Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

La France insoumise investit un binôme pour les élections municipales

La France insoumise investit un binôme pour les élections municipales
Lisa Farault (à gauche), Emmanuel Fernandes (au centre) et Benjamin Kuntz (à droite).

La France insoumise de Strasbourg a désigné Lisa Farault et Benjamin Kuntz, deux militants de longue date, pour proposer un programme et mener des négociations avec les autres forces politiques de gauche.

Dans un communiqué, La France insoumise (LFI) de Strasbourg indique que le mouvement de gauche radicale sera coordonné par un binôme constitué de deux militants dans la perspective des élections municipales de Strasbourg en mars 2026. Les deux personnes, validées par le comité électoral de LFI, sont deux militants de longue date : Lisa Farault et Benjamin Kuntz.

Lisa Farault est née à Lille en 2000 et a débuté sa carrière militante au lycée. À Strasbourg depuis 2018, elle a participé à la construction du mouvement Youth For Climate à Strasbourg. Elle a été la co-directrice de campagne pour les élections législatives anticipées de juillet 2024 pour Emmanuel Fernandes, pour lequel elle travaille en tant que collaboratrice parlementaire. Benjamin Kuntz est né en 1998. Ouvrier pâtissier-chocolatier, il a grandi à Strasbourg et s’est engagé auprès de LFI Strasbourg depuis 2017.

« Ce binôme est à présent chargé d’animer le collectif insoumis à Strasbourg et d’engager les discussions visant à aboutir à un éventuel accord électoral avec d’autres organisations politiques autour de garanties programmatiques claires », indique le communiqué.

En d’autres termes, LFI préfère négocier avec les autres forces politiques de gauche en vue d’établir une liste et un programme commun, avant de se lancer dans une liste autonome qui pourrait être conduite par le député de la deuxième circonscription de Strasbourg, Emmanuel Fernandes.

Bonne nouvelle pour les écologistes

C’est plutôt une bonne nouvelle pour les écologistes, qui craignent l’apparition de multiples listes concurrentes à gauche, d’autant que les scores des candidats LFI avaient été plutôt bons lors des élections législatives de 2022. Le Parti socialiste du Bas-Rhin a quant à lui déjà fait savoir qu’il partirait seul pour le premier tour de ces élections.

Reste donc maintenant à s’accorder avec les écologistes pour un programme « de rupture pour une Strasbourg insoumise » comme le souhaite le communiqué. Au vu des relations entre Les Écologistes, les élus issus du pôle de la société civile, et les communistes, ce ne sera peut-être pas facile. En cas d’échec prévient la communication de LFI Strasbourg, « il y aura une liste LFI en mars 2026 ».

Voile islamique : le Creps du Bas-Rhin modifie son règlement après un incident

Voile islamique : le Creps du Bas-Rhin modifie son règlement après un incident
Le portail du Creps de Strasbourg, le 28 mai 2025.
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Fuerza : un festival avec des femmes autrices et artistes au Quai de Scène

Fuerza : un festival avec des femmes autrices et artistes au Quai de Scène
Théâtre, cinéma, danse… le festival Fuerza mettra à l’honneur des artistes issues d’horizons divers.

Du mercredi 4 au dimanche 8 juin, Quai de Scène propose Fuerza, un festival engagé autour d’artistes femmes.

Fuerza de Mujeres por la Paz, « Force des femmes pour la paix » : voilà le slogan du festival qui se tiendra du mercredi 4 au dimanche 8 juin au Quai de Scène. Evelyn Zelada Biecher, directrice artistique du lieu culturel, a pensé ce festival pour rendre hommage aux femmes et aux luttes qu’elles portent. L’initiative, soutenue par la Mission égalité de la Ville de Strasbourg, contribue à tacler le problème structurel de sous-représentation des créatrices. Selon le mouvement HF+ pour l’égalité des genres dans les arts et la culture, les femmes représentent 60 % des étudiantes et étudiants en art, mais seulement 20 % des artistes programmés. Les œuvres engagées qui seront présentées abordent des enjeux politiques, sociaux ou écologiques, avec comme fil rouge la paix et l’égalité.

Du théâtre

Mardi 3 juin et jeudi 4 juin à 18h30 : Atelier « Acteur créateur : pour ceux qui en ont marre des metteurs en scène ». Les participantes et participants à la masterclass ont la possibilité de participer aux représentations du spectacle Encore une fois j’ai envie de taper quelqu’un ! Antigone.

