La Ville de Strasbourg aimerait que la Fête de la musique soit comme aux origines, avec des petits groupes partout dans les rues. Mais elle assure quand même le coup avec la mise en place de quatre grosses scènes et une douzaine de podiums.
Chaque année, les musiciens professionnels côtoient les amateurs à la Fête de la Musique. Strasbourg ne déroge pas à la règle et verra mardi 21 juin défiler des musiciens confirmés sur les scènes les plus importantes, entièrement pilotées par la Ville, et des musiciens amateurs, voire débutants, un peu partout ailleurs. Pour autant, Strasbourg aimerait retrouver une certaine authenticité, un retour à la Fête de la musique des origines en quelque sorte comme l’explique Mathieu Cahn, adjoint au maire (PS) de Strasbourg en charge de la politique événementielle :
« Nous mettons à la disposition des associations et des collectifs treize emplacements, constitués d’un podium et d’accès à l’électricité pour permettre aux groupes de se produire. On espère qu’un maximum de groupes utiliseront cette possibilité, il est important que la Fête de la musique reste un moment de partage et de découverte. »
Quant aux « scènes officielles », la Ville de Strasbourg en installe quatre cette année.
Scène « Têtes d’affiche », place Kléber, de 18h à minuit
Sur cette scène, se côtoieront des artistes locaux qui ont remporté des concours l’an dernier ou qui disposent d’une certaine notoriété.
18h Harmony Pipol
Détente, soleil, Afrique, Caraïbes, la plage et toutes ces sortes de choses…
19h Rue Boileau
Jazz, funk, hip-hop…
20h Derya
Elle a remporté le concours de la voix des talents 2015 et elle a été remarquée à The Voice en 2016.
21h – Thomas Schoeffler Jr
Chanteur de country américaine, à l’aise à la guitare et l’harmonica, Thomas Schoeffler Jr a remporté les Hopl’awards 2015.
22h15 – Thomas Dutronc
Guitariste émérite, surfant avec la musique manouche, Thomas Dutronc évolue entre les chansons à texte et la musique pop, rappelant parfois celle de son père.
Scène Découverte – place de l’Etal de 18h à 00h30
Sur cette scène, la Ville veut mettre en avant des formations fraîchement créées. Quatre groupes sont en compétition pour un « vote du public », via le site internet de la Ville (www.ete.strasbourg.eu) : Tristan And The Strange Words (Glam Rock), Deer Boy (Rock Electro), Elephant Skin (Heavy Blues Rock) et Ginger H (Pop).
20h30 – Tristan And The Strange Words (Glam Rock)
21h20 – To Theme (World)
22h10 – Deer Boy (Rock Electro)
23h – Elephant Skin (Heavy Blues Rock)
23h50 – Mama Sun System (Reggae)
La scène des cultures urbaines en 2014 (Photo Ville de Strasbourg)
Scène Cultures urbaines – parvis de la médiathèque Malraux de 18h à 00h30
La programmation de la scène Cultures urbaines a été élaborée avec l’association Ready to Rumble, qui comme l’an dernier mettra à l’honneur des DJ, des slammeurs et des performers locaux. En 2014, voici une compil de ce que ça avait donné :
Un rendez-vous à noter également, la vente des CD de la Médiathèque Olympe de Gouges (3 rue Kuhn), qui se débarrasse d’une bonne partie de son stock à 2€ l’unité.
Sécurité renforcée
Contexte oblige, la Ville de Strasbourg mettra un accent particulier sur la sécurité, avec déploiement de policiers municipaux, qui s’ajouteront aux policiers nationaux mobilisés, renforts auprès des opérateurs chargés de scruter les écrans de la vidéo-surveillance, etc. La Ville essaiera également de mettre un peu d’ordre dans les ventes ambulantes de nourriture, en demandant que les stands soient préalablement enregistrés et en vérifiant la qualité et la fraîcheur des produits qu’ils distribuent. Elle apposera un petit autocollant sur les stands autorisés, afin de rapidement évacuer les autres…
Les toilettes publiques situées place Kléber, place du Château, place d’Austerlitz et barrage Vauban seront exceptionnellement ouvertes jusqu’à 1h30.
Les retransmissions des matches de l’Euro en terrasses interdites ? À Strasbourg, les bars pourront bien diffuser les matches à condition que la télévision soit à l’intérieur.
Le secrétaire d’État aux Sports Thierry Braillard a suscité la panique ce jeudi 9 mai en déclarant sur RMC/BFM TV que les retransmissions des matches de l’Euro de football en France seraient interdits sur les terrasses, à la veille du début de la compétition. La raison invoquée est la menace terroriste.
À Strasbourg, il sera possible de voir les matches en sirotant sa boisson dehors. C’est en tout cas le sens d’un courrier reçu mardi 7 juin par les établissements. Ce rappel à la loi explique qu’il est possible de diffuser les matches, à condition que les écrans soient placés à l’intérieur du bar. Plusieurs établissements louent une télévision et s’abonnent un mois à la chaîne Bein Sport juste pour cet événement. Ils doivent aussi s’acquitter de 90€ de droits de diffusion auprès de la SACEM (Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique) s’ils ne sont pas déjà abonnés (ou un peu plus pour ceux qui s’y prennent à la dernière minute).
Jacques Chomentowski, vice-président de l’UMIH (groupement des hôteliers restaurateurs et débitants de boisson), confirme que les règles sont les mêmes qu’en temps normal :
« Le courrier ne change rien à la loi habituelle. Normalement, on n’a jamais le droit de mettre un écran à l’extérieur. La politique de Robert Herrmann (adjoint au maire en charge de la réglementation du domaine public) est de n’autoriser le tirage de boissons en extérieur que les soirs de la fête de la Musique et du 14 juillet. »
Le courrier rappelle que les tireuses à bière et les barbecues en extérieur sont en revanche interdits. Quelques établissements avaient pris un peu leurs aises sur le tirage de boisson lors de la Coupe du monde de football 2014, sans que de débordements ne soient constatés. Les voilà prévenus.
Saverne en résistance
Le maire de Saverne Stéphane Leyenberger (LR) a déjà affirmé qu’il entrait « en résistance » si jamais on lui demande de contrôler les établissements.
La compétition débute ce vendredi 10 juin et s’étale jusqu’au dimanche 10 juillet.
Rue89 Strasbourg a dressé six cartes pour observer plus finement la dernière législative partielle. Parmi leurs enseignements, une abstention inégalement répartie et une progression de la droite bloquée dans ses bastions de l’est.
Où s’est gagnée la législative partielle de Strasbourg ? Dans un contexte de très forte abstention, classique pour une élection partielle mais encore plus prononcé à Strasbourg, le nouveau député Éric Elkouby (PS) a finalement remporté la mise avec 6 469 voix dimanche 29 mai, soit à peine plus de 10% d’inscrits.
Jusqu’à 90% d’abstention à l’ouest
La participation, de 20,31% en moyenne, s’est répartie du simple au triple entre entre les quartiers ouest et de l’est.
À l’extrémité ouest, la plupart des bureaux de Hautepierre ont tourné autour des 90% d’abstention (!), là où le Front national et le parti islamo-turc Égalité et Justice avaient réunis de bons scores au premier tour. On observe d’autres bureaux à faible participation du côté de la gare et de l’Elsau, ainsi que quelques cas isolés au centre ou au lycée René Cassin.
En revanche, les électeurs se sont beaucoup plus mobilisés autour du centre-ville, notamment au nord et à l’est, du lycée Kléber à l’Orangerie, avec une abstention qui oscille entre 70% et 75%.
La droite toujours forte à l’est
Pour réaliser un écart, il était donc important de l’emporter dans les secteurs qui se sont un peu moins détournés des urnes que les autres. C’est ce que semble avoir fait la droite, en concentrant ses meilleurs scores à l’est du centre-ville.
Presque 70% au Pavillon Joséphine, 68% à l’école du Conseil des Quinze, 64% au lycée Kléber, ou encore 54% au lycée René Cassin… Pas de doute, on est dans une zone où les électeurs de droite ont été fidèles au rendez-vous.
Les autres bons scores de Jean-Emmanuel Robert (LR) sont disséminés et rares dans la circonscription. Il recueille entre 53% et 56% des suffrages exprimés dans deux bureaux du centre, un bureau de Hautepierre (école Marcelle Cahn) et un de Koenigshoffen (foyer Saint-Arbogast).
La carte des bons scores du PS est plus équilibrée. Le parti d’Éric Elkouby amasse le plus de voix au nord du centre-ville, mais aussi dans le canton 2 (Koenigshoffen, Montagne Verte, Elsau) secteur où l’élu est adjoint de quartier et, en binôme avec Martine Jung, conseiller départemental.
Entre le sud de la Grande-Île et le Conseil des Quinze, les résultats de gauche faiblissent. Quelques bureaux de vote parviennent à limiter l’effet d’enclave à l’est, comme deux bureaux du lycée René Cassin (62% et 58% des voix en faveur du PS), ou encore trois autres remportés de justesse (René Cassin, Sainte Clotilde et Conseil des XV).
