La SNCF avait lancé en décembre 2015 une liaison Strasbourg-Paris intitulée « 100% éco ». L’objectif était alors de remettre sur les rails des trains intercités, ces bons vieux corails qui relient les capitales européenne et française en 4 heures. C’est long mais le prix, en revanche, est attractif puisqu’il est de 15€ à 35€ pour un trajet en seconde classe, contre 80€ pour un TGV.
Et cette offre a rencontré un certain succès, puisque la SNCF la développe. Désormais, indique la compagnie nationale dans un communiqué, ces trajets seront aussi disponibles les vendredis, en plus des samedis et des dimanches et trois arrêts ont été ajoutés à la ligne Strasbourg – Paris : Lunéville, Sarrebourg et Saverne.
Horaires 100% éco vers Strasbourg
Horaires 100% vers Strasbourg
Un train hétéroclite (Photo Renaud Chodkowski / FlickR / cc)
En outre, ces trains sont accessibles à « l’offre Tribu », qui permet de ne payer que 3 billets pour transporter 4 personnes, et propose un prix dégressif jusqu’à 7 personnes. En revanche, les trains « 100% éco » ne sont proposés qu’à la vente sur Internet, via le site SNCF Voyages ou Captain Train.
Les syndicats CGT, FO et Solidaires appellent à nouveau à faire grève et à manifester jeudi 23 juin contre la loi réformant le Code du travail présentée par le gouvernement. Le texte doit être voté par le Sénat le 28 juin et en deuxième lecture à l’Assemblée nationale le 5 juillet. Malgré des rencontres entre les syndicats et le gouvernement, ce dernier refuse de retirer l’article 2, qui autorise les entreprises à déroger aux accords de branches, et qui cristallise l’opposition au texte.
Manifestation finalement autorisée à Paris
À Paris, la manifestation a été interdite mercredi matin par la préfecture de police, après 24 heures de négociations avec les syndicats, puis finalement autorisée par le gouvernement vers midi, sur un parcours resserré autour de la place de la Bastille. La précédente édition, mardi 14 juin, avait donné lieu à d’intenses échauffourées avec les forces de l’ordre, en marge de la manifestation. Le gouvernement avait alors brandie la menace d’une interdiction. Invoquant des raisons de sécurité, la préfecture de police était disposée à n’autoriser qu’un rassemblement statique, place de la Nation.
Le parcours de la manifestation de jeudi
À Strasbourg néanmoins, le parcours de cette dixième manifestation a été autorisé.
En revanche, cette journée n’est pas assortie d’une grève dans les transports en commun. À Strasbourg, le trafic des trams et des bus de la CTS sera normal.
Il devrait faire beau jeudi… (Photo Pablo Desmares / Rue89 Strasbourg / cc)
Il y a du plomb dans les jardins familiaux du Heyritz à Strasbourg, mais également ailleurs dans l’Eurométropole. Alors que les élus lancent de nouvelles enquêtes, plusieurs listes font déjà état de nombreux endroits potentiellement nocifs pour les Strasbourgeois.
Début mai, la mairie de Strasbourg faisait parvenir un courrier aux locataires et propriétaires de 28 parcelles des jardins familiaux du Heyritz, au sud de la ville. À l’intérieur de celui-ci, une interdiction : celle de continuer à cultiver les potagers sur lesquels de nombreuses familles comptaient, souvent depuis de nombreuses années. La municipalité venait de prendre connaissance de la présence de concentration de plomb dans les sols, potentiellement toxique, et décidait de fermer ces sites à la culture pour un temps indéterminé.
Au total, c’est la nocivité de près de 5 000 jardins familiaux, dispersés à travers l’Eurométropole et souvent à proximité de sites industriels sensibles ou en lisière d’autoroute, qui est désormais questionnée par les élus.
De nombreux jardins familiaux sont à proximité de l’autoroute à Strasbourg (Photo David Rodrigues)
Interpellé en conseil municipal sur les moyens de contrôle et de surveillance de la pollution des sols dans la ville, l’exécutif de la Ville a expliqué s’appuyer principalement sur une base de données nationale, dénommée Basol, pour garder un œil sur les autres terrains potentiellement à risque.
Les autres ? La liste Basol, acronyme de base de données des sols, recense précisément 40 « sites et sols pollués ou potentiellement pollués appelant une action des pouvoirs publics, à titre préventif ou curatif » dans les contours de l’Eurométropole. Mais lors du conseil municipal de mai, Robert Herrmann, président de l’Eurométropole et adjoint au maire de Strasbourg, a fait état de « 117 nouveaux sites possiblement pollués. »
Carte : 11 sites à forte pollution à Strasbourg
Alimentée par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), la liste Basol est en libre accès sur internet. Encore faut-il savoir jouer avec les données, pas forcément lisibles au premier abord. Voici donc une carte, mettant en avant les 11 lieux considérés comme particulièrement pollués et les types de traitements mis en œuvre par la Dreal.
Comment comprendre ces différents types de pollution et leur traitement ? C’est là toute la difficulté : chaque cas est spécifique et le classement colorimétrique, réalisé par la Dreal, nécessite d’être nuancé. D’abord, le niveau de pollution d’un site est évalué en fonction de la quantité, de la concentration et de la dangerosité des polluants présents : plomb, amiante, hydrocarbures et diverses substances chimiques.
Pas très ragoûtant, mais pas nécessairement dangereux pour les personnes vivant à proximité ou fréquentant régulièrement les lieux. La gare de Strasbourg, classée en niveau « moyen » et de type « site nécessitant des investigations supplémentaires », ne présente par exemple pas de risque pour ses usagers quotidiens. Même si plus de 60 tonnes d’hydrocarbures ont été extraits des sols en 2012, suite au démantèlement de l’ancienne pomperie, les clients de la SNCF n’ont aucun contact avec les nappes toxiques où se trouvent encore des substances.
Le mystère de l’ampleur de la pollution des sols
Mais les fonctionnaires de la Dreal s’occupant de la liste Basol ne prennent pas uniquement en compte l’état de pollution des sols : les eaux souterraines et la diffusion dans l’air des polluants sont aussi mesurés. De fait, certains sites peuvent être sujets à une pollution « mobile » et possiblement plus dangereuse. D’autant que c’est bien souvent à l’initiative de l’entreprise que les contrôles et les travaux sont effectués.
À l’image de l’entreprise Sanest, spécialisée dans le nettoyage industriel et l’assainissement, dont « ni les travaux de dépollution ni l’étude détaillée des risques n’ont été menés » à ce jour. Comme la majorité des sites à pollution élevée, celle-ci est éloignée des lieux de vie. Mais sous terre, jusqu’où la nappe d’hydrocarbures se diffuse-t-elle ? Si la Dreal assure prélever des échantillons des sols, pour le voisinage, il n’est indiqué nulle part l’étendue de la zone géographique touchée par ces pollutions.
Une école primaire dans les sites à risque élevé
Parmi les sites à pollution élevée, un lieu sort particulièrement de l’ordinaire : une école primaire, installée au 61 rue des Romains. Sur la liste Basol, il n’est fait mention que d’une adresse, contrairement aux entreprises qui sont répertoriées par leur nom. L’école élémentaire des Romains est attenante à un square, où chaque jours les enfants passent et jouent. Elle est installée sur le site d’une ancienne Brasserie qui possédait des cuves souterraines de fioul et est répertoriée dans l’inventaire Basias, qui compile les anciens sites industriels démantelés.
Lors du Plan national environnement santé (2009-2013), l’école a fait l’objet de contrôles. Le directeur de l’établissement a pu nous confirmer le suivi d’un représentant de l’Académie et d’un agent de la Dreal. D’après celle-ci, il n’y aurait pas de risque de pollution mobile dans l’établissement ou de diffusion dans l’air de résidus dangereux. Alors, pourquoi l’école primaire fait-elle encore l’objet d’une catégorisation « élevée » ? Parce que les « sols de surface » peuvent encore être dangereux en cas d’ingestion, voire de manipulation. Potentiellement problématique pour des enfants. Néanmoins, le revêtement en bitume de la cour de récréation est censé protéger ceux-ci, mais ce n’est pas le cas du square.
Un « inventaire historique urbain » à venir
Si le cas de l’école élémentaire des Romains ne semble pas présenter de problèmes sanitaires pour les enfants, on peut s’interroger : des sols pollués se dissimulent-ils dans la ville, y a-t-il des sites inconnus dans Strasbourg ? Avant l’éclosion de l’affaire des jardins du Heyritz, personne ne soupçonnait la présence de plomb dans les jardins. Pourtant, la municipalité assure mener des tests depuis l’ouverture des parcelles à la culture en 2011. Le cas peut-il se répéter ?
