Le procès des djihadistes de la « filière de Strasbourg » s’est ouvert lundi. Sept Strasbourgeois répondent d’association de malfaiteurs en vue de commettre des actes de terrorisme devant le tribunal correctionnel de Paris. Huit à dix ans de prison ont été requis contre eux à l’issue de la sixième journée d’audience.
Sept personnes de 24 à 27 ans revenues de Syrie après ce qu’ils appellent « un voyage humanitaire » comparaissent depuis lundi devant le tribunal correctionnel de Paris pour association de malfaiteurs en vue de commettre des actes de terrorisme jusqu’au mardi 7 juin. Ils appartiennent à la « filière de Strasbourg », qui a vu 15 personnes de la Meinau, d’Illkirch-Graffenstaden et de Schiltigheim rejoindre l’Etat Islamique via la Turquie. Ceux qui sont revenus ont été arrêtés en mai 2014.
Retrouvez ci-dessous le compte-rendu réalisé en direct de la sixième journée d’audience. Le procès doit durer jusqu’au mardi 7 juin.
Le compte-rendu de l’audience en direct
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Le festival Contre-Temps se déroulera du 9 au 19 juin à Strasbourg. Plus de 100 artistes doivent se produire un peu partout en ville entre concerts, croisières lounge, performances artistiques et pelouses sonores…
Plus de 30 événements diurnes et nocturnes rythment les 11 jours du festival Contre-Temps, du 9 au 19 juin. Au programme ? Electro, Nu Jazz, Soul, Funk, Techno, House, Latin, Afrobeat ou Hip-Hop provenant de la scène locale et internationale.
Gilles Peterson, Octave One, Joey Negro et Sadar Bahar : les 4 têtes d’affiches musicales
Stéphane Robinot, programmateur du festival, avoue courtiser Gilles Peterson depuis la première édition du festival (il y a 13 ans). Et pour cause, il est l’un des DJ et producteur anglais les plus connus au monde et est une référence de l’underground, de Londres jusqu’aux clubs de La Havane. C’est dans la salle d’escalade Roc en Stock (25 rue du Maréchal Lefebvre à la Meinau), le vendredi 17 juin, que résonneront ses impulsions novatrices et autres sons futuristes.
Le dj underground Gilles Peterson (Photo : Contre-Temps / doc remis)
Le duo Octave One en provenance de Detroit sera également de la partie. Ils clôtureront le festival avec un live lors de la soirée « Final Beat », également à Roc en Stock, le samedi 18 juin à 23h. Ils travaillent la lumière, le rythme sur des thèmes urbains, sombres et fiévreux, mixant avec style techno et deep house.
La soirée « Final Beat » 2015, dans la salle d’escalade Roc en Stock (Photo : Touch Arts / doc remis)
Joey Negro, dit le « pape de la house disco » fait aussi partie de la programmation. Il mêle house, garage et disco ou remixe les classiques de l’âge d’or du disco funk. Il se rendra au Living Room (11 rue des Balayeurs à Strasbourg – Krutenau), le vendredi 10 juin à 23h pour un dj set.
Sadar Bahar, qualifié de « pépite sonore » par Stéphane Robinot sera lui aussi de passage à Strasbourg pour l’opening du festival le 9 juin à 23h au Mudd Club (7 rue de l’Arc-en-ciel à Strasbourg). Il est considéré comme une pointure soul, funk, disco et rare groove venue de Chicago. Avis aux amateurs de raretés disco funk mid-70’s et fusions jazz funk early 80’s.
Des découvertes et nouveaux talents venus des quatre coins du monde
Pour la soirée « One night in Bangkok », le groupe thaïlandais The Paradise Bangkok Molam sera présent à l’espace Django Reinhardt (4 impasse Kiefer à Strasbourg-Neuhof) le jeudi 16 juin à 20h. Leur style improbable mêle western funk et thaï music des 70’s.
Mr Raoul K propose un mélange de la techno contemporaine et des musiques d’Afrique de l’Ouest. Il a construit ses mixes et sa réputation entre les soirées à Hambourg, les clubs à Berlin et son home studio à Lübeck (Allemagne du nord) où il réinvente les transes hypnotiques d’une house panafricaine. L’afrobeat résonnera lors de la soirée « Final Beat » à Roc en Stock le samedi 18 juin.
Le duo de berlinois Africaine 808 se rendra au Shadok le samedi 11 juin à 21h pour un live dans un style allant d’une cumbia lente à une disco percussive, en passant par la house. Leur musique se veut une rencontre entre la boîte à rythme Roland TR-808 (aux lignes rythmiques, du hip-hop à l’électro) et des sons piochés dans les musiques du monde.
Nouveauté 2016 : une fête de quartier sur la presqu’île Malraux
Une « Block Party » en plein air, totalement gratuite, réunira les 3 composantes de la culture hip-hop :
La musique, avec le DJ Dee Nasty aux platines
La danse, avec une battle contest
L’art de rue, avec Graffiti Jam
Elle se déroulera durant le week-end du 11 et 12 juin, sur la presqu’île Malraux.
DJ Dee Nasty, légende du hip-hop hexagonal, sera aux platines le samedi 11 juin (Photo : Contre-Temps / doc remis)
La cinquième journée du procès de la « filière de Strasbourg », dans lequel sept Alsaciens sont jugés pour avoir rejoint les rangs de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) fin 2013, a été consacrée aux récits des retours en France des quatre derniers prévenus. « Vous n’aviez pas l’air si mal que ça en Syrie », a plusieurs fois lancé la présidente du tribunal aux prévenus, qui, pendant six heures, ont dû justifier leurs motivations à rentrer chez eux.
« Articulez ! C’est important qu’on vous comprenne ! » Enfoncée dans son fauteuil, Sabine Faivre, la présidente du tribunal correctionnel de Paris, s’agace. Elle interrompt le récit d’Ali H. L’homme de 26 ans reprend d’une voix plus forte, bien en face du micro. Il raconte comment, avec son petit frère Mohamed et Radouane T., ils ont choisi de quitter la Syrie.
En prétextant vouloir voir leurs familles à la frontière turque, ils obtiennent une autorisation de sortie du territoire de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL). Un « petit papier tamponné », garant de leur échappatoire. Il y a eu les « cris de joie » après avoir traversé la frontière. Puis la douche froide, lorsque les Français s’aperçoivent qu’un des deux passeurs Syriens collaborait avec les autorités turques.
Après le récit du retour en France de trois prévenus jeudi, le tribunal s’est intéressé lors de cette cinquième journée du procès de la filière de Strasbourg, aux périples de quatre des sept Alsaciens jugés pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste : les frères Ali et Mohamed H., Radouane T. et Karim Mohamed-Aggad (lire le compte-rendu réalisé en direct).
« Ali, il est déter »
La présidente du tribunal reprend : « Tous les trois avez été vendus par un passeur. » Les prévenus expliquent avoir été interrogés par la police turque avec la peur d’être renvoyés en Syrie, dans les bras de l’État islamique en Irak et au Levant. À la faveur d’une porte mal fermée du poste de police turc, Radouane T. raconte avoir pu s’échapper et retrouver sa mère.
D’emblée, le tribunal s’interroge sur l’aspect volontaire de leur retour en France. Il y a ces discussions retranscrites, entre Karim Mohamed-Aggad, alors encore en Syrie, et Mohamed H. :
– Karim Mohamed-Aggad : « Tu comptes revenir chez Dawla (l’État islamique, NDLR) ?
– Mohamed H. : On verra. »
« J’aurai pu dire “oui, dès que je peux j’y retourne” », rétorque le prévenu. Le procureur de la République exprime aussi ses doutes, sur la base d’écoutes téléphoniques du cousin des frères H. : « Mohamed, il a toujours plus ou moins les mêmes idées par rapport au pays des mécréants. Mais Ali, c’est du lavage de cerveau, il est déter (déterminé, ndlr), il n’y a plus rien à faire pour lui. » Comment dès lors justifier le retour en France ?
Un poste frontière turc vers la Syrie Photo : Michael Swan / FlickR / cc
D’autant plus que le tribunal s’attarde ensuite à l’analyse des profils Facebook des trois jeunes hommes et des recherches internet qui laisse la juge perplexe : « vous n’aviez pas entendu parler d’Al Bagdadi (le chef de l’État islamique, ndlr) avant d’aller en Syrie ? » Sans compter les photos de décapitations tirées des téléphones portables, les captures d’écran de revendications d’attentats perpétrés par l’EIIL et les nouvelles que prennent les Alsaciens de connaissances qu’ils se sont faits, en Syrie.
– La juge : « J’ai l’impression que vous gardez un excellent souvenir [de la Syrie].
– Mohamed H. : Pour la 25e fois, ça [les photos] consiste en une observation du conflit.
– La juge : Vous prenez des nouvelles de Français sur le point de faire la dogma. C’est quoi ?
– Mohamed H. : Ce sont les kamikazes. »
« Je leur en ai voulu d’être parti »
« Monsieur Karim Mohamed-Aggad. » La présidente se tourne vers le dernier prévenu dont l’interrogatoire va durer près de deux heures. Du groupe d’Alsaciens, l’homme de 26 ans, originaire de Wissembourg, est le dernier à quitter la Syrie.
« J’ai été le plus exposé au danger. On m’a plusieurs fois demandé où étaient passé mes collègues. Je leur en ai voulu d’être partis. »
Le prévenu raconte comment, en prétextant aller voir sa mère malade à la frontière turque, il obtient le fameux laisser-passer d’un émir, qui le croit « sur parole ». Arrivé en Turquie, il est interrogé et doit s’acquitter d’une amende de 300 euros, en plus d’être condamné à une interdiction de territoire pendant six mois. Ici encore, le ministère public interroge la sincérité du retour de Karim Mohamed-Aggad, en ressortant une discussion entre le prévenu et Mourad Farès, le recruteur présumé des Strasbourgeois :
– Karim Mohamed-Aggad : « Je suis en France.
– Mourad Farès : Sache que cette fitna (subversion, ndlr) fait partie du test.