Entre les deux tours, de nouveaux électeurs PS autour du centre
Au premier tour, Éric Elkouby a récolté 4 288 voix, soit 1 615 de plus que son adversaire. Entre les deux tours, il a gagné 2 181 électeurs supplémentaires, qui se sont surtout concentrés autour de la Grande-Île.
On distingue une zone de fortes progressions du PS reliant l’école de Vinci jusqu’à l’ENGEES en contournant le centre. 13 bureaux de cet axe ont rassemblé 644 électeurs de plus pour Éric Elkouby, soit presque 30% de sa progression totale.
La droite gagne un peu plus d’électeurs entre les deux tours mais surtout à l’est
Son concurrent Jean-Emmanuel Robert a su convaincre 2 887 électeurs entre les deux tours. C’est 705 électeurs de mieux que son adversaire, mais cela n’a pas suffit à combler l’écart. Surtout, on remarque que sa progression se limite à un plus petit nombre de bureaux de vote.
Six bureaux au nord-est du centre font gagner à la droite 434 électeurs supplémentaires. Quatre bureaux situés dans l’ouest de la circonscription augmentent ces effectifs de 276 voix. À l’arrivée, ces dix bureaux concentrent un quart des nouveaux électeurs LR.
Ce début de dynamique amorcé par les électeurs de droite dans la circonscription n’a pas suffi à inverser le rapport de force entre Les Républicains et le Parti socialiste entre les deux tours. Pour le mesurer, nous avons cartographié l’avance, en nombre de voix, de chacun des candidats :
On peut voir que 23 bureaux (sur un total de 65) penchent pour l’un ou l’autre candidat avec au maximum 12 voix d’écart. Une grande majorité des bureaux concernent les plus fortes abstentions de la circonscription. C’est notamment le cas dans le quartier de Hautepierre, où le PS prend en tout une avance de… 68 voix.
Plus d’un quart de l’avance sur 4 bureaux de vote
En revanche, la gauche engrange des écarts plus intéressants dans un secteur, d’habitude plutôt acquis à la droite, le nord du centre-ville. Dans quatre bureaux de vote (deux du Palais des Fêtes, École Schoepflin et Lycée Kléber) elle recueille entre 51 et 73 voix d’avance soit 252 au total. C’est plus d’un quart (27%) de l’écart de 909 voix séparant les deux candidats à l’issue du second tour.
Peu de temps après les résultats, le politologue Philippe Breton expliquait à Rue89 Strasbourg que le PS l’avait emporté grâce au basculement de bureaux du votant traditionnellement à droite. On pourrait nuancer ce propos en pointant que, pour l’instant, LR ne parvient pas à bousculer le PS à l’ouest de la ville, où le désaveu révélé pour la politique se traduit par de l’abstention.
Les précipitations qui se sont abattues sur l’Alsace mardi et mercredi ont provoqué de nombreuses inondations. Routes coupées, rues transformées en rivières, terrains en étangs… Voici quelques vidéos issues des réseaux sociaux.
Les précipitations en Alsace comme sur le quart Nord-Est de la France ont eu de sérieuses conséquences, comme l’apparition quasi-instantanée de torrents de boue. Aucun blessé n’est à déplorer mais les pompiers ne comptent plus les interventions pour secourir les personnes isolées ou intervenir auprès de bâtiments aux fondations inondées.
Nos cousins de Rue89 Bordeaux lancent une opération de financement participatif. Comme Rue89 Strasbourg et Rue89 Lyon, l’équipe locale de Bordeaux est entièrement indépendante et doit trouver ses ressources pour financer son activité. Et comme à Strasbourg et à Lyon, Rue89 Bordeaux agite et aère l’environnement médiatique local. Aidez nos camarades à professionnaliser leur édition.
Rue89 Strasbourg avait eu recours au financement participatif en juin 2015. L’objectif était d’investir dans de nouveaux contenus et dans un nouveau site permettant de mixer notre modèle économique. La réussite de cette campagne nous a conforté dans nos choix, notre légitimité et le sens de notre métier grâce à l’apport de 867 contributeurs (voir le mur des soutiens). Et aujourd’hui, nos lecteurs bénéficient d’un site amélioré, et qui s’enrichira très bientôt de nouvelles fonctions.
Lancé en janvier 2014, nos cousins de Rue89 Bordeaux lancent à leur tour une opération de financement participatif, via la plateforme Ulule. Car tout comme votre média préféré, l’édition locale de Rue89 à Bordeaux est entièrement indépendante du groupe Nouvel Obs, propriétaire de Rue89.com. Sa rédaction est composée d’une équipe extrêmement déterminée, motivée et capable de produire des enquêtes sur les enjeux locaux régulièrement.
La fine équipe de Rue89 Bordeaux (doc remis)
Ils expliquent sur Rue89 Bordeaux le travail accompli, la place tenue dans cette ville :
« Nous voulons relater l’actualité, la rendre compréhensible et accessible. Nous le faisons d’une manière impartiale, mais engagée, attentive aux mutations de notre société, et aux initiatives audacieuses qui entendent la transformer. Et vous, lectrices et lecteurs, avez répondu présents. Nous pourrions faire étalage des chiffres les plus flatteurs, nous gargariser des articles dont certains ont dépassé les 150 000 lectures, des enquêtes qui ont fait référence, des analyses ayant éclairé la réflexion politique, des tribunes à l’écho parfois national… Nous sommes fiers de ce qui a été réalisé, dans des conditions très précaires. »
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Mais les bons articles ne nourrissent pas les journalistes malheureusement. Rue89 Bordeaux a donc besoin de votre soutien pour professionnaliser son équipe et diversifier ses revenus. Comme ils l’expliquent sur Ulule, les contributions serviront à financer les premiers numéros de suppléments, sortes de dossiers qui seront vendus sur le site, et à payer les premiers mois d’un commercial, chargé de démarcher les clients annonceurs à plein temps pour Rue89 Bordeaux.
Gratuits, payant, un peu des deux… Personne n’a trouvé le modèle économique de la presse locale numérique, les médias locaux existants sont bien souvent adossés à de grands groupes. Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas essayer, tenter de nouvelles pistes et avoir foi en la mobilisation des citoyens, rendue possible notamment grâce à des plate-formes comme Ulule. Tous les jours, nous recevons de nouveaux témoignages faisant état d’un besoin pour des enquêtes fouillées, des témoignages inédits, des reportages généreux.
De son côté, Rue89 Strasbourg se porte bien. Beaucoup ont vu dans l’appel au financement participatif un signe de faiblesse, c’est exactement l’inverse. Nous en sommes ressortis bien plus motivés et déterminés que jamais, grâce à votre soutien. Rien n’est gagné, nous comptons chaque euro dépensé, nous nous payons peu et nous sollicitons la générosité renouvelée nos lecteurs, via la Société des lecteurs, pour diversifier nos revenus qui proviennent actuellement à 95% de la publicité.
Dans l’Alsace néolithique, la vie n’était visiblement pas toujours rose. Comme le rapporte Le Monde, un groupe d’archéologues a découvert des ossements humains près de Achenheim, à l’ouest de Strasbourg. Même 6 000 ans après les faits, la scène n’a rien à voir avec les restes d’une sépulture ou d’un champ de bataille. D’après les archéologues, les six corps retrouvés enfouis sous terre auraient été méthodiquement assassinés.
Fanny Chenal, anthropologue à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), explique au journal :
« Ce qui nous a d’abord interpellés, c’est la disposition de ces six individus masculins, cinq adultes et un adolescent de 15 à 19 ans : certains reposaient sur le dos, d’autres sur le ventre ou le côté, avec les membres en positions désordonnées. Ces postures invraisemblables ne relevaient pas d’une pratique funéraire. »
Aux côtés des squelettes, les archéologues ont également retrouvé quatre bras gauche, dont l’un aurait appartenu à un adolescent de 12 à 16 ans. Fanny Chenal continue :
« La deuxième chose impressionnante, ce sont les très nombreuses fractures, sur les membres, les bassins, les mains, les crânes. »
Les squelettes laissent apparaître des lésions difficilement explicables (Photo Philippe Lefranc / Inrap / doc remis)
Achenheim défendu au Néolithique
La fouille du site d’Achenheim a débuté en mars et devrait s’achever le 15 juin. Ces révélations morbides ne sont pas la seule particularité du site : le village de l’époque était également entouré d’un fossé défensif, « probablement attaché à des bastions. » Premier du genre en Alsace, c’était une construction rare pour l’époque.
Mais ce n’est pas tout : l’enceinte fortifiée accueillait également près de 400 silos de stockages creusés dans la terre pour les récoltes des villageois. Philippe Lefranc, archéologue et spécialiste du néolithique ayant dirigé les fouilles d’Achenheim, considère ainsi :
« Ces structures de stockage temporaires étaient ensuite utilisées pour les détritus, ou comme fosses pour des sépultures réservées à une petite partie de la population. »
Néanmoins, le silo 124, où ont été retrouvés les corps, se trouvait à l’écart du village et des autres silos. D’après Philippe Lefranc, c’est là que la science laisse la place à l’interprétation des événements :
« Les bras coupés pourraient être des trophées guerriers, tandis que l’acharnement peut relever de deux phénomènes. S’il s’est exercé sur les vivants, il s’agit de tortures, si c’est sur les morts, on parle d’outrages aux cadavres. »
Une vue du silo (Photo Philippe Lefranc / Inrap / doc remis)
Cette sanglante histoire pourrait être celle d’un raid contre de nouveaux venus dans les alentours ou une victoire particulièrement meurtrière sur des assaillants, fêtée en mutilant les corps des hommes tombés durant la bataille, s’interroge Le Monde. Des céramiques trouvés sur place montrent l’appartenance des villageois à une culture dite de Bruebach-Oberbergen. Située dans la région vers 6 000 avant J-C, cette culture du néolithique était constituée de villages éparses et peu violents. D’où les interrogations sur cette tuerie.
