de la gestion de son patrimoine et de ses sociétés.

Dans le Haut-Rhin

    Dans la liste des Français impliqués dans les « Panama Papers », on trouve aussi un certain Marc Frey, domicilié à Mulhouse et actionnaire de IBBIMCS, enregistrée à Malte depuis 2012. Marc Frey cultive l’art de la discrétion dont sont adeptes bon nombre de personnes utilisant les sociétés offshore. Ce n’est pas le cas de sa famille en revanche, que nous avons contactée pour qu’elle lui transmette nos questions. Cependant Marc Frey n’a jamais rappelé.
    À Mulhouse toujours, Sacha Poirson est spécialiste dans le marketing Web pour la société AGC Consultants. Mais elle est aussi directrice, secrétaire et actionnaire depuis 2008 d’Amon and Ascan Development Inc., basée à Samoa, une île au large de l’Australie. Contactée via la CCI de Mulhouse, Sacha Poirson n’a pas répondu à nos sollicitations.
    Dominique Beccia était propriétaire d’une petite entreprise spécialisée dans l’informatique à Bergholtz-Zell. Créée en 2009, elle est radiée depuis cinq ans. À Malte, Dorns Limited existe quant à elle toujours et Dominique Beccia en est actionnaire depuis 2010. Aujourd’hui, Dominique Beccia est directeur de programme chez Microsoft. Contacté, il a expliqué à Rue89 Strasbourg que cette société offshore avait été créée quasi-automatiquement, lorsqu’il a confié le montage juridique d’une société de jeux vidéos à un cabinet de Malte dont il est résident.
    Francis Lapp est un autre alsacien au profil international. Après une carrière dans l’industrie, il a rénové une partie du port de Gdansk en Pologne pour y construire des yachts. Son entreprise, Sunreef Yachts est prospère. Il est actionnaire d’Ideal Asset Management Inc. depuis 1999, une société-écran enregistrée en Grande-Bretagne, elle même liée à une société de Gdansk. Contacté via Sunreef Yachts, Francis Lapp n’a pas souhaité répondre à nos questions.
    À Munster, les listes de l’ICIJ font apparaître une Marie-Madeleine Ernewein. Elle est actionnaire de Valhalla International Holdings depuis 2008, toujours en activité et enregistrée en Suisse. Il n’a pas été possible de la contacter, voire même de l’identifier avec certitude.

Journée de grève : 4 écoles sans cantine mardi

Journée de grève : 4 écoles sans cantine mardi

En vue de l’appel à la grève des syndicats opposés à la loi El Khomri (CGT, FO, Solidaires, FSU, UNEF, UNL et FIDL), l’accueil des élèves au sein des établissements scolaires de Strasbourg sera perturbé mardi 14 juin :

Les écoles maternelles et élémentaires Canardière, maternelle Neuhof A, élémentaire Neuhof et maternelle Catherine n’assureront pas l’accueil des élèves de 12h à 14h. Dans trois autres écoles (en maternelle et élémentaire Schumann, en maternelle Conseil des Quinze et en élémentaire Conseil des Quinze), il y aura certes un accueil des élèves, mais le repas doit être tiré du sac, fourni par les familles.

(Cheshire East Council / FlickR / cc)
(Cheshire East Council / FlickR / cc)

Tous les établissement assureront l’accueil des élèves le matin et le soir. Cependant, ceux dont le personnel gréviste représente au moins un quart du personnel mettront en place un service minimum d’accueil. Sont concernées, les écoles maternelles Saint Jean, Saint Thomas, Oberlin, Fischart, Canonniers, Ziegelwasser, les écoles élémentaires Louvois et Albert le Grand, ainsi que pour le groupe scolaire Ampère.

Rassemblement mardi en mémoire des victimes de la fusillade à Orlando

Rassemblement mardi en mémoire des victimes de la fusillade à Orlando

Suite à l’attaque terroriste perpétrée à Orlando (États-unis) dans la nuit du 12 au 13 juin et visant la communauté homosexuelle, la station, centre LGBTI en Alsace organise un rassemblement mardi 14 juin à Strasbourg place Kléber à partir de 20h. Une minute de silence sera observée à 21h en hommage aux victimes et à leurs proches.

La fusillade, qui a eu lieu au sein du Pulse, une discothèque gay de cette ville de Floride, a fait 50 morts et 53 blessés. Le tireur, Omar Mateen, a fait allégeance à l’organisation Etat Islamique (EI) peu avant d’ouvrir le feu, organisation qui a par la suite revendiqué la tuerie.

La tuerie a fait au moins 50 morts (Photo Padralc / FlickR / cc)
La tuerie a fait au moins 50 morts (Photo Padralc / FlickR / cc)

Mardi, neuvième manifestation contre la « loi travail »

Mardi, neuvième manifestation contre la « loi travail »

Une nouvelle fois, les syndicats CGT, FO et Solidaires appellent à faire grève et à manifester mardi 14 juin contre la loi réformant le Code du travail présentée par le gouvernement. Pour cette journée d’action après trois mois de mobilisation, les syndicats espèrent une démonstration de force et ont prévu de faire converger leurs manifestants vers Paris. Néanmoins, un rassemblement doit se tenir à Strasbourg, place Kléber à partir de 14h.

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, espère rassembler davantage de monde qu’au pic de la mobilisation, le 31 mars, où près de 390 000 personnes avaient manifesté dans 250 villes, selon les autorités, 1,2 million selon les organisateurs.

Le trajet de la manifestation

2 000 à 3 000 personnes lors de la 8e manifestation

Jeudi 26 mai, 2 000 à 3 000 personnes avaient participé à la manifestation strasbourgeoise.

La grève aura des conséquences dans les transports en commun. À Strasbourg, le trafic des trams et des bus de la CTS sera perturbé. De nombreux syndicats d’enseignants et dans la fonction publique ont également appelé à faire grève mardi.

Oubliés par l’administration, les conseillers pénitentiaires d’insertion ont arrêté de travailler

Oubliés par l’administration, les conseillers pénitentiaires d’insertion ont arrêté de travailler

Peu connue du grand public, la profession de conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation vise à accompagner des personnes condamnées et ainsi éviter la récidive. Par manque de moyens, un conseiller doit aujourd’hui suivre plus de 110 personnes. Impossible. Pour protester contre cette situation, les conseillers pénitentiaires de Strasbourg ont arrêté de travailler et assurent le service minimum, à défaut de pouvoir faire grève.