– Karim Mohamed-Aggad : Je suis interdit six mois d’aller en Turquie.
– Mourad Farès : Six mois ça passe vite.
– Karim Mohamed-Aggad : Je me sens hypocrite d’être parti. »
« J’accordais beaucoup d’estime à Mourad Farès », se justifie le prévenu. « Je ne voulais pas paraître pour le lâche, le faible. »
« Au lieu d’être décoré, je suis jeté en pâture, traité de terroriste »
Karim Mohamed-Aggad le reconnaît : il est « un peu narcissique sur les bords. » D’où les nombreux selfies, extraits de son téléphone portable, le montrant armé d’un sabre, affublé de tenues militaires ou agrippé au canon d’un tank, faisant le « V » de la victoire . « J’ai jamais vu de tank de ma vie, donc je suis impressionné », sourit-il.
Sûr de lui, l’homme répond point par point sur les différentes photos tirées du dossier. À côté de la présidente, un assesseur tourne le classeur et montre au public chaque photo dont il est question. Vexé, le prévenu lâche :
« J’ai l’impression d’avoir un traitement de faveur par rapport aux autres. Vous montrez chaque photo. J’’ai l’impression qu’on veut m’afficher, ça me gêne. »
Depuis le début de la semaine, les regards sont tournés vers lui, le frère de Foued Mohamed-Aggad, de deux ans son cadet et figurant parmi les kamikazes du Bataclan. Karim Mohamed-Aggad, qui avait pourtant averti en début de procès qu’on ne « choisissait pas sa famille », sait qu’à travers lui, c’est le souvenir des attentats du 13 novembre qu’on regarde.
« Je reviens [d’avoir combattu Bachar] et au lieu d’être décoré, je suis jeté en pâture, traité de terroriste. La présomption d’innocence, depuis deux ans, je la connais pas. »
Entre deux blagues sur le livre qu’il serait en train d’écrire sur sa vie ou celle d’un apprenti djihadiste – il n’est pas encore fixé sur le sujet- pour « faire concurrence à David Thomson », il réfute les accusations d’un agent pénitentiaire qui l’aurait entendu se réjouir des attentats de Paris.
« Imaginez le comportement des gardiens à mon encontre après que mon frère ait fait parti du commando du 13 novembre. »
Lundi auront lieu les réquisitions. Pour deux à quatre mois de présence au sein de l’État islamique en Irak et au Levant (EILL), les prévenus encourent jusqu’à dix ans de réclusion criminelle.
Journaliste indépendante et professeur d’éducation aux médias. Sujets société, inégalités, éducation, police-justice. J’aime aussi écrire sur le rap et la culture hip hop de Strasbourg et d’ailleurs.
Balade nature. – Neudorf ? Le quartier le moins vert de Strasbourg… à moins que. En suivant le Ziegelwasser et le Rhin Tortu, du Bruckhof au Baggersee, en passant par la Meinau, l’on découvre une coulée verte incroyablement agréable et paisible. À parcourir à la cool en 3 heures, avec pause(s) farniente et pique-nique.
Avant le départ. – Comme pour les précédentes balades décrites sur Rue89 Strasbourg, ce parcours s’effectue en 3 heures environ, incluant de courtes pauses, en 4 heures avec un arrêt pique-nique / sieste. Les chaussures de marche sont à privilégier (plus confortables sur la durée), même si des baskets suffisent en théorie.
En fonction de la météo, prévoyez une cape de pluie ou de la crème solaire… Il n’est pas inutile non plus de vous charger d’une serviette de plage et d’un maillot de bain pour un plongeon en fin de balade au plan d’eau du Baggersee !
Ce circuit est accessible en transports en commun et peut être interrompu à diverses reprises, tant la desserte en bus (27, 31, 40, 57, 67) et trams (arrêt Kibitzenau sur la ligne C, à mi-parcours) est dense dans les quartiers traversés.
1 – Le nouveau Bruckhof
Départ. Descendez à la station Jean-Jaurès (ligne C et D) pour profiter à plein de la balade (vous pouvez couper et descendre à Aristide-Briand, mais vous manqueriez le Bruckhof…). Remontez la rue de Stosswihr vers le nord, jusqu’à l’entrée du club de football. Bifurquez à droite (avec la rivière à votre droite), le long de la promenade des berges du Ziegelwasser. Le chemin de terre longe le stade du Brukhof – beaucoup de stades tout au long de cette balade ! – puis les nouveaux immeubles de ce quartier, habité depuis 2013 et au cœur des débats sur la densification urbaine à Strasbourg…
La partie sud du nouveau Bruckhof a vue sur le Ziegelwasser (Photo Pascal Bastien)
Laissant l’épicerie à droite, traversez les rails du tram (station Aristide-Briand et avenue éponyme) et continuez sur le quai du Bruckhof. Vous êtes là au nord du quartier de la Musau, un sous-ensemble de Neudorf. Le Ziegelwasser est désormais votre repère.
2 – Le long de la Cité U Alfred-Weiss
Ancien bras du Rhin, le Ziegelwasser et ses abords sont le poumon vert de Neudorf, souvent méconnu. Véritable coulée verte dans ce quartier très urbain, le cours d’eau est bordé d’arbres et de pelouses, de bancs et même de tables de ping-pong, à proximité de la cité universitaire Alfred-Weiss, au-delà de la rue du Vieil-Armand (qu’il faut traverser en continuant tout droit).
Les berges arborées du Ziegelwasser, à Neudorf (Photo Pascal Bastien)
Le foyer Adoma, un ovni architectural dans la verdure (Photo Pascal Bastien)
Un peu plus loin, le nouveau foyer Adoma (ex-Sonacotra) apparaît, tout en métal environné de verdure. A droite, prenez le petit pont de bois (il y en a plusieurs, qui mènent tous plus ou moins au même endroit…). Vous vous retrouvez entre deux bras d’eau, le long de serres, puis avec le Ziegelwasser à votre gauche.
3 – Le parc du Kurgarten
De part et d’autre de la rivière, des jardins familiaux s’alignent, proprets. La voie ferrée qui longe les jardins côté sud est invisible et quasi-inaudible. Bientôt, vous entrez dans le parc du Kurgarten, ses chaises longues, ses bancs, ses jeux d’enfants, ses joggers, chants d’oiseaux et mamies avec chiens. Petite pause possible, à l’ombre des grands arbres du parc, avant ou après être passé sous le pont de la rue d’Orbey. Cette rue est un ancien cul-de-sac, percé au milieu des années 2000 pour permettre aux bus de rejoindre le nouveau dépôt CTS, déménagé du Bruckhof vers la Kibitzenau.
Le parc du Kurgarten est tout en longueur et très fréquenté par les joggers et enfants du sud de Neudorf (Photo Pascal Bastien)
4 – La Kibitzenau
Continuez toujours tout droit (le Ziegelwasser est désormais à votre droite), le long de la voie ferrée. Après la sortie du parc, le chemin passe sous le pont de chemin de fer et continue vers le quartier en mutation de la Kibitzenau, parallèlement à la rue des Corps-de-Garde.
Le tunnel sous la voie ferrée permet de passer de Neudorf à la Kibitzenau (Photo Pascal Bastien)
Marchez sur la piste cyclable, puis à côté, le long de la rivière, jusqu’au croisement avec l’avenue du Neuhof (bus 31, 57 et 67, tram C) et la rue de l’Aéropostale. Vous n’êtes pas tout à fait à mi-parcours, mais c’est le point de rupture multi-modal le plus important de la balade… Au cas où vous (ou votre progéniture) en ayez déjà plein les bottes.
La piscine de la Kibitzenau, rénovée récemment (Photo Pascal Bastien)
Immeubles récents à proximité de la Kibitzenau (Photo Pascal Bastien)
Si vous êtes chaud et que tout va bien, traversez la rue et trouvez (facilement) le petit chemin qui continue le long du Ziegelwasser, avec la piscine de la Kibitzenau, fraîchement rénovée, sur votre droite.
5 – Entre le Neuhof et la Meinau
Ce tronçon, parallèle à la rue du Moulin-à-Porcelaine (quel joli nom de rue !), est plus confidentiel, petit filet de nature entre de nombreux terrains de foot (toujours) et des immeubles récents. Une fois traversée la rue du Général-Offenstein, le chemin longe le quartier des Canonniers puis celui de Solignac, hérissés de barres HLM, mais toujours baigné de verdure. Après ceux de l’école Albert-Legrand dans le parc du Kurgarten, des cris d’enfants retentissent à nouveau sur la gauche, dans la cour de l’école du Ziegelwasser.
Terrains de foot de la Meinau (Photo Pascal Bastien)
Passée la rue de Solignac, l’on peut se dire dans le quartier de la Meinau. Là, un terrain de basket apparaît dans les hautes herbes, sur une pointe (en cul-de-sac) au bout de laquelle Ziegelwasser et Rhin Tortu se rejoignent. Petite pause photo (ou autre), les fesses dans l’herbe, à regarder les poules d’eau construire leur nid et couver leurs œufs…
A la confluence du Rhin Tortu et du Ziegelwasser (Photo Pascal Bastien)
6 – Le parc Schulmeister
Après avoir fait le tour de la pointe, prenez le chemin à droite vers le parc Schulmeister, aménagé en 1807 en même temps que le château du même nom (au bout de la route de la Meinau), dont il ne reste que quelques traces. Après des travaux importants (2009-2011), le parc est le spot immanquable de la balade. Vous pouvez y pique-niquer sur des tables prévues à cet effet, lézarder sur des chaises longues ou sur l’herbe en bordure de l’étang, laisser jouer les enfants, de tous âges, sur des agrès plus sympas et variés qu’ailleurs.
Le parc Schulmeister, idéal pour pique-niquer et faire jouer les enfants (Photo Pascal Bastien)
7 – Le long du Rhin Tortu, en bordure du Stockfeld (Neuhof-village)
Sortez du parc Schulmeister par le sud (chicanes après un pont en béton et métal), puis la droite : vous vous retrouvez sur la berge gauche du Rhin Tortu, côté Neuhof. A gauche, des barres d’immeubles, à droite, au-delà du cours d’eau, des maisons cossues.