D’autres céramiques laissent penser aux archéologues que les suppliciés venaient de la région parisienne. Pour en avoir le cœur net, Fanny Chenal souhaite entreprendre des analyses génétiques et isotopiques. « Nous allons monter un dossier pour les financements de ces analyses, très onéreuses, » conclut-elle.
Huit à dix ans de prison. Les peines requises par le procureur de la République de Paris à l’encontre des sept Alsaciens partis en Syrie en décembre 2013 sont lourdes. Lundi, le ministère public a estimé que l’ « on jugeait des terroristes, et non des combattants. »
« Vous avez encore un peu de courage ? » Accoudée sur l’un des pupitres du banc des avocats, Me Françoise Cotta se lève et s’adresse à la présidente du tribunal correctionnel de Paris. Pendant trois heures, ses six collègues se sont succédés mardi pour défendre leurs clients. Elle est la dernière à plaider. Et l’avocate de Karim Mohamed-Aggad sait que pour défendre le « frère de », il va falloir y aller fort.
En cette septième et dernière journée du procès de la « filière de Strasbourg », sept Strasbourgeois sont soupçonnés d’être partis faire le djihad en Syrie fin 2013, la salle des pas perdus étaient bondée. Familles, journalistes, étudiants en sociologie, stagiaires avocats, simples curieux : « la société entière s’intéresse à cela », assurera Me Martin Pradel en montrant d’un geste le public de la salle d’audience.
Huit à dix ans requis contre les Strasbourgeois
Lundi (retrouvez le compte-rendu réalisé en direct), le procureur de la République a requis la peine maximale, dix années de détention, contre quatre prévenus : Karim Mohamed-Aggad et Radouane T., tous deux décrits comme les « meneurs du groupe », et les frères Ali et Mohamed Hattay dont la sincérité du retour est mise en doute par le ministère public. Cette peine de dix ans, le procureur la demande assortie d’une peine de sûreté des deux tiers, empêchant toute remise en liberté pendant cette période.
Contre les trois autres prévenus : Banoumou Kadiakhé, Mokhlès Dahbi et Miloud Maalmi, huit ans de prison ont été requis. Deux ans de moins que le box d’en face au motif qu’ils ont passé « moins de temps » en Syrie. Ces lourdes réquisitions, le procureur Nicolas Le Bris les justifie par le fait que l’ « on juge des terroristes et non des combattants », et que « tous ont été au front. »
Mardi, certains prévenus apparaissent les traits tirés, la mine fatiguée, tandis qu’ils écoutent les plaidoiries de leurs conseils.
Des réquisitions obéissant à « la raison d’État »
Avant de commencer sa plaidoirie, Me Françoise Cotta s’est assise « du côté des huit ans. » L’avocate de Karim Mohamed-Aggad ironise sur le placement des prévenus dans les box : le clan « des barbus » d’un côté, celui des « imberbes » de l’autre. Un placement que ni elle, ni la presse n’avait manqué de relever dès le début du procès ce qui avait d’ailleurs énervé quelques proches des prévenus. Un placement « involontaire », d’après la présidente du tribunal. Cette fois, Me Françoise Cotta se dit qu’assise de « ce côté-ci », ça lui portera « peut-être chance. »
Comme ses collègues, elle évoque le contexte dans lequel les sept Alsaciens sont jugés :
« On demande à la justice de tout régler : le politique, les violences sociales, le médical lorsqu’un médicament est défectueux. Là, on vous demande de régler la peur et la terreur. Car la France a été terrorisée. »
Avant elle, Me Nathalie Schmelck, avocate de Mokhlès Dahbi dénonçait des réquisitions obéissant à « la peur » et à la « raison d’État » :
« Il est jugé sur ce qu’on imagine qu’il aurait pu faire, sur ce qu’il pourrait faire. C’est n’est pas pour ça que vous avez prêté serment, et que j’ai prêté serment. On juge sur des faits. »
Les faits, justement, les avocats se sont employés à démontrer que le dossier n’est pas en lien avec des attentats, et que les sept Alsaciens ne sont pas des « terroristes », contrairement à ce que le procureur a affirmé lors de son réquisitoire. « Où sont les victimes ? Il n’y en a pas dans la salle. C’est un dossier d’association de malfaiteurs », martèle Me Nathalie Schmelck.
Masyaf en Syrie Photo : Klaus Wagensonner / FlickR / cc
Se désolidariser radicalement des réquisitions
De son côté, Me Aloïs Blin, qui défend aussi Mokhlès Dahbi, s’est attaché à mettre en avant le cas particulier de son client. « Quand j’ai entendu le réquisitoire, je n’ai entendu parler que du groupe, avance t-il. On a empilé les déclarations pêle-mêle, la belle affaire. » Et l’avocat d’enchaîner sur la dépression de son client, le « fantôme, gavé d’antidépresseurs et de somnifères », à qui il allait rendre visite à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis.
Tour à tour, les avocats ont insisté sur les personnalités de leurs clients afin d’effacer « le groupe de Strasbourg. » Un dossier d’une « complexité évidente », a rappelé Me Martin Pradel, avocat de Banoumou Kadiakhé :
« Des jeunes originaires de la même région, de la même ville, mais pas du même quartier. Comment des personnalités différentes peuvent-elle mener une même action ? Se retrouver dans la même galère ? C’est ça que vous allez devoir juger. »
Reprenant à son compte un terme maintes fois utilisé au cours du procès, il demande à la présidente du tribunal de se « désolidariser radicalement des réquisitions » du procureur de la République. Il conclut, la voix solennelle : « c’est la seule radicalité que je vous demande. »
« Bon courage, madame la présidente »
Leitmotiv des plaidoiries : l’intention des prévenus. Le supposé bien-fondé de leur départ. Venir en « aide au peuple syrien », remédier à sa « lente agonie » et à l’inertie du gouvernement français. Me Éric Lefebvre, avocat des frères Hattay, invoque Rimbaud et décrit ainsi la volonté « humanitaire » des Strasbourgeois : « on n’est pas sérieux quand on a 17 ans, mais quand on a 17 ans ou 20 ans, on est exalté. » Et d’ajouter qu’avant les attentats du 13 novembre et ceux de Charlie Hebdo, jamais, « les réquisitions n’auraient été aussi lourdes. »
Finalement, Me Françoise Cotta conclut à l’adresse de la présidente du tribunal : « s’il y a quelqu’un qui peut vous aider dans votre jugement, c’est Karim. » Immobile dans le box, Karim Mohamed-Aggad fixe son conseil qui termine : « qu’on vienne me prouver qu’il représente un danger réel. Il va sortir de prison, qu’est-ce qu’il va faire ? Je ne veux pas quitter l’audience en me disant que les organisations terroristes auront gagné. Bon courage, madame la présidente. »
Journaliste indépendante et professeur d’éducation aux médias. Sujets société, inégalités, éducation, police-justice. J’aime aussi écrire sur le rap et la culture hip hop de Strasbourg et d’ailleurs.
Comme chaque année depuis 15 ans, l’association strasbourgeoise FestiGays organise la Marche et la semaine des visibilités des lesbiennes, gays, bis, transgenres et intersexes (LGBTI).
Gaypride et semaine de Visibilité du 3 au 12 juin
Cette année, la Marche des visibilités, version strasbourgeoise de la Gaypride, aura lieu samedi 11 juin, avec toujours la même devise « Liberté, Égalité, Visibilité ». Le départ du cortège s’effectuera à 14h, place de l’Université.
Cette marche s’inscrit au coeur de la semaine de Visibilité qui se déroulera du 3 au 12 juin. Au programme : concerts, expos, rencontre-débats, projection de films, événements sportifs et conviviaux organisés par plusieurs associations et collectifs partenaires. Le programme 2016 complet est disponible sur le site de l’association FestiGays.
Le combat reste le même, continuer à lutter et réclamer l’égalité des droits en terme de parentalité, de santé, d’état civil et porter haut et fort la diversité des identités.
La semaine de Visibilité, du 3 au 12 juin à Strasbourg (Photo : FestiGays / doc remis)
Y aller
La marche de Visibilité, samedi 11 juin à partir de 14h, place de l’Université à Strasbourg.
Une économie locale, écologique et solidaire : c’est le mantra des usagers du Stück, la monnaie strasbourgeoise lancée en octobre 2015 par une centaine d’utilisateurs avec 45 entreprises. Neuf mois plus tard, l’association compte plus de 1 100 utilisateurs, s’échangeant 45 000 stücks auprès de 140 entreprises.
