Ludor Citrik n’est pas un numéro (Photo Thomas d’Aram)
L’esprit du cirque continue à endiabler le mois de décembre à Strasbourg avec un spectacle de référence : Je ne suis pas un numéro, solo drôle et grinçant d’un clown singulier. Le TJP accueille Ludor Citrik du 16 au 20 décembre, pour un moment intense, tout public, à partir de 8 ans.
Malgré un mouvement de fond qui renouvelle les codes du cirque depuis les années 70 sous l’appellation « nouveau cirque », – plus si nouveau que ça aujourd’hui -, la place du clown peine à trouver une nouvelle identité. Personnage enfermé dans des clichés, bouc-émissaire dont on nous fait croire qu’on adore se moquer, incarnation étrange de la maladresse et de la souffrance, le clown du cirque traditionnel est une figure ambiguë.
Il est la personnification de nos défauts et de nos misères, une catharsis grossière et déformante, qui est tellement destinée à faire rire qu’elle en devient un peu effrayante. Qui n’a jamais eu peur d’un clown ? Dans ce cas, le clown a-t-il encore une raison d’exister ?
Clown nouvelle génération : en mode crado-clodo
Le succès de Je ne suis pas un numéro de Ludor Citrik, qui tourne de ville en ville sans discontinuer depuis 2002, semble prouver que le clown n’a rien perdu de sa raison d’être. Cependant, le clown Ludor Citrik, alias Cédric Paga, a subi une sérieuse mue depuis l’Auguste du cirque traditionnel. Si le bouffon originel, le vagabond moqué et moqueur, restent au cœur de l’identité de Ludor Citrik, ce clown contemporain le revendique : il est beaucoup plus qu’un numéro distrayant.
Ludor Citrik est un clown sale, débraillé et ostensiblement effrayant. Il garde de l’Auguste traditionnel le nez, la perruque et les chaussures, sérieusement revus au goût du jour, en mode crado-clodo. Mi-troll mi-ingénue en fleurs, on dirait que ce clown a été passé plusieurs fois à la machine, puis qu’il a vécu sous un pont depuis les dix dernières années.
La colère, moteur du rire
Dans une interview à Télérama de décembre 2003, Cédric Paga disait à Stéphanie Barioz :
« Ce clown, c’est surtout pas moi. Ou alors, c’est moi lorsque je me donne les moyens d’aller au bout de mes sensations. Être Ludor Citrik est ma réponse à la question “qu’est-ce que tu fais de la colère qui est en toi ?” Mon clown est quelqu’un qui aime l’ultra-violence, qui n’a ni hygiène ni code moral, mais qui déborde d’humanité. »
Plus que jamais le clown Ludor Citrik est une incarnation de la misère, – sociale et affective -, et de la colère, son pendant naturel. Plus que jamais aussi ce clown nous fait du bien, tant ses excès sont libérateurs. Les enfants comme les adultes rient de bon cœur, étonnés tout de même de rire devant tant de violence et de (fausse) cruauté. Cette première soirée au TJP ne fait pas exception en la matière.
Le spectateur, cette victime consentante
Cédric Paga paie de sa personne pour donner vie à Ludor Citrik. Il va puiser au fond de ce qui l’anime, et ne ménage pas son investissement physique. Il profite aussi de ses talents de jongleur, qui sont nés de sa première rencontre avec la scène, et de cette capacité d’interpellation du public acquise dans ses expériences de théâtre de rue.
D’une énergie redoutable, il n’hésite pas un instant à déborder largement sur les spectateurs, quitte à grimper sur les sièges. Personne n’est à l’abri, d’une adresse verbale, d’un compliment aigre-doux, d’un câlin, ou de miettes postillonnées. On ne regarde pas son spectacle, on le vit avec lui, volontairement, ou contraint et forcé.
Attachant ou repoussant, Ludor Citrik ? (Photo Thomas d’Aram)
Si le spectateur accepte les débordements de Ludor Citrik, c’est parce que ce clown est un enfant. Un être innocent, sans limites et sans contraintes, qui joue, qui demande, qui exige. Et que tout ce qu’il veut, à force de menaces et de séquestrations, c’est un regard aimant, et, surtout, un gros câlin. Il est effroyablement attachant. Il paraît que des spectateurs qui l’auraient déjà vu avant lui amènent parfois des cadeaux.
Si ce clown est le digne représentant de tout ce qui nous répugne, c’est qu’on le connaît bien, il est presque de la famille… Ludor Citrik, c’est nous, et son besoin de consolation, sa sensibilité, sa solitude, sont les nôtres aussi, que nous repoussons de toutes nos forces. Il nous invite à les adopter.
Mieux qu’un cachet de vitamine C
Ludor Citrik n’est pas tout à fait seul sur la scène culturelle française, il a quelques frères et sœurs, aussi affreux, sales et méchants que lui, sinon plus. Bonaventure Gacon, par exemple, développe lui aussi un clown aussi hilarant que malsain, avec un plaisir et un talent exceptionnels. Encore trop rares, bien que leurs spectacles tournent depuis longtemps, les apparitions de ces clowns très spéciaux sont des moments de plaisir dont on aurait tort de se priver. Cette année 2015 a été difficile pour tout le monde et le moral des troupes, entre état d’urgence, chômage et élections régionales sur le fil, a besoin d’un sérieux coup de collier. Un tête-à-tête partagé avec Ludor Citrik est un exutoire salutaire.
Indépendante, coordinatrice de projets et rédactrice, je travaille dans le champs des droits humains, du développement et de la culture, au niveau international mais aussi en local à Strasbourg.
Journaliste en formation, de passage à Rue89 Strasbourg pour exercer sa plume lors d’un stage.
Intéressée par les sujets de société, la culture, l’environnement…
Le quartier d’affaires du Wacken devrait se concrétiser l’année prochaine (doc Oslo / AEA)
L’Eurométropole de Strasbourg a présenté sa « feuille de route éco 2030 », sa stratégie de développement économique pour les années à venir. Elle reprend l’essentiel de ce qui avait été décidé pour « éco 2020 », sans rien ajouter de concret puisque les budgets ont fondu. À la place, l’Eurométropole prévoit de se recentrer sur l’emploi, les mobilités et l’innovation.
Lorsqu’en 2009, la nouvelle équipe aux commandes de l’Eurométropole a lancé « Strasbourg éco 2020 », sept projets phares et 38 actions avaient été définis : l’axe Deux-Rives, le quartier d’affaires international, la modernisation du palais de la musique et des congrès (PMC), l’accessibilité internationale de Strasbourg, le parc d’innovation, la création d’un pôle dédié au numérique et d’un autre pour les technologies médicales, un dispositif d’aide à la création d’entreprise, etc.
En 2013, les élus en charge du développement économique de l’Eurométropole, les agents du service du même nom et les partenaires de la collectivité pouvaient claironner que la majorité de ces projets avaient été réalisés ou en voie de l’être, sauf pour le nouveau Parc des expositions qui est repoussé sine die. La liaison à grande vitesse Rhin-Rhône se fait attendre également, mais ce dossier est hors du pouvoir des élus communautaires.
L’emploi en ligne de mire
Alors qu’on s’approche de la conclusion de ce plan, que faut-il changer pour aller vers « Strasbourg éco 2030 » ? Rien ou presque, selon le président (PS) de l’Eurométropole Robert Herrmann et la vice-présidente (PS) en charge du développement économique Catherine Trautmann. Mardi matin, les deux élus ont présenté leurs orientations au Shadok. Ce seront les mobilités innovantes, l’économie créative, le soutien à l’emploi et les technologies médicales.
Mais pour concrétiser ces orientations, ce sera plus compliqué puisque l’agglomération ne dispose plus des moyens qui étaient les siens il y a dix ans. Sur les mobilités par exemple, la 2e phase de la LGV-Est est vivement attendue mais Strasbourg devra patienter encore de longues années avant d’être un « hub » de lignes ferroviaires à grande vitesse européennes, notamment en direction de l’Allemagne. Quant à la perte de la dernière liaison aérienne régulière vers Paris, les élus n’ont guère d’autre option que de supplier le P-DG d’Air France de surseoir à son projet.
