Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Nuit Debout va libérer la place de la République, pour y retourner dès que possible

Nuit Debout va libérer la place de la République, pour y retourner dès que possible

La municipalité de Strasbourg a demandé à « Nuit Debout », lundi matin, de ranger et de nettoyer la place de la République pour que les commémorations qui s’y dérouleront dimanche trouvent place nette. Mais les membres du mouvement craignent que la Ville en profite pour les déloger. Lundi soir, lors de l’Assemblée générale, « Nuit Debout » a décidé de suivre la demande de la municipalité.

Lundi matin, la Ville de Strasbourg a informé « Nuit Debout » que la place de la République devra être libérée et nettoyée avant dimanche, journée nationale du Souvenir des victimes et des héros de la déportation, qui y sera commémorée.

Joseph Muller, chef du service de la police municipale de Strasbourg, est allé à la rencontre du mouvement :

« Le lieu doit être libéré et propre pour dimanche. On les aidera à tout ranger et à tout nettoyer. À ce jour, la décision de les déloger n’a pas été prise ».

Les participants ne l’entendent pourtant pas de la même façon et se méfient.

Les membres de Nuit Debout ont commencé à nettoyer la Place de la République.
Les membres de Nuit Debout ont commencé à nettoyer la Place de la République (Photo PD / Rue89 Strasbourg / cc).

Malgré tout, les membres du mouvement présents lundi matin et dans l’après-midi ont commencé le rangement et le nettoyage de la place de la République. Lundi soir, lors de l’Assemblée générale (AG) journalière, le groupe logistique du mouvement s’est penché sur la question. Si la majorité des participants ne se dit pas réfractaire au fait de faire place nette, certains émettaient une certaine réticence :

« Les gens nous ont identifiés ici, c’est important de garder une certaine visibilité. On pourrait laisser une table et une tonnelle pour informer. S’ils (ndlr : la municipalité) refusent cela, on avisera mardi soir en AG ».

« Une partie de la place commence à ressembler à un terrain de rugby »

Robert Herrmann, adjoint au maire et président de l’Eurométropole ne fera pas dans le compromis quant aux commémorations et au besoin de la Ville de récupérer la place de la République vide et nettoyée :

« Une partie de la place commence à ressembler à un terrain de rugby. Les services d’hygiène nous ont alertés de l’apparition de rats et il y a des problèmes liés aux détritus. En fin de semaine, la place devra être libérée pour les commémorations. »

L’élu n’a toutefois pas été clair pour la suite des événements. À savoir, si la Ville empêchera « Nuit Debout » de reprendre ses activités sur la place de la République ou non, une fois la commémoration passée. Aldo, membre du mouvement, a déjà son avis :

« Le temps de la commémoration, on déguerpira. Ils nous ont demandé de faire place nette, on le fera. Par contre, lorsque l’on demandera quelque chose à la mairie, s’ils le refusent, on ne discutera plus avec eux. Ça ne doit pas être unilatéral. Mais de toutes façons, à la fin de la cérémonie, on reviendra ».

L’AG décide de libérer volontairement la place

Dans la soirée de lundi, les membres de « Nuit Debout » ont voté : ils libéreront la place de la République samedi afin de laisser la Ville organiser la commémoration qui aura lieu le lendemain. Une demande sera faite à la mairie pour conserver une table ainsi qu’une tonnelle dans un endroit qui ne gêne pas, pour continuer d’informer sur le mouvement et offrir le café aux personnes qui le souhaitent.

Les participants ont aussi émis le souhait d’échanger avec les anciens combattants, les autorités et le public qui seront présents ce jour-là.

Dès que cela sera possible, le soir-même ou le lendemain, le mouvement a décidé de réinvestir la place.

Manifestation étudiante contre la loi travail mercredi

Manifestation étudiante contre la loi travail mercredi

Les étudiants strasbourgeois « en lutte » prévoient de défiler une nouvelle fois dans le centre-ville de Strasbourg mercredi après-midi. Malgré les annonces récentes en faveur de la jeunesse, comme la taxation supplémentaire des contrats à durée déterminés (CDD), ces étudiants réclament toujours le retrait de la loi réformant le Code du travail. Ils se sont réunis régulièrement toute la semaine dernière lors d’Assemblées Générales (AG), parfois en lien avec le mouvement « Nuit Debout », lui aussi né du refus du projet de loi défendu par la ministre du Travail, Myriam El Khomri.

« Grève reconductible permanente »

Dans un appel publié le 12 avril, les étudiants de la coordination nationale affirment que le mouvement ne s’est pas « arrêté avec les vacances » et appellent les syndicats à les rejoindre :

« Depuis le début du mouvement, les grandes directions syndicales de salariés n’ont pas joué suffisamment leur rôle, en n’organisant ni la grève, ni l’affrontement souhaité par les salariés et la jeunesse, ni la convergence entre secteurs. Elles doivent offrir des débouchés à la colère des travailleurs bien avant l’horizon lointain du 28 avril en construisant la grève reconductible dès maintenant ».

Plus de 300 manifestants avaient répondu au précédent appel à manifester, place Kléber le 9 avril. En marge de ce rassemblement, quatre manifestants avaient été arrêtés après des échauffourées avec les forces de l’ordre. Trois d’entre eux ont été relâchés dans la soirée, le dernier le lendemain.

Pour le réaménagement des quais, Strasbourg espère éviter les râleurs grâce au numérique

Pour le réaménagement des quais, Strasbourg espère éviter les râleurs grâce au numérique
cartequais
Les strasbourgeois et internautes d’ailleurs ont désormais la possibilité d’exprimer leurs idées sur le réaménagement des quais avec cette carte mise en ligne. (Capture d’écran)

Strasbourg va réaménager les quais sud de l’Ill et expérimente à cette occasion une concertation publique numérique, avec une carte interactive pour exprimer des idées. La Ville espère ainsi que les râleurs ne squatteront pas le débat public.

Les Strasbourgeois ont jusqu’au jeudi 28 avril pour exprimer leurs idées sur le réaménagement des quais sud de la grande île sur une carte interactive sur Internet. Cette opération s’inscrit dans le cadre de la concertation publique, obligatoire pour un tel projet, et s’ajoute aux réunions publiques et à une péniche d’exposition amarrée quai Saint-Étienne.

Concrètement, l’application en ligne permet d’ « épingler » des idées dans un périmètre situé entre la caserne Finkwiller et le café Brant. Il est ensuite possible de voter pour ou contre des propositions et de les commenter. Un fonctionnement qui rappelle beaucoup l’application que Rue89 Strasbourg avait mise en ligne avant les élections municipales, Strasbourg 2028. Les propositions, au nombre de 124 lundi soir, sont publiées après une relecture par des agents de la Ville. Plus de 1 100 personnes ont répondu au questionnaire en ligne.

quais
2,8 millions d’euros ont été programmés pour le réaménagement des quais et les travaux devraient s’échelonner entre l’été 2017 et le printemps 2019. (Photo MCM / Rue89 Strasbourg / cc)

Les propositions des citoyens seront prises en compte fin mai par les élus municipaux pour organiser de nouvelles réunions et préparer les décisions finales. Plus de 2,8 millions d’euros ont été prévus pour ce vaste projet dont les travaux devraient s’échelonner entre l’été 2017 et le printemps 2019. Ce nouveau mode de concertation publique a coûté une dizaine de milliers d’euros à la Ville. Olivier Bitz, adjoint de quartier (PS) en charge du dossier explique :

« C’est un projet très important qui date de 2008. Le principe de cette démarche est d’innover en matière de dialogue public en s’adressant à des gens qui ne participent pas habituellement aux réunions publiques comme les jeunes, les actifs ou même les touristes qui ne sont pas forcément présents à Strasbourg. Les réunions classiques ne permettent de rassembler que 200 à 300 personnes contre des milliers avec cet outil ».

« Avoir une vision moins déformée de la réalité »

Paul Meyer, adjoint au maire (PS) en charge du numérique, détaille :

« On est parti d’un constat : les gens qui se déplacent en personne aux réunions sont plus souvent dans une position contestataire que ceux qui s’expriment sur Internet. Avec cette carte interactive, on est plus dans une logique de propositions. Ça nous permet d’avoir une vision moins déformée de la réalité ».

Voire. Car parmi les propositions disponibles, classées en trois catégories : cadre de vie, déplacement et patrimoine, beaucoup s’inscrivent dans l’urgence ou l’utilité, tandis que d’autres emmènent assez loin !

Capture d’écran 2016-04-01 à 10.15.12
Bien souvent, les participants aimeraient que les quais reçoivent plus de bancs, soient mieux accessibles aux piétons, disposent d’espaces ouverts pour la pétanque ou les SDF. Les Strasbourgeois ne manquent pas d’idées et proposent des squares pour les enfants, un échiquier, un pont pour le kayak, etc. Beaucoup d’idées concernent les loisirs. Certaines distractions oubliées, comme les joutes nautiques de Strasbourg ou les costumes alsaciens, refont surface.

Les quais de Strasbourg, une compilation de l’INA

En 2013, Rue89 Strasbourg avait collaboré avec le cabinet Repérage Urbain et Éric Hamelin sur l’application Strasbourg 2028 pour imaginer la ville, en débattre et faire émerger des propositions citoyennes. Les Strasbourgeois ont de la suite dans les idées puisque certaines propositions d’alors se retrouvent dans l’outil de la Ville.

Quais
D’importants acteurs des quais, les commerçants et restaurateurs, ne semblent pas être informés de l’existence de la carte, ni de l’utilité de la péniche installée en face de leur rive. (Photo MCM / Rue89 Strasbourg / cc)

Des commerçants remontés contre la piétonnisation

Cette carte en ligne permet-elle vraiment d’améliorer la dialogue ? On peut en douter car peu d’observations sont commentées, au-delà des simples expressions « pour » ou « contre ». Il n’est pas aisé de trouver dans l’application quels sont les enjeux qui mobilisent ou qui divisent.

