Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Grève SNCF mardi, un TER sur quatre seulement

Grève SNCF mardi, un TER sur quatre seulement

La SNCF estime que seulement un TER sur quatre pourra circuler en Alsace mardi 26 avril, journée d’action nationale de quatre syndicats de cheminots. L’objectif est de peser sur les négociations en cours sur la libéralisation de l’ensemble du secteur ferroviaire.

Cette fois, l’appel à la mobilisation est unanime et l’effet est immédiat sur le trafic prévisible : mardi 26 avril, moins de un train régional sur quatre circulera en Alsace. Quatre syndicats de cheminots (CGT, UNSA, CFDT, SudRail) se sont associés, pour peser sur les négociations en cours, qui visent à harmoniser les règles de travail dans l’ensemble du secteur ferroviaire (fret/voyageurs, SNCF/privé). L’objectif étant que l’ouverture à la concurrence, en 2020 pour les TGV, en 2023 pour les TER / Intercités, ne se réalise pas sans saborder les conditions de travail et de sécurité des agents.

L’inquiétude est réelle parmi les cheminots, si l’on en croit les prévisions de trafic communiquées par la SNCF.

Plus que 25% des TER Alsace

    Sur l’ensemble des lignes régionales, une circulation sur quatre pourra être maintenue, à l’exception des lignes Mulhouse – Thann en tram-train et Strasbourg – Offenbourg, où la circulation reste normale. Sur la ligne Mulhouse – Müllheim, tous les trains sont remplacés par des cars. Sur Colmar – Metzeral, 1 circulation sur 4 et en car uniquement

En cas de doute, les informations détaillées sont sur alsace.ter.sncf.com et par téléphone au 0 800 77 98 67.

Nettement moins de TGV

Le trafic TGV est moins impacté. Il convient néanmoins de vérifier que le train réservé est bien maintenu, soit sur sur www.sncf.com soit en appelant le 0 805 90 36 35.

    Colmar – Strasbourg – Paris Est : 3 TGV sur 4 Bâle – Mulhouse – Paris Lyon : 1 TGV sur 2 Strasbourg – Aéroport CDG TGV – Lille ! 3 TGV sur 4 Strasbourg – Lyon : 1 TGV sur 3 Strasbourg – Marseille : 1 TGV sur 3 Strasbourg – Bordeaux : 1 TGV sur 3 Strasbourg – Montpellier : 1 TGV sur 3 Strasbourg – Rennes : 1 TGV sur 2 Strasbourg – Nantes : 1 TGV sur 2 Paris Est – Strasbourg – Munich/Stuttgart (Alleo) : circulation normale Marseille – Strasbourg – Francfort : circulation normale Paris Lyon – Mulhouse – Fribourg : pas de circulation

Avec Zarga, c’est Malala Beat et coup de pied occulte garantis

Avec Zarga, c’est Malala Beat et coup de pied occulte garantis

Du punk-rock version Blitzkrieg. Le combo strasbourgeois Zarga tire à l’artillerie lourde avec un premier opus en quatorze obus qui font littéralement Malala Beat. L’attaque éclair aura lieu jeudi 28 avril au Mudd Club.

Zarga, c’est l’ennemi public numéro 1, servi et représenté par ses quatre fidèles  : le Duc de Sconse, Laurent Outang, Baboun et JeFFF’R’Son. Voilà une bonne dizaine d’années qu’officie cette petite brigade libertaire aux armes musicales affûtées pour combattre les projets liberticides.

Comic Tripes et ZargaSM

À défaut de célébrer la reine d’un régime fasciste pour mieux tracer sa route (Vicious, Rotten et consorts y excellaient avec leurs interprétations (sous) acides de God Save the Queen et My Way), Zarga donne dans le Comic Tripes et le ZargaSM à grands renforts de guitare énervée, de basse explosive, de batterie surexcitée et de chants de guerre révoltés. En deux temps, évidemment, sur une fesse A puis une fesse B d’un vinyle de destruction massive.

Zarga
Malala Beat, fesse A et fesse B (Doc. remis)

Il faut en tout cas bien imprimer le tempo, long et dur, pour soutenir l’action, elle aussi longue et dure, de la jeune Malala Yousafzai, pasionaria de la lutte contre l’obscurantisme taliban. Malala Beat (album à écouter ci-dessous, enregistré au studio Green Valley Records de Villé), c’est donc l’hymne parfait pour filer un bon coup de pied occulte à des barbus arriérés qui font d’une vision réduite et sélective de la religion leur opium du peuple.

« Je suis un escargot tout gros qui mousse comme un vieux glaviot »

Zarga est donc là, super-héros malfaisant ressuscitant l’esprit subversif des comics des années 70. Cet hypnotiseur de music-hall, créé par Marcus Goodall et dessiné par Joe Colquhoun et Dave Gibbons dans le trimestriel Janus Stark, voit son public le bouder et le délaisser.

Qu’à cela ne tienne, ce petit barbu aux traits maléfiques et à la ressemblance toute léninienne va s’auto-hypnotiser pour se doter de tous les super-pouvoirs possibles et se venger d’un public à qui il crachera un retentissant Shut up (motherfuckers, cela va de soi !) ainsi qu’un Fuck you up and get high (emprunté aux punks californiens Dwarves). Cette mission accomplie, tout en punk-rock efficace, concis et décapant, Zarga s’offre une dégustation bien baveuse et méritée à la ferme hélicicole du Kochersberg :

De là à établir un lien (trop) évident avec d’autres savoureuses manifestations émotionnelles d’un Zarga gonflé à bloc (Vomix et Total Rectal notamment)… Non, Zarga préfère décrasser les tuyaux en clamant haut et fort et en bonus son amour des pratiques zoo-nécrophiles sur fond sonore suggestif d’une Black Belly qui n’a rien en commun avec sa quasi-homonyme popularisée par Ram Jam. Non, Zarga s’en remettra simplement à ses origines : I’m just a poor boy, nobody loves me / He’s just a poor boy from a poor family… Une rhapsodie bohémienne, dans son acception la plus populaire, qui renvoie – comme c’est étrange – à la reine. D’un état fasciste ? Diantre, encore un coup tordu de Zarga !

Strasbourgeois et traileur – 2 : le Mont Sainte-Odile

Strasbourgeois et traileur – 2 : le Mont Sainte-Odile

Courir, c’est bien, mais courir en montée c’est mieux, surtout dans les bois et au dessus de l’Alsace. Direction le Mont Sainte-Odile.

J’avais déjà mis en avant une trace de trail à quelques encablures de Strasbourg, cette alternative nature ou montagne à la course sur route lors de la présentation du Kochersberg. J’y vantais ses terres et ses possibilités de pratiquer la course à pied dans un cadre nature, essentiellement des champs, à deux pas de Strasbourg.

Comparaison des lieux de trails proches de Strasbourg (Tableau / AM)
Comparaison des lieux de trails proches de Strasbourg (Tableau / AM)

Un parcours à deux pas de Strasbourg

Dans ce récit, je vais présenter un autre terrain d’entraînement, cette fois un peu plus loin de Strasbourg, à savoir l’ascension du Mont Sainte-Odile. Il me faut généralement une demi-heure pour me rendre au pied de la montagne située au sud-est de la ville, dans la ville d’Ottrott, peu après Obernai.

Arrivé, en levant la tête, j’aperçois facilement, sur les hauteurs, le couvent qu’il faut atteindre. Là il n’y a pas d’arnaque ni de surprise, via le Chemin des Pèlerins, ça monte tout droit, c’est large, c’est régulier et c’est quasiment linéaire sur 4 km. C’est presque long car linéaire et les muscles chauffent très vite puisque ça monte directement. Niveau paysage, je n’aperçois pas grand chose de la plaine d’Alsace car le paysage forestier est assez dense. Je me dis que tout en haut, la vue sera plus dégagée.

Vue depuis le départ à Ottrott (Photo Rue89 Strasbourg /AM)
Vue depuis le départ à Ottrott (Photo Rue89 Strasbourg /AM)

Arrivé en-haut, la récompense

J’atteins la basilique, située à 764 m d’altitude. Il y a du monde, vu le nombre de bus stationnés sur le côté, je pense que ce sont essentiellement des touristes. Ils sont pour la plupart vêtus chiquement et chaudement, ils me regardent bizarrement avec mes baskets, et mon short. Je ne m’attarde pas et prends direction le château du Landsberg (sur commune de Heilgenstein, construit au début du XIII ème siècle  et classé monument historique) sur les hauteurs de Barr.

Là, le long du GR5, à quelques mètres à peine des stèles érigées en hommage aux victimes de l’accident aérien de 1992, c’est presque plat et le chemin qui mène vers le château me fait passer par une table d’orientation du Maennelstein. D’ici on voit tout : la plaine d’Alsace, en face, la Forêt Noire et en condition météorologique favorable, plus au loin, les pointes blanches du massif alpin !

Un aperçue de la plaine d'Alsace (Photo Rue89 Strasbourg /AM)
Un aperçu de la plaine d’Alsace (Photo Rue89 Strasbourg /AM)

C’est un peu une récompense pour les efforts fournis,  le lieu est magnifique mais la prise au vent, tout aussi magnifique, me fait rapidement continuer mon chemin. Ça descend, ce n’est pas forcement technique mais il faut tout de même être attentif aux racines et aux roches jonchées sur le chemin. Si l’on est habitué aux surfaces bitumineuses ou novice en trail, on peut se faire surprendre !