A hauteur du cimetière sud, entre Neuhof et Meinau (Photo Pascal Bastien)
Le long du Rhin Tortu, barques et jardins privatifs (Photo Pascal Bastien)
Une fois passé sur le pont d’Aquitaine (dessous, c’est plutôt glauque…), croisant l’Allée de l’Abbé-de-L’Epée, aménagée en 2006, vous continuez sur la rue des Cormorans, le long du Rhin Tortu. L’ambiance devient romantique, des barques sont amarrées au bout des jardins, avec ouverture sur la rivière.
A droite, vous devez passer une chicane peinte en blanc, tourner à droite, puis encore à droite, au-dessus de la rivière (rue des Linottes). Vous quittez alors la rivière pour ne plus la retrouver. Une fois place des Bergeronnettes, tournez à gauche dans la rue des Sarcelles, puis à droite rue du Pont-Schuhansen. Traversez à hauteur du croisement entre la rue du Rhin-Tortu et la route du Neuhof (cimetière sud), avant d’être coincé par le garde-corps.
8 – La réserve naturelle de Strasbourg-Neuhof/Illkirch
Réserve naturelle de Strasbourg Neuhof / Illkirch (Photo Pascal Bastien)
Au chêne pédonculé, prenez à droite (Photo Pascal Bastien)
Prenez à droite, vers le départ du parcours de santé. Vous arrivez dans une clairière en triangle : prenez à droite, par un chemin macadamisé (pas le tronçon le plus agréable de la balade…), avec des jardins familiaux sur votre droite.
9 – Le plan d’eau du Baggersee
En arrivant sur un rond-point flambant neuf, prenez tout de suite à gauche et entrez sur l’aire du plan d’eau du Baggersee. Autour de cette ancienne gravière, vous pouvez souffler, vous baigner, accéder aux toilettes et au restaurant les jours d’ouverture (baignade surveillée du 2 mai au 31 août).
La baignade est surveillée tout l’été sur le plan d’eau du Baggersee (Photo Pascal Bastien)
Dernier arrêt avant la fin de la balade : le Baggersee (Photo Pascal Bastien)
Pour vous rendre au point d’arrivée, faites le tour du lac par le sud, en traversant les espaces de loisirs. A la porte sud, faites connaissance avec les concierges du lieu, des paons femelles et mâles, prompts à faire la roue… Reste ensuite – tâche ingrate – à rejoindre la station de tram A et E en zigzagant entre les rangées de voitures du parking de chez Auchan.
Des paons gardent l’entrée du plan d’eau du Baggersee, côté supermarché Auchan (Photo Pascal Bastien)
Pour fêter ses 90 ans, le port autonome de Strasbourg a installé des conteneurs sur la place Kléber. Ils sont plus jolis que ceux qui bordent le Rhin, et remplis d’expositions et de jeux pour les enfants. L’objectif est de rappeler à tous les Strasbourgeois qu’ils vivent dans une ville portuaire.
Difficile de ne pas remarquer les six conteneurs colorés empilés place Kléber. Pour ses 90 ans, le port autonome de Strasbourg (PAS) s’est invité au centre-ville du 1er au 7 juin pour se rappeler aux Strasbourgeois. À l’heure où l’extension urbaine rattrape les zones portuaires, ce n’est pas inutile. Une rumeur dit que pour son centenaire, le Port va exposer une péniche place Kléber…
Sur ces conteneurs, les principaux chiffres du PAS : « 800 000 passagers », « 10 000 emplois » ou encore « 2ème port fluvial français »… Des affiches y sont installées, retraçant l’histoire du port autonome de Strasbourg depuis le Moyen-Âge et son glissement progressif vers le Rhin.
Place Kléber, des affiches accrochées à des conteneurs retracent l’histoire du port autonome de Strasbourg. (photo Auriane Poillet / Rue89 Strasbourg)
Près du centre commercial Rivétoile, sur le parvis de la médiathèque André Malraux, d’autres conteneurs sont installés à destination des plus jeunes. Disposés en « U », il accueillent en leur centre un grand plan du port. A l’intérieur, des jeux pour enfants, leur expliquant le port avec des mots simples. « Le voyager de Sawyer », un livret pédagogique réalisé par l’école supérieur du professorat et de l’éducation et qui raconte le périple d’un conteneur jaune y est également consultable.
Des photographies et des peintures place d’Austerlitz
Samedi, le Café Berlin, place d’Austerlitz, accueillera le vernissage de l’exposition « Le port, un lieu d’inspiration » à partir de 17h30. Le but est de mettre en avant les artistes hébergés dans la zone portuaire. Les photographies de Christophe Bogula qui a travaillé sur le monde industriel et portuaire et des panneaux explicatifs seront exposés. Au même endroit, Christophe Meyer propose une autre vision du port avec des clichés saturés et en faisant disparaître certaines couleurs.
Sur la même place, mais au Café Bâle cette fois, Patrick Bastardos exposera ses peintures représentant les wagons rouillés du port du Rhin et des bassins du port autonome. Un peu plus loin, à la galerie rendez-vous, le collectif Graphiklight composé de Stéphane Liebgott et Hugo Mairelle proposent un univers différent du port. En utilisant le « light painting », les artistes font découvrir le port de nuit, jouant avec les lumières.
Le retour des Strasbourgeois en France quelques mois après leur arrivée en Syrie était-il sincère ? Au cours ce quatrième jour de procès de la « filière de Strasbourg », le tribunal s’est penché sur les motivations réelles de trois des sept jeunes hommes partis en décembre 2013. Et a mis en lumière les tensions naissantes au sein du groupe, dont la solidarité semble s’être lentement effritée au cours des semaines.
« Ça ne ressemble pas à un pot d’adieu. » Dans sa main, Sabine Faivre, la présidente du tribunal, agite une liasse de photos extraites des téléphones portables des Strasbourgeois. Dont une, les montrant assis dans un snack de Chedaddi, en Syrie, tout sourire, l’index droit levé vers le ciel. « Tout le monde est très souriant », remarque la juge. Comme il le peut, Mokhlès Dahbi explique qu’à ce moment-là, il avait « déjà préparé sa fuite » avec Banoumou Kadiakhé, son ami de la Meinau. À deux, ils avaient élaboré un « plan hypothétique » pour sortir de Syrie. Sauf qu’au moment de la photo prise le 27 février, veille de leur départ, il « fait semblant », pour dit-il, « ne pas éveiller les soupçons. »
Au quatrième jour du procès de la filière de Strasbourg où sept Alsaciens, partis en Syrie fin 2013, sont jugés pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, le tribunal correctionnel de Paris s’est interrogé sur la sincérité de leur retour. « Vous paraissez enjoués ! », insiste la présidente. « C’était le contexte de la photo. On prend la pose, c’est tout », se justifie Mokhlès Dahbi qui apparaît armé d’une kalashnikov dont il ignore « si elle était armée ou non ».
Frime et crucifixion
Et puis il y a ce geste sur la photo, cet index de la main droite levé vers le ciel. Un signe de ralliement à l’EIIL (État islamique en Irak et au Levant) ? « C’est le signe d’attestation de la foi (Chahada, ndlr) », explique Mokhlès Dahbi. Un geste banal, une simple manière pour tout musulman de montrer son appartenance à l’islam. Un geste aujourd’hui récupéré par les mouvances islamistes.
Le tribunal cherche à savoir si les prévenus étaient présents sur des zones de combats, s’ils ont eux-mêmes combattus, et quel était leur degré d’endoctrinement. Le ministère public fait état d’une vidéo dans laquelle résonnent des rafales d’AK-47 et cette phrase, lancée en français : « on va aller fumer des ennemis. » « C’était pour rigoler », se justifie l’un des prévenus.
Pour rigoler aussi, que l’un des prévenus explique à la présidente avoir voulu frimer lors d’une discussion en évoquant l’une des premières crucifixion médiatisée à Raqqa en mars 2014. « Frimer avec une crucifixion ? Bien. », s’étonne la juge qui d’une main, referme l’un des nombreux dossiers posés devant elle.
Le tribunal correctionnel de Paris, pendant une suspension d’audience Photo : Paul Gogo
« Vous savez que vous êtes décrit comme un traître ? »
Les débats s’attardent ensuite sur les retours de trois des prévenus, Miloud Maalmi, Mokhlès Dahbi et Banoumou Kadiakhé. Un départ décidé « en une fraction de seconde » par Maalmi, après les deux jours de sévices subis alors qu’il cherchait à éviter le camp d’entraînement.
– La juge : « Vous savez que vous êtes décrit comme un « traître » par les autres membres du groupe dans la procédure.
– Miloud Maalmi : « Je sais pas, il faut leur poser la question. »
Il est d’abord convenu que les trois jeunes hommes fuient la Syrie ensemble. Miloud Maalmi part finalement seul, laissant ses deux comparses dans l’incertitude. Est-il réellement parti ? A t-il été rattrapé ? Dans un long récit, émaillé de détails précis, Mokhlès Dahbi convoque sa mémoire et ses souvenirs.
« On fait mine d’aller acheter à manger au souk. En fait, on a pris un taxi. (…) On voulait pas se faire cramer. On a pris un taxi qui n’a pas posé de questions : on ne disposait pas d’autorisation pour se déplacer. Arrivés à Raqqa, on ne sait pas quoi faire. Je vais dans un taxiphone et j’appelle mon père, je lui demande de rester discret. »
« On s’est baissés, on a fait comme les moutons »
Accompagné de Banoumou Kadiakhé, Mokhlès Dahbi entame le voyage vers la frontière turque. Nouveau contact avec son père : Dahbi lui signale que s’il ne donne plus de nouvelles, c’est qu’il est mort. Tué par l’EIIL ou par l’armée turque. Arrivés près de la frontière, les deux Alsaciens rencontrent des Syriens qui leur indique un berger : ce dernier doit aller en Turquie avec ses moutons.
« Alors on y va, on se baisse et on fait le mouton. »
Dans le box d’en face, les quatre autres prévenus, Mohamed et Ali Hattay, Radouane T. et Karim Mohamed-Aggad sont morts de rire.