Lors du conseil municipal de mai, Robert Hermann a proposé de lancer « un inventaire historique urbain sur la période 2016-2020 pour parfaire l’état actuel des connaissances en matière de sites et sols pollués », comme le souligne les DNA. Christelle Kohler, adjointe à la « ville en nature et à la ville nourricière », précise :
« Nous voulons réaliser un travail plus fin, à l’aide de tous les documents historiques dont nous disposons pour identifier les sites à risque. Par exemple, à Saint Gall, grâce à des photos, nous avons pu constater qu’il y avait une ancienne installation de métallerie sur le site. Il y aura des analyses dans tous les jardins familiaux des environs. »
117 sites encore à inventorier
Disposant de leurs propres données sur la pollution, comme l’observatoire de la nappe phréatique d’Alsace (Aprona) ou des données sur les anciennes stations d’essences, la mairie et l’Eurométropole ont annoncé avoir connaissance de 117 autres sites potentiellement à risques à travers les 28 communes. Où sont situés ces 117 sites, quels types de pollution impliquent-ils ? Christelle Kohler n’a pas su nous répondre et un agent de la Dreal annonce ne pas avoir connaissance de ces autres lieux. Du côté de l’Eurométropole, on annonce des précisions « dans les semaines à venir ».
Autre problématique et pas des moindres : le quartier Danube, qui a obtenu en 2013 l’attestation « engagée dans la labellisation éco-quartier », qui devrait éclore en 2018 avec près de 650 logements, pourrait craindre d’avoir été fondé sur des sols pollués. Toujours lors du même conseil municipal, Robert Hermann a annoncé que les sols du quartier seront suivis durant deux à quatre ans après la construction des bâtiments.
« Et après les quatre ans, il n’y aura plus de contrôles ? La Ville n’a rien prévu pour la suite, tandis que ces choses se font sur le très long terme. Qu’est-ce qu’il va se passer ? »
En réalité, une dépollution a déjà été effectuée par les services de l’État, explique Christelle Kohler, qui note :
« Il y a toujours un risque de pollution résiduelle. Mais il est qualifié de très faible par les experts ».
Projection de la future résidence étudiante Altexia du quartier Danube. (Doc remis / Strasbourg.eu)
Deux nouveaux chiffres s’ajoutent au tableau : 221 sites de remblais ont été recensés pour leur caractère potentiellement pollué et 59 secteurs possèdent une nappe phréatique où la présence de polluants est avéré. Où sont situés ces lieux ? L’Eurométropole et la Ville de Strasbourg entendent aller plus loin dans la connaissance des données lié à la pollution des sol et l’introduction d’une carte est prévue dans le Plan Local d’Urbanisme (PLU). Encore faut-il savoir que ces données se trouvent sur le dossier du PLU et être en capacité de les trouver.
Succès surprise du festival de cinéma indépendant de Sundance en 2015, The Witch a vu sa réputation enfler mois après mois. Il parvient sur les écrans français en juin 2016, auréolé d’un statut de nouveau phénomène du cinéma d’épouvante.
En Nouvelle Angleterre, au XVème siècle, un homme pieux est banni avec sa famille d’une ville de colons dont il jugeait la ferveur religieuse insuffisante. Il s’installe alors aux abords d’un bois habité par une sorcière. C’est ainsi que débute The Witch.
Le culte de la précision
Il est souvent bon de connaitre la formation initiale d’un cinéaste. Robert Eggers, qui signe là son premier long-métrage, a débuté sa carrière comme costumier et chef décorateur. Ce soin apporté aux décors, cette précision dans l’accessoire, cette exactitude dans le verbe, dans la prière, dans le geste quotidien sont le résultat du travail d’un brillant artisan.
Eggers pourrait avoir été historien. Son film est factuellement précis. Son film semble même trouver un écho chez des satanistes contemporains. Et cette précision inquiète, parce qu’elle offre une crédibilité au récit. Elle offre un socle ferme à l’intangible. Mais le cinéma, art total, art somme, ne peut se contenter du décorum et des babillages fidèlement reconstitués.
Eggers est un artiste habile et appliqué, qui parvient à l’objectif qu’il s’est fixé. Il nous plonge de manière saisissante dans ce conte de la sorcellerie chez les puritains. Mais après avoir posé les bases de son récit, il oublie l’essentiel ; à savoir la dramaturgie et le rythme imposé par l’intensité dramatique.
La prière au coeur de l’oeuvre (Photo Universal Pictures)
Une oeuvre glacée, plus que glaçante
The Witch s’emploie à créer une poignée d’images saisissantes, annoncées à renforts de cordes stridentes. L’horreur survient tout au bout d’un film court et pourtant trop long.
En attendant que surgisse la sorcière, que le spectateur soit enfin gratifié d’une dose d’horreur grand-guignolesque, l’oeuvre s’avère bavarde, concentrée sur l’accessoire, sur les grimaces éprouvées des comédiens, sur le gris du ciel, sur la boue qui s’accroche aux bottes. Film d’ambiance, diront certains. Mais l’ambiance, bien que glaçante, est insuffisante à générer l’attachement au récit.
The Witch fascine. On en sort avec l’idée que l’on aurait aimer adorer le film, si celui-ci n’était pas plombé par un scénario linéaire, aussi exact que pauvre.
Au festival de Sundance, il était ainsi présenté aux côtés du Sanctuaire, de Corin Hardy, sorti en France dans l’indifférence générale en mars dernier. Ce Sanctuaire (The Hallow, sous son titre original) a été vu comme une oeuvre trop classique, une sorte de recyclage de film de monstre. Mais il portait en son sein une passion, une énergie rare. Il était l’oeuvre d’un enragé du cinéma fantastique, maladroit parfois mais infiniment sincère. The Witch pourra être vu comme l’antithèse du film de Corin Hardy, comme une oeuvre bien pensée, stricte et engoncée et définitivement scolaire.
Auteur, journaliste, accessoirement enseignant en cinéma à l’Unistra et, last but not least, programmateur du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg.
Les anciens bâtiments de Coop Alsace à Strasbourg ne seront pas détruits. Ils seront réutilisés pour accueillir une galerie, un restaurant, des ateliers d’artistes, un fablab, un espace de stockage… Mais pas une nouvelle salle de concert. La Laiterie restera dans le quartier gare. L’Ososphère pourra néanmoins se tenir à la Coop.
L’architecte Alexandre Chemetoff a présenté lundi son plan-guide pour la rénovation de l’ancien siège de Coop Alsace, au Port-du-Rhin à Strasbourg. Et première surprise : il n’est plus question de transformer l’un des bâtiments en salle de spectacles. L’équipe de la Laiterie, qui en rêvait, va devoir trouver sur son site actuel dans le quartier gare les moyens de son développement.
La raison de ce revirement de la municipalité : créer un nouvel établissement culturel sur la friche de la Coop coûterait trop cher. Alain Fontanel, premier adjoint au maire (PS) en charge de la culture, détaille :
« Si nous décidions de construire une nouvelle salle de concerts dans l’ancienne cave à vins de la Coop, cela revenait à allouer à cet unique projet toute l’enveloppe budgétaire prévue pour l’ensemble du site de la Coop, soit 20 millions d’euros. Or il y a 8 hectares à traiter, soit un site trois fois plus grand que la Manufacture des tabacs. Donc après de nombreuses réunions, nous avons décidé de consacrer une partie de l’enveloppe à la sauvegarde de ce patrimoine immobilier, quitte à ce que les bâtiments trouvent chacun leur destination finale graduellement. »
Car il y a « une certaine urgence » à agir. Certains éléments des bâtiments montrent d’inquiétants signes de fragilité, et des problèmes d’étanchéité accélèrent la dégradation des installations. L’opération visera dans un premier temps à sécuriser cet ensemble d’une dizaine de bâtiments. Ensuite, des appels à projets seront publiés et ce sera au secteur privé de financer la rénovation des lieux et d’y installer des activités, en cohérence avec des cahiers des charges adaptés à chaque bâtiment existant.
Le plan des projets de transformation des bâtiments (Alexandre Chemetoff / Doc remis)
Depuis un an, Alexandre Chemetoff a mesuré, inventorié les espaces, listé les usages passés et possibles aujourd’hui. Son objectif est de réutiliser au maximum les bâtiments comme ils ont été conçus, tout en gardant « l’esprit Coop », c’est à dire cette volonté d’économie solidaire, de partage et d’entraide. Pour Alexandre Chemetoff, « la ville ne rejoint pas le port, elle y revient. » En témoigne ces deux lignes de fuite, l’axe Deux-Rives et l’axe de la Neustadt qui convergent toutes les deux… à la Coop. Le site doit donc être à la hauteur de cette finalité, déjà exprimée dans le foncier.
Dans la virgule, des ateliers d’artistes et un fablab
Dans l’espace appelé « virgule », à l’ouest, la Coop y avait sa menuiserie et un garage mécanique. De l’extérieur, les bâtiments ne présentent aucun intérêt architectural. Et pourtant, Alexandre Chemetoff prévoit de les réutiliser. Dans le garage, il voit des ateliers, un café musique et dans les abords, un jardin des sculptures.