Arrivé plus bas, il me faut remonter du côté de la forêt de Barr. Une nouvelle fois, ça pique car j’ai pour objectif d’atteindre une seconde fois le sommet du Mont Sainte-Odile. Ici, qu’il fasse beau ou pluvieux, le sol constitué de terre ou d’épine de pins ne glisse que très peu et les chemins sont rarement boueux. Lorsque l’on s’aventure dans ce coin du massif, il faut soit connaître la montagne ou soit avoir correctement préparé sa sortie car je n’y ai jamais croisé personne, donc pas d’éventuelles aides pour se faire guider si l’on s’égare !

Là encore, c’est une grosse différence avec la pratique de la course à pied dans Strasbourg. Quelques kilomètres plus loin je suis sur le chemin du retour, en longeant le mur païen (vestige celte constitué de 300 000 blocs de pierre visiblement construit à partir du VIIe siècle), encore une marque de ce tracé chargé d’histoire. Je suis à cet instant pas loin de la petite vingtaine de kilomètres et les jambes s’alourdissent, il est temps de regagner la voiture. Ça descend et ça ne fera alors plus que descendre. Je regagne les habitations de la ville d’Ottrott, les seules de toute ma sortie, au bout de plus de 2h30 d’effort.

Table d'orientation Mont Sainte-Odile (Photo Rue89 Strasbourg /AM)
Table d’orientation Mont Sainte-Odile (Photo Rue89 Strasbourg /AM)

Cette montagne et ce tracé sont idéals pour les coureurs qui cherchent du dénivelé, mais il ne faut pas s’attendre à vouloir travailler sa technique, les chemins étant assez « lissés ». Ma sortie de 25 km peut aisément être allongée ou raccourcie tant les intersections et les chemins de montagnes sont nombreux dans cette partie des Vosges.

L’intérêt de la sortie figure aussi dans l’ensemble des monuments ou édifices historiques à côté desquels on peut passer. C’est incontestablement un bel endroit, une chance, pour le coureur citadin désireux de changer de décors en quittant les parcs ou augmenter la difficulté en cherchant les chemins pentus du massif vosgien. Ici aussi la montagne est verte.

Beau tableau aux 30e Internationaux de tennis de Strasbourg

Beau tableau aux 30e Internationaux de tennis de Strasbourg

Cette année, les Internationaux de tennis de Strasbourg ont décidé de marquer le coup pour leurs 30 ans. Outre les joueuses prestigieuses qui s’affronteront sur les terrains en terre battue du Wacken, du 13 au 21 mai, de nombreuses animations seront organisées autour du tournoi.

Les Internationaux de Strasbourg (IS), tournoi de tennis féminin, ont vu le jour en 1987. Se déroulant historiquement quelques jours avant Rolland Garros, la compétition se tient depuis maintenant trois ans sur les courts du Tennis Club de Strasbourg, au Wacken. Denis Naegelen, ancien joueur de tennis et président de l’agence Quaterback, qui organise la compétition, est impatient que les IS débutent :

« La compétition fête cette année ses trente ans. C’est jeune, mais c’est aussi l’âge adulte. Ainsi nous avons décidé de marquer le coup avec des animations et des expositions particulières qui retraceront l’historique des IS et du tennis sur terre battue. Grâce aux animations, nous souhaitons permettre au grand public de s’initier au tennis ».

Comme lors de la précédente édition, qui a attiré plus de 25 000 spectateurs, les IS mettront à nouveau en place des stands à Ropenheim (le 30 avril) et sur la place Kléber (le 7 mai) pour faire découvrir le tennis.

La Française Alizé Cornet, vainqueur des IS en 2014 reviendra cette année pour 7e fois consécutive.
La Française Alizé Cornet, vainqueur des IS en 2014 reviendra cette année pour 7e fois consécutive. (doc remis)

12 joueuses du top 50 mondial

Après avoir annoncé la venue de Caroline Wozniacki, ancienne numéro un mondiale, à la fin du moins de janvier, puis le retour de la Française Alizé Cornet, le jeudi 21 avril ont été dévoilés les derniers noms des joueuses qui s’affronteront dans une vingtaine de jours.

Denis Naegelen était plus que ravi de présenter les femmes qui fouleront les courts du Wacken pour l’occasion :

« On a douze joueuses du top 50 pour le moment. Si on a déjà une très, très belle qualité de tableau, il existe toujours la possibilité de le renforcer au dernier moment ».

Seront notamment présentes Sloane Stephens (25e mondial), Samantha Stosur (2e mondial) qui a remporté les IS 2015 et vient remettre son titre en jeu, Anna Karolina Schmiedlova, Monica Niculescu, Daria Gavrilova, Timea Babos, Yanin Wickmayer, Caroline Garcia (2e française), Monica Puig, qui avait remporté les IS en 2014, et bien d’autres.

 

#Internationaux de Strasbourg

Roland Ries « très étonné » après la démission de deux adjointes

Roland Ries « très étonné » après la démission de deux adjointes

Après la démission fracassante de deux de ses adjointes, le maire de Strasbourg Roland Ries se dit « très étonné » dans un entretien à Rue89 Strasbourg :

« J’ai reçu leurs lettres de démission, dans lesquelles elles reviennent sur les nombreuses actions qu’elles ont accomplies durant leur mandat. C’est pourquoi je ne comprends pas qu’elles se plaignent de ne pas pouvoir agir ».

Concernant le départ de Mine Günbay, qui était adjointe en charge de la démocratie locale et du droit des femmes, Roland Ries réfute une dérive autoritaire de sa gouvernance :

« Bien sûr que des décisions sont prises au comité stratégique, c’est bien normal. D’autres sont prises en réunion d’adjoints, puis en réunion de groupe et enfin au conseil municipal. C’est le même fonctionnement dans bien des collectivités. Je ne me suis pas transformé en tyran autoritaire, on me reproche d’ailleurs assez souvent l’inverse. Lors de notre entretien en mars, j’ai redis à Mine qu’elle avait toute ma confiance. Notre dernier différend remonte au partenariat avec la ville de Kayseri… Quant à son intégration dans les instances de concertation des grands dossiers, je lui avais répondu qu’elle y serait intégrée ».

« On est dans l’irrationnel »

Roland Ries est tout aussi surpris par le départ de Souad El-Maysour, qui était son adjointe en charge des médiathèques :

« Les DNA mentionnent que je ne lui ai pas remis son écharpe d’adjointe, mais c’est parce qu’elle est devenue adjointe à la suite de l’intégration de Catherine Trautmann dans l’équipe de l’Eurométropole après les élections européennes. La cérémonie était passée, on est dans l’irrationnel quand même ».

Le maire réfute que l’action municipale soit parasitée par la lutte d’influence entre son premier adjoint, Alain Fontanel, et le député du Bas-Rhin Philippe Bies. Les deux pourraient briguer l’investiture socialiste pour les élections municipales de 2020 :

« Je ne dis pas qu’on ne pense pas aux échéances électorales mais enfin, c’est dans quatre ans. On s’y préparera lorsqu’il sera temps, soit à partir de 2019. Dans toutes les instances et y compris au conseil stratégique où ils siègent tous les deux, Alain Fontanel et Philippe Bies travaillent ensemble. Je ne permettrais pas qu’il en soit autrement. Il peut y avoir des couacs, des dysfonctionnements… Ce n’est pas facile de gérer les orientations politiques, souvent différentes de tout un conseil municipal. Mais je suis le garant de la cohésion de cette équipe jusqu’en 2020 et on s’y tiendra. »

Mine Günbay et Souad El-Maysour seront remplacées au conseil municipal, dès lundi, par Elisabeth Ramel et Philippe Willembucher, qui étaient les suivants sur la liste électorale. En ce qui concerne les délégations d’adjoints, Roland Ries a indiqué qu’il se laissait un peu de temps pour décider de les attribuer à d’autres élus ou de nommer de nouveaux adjoints.

Adjointes au maire de Strasbourg, Mine Günbay et Souad El-Maysour démissionnent

Adjointes au maire de Strasbourg, Mine Günbay et Souad El-Maysour démissionnent

Mine Günbay, adjointe au maire de Strasbourg en charge du droit des femmes et de la démocratie locale, et Souad El-Maysour, adjointe en charge de la lecture publique, claquent la porte du conseil municipal. Chacune des deux femmes mettent en cause une gestion clanique de la municipalité.

Les adjointes au maire de Strasbourg Mine Günbay et Souad El-Maysour sont en colère contre les méthodes de gouvernance de la municipalité et ont décidé de le faire savoir. Jeudi, elles ont démissionné de leurs mandats de conseillères municipales de Strasbourg en envoyant leurs lettres au maire Roland Ries, au président de l’Eurométropole Robert Herrmann, au préfet du Bas-Rhin Stéphane Fratacci et en prévenant les DNA de leur geste.