Les deux hommes finissent par arriver à Istanbul. Mokhlès Dahbi avoue avoir hésité à aller au Maroc, pays d’origine de son père. « Un plan totalement farfelu », confesse t-il. D’après leurs déclarations, ils restent une dizaine de jours en Turquie, déclarent la perte de leurs papiers et se rendent au consulat.
Revenus en France, Mokhlès Dahbi, Banoumou Kadiakhé, tout comme Miloud Maalmi, rentré quinze jours plus tôt, reprennent leurs vies. S’inscrire « aux Assedic » pour l’un, passer à la préfecture « faire un permis » pour un autre. « Je savais que tôt ou tard j’allais devoir rendre des comptes, lâche un des prévenus. De là à faire 27 mois de prison pour un mois et demi en Syrie… »
Le procureur relève un message, envoyé par Foued Mohamed-Aggad à Banoumou Kadiakhé : « Rentre au Cham (terre sacrée des musulmans, ndlr), laisse Mokhlès s’il veut bouger. »
« Il voulait que je rentre, mais j’ai préféré pas lui répondre », explique le prévenu. Foued Mohamed-Aggad ne rentrera en France que pour participer à l’attaque du Bataclan, le 13 novembre 2015, faisant 90 morts.
Journaliste indépendante et professeur d’éducation aux médias. Sujets société, inégalités, éducation, police-justice. J’aime aussi écrire sur le rap et la culture hip hop de Strasbourg et d’ailleurs.
En direct- Les élus des 28 communes de l’Eurométropole se réunissent pour délibérer sur l’avenir de l’incinérateur de Strasbourg, dont l’arrêt complet pour 2 ans et demi a été décidé. L’occasion d’y voir un peu plus clair, avec notamment l’annonce d’un montant total des coûts engagés. À partir de 10h.
Le feuilleton de l’incinérateur revient en Conseil de l’Eurométrople avec une séance spéciale. Depuis que de l’amiante ait été détectée en 2014, c’est déjà le troisième avenant au contrat d’exploitation. L’usine appartient à l’Eurométropole mais c’est la société Sénerval, filiale du groupe Séché, qui l’exploite depuis 2010. La délibération prévoit un arrêt total pour 2 ans et demi des fours, qu’il faut complètement désamianter. Deux autres avenants plus détaillés suivront en 2016.
Pendant ce temps, le déchets strasbourgeois continueront d’être brûlés voire enfouis ailleurs en France, en Allemagne ou en Suisse (comme depuis 2 ans pour tout ou partie), pour un coût estimé à 100 000 euros par jour. Une dégradation volontaire et un accident ont émaillé les travaux de désamiantage depuis 2014.
« Toutes les hypothèses ont été envisagées »
Pour le président de l’Eurométropole Robert Herrmann (PS), toutes les hypothèses étaient envisagées :
« Si on arrêtait le contrat, il fallait de toute façon désamianter l’usine lors de sa destruction et en construire une nouvelle, ce qui aurait pris 3 à 4 ans. Ensuite, soit on finance cet équipement nous-mêmes et c’est 250 millions d’euros, ce qui n’est pas prévu dans nos budgets, soit on la fait construire par un opérateur privé et il faut se mettre d’accord sur le prix de l’énergie revendue ensuite pour amortir cette dépense. »
Quant à la cinquantaine de salariés, une activité de tri devrait être maintenue sur site pour qu’il n’y ait pas de licenciement.
« Ne plus changer » la taxe augmentée
L’enjeu est désormais que tout ceci pèse le moins possible sur les finances locales et par ricochet sur les impôts locaux. Alors que l’augmentation de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) devait être provisioire pour faire face à la situation (4% en 2015 ; 2,5% en 2016), il est désormais simplement question « de ne plus la changer », dixit le président de l’Eurométropole.
Le coût total de l’opération attendu
Lors de la séance de ce vendredi 3 juin, l’opposition risque de demander des comptes sur cette situation, dont elle reproche le manque de transparence. Le coût total de l’opération sera dévoilé dans l’hémicycle. Pour Robert Herrmann, il faut être prudent et séparer le coût des travaux de désamiantage (15 millions d’euros), de celui des détournements de déchets et l’indemnisation de l’entreprise Sénerval pour les pertes subies.
Pour l’année 2015, le total est estimé entre 23 et 27 millions d’euros. Il réfute en tout cas l’idée que deux ans ont été perdus sur ce dossier « Ce fut fut un temps d’analyse, de réflexion et de travaux ». Critiqué sur la durée de la délégation, l’Eurométropole répond qu’il y a eu 50 millions de travaux de modernisation supportés par l’entreprise Sénerval, qu’il fallait amortir sur une durée lognue. Avant la délégation, l’usine n’était pas capable de produire de chaleur à revendre.
Des répercussions au-delà des déchets
Malgré ces dépenses non-prévues, la collectivité espère encore que sur l’ensemble des 20 ans de la durée de la délégations de service publique, les recettes équilibrent toutes les dépenses actuelles. Quand l’incinérateur fonctionnera, l’Eurmétropole paiera 56,27 euros la tonne brûlée auprès de Sénerval, contre 100€ en moyenne pour les collectivités qui ne sont pas propriétaires de leurs installations.
Les répercussions dépassent le cadre des déchets, puisque la chaleur, le gaz et l’électricité produits par l’usine alimentait des bailleurs sociaux, des habitants et des les entreprises du port autonome. Pour Robert Herrmann, un des enjeux sera que les prix ne s’envolent par à la réouverture :
« Pour le moment, on a une fenêtre favorable pour les entreprises, car le prix du gaz est faible, car il est indexé sur le pétrole. On s’assure que les prix d’énergie soient les mêmes à la réouverture. Une hausse impacterait leur compétitivité. »
Vers une démarche de réduction des déchets
En attendant, l’Eurométropole va essayer de réduire ses déchets pour limiter les dépenses en détournements. Pour la vice-présidente en charge des déchets François Bey (PS) cela passera par « un changement de mentalité de nos concitoyens ». Certes, mais il faudra plus que ça, et la collectivité a remporté un appel à projet « Vers un territoire zéro déchet ».
L’objectif de réduire les déchets de 7% entre 2010 et 2015 (soit 1,4% par an) a été atteint, il faut désormais passer à 10% en 2020. Seuls 15 « axes » sont connus (prévention, amélioration du tri, etc) mais leur transposition concrète est encore à un horizon lointain. Une personne sera en tout cas recrutée pour 3 ans, afin de faire vivre ces projet.
Vers une taxe incitative ?
Parmi les idées phare, une redevance incitative (ceux qui produisent moins de déchets paient moins) mais un test ne serait possible que sur une partie de l’Eurométropole « dans 3 à 4 ans » selon Françoise Bey. D’ici là, l’incinérateur devrait avoir repris du service.
Un appel à projet efficace ? Tout dépendra du contenu des actions pour Laura Chatel, chargée de mission « territoires » chez Zero Waste France (qui a récemment lancé un groupe local à Strasbourg) :
« Au début, il y avait un cahier des charges très ambitieux, mais des choses très différentes se font dans les 142 villes sélectionnées depuis 2 ans. Le choix des lauréats est aussi dicté par des raisons politiques : si Paris est prise, alors il faut primer Lyon et donc Strasbourg… Certaines villes ne changent pas leurs habitudes en construisant des incinérateurs ou des centres de tri mécaniques, alors que d’autres villes comme Roubaix ou Besançon ont été très ambitieuses. C’est en tout cas un moment idéal pour que Strasbourg s’engage, pusiqu’elle va disposer d’un peu de moyens. Si la réduction se limite à 10% par rapport à 2010 c’est simplement l’application de la loi de transition énergétique. La plupart des villes ont réussi à baisser leur production de déchets de 7% depuis 2010, car c’est un effet de la crise, même si la prévention commence à jouer un rôle sur les comportements individuels. »
Le procès des djihadistes de la « filière de Strasbourg » s’est ouvert lundi. Sept Strasbourgeois répondent d’association de malfaiteurs en vue de commettre des actes de terrorisme devant le tribunal correctionnel de Paris. Retrouvez le compte-rendu de la cinquième journée d’audience grâce à nos envoyés spéciaux.
Retrouvez ci-dessous le compte-rendu réalisé en direct de la cinquième journée d’audience. Le procès doit durer jusqu’au mardi 7 juin.
Le compte-rendu de l’audience en direct
La couverture de ce procès représente un investissement important pour notre petite structure. Si vous l’appréciez, c’est le moment de nous soutenir avec un petit don, sur J’aime l’info (défiscalisable) ou via Paypal (plus simple, mais pas défiscalisable).
Vers 11 heures jeudi matin, un groupe de 13 intermittents du spectacle se sont postés devant des grandes enseignes place Kléber à Strasbourg pour protester contre l’évasion fiscale, alors que des négociations entre les partenaires sociaux pour l’assurance-chômage sont en cours.
Dans un premier temps, ils sont entrés dans le magasin Apple pour « rappeler qui sont les véritables responsables du déficit », selon Marion Grandjean, intermittente du spectacle :
« Nous sommes restés trois quart d’heures environ, le temps qu’ils appellent les flics, puis on est ressortis. Si on avait été plus nombreux on serait restés. »
Des millions d’économies demandés, des milliards évadés
Le groupe de manifestants issus de la Coordination des intermittents du spectacle et des précaires d’Alsace (CIP) s’est ensuite dirigé vers le Starbucks avec une pancarte et a scandé :
« Oyez oyez ! Le Medef exige 800 millions d’euros d’économie sur l’ensemble de l’assurance-chômage, alors que de grandes entreprises, comme Starbucks, organisent leur évasion fiscale avec l’accord de nos gouvernances. »
Le groupe d’intermittents a crié son message devant le magasin Apple, place Kléber, après avoir été encouragé à sortir de la boutique par les forces de l’ordre. (photo Auriane Poillet / Rue89 Strasbourg)
Le responsable du café s’est emporté à l’arrivée des manifestants et a crié : « qu’est-ce que ça à voir Starbucks ? Je travaille ici, j’embauche ici, je paye des impôts ici ! », oubliant qu’il paye surtout une redevance à Starbucks France qui elle domicilie ses bénéfices aux Pays-Bas. Une manifestante lui répond posément : « ce n’est pas vous qu’on vise, c’est votre étiquette. »
Les intermittents du spectacle ont terminé leur action en scandant le même message devant le restaurant McDonald’s, situé à quelques mètres.
