La dernière foire Saint-Jean au Wacken a eu lieu en 2023.Photo : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg
Le blocage spectaculaire du centre administratif par des forains lundi 19 mai a été le dernier épisode d’un dialogue tendu concernant l’emplacement de la foire Saint-Jean, irrésolu depuis plus d’une décennie.
Ce devait être un jour de conseil municipal, ce fut un jour de siège. Devant le bâtiment abritant l’hémicycle, des camions par dizaines garés comme des murailles, des brasiers de pneus et des barrières à chaque sortie. De l’aube jusqu’au soir, les forains ont su faire de ce lundi 19 mai la journée la plus chaotique du mandat de Jeanne Barseghian (Les Écologistes).
Ce blocage spectaculaire du centre administratif, commençant vers 6h30 du matin et s’arrêtant aux alentours de 17h, marque une rupture dans leur dialogue avec la municipalité. C’est aussi un constat d’échec : en dix ans, aucune solution pérenne n’aura clôt les discussions entourant l’avenir de la foire Saint-Jean.
Une décennie d’errance
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Une première vélorution inter-quartiers a eu lieu en 2023.Photo : Pierre France / Rue89 Strasbourg
Dimanche 25 mai, des cyclistes manifestent à vélo pour réclamer plus de sécurité et d’aménagements à Strasbourg. Avec dix itinéraires prévus, les cyclistes de toute l’Eurométropole sont appelés à converger vers le centre-ville.
L’association Strasbourg à Vélo (SAV) organise dimanche 25 mai la deuxième édition de sa grande vélorution convergente, en direction de Strasbourg. Cette manifestation de cyclistes veut promouvoir les aménagements cyclables « continus, sécurisés et qualitatifs ».
Dix points de départ
Des départs sont prévus de dix endroits différents pour une arrivée commune place Broglie, au centre-ville de Strasbourg, à 15h. À partir de la place Broglie, manifestantes et manifestants chemineront ensuite ensemble dès 15h30 en suivant un itinéraire dans la Neustadt. Le trajet précis est en cours d’élaboration avec la préfecture.
Les dix points de départ sont les suivants :
13h, Offenbourg, Bürgerpark
13h45, Reichstett, mairie – 24 rue de la Wantzenau
14h, Cronenbourg, Square St Florent
14h, Lingolsheim, médiathèque Gisèle Halimi – 8 rue de la Bibliothèque
14h, Souffelwersheim, mairie – 1 place du Gal de Gaulle
14h15, Hoenheim, mairie – 28 rue de la République
14h30, Koenigshoffen, place Gruber – 91 route des Romains
14h30, Bischheim, mairie – 37 route de Bischwiller
14h30, Montagne Verte, place d’Ostwald
14h40, Schiltigheim, mairie – 110 route de Bischwiller
Trois objectifs
La manifestation poursuit trois objectifs. Le premier est de promouvoir le vélo comme un mode de déplacement à part entière. Le second but : sécuriser les trajets à vélo, notamment ceux des collégiens de l’Eurométropole. Le troisième consiste à mettre en avant l’enquête de la Fédération française des Usagères et Usagers de la Bicyclette (FUB) intitulée « baromètre vélo ». Celui-ci classe les villes de France en fonction de la sécurité des trajets à vélo. La FUB invite tous les cyclistes à répondre à son questionnaire ouvert disponible en ligne jusqu’au 2 juin. Il faut environ 15 minutes pour répondre aux 30 questions réparties en cinq catégories (ressenti général, sécurité, confort, offre de services et engagement des collectivités).
En 2024, une première édition de la vélorution convergente organisée par l’association SAV avait réuni plus de 700 personnes. Le trajet chemine entre 10 et 12 km/h, afin d’être accessible au plus grand nombre possible de cyclistes.
L’entreprise BDR a annoncé un « plan de réorganisation » de 370 postes sur son site de Mertzwiller.Photo : Communication BDR Thermea
BDR Thermea a annoncé ce mardi 20 mai un plan de licenciement sur son site de Mertzwiller où la production doit cesser d’ici la fin 2027. 370 emplois sont menacés en France.
La direction de BDR Thermea a annoncé dans la matinée du mardi 20 mai un plan de licenciement touchant 320 salariés sur son site de Mertzwiller (Bas-Rhin). Ce dernier accueille le siège social de BDR Thermea France, groupe actif dans le secteur du chauffage domestique et industriel et né en 2009 de la fusion entre les groupes Baxi, De Dietrich Thermique et le néerlandais Remeha. En plus d’une usine de production de chaudière et de pompes à chaleur, le site alsacien abrite un laboratoire de recherche et développement. Il emploie près de 800 personnes et s’étend sur plus de 100 000 mètres carrés. La production doit y cesser entre début 2026 et fin 2027.
L’arrêt d’un site important pour la filiale
Par communiqué, BDR Thermea confirme un projet de suppression progressive de 370 postes en France dans les prochains mois et jusqu’à mi-2027. L’entreprise annonce « la cessation progressive de la production en France au cours des deux prochaines années » et « la vente de deux sites de production de radiateurs, situés à La-Chartre-sur-le-Loire, en France, et Augustfehn, en Allemagne. La recherche d’acheteurs potentiels a déjà démarré. »
Ces mesures sont justifiées par « d’importantes transformations dans le secteur européen du chauffage, de la ventilation et de climatisation au cours des dernières années ». Le communiqué de BDR Thermea détaille :
« En raison d’un contexte économique compliqué, le marché des pompes à chaleur s’est effondré en France et en Europe au cours des dernières années. Cette baisse drastique s’est accompagnée d’une intensification de la concurrence avec l’arrivée de nouveaux acteurs, notamment asiatiques, ainsi que d’une vague de consolidation des groupes européens, tirant les prix vers le bas. Dans ce contexte difficile, les performances commerciales et financières du Groupe BDR Thermea ont été lourdement affectées et, en raison de la part importante qu’occupent les pompes à chaleur dans son activité, BDR Thermea France se trouve dans une situation particulièrement préoccupante, avec des pertes considérables. »
17 millions d’euros de déficit en 2023
Selon un accord sur les évolutions de salaires signé en mars 2025, l’entreprise BDR Thermea a affiché de mauvais résultats commerciaux en 2023. À cette période, les ventes de pompes à chaleur ont chuté de 14%, celles de chaudières murales de 22 % et les chaudières au sol de 33 %. La même année, BDR Thermea a affiché un déficit de 17 millions d’euros. « La situation se poursuit en 2024 et 2025 sans que nous puissions avoir une vision claire sur l’évolution de notre marché », peut-on lire dans le même accord.