Depuis le 23 mai, les conseillers (CPIP) du Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) de Strasbourg ne travaillent plus dans le cadre d’une action appelée « SPIP mort. » N’ayant pas de droit de grève, ils sont présents sur leur lieu de travail mais ne reçoivent plus les personnes qu’ils suivent habituellement et leur expliquent la situation. Un service minimum est néanmoins accompli, c’est-à-dire s’occuper des nouveaux arrivants en milieu carcéral et rencontrer en milieu ouvert, ceux qui en ont le plus besoin.

Depuis lundi, les CPIP strasbourgeois ont lancé l'action "SPIP mort". - (document remis)
Depuis le 23 mai, les CPIP strasbourgeois ont lancé l’action « SPIP mort ». – (document remis)

À Strasbourg, le SPIP comprend 28 agents. Sept travaillent à la maison d’arrêt de l’Elsau, en situation de surpopulation carcérale, où se trouvent 755 détenus, pour une capacité théorique de 444 places. Un CPIP a donc la charge du suivi de 108 détenus. Leur métier est de préparer la sortie et d’éviter la désocialisation des personnes emprisonnées. Les autres sont basés à Schiltigheim et travaillent en milieu ouvert.

Leurs missions sont nombreuses et comprennent la mise en place de mesures d’accompagnement et de contrôle, le travail de réinsertion et surtout, éviter la récidive. Ces derniers ont à leur charge 2 300 personnes, soit 110 par conseiller. En théorie. En pratique, si l’on prend en compte les congés, temps partiels, formations… un titulaire en temps plein a près de 130 individus à suivre.

En comparaison, en Allemagne un conseiller suit entre 30 et 40 personnes, la moyenne européenne oscille entre 40 et 60 personnes. 60 étant la limite au-delà de laquelle, selon le gouvernement français, le suivi n’est plus viable.

« Le vrai problème, c’est l’enjeu de la sécurité publique »

Un millier de créations de postes avaient été promises par le gouvernement en 2014 dans le cadre d’un plan triennal. Ce dernier a pris du retard et s’est vu prolongé jusqu’en 2017. Seulement, les SPIP n’en ont pas vu la couleur, regrette Bastien Peden du syndicat Snepap-Fsu :

« Les engagements n’ont pas été tenus par le gouvernement. Des postes ont été créés pour la détention, mais rien pour nous. On a du mal à supporter d’être mis de côté par l’administration pénitentiaire. On a besoin de moyens pour tout simplement faire notre travail. Le vrai problème, c’est l’enjeu de la sécurité publique. Notre rôle est d’accompagner ces personnes pour diminuer le risque de récidive. »

Statistiquement, le risque de récidive, encore important aujourd’hui en France, diminue fortement si des mesures d’accompagnement et d’insertion sont prises. Dans le cas contraire, s’il y a récidive, « le SPIP sera pointé du doigt », déplore le syndicaliste :

« Concrètement, on est obligé de voir tout le monde. Il y a des gens que l’on suit plus, les criminels notamment, que l’on voit une fois par semaine. Le reste, c’est une fois par mois, lorsque c’est possible. Ces personnes regrettent qu’on ne puisse pas plus les aider. Je suis convaincu que si l’on avait plus de temps, un grand nombre de récidives pourrait être évitées. Pour y parer, la préparation à la sortie, en milieu fermé et l’accompagnement, en milieu ouvert, sont primordiaux. »

La politique carcérale préférée à celle de la réinsertion

Après les attentats perpétrés en France, le gouvernement a pris des mesures historiques en créant le plan de lutte antiterroriste (PLAT). Les surveillants pénitentiaires en ont bénéficié mais pas les CPIP, ce qui renforce leur sentiment d’être délaissés par leur administration. Parallèlement, l’état d’urgence a eu comme conséquence l’augmentation des faits de justice, et donc des tâches à accomplir pour les CPIP. Bastien Depen l’a en travers de la gorge :

« Le PLAT a débloqué des millions d’euros et a notamment permis l’embauche de personnels pénitentiaires. Nous n’avons rien eu mais on ne se bat pas seulement pour cela. On demande aussi un alignement salariale avec les surveillants et un changement de statut, pour rejoindre la catégorie A de la fonction publique. Le gros problème, c’est cette politique du « tout carcéral ». A son arrivée comme Garde des Sceaux, Christiane Taubira soutenait le travail en milieu ouvert mais ça a fait un tollé. Après son départ, la contrainte pénale a vu le jour, vidée de tout sens car très peu utilisée par les juges. Il faudrait plus de moyens pour les CPIP mais c’est sûr que construire des prisons rassure les gens. »

Vingt employés du SPIP de Strasbourg sont allés à la rencontre de la directrice de l'administration pénitentiaire, ce vendredi, à la maison d'arrêt de l'Elsau.
Vingt agents du SPIP de Strasbourg sont allés à la rencontre de la directrice de l’administration pénitentiaire, le 27 mai, à la maison d’arrêt de l’Elsau.

La directrice de l’administration pénitentiaire en visite à l’Elsau

Vendredi 27 mai, dans l’après-midi, la directrice de l’administration pénitentiaire, Isabelle Gorce, était en visite à la maison d’arrêt de l’Elsau. Près de vingt personnes du SPIP se sont rassemblées pour exprimer leur ras-le-bol et la rencontrer. Bastien Depen était présent et relate l’audience :

« Elle nous a indiqué qu’elle mesurait notre mobilisation et estimait nos revendications parfaitement audibles mais qu’elle n’était pas seule à décider, un arbitrage minitériel est nécessaire. La directrice a bon espoir de sortir de cette crise avant l’été. Donc une volonté affichée de porter nos revendications mais encore rien de concret. »

Estelle Carraud, secrétaire générale Snepap-Fsu, regrette elle aussi que sa branche soit laissée de côté par son administration :

« Initialement, Isabelle Gorce n’avait pas prévu de recevoir les représentants syndicaux représentatifs de la filière insertion probation, mais seulement les organisations syndicales représentatives dans le corps des agents de surveillance, dans le cadre d’un « bilan » du rapport fait l’an dernier par le contrôleur général des lieux de privation concernant la maison d’arrêt de Strasbourg. L’absence même de rencontre prévue avec les organisations syndicales SPIP à cette occasion témoigne une fois de plus du peu de reconnaissance par notre administration des missions remplies par les SPIP. »

À ce jour, la seule avancée pour les SPIP a été l’arrêt du système de pré-affectation. Il mettait des stagiaires, dont la formation n’était pas encore terminée, sur des postes habituellement réservés aux titulaires.