Et puis surtout, les Strasbourgeois expriment sur Internet en grande majorité des envies de quais apaisés, libérés de la voiture et ouverts. À l’opposé de ces revendications, une association d’une quarantaine de commerçants des quais s’est créée pour dénoncer la « piétonnisation » des quais et exiger que les voitures puissent toujours les emprunter. Cette association n’a pas fait connaître ses propositions sur l’application. En revanche, elle a bien l’intention de donner de la voix dans les réunions publiques et d’interpeller directement les élus.

D’autres commerçants rencontrés sur place se disent persuadés que « cet outil ne sert à rien » et que « la Ville a déjà fait ses choix ». Pour le patron de l’épicerie Marché et Gourmet Sirtaki, la concertation, en ligne ou pas, a des ratés :

« Une personne est venue à notre rencontre déposer des prospectus au sujet des quais mais sans plus d’explication. On nous met toujours devant le fait accompli et aucun représentant de la Ville n’est directement venu nous mettre au courant alors que ça se passe sous notre nez ».

De son côté, Olivier Bitz a déclaré que ce concept de participation en ligne restait encore à améliorer :

« En fonction des premiers résultats que nous tirerons de cette expérimentation, nous réfléchirons à sa possible amélioration et réutilisation sur d’autres lieux ou projets de la ville ».

péniche-quais
La péniche est amarrée Quai St-Etienne jusqu’au jeudi 28 avril. (Photo MCM / Rue89 Strasbourg /cc)

Le Neuhof met au défi les autres quartiers d’aller voter

Le Neuhof met au défi les autres quartiers d’aller voter

Un collectif du Neuhof à Strasbourg lance un « défi » aux autres quartiers : celui qui atteindra le meilleur taux de participation à l’élection présidentielle de 2017 recevra une « récompense financière ».

Alors que certains tentent de trouver une nouvelle manière de faire de la politique à « Nuit Debout », au Neuhof, on n’a pas complètement abandonné la représentation politique traditionnelle. Lors des élections régionales de décembre 2015, certains bureaux de vote de quartier populaire du sud de Strasbourg ont atteint des taux d’abstention de plus de 80%. Jamila Haddoum, une animatrice du centre socio-culturel avait alors réalisé avec ses enfants un clip vidéo pour inciter les jeunes à aller voter.

Dans la même dynamique, et avec les mêmes acteurs, Jamila Haddoum a lancé avec le CSC du Neuhof un « défi à la France », un « challenge citoyen » par l’intermédiaire d’un nouveau clip :

Les détails de l’opération n’ont pas été précisés lors d’une conférence de presse lundi. Ni le montant de l’enveloppe financière, ni qui la paierait, ni les opérations de mobilisation et de sensibilisation devant avoir lieu dans les quartiers de France afin d’augmenter le nombre d’inscrits sur les listes électorales. L’idée est de lancer le challenge dès vendredi, suffisamment tôt pour qu’il puisse se diffuser de la Seine-Saint-Denis aux quartiers nord de Marseille.

Selon Khoutir Khechab, directeur du CSC Neuhof, le vainqueur sera déterminé en fonction de plusieurs critères :

« On regardera l’augmentation du nombre d’inscrits sur les listes électorales, le taux de participation au premier tour de l’élection présidentielle et les actions citoyennes organisées sur le terrain ».

Tous les « quartiers prioritaires » de plus de 5 000 habitants de France sont invités à participer à ce challenge.

Autour d’Uber et des VTC, un éco-système se met en place

Autour d’Uber et des VTC, un éco-système se met en place

Avec l’explosion des sociétés des véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC), système de transport rendu notamment célèbre par la société américaine Uber, un petit éco-système commence à se mettre en place à Strasbourg. Mais il demeure fragile

Le transport rémunéré de personnes en voiture par un particulier est officiellement interdit (voir encadré), mais Uber ne renonce pas à ses ambitions. C’est désormais via son service de chauffeurs professionnels, UberX, que la société américaine compte accroître son activité en France. Lancée à Strasbourg en juillet 2015, UberX est disponible dans 9 grandes villes françaises. La majorité de l’activité se concentre en région parisienne (10 000 des 12 000 chauffeurs), mais à Strasbourg, une cinquantaine de chauffeurs utilisent l’application.

Contrairement aux taxis, les services de Véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) exigent une réservation. Autour de cette activité en croissance, un éco-système se met en place petit à petit. Parmi les secteurs concernés : la formation, la location, l’achat et même l’assurance. Désormais, 47 sociétés de VTC sont immatriculées dans le Bas-Rhin (pour 483 détenteurs de la carte professionnelle) et 90 dans la région Grand Est. Elles peuvent compter un seul conducteur ou plusieurs. D’après un chauffeur, une quinzaine ont été créées depuis le début de l’année 2016, soit autant qu’en 2015. La semaine du 11 avril, à une formation obligatoire sur la création d’entreprise à la Chambre de métiers d’Alsace, 5 des 18 participants montaient leur société de VTC.

Des écoles de formation

Conséquences de ce nouvel attrait pour la profession, il faut former ces chauffeurs et la loi évolue. Avant, il fallait juste attester de 250 heures de formation. Depuis le 1er avril, il faut aussi réussir un examen. À la rentrée, la formation devrait encore évoluer avec un « tronc commun » entre taxi et VTC.

Plusieurs sociétés ont alors implanté de nouveaux services à Strasbourg, où la demande est assez forte notamment dans l’Est en raison de la taille de la ville et de l’activité du Parlement européen. C’est le cas de la société messine Lorraine Sécurité Routière, qui forme des moniteurs d’auto-école, des chauffeurs de taxi et de VTC.

Le directeur Mario Cariolo explique son choix :

« Au début, beaucoup de chauffeurs venaient chez nous en Lorraine, mais il valait mieux qu’une personne se déplace à Strasbourg et nous avons ouvert une succursale. J’étais étonné qu’il n’y ait pas de société strasbourgeoise qui propose cela. Nous faisons aussi de la formation continue ou des équivalences. Ce que nous proposons est une formation longue (4 semaines). Depuis le 1er avril, il faut réussir un examen qui ne peut être passé que le premier mardi du mois et que nous sommes habilités à faire passer en présence d’un tiers, souvent un huissier. À la première session le mardi 5 avril, il y a eu 16 reçus pour 19 candidats. Cette nouvelle activité tombe bien pour nous car on avait une baisse d’activité sur la formation de moniteurs d’auto-école. »

Même décision à l’hiver pour Jean-Pierre Levet, chargé de formation à la société parisienne Bruseco :

« À Strasbourg, nous avons déjà des salles pour la formation avenue de Colmar, pas encore de services administratifs. Nous avons un formateur à Strasbourg et peut-être deux autres prochainement. Lors de l’examen d’avril, 10 de nos 11 élèves ont réussi. Pour nos clients, il y a l’indépendance du métier qui les attire, mais aussi des chauffeurs de taxis qui y voient un complément de revenu. L’activité strasbourgeoise représente 20% de notre chiffre d’affaire environ. »

Paris, vue depuis la banquette d'une voiture Uber (Photo Kirsten / FlickR / cc)
Paris, vue depuis la banquette d’une voiture Uber (Photo Kirsten / FlickR / cc)

Uber change d’attitude

Dans le cas de ces deux écoles de formations, les clients envoyés par Uber bénéficient d’une réduction. Le directeur du secteur Est (de Lyon à Lille) d’Uber France, Alexandre Droulers, explique le changement de stratégie :

« Quand Uber s’est lancé, il y a pu avoir cette image de cowboy américain qui ne respecte pas les lois. Maintenant, on veut montrer que ce n’est pas juste une application issue des États-Unis, mais que son activité a des répercussions dans les territoires et que l’on s’adapte au cas par cas. »

Pour les chauffeurs qui n’ont pas de voiture, Uber a aussi noué un partenariat avec les loueurs Europcar ou Drive for Me. Hors partenariat, Drive for Me, propose sur son site des tarifs autour de 1 000€ par mois pour une location sur 6 mois avec 5 000 kilomètres. Mais il est possible de louer chez d’autres entreprises, comme Djilali, chauffeur de Haguenau qui a établi une location de 3 ans avec un kilométrage annuel dans un garage de sa ville pour un tarif similaire. D’autres remises existent pour l’achat, sur 6 modèles étrangers. La gamme de véhicules autorisés sur UberX est plus large.

« Beaucoup de personnes de banlieue »

Autre retombée plus indirecte, celui du domaine des assurances. À Strasbourg, un partenariat est noué depuis décembre avec l’assureur généraliste Allianz. Pour l’agent général Olivier Pinon, cela a permis de signer « une dizaine » de contrats en trois mois :

« Je ne pensais pas qu’il y aurait un tel engouement. Parmi ces clients, il y a beaucoup de personnes issues de banlieue, qui n’avaient pas d’emploi et ont décidé de devenir chauffeur, du moins c’est l’impression que j’ai. Pour nous, ce sont les mêmes contrats que pour les taxis, avec des cotisations élevées, puisqu’en plus de l’assurance au tiers, il y a celle pour une utilisation fréquente du véhicule. »

D’après un sondage IFOP commandé par Uber, un quart des chauffeurs n’avaient pas d’emploi avant d’utiliser l’application. Parmi les prochains chantiers d’Uber à Strasbourg : nouer des partenariats avec des établissements et des entreprises.

