Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

La gauche de Strasbourg de retour à l’Assemblée nationale

La gauche de Strasbourg de retour à l’Assemblée nationale

Au terme de seconds tours serrés, la Nupes sort vainqueur de la bataille de Strasbourg en remportant deux circonscriptions sur trois. En 2017, elle avait disparu lorsque « En Marche » était le parti des métropoles. Rue89 Strasbourg a suivi les deux duels Nupes-Ensemble les plus indécis.

En 2017, les députés sortants Éric Elkouby et Philippe Bies, tous deux au PS, étaient balayés par la vague « En Marche », dans les 1ère et 2e circonscriptions du Bas-Rhin, au centre et au sud de Strasbourg. Cinq ans plus tard, Emmanuel Macron est toujours président de la République, mais c’est dans ces deux circonscriptions que la gauche, via la coalition de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), retrouve deux sièges. Ainsi, Sandra Regol (EE-LV) et Emmanuel Fernandes (LFI) vont découvrir l’Assemblée nationale. Ils siègeront dans l’opposition à Emmanuel Macron, dans un hémicycle où aucun parti n’a de majorité absolue. Comme dans beaucoup de métropoles françaises, la majorité présidentielle a reculé par rapport à 2017, au profit de l’union de la gauche.

Au nord de Strasbourg, dans une circonscription plus marquée à droite, Bruno Studer (Renaissance) est, lui, réélu confortablement avec 54,53% des voix. Une avance moins nette que celle qu’il avait obtenu en 2017 (59,77% face à un candidat LR) et « un score pas si dégueulasse » pour son challenger Sébastien Mas (LFI) au micro de France 3 Alsace. Suppléant d’une candidate LFI il y a 5 ans, il n’avait pas connu le second tour.

La « une », concentré d’intrigues strasbourgeoises

En tête avec près de 3 000 voix d’avance au premier tour, Sandra Regol s’attendait à se faire rattraper suite aux différents appels des candidats éliminés à voter pour son concurrent Alain Fontanel (Renaissance). La circonscription 1 est celle qui concentre le plus d’intrigues locales. La candidate de la Nupes est une écologiste, comme la maire Jeanne Barseghian. Quant à Alain Fontanel, le favori battu aux municipales de 2020, une victoire dans cette circonscription difficile lui aurait donné du crédit politique. Le leader de l’opposition n’a d’ailleurs pas hésité à critiquer Jeanne Barseghian dans sa campagne, dans le but d’atteindre Sandra Regol.

Les militants et sympathisants de la Nupes se sont donnés rendez-vous à la Taverne Française pour cette soirée électorale. Avant 20h, l’ambiance à l’extérieur était détendue et les pronostics allaient bon train quant aux résultats. Aux alentours de 20h, Sandra Regol, arrive à son QG du soir. L’occasion d’échanger avec les sympathisants présents, tout en gardant un œil sur les premiers résultats qui tombent au compte-gouttes. Lorsqu’elle quitte l’avenue de la Marseillaise pour France 3 Alsace, sa victoire n’est pas acquise. Les soutiens, eux, affluent pour atteindre une centaine de personnes, pour la plupart amassés dehors.

Au fond du bar, dans une salle sombre, les plus fervents militants suivent en direct à la télé les résultats nationaux. Chaque annonce d’un candidat Nupes élu est suivie par son lot d’applaudissement. Les slogans « on va gagner » ou bien encore « Sandra présidente » fusent à travers le bar, signe d’un optimisme croissant. Les scores des circonscriptions alsaciennes tombent les uns après les autres, mais « la une » est celle qui se fait le plus attendre.

« Des signes d’échec de la Ve République »

De son côté, Alain Fontanel a préféré une ambiance plus confidentielle. Le candidat « Ensemble ! » a passé la première partie de la soirée à la brasserie du Tigre, rue du Faubourg-National, comme au premier tour. Son équipe bloque l’accès à la terrasse privatisée aux journalistes, en expliquant que le candidat ne souhaite pas s’exprimer avant son passage à France 3 Alsace. À travers les vitres, on devine une vingtaine de personnes et une atmosphère silencieuse. Les résultats sont encore trop incertains. Les premiers bureaux de vote dépouillés, à l’ouest de la ville, ont fortement voté pour Sandra Regol, mais ceux qui restent sont censés être plus favorables à Alain Fontanel. Et la participation y est plus forte.

Retour à la Taverne Française. Cette fois, c’est sûr, Sandra Regol ne sera plus rattrapée. Lucas, Maxime et Léa, se félicitent de ce résultat. « Ça donne de l’espoir et de la motivation pour la suite », confie Lucas. De son côté, Léa relativise la victoire strasbourgeoise :

« Il ne faut pas perdre de vue que le RN a fait un score historiquement haut à l’échelle nationale. Et puis l’abstention reste très élevée. Ce sont des signes d’échec de la Ve République ».

En sortant du plateau de France 3, Alain Fontanel rappelle qu’il s’était placé en « challenger » et souligne « une remontée très forte », puisqu’il échoue à moins de 900 voix. Il relève les grands écarts selon les bureaux de vote « des quartiers entiers ont voté à plus de 70% pour moi, d’autres à plus de 70% pour Sandra Regol ». Le témoin « d’une fracture dans notre ville » pour l’ancien premier adjoint au maire.

Aux alentours de 23h, les quatre candidats de la Nupes dans le Bas-Rhin donnent rendez-vous à leurs militants place Kléber dans le centre-ville pour célébrer les victoires de Sandra Regol et Emmanuel Fernandes. Une centaine de personnes convergent, à l’heure où les températures nocturnes deviennent agréables, après ce dimanche caniculaire. Avec, pour clôturer cette soirée électorale, l’Internationale reprise en cœur par les soutiens de l’union de la gauche.

Dans la circonscription 2, une nouvelle tête supplante le sortant

Après avoir tenté de marquer sa différence avec la Nupes sur l’Union européenne, Sylvain Waserman (Modem) a subitement axé ses deux derniers jours de campagne sur la question du Concordat et du droit des cultes qui en découle. La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon y sont opposés, même la coalition de gauche n’a pas érigé ce dossier parmi ses priorités (voir notre article). Sylvain Waserman avait fini par qualifier ce second tour de « référendum pour le Concordat ». Distancé de plus de 2 200 voix, il rattrape une partie de son retard, mais ce n’est pas suffisant. Emmanuel Fernandes (LFI) l’emporte avec 51,23%, soit un peu plus de 800 voix d’avance.

La soirée avait pourtant bien commencé. Au local de campagne, une quinzaine de militants sont venus soutenir le candidat de la majorité présidentielle. « Il serait en avance avec 600 voix face à Emmanuel Fernandes », indique Rebecca Breitman, élue d’opposition à Strasbourg et suppléante du candidat Ensemble !. 

En effet, les bureaux de vote à Illkirch-Graffenstaden ont fermé à 18h. Sylvain Waserman y a récolté 4 794 voix soit 61,93% des suffrages, alors que son rival de la Nupes n’en a gagné que 2 947. Les bureaux de vote du sud de Strasbourg sont entrain de débuter le dépouillement. Ils représentent trois quarts des électeurs de la circonscription. En attendant, le candidat et sa suppléante remercient les militants, le visage souriant. 

Suite aux résultats du reste de la France connus à 20h, Lilla Merabet, vice présidente du Modem en Alsace est assez optimiste malgré tout : « Je souhaite que les nouveaux parlementaires puissent s’entendre pour qu’il y ait une forme de dialogue et de concorde parce que nous avons beaucoup à faire. »

Le candidat de la Nupes, Emmanuel Fernandes a choisi de passer sa soirée électorale au quartier de l’Esplanade dans le restaurant « Le Romulus ». Les résultats des bureaux de vote à Strasbourg arrivent au fur et à mesure. Dans une ambiance conviviale, les militants s’échangent les chiffres qu’ils suivent en direct sur leurs portables.

« Tout est bouleversé »

Parmi eux, Lou Toussaint, candidate éliminée au premier tour dans la 7e circonscription du Bas-Rhin, n’hésite pas à exprimer son enthousiasme face à la situation « inédite » :

« Pour la première fois, la Nupes empêche le président d’avoir la majorité à l’Assemblée nationale. Aujourd’hui on se retrouve face à une situation complètement nouvelle, où tout est bouleversé. »

Les résultats arrivent et petit à petit Emmanuel Fernandes rattrape son retard engrangé à Illkirch-Graffenstaden. Jusqu’à passer devant de quelques voix. Il ne sera plus rattrapé. Vers 21h45, tout le monde en est convaincu, Emmanuel Fernandes est le nouveau député de la deuxième circonscription du Bas-Rhin.

Les cris de victoire sont nombreux parmi les militants et les soutiens de la Nupes. Emmanuel Fernandes, 41 ans, militant auprès de Jean-Luc Mélenchon depuis 10 ans mais inconnu dans la politique strasbourgeoise, tombe dans les bras de ses proches.

Dans son discours de victoire, le nouveau député remercie d’emblée tous ceux qui l’ont soutenu « lors de cette bataille » :

« Je serai le député de toute la circonscription et pas seulement de celles et ceux qui ont voté pour moi. Je serai un député qui va défendre l’urgence sociale, il faut le dire et le marteler. »

À son QG en fin de soirée, Sylvain Waserman, lui, garde un sourire un peu las. Il souhaite à Emmanuel Fernandes « de réussir à trouver dans cette assemblée sans majorité un modèle démocratique pour le bien du pays, pour qu’on arrive à progresser ».

Les deux nouveaux députés de gauche à Strasbourg. Photo : Alain Jund

C’est à Strasbourg qu’on vote le plus

Les circonscriptions 1 et 2 sont les deux secteurs d’Alsace où l’on a le plus voté (respectivement 50,02% et 47,25% du corps électoral). C’est comme souvent dans les quartiers du Conseil des XV, de l’Orangerie et des Contades que l’on a le plus voté. Des bureaux plus favorables à « Ensemble ! » et Alain Fontanel, qui enregistre même 84% des voix au Pavillon Joséphine, mais qui n’ont pas suffi à conserver la circonscription 1. Dans le Haut-Rhin, trois circonscriptions affichent plus de 60% d’abstention.

En Alsace, la coalition Ensemble ! remporte 11 sièges sur 15 possible. Un excellent résultat pour la majorité présidentielle à rebours de son repli dans le reste de la France (voir notre article).

Législatives : En Alsace, la nouvelle droite se nomme « Ensemble ! »

Législatives : En Alsace, la nouvelle droite se nomme « Ensemble ! »

Contrairement à 2017, la majorité présidentielle a remporté le plus de circonscriptions en Alsace, au détriment de la droite qui s’effondre.

Avec douze députés sur quinze possibles, la soirée électorale a été excellente en Alsace pour « Ensemble ! », le nouveau nom de la coalition d’Emmanuel Macron. Bien meilleure que dans le reste de la France, puisque la majorité présidentielle n’a plus de majorité absolue en France. Elle ne laisse que des miettes à la Nupes et « Les Républicains », 2 sièges chacun.

En lice dans huit circonscriptions et avec des résultats meilleurs qu’escomptés en France, le RN, lui, ne remporte aucun second tour en Alsace.

« L’Alsace vote à contre-temps »

En 2017, au soir du second tour l’Alsace comptait neuf députés « Les Républicains » et six de la majorité présidentielle. Cette répartition s’était équilibrée en cours de mandat (sept Marcheurs et alliés et sept députés LR) avec le ralliement d’Olivier Becht et Antoine Berth à la majorité, via le parti de centre-droit Agir, ainsi que le départ de Martine Wonner de la majorité.

Alors qu’en France, la majorité présidentielle a perdu des députés, le rapport de force lui est désormais bien plus favorable en Alsace. « L’Alsace vote à contre-temps » observait le politologue strasbourgeois Philippe Breton au lendemain du premier tour. « En 2017, la droite résistait mieux qu’ailleurs en Alsace en pleine vague « En Marche », alors que cette année, quand la majorité présidentielle se replie sur le plan national, elle s’étend en Alsace ». Les stratèges locaux de La République en Marche peuvent donc se féliciter des positionnements successifs, localement et nationalement, qui visaient à réduire l’espace politique de la droite.

Dans le Haut-Rhin, un festin répartis entre quatre partis

Dans le Haut-Rhin, la moisson est excellente pour « Ensemble ! » avec 5 élus sur 6 possibles, mais répartis dans quatre partis différents : Horizons le parti d’Édouard Philippe ; Agir, un autre parti de centre-droit ; le Modem de François Bayrou ; et Renaissance, celui d’Emmanuel Macron.

Deux ans après son entrée au gouvernement, Brigitte Klinkert a réussi à « macroniser » Colmar, mais elle s’est imposée de justesse. Elle comptait plus de 4 700 voix d’avance au premier tour, et termine avec seulement 126 voix de plus qu’Yves Hemedinger (LR), député sortant, arrivé là à la faveur d’une élection partielle en 2020. L’aura de l’ancienne ministre déléguée à l’insertion, omniprésente en Alsace, semble s’étendre aux environs. Dans la circonscription dite du vignoble (Ribeauvillé, Kaysersberg, Rouffach) Hubert Ott du Modem l’emporte cette fois-ci face à Jacques Cattin (LR), à l’inverse de 2017.

À Mulhouse également, les deux sortants Olivier Becht (Agir) et Bruno Fuchs (Modem) sont largement réélus, face à la Nupes et au RN. Enfin dans le sud Alsace, Didier Lemaire (Horizons) est élu, avec une marge plus réduite (53,91%), face au RN. Une nouvelle tête dans la circonscription d’Altkirch après huit mandats et 34 ans du député Jean-Luc Reitzer (LR).

Forts de 5 sièges en 2017, « Les Républicains » n’en conservent qu’un seul, grâce au Centre-Alsace (Thann-Cernay-Ensisheim) et le sortant Raphaël Schellenberger, réélu pour un deuxième mandat avec 54,94% des voix face au RN.

