Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Marché de Noël : un policier braque son arme sur un automobiliste lors d’un contrôle

Marché de Noël : un policier braque son arme sur un automobiliste lors d’un contrôle
Des contrôles sont effectués par les policiers aux points de passage vers la grande île (doc remis)
Des contrôles sont effectués par les policiers aux points de passage vers la grande île (doc remis)

Samedi 28 novembre, Renaud Bettcher, avocat strasbourgeois, rentre chez lui en fin d’après-midi au volant de sa voiture. Au moment de pénétrer dans l’enceinte de la Grande Île, un policier l’arrête au niveau d’un point de contrôle sur le pont de Saverne et lui demande ses papiers, comme le prévoient les mesures de sécurité du Marché de Noël dans le cadre de l’état d’urgence.

Sauf que le ton monte. La suite, c’est Renaud Bettcher qui la raconte :

« Le policier me demande mon autorisation. Je lui réponds que je n’ai pas besoin d’autorisation, puisque j’ai un garage en ville. Il me demande alors les papiers pour en justifier “et plus vite que ça”. Là, je lui réponds que j’ai bien compris que je devais me plier à un contrôle mais qu’il devait utiliser un autre ton pour me parler. Alors que je lui tends mes justificatifs, il me répond qu’il me parle sur le ton qu’il veut et continue à vociférer. Je lui retire alors mes papiers des mains. Et c’est là qu’il fait un pas en arrière, dégaine son arme et me mets en joue. »

Nécessité de légitime défense, même en état d’urgence

Braquer quelqu’un avec une arme constitue une violence et les policiers ne peuvent le faire qu’en état de légitime défense ou pour protéger quelqu’un. Voyant cela, un autre policier intervient et calme son collègue, selon Renaud Bettcher. Ce second policier écarte le premier et reprend le contrôle, vérifie les papiers et le contenu du coffre comme si tout était normal, avant d’autoriser Renaud Bettcher à circuler.

Rétrospectivement, Renaud Bettcher avoue qu’il a eu chaud :

« Sur le moment, j’ai ricané nerveusement. Mais ce sont des armes automatiques, dont les coups peuvent partir vite. Vu la position du policier et la distance qui nous séparait, je prenais une balle en pleine tête… On en est là, dans cet état d’urgence permanent ! J’aurais pu débuter une procédure pour violence avec arme, mais quand je vois que le Parquet réclame un non-lieu dans l’affaire d’Hocine Bouras (tué par un gendarme pendant son convoi, ndlr), j’ai préféré ne rien faire. »

Contactée, la police nationale de Strasbourg n’a pas souhaité faire de commentaire sur cet incident.

Régionales : Après une réunion de crise, Jean-Pierre Masseret maintient sa liste

Régionales : Après une réunion de crise, Jean-Pierre Masseret maintient sa liste
À l'issue d'une réunion de crise, Jean-Pierre Masseret décide de maintenir sa liste. (capture d'écran France 3 Alsace)
À l’issue d’une réunion de crise, Jean-Pierre Masseret décide de maintenir sa liste. (capture d’écran France 3 Alsace)

Après une longue réunion de crise, la tête de liste du Parti socialiste Jean-Pierre Masseret a décidé de maintenir sa liste au second tour des élections régionales dans la grande région Alsace Lorraine Champagne Ardenne. Crédité de seulement 16,7% des voix au premier tour, le candidat n’a pas envisagé une future victoire, mais il estime plus important que des élus de gauche siègent dans la future assemblée, fut-ce dans l’opposition, et qu’il ne faut pas « fuir le combat ». Un calcul que n’ont pas fait ses homologues en Provence Alpes Côtes d’Azur et dans le Nord – Picardie.

4 des 10 départements pour le retrait dont le Bas-Rhin

Pourtant 4, des 10 fédérations départementales ont plaidé pour un retrait de la liste. Celle du Bas-Rhin, mais aussi des Vosges, de la Moselle et de le Meurthe-et-Moselle. Ces 4 listes totalisent 107 candidats, ce qui serait assez pour exiger un retrait collectif.

Pour le moment la secrétaire et tête de liste départementale Pernelle Richardot appelle « à faire barrage au Front national » sans préciser si elle appelle à voter pour Philippe Richert ou le PS. Elle espère un « sursaut » des abstentionnistes, face à un choix de société. Elle se réunira avec son conseil fédéral et les colistiers dans la soirée pour déterminer la marche à suivre.

Le site de France 3 Alsace, citant le code électoral, rappelle que si la moitié des colistiers demandent un retrait de la liste, il est encore possible qu’elle ne soit pas déposée en préfecture d’ici mardi 8 décembre à 18h :

« Le retrait peut intervenir sous la forme d’un document collectif comportant la signature de la majorité des candidats de la liste ou sous la forme de retraits individuels de candidature présentés par la majorité des candidats. »

C’était par exemple le cas de Matthieu Klein, président du département de Meurthe-et-Moselle et présent en soutien en queue de liste. Sur le plateau de France 3 Alsace, Sandrine Bélier tête de liste d’Europe Écologie Les Verts, disait qu’il y avait « encore quelques heures » pour espérer faire une grande coalition de la droite, du PS et d’EELV.

Strasbourg, Metz et le PS ont demandé son retrait

Au niveau national, le Parti socialiste a déjà fait savoir que la liste ne pourrait pas présenter l’étiquette du parti. À Strasbourg, cinq figures importantes de la scène politique locale, Jacques Bigot, Robert Herrmann, Roland Ries, Philippe Bies et Matthieu Cahn ont demandé le retrait de la liste de Jean-Pierre Masseret. Le maire de Metz a également appelé à voter pour la droite.

Mis à jour à 17h18 pour ajouter la position du PS Bas-rhinois

Régionales : à Strasbourg, le FN troisième à 18%, EELV se rebiffe au détriment du PS

Régionales : à Strasbourg, le FN troisième à 18%, EELV se rebiffe au détriment du PS

Philippe Richert (LR) s’impose largement dans la capitale alsacienne avec 32% des voix. Le PS perd du terrain, au profit de son allié écologiste (12%). Le FN progresse mais n’est que la troisième force politique, avec 18,73% des votes. Le maire PS Roland Ries demande un retrait de la liste de Jean-Pierre Masseret, une position que tous les socialistes strasbourgeois ne partagent pas.

Mise à jour, lundi 07 décembre à 12h21 : Lundi 7 décembre dans une déclaration commune à la mi-journée, le député et président du groupe socialiste à Strasbourg Philippe Bies, le sénateur et maire d’Illkirch, ancien président de la CUS, Jacques Bigot, le président de l’Eurométropole Robert Herrmann, le maire de Strasbourg Roland Ries et Matthieu Cahn, adjoint au maire et ancien secrétaire fédéral du PS 67 appellent au retrait de la liste conduite par Jean-Pierre Masseret :

« Nous faisons le constat que Philippe Richert n’a pas su ou pas voulu engager une dynamique républicaine de regroupement des listes LR-PS-EELV. Il en porte la responsabilité. Malgré les déclarations politiciennes du président des Républicains, Nicolas Sarkozy, et pour faire barrage au Front National, nous appelons aujourd’hui au retrait immédiat de la liste conduite par Jean Pierre Masseret.« 

À l’annonce des résultats, Roland Ries était solennel. Peu après 20h, le maire PS de Strasbourg demande dans un bref message sur sa page Facebook « à tout mettre en œuvre » pour que le FN ne dirige pas la future grande région.

Plus tard dans la soirée, il souhaite, lors d’une plus longue allocution un retrait pur et simple de la liste conduite par Jean-Pierre Masseret (PS) :

« Ce qui se passe ce soir est grave. Les conséquences potentielles sont lourdes. Je n’ai pas envie d’avoir Florian Philippot comme président de Région. Sur des questions comme les relations européennes, l’accueil des réfugiés ou la culture nous n’avons aucune perspective. Ce serait une blessure pour Strasbourg. Dans ces conditions, il faut hiérarchiser nos priorités. J’ai des désaccords avec Philippe Richert mais nous partageons les valeurs de la République. Après en avoir discuté avec Manuel Valls et Bernard Cazeneuve, Philippe Richert et Jean-Pierre Masseret qui reste sur ses positions, j’appelle au retrait de la liste socialiste et au vote contre l’extrême-droite. »

Pendant ce temps, Jean-Pierre Masseret répète à toutes les radios et télévisions que son devoir est « de faire exister la gauche », quand bien même elle serait réduite à une petite opposition d’élus qui en dehors de leurs prises de parole ne pourront infléchir la politique du FN, peu disposé à s’ouvrir aux autres formations.

Le maire PS de Strasbourg Roland Ries souhaite que Jean-Pierre Masseret retire sa liste pour éviter que le FN dirige la future grande région. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Le maire PS de Strasbourg Roland Ries souhaite que Jean-Pierre Masseret retire sa liste pour éviter que le FN dirige la future grande région. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

À Strasbourg, tout le monde ne partage pas la position du maire, notamment dans l’entourage de la tête de liste bas-rhinoise Pernelle Richardot, adjointe au maire à Strasbourg, qui précise « ne pas avoir été contactée » par le maire lors de sa décision.

Le député Philippe Bies, président du groupe socialiste à la Ville de Strasbourg, a par exemple fustigé l’attitude de Philippe Richert (« Les Républicains » ; UDI ; Modem) qui prétend qu’il est trop compliqué de fusionner des listes en deux jours.

https://twitter.com/PhilippeBIES/status/673621476612927488.

Catherine Trautmann opposée au retrait

Même Catherine Trautmann, pour qui Pernelle Richardot a travaillé comme attachée parlementaire, défendait sur France 3 Alsace la campagne et les positions de Jean-Pierre Masseret. Pour l’ancienne maire de Strasbourg, qui menait les cortèges de manifestants contre la tenue du congrès FN à Strasbourg en 1997, il ne peut y avoir de retrait des listes et plus d’élus socialistes dans les futures régions.

Pour Pernelle Richardot, la priorité est une fusion, dont les contours restent à définir :

« Il n’y a pas de position ferme. Nous vivons un tsunami politique qui touche toutes les formations politiques dites traditionnelles. Le bipartisme est terminé. Nous sommes pour un barrage au Front national. Florian Philippot qui explique aux frontaliers qu’ils trahissent la France est hors-sujet. Un retrait n’assure pas mathématiquement un barrage. Avec cette nouvelle région nous devons imaginer une nouvelle gouvernance comme une coalition démocrate. Elle ne se construira pas sur le mépris de la gauche. Les 50% d’abstentionnistes doivent se positionner, c’est un enjeu de société pour l’avenir. Veut-on d’un modèle basé sur le rejet de l’autre ou quelque chose de démocratique ? À nous d’imaginer un modèle où nos élus pourraient gouverner ou être dans l’opposition. La situation rebat les cartes. »

Reste à s’assurer que tous les colistiers soient sur cette ligne. Car au sein du PS, on est divisé sur le risque de vivre six années dans une région gérée par le FN, celui de disparaître de l’échiquier politique, voire les deux. « J’ai davantage de messages qui me demandent de maintenir la liste », soutient la candidate.

Évolution des scores en pourcentage à Strasbourg

Côté Europe Écologie Les Verts (EELV), qui avec 6,7% peut fusionner sa liste mais pas la maintenir seule, un bureau politique régional se tenait aussi dans la nuit. Il semble déjà clair que la seule fusion possible soit dans le cadre d’une « coalition républicaine », c’est-à-dire que Philippe Richert ouvre sa liste à quelques candidats PS comme EELV. Se rassembler juste avec le PS et accroître les chances du FN n’est pas d’actualité.

Le FN troisième à Strasbourg mais se rapproche du PS

Les résultats strasbourgeois tranchent avec le reste de la grande région et même de l’Alsace. Alors que droite et gauche étaient au coude à coude aux départementales en mars (212 voix d’écart). La droite l’emporte largement avec 31,78% contre 22,2 %. Le FN n’arrive qu’en troisième position (18,73%). Europe Écologie Les Verts est aussi quatrième, mais avec 12%. Parmi les plus petits scores, le Front de gauche dépasse les 5% là où Debout la France est plus faible qu’ailleurs.

