Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Une attaque à l’arme blanche à Mulhouse a fait un mort et deux blessés samedi 22 février

Une attaque à l’arme blanche à Mulhouse a fait un mort et deux blessés samedi 22 février

Un homme a attaqué à l’arme blanche des policiers à Mulhouse, faisant un mort et deux blessés samedi 22 février. Le Parquet national antiterroriste a été saisi de l’enquête, le principal suspect et trois autres personnes ont été placés en garde à vue.

Samedi 22 février vers 15h40, à proximité du marché du Canal Couvert à Mulhouse, une personne munie d’un couteau et d’un tournevis s’est attaqué aux agents de police municipale déployés sur place pour encadrer une manifestation de soutien à la République démocratique du Congo. 

Parmi les cinq policiers présents, deux ont été grièvement blessés et hospitalisés en urgence absolue. Un passant de 69 ans et de nationalité portugaise a été mortellement touché au cœur alors qu’il tentait de s’interposer. L’un des policiers a été touché à la carotide et l’autre au thorax, selon le procureur de la République de Mulhouse, Nicolas Heitz.

L’interpellation de l’assaillant a eu lieu une dizaine de minutes après l’attaque seulement, aux abord de la rue Lavoisier. France 3 Alsace a publié une vidéo amateur de l’arrestation.

Le Parquet national antiterroriste (PNAT) s’est saisi du dossier et a ouvert une enquête pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste et tentative d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste sur, personnes dépositaires de l’autorité publique. Trois personnes de son entourage, deux membres de sa famille ainsi que la personne qui l’hébergeait, ont été interpellées et placées en garde à vue pour évaluer leur implication ou connaissance d’un projet terroriste.

Un profil schizophrène

Le principal suspect, Brahim Abdessemed, est un Algérien de 37 ans inscrit au Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT). Il était sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), restée inappliquée faute de documents consulaires algériens. Il a alors été assigné à résidence et devait se rendre chaque jour à l’hôtel de police de Mulhouse.

Selon L’Alsace, Brahim Abdessemed avait été condamné à six mois de prison pour apologie du terrorisme en décembre 2023. Sur Facebook, il avait publié une vidéo appelant à « prendre les armes et à combattre les mécréants » peu après les attaques du 7 octobre 2023 perpétrées par le Hamas en Israël. Sa famille, inquiète de cette radicalisation, avait alors alerté elle-même les services de police.

Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, s’est déplacé à Mulhouse dimanche 23 février. Lors d’une conférence de presse, il a indiqué qu’une expertise psychologique réalisée en détention avait conclu à « un profil schizophrène » du suspect.

Impossible à renvoyer en Algérie

À sa sortie de prison, 50 jours avant l’échéance de sa peine, Brahim Abdessemed avait été placé dans un centre de rétention administrative, en attente de son expulsion. Mais l’Algérie, son pays d’origine, a refusé de le rapatrier « à dix reprises » a ajouté Bruno Retailleau. Une situation jugée « inacceptable » par le Premier ministre François Bayrou, qui s’est prononcé lundi 24 février en marge d’une visite au Salon de l’Agriculture à Paris. Emmanuel Macron qui était en visite au Salon de l’agriculture le jour de l’attaque l’a écourté, il a évoqué « acte terroriste islamiste qui ne fait pas de doute » et a assuré « la solidarité de la nation » à la famille de la victime.

Le député de Mulhouse, Olivier Becht (Renaissance), s’est prononcé en faveur d’un « délit de radicalisation » au micro de BFM Alsace. La préfecture a ouvert une cellule d’aide psychologique pour accueillir les personnes affectées par cet attentat a été ouverte ce lundi 24 février.

Des opposants aux partenariats avec les universités israéliennes reprennent les blocages

Des opposants aux partenariats avec les universités israéliennes reprennent les blocages
Un blocage a repris devant l’entrée du Cardo.

Lundi 24 février, des étudiants et étudiantes opposées aux partenariats avec des universités israéliennes bloquent le campus de Sciences Po et le bâtiment du Patio.

