Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Bal pop’, clown moderne et pasta party à la fête du quartier gare samedi

Bal pop’, clown moderne et pasta party à la fête du quartier gare samedi

Les associations du quartier gare de Strasbourg ont concocté un programme touffu pour la fête du quartier, samedi 4 juin. Au programme : des concerts, des démonstrations, des spectacles, des jeux, du jardinage et un bal populaire pour terminer. Voici le programme complet.

L’annuelle fête du quartier Gare de Strasbourg aura lieu le samedi 4 juin de 13h à minuit, sur les places Sainte-Aurélie et Porte Blanche. Les 20 associations ou collectifs à l’origine de cet événement ont mis au point un programme dense censé tenir sur une seule journée. Concerts, animations, jeux, spectacles… Découvrez le programme complet ci-dessous. En cas de pluie, le repli général aura lieu au Molodoï, rue du Ban de la Roche.

Animations, stands des associations et jeux pour tous les âges de 13h à 17h

    Concert d’orgue à 11h15 et marché dans la cour de l’église Sainte-Aurélie Studio-photo éphémère de l’association Plurielles Coin lecture et échange de livres avec les associations Tôt ou T’art et les Paralysés de France Tournoi de jeux vidéo pour les 11-16 ans au centre socio-culturel du Fossé des Treize Écrire sur le mur d’expression de l’ASTU (Actions citoyennes interculturelles) Jouer aux échecs pendant la simultanée d’échecs Rencontre avec l’équipe du lieu d’accueil parents-enfants du quartier Gare Jeux en bois, jeux de kermesse, tournoi de cartes proposés par Porte Ouverte Atelier de sensibilisation sur le maniement du fauteuil roulant par les Paralysés de France Initiation au jardinage et au compost avec l’association du Jardin Partagé du Quartier Gare (JPQG) Découverte de l’Accorderie de Strasbourg et le système d’échange de services entre habitants Atelier créatif du Musée d’Art Moderne et Contemporain avec les Musées de la Ville de Strasbourg

Trois spectacles animeront l’après-midi

    14h : « Lily Schlap et déambulation » est un spectacle de clown moderne au féminin 17h : « Le Sot l’y laisse », venez à la rencontre de Za qui vous promet un frémissement de bonheur mêlé d’un zeste d’inquiétude 16h-18h : « La déambulation de PINK BITUME », avec son phonographe qui lui sert de couvre chef, elle vous tend son micro ou partage de sa musique

À partir de 18h, concerts, bal populaire, performances et projections

    Zorzal, musiques balkaniques et méditerranéennes The Brownies (danse hip hop) et Zs Ades (rap) seront présents pour leur première scène Mess Bass, accompagné de Junior et Dj Awax (rap) présentera son projet « Iscariot » Le groupe Arabesk (oriental grooves) pour des musiques savantes, populaires et folkloriques du Maghreb et Proche Orient Amercoeur (rock jazzy)

Pour les performances et projections…

    Bingo Cosmos : Collectif d’artistes plasticiens oeuvrant à la création de liens entre Nord & Sud G’ART TV : les premiers reportages TV du quartier Gare Projection du roman photo « Nelson et Aicha », inspiré de Roméo et Juliette adapté au quartier Gare de Strasbourg

Restauration et buvette assurées tout l’après-midi

Dès 13h :

    Buvette assurée par l’Association des Habitants du Quartier Gare (AHQG) Thé à la menthe, café et gourmandises du monde par l’association Plurielles Empenaddas, arepas et grillades mijotés par la Maison de l’Amérique Latine

À partir de 17h :

    Pastas Party concoctés par l’Atelier Cuisine Futée Poulet et bananes plantin par l’Association des femmes congolaises Gâteaux par Femmes de Talents
Affiche de la fête du quartier Gare, édition 2016 (Photo : doc remis)
Affiche de la fête du quartier Gare, édition 2016 (doc remis)

Gagnez vos places pour le festival Contre-Temps

Gagnez vos places pour le festival Contre-Temps

En partenariat avec le festival Contre-Temps qui se déroulera du 9 au 19 juin à Strasbourg, Rue89 met en jeu 5 places pour différentes soirées.

Du 9 au 19 juin, Strasbourg sera au diapason avec la culture urbaine et la musique groove. Le Contre-Temps anime la ville pendant 10 jours en proposant notamment de nombreux concerts, expositions artistiques, croisières sonores ou encore bourse aux vinyls… L’ensemble de la programmation est à découvrir sur le site dédié au festival.

Cette année, les soirées pour lesquelles vous êtes susceptible de gagner vos places sont :

    Opening – Boogie night, le jeudi 9 juin à 23h au Mudd Club avec Sadar Bahar (dj set) et No Stress (dj set) My house is your house, le vendredi 10 juin à 23h au Living Room avec Joey Negro (dj set) et Vinicious (dj set) Cosmic world, le samedi 11 juin à 21h au Shadok avec Africaine 808 (live), Aramis (dj set) et Super Dimanche (visuels et installation) House music all night long, le samedi 11 juin à 23h30 au Rafiot avec Tony Lionni (dj set), Jef K (dj set), Facettes (dj set) et Prozac 303 (dj set) Boombox, le samedi 11 juin à 23h au Fat Black Pussycat avec Dee Nast (dj set) et Slivanoë (dj set) One night in Bangkok, le jeudi 16 juin à 20h à l’espace culturel Django Reinhardt avec The Paradise Bangkok Molam International Band (dj set)

Le concours est clos.

 

Relisez le compte-rendu de la 2e journée du procès des djihadistes de « la filière de Strasbourg »

Relisez le compte-rendu de la 2e journée du procès des djihadistes de « la filière de Strasbourg »

Le procès des djihadistes de la « filière de Strasbourg » s’est ouvert lundi. Sept personnes répondent d’association de malfaiteurs en vue de commettre des actes de terrorisme devant le tribunal correctionnel de Paris. Retrouvez ci-dessous le compte-rendu de la deuxième journée d’audience.

Sept personnes de 24 à 27 ans revenues de Syrie après ce qu’ils appellent « un voyage humanitaire » comparaissent depuis lundi devant le tribunal correctionnel de Paris pour association de malfaiteurs en vue de commettre des actes de terrorisme jusqu’au mardi 7 juin.

Ils appartiennent à la « filière de Strasbourg », qui a vu 15 personnes de la Meinau, d’Illkirch-Graffenstaden et de Schiltigheim rejoindre l’Etat Islamique via la Turquie. Ils ont été arrêtés en mai 2014.

Retrouvez ci-dessous le compte-rendu réalisé en direct de la deuxième journée d’audience. Le procès doit durer jusqu’au mardi 7 juin.

Le compte-rendu de l’audience en direct


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« Le procès de la filière de Strasbourg n’est pas celui du Bataclan »

« Le procès de la filière de Strasbourg n’est pas celui du Bataclan »

Les sept Alsaciens de la « filière de Strasbourg » ont comparu lundi devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour être partis en Syrie rejoindre l’État islamique en décembre 2013. La première journée d’audience s’est concentrée sur la personnalité des prévenus et la chronologie menant à leur départ en Syrie. Le frère de Foued Mohamed-Aggad, l’un des terroristes du 13 novembre, et les avocats, en ont profité pour rappeler que ce procès « n’était pas celui du Bataclan ».