Les taxis toujours mécontents, Taxi 13 lance son application

Dans ce contexte, les relations avec les taxis restent tendues. Le gouvernement propose que l’État rachète les licences qu’il avait délivrées gratuitement (il n’en délivre plus, ce qui a mis en place un système de revente de licences entre taxis – à Strasbourg, une licence peut valoir jusqu’à 170 000€), grâce à un fonds financé par une taxe sur l’ensemble des courses, VTC comme taxi. Si cela se fait, reste à savoir à quel prix les licences seront rachetées.

Malgré l’interdiction du service de chauffeurs amateurs UberPop en juillet, les enjeux restent les mêmes pour Haïm Attia, porte parole d’un syndicat de taxis :

« Nous n’avons pas de problème avec les chauffeurs de VTC en soi, il y en a qui travaillent en toute légalité sans qu’on se fasse concurrence. Mais ces plateformes permettent de faire de la maraude électronique ou d’autres se mettent sur des LOTI, c’est-à-dire du transport de groupes et font du transport individuel. Ces plateformes précarisent les chauffeurs, le tout sans payer d’impôts en France. Quant au rachat par l’État je n’y crois pas, c’est de la poudre aux yeux. »

De son côté, la centrale strasbourgeoise Taxi 13 (200 taxis) a réagi en lançant sa propre application. Comme Uber, elle permet de géolocaliser les taxis autour de soi et de savoir dans combien de temps il sera présent. Il est possible d’avoir une estimation du prix et de demander un véhicule qui accepte la carte bleue, ce qui étaient deux reproches fréquents des utilisateurs.

Des risques supportés par les autres

L’ingéniosité d’Uber réside dans le fait de faire reposer le risque économique sur ses partenaires. L’entreprise a trois employés et des bureaux à Strasbourg, mais ne paie pas la formation ou les véhicules des chauffeurs, qui sont en revanche libres de travailler pour n’importe quelle plateforme.

Depuis décembre, la société Le Cab est également présente à Strasbourg. Comme Uber, elle permet aux chauffeurs de travailler pour elle quand ils le souhaitent. Une différence est qu’elle propose des réservations 12h minimum à l’avance. Les tarifs sont similaires. Les chauffeurs de VTC peuvent aussi travailler directement pour des entreprises ou des institutions.

Uber (et son concurrent Lyft) n’ont jamais caché leur intention à long terme de mettre en circulation des voitures sans chauffeur sur leur réseau. Tels les cochers lors de l’arrivée de l’automobile, les chauffeurs de VTC pourraient alors avoir à se trouver un nouveau métier.

Rébellion sous les champignons

Rébellion sous les champignons

Les locataires de CUS Habitat à l’Esplanade ont adressé leurs problèmes de moisissures depuis plusieurs années à leur bailleur. Pour l’instant, en vain…

Robert Herrmann et Philippe Bies face à de nouvelles demandes (dessin Laurent Salles)
Robert Herrmann et Philippe Bies face à de nouvelles demandes (dessin Laurent Salles)

Pop à la strasbourgeoise avec Joy & Glory et Ballerine à la PopArtiserie

Pop à la strasbourgeoise avec Joy & Glory et Ballerine à la PopArtiserie

Double occasion de passer la soirée à la PopArtiserie le samedi 23 avril. Le collectif KIM concocte un plateau intimiste mais non moins énergique et séduisant avec Ballerine et Joy & Glory qui, l’une comme l’autre, proposeront au public leurs nouvelles compositions.

Ballerine n’est pas une inconnue des scènes strasbourgeoises mais avec ce tout nouveau projet au nom sautillant (présenté pour la première fois le 29 mars dernier en ouverture de la Jam du Cam au Camionneur), Mélody Meyer Di Rosa choisit de dévoiler l’une de ses nombreuses facettes musicales. Trois titres pour commencer : l’EP vient de sortir le 15 avril, il est désormais disponible à l’écoute.

Ballerine
Ballerine (Photo Julie Roth)

First Date, c’est le premier rencard, le premier contact pour choisir d’aller peut-être plus loin. Test réussi en tout cas avec ces trois compositions à l’ADN profondément pop et teintées d’un blues-rock savoureux sur le sombre One night stand ainsi que sur le plus frivole Baby won’t you hear me aux lignes de guitare très éloquentes. Disappear, enfin, se fait plus cristallin en apparence mais c’est le clair-obscur qui domine ces quelque trois minutes à la tension mélodique croissante.

Ce qui retient toutefois l’attention, c’est la faculté qu’a Ballerine de jongler avec les identités sonores tant son timbre varie en trois chansons. Grave et dark, classiquement pop ou bien portée vers de sublimes aigus, elle envoûte son auditeur par une grâce naturelle. Nul doute qu’il en sera de même en live !

Le nouvel album de Joy and Glory

My old beloved Memories
Joy and Glory – My old beloved Memories

La formation strasbourgeoise, articulée autour d’Audrey Braun, publie son premier format long, deux ans après un premier EP éponyme de six titres. Le nouvel opus du groupe s’intitule My old beloved Memories et comporte huit compositions dont cinq inédits puisque Escape, Back et Fields étaient déjà présents sur le premier mini-album et connaissent donc là une seconde jeunesse :



A l’écoute, on retrouve cette pop lumineuse et enchanteresse à laquelle Joy and Glory nous avait habitués. Comme une formule magique qui opère quasi-instantanément pour nous transporter dans une autre dimension. Les harmonies s’avèrent toujours aussi belles, portées par un vrai sens de la mélodie envoûtante. Mais ce qui fait assurément la différence entre les compositions issues du premier EP en 2014 et les inédits présents sur My old beloved Memories, c’est l’urgence et la tension qui se dégagent de ces nouveautés. Le rythme apparaît plus soutenu, les cordes semblent plus présentes et le parti-pris mélodique plus électrique sans pour autant jamais perdre le fil de ces nappes factrices d’ambiances particulières.

Il y a deux ans, Audrey Braun nous affirmait qu’elle préférait « offrir autre chose en live que sur album. Le concert doit être plus fourni, plus riche, plus surprenant tandis que je préfère faire des disques simples et dépouillés dans leur structure, où la musique reste suffisante à elle-même » (article complet à lire ici).

Habituellement, Joy and Glory se passe des cordes en live. Mais samedi, à la PopArtiserie, le groupe proposera un line-up exceptionnel pour marquer la sortie de son album My old beloved Memories. Autour d’Audrey Braun, on retrouvera donc une seconde voix féminine, les cordes, la batterie, la basse/contrebasse et les guitares.

Contre la loi travail, les intermittents se mettent en action

Contre la loi travail, les intermittents se mettent en action

Une Coordination nationale des intermittents et précaires réunit plusieurs collectifs régionaux ce week end à Strasbourg. Ensemble, ils tenteront de trouver comment améliorer leur situation.

« Intermittents et précaires ». Cela peut faire sourire. Certains diront que c’est un pléonasme, et ils auront raison. Depuis 1992, la Coordination nationale des intermittents et précaires (CNIP) se bat contre ce constat et tente de trouver des solutions pour rendre moins invivable la vie des intermittents.

Les 15 coordinations des intermittents et précaires (CIP) régionales présentes ce week end, ont échangé sur l’actualité internationale et nationale, avant de travailler sur leur action. Quelles actions mener, dans quelle direction aller. Ces réunions, qui ont lieu tous les trois mois, sont le moment « où se définissent les axes de lutte », explique Claire, de la CIP Ile-de-France. 

« On n’a pas à payer cette dette »

L’Unedic, association chargée de gérer l’assurance-chômage en France, affiche une dette de 25 milliards, obligée de participer au financement de Pôle emploi. Pour faire 800 millions d’euros d’économie, le Medef (Mouvement des entreprises de France) souhaite modifier le régime spécifique d’assurance-chômage dont bénéficient les intermittents. Ces derniers s’y opposent :

« Aujourd’hui six chômeurs sur dix ne sont pas indemnisés, on veut qu’ils le soient tous. Les chômeurs ne sont pas les responsables de cette situation, il faut contrer cette idéologie qui se met en place ou l’on continuera de taper sur les plus faibles. Leurs conditions sont odieuses, on n’a pas à payer cette dette ». 

IMG_2246
Loi travail, contrôle des chômeurs, sortie du Medef de l’Unedic… La CNIP a abordé bien des sujets ce week end à Strasbourg.

Les intermittents du spectacle, du fait de leur activité professionnelle, ont un régime d’assurance chômage particulier. Il est plus souple qu’un autre pour contrer la discontinuité de l’emploi, très fréquente chez eux. La loi travail est plutôt orientée vers une individualisation qu’une mutualisation des droits, ce qui ne règlera pas la situation d’après les intermittents :

« Le Medef veut détruire cet avantage afin qu’il ne soit pas accordé à tout le monde. Il n’acceptera jamais nos propositions et n’a pas à gérer l’argent distribué aux chômeurs, c’est pour cela qu’il doit disparaître de l’Unedic ».

« Aller vers la grève générale »

Exaspérés de voir leur situation se dégrader, les intermittents n’ont d’autre solution que de se mobiliser pour se faire entendre. Leur première revendication est très simple : le retrait du Medef de l’Unedic. Leur raison l’est encore plus, selon Myriam, venue de Caen :

« Le Medef a 50% des voix au sein de l’Unedic, ils ont un droit de véto. Tant qu’ils seront là on ne pourra pas avancer. Il faut se battre pour faire respecter son droit au chômage quand leurs mécanismes font tout pour nous en empêcher. »

Les intermittents se battent aussi contre la loi travail, qui rendra encore plus précaire leur situation. « On n’en veut pas », martèle Luc Fontaine, porte parole de la CIP Alsace. Il détaille le plan des actions à venir pour la CIP Alsace :

« On va essayer de faire des actions groupées régulières. Le 20 on ira manifester avec les lycéens et les étudiants, les 25 et 26 on a prévu des actions aussi. A partir du 26, il y a aura les cheminots. Le principe c’est de monter en puissance pour aller vers la grève générale ».