Le garage de la Coop comme il est actuellement… (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)Le garage de la Coop comme le voit Alexandre Chemetoff (doc remis)
Dans la cour devant le garage, Alexandre Chemetoff verrait bien un chapiteau, pour accueillir des expositions temporaires ou des spectacles. En face, se trouve l’ancienne menuiserie de la Coop. Là encore, le bâtiment n’offre aucun intérêt particulier vu de l’extérieur, mais l’architecte note qu’il est équipé de systèmes d’évacuation des poussières, parfaits pour transformer le lieu en « fablab », c’est à dire un espace dédié à la pratique créatrice avec une mutualisation des outils.
La menuiserie de la Coop ou ce qu’il en reste… (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)… et comment Alexandre Chemetoff voir la suite, en « atelier des métiers » (dessin Alexandre Chemetoff / doc remis)
Une grande brasserie dans l’ancienne usine d’embouteillage
L’imposant bâtiment de la cave à vins et de l’usine d’embouteillage, construit en 1911, pourrait être utilisé comme salle d’exposition, pouvant accueillir ponctuellement des festivals, comme Ososphère ou d’autres événements spéciaux.
Pour les étages supérieurs, Alexandre Chemetoff propose d’utiliser l’exceptionnelle verrière pour accueillir une immense brasserie, capable de servir plus de mille couverts ! Il est vrai que le lieu est unique, mais il faudra attendre de nombreuses années avant que l’urbanisation ait produit suffisamment de résidents et de lieux de travail pour qu’une telle brasserie trouve sa rentabilité… La municipalité prévoit de monter graduellement en puissance.
L’usine d’embouteillage bénéficie d’une lumière naturelle exceptionnelle… (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)La grande brasserie pourrait accueillir plus de 1000 couverts (dessin Alexandre Chemetoff / doc remis)
Le bâtiment en face, appelé « l’union sociale », qui abritait le bar durant l’Ososphère, sera également conservé. Il devrait accueillir une partie des collections des musées de la Ville, qui l’utiliseront comme espace de stockage et de conservation.
Dans les bâtiments administratifs, les plus récemment occupés par la Coop, Alexandre Chemetoff propose de les réutiliser pour y installer des logements, dont les habitants auront un projet coopératif, par exemple via une opération d’autopromotion. Un espace de co-working et des structures de l’économie sociale et solidaire devraient aussi s’y installer, elles se sont regroupées au sein d’une association idoine, appelée Kaléidoscoop. On compte Alsace Active et la Maison de l’emploi parmi ses membres.
Les appels à projets pour l’utilisation de cette ancienne salle de contrôle sont les bienvenus… (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
« La culture ne doit pas fossiliser les bâtiments »
Pour Alexandre Chemetoff, la culture a tendance à fossiliser les politiques architecturales :
« En général, dès qu’on a des bâtiments patrimoniaux comme ceux de la Coop, on les dédie à la culture et on y touche plus. Mais dans un espace public préservé, il peut se passer des choses, les gens peuvent vivre et s’y rencontrer. C’est ainsi qu’on conçoit cet ensemble, donc beaucoup d’éléments précieux sont réutilisables, comme des verrières ou des sols en pierres polies, qui seraient hors d’atteinte si on devait se les payer ! »
L’idée d’Alexandre Chemetoff, suivie par la municipalité, est d’assigner des fonctions générales aux bâtiments après des opérations de conservation. Des appels à projets vont être lancés dès cet automne, afin que ces bâtiments trouvent la meilleure exploitation possible. Dans les deux ans, la municipalité espère ouvrir le café-concert dans l’ancien garage, le fablab dans l’ancienne menuiserie, les ateliers d’artistes qui accueilleront notamment ceux actuellement installés à la Semencerie, et une partie des bureaux pour l’économie solidaire.
Pour urbaniser 74 hectares en friche, dont 13 pris au Port autonome, Strasbourg prévoit de dérouler les chantiers à partir du Rhin pour finir par les quartiers Starlette et Citadelle. Cette vaste opération sur 15 ans doit créer 4 500 logements, avec des espaces commerciaux, des bureaux et des parcs. La Ville espère s’appuyer au maximum sur l’existant et lance dès l’automne des appels à projets.
Architectes et urbanistes ont terminé leurs cogitations. Désormais, des « plans guides » existent pour l’urbanisation de la zone d’aménagement concertée (ZAC) Deux-Rives, cet espace à l’est de Strasbourg, entre Neudorf et le Rhin, et pour la restauration du siège de Coop Alsace (voir notre article dédié). En tout, ce sont 74 hectares de friches industrielles à transformer en quinze ans, le long d’une nouvelle ligne de tramway qui doit rejoindre Kehl en Allemagne en 2017.
En charge de rédiger le projet, l’urbaniste-paysagiste Henri Bava de l’agence TER s’est appuyé sur l’histoire du lieu :
« Dans toute l’opération Deux-Rives, il y a la volonté de reconnecter la ville avec son port. Au final, l’idée est de construire une ville portuaire, un peu comme Amsterdam par exemple. Donc nous allons profiter des quais pour en faire des espaces agréables, des promenades arborées, avec une urbanisation en recul. Et nous allons profiter de l’existence d’un ancien canal, dit du Petit Rhin, pour créer un vaste parc récréatif et sportif, qui drainera le quartier du nord au sud. »
Une vue projetée de l’ensemble de la ZAC Deux-Rives (agence TER / doc remis)
Coupant en deux la zone industrielle du port du Rhin, la ZAC des Deux-Rives doit être une zone mixte, mêlant habitat, commerces, industrie et transports. Un délicat mélange, que le maire (PS) de Strasbourg, Roland Ries, assume :
« Avant on zonait par fonctions, ici les entreprises, là l’habitat. L’ennui avec cette méthode est que cela génère du transport, et donc de la pollution et une dépense d’énergie rien que pour se rendre du travail au domicile. Aujourd’hui, tous les urbanistes préconisent des zones mixtes. On peut mêler activités économiques, à condition qu’elles ne polluent pas, et de l’habitat si c’est pensé en amont. C’est exactement ce qu’on fait, en amenant d’abord le tramway et en urbanisant tout autour. »
Citadelle, une ambiance de port de plaisance
Premier quartier traversé après Neudorf, Citadelle sera un îlot urbain tourné vers les canaux. Les quais seront aménagés avec de larges promenades et une passerelle piétonne reliera cet ensemble au parc de la Citadelle, situé juste au nord. Cette passerelle débouchera sur un espace récréatif, arboré, lui même bordé par une place tournée vers les quais de l’ouest. Ici, Henri Bava verrait bien un petit port de plaisance avec un café et beaucoup de terrasses.
Un café avec des terrasses et une ambiance de petit port de plaisance pour Citadelle (agence TER / doc remis)L’urbanisation se fera à distance des quais, pour que les habitants puissent s’approprier l’accès à l’eau (agence TER / doc remis)
Starlette, îlot urbain délicat à dépolluer
Ensuite, vient l’îlot Starlette. L’ensemble sera probablement le dernier à être urbanisé de la ZAC des Deux-Rives en raison de contraintes environnementales plus lourdes qu’ailleurs. Les urbanistes prévoient d’importantes opérations de dépollution dans ce secteur déjà largement en friche. Néanmoins, le projet de l’agence TER prévoit de consacrer cet espace orienté sud-ouest à des logements bénéficiant de larges terrasses, bordés à l’est par le futur « parc du Petit Rhin » et à l’ouest par des quais.
L’ancien lit du Petit Rhin sera reconverti en un large parc traversant du nord au sud (agence TER / doc remis)
La desserte sera assurée par 15 percées paysagères, dont 9 publiques accessibles aux véhicules et 6 privées.
Le parc du Petit Rhin, un canal de verdure
En étudiant l’histoire du port de Strasbourg, Henri Bava s’est aperçu qu’un canal avait été creusé avant d’être comblé dans les années 50, le canal du Petit Rhin. Il en résulte aujourd’hui un terrain légèrement en retrait qu’Henri Bava verrait bien reconverti en parc, traversant le nouveau quartier du nord au sud et offrant une respiration pour tous les habitants du quartier. Il permettra de relier directement l’espace de la Coop rénové au Jardin des Deux Rives et fournira un « corridor écologique » à la faune entre les forêts de la Robertsau et du Neuhof.
Rives du Rhin, le premier quartier construit
Le quartier des Rives du Rhin sera probablement le premier construit. Autour de la station de tram Starcoop, qui abritera un marché couvert, il sera occupé par de hauts bâtiments qui pourront aller jusqu’à cinq étages. Les façades seront tournées vers le Rhin, que bordera un large parc appelé « plage verte du Rhin », relié au Jardin des Deux Rives. Henri Bava préconise de commencer l’urbanisation de la ZAC Deux-Rives par ce quartier, car il est relié au quartier existant du Port-du-Rhin et qu’il pose le moins de problèmes liés à ses occupations antérieures.