Le bruit qui court. Dans la salle des pas perdus ou au coeur du tribunal, les attentats du 13 novembre et l’attaque du Bataclan, au cours de laquelle l’Alsacien Foued Mohamed-Aggad s’est fait exploser, étaient sur les lèvres des journalistes venus nombreux couvrir la première journée du procès de la filière dite « de Strasbourg ». Avec cette question : l’ombre du kamikaze va t-elle planer tout au long du procès ? Dès les premières minutes de l’audience, son frère aîné, Karim Mohamed-Aggad a voulu s’en défendre :

« Moi et mes collègues ici, on n’a aucune responsabilité dans les attentats du 13 novembre. On est tous des fans de foot et le 13, on regardait le match France-Allemagne. On ne veut pas être assimilés à ces faits-là, on voudrait juste un procès équitable et sans amalgames. »

Longs cheveux noirs plaqués sur le dessus, bouclés à l’arrière, la barbe fournie, l’homme de 26 ans, originaire de Wissembourg, apparaît le visage décidé. Pas d’amalgame donc. Un leitmotiv que les avocats de la défense se sont employés à répéter tout au long de cette première journée d’audience, insistant sur le fait qu’il n’y avait aucune victime des attentats dans ce dossier. Me Éric Lefebvre, seul avocat inscrit au barreau de Strasbourg, le martèle à nouveau à la fin des débats :

« Nous ne sommes pas devant une cour d’assises jugeant des terroristes. Nous sommes devant un tribunal correctionnel jugeant des gens ayant commis un délit de droit commun ayant potentiellement un lien avec une entreprise terroriste. Et à ce titre, le simple fait d’être allé en Syrie est un fait qui ne cause aucune victime. Ce serait un procès qui se voudrait par procuration être le procès de quelqu’un d’autre, de quelque chose d’autre. C’est le procès de sept jeunes qui sont allés en Syrie et sont rentrés en France, certains déçus, d’autres totalement décimés par ce qu’ils ont vu. »

Une idée d’autant plus martelée après que l’association française des victimes de terrorisme (AFVT) ait voulu se constituer partie civile, une demande rejetée par le tribunal.

Les sept jeunes revenus de Syrie sont issus du quartier de la Meinau à Strasbourg (Photo Damien Senger / FlickR / cc)
Les sept jeunes revenus de Syrie sont issus du quartier de la Meinau à Strasbourg Photo : Damien Senger / FlickR / cc

Partis pour « aider le peuple syrien par n’importe quel moyen »

Les sept strasbourgeois, âgés de 24 à 27 ans, répartis dans deux box font valoir leur différence avec le kamikaze dont l’expédition mortifère a coûté la vie à 90 personnes au Bataclan. Car eux sont volontairement rentrés en France après avoir passé deux à trois mois au coeur de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), l’ancêtre de Daesh.

Au long de cette première journée d’audience, le tribunal a cherché à comprendre les raisons ayant motivé le départ du groupe d’Alsaciens en décembre 2013. Au juge, les questionnant sur leur voyage jusqu’en Syrie, les prévenus répondent avoir voulu se rendre à « Dubaï », le « prétexte », selon les termes employé par l’un d’entre eux, pour camoufler aux proches le but réel de leur départ à l’étranger.

Un voyage sous couvert « d’humanitaire », selon la défense adoptée par les prévenus. Rédouane T., tapant nerveusement du pied, glissera même être parti « dans un but d’humanité ». Devant le regard surpris des magistrats, il se corrige : « dans un but humanitaire. Aider le peuple syrien par n’importe quel moyen ».

Bande de potes, petits boulots, foot et islam

La présidente du tribunal aborde ensuite l’examen des personnalités des sept prévenus. Un à un, ils se lèvent et répondent aux questions du tribunal. Entre bandes de potes, petits boulots, foot et une pratique de l’islam traditionnelle, les profils des sept Alsaciens sont décortiqués (lire le compte-rendu de la première journée). Rapports familiaux mais aussi amicaux. Comment le groupe de la filière de Strasbourg s’est-il constitué ? Quels liens et quelles influences d’un prévenu à un autre ? Quels lieux fréquentés ?

La deuxième journée d’audience, mardi, tentera de répondre à ces questions tout en essayant de reconstituer au plus près la chronologie de leur séjour syrien. Les sept Alsaciens encourent jusqu’à dix ans prison pour « association de malfaiteurs en vue de commettre des actes terroristes ».

Le quai des Bateliers entièrement piéton dès dimanche

Le quai des Bateliers entièrement piéton dès dimanche

À partir de dimanche et ce jusqu’au 12 août le quai des Bateliers sera fermé à la circulation. Des animations sont prévues pendant un peu plus d’un mois pour donner un exemple de ce que pourrait devenir ce quai.

Lundi au musée alsacien de Strasbourg, le maire (PS) Roland Ries et trois de ses adjoints, Mathieu Cahn (PS), en charge de la politique événementielle, Paul Meyer (PS), en charge du quartier centre-gare et Olivier Bitz (PS), en charge du projet de réaménagement des quais sud de l’Ill, ont divulgué les résultats d’une concertation de quatre mois entre municipalité, associations de quartier, commerçants et habitants.

De gauche à droite, Mathieu Cahn, adjoint au maire en charge de la politique événementielle, Roland Ries, maire de Strasbourg, Olivier Bitz, adjoint au maire en charge du projet et Paul Meyer, adjoint au maire en charge du quartier gare, lors de la conférence de presse lundi 30 mai au musée alsacien. (photo Auriane Poillet / Rue89 Strasbourg)
De gauche à droite, Mathieu Cahn, Roland Ries, Olivier Bitz, Paul Meyer, lors de la conférence de presse, le lundi 30 mai au musée alsacien. (photo Auriane Poillet / Rue89 Strasbourg)

Une circulation trop importante sur les quais

Un premier atelier de concertation avait eu lieu le 22 janvier pour réfléchir au projet de réaménagement des quais sud de l’Ill. Quatre ont suivi. Une péniche avait été installée quai Saint-Etienne sur laquelle environ 340 personnes intéressées par le dossier se sont rendues pour venir s’informer et répondre à un questionnaire sur le réaménagement des quais sud de l’Ill.

Un site internet a également été mis en place et une carte interactive sur laquelle 176 propositions ont pu être soumises. Au total, ce sont environ 1 600 questionnaires qui ont été réceptionnés par la municipalité. Un chiffre important, même s’il faut le ramener au nombre de Strasbourgeois, soit 270 000.

Selon ce sondage, 91% des personnes sondées pensent que le réaménagement des quais sud de l’Ill est nécessaire. Une grande majorité d’entre eux estiment qu’il faut « sécuriser les déplacements cyclistes » et « améliorer les cheminements piétons ». Roland Ries commente ce résultat :

« Il me semble qu’il y a un point qui fait consensus. C’est qu’il faut réduire sensiblement le trafic sur les quais, voire l’interdire. Car, c’est vrai qu’il y a aujourd’hui un trafic important qui est de 15 000 véhicules par jour. La circulation s’y fait mal. »

Une zone piétonne et une zone de rencontre

Pour l’ensemble du projet de réaménagement des quais sud de l’Ill, la municipalité annonce une enveloppe de 2,3 millions d’euros, dont 2,1 millions financés par l’Eurométropole et 270 000 euros par la Ville. À l’issue des concertations, celle-ci a estimé que la priorité devait être donnée au quai des Bateliers, « plus inconfortable pour les piétons, les cyclistes et les bus » que les autres quais.

Une partie du quai des Bateliers sera exclusivement réservé aux piétons et aux cyclistes à partir de dimanche 5 juin. (photo Auriane Poillet / Rue89 Strasbourg)
Une partie du quai des Bateliers sera exclusivement réservée aux piétons et aux cyclistes à partir de dimanche 5 juin. (photo Auriane Poillet / Rue89 Strasbourg)

Trois hypothèses de travail ont été étudiées. L’une d’elle consisterait à rendre le quai des bateliers à sens unique. Mais celle-ci ne convainc pas le maire, puisque ce schéma, s’il est réalisé, « accélérerait la vitesse sur les quais ». Une autre serait de créer une « zone de rencontre avec passage possible des véhicules à vitesse très réduite ».