Évolution des voix à Strasbourg sur les 4 dernières élections

Une analyse des scores des dernières élections montre que seul le FN gagne des voix aux quatre dernières élections, même s’il ne gagne que 610 voix par rapport aux départementales du mois du mars. Mais comme l’abstention progresse (56,50% hier), il monte mécaniquement dans les scores.

EELV s’affirme

À gauche, le rapport de force évolue en faveur des écologistes, puisqu’en gagnant 1 000 voix par rapport au premier tour des municipales, l’allié du PS compte pour 35%  des voix de la majorité contre 21% auparavant, d’un ensemble qui perd 7 000 voix au total. Côté PS on fait valoir que l’addition des forces des deux partis de la majorité reste supérieur à celui de la droite.

Régionales : après la poussée du FN en ALCA, intense pression sur Masseret

Régionales : après la poussée du FN en ALCA, intense pression sur Masseret
Jean-Pierre Masseret pourra-t-il se maintenir contre une partie de la gauche ? (Photo EJ / Rue89 Strasbourg)
Jean-Pierre Masseret pourra-t-il se maintenir contre une partie de la gauche ? (Photo EJ / Rue89 Strasbourg)

Le président sortant du conseil régional de Lorraine et sénateur Jean-Pierre Masseret (PS) est invité par la droite, les écologistes et même par le Parti socialiste à se retirer, pour ne pas donner les clés de la nouvelle grande région ALCA au Front National. Mais l’intéressé ne veut pas s’y résoudre, et parie sur un sursaut républicain.

À l’issue du premier tour des élections régionales, le Parti socialiste a retiré ses listes des régions où il était « devancé par la droite et où il existait un risque Front National ». Il y aura donc un duel entre la droite et l’extrême-droite en Provence – Côte d’Azur et dans le Nord-Pas de Calais Picardie. Mais pour le moment, pas en Alsace – Lorraine – Champagne – Ardenne (ALCA).

Parce qu’il n’existe pas de « risque FN » ? Avec un score de 36,06% des suffrages exprimés à l’issue du premier tour, loin devant les 25,83% de la liste de droite menée par Philippe Richert (Les Républicains), on pourrait pourtant le croire.

Non, il n’y a pas de retrait socialiste en ALCA tout simplement parce que Jean-Pierre Masseret, dont la liste a atteint 16,7% dimanche, « ne peut pas imaginer qu’il n’y ait aucune voix de gauche dans cette assemblée pendant 6 ans » :

(Vidéo Emmanuel Jacob)

Appels angoissés d’une partie des Socialistes

Le maire de Strasbourg Roland Ries (PS) et le président du conseil départemental de la Meurthe-et-Moselle, Mathieu Klein (PS), ont appelé Jean-Pierre Masseret à prendre la mesure de la menace que fait peser le Front National sur cette région. Et lundi matin, Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire général du PS, a indiqué que Jean-Pierre Masseret devrait se conformer à la décision du bureau national, à savoir se désister.

Ils ont fait leurs calculs et ils ont constaté qu’au second tour, même dans le cas d’un report de toutes les voix de Debout La France (4,78%) et de l’Union pour la République (UPR, 1,23%) sur Philippe Richert, ce qui est loin d’être évident, le Front National serait quand même en tête.

Or la répartition des élus au sein de la future assemblée prévoit qu’un quart des 169 sièges soit accordé à la liste arrivée en tête et que le reste soit réparti en fonction des scores. Autrement dit, avec un Front national à 37% dimanche prochain, les élus frontistes pourraient être 89 à 91 dans la future assemblée, soit en position de majorité absolue. Dans ces conditions, l’hypothèse d’une alliance de gouvernement entre les élus de droite et de gauche s’envole.

Mais le président sortant du conseil régional lorrain et sénateur ne semble pas faire grand cas de ces avis. Il a répondu par sms à Jean-Christophe Cambadélis, indique l’AFP, qu’il ne se désisterait pas. Car pour lui, la gauche n’a pas à « systématiquement se retirer ».

Partie de poker serrée

En fait, Jean-Pierre Masseret se lance dans une partie de poker serrée avec Philippe Richert. Son objectif est que l’ancien ministre alsacien arrive aux mêmes conclusions que lui, c’est à dire que la droite ne peut gouverner seule l’ALCA avec un Front National aussi élevé dans les urnes. Dans ces conditions, Philippe Richert pourrait être tenté d’inclure quelques socialistes sur ses listes de second tour, afin d’additionner les voix de droite à celles de gauche, et arriver ainsi en tête au second tour (41% contre 37%).

Mais Philippe Richert n’a jamais envisagé cette stratégie. Lui dont la carrière s’est quasiment toujours faite dans les campagnes alsaciennes bleu-horizon n’entend pas dévier d’un iota de la course qu’il s’est tracée, qui part d’un large rassemblement du centre et de la droite, devant logiquement mener à la tête de cette grande région. Interrogé dimanche soir, Philippe Richert parle de « 65% des électeurs ne veulent pas du FN » :

(Vidéo Emmanuel Jacob)

Sauf que l’ambiance générale de repli sur soi, la montée des nationalismes partout en Europe, le refus de la réforme territoriale dans les régions et les attentats ont favorisé le vote FN et le vote autonomiste, bien au-delà du niveau que les états-majors avaient anticipé puisque l’extrême-droite est en mesure d’arriver en première position dimanche 13 décembre.

L’appel à une démocratie à la scandinave de Sandrine Bélier

C’est pourquoi Sandrine Bélier (EELV), dont la liste a réalisé le score honorable de 6,7%, appelle à une « coalition démocratique » :

(Vidéo Emmanuel Jacob)

L’ancienne eurodéputée de Strasbourg aimerait que Philippe Richert modifie ses listes pour y inclure quelques socialistes et quelques écologistes, la seule stratégie selon elle pour faire efficacement barrage au Front National à ce stade. Intervenant sur le plateau de France 3 Alsace, Sandrine Bélier en a profité pour glisser à Jean-Pierre Masseret « qu’elle ne rejoindrait pas une liste de gauche qui n’aurait comme finalité que de faire gagner le Front National », histoire d’ajouter un peu de pression au sénateur socialiste.

Les candidats n’ont que peu de temps pour s’accorder, puisque les listes du second tour doivent être déposées mardi midi dans chacun des dix départements de l’ALCA. Une alchimie complexe qui fait dire à Philippe Richert qu’il n’y a plus rien à négocier. Mais avec les autonomistes qui seront bien difficiles à mobiliser et une partie des petits partis de droite qui pourraient voter FN, le chemin de Philippe Richert vers la présidence de la région ALCA se ferme vite.

Au final, Philippe Richert, Jean-Pierre Masseret et Sandrine Bélier devront faire quelques pas les uns vers les autres, s’ils veulent éviter de subir six années de gouvernement FN de la région. Est-ce si difficile ?

(Mis à jour à 8h15 avec les déclarations de Jean-Christophe Cambadélis)

Régionales : le FN à 36% en ALCA, 11 points devant la droite

Régionales : le FN à 36% en ALCA, 11 points devant la droite

Carte : Raphaël da Silva & Tom Wersinger
Traitement des données : Ettore Rizza

Compte-rendu en direct. – Le Front National est arrivé largement en tête du premier tour des élections régionales en ALCA, avec 36,06% des suffrages exprimés. La droite est loin derrière avec 25,83% et les Socialistes sont à 16,11%.

