Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Pierre Chaput : « Django Reinhardt sera une pépinière artistique ancrée au Neuhof »

Pierre Chaput : « Django Reinhardt sera une pépinière artistique ancrée au Neuhof »
Pierre Chaput : "Il y a un besoin de structuration de la filière des musiques actuelles à Strasbourg" (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Pierre Chaput : « Il y a un besoin de structuration de la filière des musiques actuelles à Strasbourg » (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Futur directeur de centre culturel Django Reinhardt au Neuhof, Pierre Chaput se donne huit mois pour installer son projet avec les acteurs du quartier. Rencontre avec un homme pressé.

La nouvelle équipe du centre culturel Django Reinhardt, dans le quartier du Neuhof à Strasbourg, aimerait pouvoir proposer un week-end d’inauguration fin janvier. C’est ambitieux. Mais c’est à l’image du projet porté par son nouveau directeur, Pierre Chaput, 32 ans, ancien de l’Ogaca, une association qui aidait les artistes à structurer leur projet économique.

Car le projet porté par l’association BeCoze et choisi par la municipalité tire dans toutes les directions : Django Reinhardt sera une scène des musiques actuelles bien sûr, mais aussi un instrument de coopération entre les associations du quartier, un outil pour la professionnalisation et la diffusion des groupes locaux, une salle de cinéma, un lieu d’exposition, un bar… Pour Rue89 Strasbourg, Pierre Chaput détaille son projet.

Rue89 Strasbourg : Quand va démarrer le nouveau Django Reinhardt ?

Pierre Chaput : « La délégation de service public débute le 1er janvier. Dans les faits, nous sommes déjà au travail avec la Ville pour que la transition se passe bien, on récupère les notices techniques, on vérifie l’état des équipements, ce genre de choses. On a rencontré les associations du Neuhof mardi et on le refera régulièrement car on a envie d’inscrire la structure dans un réseau de partenaires. On démarrera doucement pendant les huit premiers mois de l’année qui vient et en septembre, j’espère, nous pourrons proposer notre première saison. »

Qu’est-ce qui a séduit le jury dans votre projet selon vous ?

« Notre projet répond à plusieurs besoins. D’abord, nous avons l’ambition de répondre à un besoin dans le secteur des musiques actuelles. Il y a un manque pour les groupes issus de la scène locale, au moment où ils pourraient devenir professionnels. Nous allons y répondre avec plusieurs programmes, comme des résidences et des programmes d’accompagnement.

« Ce n’est pas la population qui manque d’art et de culture mais l’inverse »

Ensuite, la problématique des publics, et notamment ceux qui sont éloignés de la culture, me tient à coeur. Je considère que ce n’est pas la population qui manque d’art et de culture mais l’inverse. Il faut aller à la rencontre et ouvrir le lieu un maximum, avant et après les événements, en faire un endroit où l’on se sente bien.

Et je garde bien à l’esprit que Django Reinhardt est issu de la politique de désenclavement urbain. Un pilier très important de notre projet concerne la médiation urbaine, avec Mourad Mabrouki qui vient du Point d’O à Ostwald. Il y a 14 écoles et 2 collèges près de Django Reinhardt et nous irons aussi voir les lieux où la culture est difficile d’accès, dans l’univers de l’insertion ou du handicap par exemple… »

Pierre Chaput : "Nous devons nous inscrire en réseau avec toutes les associations du Neuhof" (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Pierre Chaput : « Nous devons nous inscrire en réseau avec toutes les associations du Neuhof » (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

BeCoze est plutôt connu pour son savoir-faire dans l’événementiel. Comment concilier ça avec une politique culturelle de proximité ?

« Il ne faut pas tout confondre. C’est vrai que BeCoze est une association très douée dans la communication mais l’équipe que nous installons est entièrement nouvelle. J’ai une expérience dans la gestion des projets culturels, j’ai travaillé dans les quartiers comme chargé de médiation, au nord de Marseille notamment. Mourad Mabrouki connaît très bien ces questions également et Benoit Van Kote est un programmateur reconnu. On a vraiment une bonne équipe, avec une légitimité et un vrai projet.

« On travaillera autant avec la culture qu’avec la direction de la proximité »

Mais on ne va pas se contenter de ça. On prévoit de rencontrer tout le monde dans le quartier, d’aller sur les marchés et de travailler autant avec la culture qu’avec la direction de la proximité, ou les réseaux d’éducation prioritaire. C’est dans notre cahier des charges mais c’est surtout une nécessité, un souci d’efficacité. On ne pourra pas fonctionner si on n’est pas inscrits pleinement dans le Neuhof. Nous aurons un « conseil artistique » qui sera composé d’acteurs du quartiers et d’acteurs culturels. »

« Inviter les habitants à participer au processus de création »

Comment aller vous participer à la structuration de la filière des musiques actuelles ?

« Django Reinhardt sera une véritable pépinière artistique. Nous allons proposer aux groupes de louer les locaux pour un prix modique, afin qu’ils se frottent à la scène et qu’ils puissent progresser. Nous accueillerons des résidences de 10 jours à trois semaines pour des formations qui sont en phase d’émergence. Et dès septembre, nous prévoyons d’héberger 4 à 6 groupes, pendant 12 à 18 mois, afin de les accompagner dans leurs démarches artistiques et entrepreneuriales. Par exemple, nous leur proposerons les services d’un tourneur s’ils n’en ont pas, etc.

En outre, nous aurons aussi une résidence de création, où les habitants seront invités à partager et à participer au processus d’écriture artistique. »

Qu’est-ce qu’on trouvera à Django Reinhardt ?

« Nous allons proposer un « mix artistique », ouvert aux cultures populaires, urbaines ou émergentes. On passe de la musique du monde à la musique des mondes, en gardant une large place pour la scène locale. Mais nous proposerons aussi des rendez-vous cinéma, des conférences et nous accueillerons une exposition dans le patio. Et puis nous organiserons aussi des Master Class avec les artistes que nous accueillerons, à destination des écoles. Mais on va aussi sortir du centre culturel, on ira dans les rues avec les artistes pour des déambulations ou des happenings. Au final, il sera bien clair dans l’esprit des Strasbourgeois qu’il « se passe des trucs au Neuhof ».

Quels sont vos moyens de fonctionnement ?

On a établi un budget d’environ 450 000€ pour 2016, dont 300 000€ sont apportés par la Ville de Strasbourg. Un sponsoring privé doit compléter les recettes. En rythme de croisière, on espère atteindre 25 à 30% d’autofinancement par la billetterie, la location des salles et le bar. Notre délégation de service public est cadrée par une convention d’objectifs et de moyens, avec des objectifs qui seront régulièrement vérifiés.

Vous allez vous retrouver en plein au milieu des luttes d’influence entre Alain Fontanel et Philippe Bies, comment vous allez gérer ça ?

On ne fait pas de politique, tout le monde est le bienvenu pour travailler avec nous. On veut croire que notre projet a été retenu parce qu’il était le meilleur, et par pour régler des comptes. Il y avait d’ailleurs des représentants d’autres collectivités locales et de l’État dans le jury.

#association BeCoze#Pierre Chaput

Le Département ne prendra pas de nouveaux engagements pendant 3 ans

Le Département ne prendra pas de nouveaux engagements pendant 3 ans
Frédéric Bierry, président du conseil départemental du Bas-Rhin depuis mars (Photo PF / Rue89 Strasbourg)
Frédéric Bierry, président du conseil départemental du Bas-Rhin depuis mars (Photo PF / Rue89 Strasbourg)

Pour éviter une mise sous tutelle sans augmenter les impôts sur 3 ans, le président (LR) du département du Bas-Rhin Frédéric Biérry propose de ne pas engager de nouveaux investissements pendant 3 ans. Cela permettra d’honorer les dépenses déjà prévues.

Le président du Bas-Rhin Frédéric Biérry (LR) organise ce lundi 14 décembre le débat d’orientations budgétaires du Conseil départemental. Les difficultés des départements continuent : des prestations à financer en hausse, notamment pour les enfants, les personnes âgées, les plus précaires et les handicapées, qui ne sont pas compensées par de nouvelles recettes, principalement de l’État.

Stabilité fiscale

Mais après une hausse de 11,60% à 13,18% % de la taxe foncière en avril, seul impôt que maîtrise le département, Frédéric Biérry opte pour la stabilité fiscale sur les trois prochaines années. Le taux bas-rhinois, est le 12ème moins élevé parmi les 90 départements français.

Ainsi pour compenser ses besoins grandissants, le président proposera de ne pas programmer de nouveaux investissements sur les trois prochaines années. Le président justifie ce choix « difficile » :

« Ce sera critiqué. Mais ainsi nous honorerons tous nos engagements, sans faire d’emprunt supplémentaire. Le niveau d’investissement restera élevé car nous avons déjà près de 400 millions d’euros d’engagements prévus. Cela nous donnera des marges de manœuvre pour les 3 dernières années du mandat. »

Le niveau d’investissement était jusqu’ici un peu plus élevé que les autres départements, avec une pointe à 188 millions d’euros en 2012.