Le 9 juin, à Paris, une rencontre avec les organisations syndicales nationales devait se tenir, mais elle a été repoussée, sans qu’aucune nouvelle date ait été annoncée. La précédente mobilisation des SPIP, qui avait rassemblé 1 000 personnes à Paris, soit un tiers de la profession, n’avait débouché sur aucun engagement.

Grève contre la « loi travail » : moins de trams et moins de bus mardi

Grève contre la « loi travail » : moins de trams et moins de bus mardi

En raison du mouvement de grève national contre la Loi Travail prévue mardi 14 juin, le réseau de bus et tramways de Strasbourg sera perturbé en journée. Voici les fréquences que prévues par la CTS de 6h à 20h. Il n’y aura plus de service en dehors de ces horaires.

Tramway

    Ligne A, B, C, D et E : un tram toutes les 7 à 9 minutes Ligne F ne circule pas. Ligne G : un bus toutes les 8 à 10 minutes.

Bus

    Ligne 2 : un bus toutes les 10 à 15 minutes. Ligne 4 : un bus toutes les 10 à 15 minutes entre Capucins et Hoenheim Gare. Desserte de Wolfisheim Stade, Poteries et Reichstett Mairie toutes les 20 à 30 minutes. Ligne 6 : un bus toutes les 10 à 15 minutes entre Pont Phario et Marc Seguin et desserte de Souffelweyersheim et Niederhausbergen toutes 40 à 50 minutes environ Ligne 10 : un bus toutes les 20 minutes (un seul sens de circulation – Gare/Brant/Corbeau/Gare) Lignes 12 et 22 : un bus toutes les 40 minutes. Ligne 13 : un bus toutes les 20 minutes. Lignes 14/24 : un bus toutes les 12 à 15 minutes. Ligne 15 : un bus toutes les 10 à 15 minutes. Ligne 15a : un bus toutes les 40 minutes. Lignes 17 et 19 : un bus toutes les 25 minutes Ligne 30 : un bus toutes les 30 minutes. Ligne 40 : un bus toutes les 40 minutes. Ligne 50 : un bus toutes les 25 à 30 minutes entre Montagne verte et Maison rouge. Desserte de Wacken et Schiltigheim Le Marais toutes les 50 à 60 minutes. Ligne 57 : un bus toutes les 45 minutes. Ligne 62 : un bus toutes les 40 minutes. Ligne 63 : un bus toutes les 30 minutes. Ligne 67 : un bus toutes les 45 minutes. Ligne 70 : un bus toutes les 30 minutes. Ligne 71 : un bus toutes les 45 minutes (Circuit 4 communes – Fiche horaire dédiée sur cts-strasbourg.eu – arrêts Lampertheim Mairie, Bourgogne et Lorraine non desservis). Ligne 72 : un bus toutes les 20 à 60 minutes (Fiche horaire dédiée sur cts-strasbourg.eu). Les lignes 21, 27, 31 et les navettes Entzheim et Robertsau circulent de 4h30 à 00h30 selon les fréquences habituelles. La ligne 29 et les taxibus ne circulent pas.

Comme d’habitude la CTS met en place un numéro vert (appel gratuit depuis un téléphone fixe) : 0800 73 73 15 ; des informations sur son site internet www.cts-strasbourg.eu ; le trèfle à quatre feuilles Strasplus proposé à chaque arrêt de bus et chaque station tram et le service SMS pour connaître en temps réel les horaires des deux prochains bus ou trams.

À Strasbulles, l’histoire de l’Alsace se dessine

À Strasbulles, l’histoire de l’Alsace se dessine

Nouvelle édition du salon de BD Strasbulles à Strasbourg, place Kléber, jusqu’au dimanche 12 juin. Cette année, Lucky Luke est l’invité d’honneur avec de nombreux dessinateurs . On s’est penchés sur le cas de la BD alsacienne et de ses auteurs.

Quelques traits sur une feuille, puis une case, une planche et finalement, une bande dessinée complète et bien ficelée. En observant les nombreux auteurs exposant à Strasbulles, le festival européen de la bande dessinée de Strasbourg se tenant place Kléber jusqu’au dimanche 12 juin, élaborer une BD semble simple comme bonjour.

La preuve : Achdé, auteur et dessinateur, a repris les aventures de Lucky Luke créées par Morris avec un brio déconcertant. Il préside cette neuvième édition du festival. Mais il n’est pas seul à reprendre les histoires du « poor lonesome cowboy », Mathieu Bonhomme signe également « L’homme qui tua Lucky Lucke », plus sombre et plus acide que jamais, mais toujours accompagné de son fidèle et mordant destrier, Jolly Jumper.

Le festival Strasbulles, c’est aussi le rendez-vous annuel d’auteurs et de dessinateurs moins connus, d’amateurs et de passionnées du neuvième art. Quelques-uns sont également venus défendre les couleurs de la BD alsacienne et ont répondu à une question : comment dessine-t-on la région en bande-dessinée ? Rue89 Strasbourg a rencontré Christophe Carmona, illustrateur et auteur, et l’équipe du Point Bar BD, plus vieux magazine amateur de BD strasbourgeois.

Veaux, vaches, cochons place Kléber à Strasbourg à partir de jeudi

Veaux, vaches, cochons place Kléber à Strasbourg à partir de jeudi

Pour la 4ème édition de « Ferme en ville » à Strasbourg, les organisateurs ont choisi une approche globale de l’agriculture : celle des professionnels et celle des particuliers ; du champ de blé, aux jardins familiaux.

« Depuis 2010, nous avons triplé les surfaces biologiques », se félicite Françoise Buffet, adjointe au maire de Strasbourg en charge de la politique agricole et des circuits courts, lors d’une conférence de presse à La Nouvelle Douane. A travers « Ferme en Ville », la Ville, l’Eurométropole, la chambre d’agriculture d’Alsace, les jeunes agriculteurs du Bas-Rhin et l’organisation professionnelle de l’agriculture biologique souhaitent « montrer ce qui existe pour inciter les consommateurs à changer leurs habitudes d’achat ».