La collectivité va donc se concentrer sur le développement des services, faciliter la création d’entreprise, accompagner la transition numérique de l’industrie et maintenir Strasbourg au sommet des destinations touristiques. Mais là encore, les projets concrets sont déjà engagés : quartier d’affaires international du Wacken, parc d’innovation d’Illkirch, labellisation French Tech, incubateurs et espaces de co-working comme La Plage Digitale…
Les sites stratégiques du développement économique
L’Eurométropole espère que sa démarche collaborative mise en place en 2009 avec les réseaux consulaires commence à porter ses fruits, autrement dit, que le secteur privé prenne le relais des initiatives de financement.
Cartes – Difficile de tirer des analyses d’un second tour émotionnel à Strasbourg. La liste de Philippe Richert (LR) obtient la majorité absolue dans tous les bureaux de vote. Dans les quartiers abstentionnistes au premier tour, le sursaut de mobilisation a concerné le plus de personnes, notamment en faveur de la gauche.
Elle est loin, la carte tricolore du premier tour. La liste de droite conduite par Philippe Richert (LR) remporte tous les bureaux de vote strasbourgeois au deuxième tour des élections régionales et avec plus de 50% des voix, malgré la triangulaire.
Sans surprise, elle intensifie ses scores à Strasbourg entre les deux tours des élections régionales dans les quartiers nord (Tivoli, Wacken, Orangerie et Robertsau). Là où la droite avait déjà enregistré ses meilleurs résultats et où la participation est la plus forte au premier comme au second tour (voir la carte en haut de l’article). La liste « Unissons nos énergies » enregistre même une pointe à 85,16% des voix au lycée Kléber !
En une semaine, 19 000 Strasbourgeois trouvent le chemin de leur bureau de vote
La question plus importante est celle de la mobilisation. Entre les deux tours, le rapport entre votants et abstentionnistes s’est inversé (de 56,57% d’abstention à 43,50%) et près de 19 000 strasbourgeois supplémentaires ont trouvé le chemin des urnes dimanche. Le nombre de votes par procuration est passé de 913 à 1921. Dans tous les bureaux, le regain de participation est d’au moins 8 points.
Avec une participation plus faible le 6 décembre, les quartiers ouest ont connu les plus forts regains de mobilisation avec des augmentations de 15 à 20 points. Mais l’abstention reste souvent supérieure à la participation générale. Idem pour la Cité de l’Ill et une partie des quartiers sud.
Abstentionnistes au premier tour, les quartiers ouest se mobilisent davantage au second
Mais ces augmentations de participation ne se répercutent pas seulement sur les voix de la droite. La liste de Jean-Pierre Masseret (DVG) perd certes 2 311 voix sur les 13 769 du premier tour dans la capitale alsacienne entre les deux tours. Mais dans certains bureaux de vote, l’ex-président lorrain augmente son score de quelques points. En particulier à l’ouest, à la Cité de l’Ill et à un degré moindre, dans les quartiers sud.
Augmentation du score de la liste de Jean-Pierre Masseret
Au contraire, le FN gagne 2 655 voix entre les deux tours, soit de 11 613 à 14 268. Il progresse aussi à l’ouest et au sud, mais pas dans les bureaux où le regain de participation a été le plus spectaculaire, à l’inverse de la gauche.
Augmentation du score FN
La droite gagne au minimum 16 points dans tous les bureaux de vote strasbourgeois. En passant de 19 705 à 54 611 suffrage en sa faveur, la liste de Philippe Richert multiplie son score par 2,77. Mais ses plus gros gains (jusqu’à 34%) sont obtenus dans le Centre, la Krutenau et à Neudorf, les quartiers qui ont voté PS et Europe Écologie Les Verts aux départementales ou au premier tour. C’est aussi là que la liste de gauche perd le plus de voix.
Augmentation du score LR entre les deux tours
Cartes: Raphaël Da Silva Texte : Jean-François Gérard
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Star Wars: The Force Awakens (Photo Walt Disney / Lucasfilms)
Le Star Saint-Exupéry ne proposera pas le dernier épisode de la saga Star Wars, Le Réveil de la Force, mercredi 16 décembre. Le tribunal de commerce de Paris a débouté lundi le cinéma indépendant strasbourgeois, qui l’avait saisi en référé pour contraindre Walt Disney à lui confier une copie du film pour sa sortie nationale.
Les six premiers épisodes de la saga étaient distribués par la Fox. Aujourd’hui, c’est Walt Disney qui détient les droits du nouvel épisode. La compagnie a refusé de distribuer le film aux cinémas classés Art et Essai des grandes villes. Les cinémas Star avait d’abord saisi début novembre la médiatrice du cinéma, avec une dizaine d’autres établissements français, pour tenter de trouver un terrain d’entente avec le géant américain, sans succès.
Le tribunal de commerce de Paris a également condamné les cinémas Star à rembourser les frais de justice de Walt Disney dans ce conflit.
Pour leur directeur, Stéphane Libs, la déception est grande :
« C’est très difficile. c’est une décision qui touche à ce que l’on est, une salle indépendante. Cela touche notre liberté de programmation. J’ai un fort sentiment d’injustice puisqu’on a passé l’ensemble des Star Wars depuis les débuts de la saga. Cela revient vraiment à nous confiner à notre étiquette d’Art et Essai, qui est au départ un mot technique. Un tel raisonnement nous pose problème pour le renouvellement des publics, nous qui voulons rester dans un plaisir de cinéma. »
Une démarche nationale contre-productive
Stéphane Libs note que sa démarche nationale, via le syndicat de cinémas indépendants Scare dont il est le président, ait défavorisé son cinéma à Strasbourg.
« On a été victime, d’avoir fait la demande très tôt et d’avoir entraîné avec nous des salles qui hésitaient au départ à demander la copie, et qui, pour certaines d’entre elles, ont eu le film en version originale sous-titrée. »
À Strasbourg, le cinéma Vox pourra quant à lui diffuser le film dès mercredi en version originale sous-titrée. L’établissement a fait sa demande tardivement, alors que la médiation avec les cinémas Art et Essai était déjà lancée. D’après Stéphane Libs, ce positionnement a fragilisé son cinéma face aux avocats de Walt Disney. Ceux-ci pouvaient en effet dès lors opposer que la compagnie distribuait déjà une VO dans un cinéma indépendant à Strasbourg.
Privé de sortie nationale, les cinémas Star devraient obtenir une copie du film pour le 30 décembre, soit pour la troisième semaine d’exploitation du block buster. Pour un tel film, on estime que 70% des entrées se font dans les deux premières semaines d’exploitation.
Lundi, la pièce centrale du Pont Citadelle, qui traverse le bassin Vauban, a été déposée. (Photo AF / Rue89 Strasbourg / cc)
En 2016, près de 2,7 kilomètres supplémentaires viendront s’ajouter au réseau de tramway strasbourgeois. Cela permettra de relier l’Eurométropole à Kehl, en Allemagne, en passant au-dessus du Rhin et du bassin Vauban, en tram, à pied et à vélo. Avec ses 163 mètres de long, le Pont Citadelle, qui traverse le bassin Vauban, devrait être utilisable au printemps 2017.
Des pieds élévateurs, des grues géantes et le « bip-bip » incessant des véhicules qui reculent. Sur les rives du bassin Vauban, les ouvriers s’activent depuis le début de l’année 2015 pour achever le Pont Citadelle, qui traversera le bassin Vauban. Il permettra aux Strasbourgeois de rejoindre Kehl en Allemagne en tramway.
Lundi, sa partie centrale a été hissée. Le Pont Citadelle, dont la construction s’évalue à 12,2 millions d’euros, est une prouesse technique car il est courbé, son tablier mesure 20 mètres de largeur et il est suspendu par des câbles métalliques.
Une quarantaine d’ouvriers pour chaque étape
Les fondations avaient été déposées en février-mars 2015 sur les rives Est et Ouest du bassin Vauban. Un premier assemblage du tablier, la structure porteuse qui servira à la traversée, avait eu lieu de mai à juillet.