Les logements seront hauts et tournés vers le Rhin (agence TER / doc remis)
À l’automne, la Ville débutera les consultations pour l’îlot Rives du Rhin. Sauf retard, le tramway desservira la gare de Kehl en avril 2017, il traversera donc un no man’s land pendant plusieurs années. Les stations Citadelle et Starlette ne seront d’ailleurs pas ouvertes dès le lancement commercial de la ligne. La Ville espère ensuite maintenir un rythme de construction de 450 à 450 logements par an jusqu’en 2026. Les premières inaugurations sont attendues en 2018.
Alors que la Turquie construit à Strasbourg son plus important bâtiment diplomatique, Rue89 Strasbourg s’est demandé pourquoi la capitale européenne avait tant d’importance pour le gouvernement conservateur turc. Et vice-versa.
La Turquie érige actuellement à Strasbourg le plus grand de ses bâtiments diplomatiques à l’étranger. Il y a quelques mois, à quelques jours des élections législatives turques, le Zénith de Strasbourg accueillait un meeting géant du président Erdogan et ses détracteurs contestaient sa venue depuis la place Kléber. Comment Strasbourg est-elle devenue un théâtre déporté de la politique turque ?
Strasbourg est depuis longtemps une place forte de la Turquie en France et en Europe. L’agglomération accueille l’une des plus importante communautés d’originaires de Turquie en France, environ 20 000 pour l’agglomération. Elle est aussi le siège du Conseil de l’Europe, dont la Turquie est l’un des membres fondateurs. Depuis la prise d’influence du parti nationaliste, islamo-conservateur AKP en Turquie, la place stratégique de Strasbourg pour les intérêts turcs en Europe s’est encore renforcée.
C’est à Strasbourg que s’est nouée la relation entre la Turquie et l’Union européenne naissante, dès les premières étapes de la construction européenne à travers le Conseil de l’Europe, comme le rappelle Kayhan Karaca, journaliste turc auprès des institutions européennes à Strasbourg depuis 20 ans :
« En 1957, la Turquie ne voulait pas participer au Traité de Rome, préfigurateur de l’Union européenne. Elle était sur la ligne anglaise, pour une Europe plus souple et plus confédérale, pour une communauté transatlantique. A partir de 1960, son nouveau gouvernement a changé de position. Il a demandé l’adhésion à l’Union européenne en même temps que la Grèce. »
Une plate-forme européenne investie par l’AKP
Mais plus de cinquante plus tard, le pays n’a toujours pas été accepté dans l’Union européenne, et le Conseil de l’Europe reste la seule institution européenne dans laquelle il est intégré à part entière.
Avant l’arrivée de Recep Tayyip Erdogan à la tête du gouvernement turc en 2002, la Turquie s’est tenue en retrait de l’institution. Une seule fois, en 1979, un premier ministre turc est venu s’exprimer devant son assemblée parlementaire. Puis le coup d’Etat militaire de 1980 et la gestion militaire de la question kurde dans les années 1990 ont refroidi les relations entre l’Europe et la Turquie.
En 2002, l’arrivée d’Erdogan change la donne, explique Kayhan Karaka :
« L’Europe a d’abord accueilli Erdogan comme un réformateur. Et son gouvernement a découvert qu’il y a avait ici, à travers le Conseil de l’Europe, une plate-forme pour s’adresser à l’Europe. »
Depuis janvier 2003, le conseil de l’Europe a reçu pas moins de sept visites officielles de la Turquie : trois d’Erdogan alors premier ministre, trois du cofondateur de l’AKP, alors président du pays Abdullah Gül et la dernière en avril du premier ministre destitué depuis Ahmet Davutoglu.
En avril 2011, Recep Tayyip Erdogan, alors premier ministre, est venu pour la troisième fois à une session de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, à Strasbourg après ses visites officielles d’octobre 2004 et juin 2006. (Photo : Ellen Wuibaux / Council of Europe / cc)
Pour Kayhan Karaca, à travers ces interventions le gouvernement AKP a surtout mis en avant le dialogue interculturel et interreligieux et a tenté de faire revenir ainsi le religieux dans la sphère politique européenne.
L’école de la politique internationale pour les hommes politiques de l’AKP
Pour Samim Akgönül, Strasbourg et le Conseil de l’Europe servent depuis une douzaine d’années d’école aux hommes politiques de l’AKP :
« Beaucoup de responsable politiques turcs viennent à Strasbourg pour l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Strasbourg est devenu une sorte d’école. Plusieurs hommes politiques ont fait leur apprentissage de la politique internationale au Conseil de l’Europe. »
Parmi eux, deux figures emblématiques : l’ancien président Abdullah Gül, aujourd’hui marginalisé en Turquie et l’actuel ministre des affaires étrangères Mevlut Cavusoglu.
Ce dernier a été le premier président turc de l’histoire de l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe de 2010 à 2012. La fonction lui a servi de rampe de lancement pour sa carrière politique en Turquie, où il a d’abord été ministre des affaires européennes.
À travers ses passages à Strasbourg, le camp conservateur turc s’appuie sur le réseau d’associations de la communauté turque locale. Longtemps marginalisée en Turquie, le mouvement Millî Görüs, et sa mosquée Eyyub Sultan de la Meinau, est devenu “un lieu important de passage et de visibilité pour ces hommes politiques”, explique Samim Akgönül. Kayhan Karacan ajoute :
« Les visites officielles d’Erdogan au Conseil de l’Europe ont toutes été l’occasion de grand meetings à l’américaine, avec les moyens de l’Etat, comme au Rhénus par exemple. Les chaînes d’info turques ont diffusé ses discours en direct pour les Turcs de l’étranger et les Turcs de Turquie. »
Le développement des chaînes de télévision turques à l’international puis l’octroi du droit de vote au Turcs de l’étranger pour les élections intérieures en 2014 ont fini de raccorder les Turcs de Strasbourg aux enjeux de politique intérieure de leur pays d’origine. Tous les principaux partis turcs ont ouvert pour les dernières élections des bureaux dans la capitale du grand Est.
La tentative d’alliance entre les Strasbourgeois pro-AKP et la municipalité socialiste
En parallèle de l’investissement politique de l’AKP à Strasbourg, le camp conservateur de la communauté turque locale a aussi placé ses pions à Strasbourg. La génération des enfants d’immigrés turcs, mobilisé au sein de la Cojep, ont intégré tous les partis de l’échiquier politique local, des verts à l’UMP. Emblématique de ce mouvement, Saban Kiper, fervent défenseur de la politique de l’AKP en Turquie est entré au conseil municipal dans la majorité socialiste en 2008 promettant de rallier à Roland Ries la communauté turque locale.
C’est par son intervention que Strasbourg a noué en 2010 un partenariat avec la ville anatolienne de Kayeseri, dont beaucoup de Turcs strasbourgeois sont originaires. La délibération du conseil municipal sur ce partenariat a été houleuse. Les détracteurs de l’AKP ont vu dans ce rapprochement entre les deux villes une prise symbolique des conservateurs turcs car Kayeseri est la ville d’origine de l’ancien leader de l’AKP Abdullah Gül et un bastion de l’AKP en Turquie.
En avril 2011, une délégation municipale constituée de Nawel Rafik-Elmrini, Olivier Bitz et Saban Kiper, a réservé un accueil protocolaire à Recep Tayip Erdogan, alors premier ministre turc en marge de sa visite officielle à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. la rencontre a eu lieu au Rhenus, où Erdogan a tenu un meeting pour la diaspora turque. (Photo diffusée sur le profil Facebook de Saban Kiper)
La municipalité semble s’être empêtrée un temps dans les conséquences de sa politique communautariste à l’égard des Strasbourgeois d’origine turque. Le grand écart politique des transfuges de la Cojep s’est révélé au grand jour en 2013 à l’occasion du mouvement de contestation du parc Gezi d’Istanbul. Saban Kiper et ses autres camarades élus locaux se sont positionnés en soutien à Erdogan et ont demandé à la Ville de Strasbourg d’en faire de même, après que Mine Günbay, l’autre élue originaire de Turquie de l’équipe Ries se soit positionnée publiquement en faveur des contestataires de Gezi.
Reconduite en 2014, Mine Günbay a essuyé les foudres des milieux conservateurs turcs en novembre dernier après un post critique envers le gouvernement turc lors des dernières élections législatives du pays. Lors de cette crise, le soutien de Roland Ries à son élue face aux menaces violentes s’est fait tardif et timide. Depuis, la militante féministe a graduellement pris ses distances, pour finir par démissionner de ses fonctions d’adjointe, déçue par la gouvernance de la mairie.
Saban Kiper n’a pas été reconduit dans la nouvelle équipe municipale socialiste en 2014. Il a délaissé depuis le Parti socialiste et se consacre au développement des projets du Ditib, l’association musulmane rattachée aux affaires religieuses turques et installée à Hautepierre.
Déçue par les résultats de sa stratégie d’entrisme, la Cojep a préféré soutenir le développement du nouveau Parti Egalité Justice (PEJ), dont la base militante est composée en majorité de personnes d’origine turque et qui cherche ses voix dans l’électorat d’origine immigrée.