Le Stück, en patois alsacien, c’est une pièce, un morceau, une part. Depuis octobre 2015, à Strasbourg, c’est aussi une monnaie locale complémentaire (MLC) inscrite dans une démarche sociale, solidaire et responsable. Sans avoir vocation à remplacer l’euro, le Stück veut dynamiser les échanges de proximité entre consommateurs et producteurs. Neuf mois après son lancement, l’association éponyme organise une « Fête du Stück », les 17, 18 et 19 juin.
Des billets multicolores pour les Stücks (photo JFG / Rue 89 Strasbourg)
Plus de mille usagers du Stück
Découpés entre conférences, ateliers pédagogiques autour de la finance et soirées festives, ces trois jours de « Fête du Stück » chercheront à répondre à une question : comment redonner du sens à l’argent ? Vaste problématique que veulent aborder de front les usagers de la monnaie locale.
Et ils sont de plus en plus nombreux : 145 entreprises ont rejoint le réseau (elles étaient 45 au départ), tandis que 1 127 usagers utilisent le Stück dans leur vie quotidienne. C’est très peu, en comparaison des près de 470 000 habitants de l’eurométropole. Mais c’est un démarrage bien meilleur que dans d’autres villes françaises : à Toulouse, où le Sol-Violette existe depuis plus de quatre ans, la monnaie est utilisée par 1 850 personnes. Six mois après le lancement de SoNantes, en novembre dernier, seuls 500 personnes utilisaient la monnaie locale.
L’association gestionnaire se satisfait donc de dénombrer près de 44 500 Stücks en circulation dans Strasbourg, soit autant d’euros échangés. Antoine Lévy, un des deux salariés à mi-temps de l’association, ne boude pas son plaisir en annonçant les chiffres :
« Nous étions entre 25 et 60 à faire des réunions pour concevoir le projet. Il n’y avait pas d’économiste parmi les citoyens, mais on s’est accroché, on a fait nos gammes. »
Deux ans plus tard, grâce à l’aide financière de la Ville et du Fonds social européen, le projet a abouti. Depuis, le « réseau Stück » progresse. Huit bureaux de change ont ouvert à Strasbourg (librairie Kleber ou l’Ilot de la Meinau) et dans l’agglomération (restaurants l’Acoustic à Sélestat ou Le Divanoo à Bischheim). Geoffrey Andna, maraîcher et propriétaire de l’Ilot de la Meinau, explique ses raisons :
« Nous avons un domaine de dix hectares et réalisons 50% de notre chiffre d’affaires en vente directe. C’était important de devenir un bureau de change pour faire progresser un réel maillage entre les commerçants et les consommateurs. »
Au quotidien, vivre avec le Stück
Désormais, il est possible de couvrir les dépenses du quotidien en utilisant presque exclusivement des Stücks, selon ses promoteurs. Santé, clubs sportifs et culturels, restaurants : de larges pans de l’économie locale ont adhéré au Stück. Aurélie, adhérente de l’association, explique son utilisation de la monnaie locale :
« Ce sont plus de déplacements, plus de difficultés et de contraintes. Mais ce sont des contraintes positives, faisant que chacun est acteur de sa vie et de ses engagements. »
Ces « contraintes positives » s’inscrivent dans une démarche militante clairement revendiquée. C’est une vision précise de la démocratie, plus active et volontaire, que revendiquent les utilisateurs des Stücks. « Les politiques n’apporteront pas de changements, ça doit venir de la base », considère Emmanuel Mouillon, co-créateur de la boutique de soins et bien-être bio Amphora. Banquier parisien durant une vingtaine d’années, il explique avoir connu « toute la dématérialisation financière » et embrasse désormais une vision plus locale et concrète de l’économie.
Comment une boutique peut-elle vivre, à Strasbourg, en acceptant les Stücks ? La moitié du salaire des employés d’Amphora sont payés en Stücks, jusqu’à l’expert-comptable — « le plus dur à convaincre » — gérant les comptes de la boutique. Du reste, il n’y a pas de double comptabilité : les Stücks ont la même valeur juridique que les tickets restaurant ou les chèques vacances.
Une valeur qui déprécie, mais des investissements à l’étranger
Cependant, même si un Stück est égal à un euro lors de son entrée en circulation, sa valeur déprécie progressivement. Tous les 9 mois, les Stücks perdent 2% de leur valeur : c’est le principe de la fonte, qui vise à éviter que cette monnaie ne soit thésaurisée. Basée sur les théories d’un économiste italien, le procédé de la fonte est utilisé par d’autres monnaies locales, comme le Chiemgauer en Bavière.
Malgré cette volonté de « faire un pas de côté » vis-à-vis du fonctionnement de la monnaie européenne, les 44 500 euros échangés contre des Stücks ont bien été récupérés par l’association. La grande majorité de cet argent a été déposé comme fonds de garantie au Crédit Municipal et à la NEF, une coopérative financière se voulant être une « banque éthique ». Le reste de l’argent sert à assurer le fonctionnement de l’association et à développer ses projets.
Parmi ceux-ci, le plus marquant est sans doute le développement en Allemagne. Sept entreprises allemandes auraient déjà accepté de nouer un partenariat avec le Stück. « On prend notre temps pour aller vers l’Allemagne. Mais le bassin économique ne connaît pas les frontières et le Stück n’est pas une monnaie qui renferme », affirme enfin Antoine Lévy.
Dans les cartons depuis 15 ans, le projet d’une médiathèque pour le nord de l’agglomération de Strasbourg pourrait se concrétiser dès l’an prochain. Pour lui donner une chance en cette période de disette budgétaire, la collectivité compte sur un opérateur privé, Vilogia, pour construire le bâtiment à Schiltigheim. Mais le projet sera bien loin des objectifs initiaux.
En 2014, les quelque 95 000 habitants du nord de l’agglomération de Strasbourg ont bien failli voir s’installer une médiathèque, sur le site de l’ancien Simply Market, route de Bischwiller à Schiltigheim. Le projet, préparé par le cabinet parisien Aubry & Guiguet était prêt pour les concours d’architectes : l’idée était d’en faire un « tiers lieu », c’est à dire un endroit où les habitants pourraient se retrouver pour se cultiver mais aussi boire un café, découvrir un artiste en résidence ou écouter un concert…
Dans les esquisses du cabinet Aubry & Guiguet, il était question de boucher la rue de Wissembourg au niveau du cimetière, pour transformer la placette devant l’église en une esplanade piétonne jusqu’à la médiathèque, appelée agora, et d’ouvrir l’arrière de la médiathèque sur le jardin de la Résistance (voir ci-dessous).
Le projet du cabinet Aubry & Guiguet prévoyait un auditorium et une ouverture sur un « jardin de lecture » (doc Rue89 Strasbourg)
La médiathèque nord devait occuper 2 749 m² au sol sur les quelques 6 780 disponibles, pour une surface de plancher de 3 850 m². L’opération prévue avait été estimée à 16 millions d’euros pour l’Eurométropole, avec une aide de l’État via la direction régionale des affaires culturelles. Une directrice avait même été recrutée par la collectivité, afin de débuter les travaux scientifiques et la préparation des collections.
Et patatra, des élections…
Mais patatra, le déménagement du Simply Market prend plus de temps que prévu et les élections municipales sont perdues par l’équipe en place. De plus, les crédits disponibles à l’Eurométropole fondent en raison de la baisse des dotations globales de fonctionnement que l’État verse aux collectivités locales. Lors d’un arbitrage fin 2015, le projet est « phasé » : l’essentiel du projet est conservé mais l’auditorium et la caféteria attendront, ce qui fait baisser la note à 11 millions d’euros.
Entre temps, Simply a trouvé un repreneur pour son terrain, c’est l’aménageur Vilogia, dont l’activité consiste à construire des logements sociaux pour les revendre ou les louer. L’affaire s’est faite au sein des réseaux nordistes, dont sont originaires les deux groupes. Simply a vendu le terrain, en plein centre de Schiligheim et bien connecté aux transports en commun, pour 2,3 millions d’euros.