Dans le Bas-Rhin, une hégémonie qui s’arrête à la métropole

Dans le Bas-Rhin, la Macronie remporte tous ses duels face au RN. C’est le cas à Haguenau pour le député sortant Vincent Thiébaut (Horizons) et trois nouvelles têtes à l’Assemblée nationale : les conseillers d’Alsace Stéphanie Kochert et Charles Sitzenstuhl, respectivement à Wissembourg et Sélestat, ainsi que Louise Morel, la plus jeune députée d’Alsace du haut de ses 26 ans, à Molsheim. Là où ils étaient en mesure de faire basculer ces confrontations, les électeurs de droite ont donc préféré la majorité présidentielle au RN.

Enfin dans le Kochersberg, Françoise Buffet s’impose largement et sans surprise (66,10%) face à Imane Lahmeur de la Nupes, dont la présence au second tour était déjà un exploit dans ce bastion de la droite en périphérie de Strasbourg.

Comme dans le Haut-Rhin, « Les Républicains » sauvent un seul siège, grâce à Patrick Hetzel à Saverne-Sarre Union. Le député sortant était opposé au RN.

La Macronie en repli à Strasbourg

À Strasbourg, Ensemble ! ne remporte qu’une circonscription sur trois, alors qu’elle les avait toutes raflées en 2017. L’ancien vice-président de l’Assemblée nationale Sylvain Waserman (Modem) est battu par la Nupes, Alain Fontanel (Renaissance) n’est pas parvenu à inverser la dynamique écologiste du centre de Strasbourg, seul Bruno Studer (Renaissance) est réélu.

Ce résultat mitigé est un symbole de l’évolution de l’électorat macroniste en Alsace. En 2017, La République en Marche avait conquis des circonscriptions d’Alsace en s’appuyant sur les bons scores d’Emmanuel Macron dans les deux grandes villes, Strasbourg et Mulhouse, dont elle avait remporté toutes les circonscriptions. En 2022, c’est dans les deux circonscriptions les plus urbaines qu’elle est stoppée. L’hégémonie d’Ensemble ! s’arrête aussi dans deux circonscriptions sans grande ville, où « Les Républicains » sauvent leur existence en étant opposé au RN.

Législatives : les résultats dans toutes les circonscriptions et communes d’Alsace

Législatives : les résultats dans toutes les circonscriptions et communes d’Alsace

Retrouvez ci-dessous la carte des résultats du second tour des élections législatives en Alsace, avec le détail par commune.

1ère circonscription du Bas-Rhin (Strasbourg – centre)

2e circonscription du Bas-Rhin (Strasbourg – sud et Illkirch-Graffenstaden)

3e circonscription du Bas-Rhin (Strasbourg – nord, Schiltigheim, Bischheim, Hoenheim)

4e circonscription du Bas-Rhin (Eurométropole ouest et sud, Kochersberg)

5e circonscription du Bas-Rhin (Sélestat et centre-Alsace)

6e circonscription du Bas-Rhin (Molsheim, Mutzig…)

7e circonscription du Bas-Rhin (Saverne, Sarre-Union et Alsace bossue)

8e circonscription du Bas-Rhin (Wissembourg, Niederbronn et alentours)

9e circonscription du Bas-Rhin (Haguenau et alentours)

1ère circonscription du Haut-Rhin (Colmar et centre-Alsace)

2e circonscription du Haut-Rhin (Kaysersberg, Ribeauvillé…)

3e circonscription du Haut-Rhin (Altkirch, Sundgau…)

4e circonscription du Haut-Rhin (Thann, Cernay…)

5e circonscription du Haut-Rhin (Mulhouse centre et ouest)

6e circonscription du Haut-Rhin (Mulhouse nord, est et sud)

Législatives à Strasbourg : Emmanuel Fernandès et Sandra Regol à l’Assemblée pour la Nupes, Bruno Studer y retourne pour Ensemble

Législatives à Strasbourg : Emmanuel Fernandès et Sandra Regol à l’Assemblée pour la Nupes, Bruno Studer y retourne pour Ensemble

Retrouvez ci-dessous les résultats dans les trois circonscription de Strasbourg, à partir de 20h au fur et à mesure de leurs dépouillements.

1ère circonscription du Bas-Rhin (Strasbourg – centre)

2e circonscription du Bas-Rhin (Strasbourg – sud et Illkirch-Graffenstaden)

3e circonscription du Bas-Rhin (Strasbourg – nord, Schiltigheim, Bischheim, Hoenheim)

Second tour des élections législatives : résultats et réactions au fil de la soirée électorale

Second tour des élections législatives : résultats et réactions au fil de la soirée électorale

Retrouvez le déroulé réalisé en direct des réactions aux résultats du second tour des élections législatives, à Strasbourg et en Alsace.

C’est la fin de ce compte-rendu en direct. Merci à tous de l’avoir suivi. Notre article récapitulatif en Alsace est déjà en ligne (à retrouver ici). Demain, une analyse du scrutin dans les circonscriptions strasbourgeoises.

Cette soirée a mobilisé cinq journalistes de Rue89 Strasbourg : Achraf El Barhassi, Nicolas Dumont, Pierre France, Jean-François Gérard et Thibault Vetter, ainsi que Geoffrey Brossard à la production des cartes de résultats. Tous ces contenus sont gratuits pour permettre à tous d’accéder à une information vérifiée aussi, si vous appréciez notre travail, soutenez-nous, abonnez-vous.

Bientôt minuit, c’est l’heure du récap’, voici ce qu’il faut retenir !

    La majorité présidentielle, Ensemble !, est la grande gagnante des élections législatives en Alsace, avec 11 députés sur 15 possibles, soit 5 de plus qu’en 2017.Le RN n’envoie aucun député alsacien, alors qu’il réalise un score historique en France, avec près de 90 sièges.« Les Républicains » sauvent deux sièges en Alsace, ils en comptaient 9 à l’issue du deuxième tour en 2017 et 7 en fin de mandat.À Strasbourg, la Nupes remporte 2 circonscriptions sur 3, cinq ans après que la gauche ait disparu des circonscriptions d’Alsace. Devancés au 1er tour, Sylvain Waserman et Alain Fontanel sont battus par Emmanuel Fernandes (LFI) et Sandra Regol (EELV).

Et l’abstention dans tout ça ? Retrouvez notre carte

C’est dans les deux circonscriptions de Strasbourg qu’on a le plus voté. Dans le Haut-Rhin au contraire, trois circonscriptions affichent plus de 60% d’abstention.

Sylvain Waserman, candidat à sa réélection dans la circo 67-2, réagit à sa défaite (vidéo AEB / Rue89 Strasbourg / cc)

Nouveau résultat disponible pour Circonscription n°3 du Bas-Rhin :

Nouveau résultat disponible pour Circonscription n°2 du Bas-Rhin :

Nouveau résultat disponible pour Circonscription n°1 du Bas-Rhin :

Ambiance détendue à la Taverne Française, choisi comme QG par Sandra Regol (EELV / Nupes) (Photos Nicolas Dumont / Rue89 Strasbourg / cc)

Bruno Studer réagit à sa réélection dans la 3e circonscription du Bas-Rhin pour Ensemble ! (vidéo TV / Rue89 Strasbourg / cc)
Alain Fontanel, candidat Ensemble ! réagit après sa défaite dans la première circonscription du Bas-Rhin (vidéo TV / Rue89 Strasbourg / cc)
Réaction de Jeanne Barseghian, maire de Strasbourg, aux résultats de la soirée (vidéos JFG / Rue89 Strasbourg)
Imane Lahmeur, candidate Nupes, n’a pas été élue dans le Kochersberg (67-4), elle réagit à son score (vidéo TV / Rue89 Strasbourg / cc)
Françoise Buffet, nouvelle députée d’Ensemble !, réagit après la confirmation de sa victoire dans le Kochersberg (67-4). (vidéo TV / Rue89 Strasbourg / cc)
Emmanuel Fernandès s’adresse à ses militants après l’annonce de sa victoire (vidéo AEB / Rue89 Strasbourg / cc)

Résultat définitif dans la circonscription 2 (Strasbourg sud et Illkirch-Graffenstaden)

Pour la Nupes, l’insoumis Emmanuel Fernandes s’impose avec 51,15% des suffrages (16 802 voix) face au député sortant Sylvain Waserman (Modem), qui était vice-président de l’Assemblée nationale.

Bruno Studer, député sortant LREM, est en passe d’être réélu. Avec 2 500 voix d’avance, il ne peut plus être rattrapé par les suffrages manquants dans trois bureaux de vote.

Au micro de France 3 Alsace, Sylvain Waserman reconnait sa défaite face à Emmanuel Fernandes de LFI pour la Nupes à Strasbourg-sud (circonscription 2).

Emmanuel Fernandès réagit aux premiers résultats depuis son QG (vidéo AEB / Rue89 Strasbourg / cc)

Situation indécise dans la circonscription 1

À 21h15, Sandra Regol (EELV / Nupes) compte 57,97% des voix, soit 1 600 voix d’avance sur Alain Fontanel (Renaissance), mais seuls 27 bureaux sur 65 ont été dépouillés. Surtout, la plupart des résultats viennent des quartiers populaires, plus favorables à la Nupes et où l’abstention est élevée. Les prochains bureaux de vote devraient donc resserrer cet écart.

Avance pour Bruno Studer dans la circonscription 3 (Strasbourg nord)

Pour le moment, Bruno Studer compte 53,47% des suffrages (12 562 voix), d’après les décomptes partiels. 18 bureaux sur 30 ont été dépouillés. Il compte 1 600 voix d’avance sur Sébastien Mas (LFI). Il reste pas mal de bureaux de la Robertsau à comptabiliser, qui devaient être favorables au candidat de la majorité présidentielle.

On s’apprête à fêter la victoire au QG de Sylvain Waserman (67-2) mais les résultats ne sont pas encore tombés… Photo : AEB / Rue89 Strasbourg / cc
Lila Merabet, du Modem Alsace, réagit à la situation nationale et espère une coalition pour la majorité présidentielle (vidéo AEB / Rue89 Strasbourg / cc)
Sandra Regol, candidate Nupes dans la circo 67-1, réagit aux premiers résultats nationaux (vidéo ND / Rue89 Strasbourg / cc)

Dans la circonscription 2, Syvlain Waserman (Modem) a comblé une partie de son retard grâce aux résultats d’Illkirch-Graffenstaden. Il remporte la commune avec 60,47% (4 837 voix) contre 39,53% (3 162 voix) pour Emmanuel Fernandes (LFI).

Soit 1700 voix d’avance contre 1200 au soir du 1er tour. Les résultats de Strasbourg devraient être plus favorable au candidat de la Nupes. Au 1er tour, Sylvain Waserman comptait plus de 2 200 voix de retard.

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Aurore Le Gouez, jeune militante d’Ensemble ! réagit aux premiers résultats nationaux depuis le QG de Bruno Studer (vidéo TV / Rue89 Strasbourg /cc)

Récapitulatif des 12 résultats sur 15 en Alsace

Parmi les formations qualifiées

    Ensemble : 10 siègesLes Républicains : 2Rassemblement national : 0Nupes : 0

Les 3 duels à Strasbourg opposent la Nupes à la majorité présidentielle. Les résultats devraient être connus vers 22h.

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Nouveau résultat disponible pour Circonscription n°6 du Bas-Rhin :

Nouveau résultat disponible pour Circonscription n°5 du Haut-Rhin :

Ca passe de justesse pour l’ancienne ministre déléguée Brigitte Klinkert (Renaissance) à Colmar, qui passe d’une centaine de voix.

Nouveau résultat disponible pour Circonscription n°4 du Haut-Rhin :

Sébastien Mas, candidat Nupes dans la 3e circonscription du Bas-Rhin réagit aux premiers résultats nationaux.

Nouveau résultat disponible pour Circonscription n°4 du Bas-Rhin :

Nouveau résultat disponible pour Circonscription n°3 du Haut-Rhin :

Les résultats s’annoncent très serrés à Colmar. Brigitte Klinkert (Renaissance) avait une confortable avance sur le député sortant Yves Hemedinger (LR) qui a comblé une partie de son retard.

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Aucun député RN en Alsace

Le RN n’obtient aucun député en Alsace. Le score le plus serré est dans le sud-alsace (53,9%-46,1%) avec l’élection de Didier Lemaire pour Horizons face à Christian Zimmermann.

À Mulhouse, Olivier Becht, président du groupe Agir (majorité présidentielle) est réélu.

Nouveau résultat disponible pour Circonscription n°5 du Bas-Rhin :

D’après les premières projections, les scores du RN sont meilleurs qu’annoncés. La formation était en lice pour 8 seconds tours en Alsace, 5 dans le Bas-Rhin et 3 dans le Haut-Rhin. Une victoire dans l’une des circonscriptions constituerait une petite surprise.

Selon une estimation de France Télévision, la nouvelle Assemblée nationale se composerait ainsi :

    Ensemble ! 224 siègesNupes 149 siègesRN 89 siègesLR-UDI 79 siègesDVG 21 sièges

Dans le Haut-Rhin et la circonscription de « Colmar vignoble » (Ribeauvillé, Kaysersberg, Sainte-Marie-aux-Mines), Hubert Ott (Modem) est élu face au député sortant Jacques Cattin (LR). La revanche de 2017 était annoncé comme l’un des duels les plus serrés.

Au bureau du Neufeld (BV 124), une dizaine de personnes se précipitent avant la fermeture. Le taux de participation y est de 57% (613 votants sur 1 061 inscrits).

Aux bureaux de vote de la Cité de l’Ill, le bureau 408 compte 317 votants pour 1 255 inscrits (25%) tandis que le bureau 406 compte 282 votants pour 905 inscrits (31,1%) à 19h.

Dans les bureaux de vote de l’école Adler à la Robertsau, la participation oscille autour de 50% à 18h40.