La CNIP, qui dénonce le paritarisme général, entend bien continuer la lutte, seule, ou avec d’autres. Notamment avec les cheminots ou Nuit Debout par exemple, avec qui, dans chaque région, il y a une « vraie concertation et une entente », explique Laurent de la CIP de Toulouse :

« On regarde tous dans la même direction maintenant, on peut au moins remercier le PS pour ça »

Un festival Giboul’Off en mode péplum du 21 au 24 avril au Molodoï

Un festival Giboul’Off en mode péplum du 21 au 24 avril au Molodoï

La truculente bande du Giboul’Off revient du 21 au 24 avril inclus, pour un festival en mode « péplum ». Prenant ses quartiers dans et devant le Molodoï, le Collectif’Off propose quatre jours de fête pour petits et grands, à base de marionnettes, jeux, théâtre, musique – totalement foutraques. Anne Chabert, membre du collectif, nous donne un avant-goût du programme.

Le joyeux collectif du Giboul’Off a donc choisit le thème du « péplum » cette année, et l’on imagine déjà tout ce que cette thématique peut engendrer de décapant en étant passée à la moulinette du festival. « On voulait un truc orgiaque, décadent, – et du même coup la chute de l’Empire [rires]… C’est dans l’air du temps », affirme Anne Chabert.

Si la totalité du programme n’est pas encore totalement définie, on peut néanmoins dores et déjà aller sur le site et sur le compte facebook du festival pour se tenir à jour. Les tarifs d’accès pour les soirées continuent à défier toute concurrence (entre 5 et 7 €, entrée libre pour les moins de 12 ans) et tout ce qui se passe en extérieur est gratuit. Et il s’en passe beaucoup!

Des membres déjantés de l'équipe du Collectif'Off accueillent le public du Giboul'Off (Document remis)
Des membres déjantées de l’équipe du Collectif’Off accueillent le public du Giboul’Off (Document remis)

« Ambiance gladiateurs »

Le Giboul’Off cru 2016 apporte avec lui son lot de nouveautés. L’on connaissait par exemple des années antérieures l’Apéropéra, moment d’apéritif lyrique et décalé, qui revient cette année. A celui-ci s’ajoutent les Jeux apérolympiques, en extérieur cette fois, accessibles aux petits et aux grands.

Il va y avoir des courses de chars grandeur nature le samedi, ce qui va être très amusant. Tout le monde, -enfin les adultes-, sera invité à participer : nous fournirons des casques. Ce sera une vraie course de chars pour les plus courageux, et les autres pourront toujours regarder [rires]. Nous organiserons aussi des combats de marionnettes sur table, ambiance combats de gladiateurs miniatures, ainsi que de grands lancers de menhirs. Il faudra faire des calculs en chiffres romains, des pliages. Faut être honnête : les récompenses des vainqueurs seront des sirops à l’eau ou des bières, et les perdants paieront leur tournée !

Le message est clair. La rue du Ban de la Roche va être prise d’assaut, joyeusement.

En lien avec la Semencerie voisine, le Giboul’Off va aussi organiser une « grande vente aux enchères » : l’occasion de découvrir les trésors inattendus du chaos (très) organisé de la Semencerie.

Nous ouvrons exceptionnellement une journée de plus que les autres années, le dimanche 24 avril. A la Semencerie, qui est voisine du Molodoï, nous organisons chaque année des moments « Déclic Déclic » ou « des plus petits marchés de Noël », pour faire de la vente d’objets d’artistes. Comme la Semencerie est menacée de fermeture nous allons faire un « Déclic Déclin » : c’est le vide grenier des artistes, suivi d’une grande vente aux enchères bien décalée à la fin.

Spectacles : cirque, marionnettes et théâtre d’objets

Le Giboul’Off reste avant tout un festival de spectacles, qui se concentre beaucoup autour de la marionnette et des compagnies locales, – mais pas que! Chaque année le festival s’ouvre à des compagnies venues de plus loin, pour leur faire une petite place avec les moyens du bord. C’est ainsi que cette année, le festival accueille Joanna Bassi, digne héritière de la tradition du cirque et du clown en particulier, qu’elle fait partager d’une façon intime et singulière.

Joanna Bassi vient d’une grande famille de clowns. Ce qu’elle propose est une espèce de conférence, de visite autour de ce qu’est le clown au sein du cirque et ailleurs. Elle a retrouvé une archive qui date des frères Lumière où on voit son arrière-grand-oncle qui est filmé en tant que clown. Il y a tout l’innocence des premiers films : on ne sait pas comment se poser à cette époque-là devant les photos ou les films… Comme nous accueillons le samedi les ados de Graine de cirque qui proposent un petit spectacle d’acrobaties autour du thème « péplum », j’espère qu’ils pourront aussi voir Joanna parce qu’elle est leur aînée. Si la transmission se fait c’est super. Voilà en tout cas un spectacle à partager en famille, vraiment tout public, pour une petite jauge de 20 personnes – mais il sera joué plusieurs fois.

Impossible de décrire en détails tous les spectacles qui seront proposés pendant la programmation, d’autant que celle-ci est encore en cours d’élaboration à ce jour… A noter tout de même le spectacle infiniment poétique et tout public de la Compagnie Tricoteries et compagnie (cf. vidéo ci-dessous), qui se construit à partir de bulles de savon.


Et le coup de coeur d’Anne Chabert, pour la lorraine Compagnie Moi je tout seul :

C’est l’univers d’Hara Kiri en marionnettes. Festif et drôle!

"Infiniment Alice" de la Compagnie Rosebonbon (Document remis)
« Infiniment Alice » de la Compagnie Rosebonbon (Document remis)

Anne Chabert elle-même présente son spectacle Infiniment Alice : un spectacle conçu pour le jeune public, qui explore le monde de l’infiniment petit en questionnant les perceptions et les ressentis.

C’est un magnifique spectacle autour de la physique quantique [rires] : je dis ça parce que je sais que parfois la science fait peur. Le but c’est de s’adresser aux plus jeunes, et d’attraper leurs parents au passage, pour voyager dans l’univers de l’infiniment petit et arriver jusqu’à l’atome. C’est traduire un univers multiple, où on ne peut pas tout embrasser d’un coup : un univers foisonnant où nous travaillons sur la transformation entre l’objet et l’image. C’est à partir de 6 ans.

Et de la musique!

DJitane (Document remis)
DJitane (Document remis)

Que serait le Giboul’Off sans les concerts des soirées festives? Djitane revient donc cette année avec un spectacle d’ombres mais aussi de mix des balkans. La fanfare du Duna Orkestar sera présente aussi, comme de bien entendu : pas de Giboul’Off sans fanfare.


Le groupe de math rock 100 % chevalier (vidéo ci-dessus) retrouvera aussi les murs du Molodoï pour faire entendre ses rythmes noisy. La découverte du festival se situe probablement du côté de Camicela, une jeune femme qui propose un solo de violoncelle déjanté.

C’est une nénette qui fait un truc en solo, très barré et très rock’n’roll. Elle a une personnalité incroyable. Elle a travaillé avec chapelier fou.

La soirée du samedi se terminera par un DJ set de Lord Cumbia, pour faire la fête jusqu’au bout de la nuit.

Un univers à re-découvrir

Pour les lecteurs qui ne seraient pas des familiers du Giboul’Off, on ne peut que leur conseiller chaudement d’aller goûter, seul, avec des amis ou en famille, à cette ambiance si particulière et unique en son genre… Pour ceux qui connaissent déjà, qu’ils sachent seulement que cet article n’est qu’un petit avant-goût de ce qui se prépare. Il est à noter aussi que les associations du quartier gare seront présentes pendant la journée du dimanche, pour rencontrer les festivaliers. En conclusion :

« Il ne faut rien rater du tout ! Poésie maximum ou rock’n’roll maximum : entre les deux nous n’avons pas trop de nuances… [rires] »

« Nuit Debout » se fait beau et veut inviter plus de monde aux débats

« Nuit Debout » se fait beau et veut inviter plus de monde aux débats

Après 10 jours de mobilisation, « Nuit Debout » continue à s’ouvrir au public ce week-end : actions, animations, réaménagement du lieu de vie place de la République… Rue89 Strasbourg fait le point.

Le mouvement « Nuit Debout » existe depuis près de deux semaines à Strasbourg. Après des assemblées générales et la mise en place de commission, le mouvement cherche à se connecter au reste de la société via des programmations festives les week-ends. En toile de fond, des tensions avec la Ville, liées à l’occupation de la place de la République… Réunis à l’origine pour protester contre la loi travail, les participants cherchent à être un lieu de réflexion et de propositions sur la « convergence des luttes », tout en travaillant sur leur image auprès des Strasbourgeois.

Suite aux remarques, et parce qu’il y avait un risque de coup de vent, les porteurs du mouvement ont enlevé leurs bâches et ont investi dans des tonnelles et des tentes, afin d’accueillir les participants au sec lors de cette journée qui s’annonce très pluvieuse. Une participante détaille :

« On veut faire quelque chose de plus esthétique, plus ouvert. C’est surtout pour éviter l’image de squat et que ce soit une invitation pour les gens à venir discuter avec nous, recueillir des informations sur nos actions, notre engagement ».

Ainsi par exemple, le mouvement invite les participants à ne plus consommer d’alcool en journée place de la République, consigne validé en AG.