« Dans les prochains jours, un processus officiel d’information-consultation avec les instances représentatives du personnel va officiellement démarrer afin de trouver des solutions adaptées pour chacun des collaborateurs qui pourraient être concernés », complète l’entreprise BDR Thermea.
Le syndicat Force Ouvrière appelle tous ses militants à venir apporter leur soutien aux salariés du site qui se rassembleront devant l’entreprise le mercredi 21 mai à 8h du matin.
Édition 2024 de l’évènement « Faut qu’on s’bouge ».Photo : Document remis / SINE
Samedi 24 mai se tient la cinquième édition de l’évènement « Faut qu’on s’bouge », au CINE de Bussierre, entre festivités et engagement associatif. De 13h30 à 19h, le public est invité à participer à des ateliers militants. Un concert et de la restauration seront également proposés.
Six associations strasbourgeoises appellent toutes les personnes intéressées à venir échanger, samedi 24 mai de 13h30 à 19h, lors d’une grand journée militante. « Comment reprendre en main notre territoire et notre vivre ensemble ? », questionne ainsi l’invitation. Cet évènement se tiendra au Centre d’Initiation à la Nature et à l’Environnement (CINE) de Bussierre, à l’ouest du parc de Pourtalès dans le quartier de la Robertsau, à Strasbourg. Intitulé « Faut qu’on s’bouge », il revient pour la cinquième fois avec une édition spéciale rebaptisée « Faut qu’on s’cause ».
Aussi, cinq associations en profiteront pour fêter leurs anniversaires en présence de la maire de Strasbourg à 18h : Alsace Nature (60 ans), la Fédération des centres socio-culturels ou FDCSC (50 ans), Alter Alsace Énergie (45 ans), Emmaüs Mundo (25 ans) et SINE (25 ans).
Discuter, échanger et chanter pour un « futur désirable »
L’événement en accès libre et gratuit propose par exemple un atelier participatif de discussion autour du thème « s’attaquer à la racine des problèmes », une table ronde intitulée « les associations comme leviers d’actions », ou encore, à 18h30 un concert mêlant chant et violoncelle des artistes Marine Maire et Florence Delange. Un coin buvette et petite restauration sera également proposé tout au long de la journée.
Des intervenantes et intervenants locaux et nationaux sont invités à s’exprimer sur les différents sujets. Ainsi, Jean-Baptiste Jobard, coordinateur général du Collectif des Associations Citoyennes, Claire Thoury du Mouvement Associatif, ou encore Thierry Kuhn d’Emmaüs Mundo échangeront à différents moments de la journée.
Bien que festif, l’objectif de la journée est d’être un moment de mobilisation citoyenne pour construire une « feuille de route vers un futur désirable ».
Conseil municipal de Strasbourg.Photo : Fantasio Guipont / Rue89 Strasbourg
Perturbé par la mobilisation des forains, le conseil municipal a démarré à 18h lundi 19 mai, avec huit heures de retard. Malgré un format réduit, plusieurs points importants ont pu être adoptés.
Dix heures lundi 19 mai. À l’heure où la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian, s’installe et commence à faire l’appel des élus, l’hémicycle reste silencieux. Et vide, comme l’ensemble du centre administratif. En contraste, l’extérieur du bâtiment est baigné dans le vacarme : entre les pétards, le crissement des camions et les cris des forains déterminés, tout annonce que la journée sera chaotique.
Et elle le fut. Pour obtenir de la Ville un terrain et organiser une nouvelle édition de la foire Saint-Jean, les forains mobilisés ont tenu une journée historique de blocage du centre administratif dès 6h du matin. Sous la menace d’une intervention policière, des voies d’accès ont été ouvertes vers 15h et des élus sont rentrés au compte-goutte. Après deux reports à 14h et 17h, le conseil municipal se tiendra finalement à 18h. À l’arrivée, les élus auront à se prononcer sur un ordre du jour amaigri, dont une partie des points a été reportée à la prochaine séance, comme l’examen du rapport de la Chambre régionale des comptes ou la création de prairies urbaines. Au final, seuls neuf points, dont l’adoption ne pouvait être décalée, seront retenus et votés.
Point sur le conflit avec les forains
Le conseil s’ouvre par une communication de la maire sur la mobilisation des forains. D’emblée, Jeanne Barseghian (Les Écologistes) adopte un ton grave :
« Je considère que dans un État de droit, on peut avoir des désaccords, les poser dans un dialogue respectueux mais en aucun cas je ne peux accepter les méthodes employées. Ces méthodes ne sont pas acceptables. »
« Ce qu’on a vécu est un petit Capitole, un blocage d’une institution de la République par une foule corporatiste et égoïste », appuie son adjoint Marc Hoffsess, assis à sa gauche. « Visiblement, manifester pour la fin du massacre à Gaza serait plus dangereux que de bloquer une institution », relance l’élu en faisant référence au blocage de plusieurs lycées quelques jours plus tôt, lors duquel les forces des l’ordre sont intervenues beaucoup plus rapidement.