Les Strasbourgeois savaient-ils pour quel groupe ils allaient combattre ? Au troisième jour du procès des sept djihadistes Alsaciens partis en Syrie en décembre 2013, le tribunal s’est attaché à détailler la chronologie du funeste périple au cours duquel deux frères ont trouvé la mort. Le point de départ des doutes et des questionnements chez les apprentis djihadistes, qui songent doucement à leur retour en France.
« Nous on est là, et pas eux. » Eux. Yassine et Mourad Boudjellal, deux frères originaires du quartier de la Meinau à Strasbourg, tués dans la région d’Alep en janvier 2014. Pas très assuré, la voix un peu éteinte, un des prévenu évoque leurs potes d’enfance et de quartier, morts loin de chez eux. « Ça nous a mis une énorme claque » poursuit-il. Et d’expliquer les circonstances du tragique épisode. Enfin, ce qu’ils en savent, ce qu’on leur a dit là-bas, en Syrie.
Les frères étaient chargés de surveiller un barrage pour le compte de l’EIIL (l’ État islamique en Irak et au Levant) quand des coups de feu sont échangés avec une autre faction islamiste. Yassine meurt en premier. Mourad, quelques instants plus tard.
« Quel est votre état d’esprit à ce moment-là ? », questionne Me Aloïs Blin, l’avocat de Mokhlès Dahbi qui avait annoncé à sa mère, voisine de palier de celle des Boudjellal, la mort des deux frères.
« On tombe de haut. Tout ce qu’on a construit s’est effondré comme un château de cartes. À partir de là, on a clairement joué un rôle, jusqu’à ce qu’on puisse partir. »
Partir. Rentrer. Une idée qui fait peu à peu son chemin dans l’esprit des Strasbourgeois. Avec peu de connaissances du terrain et malgré leurs nombreuses « recherches internet » sur la situation politique en Syrie, ils débarquent au moment où les divisions entre les combattants opposés à Bachar El Assad commencent à naître. Eux, expliquent vouloir combattre le régime syrien et « c’est tout ».
Suivre Mourad Farès, « les yeux fermés »
Lors de cette troisième journée, la présidente du tribunal s’est attachée à comprendre le projet réel des sept jeunes hommes. Quel groupe armé pensaient-ils rejoindre ? Sont-ils partis pour une cause politique ou religieuse ? Pour l’une des premières fois depuis le début du procès, la question est lâchée par la magistrate : « vous êtes venus faire le djihad en Syrie ? » Réponse des prévenus : « On était juste venus rejoindre la rébellion ».
Comme hier, le nom de Mourad Farès, le recruteur présumé de la filière alsacienne (en attente de son procès), revient à de nombreuses reprises dans les débats. « Que leur a vendu Mourad Farès comme projet ? Que leur a t-il dit au départ ? », s’interroge Me Françoise Cotta, avocate de Karim Mohamed-Aggad. « Nous on l’a suivi », répond l’un des prévenus. « Les yeux fermés », complète un autre.
Sauf qu’au moment de leur arrivée en Syrie, les Alsaciens sont directement accueillis par l’EIIL, sans réelle possibilité, selon leurs déclarations, de pouvoir intégrer un autre groupe. Ils font confiance à Farès, cet homme rencontré trois fois en France et qui les a convaincu de partir. Ce Savoyard de 30 ans venu leur rendre visite avec « du chocolat, des boissons » et un téléphone pour joindre leurs proches.
Alors que les Français sont logés dans une immense villa près d’Alep. Karim Mohamed-Aggad raconte :
« Il nous a parlé du projet de monter une katiba (une unité de combattants, ndlr), indépendante. Ni affiliée à l’EIIL, ni à Al Qaida. Il souhaitait qu’une cinquantaine ou soixantaine de Français le rejoignent. »
Les Strasbourgeois entendus mercredi affirment qu’ils étaient seulement partis combattre le régime de Bachar El Assad Photo : Michael Goodine / FlickR / cc
Les salves de questions reprennent :
– Me Cotta : « quand vous arrivez là-bas, vous ne savez pas que groupe vous devez intégrer ?
– Le prévenu : Non.
– Me Cotta : Vous aviez confiance absolue en lui (Mourad Farès, ndlr)
– Le prévenu : oui. »
Une confiance pourtant mise à mal quand l’homme soupçonné de les avoir embrigadé rejoint Al-Nosra, c’est à dire une faction islamique plutôt proche d’al-Qaïda et opposée à l’EIIL. « On s’est retrouvés comme des clampins », concède Radouane T.
Deux jours de sévices
Deux semaines d’entraînement sont prévues, entre prières, petit déjeuner « frugal », exercices de maniement aux armes en langue arabe, cours de prononciation des sourates, cours de secourisme, cours sur la vie du prophète… « Déjà en français, c’est technique, alors en arabe… », lâche Radouane T.
C’est en prétextant une maladie que Miloud Maalmi pensera échapper au camp d’entraînement. Suspicieux, les membres de l’EIIL l’interrogent pendant deux jours. Deux jours de « maltraitances » qu’il refuse de décrire, « par pudeur. » La présidente cherche longuement dans ses dossiers pour retrouver la déposition. Dans un lourd silence, elle énumère les coups, l’urine des bourreaux sur son corps, les excréments dans la bouche et l’éjaculation en plein visage. Miloud Maalmi a alors le dos complètement tourné à la salle. « C’est ça », lâche t-il timidement.
Un avocat de la défense lance : « aviez-vous déjà entamé la réflexion d’un retour en France ? » « J’étais en phase de réflexion, explique Radoune T. J’avais peur de la prison et je ne voulais pas faire souffrir ma famille. »
À la faveur des fenêtres entrouvertes, la chanson Stand By Me résonne dans la salle d’audience. L’attention est quelque peu dissipée. Les regards se tournent vers l’extérieur. L’un des magistrats sourit. En cachette dans son box, un des prévenus fredonne l’air. Demain, il devra lui aussi s’expliquer sur les raisons de son retour en France.
Journaliste indépendante et professeur d’éducation aux médias. Sujets société, inégalités, éducation, police-justice. J’aime aussi écrire sur le rap et la culture hip hop de Strasbourg et d’ailleurs.
L’activité physique, la qualité de l’alimentation, du sommeil et de la santé mentale de 250 salariés de l’usine Constellium, près de Colmar, vont être évalués pendant 100 jours. Une « opération de sensibilisation » qui fait débat au sein de l’entreprise de 1 500 employés.
Celui-ci les invitait à évaluer leur activité physique, la qualité de leur alimentation, de leur sommeil et de leur santé mentale pendant 100 jours, dans le cadre du Global Corporate Challenge (GCC). Une initiative présentée comme une « opportunité » par la direction des ressources humaines (DRH) pour améliorer sa santé et son bien-être, et qui est également proposée dans une autre usine du groupe multinational.
Pour résumer, le GCC se présente sous la forme d’un concours auquel les salariés s’inscrivent par équipes de sept personnes. Leur inscription leur donne droit à un appareil électronique, le GCC Pulse, permettant de mesurer le nombre de pas et les distances parcourues. Chaque jour, les participants doivent enregistrer leurs résultats sur une plateforme à laquelle leur inscription leur donne accès. La saisie peut être faite de manière automatique grâce à une application à installer sur leur téléphone portable. L’objectif du GCC consiste à évaluer leur activité physique et à faire en sorte que les participants fassent 10 000 pas par jour, comme le recommande l’Organisation mondiale de la santé.