Souad El-Maysour estime qu’elle ne pouvait plus travailler :

« C’est une décision mûrement réfléchie. C’est un système bien connu : la haute administration ne répond pas à mes demandes, l’entourage du maire et son cabinet prennent des décisions à ma place… Dernièrement, j’apprends qu’il va y avoir une médiathèque au centre culturel Django Reinhardt et quand je me renseigne pour savoir ce qui va se passer dans le cadre de ma délégation, l’administration me répond qu’elle n’a pas “autorité pour me répondre” ! »

Souad El-Maysour mise à l’écart depuis 2014

En 2014, après les élections européennes, Souad El-Maysour a dû laisser sa place de vice-présidente de la CUS, devenue Eurométropole depuis, à Catherine Trautmann, battue aux élections européennes. Souad El-Maysour avait alors rejoint l’équipe municipale en tant qu’adjointe :

« Il y a des compromis à faire en politique et c’est bien normal. Mais le climat se dégrade. Quand j’ai laissé ma place à la CUS, on m’avait promis que je conserverais mes marges d’action. En fait j’ai perdu mon pouvoir de travail sur l’Eurométropole et j’ai été éloignée des rouages décisionnels. Et à la Ville, je n’avais plus aucune marge de manœuvre pour travailler. »

Souad El-Maysour dénonce une centralisation des décisions :

« Un système est en train de se mettre en place : tout passe par le comité stratégique (où ne siègent que Roland Ries, Robert Herrmann, Alain Fontanel, Philippe Bies, Olivier Bitz et Mathieu Cahn, ndlr). Donc, même quand ça concerne mes délégations, il n’y a plus aucune marge d’appréciation. En fait, tout le monde est obnubilé par les futures élections en 2020, à un moment où on devrait plutôt s’interroger sur le sens de l’engagement politique. »

Souad El-Maysour avait démissionné en janvier du Parti socialiste pour marquer son désaccord avec le projet du gouvernement d’introduire la déchéance de nationalité pour les terroristes binationaux. Elle compte désormais se consacrer à ses activités d’artiste plasticienne.

« Féministe de service »

Mine Günbay décrit les mêmes difficultés que sa collègue. Sa mise à l’écart remonte d’après elle à janvier 2015, lorsqu’elle avait vigoureusement interpellé la municipalité sur la vigilance nécessaire à avoir vis-à-vis des femmes fonctionnaires dans le cadre de la baisse des dotations des collectivités :

« En 2014, j’ai accepté de renouveler mon mandat à la condition que je ne jouerais pas les féministes de service. Aujourd’hui je constate que la question de l’égalité femmes-hommes est considérée comme une variable d’ajustement au moment des élections. J’ai été progressivement éloignée d’un certain nombre d’espaces de décisions et d’échange. Je n’ai aucun soutien en interne sur la question du droit des femmes. Je ne pouvais plus continuer à faire semblant. Si ma délégation c’est du vent, ils se sont trompés de personne. »

Mine Günbay sur le marché de l'Ill en novembre 2014 pour promouvoir la démocratie locale (Photo Emmanuel Jacob / Blog Robertsau)
Mine Günbay sur le marché de l’Ill en novembre 2014 pour promouvoir la démocratie locale (Photo Emmanuel Jacob / Blog Robertsau)

Et la militante d’illustrer :

« Il n’y a jamais personne à mes côtés sur le fond en ce qui concerne les droits des femmes. Personne de la mairie ne vient à mon colloque sur le droit des femmes qui réunit aujourd’hui plus de 1 000 personnes. Mais quand il s’agit de faire des actions de communication sur l’engagement de la Ville sur la question, on me met sous tutelle. »

Mine Günbay exclue des concertations publiques

Son constat est le même sur le deuxième volet de sa mandature, la démocratie locale. En avril 2015, lors de la soirée de lancement des conseils de quartiers qu’elle a pourtant pilotés, le cabinet du maire lui a demandé de ne pas prendre la parole. Et quand les grands projets de concertation se mettent en place, Bains municipaux, ZAC des Deux-Rives, quais…, elle n’est jamais dans les comités de pilotage :

« Je suis sensée défendre la démocratie locale et la concertation, mais en interne tout est centralisé et arbitré en petits comités. Alors avec les conseils de quartiers, on se retrouve à gérer les dysfonctionnements. On avait conscience qu’il fallait les faire évoluer pour ne plus être des chambres de plaintes, et j’étais d’accord mais si tout ce que je porte n’a aucune portée… »

Pour Mine Günbay, le maire n’a pas respecté ses engagements à son égard et à l’égard des Strasbourgeois sur les thèmes dont elle avait la responsabilité :

« En me plaçant en numéro 4 dans la liste des adjoints, j’avais cru comprendre que Roland Ries faisait de l’égalité femmes-hommes une priorité. Or la Ville ne s’est pas donnée les moyens. Ma délégation est vidée de son contenu. On m’a royalement accordé 25 000€ par an pour mes délégations alors qu’on aurait pu faire de Strasbourg une ville très engagée en matière de démocratie participative et d’égalités femmes-hommes. »

Mine Günbay (à g.) et Souad El Maysour étaient respectivement adjointes au maire en charge de la démocratie locale et des médiathèques. (Photos Eurométropole)
Mine Günbay (à g.) et Souad El Maysour étaient respectivement adjointes au maire en charge de la démocratie locale et des médiathèques. (Photos Eurométropole)

« Urgent de réinvestir le politique »

Mine Günbay avait discrètement quitté le Parti socialiste en septembre 2014 après la suppression du ministère des droits de femmes et l’abandon du droit de vote des étrangers par François Hollande. Sur ses difficultés au sein de la municipalité, l’élue a cherché à savoir ce qu’on lui reprochait :

« Fin mars, le maire m’a dit qu’il ne me reprochait rien, mais que sur la question de la confiance, “c’était un peu plus compliqué”. Là j’ai compris qu’il y avait bien une intention délibérée de m’écarter. Pourtant, j’ai toujours été loyale à l’équipe municipale et à Roland Ries, je me suis engagé en politique pour faire avancer des combats, leurs histoires de clans c’est leur délire. Jusqu’à présent je n’avais jamais fait état de mes difficultés à l’extérieur mais aujourd’hui je n’arrive plus à gérer cette schizophrénie. Je ne suis pas un faire-valoir. »

Mine Günbay souhaite poursuivre ses combats à travers l’action associative, dont elle vient. Pour autant, elle se refuse à disqualifier l’action politique :

« Je ne veux pas entrer dans la logique du « tous pourris ». J’étais à ma place en tant que conseillère municipale sauf que là, ils sont en train de préparer 2020… Mais ils ont craqué ou quoi ?! Ils ne se rendent pas compte que 2017 va être terrible pour toute la classe politique ?! Je pense qu’il est urgent que les citoyens se réapproprient vraiment le champ politique ».

RTE anticipe la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim

RTE anticipe la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim

Le réseau de transport d’électricité prévoit 120 millions d’euros d’investissement cette année dans le Grand Est, notamment pour raccorder l’Alsace au parc éolien de Châlons-en-Champagne, si la centrale nucléaire de Fessenheim devait cesser de produire.

RTE (Réseau de transport d’électricité) est une filiale d’EDF (Électricité de France). Créée en 2000, elle gère le réseau public de transport d’électricité des lignes à haute et très haute tension (tensions comprises entre 63 000 et 400 000 Volts). Elle possède et entretient le matériel et les infrastructures nécessaires à la distribution de l’électricité.

Jeudi matin, Elisabeth Berthin, déléguée RTE Est a fait le point à Strasbourg sur l’année 2015 :

« En 2015, la région Grand Est a consommé 1,3% plus d’électricité que l’année précédente. Cette hausse s’explique par la canicule l’été et les faibles températures observées en début d’année. Parallèlement, la production a, elle aussi augmenté, de 1,6%. La région produit deux fois plus qu’elle ne consomme, elle peut donc fournir de l’énergie excédentaire ».

La région Grand Est possède surtout le premier parc éolien français, qui plus est en plein développement, à Châlons-en-Champagne. La production d’origine éolienne a augmenté de 30% entre 2014 et 2015, ce qui explique l’augmentation de production au niveau régional. Si l’an dernier, encore 79% de l’électricité produite dans la région provenait du nucléaire, le mix régional de production électrique va très prochainement évoluer.

L'hydraulique ne représentait que 10% de l'électricité produite dans la région Grand Est en 2015.
L’hydraulique ne représentait que 10% de l’électricité produite dans la région Grand Est en 2015 (document remis).

Préparer la transition énergétique

Tous les ans, RTE réalise un bilan prévisionnel pour l’offre et la demande d’électricité. Si la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim n’a pas encore été précisément annoncée, la filiale a déjà pris les devants explique Elisabeth Berthin :

« On a déjà prévu la fermeture de Fessenheim et pour le moment on n’a pas d’alerte sur notre capacité à produire de l’électricité, on restera excédentaire ».

Sylvain Lebeau, responsable des travaux et de l’ingénierie pour RTE Grand Est présente les changements que connaîtra bientôt la filiale de distribution :

« Avec la transition énergétique,d’ici 2030, on devra produire 40% de l’électricité de la région grâce aux énergies renouvelables, contre 17% aujourd’hui. Cela veut donc dire qu’il faudra transporter plus d’énergie qui vient de plus loin et plus rapidement ».

Du temps où la Musau était un péage sur le Rhin

Du temps où la Musau était un péage sur le Rhin

Au bout de la rue, la ville. – Aux confins de Neudorf, un petit quartier de Strasbourg ne fait jamais parler de lui, sinon pour sa cité Ampère et son récent coup de peinture. Et pour cause, la Musau a toujours été coupée de la ville, d’abord par les bras du Rhin, ensuite par la voie ferrée entre Strasbourg et Kehl. Balade rue de Soultz et rue de la Musau, là où s’établit jadis le premier péage strasbourgeois sur le Rhin.