Tous les budgets à la baisse

Le Département a pourtant coupé dans ses dépenses de fonctionnement : -35% en deux ans pour la communication, -30% dans les événements ou -20% dans la location de salles… Tous les budgets ont été impactés. Pour autant, il est important de présenter un budget bouclé, sinon le Département risquerait la mise sous tutelle :

« On pourrait penser que cela limiterait les dépenses, mais l’État ne paierait que les prestations obligatoires. Toutes les politiques volontaristes que nous avons mises en places s’arrêteraient. »

Car le Département soutient encore beaucoup de politiques qu’il n’est pas obligé de financer : 48 millions d’euros dans les transports, 31 millions dans la sécurité ou 23,1 millions dans l’éducation et la formation pour citer les plus importantes. L’État a bien proposé 50 millions de compensation pour les 90 départements, le budget du Bas-Rhin est d’environ 1,1 milliard d’euros.

Une telle planification sur 6 ans était quasiment impossible avant les élections de mars, car l’assemblée départementale était renouvelée par moitié tous les 3 ans. Le budget complet sera voté en février.

Des propositions pour la Maison de l’Alsace

Parmi les autres projets soumis à l’assemblée lundi, le plan local de l’Habitat pour contribuer à la rénovation énergétique et la mise en place de logements sociaux dans les campagnes bas-rhinoises et la mise en place du très haut débit, en partenariat avec la Région, sur l’ensemble du territoire d’ici 2019.

Concernant une hypothétique vente de la Maison de l’Alsace à Paris, le président du Bas-Rhin s’est félicité que depuis la publication de l’annonce, de nombreuses personnes se sont manifestées pour proposer un nouveau mode de gestion. Une proposition sera faite au premier trimestre 2016. Le candidat de Front national aux élections régionales Florian Philippot avait dit qu’il était opposé à une possible vente, quand bien même la Région n’a pas un seul centime dans cette société qui appartient aux deux départements alsaciens.

Régionales : comment le FN a distancé tout le monde

Régionales : comment le FN a distancé tout le monde
Même le FN était surpris d'une telle avance au premier tour. Ici avec les têtes de liste bas-rhinoises (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Même le FN était surpris d’une telle avance au premier tour. Ici avec les têtes de liste bas-rhinoises (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Pour distancer de 11 points la droite et de 19 points le PS en Alsace, Lorraine, Champagne-Ardenne (ALCA), le FN s’est appuyé sur une stratégie en trois temps : attentisme, diffusions d’idées nationales, puis recentrage sur les compétences de la région. Florian Philippot a pu imposer son agenda. Une stratégie qui permettra de s’affirmer auprès d’autres ténors du FN après les présidentielles de 2017.

Alors que les commentateurs parlent d’une campagne « courte », les élections régionales ont en fait commencé dès la réforme territoriale en juin 2014. Son opportunité et le positionnement des candidats, en particulier celui de Philippe Richert (LR), alors président d’Alsace ont été deux sujets centraux de la campagne, quand bien même cela n’influencera pas le fonctionnement de la future grande région. Deux sujets qui n’auraient jamais été débattus lors d’une élection dans les 22 anciennes régions.

Le temps de l’observation

En 2014, le FN a d’abord été très discret sur la fusion des régions. Florian Philippot a beau dire qu’il l’a combattue « en s’exprimant sur le sujet », le parti frontiste était alors plutôt en retrait, comme lors des débats sur le mariage gay. Le secrétaire fédéral du Bas-Rhin, Laurent Gnaedig, déconseille très fortement aux militants de se rendre à la manifestation contre la fusion des régions du 11 octobre. Le matin même, il publie un communiqué pour distancier son parti des organisateurs. Normal dans un parti qui, comme le Front de gauche, estime que les pouvoirs doivent revenir aux communes, aux départements et à l’État, en opposition à ceux qui croient au triptyque intercommunalité – régions -Europe.

Seul l’eurodéputé et conseiller municipal Jean-Luc Schaffhauser, avec quelques soutiens strasbourgeois, paradait avec son écharpe… aux couleurs de l’Union européenne, là où les élus de la droite alsacienne arboraient leur écharpe tricolore.

Ménage dans le Haut-Rhin et préparation du programme

Mais le FN observe. Il peut ensuite reprendre des arguments qui émanent de tous bords politiques : fusion trop rapide, pas concertée, une Champagne-Ardenne « variable d’ajustement » entre la première et la deuxième carte, des économies floues à court-terme, des territoires peu connectés etc. Comme les régionalistes d’Unser Land, à qui il fait d’intenses appels du pied, Florian Philippot peut fustiger l’inefficacité de la contestation vouée à l’échec.

La réforme est votée en décembre. Au PS et à l’UMP, on investi les deux présidents sortants dès février. À gauche, rares sont les candidats à une défaite annoncée et le lorrain Jean-Pierre Masseret, assuré d’être sénateur encore 8 ans, rempile. À droite, on croit en la légitimité du sortant et c’est Philippe Richert qui est désigné. C’est un cadeau. Le jeune Philippot (36 ans) est opposé à deux hommes aux cheveux blancs. Idéal pour incarner le renouvellement.

En interne, le FN s’occupe à « faire le ménage ». Après la mise à l’écart de Pascale Ellès dans le Bas-Rhin, l’historique famille Binder est écartée dans le Haut-Rhin. En Alsace, seul 1 des 5 élus conseillers régionaux sortants est investi, Christian Cotelle, même si cette opération nécessite de mettre une bas-rhinoise à la tête de la liste haut-rhinoise.

En mars, lors des départementales impossibles à gagner en Alsace, on assume de faire campagne sur des thématiques nationales. La plupart des candidats de l’époque se retrouvent sur la liste actuelle. Pendant ce temps, le parti regarde les projets des adversaires et le bilan des régions pour présenter son contre-argumentaire, avec quelques chiffres percutants, qui sera présenté après les deux grands partis dominants.

Recrutement de cadres

Pendant le temps de l’observation, on prépare les listes. Pour la tête de liste Bas-Rhin, Hombeline du Parc, 40 ans et militante du FN depuis 20 ans est désignée. Elle est présentée comme une directrice des ressources humaines issue du privé, mais depuis septembre elle a quitté son poste pour gérer le groupe politique du FN « Europe des nations et libertés » au Parlement européen de Strasbourg. « Cela n’a aucun rapport avec ma candidature », précise l’amie de Marine Le Pen.

Le FN veut ensuite attirer des « transfuges », qui donne une image d’ouverture du parti. Le centriste Pierre Marmillod, ancien conseiller général (UDI) de Bouxwiller, est approché, mais ça coince suite à de vieilles rancunes avec la jeunesse frontiste. Le parti recrute finalement le chanteur Jean-Claude Bader, ancien adjoint au maire du tandem Keller-Grossmann à la Ville, non-soutenu par son ancien parti aux municipales 2014. Il rejoint l’extrême-droite « plus pour des raisons de politique nationale », dit-il début novembre. Quatrième sur la liste, il est certain d’être élu pendant six ans avec une indemnité de plus de 2 000 euros par mois (les 3 candidats promettent de diminuer les indemnités des futurs élus), même en cas de défaite.

« Ça marque les gens de dire qu’il y a de l’argent public dans la mosquée »

Depuis les plateaux télé, Florian Philippot déroule tranquillement son programme national puis local depuis des mois. C’est le temps des énormités. Chez BFM TV le 18 octobre, Florian Philippot affirme qu’il fera des économies en supprimant les subventions à la future mosquée de la Meinau à Strasbourg. Le journaliste national n’a pas en tête le financement de ce projet et ne le contredit pas. L’idée passe dans la tête de ceux qui veulent y croire. « On le sait qu’il n’y a pas d’argent public dans la mosquée de Strasbourg, mais ça marque les gens de le dire », explique un cadre local du parti à l’époque.

Aujourd’hui, les colistiers de Philippot le défendent encore. Laurent Husser dit que « même sans faire un chèque, il y a plusieurs moyens de soutenir un lieu de culte, en y associant un projet culturel et même après coup  » ou Andréa Didelot, secrétaire départemental du FN67 à l’Eurométropole tente même un « il ne l’a pas dit ». Peu importe, corriger les approximations du candidat Philippot met la religion dans la campagne. C’est déjà une victoire. On reparle de la participation à celle du Heyritz en 2004. Et Philippe Richert, plutôt que de défendre un choix qui a permis de fermer des mosquées isolées et insalubres se contente de répondre qu’il n’était pas aux commandes à l’époque. Lors du deuxième débat sur France 3 Alsace, Florian Philippot dit dans la même phrase qu’il est pour la laïcité et défend le Concordat.

Pendant la campagne, le bras-droit de Marine Le Pen répète que de toute manière Richert et Masseret négocient déjà une fusion de l’entre-deux tours. Le mardi suivant le premier tour, il estime que Jean-Pierre Masseret est finalement « courageux » de se maintenir. Mercredi, le candidat de gauche n’est plus courageux, il ne fait que « respecter sa parole ». La même parole qu’il a pourtant remise en cause jusqu’au soir du premier tour.

Chez les adversaires, on ne change rien aux habitudes

Autre proposition impossible, taxer les camions étrangers sur les routes de la région. Cette disposition est illégale au regard des lois européennes, mais l’idée que c’est aux autres de payer séduit. Et comme ses concurrents, le parti se place dans une logique où il dirigerait la France en 2017, et donc sortirait de l’Union européenne ou en renégocierait chaque dispositif.

Chez « Les Républicains » et ses alliés, on ne change pas les recettes qui ont fait le succès de la droite alsacienne par le passé. Une campagne au centre, pondérée, sur les enjeux locaux, les grands dossiers de la région. Les attentats du 13 novembre ne changent rien au plan prévu. Au FN, alors qu’il y a encore du sang dans les rues, des responsables nationaux du parti se réjouissent sur les réseaux sociaux de la situation, qui donnerait raison aux thèses frontistes.