Un questionnaire sur l’alimentation, le sommeil…
Par ailleurs, les participants reçoivent des recommandations adaptées à leur profil sur la plateforme. Mais pour cela, ils doivent répondre à un questionnaire sur leur activité physique, leur alimentation, leur sommeil et leur santé mentale. Un moyen d’individualiser le suivi, explique la responsable du développement du GCC en France :
« Nos recommandations ne sont pas les mêmes si un participant indique qu’il est végétarien. De même, si un salarié a des horaires de travail décalés. Nous avons une approche globale en quatre étapes (activité physique, alimentation, sommeil, santé mentale). Pour l’activité physique, une recommandation de privilégier les escaliers à l’ascenseur. Pour l’alimentation, nous formulons des recommandations sur les meilleurs moments de la journée pour manger, les portions de nourriture, la quantité d’eau à boire… Pour le sommeil, sur la notion de cycles ainsi que la manière de se mettre dans les meilleurs dispositions avant d’aller dormir. Pour la santé mentale, la gestion de ses émotions ou de son stress, etc. »
Le courrier reçu par les 1 500 salariés de l’usine Constellium de Neuf-Brisach. (Document remis)
Néanmoins, le mari d’une salariée du site de Neuf-Brisach craint que cette opération ne représente une atteinte à la vie privée :
« Ils disent que c’est pour améliorer la santé des salariés, mais c’est pour mieux faire passer la soupe ! Ils veulent savoir tout ce qu’ils font ! Pour l’instant, c’est sur la base du volontariat mais s’il n’y a pas de protestation, ce genre de démarche risque de devenir une obligation, un moyen d’évaluer les salariés, et de se généraliser dans de nombreuses entreprises. Récemment, des salariés de Sanofi ont été obligés de porter une puce électronique sur leur lieu de travail… «
« Qu’on sache ce que je fais pendant mon repos ne me plaît pas »
De même, à la fonderie, un salarié explique pourquoi il ne participe pas :
« L’idée qu’on puisse savoir ce que je fais chez moi pendant mon temps de repos ne me plaît pas ! Dans mon service, nous en avons discuté et mes collègues sont du même avis : ce qu’on fait en dehors du travail ne regarde pas l’entreprise. »
Un délégué syndical raconte que le GCC a été un sujet de conversation important dans les ateliers de l’usine ces dernières semaines :
« Le GCC pose question, c’est sûr ! Les avis sont partagés. Certains ont des soupçons. Pour d’autres, cela ne pose pas de problème. Pour ma part, je pense que tout dépend de la manière dont les données seront utilisées. Peut-être que c’est juste un moyen pour la direction de se donner bonne conscience ? Ou de faire un coup de pub ? »
« Au moins, cette opération nous concerne, ça change »
Contactés, de nombreux salariés ne s’inquiètent cependant pas de cette opération. À l’image de Maxime Kury, opérateur, qui participe au GCC depuis bientôt une semaine :
« Peut-être que ça me permettra de mieux m’adapter à mon rythme de travail qui est particulier (deux jours de 5h à 13h, deux de 13h à 21h, deux de 21h à 5h puis quatre de repos). Ce rythme en cinq-huit n’est pas simple pour le cycle de sommeil ni pour prendre ses repas à la même heure ! Si c’est en plus l’occasion d’améliorer mon alimentation et mon activité physique, moi qui ne suis pas un grand sportif, je ne vois pas le négatif. Et vu les données collectées, je n’ai pas trop de craintes sur ce qui pourrait en être fait… En plus, cette opération nous concerne directement, ce qui change de toutes celles avec des règles de sécurité à apprendre. »
Comme Maxime Kury, quelques 250 employés participent au GCC, proposé pour la première fois à Constellium. Au service qualité, on assure que « tous les sportifs sont à fond dedans. » De même, au standard téléphonique, Chloé Kracher voit le GCC comme un concours « sympa à faire » entre collègues…
Pendant 100 jours, les participants au Global Corporate Challenge devront mesurer leur activité physique à l’aide d’un accéléromètre. (Document remis / GCC)
Sur les 1 500 salariés que compte le site, 80% ne participent cependant pas… Certains expliquent qu’ils pensaient que le GCC s’adressait uniquement aux sportifs. D’autres racontent qu’ils étaient intéressés mais qu’ils n’ont pas trouvé d’équipe. Quelques-uns ne sont carrément pas au courant. L’un d’entre eux dit même qu’il n’a reçu qu’un mail d’information sur le GCC… en anglais. Et qu’il n’a pas cherché à en savoir plus.
Sans compter ceux qui, comme Hervé Hartmann, chef de poste du service maintenance de l’Unité autonome de production, n’en voient pas l’intérêt :
« Si je veux faire du sport, je n’ai pas besoin de mon boulot pour cela. Dans mon service, personne ne participe. Comme moi, ils pensent que le GCC ne sert à rien. »
Pour un autre délégué syndical, une seule chose est sûre : dans un contexte social tendu au sein de l’usine, cette opération n’était pas une priorité :
« Les membres de notre organisation syndicale n’y sont ni favorables ni défavorables. Nous préférerions surtout que le coût de cette mascarade serve à améliorer nos conditions de travail, en commençant par ajuster tous les salaires aux coefficients correspondants. »
De 15 000€ à 18 000€ investis
L’entreprise n’a pas communiqué sur le coût de ce programme, mais le GCC annonce un tarif de 65€ par participant, ce qui représente environ 16 000€ pour les quelque 250 inscrits. Le DRH de Constellium auteur du courrier, Thierry Carré, se dit « dubitatif » par rapport aux réactions de méfiance exprimées par certains salariés :
« C’est uniquement une manière ludique de faire de la prévention sur la santé au travail, et qui change des opérations habituelles ou des brochures… Les inscrits reçoivent un accéléromètre pour mesurer leur activité physique, comme il en existe dans le commerce, et participer à un challenge à plusieurs est plus motivant que seul de son côté pour changer ses habitudes. Je ne comprends pas comment on peut penser autre-chose! »
Pour rassurer les inquiétudes de certains salariés, il souligne :
« Le GCC se fait sur la base du volontariat et toutes les données collectées restent confidentielles. Les seules informations que je recevrai sont le nombre d’inscrits et la composition de chaque équipe. Il n’est ni souhaitable ni possible que j’ai accès à des données personnelles. »
L’usine Constellium de Neuf-Brisach (doc remis)
Des rapports en temps réel sur les employés
Du côté de la société qui a créé le GCC, on dédramatise en expliquant qu’une « réaction de méfiance » est tout à fait « normale » quand c’est une première fois comme à Constellium. Et on tente de rassurer aussi sur la confidentialité des données collectées :
« Seuls les participants ont accès aux données collectées. Si notre programme existe depuis 13 ans, que depuis plus de 5 500 entreprises et 2 millions de participants nous ont fait confiance, c’est aussi parce que nous avons des standards de haut niveau en matière de protection des données. »
Ces rapports mettent en avant les impacts sur la santé des salariés – hausse du moral des salariés (pour 83% des participants), réduction du stress (69%), développement de leur culture de la santé (92%) – mais aussi sur leur rapport au travail – engagement au travail plus fort (83%), amélioration du travail d’équipe (pour 77%), réduction de l’absentéisme (41%)…
À propos de ces rapports, la responsable du développement du GCC en France précise :
« Pour les rédiger, nous nous appuyons sur un questionnaire que les participants remplissent uniquement s’ils le souhaitent. Toutes les réponses sont ensuite regroupées de manière anonyme. Et pour garantir cet anonymat, nous n’en rendons que lorsque nous avons plus de 100 inscrits dans une même entreprise. Pour nos clients, c’est une manière de mesurer la participation des salariés à cette opération ainsi que son impact. »
Du côté de la direction du travail (Direccte), on estime que, dans la mesure où ce programme fonctionne sur la base du volontariat et que les données sont traitées de manière confidentielle, une telle pratique ne semble pas poser de problème légal.
Le procès des djihadistes de la « filière de Strasbourg » s’est ouvert lundi. Sept Strasbourgeois répondent d’association de malfaiteurs en vue de commettre des actes de terrorisme devant le tribunal correctionnel de Paris. Retrouvez le compte-rendu réalisé en direct de la quatrième journée d’audience grâce à nos envoyés spéciaux.
Retrouvez ci-dessous le compte-rendu réalisé en direct de la quatrième journée d’audience, qui évoque notamment leur retour en France. Le procès doit durer jusqu’au mardi 7 juin.
Le compte-rendu de l’audience en direct
La couverture de ce procès représente un investissement important pour notre petite structure. Si vous l’appréciez, c’est le moment de nous soutenir avec un petit don, sur J’aime l’info (défiscalisable) ou via Paypal (plus simple, mais pas défiscalisable).
Les « Google Cars » ont déjà photographié Strasbourg sous tous les angles pour l’application « Street View ». En juin, un véhicule fera de même mais cette fois-ci pour iTowns, afin de produire une cartographie urbaine en 3D pour l’IGN, qui offrira à ses utilisateurs plus de fonctionnalités que celles de Google. Et toc.
Concrètement, les deux services sont similaires. Un véhicule, équipé de plusieurs objectifs, sillonne les rues et les photographie. Le matériel embarqué permet de situer avec exactitude les endroits où les photos ont été prises avant qu’un algorithme ne soit utilisé pour les assembler et ainsi donner le résultat final escompté : une cartographie urbaine en 3D.
Stéréopolis ressemble aux véhicules Google Cars utilisés pour Street View mais est mieux équipé que ces derniers.
Plus de fonctionnalités que Street View
La différence entre Street View et iTowns réside dans le nombre de fonctionnalités proposées par l’application. En effet, iTowns permet à ses utilisateurs une navigation immersive citadine, comme Street View, mais il permet aussi, entre autres, de faire des mesures. On peut par exemple mesurer la taille de la façade d’un immeuble, chose impossible sur Street View.
« Stéréopolis », le véhicule utilisé par IGN pour photographier le territoire est mieux équipé que celui de Google. Embarquant dix caméras « Full HD », il est aussi affublé de caméras thermiques permettant notamment de calculer la perte énergétique d’un bâtiment.
Stéréopolis couvrira quatre zones de Strasbourg en juin. (document remis)
Du 6 au 24 juin, l’avni Stéréopolis sera à Strasbourg pour photographier quatre quartiers (en vert ci-dessus). Alors souriez, même si les visages seront floutés.
Journaliste indépendant, collaborateur occasionnel à Rue89 Strasbourg, Baptiste Cogitore vient de publier Aux frontières de l’oubli. Ce livre, nourri par son voyage de six mois en camping-car vintage dans l’Est de l’Europe, revient sur une dizaine de « cas pathologiques mémoriels » et interroge sur la notion même d’Europe.
Pourquoi l’Europe a tant de mal à faire face à la crise migratoire ? Parce qu’un bonne partie des pays qui la compose se définissent comme des victimes de l’Histoire et qu’en tant que tel, il est difficile d’accepter d’autres victimes. Au second semestre 2014, Baptiste Cogitore et Claire Audhuy sont partis à la recherche de l’identité européenne. C’était le « Bulli Tour », un périple que les auteurs ont notamment partagé sur Rue89 Strasbourg.
[caption id="attachment_108000" align="aligncenter" width="357"] Aux Frontières de l’oubli, Baptiste Cogitore, Médiapop éditions, 255 p., 15€.[/caption]
Après avoir réalisé plusieurs reportages pour la télévision, écrit de nombreux articles pour L’Alsace et déterré des pièces de théâtre, Baptiste Cogitore propose avec « Aux Frontières de l’Oubli » de revenir sur une dizaine de « cas pathologiques » dans la construction identitaire de l’Europe : une porcherie installée sur un ancien camp Roms en République Tchèque, un bloc de béton accroché à la montagne frappé de la faucille et du marteau, que personne ne parvient ni à restaurer ni à détruire en Bulgarie, la vie malgré tout à Auschwitz…
Entre non-dits et préemptions de l’Histoire
Pour Baptiste Cogitore, quelque chose n’a pas été réglé dans une bonne partie de l’Europe de l’Est :
« En Europe de l’ouest, on n’imagine plus ce que c’est que la haine du voisin. Mais quelques kilomètres plus à l’est, c’est une autre histoire. Des pays, des peuples, se sont fait la guerre mais les paix n’ont pas pour autant réglé les conflits. On a jeté des voiles pudiques sur ce qui divise, mais les fossés sont toujours là. »
Le livre de Baptiste questionne la mémoire collective et l’identité : qu’est-ce qui fonde l’identité si ce n’est l’Histoire partagée ? Et si cette histoire est confisquée, qu’est-ce qu’il advient de l’identité ? Ce sont des questions essentielles, qui expliquent une bonne part du regain d’intérêt pour le nationalisme, que l’on constate un peu partout en Europe mais aussi en Russie, Turquie… Pour ceux qui observent, et s’inquiètent souvent de ces relents, le livre de Baptiste leur fournira une très intéressante documentation.