Laurent Fischer, élu à la chambre d’agriculture et éleveur de poules pondeuses à Lingolsheim, constate une évolution :

« On a vraiment l’impression qu’il y a un rapprochement entre les consommateurs et le monde agricole et, plus largement, le monde rural. Depuis deux ou trois ans, il y a une progression plus rapide de l’achat de produits locaux. »

La conférence de presse s'est déroulée à la Nouvelle Douane, un magasin de vente alimentaire qui regroupe plusieurs producteurs locaux, le 02 juin 2016. (photo Auriane Poillet / Rue89 Strasbourg)
La conférence de presse s’est déroulée à la Nouvelle Douane, un magasin de vente alimentaire qui regroupe plusieurs producteurs locaux, le 02 juin 2016. (photo Auriane Poillet / Rue89 Strasbourg)

Un marché de producteurs locaux et un jardin vivrier

Onze producteurs de fruits et légumes, de charcuterie, de produits laitiers ou encore de miel seront présents place Kléber au marché de produits fermiers régionaux, afin de « se rapprocher des citadins » du 16 au 18 juin 2016. Divers stands d’associations informeront les visiteurs sur les différentes filières agricoles, comme l’agriculture biologique, la traite des vaches ou l’élevage de moutons.

Les consommateurs auront également la possibilité de se renseigner auprès d’autres associations pour connaître quels sont les fruits et légumes de saison et en savoir plus sur le gaspillage alimentaire. Et si leur prend l’envie de jardiner, 300 m² sont consacrés au jardin vivrier qui contient une cinquantaine de potagers ainsi qu’à son espace d’animation et de rencontre avec les associations de jardins familiaux qui sont au nombre de 4 800 à Strasbourg.

La précédente édition de Ferme en ville avait eu lieu place Kléber du 26 au 29 juin 2016. (photo Jérôme Dorkel / Strasbourg Eurométropole)
La précédente édition de Ferme en ville avait eu lieu place Kléber du 26 au 29 juin 2016. (photo Jérôme Dorkel / Strasbourg Eurométropole)

700 écoliers attendus place Kléber

Pour poursuivre dans cet esprit de pédagogie, « Ferme en ville » attend environ 700 élèves de maternelle et de primaire pour une initiation au jardinage. Ils auront la possibilité de planter des pousses d’herbes aromatiques et d’apprendre à composter. Christel Kohler, en charge de la Ville en nature et de la ville nourricière, explique :

« L’idée est de permettre à ces petits écoliers de repartir avec leurs petits pots d’herbes aromatiques à ramener chez eux pour développer l’esprit d’autonomie alimentaire. »

Lors de ces trois jours, un tirage au sort sera organisé. Les gagnants repartiront avec un bac de jardinage pour planter fruits, légumes et herbes aromatiques chez eux. Les visiteurs auront également la possibilité de goûter aux plats préparés par les Jeunes agriculteurs du Bas-Rhin. Pour clôturer la manifestation, l’orchestre « Perle de Strasbourg » animera un concert de musique traditionnelle et variété française samedi 18 juin de 19 heures à 22 heures. lors de ces trois jours, un tirage

Quelles sont les villes de l’Eurométropole les mieux servies par l’État ?

Quelles sont les villes de l’Eurométropole les mieux servies par l’État ?

Carte – Quelles sont les communes de l’Eurométropole de Strasbourg les mieux et les moins bien dotées par l’État français ? Revue des 28 villes de l’agglomération, qui ont toutes reçu moins d’argent depuis 2014.

La dotation générale de fonctionnement (DGF) est le moyen par lequel l’État français finance ses collectivités territoriales (régions, départements, intercommunalités et communes). Ce poste budgétaire représente en moyenne 19% des ressources des villes et villages français. Mais depuis 2013, et surtout 2014, une baisse importante est amorcée pour toutes les collectivités : de 41,5 milliards en 2013 à 29 milliards d’euros en 2017.

28 communes au niveau de dotation différent

Cette fameuse DGF des communes est en fait la somme de 4 budgets : la dotation forfaitaire des commune (81% du budget en 2012), à laquelle s’ajoutent la dotation de solidarité urbaine et de cohésion sociale (DSU), la dotation nationale de péréquation (DNP) et la dotation de solidarité rurale (DSR). Cette dernière ne s’applique pas à l’Eurométropole, puisque comme son nom l’indique elle est réservée aux campagnes.

La dotation de base s‘applique selon 5 critères mais correspond essentiellement à la population et la superficie. La DSU vient soutenir les villes qui ont de lourdes charges et des ressources modestes, tandis que la péréquation doit rééquilibrer les inégalités financières. « Un système pour prendre aux plus riches et qu’à la fin plus personne n’ait rien », ironisait fin 2014 Yves Bur, premier vice-président (LR) de l’Eurométropole et maire de Lingolsheim, lors des travaux pour le premier budget de la coalition gauche-droite.

Des écarts du simple au sextuple

C’est là que tout se complique. Au total, une quinzaine de critères rentrent en compte. Le nombre d’habitants bien sûr, mais aussi la surface, une compensation de l’ancienne taxe professionnelle, les revenus de la population ou le niveau des impôts locaux… (la liste complète ici).

Sur le territoire des 28 communes de l’Eurométropole, il résulte de ces calculs une différence allant quasiment du simple (46€ par habitant à Mundolsheim) au sextuple (275€ à Bischheim). Toutes les municipalités ont reçu moins d’argent en 2016 par rapport en 2014, parfois jusqu’à -50% (voir tableau plus bas).

Un effort moins important que prévu en 2017

Petit ouf de soulagement pour les maires, le président de la République François Hollande a annoncé lors du congrès des maires de France que la nouvelle réduction prévue en 2017 pour les communes et les agglomérations serait diminuée de moitié (1 milliard d’euros en moins et non 2). Pour la Ville de Strasbourg, cela voudrait dire 3,49 millions en moins, contre 6,98 millions les deux années précédentes.