    536 votants sur 1 115 inscrits (48%) au bureau 403,529 votants sur 1 094 inscrits (48,3%) au bureau 409,452 votants sur 943 inscrits (47,9%) au bureau 412,550 votants sur 1 052 inscrits (52,2%) au bureau 402.
L’équipe d’un bureau installé au lycée Kléber Photo : ND / Rue89 Strasbourg / cc

Au lycée Kléber sur les trois bureaux de vote à 18h :

    Le 421 : 514 votants pour 1 013 inscrits (50,74%)Le 422 : 480 votants pour 944 inscrits (50,84%)Le 423 : 514 votants pour 1 070 inscrits (48,03%)

Taux de participation à 17h :

    France : 38,11%Bas-Rhin : 31,09%Strasbourg : 35,24%
Second tour 2022à midià 17hdéfinitif
Strasbourg19,90%35,24%
Bas-Rhin19,39%31,09%
Haut-Rhin19,80%33,67%
Premier tour 2022à midià 17hdéfinitif
Strasbourg16,61%34,22%
Bas-Rhin16,63%33,53%46,15%
Haut-Rhin18,56%37,30%43,81%
Second tour 2017à midià 17hdéfinitif
Strasbourg
Bas-Rhin16,86%35,53%40,60%
Haut-Rhin18,57%36,51%40,17%
Premier tour 2017à midià 17hdéfinitif
Strasbourg
Bas-Rhin20,89%42,10%47,23%
Haut-Rhin20,38%39,82%45,74%

Participation en hausse à la mi-journée

Dans le Bas-Rhin, la participation au second tour est estimée par la préfecture à 19,39% à midi. C’est près de 3 points de plus qu’au premier tour (16,63%) ou qu’au second tour il y a 5 ans (16,96%). À Strasbourg, la mobilisation des électeurs est évaluée à 19,90%, soit plus de 3 points supplémentaires par rapport au 1er tour (16,11%).

Dans le Haut-Rhin, la participation est estimée à 19,80%. C’est aussi une progression par rapport au 1er tour (18,56%), mais moins nette.

Participation par circonscription Photo : doc Strasbourg.eu

Les bureaux de vote sont ouverts jusqu’à 18h, sauf à Strasbourg où il est possible de voter jusqu’à 20h.

Bienvenue dans ce compte-rendu en direct de la journée électorale. Au programme, des points sur la participation à midi et à 17h, puis à 20h, les premières estimations des résultats nationaux et des résultats en dehors de Strasbourg. Viendront ensuite les résultats des trois circonscriptions de Strasbourg et les réactions des candidats. Toute la rédaction est mobilisée pour vous transmettre toutes les informations de cette journée électorale.

Dans le Bas-Rhin, plateau à l’hôpital et indicateurs épidémiologiques en légère baisse

Aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS), 107 patients Covid étaient hospitalisés et 25 se trouvaient en réanimation. Ces chiffres sont proches de la situation au 15 décembre, où 110 personnes atteintes de la Covid étaient hospitalisées et 30 en réanimation. Les HUS comptent ainsi 16 lits de réanimation et 5 lits d’hospitalisations libres en cette fin d’année 2020. La pression était plus forte à la mi-décembre : deux lits de réa et deux lits d’hospitalisation étaient alors disponibles aux HUS.

Nombre de personnes hospitalisées et en réanimation avec diagnostic Covid-19, dernière actualisation le 28 décembre. Photo : Source : germain-forestier.info

Au niveau du Bas-Rhin, les derniers données épidémiologiques disponibles concernent la période du 19 au 25 décembre. Le taux d’incidence a légèrement diminué par rapport à la semaine précédente : il est passé de 161 à 150 nouveaux cas pour 100 000 habitants.

Le taux de positivité suit la même tendance à la baisse. Du 14 au 20 décembre, le nombre de nouveaux cas pour 100 personnes testées était de 4,6. Sur la semaine du 19 au 25 décembre, il a baissé pour atteindre 2,9 nouveaux cas pour 100 personnes testées. Une diminution qui s’explique aussi par la ruée sur les tests avant les fêtes de Noël : beaucoup de Bas-Rhinois ont réalisé un dépistage sans avoir de symptômes, pour se rassurer avant de rejoindre leur famille.

Evolution des taux de positivité Covid-19 par classe d’âge dans le Bas-Rhin. Dernière actualisation avec les données du 19 au 25 décembre. Photo : Source : germain-forestier.info

« Pour l’instant la situation tient, a admis le président de la Région Grand Est au micro de France Bleu Alsace, mais de manière difficile. Ce que l’on craint, c’est l’effet après Noël, dans les huit jours après les fêtes de famille. Est-ce que l’on ne va pas assister à une recrudescence des hospitalisations aux urgences ? » 

Un conseil de défense se réunit ce mardi 29 décembre pour étudier la nécessité d’un reconfinement. Avec la Bourgogne-Franche-Comté et les Alpes-Maritimes, la région Grand Est fait partie des zones sous surveillance. Le taux d’incidence moyen entre le 19 et le 25 décembre y est de 203 nouveaux cas pour 100 000 habitants, contre 125 nouveaux cas pour 100 000 habitants au niveau national. Le président de région Jean Rottner se dit ainsi favorable à un reconfinement localisé.

Ainsi, les situations peuvent être différentes d’un hôpital et d’un département à l’autre. Dans le Haut-Rhin, le directeur des urgences de Colmar Eric Thibaud indiquait ce matin sur France Bleu Alsace que ses équipes traitent « deux fois plus de malades par jour qu’il y a dix jours ou deux semaines ». Le médecin estime aussi que le reconfinement est « inéluctable ».

Forte reprise des contaminations dans le Grand Est, le Bas-Rhin un peu mieux loti

À quelques jours des fêtes de Noël, le nombre de nouveaux cas augmente en France et notamment dans le Grand Est. La Haute Marne, les Vosges, les Ardennes et la Meuse présentent les plus fortes incidences (nouveaux cas pour 100 000 habitants en une semaine) du pays.

On retrouve six départements de la région dans le top 15 et les 10 départements d’Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne font tous partie des 41 les plus concernés, sur 101. Néanmoins, l’incidence est encore plus forte en moyenne en Bourgogne Franche Comté.

Tous les départements du Grand Est, soulignés en rouge, figurent sur la première page de la visualisation de Germain Forestier.

Les remontées des résultats des laboratoires sont communiquées trois jours après la réalisation des tests. La tendance pourrait donc se confirmer dans les jours à venir. Les maires de Reims, Nancy ou Colmar évoquent un reconfinement après Noël ou en janvier dans l’Est.

Il y a plus de cas dans l’Est que l’Ouest de la France

Dans le Haut-Rhin, l’écart augmente avec la moyenne nationale depuis le 20 novembre environ et l’incidence remonte depuis le 4 décembre pour s’établir à 195 nouveaux cas pour 100 000 habitants en une semaine.

L’augmentation des cas dans le Haut-Rhin (en rouge) va plus vite qu’en moyenne en France. Photo : Capture d’écran Geodes / Santé publique France

Dans le Bas-Rhin, cette reprise des contaminations est moins intense, mais le département enregistre néanmoins une hausse depuis le 10 décembre, de 113 à 160, soit au-delà de la moyenne nationale (143).

Sur cette visualisation par communautés de communes, le Bas-Rhin présente des incidences un peu plus faibles que ses voisins. Photo : Capture d’écran Géodes / Santé publique France

De la « deuxième vague » au « dos de chameau »

Concernant l’activité dans les hôpitaux, l’Alsace alterne les hausses et baisses caractéristiques de cette « deuxième vague » qui redescend bien moins vite que la première. Le professeur Djillali Annane, chef du service de réanimation de l’hôpital Raymond Poincaré à Garches image désormais la situation par « un dos de chameau ». L’Alsace serait dans la « deuxième bosse ».

Le Haut-Rhin est même à son plus haut niveau d’hospitalisations depuis la deuxième vague. Ses établissements enregistrent un total de 409 patients le 22 décembre et 418 la veille, un total presque comparable début de l’épidémie au printemps (437 le 18 mars).

Le Bas-Rhin compte de son côté 449 lits occupés, une situation comparable au 8 novembre, au 30 novembre ou au 8 décembre.

Les réanimations sont stables depuis une dizaine de jours, autour d’une quarantaine de personnes dans chacun des départements.

À la mi-décembre, le total de décès en lien avec le Covid dans les hôpitaux du Bas-Rhin a dépassé celui du Haut-Rhin pour la première fois depuis le début de l’épidémie. Le bilan y est de 1010 victimes cumulées contre 993 dans le sud-Alsace.

    Lundi 21 décembre : précisions sur le déploiement du vaccin Pfizer en Alsace et à Strasbourg

Les hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) ont reçu lundi 21 décembre leur congélateur spécial, permettant de stocker 100 000 doses du vaccin Pfizer contre la Covid-19 à -80°C. Ils attendent désormais les doses, probablement à partir du 27 décembre pour une campagne de vaccination devant débuter en janvier.

Les HUS forment l’un des premiers maillons de la chaîne de distribution « B », qui doit alimenter les centres hospitaliers, les cliniques, les Ehpad et les Unités de soins longue durée (USLD). Les pharmacies font partie du circuit « A », alimenté directement par l’agence Santé publique France.

Le vaccin de Pfizer et BioNTech arrivera par doses de cinq vaccins qu’il faudra reconstituer au dernier maillon de la chaîne. Une fois sorti du congélateur, le vaccin doit rester entre 2 et 8° pendant un maximum de six jours. Il sera administré en deux temps : une demi-dose puis une dose quatre semaines plus tard.

La campagne nationale de vaccination prévoit que les premiers bénéficiaires des vaccins Pfizer soient les personnes les plus à risque de développer une forme grave de Covid-19, c’est à dire les personnes âgées. Les personnes de plus de 65 ans devraient pouvoir y accéder dès janvier, puis les personnes de plus de 50 ans probablement en février, etc. Une priorité sera également donnée au personnel soignant ainsi qu’aux personnes présentant des facteurs aggravants de la Covid-19. Le vaccin n’étant pas obligatoire, il ne pourra être délivré qu’après le consentement des intéressés.

Selon le Pr Hansmann, ce vaccin devrait être efficace également sur les variantes du virus détectées au Royaume-Uni :

« On manque de données évidemment mais pour l’instant, il n’y a pas de raison de penser que le vaccin serait moins efficace pour ses variants. »

Les yoyos de l’épidémie

Alors que le couvre-feu remplace la phase 2 du déconfinement, l’épidémie du Covid-19- stagne en Alsace, voire amorce un rebond. Et ce alors que la « deuxième vague » n’est pas revenue à son niveau de septembre ou d’octobre.

Dans les deux départements, le nombre d’hospitalisations a augmenté en une semaine : de 443 à 465 lits occupés dans le Bas-Rhin et de 331 à 354 dans le Bas-Rhin. Les cas en réanimation sont stables, autour d’une cinquantaine de personnes dans chacun des deux départements.

C’est également cette tendance que l’on observe, de manière plus fine, dans le bilan des hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS).

Les hôpitaux publics strasbourgeois connaissent un rebond des hospitalisations et réanimations. Photo : bilan HUS transmis

Concernant les nouveaux cas, mesurés avec l’incidence, on assiste à une stabilisation nette. Le taux (nouveaux cas pour 100 000 habitants sur une semaine glissante) est désormais plus élevé dans le Haut-Rhin (163) que dans le Bas-Rhin (116,3). L’incidence augmente chez les 20-49 ans et baisse dans les autres strates de la population haut-rhinoises.

Incidence dans le Haut-Rhin est revenu au niveau du 25 novembre. Elle augmente dans plusieurs classes d’âge. Photo : visualisation Germain Forestier

Dans l’Eurométropole, ce taux est de 120,2 soit quasiment la moyenne des 22 métropoles françaises (117,7). Néanmoins, à dix jours des fêtes de Noël, ce niveau stagne et se situe entre la moyenne nationale et celle de Strasbourg observées début octobre. Les cas avaient ensuite vite grimpé, entraînant les couvre-feux, puis le reconfinement allégé à la fin du mois.

L’incidence de l’Eurométropole à nouveau similaire avec la moyenne des 22 métropoles (en bleu).

Le conseil scientifique préconise un « auto-confinement » d’une semaine avant les fêtes de Noël. Une « tolérance » pour les absences à l’école sera pratiquée jeudi 17 et vendredi 18 décembre avant les congés scolaires.

Hausse des hospitalisations dans le Haut-Rhin et des cas dans le Bas-Rhin

Alors que des doutes commencent à être émis par l’administration sur les conditions du deuxième allègement du reconfinement promis le 15 décembre, l’épidémie ne recule plus en Alsace.

À Strasbourg et dans le Bas-Rhin, l’incidence (nouveaux cas pour 100 000 habitants) augmente légèrement depuis 4 jours consécutifs, soit du 1er au 4 décembre, les remontées des tests ayant un décalage de trois jours. C’est une tendance inverse avec le reste de la France, où cet indicateur continue de diminuer, mais pas aussi vite qu’espéré par le gouvernement.

L’incidence dans l’Eurométropole de Strasbourg augmenté les premiers jours de décembre, les derniers à être comptabilisés. Photo : visualisation Germain Forestier
Les hausses de cas dans le Bas-Rhin concerne notamment les catégories les plus âgées et les 30-39. La moyenne augmente, alors que la tendance française est à la baisse. Photo : visualisation Germain Forestier

Dans les hôpitaux, la situation du Haut-Rhin est plus préoccupante. Alors que la « deuxième vague » y était d’ampleur limitée, le nombre d’hospitalisations ne cesse d’augmenter depuis le 27 novembre : de 248 à 331 lits occupés. Le nombre de réanimation reste en revanche globalement stable, autour de 35 personnes.

Dans le Bas-Rhin, les établissements enregistrent une lente baisse des hospitalisations, de 468 lits à 441 sur la même période. Proportionnellement, les cas en réanimation diminuent plus nettement, de 71 à 52 malades.

Le nombre de décès liés au Covid s’approche des 1000 personnes dans chacun des deux départements d’Alsace depuis le début de l’épidémie.

Le festival Couleurs Conte 2022 mettra la nature à l’honneur du 21 juin au 6 juillet

Le festival Couleurs Conte 2022 mettra la nature à l’honneur du 21 juin au 6 juillet

Pour cette 15e édition, les artistes de Couleurs Conte se sont réunis derrière le thème de la Nature et de sa protection. Du 21 juin au 6 juillet, contes, conférences, courts-métrages et ateliers se succéderont pour faire rêver et réfléchir le public.

Cette année, le célèbre festival Couleurs Conte, qui met à l’honneur l’art de dire, l’oralité, s’empare de la thématique de la Nature en Contes. Il faut dire que l’imaginaire collectif nourrit depuis toujours cette vision d’histoires racontées au coin du feu, au milieu d’une forêt peuplée dont les sonorités mystérieuses ouvrent l’imagination. En parallèle, l’état actuel de la planète, bien rappelé par les fortes chaleurs qui assaillent le pays, force les humains à questionner le rapport à la nature et à en imaginer de nouveaux.