Quand le nouveau maire de Schiltigheim, Jean-Marie Kutner (UDI) l’apprend, il ne bloque pas la vente mais propose à Vilogia de prévoir dans son projet de promotion de l’espace pour une médiathèque. Il détaille :
« Quand nous sommes arrivés aux affaires, on nous proposait d’acheter ce terrain 3 millions d’euros. Mais le président de l’Eurométropole a indiqué qu’il n’engagerait plus de nouveaux projets. Ce terrain aurait donc pu rester en friche jusqu’en 2020, avec des coûts supplémentaires en sécurisation et assurances à la charge des Schilickois. Donc quand Vilogia est arrivé avec un permis de construire, j’ai entamé avec l’Eurométropole et les maires des communes concernées des négociations pour que ce projet qui me tient à coeur voie le jour. »
Les anciens bâtiments du Simply devraient rapidement disparaître du centre de Schiltigheim (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Achat d’un établissement recevant du public sur plans
L’idée est que Vilogia débute son projet de construction, et que l’Eurométropole achète le rez-de-chaussée et deux étages sur plans. Ainsi, la Ville de Schiltigheim ne met pas un sou dans cette opération et l’investissement initial est porté par Vilogia. De son côté, Jean-Luc Poulain, directeur des opérations de Vilogia pour le secteur de Strasbourg, confirme :
« Je réserve trois étages dont le rez-de-chaussée pour un établissement recevant du public (ERP), la collectivité y mettra ce qu’elle voudra. On parle d’une médiathèque mais pour l’instant, je n’ai aucun engagement signé. Au dessus, il y aura 28 lots pour notre solution d’hébergement pour jeunes travailleurs, Izidom, 30 studios et petits logements en accession sociale. Et on est en discussions finales avec un partenaire pour qu’un partie du projet soit en promotion privée classique. »
Évidemment dans le projet de Vilogia, il n’est pas question d’un auditorium, ni d’une caféteria, ni d’une ouverture sur un jardin de lecture… En revanche, l’esplanade entre l’église et la future médiathèque est conservée. Le montant du projet de Vilogia est évalué à 16 millions d’euros, sans la promotion privée. Le permis de construire de ce projet devrait être déposé en juillet. Il faut prévoir 36 mois pour le chantier, ce qui laisse du temps à l’Eurométropole pour trouver les crédits nécessaires à l’achat de ces locaux.
Une esplanade piétonne devrait relier l’église et la médiathèque (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Les raisons de la démission de Souad El Maysour
Quand elle découvre ces tractations, Souad El-Maysour, alors conseillère déléguée à la lecture publique à l’Eurométropole, explose. Elle qui a laissé sa place de vice-présidente à Catherine Trautmann après sa défaite aux élections européennes est tenue à l’écart des arbitrages budgétaires, qui se font en conférence des vice-présidents. Elle a vu le projet être rogné puis repoussé pour finir par disparaître du plan pluriannuel d’investissements de la collectivité.
Dans ses échanges avec l’exécutif de l’Eurométropole, elle dénonce une « médiathèque au rabais dont l’essence même a été détournée » et refuse d’y apporter sa caution. La médiathèque nord devait être un phare de l’accès au numérique, à destination des jeunes actifs, l’actuel projet prévoit un espace de coworking… Le 22 avril, elle démissionne avec fracas de ses mandats.
Du côté de l’opposition à Schiltigheim, Nathalie Jampoc-Bertrand (PS), ex-adjointe au maire en charge de la culture, s’emporte également :
« Des visions politiques d’un autre temps ont déjà laissé le nord de l’agglomération à l’écart du tramway pour des années… Et on nous refait le coup avec la médiathèque nord ! Ce projet n’est pas à la hauteur des enjeux pour un bassin de population de près de 100 000 habitants, dont une bonne part a justement besoin d’un meilleur accès aux savoirs et à la culture. Au sud de l’Eurométropole, ils ont eu leur médiathèque communautaire et leurs extensions de tramway. Qu’est-ce qu’il se passe chez nous pour que tout soit bloqué ainsi ? »
Visé par ces propos, le maire de Bischheim, Jean-Louis Hoerlé (LR) confirme qu’il attend l’ouverture de cette médiathèque pour y transférer les fonds de la bibliothèque municipale :
« Rien ne changera pour les habitants de Bischheim, qui auront toujours accès à la lecture publique, dans une grande et belle médiathèque, à cinq minutes à pied de l’actuelle bibliothèque, dont le bâtiment ancien n’est plus compatible avec les exigences de réception du public. »
Un temps envisagés pour accueillir la médiathèque nord, les anciens locaux de la gendarmerie dans le quartier des Écrivains à Schiltigheim seront finalement vendus eux aussi. Vilogia s’est déclaré très intéressé par cet ensemble. L’Eurométropole n’a pas souhaité répondre à nos questions sur ce dossier.
Stanislas Nordey, directeur du Théâtre national de Strasbourg, a dévoilé sa deuxième saison à la tête de l’établissement. Des auteurs contemporains, des femmes, des jeunes et des sages : la saison à venir affiche une cohérence de convictions et de moyens séduisante.
Le bilan de la saison 2015-2016, même si celle-ci n’est pas encore terminée avec un spectacle en cours et deux événements de l’Autre saison à venir, est très positif, selon le directeur du Théâtre national de Strasbourg (TNS), Stanislas Nordey. Apparemment cette saison génère les meilleures recettes jamais obtenues au TNS, et l’on atteindrait un score de fréquentation (avec plus de 61 000 spectateurs dans l’année, sans compter l’Autre saison qui elle en a rassemblé plus de 11 000) proche de la meilleure saison jamais effectuée – sous le mandat de Stéphane Braunschweig.
Au-delà de la satisfaction des bilans chiffrés en terme de taux de remplissage et de recettes, ce qu’il affirme, – et c’est nouveau dans la maison -, c’est l’envie de redonner au TNS son statut de maison de production et de création au niveau national : les spectacles créés au TNS ou coproduits par celui-ci se doivent d’être vus bien au-delà de Strasbourg. C’est, par exemple, à travers la tournée deJe suis Fassbinder dans d’autres maisons prestigieuses que Stanislas Nordey redonne ses lettres de noblesses au TNS. Il y a un vrai souci du public en tournée – ce qui se confirme aussi par la mise en place, qui va aller en s’étoffant, de tournées aux dimensions plus agiles, tout-terrain, sur le territoire alsacien.
Le visuel saison 16-17 : Valérie Dréville, artiste associée (Photo Jean-Louis Fernandez)
Encore plus de créations, plus d’écritures contemporaines…
Pas de surprises fondamentales dans cette nouvelle saison qui s’annonce, mais plutôt une montée en puissance des principes établis en 2015/2016. La création tout d’abord, qui se taille la part du lion : 9 spectacles sur 17 sont des créations dans les murs du TNS, impliquant des équipes en travail dans la maison. Stanislas Nordey parle « d’acter le fait d’être un centre de création », ce qui signifie aussi des premières nationales et des tournées des spectacles en France par la suite. Douze spectacles seront produits ou coproduits, car pour Stanislas Nordey il s’agit de « prendre le risque des nouveaux spectacles », en étant conscient que certains peuvent donner « la possibilité de beaux ratages », ajoute-t-il en riant.
Parmi ces créations on notera Angelus Novus AntiFaust de Sylvain Creuzevault, mais aussi Dans la solitude des champs de coton de Charles Berling – qui revient honorer les murs du TNS qu’il a fréquenté beaucoup du temps de Jean-Louis Martinelli – et Léonie Simaga, car « l’émotion passe d’abord par l’acteur. » Stanislas Nordey lui aussi proposera une nouvelle création, Erich von Stroheim, autour d’un trio amoureux avec Emmanuelle Béart, Laurent Sauvage et Thomas Gonzalez, avec un texte de Christophe Pellet.
… et des classiques pour « ceux qui veulent se rassurer »
Si la part belle est laissée aux écritures contemporaines, Stanislas Nordey assure que quelques classiques trouveront aussi leur place, « pour les spectateurs qui ont envie de se rassurer ». La saison commence d’ailleurs par Iphigénie en Tauride de Goethe, dans une mise en scène de Jean-Pierre Vincent, dès le 13 septembre, et l’année 2017 se fera sous les bons auspices de Dom Juan dans une mise en scène de Jean-François Sivadier. En terme de textes contemporains on retrouve Providence d’Olivier Cadiot, mais aussi des spectacles à fortes consonances musicales comme Médée poème enragé de Jean-René Lemoine ou Sombre Rivière de Lazare, artiste associé au TNS et compagnon de route de la Rue Ketanou.
La création de la revue Parages vient accompagner cette stratégie de création, pour affirmer « la spécificité du TNS, seul théâtre national en région » en tant que « lieu de pensée avec des auteurs contemporains, pour appuyer là où ça fait mal : sur l’écriture d’aujourd’hui. » Cette revue sera disponible par abonnement et en librairie à partir du 20 juin.
« 2666 » sera présenté en Avignon, puis au TNS (Photo Simon Gosselin)
L’événement Julien Gosselin, en Avignon et au TNS : 2666
Après avoir défrayé la chronique avec son adaptation des Particules élémentaires de Michel Houellebecq en Avignon en 2013, Julien Gosselin pousse le bouchon encore un peu plus loin en adaptant pour la scène 2666, œuvre en cinq livres de l’écrivain chilien Roberto Bolaňo. Créé au festival d’Avignon cet été, le spectacle va apparemment durer environ 10 heures (en comptant les entractes) et sera co-accueilli à Strasbourg avec le Maillon en mars 2017, pour emporter les spectateurs dans une incroyable saga contemporaine, avec du sang, de l’amour, de l’humour, des voyages et la quête d’un romancier célèbre. Tout un programme !
La tendance du moment semble être à des pièces-fleuves, ce qui serait plutôt du goût de Stanislas Nordey :
« C’est bien de bousculer les théâtres avec des pièces-fleuve. C’est compliqué en terme d’organisation, mais c’est aussi très réjouissant ! »
C’est en Avignon aussi que sera présenté Le Radeau de la Méduse, coproduction du TNS et produit de l’École du TNS, pour un texte de Georg Kaiser et une mise en scène de Thomas Jolly – qui sera présenté au TNS en juin 2017. Dans l’esprit de Sa Majesté des Mouches, ce spectacle raconte ce qui peut advenir à 13 enfants qui se retrouvent isolés sur un canot en pleine mer : l’on est toujours étonné de la cruauté des enfants entre eux…
« Le Radeau de La Méduse » de Thomas Jolly (Photo Jean-Louis Fernandez)
A noter que le TNS est aussi présent en Avignon avec 5 coproductions, plusieurs activités de l’École du TNS – spectacles, lectures, stages-, et un débat dans la foulée de la sortie du magazine Parages autour des textes contemporains.