Une dernière hypothèse se composerait d’une zone de 180 mètres de long exclusivement piétonne entre le pont Sainte-Madeleine et la place des Corbeaux. Elle reste tout de même ouverte aux véhicules entre 6h et 11h sur le même principe que la rue d’Austerlitz ou la rue Sainte-Madeleine. Les garages privés resteront accessibles.

Au bout de ce plateau piétonnier, une zone de rencontre limitée à 30 km/h entre véhicules, piétons et cyclistes jusqu’à la rue de Zurich. Le but de la manœuvre serait de « donner un vrai statut à ces quais, qui ne soit pas hybride, avec un fil conducteur », selon Roland Ries.

Des travaux qui inquiètent les commerçants

C’est cette dernière possibilité qui va être expérimentée « grandeur nature » cet été, entre le 5 juin et le 24 juillet 2016 « pour figurer ce que l’on pourrait avoir sur les quais », a tenu a préciser Magali Gack, du service presse de la Ville de Strasbourg.

L’occasion a été fournie par les travaux de rénovation d’une conduite d’eau potable alimentant la Grande Île. Le quai aurait de toute manière été fermé à la circulation pendant deux mois. À noter également que du 25 juillet au 12 août, la circulation sera interdite sur la rue du Bain aux Roses et que le Pont Sainte-Madeleine sera à sens unique. Des déviations seront mises en place.

Ces travaux et ceux à venir ont poussé un groupe de commerçants à se regrouper en association pour dénoncer le projet. Selon eux, cela mettrait en péril leurs commerces. Paul Meyer, adjoint au maire en charge du quartier-gare, tente de convaincre :

« C’est un atout pour l’ensemble des commerçants. Les touristes choisissent Strasbourg comme destination, car ils peuvent déambuler. Avec ce projet, on développe aussi l’attractivité commerciale de la ville. »

Et pour bien le montrer, la Ville a concocté une programmation d’animations estivales en collaboration avec les associations de quartier. Au programme, un marché de créateurs le samedi 4 et dimanche 5 juin, des échecs le samedi 2 juillet ou encore des joutes nautiques le samedi 9 juillet. Le week-end du 16 et 17 juillet, la maire de Zurich, Corine Mauch, débarquera avec sa délégation quai des Bateliers en mémoire du serment d’assistance mutuelle prêté entre les deux villes au XVème siècle.

« Ce projet d’aménagement piétonnier n’est pas arrêté », a tenu à préciser le maire de la Ville. La décision finale pour le réaménagement des quais sera prise en octobre, à l’issue d’une nouvelle réunion publique lors du bilan de la phase de test.

Les réserves de la Chambre de commerce

Dans un communiqué, la Chambre de commerce et d’industrie de Strasbourg a tenu à exprimer son désaccord avec les orientations de la Ville. Pour son président Jean-Luc Heimburger, il est « inconcevable d’interdire purement et simplement le passage de véhicules sur un axe important de circulation et d’accès à l’hyper-centre. » L’institution, qui soutient par ailleurs l’autoroute de contournement (GCO), considère « comme un choix risqué et dangereux l’exclusion croissante de la voiture du centre-ville. Les clients et acheteurs seront ainsi amenés à se reporter sur les zones commerciales de périphérie, ce qui finira par annihiler l’activité de centre-ville. »

Jean Vogel, maire de Saâles: « notre commune est abandonnée »

Jean Vogel, maire de Saâles: « notre commune est abandonnée »

Jean Vogel, maire de Saâles, a écrit une lettre ouverte à François Baroin, président de l’association des maires de France (AMF), pour lui faire part des déséquilibres entre les territoires ruraux urbains. Pour le maire de cette commune des Vosges alsaciennes, les territoires ruraux sont saignés par l’effort de réduction des dépenses publiques, alors qu’ils sont soumis à des charges plus importantes.

Monsieur le Ministre et Président,

J’en suis à mon quatrième mandat de maire et, avec les équipes qui m’ont accompagné tout au long de ces années au conseil municipal, l’effort a été permanent pour maintenir, voire en des temps plus fastes, développer la qualité de vie d’une population éloignée des grands centres et des bassins d’emplois. Les dépenses engagées ont toujours été calculées au plus juste et, autant que faire se pouvait, ajustées à un retour sur investissements.

Cependant, la baisse des dotations de l’État nous touche durement. En 2016, nous n’avons réussi à prévoir l’équilibre du budget que grâce à la promesse d’une aide exceptionnelle, en vue de la réalisation d’investissements obligatoires et indispensables.

Notre commune ne possède ni piscine, ni gymnase, ni médiathèque

Notre commune ne possède ni piscine, ni gymnase, ni médiathèque. La salle des fêtes est une ancienne usine du début du XXe siècle, la maison des associations est l’ancien foyer paroissial rénové. Nos enfants ne découvrent un gymnase que lorsqu’ils entrent au collège. Les dépenses de fonctionnement sont réduites au minimum et notre percepteur est prêt à le confirmer.

Pourtant, le conseil municipal a pris la décision de ne pas signer la motion proposée par l’Association des maires de France (AMF) demandant à l’Etat de revoir la baisse des dotations tant en volume que sur la durée.

Le texte nous a surpris et profondément déçus. À aucun moment il n’est question d’ « inégalité » et de « péréquation ». Faut-il rappeler que la baisse des dotations de l’État n’est que la partie émergée d’un iceberg, construit, il y a des décennies, autour de la défunte taxe professionnelle, dont le montant, selon la commune et par tête d’habitant, variait dans une proportion de 1 à 40. Certes, depuis sa suppression, ce rapport est moindre, mais demeure dans des proportions d’au moins 1 à 12.

Des habitants de Saâles refusent l'abandon par l'Etat de leur commune (Photo remise)
Des habitants de Saâles refusent l’abandon par l’Etat de leur commune (Photo remise)

Des charges plus élevées, des revenus amoindris

La situation des communes françaises est comparable à celle de deux salariés effectuant le même travail. L’un est payé au SMIC, l’autre dix fois plus. La productivité de l’entreprise demandant des ajustements, notamment des salaires, au lieu de tenir compte des distorsions en vigueur, chacun se voit appliquer la même proportion. Pire, l’entreprise demande au moins bien rémunéré de prendre en charge une partie des frais de cantine de son collègue. Combien de temps une telle situation pourra-t-elle perdurer ?

Faut-il insister sur les frustrations et les injustices qui en découlent ?

Concernant l’état des finances de notre collectivité, l’explication est multiple : éloignement des grands centres urbains, charges de centralité élevées et peu compensées, investissements à gérer en direct faute d’intervenants extérieurs (tourisme, logements sociaux), dotation générale de fonctionnement inférieure de 50% à celle des communes de population équivalente, absence de taxe professionnelle et donc aujourd’hui compensation ridicule, bourg-centre de l’intercommunalité très éloigné et concentrant les investissements communautaires, chute drastique des aides au titre de l’aménagement du territoire des conseils départementaux et régionaux…

Taxe sur le foncier plus élevée qu’ailleurs

Cet état de fait génère des inégalités inadmissibles entre les territoires. Notre commune n’est pas en mesure d’assurer 10% des services que propose la quasi totalité des villes, alors que le montant de la taxe d’habitation est au même niveau que celle de beaucoup de communes franciliennes. Nous abritons une population particulièrement précarisée, avec un taux de chômage dépassant les 20%, et le budget, que nous pouvons octroyer à l’école, est 3 à 4 fois inférieur par enfant au montant moyen des villes françaises.

