Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Cybersécurité : « Strasbourg est attaquée toutes les semaines » selon Caroline Zorn

Cybersécurité : « Strasbourg est attaquée toutes les semaines » selon Caroline Zorn
La vice-présidente en charge du Numérique, Caroline Zorn.

Les systèmes informatiques de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg sont la cible d’attaques ininterrompues. La question de la cybersécurité reste pourtant un sujet politique secondaire que Caroline Zorn, en charge du numérique pour la municipalité, essaye de réhabiliter.

Sept conseils municipaux, plus d’une centaine d’heures de débats et pas plus de 10 minutes sur la cybersécurité. Que ce soit en 2024 ou durant les années précédentes, le sujet a toujours été relégué au rang des sujets de seconde zone. Derrière ce faible intérêt de la part des élus, se devine un manque de culture numérique.

La question n’est pourtant pas anodine. Toutes les semaines, Strasbourg est la cible d’attaques informatiques, plus ou moins abouties, comme les classiques tentatives de phishing (hameçonnage) et les attaques en déni de service. Conseillère municipale déléguée à la ville numérique, Caroline Zorn explique pour Rue89 Strasbourg les enjeux liés à cette thématique.

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Un nouveau bâtiment pour la psychiatrie aux Hôpitaux de Strasbourg

Un nouveau bâtiment pour la psychiatrie aux Hôpitaux de Strasbourg
Yannick Neuder, ministre chargé de la Santé, en déplacement aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg le vendredi 28 février 2025.

Vendredi 28 février, le ministre de la Santé Yannick Neuder a annoncé le début du chantier d’un nouveau bâtiment de psychiatrie pour enfants et adultes aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg.

En déplacement à Strasbourg le vendredi 28 février, le ministre de la Santé, Yannick Neuder, venait mettre en avant la recherche et l’innovation sur les maladies rares, ainsi que la prise en charge des patients qui en sont victimes.

À l’issue de sa visite du centre hospitalier universitaire de Hautepierre, le ministre a répondu aux questions de la presse. Interrogé par Rue89 Strasbourg sur la destination des 20 millions d’euros annoncés par l’ex-Premier ministre Jean Castex lors d’un déplacement aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) en décembre 2021, le ministre a répondu que cette enveloppe devait permettre la réorganisation des services de psychiatrie adulte et enfants.

Pour sortir la pédopsychiatrie de ses locaux vétustes dans le quartier de l’Elsau, il était question de lancer la construction d’un nouveau bâtiment sur le site du Nouvel hôpital civil dans le centre de Strasbourg. À propos du nouveau bâtiment de psychiatrie pour les HUS, le ministre de la Santé a répondu :

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Travaux qui trainent et manque de toilettes, la rénovation du parc de l’Orangerie fait débat

Travaux qui trainent et manque de toilettes, la rénovation du parc de l’Orangerie fait débat

Après quatre mois d’enquête auprès des habitantes et habitants, la Ville de Strasbourg a dévoilé ses plans pour le futur du parc de l’Orangerie, lors d’une assemblée de quartier jeudi 27 février.

Dans le Pavillon Joséphine, au centre du parc de l’Orangerie, les habitantes et habitants se pressent jeudi 27 février. La municipalité leur a donné rendez-vous pour dévoiler les résultats d’une enquête menée entre août et octobre 2024, portant sur les futurs aménagements du parc de l’Orangerie.

Le plus grand espace vert de la ville s’étend sur 26 hectares. Inauguré en 1740, son zoo et sa ferme pédagogique ont été fermés en 2022. Le but de la Ville est de consacrer les futures installations au bien-être animal, à la découverte et à l’observation de la faune. La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) y tiendra une antenne-relais pour la faune sauvage en détresse et une Maison d’initiation au comportement animal de l’Orangerie (Micado) sera créée.

1,6 million d’euros pour réaménager le parc

Mais si ces projets ont déjà été dévoilés et tardent à se concrétiser, le réaménagement ne semble pas faire l’unanimité auprès des habitants et habitantes du quartier. L’enquête publique montre ainsi que certains regrettent la fermeture du zoo, que d’autres déplorent le manque d’aménagements ou encore pestent contre les travaux qui s’éternisent.

Au Pavillon Joséphine, certains en profitent pour parler des rodéos urbains, de l’insécurité la nuit, des toilettes publiques… Pour leur répondre, la maire écologiste de Strasbourg, Jeanne Barseghian, s’est entourée de trois élues, Marina Lafay, référente de quartier, Marie-Françoise Hamard, en charge des animaux et Suzanne Brolly, en charge du plan local d’urbanisme.

Au total, Jeanne Barseghian annonce 1,6 million d’euros d’investissements pour réaménager l’ancien zoo. Mais ce qui préoccupe surtout les répondants et répondantes de l’enquête est le manque de toilettes publiques en son sein.

Et les toilettes ?