Vendredi 6 et samedi 7 juin à 20h30 : Encore une fois j’ai envie de taper quelqu’un ! Antigone. À travers ce spectacle participatif, la metteuse en scène et directrice artistique Evelyn Zelada Biecher propose une réinterprétation contemporaine du célèbre mythe.

Du cinéma

Mercredi 4 juin à 19h : Projection du film documentaire Prisme, co-réalisé par Rosine Mbakam, Eléonore Yameogo et An Van Dienderen. Les trois réalisatrices interrogent les biais racistes du cinéma occidental en analysant un aspect tant technologique qu’idéologique de la caméra : la centralité de la blancheur.

À l’issue de la projection, plusieurs artistes programmées dans le cadre du festival se réuniront pour une table ronde autour des liens entre art et enjeux sociaux.

De la danse

Jeudi 5 juin à 20h : démonstration de capoeira et roda participative. Mélange d’art martial, de danse et de musique, la capoeira conserve une forte dimension culturelle. Alizée Braedlé, éducatrice socio-sportive, se saisit de ce symbole de résilience des Afro-Brésiliens opprimés pour démonter les clichés : non, la capoeira n’est pas réservée qu’aux hommes.

Samedi 7 juin à 22h00 : Bal Fusion proposé par Anaïs Charton. Hip-hop, contemporain, jazz, salsa, swing, tango… Généralement dansée à deux, la fusion se situe à la croisée des genres et repose sur la spontanéité dictée par l’instant présent.

Manifestation pour les retraites et les salaires jeudi 5 juin à Strasbourg

Manifestation pour les retraites et les salaires jeudi 5 juin à Strasbourg
La CGT appelle seule à mobiliser pour cette fois.

La CGT appelle à une grève dans tous les secteurs jeudi 5 juin pour défendre la retraite par répartition et des salaires suffisamment élevés pour y cotiser.

« Retraites, salaires, emploi : même combat », clame la CGT. Jeudi 5 juin, l’union bas-rhinoise du syndicat organise une manifestation pour que soit préservée la retraite par répartition via des cotisations sur un salaire brut augmenté. La CGT appelle toutes ses fédérations à se mobiliser sur ce mot d’ordre en France :

« La retraite par répartition c’est solide et solidaire : chaque euro cotisé finance immédiatement les pensions. Des salaires plus élevés, c’est plus de cotisations pour la sécurité sociale, donc de meilleures retraites, mieux financées. »

À Strasbourg, la manifestation partira à 13h30 de la place de Bordeaux, dans le quartier du Wacken. Le trajet de la manifestation doit ensuite passer par le boulevard Jacques-Preiss, l’allée de la Robertsau, le quai du Maire-Dietrich, l’avenue de la Liberté, la place de la République puis reviendra place de Bordeaux. Président de l’UD du Bas-Rhin de la CGT, Laurent Feisthauer précise que ce trajet atypique est lié à la tenue, au Palais des congrès, d’un évènement de la fédération métallurgie de la CGT.

Cantines fermées

En raison de cet appel, plusieurs perturbations sont à prévoir dans les services et les transports publics. Les cantines scolaires seront fermées et des modifications sont prévues pour l’accueil des enfants dans les écoles. La Ville de Strasbourg précise qu’aucun accueil des jeunes ne sera possible entre midi et 14h ce jour-là dans ses cantines. Les enfants devront être cherchés à la pause méridienne mais aucune démarche n’est à effectuer pour annuler le coût du repas.

Pour les accueils périscolaires du matin et du soir, les écoles fonctionneront au cas par cas et afficheront sur leurs panneaux d’information le dispositif mis en place.

Un service d’accueil minimum sera mis en place, c’est-à-dire, selon la Ville, que « dès lors qu’au moins 25% des enseignant·es de l’école sont grévistes. Les enfants concernés pourront être accueillis de 8h30 à 12h00 et de 14h00 à 16h30 dans l’une des six écoles désignées sur le territoire strasbourgeois » :

    Meinau et Neuhof : école Guynmeyer, 11 rue d’Argenton (Annexe) Hautepierre et Cronenbourg : école maternelle Catherine, 1 place de la Comtesse de Ségur Neudorf et Port du Rhin : école primaire Schulthfeld, 62 rue de Saint Dié Robertsau, Esplanade et Conseil des XV : accueil de loisirs Schwilgué, 45-47 rue de la Doller Gare, Centre-ville et Krutenau : école maternelle Louise Scheppler, 3 rue de Fouday Elsau, Montagne Verte, Koenigshoffen et Poteries : école maternelle Gliesberg, 10 chemin du Glisberg

Les parents doivent vérifier auprès de l’école de leur enfant si elle est concernée par ce service d’accueil minimum, l’inscrire et le déposer dans le bon établissement le cas échéant.