La taxe sur le foncier bâti est, quant à elle, une fois de plus, source de fortes injustices. Le rapport entre le montant annuellement payé et la valeur du bien, avoisine 1 à 1,5% en Île de France alors qu’il peut osciller entre 2 et 8% dans beaucoup de communes rurales.

Je ne doute pas que l’objet de mon propos, ne serait-ce que par vos propres engagements dans ce domaine, vous est parfaitement connu et de longue date. C’est pourquoi, j’aimerais que vous puissiez avec courage et détermination défendre auprès de ceux qui nous gouvernent à la fois un soutien plus équitable, mais également une vision d’avenir des territoires ruraux, faute de quoi une bonne partie de la ruralité française risque de disparaître.

La commune Saâles compte 850 habitants et se situe au cœur du massif vosgien au sommet d’un col à 550 mètres d’altitude.

Veuillez croire, Monsieur le Ministre et Président, à l’assurance de ma considération distinguée.

#Jean Vogel

Grève reconduite jeudi, trafic SNCF perturbé en Alsace

Grève reconduite jeudi, trafic SNCF perturbé en Alsace

Les syndicats CGT, Solidaire et l’Unsa de la SNCF ont déposé un préavis de grève pour la journée de mercredi 1er juin, qui a été reconduit. Estimant qu’ « un point d’équilibre a été atteint », la CFDT a quant à elle levé le sien. La SNCF prévoit néanmoins de sérieuses perturbations sur son trafic régional.

La CFDT a choisi de lever son préavis de grève lundi. Il reste donc la CGT, l’Unsa et Solidaire pour appeler à la grève, afin de faire pression sur les négociations en cours sur les conditions de travail dans toute la branche du transport ferroviaire. Après la journée du  mercredi 1er juin, la grève a été reconduite un jour de plus.

Pour la SNCF, ces appels auront pour conséquences que le trafic du jeudi 2 juin sera identique à celui de la veille, c’est-à-dire un trafic régional très perturbé, un trafic TGV vers l’Est peu impacté et un trafic TGV vers le sud fortement perturbé. Selon la SNCF, 62 TER supplémentaires ont pu circuler le 1er juin par rapport à ses prévisions initiales.

Un tiers des TER Alsace prévus

Voici les prévisions de la SNCF par ligne du TER Alsace, trafic assuré par des trains ou des cars.

    Strasbourg – Offenbourg : circulation normale Mulhouse – Müllheim : circulation normale assurée par cars Strasbourg – Niederbronn : 1 circulation sur 2 Colmar – Metzeral : 2 circulations sur 5 assurées par cars Strasbourg – Sarreguemines : 1 circulation sur 3 Mulhouse – Thann en tram train : 1 tram-train sur 3 Mulhouse Thann – Kruth : 1 circulation sur 3 Mulhouse – Colmar : 1 circulation sur 3 Strasbourg – Bâle : 1 circulation sur 4 Strasbourg – Molsheim – St-Dié / Sélestat: 1 circulation sur 4 Strasbourg – Lauterbourg : 1 circulation sur 4 Strasbourg – Haguenau – Wissembourg : 1 circulation sur 4 Mulhouse – Bâle : 1 circulation sur 4 Mulhouse – Belfort : 1 circulation sur 4 Strasbourg – Saverne – Sarrebourg : 1 circulation sur 5 Strasbourg – Sélestat (omnibus) : 1 circulation sur 5 Strasbourg – Nancy : 1 circulation sur 5 Strasbourg – Metz : 1 circulation sur 8

SNCF TER Alsace (Wikipedia)
Moins d’un TER Alsace sur trois sont prévus mercredi (Photo Wikimedia Commons /cc)

TGV : l’Est peu perturbé, le Sud nettement plus

Sur le trafic grandes lignes, la SNCF prévoit un trafic « peu perturbé » sur la LGV-Est.

    Strasbourg – Paris : 2 TGV sur 3 Strasbourg – Lille : 1 TGV sur 2 Strasbourg – Nantes / Bordeaux : 1 TGV sur 2 Strasbourg – Rennes : pas de circulation

Sur l’axe Sud-Est en revanche, le trafic est annoncé comme « perturbé ».

    Mulhouse – Paris : 1 TGV sur 2 Strasbourg – Lyon : 1 TGV sur 3 Strasbourg – Marseille et Strasbourg – Montpellier : 1 TGV sur 2 Strasbourg – Stuttgart / Munich et Strasbourg – Francfort : circulation
    normale Mulhouse – Zurich : 1 TGV sur 2 Fribourg – Paris : pas de circulation Strasbourg – Bruxelles et Strasbourg – Luxembourg : pas de circulation

Comme d’habitude, la SNCF recommande de se renseigner avant son départ, sur sncf.com pour les grandes lignes et www.ter-sncf.com/alsace pour les lignes régionales.

Législative partielle : Éric Elkouby devient le député le plus mal élu du Bas-Rhin

Législative partielle : Éric Elkouby devient le député le plus mal élu du Bas-Rhin

Le candidat socialiste Éric Elkouby remporte avec 53,77% des voix une élection législative partielle qui a mobilisé 20% à peine des électeurs. Ce n’est que la troisième législative partielle remportée par le PS du quinquennat. À droite, on met en avant que le score est plus serré qu’il y a quatre ans.

13 064 électeurs sur 64 322 inscrits soit 79,38% d’abstention. Voilà les chiffres les plus marquants de l’élection législative partielle strasbourgeoise (1ère circonscription du Bas-Rhin). À cela, on peut ajouter 691 blancs et 344 nuls, soit autant d’électeurs qui n’ont pas pu exprimer de préférence entre le candidat socialiste Éric Elkouby et son rival Jean-Emmanuel Robert (« Les Républicains »).

Ainsi sont les règles de la démocratie de la Vè République et c’est donc Éric Elkouby avec 6 469 voix (53,77% des suffrages exprimés soit 10,05% des électeurs inscrits) qui représentera Strasbourg à l’Assemblée nationale dès lundi 30 mai. À noter que l’écart entre les deux hommes (909 voix) est inférieur à celui de votes non-exprimés (1 035).

Tous les résultats par bureau de vote

Ca, c’est pour les maths. Il y a ensuite le temps des réactions. Pour Éric Elkouby son élection est « un message d’espoir pour les Strasbourgeois et les Strasbourgeoises » et veut tâcher de « réenchanter la vie publique » et politique. Il ne cache pas qu’il briguera une réélection en juin 2017 lors des élections législatives générales.

La réaction d’Éric Elkouby

Une ambiance de fête régnait au restaurant du tribunal vers 22h, où les différentes composantes du PS strasbourgeois étaient réunies pour célébrer une rare victoire électorale. Ce n’est que la troisième législative partielle remportée depuis l’élection de François Hollande, sur 21 au total.

Éric Elkouby, nouveau député socialiste de Strasbourg, élu avec 53,77% des voix soit 10,05% du corps électoral (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Éric Elkouby, nouveau député socialiste de Strasbourg, élu avec 53,77% des voix soit 10,05% du corps électoral (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

C’est un peu la norme en politique, le côté perdant voit toujours un motif d’espoir dans sa défaite. Chez « Les Républicains », on met en avant que l’écart entre les deux formations sur cette circonscription « de gauche » depuis 1997 se réduit. En 2012, Armand Jung avait remporté le second tour haut la main avec 62% des voix face à Anne Hulné (38%).