La remarque de l’adjoint en charge de la transformation écologique provoque l’ire de l’opposition, qui se range derrière la profession des forains. « Cette manifestation était annoncée, déclarée en préfecture ! », rétorque Anne-Pernelle Richardot (PS), relevant que des agents et agentes de l’Eurométropole avaient été prévenues en amont de l’éventualité d’un blocage.
S’ensuit un débat de plus d’une heure où l’opposition reproche pêle-mêle le manque de considération, d’écoute, de solutions offertes aux forains, insistant notamment sur l’absence des membres du groupe Strasbourg écologiste et citoyenne sur les barricades. En face, la maire et plusieurs de ses adjoints reprochent à l’opposition d’être trop complaisante avec les forains. « Il ne s’agissait pas d’une simple manifestation, mais du blocage du centre administratif d’une grande ville française (…) Vous êtes en train de cautionner des actions violentes. Quand on est un élu de la République, on respecte les lois de la République ! », martèle Jeanne Barseghian pour clore le débat.
Charte du parc naturel urbain
Après ce long débat, la première délibération sur la modification de la charte du parc naturel urbain (PNU) a été examinée un peu avant 20 heures. Inspiré par l’organisation de la fédération des parcs naturels régionaux, le parc naturel urbain regroupe deux espaces de nature en ville, autour de la rivière de la Bruche dans l’ouest de Strasbourg et de celle de l’Ill dans le nord de Strasbourg. Sept quartiers sont concernés : la Robertsau, le Wacken et le Conseil des XV (pour l’Ill) et la Montagne verte et l’Elsau (pour la Bruche).
Cette troisième version de la charte a plusieurs objectifs : « donner plus de poids » à la voix des habitants impliqués dans la mise en valeurs de ces zones, mieux mettre en valeur « le patrimoine naturel et bâti » du PNU, mieux le faire connaître et multiplier les actions dans les zones identifiées. « Cette délibération ouvre la possibilité d’étendre le PNU à une troisième zone autour du Rhin tortu (un cours d’eau traversant la Meinau et le Neuhof, NDLR) », explique Marc Hoffsess. « Ce sera aux associations de se mobiliser et de construire leurs projets autour de ce parc. »
Le point est adopté à l’unanimité avec 61 voix pour, au terme d’un débat très consensuel.
Relance du CSC de l’Elsau
Après l’ouverture d’une enquête de police pour conflit d’intérêts autour du centre socio-culturel (CSC) de l’Elsau, puis l’annonce de la liquidation judiciaire de son association, la municipalité présente une nouvelle délibération visant à relancer l’activité du CSC. Lors du précédent conseil municipal, le 17 mars, l’exécutif a créé déjà trois postes pour soutenir l’ossature de la nouvelle structure. La majorité écologiste propose désormais de financer deux projets : l’ouverture d’un accueil périscolaire et extrascolaire dès juillet, pris en charge par la Ligue de l’enseignement et la création d’un espace d’insertion professionnelle, orchestrée par l’association Dacip.
L’association gestionnaire du centre a été placée en liquidation judiciaire le 11 mars.
Bourses d’aides aux auteurs de livres
Un mois après la fin de l’évènement « Strasbourg capitale mondiale du Livre », la délibération attribuant à des auteurs et autrices de Strasbourg une bourse d’aide a été votée. En tout, une somme de 77 000€ était destinée à 16 projets, choisis par un jury de huit experts parmi 130 dossiers de candidatures.
Parmi les dossiers sélectionnés, on retrouve l’histoire familiale de Jeong-In Mun, une illustratrice et autrice de BD diplômée de la Haute école des arts du Rhin. Intitulée Long souffle, sa bande dessinée exposera l’histoire de sa grand-mère coréenne, travaillant comme « Haenyo », des femmes plongeuses en apnée de l’île de Jeju. On y retrouve également le fanzine intitulée FRED, construit comme un « cadavre exquis narratif », ou l’adaptation de la bande dessinée « L’île aux vélos », de l’autrice Ariane Pinel en « mini-spectacle », fonctionnant avec une « boîte à manivelle artisanale ». N’étant pas retenu par l’opposition à la lecture de l’ordre du jour, le point a été adopté sans vote.
Partenariat entre l’Eurocorps et la Ville de Strasbourg
Une autre délibération propose l’adoption d’un partenariat entre l’état-major du Corps européen et la Ville de Strasbourg. Il se donne pour but de « faciliter la coordination entre les services compétents » des deux institutions et « ouvrira des possibilités de collaboration », sans être plus précis sur la nature de ces collaborations. Plus concrètement, des « réunions régulières » seront prévues entre les deux administrations, ainsi qu’une rencontre annuelle entre la maire de Strasbourg et le commandant de l’Eurocorps. Le point a été adopté d’emblée.
La prochaine séance, dont l’ordre du jour risque d’être particulièrement fourni, se déroulera le 23 juin.
Aimé et ses deux parents, Anne et Paul-André.Photo : Lucile Vitrac / Rue89 Strasbourg
Un lycéen de 15 ans a passé 14 heures en garde à vue samedi 17 mai après une plainte d’un agent de police suite à une altercation lors d’une manifestation pour la Palestine.
« Ils soutiennent des valeurs de paix et on leur renvoie la violence », déplore la mère d’Aimé, élève du lycée international des Pontonniers au centre-ville de Strasbourg. Le jeune homme de 15 ans a été maintenu en garde à vue pendant 14 heures après sa participation au blocage de son établissement scolaire, « contre le génocide en cours à Gaza » jeudi 15 mai.