Les vacances universitaires ont à peine pris fin. Lundi 24 février, les collectifs Sciences Pro Palestine et Palestine Unistras ont annoncé deux blocages entamés aux aurores. Le bâtiment de Sciences Po Strasbourg – Le Cardo – est concerné, de même que le bâtiment du Patio, qui accueille les enseignements de sciences humaines.

« Suite à l’arrêt des discussions par la direction, la tentative d’externalisation, les insultes et surtout le refus de l’organisation d’une assemblée générale des personnels, le Cardo est bloqué pour ce jour de rentrée », a indiqué Simon Levan, l’un des porte-parole de la mobilisation contre le partenariat de Sciences Po Strasbourg avec l’université Reichman à Tel Aviv. Les étudiants mobilisés se réuniront en assemblée générale lundi 24 février à midi devant le Cardo.

Un « blocage inter fac »

Sur sa page Instagram, le comité Palestine Unistras annonce un « blocage inter fac (…) contre la répression des étudiants et des étudiantes mobilisées pour la Palestine et contre le rétablissement et le maintien du partenariat avec l’université Reichman, soutien du génocide à Gaza ».

Les précédents blocages du campus de Sciences Po Strasbourg ont été évacués par les forces de l’ordre sur demande du président de l’Université de Strasbourg, Michel Deneken. Un étudiant blessé à la tête avait été admis aux urgences.

Directeur de Sciences Po Strasbourg, Jean-Philippe Heurtin ne parvient pas à résoudre cette crise au sein de son établissement, qui dure depuis la rentrée 2024. La direction de l’établissement a rencontré une délégation d’étudiants mobilisés contre le partenariat de l’institut avec l’université israélienne Reichman jeudi 13 février. Mais aucune sortie de crise n’a pu être trouvée. Au journal Le Parisien, Jean-Philippe Heurtin a indiqué que l’idée de démissionner lui avait déjà « traversé l’esprit ».

« La femme n’a pas le droit de dire non » : la mosquée de Hautepierre licencie son imam

« La femme n’a pas le droit de dire non » : la mosquée de Hautepierre licencie son imam
À la suite de propos sexistes tenus par l’ancien imam de la mosquée de Hautepierre, l’association ARSH en charge de la gestion a licencié le religieux pour faute grave en octobre 2024.

Début octobre 2024, la mosquée Arrahma de Hautepierre a licencié pour faute grave son imam. Ce dernier a tenu des propos légitimant le viol entre époux et les violences conjugales.

Tout part d’une vidéo postée sur les réseaux sociaux. Le 15 septembre 2024, Étienne Delarcher, journaliste sous pseudonyme, diffuse sur son compte X (ex-Twitter) une vidéo tournée dans la salle de prière de la mosquée Arrahma de Hautepierre. Cette vidéo coïncide avec la sortie de son livre, paru en mai 2024 aux éditions du Rocher, nommé « Au cœur de l’islam en France », et sous-titré « trois ans d’infiltration dans 70 mosquées françaises ».

« Quand la femme dit à son mari non, Allah est en colère sur elle »

Hassan Benzad, ancien imam de la mosquée Arrahma de Hautepierre

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Un rassemblement et une conférence pour l’Ukraine, trois ans après l’invasion

Un rassemblement et une conférence pour l’Ukraine, trois ans après l’invasion

Alors que l’Ukraine résiste depuis trois ans à l’invasion de la Russie, Strasbourg accueille un rassemblement de soutien dimanche 23 février et une conférence publique mercredi 26 février.

L’association PromoUkraïna, qui fédère les Ukrainiens de Strasbourg, et le Mouvement Européen – Alsace organisent dimanche 23 février à 16h un rassemblement de soutien à l’Ukraine, envahie depuis le 22 février 2022 par l’armée de la Russie. Le rassemblement sera suivi d’une marche en direction du consulat de Russie à Strasbourg, 6 place Sébastien-Brandt dans la Neustadt.