Une trajectoire allemande, l’autre moyen-orientale
Il s’agit, pour Stanislas Nordey, de « développer une ligne sur ce que raconte le monde. » Il s’agit aussi, bien sûr, de parler à ses voisins, d’engager le dialogue. Les auteurs allemands sont donc à l’honneur tout au long de la saison, à travers 6 spectacles et des textes de Goethe, Brecht, Georg Kaiser, Botho Strauss, Heiner Müller et Thomas Bernhard. Certains spectacles seront surtitrés. Parmi ces spectacles il faut noter la reprise de Médée-Matériau de Heiner Müller : mise en scène par Anatoli Vassiliev, Valérie Dréville, artiste associée au TNS, y donne, selon Stanislas Nordey, une véritable « leçon sur l’art de l’acteur de théâtre ».
La période février-mars 2017 est tournée vers l’Orient, et c’est Blandine Savetier, artiste associée au TNS, qui signe sa première mise en scène au TNS à ce titre avec l’adaptation du célèbre roman d’Orhan Pamuk, Neige. Entre la Turquie et l’Allemagne, un poète rentré d’exil cherche l’amour en enquêtant sur des suicides de femmes dans un environnement religieux trouble…
Nous voici, plus que jamais, au sein de ce théâtre politique – où la fiction vient percuter la réalité – que Stanislas Nordey affectionne tout particulièrement. Ce spectacle est suivi par Des roses et du jasmin d’Adel Hakim : il a créé ce spectacle avec les acteurs du Théâtre National Palestinien, qui étaient déjà venus présenter leur Antigone au TAPS-Scala il y a quelques années.
« Dom Juan » de Jean-François Sivadier (Photo Jean-Louis Fernandez)
Le Théâtre du Rond-Point en invité d’honneur
Stanislas Nordey explique qu’il souhaiterait, chaque année, inviter un autre théâtre en ses murs. Il s’agira la saison prochaine du Théâtre du Rond-Point de Paris, qui tient dans le cœur du directeur du TNS une place toute particulière :
« Il s’agit sans doute de l’un des théâtres les plus dynamiques en terme d’innovation et de nouvelles formes en France. »
C’est ainsi qu’il semblait essentiel pour le directeur du TNS d’inviter aussi Jean-Michel Ribes, directeur parfois décrié ou méprisé des élites du sérail, à présenter son spectacle Par-delà les marronniers – Revu(e), « revue foutraque » dans une ambiance de music hall des années 20.
Démocratisation, parité : adapter les moyens du théâtre à ses convictions
Même si les mots de « parité » et de « discrimination » sont lourds de sens et d’intentions souvent louables et peu pratiquées, Stanislas Nordey entends les employer à bon escient pour poursuivre son but : amener vers le théâtre ceux qui en sont loin, faire du théâtre et de ses moyens un outil de rétablissement d’une certaine justice sociale. Il y a beaucoup d’actrices formées chaque année, et peu de rôles : le TNS fera donc en sorte d’assurer la parité sur les plateaux, en accueillant des spectacles qui sur l’année font travailler autant de comédiennes que de comédiens. Cela peut sembler une évidence, mais cela provoque sans doute une gymnastique assez dense en terme de programmation.
Le TNS s’engage aussi dans des processus de démocratisation du théâtre : par des actions avec des lycées, qu’ils soient de formation générale ou professionnelle, mais aussi par la création du Prix des lycéens Bernard Marie Koltès, qui permettra à 6 classes des lycées de Strasbourg, de Sélestat, de Sarre-Union et de Bischwiller, de décerner un prix d’écriture dramatique contemporaine. La Troupe Avenir, initiée par Lazare cette saison, va poursuivre son travail de connexion de jeunes de parcours très différents par le biais de la pratique théâtrale. Le TNS continuera aussi son engagement dans le dispositif 1er Acte pour promouvoir une plus grande diversité, « à l’image de la France » selon Stanislas Nordey, sur les plateaux de théâtre.
Adapter ses moyens c’est aussi développer les partenariats. C’est ainsi qu’au niveau local, particulièrement par le biais de l’Autre saison – dont le programme sera révélé au fur et à mesure de la saison à partir de septembre 2016-, des liens se créent petit à petit avec les autres acteurs culturels, parmi lesquels le Maillon bien sûr, mais aussi Jazz d’Or, Pôle Sud, L’Ososphère, et sans doute plus tard Musica et l’Opéra du Rhin. « L’envie est là », affirme Stanislas Nordey, « il faut rester en ébullition. »
Indépendante, coordinatrice de projets et rédactrice, je travaille dans le champs des droits humains, du développement et de la culture, au niveau international mais aussi en local à Strasbourg.
La Maison de l’Alsace à Paris ne sera pas vendue. Un groupement d’entreprises alsaciennes, MDA Partners, louera les bureaux sur les Champs-Elysées pour 3 ans.
C’était un symbole, un objet de rayonnement, mais son impact sur l’économie alsacienne était plutôt flou. La preuve, elle fonctionnait en modèle réduit depuis 2 ans à cause de travaux et de contentieux à rallonge. Mais une vente de la Maison de l’Alsace a Paris, propriété des deux départements alsaciens, aurait été perçu comme une perte d’influence, à l’heure où l’Alsace a déjà été diluée dans une grande région. La publication d’une annonce avait suscité émoi et pétition à l’automne 2015.
Les deux présidents du Haut-Rhin et du Bas-Rhin se sont mis d’accord pour louer l’établissement sur les Champs Elysées à un groupement d’entreprises alsaciennes, MDA Partners (Aquatic Show, Soprema, Solinest, Croisieurope, Alyos Technology, Anamnesia Covatim, Étoiles d’Alsace).
La Maison de l’Alsace à Paris devrait être louée par le secteur privé en septembre (Photo Éric Senet)
Le loyer précis n’est pas connu, puisqu’il « dépendra du chiffre d’affaires » dixit le président bas-rhinois Frédéric Biérry (LR) de ce nouveau centre d’affaires privé, qui devra « s’ouvrir davantage » et être « un outil de promotion de l’Alsace ». Les deux présidents ont avancé la somme de 1 million d’euros par an, en incluant le restaurant.
L’établissement du rez-de-chaussée, vendu au groupe Bertrand (Burger King, Quick, Au Bureau et autres enseignes) par les frères Blanc sera rénové en août et devra davantage coller à l’identité alsacienne. Le bail aura une durée de trois ans et doit commencer début septembre. L’autre proposition venait des centres d’affaires Regus pour une durée de 9 ans.
Des propositions entre 80 et 100 millions d’euros
Frédéric Bierry explique que la vente a été envisagée :
« Nous avons eu des propositions d’achat. Une ferme à 80 millions d’euros et une orale à 100 millions d’euros. Mais ça n’aurait pas été profitable à long terme, juste un petit profit une seule fois. »
Les présidents des deux départements alsaciens soulagés de ne pas vendre la Maison de l’Alsace (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
La société gestionnaire liquidée
Pour son homologue haut-rhinois Éric Straumann (LR), l’important est que l’établissement ne coûtera plus rien, car la société qui gérait l’établissement sera liquidée :
« Les deux départements donnaient 600 000 euros par an à la société d’économie mixte (SEM). Les collectivités n’ont pas vocation à gérer les centre d’affaires, c’est au privé de s’en occuper. »
« Plus rien », pas tout à fait, puisque les deux départements (comme la Région, l’Eurométropole et la Ville de Strasbourg) achètent par exemple des programmes auprès de la chaîne Alsace 20, propriété d’Aquatic Show qui y installera des studios. Les agences pour le développement touristiques sont aussi partenaires des Étoiles d’Alsace. Sans compter d’éventuels travaux, taxes et des contentieux juridiques encore en cours…
Dans l’opposition PS, réduite à peau de chagrin dans les deux départements, la conseillère départementale d’opposition Suzanne Kempf (PS) s’est abstenue et s’interroge sur l’avenir du site :
« Vouloir une visibilité à Paris peut se comprendre. Mais dans les débats y avait surtout une vision nostalgique de l’Alsace et d’image. Les nouveaux gestionnaires vont-ils réussir à faire ce lieu, alors que le projet ne semble pas très différent de la société d’économie mixte qui ne marchait pas ? La réflexion se mène aussi au sein de la majorité. »
Quant à l’équipe en place, 5 salariés, elle sera reprise par la nouvelle structure, « une des conditions d’attribution » des locaux selon les deux présidents.
Un Français de 25 ans a été arrêté à la frontière entre l’Ukraine et la Pologne. Dans une fourgonnette, il dissimulait un arsenal militaire s’élevant à 250 000 euros et prévoyait, d’après les services secrets ukrainiens, de perpétrer quinze attentats durant l’Euro 2016.