Les participants de Nuit Debout ont décidé de rendre "plus esthétique" leur lieu de vie afin de le rendre plus accueillant.
Les participants de Nuit Debout ont décidé de rendre « plus esthétique » leur lieu de vie afin de le rendre plus accueillant (Photo PD / Rue89 Strasbourg / cc)

Des forums et des concerts samedi après-midi

Une première action est prévue samedi, à 10 heures, au marché à Hautepierre. Le rendez-vous est donné devant le centre commercial Auchan. L’objectif étant de faire découvrir à la population, l’existence du mouvement pour ceux qui n’en avaient pas connaissance jusque là, les sensibiliser, créer un dialogue avec le public sur des questions sociales, environnementales, économiques, sanitaires… C’est aussi l’occasion pour « Nuit Debout », qui occupe la place de la République, d’aller à la rencontre de personnes habitant d’autres quartiers de Strasbourg.

À midi, l’opération « un café gratuit » est reconduite, devant le Starbucks place Kléber. Avec thermos et gobelets, les militants tenteront de proposer leur café aux clients de la firme américaine, dont ils dénoncent les contournements fiscaux et l’usage de produits OGM.

À 13h, retour place de la République pour un « banquet citoyen ». Chacun apporte de quoi pique-niquer dans une ambiance « auberge espagnole ». Le mouvement espère que les cheminots viendront avec leur matériel pour proposer des grillades, mais rien n’est sûr.

À 13h également, le mouvement « Ma Voix« , à proximité de la « Nuit Debout », désignera son candidat à l’élection législative partielle fin mai, par un tirage au sort prévu à 14h. L’investiture sera suivie par un « World Café » jusqu’à 17 heures pour lancer la campagne.

À 14h, reprise des discussions, des échanges, et des forums citoyens. Les différentes commissions sont invitées à se retrouver pour progresser sur leurs thèmes (démocratie, logistique, actions, communication) et deux commissions nouvelles ont été créées : médiation, pour faire exister le mouvement et ses revendications plus largement, et logement, afin de réfléchir à la précarité et d’y apporter des solutions. Par ailleurs des discussions sur la loi travail (14h-16h) et le droit au logement (16h-18h) seront menées. Le Collectif SDF-Alsace participe au mouvement et a interpellé sur le danger mortel que constitue le mal logement, après le décès de « Tonton Gégé », SDF de 41 ans.

Parmi les autres associations et mouvements qui devraient participer à l’après-midi : l’associations des chômeurs et précaires ABCDE 67, la Coordination des intermittents précaires (CIP), les Colibris 67, les incroyables comestibles, la monnaie locale le Stück ou un projet « d’université populaire » initié par le mouvement. Les premiers thèmes sont « foot et politique : scandale autour du ballon rond » et la permaculture.

À 17h, concerts et scène ouverte. Il y aura comme samedi dernier le DJ Vladimir Spoutnik, mais le groupe strasbourgeois de blues-rock pêchu Osh est annoncé, tout comme Léonard Mandavy. Voici une avant-première :

Des groupes de hip-hop sont également attendus, mais le programme n’était pas définitif à l’heure d’écrire cet article.

À 19h, la traditionnelle assemblée générale (AG) du mouvement. Selon un des organisateurs, ce sera un moment fort de la semaine, puisqu’il s’agira de rendre compte des débats de la journée, des travaux des commissions et les participants seront amenés à prendre plusieurs décisions pour la suite du mouvement, sur ses priorités et sur ses actions à venir. Faut-il, par exemple, ouvrir le mouvement aux forces traditionnelles comme les syndicats ?

Dimanche, brocante gratuite

Dimanche, la journée sera moins dense place de la République. Mais d’autres activités en lien avec le mouvement se dérouleront dans d’autres lieux. Parmi les activités, le « jeu de l’île » au Cemea (Centre d’Entrainement aux Méthodes d’Education Active, rue de la broque), dès 9h30 et jusqu’à 19h (inscription à l’avance et renseignements à nuitdeboutstrasbourg@gmail.com ; il faut 8/9 personnes pour pouvoir jouer)

Au Molodoï, deux ateliers sont prévus l’après-midi : désintoxication de la langue de bois (14h), déjouer les postures virilistes (15h), : la précarité dans l’Audiovisuel, récit d’une vie professionnelle (15h) et le rôle d’animateur-facilitateur en intelligence collective. Des projections sont aussi prévues jusqu’à 18h.

Le mouvement a néanmoins prévu une « donnerie » à partir de 14h et jusqu’à 18h sur la place de la République. Chacun est invité à amener des objets en bon état mais dont il n’a plus besoin, afin qu’ils trouvent une seconde vie dans les mains d’une autre personne, sans échange d’argent. La journée devrait se terminer par des concerts.

L’AG du soir à 19h devrait être moins formelle que celle de la veille. Les participants ayant exprimé la nécessité de pouvoir se reposer. Un temps d’échanges sera néanmoins proposé mais il ne devrait pas y avoir de vote.

Le programme des événements est fréquemment mis à jour

Locataires de CUS Habitat et au milieu des moisissures depuis des années

Locataires de CUS Habitat et au milieu des moisissures depuis des années

Des locataires de CUS Habitat à l’Esplanade réclament que leur bailleur traite leurs logements contre les moisissures. Certains sont confrontés au problème depuis plusieurs années.

Le long de la fenêtre de sa chambre, les papiers peints se décollent et laissent apparaître un mur gris foncé, moisi. Julie habite au dernier étage d’un immeuble HLM dans le quartier de l’Esplanade à Strasbourg.

Cela fait deux décennies que sa famille a emménagé rue de Palerme, à quelques enjambées du campus universitaire et du centre commercial de Rivetoile. Mais il y a six ans, des champignons aussi ont élu domicile dans leur appartement.

Sa mère a alors prévenu leur bailleur, CUS Habitat, avant de lui envoyer des photos. Un technicien du bailleur social de l’Eurométropole est finalement venu à l’automne 2014. Verdict : la famille n’aère pas assez son logement. Les portes sont rabotées pour que l’air passe mieux, et il est demandé aux locataires de détacher de l’aération de la salle de bain un tissu qu’ils avaient installé pour, expliquent-ils, éviter l’entrée de souris dans le logement. Malgré ces adaptations, Julie et sa famille expliquent n’avoir pas remarqué de changement.

Malgré des travaux pour traiter le mur concerné, les moisissures reprennent vite le dessus. Faute de moyens financiers, l’opération n’a pas été réitérée. Fin 2015, pour tenter d’enrayer le problème, la famille a installé un absorbeur d’humidité dans la chambre. Car les hivers précédents ont laissé d’amers souvenirs, raconte Cathie, la mère de Julie :

« En hiver, quand ma fille se réveillait le matin, le mur était trempé. On voyait les gouttes d’eau perler et, parfois, des bestioles. On devait éloigner le lit du mur tellement les draps étaient mouillés ».

L'absorbeur d'humidité de Julie se remplit en l'espace d'un mois. Il a été vidé il y a une semaine (BW / Rue89 Strasbourg).
L’absorbeur d’humidité de Julie se remplit en l’espace d’un mois. Il a été vidé il y a une semaine (Photo BW / Rue89 Strasbourg).

Chauffer plus et laisser circuler l’air

Un peu plus bas dans l’immeuble, même problème. À l’automne 2014, alors qu’il vient à peine d’emménager, un couple constate, lui aussi, la présence de moisissures dans plusieurs pièces.

À leur tour, ces habitants alertent leur bailleur. Au bout de trois mois, un technicien est envoyé. Il préconise de chauffer davantage le logement et d’ouvrir les fenêtres pour laisser circuler l’air. Car à son arrivée dans le logement, les radiateurs étaient éteints. En aérant et en chauffant, les murs se seraient asséchés le temps d’une journée, selon CUS Habitat.

Les locataires, eux, n’ont pas vu disparaître les champignons. Ils assurent en outre qu’ils mettaient déjà en route leur chauffage en journée avant la venue du technicien de CUS Habitat et relatent avoir dû refaire trois fois la peinture de leur cuisine.

Dans le salon et les chambres, les papiers peints n’ont pas encore été changés mais ils se décollent le long des fenêtres. Le couple explique nettoyer régulièrement les aérations et les murs, sans amélioration.

Seule note positive selon ces locataires, la douceur de l’hiver 2015 :

« Cet hiver, cela allait mieux car il faisait moins froid. Mais l’hiver précédent, les murs, les rideaux et les coussins étaient mouillés. Nous avons beau ouvrir jour et nuit pour aérer, cela ne sert à rien ».

Ce qui les inquiète avant tout, c’est leur santé et celle de leurs enfants.

Isoler ou assainir les murs à leurs frais

Au cours des semaines qui suivent la venue du technicien, le couple discute avec ses voisins. Plusieurs racontent être confrontés aux mêmes difficultés et retapisser, isoler ou assainir leurs murs à leurs frais.

Ainsi, au bas de l’immeuble, une locataire explique avoir dû doubler le papier peint de ce qui fut une chambre à coucher, pour couvrir les champignons. La fenêtre est grande ouverte, et la pièce quasiment vide. Elle n’y fait plus dormir ses enfants de crainte qu’ils prennent froid à force d’aérer.

Les habitants de l'immeuble qui rencontrent des problèmes de moisissures doivent régulièrement nettoyer leurs murs (BW / Rue89 Strasbourg).
Les habitants de l’immeuble qui rencontrent des problèmes de moisissures doivent régulièrement nettoyer leurs murs (Photo BW / Rue89 Strasbourg).

Alors en février 2015, tous les locataires de l’immeuble adressent une pétition à CUS Habitat pour réclamer une intervention définitive dans leurs logements. Ils y recensent les pièces posant problème dans leurs appartements.

