
Faute de budget, le Maillon prévoit un mois d’activité en moins l’an prochain


Aux Haz’Arts change de plume

La CUS s’assoit sur 600 000 euros de taxes sur les ordures ménagères du Parlement européen


Le Parlement européen, propriétaire de plusieurs bâtiments à Strasbourg est déchargé de taxe d’enlèvement des ordures ménagères et de taxe foncière. Le tribunal administratif a tranché en sa faveur un conflit avec la CUS. Une perte pour la ville d’environ 600 000 euros par an.
Ville d’art et d’histoire, trois ans de travail pour un mini label


Le label « ville d’art et d’histoire » a été attribué en novembre à Strasbourg, après trois années d’efforts des services de la Ville. Tout ça pour sensibiliser au patrimoine les touristes et les Strasbourgeois. (suite…)
Pourquoi la gare de Strasbourg n’est pas (encore) ouverte à 360°


Sur Strasbourg 2028, les Strasbourgeois plébiscitent l’ouverture de la gare de Strasbourg à 360°. La création d’une sortie côté rue des Remparts et l’urbanisation de la gare basse sont des projets dans les cartons depuis une vingtaine d’années, mais bloqués par des contraintes techniques, budgétaires et politiques. On fait le point.
Cinéma : la strasbourgeoise Béatrice Meier raconte la crise en Allemagne


L’Allemagne, symbole de puissance et de réussite économique, a elle aussi ses faiblesses, comme l’illustre Abseitsfalle, un premier long-métrage en tant que scénariste de Béatrice Meier, allemande installée à Strasbourg. Un film engagé, racontant le combat des salariés touchés par un plan social. Une histoire directement inspirée de la situation de l’usine d’Opel et de Nokia à Bochum dans la Ruhr.
Travail le dimanche : accord salarial trouvé en Alsace

Les organisations patronales et la plupart des organisations syndicales ont signé lundi 6 janvier un accord salarial sur le travail des employés du commerce le dimanche. Dans cet accord, signé sous les auspices de la Direccte Alsace à Strasbourg, les organisations signataires assurent aux employés une rémunération « au moins égale à à 150 % du taux horaire de base ». En outre, le texte accorde un temps repos supplémentaire, payé, aux employés équivalent au temps travaillé le dimanche.
L’accord précise que pour les « dimanche de l’avent » (et tant pis pour la laïcité), la « rémunération applicable est au moins de 200 % du taux horaire de base ». En Alsace, l’accord a été signé par le Medef, l’UPA et la CGPME pour les organisations patronales et par la CFDT, la CGT, la CFTC et FO pour les syndicats de salariés. La CFE-CGC n’a pas signé l’accord. En Moselle, aucune organisation patronale ne l’a signé.
Cet accord ne change rien aux horaires d’ouverture possibles des magasins les dimanches, qui restent fixés par des arrêtés départementaux et locaux, à savoir une durée maximale de trois heures à ce jour dans le Bas-Rhin et à Strasbourg.
Voir l’accord complet
Cet accord, s’il n’est pas contesté, deviendra obligatoire dans toutes les entreprises adhérentes aux organisations patronales signataires, c’est à dire quasiment toutes en Alsace. Il sera ensuite soumis au ministère du Travail, pour que cet accord soit étendu par arrêté à l’ensemble des départements concernés (Bas-Rhin, Haut-Rhin, Moselle). Mais le refus des trois organisations patronales mosellanes de signer cet accord peut être une entrave à ce processus, indique-t-on à la Direccte Alsace.
Municipales : « Élu, je m’opposerai à la ZAC de Fegersheim »


A Fegersheim, dans le sud de l’agglomération, la création d’une zone d’activités de 50 à 100 hectares par la communauté urbaine de Strasbourg d’ici 2018 a fait irruption dans la campagne des élections municipales. La liste menée par Matthieu Lefftz est en partie composée d’opposants à ce projet de ZAC, dont l’annulation sera le thème central du programme. Interview.
Pour Roland Ries, le Marché de Noël est resté « authentique »