Du 21 juin au 6 juillet, à travers 24 rendez-vous prometteurs, conteuses et conteurs, lectrices et lecteurs, ou encore vidéastes et illustratrices proposeront justement de nourrir les réflexions et les imaginaires autour de ce thème. De Strasbourg à Cronenbourg, en passant par Lingolsheim et Ostwald, Couleurs Conte reprend de l’ampleur après des années compliquées par le Covid.

Rue89 Strasbourg avait rencontré Nicole Docin-Julien pour qu’elle évoque son rapport à la parole et conte une de ses histoires. (Vidéo Rue89 Strasbourg)

Le festival est toujours porté par la bien connue conteuse strasbourgeoise, Nicole Docin-Julien. Après le succès de Qui habite les songes ne meurt jamais, elle propose une nouvelle création : Il était un jardin…, en collaboration avec le musicien Jean Lucas. Lançant une véritable invitation à « partir en promenade immobile sur les chemins de la parole », ils emporteront leur auditoire à travers un florilège de contes fruités et floraux. À découvrir le samedi 2 juillet à 14h30, au Jardin partagé du Boehri d’Ostwald, ou le dimanche 3 juillet à 17h, au Lieu d’Europe.

La Nature d’ici ou d’ailleurs 

Reposant principalement sur l’imagination, les contes sont idéals pour voyager pour presque rien (la plupart des événements sont accessibles gratuitement sur réservation). Mercredi à 15h à l’IUR Clemenceau, direction l’Amérique du Sud avec le Bestiaire Amazonien de Lénaïc Eberlin de la Compagnie Bardaf ! Ayant vécu un temps en Guyane avec des familles amérindiennes, le conteur entraînera son public à la rencontre de fascinantes créatures, du Grand-Frère Jaguar, de la Cousine Escargote, du Tonton Caïman ou de la Petite Sœur Chauve-souris. 

Portant son regard vers une autre partie du monde, Pascal Fauliot contera des histoires de samouraïs à la Bibliothèque Nationale Universitaire (BNU), en lien avec l’exposition Samouraïs, guerriers et esthètes qu’elle accueille jusqu’au 7 juillet. Photo : du spectacle Vaincre sans combattre. DR

Plus local, mais tout aussi dépaysant, Emmanuelle Filippi proposera, jeudi à 15h, à l’Ehpad St Joseph de Strasbourg, une plongée au cœur de contes traditionnels mêlés à ses souvenirs d’enfance. « Au cœur de la forêt, les arbres murmurent à nos oreilles des histoires enchantées que le vent emporte », prévient-elle. Il y sera question d’un loup, d’une reine des serpents, d’un couple d’arbres enlacés et d’une jeune fille vêtue de feuillages… Cette création fait partie des quatre événements en milieu médical et social pensés pour relier les publics éloignés de la culture. 

La soirée du samedi 2 juillet sera dédiée aux réfugiés ukrainiens. En musique, dix conteurs et conteuses uniront leur voix pour un moment de solidarité à la Grenze. Parmi eux, Nicole Docin-Julien, Geneviève Wendelski, Fred Duvaud, mais également une participation surprise d’artistes ukrainiens. Tous les bénéfices de la soirée seront reversés à l’association strasbourgeoise PromoUkraïna.

Au total, 35 artistes participeront à cette édition soutenue et en partie financée par la Ville de Strasbourg. Photo : de Nicole Docin-Julien et Jean Lucas par Simon Woolf

Des histoires à inventer ensemble

L’événement sera largement interactif, car de nombreux ateliers sont prévus pour petits et grands. Dès 8 ans, les enfants pourront former un duo avec un adulte accompagnant pour participer à un atelier de création collective d’histoire à la Tour Merveilleuse du Schloessel à Koenigshoffen (10h30 à 12h le 26 juin) ou au Musée des Arts Décoratifs du Palais des Rohan (10h à 12h le 29 juin). Nicole Docin-Julien, directrice artistique du festival, s’inspirera du lieu du rendez-vous pour guider les participants dans la construction de leur propre conte, à la fois voyage intérieur et discussion entre soi-même et l’altérité.

La large programmation permet au festival de s’adresser à tous les publics, du spectacle pour enfants en médiathèque aux conférences contées destinées à des adultes, comme celle de Jean-Jacques Fdida. Il y abordera l’envie de retourner à la nature face au danger du dérèglement climatique. Photo : DR

Toujours à la Tour du Schloessel, dimanche 26 juin, les plus jeunes pourront se plonger dans les arts plastiques de l’illustratrice Dorothée Duntze. Spécialisée dans l’édition et la presse jeunesse, elle proposera aux plus de 6 ans de composer une œuvre avec des brindilles, graines ou fleurs. Elisabeth Mertz proposera aux plus grands de découvrir l’art et la philosophie du Taï-Chi. Elle accompagnera ses contes et légendes taoïstes avec des mouvements doux, propre à cette gymnastique énergétique globale.

Comme les mots dits rejoignent souvent les mots écrits, deux rendez-vous sont labellisés « Candidature Capitale Mondiale du Livre 2024 » par la Ville de Strasbourg : la conférence Lire des histoires à nos enfants par Sylvie Misslin et les lectures proposées par Lire et Faire Lire. De quoi compléter le beau programme de cette édition qui devrait en faire renouer plus d’un avec cet art ancien qu’est celui de la parole.

Intense programme pour la Fête de la musique 2022 à Strasbourg

Intense programme pour la Fête de la musique 2022 à Strasbourg

Plusieurs centaines d’artistes strasbourgeois sont à découvrir mardi 21 juin lors de la Fête de la musique. Ils reviennent chargés après deux années de composition… Cette édition sera donc d’une exceptionnelle qualité. Voici une revue de détail avec quelques liens d’écoute pour composer son programme.

Plus de 300 artistes strasbourgeois sont programmés sur les treize scènes installées par la Ville de Strasbourg, mardi 21 juin de 18h à 23h.

Scène place Kléber

    17h30 – 18h : Stas Fekete (violoncelliste ukrainien) 18h15 – 18h40 : Espersan (trad persan, arabe et folk) 18h55 – 19h20 : Zimmia (pop astrale)

Belle occasion de découvrir ce groupe de Strasbourg (plutôt du Ried en fait), qui se définit comme proposant une « pop astrale ». C’est vrai que les visuels sont assez perchés, mais la musique est plutôt très technique, pointue, presque jazz par instants.

Mindscape de Zimmia
    19h35 – 20h : Laventure (soul pop)

Laventure est un groupe de sweet-pop un peu déglinguée de Strasbourg, qui s’est forgé un style bien à eux, reconnaissable à la seconde grâce à la voix d’Ingrid. Grâce à des compos soul bien balancées, Laventure a été remarqué par la radio FIP. Si la foule de la place Kléber semble incompatible avec le caractère délicat, voire intimiste de Laventure, le groupe se produira à nouveau à La Grenze (vendredi 1er juillet à 20h30) et aux Pelouses sonores de Contre-Temps (dans l’après-midi du dimanche 3 juillet au jardin des Deux-Rives).

https://www.youtube.com/watch?v=zXqjWotmJAI
Give + love song, deux titres phares de Laventure (vidéo Laventure / YouTube)
    20h – 21h15 : Karaoké géant avec Arte

Pour fêter ses 30 ans, Arte s’invite sur la place Kléber avec un « karaoké géant ». L’idée étant de reprendre des « classiques de la chanson française, de la pop internationale, du hip-hop et du rock ». Sont annoncés Sting, Angèle, Nena, Aya Nakamura et… « Carmen »… On ne sait pas comment cette expérience, déjà passablement traumatisante en petit comité pourra fonctionner en version foule, mais Arte fait confiance à Aline Afanoukoé, connue pour ses chroniques sur France Inter, pour ambiancer tout ça. 

21h30 – 22h45 : Last Train (rock)

On ne présente plus Last Train, le groupe bien que constitué à Strasbourg, est désormais sur orbite. Après avoir joué à l’Olympia et au Printemps de Bourges, ils sont attendus dans une douzaine de festivals de l’été en France, dont les Eurockéennes et les Francofolies. Les avoir sur la place Kléber pendant une heure est donc une opportunité à ne pas rater pour ceux qui apprécient cette musique rock, qui balance entre rage et mesure avec style, jeunesse et maîtrise. Pour les découvrir, il faut se rendre sur leur site pour voir leur tout nouveau clip de 20 minutes, « How did we get there ».

Place Gutenberg 

    18h00 – 18h30 : Mossa & Zoya (guitares folk, musiques d’inspiration maghrébine) 18h45 – 19h15 : Pelicanto (chorale pop-rock) 19h30 – 20h00 : Wask (Hip-hop / rap) 20h15 – 20h50 : Ceaile (indie folk)

Céaile est une artiste strasbourgeoise aux multiples talents. Outre la musique, elle pratique aussi le graphisme et la photographie. Dans ses compositions, elle chante en avalant les consonnes façon Dolores O’Riordan (Cranberries)… et ça fonctionne tout à fait pour amener dans son univers fait de douceur, d’introspection et d’intimité.

Clip You Are Here (vidéo Céaile / Youtube)
    21h00 – 21h30 : Jamington (Reggae jamaïcain)

Produit par neuf musiciens strasbourgeois, Jamington propose un reggae jamaïcain très classique. Il faut dépasser la voix d’un blanc dans cet univers très codifié mais grâce à la maîtrise des musiciens, le voyage s’opère.

Time has come, premier titre de Keep the roots in this time (vidéo Jamington / Youtube)
    21h45 – 22h15 : La Jawqa (Latino)

La Jawqa est un groupe de musique latino très jeune. Seuls deux titres ont été produits par le groupe pour l’instant, mais qui témoignent d’une belle appropriation des codes de la cumbia et de la salsa.

    22h30 – 23h00 : Pao Du Kima (Pop / chanson française)

Ovni dans la scène locale, Pao du Kima est apparue en 2019 déjà prête, déjà stylée, tout son univers acidulé déjà abouti. Elle se produit trop rarement à Strasbourg et même ses liens d’écoute sont rares. Mais voici tout de même une session où elle accompagne Reve Olver :

La Prairie de Reve Olver avec Pao du Kima (vidéo YouTube)

Place Broglie

    18h00 – 18h30 : Aoraki (pop / chanson française) 18h45 – 19h15 : Triboc (blues / rock)

Une formation assez classique de guitare – basse – batterie, avec une belle énergie.

    19h30 – 20h00 : Catharsis (classique / chorale / pop rock) 20h15 – 20h50 : Juan Gandan (percussions latinos) 21h00 – 21h30 : Londe (pop / soul / chanson française)

Également sur une trajectoire ascensionnelle, Londe est une pépite de la scène strasbourgeoise, jalousement incubée par le label Dièse 14. L’artiste, dont les exceptionnelles possibilités vocales se développent d’année en année, a signé un beau clip avec l’orchestre universitaire de Strasbourg dans une version étoffée de son titre Corps étrangers.

Corps étrangers façons orchestrale (vidéo Londe / Youtube)
    21h45 – 22h15 : Zengang (Hip-hop / rap) 22h30 – 23h00 : Dudes of Groove Society (funk)

Groupe parfait pour clore la soirée (parce qu’à Strasbourg, à 23h c’est fini la fête tsé !), Dudes of groove society envoie un funk efficace, balancé tout en évitant les clichés trop faciles du genre. Pour se déhancher presque naturellement, sans effort, il faudra être place Broglie mardi soir.

Le superbe clip sur Play the music loud (vidéo Dudes of groove society / Youtube)

Place Saint Thomas

    18h00 – 18h30 : La machine piston (bluegrass, charleston) 18h45 – 19h15 : Petseleh (folk)

Petseleh écume les scènes depuis plusieurs années, avec un folk dépouillé, intimiste et discret. Tantôt en petite formation, plus souvent seul en scène avec sa guitare, Petseleh s’est fait plus rare ces derniers temps et c’est donc une bonne nouvelle de le retrouver sur une scène de la Fête de la musique. Il faudra néanmoins que le public assure le silence nécessaire à l’épanouissement de ses notes…

    19h30 – 20h00 : Las Baklavas (Balkans / musique latine / rap / slam / mao)

Groupe aux multiples influences, aux multiples talents également, Las Baklavas a lentement mûri pour accoucher d’un set unique, où se mêlent les Balkans, l’Amérique latine et la musique electro… Le tout porté par les voix stratosphériques des chanteuses.

    20h15 – 21h45 : High Voltures (pop rock) 21h00 – 21h30 : Lezvrd (Hip-hop / rap) 21h45 – 22h15 : Djazz & Les Browns (reggae soul) 22h30 – 23h00 : Fièvre (metal)

D’autres scènes thématiques

    Place Saint-Etienne : M2S (musique électronique) Place du Frère : Médard Anka’a (bass music / psytrance) Square Louise-Weiss : Antipod (Hip-hop / Dubstep / Drum&bass) Place des Meuniers : La la bu ya (musique du monde) Place du Marché-Gayot : Catacombes (alternative) Rue Sainte-Barbe : RBS (Aprodril) (DJ / Hip-hop / rap) Place Broglie – Opéra du Rhin : Unity Sound (DJ / électro / reggae / danchall / dub) Pôle Sud – Meinau : Chanson française, classique, chorale Place du Temple-Neuf : Compagnie Watt Électro (funk / Hip-hop / R&B) Place Saint-Pierre-le-Jeune : Full Moon (Hip-hop / R&B / oriental)

Sur le campus de l’Esplanade

    11h-16h : Labutineuse – Yérri-Gaspar Hummel

Déambulation libre et transats à disposition pour une promenade musicale sous casque proposée par le studio Lab’ut – laboratoire de l’utopie : compositions électro-acoustiques et scénographie autour des abeilles. Le détail des cinq créations sonores.

    17h30-18h30 : Musique classique à trois instruments, proposé par l’AJAM

Des œuvres classiques majeures sont à écouter à l’ombre des tilleuls du campus  : Beethoven, Brahms, Popper ou encore Poulenc… Musiques à la clarinette, au violoncelle et au piano.