Cette fois, la différence est de 8 points, « les deux tiers de l’écart sont remontés » selon le président bas-rhinois de « Les Républicains » Laurent Furst . Mais la dynamique était différente. La gauche venait de reprendre le pouvoir après 10 ans d’opposition, portée par le succès de François Hollande, tout juste élu président de la République.

La réaction de Jean-Emmanuel Robert

Le conseiller municipal strasbourgeois battu ne s’est pas étendu sur ses ambitions futures, si ce n’est qu’il « aidera à sa manière ». Alors qu’il a participé à toutes les équipes de campagne depuis 2002, il n’est pas sûr qu’il ait de nouveau sa chance en 2017. De plus, 65% des circonscriptions « renouvelables » (sans candidat sortant) seront réservées à des femmes, car le parti de droite paye des amendes de plusieurs millions d’euros en raison de son manque de parité.

Vient ensuite le temps des analyses. Pour le politologue strasbourgeois Philippe Breton, Éric Elkouby a bénéficié de bons reports de voix et a su conquérir certains bureaux de vote, notamment dans le secteur des Contades et du lycée Kléber, d’habitude acquis à la droite, plutôt que les quartiers plus populaires de l’ouest.

L’analyse de Philippe Breton

Pour autant, son rival a su réduire l’écart entre les deux tours : de 1 615 voix au soir du premier tour, il a diminué à 909. Alors que la participation a chuté de 2% (2039 suffrages exprimés en moins), Jean-Emmanuel Robert a gagné 2887 voix (de 2 673 à 5 560), là où Éric Elkouby en a gagné 2181 (de 4 288 à 6 469). Les blocs gauche et droite étaient à peu près identiques au soir du premier tour, quelques candidats étant inclassables (le candidat tiré au sort de #MaVoix, Pacha Mobacher, le parti islamo-turc du PEJ).

Il est vrai qu’aucun parti sur la gauche du PS n’avait appelé à voter pour lui, pas même les écologistes, pourtant alliés à la municipalité strasbourgeoise. Quelques adjoints ont néanmoins eu des expressions divergentes. À droite, seule l’UDI avait appelé pudiquement appelé « à faire barrage au candidat de François Hollande ».

Un mandat à abandonner

Autre analyse, celle du maire de Strasbourg Roland Ries (PS). Il se réjouit que « la gauche résiste à Strasbourg », malgré un contexte difficile. Son adjoint Éric Elkouby ne pourra pas cumuler trois mandats. Le maire souhaite qu’il puisse rester au conseil municipal. Dans ce cas, il devrait démissionner de son mandat de conseiller départemental d’opposition (canton 2 de Strasbourg), renouvelé en mars 2015.

S’il reste adjoint, il se verrait rétrogradé au poste de conseiller municipal en mars 2017, en raison de la future loi sur le non-cumul des mandats, plus exigeante. Mais la droite prévoit d’annuler cette loi si elle regagne le pouvoir en 2017.

La réaction de Roland Ries

Il y aura donc toujours deux députés socialistes bas-rhinois à l’Assemblée nationale. Éric Elkouby y retrouvera Philippe Bies, élu pour la première fois en 2012, qui est également conseiller municipal à Strasbourg.

La réaction de Philippe Bies

 

À Metz, la région Grand Est vote son premier budget

À Metz, la région Grand Est vote son premier budget

En direct – Suivez la première séance plénière du conseil régional d’Alsace Champagne Ardenne Lorraine (rebaptisée Grand Est) à Metz. Ce lundi 30 mai, il sera question d’adopter le premier budget de la nouvelle région. À suivre en direct à partir de 10h.

Après quelques sessions à Strasbourg, les séances plénières du conseil régional du Grand Est s’installent définitivement à Metz. Celle du lundi 30 mai portera sur l’adoption du budget primitif pour l’année 2016, étudié en détail pour les 15 commissions thématiques (transports, éducation, culture, etc.). Pour le moment, il s’agit principalement de l’addition des trois budgets des anciennes régions, soit 2,5 milliards d’euros (+2% par rapport à 2015).

Les débats budgétaires sont souvent l’occasion pour les différentes formations politiques de donner leur vision des projets à mener.

2,5 milliards cette année, plus à l’avenir

Le président Philippe Richert (LR) a développé ses prochains projets dans un grand entretien à Rue89 Strasbourg. Des premières modifications interviendront dans le budget rectificatif (notamment l’ajout de 75 millions d’euros de crédits pour la formation des chômeurs) à la rentrée.

Selon lui, le budget de nouvelle région Grand Est augmentera dans les années à venir, autour de 2,7 à 2,8 milliards d’euros, car elle disposera de nouveaux pouvoirs, comme la gestion des transports en autocars. Mais sur les mêmes politiques qu’autrefois, elle dépenserait moins, grâce aux économies engendrées.

Le nouveau conseil régional (Photo Charles Sitzenstuhl)
Le nouveau conseil régional (Photo Charles Sitzenstuhl)

Enfin, il faudra élire un nouveau 1er vice-président (autrement dit un numéro 2 de la Région), car le lorrain Patrick Weiten a remplacé la députée Anne Grommerch, décédée au printemps. Il reste en revanche à la tête du département de la Moselle. Jean-Luc Bohl (UDI), par ailleurs maire de Montigny-lès-Metz et président de l’agglomération de Metz est pressenti.

Suivez la séance plénière en direct à partir de 10h

Retrouvez la première journée du procès des djihadistes de « la filière de Strasbourg »

Retrouvez la première journée du procès des djihadistes de « la filière de Strasbourg »

Le procès des djihadistes de la « filière de Strasbourg » s’est ouvert lundi. Sept personnes répondent d’association de malfaiteurs en vue de commettre des actes de terrorisme devant le tribunal correctionnel de Paris. Voici le compte-rendu de la première journée d’audience.

Sept personnes de 24 à 27 ans revenues de Syrie après ce qu’ils appellent « un voyage humanitaire » ont comparu lundi 30 mai devant le tribunal correctionnel de Paris pour association de malfaiteurs en vue de commettre des actes de terrorisme.

Ils appartiennent à la « filière de Strasbourg », qui a vu 15 personnes de la Meinau, d’Illkirch-Graffenstaden et de Schiltigheim rejoindre l’Etat Islamique via la Turquie. Ils ont été arrêtés en mai 2014.

Retrouvez ci-dessous le compte-rendu de la première journée d’audience, lundi 30 mai.

Le compte-rendu de l’audience en direct


Le tribunal correctionnel de Paris en novembre 2012 (Photo Kay William / FlickR / cc)
Le tribunal correctionnel de Paris en novembre 2012 (Photo Kay William / FlickR / cc)

Au conseil municipal, les chantiers du quartier d’affaires du Wacken continuent

Au conseil municipal, les chantiers du quartier d’affaires du Wacken continuent

En direct – Suivez en direct le conseil municipal du lundi 30 mai, qui débattra notamment de la suite du quartier d’affaires international du Wacken. À partir de 15h.

L’élection législative partielle est passée, mais la politique strasbourgeoise ne prend pas de vacances. Alors que le Grand Est planchera sur son premier budget à Metz, un nouveau conseil municipal débutera à 15h au centre administratif lundi 30 mai. Comme souvent, il sera intéressant de voir quelle assemblée privilégient les élus qui siègent à la Région comme à la Ville.

La principale délibération, la numéro 4, concerne le choix des promoteurs pour les troisièmes et quatrièmes lots (sur cinq au total) d’immeuble au quartier d’affaires du Wacken. À chaque fois, il s’agit d’un bâtiments de logements et un autre de bureaux. Nexity Immobilier et Lazard/Bouygues ont respectivement remporté les lots 3 et 4, pour à chaque fois plus de 10 000m² de surface totale. Le choix de l’architecte est prévu pour septembre.