Violences et outrages à agent
Avec une quinzaine d’autres élèves, Aimé a organisé cette manifestation qui a commencé à 6h40 ce matin-là. La police est arrivée à 8h. « Ils étaient quinze environ », commente Aimé. C’est dans l’après-midi, peu après 14h, que les forces de l’ordre ont poussé les manifestants avec leurs boucliers pour mettre fin au blocage. « J’ai résisté mais je sentais que j’allais tomber, alors je me suis baissé. Un policier m’a maintenu au sol avec sa genouillère et m’a annoncé qu’il voulait me poursuivre pour outrage à agent », relate Aimé.
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Poussé à bout par le management aux Galeries Lafayette, Gwen a craqué en réunion publique. Après avoir été licencié, il a obtenu la condamnation de l’enseigne.Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg
Le conseil des prud’hommes de Strasbourg a condamné les Galeries Lafayette à verser près de 10 000 euros d’indemnités à Gwen, licencié après avoir dénoncé le mal-être de ses collègues auprès de la direction.
Au Cosmos, certaines scènes, pourtant dignes d’un film, ne sont pas projetées sur grand écran. Le 23 juin 2023, la grande salle du cinéma municipal avait été louée par la direction des Galeries Lafayette de Strasbourg. Sur l’estrade, Alexandre Liot, directeur des opérations du groupe et directeur général des Galeries Lafayette Haussmann, présente les résultats et les projets de l’entreprise aux salariés strasbourgeois. Près d’une dizaine de témoignages recueillis par Rue89 Strasbourg décrivent des propos grossiers, voire insultants. Les salariés présents rapportent les « putain », « merde », « chiotte » de ce membre du comité exécutif de l’enseigne. Ils précisent tous avoir été invités à « se sortir les doigts du cul » pour atteindre les objectifs de la chaîne de prêt-à-porter.
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Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Une cinquentaine de forains tenaient l’entrée principale du Centre administratif.Photo : Roni Gocer / Rue89 Strasbourg
Jusqu’à 15h, les forains ont bloqué lundi 19 mai tous les accès au centre administratif de la Ville de Strasbourg, causant l’arrêt de ses services. Ils revendiquent un terrain pour la tenue de la foire Saint-Jean, arrêtée jusqu’en 2027. Le conseil municipal initialement prévu à 10h a commencé à 18h.
« Spartiates, quel est votre métier ?! » À cette question toute rhétorique, une quinzaine de forains répondent en chœur : « Ahou ! Ahou ! Ahou ! » Juste derrière eux, un monceau de palettes et de barrières de chantier bloquent fermement l’une des nombreuses entrées du centre administratif. Depuis 6h, le bâtiment colossal abritant plusieurs services de la Ville et le conseil municipal a été barricadé de toutes parts. Tant que la Ville ne s’engagera pas à leur proposer un terrain pour organiser l’édition 2025 de la foire Saint-Jean, les manifestants jurent qu’ils ne quitteront pas le parc de l’Étoile.
Des pneus flambaient sous les fenêtres du Centre administratif.Photo : Roni Gocer / Rue89 Strasbourg
Tout autour de la zone, des dizaines de camions, des braseros et des barricades de fortune bloquent non seulement le bâtiment municipal, mais aussi ses alentours, le passage du tramway et une partie de la place du Maréchal de Lattre de Tassigny. À 15h, ils tenaient encore fermement leur blocage.
Pas de terrain d’entente
En tout, presqu’une centaine de forains, dont certains sédentaires, étaient mobilisés. Sur les barrières, l’ambiance reste calme et joviale. Chacun attend le retour d’une délégation partie négocier avec l’adjoint en charge de la voirie, Pierre Ozenne et la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian. « Nous ne partirons pas sans un engagement écrit de la maire. On veut qu’elle s’engage vraiment à nous donner un terrain », lance l’un des forains, qui souhaite assurer le retour de la foire Saint-Jean.
Les panaches de fumée grise, visible depuis tout le quartier.
Jusqu’en 2023, la foire centenaire – elle existe depuis le début du XVème siècle – se tenait sur un terrain situé dans le quartier du Wacken. Ce dernier connaissant d’importants travaux, les forains ont été repoussés vers le Port du Rhin. Jugé trop étroit et suscitant l’ire des riverains, le choix a été contesté par la profession. Au terme d’un bras de fer avec la Ville, l’édition 2024 de la foire a été annulée et il en sera de même jusqu’en 2027, où une « plaine festive » devrait être achevée dans le quartier de la Meinau.
Récit d’un conseil chaotique
En plus des forains et d’une faune d’étudiants journalistes, les élus strasbourgeois se succèdent devant le barrage. Tous ont appris dans la matinée que le conseil municipal, qui devait se tenir à 10h, était reporté à 14h. À l’heure dite, les élus d’opposition et quelques élus de la majorité, principalement du groupe communiste, se sont rendus sur le lieu du blocage pour constater que l’accès au bâtiment était toujours impossible. « Les lycéens qui bloquent devraient venir en stage d’observation… », glisse un élu communiste avec un sourire.
L’élu d’opposition Jean-Philippe Vetter, également candidat aux municipales, fustige le manque d’écoute de la Ville.
Quelques minutes plus tard, tous ont reçu un mail indiquant que la maire, Jeanne Barseghian, reporte une nouvelle fois le conseil municipal à 17h. Entre les conseillers, les paris vont bon train sur l’annulation ou non de la séance. L’adoption de certains points, dont des subventions à certaines associations, inquiètent certains élus, alors que d’autres dans l’opposition craignent d’avoir droit à un conseil au rabais, expédié en quelques heures seulement. Un peu plus tard, le début du conseil est encore reporté, à 18h.