Bischheim, l’exception

Avec 275 euros par habitant, la commune de Bischheim est mieux dotée, loin devant Strasbourg et Schilitgheim(162€ et 160€). Surtout, elle n’a reçu en 2016 « que » 1% d’argent en moins par rapport à 2014 (58 634 euros tout de même). Les autres communes ont accusé en moyenne une baisse de 30% des crédits de l’État sur la même période.

Pour le directeur général des services de Bischheim, Robert Becker, ce chiffre global quasiment neutre s’explique par l’impact de la dotation de solidarité urbaine (DSU), environ du même niveau que celui de la baisse de la dotation forfaitaire :

« Depuis qu’un effort est demandé, nous avons eu 1,1 million d’euros de dotation forfaitaire en moins sur 5 ans. Sur un budget de fonctionnement de 16 millions d’euros, cela représente 30 agents, même si nous avons trouvé des économies par ailleurs. Jusqu’à cette année, la baisse de la dotation de base s’équilibrait avec la DSU, mais il ne faut pas le voir comme une ”compensation”, car les critères d’attribution sont différents. Elle aurait augmentée pour Bischheim de toute manière. Par exemple, 15% de la somme dépend de la part de logements sociaux et la notre est de 40%. Nous avons aussi deux quartiers en zone sensible (ZSU) ou un revenu médian faible. Il faut rappeler que les collectivités locales représentent 70% des investissements et cette baisse a été décidée sans concertation, donc c’est autant en moins. »

Sept bars où éviter l’Euro de foot à la télé

Sept bars où éviter l’Euro de foot à la télé

Envie d’une soirée entre amis, sans avoir les yeux rivés sur l’écran, ni les hourras des tables voisines ? Quelques bars résistent à la tentation du ballon rond à Strasbourg et proposent de passer une soirée loin de la fièvre de l’Euro de football.

La sélection des bars où esquiver le Coupe du Monde de foot en 2014 avait déchaîné les passions. Certains internautes y voyaient même un acte anti-patriotique (!). Les compétitions de football sont toujours un moment de forte fréquentation pour les bars (qui ont bien le droit de diffuser les matches en terrasse) et parfois l’occasion de drainer un nouveau public.

Beaucoup d’établissements louent ou récupèrent une télévision, voire s’abonnent pour un mois à la chaîne BeinSport pour diffuser toutes les rencontres. Pour ceux qui ne sont pas abonnés à l’année, il faut aussi souscrire un forfait aux organismes de rémunération d’artistes la Spre et la Sacem (188€ au total après le 10 juin), cette dernière avait même proposé 20% de réduction avant le 1er juin.

Reste que même les amateurs de football apprécient de temps de temps de passer une soirée loin des écrans pour mieux profiter de sa compagnie. Si la liste de la coupe du monde de 2014 est globalement toujours d’actualité (la Mandragore, le Troc’afé, le Marché bar, le Kitsch’n bar, le Chariot ou le Phonographe), voici une sélection encore étendue d’échappatoires.

Vinyl et ambiance berlinoise à la Kulture

Au rez-de-chaussée, une décoration à la fois boisée et ultramoderne font de La Kulture un lieu calme, idéal pour savourer un punch ou une caïpirinha entre amis sur des fauteuils vintage. Les amateurs de disques peuvent même venir faire la chasse aux vinyles, grâce à une boutique ouverte chaque jour, jusqu’à 21h.

Ambiance berlinoise et colorée, avec des et boissons de marques atypiques au rez-de-chaussée de la Kulture (photo BB / Rue89 Strasbourg)
Ambiance berlinoise et colorée, avec des boissons de marques atypiques au rez-de-chaussée de la Kulture (photo BB / Rue89 Strasbourg)

Le soir, en revanche, changement radical d’ambiance : au sous-sol, une salle de concert tapissée de graffitis, un bar, des platines et une sono envoyant des sonorités éclectiques et électros jusqu’à 4h du matin. Ici, pas d’écran, pas de football : « On y avait même pas pensé, à vrai dire. C’est pas trop dans notre esprit et notre ambiance, même si on a rien contre le foot », s’amuse Julien, le gérant.

• La Kulture – 9 rue des Bateliers – 03 90 40 49 36. Ouvert 6 jours sur 7 : mardi-mercredi de 17h à 1h30, jeudi-samedi de 17h à 4h et dimanche de 19h à 1h30. facebook.com/lakulture

Druides, magie et cocktails chez l’Alchimiste

Au milieu du comptoir de l’Alchimiste, un (faux) arbre trône. Immense, imposant, il monte et ses branches s’étendent sur tout le plafond. Il donne le ton, pour un profane posant la première fois les pieds sans ce bar à l’atmosphère gothique et médiévale de Strasbourg. C’est le seul endroit de la place du Marché Gayot sans football.

Atmosphère druide, magie et rock'n'roll à côté de la place du Marché Gayot (photo BB/Rue89 Strasbourg)
Atmosphère druide, magie et rock’n’roll à côté de la place du Marché Gayot (photo BB/Rue89 Strasbourg)

En fond sonore, aucun cri de supporter de l’équipe de France, mais le son acide d’un classique d’AC/DC. « Franchement, on est plus là pour les rockers que pour les footeux », explique Pauline en riant. Derrière son bar, la serveuse ne prépare pas de cocktails, mais des « élixirs » et des « potions magiques » : Loup-garou, Fantôme, Fée clochette, Licorne ou élixir de vieillesse, les noms sont aussi drôles et savoureux que les contenus. Malgré quelques statuettes de la Faucheuse dispersée partout dans ce lieu sombre, une ambiance bon enfant règne à l’Alchimiste.

• L’Alchimiste – 3 rue des Soeurs – 09 82 35 48 01 – Ouvert 6 jours sur 7 : mardi et dimanche à partir de 19h, mercredi à samedi dès 19h. Jusqu’à 2h. facebook.com/barlalchimiste

Ambiance pub, mais sans sport au Xanadu (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Ambiance pub, mais sans sport au Xanadu (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Jazz et vin au Wine Note

Son voisin le Big Apple a fait des retransmissions sportives son fond de commerce. Le bar à vin le Wine Note mise au contraire sur l’absence de télévision pour attirer les amateurs de vins au calme, avec ou sans planchette de charcuterie et fromage.

Le Wine Note, pourquoi pas ? (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Le Wine Note, pourquoi pas ? (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Ce bar en forme du U accueille dans une ambiance tamisée et sur de discrets airs de jazz. Les week-ends on peut y apprécier des petits concerts, moyennant une petite majoration. L’arrière de l’établissement abrite une petite terrasse à l’opposée de la circulation rue Finkwiller.