Lundi après-midi, le maire PS de Strasbourg Roland Ries a dressé le bilan de la 443e édition du Marché de Noël de Strasbourg. Et selon lui, malgré ses deux millions de visiteurs, ses 300 chalets répartis dans onze lieux, ses milliers d’hectolitres de vin chaud servis, le Marché de Noël est toujours « authentique ». Authentique à quoi ? Aux premiers marchés du XVe siècle ? A l’Alsace ? A l’esprit de Noël ? Mystère, mais en tout cas, le bilan de l’édition 2013 a été jugé « très positif » par la municipalité.
Une place pionnière que la Ville de Strasbourg se targue de préserver depuis le lancement, il y a 22 ans de « Strasbourg, capitale de Noël ». Pour cela, le maire l’affirme :
« L’attention est portée sur la qualité et non sur la quantité. Notre but est toujours d’échapper au risque de voir le marché se transformer en un barnum gigantesque malgré sa dimension et de préserver son caractère authentique. »
33 jours à 2,7 millions d’euros
Avec quelque 500 rendez-vous et expositions programmés, soit une quinzaine d’événements par jour, on peut se demander si la promesse a été tenue. Entre le mapping sur la façade de l’Aubette et les spectacles sur la place Kléber, peu de répit pour les citadins en échange d’un foisonnement pour les touristes, principalement étrangers cette année (58% contre 42% de touristes français). Culturellement, les musées ont profité de l’effervescence, avec 55 000 visiteurs et Batorama n’a pas été en reste, avec quelque 75 000 passagers sur l’Ill.
Trente-trois jours de festivités pour un budget total de 2,7 millions d’euros avec une pointe de fierté côté écologique comme l’a noté le Premier adjoint, Robert Herrmann :
« Chacun a salué la propreté de la ville cette année. Les gobelets réutilisables (800 000 distribués) ont permis de réduire les déchets collectés d’une quarantaine de tonnes. Et les illuminations étaient 100% LED (budget : 1,2 million d’euros). »
A quand les bougies pour retrouver l’éclairage authentique ? Quant au sapin penché, jamais roi des forêts n’a connu si grande renommée dans l’Hexagone. Après vingt années d’hégémonie, Antoinette Pflimlin tire sa révérence sur un « buzz extraordinaire et bienvenu » selon Robert Herrmann.
En grande fierté pour la municipalité cette année, le Marché de Noël made in Strasbourg a été élu « le plus beau d’Europe ». Un choix des internautes qui conforte la municipalité dans l’idée que, finalement, même les Strasbourgeois apprécient leur marché. Un sondage précis reste à organiser.
Aller plus loin
Sur Rue89 Strasbourg : tous nos articles sur le Marché de Noël à Strasbourg
Robert Grossmann : « J’avais des rêves pour la Robertsau »

Comment Édouard Martin a été imposé à la tête de la liste socialiste pour les européennes


La France a fait connaissance avec Édouard Martin lorsque le charismatique syndicaliste était juché sur des palettes de bois ou marchant des hauts-fourneaux de Florange vers Paris entouré de camarades de lutte… Le voilà propulsé à la tête des socialistes du grand Est pour les élections européennes, devant Catherine Trautmann. Le Parti socialiste a tout sacrifié pour engager Édouard Martin et redonner des couleurs à cette campagne qui s’annonce très difficile.
Les marrons chauds à Strasbourg, une histoire de familles

Depuis le mois d’octobre, les locomotives à marrons tournent à plein régime à Strasbourg. Quatre familles italiennes et corses établies à Strasbourg depuis le début du siècle se partagent ce marché saisonnier, reconduit depuis quatre générations.
Dès 8h du matin, ils sont au charbon. Les vendeurs de marrons ambulants doivent mettre en place la machine, les copeaux de charbons, charger la marchandise dans les camionnettes, se déplacer sur le « lieu d’ancrage » et enfin couper les premiers marrons… « Une bonne heure de dépôt et une bonne demi-heure pour se rendre sur place », explique Issam Faress. À 25 ans, il a déjà sept années de métier derrière lui. Issam est salarié de la société Franchi et s’installe parfois jusqu’à 22h derrière ce qu’il appelle « sa Rolls », une « locomotive » faite d’aluminium et munie d’un habitacle, un luxe imaginé par René Franchi, patriarche de la famille.
Un marché, quatre familles
Car il s’agit d’un business familial les marrons chauds… Quatre clans se partagent le marché à Strasbourg : les Franchi, les Toscani, les Ferrari et les Filippi. Difficile de savoir qui est vraiment l’instigateur du concept de la vente de marrons chauds entre les Franchi et les Ferrari. « À chacun sa version », explique Pierino Zecca, le patriarche des Ferrari dont il dirige l’affaire depuis 32 ans. Il raconte que son arrière grand-père a quitté Marseille en 1890 pour s’installer à Strasbourg. Le tout « à pied » puisqu’à l’époque, il n’y avait « quasiment pas de transports ». Il y aurait alors lancé la première machine ambulante.
De son côté, René Franchi, 62 ans au compteur dont 48 de marrons, date l’installation de son père Joseph en 1935. Il détient l’original de l’inscription du premier des Franchi au registre du commerce, si d’aventure quelqu’un devait contester l’antériorité de son implantation…
Pour les Filippi, des Corses, les affaires ont commencé bien plus tard. En 1968 exactement, lorsque Denis Filippi décide de s’associer avec son frère, déjà présent sur le sol strasbourgeois depuis 1964 pour son service militaire. Ensemble, ils se lancent d’abord dans la vente de confiserie. Et pour compléter les revenus en hiver, Denis Filippi décide de vendre en parallèle des marrons, « une activité qui marche bien ». Son frère, lui, abandonne le concept quelques temps après et reprend « L’Alsace à Table », un restaurant réputé de la rue des Francs-Bourgeois qui a été racheté depuis.