Ce rassemblement intervient alors que l’administration mise en place par Donald Trump aux États-Unis souhaite retirer son soutien à l’Ukraine et aligne ses positions nationalistes sur celles de la Russie. L’hypothèse d’une paix aux conditions russes progresse, c’est pourquoi PromoUkraïna et le Mouvement européen organisent aussi une conférence « Ukraine : peut-on faire la paix ? », mercredi 26 février à 18h à l’Université de Strasbourg. Sandrine Gaudin, vice-gouverneure de la banque de développement du Conseil de l’Europe, Alexis Vahlas, directeur du Master Sécurité de l’Europe, Stabilisation et Intervention Internationale à Sciences Po Strasbourg, sont les invités de cette conférence, qui fera le point sur la situation militaire et les enjeux pour qu’intervienne une paix négociée.

Dans la nappe phréatique alsacienne, des concentrations de pesticides en baisse

Dans la nappe phréatique alsacienne, des concentrations de pesticides en baisse
La concentration en pesticides diminue dans la nappe phréatique alsacienne.

Dans son rapport de novembre 2024, l’Observatoire de la nappe d’Alsace a révélé une baisse de la concentration en pesticides dans la nappe phréatique. Une nouvelle menace émerge cependant : la pollution aux « polluants éternels ».

« Les pesticides sont les premiers responsables de la dégradation de la nappe phréatique alsacienne. Cela ne change pas avec les années », introduit Victor Haumesser, chargé de communication à l’Observatoire de la nappe d’Alsace (Aprona). Pesticides, nitrates et les substances per- et polyfluoroalkykées (PFAS) sont les trois principaux responsables de la dégradation de la plus grande réserve d’eau naturelle d’Europe.

Dans son rapport publié fin novembre 2024, l’Aprona dresse un bilan mitigé de la situation des eaux brutes de cette réserve souterraine. « Une amélioration significative » de la concentration des pesticides dans la nappe phréatique est signalé. Le problème des nitrates « est connu, documenté et bien géré » continue Victor Haumesser. Mais c’est un saut dans l’inconnu en ce qui concerne les PFAS, en particulier l’acide trifluoroacétique (TFA), un petit « polluant éternel » indestructible découvert dans la presque totalité de la nappe (lire notre article).

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Séparée de ses enfants et placée en CRA, Ia attend son expulsion vers la Géorgie

Séparée de ses enfants et placée en CRA, Ia attend son expulsion vers la Géorgie
Ia, mère de deux enfants, a été placée en centre de rétention administrative et pourrait être renvoyée en Géorgie du jour au lendemain.

Après plus de deux ans en France, Ia, mère de famille de nationalité géorgienne, a été interpellée sur son lieu de travail et placée en centre de rétention administrative. Elle pourrait être renvoyée en Géorgie.

« Nous n’avions jamais été séparés sans savoir quand nous nous reverrions. » Giorgi a 47 ans. Dans une maison du quartier de la Montagne verte, à l’ouest de Strasbourg, l’homme peine à cacher son émotion. Jeudi 13 février, vers 7h, il a été interpellé sur son lieu de travail, en même temps que sa compagne, Ia (prononcer ya). Il a été assigné à résidence. Elle a été envoyée en centre de rétention administrative (CRA).

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Dimanche 23 février, les trams A et D circuleront à nouveau dans le tunnel de la gare

Dimanche 23 février, les trams A et D circuleront à nouveau dans le tunnel de la gare

La CTS a confirmé la reprise de la circulation des trams A et D sous la gare dès le dimanche 23 février. 

La Compagnie des Transports Strasbourgeois (CTS) vient de recevoir l’autorisation du préfet du Bas-Rhin. Dimanche 23 février, les trams A et D pourront à nouveau circuler à partir de 4h30 du matin. Le communiqué de la CTS précise que l’exploitation de la ligne D sera réduite. Elle correspond aux « horaires des périodes vertes applicables en petites vacances scolaires ».

La station de tram souterraine à la gare de Strasbourg n’était plus desservie depuis samedi 11 janvier, date à laquelle deux trams se sont percutés dans le tunnel. L’accident a fait 68 blessés sur les 130 passagers présents, selon le bilan définitif de la préfecture du Bas-Rhin.