Difficile de savoir où commence la Musau, à Strasbourg. Immédiatement après le nouveau quartier du Bruckhof ? Ou au-delà de la voie ferrée qui vire vers Kehl, là où la rue de Soultz devient rue de la Musau ? Dans le doute, et parce que les habitants qui vivent au sud de l’avenue Aristide-Briand et à l’est de la rue de Fréland se disent Musauviens, l’affaire est tranchée : nous prenons la Musau dans sa version extensive, de la station de tram Aristide-Briand au nord à l’aérodrome du Polygone au sud, et du Ziegelwasser à l’ouest à la rue du Havre à l’est.

Plan du quartier de la Musau, avec comme épine dorsale les rues de Soultz et de la Musau (Google map)
Plan du quartier de la Musau, avec comme épine dorsale les rues de Soultz et de la Musau (Google map)

Un quartier dans le quartier de Neudorf

Mal connu, ce micro-quartier est rattaché administrativement à celui de Neudorf et compte environ 3 000 habitants, sur les quelque 39 000 du secteur Neudorf-Musau. Une grande part des 3000 Musauviens vit dans trois grands ensembles : ceux de la rue de Soultz, une copropriété privée baptisée en 1970 La Porte du Soleil côté Ziegelwasser, et des HLM côté rue de Gerstheim ; et la cité Ampère (ou « des Ampères »), construite en 1976 dans le secteur Wattwiller, au sud du quartier.

Autour des rues de la Poutrelle et du Maquis, en revanche, s’alignent des maisons individuelles et des petits collectifs, datant soit de la fin XIXème – début XXème, soit des années 1930. Ces deux rues correspondent à la « parcelle des Lombards » (Lumpertswoerth), propriété de la famille patricienne Lombart dont l’orthographe varie selon les sources. Le nom « Poutrelle » viendrait quant à lui du pont et d’un barrage disparus, formant un déversoir du Ziegelwasser et appelé Poutrellebrickel. Toute proche, la rue de l’Ancienne-Digue, récemment urbanisée, évoque une même topographie lacustre…

Rue de Soultz, un ensemble de logements privés et le nouveau foyer Adoma (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Rue de Soultz, l’ensemble de logements privés Porte du Soleil et, un peu plus loin, le nouveau foyer Adoma (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Rues de la Poutrelle et du Maquis, la "vieille Musau" (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Rues de la Poutrelle et du Maquis, la « vieille Musau » (Photos MM / Rue89 Strasbourg)

Dans un fouillis de bras du Rhin indompté

Rares sont les constructions plus anciennes. Et pour cause : jusqu’au XIXème siècle, la Musau est presque complètement sous les eaux. Sur le plan relief de Strasbourg de 1725, le hameau apparaît à peine dans un fouillis de bras du Rhin indompté, avec quelques stries correspondant à des canaux de drainage, en alternance avec des marais et des espaces cultivés. C’est d’ailleurs ce que sous-entend le suffixe Au qui désigne « un terrain humide périodiquement inondé, herbu, souvent utilisé comme pâturage ». Si inondé que les habitants étaient contraints, raconte-t-on, à l’occasion des crues du Rhin et l’Ill, de porter des échasses pour rejoindre la Ziegelau !

Plan relief de 1725 - Les eaux (CRDP - Musée historique de Strasbourg)
Plan relief de 1725 – Les eaux (Base numérique du patrimoine d’Alsace – Musée historique de Strasbourg)
Plan relief
Plan relief de 1725 – L’utilisation des terres (BNPA – Musée historique de Strasbourg)

Péage pour les marchandises transitant par le pont du Rhin

Alors que l’origine des noms de lieux-dits est parfois difficile à identifier, plusieurs ouvrages notent que celui de « Musau » ne fait pas débat. Dans le recueil « Neudorf, nouveau village, nouvelle ville » (Archives Strasbourg), on peut lire :

« L’origine du nom Musau semble assez certaine : il y avait une station de péage (Maut) pour les marchandises qui avaient transité par le pont du Rhin. De Mautsau, on est progressivement passé à Musau. »

Même information dans le « Dictionnaire historique des rues de Strasbourg » (Maurice Moszberger, Le Verger, 2012), où l’on découvre que le lieu-dit Musau, ou champ du péage (Mus=Maut=péage) est le nom du secteur correspondant aux rues de la Musau, Ampère, de Murbach, de Rimbach et de Wattwiller, qui n’adoptent leurs dénominations actuelles qu’en 1836 et 1894. Vers 1685, le Maueseturm ou Mautturm, lit-on encore, servait à payer le péage pour traverser le Rhin.

Jusqu’au XIVème siècle, la route du Rhin passe par la Musau

Au XIIème siècle, la route du Rhin, qui n’a pas encore son tracé actuel, permettait effectivement aux marchands de se rendre au « passage supérieur » (Obere Fähre) pour traverser le fleuve, apprend-t-on dans « Aspects de Neudorf », de Georges Schwenck (éditions Oberlin, 1983). Ce passage par bacs et ponts, qui traversait la Musau, est abandonné vers 1500.

Le tracé de la route du Rhin est modifié pour se raccorder au nouveau pont, un peu plus au nord, la Lange Brücke, construit en 1388 et long de 1 400 mètres. C’est à ce moment qu’est construit le Brückhof, un entrepôt de matériel de réparation. Le tracé de la route du Rhin est, à peu de chose près, celui de l’avenue éponyme que l’on connaît aujourd’hui.

Gravure de Jacob Van der Heyden, 1613, "L'aveugle et le paralytique" (Archives Strasbourg)
Gravure de Jacob Van der Heyden, 1613, « L’aveugle et le paralytique » – Vue sur la Lange Brücke (Cabinet des estampes et des dessins – Strasbourg)

Jardins et nouveaux logements sur la ceinture verte

Vers le milieu du XIXème siècle et surtout au début du XXème, les premières maisons pérennes sont construites dans le secteur, tandis que la population du quartier de Neudorf explose. Mais la Musau-sud est bientôt coupée du reste du faubourg d’abord par les voies ferrées vers Kehl (1905) puis vers le port sud (1932), et ensuite, dans les années 1920, par l’instauration de la zone non aedificandi (non constructible) qui fait le tour de Strasbourg (la fameuse « ceinture verte »), d’abord pour des raisons de défense, ensuite dans une visée hygiéniste.

Rue de la Musau, maisons individuelles et petites collectifs de divers époques (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Rue de la Musau, maisons individuelles et petits collectifs de divers époques (Photos MM / Rue89 Strasbourg)

Même si les règles d’urbanisme se sont assouplies en 1990, cette ceinture verte garantit encore à la Musau son caractère semi-rural, avec de vaste prés et aménagements verts. Des jardins familiaux ont été créé en 1933 à proximité du Ziegelwasser « pour le bien-être, l’hygiène et l’éducation de la population », tandis que d’autres s’y sont ajoutés ces dernières années le long de la voie ferrée, à l’occasion de la réalisation d’un nouveau lotissement de 51 logements, construits par le promoteur privé Immobilière des Quais (27 lots) et le bailleur social Habitation Moderne (24 lots).

Un nouvel ensemble sorti de terre au tournant des années 2010 le long de la voie ferrée (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Un nouvel lotissement sorti de terre au tournant des années 2010 le long de la voie ferrée (Photos MM / Rue89 Strasbourg)

Le cul-de-sac du champ captant du Polygone

Même la cité Ampère et ses 11 immeubles rénovés en 2011 par CUS Habitat (près de 20 millions d’euros injectés et l’école Ampère rénovée) ne parviennent pas à altérer le calme presque champêtre des lieux. Et ce, du fait que la Musau est un cul-de-sac, fermée au sud par le terrain d’aviation civile du Polygone et le champ captant qui assurait encore il y a peu, et sous haute protection, l’approvisionnement en eau potable de près de 80% de l’agglomération.

Tout au bout de la rue de la Musau, au n°84 que l’on ne peut atteindre qu’en sonnant à l’interphone devant un lourd portail, se trouvent d’ailleurs le service de l’eau de l’Eurométropole. Seules les rues Guynemer et Ampère assurent au quartier des issues, assez confidentielles, vers l’ouest (Neuhof) et l’est (le port).

La cité et l'école Ampère ont été rénovés au début des années 2010 (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
La cité et l’école Ampère ont été rénovés au début des années 2010 (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
L'aérodrome et la zone de captage d'eau potable du Polygone, au sud de la Musau (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
L’aérodrome et la zone de captage d’eau potable du Polygone, au sud de la Musau (Photos MM / Rue89 Strasbourg)

L’école de la Musau n’est pas à la Musau

A noter encore, pour éviter toute confusion, que les trois écoles successives dites « de la Musau » ne se situent pas dans les limites, certes floues, du quartier : la première, ancienne propriété d’un prêteur royal rue de la Ménagerie, est toujours une annexe de l’école actuelle. La seconde – abritant aujourd’hui le collège Louise-Weiss – rue du Fossé-Riepberg, est le premier bâtiment construit à Strasbourg en 1906 par l’architecte Fritz Beblo (Bains municipaux, église Sainte-Madeleine à la Krutenau, ponts dans la Neustadt…). Et l’actuelle école, rue Saint-Aloïse, a été conçue en 1934 pour accueillir les élèves de la cité Risler. C’est principalement des écoles Albert-Legrand et Ampère que dépendent les petits Musauviens d’aujourd’hui.