Pour Laurent Husser, assistant parlementaire et 10ème sur la liste, la non-adaptation de la droite au FN s’explique par le personnel :

« La droite a gardé les mêmes équipes que celles des campagnes précédentes. Celle du référendum perdu ou des campagnes de Fabienne Keller à Strasbourg. Ils veulent montrer qu’ils connaissent le moindre boulon de chaque dossier, mais pour cela, il y a les services. Le rôle du politique est de donner un cap. »

Le recentrage

Enfin, c’est le temps du recentrage. Parler des compétences de la Région, ce qui a été si souvent reproché. À force de débats et de déplacements sur le terrain, Florian Philippot connait les sujets et impossible désormais de le coincer sur les thèmes qu’il a mis lui-même en avant. Lors du premier débat sur France 3 Alsace, sur plusieurs dossiers, comme de déplacer la préfecture de Strasbourg à Châlons, Florian Philippot se justifie « ce n’est pas la compétence de la région, mais on peut faire pression ».

Comme tous les partis, il propose de faire plus souvent recours aux producteurs locaux et aux entreprises locales. Des critères qui existent déjà – à faible pourcentage – dans les appels d’offres. Mais comme ses opposants ont été en responsabilité, le parti apparaît plus crédible à mener une telle politique. Et aucun parti n’explique précisément comment réglementer ou financer ce vœu, de peur d’être trop complexe et loin des réalités quotidiennes.

Hombeline du Parc réfute l’idée d’un changement de cap durant la campagne :

« Dès que nous avons eu la liste, nous avons parlé de thèmes locaux. Quand Florian Philippot s’exprimait avant, la campagne n’était pas lancée. Même les attentats ne nous ont pas obligé à modifier notre programme, car il correspondait aux attentes. »

Un programme local mieux préparé qu’à l’accoutumée

En interne, on reconnait que le projet était davantage travaillé que par le passé. La vision de la société du parti est déclinée dans les compétences des régions : pour le TER pas question de développer de nouveaux services mais juste d’y instaurer une police. Dans les lycées, vidéosurveillance (comme ce qu’a fait la droite dans les lycées qui le demandaient) et signalisation des jeunes radicalisés.

En ALCA, on est bien loin des positions de Marine Le Pen qui promet de « pourrir la vie du gouvernement » dans le Nord. D’ailleurs, quand on demande aux candidats quels seraient les premiers changements d’une région FN, ils répondent « une bonne gestion et une réduction de la dette. » Ça, c’est pour le côté « parti raisonnable », terme qu’utilise Laurent Gnaedig dans un communiqué entre les deux tours. Pendant ce temps en Provence Alpes Côtes d’Azur, Marion Maréchal Le Pen s’occupe de raviver la base. Elle explique que les citoyens musulmans « ne peuvent pas avoir le même rang que les chrétiens« .

Sur « Questions d’Infos », Florian Philippot se distancie rapidement :

« Je ne l’aurais pas dit comme ça. Je m’adresse à tous mes compatriotes, je ne regarde pas leur religion, leur origine, ça c’est leur affaire privée ».

Hombeline Du Parc ajoute que les propos auraient été mal retranscrits et que la nièce Le Pen s’est expliquée. Sortie calculée ou non, le parti joue sur les deux tableaux avec ses élus médiatiques. À Hénin-Beaumont, Le Huffington Post raconte en janvier comment le maire Steeve Briois se met à dos les associations catholiques, quand il s’affiche avec des responsables musulmans. La religion, une fois encore.

L’après 2017 en ligne de mire

Autre atout pour le FN, les grandes régions nationalisent encore plus ces élections régionales sur de grands territoires. Philippe Richert souffre d’un déficit médiatique en Champagne-Ardenne et Lorraine. La campagne de terrain, point fort de la droite, devient moins important. On remarque que les régions où le FN enregistre les meilleurs scores sont celles où les candidats sont les plus connus. Le Nord avec Marine Le Pen et le PACA avec Marion Maréchal Le Pen et à un degré moindre le Sud ouest avec Louis Alliot.

Selon les résultats de dimanche, chacun pourrait s’affirmer sur sa ligne. Car si Marine Le Pen devait échouer une deuxième fois de suite à la présidentielle en 2017, nul doute que le parti se poserait des questions sur sa succession. En cas de victoire en ALCA et de défaite des Le Pen, Florian Philippot, l’énarque qui se pose en candidat « raisonnable », notamment en charge de la stratégie électorale, pourrait alors s’affirmer par rapport à Marion Marechal Le Pen.

Le politologue strasbourgeois Philippe Breton note cependant : « à chaque fois qu’un parti d’extrême-droite est arrivé au pouvoir en Europe, même si c’est rare, mais il y a le cas de l’Autriche notamment, il y a eu une scission. » Dans la grande région, c’est dans la ville lorraine d’Hayange que c’est arrivé. Mais au FN, on met en avant que le score du FN a progressé depuis les municipales.

Aller plus loin

Sur Rue89 Strasbourg : Florian Philippot surfe sur la sécurité

Sur le blog de Claude Keiflin : Philippot : pour ne pas le laisser dire n’importe quoi

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Tramway : prolongation à la Robertsau, amorce vers Koenigshoffen

Tramway : prolongation à la Robertsau, amorce vers Koenigshoffen

L’Eurométropole a opéré ses choix prioritaires pour le développement du tramway dans l’agglomération. Et, compte-tenu de la disette budgétaire à laquelle la collectivité est soumise, les extensions du réseau de tram seront limitées à trois stations vers le nord, à la Robertsau, et trois stations vers l’ouest, à Koenigshoffen, pour ce mandat. L’agglomération attend par ailleurs les livraisons des extensions d’Illkirch-Graffenstaden et du tram D vers Kehl.

Trois stations sont prévues après l'actuel terminus à Boecklin (doc Eurométropole)
Trois stations sont prévues après l’actuel terminus à Boecklin (doc Eurométropole)

Le contrat triennal à la rescousse de la Robertsau

À la Robertsau, la ligne E sera prolongée après Boecklin en prolongeant le tracé, derrière l’école de la Robertsau puis en remontant vers Mélanie jusqu’au centre socio-culturel L’Escale. Trois stations sont prévues : Jardiniers, Mélanie et Papeterie Niederau. Cette extension doit coûter environ 19,4 millions d’euros, dont 6,6 proviendront de l’État et de la Région Alsace, dans le cadre du contrat triennal.

La direction des transports espère un report des voyageurs de la Robertsau vers le tramway à hauteur de 7 000 usagers quotidiens, soit une augmentation de 15% de la fréquentation de cette ligne. L’enquête publique est prévue pour démarrer en avril 2016 pour une déclaration d’utilité publique espérée en novembre 2016. La livraison de cette extension interviendrait alors en 2019 ou en 2020 si des procédures d’expropriation sont nécessaires à mettre en oeuvre sur une partie du trajet prévu.

Le tramway est très attendu à Koenigshoffen (doc Eurométropole)
Le tramway est très attendu à Koenigshoffen (doc Eurométropole)

Une timide amorce vers Koenigshoffen, pour débuter…

Vers l’ouest, l’Eurométropole prévoit de desservir enfin le quartier de Koenigshoffen, mais dans une première phase avec seulement trois stations, jusqu’à l’allée des Comtes. Le tracé prévu ne prolonge pas la ligne C, devant le coût faramineux qu’aurait nécessité le percement d’un tunnel sous la gare, mais se branche sur l’actuel tracé de la ligne B, au niveau de la rue du Faubourg National. Puis il est prévu que le tramway longe le boulevard de Nancy et passe sous l’autoroute au niveau de la rue de Koenigshoffen pour rejoindre la route des Romains.

Le montant de l’investissement prévu pour cette extension est de 38 millions d’euros, dont 4 seront apportés par l’État. La mise en service est prévue pour 2019, après une enquête publique en avril 2016 et une déclaration d’utilité publique espérée pour la fin 2016.

Régionales : un sondage donne Richert gagnant d’une courte tête en ALCA

Régionales : un sondage donne Richert gagnant d’une courte tête en ALCA

Un premier sondage depuis le premier tour et le maintien controversé de la liste de Jean-Pierre Masseret donne la liste de Philippe Richert (LR – UDI – Modem) vainqueur dans la future grande région Alsace-Lorraine-Champagne Ardenne (ALCA). Avec 43% des intentions de vote, la liste « Unissons nos énergies » devance celle du Front national menée par Florian Philippot, qui recueillerait 41% des suffrages. Un écart qui reste en-deçà de la marge d’erreur (3%). Le scrutin s’annonce très serré.

La liste de Jean-Pierre Masseret, qui a perdu l’investiture officielle du parti socialiste, est loin derrière avec 16% des voix. D’après l’étude Elabe, 46% des voix du premier tour de Masseret se reporteraient sur Philippe Richert, ainsi que 9% de celles du Front de gauche et 47% de celles des écologistes, tandis que 68% des électeurs du Front de gauche et 33% de ceux d’EELV soutiendraient Jean-Pierre Masseret. Avec ce score identique au premier tour, il conserverait une vingtaine d’élus.