À noter que tout n’est pas voué à se reproduire, selon Baptiste, qui voit « dans la jeunesse » notamment, des signes d’espoir, pour une Europe fraternelle.
Y aller
Café d’histoire, conférence sur la (re)construction des mémoires collectives dans l’Europe postcommuniste, jeudi 2 juin, à 18h30, à la brasserie Le Michel, 20 avenue de la Marseillaise à Strasbourg.
Pourquoi ne pas avoir convoqué Mourad Farès, l’homme suspecté du recrutement des sept Strasbourgeois partis faire le djihad en Syrie puis revenus en France ? La deuxième journée du procès de la « filière de Strasbourg » s’est concentrée sur le processus de recrutement des Alsaciens jusqu’à leur arrivée en Syrie. Avec un temps fort : l’audition d’une des sœurs d’un prévenu.
Il y a des épisodes que la mémoire a effacés. D’autres un peu plus flous ou incomplets. Pour la sœur aînée de Mokhlès Dahbi appelée à témoigner au deuxième jour du procès de la filière de Strasbourg, le souvenir de ce jeudi 19 décembre 2013 est intact. « Quand j’ai su, j’ai crié, j’ai pleuré ». Ce jour-là, elle apprend que quatre jours plus tôt, son frère s’est envolé pour la Syrie. Elle ne peut pas y croire.
La sœur croit à un canular
Une « plaisanterie », un « canular ». Elle avoue en avoir d’abord ri. Puis avoir réalisé ce qu’il se passait. La voix est posée même si le stress est perceptible. Dans la salle, le silence se fait. La sœur du prévenu marque une pause. Puis égrène ses souvenirs : l’appel au quai d’Orsay, à la police turque, la découverte d’une facture d’hôtel en Turquie où étaient logés les Français avant le passage en Syrie.
Et leur père, arrivé trois heures « trop tard » à la frontière turco-syrienne pour récupérer son fils. À nouveau l’émotion se fait sentir lorsque la sœur du prévenu tire ce constat :
« Je voulais que la police débarque là-bas et les arrête. Rien n’a été fait. On nous a clairement envoyés balader avec cette réponse : on ne peut pas empêcher un citoyen français majeur de quitter le territoire. C’est le souvenir amer que j’en garde aujourd’hui. Si on nous avait écoutés quand on remuait ciel et terre, on aurait pu éviter ça, on aurait pu éviter la perte de Yassine et Mourad, on aurait pu éviter qu’ils… »
La voix baisse, la tête aussi. L’émotion se fait à nouveau sentir et pour cause : la sœur de Mokhlès Dahbi était une amie d’enfance des frères Boudjellal, morts en Syrie quelques semaines après leur arrivée. Dans son box, Mokhlès Dabi fixe calmement sa sœur. Me Nathalie Schmelck, son avocate, évoque le possible complexe que le jeune homme aurait pu faire vis à vis de ses sœurs, l’une ingénieur, l’autre inscrite en Master. À la barre, la sœur aînée répond :
« Je le dis à vous et à lui : ma sœur et moi n’avons jamais ressenti de sentiment de supériorité. »
« Vous savez, parfois on ressent des choses sans que ça soit volontaire », lui répond l’avocate. Mokhlès Dahbi, qui s’est décrit comme étant le « bon à rien de la famille » dans les interrogatoires, baisse la tête et acquiesce.
« En France, j’étais le sale arabe. En Algérie, j’étais trop Français. Je ne sais pas où est ma place »
En cette deuxième journée du procès de la « filière de Strasbourg », il y a beaucoup moins de médias présents qu’au moment de l’ouverture des débats. Mais entre les familles, les quelques journalistes restants et le public, dont des étudiants-chercheurs en sociologie, la salle de la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris reste bondée. La juge a procédé à l’examen des personnalités de six des sept prévenus. C’était au tour de Karim Mohamed-Aggad. Et le frère du « troisième kamikaze du Bataclan » est scruté, ses réponses sont attendues. Il le sait.
À la présidente du tribunal, ses réponses sont d’abord courtes, lapidaires. En t-shirt noir et cheveux longs toujours soigneusement coiffés, le jeune homme de 26 ans se tient debout, les mains croisées dans le dos. Au fur et à mesure que les magistrats enchaînent les questions, le prévenu oscille entre impatience et provocation : « Vous aviez un travail de nuit. Cela vous permettait de faire autre chose durant la journée », demande le juge. « Dormir », répond Karim Mohamed-Aggad, en souriant. Du tac au tac. L’homme raconte sa frustration d’être enfermé. Son visage se durcit, ses réponses deviennent plus longues. Il sait que c’est son moment :
« Moi avant tout ça, mon casier n’avait aucune condamnation. Moi, la prison, je connais pas. La garde à vue, je connais pas. Ça fait plus de deux ans qu’on est en prison. La seule personne avec laquelle je peux communiquer c’est ma mère. Je dirais même que cette épreuve nous a rapprochés. »
Au tribunal correctionnel de Paris Photo : Paul Gogo / Rue89 Strasbourg
C’est quand la présidente du tribunal va l’interroger sur sa pratique de l’islam et sa conception de la chariah (la loi islamique) que Karim Mohamed-Aggad va perdre patience. Son avocate, Me Françoise Cotta, aussi. Elle évoque une conversation que son client aurait eu avec sa mère à l’automne 2014 dans laquelle il avoue que s’il avait su, il serait resté là-bas : « Au moins je ne serais pas entre quatre murs ». À la lecture de ces échanges, le prévenu se lève à nouveau et droit devant le micro se lâche :
« On a risqué nos vies pour rentrer. On était traités d’apostats là-bas, de terroristes ici. Quand j’étais petit, on a déménagé dans un petit village où j’étais traité de sale arabe. Quand on partait en vacances en Algérie, j’étais trop Français. Je ne sais pas où me situer, je ne sais pas où est ma place. »
Pas un bruit dans la salle. Il faut un petit moment à la présidente du tribunal avant de reprendre ses questions. Le prévenu qui semblait impassible a vu sa carapace fendue.
Mourad Farès, le recruteur présumé, grand absent du procès
La magistrate enchaîne avec le grand absent du procès : Mourad Farès, l’homme suspecté d’être à l’origine de l’embrigadement des Strasbourgeois. Avec qui le recruteur est-il d’abord rentré en contact ? De l’argent a t-il été levé ? Qui a acheté les billets d’avions ? Les trois rendez-vous à La Courneuve, Strasbourg et Lyon sont détaillés avec mention des sms envoyés :
« On se voit vendredi 19h30 inch’Allah. »
La présidente du tribunal demande :
« – Vous vous souvenez de votre première rencontre avec M.Farès ?
– Radouane T. : Oui. Il était très précautionneux, nous a demandé de laisser nos téléphones portables loin de nous.
– Elle insiste : à ce moment-là, il est question de djihad ?
– Karim Mohamed-Aggad : non du tout. Il tenait une page Facebook sur l’union d’action pour la Oumma (la communauté). Il s’agissait plutôt d’aider et de déménager en terre d’Islam. »
La juge insiste sur les préparatifs du départ : qui a acheté les billets ? à quelle date ? avec quel argent ? Les prévenus trépignent sur leurs chaises. « On me demande de me souvenir de choses qui se sont passées il y a trois ans », s’agace Mohamed Hattay. Me Éric Lefebvre, son avocat, tempère : « de la fatigue et de la nervosité. Cela fait 27 mois que nous préparons ce procès. »
Quatre heures durant, les débats vont tourner autour de celui qui n’est pas là. « C’est dommage que l’on n’ait pas fait venir Mourad Farès. C’est quand même le grand absent de l’audience », regrette Me Françoise Cotta, avocate de Karim Mohamed-Aggad. Un regret partagé par ses confrères dont Me Nogueras qui lance l’idée d’utiliser la visio-conférence pour interroger le présumé recruteur qui ne peut être sorti de la maison d’arrêt où il est enfermé pour des raisons de sécurité :
« Après tout, c’est un habitué des réseaux sociaux. »
Fous rires dans la salle. Mais le procureur de la République maintient : la présence de Farès n’est pas « nécessaire » à la tenue du procès.
Journaliste indépendante et professeur d’éducation aux médias. Sujets société, inégalités, éducation, police-justice. J’aime aussi écrire sur le rap et la culture hip hop de Strasbourg et d’ailleurs.
Longtemps, la municipalité a expliqué que la place de la gare s’écroulerait si elle était traversée par le tram. Un discours contredit par une étude commandée par la CTS dès 2012. Prolonger la ligne C sur la place est justement en débat à l’occasion de la concertation sur l’extension du tram vers l’ouest. Mais ce scénario ne semble de toute façon plus dans les plans de l’Eurométropole.
La consultation sur le tracé du futur tram vers Koenigshoffen touche à sa fin avec la réunion du jeudi 2 juin au centre sportif, en présence du maire de Strasbourg. Comme sur de nombreux dossiers où elle a engagé une consultation (rénovation des bains municipaux, réaménagement des quais), la municipalité a du mal à se défaire de l’image selon laquelle elle aurait tout décidé à l’avance et s’abriterait derrière une démocratie locale biaisée, pour ensuite appuyer ses décisions.
Quelle ligne prolonger vers l’ouest ?