Des actions « non-républicaines »
À 14h45, Jeanne Barseghian s’est exprimée devant les journalistes et a fermement dénoncé des méthodes employées par les manifestants. L’élue écologiste qualifie le blocage du centre administratif d’action « non-républicaine et non-démocratique ». Jugeant inacceptable cette escalade d’actions des forains, elle estime que l’exécutif municipal a toujours pris le « dossier » de la foire Saint-Jean « à bras-le-corps ».
Lors de cette conférence de presse, l’édile a précisé les pistes explorées par son équipe concernant un futur emplacement pour la fête foraine avant 2027. À l’issue de la rencontre entre l’adjoint en charge de la voirie et certains manifestants, plusieurs lieux ont été écartés pour des raisons d’espace ou de sécurité. Mais la place de Bordeaux, proposition avancée par les forains, fait partie des lieux toujours envisagés.
Toutefois, une nouvelle expertise va être menée et la maire a émis de fortes réserves quant à cette option, invoquant un trafic routier particulièrement dense aux abords de la place et la présence d’installations fixes à proximité qui compliqueraient toute installation de grande envergure.
Accès au bâtiment
Peu après 15h, un accès au bâtiment est ouvert sous la menace d’une intervention des forces de l’ordre. « La police a fait comprendre qu’il y aurait une charge, si au moins un accès n’était pas ouvert », explique le conseiller d’opposition Pierre Jakubowicz (Horizons) :
« C’est Rebecca Breitman et Pernelle Richardot (deux élues d’opposition, ndlr) qui ont calmé le jeu, alors que ça aurait dû être des membres de la majorité ou du cabinet. Là, le centre administratif est livré à lui-même depuis ce matin ! »
Ces dernières ont parlé aux manifestants en leur intimant de rester hors du centre administratif. « On a pris la parole pour expliquer que s’ils rentraient, ils franchissaient une ligne rouge et qu’ils perdaient leur ligne de dialogue », explique Rebecca Breitman (Modem). Depuis, une cinquantaine de forains attend, assis non loin des portes.
Image d’illustrationPhoto : roix-Rouge française – COM 75 – Helen CHACHATY – 2012
Armand Perego, ancien président de la délégation régionale d’Alsace-Lorraine de la Croix-Rouge, est renvoyé devant la cour criminelle du Bas-Rhin pour des faits de « viol et agression sexuelle par personne ayant autorité », rapportent les DNA.
Officier de la Légion d’honneur, ex-président de la délégation régionale d’Alsace-Lorraine de la Croix-Rouge, puis représentant de cette même association auprès du Conseil de l’Europe, Armand Perego est accusé de « viol et agression sexuelle par personne ayant autorité », selon les Dernières nouvelles d’Alsace (DNA). L’homme âgé de 80 ans conteste les faits et sera jugé par la cour criminelle du Bas-Rhin à une date encore inconnue.
La plaignante a été embauchée en 2011 en tant qu’agente d’entretien au siège strasbourgeois de la Croix-Rouge. Elle décrit des agressions sexuelles régulières allant jusqu’au viol sur une période de cinq ans, à partir de 2013 et selon un mode opératoire constant.
Une vie brisée
Alors mère isolée de quatre enfants, rémunérée 700 euros par mois, la plaignante précise qu’Armand Perego l’aurait menacée de licenciement si elle parlait de ces agressions. Pendant l’enquête, des bénévoles ou salariés de la Croix-Rouge ont témoigné que la porte du président restait anormalement fermée lors de ses rencontres avec la mère de famille. Toujours d’après les DNA, cette dernière déclare qu’Armand Perego a « brisé sa vie ».
L’octogénaire, ancien kinésithérapeute libéral à Schiltigheim, est entré à la Croix-Rouge en 1965. Il nie les faits et affirme n’avoir jamais « touché quelqu’un ou obligé quelqu’un ». Des témoins indiquent qu’Armand Perego « adoptait volontiers un langage sexuel sur son lieu de travail, formulant des remarques déplacées voire des avances aux femmes », précisent les DNA. Les dates du procès ne sont pas encore fixées.
Aux DNA, la Croix-Rouge annonce se constituer partie civile dans la procédure pénale, c’est-à-dire au côté de la plaignante. L’association précise : « En 2021, dès que nous avons eu connaissance des faits présumés impliquant l’ancien président d’une de nos structures locales, nous avons immédiatement procédé à sa suspension à titre conservatoire, conformément à nos statuts et procédures internes, et ce, dans l’attente des suites de la procédure pénale. »
Le conseil municipal de Strasbourg du lundi 19 mai doit se pencher sur le rapport d’observations définitives de la Chambre régionale des comptes. Les magistrats financiers estiment que l’endettement contracté entre 2019 et 2024 s’approche des valeurs d’alerte.
Les magistrats de la Chambre régionale des comptes (CRC) du Grand Est envoient un signal d’alerte à la municipalité écologiste, à la tête de la Ville de Strasbourg depuis 2020. Dans leur rapport évaluant les années 2019 à 2024, ils estiment que la situation financière de la commune s’est « dégradée ».
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Entre les passants et les cyclistes, ces plantes poussent déjà librement au pied des arbres.Photo : Roni Gocer / Rue89 Strasbourg
Le conseil municipal du lundi 19 mai est marqué par une délibération sur la création de « prairies en ville ». Au-delà d’une évolution dans le panorama urbain, elle témoigne d’une volonté de changement culturel dans la gestion des espaces verts.
« En France, depuis Le Nôtre, on a une certaine culture des espaces verts… Des pelouses vertes bien taillées, monumentales… » En mentionnant l’illustre jardinier de Louis XIV, Marc Hoffsess donne l’impression de nommer son ennemi. À rebours des rêves de symétrie végétale et des fantasmes de nature dressée défendus par André Le Nôtre, l’adjoint municipal en charge de la « transformation écologique du territoire » veut défendre la création de prairies urbaines, des zones en friches laissées à la convenance de la nature, le plus possible.