22% des électeurs pourraient changer d’avis

De son côté, Florian Philippot récupèrerait 36% des voix des autonomistes d’Unser Land et 22% de celles des souverainistes de Debout La France, deux partis arrivés juste en dessous des 5% au premier tour. Le sondage réalisé pour Les Échos, Radio Classique et Alila indique aussi que 21% des 920 personnes interrogées par internet disent qu’elles pourraient changer d’avis d’ici dimanche.

Le parti arrivé en tête gagnera automatiquement une prime de 25% des 189 sièges, les autres étant répartis à la proportionnelle. Autrement dit, quel que soit le parti arrivé en tête, il aura la majorité absolue dans la future grande région.

Aller plus loin

Sur Rue89 Strasbourg : Masseret au second tour : qui dit quoi ?
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Le projet de 280 logements dont personne ne parle à la Robertsau

Le projet de 280 logements dont personne ne parle à la Robertsau
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Les plans provisoires – © Acta SAS – TOA

Sur les anciens terrains des entrepôts de l’entreprise LANA dans le quartier de la Robertsau à Strasbourg, un promoteur projette la construction de 280 logements dans trois tours de 15 étages. Mais la Ville ne veut pas en entendre parler.

partenaire blog de la RobertsauLa société de promotion immobilière colmarienne ACTA, dirigée par Marc Rinaldi, a acquis des terrains autrefois utilisés par la papeterie LANA, dans le quartier de la Robertsau à Strasbourg. Actuellement occupés par des friches industrielles, Marc Rinaldi prévoit d’y construire un ensemble de six immeubles, dont trois tours de plus de 15 étages pour atteindre 250 à 280 logements. À titre de comparaison, les trois tours Black Swans qui doivent s’élever dans le quartier Deux-Rives représentent un programme à 180 logements.

Lancé il y a plus de 3 ans, le projet à la Robertsau, entièrement financé par des fonds privés, est bloqué par l’Eurométropole de Strasbourg qui n’entend pas déclasser le terrain industriel en zone constructible et à le rendre public pour l’intégrer dans les schémas d’urbanisme à venir (PLU).

Le site envisagé pour accueillir le projet rue de l’Anguille. Photo EJ / BDLR

Le promoteur à la rescousse de l’entreprise

Pour comprendre d’où vient ce projet, il est nécessaire de faire un peu d’histoire. Fin 2005, l’entreprise de papeterie LANA traverse une grave crise. Les caisses sont vides et elle n’a même plus les moyens de financer le plan social. Ses dirigeants se tournent alors vers le promoteur colmarien Marc Rinaldi et sa société ACTA, qui achète les terrains et le foncier de l’entreprise, ce qui abonde la trésorerie de l’entreprise. Un premier projet de plus de 250 logements est imaginé avec l’architecte Claude Vasconi, à qui les Strasbourgeois doivent déjà le Nouvel Hôpital Civil ou l’hôtel du Département.

En octobre 2013 : le danois Lasse Brinck rachète l’entreprise, les marques et les machines dans un montage imaginé par l’Adira et soutenu par l’Eurométropole. Il ne reste que 59 employés. Deux mois plus tard un accord est signé entre LANA et ACTA pour que ce dernier puisse récupérer les terrains entre la rive gauche du Mulhwasser et la rue de l’Anguille et y réaliser une opération immobilière.

Mais le terrain de 15 000 m² est toujours, selon le plan d’occupation des sols (POS) de Strasbourg en zone industrielle, donc inapte à recevoir autre chose qu’une usine ou des entrepôts. Depuis presque trois ans pourtant, ACTA rencontre les élus de la Ville et de l’Eurométropole pour faire avancer son projet… en vain. Plus inquiétant pour lui, le plan local d’urbanisme (PLU) qui doit remplacer le POS et qui sera bientôt soumis à enquête publique, ne comporte pas de changement.

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250 à 280 logements, 6 bâtiments, des tours de 15 étages

Les réunions ont beau se succéder au centre administratif place de l’étoile, l’Eurométropole ne veut toujours pas donner son feu vert à ce projet. La collectivité n’a pourtant pas hésité pour modifier le POS en 2013 pour que la paroisse Saint-Louis puisse envisager de réaliser son nouveau foyer et ce, malgré les positions fortes et constantes dans le quartier invoquant le caractère privé de l’opération et la participation de la Robertsau à l’effort de construction de logements.

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Les plans provisoires – © Acta SAS – TOA

Silence dans les schémas de transport, d’urbanisme et déplacement

De son côté, ACTA continue d’avancer, le promoteur vient de finir en octobre le diagnostic environnemental de ce projet. Dans ce volumineux document, on apprend que le terrain nécessitera une dépollution suite à son utilisation depuis 1883 pour une activité de papeterie : huiles, métaux, scories, résidus de gaz présents dans les sols… mais rien d’insurmontable, selon le cabinet d’études environnementales.

Le plus inquiétant est que le terrain envisagé se situe en zone inondable, « par débordement de l’Ill et du canal du Muhlwasser », une vulnérabilité « considérée comme acceptable » conformément au Plan de Protection contre le Risque Inondation du secteur (PPRI). La conception du projet ne prévoit pas de sous-sol mais des parkings en rez de chaussés et les logements au dessus.

Mais ACTA ne semble pas avoir les relais suffisants à l’Eurométropole pour que ce projet se réalise. À ce jour, ni le plan local de développement ni le plan local d’habitat ne prévoit de projet d’une telle ampleur à la Robertsau. Car 280 logements, c’est plus de 600 personnes, les déplacements qui vont avec et des infrastructures qu’il faut aménager comme les écoles.

Pour autant, l’Eurométropole accuse un déficit dans la construction de logements neufs par rapport à ses besoins, d’environ 1 000 logements par an selon le PLU. Le projet d’ACTA tomberait donc à pic. Pourquoi reste-t-il dans les tiroirs ? Étrangement, les élus concernés ont tous décliné de répondre à nos questions.

Aller plus loin

Sur Rue89 Strasbourg : LANA à la Robertsau repris avec ses 59 emplois

Sur le Blog de la Robertsau : LANA : la reprise c’est maintenant !

Sur l’Alsace.fr : À Strasbourg, Lana joue la carte du carton de sécurité

COP 21 : manifestation pour « changer le système » samedi

COP 21 : manifestation pour « changer le système » samedi
L'ancienne bourse de Strasbourg, lieu de rassemblement de nombreuses manifestations (Photo Archi-Wiki / cc)
L’ancienne bourse de Strasbourg, lieu de rassemblement de nombreuses manifestations (Photo Archi-Wiki / cc)

Plusieurs organisations et collectifs de gauche dont le NPA, les Jeunes écologistes ou Attac, appellent à une manifestation samedi intitulée « COP21 : c’est pas le climat qu’il faut changer, c’est le système ».

Alors que la conférence mondiale sur le climat à Paris (COP 21) se sera achevée la veille, les organisations signataires parlent d’une « mise en scène » qui « ne changera rien au système ni au dogme de toujours plus de croissance, responsables du désastre écologique ». Elles fustigent aussi l’instauration de l’état d’urgence à la suite des attentats du 13 novembre :

« Nous n’entendons pas céder à l’offensive autoritaire et néo-libérale de ce gouvernement. À l’image de la mobilisation des salariés d’Air France, nous réaffirmons notre droit à manifester, à nous mobiliser pour une société plus juste et égalitaire. »

Pour les organisations signataires, Daech est une « conséquence des guerres impérialistes », elles appellent à la fin des bombardements en Syrie mais au soutien des troupes au sol qui luttent contre le régime de Bachar el-Assad et l’État islamique.

Y aller

Manifestation « c’est pas le climat qu’il faut changer, c’est le système », samedi 12 décembre à 15h, place de la Bourse (place du Maréchal de Lattre de Tassigny) à Strasbourg.

Meeting « républicain » avec Roland Ries, contre le FN, jeudi à Strasbourg

Meeting « républicain » avec Roland Ries, contre le FN, jeudi à Strasbourg
Tract du meeting de la Licra, jeudi 10 décembre à Strasbourg. (Doc remis)
Tract du meeting de la Licra, jeudi 10 décembre à Strasbourg. (Doc remis)

Face à la percée du Front national aux élections régionales dans la région Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes (ALCA), la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme organise jeudi 10 décembre à Strasbourg un « meeting républicain contre l’extrême droite ». Le meeting rassembler notamment le président national de la Licra, Alain Jacubowicz, le maire (PS) de Strasbourg Roland Ries, Pernelle Richardot, tête de liste PS démissionnaire, Jean Rottner, maire de Mulhouse et tête de liste LR dans le Haut-Rhin et Lilla Merabet (UDI), quatrième sur la liste Bas-Rhinoise de Philippe Richert.

La Licra, qui est une organisation apolitique, a choisi de sortir de sa réserve traditionnelle et appelle à voter pour la liste de Philippe Richert lors du second tour dimanche 13 décembre. Après l’annonce mardi du maintien de la candidature de Jean-Pierre Masseret (PS), arrivé troisième dimanche dernier avec 16,11 %  derrière le candidat frontiste Florian Philippot et le candidat des Républicains Philippe Richert, l’organisation antiraciste explique ce mercredi dans un communiqué :

« Face à la situation inédite et dramatique à laquelle est confrontée la région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, et, plus généralement, la France, elle a pris la décision de sortir exceptionnellement de sa traditionnelle réserve en période électorale, et appelle tous les démocrates, notamment ceux s’étant abstenus au premier tour des élections régionales, à voter dimanche pour la liste conduite par Philippe Richert, seule liste républicaine en position de faire barrage au danger que représente l’extrême droite. »

Dès le soir du premier tour des élections dimanche, la Licra avait appelé l’ensemble des candidats figurant sur des listes de partis républicain à faire barrage à la liste Front national « soit en fusionnant, soit en se retirant au profit de la liste la mieux placée ».