Les résultats définitifs en proportions :
VIDEO. – Pour Philippe Richert, « le Front National a contre lui 65% de la population ».
VIDEO. – Pour Jean-Pierre Masseret, il est exclu que le Parti socialiste se retire, ce qui « supprimerait toute voix de gauche pendant cinq ans de cette région » :  
Résultats définitifs pour ALCA (100% des bureaux de vote saisis) :  
Le PS retire ses listes dans le Nord Pas de Calais et en Provence Alpes Côtes d’Azur (PACA)
Le maire de Strasbourg Roland Ries (PS) demande « en accord avec Bernard Cazeneuve et Manuel Valls » à un retrait de la liste PS de Jean-Pierre Masseret. Il indique avoir « trop de divergences avec Florian Philippot », sur les questions européennes, de réfugiés ou culturelles.
Nouveaux résultats, avec la saisie de 97% des bureaux de vote, 94% des électeurs inscrits.  
À Strasbourg, 124 bureaux dépouillés sur 143 : 31,26% pour Philippe Richert (LR), 22,31% pour Jean-Pierre Masseret (PS), Florian Philippot (FN) 19,29%, Sandrine Bélier (EELV) 11,54%, (Unser Land) 5,74%, Patrick Peron (Front de gauche) 5,05%, Nicolas Jacobelli (Debout La France), Julien Woystyn (Lutte ouvrière) 1,1% et David Wentzel (UPR) 0,97%.
Les régionalistes (Unser Land et alliés) appellent à voter blanc.
Il semble qu’il y ait un écart des membres du PS qui souhaiteraient empêcher le FN de gouverner la grande région grâce à un retrait et ceux de la liste qui souhaiteraient se maintenir et conserver des places.
Participation à Strasbourg : 42,07%
À Strasbourg, 81 bureaux dépouillés sur 143 : 30,85% pour Philippe Richert (LR), 22,23% pour Jean-Pierre Masseret (PS) et Florian Philippot (FN) 19,41%, Sandrine Bélier 11,89% et Unser Land 5,81%
Définitif à Reims, Florian Philippot 29,9%, Philippe Richert 26% JP Masseret 22% Sandrine Bélier 7,58%
VIDEO. – Virginie Joron, candidate Front National dans le Haut-Rhin, se félicite que la campagne de son parti ait porté sur la sécurité :    
A Strasbourg, 24 bureaux dépouillés sur 143 : 27% pour P.Richert, 23% pour JP. Masseret et F. Philippot 21%
Dernière mise à jour des résultats, sans grand changement.
À Strasbourg, 24 bureaux dépouillés sur 143 : 27% pour P.Richert, 23% pour JP. Masseret et 21% pour F. Philippot.
Nouvelle estimation de la préfecture sur la grande région : FN 37,82%, LR 25,22%; PS 15,37% EELV 6,2 DLF 4,95% UL 4,74% FDG 3,02% LO 1,50% UPR 1,09%
Nouvelle mise à jour des résultats sur ALCA avec 90% des bureaux de vote saisis (80% des électeurs inscrits). L’ordre des résultats ne change pas, le FN baisse un peu mais reste très loin devant avec 37,82% des suffrages exprimés. Philippe Richert (LR) n’obtient que 25,22% des suffrages, tandis que Jean-Pierre Masseret passe la barre des 15% ! De son côté, les autonomistes dont Unser Land en Alsace descendent sous le seuil des 5%, nécessaires pour prétendre rejoindre une liste au second tour (et se faire rembourser ses frais de campagne).
Définitif à l’école de Rhin à Strasbourg : 30,72% de participation. Florian Philippot en tête avec 28,64%, suivi par Philippe Richert (20,54%) et Jean-Pierre Masseret (20%).
VIDEO. – Georges Schuler, maire LR de Reichstett, demande aux socialistes de « tirer les conséquences » de ce scrutin, sans pour autant les appeler à se retirer… Il juge les résultats « très durs », y compris pour sa formation.
Dans une mise à jour des résultats partiels, portant sur 86% des bureaux de vote saisis, les résultats ne changent guère : le FN avec FLorian Philippot est à 38%, toujours 13 points devant la droite. Jean-Pierre Masseret (PS) obtient péniblement 15%. &nbsbp;
Réaction de Roland Ries, maire PS de Strasbourg : « Comme beaucoup, je ne peux pas imaginer la grande région aux mains de M. Philippot et du front national. J’appelle donc à tout mettre en œuvre pour éviter ce risque. »
Dans le Bas-Rhin, FN et LR arrivent à égalité selon des résultats partiels. La liste d’Unser Land menée dans le département par Jean-Georges Trouillet réalise un score deux fois supérieur aux sondages avec 11,49%.
Communiqué de Jean-Pierre Masseret, tête de liste du parti socialiste. Ma responsabilité en tant que tête de liste régionale des socialistes, écologistes, communistes et progressistes est de défendre jusqu’au terme de l’élection le projet que nous portons. Notre projet est le seul qui a pris en considération la dimension et les intérêts de notre nouvelle Région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine. Une méthode est proposée. La refondation du fonctionnement de la République sur les territoires en constitue le socle ; la proximité et le pouvoir de décision partagés en sont les moyens. L’élection se fait en deux parties. Ce sont les citoyens qui décident : les électeurs qui participent comme les abstentionnistes. Ce jour, une partie des citoyens s’est exprimée. Mais il y aura un autre jour. D’ici le 13 décembre, il nous revient à tous de responsabiliser celles et ceux qui ont encore choisi de ne pas voter. Pas question de déserter le terrain électoral avant terme. La droite de Nicolas Sarkozy a depuis des années et encore ces derniers jours, ouvert la voie au FN. Elle a assuré et assure la promotion des idées du FN. En région, la méthode de la droite a été d’accumuler les promesses clientélistes sur chaque territoire où elle est passée, sans vision ni méthode pour notre nouvelle région. Je ne laisserai pas la droite et l’extrême droite décider de la vie quotidienne de nos concitoyens ni de l’avenir de nos enfants et petits-enfants.
Dans le Bas-Rhin, une estimation de la Préfecture donne le FN et LR au coude à coude à 34%. Unser Land à 11% et le PS à 7% (comme les écologistes).
Résultats provisoires portant sur la saisie de 76,85% des bureaux de vote, essentiellement ruraux :
    Florian Philippot (FN) : 39,08% Philippe Richert (LR) : 24,78% Jean-Pierre Masseret (PS) : 14,90% Sandrine Bélier (EELV) : 6,13% Laurent Jacobelli (DLF) : 5,15% Jean-Georges Trouillet (autonomistes) : 4,43% Patrick Péron (FdG) : 2,95% Julien Wostyn (LO) : 1,50% David Wentzel () : 1,09%
D’après la préfecture (partiel) F.Philippot (FN) 39%, P.Richert (Rep.) 24%, JP Masseret (PS) 14,7% S.Belier (EELV) 6% Jacobelli (DLF) 5,9%
Estimation : F.Philippot (FN) 35%, P.Richert (Rep.) 26%, JP Masseret (PS) 16,7% S.Belier (EELV) 6,8% JG Trouillet (UL) 5,3 %
Selon un sondage Ipsos de sortie des urnes, le Front National est en tête en ALCA avec 35% des suffrages exprimés. La droite arrive loin derrière avec 26% des voix, tandis que le Parti Socialiste serait à 16,5%. Les écologistes obtiendraient 6,8% tandis qu’Unser Land dépasserait les 5%.
Fébrilité au QG des Républicains (Photo EJ / Rue89 Strasbourg / cc)
Fébrilité au QG des Républicains (Photo EJ / Rue89 Strasbourg / cc)
Selon l’institut IPSOS, la région Alsace Lorraine Champagne Ardenne est la 1ère de France au niveau de l’abstention qui compte 51,7% d’abstention
Selon La Libre Belgique, le Front National et Les Républicains arriveraient en tête en France avec 27% des suffrages exprimés, suivi par le Parti Socialiste avec 23%. Lire l’article en entier.
Un débat avec quelques têtes de listes se tiendra à 22h15 sur la plateau de France 3.
Dans le bureau de vote 402 en milieu d'après-midi (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Dans le bureau de vote 402 en milieu d’après-midi (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
À Strasbourg, la participation en fin d’après-midi (pointée à 16h) est de 33,53%, équivalente à celle des élections départementales à la même heure, et légèrement supérieure à celle des élections régionales de 2010 (32,23%).
En France, le taux de participation à 17 heures s’élève à 43,01%, selon le ministère de l’Intérieur, en hausse par rapport aux précédentes élections régionales de 2010 où ce même taux était à 39,29%. Sur l’ensemble de la région Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne, la participation en fin d’après-midi est de 41,39%, l’une des plus faible de France.
Dans le Haut-Rhin, le taux de participation à la fin de l’après-midi est de 42,35%, en très nette hausse par rapport aux précédentes élections régionales (34%).
Dans le Bas-Rhin, le taux de participation de fin d’après-midi est de 44.37%, en légère hausse par rapport aux départementales (42,5%) mais en nette hausse par rapport aux précédentes régionales (35,46%).
Un ancien ministre, François Loos, assesseur d'un bureau de vote à Strasbourg. Suffisant pour conjurer l'abstention ? (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Un ancien ministre, François Loos, assesseur d’un bureau de vote à Strasbourg. Suffisant pour conjurer l’abstention ? (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
En ALCA, 3,9 millions d’électeurs sont appelés aux urnes…
Panneaux électoraux à Strasbourg (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Panneaux électoraux à Strasbourg (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
(Infographie Loractu.fr)
Selon la préfecture du Bas-Rhin, le taux de participation à la mi-journée est de 14,96%. C’est plus de trois points de moins que lors des précédentes élections, les départementales en mars, où le même taux avait atteint 18,17% et la participation finale s’était établie à 46,12% dans le département. En mars 2014, les élections municipales avaient mobilisé 19,44% des Bas-Rhinois à la même heure tandis que les élections présidentielles de mai 2012 affichaient tout de même 25,21% de participation à 11h. Cependant, ces élections régionales ont mobilisé un peu plus les Bas-Rhinois que les précédentes, en 2010, qui n’avaient attiré que 11,94% des électeurs à la même heure. La participation finale s’était établie à 39,9% dans le département.
Grande région, grands bulletins (Photo PF / Rue89 Strasbourg)
Grande région, grands bulletins (Photo PF / Rue89 Strasbourg)
Dans le Haut-Rhin, la participation à 11h s’est établie à 17,26%, en très nette augmentation par rapport aux précédentes élections régionales où la participation n’était que de 11,50%. À Strasbourg, la participation matinale a été encore plus faible, puisque l’extraction des bureaux de vote strasbourgeois fait apparaître un taux à 11h de 12,9%. Aux départementales, ce même taux était de 14,65% pour une participation finale de 42,78%. Aux régionales, ce taux était de 14,21% pour une participation finale de 40,34%. En France, la participation à la mi-journée est de 16,27%, quasiment identique à celle de 2010.
Le candidat du Front National, Florian Philippot, a voté à Forbach, ville de Moselle dont il a été élu conseiller municipal en mars 2014.
La candidate écologiste, tête de liste en ALCA et dans le Bas-Rhin, Sandrine Bélier, a voté ce matin vers 10h30 à Strasbourg. Les sondages créditent sa liste d’environ 5%. Elle est au coude à coude avec le Front de gauche pour la 4e place de ces élections. https://twitter.com/sandrinebelier/status/673444574233296896/photo/1

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On a trouvé 5 raisons de voter aux élections régionales ce dimanche

On a trouvé 5 raisons de voter aux élections régionales ce dimanche

Elections régionales de 2010 (Photo Clémentine Gallot / Flickr / cc)
Elections régionales de 2010 (Photo Clémentine Gallot / Flickr / cc)

Aujourd’hui, c’est jour de vote. En décembre, on n’a pas l’habitude, mais ce premier tour des élections régionales aidera à déterminer quelle équipe dirigera la future grande région Alsace Lorraine Champagne Ardenne (ALCA) dès le 4 janvier. Alors voici 5 raisons de mettre sa veste et de se bouger jusqu’à son bureau de vote. La soirée électorale sera à suivre en direct à partir de 19h sur Rue89 Strasbourg.

1. Car une région, c’est utile

Les compétences des régions françaises ont été clarifiées et renforcées avec la loi de Nouvelle organisation territoriales de la République (NOTRe) du 7 juillet 2015. Elles s’occupent des transports, des lycées, de la formation professionnelle et de l’apprentissage, du développement économique, mais aussi de l’aménagement du territoire, de l’environnement, de sport, de culture régionale, de tourisme, de relations internationales, d’enseignement supérieur ou de santé. Autant de domaines stratégiques et qui impactent la vie au quotidien. Cet automne, la Région Alsace s’est mise d’accord avec l’Eurométropole de Strasbourg pour que dans l’agglomération, les abonnements TER et CTS soient fusionnés fin 2016.

Avant la loi NOTRe, des missions comme le tourisme ou le développement économique étaient partagées avec d’autres collectivités comme le Département. Les régions sont désormais seules pour en assumer les conséquences et pour plus de cohérence. Les régions récupèrent aussi la gestion des ports, des aéroports, des transports en autocar. Dès le 4 janvier, la nouvelle majorité devra en plus gérer le regroupement de trois régions Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne.

Répartition du budget des 3 régions

Le budget de la future grande région sera de 2,3 milliards d’euros. Le double de l’Eurométropole de Strasbourg. Certains jugent le montant dérisoire par rapport au Bade-Würtemberg en Allemagne et ses 40 milliards, mais les régions françaises ont beaucoup moins de fonctions à assurer. Ce ne sont pas elles qui rémunèrent les enseignants par exemple, mais l’État.

2. Parce qu’il y a des différences entre les partis

Bien que le FN ou d’autres partis se prétendent « hors-système » et affirment que les autres partis sont identiques, chaque formation a ses spécificités. Lorsque nous avons comparé les politiques en Lorraine et en Alsace, nous avons constaté que le PS et « Les Républicains » ont effectué des choix différents : les livres scolaires pris en charge pour tous en Lorraine, quand l’aide est ciblée pour ceux qui en ont le plus besoin en Alsace. Mais dans le cas des apprentis, elle est par exemple plus élevée. Dans cette campagne, Jean-Pierre Masseret s’engage sur la gratuité du transport scolaire, alors qu’il est plus prudent sur le reste, quand Philippe Richert met l’accent sur le développement économique et une taxe sur les poids lourds qui ne font que traverser le Grand Est. En Lorraine, le PS, sous l’impulsion du parti communiste, a mis en place une tarification « solidaire » des trains et pas la droite en Alsace.

Quant au FN, son engagement fort et applicable à la région serait de mettre des patrouilles dans les trains TER. Europe Ecologie Les Verts souhaite flécher l’argent vers la transition énergétique pour créer de nouveaux emplois locaux, le Front de gauche vers les services publics, notamment le transport ferroviaire de personnes et de marchandises, Unser Land souhaite revenir aux trois régions seules avec un projet d’autonomie politique et l’UPR soumettre les grands projets à des référendums. Lutte ouvrière propose même la révolution ! Vous pouvez retrouver le comparateur de programme réalisé par Voxe en cliquant sur cette phrase.

Revoir le débat sur France 3 Alsace entre 5 têtes de liste

3. Car cette fois, plusieurs scénarios sont possibles

Aux départementales de mars, on avait bien trouvé 7 raisons de voter, mais on se doutait un peu que la droite gagnerait en Alsace. Cette fois, le résultat s’annonce serré, surtout que les sondages se plantent souvent.

Qui de la droite ou du FN arrivera en tête au premier tour et avec quel écart ? La gauche peut-elle faire mentir tous les observateurs et s’inviter dans la bataille ? Qui arrivera quatrième entre le Front de gauche et Europe Écologie Les Verts ce qui conditionnera l’avenir des deux formations ? Les autonomistes d’Unser Land et leurs alliés peuvent-ils créer une surprise ? C’est aux électeurs d’en décider ce dimanche.

Et que se passera-t-il après dimanche soir ? Comme à chaque campagne, les candidats ont répété qu’il n’y aurait ni fusion, ni retrait de liste. Une réponse logique pour ne pas démobiliser les citoyens, mais une fois les résultats actés, les renversements sont toujours possibles sous pression de l’électorat et des militants. Bref, beaucoup d’incertitudes pèsent sur ce scrutin et la voix de chacun peut favoriser un scénario plutôt qu’un autre.