L’arrivée du tram vers l’ouest est attendue de longue date, mais le choix du tracé fait débat. Si 5 variantes sont proposées (voir plus bas), il existe pour – faire simple – les partisans d’un prolongement de la ligne C à travers la place de la gare (en particuliers des associations de riverains, de défense de la nature et d’usagers des transports) et ceux d’un détournement de la ligne F, notamment à hauteur du Faubourg national (la municipalité).
Les tracés du tram vers l’Ouest avant et après 2020 (document Eurométropole)
Un des arguments longtemps avancé pour écarter l’hypothèse du prolongement de la ligne C est que la place de la gare, creuse car elle abrite un parking et une station de tram souterraine (lignes A et D), ne supporterait pas le poids de deux tramways.
La place de la gare serait assez résistante
Ce n’est pourtant par la conclusion d’une étude commandée par la CTS en 2012, que les associations n’ont reçue – sur insistance – qu’en mai 2016. Le parvis de la gare est divisé en 5 dalles de béton, posées côte à côte et indépendantes mécaniquement. Selon le cabinet Aracadis qui a réalisé les calculs, trois plaques ne posent aucun problème.
Il y aurait certes des fissures sur deux d’entre elles, mais non préjudiciables selon les normes. Pour la dalle numéro trois (au centre de la place) jugée défaillante, le cabinet « préconise » de ne faire circuler qu’une voie et de décaler les rails de l’autre de quelques mètres.
Plan vue de haut de la place de la gare et des 5 dalles devant et sous la verrière (étude Arcadis)
Ce n’est pas écrit, mais on pourrait imaginer un tronçon unique (comme sur 600 mètres à Illkirch-Graffenstaden), de séparer les voies avec un quai central (comme boulevard de la Victoire) ou des rails en arc de cercle pour répondre à ce besoin.
Une dalle déjà suspecte
Pour la cinquième dalle, près du terminus actuel, c’est plus compliqué. Arcadis constate « un déficit de ferraillage » sur cette dalle, pourtant refaite comme les autres en 2005/2006. La société s’interroge « si les plans [transmis] sont exacts » car cette dalle ne serait de toute façon déjà pas assez résistante « en configuration actuelle ».
Si des câbles d’acier introuvables par les ingénieurs d’Arcadis sont vraiment absents, un renforcement serait alors nécessaire. Un coût qui n’est pas chiffré dans l’étude mais avoisinerait « entre 50 000 et 100 000 euros maximum » selon l’avis d’ingénieurs sollicités. Dans une présentation diffusée en conseil de quartier, l’Eurométropole chiffre le coût de la rénovation de la place à… 5,8 millions d’euros.
Conclusion sur le bloc 5 (étude Arcadis)
Les travaux pour l’ensemble de l’extension de tramway sont budgétés à hauteur de 38 millions d’euros. Un renforcement de la dalle 5 à 100 000 euros vaudrait alors 0,02% du budget total.
Un an après les conclusions de 2012, l’Eurométropole (alors CUS) adoptait en juillet 2013 une délibération qui prévoit que le tram soit sur fer, de Wolfisheim à Vendenheim et surtout qu’il traverse la place de la gare, pour une mise en circulation en 2017. C’est alors un projet d’environ 150 millions d’euros qui est imaginé.
Les joints entre les 5 dalles de la place sont visibles depuis l’extérieur (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Dans un rétropédalage de haut vol en avril, deux tracés (celui de la ligne C et une troisième variante pour la ligne F) sont réintégrés dans la concertation, prévue du 7 mars au 20 avril. Une concertation repoussée à juin, soit après l’élection législative partielle, car l’adjoint de quartier de Koenigshoffen Éric Elkouby (PS) était candidat et l’a d’ailleurs emporté.
En mai, une autre variante du collectif, plus chère mais plus ambitieuse, est ajoutée, soit cinq propositions en tout. Elle prévoit que la ligne F fasse la liaison entre la Laiterie et la gare. Cette proposition est chiffrée à 41 millions d’euros par les services de la Ville contre 34 pour la prolongation simple et 29 pour celle qu’elle préfère. Le collectif conteste l’estimation de ses propositions.
Proposition d’organisation par les associations
La nouvelle proposition du collectif (capture d’écran site pourletram.fr )
Par presse interposée ou dans les réunions organisées par les associations, l’argument de la non-faisabilité n’est plus autant avancé. Ce sont plutôt les questions de la réorganisation des boulevards et de la fréquentation de la ligne C qui sont désormais mises en avant par la municipalité.
Les 5 variantes officiellement en débat
Les tracés en débat
Il serait compliqué de faire cohabiter piétons, vélos, tramway, taxis et la ligne G du BHNS (bus à haut niveau de service, avec des voies dédiées) sur le boulevard de Metz. Cette interrogation est néanmoins tout autant valable pour la variante poussée par la municipalité, mais seulement sur la partie du boulevard de Nancy, comme le mentionnait une étude d’impact de la société Transitec, qui défend la ligne F (sans que la variante soit précisée) :
La variante à partir de la ligne C pose plus de problèmes selon Transitec (doc Eurométropole)
L’association des habitants du quartier gare (AHQG) est opposée au tracé de la ligne F car il passe par la rue du Faubourg national, dont le terre-plein central est l’un des rares lieux de vie du quartier. Olivier Mitschi, membre de l’AHQG, regrette que la réunion de jeudi, quelques jours avant la fin de la concertation le 7 juin, soit la première avec des élus :
« On a eu une première réunion officielle le samedi 16 avril de 9h à 13h. Il y avait peu de monde, mais c’était bien mené et honnête. Chacun a pu donner son avis. Il n’y avait que des techniciens, pas de politiques. La réunion du 2 juin est la première avec des élus. La consultation devait se terminer le soir même, alors que des avis des habitants sont censés en découler. Les autres événements et rencontres ont été organisés par les associations, il y avait beaucoup de monde. Pour le moment l’argument des coûts des travaux est opposé, mais ne prend pas en compte que nos propositions permettent de supprimer de lignes de bus qui seront redondantes et donc de diminuer les coûts du fonctionnement actuel du réseau. »
La rue du Faubourg national bientôt traversée par le tram ? (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Les deux autres variantes du tracé de la ligne F (dont le débranchement se ferait au sud, rues de Rothau et d’Obernai ou rue de Wasselonne) présentent aussi des inconvénients : passer sous des ponts, s’insérer dans le trafic, des temps de parcours plus long, etc.
Dans la présentation PowerPoint de la Ville au conseil de quartier gare, dont celle de la réunion publique devrait s’approcher, seule la variante 2 (par la rue du Faubourg national) est présentée favorablement. La question du marché hebdomadaire à déplacer serait le seul frein. Dans les quatre autres diapositives, les inconvénients sont mis en exergue.
« Chacun a ses coûts d’objectifs » pour Roland Ries
Lors d’une conférence de presse préalable au conseil municipal le maire Roland Ries (PS) a fermé la porte au choix d’un autre tracé :
« Chacun a ses coûts d’objectifs. Les associations ont donné les leurs, nous avons les nôtres. Le tracé de la ligne F a un meilleur rapport des coûts et d’utilité sociale, pour dans un premier temps rejoindre l’Allée des Comtes puis l’allée François Mitterrand. »
Dans ces conditions, il est possible que la soirée de jeudi tourne à la séance de déminage des arguments des défenseurs du tracé par la gare. La parole du maire aura au moins le mérite de faire autorité, alors que les adjoints des deux quartiers concernés, Eric Elkouby et Paul Meyer ont parfois livré des versions différentes à leurs interlocuteurs.
Une ligne C déjà fréquentée
Autre argument, la ligne C est déjà très fréquentée alors que la ligne F, plus courte, dont tous les arrêts sont partagés avec les lignes B et C sauf un, est moins utilisée (20 000 passagers par jour contre 10 000 environ). Du coup, il y aurait trop de monde dans les trams, dont le nombre ne serait pas augmenté.
Sur ce point, c’est Pierre Ozenne, porte-parole du collectif pour le tram à Koenigshoffen, qui répond :
« Nous sommes d’accord que le nombre de passagers depuis la gare va augmenter dans les années à venir, par exemple avec l’abonnement CTS/TER intégré, même si la ligne n’est pas encore saturée. Notre plan propose de doubler le nombre de lignes avec le passage de la F. Surtout il permet d’envisager des extensions futures du réseau, alors que le tracé rue du Faubourg national est une dépense unique, sur laquelle rien ne pourra être ajouté. En l’état, un tram toutes les 10 minutes (contre 5 pour le tram C) pour un quartier aussi peuplé que Koenigshoffen n’est pas suffisant. »
À plus long terme, le réseau pourrait être prolongé vers le futur quartier d’affaires du Wacken et le Parlement européen. Cela serait l’amorce de lignes autour du centre, que plusieurs acteurs réclament dont la Chambre de Commerce et de l’Industrie (CCI) dans ses attentes pour l’accessibilité de Strasbourg, alors que les lignes vers le centre atteignent leurs limites.
La place de la gare pourrait très bien supporter un tramway (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Un investissement de court terme qui manque de vision d’avenir, c’est aussi l’avis de Laurent Py, ancien candidat UDI à la législative partielle, qui avait assisté à l’une des réunions du collectif pendant la campagne :
« Ce n’est pas en développant le réseau de tramway à coups de vermicelles que l’Eurométropole va se doter d’un réseau performant, sensé et répondant au développement. Il faut miser sur une desserte par trains légers sur l’étoile ferroviaire et compléter par un réseau de tramway maillé qui arrive enfin à « respirer » et s’adapte à la réalité de l’agglomération, sans tout concentrer dans un hypercentre étriqué. Cela demande certes des investissements importants, mais ce n’est qu’à ce prix que l’on arrivera à un développement équilibré. »
Sollicitée, la municipalité n’a pas souhaité donner plus de détails sur ses positions ou commenter l’étude d’Arcadis, réservant ses déclarations pour la réunion publique de jeudi 2 juin.
Y aller
Réunion publique sur le tram vers Koenigshoffen, en présence de du maire Roland Ries, jeudi 2 juin à 19h, au centre sportif de Koenigshoffen, chemin Long à Strasbourg.