Plusieurs mesures ont été mises en place pour éviter un nouvel accident dans le tunnel de la gare de Strasbourg. Par communiqué, la CTS évoque des « contrôles stricts et encadrés par la maintenance sur l’ensemble des systèmes de freinage des rames ». De plus, les tramways ne pourront quitter la station de la gare centrale qu’à condition que la voie soit libre à la station suivante, qui dessert les Halles. Il est désormais interdit aux rames de stationner dans la pente à la sortie du tunnel et tous les conducteurs devront être formés au freinage d’urgence. La CTS a enfin affirmé qu’elle demandera « systématiquement que les manifestations n’empruntent pas les rails du tramway dans tout le secteur de la Grande île ».

Malgré les annonces contre le narcotrafic, le nombre d’enquêteurs en chute libre à Strasbourg

Malgré les annonces contre le narcotrafic, le nombre d’enquêteurs en chute libre à Strasbourg
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La reprise du trafic des trams A et D attend l’autorisation du préfet

La reprise du trafic des trams A et D attend l’autorisation du préfet

Après l’annonce dans les médias de la reprise de la circulation des trams sous la gare dès dimanche 23 février, la compagnie des transports strasbourgeois dément cette information. Elle indique ne pas avoir de date pour la remise en service ininterrompu des lignes A et D.

La station de tram souterraine à la gare de Strasbourg n’est plus desservie depuis samedi 11 janvier, date à laquelle deux trams se sont percutés dans le tunnel. L’accident a fait 68 blessés sur les 130 passagers présents, selon le bilan définitif de la préfecture du Bas-Rhin.

Mardi 18 février, BFM Alsace annonçait que la reprise du trafic aurait lieu dès dimanche 23 février. Cependant, six semaines après l’accident, la compagnie des transports strasbourgeois (CTS) réfute cette information. Dans un communiqué, elle assure mettre tout en œuvre pour reprendre le trafic dans le tunnel mais regrette de ne pas avoir l’autorisation préfectorale nécessaire. Surtout, elle précise ne pas être en mesure de savoir quand le représentant de l’État donnera son accord.

Une reprise potentielle pour dimanche 23 février

Contacté par Rue89 Strasbourg, le syndicat Unsa affirme qu’une réponse du préfet pour la remise en circulation des tramways A et D sous la Gare est justement attendue pour dimanche 23 février.

Le directeur général de la CTS, Emmanuel Auneau, a précisé auprès des DNA :

« Si jamais nous avions la bonne nouvelle ce jeudi d’une réouverture du service, on privilégie l’hypothèse d’un rétablissement des deux lignes à partir de dimanche matin et avec moins de rames qu’en temps ordinaire. Ce qui permettrait de tester la nouvelle façon de fonctionner. »

Mesures prises par la CTS pour éviter que l’accident ne se reproduise

En attendant, la CTS anonce avoir pris plusieurs mesures pour prévenir tout nouvel accident dans le tunnel de la gare, selon France Bleu Alsace.

Désormais, les tramways ne pourront quitter la station de la Gare qu’à condition que la voie soit libre à la station suivante, qui dessert les Halles. Il sera interdit aux rames de stationner dans la pente à la sortie du tunnel et tous les conducteurs devront être formés au freinage d’urgence.

La fable de l’auteur afghan Gul Baloch mise en musique le 25 février

La fable de l’auteur afghan Gul Baloch mise en musique le 25 février
Gul Baloch à Strasbourg, en juin 2024.

À l’invitation du Conservatoire de Strasbourg, l’auteur jeunesse afghan Gul Baloch propose une lecture de sa fable, mise en musique par 80 élèves, mardi 25 février.

La petite Afghane Suraya poursuit son chemin. En juin 2024, Rue89 Strasbourg publiait le portrait de l’auteur jeunesse Gul Baloch, réfugié à Strasbourg après la prise de l’Afghanistan par les talibans. Des collégiens venaient alors de traduire sa fable La chouette qui en savait beaucoup et la petite fille qui voulait apprendre (The smart owl and the clever girl, inédit en France).

Depuis, son unique texte traduit du pachto en anglais par une ONG a été transposé en français par l’autrice alsacienne Claire Audhuy et l’écrivain agfhan est allé à la rencontre d’écoliers de plusieurs établissements de Strasbourg pour faire connaître Suraya. L’auteur ajoute une corde à son arc et s’essaie le 25 février à la scène, à l’invitation du département bois du Conservatoire de Strasbourg, entouré de 80 élèves musiciens.