L'école de la Musau, construite en 1907, est aujourd'hui occupée par le collège Louise-Weiss - La 1ère voie ferrée Strasbourg-Kehl, correspondant à l'actuel avenue Jean-Jaurès, passait devant l'école (DR)
L’école de la Musau, construite en 1906, est aujourd’hui occupée par le collège Louise-Weiss – La 1ère voie ferrée Strasbourg-Kehl, sur le tracé de l’actuel avenue Jean-Jaurès, passait devant l’école (DR)

Tramway vers Koenigshoffen : le collectif d’associations veut passer par les boulevards

Tramway vers Koenigshoffen : le collectif d’associations veut passer par les boulevards

Le collectif pour le tram à Koenigshoffen a détaillé ses propositions de tracé pour l’extension du réseau vers l’ouest de Strasbourg, en passant par la gare centrale. Problème : l’Eurométropole ne veut pas en entendre parler. Le collectif demande que la concertation soit étendue.

Le collectif pour le tram à Koenigshoffen, qui a eu la peau du tram sur pneus en 2014, remet ça. Composé initialement d’associations de résidents de Koenigshoffen, le collectif intègre désormais l’association des habitants du quartier gare (AHQG) et l’association des résidents des Poteries. Ça commence à faire du monde pour peser face aux projets de l’Eurométropole pour l’extension du réseau de tram vers l’ouest de l’agglomération.

Car l’exécutif a considérablement réduit ses ambitions en deux ans, comme l’explique Pierre Ozenne, animateur du collectif :

« Nous voulons le tram, simplement pas n’importe lequel ni n’importe comment. En 2013, l’Eurométropole a adopté une délibération qui desservait Koenigshoffen grâce à une ligne de tramway de 15 km pour plus de 100 millions d’euros et en passant par la gare. Mais fin 2015, l’agglomération n’a plus d’argent et il n’est plus question que de trois stations sur 1,5 km sans passer par la gare ! »

Le projet de l'Eurométropole doit se faire en deux temps. (Doc EMS)
Le projet de l’Eurométropole doit se faire en deux temps. (Doc EMS)

La tracé maudit

En décembre 2015 en effet, l’Eurométropole adopte une délibération qui prévoit d’étendre le réseau vers Koenigshoffen à partir de l’arrêt Faubourg National, de la ligne B. Pour le collectif, ce tracé a tous les torts : il ne relie par les 35 000 habitants de l’ouest de l’agglomération à la gare centrale. La ligne étant calée sur la station Homme-de-Fer, saturée, elle aura une fréquence insuffisante, que le collectif estime à 10 minutes. Puisqu’il n’est pas prévu que le tramway y passe, les boulevards du quartier gare ne profiteront pas d’une pourtant nécessaire rénovation

Anne-Marie Victor, pour l’AHQG, en rajoute une couche :

« On nous fait du chantage pour que les places du quartier gare soient rénovées, seulement si on accepte le tracé du tramway ! Mais ce tracé évite les boulevards, ce qui aurait permis de relier le sud au nord du quartier et surtout, il occupe ce qui reste de la rue du Faubourg National, qui sert de centre du quartier aujourd’hui et dont nous avons bien besoin ».

Pour Yolande Moos-Bachmann, de Koenigshoffen demain, c’est la déception :

« On attend le tram depuis tellement longtemps… Comment se satisfaire des projets de l’agglomération ? On voit bien que la ligne 4 est saturée aux heures de pointe. On a besoin de ce tramway, en site propre, pour qu’il soit efficace, que les temps de parcours soient garantis et que les habitants de l’ouest délaissent leur voiture pour le tram. En outre, il faut faire la boucle avec Hautepierre, pour une circulation inter-quartiers. L’Eurométropole devrait penser à long terme ».

Le tracé rêvé

Pour le collectif, la solution est de raccorder l’extension vers l’ouest plutôt sur la ligne C, à la gare centrale, puis de passer par le boulevard de Metz et de Nancy.

La proposition de tracé du collectif veut raccorder la gare à l'ouest directement (doc remis)
La proposition de tracé du collectif veut raccorder la gare à l’ouest directement (doc remis)

Ce tracé aurait donc plusieurs avantages selon le collectif, il permettrait la rénovation des boulevards afin de repenser les multiples trafics qui doivent y coexister (BHNS, TSPO…), de raccorder l’Elsau à la gare centrale et amorcerait la création d’une boucle intérieure en transports en commun. Quant au coûts, le collectif assure que son tracé n’est pas plus onéreux pour la collectivité, car il retire des lignes de bus et mutualise les travaux avec le BHNS.

Les réserves de la CTS

Du côté de la Compagnie des transports strasbourgeois, on se garde bien de prendre position. Jean-Philippe Lally, directeur de la CTS, remarque :

« Tout est toujours possible en terme d’aménagements urbains, il y a juste des arbitrages à opérer. En l’occurrence, la dalle de la gare centrale n’a pas été conçue pour supporter la charge des tramways, donc il faudrait la refaire. À ce stade, on nous a demandé d’éviter ça. Par ailleurs, le projet du collectif soulagerait l’Homme-De-Fer, c’est très bien, mais on se retrouverait avec deux lignes au carrefour Wodli – Wilson, déjà très tendu. Et là, ce serait l’ensemble de la circulation, voitures, bus, qui ne s’écoulerait plus ».

Le débat n’est donc pas terminé pour le collectif, qui demande à l’Eurométropole de prolonger la concertation publique pour l’extension du tram à Koenigshoffen « d’au moins 15 jours ». Elle est prévue pour se terminer à l’issue de la dernière réunion publique, jeudi 2 juin. En outre, le collectif réclame à l’Eurométropole la communication des études de faisabilité qui ont été réalisées avant que la première version de l’extension ne soit avortée.

La SIG face à son destin européen, sur et en dehors des parquets

La SIG face à son destin européen, sur et en dehors des parquets

La SIG reçoit l’équipe turque de Galatasaray pour le match aller de la finale de l’Eurocup de basket ce vendredi 22 avril. Mais son avenir européen se joue aussi en coulisses.

Lorsque Martial Bellon nous disait en juillet que « la SIG peut devenir un des 20 grands clubs européens », l’objectif était à moyen terme. Si l’on prend les propos du président du club au mot, l’équipe de basketball Strasbourg a réussi cet objectif dès cette année. Certes, elle ne s’est pas qualifiée au Top 16 de l’Euroleague, comme aucun club français depuis 2007. Mais parmi les équipes reversées dans la deuxième compétition européenne, l’Eurocup, elle joue la finale, une première pour une équipe française depuis 15 ans. Avec l’équipe turque de Galatasaray contre qui le match aller se joue ce vendredi 22 avril, on peut considérer que les deux adversaires se classent 17e et 18e dans la hiérarchie européenne cette année.

La SIG saura-t-elle capitaliser sur son beau parcours européen pour s’installer dans le Top 20 ? Malgré son projet de nouvelle salle, rien n’est moins sûr. Au-delà des aléas sportifs qui font la beauté du sport, elle ne sait pas encore dans quelle(s) compétition(s) elle pourra jouer dans les années à venir. La raison à cela, un bras de fer entre les instances internationales de basket. D’un côté, la fédération internationale de basket (FIBA), la FIFA du basket, de l’autre la société privée qui organise l’Euroligue et l’Eurocup depuis 2000 (Euroleague Commercial Assets, appelée plus simplement Euroleague).

Deux mauvaises solutions

Sportivement, deux mauvaises solution s’opposent dans ce conflit. L’Euroleauge souhaite une ligue fermée où les clubs sont les mêmes d’une année sur l’autre, quels que soient leurs résultats. Un système qui rappelle celui des franchises de la ligue américaine de la NBA. Mais l’Europe n’est pas les États-Unis. Au pays du libéralisme, les salaires individuels et collectifs sont plafonnés dans les 4 grands sports. Les équipes classées dernières ont le droit de piocher en premier dans la génération de joueurs qui passent professionnels (la draft). Ces garde-fous permettent à toutes les équipes de pouvoir être compétitives si elles sont bien gérées. Ils n’existent pas en Europe.

De l’autre la FIBA veut une compétition la plus ouverte, qu’elle qualifie de « League des Champions » du basket avec un renouvellement constant. Elle veut surtout en assurer l’organisation, notamment pour garder le contrôle sur le calendrier , elle qui ne se contentait que d’organiser l’obscure compétition de troisième niveau, l’Eurochallenge.

Mais depuis 15 ans, l’Euroleague (dont les clubs sont actionnaires) a réussi à faire de sa compétition un « produit » reconnu et rentable, et ne voit pas pourquoi elle devrait laisser la main. La situation est connue depuis presqu’un an et pourtant aucun compromis ne se dessine, bien au contraire. Une avancée semblait se concrétiser lorsque la FIBA a accepté de laisser la gestion de la compétition de premier rang à l’Euroleague. Mais la société a décidé restreindre sa coupe de 24 à 16 clubs, dont 11 serait qualifiés « à vie » comme le CSKA Moscou, le Real Madrid, le Maccabi Tel-Aviv ou le FC Barcelone… Pire, elle a aussi proposé une formule pour la deuxième Coupe d’Europe à 24 clubs, tout en distribuant des invitations pour 3 ans à 20 autres clubs prestigieux européens.