Présent parmi le public, Nicolas Matt, conseiller d’opposition, assure que les personnes âgées et les femmes étant les personnes qui souffrent le plus de ce manque, cela engendre une inégalité dans l’accès au parc liée au genre et à l’âge :

« Ça fait six ans que les visiteurs attendent l’installation de toilettes publiques qui soient accessibles à toute heure de la journée. C’est une situation qui est scandaleuse. »

L’élu raille le label assurant que Strasbourg fait partie du réseau des villes « Amies des aînés » depuis 2013 mais que l’absence de toilettes dessert les participantes et participants des marches de séniors organisées à l’Orangerie. Marina Lafay, élue référente du quartier de l’Orangerie, assure qu’une solution temporaire sera mise en place dès le mois de mars 2025, avec l’installation de toilettes provisoires, potentiellement sèches.

Sort des animaux

En seconde préoccupation, selon l’enquête, arrive la question du sort des animaux de l’ancien zoo, envoyés dans des refuges en France et en Europe. Marine Lafay précise que si deux boucs sont encore présents sur le site, c’est « en raison d’une maladie contagieuse qu’ils pourraient transmettre à leurs congénères ». Eux aussi seront placés ailleurs, une fois que la Ville disposera d’un lieu adapté pour les accueillir, sans les mettre en contact avec d’autres bovidés.

Marie-Françoise Hamard, conseillère municipale en charge des animaux, rassure celles et ceux qui s’inquiètent des transferts déjà effectués. Elle s’est rendue en 2024 dans plusieurs endroits, voir les singes ou les chèvres en Mayenne par exemple. Si celles-ci habitaient sur 600 mètres carrés (m²) de béton à Strasbourg, elles gambadent désormais sur 6 000 m2 d’herbe, explique l’adjointe.

« Je regrette ce zoo »

Une participante

Malgré les meilleures conditions de vie des animaux, une première participante avoue « regretter ce zoo » :

« C’était dépaysant de voir des animaux qu’on a rarement l’occasion d’observer. J’y emmenais souvent mes petits-enfants. »

Mais une autre, à l’inverse, se réjouit des projets présentés par la Ville :

« Je suis heureuse de savoir que les animaux sauvages ne sont plus enfermés. Ça me fendait le cœur de les voir ces petits enclos. Surtout pour les singes et les marsupiaux, qui ne pourront jamais retrouver leur habitat naturel. »

Les futurs aménagements ont été présentés au public.

Un bowling tout neuf

Après les échanges entre habitants et élus, l’assemblée de quartier se transforme en une foire avec des stands thématiques. Parmi eux, non loin de celui de policiers minicipaux, le plan du futur bowling du parc de l’Orangerie. Après le désamiantage et la démolition de l’ancien bâtiment en octobre 2024, le nouveau complexe, dont l’ouverture est prévue au deuxième semestre 2025, proposera 32 pistes contre 24 précédemment.

Selon la Ville, les nouveaux équipements consommeront quatre fois moins d’énergie que les anciens et seront aux bonnes dimensions pour accueillir des compétitions internationales de bowling. L’aire de jeux pour enfants sera également rénovée et agrandie.

L’errance administrative de l’assaillant présumé du marché de Mulhouse

Le Monde est revenu sur le parcours à Strasbourg de l’Algérien suspecté d’avoir tué un passant à Mulhouse, et blessé six autres personnes dont des policiers samedi 22 février.

Selon Le Monde citant des « éléments de source policière, Brahim A. avait été interné en hôpital psychiatrique à Mulhouse, en 2019, et diagnostiqué schizophrène par un expert judiciaire, avant son jugement de décembre 2023″. Après son attaque du samedi 22 février, il a de nouveau été entendu par un psychiatre, lequel a conclu selon un communiqué du Parquet national antiterroriste à « l’absence d’abolition ou d’altération du discernement ». L’expertise a également exclu un passage à l’acte dans un cadre délirant.

Le Monde a reconstitué son itinéraire après sa sortie de détention, en 2024. Placé dans le centre de rétention administrative de Geispolsheim en vue de son expulsion, il avait déclaré lors d’une audience en avril vouloir qu’on lui « donne une chance ». « Cela fait dix ans que je suis ici, je travaille, je suis entrepreneur, je paie mes impôts. Je suis peintre », avait-il détaillé, selon un compte-rendu de la décision exhumée par Le Monde.

Comme indiqué par le Premier ministre François Bayrou, l’Algérie a refusé 14 fois d’accueillir Brahim A. alors qu’il était en rétention. D’après Le Monde, le consulat algérien a été sollicité dix fois pendant cette période afin qu’il lui délivre un document de voyage. « Brahim A. a été libéré le 19 juin 2024, au bout de trois mois », selon Le Monde qui précise que « la quatrième demande de prolongation exceptionnelle de sa rétention, a été rejetée par la cour d’appel administrative de Paris, au motif qu’il n’existait « pas de perspective de délivrance de documents de voyage à bref délai ».