Y Aller

Meeting républicain contre l’extrême droite, jeudi 10 décembre 2015 à partir de 20h, à l’Ares, 10 rue d’Ankara à Strasbourg.

Le troisième kamikaze du Bataclan est originaire de Wissembourg

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Bientôt un numéro « allo SDF – commerçants en détresse » à Strasbourg

Bientôt un numéro « allo SDF – commerçants en détresse » à Strasbourg
Scène de la Grand'rue (photo CG/ Rue89 Strasbour/ cc)
Les commerçants de la Grand’rue se plaignent régulièrement de la présence de squatteurs devant leurs vitrines (photo CG/ Rue89 Strasbourg / cc)

La Ville réfléchit avec la police municipale et la Chambre de commerce et d’industrie à mettre en place un numéro d’appel, dédié aux commerçants qui rencontrent des problèmes face à des personnes sans domicile ou s’installant devant leurs vitrines. Mais à ce jour, aucune solution à cette difficile cohabitation n’a été trouvée.

Le projet avait filtré de la bouche de Jean-Luc Heimburger, président de la Chambre de commerce et d’industrie d’Alsace, lors de l’assemblée générale de l’association des commerçants, les Vitrines de Strasbourg, début novembre. Devant un parterre de commerçants, il annonçait alors un projet de « téléphone rouge » pour lutter contre « la problématique de la mendicité ».

À sa suite, Gwenn Bauer, président des Vitrines de Strasbourg, dénonçait dans son discours la « mendicité agressive » dans les rues et le « problème de sécurité et d’image » qu’elle posait. Le marchand de thés et chocolats se félicitait de la piste ouverte avec la Ville « d’un numéro dédié anti-sdf pour lutter contre les attroupements ».

À la CCI, on explique depuis que le projet n’est pas encore assez avancé pour communiquer et qu’il implique la police municipale. De son côté, la Ville confirme qu’un projet de numéro dédié est à l’étude mais que la réflexion est toujours en cours.

« Mieux cerner les problèmes »

Pour la Ville, l’objectif d’un tel dispositif est d’abord de recenser les difficultés des commerçants :

« Nous avons des remontées plus que régulières sur des problèmes rencontrés par les commerçants et liés à la présence de SDF à proximité, voire devant, leurs commerces. Disposer d’un numéro d’appel spécifique permettrait d’objectiver les informations, de mieux cerner les problèmes liés à chaque situation spécifiquement et bien entendu de les résoudre plus efficacement. Il s’agirait d’un dispositif pérenne et non lié à certains événements. »

Pour Gwenn Bauer, le projet doit cibler les attroupements agressifs :

« Qu’on s’entende : nous n’avons rien contre les personnes qui font la manche à la sortie des églises. Mais on voit en ville des attroupements réguliers, constants, qui donnent un côté sale à la ville composés de personnes qui, sous l’emprise de l’alcool, agressent les passants. »

Pour lui, il faudrait « aller plus loin » qu’une ligne téléphonique et que la Ville prenne « enfin un arrêté municipal anti-mendicité ».

Dans les campagnes, une ligne directe avec les gendarmes

La CCI n’en est pas à son coup d’essai en matière de prévention pour les commerçants. À l’automne 2014, elle a mis en place en partenariat avec la gendarmerie du Bas-Rhin une ligne « Alerte commerçants » à l’échelle du département. Le dispositif ne concerne pas Strasbourg, situé en zone police, et il est très différent de celui à l’étude pour la ville. Thierry Keller, président de l’association des commerçants de Saverne, explique :

« La gendarmerie a établi la liste des numéros de portables et des adresses des commerçants volontaires pour les prévenir par SMS des incidents type vols ou cambriolages. Le dispositif a surtout été utilisé pour des cambriolages de nuit, mais aussi dans de plus rares cas de vols en plein jour. Il n’a rien à voir avec la mendicité. »

scène sous les grandes arcades dans le centre-ville (Photo CG/ Rue89 Strasbourg/ cc)
Sous les grandes arcades près de la place Kléber, il est parfois impossible de passer, ce qui fait grogner les commerçants (Photo CG/ Rue89 Strasbourg/ cc)

« Le commerce, c’est le commerce »

À Strasbourg, ce ne sont pas les vols qui inquiètent le plus les commerçants que nous avons rencontrés. Ceux de la Grand’rue connaissent bien la difficulté de cohabiter avec les personnes en situation de mendicité agressive. Gabrielle est dans le métier depuis trente ans et tient aujourd’hui une boutique de vêtements de sport au milieu de la rue piétonne, non loin du carrefour avec la rue du Fossé-des-Tanneurs :

« En hiver, on les voit moins parce qu’il fait froid. Mais l’été, c’est vrai que c’est pénible. Ils s’installent à la terrasse du restaurant d’à côté, ils gueulent, ils accostent les gens. Cela ne donne pas une bonne image de la rue. L’été dernier, un SDF s’est installé devant la porte. Pas moyen de le déloger, il a fini par s’endormir. J’ai appelé la police, qui a eu du mal à le faire partir. Pour les clients qui entrent, ça ne va pas. Je n’ai rien contre eux, mais le commerce, c’est le commerce. »

Gabrielle assure qu’elle utiliserait le numéro dédié, même si d’après elle, les agents de police municipaux en vélo sont déjà très efficaces. La commerçante a leur numéro pour les joindre n’importe quand.

Les limites de l’action policière

Sabine tient une boutique de chapeaux plus haut dans la Grand’rue, tout près de la supérette dont les abords sont squattés régulièrement :

« C’est souvent très lourd. Le matin, ils sont encore à jeun et corrects. Mais une fois alcoolisés, les relations deviennent difficiles. C’est sonore. Ils braillent, les chiens aboient. Dans ma petite boutique, j’ai besoin de sérénité pour travailler, et je ne l’ai pas quand ils sont éméchés. Une partie de mes clients a peur. Cela m’arrive d’appeler la police municipale pour qu’ils fassent une ronde pour calmer les choses. »

Mais Sabine constate que la police a peu de moyen d’action :

« Ils ne font rien. Ils les dispersent cinq minutes puis ils reviennent. Je n’ai pas de remède miracle. »

Éric a dû s’habituer aux coups de sang des SDF. Sa boutique d’articles orientaux est juste en face de la supérette de la Grand’rue :

« Il y a sûrement des gens qui ne sont pas venus jusqu’à mon magasin à cause de leur présence. Mais je ne veux pas me focaliser sur les conséquences commerciales. Ce que je retiens, c’est surtout la difficulté de dialoguer avec eux et le risque de violence. Ça peut aller de quelqu’un qui urine à d’autres qui passent leur colère en brisant une vitrine comme c’est arrivé à ma voisine restauratrice il y a quelques temps. Moi je les vois tout le temps. Ce qui est parfaitement supportable pour quelqu’un de passage pendant trente secondes devient plus difficile quand vous le subissez tous les jours pendant des heures. »

Impliquer des acteurs sociaux

Éric confie n’avoir lui-même appelé au calme qu’une seule fois, par peur de ses propres réactions de violence. Il a aussi appelé la police pour des bagarres, mais n’ose pas trop la solliciter non plus. Pour lui, la réponse devrait être politique :

« Il faudrait un arrêté qui interdise les attroupements. Si les gens ont le droit de squatter par terre, que peut-on faire à part les déplacer ? Et puis, il devrait aussi y avoir une réponse en termes d’insertion. »

Si numéro dédié il y a, il espère qu’il impliquera aussi des acteurs sociaux :

« J’utiliserais plus facilement un numéro dédié plutôt que d’appeler la police. J’imagine qu’un tel dispositif permettrait de contacter des gens qui auraient une vraie connaissance du terrain, qui seraient capables de faire le tri entre les difficultés, de distinguer les problématiques de ces personnes. »

Ce qui impliquerait une mobilisation des services sociaux et des renforts dans leurs effectifs. Beaucoup moins simple à mettre en place qu’un numéro de téléphone.

[Ciné-Club] Venez à notre soirée sur Charlie Hebdo mardi

[Ciné-Club] Venez à notre soirée sur Charlie Hebdo mardi
Charb dans une campagne d'abonnement à Charlie Hebdo (Pyramide Distribution)
Charb dans une campagne d’abonnement à Charlie Hebdo (Pyramide Distribution)

Les cinémas Star, le Club de la presse de Strasbourg et Rue89 Strasbourg vous proposent une soirée spéciale autour de Charlie Hebdo et de la liberté d’expression, mardi 15 décembre à partir de 20h.

Jeudi à 16h45, suivez en direct la conférence « Big Brother, entre réalité et fiction »

Jeudi à 16h45, suivez en direct la conférence « Big Brother, entre réalité et fiction »

De quoi sera donc fait l’avenir d’internet ? Face à son évolution commerciale récente qui banalise les atteintes à la vie privée et à la surveillance étatique qui fait son chemin dans un contexte sécuritaire propice, il y a matière à s’inquiéter. Pour aborder ce sujet complexe, la science-fiction d’anticipation est un genre précieux : elle permet de parler d’une inquiétude de façon engagente et non-univoque et nous encourage à réfléchir à nos modes de vie. Dans l’optique de changer un futur fait d’indiscrétion et de surveillance il semble primordial de dessiner d’autres avenirs désirables.