La séduction communautariste, erreur politique de Roland Ries
Pour Samim Akgönül, la tentative de Roland Ries de séduire l’électorat identitaire turc a constitué une erreur politique majeure :
« C’était une erreur d’ouvrir la porte aux conservateurs turcs, non pas parce que c’est des conservateurs mais parce que la tactique ne pouvait que se renverser. Une approche identitaire n’est jamais gagnante. C’est une erreur de principe en politique. S’adresser à une communauté comporte un risque extraordinaire : elle peut formuler des demandes au nom de la communauté. On voit bien le retournement qui s’est opéré dans le cas de Strasbourg : les pressions sur Ries, la cabale contre Mine Günbay… »
Par ailleurs, le politologue spécialiste de la Turquie ne croit pas à un vote communautaire turc :
« Déjà, je ne pense pas qu’il y ait une communauté turque. C’est une catégorie qui peut être déconstruite et divisée. Et je ne pense pas qu’il y ait un vote turc. Et même s’il y avait des votes collectifs, on sait que la politique française et même à l’échelle locale, n’a pas encore su attirer l’attention des originaires de Turquie en France. Ils ont un taux d’abstention élevé et ce vote ne peut pas se résumer à un vote identitaire. »
Tentative de rééquilibrage de la municipalité
Aujourd’hui, la municipalité semble tenter de rééquilibrer ses relations avec la Turquie en conséquences. En 2010, elle avait fait accepter le partenariat avec Kayseri en promettant en même temps un partenariat avec la ville balnéaire d’Izmir, moins marquée politiquement.
Six ans plus tard, si Strasbourg souhaite approfondir son partenariat avec Kayseri, elle annonce enfin être sur le point de concrétiser un nouveau partenariat avec une ville de l’agglomération d’Izmir, Seferihisar. Cette coopération devrait porter sur le développement durable.
Cinq jours de concerts, trois scènes, une vingtaine de noms à l’affiche, et non des moindres, ainsi que le cadre exceptionnel du fort Kléber de Wolfisheim. La 6è édition du festival Wolfi Jazz se déroule du 22 au 26 juin.
Wolfi Jazz a su trouver sa place et la conserver dans l’univers saturé des festivals. Né en 2011 avec le soutien de la Spedidam, Wolfi Jazz associe pointures nationales et internationales et révélations au potentiel explosif. Voici d’ailleurs un aperçu savoureux du cru 2016.
Aux manettes de la programmation, il y a le compositeur et trompettiste Nicolas Folmer dont l’expertise et le réseau permettent à Wolfi Jazz d’attirer des artistes aux profils variés et diversifiés. Ainsi la soirée d’ouverture du mercredi 22 juin verra-t-elle tout d’abord le quintette du bugliste breton Julien Alour mettre en condition le public avant que ne s’exprime le fantastique trio pop-rock-jazz Imbs/Paceo/Bortone puis le saxophoniste américain Archie Shepp accompagné de son exceptionnel big band Attica Blues.
Autre moment qui s’annonce d’ores et déjà magique, le jeudi 23 juin : le bassiste et chanteur camerounais Richard Bona (partenaire de scène, entre autres, de Didier Lockwood, Salif Keita, Manu Dibango, Joe Zawinul) qui jouera avec le Mandekan Cubano, orchestre au métissage cubano-mandingue dont le groove épicé et addictif promet d’enflammer le chapiteau.
Expérimentations samedi avec St Germain
Le samedi 25 juin, place aux expérimentations teintées d’électro avec le trio anglais GoGo Penguin (piano-basse-batterie) dont les motifs rythmiques et les mélodies hypnotiques créent un son unique et exaltant à l’alchimie inédite. Le même soir, on notera aussi l’événement que constitue le retour du prodige français St Germain, DJ-producteur phare de la première vague de la French touch qui vit à l’époque le jazz se mêler aux sonorités électroniques.
Ludovic Navarre avait marqué les années 90 et le début des années 2000 de sa patte si spécifique avant de disparaître des écrans radar durant presque quinze ans. Le voilà de retour depuis l’automne 2015 avec un nouvel album associant jazz, house et blues sur fond d’explorations de la bande sahélienne nigéro-malienne et de la culture ghanéenne. En voici le premier extrait, Real Blues.
Érik Truffaz et son quartette viendra compléter l’affiche du samedi 25 juin. Enfin, pour la clôture du festival le dimanche 26 juin, Wolfi Jazz ouvre quelque peu son horizon en programmant la gracile et envoûtante franco-marocaine Hindi Zahra, auteure d’un sublime troisième album publié en 2015 (Homeland).
Le beau gosse quadragénaire anglais Hugh Coltman viendra compléter l’affiche dominicale avec Shadows, son projet articulé autour de reprises de chansons de Nat King Cole. Même volonté de diversification avec la présence de la Belge Selah Sue le vendredi 24 juin, dans un tableau soul jazzy mâtiné de pop et de ragga.
Huit ans après le lancement du premier tronçon de ligne TGV à destination de l’est européen, la SNCF et la Deutsche Bahn (DB) annoncent la mise en circulation de nouveaux trains et de nouvelles lignes vers l’Allemagne. Dès le 3 juillet, « l’Européenne » sera sur les rails et permettra aux français de se rendre plus vite à Francfort ou Stuttgart.
L’avant de l’ICE, équipé du Wi-Fi. (Photo BB / Rue89 Strasbourg)
Avec l’Européenne, Strasbourg bénéficiera de 8 liaisons quotidiennes assurés par les TGV français et les ICE allemands. Cinq allers-retours quotidiens seront mis en place, au lieu de quatre auparavant, pour relier Strasbourg à Stuttgart en 1h18. Trois allers-retours feront également Strasbourg-Francfort, au lieu d’un seul auparavant, en 1h45. Sept trains quotidiens sont également prévus entre Strasbourg et Karlsruhe.
Bruxelles et Bordeaux également mieux desservis
La gare de Strasbourg bénéficiera aussi deux de nouveaux trains en provenance de l’Allemagne : deux nouveaux allers-retours quotidiens entre Strasbourg, Bruxelles et le Luxembourg ; quatre allers-retours vers Marseille et Montpellier chaque jour et deux allers-retours quotidiens vers Lille, Bordeaux et Nantes s’ajoutent.
De l’extérieur, le wagon du restaurant. (Photo: BB / Rue89 Strasbourg)
Les trajets Paris-Strasbourg-Stuttgart ou Francfort se feront en TGV et en ICE 3. Ce nouveau train allemand propose 440 places, équipé d’un wagon restaurant avec 16 places assises et d’un accès aux journaux Le Monde et Die Welt pour les voyageurs en première classe. Les compagnies assurent que le personnel sera trilingue (français, allemand et anglais).
Le restaurant de l’ICE 3 comporte 16 places assises. (Photo BB / Rue89 Strasbourg)Les sièges en première classe. (PhotoBB / Rue89 Strasbourg)
Prix plancher Paris – Francfort : 39€
En revanche, les tarifications ne seront pas totalement harmonisées. Le prix plancher d’un Paris-Francfort sera de 39 euros, mais le prix réel dépendra toujours de l’heure et de l’affluence. Par ailleurs, les voyageurs pourront enfin faire valoir leur abonnement ou leur carte d’abonnement des deux côtés du Rhin, mais il n’existera pas de carte d’abonnement spécifique à ces trains. Aujourd’hui, un voyageur allemand peut réaliser Stuttgart-Bordeaux avec un seul titre de transport mais ce n’est pas le cas du voyageur français… Ce sera le cas dès septembre, annoncent DB et la SNCF.
Samedi 18 juin, la filiale commune de la SNCF et de la DB, dénommée Alleo, exposera la nouvelle génération de train ICE en gare de Strasbourg. À partir de 18h, une rame ICE sera ouverte au public avec une exposition photographique à l’intérieur et la possibilité, pour les enfants, de visiter le « cockpit » du train.
A l’intérieur d’un wagon de seconde classe. (Photo BB / Rue89 Strasbourg)
Le collectif « Un coeur pour la Robertsau » ne baisse pas les bras et continue d’interpeller et de manifester contre la vente du Foyer Saint-Louis à des promoteurs par la paroisse. L’association invite les Robertsauviens à montrer leur opposition à ce projet immobilier samedi 18 juin à partir de 10h, devant le Foyer St Louis au 3 rue du Docteur Maurice Freyz.
Dans un communiqué, le collectif précise :
« Dans quelques semaines, le Foyer St Louis, dernier lieu de centralité, pourrait être vendu à l’appétit des promoteurs. Les bétonneurs détruiront cette salle pour y substituer des cubes d’une banalité affligeante. Cette atteinte irréparable à notre quartier, voulue par le curé et son conseil de fabrique, ne serait possible que grâce à une validation de l’équipe du maire, Roland Ries, et à l’accord de l’évêque, Monseigneur Grallet. Il faut sauver ce lieu historique et patrimonial qui favorise le vivre ensemble et stopper l’invasion du béton à la Robertsau. »
Les premiers projets de bâtiments présentés par Icade et le cabinet d’architecture Rey Lucquet au conseil de quartier au début du mois ont rappelé aux habitants que ces opérations étaient engagées. Du côté de la mairie de Strasbourg, Roland Ries indique qu’il s’agit d’une vente privée à laquelle la Ville n’a pas vocation à se substituer. Une analyse que conteste le collectif, qui indique que le bâtiment était public avant d’avoir été vendu à la paroisse.