Une délibération portant sur leur création sera ainsi présentée au conseil municipal du lundi 19 mai et ouvrira un débat sur la gestion des espaces verts par la Ville de Strasbourg. Une seconde délibération concernant l’actualisation de la charte du Parc naturel urbain sera également présentée dès le début de la séance, et visera à rendre plus démocratique la gestion de ces zones de nature.
Bénéfice pour le vivant
Après la création de nouveaux parcs, notamment au quartier Archipel 2, la végétalisation des cours d’école et le plan Canopée, la municipalité écologiste présente les « prairies en ville » comme une étape supplémentaire de la transformation du territoire. Très concrètement, la délibération ne présentera pas encore de liste des futures zones concernées, mais acte le lancement d’un diagnostic sur l’ensemble des espaces verts. « On va catégoriser les espaces, commence Marc Hoffsess, pour dire ceux sur lesquels on interviendra moins, ceux qu’on laissera carrément en friche, et même ceux sur lesquels on pourrait s’arranger pour qu’il y ait plus de fleurs. »
Attablé à la terrasse d’un café bordant la place du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny, l’élu lance un regard au paysage végétal qui lui fait face. « Certaines zones sont déjà en friche. Regardez par exemple aux pieds des arbres, les zones d’herbes hautes, ou là-bas sur ce canisite abandonné… » L’adjoint se veut rassurant : il ne s’agira pas de transformer le parc de l’Orangerie en savane boisée d’ici la fin du mandat, mais de viser des espaces verts peu utilisés.
L’adjoint en charge de la transformation du territoire, Marc Hoffsess.
Au yeux de la municipalité, le plan « prairies en ville » porte plusieurs objectifs. D’une part, ces zones devraient être favorables au développement d’espèces animales, principalement des insectes, qui pourraient s’y développer librement. D’autres part, elles contribueraient à l’adaptation du territoire face au réchauffement climatique. « Si vous tondez régulièrement une pelouse, vous n’en tirez pas les mêmes effets en terme de lutte contre la chaleur urbaine qu’une surface avec des herbes hautes », explique Marc Hoffsess.
« Changement culturel » dans les services
Suite à l’adoption de ce plan, la Ville renoncerait ainsi à intervenir de façon régulière sur des pans entiers de ses espaces verts. Cela devrait ainsi être synonyme d’une réduction de l’effort demandé à la collectivité, estime Marc Hoffsess : « On s’est dit que la nature pouvait être un allié. Comme le vivant travaille gratuitement, ça peut être moins cher pour la collectivité. »
Et quelles conséquences pour les agents des services des espaces verts, dont l’activité serait impactée ? L’adjoint plaide le dialogue et la « pédagogie » pour faire évoluer la vision du service :
« C’est un changement culturel. Sur le papier, on va demander aux jardiniers de moins jardiner. Mais on veut être rassurant et pédagogue. Il y a déjà eu des évolutions importantes par le passé, comme lorsque Fabienne Keller (UMP à l’époque, maintenant Agir) avait mis fin à l’usage des pesticides. »
En 2008, la décision de l’ancienne maire avait provoqué le surgissement de plusieurs espèces de mauvaises herbes (ou « plantes spontanées ») dans l’espace public et avait déjà nécessité une adaptation majeure des services. Marc Hoffsess précise que la mesure n’entraînera pas de diminution des effectifs, mais un rééquilibrage bienvenu :
« On a ajouté au cours du mandat près de dix hectares de parc. À un moment, soit on augmente les effectifs, soit on cherche à adapter la charge de travail. On s’est dit que c’était une bonne manière de le faire. »
Jugement esthétique
Reste qu’au sein de l’hémicycle, la vision portée par l’exécutif écologiste pourrait se confronter aux vues de l’opposition, qui pourrait voir dans sa proposition une forme de renoncement. « On nous vend aujourd’hui de belles prairies, mais si à l’arrivée on se retrouve avec des champs de mauvaises herbes… » Joignant l’image à la parole, le conseiller d’opposition Pierre Jakubowicz (Horizons) présente sur son smartphone une photo du potager de la gare d’allure maussade.
« Je ne suis pas foncièrement contre que le fait que ces zones ne soient pas accessibles à la population, mais il faut qu’il y ait un objectif d’amélioration de l’espace public », reprend le candidat (non déclaré) aux prochaines élections municipales, qui craint en substance que ces zones en friche deviennent des « poches de laideur » dans le panorama urbain.
« La notion de beauté est très subjective. Le paysage traduit quelque chose des valeurs qu’on y met », rétorque Marc Hoffsess : « Lorsque j’observe toute la vie que porte un roncier ou une friche, je vois de la beauté qui s’exprime. J’en vois plus qu’en observant une pelouse bordée de béton. »
Fondateur de la section illustration des Arts Déco de Strasbourg, Claude Lapointe est décédé en octobre 2024. Une visite de sa maison alsacienne permet de replonger dans les archives de ce génie du dessin.
Les herbes folles et la végétation ont envahi la façade de la maison. La bâtisse date des années 70. Son intérieur incarne bien le style de l’époque : une cuisine peinte en vert kaki, des fleurs orange qui décorent les carreaux d’une salle de bain et une moquette à poils longs qui tapisse le sol de l’atelier. Claude Lapointe a lui-même a conçu les plans, relève son fils aîné Bernard. L’atelier, situé en mezzanine, est ouvert sur le salon : « Il voulait bosser sans être déconnecté du reste de la maison », raconte-t-il. À la différence de certains artistes qui ont besoin d’être isolés pour créer, Claude Lapointe aimait s’inspirer de son environnement.