    19h-20h : No Limit Orchestra sur le parvis de la Faculté de droit

En version quatuor de percussions et voix, l’orchestre bien connu de Strasbourg interprétera des musiques de films ou de jeux vidéo.

Ailleurs

    devant Music Non Stop, 19 quai Saint-Nicolas à la Krutenau à partir de 20h

Harmony Trash. Gerrit Walter, chantera ses poésies du réel, du fond de sa voix rauque, façon Tom Waits dans sa meilleure forme. Moment de communion à prévoir.

Bloc party devant le Graf’ Photo : ODC Live / doc remis
    Graffalgar, Petite rue de la Course à la Gare, de 15h à minuit

Selecta ODC. La radio ODC propose une sélection de ses résidents, devant l’hôtel Graffalgar où elle a élu domicile. Avec à 15h Artung Soundsystem, à 16h Linju B2B Roylee, à 17h Bienvenue au Club, à 19h Spectr, à 21h Menthe Poivrée, et à 23h Truc & Astuce.

    Sur la terrasse du Palais Rohan toute la soirée

Les notes enjouées de la Fanfare FEIS.

    Au Kitsch n’bar, 8 quai Charles Altorffer à Strasbourg – Gare à partir de 19h

Soirée complète de petits concerts avec en entrée à 19h30 Houmous guru (experimental noisy), en plat principal à 20h30 Bravo Brian (new wave electro) et en dessert à partir de 21h30, les affreux de V90 (Punk rock). Pour pousser, des petits mix de Colonel Moutarde.

À la prison de Strasbourg, les détenus en surnombre, le personnel en sous-effectif

À la prison de Strasbourg, les détenus en surnombre, le personnel en sous-effectif

Le sénateur écologiste Jacques Fernique a réalisé une visite surprise de la maison d’arrêt de Strasbourg jeudi 16 juin. Face à un personnel en sous-effectif, les détenus souffrent parfois de locaux vétustes et toujours d’une surpopulation carcérale de plus de 150%.

« Huit mètres carrés, à deux, c’est petit. Le toilette n’a pas de porte, alors le voisin peut voir. » Aux ateliers de la maison d’arrêt de Strasbourg, Ardon (le prénom a été modifié) prend sa pause aux alentours de neuf heures, jeudi 16 juin. Un orangina, un café, une bretzel et un paquet de madeleine dans les mains, il décrit des conditions de détention difficiles tout en soulignant les points positifs de la prison strasbourgeoise : « La santé ça va, quand on demande c’est bien. Et l’école c’est aussi bien, maintenant je parle français et j’arrive presque à écrire. Là c’est le quatrième jour de ma formation en peinture du bâtiment. »

Aux ateliers de la maison d’arrêt de Strasbourg, Ardon (le prénom a été modifié) prend sa pause aux alentours de neuf heures, jeudi 19 juin. Photo : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg

655 détenus pour 430 places

Un peu plus tôt dans la matinée, le sénateur écologiste Jacques Fernique s’est présenté devant l’entrée de la maison d’arrêt de Strasbourg (MAS). L’élu strasbourgeois use ainsi de son droit de visite des lieux de privation de liberté, comme il l’a fait pour le centre de détention d’Oermingen. Lorsque le nouveau directeur de l’établissement pénitentiaire Saïd Kaba arrive sur son lieu de travail, l’homme en costume peine à dissimuler sa gêne face à cet imprévu. Le petit groupe patiente une bonne demi-heure avant de pouvoir entrer dans la prison : « Le poste d’entrée est tout nouveau, il faut encore qu’on s’y habitue », s’excuse presque un surveillant.

Saïd Kaba (à gauche), directeur de la maison d’arrêt de Strasbourg, rencontre le sénateur écologiste Jacques Fernique (à droite), à l’entrée de la prison. En arrière-plan, Florian Kobryn, conseiller départemental écologiste à Strasbourg. Photo : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg

Jeudi 16 juin, la prison strasbourgeoise enferme 655 détenus, dont 26 femmes et 13 mineurs. La MAS dispose de 430 places opérationnelles pour les personnes en attente de leur jugement ou condamnées à des peines inférieures à deux ans. Elle présente donc une surpopulation carcérale de plus de 150%, supérieure à la moyenne nationale pour les maisons d’arrêt où le taux moyen d’occupation atteint 139% selon un rapport de l’Observatoire International des prisons, rendu public le 16 juin 2022. L’organisation y somme la France de mettre fin à sa surpopulation carcérale chronique.

Ici, huit détenus suivent une formation de peintre en bâtiment. Photo : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg

« Les cellules individuelles, ça n’existe nulle part »

À Strasbourg comme ailleurs en France, la prison ne respecte pas la loi française, comme l’indique sur le ton de l’évidence un officier de la maison d’arrêt : « En Europe, on est censé avoir des cellules individuelles, mais ça n’existe nulle part. Ici au moins, il n’y a pas de matelas par terre, comme en Seine-Saint-Denis où j’ai connu des cellules à trois ou quatre matelas pour neuf mètres carré. » Représentant du personnel du syndicat UFAP, Mickael Anselle estime que le pire est à venir :

« 650 ça se tient, on arrive à gérer. On a été un peu tranquille pendant le covid, parce que la justice fonctionnait au ralenti et des détenus ont eu des libérations anticipées. Mais là, le cours normal des choses reprend et il y a plus d’entrées que de sorties. J’ai déjà connu la maison d’arrêt de Strasbourg avec 800 détenus. » 

Un officier de la maison d’arrêt de Strasbourg à côté des cartons pliés par les détenus. Photo : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg

La promiscuité, c’est le premier souci évoqué par nombre de détenus. L’un raconte l’histoire d’un voisin qui ne supporte plus de partager sa cellule avec un homme qui a tenté de se suicider dedans. Aron se plaint de l’enfermement qui dure 22 heures sur 24 si l’on n’est pas inscrit à des activités et qu’on ne travaille pas. Une seule sortie promenade est prévue dans la journée. Un officier de la MAS indique que depuis le Covid, les détenus ne sortent plus qu’une fois par jour deux heures, contre deux fois une heure par le passé.

« Les maisons d’arrêt surpeuplées vieillissent plus vite »

Comme le résume le directeur Saïd Kaba, « les maisons d’arrêt surpeuplées vieillissent plus vite. On essaye de maintenir en état. Nous sommes obligés de faire les travaux selon là où c’est le plus urgent ». Les différentes sections de la prison présentent des états de délabrement variables. Dans le quartier pour femmes, l’unique cellule ouverte laisse voir un sol propre et du mobilier récent. De même dans une cellule du quartier hommes, un retraité ne se plaint de rien sauf de la rupture de stock pour les biscuits fourrés et les cacahuètes : « Je voulais en offrir à l’aumonier pour sa prochaine visite. »

Mais dans le quartier pour mineur (seul endroit où les cellules sont individuelles et équipées d’une douche), une cellule vide présente des sanitaires dans un état de délabrement avancé. Le robinet et son tuyau peuvent aisément être soulevés. Dans un couloir, certaines parties du mur sont décrépites, d’autres ont une couleur de moisi.

Interrogé sur les propos d’un détenu indiquant que les toilettes de sa cellule n’ont plus de chasse d’eau depuis deux semaines, le chef de la prison strasbourgeoise assure qu’une telle situation « n’arrive pas tout le temps », avant de déplorer le sous-effectif au sein du personnel :

« Mon directeur technique devrait avoir deux adjoints techniciens pour intervenir sur place. L’administration pénitentiaire (un service du ministère de la Justice, NDLR) a accepté d’ouvrir un poste mais je n’ai pas le temps de m’occuper du recrutement parce qu’il me manque aussi deux directeurs. Concernant les surveillants, il me manque 17 personnels, 13 sont en arrêt maladie et j’ai quatre postes non-pourvus. »

Une visite guidée là où la maison d’arrêt fonctionne le mieux

Si le petit groupe a débarqué ce matin sans prévenir, la visite n’en reste pas moins guidée. En présence du directeur d’établissement, un officier de la MAS oriente vers les sections qui fonctionnent le mieux. Il y a tout d’abord les ateliers où une trentaine de détenus travaillent pour les entreprises Würth, Cartonnages d’Alsace ou Éco-idée. C’est ici qu’Ardon se forme à la peinture en bâtiment avec sept autres personnes. Un peu plus loin, une dizaine de prisonniers s’affairent à plier des cartons. Récemment, la maison d’arrêt a perdu les postes de Heineken. Le groupe brassicole a décidé de passer aux capsules métalliques pour fermer les bières Fischer. Dès lors plus besoin de détenus pour installer la fermeture mécanique propre aux bouteilles Fischer.

La visite se poursuit avec le quartier pour femmes. Elles sont 26 à y vivre, réparties dans 19 chambres au bout d’un couloir agrémenté de quelques plantes. Dans la bibliothèque, cinq femmes préparent un concours d’éloquence qui aura lieu la semaine prochaine. Une surveillante ouvre une cellule vide, laissant voir des locaux propres. Interrogée par une collaboratrice parlementaire de Jacques Fernique, elle affirme que la distribution de serviettes hygiéniques est gratuite depuis quelques mois. Employée de la MAS depuis 16 ans, elle déplore aussi le manque de personnel face à des besoins croissants : « Là on a 26 détenus, mais d’habitude on s’approche plus souvent des 35… Nous avons de plus en plus de travail avec un effectif de personnel constant. »

L’entrée du quartier pour femmes de la maison d’arrêt de Strasbourg. Photo : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg

Quartier pour mineurs et unité sanitaire

Tout le drame de la surpopulation carcérale et des locaux vétustes, c’est qu’ils tendent à effacer les efforts de nombreux personnels investis dans leur mission. Au quartier pour mineurs, l’officier Samuel Thomann parle avec passion et sincérité du travail « avec ces jeunes, qui sont souvent multirécidivistes mais qui restent des enfants avec des rêves et un bon fond ». Le responsable vante notamment la collaboration avec l’Éducation nationale au niveau de l’enseignement et la Protection judiciaire de la jeunesse pour un accompagnement social et psychologique.

Distribution du déjeuner dans le quartier pour mineurs de la maison d’arrêt de Strasbourg. Photo : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg

Magali, cadre de santé, décrit l’activité de son unité sanitaire ouverte sept jours sur sept entre sept heures et 19 heures : un médecin minimum est présent chaque jour, ainsi que des infirmières et une dentiste. « On est là pour permettre à la maison d’arrêt d’être autonome sur les petites pathologies », complète le docteur Özdemir. Depuis mars 2022, le personnel médical a cessé son activité d’astreinte la nuit. « En cas d’urgence, on appelle le 15 », explique le directeur de la MAS.

L’unité sanitaire de la maison d’arrêt est ouverte sept jours sur sept entre sept heures et 19 heures : un médecin minimum est présent chaque jour, ainsi que des infirmières et une dentiste. Photo : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg

« La bouteille d’eau est autorisée en sortie seulement en période de canicule. »

Difficulté supplémentaire pour les détenus et le personnel : la canicule qui commence toujours plus tôt. Les prisonniers seront d’autant plus impatients d’avoir leur quart d’heure de douche autorisé tous les deux jours. Avec la promiscuité, les relations entre eux et avec le personnel seront aussi plus tendues. Dans sa cellule, un homme estime « être moins bien traité que les animaux du zoo » et raconte qu’il leur est interdit d’emmener une bouteille d’eau lors de l’unique sortie quotidienne autorisée. Il déplore le robinet d’eau défectueux dans sa cour de promenade. Interrogé sur ce point, Saïd Kaba, le directeur de la MAS, répond sous un soleil de plomb et près de 30°C : « La bouteille d’eau est autorisée en sortie seulement en période de canicule. »

Une 20e Marche des visibilités samedi à Strasbourg pour « aimer qui on veut, comme on veut »

Une 20e Marche des visibilités samedi à Strasbourg pour « aimer qui on veut, comme on veut »

Samedi 18 juin, le collectif FestiGays organise la 20e Marche des visibilités à Strasbourg. Après celle de 2021, sans village associatif ni chars à cause de la pandémie, le mot d’ordre 2022 veut marquer un retour à la vie normale avec l’affirmation de pouvoir « aimer qui on veut, où on veut et comme on veut ».

Retour du village associatif place de l’Université et des chars lors de la Marche des visibilités ce samedi, dont le départ est prévu à 14h30 avec un parcours par les quais et le centre-ville de Strasbourg.

Trajet de la marche Photo : doc Festigays

Le collectif d’associations FestiGays, organisateur des marches des visibilités strasbourgeoises depuis 2002 prévoit une série de prises de paroles avant le départ, à l’occasion de ce vingtième anniversaire. Matthieu Wurtz, président de FestiGays, y soulignera le mot d’ordre de cette édition : « aimer qui l’on veut, où on veut, comme on veut » :

« Ce message réaffirme la volonté de pouvoir vivre tel que l’on est, sans risquer l’agression physique ou verbale. C’est un message d’amour et de tolérance. Nous pouvons aussi reprendre les chars pour nos vingt ans, c’est comme si on allait tourner la page de la crise sanitaire ». 

Les marches des visibilités accueillent régulièrement beaucoup de monde. Attention, des températures caniculaires sont prévues samedi Photo : doc remis

Un village et une soirée

Festigays tiendra également un « village associatif » place de l’Université, samedi de 11h à 18h, avec des stands d’associations LGBT et des animations, comme un photomaton éphémère qui permettra aux habitants et aux habitantes de la ville d’exprimer leur engagement contre les discriminations.

À partir de 23h et jusqu’à 6h dimanche, « La Nuit Des Festigays » est prévue au Studio Saglio, dans le quartier de la Meinau, avec notamment DJane Simoné aux platines.

La Ville et l’Eurométropole vont augmenter les traitements d’une partie de leurs agents

La Ville et l’Eurométropole vont augmenter les traitements d’une partie de leurs agents

La Ville et l’Eurométropole ont décidé des premières augmentations salariales pour une partie de leurs agents. Les métiers pénibles seront revalorisés, l’objectif est aussi de réduire les inégalités hommes-femmes.