En partenariat avec le festival Wolfi Jazz, qui aura lieu du 22 au 26 juin au Fort Kléber de Wolfisheim, Rue89 Strasbourg vous propose de gagner des invitations pour chacun des concerts suivants.
Pour aller vers l’ouest de Strasbourg, le tramway devrait passer par la rue du Faubourg National. La municipalité a fait ce choix, qui était le sien depuis le début du projet, afin de rester dans des limites budgétaires et pour ne pas toucher à la place de la gare.
Le tramway vers Koenigshoffen, quartier à l’ouest de Strasbourg, utilisera le tracé existant de la place de l’Homme de Fer jusqu’à la rue du Faubourg National pour bifurquer ensuite vers le boulevard de Nancy, tourner sur la rue de Koenigshoffen et rejoindre la route des Romains.
Tracé du tramway vers Koenigshoffen (doc Eurométropole)
Conformément à ses présentations initiales, la municipalité n’a pas dévié sur son tracé, malgré une concertation publique houleuse et une opposition affirmée, notamment de l’association des habitants du quartier gare (AHQG) et du collectif pour le tram à Koenigshoffen. Pour ces deux regroupements de résidents, le tracé en prolongement de la ligne F ne répond pas aux besoins d’un des quartiers les plus peuplés de Strasbourg en ne le reliant pas directement à la gare centrale et supprime l’un des lieux de convivialité du quartier.
Les élus ont donc gardé la « variante 2 », par la rue du Faubourg National, car elle « bénéficie des réserves de la ligne F » et que son coût de construction est estimé à 29 millions d’euros. Mais elle supprime la réserve d’espace de la rue du Faubourg National, qui accueillait notamment le marché hebdomadaire de la gare. La délibération qui sera présentée aux élus fin juin assure que le marché pourra être maintenu, en débordant sur la Petite rue de la Course.
La municipalité ajoute dans le projet un parking relais directement relié à l’autoroute pour desservir Koenigshoffen ainsi que des aménagements cyclables. Ce tracé sera soumis à enquête publique au début de l’année 2017
Trois autres variantes ont été présentées dans les documents de concertation (par la rue de Rothau, la rue d’Obernai, etc) mais qui n’ont pas été retenues pour des questions d’étroitesse des voies notamment.
Tableau synthètique des variantes proposées
(document Eurométropole)
Le tracé choisi créera trois nouvelles stations : Porte Blanche, Porte de Romains avec un parking-relais, et Allée des Comtes en « terminus provisoire. » Cette station sera à 8 minutes du centre-ville, soit deux fois moins de temps qu’avec le bus actuel. Le démarrage des travaux devrait avoir lieu en novembre 2017 pour une mise en service à la fin 2019.
Mais c’est sans compter l’activisme de l’AHQG et du collectif pour le tram à Koenigshoffen, qui ne manqueront pas d’animer l’enquête publique à venir. En août 2013, le collectif avait fini par avoir la peau du tram sur pneus, que la municipalité voulait installer pour le quartier depuis 2011.
C’est une balade dans les interstices de la ville, à la découverte de ces quartiers ouest de Strasbourg que l’on imagine denses et poussiéreux, balafrés par les grands axes de circulation. De la place de l’Étoile à la Montagne-Verte, en passant par Kœnigshoffen, cette randonnée offre à voir le meilleur du Parc naturel urbain (PNU), le long des canaux, de l’Ill et du Muhlbach, dans une verdure apaisante, qui cache des lieux discrets, beaux et paisibles.
Départ. – Cette balade nature est un peu plus longue que les précédentes (environ 4h, d’un bon pas, avec une pause pique-nique de 30 minutes environ). Il est possible de quitter le circuit à deux reprises, route de Schirmeck d’abord, route des Romains ensuite. Bonnes chaussures, crème solaire, bouteille d’eau et cape de pluie obligatoires !
Le départ est fixé à la station de tram Étoile-Bourse (lignes A et D) et de bus (lignes 14, 15, 24). À gauche de la rambarde du pont, qui surplombe le canal de dérivation (côté centre administratif), un petit escalier descend sur le quai, vers l’écluse du Heyritz : prenez-le et profitez de ce sentier parallèle à la rue du Marksgarten. Remontez sur la route de l’Hôpital et pénétrez dans le parc du Heyritz, en laissant le Pôle de l’habitat social et sa façade en mosaïque colorée sur votre gauche.
1 – Le parc du Heyritz
Ce parc est ouvert depuis 2014. On se souvient des débats autour de la qualité architecturale des immeubles tout autour, autant qu’à propos de la concentration de services publics dans ce secteur (le siège de la CAF est en cours de travaux) qui ont agité de multiples conseils municipaux pendant le précédent mandat. Faites-vous votre propre opinion en traversant ce nouveau parc, aux prairies fleuries ou aux bancs de grès disséminés à l’ombre des grands arbres. Vous pouvez prendre soit la passerelle (tout droit), soit le sentier en dur (chemin du Lohmühle), qui sillonne un peu plus. Attention, ne vous fiez pas à la carte de Google, qui n’est pas à jour !
Arrivé au carrefour – en face des jardins familiaux et du bâtiment du club d’aviron – prenez à droite, puis à gauche, en laissant sur votre droite la passerelle René-Burgun. Longez la piste cyclable (quai Jean-Pierre Mayno), avec, à votre droite, le canal, et à votre gauche, le collège Louis-Pasteur (les cubes en béton gris). Passez sous la passerelle Joseph-Meister et sous le pont de la rue de la Plaine-des-Bouchers. Contournez la Grande Mosquée de Strasbourg, toujours sur le même quai Jean-Pierre Mayno, jusqu’au pont ferroviaire, sous lequel vous ne passez pas !
Parc du Heyritz, deux ans après son inauguration (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
2 – En passant par le Herrenwasser
À gauche du sentier, prenez l’escalier qui monte sur le pont de chemin de fer [note pour nos lecteurs handicapés : c’est le seul passage impossible à franchir en chaise roulante, le reste est théoriquement accessible en fauteuil] et surplombe la zone de confluence entre le canal du Rhône-au-Rhin et l’Ill, ainsi que les îles Stella et Weiler.
Carte des parcours de balades dans le PNU Ill-Bruche (Doc. Ville de Strasbourg)
Suivez dans un premier temps la piste du Herrenwasser sur votre droite, où se confondent deux balisages, celui du PNU (parcours des canotiers – tous les parcours sont téléchargeables sur le site de la Ville de Strasbourg) et celui du Club Vosgien (cercle rouge). Passez sous les multiples ponts de l’autoroute A35 et prenez le sentier sur la gauche, après une petite fourche.
Passez ensuite sous le pont voitures-tram de la rue de la Montagne-Verte (vous rencontrerez une petite quinzaine de ponts pendant la balade !) et embrayez, toujours à gauche de la piste cyclable, sur le parcours PNU de la matelote, parallèlement au quai du Brulig. Deux aires de jeux pour enfants se trouvent sur ce tronçon.
Le long de l’Ill, du Herrenwasser au passage de l’Illhof, passez sous de nombreux ponts (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
3 – Les écluses du canal de la Bruche
Après l’aire de jeu du Brulig, suivez toujours l’Ill (chemin à gauche) et découvrez ce tronçon baigné de verdure et peu fréquenté, puisqu’à l’écart de la piste cyclable. Un peu plus loin, quelques bancs sous les arbres permettent de faire une petite pause.
Quittez ensuite le cercle rouge du Club Vosgien pour les losanges rouge et bleu et le parcours de la matelote (à gauche). Suivez les panneaux de bois, supports des photos du Safari urbain et passez l’accueil PNU « des confluences ». Au passage de l’Illhof, prenez le sentier sous le pont, laissez à gauche la passerelle de la Flassmatt et tournez à droite vers le canal de la Bruche, par le quai de la Flassmatt. Vous êtes à présent sur le parcours PNU des Muhlbach, ces ruisseaux utilisés par la petite industrie, dans les siècles passés.
Vous débouchez ensuite, et pour un court tronçon, sur les pistes cyclables des Forts et du canal de la Bruche. Attention aux vélos lancés à pleine vitesse !
Mi-parcours. – Là, après environ 1h30 de marche, vous pouvez monter sur la route de Schirmeck et prendre le bus 15 qui vous ramène place de la Bourse. Vous pouvez aussi continuer pour encore deux heures de rando environ.
Passez alors sous la voie ferrée (ce n’est pas le dernier exercice de ce type, le secteur est truffé de voies !) et prenez tout droit par un portique piétons-cyclistes, en laissant les pistes cyclables (piste Charles-Grosskost) de l’autre côté des écluses. Une pause pour lézarder au soleil s’impose sur le grès de la seconde écluse.