Une équipe soudée, ici avant la demie-finale d'Eurocup face aux Italiens de Trente. (photo Banque photo Sig strasbourg)
Une équipe soudée, ici avant la demie-finale d’Eurocup face aux Italiens de Trente. (photo Banque photo Sig strasbourg)

Dans ces conditions, beaucoup de bons clubs ont exprimé leur intention de jouer cette compétition. Celle de la FIBA s’en retrouverait donc fortement dévaluée. En représailles, la FIBA a menacé d’exclusion du prochain championnat européen (en 2017) les 14 nations dont les clubs ont décidé de suivre l’Euroleague. Parmi elles, l’Espagne, championne d’Europe en titre. On a connu plus serein comme climat sur la planète de la balle orange. La fédération française et ses clubs ont pour le moment décidé de rester loyal à la fédération internationale.

La SIG entre le marteau et l’enclume

Et la SIG ? Si elle gagne sa finale d’Eurocup, elle sera de droit qualifiée à l’Euroligue, la compétition de premier niveau. Même la ligue française pourrait difficilement s’opposer à ce qu’elle rejoigne (pour un an) la plus prestigieuse des compétions. Si elle perd, son sort dépendrait de son résultat en championnat de France. Même championne, elle pourrait se retrouver de fait dans une compétition de troisième rang, si les autres clubs et fédérations maintiennent leur position.

C’est surtout le manque de visibilité sur les compétitions de basket internationales comme des clubs qui pourraient refroidir les joueurs comme les partenaires de s’engager sur le long terme dans ce sport, en pleine saison des négociations de contrat…

Carrefour City reprend le supermarché de l’Elsau

Carrefour City reprend le supermarché de l’Elsau

Fermé depuis un an, le supermarché de l’Elsau va rouvrir sous enseigne Carrefour City d’ici la fin de l’été, a annoncé Roland Ries, le maire de Strasbourg, jeudi.

C’est un promoteur privé qui a racheté le bâtiment à l’abandon au groupe Hypercoop, filiale de Leclerc, il y a 15 jours. Carrefour City a pris un bail commercial pour exploiter le supermarché. Les locaux vont aussi accueillir une boulangerie de la chaîne la Ronde des pains et un distributeur de billets.

La transaction a fait l’objet d’âpres négociations entre Hypercoop et le promoteur depuis un an, sous la médiation d’Eric Elkouby, adjoint au maire (PS) du quartier de l’Elsau. La filiale du groupe Leclerc avait décidé de fermer le magasin sous enseigne Leclerc Express en avril 2015, privant le quartier de son unique commerce de proximité.

Attendu depuis octobre 2015…

Éric Elkouby avait promis en septembre l’ouverture du Carrefour City pour octobre 2015. Mais selon l’élu, le groupe Hypercoop a longtemps fait échouer les négociations en tentant à plusieurs reprises de faire monter les enchères, avant de céder le magasin.

Aujourd’hui Éric Elkouby se félicite de cette conclusion :

« C’est une très bonne nouvelle pour l’Elsau. Avec ma consoeur Martine Jung, conseillère départementale, on souhaitait que le commerce puisse reprendre ses droits à l’Elsau. Ça va être chose faite. »

Satire politique et sociale de l’Amérique au musée Tomi Ungerer

Satire politique et sociale de l’Amérique au musée Tomi Ungerer

Thomas Nast, dessinateur allemand du XIXème siècle, immigré à New-York à l’âge de 6 ans, est le père de célèbres personnages tels que l’Oncle Sam ou encore Santa Claus. À partir du 14 avril, le musée Tomi Ungerer de Strasbourg accueille une exposition dédiée à ses oeuvres.

C’est une grande première en France. Thomas Nast est le premier caricaturiste engagé des États-Unis, du 15 avril à octobre 2016, une exposition dédiée à ces dessins de presse se déroule au musée Tomi Ungerer, centre international de l’illustration à Strasbourg.

L’ensemble des illustrations présentées ont été réalisées dans le cadre de la collaboration entre l’artiste et le journal new-yorkais “Harper’s Weekly” pour lequel il a travaillé la majeure partie de sa carrière.

Il a fallu 3 ans au musée Tomi Ungerer de Strasbourg pour sélectionner parmi plus de 2 000 archives de la ville de Landau en Allemagne, d’où est originaire l’artiste, celles qui auront leur place au sein de cette nouvelle exposition. La collaboration entre les archives de la ville de Landau et le musée Tomi Ungerer naît de la remise d’un prix de l’association Thomas Nast à l’illustrateur alsacien considéré comme l’héritier de ce dernier.

Connu pour avoir formulé différentes critiques de la société américaine contemporaine, Tomi Ungerer reprend également différents personnages crées par Thomas Nast comme l’Oncle Sam, figure de personnification emblématique du Gouvernement américain.

L'Oncle Sam, personnage mythique crée par Thomas Nast
L’Oncle Sam, personnage mythique crée par Thomas Nast (Landesbibliothekzentrum Rheinland-Pfalz in Speyer)

Les deux visages du caricaturiste

Thomas Nast est un caricaturiste à deux visages. D’une part, il s’appuie sur des références littéraires et mythologiques, joue avec la disproportion des figures et humanise les objets et les animaux. De l’autre, ressort un côté plus classique, symbolisé par des illustrations bien moins sujettes à la polémique.

Cependant, si Thomas Nast est aujourd’hui célèbre, c’est pour ses différentes prises de parti. Il est un fervent défenseur des minorités américaines, qu’elles soient indiennes, noires ou chinoises.

Son personnage le plus connu reste l’Oncle Sam, crée en 1812 à la suite de la Guerre d’indépendance des États-Unis. Dans les mêmes temps, il crée Columbia, la justicière, figure de la femme aux États-Unis qui inspirera la statue de la liberté.

Ces trois entités sont reprises dans l’illustration “Uncle Sam’s thanksgiving dinner” (1869) où l’Oncle Sam invite à sa table Columbia et les minorités américaines afin de symboliser le partage, la liberté et la diversité des citoyens américains.

“Uncle Sam’s thanksgiving dinner”,1869 (Photo JD / Rue89 Strasbourg / cc)
“Uncle Sam’s thanksgiving dinner”,1869 (Photo JD / Rue89 Strasbourg)

Celui qui a attribué l’éléphant aux Républicains…

L’artiste s’illustre également dans le domaine politique. Il représente le parti républicain, son parti de prédilection, par la figure robuste de l’éléphant et associe l’âne au parti démocrate.

De nombreuses caricatures exposées au musée Tomi Ungerer témoigne de son engagement politique tel que “The Sacred Elephant. This Animal is Sure to Win, if it” (1884). Il se sert de la personnification d’animaux dans de nombreux cas, comme avec le vautour pour symboliser le pouvoir impérial français.

Preuve de son engagement politique, en 1871, Thomas Nast a harcelé de caricatures le sénateur William Boss Tweed appartenant au parti démocrate. Accusé d’avoir détourné 200 millions de dollars à la ville de New-York, c’est notamment grâce à l’acharnement de l’illustrateur que le dirigeant a été démis de ses fonctions. Une partie de ces caricatures est également à découvrir au musée Tomi Ungerer.

Créateur du Père Noël

Entre 1863 et 1866, Thomas Nast a pensé un autre personnage aujourd’hui connu du grand public et mis à l’honneur par cette exposition, Santa Claus. Il est représenté aujourd’hui tel que l’artiste l’a imaginé, habillé d’une barbe blanche et de quelques rondeurs. À travers diverses représentations mettant en scène le vieil homme très occupé par les multiples demandes des enfants à la période de Noël, Thomas Nast souhaite véhiculer un message de paix et de fraternité. D’ailleurs, l’illustrateur est également à l’origine du mythe consistant à déposer les cadeaux au creux d’une chaussette.

Un dernier thème est abordé durant cette exposition, celui de la mort. Souvent utilisé dans la satire pour représenter la guerre, Nast l’associe lui à la vie de tous les jours et aux partis politiques. Une série de caricatures est également à découvrir à ce sujet.

Le centre d’Illkirch-Graffenstaden raccordé au tram samedi

Le centre d’Illkirch-Graffenstaden raccordé au tram samedi

Les lignes A et E du tramway atteignent le centre-ville d’Illkirch-Graffenstaden à partir de samedi 23 avril. Les détails du projet.

Les travaux ont duré deux ans et demi et ont coûté 37 millions d’euros pour 1,8 km en plus. Samedi, les extensions des lignes de tram A et E entrent en service. La ligne A est prolongée de trois nouvelles stations après « Illkirch-Lixenbuhl » : « Parc Malraux » entre les rues Vincent Scotto et Ceinture, « Cour de l’Illiade » au sud de l’Hôtel de Ville sur la place Quintenz et le nouveau terminus « Graffenstaden » près de la salle des Fêtes. Les trams de la ligne E, eux, gagnent deux stations, de « Baggersee » ils iront désormais jusqu’à « Campus d’Illkirch ». Cette ligne permettra aux étudiants de passer du campus de l’Esplanade au campus d’Illkirch sans changer de tram.

Selon les calculs de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS), le nouveau terminus de la ligne A au sud, « Graffenstaden », est à 30 minutes de la place de l’Homme-de-Fer.