• Le Wine Note, 45 rue Finkwiller – 09 53 72 68 40 – Ouvert lundi et mardi de 12h à 23h30, mercredi de 12h à minuit, jeudi et vendredi de 12h à 1h30, samedi de 17h à 1h30. www.winenotestras.fr

Ambiance locale à la Schloss

Ambiance alsacienne, mais néanmoins jeune à « la Schloss » (la serrure en français), rue des Serruriers. Le bar est devenu un lieu de rendez-vous habituel, pour les personnes à qui le sport télévisé donne de l’urticaire. Il se distingue par sa son choix de Meteor à la pression, de vins, mais aussi sa collection de whisky et de rhum. Quelques jeux et la presse quotidienne nationale et régionale sont à disposition.

Romain, Hervé, Yan et leurs extra accueillent à toute heure (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Romain, Hervé, Yan et leurs extra accueillent à toute heure (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Côté cuisine, on peut y grignoter bretzel, planchette ou tarte flambée. Pour ceux qui aimeraient conjuguer les plaisirs du ballon rond et cette ambiance chaleureuse, la Schloss reste ouverte jusqu’à 4 heures du matin. Parfois vide à minuit, il peut très bien se remplir à 1 heure. De quoi disputer la troisième mi-temps, une fois les terrasses repliées.

• Le Schlosserstub, 25 rue des Serruriers à Strasbourg – 03 88 32 02 60. Ouvert du lundi au vendredi de 8h à 4h du matin, et le week-end. 

La terrasse lumineuse des Savons d’Hélène

Petit havre de paix entre Grand Rue et la rue du 22 Novembre, les Savons d’Hélène tire son nom de son emplacement : le croisement de la rue des Savons et de la Rue Sainte-Hélène. Sa terrasse éclairée par des ampoules multicolores lui donne une ambiance colorée atypique. Quelques plats accompagnent un carte complète de bières, vins (souvent bio) et cocktails. Le tout avec option sans gluten.

Couverte d'une veranda en hiver, la terrasse des Savons d'Hélène est l'une des plus sympas en toute saison (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Couverte d’une veranda en hiver, la terrasse des Savons d’Hélène est l’une des plus sympas en toute saison (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Si la question d’une télévision pour l’Euro a fait débat entre les membres masculins et féminins de l’équipe, l’idée de rester un lieu cosy l’a emporté. Les thèmes des soirées de juin : vernissage d’exposition, musique française, suédoise, des balkans, ou encore lecture publique et débats, sans oublier les tables linguistiques en journée. Ce bar accepte les réservations.

• Les Savons d’Hélène – 6 Rue Sainte Hélène – 03 69 20 36 78 – Lundi de 17h à Minuit, du mardi au Samedi de 12h à 1h30 et dimanche de 11h30 à 23h lessavonsdhelene.fr

La Taverne française, lieu de mélanges

Bar historique, repaire d’artistes, d’étudiants ou d’altermondialistes la Taverne française, en face du TNS, n’a accueilli qu’une seule fois une télévision, lors des élections présidentielles de 2012. Si la journée, le lieu est assez prisé par des travailleurs indépendants, pour son calme et sa connexion wi-fi, l’établissement s’anime dès l’heure de l’apéro.

(photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Nombreuses photos, annonces et affichent décorent l’intérieur de la Taverne (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

« Il faut que des bars ne mettent pas de télévision pour laisser le choix du type de soirée aux gens qui sortent » explique Yann Martin, un des actionnaires. La possibilité d’amener un en-cas en fait un lieu prisé pour les apéritifs à petit budget et soirées entre amis.

• La Taverne française – 12 avenue de la Marseillaise, 03 88 24 57 89, du lundi au jeudi de 8h30 à 1h30. vendredi de 8h30 à 3h et le samedi de 14h à 3h.

 

Boulevard de la Marseillaise, la Taverne française est ouverte toute la journée (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Boulevard de la Marseillaise, la Taverne française est ouverte toute la journée (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Chez les chevaliers de L’Excalibur

Déguster une bière sur fond de Motörhead, ça n’a pas de prix. Pour les amateurs de rock et métal, l’Excalibur est un des pubs incontournables de Strasbourg. De petite taille, tout en longueur, mais doté d’une impressionnantes collection de bières, l’Excalibur est un lieu où l’alcool coule à flot.

L'Excalibur, une bonne adresse dissimulée (doc. remis)
L’Excalibur, une bonne adresse dissimulée (doc. remis)

Les nombreux habitués recommandent également les cocktails (Bip-Bip, Roi Arthur, ou encore le Hot Dragon) et si un petit creux vous prend aux tripes, il suffira de crier : « Marco ! Planchette ! »

• Bar l’Excalibur, 39 Rue des Bouchers, 67000 Strasbourg – 03 88 36 35 36 – Ouvert du lundi au vendredi, de 17h à 1h et le samedi de 19h à 1h.

D’autres bonnes adresses pour passer une soirée loin des ballons ronds ? Laissez vos bons plans en commentaire !

Elle, un titre en forme d’aveu pour un cinéaste retrouvé

Elle, un titre en forme d’aveu pour un cinéaste retrouvé
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le voile levé sur un personnage fort

Elle, le nouveau film du cinéaste néerlandais Paul Verhoeven n’a remporté aucun prix au palmarès du dernier festival de Cannes. Il n’en est pas moins une oeuvre rare, riche et stimulante.

Elle, c’est Isabelle Huppert, chef d’entreprise, femme de tête et de poigne, qui ne manque ni d’amis, ni d’amants, ni d’argent. Elle est violée, battue par un agresseur masqué, dans son salon et en plein jour. Et elle se refuse à porter plainte.

« Elle » devait être le quota choc et le parfum de soufre de la dernière sélection cannoise. Premier film français de celui que les américains avaient surnommé le Hollandais fou, ce thriller bourgeois ne satisfait aucunement à ses promesses de subversion. On le sait, Paul Verhoeven est un cinéaste aussi surdoué qu’espiègle. Bien sûr, il s’amuse là de la bourgeoisie offensée et des catholiques engoncés dans le paraître, comme il a pu, en d’autres temps, se moquer des dérives militaristes dans Starship Troopers ou du capitalisme forcené dans Robocop. Mais il serait dommage de réduire un auteur aussi important à son insolence.