Passage de l’Illhof et écluses sur le canal de la Bruche (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
4 – Les « Folies du Muhlbach »
Continuez sur le sentier, le canal sur votre gauche. Vous êtes au sud du quartier de Kœnigshoffen. À droite, vous longez les serres des Jardins de la Montagne-Verte, structure d’insertion sociale par le maraîchage. Passez (encore) sous une voie ferrée. Vous arrivez devant un pont de grès, tout neuf. Ne le prenez pas. Tournez à droite, avec le Muhlbach sur votre gauche.
Sur quelques mètres, vous suivez les parcours PNU des Muhlbach et des capucins. Faites un léger détour en passant tout droit, au lieu de tourner tout de suite à droite. Au bout du chemin, dans une boucle du cours d’eau, laissez-vous surprendre par un espace ludique et végétal, les « Folies du Muhlbach », fruit d’un chantier participatif animé par l’association Haies Vives d’Alsace. Un endroit vraiment charmant !
Revenez ensuite sur vos pas et prenez à gauche, vers la rue Jean-Mentelin. A ce stade, vous pouvez remonter la rue Mentelin vers la route des Romains (bus 4, station Capucins). Ou aller tout droit (légèrement à droite) par le chemin du Grossroethig. Prenez le sentier à gauche, puis à droite et passez par le tunnel sous la voie ferrée.
Le long du Muhlbach, les « Folies » des Haies Vives d’Alsace (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
5 – Le parc Albert-Schweitzer (CREPS)
Vous débouchez sur un stade, qu’il faut contourner par la droite, à découvert. Passez ensuite à gauche puis à droite (sous une voie ferrée, hé hé) et débouchez dans le parc Albert-Schweitzer (en hommage au médecin de Lambaréné), aménagé dans les années 1930 et très fréquenté par les gens du quartier. Vous avez la possibilité de faire là une pause pique-nique sous les arbres du parc, ou à l’ombre de la villa Gruber. Le parc jouxte le CREPS (Centre régional de l’éducation populaire et du sport d’Alsace).
Après un stade, le parc Albert-Schweitzer – A noter que l’arbre qui apparaît sur la photo de gauche devait être abattu le lendemain de la prise de vue (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
6 – De la tour du Schloessel au camping de la Montagne-Verte
Ressortez du parc par la rue du Schnokeloch. Remontez-la sur votre gauche, puis prenez à droite, par la rue Robert-Forrer, résidentielle. Là, faites un crochet par la très courte rue de la Rotlach et entrez dans le parc du Schloessel. L’endroit est étonnant, à l’écart de tout et pourtant appelé à devenir central. Dans la tour éponyme, actuellement en travaux, la Ville de Strasbourg prévoit d’installer le siège du PNU. A noter, dans le pré adjacent, sur la propriété d’une maison de retraite, paissent tranquillement des moutons…
Revenez sur vos pas et empruntez le sentier qui contourne le camping de la Montagne-Verte par le nord, avec, à votre gauche, un petit cours d’eau anonyme. L’entrée du camping se trouve un peu plus loin, sur la droite. Un coup d’œil s’impose, tant la rénovation des lieux est impressionnante : tout en bois, les chalets, roulottes, parties communes et jeux d’enfants donnent à l’ensemble un côté chic et chaleureux, très moderne.
La tour du Schloessel (en haut) et le camping de la Montagne-Verte (en bas) (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
7 – Le pré Saint-Gall
Ressortez du camping et prenez soit en face (quand le pont, en travaux, sera rouvert), soit à gauche puis à droite par un autre petit pont, le long de la piste François-Faber. Vous êtes alors dans le bois du Kupferhammer, plutôt dense. Empruntez l’un ou l’autre chemin pour le traverser, direction le pré Saint-Gall, au pied du plus ancien cimetière de Strasbourg, sur le coteau de Kœnigshoffen.
Là, vous débouchez sur le « Jardin à croquer », cultivé en permaculture par l’association Brin de Paille Alsace, qui se développe sur cet ancien champ de maïs depuis 3 ans. Par le sentier à gauche, prenez le nouvel escalier en grès qui grimpe vers trois nouveaux jardins partagés, aménagés depuis peu. Longez le premier à droite et tout droit vers le cimetière, jusqu’à tomber sur une table de pique-nique. Descendez les quelques marches et suivez le Chemin du Marais-Saint-Gall par le sud, jusqu’à la rue de l’Abbé-Lemire.
Au sortir du bois du Kupferhammer, le pré Saint-Gall (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
8 – Le parc Eugène-Imbs
Trois options s’offrent alors à vous :
soit vous tournez à droite et descendez la rue de l’Abbé-Lemire, longez la déchetterie et passez sous le pont de chemin de fer, jusqu’au parc Eugène-Imbs (à droite). C’est au plus court,
soit (c’est le chemin que j’ai emprunté) vous remontez la rue de l’Abbé-Lemire jusqu’à la route des Romains, tournez à droite, passez sous l’autoroute et descendez le long de l’eau après le pont. Là, vous découvrez, dans l’un de ces interstices urbains mi-magiques, mi-glauques, un bunker très bien conservé, sur un chemin menant au parking de la Laiterie. Là, vous continuez tout droit, puis passez à nouveau sous l’A35 à droite, pour vous retrouver au même point, à l’entrée Est du parc Eugène-Imbs,
soit vous allez jusqu’à la route des Romains, descendez jusqu’à la Porte Blanche, puis marchez vers la gare, le centre-ville, etc. En fonction de votre lieu d’habitation, cette dernière option peut être pratique, mais ce n’est pas la plus jolie.
Dernière ligne droite : du fossé des Remparts au parc Eugène-Imbs (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Arrivée. – Dans les deux premiers cas, longez le parc Eugène-Imbs par le nord, jusqu’à un sentier traversant (à gauche), et sortez du parc au niveau de la station de bus et tram Montagne-Verte. Si vous souhaitez retourner place de l’Étoile, prenez le bus 15 direction Robertsau-Bœcklin. En 10 minutes, le point de départ de la balade est atteint, la boucle est bouclée !
Plusieurs mouvements sociaux luttent depuis plus de trois mois contre la « loi travail ». Officiellement, ils prônent la « convergence des luttes » et se retrouvent lors des manifestations pour des actions collectives. En réalité, ces différents groupes ne parviennent pas à se rassembler derrière une volonté commune.
« La convergence des luttes ne se décrète pas, elle se travaille ». Pour Julien Rock, du Mouvement des jeunes communistes du Bas-Rhin (MJC 67), la « convergence des luttes » dont toutes les organisations politiques parlent depuis des mois, est fébrile :
« À notre niveau, on pense qu’elle existe. On a des intérêts communs avec les autres organisations, notamment contre la « loi travail. » En Alsace, la mobilisation est plus faible qu’ailleurs en France, mais elle est tout de même importante à Strasbourg. Le problème, ce sont les tensions entre les différentes organisations. Notamment sur les moyens d’action car on n’a pas les mêmes traditions politiques. »
La question des moyens d’action a créé une divergence entre les différentes organisations. Ce fut notamment le cas avec Nuit Debout, explique Julien :
« On était très heureux du lancement de Nuit Debout à Strasbourg, on avait de l’intérêt pour eux, un certain espoir. Mais rapidement, ils ont dû faire face à leurs propres contradictions, avant de se diriger vers la négation des autres mouvements. Au final, c’est surtout beaucoup de discussions, pour pas beaucoup de concret. La convergence n’a pas fonctionné avec eux. Avec les autres organisations, on s’entend pour lutter ensemble car on veut tous la même chose au fond, le retrait de la « loi travail ». Les actions coup de poing, pourquoi pas. On a juste du mal avec l’esthétisme révolutionnaire car on ne voit pas en quoi casser des carreaux et jeter de la peinture sur des murs, peut servir le mouvement. »
Des « assemblées générales unitaires » ont eu lieu au Molodoï. Elles devaient étudier les possibilités pour une variété de mouvements allant des syndicats aux autonomes d’unir leurs forces, mais elles ont surtout servi à faire le point sur leurs divergences. Plusieurs représentants de Nuit Debout Strasbourg en sont revenus choqués, après avoir été traités de « traîtres » par une partie de l’assemblée…
Y a-t-il seulement plusieurs luttes ?
Pour parler de convergence des luttes, ne faudrait-il pas déjà qu’il y ait plusieurs luttes pour lesquelles se battre, se demande Arnaud, d’Alternative libertaire Alsace :
« Aujourd’hui, il n’y a qu’un seul mouvement en cours, celui contre la « loi travail ». Il y a eu un début de convergence avec les intermittents lors de l’occupation du TNS, des actions communes, les manifestations… Les cheminots ont des revendications propres à leur secteur mais ils se battent aussi contre la « loi travail ». Finalement, c’est un mouvement interprofessionnel classique. »
Les intermittents, engagées dans des négociations notamment avec le Medef quant à la pérennisation de leur régime indemnitaire, ont un temps joué la carte de la « convergence des luttes. » Mais aujourd’hui, ils sont revenus à des actions plus ciblés.