Les compétences des conseils régionaux (cliquez pour le voir en grand)
Les compétences des conseils régionaux (cliquez pour le voir en grand)

4. Car depuis plus d’un an, on a beaucoup écrit sur les régions, ce serait dommage de rater la conclusion

Dès l’été 2014, nous vous proposions une « série d’été » sur la Lorraine. Depuis, la Champagne-Ardenne a été ajouté au rassemblement et de nombreux articles ont traité de la réforme territoriale et des ces conséquences. Avant la manifestation du 11 octobre 2014, nous présentions le régionaliste parti Unser Land qui commençait à se structurer. Avec ses alliés (Alliance écologiste indépendante, parti mosellan, parti lorrain) le parti autonomiste est nouveau venu de la campagne et son score reste une énigme. Nous vous avions aussi expliqué la recomposition de la droite alsacienne.

Nous n’avons pas trop fait la chasse aux investitures et candidatures, pour ne pas trop donner une impression de feuilleton et car cela n’est pas possible avec nos faibles moyens. Nous avons préféré des articles détaillés pour faire le point sur les différents enjeux. Parmi les articles notables : une explication de ce scrutin, ses règles et ses enjeux dès septembre, la position des candidats au lendemain la crise des réfugiés, une synthèse de la composition des listes bas-rhinoises, des portraits de Philippe Richert (LR) et Jean-Pierre Masseret (PS), présidents sortants d’Alsace et de Lorraine et candidats, ainsi qu’un comparatif de leurs actions à la même époque. Nous avons aussi décrypté le programme très économique de la droite et celui du Front national peu applicable à la Région, collectivité que le parti n’apprécie guère.

Nous vous avons aussi permis de poser des questions à vos candidats, ce qui sera de nouveau possible entre les deux tours. Et enfin nous avons fourni des explications sur les différences et convergences entre Front de gauche et écologistes, qui n’ont pas réussi à s’allier. On a même rencontré l’UPR, annoncé comme le plus petit parti. Tous ces papiers de fond sont encore d’actualité et si vous avez le sentiment qu’il vous manque l’une ou l’autre info pour faire votre choix, c’est le moment de s’y replonger en cliquant ici.

5. Ça fait une sortie

L’hiver, on passe son temps à l’intérieur et pourtant il faut sortir et s’oxygéner les poumons. Même s’il fait froid, le bureau de vote n’est jamais bien loin et c’est l’occasion de prendre quelques Männele (ou Manala) à la boulangerie du coin pour célébrer la Saint-Nicolas en ce 6 décembre. En mars, il y avait un pic de pollution, mais pas cette fois, alors on met sa veste et on se motive, en famille ou entre amis.

Place d’Austerlitz, les 50 premiers à présenter leur carte d’électeur tamponnée au chalet des vins chauds au blanc d’Alsace de la Tribu des Gourmets reçoivent en cadeau leur premier verre ! Et comme nous sommes à quelques semaines des  fêtes, il s’agit d’un des trois dimanches de l’année où les magasins sont ouverts. Pour ceux qui habitent proche du centre-ville, c’est même l’occasion de se balader dans une grande-île inédite, délestée de toute voiture. Une demande depuis des années, rendue possible en 10 jours seulement. Il faut le voir pour le croire.

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Expérimentez un Noël écologique et festif

Expérimentez un Noël écologique et festif

cadeau noel
Bon cadeau pour un restaurant (photo LH)

Noël, c’est la joie d’être ensemble et le bonheur de faire plaisir mais aussi le symbole de l’hyperconsommation, des cadeaux made in China, et des emballages plastiques à tout va ! Voici quelques idées pour conjuguer écologie et festivité, avec les conseils de la star du mode de vie zéro déchet, Béa Johnson.

Si comme Béa Johnson, vous cherchez à baser votre Noël sur l’être et non plus sur l’avoir, sur les expériences et les moments de vie plutôt que sur les possessions matérielles, offrir des moments de qualité à ses proches peut se réveler une bonne solution.

Les cadeaux d’expérience

« Un bon cadeau pour un restaurant avec deux de ses amis pour ma belle-mère, des bons à dépenser chez le glacier du coin pour nos enfants, un bon pour une journée canyoning lors de nos prochaines vacances pour la famille », Béa Johnson, rencontrée le week-end dernier à l’occasion de sa venue à Strasbourg, me cite quelques cadeaux d’expérience. Puis elle me prévient tout de suite : « si vous souhaitez recevoir des cadeaux d’expérience, donnez des exemples très précis, sinon votre entourage risque de ne pas comprendre ce que cela signifie ».

Concrètement à Strasbourg, cela peut se décliner en un bon cadeau pour un match de la SIG pour le coté sportif, une pièce de théâtre ou une soirée à l’opéra pour la culture, un après-midi spa, une dégustation de vin, ou un diner dans un restaurant gastronomique pour le côté détente et plaisir. Le plus dur est de choisir !

Passer du temps ensemble

Une autre option est d’offrir un moment privilégié, une sortie en tête à tête. « Mes enfants offrent à leur grand-mère une sortie ensemble au café. Elle adore ! » Un cadeau parfait pour nos proches « qui ont tout ce qui leur faut chez eux ».

Le fait-maison

Vous êtes bon pâtissier ? couturière ? Le fait-maison n’est pas uniquement l’apanage des enfants et du fameux collier de pâtes ! Si vous êtes en manque d’idées, Natasha du blog Echos Verts, propose pendant tout le mois de décembre une recette par jour de gourmandises végétaliennes à offrir.

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Confiseries fait maison (photo Echos Verts)

Les cadeaux matériels d’occasion

Vous avez un besoin bien précis ou un de vos proches vous a réclamé un objet particulier que vous aimeriez lui offrir ? Entre Emmaüs, Oxfam, les fripes, Le Bon Coin, eBay, les possibilités sont grandes de trouver l’objet convoité de seconde main. Béa Johnson. conseille même de « choisir un bien d’occasion garanti à vie, comme les sacs de la marque Jansport, ou les vêtements de la marque Patagonia ». Ainsi vous n’avez pas besoin du bon d’achat original pour le faire réparer et remettre à neuf. Surtout lorsque vous offrez le cadeau, n’oubliez pas de le préciser.

Les cadeaux made in France écologiques

Cette dernière section, Béa Johnson n’en a pas parlé pendant notre rencontre. Pourtant, Noël peut aussi être l’occasion de soutenir des entreprises françaises qui œuvrent dans l’écologie.
Pour un beau bijou, la joaillière April Paris réalise de très belles créations en or équitable. Pour des cadeaux plus originaux il en existe une sélection dans la catégorie « COP 21 » du Noel de la French Tech ainsi que dans la catégorie « Nature » du Noel de l’économie Positive où les box Ozetik, que je fabrique, sont recensées. Une façon de soutenir de beaux projets, écologiques et créateurs d’emplois en France.

Enfin à Strasbourg, quelques artisans alsaciens sont présents sur le marché de Noël, comme les ateliers de la forêt qui réalisent de très belles créations de maroquinerie et le talentueux potier Jean-François Pluss de Balbronn, à retrouver place Broglie. Et les 12 et 13 décembre, vous trouverez certainement de beaux cadeaux au marché de Noël des Créateurs Alsaciens hôtel Beaucour à Strasbourg.

Noel-French-Tech
La liste de noël de la French Tech regroupe des start-up françaises innovantes

Un réveillon écologique

Pour finir, un noël écologique, c’est aussi un diner de réveillon pendant lequel on essaie de réduire ses déchets. Privilégiez une jolie nappe en tissus, des serviettes en tissus plutôt qu’en papier, et de vrais verres. Surtout que pour un « cocktail de 50 invités, 25 serviettes en tissus suffiront. alors qu’il en faut 200 en papier ! Les invités respectent beaucoup plus le tissus » confie Béa Johnson.

Et ne succombez pas à la tentation de la vaisselle compostable. Comme le rappelle Béa Johnson, « le mode de vie zéro déchet, ce n’est pas composter plus, mais prévenir les déchets. Réutilisons avant d’acheter quoi que ce soit de jetable. Même s’il va au compost, c’est du gaspillage de créer un objet qui va servir au maximum une soirée ».

Et pour le papier cadeau, pourquoi ne pas emballer ses cadeaux dans un joli tissus carré selon la méthode ancestrale japonaise furoshiki, ou customiser un papier kraft pour un papier recyclable et personnalisé.

emballage cadeau
Emballage Furoshiki à partir d’un tissus aux couleurs de Noël (photo LH)

Entre Famas et allées désertes, drôle d’ambiance au Marché de Noël

Entre Famas et allées désertes, drôle d’ambiance au Marché de Noël

Patrouilles et foule éparse, drôle d'ambiance au Marché de Noël 2015 (Photo CG / Rue89 Strasbourg / cc)
Patrouilles et foule éparse, drôle d’ambiance au Marché de Noël 2015 (Photo CG / Rue89 Strasbourg / cc)

L’état d’urgence fait planer un drôle de calme sur les premiers jours du marché de Noël. Pour les visiteurs qui ont bravé la peur et les dispositifs de sécurité, c’est l’occasion de profiter d’une ambiance de Noël particulière, sans jouer des coudes, entre les gilets pare-balles et les fusils d’assaut.

La capitale de Noël semble tourner au ralenti quelques jours après l’ouverture du marché de Noël. La Ville de Strasbourg et la préfecture ont multiplié les mesures de sécurité pour prévenir tout mouvement de foule en ces temps de psychose post attentats du 13 novembre.

Mais pour l’heure, de foule, il n’y en a pas. Au contraire, une impression de très grand calme saisit le visiteur, mardi après-midi dans le centre-ville de Strasbourg. Les militaires surarmés, les policiers nationaux et municipaux croisent les badauds dans les rues. Parmi eux, personne pour contester les mesures de sécurité, ni même leur ampleur. Les clients des grands magasins se plient sans broncher aux contrôles systématiques des sacs à l’entrée. «Il faut bien ça.»

Sur la place Kléber, les visiteurs continuent de se recueillir à la mémoire des 130 victimes des attentats de Paris du 13 novembre. (Photo CG/cc)
Sur la place Kléber, les visiteurs continuent de se recueillir à la mémoire des 130 victimes des attentats de Paris du 13 novembre. (Photo CG / Rue89 Strasbourg / cc)

Sur la place Kléber, la statue du général de la Révolution transformée depuis les attaques parisiennes en lieu de recueillement à la mémoire des 130 victimes, attire autant les visiteurs que le grand sapin, illuminé quelques dizaines de mètres plus haut.

Parfois, le passage d’un groupe de touristes étrangers vient réveiller la place pour quelques minutes. Tom Anthony est venu d’Inde avec sa famille. Strasbourg est une étape dans leur séjour en France. Comme toutes les personnes croisées au cours de notre promenade, le père de famille indien n’a subi aucun contrôle lors de sa visite du centre-ville. Et la présence des forces de l’ordre le rassure mais ne l’impressionne pas. « Là d’où nous venons, la pression sécuritaire est bien plus forte. Nous n’aurions pas pu traverser une telle place sans nous faire contrôler…»

Quelques touristes se photographient devant de grand sapin. (Photo CG/cc)
Quelques touristes se photographient devant de grand sapin. (Photo CG / Rue89 Strasbourg / cc)

« Comme dans les pays de l’Est dans les années 1960 »

Plus loin, les bouquinistes font grise mine. « La fréquentation n’a aucun rapport avec les autres années. Les gens ont peur de venir, ils se disent qu’on ne sait jamais », se désole Francis. « On se croirait dans les pays de l’Est dans les années soixante.» Son collègue confie que les policiers font du zèle et exigent parfois de contrôler les caisses de livres rangées sous les stands.

Malgré leurs badges donnés par la Ville, les marchands ne peuvent pas approcher leurs camions avant 20h pour remballer. La veille, l’un d’entre eux a quand même tenté le coup et s’est fait poursuivre par les policiers.

Francis, bouquiniste, a du mal à faire valoir son badge de commerçant pendant le marché de Noël. (Photo CG/cc)
Francis, bouquiniste, a du mal à faire valoir son badge de commerçant pendant le marché de Noël. (Photo CG / Rue89 Strasbourg / cc)

Pas de voitures sur la grande-île. C’est le mot d’ordre. Au Pont du Corbeau, le barrage filtrant de la police nationale n’a pas encore été mis en place dans la matinée. « Les CRS ont beaucoup de missions à remplir en même temps », justifie un policier municipal. Du coup les automobilistes, bloqués à l’entrée de la rue du Vieux-Marché-aux-Poissons, peuvent s’engager rue de la Douane.