À Strasbourg, l’État crée une « liste rouge » de personnes sans-abri à ne plus héberger

À Strasbourg, l’État crée une « liste rouge » de personnes sans-abri à ne plus héberger
Le dispositif d’hébergement d’urgence est chroniquement saturé à Strasbourg.

Depuis janvier, l’État exclut définitivement de l’hébergement d’urgence des personnes qui manquent au règlement des structures. Selon la Ville de Strasbourg, cette mesure condamnera des sans-abris à l’errance et aggravera des troubles psychiques.

« Je vous informe que l’usager ne pourra plus jamais bénéficier d’une place 115 (le numéro de téléphone de l’hébergement d’urgence, NDLR) ou d’un logement accompagné dans le Bas-Rhin. C’est une consigne stricte. Il est sur la liste rouge. » Ces mots sont issus d’un mail envoyé à l’association Caritas le 31 décembre. L’expéditeur est un responsable du service d’hébergement de la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS). Il s’agit du service de l’État en charge de piloter l’hébergement d’urgence.

Cela fait suite à l’agression, par une personne hébergée, d’une travailleuse sociale à la Cité relais. Le site est géré par la Fédération de charité de Caritas. « C’est la première fois qu’on entend parler d’une liste rouge, et que l’État s’immisce autant dans le fonctionnement des structures », constate Floriane Varieras, adjointe à la maire de Strasbourg, en charge des Solidarités.

Tapages nocturnes, exclusion définitive

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Des visages et des témoignages d’habitants et d’habitantes des campements. Des révélations sur le business de l’hébergement d’urgence, sur les expulsions de familles par l’État, sur la tension alimentaire à Strasbourg, ou sur la réalité du plan Grand froid, au-delà de la communication préfectorale. L’engagement de Rue89 Strasbourg sur le sans-abrisme, c’est de vous donner accès à toutes ces informations qui font rarement la Une des médias traditionnels.

Ces enquêtes et ces reportages ont un prix. C’est le temps de travail de Thibault Vetter et de Camille Balzinger, qui suivent de près, depuis plusieurs années, la problématique du manque d’hébergements d’urgence à Strasbourg et la précarité des personnes sans papier.

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À Sciences Po Strasbourg, étudiants et direction cherchent à dépasser le blocage

À Sciences Po Strasbourg, étudiants et direction cherchent à dépasser le blocage

Après trois jours de blocage et sept mois de crise avec une partie de ses étudiants, la direction de Sciences Po Strasbourg cherche une voie de sortie, sans discuter du partenariat noué avec l’université Reichman, en Israël. Pour les étudiants mobilisés en soutien à la Palestine, la lutte continue.

Mercredi 26 février était une journée dédiée aux assemblées générales à Sciences Po Strasbourg. À midi, la direction avait convié l’ensemble du personnel travaillant au sein du Cardo. Le bâtiment en travaux perpétuels au sein de l’hôpital civil est à nouveau bloqué depuis lundi par des étudiants et des étudiantes. En soutien aux Palestiniens, ils protestent depuis octobre contre le rétablissement d’un partenariat de Sciences Po avec l’université Reichman en Israël, qu’ils accusent d’être trop liée à l’armée.

Jean-Philippe Heurtin, directeur de l’institut d’études politiques (IEP) de l’Université de Strasbourg, cherche à éviter de faire à nouveau appel à la police pour évacuer le blocage. Ce coup de force fin janvier, qui a fait au moins un blessé parmi les étudiants, a été très mal accueilli par le personnel de l’IEP et n’a en outre rien réglé. Mi-février, le directeur a bien tenté de transmettre la question du partenariat aux conseils centraux de l’université mais mardi 25 février, le conseil des formations et de la vie universitaire de l’Unistra lui a signifié que c’était à Sciences Po de dénouer la situation.

Une médiation de la dernière chance

Mercredi, le directeur de Sciences Po Strasbourg a proposé trois pistes au personnel du Cardo, qui comprend d’autres institutions universitaires : la création d’un comité d’éthique des partenariats, un troisième vote au conseil d’administration de l’IEP et une médiation de quelques enseignants. Les deux premières options n’ont guère provoqué d’optimisme parmi les participants. Les étudiants du Comité Palestine veulent la fin immédiate du partenariat avec l’université Reichman, pas à son échéance prévue en juin 2026 et les personnes opposées au partenariat ont démissionné du conseil d’administration de l’IEP.