Et si la pose de l’arc est une étape symbolique et visuelle ce n’est pas la dernière car les clés d’arc, les deux extrémités qui viendront rejoindre la partie centrale, seront soudées dans la même semaine. Et la pose des suspentes, qui relient l’arc au tablier, ainsi que les finitions auront lieu au premier semestre 2016. Un travail important qui demande, pour chaque étape, des équipes de 35 à 40 ouvriers.
Alain Giesi, ingénieur des travaux publics, a assisté à la pose symbolique de l’arc du pont. (Photo AF/Rue89 Strasbourg/cc)
Alain Giesi, ingénieur des travaux publics, explique :
« Les étapes les plus délicates sont passées. Nous avons dû faire face à des contraintes météorologiques et à de curieuses découvertes dans le Rhin ».
Il y a quelques jours, des pieux d’anciens ponts en bois datant du XIXe siècle avaient été retrouvés, en dessous du pont du Rhin. Les câbles métalliques de la nouvelle construction étaient restés coincés dans ces pieux. Mais concernant la météo, le concepteur est sûr de lui :
« À moins qu’il ne tombe des trombes d’eau, les travaux devraient bien se terminer. Ce serait plus compliqué si c’était l’été. Avec la chaleur, le tablier pourrait se dilater ».
Un 5ème pont pour Strasbourg vers l’Allemagne
2 300 tonnes d’acier. 40 mètres de hauteur. Le Pont Citadelle est l’un des ouvrages les plus importants du projet d’extension de la ligne de tram D. Mais il est aussi symbolique. Alain Fontanel, premier adjoint au maire de Strasbourg et président de la Compagnie des Transports Strasbourgeois (CTS) justifie :
« À un moment où l’on se questionne de plus en plus sur les frontières, c’est hautement représentatif. Cet ouvrage permet de rapprocher ces deux bassins de vie, qui sont déjà, étroitement imbriqués. Les habitants des deux villes possèdent une double identité finalement ».
Pour l’Eurométropole, ce cinquième pont qui la relie à l’Allemagne, c’est l’occasion « de ne plus tourner le dos au Rhin, mais de s’orienter vers lui ».
La construction du Pont Citadelle devrait prendre fin au printemps 2016 et le tram D rejoindra la gare de Kehl en avril 2017. La mairie de Kehl sera, quant à elle, le terminus de la ligne D en 2018.
Pour rejoindre la mairie de Kehl, le Pont Citadelle est déjà complété par une autre passerelle de 290 mètres de long qui traverse le Rhin au niveau du port. Un ouvrage qui sera achevé en mars 2016. En tout, la ligne a nécessité 2,7 km de nouvelles infrastructures construites.
Journaliste en formation, de passage à Rue89 Strasbourg pour exercer sa plume lors d’un stage.
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Photo : Facebook Notre Région avec Jean-Pierre Masseret
Le badge collector qu’il valait mieux ne pas porter à Strasbourg entre les deux tours (photo Facebook Notre Région avec Jean-Pierre Masseret)
Le maintien de la liste de Jean-Pierre Masseret a mis le bazar au sein du Parti socialiste. Entre les deux tours d’abord au sujet de l’attitude face au « front républicain » puis après le scrutin sur l’attitude à adopter pour restaurer la confiance avec les électeurs. Cela passe par l’organisation dans le futur conseil régional.
Ils étaient 189 au départ, ils ne sont plus que 19. Le bataillon de conseillers régionaux PS fait pâle figure face aux 104 de la droite et même aux 46 élus du Front national, mais ils auraient bien pu être 0. Le Parti socialiste arrive tout de même à être celui qui fait le plus parler de lui. Car entre-temps, il y a eu le second tour et l’imbroglio autour du maintien ou non de la liste, malgré les 11 points d’avance du FN à l’issue du premier tour. Au lendemain d’une élection inédite, encore difficile de se projeter.
Il y a ceux pour qui la situation est simple. Dans le Bas-Rhin, c’est par exemple le cas du numéro 2 de la liste, Emmanuel Recht. Il a été élu après avoir soutenu le maintien entre les deux tours, il reste. Ces élus ont pour eux la cohérence puisque Jean-Pierre Masseret n’a eu cesse de répéter qu’il ne se retirerait pas, ce que n’ont visiblement pas cru tous ses colistiers.
Mais 8 d’entre eux qui avaient œuvré pour la démission collective au nom de « valeurs » et « d’engagement » et qui désormais élus, souhaitent siéger, la position est parfois loin d’être comprise, y compris par des sympathisants et des militants du Parti socialiste. Sous cape, colistiers démissionnaires ou simples militants souhaitent la démission des élus qui ne sont pas allés au bout de la campagne. Ils estiment l’image du parti dégradée par l’élection et qu’il ne faut pas ajouter de confusion supplémentaire. L’épisode risque de laisser des traces.
Chacun comprend ce qu’il veut avant le vote
Élu en Meuse, Thibaut Villemin a confirmé au Républicain Lorrain qu’il démissionnera de la future assemblée, conformément à son engagement d’entre les deux tours. En revanche, Julien Vaillant (Meurthe-et-Moselle), qui avait aussi déclaré qu’il se retirerait estime désormais que Jean-Pierre Masseret doit se mettre en retrait pour « favoriser l’union ». Mais tous les candidats n’ont pas pris position aussi clairement avant le premier tour, laissant les électeurs de gauche comprendre ce qu’ils voulaient quand il s’agissait de « faire barrage au Front National ».
Au risque d’une nouvelle désillusion électorale, quand ces mêmes électeurs apprennent que des candidats qui se sont prononcés contre le maintien de la liste ont l’intention de siéger une fois élus. Parmi eux, Pernelle Richardot, tête de liste dans le Bas-Rhin, très en pointe lors de l’opération initiée par le Parti socialiste à Paris visant à collecter les démissions des colistiers pour invalider la liste de Jean-Pierre Masseret. Sur le site de France Bleu Alsace, elle défend sa position :
« J’ai une responsabilité, c’est de maintenir la maison socialiste debout. Je n’ai pas de leçons de socialisme ou de militantisme à recevoir, je n’ai pas failli dans les valeurs et les engagements qui sont les miens. Aujourd’hui, c’est nous qu’on montre du doigt, c’est nous qui devons rendre des comptes, alors que c’est nous qui avons suivi la ligne du parti et agi en conscience. »
Les sénateurs socialistes alsaciens en désaccord
Non-élue dans le Haut-Rhin, la sénatrice Patricia Schillinger qui avait défendu le maintien a trouvé Pernelle Richardot « hautaine » :
« Elle pourrait au moins remercier la liste grâce à qui elle a été élue. À la télévision, elle annonce dimanche soir vouloir la présidence d’un groupe politique sans même consulter les autres colistiers. Le parti devra parler d’une voix et beaucoup de personnes non-politiques sont revenues vers nous pour discuter de programme économique suite au maintien de la liste. »
La première secrétaire fédérale du Bas-Rhin a reçu le soutien du sénateur-maire d’Illkirch-Graffenstaden, Jacques Bigot, dans un communiqué :
« J’appelle de mes vœux l’acceptation par tous les membres élus de notre liste du 1er tour de respecter le mandat qu’ils ont eu même s’ils étaient disposés à se retirer pour faire barrage au FN. Les électeurs, ayant voté pour eux au 1er tour ont fait le choix d’éviter une élection du FN ne pourraient pas comprendre qu’ils démissionnent. Au contraire, leur voix à la Région sera d’autant plus forte qu’ils ont montré leur capacité de défendre les valeurs de la République. »
Si chaque ancien élu démissionnaire choisissait de se retirer dans le Bas-Rhin, le second mandat de conseiller régional pour la liste de Jean-Pierre Masseret reviendrait alors à Andrée Buchmann (numéro 5), membre de l’Union des écologistes (UDE), le parti des anciens d’Europe Écologie Les Verts qui estiment que l’écologie ne peut-être entendue qu’en étant alliée du PS. Elle pense que, par souci de cohérence, les personnes devant elle doivent démissionner :
« Nous avons fait campagne entre les deux tours et reçu des messages très durs de la part des autres colistiers. À ce moment, nous avons eu un clivage entre une partie des militants plus bourgeois qui préféraient une ligne dure vis-à-vis du FN et ceux des milieux plus populaires qui étaient contents de ne pas être obligés de voter pour un seul parti. Nous avons par exemple enregistré de bons scores dans le Sundgau, là où peu de gens votaient pour le PS. Ceux qui se sont maintenus sont ceux qui ne devaient rien aux instances du parti. Pas de mandat, pas de boulot. La cohérence de leur part maintenant serait de démissionner. Les retours d’électeurs sur cette intention de siéger malgré tout sont très mauvais. Ils disent ne plus avoir envie de voter après ça. L’avenir serait un mode de scrutin à un tour avec plus de proportionnelle, pour que des rassemblements puissent se faire ensuite sur des questions de programme, comme en Allemagne. »
Et du côté de la liste de Jean-Pierre Masseret, on est convaincu que s’être maintenu a permis d’intéresser les gens et de doubler le nombre de voix de Philippe Richert, grâce à un sursaut d’intérêt et de participation.