Il aura fallu deux ans, une mini-grève de la CGT et d’autres préavis finalement non exécutés. Avant les vacances estivales, les deux élus en charge du personnel, Syamak Agha Babaei à la Ville et Valentin Rabot à l’Eurométropole, ont dévoilé aux agents les premières revalorisations consécutives à l’ouverture d’un « agenda social ». Même si tout ceci ne sera voté qu’en septembre et ne sera visible sur les fiches de paie qu’entre octobre et janvier. « On avait notre calendrier et on voulait présenter les choses aux organisations syndicales avant la campagne des représentants du personnel en fin d’année », avance le duo, qui balaie tout lien avec les élections… législatives, dont le deuxième tour est dimanche.

Un baromètre social critique

L’exécutif doit répondre à la publication en avril d’un premier « baromètre social », une sorte d’audit interne que les élus ont eux-mêmes proposé aux syndicats. Même si le questionnaire n’adresse pas le sujet des les salaires, mais des conditions de travail, certains résultats sont sévères. Par exemple, 36 % des répondants estiment que leurs « conditions de travail ne leur permettent pas d’être efficaces ». Pire, 59% n’ont pas le sentiment que le « fonctionnement interne » s’améliore depuis un an.

Membre du précédent exécutif et désormais premier adjoint à la Ville de Strasbourg, Syamak Agha Babaei estime néanmoins que le contexte a changé :

« Avant, il n’y avait rien à négocier. On était dans une culture de défiance. On n’est pas encore à la culture de confiance, le baromètre social est un défi posé à la collectivité mais nous allons progresser. »

Un rattrapage partiel des inégalités homme-femme

La Ville et l’Eurométropole ont ainsi arbitré de premières augmentations pour les agents des catégories A et B. Elles concernent ceux qui travaillent dans des filières administratives, culturelles et sociales pour rattraper les filières techniques (historiquement mieux payées, lorsque les collectivités locales ont dû recruter massivement suite à des lois sur la décentralisation dans les années 1980). Elles se répartissent ainsi :

    90€ brut/mois pour les agents de catégories A 45€ brut/mois pour les agents de catégorie B

Ces augmentations visent à réduire l’écart salarial entre hommes et femmes, qui atteint jusqu’à 110€ dans la catégorie B et même 300€ dans la catégorie A. « Nous allons combler peu ou prou 50% de l’écart en catégorie A et un tiers en catégorie B », défend Valentin Rabot, vice-président aux ressources humaines de l’Eurométropole et maire d’Achenheim.

70% de femmes et près de 4 000 agents et agentes concernées

Les catégories C ne sont pas concernées par ces augmentations générales. L’exécutif avance qu’une première harmonisation avait déjà été opérée lors du mandat précédent. Néanmoins, certaines primes concerneront une partie de ces agents, par exemple la « conduite de véhicules de poids lourds », un domaine où la collectivité peine à recruter. Ou encore lors des remplacements de collègues absents plus de 30 jours (150€/mois) ou encore pour les missions d’encadrement. Ces différentes mesures concerneront 2 600 agents (sur environ 7 000) dont 70% de femmes, pour un montant de 1,7 million d’euros chaque année.

Enfin, 300 000 euros annuels concerneront 1 300 agents afin d’augmenter les indemnités de sujétions, qui correspondent aux métiers pénibles et insalubres.

Mi-mars, certains services avaient organisé une petite action devant le centre administratif pour accélérer les négociations de l’agenda social. Photo : Evan Lemoine / Rue89 Strasbourg

D’autres montants à négocier d’ici 2025

La section CGT, principal syndicat de l’Eurométropole, ne préfère pas s’exprimer sur le sujet dans cet entre-deux tours des élections législatives. Pour la section CFDT, la secrétaire générale Catherine Kopp souligne « des avancées », mais attend « des arbitrages » :

« Pour nous il est important de ne pas faire de nouvelles catégories entre agents, qu’il n’y ait pas des oubliés entre les services. On a commencé avec cette méthode et il est important de ne pas changer en cours de route ».

La Ville et l’Eurométropole ont en effet fait une exception, en octroyant rapidement une augmentation ciblée, en réponse à la grève des éboueurs. Un mouvement qui s’était formé en dehors des syndicats. Cela reviendra à 200 000 euros annuels.

En début de mandat, la majorité a budgété des revalorisations salariales de 5 millions d’euros annuels. Les mesures décidées représentent un total de 2,2 millions d’euros. Il reste donc encore 2,8 millions d’euros par an à négocier d’ici la fin du mandat, des sommes qui devraient entrer en vigueur en 2025, soit un an avant… les élections municipales de 2026.

Ces augmentations ne prennent pas en compte la revalorisation du point d’indice de tous les fonctionnaires, souhaité par le gouvernement. Au total, ces différentes hausses devraient représenter 5 à 11 millions annuels de dépenses supplémentaires pour l’Eurométropole.

#Valentin Rabot

Dans les quartiers, les élections : « ça n’apporte rien à la fin »

Dans les quartiers, les élections : « ça n’apporte rien à la fin »

La Nupes compte sur la mobilisation des voix des quartiers populaires au second tour des élections législatives dimanche 19 juin. Mais beaucoup de leurs habitants se sont abstenus, ne comprenant pas l’intérêt de ces élections. Plus généralement, ils expriment une lassitude face aux promesses non tenues des politiciens. Reportage à la Meinau, Montagne Verte et Schiltigheim.

Place de l’Île de France, au cœur de la Meinau à Strasbourg, Ewan, 19 ans, est adossé à la porte d’entrée d’un immeuble. Il porte un maillot et un short de foot en cette chaude matinée de juin. « Moi je n’ai pas voté dimanche [aux élections législatives], j’avais un match », assume t-il : « Tout le monde a beaucoup trop parlé avant la présidentielle, ça m’a saoulé. Si ça changeait quelque chose, ok. Mais là, depuis que je suis petit, on n’a pas eu un seul bon président. »

Mobiliser les quartiers populaires. C’est le mot d’ordre des trois candidats strasbourgeois de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) en vue du second tour des élections législatives dimanche 19 juin. Face à leurs concurrents macronistes, ils estiment avoir un important réservoir de voix dans les banlieues, qui votent à gauche mais dont les habitants se sont fortement abstenus au premier tour.

« Franchement, on n’a pas le temps de s’intéresser à tous les programmes »

Steve ne fait pas du tout confiance aux élus. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc

Mais ce n’est pas gagné. À la Meinau, beaucoup d’habitants semblent complétement rejeter les élus et les candidats, qu’ils appellent « les politiques ». En sortant de sa camionnette avec ses deux collègues, Steve, en tenue de chantier, lâche : « C’est tous des mythos. Moi je ne vote plus, mon père c’est pareil. » Il part s’acheter à manger au Auchan de la rue de Bourgogne pour sa courte pause midi. « Le travail, il n’y a que ça qui paye », lance-t-il, le sourire aux lèvres, en s’éloignant à reculons. Nassira et Aynur, assistantes maternelles, surveillent des enfants qui jouent dans le parc au milieu de la place, à l’ombre de grands arbres. Aynur commence :

« C’est mon fils qui m’a prévenu au dernier moment, sinon j’aurais oublié. J’ai voté le parti de Mélenchon. Franchement, on n’a pas le temps de s’intéresser à tous les programmes, de regarder la télé pour comprendre qui sont les candidats. Surtout que ça n’apporte rien à la fin. »

Dans la deuxième circonscription, où votent Nassira et Aynur, douze candidats se sont présentés. « C’est impossible d’y voir clair, de connaitre leurs idées, et encore moins de savoir s’ils sont honnêtes », jauge Nassira. Elle ne s’est pas déplacée au premier tour mais en parlant avec Aynur, elle conclut qu’elle votera « pour Mélenchon » au second. Tortosa se ballade avec une poussette et un casque sur les oreilles. D’origine espagnole, elle habite en France depuis deux ans et remarque que « les Français sont démotivés concernant la politique » :

« Chez moi ce n’est pas pareil. Je pense que la gauche a encore énormément de travail pour retrouver la confiance des gens ici. C’est frappant de voir comme les jeunes sont désengagés et pessimistes. »

Après les déceptions, l’abstention

À Strasbourg, dans un quart des bureaux de vote, entre 58 et 80% des électeurs n’ont pas exprimé leur voix, et ces derniers se trouvent presque intégralement dans des quartiers populaires. Par exemple, les taux d’abstention ont atteint 72,80% à l’école Léonard de Vinci située à l’Elsau, 70,67% au Gymnase de l’école Guynemer au Neuhof, ou encore, 79,96%, le record strasbourgeois, à l’école Paul Langevin de Cronenbourg. Les candidats Nupes y sont arrivés souvent largement en tête.

Johanna a un bus à prendre. Comme de nombreuses personnes interrogées, elle n’a pas sa carte électorale. « Je ne sais même pas si je suis inscrite. De toute façon, c’est souvent du blabla. Des militants de Mélenchon ont sonné chez moi hier soir. J’ai trouvé que c’était intéressant quand-même. Je sais qu’il faudrait que je me penche plus là-dessus. En fait, je sais que c’est important, mais je ne comprends pas pourquoi exactement », dit-elle. À quelques mètres, Samir vient de descendre de son vélo et envoie des messages vocaux. Il analyse :

« Les politiques, viennent juste nous voir avant les élections. Là ils disent, qu’il faut que les quartiers populaires votent, ils nous font des promesses, et rien ne change après. Moi je suis allé voir Jean-Philippe Maurer (député LR de la circonscription de 2007 à 2012, NDLR) parce qu’une copine à moi avait des souris dans son appartement. Il m’a écouté, il a pris des notes. Mais on n’a plus jamais eu de nouvelles. S’ils ne peuvent rien faire, il faut être clair et surtout arrêter de donner de faux espoirs. »

Samir pointe du doigt le décalage entre les engagements des élus et leurs répercussions concrètes. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc

Beaucoup de personnes non inscrites sur les listes électorales

Les députés votent ou proposent des lois à l’Assemblée nationale. À l’échelle locale, ils n’ont pas d’autorité concrète et aucune compétence pour des problèmes de logement. D’après Samir, « leur rôle n’est pas bien compris par les gens ». Le même jour, route de Schirmeck dans le quartier de la Montagne Verte, Medeline, 18 ans, n’a pas voté non plus :

« Macron s’était engagé sur l’écologie et l’éducation. Il donnait l’impression d’un bon politique. Mais au final, il n’a même pas respecté l’accord de Paris. La réforme du lycée, avec les spécialités, est nulle. Moi, je ne sais plus à qui je peux faire confiance ».

Au Mozaik grill, trois hommes boivent un café, assis à un table installée sur le trottoir. Ils n’ont pas la nationalité française et ne sont donc pas inscrits sur les listes électorales. La Montagne Verte se trouve dans la première circonscription, qui compte 17 candidats. « Je n’en connais aucun, et je n’ai rien reçu dans la boîte aux lettres », dit l’un d’entre eux. À côté, Mustapha, poseur de dalle, fume une cigarette. Il « essaye de voter à toutes les élections, parce que c’est un devoir » pour lui. Mais il n’en attend « pas grand chose » : « Ce n’est pas eux qui vont changer ma vie. Il faut travailler de toute façon. »

Mustapha, poseur de dalles, vote mais n’attend pas grand chose des partis politiques. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc

« Ils servent à quoi en fait ?! »

Anyssa et Mélissa, vendeuses en magasin, emmènent leurs enfants manger après les avoir cherché à l’école. En marchant au bord de l’Ill, les deux mères de famille affirment qu’elles trouvent qu’il n’y a « personne d’intéressant en politique ». Ce qui pourrait les séduire, « c’est des mesures pour les jeunes, qui ne trouvent plus de travail aujourd’hui et ne peuvent donc pas avoir d’appartement et construire leur vie ». Anyssa ajoute : « Sinon ils servent à quoi en fait ?! » Kaoutar est enseignante à l’école Gliesberg. Elle résume :

« Ici, les familles se sentent complètement oubliées. Les logements sont en mauvais état, la vie est trop chère. Il ne faut pas s’étonner de l’abstention après toutes les trahisons que subissent les gens. Ces dernières années, malgré les promesses des élus, la précarité ne cesse d’augmenter. Macron a été la déception de trop pour beaucoup. Chez mes collègues enseignants, l’union de la gauche a redonné un peu d’espoir. Certains ont voté blanc à l’élection présidentielle et Nupes au premier tour des législatives. »

Kaoutar, enseignante à Montagne Verte, remarque que les familles du quartier se sentent abandonnées. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc

« Tu n’exprimes pas ta voix mais les riches et les fachos le font »

Au café des Petits Champs, rue de la Glacière à Schiltigheim, Joachim et Philippe, tous les deux au chômage, sont d’accord pour dire que « voter, c’est choisir le meilleur des menteurs ». Philippe, qui s’abstient « depuis des années », souligne « les scandales qui sortent régulièrement sur des élus coupables d’agressions sexuelles ou de détournements de fonds ». Joachim ajoute : « Macron dit qu’il a créé de l’emploi. Mais c’est faux on le voit bien. Plus le temps passe, plus c’est difficile d’en trouver, à part des missions d’intérim sur un ou deux jours. »

Sofiane irait voter s’il pouvait faire confiance à un élu. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc

Sofiane, debout, un bob sur la tête, déclare : « Je m’en fous complètement de la politique moi ! » Posés à la table d’à côté, Toufik, Mustafa et Karim essayent de le convaincre de voter. Mustapha commence :

« Toi tu n’exprimes pas ta voix mais les riches et les fachos, eux ils le font. Nos avis comptent aussi, il faut les exprimer. Je sais que ce n’est pas l’idéal mais ce n’est pas compliqué d’aller mettre un bulletin dans une urne. Si tu ne le fais pas, il ne faut pas venir pleurer ensuite. »

Karim enchaine : « Imagine qu’un mec que tu connais, qui est bien intentionné et tout, il se présente à la mairie. Tu fais quoi ? » « Mais là normal j’y vais, je vote pour lui », répond Sofiane. Mustapha constate :

« Je ne sais pas comment, mais il faut recréer la confiance ! Là c’est juste que les gens ont l’impression qu’on les manipule, et ils n’ont certainement pas tort. Celui à qui on fait le plus confiance dans les quartiers, c’est Mélenchon parce qu’il nous a toujours défendu face à ceux qui nous pointent du doigt. »

Toufik, à gauche, et Mustapha, à droite, pensent que les habitants des quartiers populaires doivent exprimer leur voix, au moins par le vote. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc

« Si on ne s’engage dans rien, la situation ne peut pas s’améliorer »

Athar cherche son fils à l’école Pfoeller, à côté de la cité du Marais. Elle a voté pour la Nupes aux législatives et s’oppose au « défaitisme ambiant ». Représentante des parents d’élèves, elle estime que « le vote, comme les autres formes d’engagement », ont toujours été nécessaires pour améliorer les choses :

« Si on pense que les élections c’est comme un coup de baguette magique, que ça va améliorer la vie en deux secondes, on risque d’être déçu. Mais c’est toujours en se mobilisant qu’on a obtenu des avancées. »

Athar, représentante des parents d’élèves à l’école Pfoeller, a voté Nupes au premier tour des élections législatives. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc

Fin du pic d’ozone en Alsace à partir de dimanche

Fin du pic d’ozone en Alsace à partir de dimanche

En raison des fortes chaleurs, le premier pic d’ozone de 2022 entraîne la gratuité des transports en commun dans les 33 communes de l’Eurométropole, au moins jusqu’au samedi 18 juin. Ces mesures ont été levées à partir du dimanche 19 juin.