Vincent Dubois regrette que la question du partenariat ne soit pas discutée. Photo : Pierre France / Rue89 Strasbourg / cc

Parmi les démissionnaires, le sociologue Vincent Dubois détaille :

« Ce qui est dérangeant dans cette histoire, c’est qu’à aucun moment on a pu discuter sérieusement de ce qu’est l’Université Reichman, qu’un journaliste du Haaretz décrit comme plus proche d’une académie militaire que d’une université. C’est un centre de formation pour les élites de l’armée et du renseignement israélien, qui organise des cours de propagande progouvernementale, entretient des liens avec le Likoud, etc… Au lieu de prendre en considération ces faits, on nous oppose toujours de grands principes comme les « libertés académiques » ou des accusations existentielles sur Israël si nous devions prendre nos distances avec cette université, c’est tout à fait hors de propos. »

La journée portes ouvertes en suspens

L’équipe de médiation a donc beaucoup de pression sur ses épaules, d’autant qu’une échéance s’est ajoutée : celle de la journée portes ouvertes de l’Université de Strasbourg, samedi 1er mars. Les barrières et les poubelles déposées par les étudiants du Comité Palestine devant l’entrée du Cardo ne constituant pas l’image que souhaite donner Sciences Po aux parents des futurs étudiants, la direction a proposé au Comité Palestine de lever son blocage, en échange un stand pour porter leurs revendications pendant cette journée.

Une quarantaine d’étudiantes et d’étudiants ont participé à l’assemblée générale du Comité Palestine mercredi 27 février. Photo : Pierre France / Rue89 Strasbourg / cc

La proposition a animé les débats de l’autre assemblée générale du jour, celle des étudiants et des étudiantes du Comité Palestine, tenue deux heures plus tard sous le patronage du chirurgien du XIXe siècle d’Eugène Boeckel.

Après quelques règlements de comptes à propos de stories Instagram mal reçues, une quarantaine d’étudiants se sont demandés s’ils devaient « être sympathiques ». « On a été assez arrangeants, estime une étudiante avec une capuche verte sur son bonnet. On n’en à rien à foutre de leur journée portes ouvertes. On proteste contre un génocide en cours, bordel ! » Une position vivement reprise par Victor, l’un des piliers du Comité Palestine qui rappelle :

« C’est une guerre de tranchées. Seul le blocage a permis d’obtenir des avancées. Il faut montrer à la direction qu’on ira jusqu’au bout, qu’on est des tarés. »

Keffieh autour du cou et cheveux longs attachés, Eliam, autre pilier du Comité, estime de son côté « que le mouvement n’a pas intérêt à se mettre trop de gens à dos. Certains personnels sont sympathisants de notre action, mais tiennent aussi à ce que l’institution puisse se présenter au public. Ce serait aussi une opportunité de rendre notre action plus visible alors que si la journée est annulée, rien ne bouge. » Charlie, en bonnet rouge et dockers blanches, est de tous les blocages depuis les débuts du mouvement. Il rappelle qu’il sera présent aux prochains mais que « plus le temps passe, plus les partiels approchent et plus nous sommes fatigués ».

Après deux bonnes heures, l’assemblée générale du Comité Palestine a voté la poursuite du blocage jeudi 27 février tout en se donnant une nuit de réflexion sur le sort de la journée portes ouvertes.

Le projet de SIG Arena abandonné faute de financeurs

Le projet de SIG Arena abandonné faute de financeurs
Inauguré en 2003, le Rhénus Sport est aujourd’hui trop petit pour les ambitions européennes de la SIG.

Mercredi 26 février, la société Wacken Immobilier a fait savoir qu’elle abandonne le projet de la « SIG Arena » faute de financeurs. Après dix ans de discussions, la rénovation et l’agrandissement du complexe sportif, dans le quartier du Wacken, repart de zéro.

Évoqués dès 2015, les travaux pour transformer et agrandir le « Rhénus Sport » en la « SIG Arena » devaient débuter en 2019, puis en 2022 (voir tous nos articles). Le chantier ne commencera jamais, en tous cas pas sous cette forme, annonce la société Wacken Immobilier, qui portait le projet. Faute d’investisseurs, la rénovation du complexe sportif qui accueille l’équipe de basket strasbourgeoise est complètement abandonnée.

Un problème de financement

Propriétaire du lieu situé dans le quartier du Wacken, proche des institutions européennes, l’Eurométropole de Strasbourg affirme qu’elle se réunira avec les « collectivités partenaires », la Collectivité européenne d’Alsace et la Région Grand Est. Toutes sont « engagées pour l’avenir de cette infrastructure sportive ». Le permis de construire déposé pour ce projet expire en juin 2025.

Sur son site, l’Eurométropole (EMS) détaillait son ambition : 46,1 millions d’euros (48 selon France bleu Alsace), 8 500 places (contre 6 166 actuellement), mais surtout des « activités complémentaires » telles qu’une salle de sport, un pôle de e-sport, un centre de formation aux métiers du sport et des restaurants. Les performances énergétiques du bâtiment devaient aussi être améliorées. L’EMS précise que les subventions prévues étaient de 17 millions d’euros, le club aurait apporté 3,5 millions et emprunté 25,5 millions.

Mais depuis plus de cinq ans, la question du financement de ces rénovations posait problème. Entre les difficultés pour emprunter de l’argent et l’absence de structures prêtes à investir dans le projet, les différents « tours de table » ont échoué à mener à terme l’ambition de rénovation.