Transports perturbés

La Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) a publié mardi 3 juin une estimation de son trafic pour la journée du jeudi 5 juin. Tous les tramways devraient circuler normalement. Les lignes de bus 12, 18, 22, 31, 41, 42, 43, 44, 45, 57, 60, 62, 63, 64, 67, 71, 72, 73, 74, 75 et 76 ainsi que les lignes de nuit N1, N2 et N3, les services Taxibus et Flex’Hop et les circuits scolaires seront assurés normalement.

En revanche, la cadence des lignes de bus à haut niveau de service (BHNS) seront légèrement réduite. La ligne de bus G circulera toutes les 4 à 8 minutes environ et la ligne de bus H toutes les 10 à 12 minutes. environ. Quant aux lignes principales (C1, C2…), elles seront aussi légèrement impactées.

La CTS a publié l’ensemble des informations trafic sur son site.

Football amateur : des parents demandent la fin des violences et du racisme sur les terrains

Football amateur : des parents demandent la fin des violences et du racisme sur les terrains
Nabil Cheriet et Sid Ahmed Cheaibi, mercredi 28 mai devant le District d’Alsace de football.

Sur les terrains de foot amateurs et dans les gradins, les violences s’accentuent entre enfants… et entre adultes. Quatre clubs strasbourgeois ont manifesté mercredi 28 mai devant le District d’Alsace de football contre ces violences.

Devant les locaux du District d’Alsace de football, à Entzheim mercredi 28 mai, Zoya fait partie des parents de footballeurs amateurs. Ils sont une quarantaine, enfants et adultes, a avoir fait le déplacement pour dénoncer la violence et le racisme sur les terrains et dans les vestiaires.

Elle se souvient d’un match contre le club de Schiltigheim, début mai. Son fils Miqayel, 8 ans et demi, membre de l’équipe de l’ASJK à Koenigshoffen, a fini à terre après avoir été bousculé par un adversaire :

« Les joueurs de l’équipe adverse étaient très agressifs dès le début. L’un d’eux a tapé mon fils brutalement, d’un coup d’épaule. Il est tombé par terre et les coachs ont dû arrêter le match pour contenir l’agressivité des enfants. »

Zoya et Miqayel lors de la manifestation contre les violences et le racisme, le 28 mai.Photo : Lucile Vitrac / Rue89 Strasbourg

À l’initiative de ce rassemblement, Sid Ahmed Cheaibi, co-président du club de football International Meinau Académie : « La violence grandit depuis plusieurs années, sur le terrain et en dehors. » En avril puis en mai, les arbitres du District ont déjà tenté de faire réagir leur hiérarchie et les clubs suite à des évènements violents, dont des menaces de mort envers l’un d’eux qui a depuis démissionné.

Responsabilité des adultes

Quatre clubs ont répondu à l’appel de Sid Ahmed Cheaibi : l’International Meinau Académie, l’AJSK, le club de la Cité de l’Ill et le Sporting Futsal Strasbourg. Vers 16h, les coachs installent des cages de foot et bloquent l’accès au parking. Trois agents de la gendarmerie encadrent la manifestation. Les responsables sifflent le début de leur rassemblement, qui prend la forme d’un mini-tournoi.

Sur le terrain, l’esprit de compétition échauffe les jeunes sportifs. Devant Miqayel, un des joueurs de la Meinau charrie son camarade en difficulté, de trois ans son cadet. Un autre finit par se moquer de son jeune âge. Sur le trottoir, les entraîneurs encadrent le match. Face à tous les enfants qui les sollicitent, la scène échappe aux adultes.