Les deux premiers lots avaient été attribués à Altarea Cogedim / Linkcity, les travaux étant déjà en cours. Cogedim propose une visualisation en 3D d’un des immeubles d’appartements.

La première tranche de l'aménagement du quartier Wacken-Europe en blanc. Derrière en transparent, la seconde tranche. (doc remis)
La première tranche de l’aménagement du quartier Wacken-Europe en blanc. Derrière en transparent, la seconde tranche. (doc remis)

Les deux premiers bâtiments de bureaux hébergeront Adidas et le Crédit mutuel. À l’avenir, il sera intéressant de voir si ce quartier accueille de nouvelles entreprises et non seulement des transferts de sièges sociaux d’entreprises du Bas-Rhin. Le quartier d’affaires est un vaste sujet d’expression de l’opposition de droite ou des alliés écologistes, réticents sur l’impact du projet.

Au total 28 points 2 interpellations (dont une sur la pollution des sols strasbourgeois) sont à l’ordre du jour.

Le conseil municipal en direct à partir de 15h

Flux vidéo fourni par la ville de Strasbourg

Les commentaires sur Twitter


Législative partielle : Eric Elkouby nouveau député de Strasbourg

Législative partielle : Eric Elkouby nouveau député de Strasbourg

Eric Elkouby a été élu dimanche soir député du Bas-Rhin. Le candidat du Parti socialiste a obtenu 53,77% des voix, en bénéficiant d’un report de voix meilleur que celui de son adversaire, Jean-Emmanuel Robert (46,22%). La participation est restée très faible.

Les résultats et les réactions en direct

Très peu de monde dans les bureaux de vote de Strasbourg ce dimanche, comme ici dans le quartier gare (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Très peu de monde dans les bureaux de vote de Strasbourg ce dimanche, comme ici dans le quartier gare (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Les bureaux de votes restent ouverts jusqu’à 20 heures. Notre soirée électorale en direct commencera dès 19h30 ici-même.

LDDSM, parrains strasbourgeois du stoner, en concert mardi avec leur 3e album

LDDSM, parrains strasbourgeois du stoner, en concert mardi avec leur 3e album

Los Disidentes Del Sucio Motel, alias LDDSM, ce sont les dignes porte-voix d’un stoner rock made in Strasbourg. Ils publient Human Collapse, troisième et nouvel album dont ils dévoileront l’univers et les compositions le mardi 31 mai à la Maison Bleue.

Human Collapse ne sortira officiellement qu’à l’automne 2016 mais pour les chanceux et les privilégiés qui seront à la Maison Bleue mardi 31 mai, le mystère sera entièrement levé puisque Los Disidentes Del Sucio Motel jouera avec fougue et détermination les nouveautés de ce troisième album dont voici un avant-goût :



« Maverick Family »

Mais qui sont les LDDSM ? Une fratrie avant tout, la « Maverick Family », Billy, Bobby, Francky, Johnny et Sonny. Tous de secrets admirateurs du Maverick casse-cou et charmeur de Top Gun, sourire et Ray Ban de beau gosse pour emballer tout ce qui bouge.

Nul besoin cependant d’être un as des airs pour cela, rockeur peut aisément suffire, que l’on soit, chanteur, guitariste, bassiste, batteur ou clavier. Telle était d’ailleurs l’une des motivations premières de la bande : avaler l’asphalte et soulever la poussière des déserts du sud américain pour enchaîner les concerts dans des rades improbables où la sainte Trinité passe par le rock, les femmes et le whisky. Voilà pour la légende.

Los Disidentes Del Sucio Motel
Los Disidentes Del Sucio Motel (photo Bartosch Salmanski)

Sur les traces de Kyuss, QOTSA et Fu Manchu

Plus prosaïquement, LDDSM aime farouchement le rock qui crache et qui dépote, pétri de chant puissant, de guitares lourdes et frénétiques, de basses sismiques, de batterie explosive. Un stoner rock qui associe donc la furie du metal, la folie planante du psychédélisme, les rythmes heavy-blues et se vit surtout via la force du riff. Kyuss, Queens of the Stone Age, Fu Manchu en sont des références absolues. LDDSM leur emboîte efficacement le pas :



En 2012, à l’époque de ce live sur la scène de la plage aux Eurockéennes de Belfort, LDDSM avait déjà marqué les esprits avec un tout premier EP en 2007, le très nerveux et quasi-punk Room 159, ainsi qu’avec un premier album long, Soundtrack from the Motion Picture (2010). Du rock incendiaire à souhait, à coups de basse vrombissante et de riffs foudroyants, simplement pour faire bourdonner les amplis et faire péter les décibels !

Et, pour couronner le tout, les Dissidents proposent une ambiance de western spaghetti dont la réalisation pourrait être signée du sanguinolent tandem Tarantino-Rodriguez. Trois ans plus tard, en 2013, LDDSM sort Arcane, un deuxième opus dark porté sur des ambiances plus sombres mais non moins atomiques et assassines. Une réussite complète qui ne fait que confirmer tout le bien diabolique que l’on pense des Strasbourgeois.

Human Collapse
Human Collapse, nouvel album de LDDSM (photo Bartosch Salmanski)

Errance post-apocalyptique

Que dire, aujourd’hui, de la troisième livraison des Mavericks ? Magistrale et addictive. En dix chapitres, ce Human Collapse fait cheminer via les étapes d’un monde bien sombre dont on ne sait s’il survivra aux dégâts que lui causent ses habitants. LDDSM poursuit avec minutie et engagement son travail de fresque entamé avec ses disques précédents, accentuant peut-être là le trait et l’envie d’un concept-album tirant le fil d’une histoire.

En dix mots-clés, le combo strasbourgeois nous confronte au choix et à la décision, nous dépeint le départ, le voyage, la chute, la renaissance puis l’arrivée. Et à chaque fois, mélodies et compositions se posent en bande originale idéale de cette errance dans un monde post-apocalyptique et peu amène. Avec un dénominateur commun : un stoner rock aux ambiances parfaitement calibrées pour ce film-catastrophe à l’épilogue loin d’être verrouillé.

#los disidentes del sucio motel

Législative partielle : Strasbourg se choisit un nouveau député

Législative partielle : Strasbourg se choisit un nouveau député

Le deuxième tour de l’élection législative partielle de Strasbourg se déroule ce dimanche 29 mai. Il oppose Éric Elkouby (PS) et Jean-Emmanuel Robert (LR), qui représenteront les Bas-Rhinois à l’Assemblée nationale pour un an.

Exactement 64 322 Strasbourgeois sont de nouveau appelés aux urnes ce dimanche 29 mai pour remplacer le député Armand Jung (PS), démissionnaire pour raisons de santé en mars. Après un premier tour marqué par l’abstention de plus de trois-quart des électeurs (77,71% !), Éric Elkouby et Jean-Emmanuel Robert (LR) se sont néanmoins qualifiés au second tour. Le taux de participation questionnera néanmoins la légitimité du vainqueur.

L’entre-deux tours a été discret. Fidèle à la méthode Armand Jung, son ancien suppléant et attaché parlementaire Éric Elkouby a refusé de débattre avec son adversaire. « On connait nos positions. Je veux débattre avec les Strasbourgeois », s’est-il justifié. En avance au premier tour (30,48% des voix contre), il avait tout à perdre dans une confrontation directe. Il a multiplié les rencontres individuelles lors de permanences.