En langue originale

Ils consacrent leur spectacle annuel, leur « carte blanche », à une mise en musique de cette fable, finalement intitulée Suraya, la petite fille qui voulait apprendre. Gul Baloch en proposera une lecture dans sa langue originale, le pachto, aux côtés de celle en français interprétée par une élève comédienne. Ce fil conducteur sera entrecoupé de pièces musicales du répertoire classique et de musique du monde sur le thème de la liberté et interprétées par les élèves des classes de bois, du 1er cycle jusqu’aux étudiants de la Haute école des arts du Rhin, avec des invités pianistes, accordéonistes et percussionnistes.

Côté scénographie, six classes des écoles élémentaires Camille Hirtz et Rosa Parks des quartiers de Cronenbourg et de Hautepierre ont échangé avec Gul Baloch et planché sur l’univers de sa petite héroïne pour imaginer et fabriquer les décors du spectacle. Leurs illustrations seront aussi projetées pendant les séquences.  

Trente ans plus tard, une disparue au cinéma revient en librairie

Trente ans plus tard, une disparue au cinéma revient en librairie

Dans La Disparue du cinéma, Laurence Mouillet revient sur un meurtre qui a secoué Strasbourg à la fin des années 90. En prenant le point de vue d’une salariée, elle tisse une histoire personnelle percutée par ce fait-divers.

Qui se souvient de Carole Prin ? En mai 1995, elle disparaît mystérieusement. Bien que son compagnon d’alors, projectionniste au cinéma Star, soit déjà soupçonné, l’affaire ne sera résolue que quatre ans plus tard, alors que le corps de la disparue réapparaît dans une décharge de Boofzheim. C’est la toile de fond du roman de Laurence Mouillet, rédactrice chez Arte. Elle se demande comment cette disparition a pu influencer la vie des proches, des témoins, des collègues.

Laurence Mouillet centre son récit sur la vie d’une étudiante de 20 ans, Claire, qui travaille comme caissière au cinéma Star les week-ends. Claire a des idées plein la tête, une histoire d’amour évanescente mais elle doit surtout travailler avec Lionel, le compagnon de la disparue, un être secret qui pratique le tir sportif et qui dispose des clés de toutes les salles du cinéma…

Sur 168 pages, Laurence Mouillet prend plaisir à percuter la vie de cette jeune fille, qui lui ressemble quand même beaucoup, avec les non-dits et les soupçons du crime qui empoisonnent tout. Pour les lecteurs et les lectrices, ce voyage offre en outre une réconciliation avec cette histoire dramatique, dont certains détails restent inexpliqués et sur lesquels Laurence Mouillet n’hésite pas à spéculer.

D’abord refoulée, Anne Sander recrutée au ministère de l’Agriculture

D’abord refoulée, Anne Sander recrutée au ministère de l’Agriculture
Anne Sander est désormais chargée de faire des rapports pour influencer les politiques du ministère de l’agriculture.

L’ex-eurodéputée alsacienne Anne Sander devait intégrer le cabinet de la ministre de l’Agriculture. Son profil a été écarté car son frère est cadre de la FNSEA, un puissant syndicat agricole. Mais elle a finalement obtenu un poste d’inspectrice au sein de ce même ministère.

Entre 2014 et 2024, Anne Sander a été le relai stratégique de l’industrie agroalimentaire au Parlement européen. Son parti, Les Républicains (LR), a lâché l’Alsacienne en la plaçant en dixième position de sa liste lors des élections européennes de juin 2024. Les responsables de la droite conservatrice ont préféré des personnalités proches de la présidence de LR plutôt que le profil technique d’Anne Sander. Logiquement non réélue, elle devait trouver un nouveau job.

C’est chose faite. Dans un arrêté du 11 février, elle est « nommée inspectrice au Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER, NDLR), à compter du 15 février 2025 » pour quatre ans. Cette instance du ministère de l’Agriculture est chargée de « participer à la conception, à la définition et à l’évolution de [ses] politiques publiques ».