Pour Arnaud, la mobilisation vit un moment important actuellement :
« Certes, la mobilisation étudiante diminue avec les vacances et ça va continuer en ce sens, mais les plus motivés continueront à se rassembler. La CGT commence à intensifier ses actions de blocage. Les organisations, qui avant s’opposaient à ce type d’actions, rejoignent la lutte elles-aussi. La seule façon de faire reculer le gouvernement, c’est de bloquer l’économie du pays. Il n’y a pas besoin d’être nombreux dans les rues pour faire peur. Les blocages symboliques ont leur visibilité. »
Sur les réseaux sociaux, la #convergencedesluttes est admirable
Si les différentes organisations peinent à s’entendre, ont des points de vue divergents, sur les réseaux sociaux, elles laissent penser le contraire. Nuit Debout et les intermittents se renvoient l’ascenseur cordialement, les cheminots sont soutenus et rejoints dans leurs actions… La convergence, bien que difficilement perceptible, est visible.
Nuit Debout affirme son soutien aux intermittents en relayant leurs actions. (capture d’écran)
Une convergence à son apogée… contre la « loi travail »
Selon Julien Rock, la convergence est en fait à son apogée :
« La convergence des luttes a mis du temps à se lancer mais c’est aujourd’hui qu’elle est au plus haut. La CGT intensifie ses actions, MJC67 la suit également. Le mouvement va avoir tendance à s’intensifier grâce à l’Euro, les salariés en lutte individuelle rejoindront le mouvement global. On essuie quelques critiques, c’est certain, mais on construit quelque chose et il faut être le plus nombreux possible pour cela. Même à Strasbourg, les choses commencent à bouger. Dans la rue, lorsque les gens nous voient manifester, ils sont réceptifs, nous sourient, nous soutiennent. Maintenant, on espère qu’ils se joindront à nous. »
Pour Julien, de la Confédération nationale du travail (CNT), il est normal que la « loi travail » serve de catalyseur, mais un mouvement anti-capitaliste global n’est pas encore à l’ordre du jour :
« Quand on prend les combats séparément, Heppner, la SNCF, la loi travail, on voit bien que c’est la même logique qui sous-tend ces enjeux, plus de précarité, de productivité, etc. Mais un engagement, c’est avant tout un cheminement individuel… Un militant peut peut-être s’engager sur une ou deux luttes mais les passerelles entre les organisations resteront rares, car elles ont forcément leurs prismes et leurs priorités. »
Les membres de la Coordination des intermittents et des précaires (CIP) ont publié mercredi matin une liste d’employeurs du secteur culturel qui souhaitent que le nouvel accord sur leur régime d’indemnisation puisse s’appliquer et qui regrettent que ce soit l’État qui abonde financièrement les négociations. Plus de 50 responsables de structures culturelles du Grand Est ont signé une lettre adressé à la ministre de la Culture en ce sens.
Briac Jumelais, administrateur du Théâtre national de Strasbourg, précise :
« L’accord intervenu entre les syndicats de la branche culturelle est historique. Il augmente les cotisations patronales, qui avaient déjà fortement augmenté en 2003, il plafonne les indemnités et fait réaliser à l’assurance chômage entre 84 et 93 millions d’euros d’économies par an. Les intermittents verraient leurs indemnisations calculées sur 12 mois et seraient mieux couverts lors des périodes d’inactivité dues à une grossesse ou une maladie. »
Les centrales désavouent leurs syndicats de branche
Quel est le problème alors ? Il provient des centrales syndicales, qui siègent au comité paritaire de l’Unedic, l’organisme qui reçoit les cotisations et paie les indemnisations. Selon le Medef, il manque 800 millions d’euros par an dans les comptes de l’assurance maladie. Les centrales se sont opposées à l’accord conclu entre leurs syndicats de branche car pour elles, les intermittents n’ont pas à bénéficier d’un régime indemnitaire comparable à celui des salariés, selon l’analyse de Frédéric Simon, directeur du Maillon :
« La CFDT, la CGC et la CFTC, toutes ces centrales héritées du syndicalisme chrétien, estiment que les salariés n’ont pas à être solidaires des comédiens, car ils ne font pas un véritable travail, qu’ils ne sont pas “élus” en quelque sorte. Il faut donc rappeler qu’être intermittent, c’est être à la fois salarié et maître de son destin et qu’il y a un vrai travail. »
Manifestation à Paris en février (Photo Philippe Leroyer / FlickR / cc)
Laurent Crovella, directeur de la compagnie Les Méridiens et membre du Synavi, un syndicat patronal de structures culturelles, appuie :
« Partout ailleurs dans l’univers économique, les efforts sont compensés par une hausse de la productivité. Mais chez nous, on ne peut pas demander aux comédiens de jouer deux fois plus vite pour diffuser deux spectacles dans la soirée, c’est absurde ! Alors les économies se font sur les décors, les mises en scène… et on se retrouve avec des pièces formatées. Nous aussi nous produisons une « valeur ajoutée », sauf qu’il s’agit d’une valeur humaine. »
Le gouvernement valide les calculs du Medef
L’autre reproche adressé par la CIP et les responsables de structures au ministère de la Culture est la volonté du gouvernement de subventionner l’accord. Selon Violaine-Marine Helmbold de la CIP, ce soutien financier est plus dangereux qu’autre chose :
« Un accord paritaire est stable, tandis qu’une subvention peut être remise en cause à chaque gouvernement. On voit bien ici que le gouvernement socialiste tente d’amadouer les intermittents en vue des prochaines élections. On aimerait qu’à l’issue de ces négociations, qui ont atteint un point d’équilibre, la situation des intermittents et leur indemnisation soit pérennisée. Par ailleurs, compenser ainsi le “manque” revient à avaliser l’analyse du Medef. Or l’assurance chômage est un tout, on ne peut pas séparer ainsi une branche des autres. »
Selon Frédéric Simon, le régime des intermittents serait à l’équilibre s’il prenait en compte les cotisations des employés permanents du secteur culturel, qui se retrouvent actuellement dans le régime général.
Malgré les pressions de la ministre de l’Écologie Ségolène Royal et du gouvernement, EDF aurait décidé de ne pas fermer la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) pour le moment, indique le quotidien Le Monde ce mercredi 15 avril.
Depuis plusieurs mois, l’Etat, actionnaire à 85% d’EDF, tente de faire enclencher la fermeture anticipée de la plus vieille centrale de France, en service depuis 1977. C’était une des promesses de campagne de François Hollande et un des cheval de bataille de Ségolène Royal depuis son entrée au ministère de l’écologie. Mais d’après quatre sources du Monde, « concordantes » et proches du groupe, le PDG du groupe Jean-Bernard Lévy, nommé à son poste par Manuel Valls en février 2014, aurait décidé de ne pas fermer la centrale pour le moment.
En février, Ségolène Royal avait rappelé à Jean-Bernard Lévy de « tenir l’échéance de juin 2016 » pour la fermeture de la centrale. Puis, dans une lettre datée du 4 mai et citée par Le Monde, elle s’étonnait que le PDG n’ai consulté ni son conseil d’administration, ni son comité d’entreprise :
« Je suis étonnée que ces procédures n’aient toujours pas été activées, mais je ne doute pas que tout est prêt pour le faire. »
La direction de la politique prise pour l’avenir de Fessenheim n’est pas aussi claire… (Photo Till Westermayer / FlickR / cc)
L’État propose 80 à 100 millions d’euros
Le problème est tant politique que financier. Sur ce deuxième point, l’écart entre les espoirs de compensations de l’entreprise et ce que propose de donner l’Etat est abyssal : EDF souhaitait obtenir 2 à 3 milliards d’euros pour cette fermeture, tandis que la ministre de l’Écologie a proposé, début mai, de verser 80 à 100 millions d’euros à EDF. Une source du journal, administrateur d’EDF, commente cette situation :
« Jean-Bernard Lévy n’a pas le choix. S’il lance la fermeture sans accord sur l’indemnisation, n’importe quel actionnaire minoritaire d’EDF pourra aller en justice et gagner. L’allemand EnBW et les suisses Alpiq, Axpo et BKW, qui détiennent un tiers de Fessenheim, pourraient, eux aussi, attaquer. »
Enfin, le problème est politique. Le délai initialement prévu est désormais intenable. Même si Jean-Bernard Lévy souhaitait instiguer juridiquement la fermeture du site, il devrait réunir son conseil d’administration. Ce qui ne serait pas possible avant décembre, d’après une source du Monde. Et au sein de l’entreprise, certains « jouent la montre » : si une alternative politique devait voir le jour en 2017, certains candidats à l’élection présidentielle annuleraient la décision de fermer la centrale nucléaire. Nicolas Sarkozy, qui a visité la centrale le 23 mai dernier, a notamment promis d’annuler cette décision.