Avec ou sans la droite ? Ensemble ou séparément ?
Si les démissionnaires se maintiennent, reste à savoir si les colistiers d’hier sauront se rabibocher. Dans un même groupe d’opposition ou dans deux ? Dimanche, Jean-Pierre Masseret n’a pas tourné le dos à ceux qui voulaient l’empêcher de se présenter. Certains imaginent déjà des élus PS gouverner avec droite. Philippe Richert est disposé à ouvrir une présidence de commission thématique, comme les finances, à son opposition de gauche, mais pas de place au sein son exécutif (vice-présidence).
Pour l’ancien secrétaire fédéral du PS 67 et adjoint au maire de Strasbourg Mathieu Cahn, qui avait appelé au retrait de la liste, la question du groupe est secondaire. Après cette histoire où « tout le monde a perdu » la priorité est que tout le monde siège « pour le rassemblement » :
« Il y a plusieurs temps à respecter et l’urgence n’est pas bonne conseillère. Il y avait le choix entre deux mauvaises solutions et chacun a agi selon sa conscience, avec très peu de temps pour se décider. L’heure n’est pas au règlement de compte. Il y a d’abord le temps du rassemblement. Il faut que tous les élus siègent, qu’elle qu’ait été leur position. Est-ce que les personnes qui se sont maintenues contre les consignes nationales du PS doivent être exclues ? Non. Si possible, il faudrait que tout le monde ait l’intelligence d’être tout de suite dans le même groupe, mais ça peut être une étape d’être séparé avant de s’unir à terme. Après, il y a le temps de la discussion et des débats. Nous avons un conseil fédéral en janvier. Quelle attitude au second tour face au Front national ? C’est un débat qu’on n’a jamais eu et ça peut être le moment de l’ouvrir. C’est un clivage stratégique, pas des désaccords de fond comme sur la constitution européenne en 2005. »
Revirement aussi pour Julien Vaillant, tête de liste dans la Meurthe et Moselle, qui avait poussé 17 de ses 24 colistiers (dont 3 des 4 élus) et promis de démissionner en cas d’élection, qui estime même que c’est à Jean-Pierre Masseret de se mettre en retrait désormais :
‘Il est allé contre la ligne nationale du PS qui nous avait investi et qui a toujours été la même dans ces situations. C’est un acte grave qui entraîne un conflit de légitimité. Sa décision nous a obligé à sur-appuyer notre soutien à la droite, qui était aussi en difficulté. Il doit se retirer pour permettre l’union maintenant. Sinon il y aura une logique de deux groupes, ceux qui ont joué avec le feu et les autres. Nous considérons que le FN n’est pas un parti comme les autres. »
Mathieu Cahn : plus d’efforts sur l’emploi et l’union de la gauche
Le clivage n’est pourtant pas réduit aux « démissionnaires » contre les autres, comme le montre une publication sur Facebook du maire de Ranrupt (numéro 6 de la liste bas-rhinoise) Thierry Sieffer :
« Ne nous déchirons pas, ce qui est le plus important maintenant c’est l’efficacité de nos représentants dans l’hémicycle de notre nouvelle région qui est à construire. Il est évident que Strasbourg doit être représenté et Pernelle Richardot est la plus à même de porter nos valeurs, nos convictions tout en sachant qu’elle ne laissera pas tomber les territoires ruraux. »
Une position partagée par le secrétaire de la section Bourse Krutenau du PS, Thomas Risser, pour qui même si « avoir de la cohérence ne nuit pas », le parti ne doit pas « se lancer dans une chasse aux sorcières » et créer un seul groupe d’opposition :
« S’unir avec la droite jouerait sur la confusion et nos les programmes ne peuvent se fondre. La priorité est la recomposition de la gauche. »
Pour Mathieu Cahn, le parti doit s’atteler à changer deux choses :
« Quand on dit vouloir tout changer, c’est le meilleur moyen de ne rien faire. On voit sur les cartes des résultats que les scores du Front national sont bon là où l’économie ne va pas bien et là où il y a une peur de déclassement. On a dépensé 1,4 milliard d’euros dans la rénovation urbaine à Strasbourg et les résultats électoraux ne changent pas dans les quartiers concernés. C’est une question de politique nationale, mais au niveau local nous devons agir. La grande région et les métropoles devront mieux travailler ensemble sur ce point. Et d’un point de vue plus stratégique, on entre dans le tripartisme et si l’on veut exister au deuxième tour, il faut être fort au premier. Si les voix de la gauche s’étaient additionnées, l’élection aurait été très différente. Il faut réfléchir à comment s’unir. »
Les questions concernant le futur groupe politique régional pourrait être tranchées dès vendredi lors d’une une réunion à Maizières-lès-Metz à l’ancien QG de campagne où tous les colistiers élus sont conviés. « Il ne faut pas que cette élection soit une victoire d’une partie de la liste sur l’autre », prévient Mathieu Cahn. Voilà qui promet d’être animé.
Mis à jour à 17h20 pour ajouter la non-démission de Julien Vaillant (Meurthe et-Moselle)
Philippe Richert, dimanche soir devant les militants Les Républicains (Photo EJ / Rue89 Strasbourg)
La digue contre le Front National a tenu. Dimanche, Philippe Richert (LR) est sorti très largement vainqueur des élections régionales dimanche, en profitant d’un regain de mobilisation des électeurs. Arrivé deuxième, Florian Philippot (FN) a néanmoins convaincu un inscrit sur cinq. Troisième, Jean-Pierre Masseret siègera dans la future région ALCA.
Arrivé en tête des élections régionales dimanche avec 48,40% des suffrages exprimés, Philippe Richert (Les Républicains) a reconnu lors de son discours qu’il devait cette victoire aux électeurs de gauche et écologistes. Et de fait, le président sortant du conseil régional alsacien a largement profité de l’exceptionnelle mobilisation des électeurs lors de ce second tour (59,02% des inscrits contre 47,91 au premier tour, soit +11 points). Il fait plus que doubler le nombre de ses électeurs, passant de 459 212 suffrages à 1 060 029 ! Il aurait été difficile de ne voir dans ces résultats qu’une mobilisation de la droite.
Philippe Richert : « Des résultats porteurs d’une immense espérance »
De leur côté, Florian Philippot (FN) est arrivé deuxième avec 36,08% des suffrages exprimés et Jean-Pierre Masseret, qui a maintenu sa liste malgré l’injonction du Parti socialiste de la retirer, a obtenu 15,51% des suffrages.
Mais c’est maintenant que Philippe Richert est attendu au tournant. Avec ce score, il devient l’un des présidents de région les mieux élu de France, avec Xavier Bertrand (LR) en Nord-Picardie et Christian Estrosi (LR) en PACA. Grâce à la prime qui accorde à la liste arrivée en tête un quart des sièges, le futur conseil régional comptera 104 sièges « Les Républicains » sur 169. Autrement dit, Philippe Richert retrouvera en ALCA une confortable majorité absolue de droite à laquelle il est habitué en Alsace.
Sortir du modèle alsacien
Voilà une situation qui n’a rien pour rassurer les élus de gauche, qu’ils soient élus malgré eux, comme Pernelle Richardot, tête de liste socialiste dans le Bas-Rhin, ou qu’ils aient renoncé à se représenter au second tour, comme Sandrine Bélier (EELV).