« Une nouvelle élection » pour Jean-Emmanuel Robert

Distancé, Jean-Emmanuel Robert (LR) a mis en avant sur le fait qu’il s’agit « d’une nouvelle élection, entre le candidat de François Hollande et un opposant ». Au micro de Radio RBS (à écouter ci-dessous), il a notamment insisté sur la défense de l’Alsace et son souhait de revenir sur la réforme territoriale en créant une collectivité unique d’Alsace (départements et région fusionnés). Des thèmes qui peuvent sembler en décalage avec l’électorat urbain de la circonscription, mais peut parler aux électeurs des régionalistes d’Unser Land (3,82% au premier tour).

Plus que deux candidats pour un siège de député (photo LG / Rue89 Strasbourg)
Plus que deux candidats pour un siège de député d’un an (photo LG / Rue89 Strasbourg)

Peu de consignes de vote

Les deux candidats ont organisé un meeting chacun, qui ont rassemblé leur camp mais pas les alliés traditionnels. À gauche, les écologistes n’ont pas donné de consigne de vote, une position justifiée par les contentieux de la politique nationale, malgré des expressions divergentes d’adjoints écologistes au maire socialiste de Strasbourg. À droite, l’UDI a pudiquement fait appel à « faire barrage au Front national » sans faire campagne. Ces jeux de partis semblent loin de préoccupations de ceux qui n’ont pas voté au premier tour. Il faut dire que le principe même de la « consigne » des partis fait partie du rejet de la politique.

Dans les quelques questions adressées aux deux candidats via « Questionnez vos élus », les différences ne sont pas ressorties comme au premier tour. Sans surprise, ils s’opposent tous les deux à la baisse des crédits de la Recherche envisagés par le gouvernement (moins 236 millions d’euros) et tous deux veulent défendre le régime local de santé, qu’ils n’estiment néanmoins pas en péril immédiat.

Quelques questions-réponses en ligne

Questionnés sur la Gestation pour autrui (GPA) et procréation médicalement assisté (PMA), Jean-Emmanuel Robert a réaffirmé son opposition, tout comme au mariage homosexuel. Quant à Éric Elkouby, il n’a pas voulu répondre à l’internaute qui a posé ces questions, qu’il a identifié comme un opposant. Pour lutter contre l’abstentionnisme, Jean-Emmanuel Robert pense que le vote obligatoire est l’une des solutions. Il prend l’exemple de l’Autriche où le vote est obligatoire et où les écologistes ont dépassé l’extrême-droite de très peu (50,3% contre 49,7%) le 22 mai. Pour Éric Elkouby, tout est question « d’écoute et de parole donnée. »

Retrouvez ces échanges sur Rue89 Strasbourg. En cliquant sur la colonne de droite (« candidats »), rubrique « questions par candidats ». il est possible de consulter les questions avec et sans réponses en fonction des dates de publication.

Réécouter l’interview de Jean-Emmanuel Robert (30 minutes)

Réécouter l’interview d’Éric Elkouby (30 minutes)

Les taux de participation à 12h et 17h seront publiés dès qu’ils seront connus et notre soirée électorale débutera vers 19h30, avec résultats et réactions des élus en direct.

Amiante au Parlement : relaxe requise pour l’architecte d’intérieur

Amiante au Parlement : relaxe requise pour l’architecte d’intérieur

Lors de la dernière journée d’audience  dans l’affaire de l’amiante libérée au Parlement européen vendredi, le substitut du procureur a requis la relaxe de l’architecte d’intérieur Marie-Delphine Bodain, trois mois d’emprisonnement avec sursis pour le coordinateur sécurité, Patrick K., et 20 000€ d’amende pour l’entreprise Stenger Plâtres et Staff. Le jugement a été mis en délibéré en septembre.

Vendredi, la troisième et dernière journée d’audience du procès de l’amiante libérée au Parlement européen lors d’un chantier en février 2013 a débuté par les plaidoiries des avocats.

Me Jean-Paul Teissonière, avocat du Parlement européen, Me Valérie Bach, avocat de la défense en charge des intérêts civils et Me Renaud Bettcher, avocat de l’architecte d’intérieur ont tenté de minimiser l’exposition des intervenants du chantier à l’amiante, lors de l’incident. Me Valérie Bach a expliqué :

« On s’est emballé en parlant de catastrophe sanitaire, ce n’en est absolument pas une. Le seuil de 5 fibres/litres d’air (seuil sanitaire légal d’exposition à l’amiante pour tout individu, ndlr) n’a pas été dépassé. En traversant la ville, j’ai respiré de l’amiante. On respire tous de l’amiante et on est tous susceptibles de développer une maladie en lien avec l’amiante. »

Celle-ci estime, à la barre, qu’une grande majorité de plaignants n’auraient pas pu être exposés au dangereux isolant :

« Pour les fonctionnaires du conseil de l’Europe, ils nous disent tous passer par la passerelle pour aller à la cantine. Cette passerelle ne contenait aucune amiante. Pour les fonctionnaires du Parlement, on constate que la plupart ont en réalité un bureau totalement éloigné du chantier, dans un autre bâtiment. »

Sous le regard consterné des avocats des parties civiles, l’avocate du cabinet Welsch & Kessler continue à exposer ses arguments pour les salariés des sociétés intervenus sur le site au moment de l’accident et jusqu’à ce que le chantier soit fermé, soit deux semaines plus tard.

Celle-ci admet tout de même qu’un des plaignants a développé une maladie liée à l’exposition à l’amiante. Mais pour que cette maladie soit reconnue comme professionnelle, il faut apporter la preuve d’un « lien direct et certain » avec la période de l’accident du Parlement européen.

Me Jean-Paul Teissonière, avocat du Parlement européen, peu avant l'audience du vendredi 27 mai 2015. (photo Auriane Poillet / Rue89 Strasbourg)
Me Jean-Paul Teissonière, avocat du Parlement européen, peu avant l’audience du vendredi 27 mai 2016. (photo Auriane Poillet / Rue89 Strasbourg)

« Eradiquer l’amiante est un idéal dangereux »

Pour Me Jean-Paul Teissonière, avocat du Parlement européen, l’idéal serait « d’éradiquer l’amiante » :

« Mais c’est un idéal dangereux, car on prend des risques dans le désamiantage. Si on ne touche pas a l’amiante en place, le propriétaire de l’immeuble a l’obligation de procéder à un contrôle de la partie visible de l’amiante. Mais le principe, c’est qu’à chaque fois que l’on ne peut pas procéder à un retrait, il ne faut pas le faire. »

Là encore, les avocats de la défense exposent l’argument principal qui consiste à dire que les poteaux incriminés n’étaient pas dans la zone de travaux, donc que les prévenus ne pouvaient pas savoir qu’ils contenaient de l’amiante. Me Antonio Alonso, avocat de Patrick K., le coordinateur sécurité, déclare :

« C’est quand même un délit particulièrement grave qui est reproché à Patrick K. dans cette affaire. Le coordinateur sécurité a une mission qui correspond a appréhender l’ensemble des risques qui peuvent surgir a l’occasion d’un chantier. Pour qu’il puisse réaliser sa mission, il faut qu’on lui en donne les moyens. La zone de doute ne fait pas partie du périmètre des travaux. Qu’aurait-il pu faire ? Il ne pouvait pas mener a bien sa mission de coordination. »

« Qui est coupable ? »

Dans cette affaire, chacun renvoie la balle de l’autre côté du terrain. Me Valérie Bach soulève cette problématique : « ma première question est : qui est coupable ? » A cela, Sébastien Hauger, substitut du procureur, répond en s’adressant au président du tribunal, Jérôme Lizet :

« Le principe en la matière est une responsabilité cumulative. Vous devrez en déduire quelques évidences tel Watson (fidèle associé du détective Sherlock Holmes, ndlr) que la responsabilité pénale de tel ou tel prévenu est indépendante de la responsabilité pénale de l’autre ou des autres. »