Lors d’une première partie, Jérémie Zimmermann, cofondateur de la Quadrature du Net, viendra parler des menaces pour de la vie privée et de la surveillance de masse dans un parallèle avec un univers de SF bien connu.

Léo Henry écrivain et auteur de science-fiction, lira ensuite deux courtes nouvelles originales proposées par un collectif d’auteurs d’anticipation.

La deuxième partie de la séance sera consacrée à une discussion entre les intervenants et la salle.

Cette conférence d’ouverture s’inscrit dans un projet plus large intitulé « avenir(s) d’internet » qui vise également à promouvoir l’auto-hébergement (héberger soi-même ses données numériques et services internet) à travers des ateliers d’initiation et enfin à présenter les acteurs locaux qui s’engagent pour défendre un internet respectueux des utilisateurs.

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Régionales : Masseret au second tour malgré la fronde de 71 colistiers

Régionales : Masseret au second tour malgré la fronde de 71 colistiers
Jean-Pierre Masseret, lors du débat des têtes de liste du Grand Est, à la Librairie Kléber en novembre. (Photo Pascal Bastien)
Près de 40% de la liste de Jean-Pierre Masseret ne souhaitait pas être candidate. (photo Pascal Bastien)

Clap de fin pour le feuilleton des 48 dernières heures en Alsace Lorraine Champagne Ardenne (ALCA). Seuls 71 des 189 candidats engagés aux côtés du président lorrain ont présenté une lettre de démission avant l’heure limite fixée à 18h par la préfecture, il en fallait 95 pour rendre irrecevable la liste déposée par le candidat socialiste pour le second tour des élections régionales dimanche.

Depuis son QG  de campagne en Moselle, Jean-Pierre Masseret a réaffirmé sa volonté « de mener le combat jusqu’au bout » :

« Trois listes seront proposées pour que les citoyens puissent choisir librement et démocratiquement les élus qu’ils jugent pouvoir les représenter le mieux. Nous leur offrons l’opportunité de choisir entre la droite libérale, l’extrême-droite nationaliste et la gauche ! Depuis hier, nous recevons d’innombrables messages, venant de notre région mais également de toute la France, pour nous dire que nous avons raison de ne rien lâcher, de ne pas déserter le terrain démocratique. Nous avons le soutien du peuple pour qui l’on a raison de ne pas déserter le terrain politique. Nous sommes les seuls à porter un projet qui tient compte de la grande région. »

Campagne improbable

C’est une campagne improbable qui s’annonce avec une liste où de nombreux candidats PS vont donc faire campagne pour la droite entre les deux tours. Depuis dimanche soir, de nombreux élus locaux et nationaux ont demandé à « faire barrage au front national » et prié les candidats de se désengager individuellement. Le Front national part favori de cette triangulaire dans le Grand Est.

Cet épisode augure de longs débats internes au sein du camp socialiste. Plusieurs militants ont été sensibles aux arguments du candidat Masseret vis-à-vis de la droite et du Front national. Ils estiment que le « Front républicain » ne fait pas régresser le FN et acquiescent lorsque le sénateur socialiste dit que « ce n’est pas en fuyant le scrutin qu’on combat le FN ».

Aller plus loin

Sur Rue89 Strasbourg : Second tour : qui dit quoi ?

[MAJ] – Masseret au second tour : qui dit quoi ?

[MAJ] – Masseret au second tour : qui dit quoi ?
La plupart des élus strasbourgeois souhaitent que le FN ne dirige pas la grande région (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
La plupart des élus strasbourgeois souhaitent que le FN ne dirige pas la grande région (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Jean-Pierre Masseret (PS) est candidat au second tour des régionales. À gauche, les attitudes à adopter pour le second tour des élections régionales divergent. Alors que la droite ne se retire pas dans les autres régions en cas de triangulaire où le FN est en tête, plusieurs voix se font entendre pour le maintien. Ces personnes veulent « donner le choix » aux électeurs et constatent que les tentatives précédentes de « Front républicain » n’ont pas enrayé le FN. Pour d’autres, le risque d’une région dirigée par le FN est trop périlleux. Ils appellent à voter pour la droite. Philippe Richert de son côté propose un conseil où toutes les sensibilités politiques seraient représentés, les socialistes, les écologistes et même les régionalistes. Il attaque les déclarations du candidat Philippot.

Cet article est fréquemment mis à jour. Dernière révision à 18h mercredi 9 décembre

Ils soutiennent Jean-Pierre Masseret

    Axel Kahn, généticien : « Jean-Pierre Masseret fait honneur à la démocratie autant qu’il sauve l’honneur de son camp », Jean-Paul Bachy, président (PRG) de Champagne-Ardenne Édouard Martin, ancien syndicaliste à Florange, devenu député européen PS : « que Manuel Valls se regarde dans la glace«  Dominique Reynié, tête de liste LR en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, arrivé troisième dimanche, Lilia Salmi, Bénédicte Voegel, Jonathan Saenger et Valérie Wackermann, candidats sur la liste Masseret dans le Bas-Rhin. Andrée Buchmann, ancienne élue EELV et cinquième sur la liste dans le Bas-Rhin Victorine Valentin, 4ème sur la liste de Jean-Pierre Masseret dans le Haut-Rhin Syamak Agha-Babaei, vice-président (PS) de l’Eurométropole en charge de l’habitat, Thomas Risser, secrétaire de la section Bourse-Esplanade-Krutenau du PS de Strasbourg. Florian Philippot (FN) : « Masseret a du courage. Si Masseret se retire, ce sera un bras d’honneur aux militants PS. Je n’hésiterai pas à me tourner vers eux. »

Philippe Richert propose un conseil « où toutes les sensibilités politiques sont représentées »

S’il est élu, le candidat de la droite Philippe Richert propose la création d’un second conseil régional où siégeraient des représentants de toutes les sensibilités politiques :

« Je réunirai dès le lendemain de l’installation du conseil régional, les représentants de toutes les sensibilités politiques, les socialistes, les écologistes, mais aussi les régionalistes pour regarder comment organiser leur expression et leur contribution au développement de nos territoires. J’ai toujours fait confiance aux autres partis dans l’assemblée en leur confiant des responsabilités. »

Une disposition qui ressemble à la proposition « inédite en France » de Sandrine Bélier (Europe Écologie Les Verts), bien que celle-ci voulait que les candidats écologistes et socialistes soient intégrés sur la liste de Philippe Richert et ensuite siéger dans l’assemblée officielle. Philippe Richert a répondu qu’il était difficle et que cela aurait envoyé « un mauvais message ». Plus étonnant, le très droitier Christian Estrosi, en ballotage défavorable en Provence Alpes Côtes d’Azur, a fait une proposition similaire.

Il veut notamment convaincre les régionalistes d’Unser Land, qui ont réalisé 11,1% des voix en Alsace, qu’il défendra mieux l’identité locale que le FN :

« Nous avons fait des assises du bilinguisme où des propositions très concrètes ont émergé, la marque Alsace, les sites en .alsace ou des politiques culturelles qui soutiennent la culture alsacienne, notamment à travers l’Office pour la Langue et la Culture d’Alsace (OLCA). Le FN est un parti Jacobin et veut mettre à mal les identités des trois régions. »

Philippe Richert propose un conseil régional où les partis non-élus pourraient apporter leur voix à la construction de la grande région (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Philippe Richert propose un conseil régional où les partis non-élus pourraient apporter leur voix à la construction de la grande région (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Il a aussi répondu aux attaques du candidat FN Florian Philippot :

« Il propose de supprimer les aides aux communes qui accueillent des migrants (200 000 euros en Lorraine, 150 000 euros en Champagne-Ardenne et 0 en Alsace) pour redonner l’argent aux personnes âgées. Mais il faut lui expliquer que ce sont les départements qui s’occupent de la solidarité. Les travailleurs frontaliers sont, eux, catastrophés à l’impact économique de l’arrivée du FN qui veut fermer les frontières. Il dit que l’on a réduit l’aide à l’apprentissage, mais c’est faux. L’État a réduit sa part et nous avons augmenté la notre de 25% ce qui fait que la baisse n’a été que de 1%. On ne peut pas non plus rejeter l’Europe en bloc qui va injecter 1,8 milliards d’euros que la Région devra gérer dans nos territoires. Contrairement au FN, je ne veux pas affaiblir Strasbourg ce qui affaiblirait toute la grande région. Sur la sécurité, c’est aussi faux de dire que l’on n’a pas rien fait quand cela relevait de nos compétences. Nous avons mis en place la vidéo-surveillance dans les lycées qui le réclamaient. »

Philippe Richert a aussi cité  les axes forts de son programme à la tonalité très économique : le haut débit partout dans la région, un plan de relance de l’économie via le BTP, une agence régionale de l’emploi, une allocation expérimentale de formation et activité qui remplacerait celle du chômage et la rénovation des gares.

Ils étaient candidat PS et démissionnent

Plusieurs candidats PS ne souhaitent plus faire campagne dans ces conditions. Pour bloquer la liste de Jean-Pierre Masseret, il fallait que 95 des 189 colistiers démissionnent. Mais après une journée de tractations et de pression, seuls 71 ont fait la démarche.