Et malgré l’interdiction de stationner, quelques voitures y sont encore garées. Dont celle de Sophie, qui a négocié de rester cinq minutes pour récupérer sa fille à la crèche. Pour les autres, c’est la fourrière.

Une voiture se fait embarquer par la fourrière rue de la Douane. (Photo CG/cc)
Une voiture se fait embarquer par la fourrière, rue de la Douane. (Photo CG/Rue89 Strasbourg / cc)

Passages en chenille des check points

Pour rire un peu de la situation, un collectif a organisé un concours de « passage de check points » : chenilles, moowalk et pas chassés pour dérider les militaires et tester « cette nouvelle tradition du Marché de Noël » indique Guillaume, l’un des instigateur de l’événement « un check point presque parfait » :

« On a testé la qualité de l’accueil, le glamour des palpations et la rapidité des contrôles. Bilan : 8 sourires de militaires récoltés et une info : ils connaissent les paroles de la chenille de Bezu.»

Passage en chenille des points de contrôle ? Check. (doc remis)
Passage en chenille des points de contrôle ? Check. (doc remis)

Strasbourg 2015 souvenir ! (doc remis)
Strasbourg 2015 souvenir ! (doc remis)

Poussettes et vélos entre les chalets

Autour de la place du Marché-aux-Cochons-de-Lait, l’ambiance de Noël nous gagne enfin. Pas un policier à l’horizon, les odeurs de vin chaud et la décoration des magasins l’emportent, sur le court chemin qui mène au marché de la Cathédrale. Mais très vite, l’uniforme refait son apparition, entre les chalets.

À l’intérieur, les marchands attendent le client. À l’entrée de la cathédrale, deux agents de sécurité vérifient les sacs des visiteurs. Nadine n’a pas eu de chance. Le chalet de cette exposante venue de Clermont-Ferrand se trouve juste en face de l’habituelle sortie de l’édifice. Mais cette année, la sortie a été transférée place du Château pour limiter les attroupements. Pas un chat à l’horizon. Comme elle, Souane « subit ». « C’est la première année que je vais avoir des dettes, c’est la catastrophe », prévoit la vendeuse d’objets en bois.

Au marché de la Place Broglie, on peut même amener son vélo. (Photo CG / cc)
Au marché de la Place Broglie, on peut même s’y promener à vélo. (Photo CG / Rue89 Strasbourg / cc)

Place Broglie, le traditionnel Christkindelsmärik est tout aussi calme. Derrière les stands de saucisses et de vin chaud, le personnel attend bras croisés, regards dans le vide, que le temps passe. « Il faut dire aux gens qu’ils peuvent venir », conjure Micheline.

Pour les quelques visiteurs qui se sont aventurés dans les allées dégagées, les conditions sont idéales pour profiter du spectacle et chiner quelques décorations, loin du bain de foule habituel. Quelques parents promènent leurs petits en poussettes, sans encombre. Un enfant conduit tranquillement son tricycle entre les chalets.

Place Broglie, pas la peine de jouer des coudes pour choisir ses décorations de Noël; (Photo CG/cc)
Place Broglie, pas la peine de jouer des coudes pour choisir ses décorations de Noël; (Photo CG/cc)

Maurice fait aussi son petit tour, sans angoisse. « Toutes ces mesures de sécurité, ça me fait bien rire. Samedi au pont de Kehl, il y avait des militaires avec des mitraillettes pour contrôler les voitures. Il y avait tellement de bouchons que j’ai préféré contourner par la frontière au niveau d’Erstein, et là je n’ai vu aucun contrôle. C’est absurde !»

Le souffle magique de Nacho Flores, en équilibre au Théâtre de Hautepierre

Le souffle magique de Nacho Flores, en équilibre au Théâtre de Hautepierre

"Tesseract" de Nacho Flores, création à venir au Théâtre de Hautepierre (Photo Andrea Macchia)
« Tesseract » de Nacho Flores, création à venir au Théâtre de Hautepierre (Photo Andrea Macchia)

Les arts du cirque sont à l’honneur de plusieurs structures culturelles en ce mois de décembre à Strasbourg. Tesseract, moment magique d’équilibres sur cubes de bois, ouvre le bal au Théâtre de Hautepierre du 8 au 18 décembre. Présentée par le Maillon et les Migrateurs, la création se donne pour mission de mettre le monde en suspension, pour petits et grands.

La présence de Nacho Flores à Strasbourg est un événement. Cet ancien informaticien maîtrise l’art de la reconversion professionnelle : sa nouvelle profession d’équilibriste le porte au sommet du cirque européen. Son spectacle précédent, appelé Le Bonhomme, lui a permis d’explorer un nouvel art d’équilibre qui lui a valu plusieurs récompenses prestigieuses comme celle du Trophée du Cirque du Soleil.

Il est aussi l’un des 7 lauréats du programme de coopération européenne Circus Next, qui repère et accompagne les nouveaux acteurs du cirque contemporain en Europe, et dont l’association strasbourgeoise « Les Migrateurs » font partie. Jean-Charles Hermann, directeur des Migrateurs, explique en quoi la démarche de Nacho Flores est singulière :

« Il a commencé par apprendre l’équilibre sur fil de fer. Il s’est ensuite déporté de cet agrès pour inventer un langage particulier : l’équilibre sur cubes de bois. Il est ainsi devenu un équilibriste précieux et unique. Il a fait le tour du monde avec son numéro du Bonhomme. Tesseract est né de là. Le spectacle va plus loin que la pure pratique de l’équilibre : c’est aussi le parcours intérieur de l’homme de la naissance à la mort. Le spectacle est drôle, décalé, extraordinairement profond. L’équilibre est alors une métaphore de la nature humaine : c’est l’énergie qui nous pousse à tenir. »

C’est aussi la présence de Nacho Flores, entre autres, qui permet aux Migrateurs de structurer cette saison 2015-2016 autour des questions d’équilibres et de déséquilibres.

L’équilibre, un défi aux lois de la physique

« Tesseract » est le nom scientifique de l’hypercube, c’est à dire la quatrième dimension mathématique, c’est à dire aussi une certaine représentation du temps. L’ancien Nacho Flores ingénieur informaticien n’est plus bien loin de l’équilibriste d’aujourd’hui lorsque l’on considère la genèse du spectacle Tesseract.

Il revendique de ne travailler qu’avec des formes géométriques, et d’utiliser le cube comme un « élément de base, un atome » à partir duquel construire son propos. Les lois de la physique et des mathématiques donnent le ton, la matière première. L’idée étant bien sûr de les utiliser pour mieux les défier, les contourner, les dénoncer, – même par le biais du mapping vidéo.

Nacho Flores se réclame d’une magie sans trucage, un équilibre sans filet : l’art du cirque est là, plein et entier. Rien ne retient les cubes empilés, sinon la force qui leur est appliquée par l’artiste lui-même. Il s’agit donc avant tout d’une prouesse physique chaque soir renouvelée, réalisée grâce à un entrainement quotidien et à une maîtrise totale de la respiration. Il confie lors d’un entretien au magazine Novo :

« Quand je respire pour faire l’équilibre, j’adore ressentir cette empathie totale avec le public. Tout le monde respire avec moi. Il y a cette connexion pulmonaire hallucinante. Il y a sans doute d’autres manières d’entrer en connexion avec le public, comme le rire ou la parole, mais pour moi cela passe vraiment par cette respiration au moment de l’équilibre. À ce moment-là, nous sommes tous les mêmes. »

Résidence à Strasbourg, rencontres et pratiques communes

La présence de Nacho Flores à Strasbourg fait l’objet d’une résidence, non seulement de création, mais aussi, comme l’affirme Jean-Charles Herrmann, d’une « vraie grande résidence artistique et culturelle : 8 jours dédiés à des rencontres avec des lycées et des collèges, pour une initiation à la pratique de l’équilibre. »

Ancrée dans le quartier de Hautepierre, cette résidence est aussi le résultat d’un « travail sur la durée entre les Migrateurs et le Maillon », comme le disait Bernard Fleury lors de la présentation de la saison 2015-2016 du Maillon. Si cette expérience de forte densité d’ateliers juste avant une création est plutôt un défi supplémentaire pour Nacho Flores, elle est chère au cœur de Jean-Charles Herrmann :

« Lorsque l’on fait l’expérience de la pratique de l’équilibre, on saisit mieux ce que cela signifie, physiquement, intimement parlant. Cela permet un dialogue plus construit, après, autour du spectacle. »

Magie garantie sans trucages (Photo Andrea Macchia)
Magie garantie sans trucages (Photo Andrea Macchia)

Voir (et donner à voir) le quotidien autrement, plus fort, plus grand et plus loin, – repousser les limites -, tel est le credo de Tesseract. C’est aussi l’objectif de cette résidence à Hautepierre et sur Strasbourg, qui veut recréer du dialogue par une pratique commune. Peut-être qu’en réunissant un artiste et des citoyens autour d’un très petit dénominateur commun,- la respiration -, on peut relever le défi de mettre de l’élégance et de la légèreté dans cette période sombre à bien des égards. Voilà une expérience qui vaut le détour.

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Que dit l’UPR, le plus petit parti des élections régionales ?

Que dit l’UPR, le plus petit parti des élections régionales ?

L'UPR, le parti qui monte malgré le silence des médias veut sortir de l'Europe et plus de référendums (photo UPR)
L’UPR, le parti qui monte malgré le silence des médias veut sortir de l’Europe et plus de référendums (photo UPR)

Comme Unser Land et ses alliés, l’Union populaire républicaine participe pour la première fois à des élections régionales. Résolument anti-euro, anti-Otan et anti-Union européenne, la liste menée par le Vosgien David Wentzel veut « redonner la parole aux citoyens », notamment à travers des référendums.

En 2008, David Wentzel (30 ans) était géomètre. Avec la crise, il a perdu son emploi dans les Vosges. Il n’a jamais retrouvé d’emploi dans son secteur. Jamais encarté, il s’est intéressé à la politique en 2011 :

« Comme j’étais au chômage, j’avais un peu de temps pour m’intéresser aux élections présidentielles. Lors des meetings en vidéo je trouvais que tous parlaient à quelques mots près, d’écologie, d’emploi et de services publics, mais il n’y avait rien de concret. Youtube m’a alors recommandé une vidéo du programme de François Asselineau. Déjà, j’étais surpris, car celle durait 5 heures, là où les autres faisaient 40 minutes. Et il parlait de l’influence de l’Europe et des États-Unis sur nos sociétés contrairement aux autres. Puis j’ai un peu vérifié et cela allait encore plus loin que ce qu’il dit. Nos choix sont volés. »

Sur le site de l’UPR, cette conférence fleuve est autoproclamée de « programme politique le plus puissant depuis 1958, le vrai programme de libération que tous les Français attendent. ». L’UPR dit s’inspirer du Conseil National de la Résistance, qui avait réuni toutes les tendances politiques. Le parti milite pour un retrait unilatéral de la France de l’Otan, de l’UE et de l’euro.

François Asselinau, un chef de file contesté

Son président François Asselinau, candidat en Ile-de-France, est une personalité contestée. À France TV info, qui a produit un long portrait sur lui, il dit par exemple ne pas exclure que les attentats en France soient commandités par le FBI, citant un rapport de Human Rights Watch. Cet énarque de 58 ans qui a eu une longue carrière politique à droite voit aussi l’influence des États-Unis dans le logo UMP… « Toutes nos déclarations sont sourcées, c’est la marque de fabrique de l’UPR », répond aux accusations de thèses complotistes, Candice Vetroff, responsable de l’UPR dans le Bas-Rhin qui revendique 110 adhérents.