Un frère et un père à la FNSEA

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Pic de pollution : 1 500 morts par an pourraient être évités en Alsace 

Pic de pollution : 1 500 morts par an pourraient être évités en Alsace 
Image d’illustration

Mercredi 19 février, l’Alsace atteint un nouveau pic de pollution. Une étude de Santé publique France estime que 3 900 décès pourraient être évités dans le Grand Est, 1 500 en Alsace si le niveau de pollution restait conforme aux recommendations de l’Organisation mondiale de la Santé.

Alerte rouge en Alsace selon Atmo Grand Est, l’agence de surveillance de la qualité de l’air. Ce mercredi 19 février, l’indicateur journalier est de 4 sur 6 pour Strasbourg et sa région, indiquant une mauvaise qualité de l’air. Cette vague de pollution se concentrera jeudi 20 février entre les secteurs de Strasbourg et d’Haguenau.

Le pic de pollution correspond à une augmentation des niveaux de particules fines et de dioxyde d’azote dans l’air, liée à différents rejets polluants. Notamment, les émanations du chauffage au bois représenterait 70% des émissions de particules fines en hiver dans l’Eurométropole, selon le collectif Strasbourg Respire.

Sur la journée de mercredi, Atmo Grand Est relève une concentration de 39µg/m³ pour les particules fines, soit près de huit fois plus que le seuil recommandé par l’organisation mondiale de la santé (OMS). Atmo signale également la présence de 21.3µg/m³ de dioxyde d’azote, plus de deux fois la valeur recommandée par l’OMS. En France, les seuils réglementaires considérés dangereux pour la santé sont moins restrictifs que ceux préconisés par l’OMS.

Conséquences sanitaires

Cette dégradation de la qualité de l’air entraîne des conséquences sur la santé. Une étude de Santé publique France publiée le 29 janvier 2025 démontre que 3 900 décès dans le Grand Est, dont 1 500 en Alsace, pourraient être évités si la pollution était ramenée aux niveaux recommandés par l’OMS. 

L’exposition quotidienne aux polluants présents dans l’air peut en effet entraîner l’apparition de maladies chroniques. L’étude liste ainsi des maladies respiratoires, cardiovasculaires et métaboliques. Par exemple, 5 600 cas d’hypertension artérielle seraient liés à la pollution de l’air et pourraient, si les seuils de l’OMS étaient respectés, être évités.

Interrogée par France Bleu Alsace, Myriam Blanchard, coordinatrice régionale chez Santé Publique France, affirme qu’il est possible de « devenir asthmatique, avoir des bronchites chroniques, voire aller jusqu’au cancer mais aussi [de développer] des pathologies cardiovasculaires, du diabète ou des pathologies neurologiques » à cause de la pollution.

Invité dans la matinale de France Bleu Alsace, le Dr Christophe Marcot, spécialiste des maladies respiratoires au CHU conseille de se rapprocher d’un médecin en cas de “symptômes inquiétants”. Il affirme que ce n’est jamais directement la qualité de l’air qui a des conséquences létales pour les personnes exposées, ce sont les particules présentes dans l’air qui entraînent des maladies.

Nouvel An : une mère étrangère reste menacée d’expulsion par le préfet malgré l’innocence de son fils

Nouvel An : une mère étrangère reste menacée d’expulsion par le préfet malgré l’innocence de son fils
Jacques Witkowski alors qu’il était préfet de la Seine-Saint-Denis.

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À Strasbourg, la panique des patients face à la pénurie d’un antipsychotique

À Strasbourg, la panique des patients face à la pénurie d’un antipsychotique
Marie-Agnès craint les conséquences sur elle du potentiel arrêt de son traitement à base de quétiapine.

La quétiapine, un médicament utilisé contre de nombreux troubles psychiques, est en rupture de stock dans toute la France. À Strasbourg, patients et psychiatres s’inquiètent de devoir interrompre des traitements qui fonctionnent. Et de voir réapparaitre des symptômes graves.