Les secrétaires fédéraux de 4 des 10 départements ont plaidé, en vain, pour un retrait de liste lundi. Il s’agit des représentants du Bas-Rhin (35 candidats), de Moselle (34 candidats), de Meurthe-et-Moselle (24 candidats) et des Vosges (14 candidats), soit 107 candidats en tout. Mais ces positions n’engagent pas l’ensemble des colistiers.

Dans le Bas-Rhin, Maxime Munschy (14ème) et Chloé Bourguigon (31ème) ont publié leur démission mardi matin, suivis par la tête de liste et secrétaire départementale Pernelle Richardot, mais aussi Rémi Barillon (8ème) Caroline Reys (9ème), conseillère municipale (PS) de Sélestat et Camille Gangloff, conseillère municipale à Strasbourg.

C’est aussi le cas de Thierry Sother, directeur de campagne dans le Bas-Rhin et candidat dans le Haut-Rhin, contre l’avis de sa fédération départementale.

Catherine Trautmann, vice-présidente de l’Eurométropole de Strasbourg, a également annoncé aux DNA qu’elle se désistait et voterai Philippe Richert. Elle était en dernière position sur la liste du Bas-Rhin. Dimanche soir, elle avait pourtant choisi de soutenir le maintien de Jean-Pierre Masseret.

Initialement favorable au maintien, l’adjoint au maire Paul Meyer, quatrième sur la liste et certains de ses proches comme le conseiller municipal et communautaire Jean-Baptiste Gernet, a finalement accepté de démissionner à son tour et a appelé désormais ses collègues à faire de même. Que feront tous ces candidats s’ils sont élus après avoir agi pour le retrait de cette même liste ?
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Ils ont demandé un retrait et appellent à "faire barrage au Front national"

La formule est un peu ambiguë, elle peut sous entendre que si une grande partie des abstentionnistes et électeurs du reste de la gauche votent PS, il peut toujours gagner. Mais compte tenu de l’écart, cela sous entend un vote pour la droite.

    Le Grand Maître du Grand Orient de France Robert Herrmann, président (PS) de l’Eurométropole de Strasbourg Philippe Bies, député (PS) de Strasbourg Jacques Bigot, sénateur (PS) et maire d’Illkirch Graffenstaden, ancien président de la CUS : "J'invite aujourd'hui Philippe Richert dans les trois jours qui lui restent de ne pas se contenter de reprocher à Jean-Pierre Masseret de ne pas avoir retiré sa liste,mais de convaincre les électeurs de gauche de sa capacité d'être un président de Région qui saura faire vivre la démocratie et rassembler dans cette grande région toutes les forces vives et les défenseurs des valeurs de la République. Ceci suppose sans doute aussi qu'il se démarque des propos de Nicolas Sarkozy qui se montre indifférent aux décisions de retrait républicain du Parti Socialiste ." Alain Fontanel, premier adjoint (PS) au maire de Strasbourg Matthieu Cahn, adjoint au maire (PS) de Strasbourg et ancien secrétaire départemental du PS67 Le parti communiste des 10 départements de la grande région. Les Mouvements associatifs CPCA d'Alsace, Lorraine et Champagne Ardenne : "Aujourd’hui, ces valeurs et ces principes sont en danger ; demain, c’est une région riche de sa diversité et des engagements de ses habitants, ouverte sur l’Europe et sur le monde, qui se trouverait amputée des actions et des projets portés par les associations." Les présidents des 5 universités de la grande région : "Nous rappelons avec gravité, pour les réaffirmer avec force, les valeurs qui fondent l’université, qui guident le travail des personnels et que nous transmettons à nos étudiants. Elles sont celles de la République, liberté, égalité fraternité. Elles sont aussi celles de la tolérance, de l’ouverture à l’étranger, du respect des différences. Nous sommes fidèles à ces valeurs quand nous accueillons les jeunes de tous milieux sociaux, parmi lesquels de nombreux étudiants étrangers, et quand nous nous engageons, comme tout récemment, pour accueillir des étudiants réfugiés de tous pays et de toutes confessions." La CFDT des trois régions : "Loin de répondre à ce que vivent nos concitoyens, ce programme met à mal notre cohésion sociale, porte atteinte au vivre ensemble et remet en cause la construction d’un avenir plus juste et plus solidaire."

Ils voteront Philippe Richert ou appellent à le faire

    Manuel Valls, Premier ministre Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg, qui après avoir parlé de "barrage au FN" dans une déclaration commune avec Robert Herrmann, Philippe Bies, Jacques Bigot, Alain Fontanel et Matthieu Cahn, a clairement appelé à voter Philippe Richert sur sa page Facebook : "Cette décision incompréhensible fait courir un risque immense à Strasbourg, à l'Alsace et à la grande région : celui de voir le FN l'emporter, et de vivre une formidable récession de nos territoires." Patrick Peron, tête de liste Front de gauche lors de cette élection :  "Moi, je suis maire d'Algrange. Essayez de vous mettre à ma place. La région assure envron 35% de nos investissements. Demain, je vais devoir aller défendre mes dossiers chez Philippot, notre ennemi juré. Il sait qui je suis, nous nous sommes affronté dans ces élections. Il sait que je suis au PCF. Il lui suffit de "planquer" nos dossiers sous la pile et les habitants d'Algrange vont attendre la réponse à leurs besoins." Mathieu Klein, président (PS) du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, candidat en fin de liste Dominique Gros, maire (PS) de Metz, Samuel Hazard, le maire (PS) de Verdun, Bertrand Delanoë, ancien maire (PS) de Paris, Olivier Bitz, adjoint au maire (PS) à Strasbourg Nicolas Matt, vice-président de l'Eurométropole : "Je suis convaincu que dans cette période difficile, ce choix s'impose pour que notre idéal républicain perdure." Le groupe UDI de Schiltigheim, qui s’estimant lésé par l’accord avant le premier tour, n’avait pas donné de consigne de vote Le parti radical de gauche (PRG), allié aux écologistes dans le Grand Est au premier tour Raphaël Nisand, ancien maire PS de Schiltigheim La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), qui organise un meeting à l'ARES à l'Esplanade jeudi soir avec le maire (PS) de Strasbourg Roland Ries et des colistiers de Philippe Richert. Éric Quénard, président du groupe d'opposition PS/EELV/PCF à la mairie de Reims Des élus EELV de Strasbourg : Jeanne Barseghian, Abdelkarim Ramdane, Éric Schultz.

Malgré l'absence de réponse de Philippe Richert à sa proposition de "grande coalition démocratique", Sandrine Bélier d'Europe Écologie - Les Verts (EELV) a indiqué qu'elle voterait "à titre personnel" pour Philippe Richert.

La réaction de Sandrine Bélier

Après avoir appelé Jean-Pierre Masseret en vain à retirer sa liste elle demande à Philippe Richert de "faire envie" et notamment à s'engager davantage sur les emplois locaux et la rénovation énergétique. D'après l'ancienne eurodéputée, la liste PS a coupé court aux négociations sur une grande union lundi à midi, alors que la droite était disposée à faire des concessions, bien que Philippe Richert a toujours opposé publiquement des difficultés "techniques" à une telle fusion.

Une vidéo du Centre socio-culturel du Neuhof qui "appelle à voter"

Des enfants s’inquiètent de leurs votesDimanche n'oubliez pas!... Élections régionales 2015

Posted by Csc Neuhof on Wednesday, December 9, 2015

Vote blanc ou pas de consigne

    Les autonomistes d’Unser Land et leurs alliés Debout la France

D’autres positions d’élus que nous avons pas répertoriées ? Laissez un commentaire

Aller plus loin

Sur Rue89 Strasbourg : tous nos articles sur les régionales

Le centre culturel Django Reinhardt confié à l’association BeCoze

Le centre culturel Django Reinhardt confié à l’association BeCoze
L'espace culturel Django Reinhardt
L’espace culturel Django Reinhardt

La gestion du centre culturel Django Reinhardt a été confiée par la Ville de Strasbourg à l’association BeCoze, éditrice du magazine culturel Coze et organisatrice des Hopl’awards. L’association a l’ambition de dédier ce lieu aux cultures urbaines et émergentes, et d’ancrer le quartier du Neuhof dans sa programmation.

En juillet, la Ville de Strasbourg lançait un appel à projets pour la gestion du centre culturel Django Reinhardt, équipement de 350 places debout, 160 assises, au coeur du quartier du Neuhof. Jusqu’à présent, le centre Django Reinhardt était exploité en régie directe, un mode de gestion contraignant pour la Ville qui cherchait à se désengager.

Suite à cet appel à projets, la Ville a sélectionné l’association BeCoze parmi les quatre projets qui lui ont été soumis. L’annonce du choix de la Ville sera communiqué ce mardi matin aux associations de quartier partenaires.

Éditeur d’un magazine et organisateurs d’événements

BeCoze est une association protéiforme, portée par Julien Lafarge et Christopher Keo. La structure édite un agenda culturel gratuit, Coze, distribué un peu partout en ville, et organise chaque année à l’automne les Hopl’awards, sorte de concours promotionnel où tous les participants gagnent quelque chose à la fin.