Roksana et Taregh Baghlani, parents de jeunes footballeurs et impliqués dans le District d’Alsace de football.Photo : Lucile Vitrac / Rue89 Strasbourg

Parmi eux, un couple d’entraineurs de la Meinau observe la compétition : Roksana et Taregh Baghlani, respectivement 39 et 48 ans. Elle est secrétaire générale du club, lui est coach des U10 (équipe des enfants de 9 ans, NDLR) et responsable des sections U12 et U13.

« C’est le coach qui donne l’exemple aux enfants », déclare Roksana : « S’il ne joue pas correctement son rôle, les enfants se relâchent. » Elle se rappelle d’un évènement qui a eu lieu contre le F.C. Écrivains Schiltigheim-Bisch :

« On menait 5-0, c’était un match amical. L’un de nos joueurs a commencé à accélérer et un joueur adverse lui a tapé dans les pieds. Les enfants ont commencé à s’insulter et le coach, qui était avec moi, m’a menacé d’apporter un pistolet pour régler ses comptes. On a suspendu le match et on est partis. »

Pour prévenir de ce genre d’altercations et montrer l’exemple, Roksana Baghlani a mis en place une stratégie : « Je me mélange au camp adverse et j’encourage les autres enfants, il faut que ça reste un plaisir et pas que de la compétition. »

Peu après 16h, la manifestation a pris la forme d’un tournoi.Photo : Lucile Vitrac / Rue89 Strasbourg

Le syndrome Mbappé

Comme son épouse, Taregh Baghlani constate lors des matchs que les tensions ne naissent pas uniquement dans les gradins. En 2024, alors que l’équipe des 6/7 ans de l’Inter Meinau jouait contre le club d’Erstein, deux parents auraient perturbé le match. « L’un des joueurs de notre équipe a fait une faute », se remémore l’entraineur :

« Deux parents sont entrés sur le terrain pour protester. Une altercation entre parents a débuté et on a suspendu totalement le match. À cet âge, la durée d’un match est de 12 à 13 minutes, on ne peut pas continuer à jouer alors que des tensions montent à la moitié du chronomètre ».

Pour Taregh Baghlani, ces tensions sont le fruit d’une pression exacerbée sur les enfants :

« Les parents souhaitent que leur enfant devienne le futur MBappé, un joueur professionnel et qu’il leur rapporte beaucoup d’argent. Ce genre de profil est souvent agressif et parfois s’attaque aux décisions des coachs. Selon une formation que j’ai suivie l’année dernière, près de 95% des enfants âgés de 14 ans arrêtent leur pratique sportive à cause de la pression qu’ils subissent. »

« Il y aurait 5 à 10 incidents par week-end sur le terrain selon les chiffres du District », affirme Sid Ahmed Cheaibi.

Le racisme en toile de fond

Sid Ahmed Cheaibi identifie une forme de rivalité entre les clubs des quartiers populaires de Strasbourg et ceux des communes alentours, ce qui amène à des incompréhensions lors des matchs. :

« Lorsqu’il y a des tensions, ce sont toujours les clubs des quartiers populaires qui sont sanctionnés. Ces joueurs sont des jeunes issus de l’immigration, parfois déscolarisés. Et pour eux, on joue parfois le rôle d’éducateurs. Ce n’est pas facile mais on paye entre 15 et 20 000 euros de cotisations annuelles à la Fédération alors on aimerait être aidés. »

Son collègue Nabil Cheriet, président de l’AJSK, constate également des manifestations racistes lors des rencontres :

« L’une de nos joueuses U18 portait un hijab sportif lors d’un match à Wittenheim. Elle a essuyé de nombreuses remarques racistes. À la fin du tournoi, le père de la sportive s’est emporté face à un supporter. Nous avons été pénalisés et les filles n’ont pas pu jouer pendant plusieurs matchs. Actuellement, le dossier est en instruction au District d’Alsace de Football. »

Devant le bâtiment de l’institution, Sid Ahmed Cheaibi et Nabil Cheriet demandent une réaction du président du District d’Alsace de football, Michel Aucourt, et de son vice-président, Roland Mehn. Mais ce dernier a refusé de recevoir une délégation des manifestants et de répondre aux questions de Rue89 Strasbourg.

Neuf parlementaires alsaciens alertent sur l’effondrement prochain de Stocamine

Neuf parlementaires alsaciens alertent sur l’effondrement prochain de Stocamine
Le site de Stocamine se trouve sous la commune de Wittelsheim.