Dessin de Claude Lapointe.Photo : Jeanne-Esther Eichenlaub / Rue89 Strasbourg
Un pionnier de l’illustration
Claude Lapointe, Clap de son nom d’artiste, a étudié aux beaux-arts à Nancy puis l’école des arts décoratifs de Strasbourg (actuelle Haute école des arts du Rhin, HEAR). Il n’a jamais fini ses études. Deux mois avant l’obtention de son diplôme, il se fait embaucher comme graphiste par une agence de publicité à Metz. Ce qui ne l’empêche pas de revenir aux arts déco en tant que professeur pour y fonder en 1972 la première section illustration de France.
Sous la véranda de la maison alsacienne, une photo attire l’attention. Claude Lapointe y fait face à une salle de classe bondée. « C’était pour son dernier cours à l’école des arts décoratifs, en 2006 », expose Bernard. Beaucoup de ses anciens élèves étaient venus y assister. Certains sont assis à même le sol, en tailleur, d’autres se serrent au fond de la pièce. Beaucoup d’illustrateurs réputés, primés ou nommés au festival de BD d’Angoulême, sont passés par la classe de Clap : Matthieu Sapin, Marjane Satrapi, Catel, Blutch, Christian Voltz… La liste est loin d’être exhaustive.
Jeudi 14 mai, un père a été condamné pour avoir étranglé son enfant après que ce dernier ait enfreint une règle religieuse juive. L’audience a mis en évidence un climat familial violent et des désaccords éducatifs.
Mercredi 14 mai, un homme âgé de 44 ans comparaît devant le tribunal correctionnel de Strasbourg pour « violence sur mineur par un ascendant en présence d’autres mineurs ». Cheveux mi-longs, ondulés, épaules carrées, il garde les bras le long du corps, bouge très peu, semble chercher à se faire discret. Il n’a pas vu ses enfants depuis deux mois, une décision du juge des libertés a suspendu son droit de visite et d’hébergement.
Le prévenu est né en 1981 à Strasbourg, où il vit toujours et travaille en tant qu’agent immobilier. Marié depuis 2016, le quadra est père de quatre enfants, de onze, sept, quatre et deux ans. Les faits qui lui sont reprochés concernent l’aîné, qu’il a violenté à plusieurs reprises.
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La Région Grand Est fait fermer des guichets dans les gares SNCF.Photo : Manuel Magrez / Rue89 Strasbourg
En Alsace, les guichets de plusieurs gares vont fermer, de Thann à Wissembourg. La Région invoque une baisse de fréquentation et des contraintes budgétaires. Les syndicats dénoncent une fragilisation du service public.
Peu à peu, les guichets SNCF continuent de disparaître. À partir du 1er janvier 2026, les guichets des gares de Bischwiller, Soultz-sous-Forêts, Wissembourg et Thann fermeront. Les guichets des gares d’Obernai, Sélestat et Mulhouse verront leurs horaires d’ouvertures réduits.
Thibaud Philipps (Les Républicains), vice-président de la Région Grand Est en charge des transports, explique cette décision de la collectivité qui finance ces points de vente : « Le guichet n’est plus utilisé comme avant. En 2019, 31 % des billets étaient vendus au guichet. Aujourd’hui, on est autour de 11 % et on a beaucoup de petites gares qui ne délivrent que 6 à 10 billets par jour. » Selon Thibaud Philipps, le coût de fonctionnement moyen d’un guichet se situe autour de 300 000 euros par an.
Des billets de train à la Poste
Pour remplacer les guichets, la Région met en avant des partenariats avec La Poste ou des offices de tourisme. Mais pour Thibaud Phillips, les alternatives en ligne sont prioritaires : « Le site et l’application de la SNCF sont là où les personnes achètent le plus leur billet. On veut continuer d’orienter les usagers vers ces plateformes en ligne. » Pour le maire LR d’Illkirch-Graffenstaden, « il ne s’agit pas de supprimer un service, mais de le transformer. On continue d’investir dans les circulations ferroviaires. Le cœur du service public, c’est que les trains roulent, c’est ça que les usagers veulent”, insiste Thibaud Philipps.
Les syndicats CGT et Sud dénoncent une dégradation du service. « Un postier n’est pas formé pour vendre des billets de train. Il ne connait pas les offres de cartes de réduction ou les cas complexes d’itinéraires avec plusieurs correspondances », déplore Gaëlle Plouzin, contrôleuse pour la SNCF et syndicaliste de la CGT Cheminots. Elle souligne aussi l’importance de la présence humaine dans les gares rurales : « Pour certaines communes, la gare est l’un des derniers liens avec l’État. Supprimer le guichet, c’est supprimer ce lien. » Pour la CGT, cette décision de la Région affectera particulièrement les personnes âgées, les personnes isolées ou qui ne bénéficient pas d’un accès à internet.
Un manque de concertation
Côté emploi, la CGT craint aussi les conséquences sociales pour les agents des guichets concernés. La Région, rappelle de son côté qu’elle n’est pas l’employeur : « On commande un service à la SNCF mais la gestion du personnel leur revient. Ils nous ont garanti de réinsérer le personnel. Cependant nous n’avons rien signé sur ce sujet.«
Le syndicat dénonce aussi un manque d’information et de dialogue. « Il n’y a eu aucune concertation. La Région ne nous a jamais contactés », assure Gaëlle Plouzin. Une demande de négociation tripartite Région, SNCF, syndicats a été proposée par la CGT. Elle est restée sans réponse à ce jour. Du côté des usagers, la communication devrait se faire par des bulletins d’information, des courriers adressés aux mairies et des campagnes d’affiches dans les trains.
Des craintes pour d’autres gares
La CGT craint que cette réforme ne soit qu’un « premier acte ». D’après la syndicaliste, des gares comme Munster, Schirmeck ou Erstein risquent également de voir leurs guichets fermés en 2026. Thibaud Philipps nie l’existence d’un « plan caché », tout en reconnaissant que « d’autres évolutions ne sont pas exclues » si cette réduction du service est concluante.