Pour David Wentzel, l’influence de l’Union européenne, on la retrouve dans cette réforme territoriale :

« En 2014, la Commission européenne a publié 8 grandes orientations de politique économique (GOPE) et 7 ont été appliquées en France, dont des régions plus grandes et plus puissantes. Les autres sont souvent reprises dans la loi Macron. Il peut y avoir de bonnes choses, mais il n’y a pas de raison que l’Europe et ses dirigeants non-élus décident à la place des citoyens. La seule orientation non-appliquée est la privatisation de l’assurance maladie et encore beaucoup d’économistes poussent dans ce sens sur les plateaux télés. En renforçant l’Europe, les régions et les intercommunalités, on éloigne les citoyens des centres de décision. Les citoyens ne votent plus pour les choix stratégiques, d’où un désintérêt croissant et l’abstention. »

La composition de la Commission européenne est pourtant votée par les députés européens, eux-même élus. « Lors des élections présidentielles, on ne parle jamais des ministres et commissaires qui travailleront au niveau européen, alors que c’est ce qui a le plus d’impact sur nos vies », poursuit David Wentzel.

La crise grecque, où les dirigeants européens ont fait comprendre que des choix démocratiques ne pouvaient remettre en cause les règles européennes ont fini de convaincre les militants UPR de la nécessité d’un retrait. « On resterait lié à d’autres pays par 6 000 traités bilatéraux, ce n’est pas un projet de repli sur-soi », complète David Wentzel. Difficile de classer le parti politiquement, puisqu’il veut soumettre les grandes politiques à un référendum, comme pour l’immigration, car cela « divise les français et c’est l’Europe qui gère les orientations avec des quotas ».

Pour la Région des idées de tous les partis et surtout des référendums

Et en cas de sortie de l’Europe, l’utilisation du siège du Parlment européen à Strasbourg est toute trouvée : y transférer le siège de l’UNESCO à Paris qui devient sous-dimensionné. Mais sortir de l’Europe n’est pas du pouvoir d’une région. David Wentzel le sait et assume :

« On ne s’en cache pas, en présentant des listes dans les 13 régions, le premier but est de nous faire connaître. Nous n’avons pas de proposition sur les transports, car ce sont des grands projets coûteux et nous voulons trancher ces décisions par référendum, sur internet pour que ça ne coûte pas trop cher. Sinon, nous avons d’autres propositions issues de plusieurs partis : développement du numérique, maisons de santé, développement d’AMAP pour favoriser l’agriculture locale, etc. »

Le parti qui « monte malgré le silence des médias »

Comme nom de liste, l’UPR a choisi « Le parti qui monte malgré le silence des médias », ce qui nous a fait tiquer :

« Sur les régionales nous avons été bien couverts. Cela fait davantage référence aux médias nationaux. Nous avons plus de 9 000 adhérents, c’est autant que le Front de gauche, le double d’EELV et le NPA en compte 2 000. Pourtant ces partis sont plus souvent invités dans les émissions. »

Comme objectif, David Wentzel se fixe un score supérieur aux 0,36% obtenus aux élections européennes de mai 2014.

Aller plus loin

Sur Questionnez vos élus : les réponses de David Wentzel à vos questions
Sur Marianne.fr : Qui est vraiment l’UPR ?

Sur Rue89 Strasbourg : comparez le programme de l’UPR avec les autres candidats (avec Voxe)
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Régionales : écologistes et Front de gauche, la bataille de la quatrième place

Régionales : écologistes et Front de gauche, la bataille de la quatrième place

Sans accord électoral, la candidate d'EELV Sandrine Bélier et celui du Front de gauche Patrick Peron bataillent pour la quatrième place des élections régionales (photos équipes de campagne)
Sans accord électoral, la candidate d’EELV Sandrine Bélier et celui du Front de gauche Patrick Peron bataillent pour la quatrième place des élections régionales (photos équipes de campagne)

En cette fin de campagne des régionales, des électeurs de gauche qui ne se retrouvent pas dans le PS s’interrogent. Faut-il voter pour le Front de gauche ou Europe Écologie Les Verts ? Des similitudes de programme existent, mais les partis se distinguent par leur vision de la société, ordre des priorités et cultures politiques. Le résultat de dimanche peut avoir beaucoup d’impact sur l’avenir des deux formations.

Les troupes sont fatiguées. L’hiver, l’approche des fêtes, une septième campagne depuis 2012 en Alsace (législatives et présidentielles en 2012, conseil unique en 2013, municipales et européennes en 2014, puis départementales et désormais régionales en 2015) et enfin les attentats du 13 novembre ont usé les membres du Front de gauche (FDG) comme ceux d’Europe Écologie Les Verts (EELV). Contrairement aux partis plus installés, beaucoup de militants et candidats sont bénévoles et n’ont pas de mandat rémunéré ou d’emploi de collaborateur d’élu.

EELV et FDG sont annoncés au coude-à-coude en Alsace-Lorraine-Champagne Ardenne (ALCA), mais l’issue du scrutin régional fera bouger le rapport de force entre les deux formations.

Chez EELV, la société changera avec la transition écologique….

Bien que des alliances « pastèque » – comprenez vert à l’extérieur et rouge à l’intérieur – existent, FDG et EELV n’ont pas la même vision de la politique. Depuis 2009 et la création du rassemblement « Europe Écologie » autour de Daniel Cohn-Bendit, qui s’est fondu avec « Les Verts » pour devenir EELV (dont le point d’orgue sont les 16% obtenus aux européennes 2009), la formation prône une écologie politique de réformes.

Ces changements peuvent s’inscrire dans l’économie capitaliste actuelle, quand bien même des adhérents d’Europe Écologie souhaitent bouleverser l’ordre établi à plus long terme. Le mode de pensée est que la transition énergétique appellera une nouvelle société, avec notamment plus de circuits courts et de solidarités, mais dans une économie ouverte sur l’Europe.

Voilà pour l’esprit Europe Écologie, dont la tête de liste dans le Grand-Est Sandrine Bélier (43 ans) est issue. Mettre les divergences de long terme (comme celles sur la Constitution européenne de 2005) de côté pour favoriser des projets communs et réalistes. Cette vision séduit la juriste strasbourgeoise lorsque Daniel Cohn-Bendit la sollicité pour s’engager en 2009 à ses côtés. Mais comme l’élan de 2009 est retombé, cet esprit s’est un peu fracturé au plan national cet été. Des scissions qui rejaillissent au niveau local.

En ALCA, 4 conseillers régionaux sortants sur les 20 dans les trois régions ont suivi le PS, « pour sauver leur place », soupire Sandrine Bélier. Et seuls 4 sortants, dont 3 en Alsace, ont suivi la liste autonome EELV. Les autres arrêtent la politique.

… tandis qu’au Front de gauche, c’est l’inverse

Au Front de gauche, la priorité est une refonte en profondeur de la société, même si le parti propose aussi des solutions « d’urgence » applicables au monde capitaliste (contrairement au parti Lutte Ouvrière sur sa gauche avec qui les contacts sont inexistants). La « planification » (là où EELV parle de transition) écologique découlera des changements souhaités par le FDG, mais n’en est pas la cause.

Les trois formations (Parti de gauche, Parti communiste et Gauche unitaire) ont leurs divergences, mais à force de compromis ou de subtiles positions communes, l’union est possible. En Alsace, le Parti communiste (PC) n’est pas contre l’idée d’un contournement autoroutier de Strasbourg (GCO), à l’inverse du parti de gauche (PG), mais s’oppose au montage actuel (autoroute payante et réalisée par l’entreprise Vinci). Sur le nucléaire, les deux partis s’accordent sur un référendum, bien que chacun y défendrait une position différente.

Lors de ces élections régionales, le Front de gauche fait campagne sur la défense des services publics, l’égalité des territoires, renforcer l’engagement citoyen dans la démocratie locale, le régime local qui serait menacé par les nouveaux accords d’entreprises ANI ou encore la sauvegarde des emplois industriels. « Ce n’est pas pour opposer un type d’emploi à un autre, mais un emploi industriel génère 4 emplois. Il y a des créations de postes dans les services, mais ils n’ont pas compensé la perte subie depuis 2008 », appuie Hülliya Turan, numéro 2 dans le Bas-Rhin et issue du PC. Lors de sa campagne, Sandrine Bélier a résumé cette divergence par la formule « Au grand soir, je préfère les petits matins où l’on va travailler ».

Les listes avaient pourtant des points communs

Pour autant, plusieurs passerelles programmatiques entre EELV et le FDG existent. « Sur les transports et l’économie sociale et solidaire, on aurait pu se mettre d’accord », explique Sylvain Brousse, tête de liste départementales dans le Bas-Rhin.Dans le Nord et en Rhône-Alpes, EELV et le parti de gauche font liste commune, là où le PC est parti seul. Sur le tract rouge du Front de gauche, qui avec ses deux alliés supplémentaires (le MRC et la NGS) s’appelle « rassemblement communiste écologiste et citoyen », on retrouve même des couleurs vertes, une nouveauté.

L’insistance de Patrick Peron sur l’importance des réouvertures de lignes ferroviaires, de l’augmentation des transports en train, pour les marchandises comme les passagers – pour défendre son électorat historique de cheminots – donne à son programme une tonalité environnementale  qui parle aux Verts de gauche.

Côté EELV, pour être plus audible, à gauche mais aussi au centre, la lutte contre le chômage est l’axe fort de la campagne. Le parti veut montrer que ses propositions créent des métiers de demain, dans les énergies renouvelables (7 000 emplois sur 5 ans), la rénovation énergétique (5 000 sur 3 ans), via l’agriculture biologique (500 installations par an, soutenues à travers les cantines scolaires), qui nécessitent plus de main-d’œuvre. « C’est la priorité des citoyens », justifie Sandrine Bélier.

Absents sur les questions de sécurité

« Cela peut paraître nouveau, mais elle a toujours porté l’emploi dans ses campagnes et lors de son mandat de députée européenne que ce soit pour les industries et grâce à la défense de biodiversité », note Éric Schultz, adjoint au maire de Strasbourg (EELV) et qui fut son directeur de campagne en 2008 et 2014. Sur le refus de l’austérité, thématique chère à la gauche radicale, le parti ne se positionne pas. Sandrine Bélier parle d’économies de facture à travers la rénovation énergétique des bâtiments.

Mais après les attentats, les propositions des deux partis sont devenues secondaires aux yeux des citoyens par rapport aux questions de sécurité, même si elles ne relèvent pas des régions. Les écologistes avaient pourtant un argument à faire valoir face au terrorisme : diminuer notre consommation de pétrole, c’est moins d’argent pour les financeurs du terrorisme. Mais la liste a jugé qu’un tel message aurait été indécent et déformé, alors Sandrine Bélier s’y est opposé :

« Avec les raccourcis médiatiques le message aurait été “en prenant sa voiture on favorise le terrorisme”. C’est d’abord le temps des réponses sécuritaires, qui sont du ressort de l’État qui a décrété l’état d’urgence. Le temps de l’explication viendra plus tard. Mais avoir un emploi est aussi une forme de sécurité, un moyen sur laquelle la région a des pouvoirs en favorisant l’économie locale. »

Départementalistes nationaux contre régionalistes européeistes

Concernant l’organisation des institutions politiques, Front de gauche et EELV s’opposent également. Les premiers pensent que les pouvoirs politiques doivent relever de l’État, du département et des communes. Chez EELV, on croit au contraire qu’il faut transférer plus de moyens à l’Europe, aux régions et aux intercommunalités. De fait, le Front de gauche, qui refuse la « mise en concurrence des régions » n’est pas un grand fan des régionales. Partir seul permet d’être plus de temps de parole sur ses idées nationales : les surpressions d’emploi à Air France, l’interdiction des licenciements, comment partager les richesses différemment…

En 2010, les communistes étaient en revanche partis avec le PS dès le premier tour en Lorraine et Champagne-Ardenne. Ils l’avaient emporté et dirigé les régions avec les écologistes. « La configuration politique était différente », justifie Sylvain Brousse, qui était à l’époque au PS. Mais seuls trois sortants des deux régions font campagne avec le FDG quand 4 communistes sont restés avec le PS.