Car Philippe Richert a été critiqué, y compris par la droite, d’avoir mené une campagne « à l’alsacienne », faite de rencontres avec les élus locaux et de petits meetings centrés sur les enjeux régionaux, quand son rival du Front National menait lui une campagne thématique, inspirée par la souffrance d’une partie de la population. Dimanche soir sur France 3, l’ex-candidat socialiste Jean-Pierre Masseret l’a redit à Philippe Richert :
« Le modèle alsacien n’est pas transposable à la grande région. Il faut en considérer tous les territoires et les spécificités. »
Et parmi ces spécificités, il y a les différences de développement, de niveau de vie moyen, d’éducation et d’accès à la culture entre les bassins de vie qui composent l’ALCA. Sur ces questions, la visualisation des résultats du second tour des élections régionales est éloquente (voir la carte ci-dessous).
Modélisation des résultats à l’issue du second tour. En bleu, la liste de droite, en noir, la liste du Front National, en rose, la liste de Jean-Pierre Masseret (carte Raphaël Da Silva)
Elle confirme que le vote FN s’est exprimé en majorité dans les territoires ruraux, dans les territoires en déshérence. Des zones à l’écart des principales voies de communication, délaissées, peu fréquentes en Alsace mais hélas nettement plus nombreuses en Lorraine et en Champagne-Ardenne. Ces situations ne disparaîtront pas de sitôt et continueront de nourrir le ressentiment d’une partie des citoyens.
Le FN en ALCA : un électeur sur cinq
Et d’autres élections viendront ponctuer la vie politique, élections pour lesquelles il ne sera pas toujours évident de maintenir ce « barrage républicain » contre le Front National. Déjà entre les deux tours de ces élections régionales, le FN a progressé de 150 000 voix. Avec 790 141 suffrages recueillis, le parti d’extrême-droite a séduit 36,08% des exprimés mais surtout 20,33% des inscrits. Un électeur sur cinq a voté Florian Philippot.
Face à cette colère, pas sûr que le centrisme à l’alsacienne suffise. Entre les deux tours, Philippe Richert a évoqué la création d’un conseil des sensibilités, composé par les tendances politiques présentes au premier tour. Pour Sandrine Bélier, il est urgent qu’on réinjecte de la « démocratie, du débat et de la représentativité » dans le système, faute de quoi le risque est grand de retrouver à nouveau le Front national en position de force lors des prochaines élections :
Philippe Richert est donc investi d’une délicate mission : outre gérer cette immense région de 5,5 millions d’habitants, il devra réconcilier les électeurs avec la politique locale tout en instaurant au sein de la démocratie régionale un espace pluripartite de discussion, parallèle au conseil régional. En d’autres termes, Philippe Richert devra s’amputer lui-même d’une partie de sa liberté d’action, au nom de la recherche du consensus.
Ce sera très compliqué mais échouer à l’une ou l’autre de ces missions reviendrait à nier les efforts consentis par les électeurs de gauche pour éviter que leur nouvelle région ne soit gérée par l’extrême-droite. Or, les élus de droite et de gauche risquent d’en avoir encore besoin prochainement.
A gauche, le maire et ses adjoints, à droite les conseillers municipaux. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
En direct – Le dernier conseil municipal de l’année doit adopter le budget primitif pour l’année 2016. Malgré des économies, il prévoit une nouvelle hausse des 3 impôts locaux, cette fois-ci de 2,5%.
Les élus strasbourgeois sont soulagés. Ils n’auront pas à dialoguer avec une grande région dirigée par le Front national les six prochaines années. Le maire Roland Ries, s’est dit soulagé par ce résultat, après avoir appelé à voter pour le candidat de droite Philippe Richert entre les deux tours.
Mais le temps de l’union droite et gauche pourrait rapidement s’arrêter avec l’examen du budget primitif pour l’année 2016. Pour compenser en partie la baisse des dotations de l’État (-6,98 millions d’euros pour 2016), la municipalité recourt une deuxième fois de suite à une hausse des trois impôts locaux (taxe foncière, taxe d’habitation et taxe sur le foncier non-bâti) de 2,5%, après celle de 3% en 2015.
À cela, s’ajoute des réductions des coûts de fonctionnement et l’objectif de stabiliser la masse salariale. En 2015, 76 emplois n’ont pas été remplacés.
Parmi les autres délibérations importantes, celle qui concerne les extensions du tramway d’ici 2019 : Trois stations vers Koenigshoffen et trois autres dans la Robertsau.
La tête de liste bas-rhinoise Pernelle Richardot et la tête de liste régionale Jean-Pierre Masseret arriveront-ils à s’entendre ? (photo PF / Rue89 Strasbourg)
Tenter de démissionner entre les deux tours puis siéger dans la future assemblée de la grande région Alsace-Lorraine-Champagne Ardenne (ALCA). C’est ce qui attend la tête de liste départementalee Pernelle Richardot qui représentera le PS du Bas-Rhin avec Emmanuel Recht.
Avec 15,51% des voix, la liste conduite par Jean-Pierre Masseret (PS mais qui a perdu l’investiture de son parti entre les deux tours) obtient 19 sièges sur 169 dans l’assemblée du futur conseil régional d’Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne (ALCA).
Dans le Bas-Rhin, le PS recueille 9,66% des voix, soit deux élus sur 33 : Pernelle Richardot et Emmanuel Recht. Problème, 71 colistiers des 189 colistiers – et même plus mais hors délai -ont tenté de démissionner entre les deux tours. Parmi eux, la tête de liste et première secrétaire bas-rhinoise Pernelle Richardot qui se retrouve élue après avoir appelé à « faire barrage au Front national » et donc implicitement de voter pour le candidat de droite Philippe Richert, une fois sa campagne suspendue. Le numéro 2 n’avait pas démissionné mardi lors de cet imbroglio.
Pernelle Richardot : « Je ferai le choix du collectif »
La question d’une démission le soir de l’élection n’avait pas été tranchée avant le résultat du scrutin de dimanche. Après un bureau fédéral qui a démarré peu après 23h dimanche soir, le PS 67, dirigé Pernelle Richardot, a demandé à ses deux élus de siéger dans la future assemblée :
En cas de démission de la tête de liste, le mandat de conseiller régional serait revenue à la numéro 3, Séverine Magdelaine, mais qui avait aussi tenté une démissionner, tout comme le numéro 4 Paul Meyer et ainsi de suite, jusqu’au numéro 5, l’ancienne conseillère régionale Andrée Buchmann qui s’était ralliée au PS à l’automne. En Meurthe-et-Moselle, la tête de liste départementale Julien Vaillant avait au contraire fait savoir qu’il démissionnerait s’il était élu. Des positions qui ne manqueront pas de susciter des débats et remous au sein des militants et sympathisants PS.
Avec ou sans Masseret ?
Reste à déterminer s’ils siégeront avec leur ancienne tête de liste Jean-Pierre Masseret ou au sein d’un autre groupe dissident. Cette question n’a pas été tranchée ce soir.
Au micro de France 3 Alsace, Jean-Pierre Masseret a en tout cas fait savoir que c’était un choix « philosophique » que devait faire individuellement chaque ex-candidat et qu’il les accueillerait « volontiers » dans son futur groupe d’opposition politique.
Philippe Richert (LR) est arrivé largement en tête du second tour des élections régionales avec 48,4% des suffrages exprimés. Florian Philippot (FN) arrive second avec 36,08% des voix tandis que Jean-Pierre Masseret en obtient 15,51%.