Géothermie profonde : une réunion publique secouée par la crainte des séismes

Géothermie profonde : une réunion publique secouée par la crainte des séismes
Le public interroge les représentants d’Électricité de Strasbourg, sur les projets de géothermie profonde en Alsace du nord.

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Après un mois à craindre d’être expulsée, Reyhan peut reprendre une vie paisible

Après un mois à craindre d’être expulsée, Reyhan peut reprendre une vie paisible

L’artiste iranienne Reyhan a finalement reçu un titre de séjour vie privée et familiale, vendredi 21 février, lui permettant de reprendre une vie normale à Strasbourg. Elle craignait d’être menacée d’expulsion vers l’Iran suite au refus initial de la préfecture de renouveler son titre de séjour.

Reyhan a commencé l’année 2025 dans l’incertitude, vivant avec la crainte d’une expulsion (voir notre article). L’artiste Iranienne, âgée de 30 ans, a déménagé en France en 2000, alors qu’elle avait 5 ans. Elle y a poursuivi sa scolarité jusqu’au collège, période à laquelle ses parents ont décidé de retourner en Iran. Puis elle est revenue en 2018, s’est inscrite à l’Université de Strasbourg en deuxième année de Licence.

Elle finit son parcours académique avec l’obtention d’un master Écritures critiques et curatoriales de l’art et des cultures visuelles en 2023. Son diplôme lui a permis d’avoir un titre de séjour RECE (recherche d’emploi, création d’entreprise), valable une seule année. Active, elle adhère depuis à plusieurs associations et occupe différents postes dans le milieu culturel, un secteur en crise qui ne lui permet pas d’atteindre un revenu à 1,5 fois le Smic, exigé pour renouveler son titre de séjour.

Celui-ci est arrivé à expiration le 24 janvier et dès lors, elle a dû arrêter de travailler et n’a plus pu prétendre aux prestations sociales. Elle a survécu grâce à ses économies et n’osait plus sortir de chez elle, pas même pour faire ses courses comme elle avait l’habitude de faire à Kehl, de peur d’un éventuel contrôle de police. Fin janvier, la préfecture a refusé de lui renouveler son droit au séjour.

Une vague de soutien sur Instagram

Paniquée à l’idée d’être sans papiers, la jeune femme de 30 ans s’est tournée vers la Cimade, une association d’aide aux migrants, aux réfugiés et aux demandeurs d’asile. Habitués aux processus administratifs, les bénévoles de la Cimade lui font part de leurs craintes sur la capacité de Reyhan d’obtenir un titre de séjour.

Démunie, elle décide de partager son histoire sur Instagram. Rapidement, des personnes relaient son témoignage, dont l’activiste Mcdansepourleclimat et l’aident en recherchant des contacts de personnes travaillant à la préfecture. Le 5 février, elle envoie un mail à la députée écologiste Sandra Regol (1re circonscription du Bas-Rhin) pour lui faire part de sa situation. Bella Beltaief, sa collaboratrice parlementaire, l’invite alors à discuter autour d’un café. Elle lui apprend que la députée a adressé une lettre au préfet, Jacques Witkowski, pour tenter de résoudre le problème.

Dans le même temps, un message sur Instagram oriente Reyhan vers Me Nohra Boukara, avocate pour la Ligue des droits de l’Homme à Strasbourg. Bien qu’elle ait un emploi du temps surchargé, l’avocate accepte de la recevoir et constate que son dossier « ne rentre dans aucune case ». Elle l’encourage alors à réunir des témoignages et documents attestant de son intégration à la société française, notamment une promesse d’embauche, pour les présenter à la préfecture. Sans ce document, il est plus compliqué d’obtenir le titre de séjour auquel elle prétend. Mais sans titre de séjour, impossible de trouver un emploi en toute légalité. Le cercle est vicieux.

Un parcours du combattant

Reyhan insiste sur la difficulté de décrocher un rendez-vous à la préfecture, les créneaux sont mis en ligne une fois par mois, un lundi à 15h, et disparaissent en quelques secondes. Lorsqu’un demandeur réussit enfin à avoir un rendez-vous, l’attente se prolonge pendant des heures devant le bâtiment, en plein air, place de la République.

Mercredi 22 janvier, elle se rend une première fois à la préfecture, sans rendez-vous. L’agent au guichet déclare qu’il « ne peut rien faire » face à sa situation. N’ayant pas un travail stable dans le domaine pour lequel elle est diplômée et n’ayant pas un revenu à hauteur de 1,5 fois le smic, elle ne peut pas prétendre à un titre de séjour salarié. Elle demande alors s’il est possible d’obtenir un titre de séjour vie privée et familiale, en vertu de son Pacs avec son partenaire français, célébré en décembre 2024. L’agent exigera qu’elle ramène des témoignages pour prouver la réalité de cette relation et écarter tout soupçon de « Pacs blanc ».