Certains d’entre eux indiquent avoir constaté les champignons dans les mois précédents. D’autres écrivent qu’ils sont confrontés au problème depuis « des années » voire cinq, sept ou dix ans. Parmi les signataires, Julie et sa mère racontent avoir été surprises que d’autres familles soient dans le même cas que la leur.

Des alertes mais aucun chantier de prévu

Gabriel Fessler, directeur des services décentralisés à CUS Habitat, a bien reçu le document. Pourtant, aucune expertise ou chantier n’est prévu pour y donner suite. D’après lui, seules deux réclamations individuelles ont été enregistrées par ses services en 2014. Il assure qu’avant celles-ci, aucune autre plainte n’était survenue depuis la construction de l’immeuble, au milieu des années 1960.

Après l’envoi de leurs doléances, les locataires adressent de nouveaux courriers à leur bailleur, ainsi qu’à des associations de locataires. Parmi elles, certaines appuient leurs demandes. C’est notamment le cas de l’Association des locataires indépendants de Strasbourg (ALIS), entrée au Conseil d’administration de CUS Habitat en 2014. ALIS indique avoir envoyé plusieurs courriers pour appuyer les requêtes des locataires.

Parmi les autres associations contactées, la section alsacienne de la Confédération nationale du logement – elle aussi élue au Conseil d’administration. Son président, Raymond Haeffner, souligne cependant qu’il n’est pas possible aux associations d’imposer à CUS Habitat d’agir. Elles peuvent seulement appuyer les demandes et insister sur l’importance de traiter ces logements.

D’après lui, une centaine des 20 000 logements du parc locatif de CUS Habitat sont concernés par des problèmes liés aux moisissures. Cette problématique surgit chez de nombreux bailleurs, y compris dans le privé.

Entre le campus et Rivetoile, la rue de Palerme comporte des chambres universitaires et des logements sociaux (BW / Rue89 Strasbourg).
Entre le campus et Rivetoile, la rue de Palerme comporte des chambres universitaires et des logements sociaux (BW / Rue89 Strasbourg).

Un rapport critique adressé par la Ville… oublié

Mais les auteurs de la pétition ne se sentent toujours pas écoutés. Ils décident d’en appeler à l’Eurométropole. Une visite du service hygiène et santé environnementale de l’agglomération est diligentée en mai 2015, et un rapport rédigé. Il relève la présence de moisissures dans quelques logements – tous n’ont cependant pu être visités – et relève un nombre d’entrées d’air insuffisant.

Il adresse un rappel à loi à CUS Habitat et préconise de pallier ce manque en l’attente de travaux plus conséquents. Mais, relate Pascale Rouillard-Neau, la responsable du service hygiène et santé environnementale de la Ville de Strasbourg, les problèmes de moisissures sont souvent à la croisée des chemins :

« Nous sommes confrontés à des bâtis aux performances et à l’isolation qui ne sont pas dernier cri. S’y ajoute des difficultés pour les ménages pour se chauffer, car cela représente un budget important. Le cumul des deux est suffisant pour le développement de moisissures. En l’occurrence, dans cet immeuble, le chauffage est collectif. Les familles devraient donc pouvoir se chauffer correctement. Mais il faut aussi une bonne aération des locaux, quand bien même le système de ventilation ne soit pas idéal ».

Le rapport a été transmis à CUS Habitat en novembre 2015, demandant au bailleur d’informer sous deux mois des mesures qu’il compte prendre, dans le cadre d’une réhabilitation future de l’immeuble, ou dès à présent. Il est pour l’instant resté sans réponse. Fait inquiétant, Gabriel Fessler indique pour sa part ne pas en avoir connaissance.

Des travaux prévus en 2022

CUS Habitat dispose d’un plan de réhabilitation de son parc locatif jusqu’en 2022. Celui-ci s’attelle notamment aux problématiques de ventilation des logements. Dans ce cadre, des travaux doivent être engagés dans l’immeuble de la rue de Palerme… en 2022 !

Et leur nature n’est pas encore connue selon CUS Habitat. Une étude préalable devra être menée, et des propositions faites aux locataires lors d’une réunion de concertation locative. De son côté, Raymond Haeffner souligne l’importance de traiter les murs – concrètement, les assécher – en plus d’améliorer la ventilation lors de tels travaux de réhabilitation.

Dans l’immédiat, Gabriel Fessler s’apprête à faire réaliser une expertise dans l’immeuble :

« Pour que cette affaire cesse, j’ai diligenté une entreprise extérieure spécialisée dans ce domaine pour passer dans un certain nombre de logements de l’immeuble et y effectuer des mesures. Il pourront définir s’il s’agit d’une pathologie du bâtiment ou de problèmes liés à l’usage. Comme ça, nous saurons ce qu’il en est ».

Les résultats devraient être connus selon lui « sous quinze jours », soit d’ici fin avril. En cas de problème avéré du bâti, il restera à évaluer sa gravité et les mesures à mettre en place, poursuit le directeur.

Sur les 738 logements CUS Habitat de l’Esplanade, 17 réclamations concernant des problèmes d’humidité sont actuellement en attente, indique le bailleur.

ZZ Top, Louise Attaque, Last Train… Accents rock pour les Eurocks 2016

ZZ Top, Louise Attaque, Last Train… Accents rock pour les Eurocks 2016

Il y en aura pour toutes les chapelles du rock du 1er au 3 juillet aux Eurockéennes de Belfort. Tour d’horizon de la programmation de cette 28e édition dévoilée jeudi soir.

Du blues-rock, du rock garage, du rock psyché, de la pop rock, du rock électro et synthétique, de la soul à guitares électrisées, du desert rock, du surf rock, de la country rock, du punk-rock ainsi qu’une bonne part de hip hop, de l’électro pure et dure et une création originale autour d’un soundsystem malien des rues de Bamako (Balani Show Bizness, le 1er juillet sur la scène Green Room).

Pour ces Eurockéennes 2016, l’éclectisme reste de mise (avec, à la clé, l’étrange présence des ambianceurs du Woop, le gang superstar du stand-up, le vendredi 1er juillet) mais les programmateurs ont cherché à fédérer à nouveau le rock d’hier et d’aujourd’hui dans un esprit évident de cohérence.

Retour des anciens et papys barbus

A chaque soir ses vétérans ! Le vendredi 1er juillet, la grande scène accueillera Les Insus, ex-Téléphone sans Corine Marienneau. Depuis l’automne dernier, Aubert, Bertignac et Kolinka sont de retour pour une tournée best-of très rock et bon enfant qui ressuscite leurs grands succès des années 80 (ils seront aussi de passage au Zénith de Strasbourg le 6 octobre prochain).

ZZ Top
ZZ Top, tête d’affiche des Eurockéennes 2016 (photo www.zztop.com)

Autre retour, également scellé en 2015 : Louise Attaque. Programmé sur la grande scène le samedi 2 juillet, le désormais trio (Gaëtan Roussel, Robin Feix, Arnaud Samuel) a sorti en février l’excellent Anomalie, quatrième album d’un groupe qui rappelle à tous les trentenaires les ferveurs adolescentes du premier opus éponyme en 1997, lorsque J’t’emmène au vent, Les Nuits parisiennes, Léa ou Ton Invitation squattaient les ondes FM.

Enfin, pour refermer les Eurocks 2016, c’est ZZ Top qui officiera sur la grande scène le dimanche 3 juillet.

Du bon blues-rock texan bien crasseux avec Billy Gibbons, Dusty Hill et Franck Beard. Des riffs devenus mythiques tant ils sont électrisants et magnétiques. Des barbes ultra-fournies qui ont précédé de loin les hipsters contemporains, des bikers et de la bière par hectolitres. ZZ Top, c’est assurément le point d’orgue de ces Eurocks 2016.

Du rock qui gratte et qui démange

Ca commence par Ty Segall & The Muggers (le 1er juillet sur la plage), dernière livraison en date du Californien fou dont on ne compte plus les projets et les sorties d’albums. Mais en live, Ty Segall reste une valeur sûre, sauvage et jouissive que l’on ne peut qu’apprécier.

Le même soir, allez donc faire un tour du côté du club Loggia pour vous en mettre plein les tympans avec le combo américain de Phoenix, Destruction Unit. Du rock sombre et noisy, ultra-psyché, aux interminables nappes sonores qui vous précipitent dans les profondeurs d’un monde en perdition.

Le samedi 2 juillet, atmosphère électrique garantie sur la scène Green Room avec Foals, groupe de scène par excellence, emmené par le très charismatique Yannis Philippakis. Leur dernier album, What Went Down, est sorti à l’été 2015.

Dans le genre enfants terribles survoltés, voici The Kills. Alison Mosshart et Jamie Hince, c’est brut et féroce, diablement efficace, bref le défouloir assuré. (le 3 juillet à la Green Room). Frank Carter & The Rattlesnakes mettent la barre encore un peu plus haut (le 3 juillet à la Loggia) avec un punk-rock qui met les nerfs à vif :

Des enfants furieux

C’est assurément LA sensation au potentiel exponentiel : Last Train (le 2 juillet à la Loggia). Depuis leur victoire aux Inouïs du Printemps de Bourges en 2015, les Alsaciens enchaînent les dates prestigieuses et convainquent par leur énergie partout où ils se produisent. On ne fait pas la première partie de Johnny Hallyday deux soirs de suite à Bercy pour rien.

Idem pour l’ouverture de Muse cet été aux Arènes de Nîmes. Le quartette rock, qui vient de signer chez Barclay, mettra le feu aux Eurocks après avoir déjà enflammé Rock en Seine l’an dernier par une après-midi dominicale ensoleillée.

Autre bombe à surveiller le même soir sur la scène de la Loggia : DBFC. Le collectif parisien est un dancefloor mobile qui sonne furieusement Madchester et Hacienda. Enfin, Yak (2 juillet à la Plage) redonne ses lettres de noblesse au pogo à la sauce punk anglaise. Trois Londoniens survoltés et insolents qui mettent un sacré bordel !