Grégoire M. travaillait comme inséminateur dans une coopérative agricole, à Brumath, dans le Bas-Rhin. Il était décrit par son ancien employeur comme « un salarié irréprochable » et par son maire comme un « gamin très agréable. » Pourtant, à 25 ans, il a été arrêté en Ukraine en possession d’un véritable arsenal de guerre pour une valeur de plus de 250 000 euros et planifiait une quinzaine d’attentats en France, selon des informations révélées par M6.
C’est le SBU, les services de renseignements ukrainiens, qui ont mis un terme aux activités criminelles de Grégoire M., en l’arrêtant le 21 mai à la frontière entre l’Ukraine et la Pologne, dans le village de Iagodyn. Inconnu des services de police français, il détenait « cinq fusils d’assaut de type Kalachnikov, plus de 5 000 munitions, deux lance-roquettes antichar, 125 kg de TNT, 100 détonateurs, 20 cagoules » et divers autres objets, a annoncé lundi à la presse le chef des services secrets ukrainiens, Vassil Grytsak.
15 attentats en préparation, selon la police ukrainienne
Il aurait par ailleurs fait part aux enquêteurs ukrainiens de son opposition à « la politique de son gouvernement concernant l’arrivée massive d’étrangers en France, la diffusion de l’Islam et la mondialisation », d’après des informations de l’AFP. Il envisageait de réaliser des attentats en France durant l’Euro 2016, notamment contre des mosquées, des synagogues, des centres de prélèvement de l’impôt et des autoroutes. « Le SBU a réussi à empêcher quinze actes terroristes qui étaient planifiés en France à la veille et pendant le championnat d’Europe de football », a annoncé Vassil Grystak.
Arrivé en décembre 2015 en Ukraine, l’homme aurait pris contact avec des unités militaires ukrainiennes dans l’est du pays, se faisant passer pour un bénévole. Il aurait ainsi passé un certain temps à se renseigner puis à recueillir l’arsenal militaire qu’il avait en sa possession lors de son arrestation. Cela faisait six mois que les services secrets le surveillaient, d’après Vassil Grystak.
Une vidéo diffusé sur internet par la police ukrainienne montre les derniers instants de Grégoire M. en liberté. On le voit notamment mettre des sacs dans une fourgonnette avant d’être interpellé, par surprise, par la police ukrainienne.
Vidéo de l’arrestation mise en ligne par les services de renseignement ukrainiens.
Le parquet anti-terroriste pas saisi
En France, l’Office central de lutte contre la criminalité organisée et le service régional de la police judiciaire de Nancy ont ouvert une enquête. Une perquisition a été menée au domicile de Grégoire M. à Nant-le-Petit (Meuse) : un tee-shirt à l’effigie d’un groupe d’extrême droite a été retrouvé, mais les lieux n’ont rien révélé de plus.
« Une demande d’entraide judiciaire internationale a été envoyée mais aucune pièce de justice n’a été envoyée pour l’heure par les Ukrainiens », a expliqué une source policière à l’AFP. Aucun élément probant ne vient en effet « confirmer ou infirmer une éventuelle piste terroriste » en France, pour le moment.
Photo : Jean-François Gérard / Rue89 Strasbourg / cc
Quelques jours avant la fin de la consultation sur le tracé du tram vers l’Ouest, l’Eurométropole a mis en ligne une nouvelle étude sur la possibilité de faire circuler un tram place de la gare. La consolidation du sol est estimée à 1,7 millions d’euros. Le budget à 5,8 millions d’euros avancé lors de la consultation englobe en fait un réaménagement beaucoup plus complet.
Un prolongement de la ligne F actuelle, qui dévierait à hauteur de la rue du Faubourg national, pour arriver à l’entrée de Koenigshoffen, allée des Comtes, via le boulevard de Nancy se profile.
Le tracé présenté en décembre
Le tracé du tramway vers Koenigshoffen présenté en décembre (doc Eurométropole)
Un des arguments longtemps opposé au collectif, qui préférait une prolongation de la ligne C via la place de la gare et les boulevards de Metz et Nancy, est que la place ne supporterait pas le poids d’un tramway. Ce n’était pas tout à fait la conclusion d’une étude de juillet 2012, qui doutait de l’exactitude des plans transmis, puisque déjà aujourd’hui une des dalles ne serait pas assez résistante.
Un an plus tard, l’Eurométropole (qui s’appelait alors la CUS) adoptait une délibération qui prévoyait que le tram Wolfisheim-Vendenheim (depuis abandonné) traverse la place de la Gare. L’étude a été transmise aux associations demandeuses au printemps 2016.
Nouvelle étude mise en ligne
Dans une nouvelle étude mise en ligne en juin sur le site de la Ville de Strasbourg, à quelque jours de la fin de la consultation, les travaux de renforcement de la place sont évalués à 1,7 million d’euros. On est loin de l’estimation de « 50 000 à 100 000 » euros que nous avaient donnés des ingénieurs, mais encore plus des 5,8 millions d’euros avancés à la fin des débats actuels sur le tracé.
Certes, le chiffre de 5,8 millions apparaît bien dans l’étude, mais il englobe l’ensemble des travaux. Des coûts qui mélangent le renforcement des sols, mais aussi la pose des poteaux électriques, celle des rails (environ 1 million sur ce tronçon, un coût valable quel que soit le tracé), des sommes provisionnées et surtout un réaménagement plus global de la place, utile mais qui n’a pas de rapport direct avec la circulation du tramway. Un réaménagement des boulevards sera aussi nécessaire sur le tracé que préfère la municipalité.
L’aménagement plus simple peut s’estimer à 3,1 millions d’euros, celui plus global à 5,8 millions. Le budget total pour le prolongement de 3 stations vers l’ouest présenté en décembre était de 38 millions d’euros dont 4 apportés par l’État.
Evaluation des travaux d’aménagement de la place de la gare en cas de venue du tram, cliquez pour agrandir (extrait étude)
Le réaménagement à minima
Moins onéreuse, cette étude propose de faire passer le tram sur l’avant de la place, sans toucher au reste de la place.
Zone de réaménagment de la zone de passage du tramway (extrait étude)
Le réaménagement complet
Un réaménagement plus ambitieux prévoit de tout modifier sur la place, notamment les espaces de « dépose minute ». Mais il est plus cher et ces réaménagements n’ont pas d’impact direct sur l’arrivée ou non du tramway.
Durant une action de blocage devant le siège social de l’entreprise de transports Heppner à Strasbourg, un délégué syndical de la CFDT en grève a failli être écrasé par un camion, ce lundi 6 juin vers 10h15.
Un camion a percuté lundi matin un gréviste dans l’entreprise Heppner, au Port du Rhin à Strasbourg. Selon plusieurs témoins, un poids lourd de l’entreprise de transport et logistique aurait avancé « volontairement » vers le syndicaliste, alors que celui-ci bloquait le passage aux côtés d’autres manifestants. Bloqué devant le véhicule en marche, le gréviste a pris de plein fouet le camion – à faible vitesse – et s’est retrouvé inconscient, au sol, sous le camion.
Malgré le blocage, le camion n’a semble-t-il pas arrêté sa marche avant le choc. Très vite emmené par une ambulance, l’homme est désormais hors de danger et n’aurait pas subi de blessures graves. Il est toujours à l’hôpital de Strasbourg.
Le syndicaliste a été hospitalisé, il est hors de danger (photo remise / UEC)
Depuis sept jours, des salariés en grève manifestent contre un plan social et la fermeture du dépôt logistique Heppner implanté au Port du Rhin à Strasbourg. L’incident s’est produit rue de la Station, proche de l’entrée du siège social de l’entreprise, à côté de la gare de Strasbourg. Apprenant que des camions tentaient de pénétrer les halls par cette entrée, les militants auraient envoyé un « détachement » ralentir le passage.
L’Union des étudiants communistes, dont plusieurs membres étaient présents au moment des faits, a posté les premières images de l’accident sur Facebook. Dans la vidéo publiée plus bas, on aperçoit notamment des grévistes invectiver la direction de l’entreprise, en l’accusant d’avoir donné pour consigne aux conducteurs de ne pas ralentir.
Échanges tendus avec la direction
(Vidéo Étudiants communistes de Strasbourg)
La plupart des blocages se déroulent rue de la Kaltau (secteur du Heyritz), aux abords de plusieurs halls d’exploitation de l’entreprise. Une trentaine de personnes y étaient ce matin, tandis qu’une dizaine se trouvaient rue de la Station lors de l’accident.
Un cliché pris peu après le choc (photo remise / UEC)
C’était réunion de crise ce week-end à la grande mosquée de Strasbourg à la veille de l’ouverture du Ramadan. Le président de l’association qui gère l’institution vient de démissionner, comme trois autres présidents avant lui depuis 2013. À l’origine de ce dernier retournement, une visite à Rabat début mai lors de laquelle le Maroc a menacé de cesser de financer la mosquée si elle ne suivait pas ses conditions. Rue89 Strasbourg a tenté de comprendre ce qu’il se passait.