Elle parviendra à décrocher un second rendez-vous, vendredi 21 février, pour transmettre les témoignages de son voisinage et de ses proches qui attestent de sa vie commune avec son partenaire. Son compagnon pose un jour de congé pour l’accompagner. Reyhan obtient cette fois-ci gain de cause et se voit attribuer ce que l’agente préfectorale qualifie de « meilleur titre de séjour attribué aux étrangers ». Il s’agit de la carte de séjour vie privée et familiale, valable deux ans et lui permettant de travailler sans restriction. Le timbre fiscal lui est également remboursé.

Dans l’attente de recevoir sa nouvelle carte de séjour, Reyhan a reçu lundi 24 février un récépissé lui permettant de reprendre le travail.

Entre soulagement et indignation

Malgré cette victoire, Reyhan garde un goût amer de cette expérience après tant d’annéee passés à vivre paisiblement en France : « Je suis totalement intégrée à la société et pourtant, j’ai dû me battre pour obtenir un droit de séjour.” Elle souligne le manque de considération envers les étrangers dans les démarches préfectorales et s’inquiète pour toutes les personnes encore en attente de régularisation. Les conditions d’accès au titre de séjour se durcissent sous la politique migratoire du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau. Le 23 janvier 2025, la circulaire Retailleau réduit ainsi davantage les critères d’admission exceptionnelle au séjour.

Aujourd’hui, Reyhan peut espérer retourner à sa vie normale, au moins pour les deux prochaines années que lui assure son titre de séjour.

Le suspect de l’attentat de Mulhouse placé en détention provisoire

Le suspect de l’attentat de Mulhouse placé en détention provisoire

Dans un long communiqué envoyé le mercredi 26 février, le Parquet national antiterroriste donne plus d’indications sur le profil de l’homme suspecté d’être l’auteur de l’attaque au couteau sur le marché de Mulhouse. Il annonce son placement en détention provisoire.

Le samedi 22 février, une attaque au couteau sur le marché de Mulhouse a fait un mort et six blessés. Quatre jours plus tard, le mercredi 26 février, le Parquet national antiterroriste (PNAT) annonce l’ouverture d’une information judiciaire pour quatre chefs d’accusation, parmi lesquels « assassinat en relation avec une entreprise terroriste ». Le suspect, Brahim A., a été placé en détention provisoire alors que les trois autres gardés à vue furent relâchés.

Citoyen algérien de 37 ans en situation irrégulière, Brahim A. avait déjà été condamné en 2023 par le tribunal correctionnel de Mulhouse à six mois d’emprisonnement pour des faits de « provocation à un acte de terrorisme ». Lors de sa garde à vue après l’attaque au couteau du 22 février 2025, l’homme a « partiellement [reconnu] la matérialité des faits mais conteste toute adhésion aux thèses djihadistes », précise le PNAT.

Depuis l’attaque, les enquêteurs ont déjà interrogé les victimes et une quarantaine de témoins. Selon les témoignages, Brahim A. aurait commencé par attaquer au couteau deux agents de surveillance de la voie publique vers 15h45 avant de s’en prendre à un passant, puis il serait entré dans une cour, avant d’attaquer deux agents de police municipale. Avec l’arrivée de renforts, il est interpellé. Le passant pris pour cible est décédé suite à l’agression, il s’agissait d’un homme né en 1955 de nationalité portugaise. « Selon les conclusions de l’autopsie réalisée le 24 février 2025, le décès est consécutif à un unique coup porté au niveau du thorax, au moyen d’une arme perforante », explique le PNAT.

Brahim A. est désormais mis en examen, placé en détention provisoire et « les investigations vont se poursuivre dans le cadre de l’information judiciaire« . À Mulhouse, l’association d’aide aux victimes a été saisie.

Attentat de Mulhouse : Bruno Retailleau s’en prend de nouveau à l’État de droit

Attentat de Mulhouse : Bruno Retailleau s’en prend de nouveau à l’État de droit
Bruno Retailleau dans un congrès de l’UMP en 2016

Depuis les agressions au couteau par un Algérien samedi 22 février à Mulhouse, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau multiplie les déclarations contre Alger et « le désordre migratoire ».

Après l’attaque au couteau qui a fait un mort et sept blessés, près d’un marché couvert de Mulhouse, dans l’après-midi du samedi 22 février, le Parquet national antiterroriste (PNAT) a ouvert une enquête, notamment pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste ». « Plus aucun des blessés n’a désormais de pronostic vital engagé », a de son côté assuré la maire Les Républicains (LR) de Mulhouse, Michèle Lutz, sur France Info.

Un profil schizophrène

Interrogé au 20 heures de TF1, puis plus tard dans la soirée depuis la commune du Bas-Rhin où il s’est déplacé, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a décrit un suspect « arrivé illégalement sur le territoire français en 2014 » et « détecté profil schizophrène » par une expertise réalisée après son arrestation. Selon Bruno Retailleau, si c’est « le terroriste islamiste qui a frappé […], la dimension psychiatrique de l’individu est sans doute une autre cause d’explication ».