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14 décembre 2015, 0h05
Répartition définitive du nombre de sièges
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13 décembre 2015, 23h50
Le nouveau conseil régional Alsace Lorraine Champagne Ardenne :
Liste conduite par
Section électorale
Elu(e)(s)
M. Jean-Pierre MASSERET (LDVG)
Ardennes
Mme Joëlle BARAT
Aube
M. Olivier GIRARDIN
Marne
M. Jacques MEYER
Mme Linda MUNSTER
Meurthe-et-Moselle
M. Julien VAILLANT
Mme Rachel THOMAS
M. Bertrand MASSON
Mme Nathalie HAMEAU-KINDERSTUTH
Meuse
M. Thibaut VILLEMIN
Moselle
Mme Paola ZANETTI
M. Jean-Pierre MASSERET
Mme Brigitte VAÏSSE
M. Jean-Pierre LIOUVILLE
Bas-Rhin
Mme Anne-Pernelle RICHARDOT
M. Emmanuel RECHT
Haut-Rhin
M. Antoine HOMÉ
Mme Cléo SCHWEITZER
Vosges
M. Jean-Marie LALANDRE
Mme Hélène COLIN
M. Florian PHILIPPOT (LFN)
Ardennes
M. Guillaume LUCZKA
Mme Maryse DESPAS
Aube
M. Bruno SUBTIL
Mme Angélique RANC
M. Jean-Christophe LEFEVRE
Marne
M. Pascal ERRE
Mme Cindy DEMANGE
M. Thomas LAVAL
Mme Emilie GOUTHIER
M. Thierry BESSON
Haute-Marne
M. Frédéric FABRE
Mme Fabienne CUDEL
Meurthe-et-Moselle
M. Gregoire EURY
Mme Dominique BILDE
M. Pascal BAUCHE
Mme Francine HAACK
M. David MASSON-WEYL
Mme Jennifer STEPHANY
Meuse
M. Eric VILAIN
Mme Corinne KAUFMANN
Moselle
M. Florian PHILIPPOT
Mme Françoise GROLET
M. Kévin PFEFFER
Mme Stéfanie CONIGLIO
M. Thierry GOURLOT
Mme Laurence BURG
M. Fabien ENGELMANN
Mme Patricia BRUCKMANN
M. Hervé HOFF
Bas-Rhin
Mme Hombeline DU PARC
M. Laurent GNAEDIG
Mme Eliane KLEIN
M. Jean-Claude BADER
Mme Brigitte STIEGLER
M. Baptiste PIERRE
Mme Julia ABRAHAM
M. Andréa DIDELOT
Haut-Rhin
Mme Virginie JORON
M. Sylvain MARCELLI
Mme Marion WILHELM
M. Christian ZIMMERMANN
Mme Marie Hélène DE LACOSTE LAREYMONDIE
M. Gregory STICH
Vosges
M. Jordan GROSSE-CRUCIANI
Mme Marina DO SANTOS
M. Pascal JENFT
M. Philippe RICHERT (LUD)
Ardennes
M. Jean-Luc WARSMANN
Mme Pascale GAILLOT
M. Guillaume MARECHAL
Mme Christine NOIRET-RICHET
Aube
M. Marc SEBEYRAN
Mme Isabelle HELIOT-COURONNE
M. Jacques BEAUJEAN
Mme Annie DUCHENE
M. Philippe BORDE
Marne
M. Xavier ALBERTINI
Mme Rachel PAILLARD
M. Franck LEROY
Mme Martine LIZOLA
M. Jean NOTAT
Mme Véronique MARCHET
M. Patrice VALENTIN
Mme Valérie BEAUVAIS
M. Cédric CHEVALIER
Mme Isabelle PESTRE
Haute-Marne
Mme Christine GUILLEMY
M. Jean-Jacques BAYER
Mme Pascale KREBS
Meurthe-et-Moselle
Mme Valérie DEBORD
M. François WERNER
Mme Lise ROSELEUR
M. Jean-François GUILLAUME
Mme Elisabeth POIRSON
M. Henry LEMOINE
Mme Véronique GUILLOTIN
M. Philippe NACHBAR
Mme Dominique RENAUD
M. Edouard JACQUE
Mme Mireille GAZIN
M. Christian GUIRLINGER
Mme Fanny GIUSSANI
Meuse
M. Philippe MANGIN
Mme Atissar HIBOUR
M. Pierre REGENT
Moselle
M. Patrick WEITEN
Mme Marie-Louise KUNTZ
M. Thierry HORY
Mme Brigitte TORLOTING
M. Jackie HELFGOTT
Mme Nicole MULLER-BECKER
M. Jean-Luc BOHL
Mme Catherine VIERLING
M. Patrick THIL
Mme Catherine BAILLOT
M. Khalifé KHALIFE
Mme Stéphanie KIS
M. Rémy SADOCCO
Mme Marie TRIBOUT
M. Walter BROCCOLI
Mme Marie-Rose SARTOR
M. Alexandre CASSARO
Mme Carmen DILIGENT
Bas-Rhin
M. Philippe RICHERT
Mme Elsa SCHALCK
M. André REICHARDT
Mme Lilla MERABET
M. Bernard STALTER
Mme Marie-Reine FISCHER
M. Justin VOGEL
Mme Evelyne ISINGER
M. Pascal MANGIN
Mme Laurence DREYFUSS
M. Laurent BURCKEL
Mme Marièle COLAS WIES
M. Frédéric PFLIEGERSDOERFFER
Mme Catherine ZUBER
M. Georges SCHULER
Mme Martine CALDEROLI-LOTZ
M. Sylvain WASERMAN
Mme Marianne HORNY-GONIER
M. Philippe SPECHT
Mme Odile BARREAULT
M. Charles SITZENSTUHL
Mme Huguette ZELLER
M. Patrick BASTIAN
Mme Vanessa WAGNER
M. Hubert WALTER
Mme Cathy KIENTZ
Haut-Rhin
M. Jean ROTTNER
Mme Françoise BOOG
M. Jacques CATTIN
Mme Claudine GANTER
M. Francis KLEITZ
Mme Nejla BRANDALISE
M. Jean-Paul OMEYER
Mme Christèle WILLER
M. Laurent WENDLINGER
Mme Chantal RISSER
M. Bernard GERBER
Mme Martine LAEMLIN
M. Christian DEBEVE
Mme Denise BUHL
M. Thierry NICOLAS
Vosges
M. Gérard CHERPION
Mme Elisabeth DEL GENINI
M. Daniel GREMILLET
Mme Véronique MATHIEU
M. Yves SÉJOURNÉ
Mme Anne Marie ADAM
M. David VALENCE
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13 décembre 2015, 23h22
Sur ce résultat définitif, fin de notre compte-rendu en direct. Merci à tous de l’avoir suivi et dès demain, retrouvez sur Rue89 Strasbourg l’analyse du scrutin.
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13 décembre 2015, 23h18
Résultats définitifs pour le second tour des élections régionales en ALCA :
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13 décembre 2015, 23h15
Strasbourg, résultats définitifs :
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13 décembre 2015, 22h34
Raz-de-marée pour Philippe Richert (LR) à Strasbourg
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13 décembre 2015, 22h20
Estimation du nombre de sièges
La répartition complète sera connue demain
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13 décembre 2015, 22h00
La réaction de Sandrine Bélier, tête de liste EELV dans le grand Est :
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13 décembre 2015, 21h49
Nouvelle mise à jour des résultats en ALCA :
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13 décembre 2015, 21h39
Tête de liste PS dans le Bas-Rhin, Pernelle Richardot été élue malgré son appel au désistement de la liste de Jean-Pierre Masseret, à laquelle elle appartient.
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13 décembre 2015, 21h36
Le discours de Philippe Richert (LR) à son QG de campagne à Strasbourg, à l’issue de sa victoire au second tour des élections régionales en ALCA :
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13 décembre 2015, 21h33
Estimations à Strasbourg : Philippe Richert (LR) 67,77% Florian Philippot (FN) 17,77% et Jean-Pierre Masseret (PS) 14,44%.
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13 décembre 2015, 21h32
Matthieu Klein (PS) : « Sans les voix de gauche nous serions la seule région d’Europe d’extrême-droite. »
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13 décembre 2015, 21h26
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13 décembre 2015, 21h23
Fabienne Keller (LR) fait « confiance » à Philippe Richert pour gérer la région « comme il faut ».
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13 décembre 2015, 21h20
Résultats à Mulhouse
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13 décembre 2015, 21h20
Hombeline Du Parc (FN) : « On a gagné des voix entre les deux tours malgré la terrible semaine que nous avons vécu. »
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13 décembre 2015, 21h18
La déclaration de Jean-Pierre Masseret :
« Nous remercions les électrices et les électeurs qui nous ont accordés leurs suffrages et nous félicitons Philippe RICHERT.