Pour la troisième journée consécutive, les deux départements d’Alsace sont en dépassement du seuil d’information à l’ozone jeudi 16 juin, en raison des températures élevées.

Cet état dégradé de la qualité de l’air entraîne quelques mesures automatiques pour inciter à ne pas utiliser la voiture individuelle :

    La gratuité des transports en commun sur le réseau de la CTS de l’Eurométropole,Les locations de Velhop passent à 3€ la journée,Tous les trajets en autocars de la Région Grand Est sont à 2,50€ l’aller-retour,À Mulhouse, il est possible de voyager en illimité avec un ticket à 2€.

Ces mesures sont reconduites tant que le niveau d’ozone ne diminue pas jusqu’à passer sous le seuil de recommandation. Selon Atmo-Grand Est, cet épisode devrait « se poursuivre dans l’attente de l’arrivée d’un front orageux en début de semaine prochaine ».

Vous voyez l’ozone ? Non, c’est normal, c’est invisible. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg

Par ailleurs quelques recommandations sont formulées par les autorités :

    En cas de gêne respiratoire ou cardiaque, prendre conseil auprès d’un professionnel de santé, Privilégier des sorties plus brèves et celles qui demandent le moins d’effort,Prendre conseil auprès de son médecin pour savoir si le traitement médical doit être adapté,Pour les personnes sensibles, éviter les sorties durant l’après-midi lorsque l’ensoleillement est au maximum,Éviter les activités physiques et sportives intenses, qui nécessitent une respiration par la bouche, dont les compétitions en plein air.

Les vitesses en baisse sur les autoroutes

Selon Atmo-Grand Est, la vitesse maximale autorisée pour les véhicules est abaissée de 20 km/h sans descendre en dessous de 70 km/h sur l’ensemble du réseau routier du département. Des contrôles de vitesse et anti-pollution sont réalisés sur tout le réseau routier.

Les parkings relais sont également gratuits

Les parkings relais de la CTS sont gratuits à condition de garder son ticket pour pouvoir activer la barrière de sortie.

Un registre d’aide pour les plus de 65 ans

Les personnes de plus de 65 ans à Strasbourg peuvent s’inscrire sur un registre de veille sanitaire en téléchargeant le formulaire sur strasbourg.eu/plan-canicule ou l’obtenir en appelant la « ligne info canicule » au 03 68 98 55 55. À ce jour, 740 personnes sont inscrites dans ce registre.

Droit local et Concordat : les raccourcis et intox s’invitent dans la campagne des législatives

Droit local et Concordat : les raccourcis et intox s’invitent dans la campagne des législatives

Dans l’entre-deux tours des élections législatives, des candidats d’Ensemble ! reprochent à la Nupes de « menacer » le droit local d’Alsace-Moselle et le Concordat. Ce n’est pas la position de l’accord de la coalition de gauche, qui distingue droit social et celui des religions, et temporise sur le sujet. La droite parlementaire a aussi beaucoup de critiques envers la majorité présidentielle, qu’elle accuse de vouloir faire rattraper les jours fériés et négliger une des instances pour faire vivre ce droit.

Au coude à coude avec l’union de la gauche après le premier tour des élections législatives, la majorité présidentielle a surtout choisi d’attaquer le programme, et l’identité, de la Nupes, plutôt que de défendre ses propres propositions.

On retrouve aussi cette approche dans les duels Nupes-Ensemble à Strasbourg. Avec une spécificité locale : brandir une menace contre le droit local d’Alsace-Moselle et le Concordat. Un thème porteur, les Alsaciens sont en général attaché aux éléments les plus visibles du droit-local, notamment les jours de congés supplémentaires…

Dans une vidéo au lendemain du 1er tour, Alain Fontanel, distancé dans la circonscription 1 à Strasbourg par Sandra Regol (EE-LV), rappelle qu’il défend « la laïcité », mais en même temps les dispositions qui contournent la loi de 1905, à savoir le « Concordat, le droit local, que Jean-Luc Mélenchon souhaite remettre en cause ». Plus vague dans un communiqué, Bruno Studer indique que son projet diffère de celui de son concurrent Sébastien Mas (LFI) sur « la défense des spécificités alsaciennes ». Sylvain Waserman (Modem) organise une marche reliant quatre lieux de cultes de la Meinau pour s’opposer à la « vision destructrice de la France insoumise » contre le Concordat…

Droit local, Concordat, droit local des cultes…

Pour le président de l’Institut du droit local, Jean-Marie Woerhling, le terme de Concordat est mal employé, même s’il recoupe en fait une acception plus large :

« Le Concordat, dans sa version réductrice, ce n’est qu’un accord international dont la seule disposition est la nomination des évêques par le Président de la République. Mais il en découle le droit local des institutions religieuses, qui a été étendu à tous les cultes : qui permet le financement des lieux de culte ou l’enseignement religieux à l’école. On pense souvent à la rémunération des prêtres, pasteurs et rabbins, mais ce n’est qu’une partie infime. »

« C’est un droit vivant et souple »

Le coût du Concordat est estimé à 54,7 millions d’euros par an. Même si historiquement, dans les années 1920, la défense du Concordat et du droit local sont allées de pair, ces deux spécificités alsaco-mosellanes n’ont pas de lien direct, détaille Jean-Marie Woehrling :

« Il n’y a pas de lien juridique entre les différentes composantes du droit local, comme le droit des associations, des sociétés, etc. On a souvent l’impression que le droit local est un bloc hérité de 1918. Mais c’est un droit vivant et souple, par la loi, mais surtout dans ses interprétations. »

Reste que les jours fériés, le Vendredi saint et la Saint-Étienne le lendemain de Noël ayant une connotation religieuse, la confusion s’établit souvent dans les esprits. Ce sur quoi les partis aiment surfer. « La Nupes ne va pas défendre le droit local », juge par exemple Brigitte Klinkert (Renaissance) à Colmar. Même si « dans ma circo, il n’y a eu aucune attaque sur le sujet », convient l’ancienne ministre déléguée à l’Insertion. La Nupes avait investi une candidate PS, Aïssa Fritsch, qui n’a pas passé le 1er tour. Reprenant le raccourci classique, elle estime que « le Concordat fait partie du droit local ».

Ces rivalités n’ont rien de nouveau entre droite et gauche. En 2012, c’était un angle d’attaque de l’UMP (devenu Les Républicains) face au Parti socialiste. Que disent les partis en 2022 pour que la question refasse surface ?

À la Nupes, « pas une priorité » et une distinction

    Le Concordat et le droit des cultes

Jean-Luc Mélenchon a souvent dit sa volonté d’abroger le Concordat, comprendre le droit des cultes. Mais cela ne figure pas tel quel dans le programme de la Nupes. Comme les quatre partis signataires (PS / EELV / PC / LFI) n’ont pas la même position, ce sujet est listé dans les désaccords et « remis à la sagesse de l’Assemblée ». Les propositions de trois partis sont listées.

Extrait du programme de la Nupes, relatif au Concordat.

En campagne à Strasbourg, le leader de la France insoumise a indiqué que ce sujet n’était « pas une priorité », contrairement au fait de donner plus de moyens à l’hôpital.

Numéro 2 du parti EE-LV et candidate à Strasbourg-1, Sandra Regol a participé à la fin des négociations avec LFI. Elle précise sa position :

« Il n’y a pas d’urgence à sortir du Concordat. On ne sent pas une levée de bouclier de la population et la question doit d’abord être soumise aux principaux concernés. On dit que cet accord est une allégeance à Jean-Luc Mélenchon, mais c’est un gros changement pour lui. On a indiqué nos désaccords comme cela se fait dans les coalitions à l’allemande. C’est peut-être ce qui dérange nos opposants ».

Sur France 3 Alsace, Emmanuel Fernandès, candidat Nupes dans la 2e circonscription a rappelé qu’il voterait contre « le paiement des salaires des curés, des pasteurs et des rabbins par l’impôt de tous les Français » si une loi abrogeant le Concordat venait à être présentée à l’Assemblée nationale.

« Il faut un débat avec la population »

EE-LV n’est pas opposée au droit des cultes tel que pratiqué en Alsace-Moselle. Pour le Parti communiste par exemple, Antoine Splet temporise aussi. « Il ne faut pas que ce soit une décision unilatérale de Paris. Il faut qu’il y ait un débat avec la population ». « À titre personnel », il plaiderait par exemple pour une « extinction progressive » et des non-remplacements lors des départs à la retraite.

Pour défendre la nuance de sa position, la Nupes trouve un soutien étonnant, en la personne de Patrick Hetzel. Le député LR de Saverne, en bonne posture pour être réélu, a regardé en détail le programme de la coalition :

« Je ne vois pas cette menace arriver. Si les quatre composantes de l’alliance l’ont mis de côté dans leur plateforme commune, ça montre que ce n’est pas prioritaire. Si le groupe de la France insoumise devient le premier parti d’opposition, ils auront la présidence de la commission des Finances et peuvent tenter un amendement pour supprimer le Concordat, comme c’est déjà arrivé par le passé. Mais même s’il passe, le texte est ensuite envoyé au Sénat et il y a plusieurs occasions de rectifier. »

À droite, on défend les possibilité du droit des cultes. Pour Raphaël Schellenberger, député en centre-Alsace, également qualifié au second tour, le droit des cultes « permet d’avoir un endroit sur le territoire où l’État a un espace de dialogue apaisé avec les religions », même si selon lui cette disposition « n’a pas vocation à être étendue ailleurs en France ». Pour Brigitte Klinkert, « le Concordat n’est pas antinomique à la laïcité ». Elle cite en exemple une exposition pour collégiens qu’elle avait organisé autour des religions, car « la méconnaissance élève les peurs et les rejets ». Pour Alain Fontanel, « cela a permis de réunir les cultes après les attentats de Charlie Hebdo ». En Alsace, seul le Parti radical de gauche (PRG), dont le président et unique candidat Thibaut Vinci a remporté 2,47% des voix au sud de Strasbourg, fait de l’abrogation du Concordat en Alsace-Moselle un sujet majeur.

    Le droit local

La position de Jean-Luc Mélenchon est toute autre concernant les autres dispositions du droit local, et notamment les aspects de droit social. En campagne à Metz, il a répondu très précisément à une question de la radio RCF :

« Je ne veux pas qu’on le confonde avec le droit social local, qui lui est très bon et dont j’aimerais au contraire qu’il soit étendu à tout le pays. »

Le programme de la Nupes propose de passer à un remboursement à 100% par la Sécurité sociale (contre 90% en Alsace-Moselle et 70% dans le reste de la France) des frais de santé. Et pour y arriver, la gauche unie propose « de s’inspirer » du modèle local. Ce ne serait pas la première fois que le droit local s’étend ailleurs en France. Cela s’est fait sur le droit des sociétés par le passé.

Alain Fontanel sait bien que « Concordat et droit local ne sont pas liés juridiquement », mais il développe sa critique :

« La sortie du Concordat est un dada de Jean-Luc Mélenchon qui correspond à sa période laïcarde avant d’être devenu communautariste. Deux tiers des députés seront de LFI, donc s’il y a un vote dans leur intergroupe, LFI aura la majorité. Y toucher, c’est une négation de notre identité culturelle, qui résulte d’une histoire douloureuse. La spécificité alsacienne repose sur les deux. Attaquer l’un, c’est remettre en question l’autre. »

Désaccord sur les jours féries, que LREM veut faire « rattraper »

En campagne à Strasbourg dans l’entre deux tours, Emmanuel Macron avait été briefé sur la situation locale. Lors de son discours, il avait insisté sur le droit local et le Concordat qui seront « préservés ». Lors du quinquennat passé, deux actualités ont particulièrement opposé la majorité et la droite alsacienne sur le droit local. L’une sur un éventuel « rattrapage » des deux jours fériés et l’autre, plus technique, sur une instance relative à l’avenir du droit local.

La question du Vendredi Saint et du 26 décembre a surgi fin mars. Le Premier ministre Jean Castex avait alors confirmé au sénateur André Reichardt (LR) que suite à une nouvelle loi sur la fonction publique, les agents des collectivités locales devront travailler 1 607 heures par an. Soit autant que dans les autres départements. En clair, les 14 heures non-travaillées des deux jours fériés devront être rattrapées à un autre moment. Pour la droite, c’est une attaque en règle contre le droit local.

Des interpellations des candidats qui ne prennent pas

Les soutiens locaux du gouvernement ont sorti la calculette pour établir que ce rattrapage consiste à « 3 minutes par jour » (voir notre article). La mesure rencontre un autre détracteur inattendu, le candidat Renaissance à Strasbourg, Alain Fontanel : « Ce n’est pas un avantage indus, ni un combat religieux ou social, c’est la défense d’une histoire. Chercher à le reprendre, ça peut mener demain à reprendre les dispositions de la Sécurité sociale », défend l’ancien premier adjoint.