Au contraire du Front de gauche, Sandrine Bélier a présenté un programme taillé pour la grande région, un espace qu’elle connait bien, puisqu’elle en fut eurodéputée (avec la Bourgogne et la Franche Comté) entre 2008 et 2014. Ses propositions sur l’emploi sont chiffrées et correspondent aux compétences de la Région. Ses plans d’investissement ne concernent qu’un petit pourcentage du budget et s’appuient sur des effets de levier « ouverts aux financements privés, associatifs et citoyens », dixit son programme.

Contrairement au Front de gauche, elle ne se bat pas contre la baisse des dotations, car elle sait que c’est une politique du gouvernement et qu’un infléchissement n’est pas prévu d’ici 2017. Mais lors de notre rencontre, elle se demande si « l’honnêteté et le sérieux paie » quand elle voit le succès du Front national dans les sondages.

Des cultures politiques pas toujours compatibles

Enfin, les deux rassemblements sont issus de cultures politiques différentes. En Alsace, l’écologie est issue d’une culture centriste. Antoine Waechter (tête de liste Haut-Rhinoise au nom du Mouvement écologiste indépendant, MEI) avait fait scission des Verts dans les années 1990, justement car il ne voulait pas que le parti se positionne proche des valeurs de gauche.

Plusieurs élus installés sont empreints de légitimisme et de respect des institutions. Ils n’apprécient pas toujours d’être associés aux Zadistes (occupants d’espaces naturels menacés), quand bien même certains des militants seraient tentés par l’aventure sur le tracé du futur GCO. Pour le Front de gauche, très influencé par le modèle de la lutte des classes, la contestation est un moyen d’obtenir des avancées sociales et sociétales.

Fidèle à son modèle étatiste, le Front de gauche est une alliance très centralisée, où les stratégies sont décidées à Paris, tandis qu’à EELV on préfère s’adapter au niveau local. Dès le mois de mai, les écologistes des trois régions ont voté pour une candidature « autonome » à 70% (et encore plus en Alsace) pour ces élections. Sandrine Bélier a alors mené des négociations sur le modèle du maire écologiste de Grenoble Éric Piolle, où de nombreuses formations de plusieurs bords se sont agrégées à sa dynamique.

Antoine Waechter, pas compatible avec la gauche

Mais ce modèle n’a pas pu être reproduit, en partie pour des raisons de places et de personnes, reconnait-on des deux côtés. La personnalité d’Antoine Waechter a échaudé les partenaires de gauche. Même dans les méthodes de négociations, les différences culturelles ont ressurgies.

Malgré ces différences, les deux formations ont conclu un pacte de non-agression. « On peut toujours trouver des différences, culturelles ou politique, mais dans le cadre d’un projet pour diriger une région, qui ne changera pas le fonctionnement de la France et de l’Europe, on aurait pu se mettre d’accord. C’était aussi ça l’esprit Europe Écologie », regrette un militant EELV.

La grande région semblait taillée pour un tel accord : en Alsace, les écologistes sont bien implantés avec 8% aux dernières européennes, tandis que les bassins les bassins ouvriers de la Lorraine et de Champagne-Ardenne restent des bastions de la gauche radicale. De longues négociations avaient été menées à l’été. « Même si les reports de voix ne s’additionnent pas totalement, certains sondages laissent envisager un score autour de 13% », remarque le même écologiste déçu.

Aujourd’hui, chaque camp estime que l’autre aurait pu faire plus d’efforts. « On avait cédé la tête de liste régionale et bas-rhinoise, mais ils proposaient davantage un ralliement qu’un rassemblement », conclue Hülliya Turan.

Les deux partis à un tournant

Si l’objectif annoncé est de 10% pour pouvoir choisir son destin au second tour (et aussi se poser beaucoup de questions, notamment si le Front national arrive en tête), d’autres sondages placent parfois les deux partis sous les 5%. Cela signifierait d’une part l’impossibilité de fusionner les listes, et d’autre part, le non-remboursement des centaines de milliers d’euros de frais de campagne, ce qui obérerait les finances de ces formations.

Certains se surprennent même à souhaiter ce scénario en se disant que cela poussera à l’union la prochaine fois. Car indépendant, les partis ont peiné à peser sur la campagne. Seule Sandrine Bélier se console « que tout le monde parle d’écologie, même s’ils sont peu à la mettre en oeuvre dans leurs mandats ». Celui qui arrivera en tête dimanche soir risque de dire à son partenaire qu’il fallait l’écouter. Car dès 2016, les deux formations reprendront les discussions.

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Punk, do it yourself et musique : Paye ton Noël allume Strasbourg jusqu’au 19 décembre

Punk, do it yourself et musique : Paye ton Noël allume Strasbourg jusqu’au 19 décembre

Paye ton Noël 2015
Le festival Paye ton Noël se déroule du 4 au 20 décembre à Strasbourg (Doc. remis)

Comme tous les ans, avec le festival Paye ton Noël mitonné aux petits oignons par l’association Pelpass, c’est un autre Noël qui se déroule à Strasbourg. Hors des sentiers battus et rebattus par le traditionnel Christkindelsmärik. Tout en musique, concerts, films, performances et esprit punk. À savourer dès ce soir et jusqu’au 20 décembre.

Un père Noël pirate, torse nu, à la tronche patibulaire mangée par une barbe blanche fournie. Un tricorne, une pipe, des tatouages, une épée et un pistolet viennent compléter ce tableau pour le moins atypique… Le voilà, l’esprit de Noël assaisonné par l’association Pelpass. Et pour cette 9è édition prévue jusqu’au 20 décembre en douze lieux différents de Strasbourg (place de Zürich, Camionneur, Molodoï, MAMCS, Semencerie, entre autres), le menu promet d’être bien relevé. Rue89 Strasbourg vous propose une sélection non exhaustive des incontournables de ce millésime 2015.

Place de Zürich : spectacles de rue, bonne bouffe, ateliers et concerts pendant 3 jours

Pour bien entrer dans le vif du sujet, rendez-vous dès cet après-midi à la Krutenau. À partir de 16h, manuels et créatifs pourront s’essayer au bricolage et à la confection de cadeaux de Noël personnels et personnalisés en venant aux ateliers DIY (ces ateliers se dérouleront aussi le samedi 5 et dimanche 6 décembre de 14h à 18h). Débarquera ensuite à 19h l’incarnation d’un médium à l’ancienne pour se faire l’écho de petits mots et annonces : le crieur public de la Croix-Rousse sera dans la place (de Zürich). La soirée se poursuivra avec la compagnie de théâtre Les Têtes d’Affiche (avec Le Noël de Snoutch) et la rappeuse britannique Yarah Bravo en concert gratuit.

À noter aussi le samedi 5 décembre, le concert bluegrass tendance cajun de Rye Whisky (tout un programme) ainsi que le collectif de musique carribéenne Cumbiambé ; le dimanche 6 décembre, Pelpass donnera carte blanche au collectif d’artistes strasbourgeois OFF pour une programmation de 12h à 21h, entre cirque, musique, sculpture, marionnettes et chanson russe.

Canoan contre le roi Vomiir : une série en 4 épisodes

Du 8 au 11 décembre, en 4 lieux différents (MAMCS, Camionneur, ENSAS, Semencerie), la compagnie Spectralex proposera chaque soir un épisode de son spectacle Canoan contre le roi Vomiir, une histoire épique au temps des mythes où l’absurde se mêle à l’étrangeté. Sur scène, un seul comédien, Arnaud Aymard, qui incarne des dizaines de personnages. Chacune des quatre soirées proposées se conclura par un concert (l’électro-rock belge de Deadwood le 8 décembre, l’éthio-jazz-rock de Ukandanz le 9, l’électro animale de Super Parquet le 10 et l’électro-hip hop austro- sud africain d’Okmalumkoolkat le 11).

Les concerts au Molodoï du 17 au 19 décembre

C’est une tradition du festival Paye ton Noël : faire la fête en musiques trois soirs et trois nuit durant pour s’acheminer comme il se doit vers les fêtes de Noël en famille, la tête à l’envers et les tympans et l’esprit nourris de bonnes ondes. L’affiche de ces trois soirées explosives regroupe 23 noms, entre rock, électro, jazz, fusion, dub, techno, swing, rap, balkan beat et bass music. En somme, du bon son pour tous ! En voici trois extraits en guise de bref aperçu du programme : l’électro dansante et groovy de l’Allemand Mollono Bass le 17 décembre :

Le reggae dub mâtiné de hip hop du tandem français de beatmakers L’Entourloop, le 18 décembre :

Et le Gypsy Sound System Orkestra et son électrisante folie balkanique portée par DJ Olga, le 19 décembre :

Enfin, pour respecter pleinement la tradition du festival Paye ton Noël, une soirée Barathon aura lieu le 14 décembre (4 bars et 4 concerts en 4 heures) et c’est la soirée Paye ta raclette qui viendra refermer cette 9è édition de Paye ton Noël le dimanche 20 décembre, au Molodoï, à partir de 18h. Une seule consigne : apporter fromage et charcuterie (et aussi à boire !), Pelpass se charge de l’organisation, des appareils à raclette et des dizaines de kilos de pommes de terre.

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Régionales : un deuxième sondage donne le FN en tête en ALCA

Régionales : un deuxième sondage donne le FN en tête en ALCA

Un deuxième sondage estime que le Front national pourrait remporter la future grande région Alsace Lorraine Champagne Ardenne (ALCA) dont les élections se tiennent les 6 et 13 décembre. Au premier tour le Front national de Florian Philippot est placé en tête avec 35% des intentions de vote au premier tour, contre 29% pour la droite et le centre derrière Philippe Richert.

À gauche, le PS est à 16% des voix, tandis qu’Europe Écologie Les Verts et le Front de gauche sont rejoints par les autonomistes d’Unser Land et de leurs alliés à 5%. Debout La France (3%), Lutte ouvrière (1%) et l’Union populaire républicaine (1%) terminent le classement.

Dans l’hypothèse d’un deuxième tour avec 3 listes (il faut 10% des voix pour se maintenir), le FN l’emporterait avec 37% des voix contre 35% pour le droite, soit 2% d’écart, alors que le dernier sondage donnait un écart de 1,5%. Une différence qui correspond encore à la marge d’erreur habituelle (2,5%). L’écart au premier tour entre la droite et le FN est similaire (6 points).

Deuxième tour en cas de triangulaire

Ce sondage Ipsos/Sopra Steria pour le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) et le journal Le Monde a été réalisée par Internet du 20 au 29 novembre auprès d’un échantillon de 23 061 personnes, soit environ le double des enquêtes précédentes.

Régionales : les réponses des candidats à vos questions

Régionales : les réponses des candidats à vos questions

Les candidats aux régionales ont répondu à environ la moitié des questions posées par les internautes (Questionnez vos élus)
Les candidats aux régionales ont répondu à environ la moitié des questions posées par les internautes (Questionnez vos élus)

À trois jours de la fin de la campagne officielle des élections régionales, les candidats ont répondu à environ la moitié des questions adressées sur le site « Questionnez vos élus ». Les têtes de listes restent prudents, mais voici une sélection des propositions des prétendants à la grande région Alsace Lorraine Champagne Ardenne (ALCA).

Les internautes de la future région Alsace Lorraine Champagne Ardenne (ALCA) ont eu beaucoup de questions pour leurs candidats, 236 pour être précis. À l’heure de rédiger cette synthèse mercredi, Philippe Richert (LR) a été le candidat le plus sollicité, avec 38 interrogations, Jean-Georges Trouillet (Unser Land, régionaliste) a reçu le moins de questions, 19 seulement. Les listes ont été modérément enthousiasmées par cette expérience de démocratie participative, les collaborateurs n’ont répondu qu’à environ la moitié des interpellations, certes parfois hors-sujet.

À noter que les « petits » partis bénéficient de staff de campagne moins fournis, surtout pour ceux qui craignent de réaliser moins de 5% des voix et donc de voir leurs frais de campagne non remboursés. Pour autant, le parti le plus jeune à concourir à une élection nationale, l’Union populaire républicaine (UPR), très efficace sur internet, a répondu à 50% des questions, mieux que l’armada de « Les Républicains » (34%). Patrick Peron du Front de gauche est le plus assidu avec 75% de réponses devant Jean-Pierre Masseret, président PS du conseil régional de Lorraine, (71%) et Florian Philippot (70%), candidat du Front National.