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Municipales 2026 : le casse-tête de la société civile sur la liste des Écologistes

Municipales 2026 : le casse-tête de la société civile sur la liste des Écologistes
Syamak Agha Babaei (à gauche) et Jeanne Barseghian (à droite).

Le groupe de la majorité municipale se divise principalement entre les élus du parti Les Écologistes et ceux venant de la société civile. Ces derniers détiennent des délégations clés depuis 2020, mais risquent d’être moins nombreux sur la liste de la majorité pour les élections municipales de 2026.

Dans l’année qui précède les élections municipales, les formations politiques s’exaltent toujours devant les vertus prêtées à la société civile. Comme les autres partis, la maire Jeanne Barseghian avait mis en avant la société civile en 2020.

La liste qu’elle menait, « Strasbourg écologiste et citoyenne », était alors largement ouverte à la présence de candidats n’étant encartés dans aucun parti politique. Si, de coutume, ces profils récupèrent des délégations anecdotiques, la frange « citoyenne » s’est vue confier des délégations importantes en 2020 : Suzanne Brolly à l’Urbanisme, Guillaume Libsig à l’Événementiel et aux associations, Floriane Varieras aux Solidarités… Et Syamak Agha Babaei, premier adjoint en charge des Finances.

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Contre l’expulsion de Ia vers la Géorgie, mobilisation devant la préfecture mardi 25 février

Contre l’expulsion de Ia vers la Géorgie, mobilisation devant la préfecture mardi 25 février
Ia, mère de deux enfants, a été placée en centre de rétention administrative et pourrait être renvoyée en Géorgie du jour au lendemain.

En rétention administrative depuis le 14, Ia, une mère de famille géorgienne, devrait être renvoyée en Géorgie mardi 25 février. Les professeurs de ses enfants, qui restent en France, appellent à un rassemblement devant la préfecture le même jour.

« Les enseignants et les enseignantes du collège Lezay Marnésia se sont mis spontanément en grève à 10h. » Dans cet établissement scolaire de la Meinau, 25% des professeurs suivent ce mouvement initié ce mardi 25 février suite à l’annonce du renvoi en Géorgie d’Ia, la mère de deux enfants scolarisés au collège, selon Céline Balasse l’une des enseignantes mobilisées.

Elle précise que d’autres collègues pourraient les rejoindre dans la journée et appelle à un rassemblement, mardi 25 février à 18 heures devant la préfecture du Bas-Rhin, place de la République dans la Neustadt. Depuis le 14 février, la mère de famille géorgienne est retenue au centre de rétention administrative (CRA) de Metz. Elle a été interpellée sur son lieu de travail et la préfecture du Bas-Rhin a demandé son enfermement, prolongé par le juge des libertés et de la détention.

Sans papiers sur le territoire français, Ia travaillait dans une usine d’agro-alimentaire, dans l’espoir de pouvoir un jour être régularisée. Dans Rue89 Strasbourg, son fils et son mari exprimaient leur sidération à la suite de leur séparation brutale avec leur mère et compagne.

Sabine Carriou, présidente de l’association Les petites roues, qui permettait à la famille d’avoir un logement chez un propriétaire privé, a appris par Ia qu’elle était en route pour l’aéroport parisien Charles-de-Gaulle, mardi 25 février au matin :

« Elle pourrait refuser de monter dans l’avion, mais cela voudrait dire qu’elle serait placée en CRA à Paris. Je ne sais pas si elle a force d’endurer ça. »

Mobilisation vendredi 28 février au collège Vauban pour héberger quatre familles d’élèves

Mobilisation vendredi 28 février au collège Vauban pour héberger quatre familles d’élèves
La façade du collège Vauban dans le quartier des Quinze à Strasbourg.

Des parents d’élèves du collège Vauban rejoignent la mobilisation pour que les familles de sept enfants scolarisés dans les établissements du quartier soient hébergées d’urgence. Une manifestation est prévue vendredi 28 février devant le collège.

Dans un communiqué, une délégation de parents d’élèves du collège Vauban, dans le quartier des Quinze à Strasbourg, alerte sur la situation de sept enfants scolarisés dans les établissements du quartier. « Quatre élèves du collège Vauban, deux élèves de primaire et une élève de maternelle des écoles du Conseil des Quinze » issus de quatre familles différentes dorment dans la rue, indiquent ces parents, mobilisés depuis le mois de février pour alerter les pouvoirs publics sur cette « situation inacceptable ».

Face à « l’inaction des responsables politiques face à la situation dramatique de ces familles sans abri », ces parents organisent un rassemblement vendredi 28 février à 17h devant le collège Vauban. Ce rassemblement intervient après que des courriers aient été « envoyés aux différents élus et responsables afin de leur demander que soit respecté le droit inconditionnel à l’hébergement et que ces enfants soient protégés, conformément à l’article 27 de la Convention internationale des Droits de l’Enfant ».