En réalité, le substitut du procureur anticipe sur ses réquisitions qui n’ont pas manqué de surprendre plus d’un auditeur venu suivre l’audience. Celui-ci a, en effet, demandé la relaxe de Marie-Delphine Bodain, architecte d’intérieur et maître d’oeuvre sur le chantier. Comme les deux autres prévenus, elle doit répondre de « mise en danger d’autrui par violation d’une obligation de prudence et de sécurité imposée par la loi ou le règlement. »

Joël Jund, représentant de la société Stenger plâtres & Staff, en présence de Marie-Delphine Bodain, architecte d'intérieur et maître d'oeuvre sur le chantier, et Me Valérie Bach, avocat de la défense en charge des intérêts civils, peu avant l'audience du vendredi 27 mai 2016. (photo Auriane Poillet / Rue89 Strasbourg)
Joël Jund, représentant de la société Stenger plâtres & staff, en présence de Marie-Delphine Bodain, architecte d’intérieur et maître d’oeuvre sur le chantier, et Me Valérie Bach, avocat de la défense en charge des intérêts civils, peu avant l’audience du vendredi 27 mai 2016. (photo Auriane Poillet / Rue89 Strasbourg)

Mercredi, lors de l’ouverture du procès, Sébastien Hauger avait cherché à connaître la définition exacte du métier d’architecte d’intérieur. Parmi les missions qui lui sont accordées dans le rapport de la direction du travail (Direccte), le maître d’oeuvre doit veiller à la sécurité des personnes intervenant sur le chantier, même si ce n’est pas le seul à endosser ce rôle.

Des peines qui peuvent « paraître faibles »

Pourquoi alors serait-t-elle hors de cause dans cette affaire ? Le substitut du procureur l’explique :

« La mise en danger d’autrui suppose une obligation particulière de sécurité et elle n’en a violé aucune. On ne peut pas lui reprocher de manquer à une obligation générale de sécurité. Par contre, on aurait pu lui reprocher une obligation particulière de sécurité, qui donne la conduite à tenir dans une situation déterminée, mais elle n’en a pas violé au regard de la loi. »

Me Renaud Bettcher, avocat de Marie-Delphine Bodain, peu avant l'audience vendredi 27 mai 2016. (photo Auriane Poillet / Rue89 Strasbourg)
Me Renaud Bettcher, avocat de Marie-Delphine Bodain, peu avant l’audience vendredi 27 mai 2016. (photo Auriane Poillet / Rue89 Strasbourg)

Pour le coordinateur sécurité du chantier, Patrick K., Sébastien Hauger a requis trois mois d’emprisonnement avec sursis et pour la société Stenger plâtres & staff, représentée par Joël Jund, le procureur a requis 20 000€ d’amende pour « mise en danger d’autrui par violation d’une obligation de prudence et de sécurité imposée par la loi ou le règlement ».

Des peines qui peuvent « paraître faibles », selon l’aveu même de Sébastien Hauger mais qui ne doivent pas être influencées par le seul nombre de victimes potentielles ou la durée de l’audience. « Il s’agit de faire une application habituelle et personnelle d’une peine d’avertissement », observe-t-il.

Le tribunal a mis son jugement en délibéré au jeudi 8 septembre.

Djihad en Syrie : le procès de la « filière de Strasbourg » démarre lundi

Djihad en Syrie : le procès de la « filière de Strasbourg » démarre lundi

En décembre 2013, quinze Alsaciens prenaient la route vers la Syrie. Sept d’entre eux sont rentrés en France quelques mois plus tard avant d’être arrêtés. Partis en Syrie dans un « but humanitaire » selon eux, leur procès s’ouvre lundi devant le tribunal correctionnel de Paris. Sept jours d’audience au cours desquels la justice va tenter de retracer le parcours de la « filière de Strasbourg ».

Ça devait être des vacances à Dubaï, un simple voyage entre potes. C’est du moins de cette manière qu’en décembre 2013, quinze Alsaciens âgés de 23 à 26 ans, embarqués sur la route vers la Syrie, l’avaient annoncé à leurs proches. À l’aéroport de Francfort, seul Mustafa, l’unique mineur du groupe, ne prendra pas l’avion pour la Turquie. Les autres continuent leur route pour rejoindre l’État islamique en Syrie, dans la région d’Alep.

Mais dès les premiers jour du mois de janvier 2014, deux frères du groupe, Yassine et Mourad Boudjellal, originaires du quartier de la Meinau à Strasbourg, trouvent la mort à un checkpoint lors d’un règlement de compte entre deux factions islamistes ennemies. Dans les semaines qui suivent, sept Alsaciens du groupe décident de rentrer en France. Chacun reprend sa vie, l’un d’entre eux allant même être serveur dans un bar à chichas strasbourgeois.

L’un des Alsaciens restés dans les rangs de l’État islamique, Foued Mohamed­ Aggad, originaire de Wissembourg, se fera exploser avec deux autres terroristes au Bataclan le 13 novembre 2015, faisant près de 90 morts.

Classés comme « combattants » dans des documents de Daesh

Lundi matin, le procès de ceux rentrés en France et interpellés par le Raid en mai 2014 s’ouvre devant la 16e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris. Poursuivis pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, ils encourent dix ans de prison.

La version des prévenus, Miloud Maalri, Mokhlès Dahbi, les frères Ali et Mohamed H., Banoumou Kadiakhé, Rédouane Taher et Karim Mohamed­ Aggad, avançant être partis « dans un but humanitaire » en Syrie, risque d’être mise à mal.

Car au cours de l’enquête, des images et des textes menaçants (« Nous arrivons, prépare ­toi aux explosions et aux assassinats sur tes territoires », « Aux braves musulmans de France, retracez le chemin de Mohamed Merah », entre autres) ont été retrouvés dans les téléphones portables et ordinateurs de certains d’entre eux.

D’après leur récit, les Alsaciens auraient été forcés d’intégrer Daesh, dans les rangs duquel ils auraient participé à des entraînement militaires. Sauf que leurs noms apparaissent dans des fichiers attribués au groupe État islamique où l’on apprend que les Bas-­Rhinois sont classés comme « combattants ». Le Parquet antiterroriste de Paris a d’ailleurs l’intention de verser ces documents au procès.

Dans un procès verbal que s’est procuré Le Monde, l’un d’eux explique :

« On ne faisait pas grand-chose. C’est pour cela que ça nous a rendus fous. On était partis pour aider les habitants et on s’est retrouvé enfermés H24. »

Les frères Mohamed-Aggad, Karim (à g.) et Foued (montage / captures d'écran)
Foued Mohamed-Aggad, 3è kamikaze du Bataclan, était parti de Wissembourg avec son frère Karim, actuellement incarcéré à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. Photo : montage / captures d’écran

15 Alsaciens partis en décembre 2013

L’implication de Foued Mohamed-Aggad dans les attentats de Paris va également accentuer l’attention sur son frère Karim, actuellement détenu à la maison d’arrêt de Fleury-­Mérogis.

Le procès sera également l’occasion de comprendre leur processus d’endoctrinement par Mourad Farès, l’un des principaux recruteurs de djihadistes français. Le même Mourad Farès qui au moment de l’arrestation des sept Alsaciens avait posté ce message laconique sur sa page Facebook : « il fallait bien que ça arrive… » Aujourd’hui mis en examen et incarcéré, il est dans l’attente de son procès.

Du groupe des quinze Alsaciens partis en décembre 2013, quatre membres se trouvent toujours en Syrie ou en Irak.