Dans cette élection nous avions 2 objectifs : faire barrage au FN et permettre aux électeurs de sensibilités de gauche de pouvoir continuer à s’exprimer.
Notre maintien et l’éclairage que la presse en a donné a permis une augmentation de la participation entre 11 et 12%.
Au cours de cette semaine dans les rues que nous avons parcoures, les citoyens sont venus nous remercier. C’est donc la victoire de la démocratie.
C’est la victoire des femmes et des hommes qui se sont déplacés. Ce n’est pas la victoire des appareils politiques.
Nous avons été des Lumières dans l’obscurité du Parti Socialiste.
Au sein de la nouvelle Assemblée Régionale, nous aurons un groupe de femmes et d’hommes de gauche qui continueront à défendre les propositions que nous avons portées en faveur de la proximité, de la défense du pouvoir d’achat…
La stratégie d’évitement ne marche pas contre le FN. Nous l’avons dit. Elle n’est qu’un sursis. Notre Parti doit prendre en compte ce qui vient de se passer. Nous avons bien vu que le FN était aux portes de remporter des régions à un an des élections présidentielles.
Il va falloir reconsidérer les politiques, économique, sociales, environnementales à l’appui de la COP21 et tirer les leçons du détournement des jeunes, des salariés, des ouvriers de la gauche pour le FN. C’est une interrogation qu’il faut traiter.
François Hollande a dit hier à la COP21 : « L’Histoire est écrite par ceux qui s’engagent pas par ceux qui calculent ! ». Nous n’avons rien calculé et nous avons eu raison !
Nous sommes des femmes et des hommes engagés pour notre région. »
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13 décembre 2015, 21h17
À Hayange, seule municipalité FN de la grande région, c’est Florian Philippot qui l’emporte.
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13 décembre 2015, 21h12
Résultats dans le Haut-Rhin
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13 décembre 2015, 20h50
Résultats définitifs dans le département des Vosges (88) : Philippe Richert 43,68% – Florian Phillipot 36,96% et Jean-Pierre Masseret 19,36%
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13 décembre 2015, 20h48
À Forbach, ville où est inscrit Florian Philippot, Philippe Richert devance le candidat FN : 42,1% contre 40,5%.
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13 décembre 2015, 20h45
Frédéric Fabre (FN) se plaint d’un « matraquage politique et médiatique ».
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13 décembre 2015, 20h43
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13 décembre 2015, 20h41
Définitif en Meuse : Florian Philippot (40,50%), Philippe Richert (40,03%) et Jean-Pierre Masseret (19,47%).
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13 décembre 2015, 20h31
C’est Noël au QG de Philippe Richert… (Photo EJ / Rue89 STrasbourg)
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13 décembre 2015, 20h29
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13 décembre 2015, 20h24
Résultats complets à Mulhouse
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13 décembre 2015, 20h22
Interviewé sur France 3 Alsace, Jean-Pierre Masseret félicite Philippe Richert et s’estime heureux que les électeurs du gauche conservent une voix au futur conseil régional. Il conclue par « Il faudra penser à faire autrement de la politique ».
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13 décembre 2015, 20h16
Au niveau national : 6 régions à gauche, 5 régions à droite, la Normandie et l’Île-de-France en attente.
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13 décembre 2015, 20h13
L’écart entre Philippe Richert et Florian Philippot se creuse au fur et à mesure de la saisie…
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13 décembre 2015, 20h12
Philippe Richert s’exprimera vers 20h45 devant ses militants.
Philippe Richert (LR) est donné largement vainqueur avec 45,76% des voix tandis que le Front National arrive second avec 39,12% des voix et Jean-Pierre Masseret avec 15,11%, selon une saisie partielle réalisée à 79,39% des suffrages exprimés.
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13 décembre 2015, 20h00
Une première estimation donne Philippe Richert (LR) vainqueur avec 46% des voix devant Florian Philippot 39% et Jean-Pierre Masseret 15%.
Sur Twitter, le mot-clé #RadioLondres donne un résultat, notamment à partir des sondages publiés par les médias belges.
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13 décembre 2015, 18h19
Le dépouillement commence dans les communes, sauf à Strasbourg et à Dettwiller, qui ferme ses bureaux à 19h à la suite d’une alerte chimique durant laquelle la préfecture a recommandé aux habitants de ne pas sortir de chez eux.
À Strasbourg, la participation à 16h a été évaluée à 43,86%, soit 10 points de plus qu’au premier tour.
Régionales 2015
12h
17h
Final
Abstentions
1er tour
canton de Strasbourg-1 (17)
13,45%
35,79%
47,53%
52,47%
canton de Strasbourg-2 (18)
11,89%
31,32%
40,09%
59,91%
canton de Strasbourg-3 (19)
10,70%
26,42%
33,65%
66,35%
canton de Strasbourg-4 (20)
14,10%
37,52%
49,87%
50,13%
canton de Strasbourg-5 (21)
13,43%
37,28%
48,70%
51,30%
canton de Strasbourg-6 (22)
13,46%
32,37%
40,48%
59,52%
Total
12,90%
33,53%
43,50%
56,50%
Régionales 2015
12h
17h
2nd tour
canton de Strasbourg-1 (17)
17,18%
44,53%
canton de Strasbourg-2 (18)
15,82%
41,59%
canton de Strasbourg-3 (19)
13,93%
40,27%
canton de Strasbourg-4 (20)
16,27%
47,21%
canton de Strasbourg-5 (21)
17,09%
46,84%
canton de Strasbourg-6 (22)
17,20%
42,48%
Total
16,30%
43,86%
⋅
13 décembre 2015, 17h09
Le taux de participation estimé dans le Haut-Rhin à la fin de l’après-midi est de 53,85 %. Au premier tour, il n’était que de 42,35%, soit en progression de 11 points.
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13 décembre 2015, 17h03
Le taux de participation à 16h est de 56.40 % pour le Bas-Rhin, 12 points de plus qu’au premier tour à la même heure (44.37 %).
Dans l’ensemble de la grande région ALCA, l’estimation du taux de participation au second tour à midi est de 20,85%. Il était de 15,88% au premier tour, soit une progression de 4,97 points.
À Strasbourg, la participation à midi est de 16,30%, près de quatre points de plus qu’au premier tour.
Régionales 2015
12h
17h
Final
Abstentions
1er tour
canton de Strasbourg-1 (17)
13,45%
35,79%
47,53%
52,47%
canton de Strasbourg-2 (18)
11,89%
31,32%
40,09%
59,91%
canton de Strasbourg-3 (19)
10,70%
26,42%
33,65%
66,35%
canton de Strasbourg-4 (20)
14,10%
37,52%
49,87%
50,13%
canton de Strasbourg-5 (21)
13,43%
37,28%
48,70%
51,30%
canton de Strasbourg-6 (22)
13,46%
32,37%
40,48%
59,52%
Total
12,90%
33,53%
43,50%
56,50%
Régionales 2015
12h
17h
2nd tour
canton de Strasbourg-1 (17)
17,18%
canton de Strasbourg-2 (18)
15,82%
canton de Strasbourg-3 (19)
13,93%
canton de Strasbourg-4 (20)
16,27%
canton de Strasbourg-5 (21)
17,09%
canton de Strasbourg-6 (22)
17,20%
Total
16,30%
⋅
13 décembre 2015, 12h19
En France, la participation à la mi-journée a atteint 19,59 %, soit plus de 3 points de plus qu’au premier tour, où elle s’était établie à 16,27 %. 45 millions d’électeurs sont appelés à voter pour ce dernier rendez-vous électoral avant la présidentielle de 2017.
Dans le Haut-Rhin, le taux de participation à la mi-journée s’établit à 22,08%, il était de 17,26% au premier tour des élections régionales.
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13 décembre 2015, 12h11
Dans le Bas-Rhin, le taux de participation à la mi-journée est de 19.67%, nettement en hausse par rapport au premier tour où il s’est établi à 14.96%.
À la même heure, ce taux était de 14,94% lors des élections départementales de mars 2015, et de 14,96% lors des élections régionales de 2010.