Des dizaines d’opposants à Stocamine, ont entièrement rempli la salle où s’est tenue l’audience. Une bonne partie sont venus des environs de Mulhouse.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg
Des associations et collectivités alsaciennes ont demandé l’annulation du confinement définitif des déchets de Stocamine au tribunal administratif jeudi 15 mai. Elles dénoncent des erreurs dans le dossier de l’État. Le rapporteur public a estimé de son côté qu’il n’y a pas d’autre solution.
C’était peut-être la dernière audience sur Stocamine au tribunal administratif de Strasbourg, après des années de guérilla juridique. Jeudi 15 mai, Alsace Nature et la Collectivité européenne d’Alsace (CeA) ont étrillé le dossier de l’État pour Stocamine, cette ancienne mine de potasse reconvertie en site de stockage de déchets ultimes.
L’État souhaite confiner, par des barrages en béton, 42 000 tonnes de déchets industriels toxiques placés sous la nappe phréatique à Wittelsheim, entre 1999 et 2002. Une option catégoriquement rejetée depuis vingt ans par de nombreuses associations et collectivités locales craignant la pollution de la plus grande réserve d’eau potable d’Europe occidentale, qui alimente 5,6 millions de personnes (voir nos articles, enquêtes et reportages).
Dans une salle comble, remplie d’élus, de militants et de scientifiques, le rapporteur public Alexandre Therre, magistrat membre du conseil d’État et chargé de proposer une solution au tribunal, a commencé par une longue tirade technique. Il s’est prononcé en faveur de l’enfouissement définitif, estimant qu’il « n’est pas démontré qu’une autre solution est possible ». « Nous ne vous aurions certainement pas présenté les mêmes conclusions quelques années plus tôt, mais telle n’est plus ici la question posée au tribunal », a t-il regretté. Puis il s’est déclaré conscient que les magistrats se trouvaient malheureusement devant « un fait accompli ».
Pour Alsace Nature, l’alternative existe
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Thibault Vetter suit les collectifs militants et les associations qui se mobilisent partout dans la région face aux projets écocides, comme de nouvelles zones d’activités sur des terres cultivables. Il enquête sur diverses sources de pollution, les pesticides, les usines, et leurs impacts sur la santé publique. Un travail de l’ombre, qui nécessite beaucoup de contacts et le décorticage de nombreuses alertes.
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Le projet de loi vise à substituer les missions des associations dans les CRA au profit de l’OFII et des avocats.
Le Sénat a voté lundi 12 mai une proposition de loi visant à évincer les associations des centres de rétention administrative. En Alsace, l’association SOS Solidarités-Assfam pourrait ne plus intervenir dans le centre de Geispolsheim.
Derrière les grilles du centre de rétention administrative (CRA) de Geispolsheim, 353 hommes ont été retenus en 2024, principalement des étrangers en attente de leur renvoi du territoire français. Pour le centre alsacien, c’est le Groupe SOS Solidarités-Assfam qui intervient pour permettre aux retenus l’accès à leurs droits. Une action qui a permis à 155 étrangers retenus d’être libérés.
Mais depuis le lundi 12 mai, l’association est inquiète. Le Sénat a voté une proposition de loi portée par Les Républicains visant à exclure toutes les associations des CRA. Cette loi confierait à l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), un organisme de l’État, ces missions d’aide et d’accompagnement juridique aux personnes retenues.
Une connaissance essentielle du parcours des retenus
« Avec deux juristes et une coordinatrice, nous assurons une présence 6 jours sur 7 au CRA de Geispolsheim », présente Mathilde Buffière, responsable de la rétention pour le Groupe SOS Solidarités. Les juristes permettent de détecter les démarches qui peuvent être entreprises par les étrangers retenus, afin que des recours puissent être plaidés devant le tribunal administratif par des avocats.
Ces juristes ont une « très bonne connaissance de la situation des personnes retenues » selon Mathilde Buffière qui l’illustre d’un exemple :
« Il est arrivé que l’administration organise des retours au pays d’origine pour des personnes retenues alors que leurs recours n’ont pas encore été épuisés. Pour être au fait de ces situations, nous devons être au plus proche des personnes retenues. »
L’Ofii en conflit d’intérêts
L’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) intervient déjà dans les centres de rétention mais seulement pour des missions de préparation aux départs. En se basant sur les premiers éléments de la proposition de loi, Mathilde Buffière s’interroge :
« En se contentant uniquement d’un travail d’information des étrangers sur leurs droits tel que semble le prévoir la proposition de loi, on ne sait pas si l’Ofii pourra avoir un regard critique sur la situation des personnes retenues. »
Elle ajoute aussi :
« Un conflit d’intérêts pourrait advenir pour l’Ofii, puisque l’organisme serait une porte d’entrée vers l’exercice des droits individuels tout en étant directement sous la tutelle du ministère de l’Intérieur, à l’origine des décisions que ces personnes voudraient contester. »
Les associations, des vigies citoyennes
Mais surtout, Mathilde Buffière rappelle que « les associations intervenant dans les centres de rétention ont un rôle d’alerte » :
« Nous sommes la seule source d’informations indépendante sur ce qu’il se passe dans ces centres de rétention où personne ne peut rentrer. Si on enlève ce rôle de vigie aux associations, on supprime le droit de regard de la société civile dans ces lieux de privation de liberté. »
Les associations qui interviennent en CRA publient chaque année un rapport qui chiffre, décrit et fait le bilan de la situation et des dysfonctionnements constatés dans tous les centres. On y apprend par exemple qu’une personne paraplégique avait été privée de son fauteuil roulant pendant sa rétention à Geispolsheim.