Bon Beck et son légend’Air et planant

Génie perché qui s’affranchit des étiquettes et abolit les frontières, Beck est toujours aussi attendu à chacune de ses tournées (le 2 juillet sur la grande scène). Le même soir, les pionniers de la French Touch, Air, animeront la plage de leur son hypnotique et soigné. Et pour planer encore un peu plus, il faudra attendre le lendemain, dimanche 3 juillet, et retrouver Tame Impala. Les Australiens, conduits par Kevin Parker, redonnent vie au psychédélisme hypnotique.

Hip hop, rap et marketing

Evacuons d’emblée le phénomène Nekfeu (le 3 juillet sur la grande scène) et sa gueule de playboy peut-être bien plus inspirante que ses paroles pour ses fans en pleine adolescence.

Comme l’an dernier, les Eurocks déploient la bannière So Fresh So French afin de mettre en lumière une sélection Jeunes du rap hexagonal : Vald et MHD (1er juillet sur la plage).

Le samedi 2 juillet, sur la plage, Section Boyz générera une onde sismique susceptible de déclencher un tsunami sur le Malsaucy. Le crew londonien propose un hip hop lourd et massif ultra-percutant.

Même jour, même lieu : Vince Staples, Californien gangsta au flow technique qui fleure bon le goudron de Long Beach. Le lendemain, dimanche 3 juillet, Action Bronson investira la scène de la Green Room avec un son East Coast et son flow qui tabasse.

Pêle-mêle

Sans s’attarder, ces Eurocks 2016 proposent aussi à l’affiche : Lou Doillon, Elle King, M83, Courtney Barnett, The Inspector Cluzo, Son Lux, Allah Las, Mr Oizo, Disclosure, Bagarre, Chocolat, Darius, The Last Shadow Puppets, Pumarosa.

High-Rise, urbanisme, désordre et science-fiction

High-Rise, urbanisme, désordre et science-fiction

Cinéaste discret, simplement présent sur le radar d’une poignée d’aficionados du film de genre, Ben Wheatley s’offre avec High-Rise un double baptême du feu. S’il délaisse le polar hargneux et farceur pour l’uchronie, avec cette histoire de médecin amené à vivre en quasi autarcie dans un complexe immobilier vertical, il se confronte surtout pour la première fois à un budget conséquent, avec producteur et casting de renom.

High-Rise est donc un récit de science-fiction à rebours, puisque situé dans les années 70. Ses personnages logent dans une gigantesque tour, sorte de parabole d’une société harmonieuse bien que scindée. Les pauvres vivent près du sol, les riches s’éclatent dans les nuages. Et très vite, nantis et prolos vont bien sûr se confondre dans le chaos.

Tom Hiddleston, prisé par tous les cinémas
Tom Hiddleston, prisé par tous les cinémas

Une conjonction de talents

Le film est adapté d’un grand roman écrit par J.G Ballard en 1975, publié en France sous le titre I.G.H et lié au triptyque de La trilogie de béton, au même titre que le fameux Crash (sulfureusement adapté au cinéma dans les années 90).

Le projet était depuis longtemps lié au nom de Jeremy Thomas, producteur à l’ancienne, caractériel et jusqu’au-boutiste, engagé plusieurs décennies aux côtés de grands réalisateurs comme David Cronenberg, Terry Gilliam ou Bernardo Bertolucci, qu’il a accompagnés dans leurs plus grands succès comme dans leurs heures les plus sombres.

Et Thomas offre à présent les clés du paradis à Wheatley, jeune cinéaste britannique, petite bête de festival totalement inconnue du grand public. La carrière de Ben Wheatley semble ainsi suivre un chemin idéal. Il débute par des œuvres modestes, très personnelles, fait montre de son talent dans l’horreur, dans l’humour, dans l’expérimentation. Et se voit enfin confier l’adaptation d’une grande œuvre littéraire.

Jeremy Irons, une présence particulière
Jeremy Irons, une présence particulière

L’affirmation d’un cinéaste

Force est de constater qu’il compose admirablement avec les éléments qui lui sont offerts. Le casting fastueux, du nouveau prodige Tom Hiddleston au vieux briscard Jeremy Irons, est brillamment dirigé. L’univers dans lequel évoluent les personnages est dépeint avec une belle précision.

Le réalisateur s’écarte très peu de sa tour de béton. Il rechigne à filmer ce qui se trouve au-delà de l’environnement immédiat des personnages. Il retranscrit, sans la moindre fausse note, le ton et le parfum des années 70. Les robes à fleurs, les clopes et le formica définissent la psyché des personnages, suggèrent un libertarisme qui sera rapidement broyé dans cette reproduction de lutte des classes.

Mais ce qui parait remarquable, c’est que Wheatley ne profite pas de l’ampleur du projet pour se réinventer, pour faire table rase de ses vieilles obsessions. High-Rise s’inscrit précisément dans la continuité de ses œuvres précédentes.

La mosaïque des classes au sein de l'affiche
La mosaïque des classes au sein de l’affiche

Le matériau est signé Ballard, est porté par le producteur Jeremy Thomas, mais les personnages appartiennent au cinéaste britannique. Comme la famille de son petit film culte Kill List, comme les promeneurs en caravane de la farce Touristes, ils semblent porter un masque, évoluer à couvert, planqués sous le vernis des institutions et des carcans imposés par la société. Il suffit d’une étincelle pour faire naitre la bestialité, pour révéler des monstres dépouillés d’empathie.

Ben Wheatley, réalisateur indépendant parmi les indépendants, passe rapidement d’un projet à l’autre tout en creusant un même sillon. Et il prend une place de choix dans l’histoire du cinéma : celle de nouveau maître d’un jouissif chaos.


Le film est actuellement projeté au cinéma Star de Strasbourg.

L’irruption des conseillers politiques dans les CCI dérange

L’irruption des conseillers politiques dans les CCI dérange

Les Chambres de commerce et d’industrie alsaciennes font face à une forte baisse de leurs ressources et se préparent à fusionner. D’ici 2017, 120 postes vont être supprimés. Mais dans le même temps, les présidents des CCI de Strasbourg et Mulhouse prennent exemple sur le monde politique et se dotent de conseillers personnels.

Les Chambres de commerce et d’Industrie (CCI) d’Alsace se frottent actuellement à des changements profonds. Elles doivent faire face dans le même temps à une refonte de leur réseau, suite au passage à la grande région, et à une baisse drastique de leurs ressources.

Formation, expertise juridique, animation économique… Les CCI sont les institutions publiques qui défendent les intérêts des entreprises. Elles sont dirigées par des élus issus du monde économique. Il y a aujourd’hui quatre CCI en Alsace : la CCI régionale d’Alsace et les trois CCI territoriales de Strasbourg, Colmar et Mulhouse.

Fusion des CCI alsaciennes en 2017

En 2017, les CCI vont se réformer pour s’adapter aux nouvelles grandes régions. Une CCI régionale Grand-Est va être créée, avec des CCI territoriales dans chacune des sous-régions. Dans ce contexte, les élus des CCI alsaciennes ont choisi de fusionner en une seule chambre territoriale : la future CCI Alsace-Métropole. Celle-ci maintiendra son maillage territorial via des « délégations de proximité » à Strasbourg, à Colmar et à Mulhouse. Les élections à ces nouvelles chambres et à ses nouvelles délégations se tiendront fin 2016.

Pour les agents des CCI, cette réforme est source d’inquiétudes. La réorganisation des services alsaciens doit se dessiner d’ici juin. Viendra ensuite celle découlant de la grande région. Certains doublons pourraient se traduire par des suppressions de postes. C’est en tout cas ce que craignent les syndicats mais le président de l’actuelle CCI régionale d’Alsace, Bernard Stirnweiss, assure quant à lui que les départs en retraite devraient absorber les suppressions de postes.

De nouvelles suppressions de poste envisagées

Entre 2015 et 2017, les CCI vont voir baisser leurs recettes fiscales de 40%. Pour s’adapter, la masse salariale des agents a déjà été mise à contribution. Sur l’ensemble de la France, les CCI se sont séparées de 13% de leurs agents en 2015. En Alsace, cette réduction des effectifs s’est faite en majeure partie via des départs volontaires négociés, dont beaucoup de départs en retraite ou en préretraite non remplacés. Sur les 120 suppressions de postes d’ici 2017, seuls 7 ont donné lieu à des licenciements jusqu’ici.

Bernard Stirnweiss promet que si une nouvelle vague de départs doit avoir lieu, elle se passerait dans les mêmes conditions. Pour équilibrer les comptes de la CCI d’Alsace d’ici 2018, il faudra encore trouver 2,5 millions d’euros, ce qui équivaut à une vingtaine de postes. Les choix budgétaires ne sont pas encore arbitrés. Plutôt que de couper dans les effectifs, les élus consulaires pourraient aussi décider de rendre certaines prestations payantes.

En attendant, le stress monte parmi les agents alsaciens. Didier Kahn, du syndicat minoritaire CFE-CGC, rapporte :

« La situation peut amener certaines tensions dans les équipes. Des personnes proches de la retraite se voient reprocher le risque de licenciement qu’elles font peser sur les autres en choisissant de rester. »

Des recrutements externes qui agacent

Dans ce contexte sensible, les choix des présidents actuels des CCI de Strasbourg et Mulhouse de se doter de conseillers politiques recrutés en externe suscitent l’incompréhension. Claude Walch, de la CFDT, déplore cette situation :

« Quand Jean-Luc Heimburger – président de l’actuelle CCI de Strasbourg – a embauché son directeur de cabinet, nous avons dénoncé en interne ce recrutement avec l’Unsa, en espérant qu’il n’y en aurait pas d’autre. C’est une incohérence d’annoncer des suppressions de postes supplémentaires et de faire deux recrutements externes dans le même temps. »

Cette stratégie agace aussi dans les milieux économiques, pour qui les élus mettent ainsi l’argent des CCI au service de leurs stratégies personnelles de réélection en fin d’année.