La rédaction de Rue89 Strasbourg est composée de journalistes toutes et tous prêts à écouter les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois pour parler des sujets qui les intéressent. Notre existence et notre moral dépendent du nombre d'abonnements pris pour nous soutenir. 🙏⤵
Les piétons regagnent le centre ville (Photo AM / Rue89 Strasbourg)
Habitué à sillonner la ville de Strasbourg en courant, j’ai décidé de m’aventurer dans le centre ville interdit aux véhicules. Les rues sont presque toutes piétonnes, mais je trouve l’ambiance et le contexte trop anormal pour s’y sentir bien. Mon récit.
Aujourd’hui je décide d’arpenter la ville interdite aux voitures. Cette situation pas commune est une conséquence des événements tragiques du mois de novembre. Je me dis que le coureur strasbourgeois que je suis se doit de tester cette configuration de centre ville inhabituelle.
Mon point de départ est le Quai Schoepflin. Je passe le barrage policier et militaire qui me permet d’entrer dans la Grande Île et ce sans encombres ni fouilles. J’arpente la périphérie du vieux Strasbourg, à l’intérieur du périmètre de bouclage. Je me dirige vers le quai de Paris. Je choisis de parcourir ma boucle du centre dans le sens anti-horaire, direction les Ponts Couverts. La rue est quasiment déserte, ça change. Seuls quelques bus de la CTS circulent, mais la rue reste globalement vide de tous véhicules à moteur. Je me permets des foulées sur la route, chose impossible en temps normal et j’arrive à la Petite France que je trouve charmante sans aucun véhicule.
La rue appartient temporairement aux coureurs (Photo AM / Rue89 Strasbourg)
Regagner sportivement le centre ville.
D’un point de vue sportif, le cœur de la ville piéton est, je dois l’avouer, très confortable. Ma méfiance naturelle des “chauffards” ou autres cyclistes qui déboulent n’a là plus lieu d’être. Je gagne petit à petit la rue du Vieux Marché aux Poissons. Ça se complique : les rues sont noires de monde, bondées de touristes venus pour les fêtes de Noël qui, avec mon short et mes baskets fluos, me regardent comme une attraction touristique.
Aujourd’hui pas d’odeurs champêtres que je peux rencontrer lorsque je m’entraîne dans le Kochersberg, ni d’odeurs de forêt que je rencontre lorsque je cours sur les sentiers vosgiens, mais des senteurs de vins chauds, choucroutes à emporter, et autres marrons chauds. Après un subtil slalom entre les visiteurs de la ville, je me retrouve à la hauteur de la rue des Veaux à nouveau bien plus isolée.
Fuir l’atmosphère en courant
L’atmosphère est particulière, la situation est particulière, ce chemin de course est particulier. M’entraîner ici me met quelque peu mal à l’aise lorsque je repense aux tragédies qui ont poussé à la mise en place des mesures de bouclages. Mais cela me fait finalement du bien pour me détacher de toutes ces horreurs et je me dis qu’il faut continuer à vivre. Courir dans Strasbourg fait partie de ma vie.
Je boucle la boucle -d’un peu moins de quatre kilomètres – en longeant les quais de l’Ill dans un silence inhabituel, perturbant, à la limite du pesant. Courir ici , comme ça, a une saveur très spéciale. Je ne considère par ces rues vides comme un privilège, encore moins une chance mais simplement une triste conséquence et je ne m’y sens pas à l’aise.
D’habitude quand je mets mes baskets aux pieds, je parviens à faire le vide, à décompresser mais ici, je ne parviens pas à me détacher: chacune de mes foulées me remémore trop la raison de cette étrange situation. Ce climat est trop anormal à mon sens : habitué à tirer mes entraînements en longueur, je me contente de cet unique tour et de rentrer chez moi sous le regard des militaires armés mais souriants.
Le running dans Strasbourg sous protection policière (Photo AM / Rue89 Strasbourg)
Le projet d’extension du tram vers Koenigshoffen se précise (Giugiaro21 / FlickR / CC)
Le collectif pour le tram sur fer à Koenigshoffen regrette le manque de concertation autour du projet d’extension du tramway vers Koenigshoffen et l’ouest de l’agglomération. Le collectif rappelle que ses propositions sont toujours valables et qu’une discussion aurait évité de perdre deux ans.
Le Collectif pour le tram sur fer à Koenigshoffen félicite l’Eurométrople de Strasbourg d’accéder à la demande formulée depuis juillet 2013, d’une concertation sur la question du choix du tracé pour le tram fer vers l’Ouest mais aussi vers le Nord de l’agglomération.
Pour mémoire, le Collectif avait d’abord déposé un recours gracieux en septembre 2013, puis, en l’absence de réponse dans le délai de 2 mois, avait déposé un recours contention au tribunal administratif de Strasbourg en janvier 2014.
Le tribunal a rendu sa décision le 20 mai 2015 : le Collectif s’est vu débouté de sa demande dans la mesure où le recours déposé était trop en amont dans la procédure d’élaboration du dossier, donc impossible pour lui de statuer sur le fond ou sur la forme.
À l’époque, Alain Fontanel, premier adjoint au maire et en charge des transports, s’était félicité de cette décision qui, selon lui, démontrait que la Ville, la CTS et la CUS avaient rigoureusement bien concerté avec les habitants…
Le Collectif réclame l’application du bon sens dans ce dossier
Entre 2011 et 2013, le débat se portait sur le choix du matériel (tram sur pneus ou tram sur fer). Après deux années de débats et de mobilisation, l’Eurométrople a depuis tranché sur la solution du tram sur fer. Le Collectif s’était réjoui de cette sage décision mais demandait dès lors qu’un temps soit consacré au choix du meilleur tracé afin que le tram soit un véritable outil d’aménagement, de progrès pour les secteurs desservis et que les impacts négatifs soient limités.
Il aura fallu deux ans pour convaincre l’Eurométropole de cette nécessité de débat. Aujourd’hui, il s’esquisse pour début 2016.
Toutefois, l’Eurométropole semble retomber dans les mêmes travers que ses précédentes concertations : un seul tracé exposé et pas d’autres alternatives détaillées ou trop vite balayées.
Pour le Collectif, « concerter » signifie « mettre carte sur table » pour « co-construire » le meilleur tracé de tramway qui répond aux enjeux de développement de l’agglomération sans dégrader les secteurs traversés.
La rue du Faubourg National n’est pas une variable d’ajustement
Pour le Collectif, il est nécessaire que soit exposées toutes les solutions possibles pour desservir Koenigshoffen et mesurer ainsi tous les impacts directs et indirects d’un tel projet, les coûts (investissements et exploitations), les nuisances et les évolutions possibles du réseau de tramway et de bus.
Pour le Collectif, la place du marché sur le Faubourg National est importante et n’est pas une variable d’ajustement déplaçable sans profondes et sérieuses réflexions. De même, l’importance de la Gare centrale et son accessibilité depuis l’ensemble des quartiers environnants est également un élément déterminant dans le choix d’un tracé, sans oublier l’état désastreux des boulevards dans le quartier Gare.
La nécessaire évolutivité du réseau de transports en commun (tram et bus) en fonction des besoins futurs doit être anticipée par la prise en compte des projets urbains à l’entrée de Koenigshoffen, des écoquartiers de Ostwald et Lingolsheim, de l’aménagement du Wacken, du TSPO, du desserrement du nœud congestionné de la station Homme-de-Fer, de l’accroissement de la capacité des transports publics à la Gare Centrale et la desserte du Nord de l’agglomération.
Nous sommes force de propositions
Ces aspects influencent de fait sur le choix du développement du tram dans l’agglomération, qui ne peut se résumer à un raccourci économique que correspondrait à une solution d’un tram empruntant la rue du Faubourg National ou ses rues parallèles (Wasselonne ou Obernai).
Les habitats et des forces vives, notamment ceux réunis au sein du Collectif, ont démontré leur maturité pour être force de propositions, tant sur la méthode de concertation que sur le fond technique du dossier, avec le souci de l’intérêt général.
Le Collectif émet le souhait que l’Eurométropole puisse – enfin – être mature en matière de concertation et fasse confiance aux habitants afin d’accélérer l’adhésion à un projet indispensable qui n’aura que trop duré.