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Le cinéaste et son actrice

L’agression sexuelle, un argument secondaire

Le viol, vendu comme le fait majeur du film, comme son socle narratif, n’est qu’un déclencheur, un incident, un évènement parmi d’autres. Il permet à Verhoeven de poursuivre une quête, l’exploration d’une problématique abordée dans les années 90 et qui pourrait se résumer de la manière suivante : comment le pouvoir vient aux femmes et comment choisissent-elles d’en user ?

« Elle » est bien le récit d’une prise de pouvoir.

Il serait mensonger et malhonnête de laisser croire qu’il narre le plaisir féminin dans la contrainte et sous la violence. La question de savoir si le film est un pamphlet réactionnaire ou une œuvre féministe ne se pose pas. Parce qu’il ne prend pas la peine d’être militant.

Et, qui plus est, Verhoeven se désintéresse ouvertement de la dramaturgie. Savoir qui est le violeur cagoulé devient rapidement aussi accessoire que de savoir si Catherine Tramell, protagoniste de Basic Instinct, était bien la meurtrière au pic à glace.

Comme François Truffaut, comme Luis Bunuel, le réalisateur hollandais est fasciné par la Femme, et il s’attache à la voir prendre l’ascendant, par le biais du sexe, de l’argent, de la violence.

L’agression sexuelle permet au personnage d’Isabelle Huppert de prendre conscience de sa propre puissance. Elle domine, par le fric, la vie sentimentale de son fils. Elle commande au destin professionnel de son ex-mari. Elle est libre de briser d’un mot le couple de sa meilleure amie. Elle réalise qu’en dominant son désir, en invitant le violeur à recommencer, elle ne pourra que le déposséder de sa puissance et l’émasculer.

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Lafitte et Huppert, insolite duo du film

Faire naître un sexe fort

Cette idée d’empowerment, terme anglophone ici difficilement traduisible, traverse l’œuvre de Verhoeven depuis deux décennies.

Dans Basic Instinct, Sharon Stone devient une icône en conjuguant sexe et meurtre. Dans Showgirls, Elizabeth Berkley se fait objet de pur désir pour connaitre le succès et grimper l’échelle sociale. Dans Black Book, l’espionne est pute et la pute espionne. Elle monnaye son corps pour accéder à la plus grande des richesses, l’information.

Ce qui passionne Paul Verhoeven, c’est ce grand écart, l’illusion de l’avilissement qui aboutit à une forme de puissance.

Qu’il tourne à Amsterdam, à Los Angeles ou enfin à Paris, le vieux cinéaste en revient aux mêmes enjeux.

On lui colle, depuis toujours, l’étiquette du provocateur. Mais Paul Verhoeven est un cinéaste tendre qui, sous couvert d’un humour désabusé, rend les armes au prétendu sexe faible.

Bande annonce

Plan d’urbanisme : Fabienne Keller dénonce « sept erreurs »

Plan d’urbanisme : Fabienne Keller dénonce « sept erreurs »

L’ex-maire (LR) de Strasbourg Fabienne Keller s’attaque au plan local d’urbanisme (PLU) de Strasbourg. Ce document administratif doit devenir la référence pour l’aménagement de l’agglomération à partir de 2017. Mais pour l’opposition LR, la municipalité de Roland Ries a commis au moins sept erreurs majeures.

Ancienne maire de Strasbourg de 2001 à 2008, Fabienne Keller (Les Républicains) n’a pas été la dernière à bétonner la ville. Encore aujourd’hui, elle affirme qu’elle n’est pas contre la densification urbaine, c’est à dire le processus permettant de loger plus de personnes sur le même espace. Le Plan local d’urbanisme (PLU), en cours d’achèvement, doit consacrer cette politique pour les dizaines d’années à venir afin, notamment de limiter l’étalement urbain.

Mais, selon Fabienne Keller, la densification menée par Roland Ries, le maire (PS) de Strasbourg, n’est pas suffisamment réfléchie :

« À de nombreux endroits, sur la moindre dent creuse, on bétonnise et on ajoute des logements. S’il est normal de vouloir augmenter le nombre de logements disponibles, ça ne peut pas se faire dans la précipitation. Il est nécessaire de penser les respirations, les lieux de rencontre… Or Roland Ries et son équipe confie lot après lots aux aménageurs privés. Le résultat, comme on le voit sur l’axe Deux-Rives, est qu’il n’y a pas de vue d’ensemble. »

Pour Fabienne Keller (au centre), le PLU n'a pas été assez concerté (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Pour Fabienne Keller (au centre), le PLU n’a pas été assez concerté (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Et pan sur l’axe majeur de développement de l’agglomération, un grand projet qui signera les deux mandats de Roland Ries et dont il s’estime plutôt fier jusqu’à présent. L’actuelle sénatrice LR du Bas-Rhin poursuit :

« Tout se déroule comme si on n’avait pas tiré les leçons du passé, l’époque où l’on construisait de grands ensemble pour les regretter ensuite. Ces bâtiments construits à la va-vite et plein de tous petits logements, à côté d’une autoroute ou même des industries du Port du Rhin, sans lieux de vie dédiés, vont créer d’importants problèmes de voisinage. Il est à craindre que dans 20 ans, il faille se payer une rénovation urbaine pour l’axe Deux-Rives. »

Fabienne Keller : « Roland Ries reproduit les mêmes erreurs »

À Strasbourg samedi, rassemblement de soutien aux prisonniers syriens

À Strasbourg samedi, rassemblement de soutien aux prisonniers syriens

Dans plusieurs villes de France, des associations franco-syriennes se regroupent autour de l’appel « Les détenus d’abord », pour la libération des Syriens emprisonnées depuis les premières révoltes de 2011. À Strasbourg, l’association Alsace-Syrie appelle à rejoindre ce mouvement et à manifester ce samedi 11 juin à 16h, place Kléber.

Depuis mars 2011 et le début de la guerre en Syrie, le régime du président Bachar-al-Assad a emprisonné des milliers d’opposants politiques dans les geôles syriennes. Selon un rapport publié en février 2016 par des enquêteurs de l’ONU, les prisons syriennes sont également le théâtre d’actes tortures particulièrement avilissants, qualifiés de « crimes contre l’humanité » par les Nations unies.