À ce sujet, une union de cinq syndicats (CGT-Solidaires-FSU-CFTC-FO) a interpellé les candidats aux législatives, mais elle a reçu très peu de réponses. Ils craignent une contagion au secteur privé, dans de futures convention collectives. Parmi eux Sébastien Mas de LFI qui se dit contre ce rattrapage. « On défend de manière générale une baisse du temps de travail, donc on ne va pas à aller à l’encontre de ces deux jours », dit Sandra Regol pour la Nupes. À l’origine de ce débat, André Reichardt appelait aussi à ce que tous les candidats aux élections législatives se positionnent sur le sujet. Mais « cette question est passée à l’as », convient Robert Hertzog, le secrétaire général du Mouvement pour l’Alsace (MPA), l’association transpartisane créée par André Reichardt.

« Le gouvernement dit deux choses contradictoires »

« Le gouvernement a dit deux choses contradictoires : que ces jours restent non-travaillés, mais qu’il faut les rattraper. C’est au tribunaux de trancher », dit poliment Jean-Marie Woehrling. « Ils ont inventé le jour férié à rattraper », critique plus frontalement Raphaël Schellenberger, député LR du Haut-Rhin et candidat à sa réélection. Dans un mouvement de résistance, beaucoup de communes, notamment dans le Bas-Rhin, ont voté un temps de travail de 1 593 heures (soit 1 607 moins deux fois sept heures).

La préfecture a brandi la menace du contrôle de légalité et de recours sur ces délibérations. Pour l’instant, aucune n’a été retoquée. Patrick Hetzel en est convaincu : « Ce sujet n’est pas clos ». Pour le député, ce dossier est une illustration des menaces régulière sur le droit local : « Il n’y a pas de volonté propre de le supprimer le droit local, mais souvent de l’indifférence ou une méconnaissance ». Même s’il pointe bien « une volonté politique de Jean Castex, qui connait la situation car il a travaillé à la Chambre régionale des comptes en Alsace ».

Alliés dans la majorité à la Collectivité d’Alsace, LR et Renaissance (le nouveau nom de LREM) vont d’ailleurs bientôt devoir voter sur le sujet pour le temps de travail des agents de la CeA. Est-ce que ce sera sur la base de 1 593 heures ou 1 607 ?

Le financement des cultes est permis par le droit local des cultes, qui n’est pas tout à fait le Concordat. Photo : Evan Lemoine / Rue89 Strasbourg

À la CeA, Raphaël Schellenberger assure qu’il « votera sur la base 1 593 heures ». Ce que laisse aussi entendre le président de la Collectivité d’Alsace, Frédéric Bierry, dans Le Monde. Il devrait donc se retrouver en contradiction avec… Brigitte Klinkert, l’ex-ministre, avec qui il a fondé la CeA et qui défend la mesure gouvernementale. « Beaucoup d’agents de la Collectivité d’Alsace, avec l’accord des syndicats, travaillent déjà 39 heures, cela ne changera rien pour eux. Ces jours fériés sont maintenus et les agents pourront toujours en bénéficier ». Et à l’encontre de « Les Républicains », elle ajoute « c’est le parti qui souhaite que les fonctionnaires travaillent 39 heures payées 37 qui a lancé la polémique », faisant référence à une proposition de François Fillon. Les discussions entre les groupes s’annoncent chaleureuses.

De zéro à deux instances concurrentes pour le droit local

Ce n’est pas la seule critique de Raphaël Schellenberger et de Patrick Hetzel envers les Macronistes. Le gouvernement a plus que tardé à renouveler la commission du droit local, qui après cinq ans d’existence s’est éteinte automatiquement en 2019. Elle a finalement été réactivée à la hâte fin 2021. « Et elle ne s’est toujours par réunie », fustige Raphaël Schellenberger. Sa composition ne lui convient pas car « elle n’a jamais été aussi centrée sur la haute administration et sans parlementaire, qui sont ceux chargés de faire voter la loi ». Il y aurait « 50% de hauts fonctionnaires de l’État », appuie Patrick Hetzel. « Cette commission est traditionnellement présidée par un parlementaire qui sera nommé, c’est ce qui est prévu. On a repris le schéma de la commission précédente », tente de déminer Brigitte Klinkert. Aux critiques, elle oppose la récente extension du régime local de Santé « aux 20-24 ans« .

Avec le département de la Moselle, la Collectivité d’Alsace tente de se substituer à cette composition en créant une instance parallèle, avec un « Conseil représentatif du droit local » dans ce qu’elle estime être « un contexte de remise en cause régulière ». Avec un rôle plus politique, ce conseil prévoit justement des parlementaires, mais aussi des représentants des chasseurs, des cultes, notaires, ou des artisans. Ce n’est pas la première tentative de création d’une instance se souvient Jean-Marie Woerhling. « Il faut que les participants soient vraiment engagés et divers », prévient-il, se remémorant une initiative d’il y a une « vingtaine d’années » par Adrien Zeller, l’ancien président de l’ex-Région Alsace.

Préfète pas pro-fête, Josiane Chevalier plombe l’ambiance de la Fête de la musique

Préfète pas pro-fête, Josiane Chevalier plombe l’ambiance de la Fête de la musique

La préfecture projette d’interdire la vente d’alcool à emporter pour les restaurateurs et autres exploitants de terrasses. L’interdiction pourrait être étendue aux magasins, afin de ne pas créer une situation de concurrence déloyale.

La préfète du Bas-Rhin n’est pas là pour s’amuser. Un futur arrêté préfectoral viendra bientôt le prouver. Selon une information émanant du service « Domaine public » de la Ville de Strasbourg transmise à certains exploitants de bars, « un arrêté préfectoral interdira la vente à emporter d’alcool pour les débits de boissons » mardi 21 juin toute la journée et jusqu’au lendemain. Les établissements n’auront donc pas le droit d’installer des tireuses à bière sur leurs terrasse pour vendre des bières à emporter comme ils en avaient l’habitude.

Pour la Fête de la musique, les badauds devront choisir entre flâner de groupe en groupe et savourer une petite bière…

Plus de bières dans la rue ! Photo : Rue89 Strasbourg

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Strasbourg toujours très dépendante du gaz, en partie russe

Strasbourg toujours très dépendante du gaz, en partie russe

L’Eurométropole de Strasbourg est un territoire particulièrement dépendant du gaz pour son approvisionnement en énergie. Qu’en est-il alors de son exposition en cas d’arrêt des approvisionnements russes ? Décryptage.

Chaque année, l’Eurométropole de Strasbourg consomme environ 3,5 millions de mégawattsheure (MWh) de gaz pour répondre à 30% de ses besoins globaux en énergie. L’agglomération alsacienne est particulièrement dépendante du gaz, puisqu’en France, le gaz ne couvre que 20% des besoins énergétiques. La comparaison est d’autant plus frappante que l’agglomération ne recourt pas au gaz pour sa production d’électricité.

Cette surdépendance au gaz strasbourgeoise provient de l’histoire d’abord, les foyers strasbourgeois sont très bien connectés au réseau et forment le premier pôle de consommation du territoire. Puis cette proportion s’explique par les spécificités de l’industrie strasbourgeoise. Au-delà de l’attrait économique d’une énergie historiquement bon marché, le gaz permet une précision dans le contrôle des hautes températures indispensables aux usines strasbourgeoises de levure et de biotechnologies, ou encore aux brasseries et aux papeteries.

Le biogaz à ses balbutiements

Le gaz présent en France est importé à 99%, la Norvège fournit 40,6 % des importations, la Russie 17%, les Pays-Bas 8,4%, l’Algérie 9,5%… À Strasbourg, 1% des besoins est couvert par des bio-méthaniseurs, comme celui installé à la station d’épuration de La Wantzenau en 2014. En 2019, sa production de biogaz n’a couvert que l’équivalent de la consommation d’énergie de 3 600 foyers. L’entrée en fonction récente d’un deuxième bio-méthaniseur à Oberschaeffolsheim à partir de déchets agricoles n’a pas significativement changé la donne.

Chaque jour, chaque fournisseur doit rendre compte à GRT Gaz du volume de gaz consommé par sa clientèle pour ajuster ses commandes. Photo : MM. / Rue89 Strasbourg

En tout, cinq sites de production injectent aujourd’hui du biogaz dans le réseau de distribution local, opéré par RGD-S (ex Gaz de Strasbourg), qui couvre 120 communes du Bas-Rhin. Ensemble, ils pourvoient à 2,8% des besoins de ses 110 000 bénéficiaires, soit à l’équivalent de ceux de 16 000 foyers.

Un financement à l’aveugle

Quoi qu’il en soit, les volumes achetés par tous les fournisseurs sont versés dans le même réseau des gazoducs et points de stockages français. C’est donc une piscine commune de gaz importé qui alimente les réseaux de distribution. Julien Tchernia, P-DG de EkWateur, unique fournisseur de gaz alternatif à ÈS Energie, détaille :

« Sur les marchés du gaz naturel, aucun fournisseur n’a connaissance de l’origine géographique de ce qu’il achète. »

Certains gros fournisseurs ont passé des contrats directs de moyenne ou longue durée avec des producteurs identifiés, souvent protégés par le secret des affaires. C’est le cas d’Engie, engagé avec le géant russe Gazprom pour 20% de son approvisionnement jusqu’en 2030. ÉS Strasbourg, qui concentre 98% de la fourniture de gaz résidentiel dans l’Eurométropole, n’a pas souhaité préciser si elle est tenue par des contrats.

Carte synthétique des gazoducs français et points d’entrée Photo : doc Ademe

Strasbourg connectée au gaz russe

Un coup d’œil à la carte de France indique cependant que le point d’importation de gaz le plus proche de Strasbourg est celui d’Obergailbach en Moselle, il s’agit du robinet des importations de gaz russe. Notre territoire se trouve donc dans le périmètre de diffusion naturel du gaz russe. Le gaz norvégien peut aussi atteindre Strasbourg mais depuis Dunkerque et Taisnières au nord du pays. Mais si l’Alsace compte parmi les premiers utilisateurs du gaz russe livré en France, est-elle alors plus exposée à une interruption brutale de son arrivée à Obergailbach ?

Non, selon Martine Mack, directrice générale de R-GDS qui rassure :

« Il n’y a pas de fléchage. Si les molécules de gaz russe n’arrivent pas, on ne va pas fermer les compteurs des clients qui consomment russe. »

Des moyens de compensation physique opérationnels

Le transporteur GRT-Gaz (ex Gaz de France), qui gère les gazoducs de la majeure partie du pays, garantit un équilibrage de la distribution sur l’ensemble du territoire, sans donner plus de détails ni préciser s’il en a déjà fait l’expérience à un niveau de besoin comparable. Un expert de la distribution de gaz qui souhaite rester discret détaille à la place de GRT-Gaz :

« L’Alsace n’est plus dépendante d’Obergailbach, ce qui n’était pas le cas il y a encore 15 ans. Les transporteurs ont désormais la possibilité de faire remonter du gaz depuis le Sud de la France si nécessaire. Tout est substituable par pression. Il existe déjà un équilibrage permanent du réseau de transports pour s’adapter à la météo. »

Gazoduc
Tout le réseau de transport de gaz en France est interconnecté. Ici le gazoduc de Loisy, en Meurthe-et-Moselle. Photo : Denis Fleurot / FlickR

GRT-Gaz ajoute qu’une nouvelle entrée de gaz algérien dans notre région serait aussi opérationnelle par Oltingue à la frontière suisse du Haut-Rhin, qui sert aujourd’hui pour les exportations.

Puisque le gaz russe ne représente que 17% du gaz que consomment les Français, les acteurs du secteur martèlent que sa disparition n’aurait pas d’incidence catastrophique pour le pays. Maxence Cordiez, ingénieur spécialiste des énergies et auteur de « Énergies, fake or not » (Tana éditions, avril 2022) prévient cependant :

« La grande inconnue, c’est plutôt le niveau de solidarité avec les autres pays européens, sachant que certains sont beaucoup plus dépendants du gaz russe que nous. »

Trois gros consommateurs à Strasbourg

GRT-Gaz assure que les stocks de gaz en France et la diversité des sources d’approvisionnement permettront de passer l’hiver 2023. À condition qu’il ne soit pas trop rude, nuance Martine Mack de RGD-S, qui ajoute la question du renouvellement des stocks par la suite :

« Si on veut passer l’hiver 2023, il va falloir faire des économies dans tous les sens. C’est possible : 1 degré celsius (°C) de chauffage en moins équivaut à une économie de consommation de 7%. »

En plus des mesures courantes d’interruptions dédommagées de fournitures, négociées avec certains industriels, l’État anticipe. Dans un décret du 7 avril, il se tient prêt à donner pour consignes aux distributeurs de procéder à des mesures de délestage auprès de 5 000 grands consommateurs de plus de 5 gigawattsheure (GWh) par an. Il n’a pas encore précisé lesquels.

Sur l’ensemble du réseau local de distribution RGD-S, une cinquantaine de sites seraient susceptibles d’être concernés, qui représentent à eux seuls la moitié du gaz consommé sur le territoire. À Strasbourg, les trois plus gros consommateurs de gaz rendus publics sont le réseau de chaleur de Hautepierre (185 000 MWh), l’usine de fabrication de papier Blue Paper (179 000 MWh) et l’usine d’aciers revêtus NLMK (122 000 MWh).

L’indépendance en ligne de mire

Avant qu’une interruption des approvisionnements russes ne conduise à une envolée des prix ou à des coupures, Maxence Cordiez défend une régulation de la demande sur le modèle de la circulaire de l’ancien premier ministre Jean Castex en mars. Celle-ci donne pour consigne que le chauffage des bâtiments publics ne dépasse pas 19°C et que la climatisation ne descende pas sous les 26°C :

« Si la réduction de la demande n’est pas pilotée politiquement par les rationnements, celle-ci va se réguler par la pauvreté. »

Maxence Cordiez

L’Eurométropole s’est fixé comme objectif l’indépendance au gaz importé d’ici 2050. Pour se faire, elle entend réduire d’ici là sa consommation de moitié, par la sobriété énergétique, les raccordements aux réseaux de chaleur, la rénovation du bâti ou encore en substituant des énergies renouvelables à cette énergie fossile. Elle mise ensuite sur la méthanisation et compte pousser ses propres capacités au maximum. Mais la production locale ne pourra atteindre, selon ses estimations, que 10% de ses besoins futurs en biogaz. La collectivité compte donc sur le développement des installations en zones rurales du Grand Est, région motrice en la matière, pour supporter le reste.

#gaz de strasbourg