Un cabinet du président pour le candidat Heimburger

À Strasbourg, Jean-Luc Heimburger a créé l’été dernier un nouveau poste de directeur de son cabinet. Il a recruté Éric Dupeyron, ancien directeur de la communication de la Région Alsace, entré en fonction en décembre 2015. Jean-Luc Heimburger est candidat à la présidence de la future CCI unique d’Alsace. Il est pour l’instant le seul déclaré et sa candidature fait consensus dans les milieux économiques.

Sans complexe sur ses ambitions, il a justifié son recours à un directeur de cabinet comme une nécessité pour préparer sa présidence à venir de la CCI unique d’Alsace et être secondé dans ses activités d’élus vis-à-vis des institutions et des milieux politiques. Éric Dupeyron explique :

« Il fallait auprès du président quelqu’un arrivé en amont pour être efficace immédiatement au moment du passage à la CCI territoriale Alsace-Métropole. »

Documenter les interventions du président, préparer ses dossiers et expertises, écrire ses discours, les missions d’Éric Dupeyron sont bien proches de celles d’un directeur de cabinet politique, au conseil départemental ou à la Région. A ceci près, que, contrairement à eux, son statut d’agent consulaire lui garantit la sécurité de l’emploi et ne le lie pas au mandat du président.

Le précédent Stalter

Bernard Stalter, président de la chambre de métiers et de l’artisanat d’Alsace, avait été le premier en Alsace à se doter d’une directrice de cabinet dès 2010. Dans ce cas, la fonction était associée à celle de directrice de la communication. Son arrivée a préfiguré la centralisation quelques années plus tard des services de l’institution et a surtout accompagné la montée en visibilité de l’homme à la moustache. Bernard Stalter est devenu l’incarnation même de son institution. Il est devenu président de la Chambre de métiers et de l’artisanat du Grand-Est et s’est lancé en politique. Il est aujourd’hui conseiller régional de Philippe Richert, en charge du commerce.

Un conseiller du président pour Stimpflin à Mulhouse

À peine arrivé en fonction début 2016 en remplacement de Jean-Pierre Lavielle, c’est aujourd’hui au tour de Gilbert Stimpflin, le président de l’actuelle CCI de Mulhouse d’embaucher une nouvelle recrue : un « conseiller du président » cette fois. L’entrepreneur, élu syndicat patronal CG-PME, entend lui aussi préparer le terrain de sa réélection fin 2016.

Suite à la fusion des chambres, il remettra sa place en jeu en fin d’année lors des élections pour la présidence de la future délégation territoriale de Mulhouse. Une formalité apparemment. Gilbert Stimpflin s’est aussi annoncé candidat à la présidence de la CCI de la grande région, dont les élections sont en décembre. Mais, sur ce point, il confie hésiter encore.

L’offre d’emploi de conseiller du président est bien parue d’abord en interne dans le réseau des CCI alsaciennes. Mais Gilbert Stimpflin avait déjà fait son choix. C’est un proche, Michel Miclo, vice-président de l’actuelle CCI de Mulhouse en charge du commerce, vice-président du syndicat CG-PME Alsace qui a ses faveurs.

« De bons binômes élus-permanents »

Son idée est simple. Le directeur général de la CCI Mulhouse va partir en retraite d’ici la restructuration des chambres. Il doit être remplacé par un directeur de délégation, un poste au salaire bien moindre. Plutôt que de trouver ce directeur de délégation dans le personnel existant en Alsace, Gilbert Stimpflin entend en profiter pour faire venir à lui un homme de confiance. Pour rester efficace face à la baisse des dotations de l’Etat, Gilbert Stimpflin défend la nécessité de constituer « de bons binômes élus-permanents » :

« C’est tombé sur lui parce qu’il est bon. Il va s’occuper de la coordination des chefs de services et des relations avec les milieux politiques. Il a le même réseau politique local que moi, il pourra me remplacer dans les commissions pour que je puisse fonctionner à la CCI et auprès des entreprises que je gère. L’objectif d’ici décembre, c’est qu’il travaille en binôme avec le directeur général pour se former et être opérationnel au départ du directeur général. »

L’entreprise d’informatique de Michel Miclo est en difficulté et son embauche à la CCI tombe à point nommé. Gilbert Stimpflin rappelle cependant que son ami sera à l’essai jusqu’en décembre. Il a ouvert le poste sous la forme de deux CDD de trois mois renouvelables. Pour Claude Walch, cette offre était verrouillée dès le départ :

« Proposer ce poste en CDD, c’était s’assurer qu’aucun agent en CDI d’Alsace ne s’aventure à postuler. Ce poste est taillé sur mesure pour la personne pressentie. On avait les compétences en interne pour pourvoir un directeur de délégation. Il n’y avait pas de raison de recruter quelqu’un d’extérieur. »

Plusieurs agents ont pourtant présenté leur candidature en interne. Gilbert Stimpflin en a même retenu une mais « il lui manquait le réseau politique local ».

#Bernard Stirnweiss#Claude Walch#Gilbert Stimpflin

Le ferme des 1 200 taurillons à Wintershouse autorisée

Le ferme des 1 200 taurillons à Wintershouse autorisée

Le préfet de la région Alsace-Champagne Ardenne-Lorraine (futur Grand Est) a autorisé par arrêté l’extension de la ferme Schoenfelder à Wintershouse, près de Haguenau. Cet agrandissement portera le nombre de taurillons de 360 à 1200. L’enquêteur public avait émis un avis favorable. Une commission de suivi, associant services de l’Etat, élus locaux, associations et exploitant sera créée annonce la préfecture.

Les taurillons sont des jeunes bovins « non castrés élevés pour produire de la viande ou des géniteurs ». Plusieurs riverains et associations s’étaient opposées au projet. Parmi les arguments : des nuisances olfactives, un risque de pollution de la nappe phréatique, du bruit, une augmentation du trafic routier, un emplacement mal choisi… De plus, ils dénoncent le choix du gouvernement de favoriser les grandes exploitations industrielles, plutôt que de petites production de proximité, qu’ils estiment de meilleure qualité et plus respectueuse du bien-être animal.

Reportage par France 3 Alsace

Des taurillons charolais, ici à l'air libre (Photo Hacheme 26 / Flickr / cc / recadrée par JFG)
Des taurillons charolais, ici à l’air libre (Photo Hacheme 26 / Flickr / cc / recadrée par JFG)

Les cinq lauréats pour décorer les conteneurs à verre sont connus

Les cinq lauréats pour décorer les conteneurs à verre sont connus

Cinq artistes ont remporté le concours pour décorer les 50 futurs conteneurs à verre de l’Eurométropole de Strasbourg.

Dans le cadre du Plan de relance national du tri des déchets, l’Eurométropole de Strasbourg avait lancé un appel à projets de « création urbaine sur conteneurs à verre » en février avec l’entreprise privée Eco-Emballages et l’association Actions pour un développement Créatif des Organisations (ACCRO). Ces 50 nouveaux conteneurs seront placés dans plusieurs quartiers de la ville et dans la commune de Bischheim.

2400 euros par artiste

Les projets de cinq candidats Défi – Ecologique / Antigone, Julien Kuntz, Dzia Krank, Corte et Erase et Arsek ont été retenus parmi les 23 dossiers déposés après une réunion du jury le 7 avril. Les cinq lauréats ont été sélectionnés sur l’originalité de l’intervention des créateurs, leur inscription sur le site et l’ouverture de leurs projets sur la ville et ses habitants. Chacun se voit remettre 2400 euros pour réaliser son œuvre. Une biographie express des artistes et une petite présentation de chaque projet sont disponibles ici.

Dans la soirée, des visuels des réalisations ont été publiées sur les réseaux sociaux.

Dix conteneurs seront décorés ainsi (photo Facebook Alain Fontanel)
Dix conteneurs seront décorés ainsi (photo Facebook Alain Fontanel)
Dix conteneurs seront décorés ainsi (photo Facebook Alain Fontanel)
Dix conteneurs seront décorés ainsi (photo Facebook Alain Fontanel)
Dix conteneurs seront décorés ainsi (photo Facebook Alain Fontanel)
Dix conteneurs seront décorés ainsi (photo Facebook Alain Fontanel)
Dix conteneurs seront décorés ainsi (photo Facebook Alain Fontanel)
Dix conteneurs seront décorés ainsi (photo Facebook Alain Fontanel)
Dix conteneurs seront décorés ainsi (photo Facebook Alain Fontanel)
Dix conteneurs seront décorés ainsi (photo Facebook Alain Fontanel)

50 conteneurs en plus des 622

L’objectif de cet appel à projet est de faire des conteneurs des objets attrayants qui – à en croire la municipalité – inviteraient davantage les Strasbourgeois à les utiliser. Mais si l’Eurométropole et Eco-Emballages souhaitent encourager le tri, c’est aussi par souci d’économie car l’incinération et le traitement des déchets coûtent cher.

Chaque lauréat réalisera l’habillage de 10 conteneurs à verre sur la base de sa création principale. La pose se fera en deux temps : les 36 premiers conteneurs à habiller, seront mis à la disposition des créateurs début mai puis installés en juin sur les territoires concernés qui sont encore débattus actuellement. Les 14 derniers seront mis à la disposition des artistes courant automne 2016. L’Eurométropole compte déjà 622 conteneurs.