Il y avait encore une dizaine de sociétés vendeuses de marrons dans les années 60, se souvient René Franchi :
« Les Italiens sont arrivés à Strasbourg dans les années 20. Il y avait aussi les Massoni, les Onetta… Dans d’autres départements de France, ce sont les Espagnols qui vendent des marrons. Ce sont des affaires qui tournent bien, j’ai gagné mon bifteak toute ma vie avec les marrons. Aujourd’hui c’est ma fille qui a pris le relais. »
La Ville régule, pour « apaiser les tensions »
Aujourd’hui, on dénombre au total près d’une dizaine de locomotives, réparties sur la ville (voir carte ci-dessous). Et tous les jours, chaque marchand est tenu de changer d’emplacement, selon un planning édicté par la ville pour chaque mois d’activité.
Carte des emplacements prévus pour la vente de marrons chauds à Strasbourg.
Un mode opératoire datant des années 1960, qui a pour but d’apaiser les tensions entre les familles et qui trouve satisfaction aux yeux des commerçants, comme l’explique Mohammed, vendeur auprès de la société Toscani :
« Avant tout le monde faisait sa loi. Les gens posaient leurs machines à 5h même s’ils n’ouvraient qu’à midi. Ils obtenaient comme ça les meilleurs places de la ville. Du coup, la ville a dit « stop aux cowboys, on va vous donner des places et chacun fera son chiffre ». Tout le monde trouve ainsi son compte financier. Les meilleures places sont forcément à la Cathédrale, mais aussi à Kléber I (parvis de la Fnac, NDLR) et la place Gutenberg, qui marche pas mal ».

Tous s’accordent à dire que se faire une place parmi les « historiques » est aujourd’hui compliqué, voire même « impossible » pour tout nouvel arrivant. Yoann Couec, vendeur de marrons depuis 2007 chez la famille Ferrari, explique que « la ville de Strasbourg ne veut plus personne, que ce soit pour des marrons ou des glaces d’ailleurs ». Le marché serait tout simplement saturé.
Omerta sur la vente et la provenance des marrons
Les finances justement. Si la concurrence entre les différents marronniers est jugée par Mohammed « cordiale, mais marchande », tous s’accordent pour rester discrets sur leurs chiffres de vente et leurs bénéfices. Mais un kilo de marrons coûte environ 3,5€, tandis que 150 grammes de marrons grillés sont vendus 2€. À la volée, les gains pourraient varier entre 50 euros les mauvais jours et jusqu’à 500 euros les meilleurs. Pierino Zecca explique :
« Encore heureux que l’on gagne le Smic … On nous parle toujours d’argent, de combien on gagne et moins de nos conditions de travail. Cela fait 32 ans que je n’ai pas eu de week-end et je fais parfois des journées de 20h. Après, je n’ai pas à me plaindre car j’aime mon métier, je l’ai choisi. »
Du côté de chez François Klein, salarié de la société Filippi, « on vend à peu près dix kilos de marrons par jour ». Cela fait 20 ans qu’il connait le métier, mais ne l’exerce que lorsqu’il ne trouve pas un autre emploi saisonnier à la place, parce que « vendre des marrons, c’est difficile ». « On est debout toute la journée, dans le froid, même si cette année, on a été plutôt chanceux », reconnait-il. S’il juge le mois de décembre « plutôt bon », il appréhende le mois de janvier, souvent synonyme d’une « chute de l’activité ».

Ajouter à cela les frais d’emplacement, environ 1 000 euros pour les trois mois d’activité et le coût du réchaud, pouvant atteindre les 10 000 euros comme pour « la Rolls avec toit » d’Issam Faress, « moins pour une 2CV ouverte ».
On n’aime guère parler chiffres, et encore moins parler stocks et origines des marrons. Du côté de la famille Franchi, on dit les chercher directement chez le producteur ardéchois Chaber, de début octobre à mi-décembre. Un produit « made in France, gage de qualité, avec un bon calibre et donc forcément plus cher » précise Issam Faress. Puis les origines divergent, Italie, Portugal et même la Turquie…
Une fois la période creuse passée en février, les fours au charbon de bois laissent place aux gaufres et aux crèmes glacées pour quasiment tous les marchands ambulants et ce, dès le mois de mars. Excepté pour la famille Filippi qui alterne avec des confiseries.