Jacques Bigot, sénateur et maire (PS) d’Illkirch-Graffenstaden, se félicite de la nouvelle desserte de sa ville :

« C’est un événement important pour Illkirch-Graffenstaden. Cette nouveauté s’accompagnera d’une restructuration des réseaux de bus. Je suis conscient qu’il n’est pas toujours facile d’habiter à côté des rails, mais les gens ont compris les enjeux de ce transport et l’ont bien accepté ».

(Document CTS)
(Document CTS)

Bien accepté, rien n’est moins sûr. Car ces extensions du tramway bouleverse le réseau bus au sud de l’agglomération. Des changements qui heurtent certains usagers, comme Marie qui voit ses arrêts favoris supprimés :

« Les arrêts Canardière et Île-de-France, où il y a un supermarché, sont carrément supprimés de la nouvelle ligne 27, qui rejoint deux autres lignes de bus ! Il y aura donc trois lignes sur une même partie du trajet, mais plus rien sur le parcours que j’empruntais. Je suis handicapée, il était déjà difficile pour moi de faire les 300 mètres qui séparent mon domicile de l’arrêt Canardière et voilà que la CTS le déplace encore plus loin ».

La réorganisation concernera les lignes 2, 7, 13, 27, 57, 62, 63, 65/66 et 67 ainsi que les lignes 257 et 260/270 du Réseau 67.

Vers des transports interconnectés

Cette extension a été l’occasion pour améliorer les correspondances entre les trains régionaux et le réseau urbain, comme l’explique Robert Hermann, président (PS) de l’Eurométropole :

« Aujourd’hui l’Eurométropole comprend 28 communes. Demain elles seront 33. Avec ces trois nouvelles stations de tram, suivront les modifications de 12 lignes de bus et des changements de tarifs des TER (trains express régionaux). On travaille aussi actuellement sur une offre de transport intégrée qui permettra aux usagers d’utiliser de façon complémentaire les réseaux urbains et interurbains de l’Eurométropole ».

C'est une première à Strasbourg, sur une portion de 650 mètres, les tramways circuleront sur une voie unique.
C’est une première à Strasbourg, sur une portion de 650 mètres, les tramways circuleront sur une voie unique (Photo PD / Rue89 Strasbourg / cc)

Une voie au lieu de deux, c’est de l’innovation

Alain Fontanel, en tant que président de la CTS, se félicite également :

« Les coûts des travaux et les délais ont été respectés. Ce prolongement permettra un certain soutien économique sur le territoire qu’il traversera ».

Pour s’insérer dans le paysage urbain contraint du centre-ville d’Illkirch-Graffenstaden, les tramways vont circuler sur une voie unique pendant 630 mètres. Et sur quelques dizaines de mètres, les rames vont partager la chaussée avec les voitures alors que jusqu’à présent, à Strasbourg, les tramways évoluaient exclusivement en site propre. Ces deux nouveautés ont été présentées comme des « innovations » à Strasbourg. Elles vont néanmoins s’accompagner de systèmes de sécurité renforcés.

Des zombies, des hommes et un documentaire

Des zombies, des hommes et un documentaire

Pendant dix jours, les réalisateurs strasbourgeois Alexis et Yannis Metzinger se sont immergés dans l’édition 2015 du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg. Ils en ont tiré un documentaire de 52 minutes, intitulé « Des zombies et des hommes », qui sera projeté ce vendredi 22 avril au cinéma Star Saint-Exupéry.

Des Zombies et des Hommes, produit par la société Cerigo Films, tente de capter l’ampleur du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg (FEFFS), de cerner les enjeux d’une manifestation qui a attiré, en septembre, plus de 20 000 personnes. Après une projection au Star Saint-Ex vendredi, il sera diffusé les 30 avril et 1er mai sur Alsace 20.

Parvenu à sa neuvième année d’existence, le FEFFS ne cesse de grandir et de fédérer les aficionados d’horreur, de films de genre et d’univers parallèles. Les Strasbourgeois se souviendront peut-être que la première édition du festival consistait en une simple rétrospective de films tournés pour la firme anglaise Hammer dans les années 60.

Parce qu’il y a une volonté de s’astreindre à un devoir cinéphile, l’équipe de programmation, dont l’auteur de ces lignes fait partie, poursuit ce travail de mémoire, projette les standards du genre, déniche les pépites d’aujourd’hui, révèle des talents de demain. Si le documentaire glisse bien trop rapidement sur cette dimension de l’évènement, il se montre par contre très précis lorsqu’il s’agit d’exposer la dimension polymorphe et généreuse du festival.

aux abords d'une séance
Le calme avant la tempête

Un rendez-vous devenu majeur

En comparaison d’une classique quinzaine du cinéma fantastique, le FEFFS offre une réelle plus-value avec sa zombie walk d’ouverture, ses projections en plein air comme Gremlins, sous la cathédrale et en présence de son réalisateur, en passant par l’imposant développement de la section jeux vidéos au Shadok. Dans le documentaire, les frères Metzinger promènent leur spectateur dans tous les recoins du festival et visent l’exhaustivité.

Et parmi les hommes évoqués dans le titre, il y a bien sûr Daniel Cohen, directeur artistique du FEFFS. Le documentaire suit de très près ce passionné de cinéma, à l’origine d’un événement aujourd’hui salué par la presse spécialisée comme le premier festival fantastique de France en 2015.

réalité virtuelle au Shadok
réalité virtuelle au Shadok

Horreur, vous avez dit horreur ?

Mais au-delà du parcours d’une équipe, plus de 50 bénévoles, au delà de la célébration de l’initiative et de la passion, Des Zombies et des Hommes prend le temps de s’interroger de manière très pertinente sur la notion même de cinéma de genre. Le fantastique, l’horreur, le thriller, l’épouvante, autrefois raillés et déconsidérés, sont aujourd’hui devenus une sorte de norme qui déplace les foules. Le cinéma de genre est partout et le zombie fascine parce qu’il est une parabole ou amuse pour son côté grand-guignol.

Le film, soutenu par la région Alsace, démontre ainsi que le succès du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg est tout autant lié à sa capacité à se renouveler qu’à sa propension à répondre à l’attente d’un public toujours plus vaste.

« Rendez-vous gare de l’Est » au TNS : un objet théâtral au réalisme troublant

« Rendez-vous gare de l’Est » au TNS : un objet théâtral au réalisme troublant

Le spectacle Rendez-vous gare de L’Est a été créé en 2012, il a déjà beaucoup tourné, et reste pourtant un défi de chaque soir pour la comédienne. C’est un objet théâtral troublant que Guillaume Vincent présente au TNS du 18 avril au 4 mai avec Émilie Incerti Formentini : un portrait de femme trentenaire, sur le fil du réel.

Rendez-vous gare de l’Est est à la fois un spectacle et un texte de Guillaume Vincent publié aux éditions Les Solitaires Intempestifs. Il est parti d’un travail documentaire, recueillant, à l’hésitation et à la virgule près, les propos d’une femme trentenaire, maniaco-dépressive, par des rendez-vous réguliers pendant quelques mois – des rendez-vous Gare de l’Est, donc.

D’abord focalisé sur sa maladie, c’est finalement la femme, ses questionnements, ses méandres et son humour qui se sont imposés comme le vrai sujet de ce portrait. Elle évoque son quotidien, ses amours, son travail, la gestion de son temps et de ses errances. Une parole de femme troublante par sa familiarité, incarnée sur scène par Émilie Incerti Formentini – le personnage de la pièce s’appelera donc aussi Émilie – , dans un rapport direct et sans fard au public, facilité par la malléabilité de l’Espace Grüber du TNS.

"Rendez-vous gare de l'Est" (Photo CARRECHIO Elisabeth)
Emilie Incerti Formentini dans « Rendez-vous gare de l’Est » (Photo Elisabeth Carrechio)

Parole directe

Rendez-vous gare de l’Est emmène le spectateur, sciemment, dans un échange à la frontière de la réalité. La parole portée par la comédienne Émilie Incerti Formentini est là, audible, incarnée. La comédienne pourrait aussi bien être celle dont elle porte la parole : même âge, peut-être mêmes questionnements… On s’y retrouve, et c’est bien là l’intention.

C’est là que le théâtre dévie de la matière première, documentaire et bien réelle, qui a servi à la construction du texte et de la pièce. C’est bien le récit du quotidien d’une femme qui existe, qui est bipolaire et qui parle de sa vie. Mais c’est aussi la transposition de ce récit à travers les filtres successifs de l’écriture, de la dramaturgie et de la scène, par une co-construction entre la comédienne, le metteur en scène Guillaume Vincent et la dramaturge Marion Stoufflet, tous trois réguliers, voire fondateurs, de la compagnie MidiMinuit, et anciens élèves de l’École du TNS.

Elle se confie au public comme à un ami

Dans un entretien avec Caroline Châtelet pour le magazine Novo, Émilie Incerti Formentini explique la façon dont elle s’est approprié cette parole :

« Je n’ai pas écouté les enregistrements, il n’y a aucune psychologie sur le personnage ni aucun présupposé sur la bipolarité. Ce n’est ni un hommage, ni un spectacle sur la folie. Guillaume [Vincent] voulait qu’on ait l’impression que cette parole vienne de moi ».