« On est en rupture totale, il faut voir comment faire avec votre médecin. » La pharmacienne de la rue du Dôme paraît dépassée ce 13 février. Elle n’a plus que deux boites du médicament à base de quétiapine inscrit sur l’ordonnance de Marie-Agnès. « On passe les commandes mais ça n’arrive pas. Peut-être qu’il faudra que vous changiez de traitement », poursuit-elle derrière le comptoir.

Marie-Agnès est dépitée en sortant de l’officine. Atteinte d’un trouble bipolaire, elle prend de la quétiapine tous les jours depuis dix ans. « Ils n’ont toujours pas de solution », constate-t-elle. Il lui reste des comprimés pour tenir quinze jours :

« C’est fou qu’ils ne communiquent rien. On m’a annoncé qu’il y avait une pénurie à la pharmacie près de chez moi début janvier. J’ai tout de suite fait trois officines au centre-ville pour avoir du stock. »

Équilibre précaire

Si cette sexagénaire met autant d’énergie pour trouver de la quétiapine, c’est qu’elle tient à l’équilibre qu’elle a trouvé grâce à cette molécule. « On a mis du temps à déterminer le bon dosage », explique t-elle :

« J’ai dû accepter de prendre un traitement à vie, avec des effets secondaires lourds, de la prise de poids, de la tachycardie, de la somnolence. Mais je préfère ça que d’entrer dans des phases de dépression avec des idées suicidaires, et des périodes de manie où je suis irritable, je parle très vite, je dépense beaucoup d’argent, j’ai envie de tout détruire… »

Marie-Agnès s’est rendue dans plusieurs pharmacies du centre-ville pour trouver de la quétiapine.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

Marie-Agnès confie avoir arrêté son traitement sans le dire à sa psychiatre « cinq fois », avant de se retrouver systématiquement à l’hôpital psychiatrique de Brumath. « Je ne dors pas pendant plusieurs jours, et après je peux rentrer dans des états psychotiques délirants, ajoute t-elle. Évidemment, j’ai peur de me retrouver dans cette situation. »

« Pour le moment, on n’a pas vu de choses dramatiques, les patients n’ont pas fini leurs boites », rapporte le professeur Gilles Bertschy, chef d’un service de psychiatrie aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg :

« La quétiapine est très polyvalente, on l’utilise pour les personnes bipolaires, dépressives, schizophrènes, borderline… Si la pénurie continue, on est à la merci de voir apparaitre des ruptures de traitement, et donc des rechutes et la réapparition des symptômes liés à chaque pathologie. »

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Évacuées d’un campement, des familles aussitôt remises à la rue

Évacuées d’un campement, des familles aussitôt remises à la rue
Des enfants à la rue au camp Krimmeri en octobre 2024.

À peine évacuées du parc Eugène-Imbs, plusieurs familles ont été interdites d’accès aux gymnases réquisitionnés. Des voix s’élèvent pour dénoncer le tri des bénéficiaires de l’hébergement d’urgence.

Depuis des semaines, ces familles vivaient dans des tentes installées dans le camp du parc Eugène-Imbs à l’ouest de Strasbourg. Certaines ont passé plus de deux mois à subir le froid, jusqu’aux températures négatives. Évacuées mardi 11 février, plus d’une vingtaine de personnes ont été laissées à la rue quelques heures plus tard. Mobilisée pour l’accueil et l’hébergement des sans-abris, Clara (le prénom a été modifié) décrit une scène qui s’est déroulée aux alentours de 15h30 au gymnase Fischart :

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Des visages et des témoignages d’habitants et d’habitantes des campements. Des révélations sur le business de l’hébergement d’urgence, sur les expulsions de familles par l’État, sur la tension alimentaire à Strasbourg, ou sur la réalité du plan Grand froid, au-delà de la communication préfectorale. L’engagement de Rue89 Strasbourg sur le sans-abrisme, c’est de vous donner accès à toutes ces informations qui font rarement la Une des médias traditionnels.

Ces enquêtes et ces reportages ont un prix. C’est le temps de travail de Thibault Vetter et de Camille Balzinger, qui suivent de près, depuis plusieurs années, la problématique du manque d’hébergements d’urgence à Strasbourg et la précarité des personnes sans papier.

D’avance, merci pour votre soutien.

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