Les pouvoirs publics appelés à agir

Comme tous les collectifs constitués depuis la rentrée 2024 afin que les enfants ne soient plus victimes d’une politique d’hébergement d’urgence insuffisante, les parents du collège Vauban ont mis en ligne une cagnotte afin de faire face aux premiers frais. Concrètement, il s’agit de payer quelques nuits d’hôtel, pour abriter quelque temps les familles. Mais ce système ne peut durer qu’un temps : le collectif n’a plus de solution et rappelle que ce n’est pas aux citoyens de pallier les carences de l’État.

Dans leur communiqué, les parents mobilisés demandent ainsi au préfet du Bas-Rhin « de prendre les dispositions indispensables qui sont de son ressort : réquisitions, moyens supplémentaires à l’hébergement d’urgence et mise en place d’une cellule de crise ». À la Collectivité d’Alsace, toujours silencieuse sur les réquisitions de logements de fonction vides, ils demandent « de prendre toute sa part », et à l’Eurométropole, « de ne pas se retrancher derrière ce qu’elle fait déjà et de renouer le dialogue avec la Préfecture et la Collectivité d’Alsace ».

#collège Vauban

Face aux repreneurs de Clestra, la CGT obtient une victoire d’étape dans la douleur

Face aux repreneurs de Clestra, la CGT obtient une victoire d’étape dans la douleur
Manifestation des salariés de Clestra, jeudi 3 août 2023 à Illkirch.

Le syndicat CGT obtient des liquidateurs de Clestra Metal que la holding contrôlée par le groupe Jestia s’explique sur les méthodes de deux dirigeants, Alexandre et Romain Jacot, qui ont transféré les actifs de l’entreprise vers une autre, moins-disante socialement, en 2023.

Plusieurs mois de grève et des années avant d’obtenir justice. Les anciens salariés de Clestra Metal continuent de se battre après la liquidation de leur entreprise en octobre 2023. Reprise en octobre 2022 par le groupe Jestia, l’usine d’Illkirch-Graffenstaden a fini par fermer ses portes. Alexandre et Romain Jacot, deux dirigeants du groupe familial, ont pioché dans le fleuron mondial de cloisons mobiles : une marque reconnue, des machines et certains ouvriers prêts à travailler pour un salaire moindre dans leur autre usine à Strasbourg. Délégué syndical CGT au sein de Clestra, Amar Ladraa martèle le même discours depuis plus d’un an : « Les frères Jacot ont organisé l’insolvabilité de l’entreprise. » Mais depuis la fin février, les anciens ouvriers de Clestra et la CGT comptent un nouvel allié dans leur combat : les mandataires judiciaires chargés de la liquidation de Clestra Metal.

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Élections en Allemagne : victoire amère des conservateurs, l’extrême droite à son plus haut niveau

Élections en Allemagne : victoire amère des conservateurs, l’extrême droite à son plus haut niveau
Alice Weidel, codirigeante de l’AfD, en avril 2019.

La CDU / CSU de Friedrich Merz est en tête des projections pour les élections fédérales allemandes, mais avec un score médiocre. L’AfD dépasse 20% des voix et le SPD enregistre une défaite historique. Une grande coalition entre la CDU / CSU et le SPD est mathématiquement possible.

Les Allemands se sont très fortement mobilisés, dimanche 23 février, à l’occasion des élections fédérales visant à renouveler le Bundestag. Selon les résultats provisoires, la participation a atteint 82,5 % des inscrits. Pour trouver un meilleur score de participation, il faut remonter aux élections de 1987 (84,3 %), alors limitées à l’Allemagne de l’Ouest. En 2021, la participation était de 76,4 %.

Cela donne donc une légitimité particulière au scrutin du 23 février. Or, le fait marquant de ces élections, c’est la poussée du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD). Avec un score de 20,8 % des voix et 152 élus sur 630, l’AfD, dirigée par Alice Weidel, devient clairement le second parti d’Allemagne et n’est pas très loin de doubler son score des précédentes élections de 2021 (10,3 %). Du jamais-vu en Allemagne depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le parti n’a donc pas souffert de sa radicalisation. Il a bénéficié du soutien du milliardaire américain Elon Musk, et son score prouve qu’il est désormais implanté en dehors de son fief de l’ex-RDA. Selon une enquête d’Infratest pour l’ARD, il a obtenu 20 % chez les moins de 24 ans, améliorant son score de treize points en quatre ans et 25 % chez les 35-44 ans. L’AfD est moins forte chez les plus âgés, qui sont encore largement acquis à la CDU / CSU. L’enquête Infratest montre aussi un très bon score chez les personnes ayant l’équivalent du baccalauréat ou moins (27 % des voix) et chez les ouvriers (38 % contre 20 % en 2021).

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