Sa prestation dans ce spectacle a valu à Émilie Incerti Formentini d’être nommée en 2015 aux Molières pour la catégorie de la meilleure comédienne. Son jeu est net, sans fioritures, naturel, sans affectations psychologisantes. Elle est comédienne, sur scène, en rapport frontal au public, mais elle est aussi cette personne, si proche et si lointaine, qui se confie au public comme à un ami. Elle marche sur un fil, fragile, tendu, portant ce spectacle bref en accrochant son auditoire à sa voix, à son regard et à l’économie de gestes dessinés. Le public l’accompagne, pas à pas.

« La conscience de l’exotisme »

« Là, j’ai vraiment du mal. En fait j’ai décidé de plus dire que j’étais malade. Je dis à tout le monde que je vais bien, donc tout le monde sait que je vais bien. Parce qu’en fait, comme personne comprend, que ça n’intéresse personne, et comme dirait ta mère, on peut pas se mettre à la place des autres…
Du coup, j’en parle pas. » [Extrait du texte Rendez-vous gare de l’Est]

Tout comme Babouillec, jeune femme autiste et auteur de théâtre, Rendez-vous gare de l’Est offre au spectateur une plongée dans un autre regard, prétendument marginal : celui d’une femme altérée, différente, folle peut-être, sur sa vie et sur le monde qui l’entoure. Cette parole, si elle est bouleversante d’humour et de souffrances chroniques, est aussi libérée. L’acceptation d’un état de « différence » sociale, d’une sortie de la norme assumée – mais si elle n’est pas volontaire -, occasionne un regard aigu et fort intéressant sur la norme en question.

Guillaume Vincent l’a bien compris, et c’est ainsi que ce spectacle apparemment dépouillé prends une puissance inouïe autant que surprenante :

« C’est une parole étonnante, qui semble témoigner d’un état d’hyper-lucidité. Cette femme que j’ai interviewée a conscience de l’exotisme que peuvent avoir ses crises et ses délires, elle en parle même avec un certain humour. Nous avons voulu, dans le travail, mettre en avant cette « conscience de l’exotisme », cette clairvoyance de son regard sur elle-même et sur l’effet que peuvent produire les récits de ses crises ».

La parole publique d'Emilie dans "Rendez-vous gare de l'Est" (Photo CARRECHIO Elisabeth)
La parole publique d’Emilie dans « Rendez-vous gare de l’Est » (Photo Elisabeth Carrechio)

L’esthétique du réel

Guillaume Vincent évoque le travail de Raymond Depardon, en particulier son texte Paroles prisonnières, comme l’un des points d’origine de Rendez-vous gare de l’Est – et de sa démarche documentaire. Il s’agit de retranscrire une parole, brute, souvent peu élaborée, de façon à en faire saillir les aspérités. C’est une écriture orale, parlée, racontée, qui tente de s’expliquer et qui trouve sa raison d’être dans cette tentative. Cette parole cherche un réceptacle, en ayant conscience qu’elle est parfois embrouillée.

Tout comme chez Guillaume Vincent et chez Émilie Incerti Formentini, on sent chez Marion Stoufflet, la dramaturge, une tendresse immense pour l’humanité qui suinte de cette parole. Elle provoque l’empathie, car elle accepte de se mettre à nu pour exprimer, non sans humour, des ressentis souvent tabous. Marion Stoufflet explique :

« J’avais l’impression de voir le portrait d’une jeune femme qui aurait développé une allergie batailleuse à un monde réellement allergène. Avec toutes les questions que ça suscite. Sans se rendre ».

Ainsi c’est le courage de montrer ses failles, sans détours, qui assure des auditeurs à cette parole. Et qui, du même coup, lui confère sa folie. Julie, spectatrice d’un soir au TNS, dira en sortant de la salle :

« Le fait de nous laisser entrer dans l’esprit de cette femme, finalement, ça ne nous éloigne pas, au contraire… Ce qui frappe, et qui fait penser à la folie, ce n’est pas tant ce qu’elle dit que le fait qu’elle le dise, qu’elle s’expose, sans retenue. Il n’y a pas de filtre entre la pensée et la parole ».

Guillaume Vincent a réussit à conserver, dans son texte, sa substance orale à cette parole sans détours, dans laquelle le spectateur se retrouve forcément, à un endroit ou à un autre. Et l’on ressort du spectacle, troublé, non pas de la distance avec cette parole exotique, mais au contraire par l’écho familier qu’elle génère. Avec un petit quelque chose en plus lorsqu’on fréquente les lisières.

« La primaire des Français » à la recherche de l’éthique en politique

« La primaire des Français » à la recherche de l’éthique en politique

Six mouvements citoyens se regroupent pour proposer « la primaire des Français », une alternative aux candidats des partis politiques pour l’élection présidentielle de 2017. Le collectif, qui vise 500 000 soutiens, a présenté sa démarche mardi à Strasbourg.

Les porteurs de « la primaire des Français » ne sont pas d’accord sur tout mais ils s’accordent sur au moins sur un point : les Français ne se retrouvent plus dans l’offre politique traditionnelle. Pour eux, le mouvement « Nuit Debout » ou le vote d’extrême-droite ne sont que des symptômes de ce même divorce. Et à leurs yeux, il n’y a qu’une seule solution : remplacer la classe politique par des élus issus du terrain, et dont l’objectif principal ne serait plus leur réélection mais le service de l’intérêt général.

Mardi à Strasbourg, des représentants des six mouvements constitutifs de cette démarche étaient présents pour la détailler. « La primaire des Français » est portée par CAP 21 de l’ancienne candidate à l’élection présidentielle Corinne Lepage, représenté à Strasbourg par Chantal Cutajar, adjointe au maire de Strasbourg, le parti centriste « Nous Citoyens » présidé par Nicolas Doucerain, le nouveau mouvement « Génération citoyens » de l’eurodéputé Jean-Marie Cavada, « La Transition » de l’entrepreneur Claude Posternak, le « Pacte civique » de Jean-Baptiste de Foucauld et le collectif « Bleu Blanc Zèbre » de l’écrivain Alexandre Jardin.

Les représentants de la primaire des Français à Strasbourg. De g. à d., Xavier Alberti de La Transition, Victor Ferrera et Chantal Cutajar de Cap21, Marion Maxant de Nous Citoyens et Jacqueline Louiche du Pacte Civique (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Les représentants de la primaire des Français à Strasbourg. De g. à d., Xavier Alberti de La Transition, Victor Ferrera et Chantal Cutajar de Cap21, Marion Maxant de Nous Citoyens et Jacqueline Louiche du Pacte Civique (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

« Aucune condamnation et un contact avec la réalité »

Xavier Alberti, du mouvement La Transition, détaille l’engagement attendu :

« C’est un mouvement qui accueillera tous les mouvements dont les candidats répondront à ces critères : exemplarité, c’est à dire aucune condamnation, moins de 12 ans de mandats nationaux exercés, au moins cinq ans passés dans une entreprise ou une administration, au contact de la réalité, avoir la laïcité comme vertu cardinale de la République et le souci d’une gestion raisonnée des ressources naturelles. »

Et ? Et rien. C’est tout. Pour l’instant, « la primaire des Français » veut créer l’engouement avec ce dénominateur commun. Xavier Alberti reprend :

« Il faut passer d’un stock d’élus à un renouvellement continu de la représentation publique. En limitant les mandats possibles, on s’assure que personne n’y verra une fin en soi. On pourra alors sortir d’une logique de carrière pour entrer dans une logique de service à la Nation et sortir des postures. Un élu sera au service des autres, le temps de son mandat, avant de retourner dans son métier d’origine. »

Lucha Libre Hollande Sarkozy (Photo Claude Degoutte / FlickR / cc)
Sarkozy – Hollande en 2017 ? (Photo Claude Degoutte / FlickR / cc)

Objectif 500 000 soutiens

« La primaire des Français » vise 500 000 soutiens, via son site Internet, afin d’asseoir une réelle légitimité démocratique au candidat qui sera finalement issu de ce mouvement. Au moment d’écrire ces lignes, le compteur du site affichait 49 262 signatures.

Les représentants sont restés vagues sur le processus de désignation et de sélection. Ils n’excluent pas par exemple d’utiliser les outils de LaPrimaire.org, un autre mouvement en faveur d’une candidature issue de la société civile. Xavier Alberti a précisé qu’une poignée de solutions étaient en cours d’audit pour fiabiliser et sécurisé le processus de vote.

Dans quelques jours, « La primaire des Français » publiera un embryon de programme, qui là aussi fera une synthèse entre les actuels mouvements porteurs du projet.

Chantal Cutajar distingue engagement local et mandat national

Certains trouvent qu’appeler au renouvellement de la classe politique avec des têtes d’affiche comme Corinne Lepage ou Jean-Marie Cavada est un peu osé. Mais « la primaire des Français » ne se veut pas « anti-système », ses membres pensent au contraire que le système fonctionne très bien comme l’explique Victor Ferrera :

« Notre constitution tient le choc avec des élus aussi mauvais, c’est bien la preuve qu’elle est solide. Il ne faut pas en changer par pur souci démagogique ou marketing. Ce qu’il faut changer, ce sont les élus. S’ils font correctement leur travail, alors la République est sauvée. »

De son côté, Chantal Cutajar, adjointe au maire de Strasbourg, est revenu sur ces deux engagements :

« Au niveau local, les étiquettes politiques sont moins importantes. Les élus ont plus souvent envie de trouver un consensus plutôt que d’afficher une posture. C’est pourquoi je ne vois pas de contradiction entre mon mandat local et cet engagement en faveur d’un renouvellement national. »