Mais Julien Lafarge organise aussi depuis 10 ans le NL Contest à Strasbourg, un événement très populaire dédié aux cultures urbaines. Bien que le NL Contest soit porté par l’association Nouvelle Ligne, différente de BeCoze, les liens entre les structures sont importants. Coze, les Hopl’awards et le NL Contest étant des projets entièrement privés, Julien Lafarge assure que les cloisons resteront étanches vis à vis des subventions de la Ville :

« C’est bien l’association BeCoze qui assumera la gestion du centre Django Reinhardt, mais il y aura une comptabilité séparée. Pour plus de transparence, il n’est pas exclu que le magazine soit confié à une nouvelle structure. Je suis la seule personne à faire partie des deux structures. Le dossier que nous avons présenté repose sur une équipe de trentenaires qui nous sont proches mais entièrement distincte. »

Une équipe de trentenaires

Car si Julien Lafarge sera amené à réaliser des missions de communication pour Django Reinhardt, le futur directeur du centre culturel sera Pierre Chaput. Ancien de l’Ogaca, Pierre Chaput est un spécialiste des missions culturelles et c’est à lui que reviendra la charge d’équilibrer les quelques 500 000€ de budget prévu. Outre la billetterie, le projet de BeCoze prévoit d’autres sources de financement privé inspirées de leur savoir-faire dans le NL Contest et les Hopl’awards, deux événements qui ont su se développer et attirer un large public sans trop de subventions publiques. Une dimension qui a certainement beaucoup plu à la Ville, qui va pouvoir diminuer la subvention de fonctionnement d’autant.

À la programmation culturelle, BeCoze propose Benoit Van Kote, ancien programmateur des Nuits Européennes et à la manoeuvre au Camionneur, notamment sur le festival de blues. C’est lui qui déclinera la thématique retenue pour Django Reinhardt : « musiques des mondes », un lieu dédié aux cultures urbaines et émergentes. Au niveau de l’offre culturelle, Django Reinhardt sera une solution pour accueillir les artistes trop confidentiels pour la Laiterie mais trop importants pour le Mudd Club par exemple.

Un tiers de la programmation sera issu de la scène locale, un tiers de la scène nationale et un tiers de la scène internationale. Mais sur les deux derniers tiers, les artistes locaux seront invités à participer dans le cadre d’un programme de médiation avec le quartier du Neuhof, à la charge de la troisième personne de l’équipe, Mourad Mabrouki. L’objectif de BeCoze est de créer une pépinière artistique pour les groupes locaux.

Yan Gilg à nouveau écarté

Parmi les dossiers non retenus, il y a celui de Yan Gilg, le directeur des Sons d’la rue et de Mémoires Vives. L’artiste « aux multiples facettes » s’était associé avec Jazzdor et la coopérative Artenréel pour son projet :

« Pour que Django Reinhardt soit vraiment le lieu d’expression culturelle du Neuhof, on a refusé de lui donner une orientation comme le réclamait le cahier des charges de la Ville. Au contraire, on avait prévu de se donner un an pour définir avec les habitants les orientations culturelles du lieu. Entre temps, on y aurait installé mes compagnies, car nous sommes devenus des spécialistes de la médiation culturelle dans les quartiers. C’est un peu désolant de voir que la Ville a fait un appel à projets national, comme si on manquait d’acteurs ici, pour retenir au final une équipe dont les projets réalisés jusqu’ici ne brillent pas par l’ampleur des liens sociaux qu’ils ont contribué à façonner. »

Car bien que Yan Gilg se réclame aussi des cultures urbaines, il ne s’agit pas des mêmes que celles de l’équipe de BeCoze…

L’ancienne équipe était prête à repartir également, avec notamment l’ancien directeur depuis 2009, Jean-François Pastor qui a présenté un projet autour des musiques du monde. Mais il a été jugé « trop similaire » avec la programmation précédente. Jean-François Pastor répond qu’il n’a pas à rougir des résultats, puisque le taux de remplissage de la salle avoisinait les 84% à la fin de la saison passée.

#association BeCoze

Régionales : le résultat dans tous les bureaux de vote de Strasbourg

Régionales : le résultat dans tous les bureaux de vote de Strasbourg

Carte – La droite remporte les six cantons strasbourgeois sur fond de montée du Front national et regain de voix des écologistes. Mais tout ceci est bien secondaire à Strasbourg, où le PS appelle à faire barrage au Front national, quitte à ne pas voter pour Jean-Pierre Masseret.

Philippe Richert (LR) l’emporte dans les six cantons strasbourgeois avec des scores entre 23,8% et 41,8%. Dans 4 d’entre eux, il est suivi par Jean-Pierre Masseret (PS). Florian Philippot (FN), lui, se glisse à la deuxième place dans les cantons 2 (Koenighsoffen, Montagne Verte) et 6 (Meinau, Neuhof, Musau, Port du Rhin).

Aux départementales, le FN s’était placé en deuxième position, déjà dans le canton 2, mais aussi le canton 3 (Hautepierre, Cronenbourg). Il avait en revanche été éliminé de justesse dans le canton 6. Surtout, les binômes PS étaient arrivés en tête dans 4 des 6 cantons, ce qui n’est plus le cas.

Fort de ses 12%, EELV se classe quatrième partout, sauf dans le canton 1 (Centre-Neudorf-Krutenau) où Sandrine Bélier est troisième et repousse le FN au quatrième rang. Dans les six cantons, Front de gauche et Unser Land se partagent les cinquièmes et sixièmes places dans trois cantons chacun, autour des 5%.

Répartition du vote FN à Strasbourg

À une voix près, le FN réitère son score des départementales de mars, auxquelles on ajoute le 611 voix du parti régionaliste d’extrême-droite Alsace d’Abord, alors présent sur le canton 6.

Mais plus qu’en termes de voix, ce scrutin marque une progression du FN en pourcentages, qui se rapproche du PS (22,2% contre 18,93%), grâce à l’abstention (56,5%), un probable « vote utile » sur Philippe Richert dès le premier tour et un report des voix de gauche sur Europe Écologie Les Verts (+1 000 voix par rapport aux municipales 2014). Le FN est fort dans les quartiers sud et ouest, tandis que le centre et les quartiers Tivoli, Wacken et Orangerie sont peu concernés.

Alors qu’en mars, le PS faisait le plein dans l’ouest à 9 exceptions près, beaucoup de bureaux basculent à droite.

Évolution des voix à Strasbourg sur les 4 dernières élections

Les socialistes strasbourgeois ont demandé le retrait de Masseret. Ils appellent à « faire barrage au FN ».

Mais à Strasbourg, l’heure n’est pas au décompte des voix et aux calculs dans les états-major. Dans une déclaration commune, plusieurs personnalités politiques du PS ont demandé le retrait de la liste PS :  le maire Roland Ries, le député Philippe Bies, le sénateur-maire d’Illkirch-Graffenstaden Jacques Bigot, le président de l’Eurométropole Robert Herrmann, le premier adjoint Alain Fontanel, les adjoints Olivier Bitz et Mathieu Cahn, premier secrétaire fédéral du PS 67 jusqu’à cette année.

Depuis, Jean-Pierre Masseret continue son combat pour que des élus PS continuent à siéger dans la future assemblée. Il a déposé sa candidature en préfecture. Les élus strasbourgeois disent « regretter l’entêtement » de « Monsieur Masseret », qui se retrouve en opposition avec les instances nationales de son parti.

Ils demandent, « compte tenu de l’écart », de « faire barrage au Front national », craignant les conséquences pour la future grande région et la place de Strasbourg. Sans appeler directement à voter Philippe Richert, leur position ne laisse que peu de place au doute sur le message.

De son côté, la première secrétaire fédérale actuelle et tête de liste du PS dans le Bas-Rhin, Pernelle Richardot, a plaidé sans succès pour un retrait de la liste et se retrouve désormais sur la même ligne que les parlementaires et une partie de l’exécutif strasbourgeois. L’adjointe au maire, désormais candidate contre son gré, appelle aussi à faire barrage au Front national et à un sursaut des abstentionnistes.

Seul l’adjoint au maire en charge des Finances, Olivier Bitz, a dit clairement qu’il votera pour Philippe Richert dimanche prochain, car il ne veut pas d’une « candidature de témoignage ». Une position également défendue par le Premier ministre Manuel Valls au journal de 20h de TF1 ou par le maire socialiste de Metz, Dominique Gros.

Dernière solution au retrait, que la moitié des candidats le demandent

Dernière solution prévue par le code électoral pour un retrait de la liste PS, que 95 des 189 colistiers l’exigent d’ici ce mardi 7 décembre 18h.

Lors des discussions lundi matin, 4 des 10 secrétaires départementaux de la grande région se sont positionnés pour un retrait. Ils s’agit des représentants de Moselle (34), de Meurthe-et-Moselle (24 candidats), des Vosges (14 candidats) et donc du Bas-Rhin (35 candidats). S’ils arrivent à convaincre l’ensemble de leur liste, le total de 107 désistements serait suffisant.

Mais certains candidats sont sensibles aux positions de Jean-Pierre Masseret : la droite, pourtant en baisse, n’a fait aucun effort pour intégrer écologistes et socialistes, dans une grande coalition démocratique, tandis que se désister lors des triangulaires avec le FN n’a pas permis de l’enrayer et donne l’impression de fuir la difficulté. L’enjeu est que les premiers sur chaque liste donnent le ton.

En cas de maintien, il n’est cependant pas sûr que le PS obtienne des élus en Alsace. Le PS a réalisé 10,8% des voix dans le Bas-Rhin et 9,49% dans le Haut-Rhin. Entre des reports de voix quasi-inexistants voire l’abstention ou le vote à droite de certains électeurs de gauche, dont le maire de Strasbourg et ses soutiens, la barre fatidique des 5% pourrait alors ne pas être atteinte.

Cartes : Raphaël Da Silva