L’ouverture de la grande mosquée de Strasbourg en 2012 avait le goût d’une promesse, celle d’un Islam de France en émergence. La mosquée qui réunirait toute la communauté musulmane par-delà les origines diverses des fidèles. La vitrine et l’animatrice d’un « Islam du juste milieu », financée à 25% par l’argent public alsacien (Ville, Département, Région) grâce au droit local et à la volonté politique. Mais quatre ans plus tard, son bilan est amer. En pleine crise de l’image de l’Islam, l’institution est rongée par des conflits internes et sa voix reste donc inaudible. Quant à son indépendance, il n’en est plus question, le Maroc veut la récupérer dans son giron et c’est lui qui tient les cordons de la bourse.
La semaine dernière, Saïd Boulahtit, président de l’association de la grande mosquée de Strasbourg (GMS) a démissionné après seulement trois mois à cette fonction. Début mai, une partie du conseil d’administration de la grande mosquée s’est rendue à Rabat sur l’invitation d’Abdellah Boussouf. Le Marocain est le père historique de la grande mosquée de Strasbourg. C’est sous sa présidence que le projet s’est structuré.
Il a quitté Strasbourg en 2002, et est depuis 2007 secrétaire général du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger, un organe consultatif du roi du Maroc, sorte de ministère de l’émigration marocaine. Très écouté à Rabat, c’est par l’intermédiaire d’Abdellah Boussouf que l’association de la grande mosquée de Strasbourg a obtenu le soutien du ministère marocain des affaires religieuses pour la construction de la mosquée, 4 millions sur les 12 qu’elle a coûté au total.
Ultimatum du Maroc
D’après des informations qui ont fuité sur cette visite, Abdellah Boussouf a posé un ultimatum aux administrateurs de la grande mosquée : soit ils acceptent de passer une convention avec le Maroc et de mettre en place un recteur et une équipe salariée fixe à la tête de la mosquée, payés grâce à des subventions marocaines, soit ils ne pourront à l’avenir plus compter sur le soutien financier du royaume chérifien. Une autre condition est posée : que la mosquée de la Robertsau soit rattachée juridiquement à la grande mosquée et passe donc elle aussi sous le contrôle de l’équipe marocaine. Au poste clé de recteur, Abdellah Boussouf exige l’ancien président de la GMS, Saïd Aalla.
Si l’exigence est cette fois limpide, les tentatives d’Abdellah Boussouf et de son entourage à Strasbourg pour placer la grande mosquée sous l’emprise directe du Maroc ne sont pas nouvelles. Avant de demander la gestion de l’institution, ils auraient d’abord fait pression sur les conseils d’administrations successifs pour que ceux-ci acceptent de céder les murs au Maroc. Mais après réflexion, ce scénario s’est révélé impossible car la mosquée, propriété d’une SCI, est construite sur un terrain appartenant à la Ville qui le loue par bail emphytéotique.
En clair, la Ville a prêté le terrain à la SCI jusqu’en 2049 en échange d’un loyer modique. Après cette date, elle deviendra propriétaire des bâtiments construits sur ce terrain, à moins que l’association de la mosquée ou la SCI lui rachètent le terrain. Impossible donc pour le Maroc de récupérer la jouissance des lieux sans que la transaction soit validée en conseil municipal. Un débat public auquel aucun des acteurs n’a souhaité se risquer.
La grande mosquée de Strasbourg (Photo Claude Truong-Ngoc / Wikipedia / cc)
Mettre la mosquée à l’abri
Le Maroc voudrait une convention de partenariat avec la grande mosquée sur le modèle de celui qu’il a passé avec la mosquée de Saint-Etienne, dont il est devenu propriétaire en 2012 et qui est le parfait contre-exemple d’un Islam de France.
Les défenseurs d’un rapprochement avec le Maroc mettent en avant l’argument qu’il faut mettre la mosquée à l’abri de l’instabilité de l’association. Depuis que l’équipe historique a perdu la gouvernance de l’association en octobre 2013 et que Saïd Aalla a dû quitter sa présidence, force est de constater qu’aucun de ses successeurs n’a réussi à s’imposer durablement. En 3 ans, trois présidents se sont succédés, qui ont tous fini par démissionner. Pendant ce temps, aucun projet de la mosquée n’a pu avancer. Le projet de centre culturel est à l’arrêt notamment.
La dette qui lie la mosquée au Maroc
Mais à y regarder de plus près, les pressions du Maroc, ou au moins d’Abdellah Boussouf et de son entourage, pour reprendre la main sur l’institution ont largement contribué à l’instabilité qu’ils dénoncent. L’amertume des historiques d’avoir perdu la main au profit d’administrateurs plus jeunes nourrit depuis 2013 un véritable conflit de générations au sein de l’institution. Abdellah Boussouf n’a eu depuis de cesse de faire pression sur les jeunes pour faire revenir les historiques.
Et à ce jeu, il tient une carte maîtresse. En 2013, les historiques ont laissé une dette de 2 millions d’euros aux nouveaux administrateurs. La somme correspond à la TVA des travaux de construction du bâtiment, que l’association n’avait pas prévu de devoir payer quand elle a budgétisé le chantier. Depuis, c’est cette obligation de rembourser cette dette qui rend la grande mosquée dépendante des subventions de fonctionnement du Maroc. Sans cette dette, les dons des fidèles pourraient couvrir le fonctionnement de l’institution.
Traître aux Strasbourgeois ou traître à son pays d’origine
Un proche de la mosquée résume la situation :
« Avec cette dette Abdellah Boussouf tient la grande mosquée en otage au lieu de traiter avec les présidents. Face à cela, chaque président est mis face à un choix impossible. Soit il accepte les conditions marocaines, ce qui revient à trahir la base des fidèles à Strasbourg et donc d’endosser le rôle du traître ici. Soit il dit non au Maroc, et alors il devient traître à son pays d’origine, avec toutes les conséquences que cela peut avoir. C’est cette pression intenable sur tous les présidents qui fait qu’ils démissionnent. »
L’ingérence du Maroc dans les affaires strasbourgeoises est loin de faire l’unanimité dans la communauté musulmane marocaine sur place. Pour ses détracteurs, elle sape l’émergence d’un Islam de France et elle risque de signer le divorce entre les musulmans locaux et la grande mosquée. Sous couvert d’anonymat, un responsable musulman dénonce une stratégie géopolitique du Maroc bien loin des enjeux religieux :
« Si le Maroc veut avoir le maximum de mosquées en France, c’est d’abord pour avoir un lobby qui défend sa domination sur le Sahara Occidental afin que la France ne lâche pas le Maroc sur ce dossier. »
Pour lui, impossible de faire avancer l’Islam de France dans ces conditions :
« Nous vivons ici dans un environnement différent du Maroc. Nous avons tout à inventer et on ne pourra pas réfléchir aux questions de société d’ici et nous y adapter si les Marocains nous dirigent. L’Islam du monde arabe est bloqué alors qu’ici on a la possibilité de relire les choses autrement. »
L’ingérence de l’Etat français en question
Au-delà de l’ingérence marocaine, c’est aussi l’ingérence de l’Etat français dans ce dossier qui inquiète les différents interlocuteurs que Rue89 Strasbourg a pu rencontrer. L’Etat français veut des interlocuteurs responsables et des intellectuels à la tête de la grande mosquée dans l’espoir que le lieu devienne un étendard de l’Islam local. Face à l’instabilité à la tête de l’institution, des éléments de la préfecture militent eux aussi pour le retour de l’ancienne équipe sous la tutelle du Maroc, rapportent plusieurs responsables. En pleine période de crise autour du terrorisme, l’Etat français favorise la mise sous tutelles des communautés musulmanes par le Maroc, l’Algérie et la Turquie.
À la municipalité, Olivier Bitz, adjoint au maire (PS), se dit « très attentif à la situation » qu’il se refuse à commenter en se retranchant derrière les impératifs de la laïcité :
« Le pouvoir public n’a pas à s’immiscer dans la gestion interne de la mosquée. La respecter, c’est la laisser piloter son destin. Je suis favorable à la construction d’un Islam de France et les musulmans ont vocation à prendre en main directement la gestion des lieux de culte situés en France. Nous n’intervenons ni en faveur d’une solution ni d’une autre et nous continuerons à travailler avec les instances régulièrement désignées par la grande mosquée, quelles qu’elles soient. Il est vrai que le Maroc est aussi un grand financeur qui est intervenu dès le départ du projet. »
Ni Saïd Boulathit, le président démissionnaire, ni Saïd Aalla, ni Abdellah Boussouf n’ont souhaité donner suite à nos demandes d’interviews. À l’heure de conclure cet article la Préfecture n’avait pas pu répondre à nos questions.
Que va-t-il se passer maintenant ? D’après nos sources, les administrateurs de la mosquée devraient se retrancher derrière une prochaine assemblée générale pour légitimer les décisions à prendre. Un responsable confie que dans l’actuel conseil d’administration, « tout le monde est pour un rapprochement avec le Maroc mais c’est un problème de méthode plus que de principe. » Qu’en penseront les musulmans strasbourgeois qui forment la base de l’association ? Les débats à venir risquent d’être animés dans la communauté musulmane locale, alors que débute tout juste le Ramadan.