Les candidats choisissent leurs thèmes

Les candidats n’ont pas choisi leurs thèmes de réponse au hasard. Sandrine Bélier (EELV) a, par exemple, d’abord expliqué pourquoi elle est favorable à la mise en place d’une taxe poids lourds expérimentale dans toute la région, au désamiantage ou les raisons de la non-alliance avec le PS ou le Front de gauche.

Philippe Richert, fidèle à sa réputation de politicien prudent et à la fin de campagne de sa liste « Unissons nos énergies », s’exprime – quand il répond – de manière technique et renvoie vers son programme qui accorde une très grande place à l’économie. Le président alsacien et candidat de la droite et du centre développe notamment :

« Par nos politiques en matière d’infrastructures, notamment dans les gares, le déploiement du Très Haut Débit dans tous les territoires ou encore notre soutien aux projets universitaires, nous nous engageons à maintenir un niveau d’investissement important tout au long du mandat pour soutenir l’économie régionale. Parallèlement, nous souhaitons mettre en place un plan de relance pour accompagner les investissements communaux et intercommunaux en jouant sur l’effet levier pour le BTP. »

Masseret pour la gratuité des transports scolaires et « toujours de gauche »

Alors que Jean-Pierre Masseret a surtout insisté sur son bilan et les différences droite/gauche, lors de la campagne, il indique une proposition majeure de son programme :

« Notre liste propose la gratuité du transport scolaire et ce dans les 10 départements de notre nouvelle région. C’est d’ailleurs le seul engagement fort que nous prenons dans cette campagne car nous ne voulons pas faire comme d’autres, un catalogue de promesses long comme le bras. »

Sur ce point, Philippe Richert rappelle qu’il s’agit d’une compétence des départements que les régions ne « reprendront » qu’en septembre 2017 pour ceux qui le souhaitent et qu’il faudra en discuter très vite. Florian Philippot répond aussi de manière technique et très similaire : négociations et harmonisation pour des tarifs le plus bas possible.

Parmi les rares engagements de Jean-Pierre Masseret, il propose aussi de créer « une chambre des langues régionales, qui sera un lieu de concertation, au sein du Conseil Régional, réunissant tous les acteurs des langues régionales. » Cette chambre pourrait notamment soutenir en partie les télévisions locales pour soutenir les dialectes. Le candidat socialiste soutient aussi l’Institut du droit local alsacien-mosellan.

Il aborde aussi le projet des 57 mini-assemblées dans les bassins de vie de la grande région (les actuelles intercommunalité) qui justifie que les politiques de la région soient « adaptées » au cas par cas. Questionné s’il est « encore de gauche », le marathonien lorrain répond entre autres :

« Être de gauche ce n’est pas agiter de vieilles lunes en levant le poing ! Non ! C’est ouvrir les yeux sur le monde tel qu’il est, en mouvement, sans rien perdre de mes valeurs. C’est toujours vouloir agir plutôt que subir et regarder passer les trains. Les progrès sociaux dans notre pays ont été obtenus par la gauche. Ils le seront encore demain comme par exemple la révolution écologique qui est incompatible avec une gestion spéculative de l’économie mondiale. »

Quant à Florian Philippot, qui sans surprise fait part de plusieurs critiques à peine voilées envers l’Islam, il se démarque sur l’apprentissage :

« En plus de la sanctuarisation de ces budgets, je propose d’intégrer des clauses sociales dans les marchés publics afin que seules les entreprises employant au moins un apprenti puissent y accéder. »

Questionné sur l’économie sociale et solidaire, Patrick Peron (FDG) veut aider les entreprises coopérative, ces « outils de relocalisation, de reconversion écologique et sociale de l’économie en donnant la priorité aux circuits courts et à l’économie circulaire » :

« Les SCOP pourraient bénéficier de l’argent public. Elles pourraient recevoir  des aides publiques via la création d’un fonds régional de développement de l’emploi et de la formation pour faciliter leur accès au crédit bancaire étant donné l’utilité sociale et environnementale des coopératives. Nous favoriserons et accompagnerons la reprise des entreprises par leurs salariés à l’image de l’expérience et de la lutte exemplaire des Fralibs près de Marseille. »

Toujours dans le domaine du développement économique, le maire d’Algrange propose « un droit de regard et d’intervention sur les aides publiques versées aux entreprises dans leur région » pour les syndicats. Pour la démocratie locale il propose des « forums citoyens permanents pour évaluer les politiques publiques régionales, de budgets participatifs associant les populations aux décisions d’aménagement, l’institution de votations citoyennes, en particulier pour l’utilité ou non de grands projets.

Tous contre le TAFTA…

Même si certaines questions échappent aux compétences du conseil régional (ce que les candidats rappellent souvent), ces échanges permettent aussi de mieux connaître les candidats. Tous se disent contre le traité de libre-échange Europe-États-Unis (dit TAFTA), même Jean-Pierre Masseret alors que le gouvernement socialiste le négocie au travers de la Commission européenne.

Philippe Richert n’a pas répondu sur ce point sensible (la droite bien que divisée y est plutôt favorable et discrète sur le sujet). Il s’exprime en revanche sur les domaines plus consensuels et promet des efforts pour l’accueil de travailleurs handicapés, l’aménagement du territoire respectueux de l’environnement, le soutien au sport et l’accompagnement à l’économie sociale et solidaire, tout en restant assez vague sur les contours ou les moyens.

Le premier budget de la future région ne sera discuté qu’au printemps et entre les engagements des anciennes régions et la réorganisation des administrations, les marges de manœuvre restent encore incertaines.

Certains candidats dissertent aussi sur un revenu de base ou la diminution du nombre de communes. Sur le projet de ferme des 1 200 taurillons à Winterhouse, seuls Unser Land et le Front de gauche se disent clairement opposé. Sandrine Bélier n’a pas rappelé son opposition dans la plate-forme citoyenne.

… et tous pour le régime local

Les candidats ont aussi été interrogés sur le régime local, qui s’applique en Alsace et en Moselle. Tous se disent favorable à son maintien, même si Julien Wostyn (Lutte ouvrière) répond qu’il est opposé à la rémunération par de l’argent public des personnes dépendant des cultes.

Même Florian Philippot se prononce pour la « défense du Droit local et du régime concordataire en Alsace-Moselle ». Le numéro 2 du Front national se retrouve en contradiction avec… le programme du Front national qui prévoit que « la loi de 1905 de séparation de l’église et de l’État doit s’appliquer partout ». Avec Jean-Pierre Masseret, il s’accorde aussi à dire que le délit de blasphème (qui dans les faits n’est plus appliqué) peut être supprimé.

Les petites listes profitent de la tribune

Pour Julien Wostyn, de nombreux problèmes s’expliquent par la nature du modèle capitaliste. Très véhément, le candidat trotskyste propose par exemple l’interdiction des licenciements ou d’autres changements sociaux radicaux. Des thèmes qui ne dépendent pas des compétences de la région et il le reconnaît :

« Aucun revenu du travail, de la retraite ou des allocations ne devrait être inférieur au Smic (et nous revendiquons un Smic à 1 700 euros nets par mois). Cela ne s’obtiendra pas par des élections mais par de puissantes luttes du monde du travail. Aux élections, on peut juste dire ce qu’on pense. »

Pour l’Union populaire républicaine (UPR), qui ne cache pas que cette élection vise à mieux faire connaître ce nouveau parti, les situations problématiques s’expliquent en revanche par l’influence des traités européens, qu’il combat. Mais le parti décline aussi plusieurs propositions portées par les partis traditionnels : le développement du haut-débit (plus avancé en Alsace par la droite), la mise en place d’AMAP (issue des mouvements écologistes), le financement de maisons de santé (porté surtout par le PS). Les grands investissements seraient en revanche tranchés par référendum.

Le parti nationaliste Debout la France n’a encore répondu à aucune question.

D’autres réponses à paraître

Depuis la parution de cet article, il est possible que des candidats répondent à de nouvelles questions. Les textes sont à lire sur le site « Questionnez vos élus ». Les candidats ont jusqu’à la fin de la campagne officielle, vendredi à minuit, pour déposer leurs réponses sur le site de l’association citoyenne.

Parmi les interpellations en suspens qui relèvent de la région, on retrouve les transports, le développement économique, les compensations pour la Champagne-Ardenne, une 3ème voie ferrée entre Mulhouse et Strasbourg ou encore l’enseignement supérieur. Les questions sont désormais fermées, mais seront de nouveau possible entre le 7 et le 9 décembre.

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Sur Questionnez vos élus : toutes les questions (et une partie des réponses) des candidats 

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Sur Rue89 Strasbourg : tous nos articles sur les régionales

Collecte pour la Syrie les samedi 5 et dimanche 6 décembre

Collecte pour la Syrie les samedi 5 et dimanche 6 décembre

Scène de rue en Syrie (photo Jean-françois Gornet / Flickr / cc)
Scène de rue en Syrie (photo Jean-françois Gornet / Flickr / cc)

Fournitures scolaires, nourriture, équipement médical… L’association Alsace-Syrie tient une permanence samedi 5 et dimanche 6 décembre à Montagne Verte à Strasbourg pour collecter du matériel à destination des Syriens restés dans leur pays. Elle prévoit de les acheminer prochainement en camion dans les zones rurales autour de la ville de Hama en Syrie, libérées aujourd’hui des assauts de l’État islamique comme de ceux du régime syrien.

Ce convoi sera le troisième de l’association cette année et le 19e depuis sa création en 2012. Alsace-Syrie fournit principalement des vêtements, de la nourriture et des médicaments aux Syriens déplacés dans leur pays, après quatre ans et demi de guerre civile. Elle a déjà participé aussi à la construction d’écoles de fortune.

« Rester, un acte de résistance »

Pour Nazih Kussaibi, président de l’association strasbourgeoise, il faut aider la population syrienne à rester en Syrie et y soutenir l’éducation des jeunes :

« Rester en Syrie est aujourd’hui un acte de résistance. Les réfugiés déplacés à l’intérieur du pays ne sont pas atteints par l’Unicef et les organisations humanitaires internationales. Nous travaillons avec l’union des organisations humanitaires syriennes. Un million d’enfants syriens n’ont pas les moyens d’aller à l’école aujourd’hui. Plus il y aura d’enfants qui apprendront à lire et à écrire, moins il y en aura qui se laisseront séduire par l’Etat islamique. »

Chargement des vêtements dans le camion en direction de la Syrie. mars 2013.
Chargement des vêtements dans le camion en direction de la Syrie. mars 2013. (doc remis)

Alsace-Syrie conduit sa collecte en partenariat avec l’Université de Strasbourg et l’Amicale du Conseil de l’Europe. Elle n’a réussi pour le moment qu’à remplir la moitié de son camion.

Il est possible de confier du matériel à l’association ce week-end lors de sa permanence au 44, route de Schirmeck ou faire un don financier. Alsace-Syrie estime qu’un don de 25 euros permet de scolariser un enfant pour un trimestre.

L’Université tient aussi des points de collecte, sur le campus Esplanade :

    au Service de la vie universitaire, au rez-de-chaussée du Patio ou au Platane au centre sportif universitaire, rue Gaspard Monge

Feutres, cartables et médicaments…

Les écoliers ont besoin de stylos à billes (toutes les couleurs), crayons de papiers, crayons de couleurs, feutres, trousses, tailles crayons, gommes, matériels de géométrie (règles-compas-angle droit), sacs scolaires (cartables anciens ou neufs) et du papier au format A4.

En nourriture, il est possible de donner des produits non périssables comme du sucre, du riz, des pâtes et des conserves. Concernant le matériel médicalisé, l’association Alsace-Syrie recherche des chaises roulantes, des béquilles, des pansements, du coton et des médicaments.

Y aller

Permanence d’Alsace-Syrie, samedi 5 et dimanche 6 décembre dans les locaux de l’ATMF, 44 route de Schirmeck (arrêt de tram Montagne verte).