Pour protester contre cette situation, la Ligue des Droits de l’Homme et des associations syriennes ont lancé un appel national à manifester, appuyées par un texte et une pétition en ligne. Des manifestations auront lieu dans les grandes villes de France, notamment dans le but de faire appliquer la résolution 2254 de l’ONU. Celle-ci disposait qu’une transition politique devait être mise en œuvre en Syrie et que les détenus devaient être libérés.

Rassemblement de l'association Alsace-Syrie (Crédits: Alsace-Syrie)
Rassemblement de l’association Alsace-Syrie (Crédits: Alsace-Syrie)

Tribune : « Chômage et pauvreté : Et si on n’avait pas tout essayé ? » par Actes 67

Tribune : « Chômage et pauvreté : Et si on n’avait pas tout essayé ? » par Actes 67

Face à une croissance peu créatrice d’emplois, l’association Actes 67  (Action citoyenne pour la transformation écologique et sociale) plaide pour une baisse du temps de travail pour lutter contre le chômage et la pauvreté.

On ne dira jamais assez la souffrance et la désespérance qu’engendrent chômage de masse et pauvreté. Le droit au travail est inscrit dans notre Constitution, pourtant l’actuel projet de loi «travail» en discussion n’est en rien un remède à la situation. Voici pourquoi.

35 ans de « retour » à la croissance

Depuis plus de 35 ans, les principaux partis politiques prônent le retour à la croissance et la dérégulation du marché du travail pour résoudre le problème du chômage. Le résultat est connu : une croissance atone et 6,1 millions d’inscrits à Pôle emploi (+ 257 000 en un an).

Une facilité consiste à renvoyer en permanence au modèle allemand (fin 2015 le taux de chômage était de 4,5% en Allemagne contre 10,1% en France). Chaque pays moderne devrait suivre cet exemple, voire l’exemple anglais, notamment en dérégulant le marché du travail. Or, il y a un «mais»: la facilité à licencier, les embauches à bas coût et l’abaissement des indemnités des chômeurs y engendrent une augmentation fulgurante de la pauvreté et plongent de nombreux salariés dans la précarité.

Le modèle français, pour sa part, compense l’absence d’emplois et de revenus salariaux par des revenus de transfert. Mais il ne règle pas le problème économique et humain du chômage. Un travail c’est aussi une dignité.

Les objectifs de 2010 loin d’être atteints

On le voit, aucun des scénarii dominants en Europe ne répond aux objectifs de l’Union Européenne qui s’était engagée en 2010 à augmenter significativement le taux d’emploi et à sortir 20 millions d’européens de la pauvreté avant 2020. À mi-parcours, avec plus de 120 millions de pauvres et une augmentation régulière du chômage, on en est loin.

D’autres choix sont-ils possibles et avec quelles chances de succès ? Reconnaissons d’abord que le retour à une croissance forte est une illusion. Passé le cap de la reconstruction, la croissance française est restée depuis 40 ans sous 2%/an. De fait, le développement de l’économie de marché trouve ses limites dans le niveau d’équipement des ménages.

Les robots créent peu d’emplois

Ajoutons que la mécanisation, l’informatisation et la robotisation des tâches ont pour conséquence, une croissance très peu créatrice d’emplois, de sorte qu’à moins de 2,5 % de taux de croissance par an le chômage ne recule plus.

À défaut de partager les fruits d’une croissance qui n’existe plus, il est en revanche possible de partager le travail disponible. Les opposants idéologiques à cette idée sont dans l’erreur car le travail est, de fait, déjà partagé entre ceux qui en ont un et ceux, toujours plus nombreux, qui n’en ont pas. Il ne s’agit donc pas d’être pour ou contre le partage du travail mais de savoir si on souhaite mettre en œuvre un autre partage du travail, conforme aux valeurs républicaines d’égalité et de fraternité.

Des études fiables ont montré, par exemple, que le passage de 35h à 32h hebdomadaires pourrait créer jusqu’à 2 millions d’emplois. Dans chaque entreprise, baisse des cotisations chômage (les coûts directs et indirects du chômage représentent 70 milliards d’euros par an), transfert d’une part des dividendes et baisse des salaires les plus élevés seront mobilisés pour permettre de rémunérer les nouveaux salariés.

Un RSA au-dessus du seuil de pauvreté

En cassant le chômage de masse, nous redonnerons de l’espoir et de la dignité à des millions de nos concitoyens. La consommation intérieure sera relancée et les recettes fiscales augmentées. Un autre élément majeur de la réflexion doit concerner la pauvreté. La France compte 8.8 millions de pauvres. Le niveau du RSA est suffisant pour survivre, en aucun cas pour vivre. Il est donc impératif de mettre en place un revenu minimum garantissant à tous un revenu supérieur au seuil de pauvreté.

Le financement de ce plan pauvreté ainsi que celui du retour à l’emploi des personnes demeurant au chômage en dépit du dispositif Plan Travail des entreprises, devront être étudiés conjointement. Afin de maintenir l’équilibre des finances publiques, leur financement sera assuré par des ressources provenant de l’évasion et des niches fiscales, de l’impôt sur la fortune, des tranches supérieures de l’impôt sur le revenu et de taxes sur les transactions financières.

Toujours plus de croissance ? (Photo fdecomite / Flickr / cc)
Toujours plus de croissance ? (Photo fdecomite / Flickr / cc)

Un travail et des revenus décents pour tous constituent un objectif politique réaliste. Aucune autre évolution majeure -la transition écologique par exemple- ne sera possible sans la réussite de ces deux projets.

Mobilisée sur cet objectif, la France reprendra confiance en elle et redeviendra un modèle pour l’Europe, ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être. Un projet d’une telle ampleur requiert à l’évidence un débat démocratique approfondi et sa validation par référendum. La force politique qui s’engagera dans cette voie innovante devra être animée d’une détermination sans faille. Nul doute qu’elle recueillera le soutien d’une très grande majorité de Français.

Jean-Michel Augé, Louis Bazin, Bernard Bourdin, Alain Drach, Philippe Fussler, Denis Kaufmann, Dominique Weiss, Clarissa Barton, membres d’ACTES 67 (Action citoyenne pour la transformation écologique et sociale)