À l’initiative de la sénatrice du Haut-Rhin Sabine Drexler, neuf parlementaires alsaciens demandent au gouvernement de revoir sa position sur le futur de Stocamine. Elles et ils demandent que soit abandonnés les travaux de confinement définitif et que les accès à la mine soient restaurés d’urgence.

Vendredi 28 mai, la sénatrice (Les Républicains) du Haut-Rhin, Sabine Drexler, a écrit aux députés et aux sénateurs alsaciens pour leur proposer de s’associer à une lettre ouverte envoyée au gouvernement. Dans son message, elle indique que « de nouveaux éléments remettent en cause toutes les certitudes passées dans le dossier de Stocamine et il est aujourd’hui avéré que les deux études clés présentées en 2023, donc après la fin de l’enquête publique et qui ont fondé les choix politiques de confinement, sont erronées car elles ne tiennent pas compte de l’état de corrosion réel des cuvelages ».

Ces éléments, révélés par Rue89 Strasbourg en mars, remettent en cause le narratif du gouvernement selon lequel les infiltrations seront minimes dans la mine, remplies de 42 000 tonnes de déchets toxiques, mais qu’au contraire, ses puits sont proches de s’effondrer, provoquant une inondation et donc une pollution très importante de la nappe phréatique.

« Alors que l’eau s’infiltre déjà dans l’ancienne mine de potasse, indique le texte cosigné par les neuf parlementaires alsaciens, on connait aujourd’hui et depuis 2023 seulement, l’état de corrosion très dégradé des cuvelages en fonte des 15 puits connectés à la mine. Avec pour certains seulement 20 millimètres (mm) d’épaisseur contre 45 mm à l’origine, plusieurs d’entre eux sont au bord de la rupture et quand le premier rompra, cela provoquera rapidement un ennoiement total du site ».

Appel urgent au gouvernement

Sabine Drexler relate également d’autres éléments techniques inquiétants, et notamment des oublis dans les études précédentes, qui sous-estiment les capacités d’isolation des méthodes employées à l’époque des derniers travaux.

Le communiqué se conclut par un appel au gouvernement à revoir « les décisions politiques à la lumière de ces nouveaux éléments et de ce risque désormais certain d’une inondation rapide de la mine qui provoquera une pollution irréversible de la nappe phréatique avec des impacts environnementaux et sanitaires dramatiques ». Les cosignataires demandent « l’arrêt des travaux de confinement, la remise en état du cuvelage du puits Joseph et le démarrage immédiat des travaux de déstockage ».

Outre Sabine Drexler, d’autres sénateurs de droite ou du centre ont signé le communiqué, comme Claude Kern (UDI), Christian Klinger (LR), Laurence Muller-Bronn (LR), André Reichardt (LR) et un député du centre, Hubert Ott (Modem). Parmi les parlementaires de gauche, tous l’ont signé – le sénateur Jacques Fernique (Les Écologistes), les députés Sandra Regol (Les Écologistes) et Emmanuel Fernandes (LFI) – sauf Thierry Sother (PS).

En juin à Strasbourg, de l’électro, des drames familiaux, de quoi lire et de quoi voir

En juin à Strasbourg, de l’électro, des drames familiaux, de quoi lire et de quoi voir

Festival de musique électro, pièce de théâtre, conférence, festival des arts scéniques et bouquins, voici notre sélection culturelle pour ce mois de juin.

Si la saison des festivals s’est bien lancée, le mois de juin à Strasbourg permet une sélection de rencontres culturelles allant du théâtre à la musique en passant par des évènements autour de la lecture.

Drames familiaux au festival Démostratif

Démostratif, le festival des arts scéniques émergents, revient sur le campus universitaire de l’Esplanade et à La Pokop du 3 au 7 juin. Le thème de cette édition, Psychoses familiales, se penche sur les dynamiques des familles, les violences, le deuil ou encore le symbole porté par le fait d’avoir un accent du sud lorsqu’on vit dans le nord.

« La famille est le premier cercle social que nous rencontrons. Il peut être uni, violent, chaleureux, opaque, inexistant, aimant, grand ou petit, éloigné ou resserré », écrit Sacha Vilmar, qui a créé et dirige le festival depuis huit ans.

Pendant cinq jours, pièces de théâtre, lectures, marionnette et concerts se succèdent sur le campus. Parmi la programmation riche et variée, deux suggestions : une pièce de théâtre et un spectacle déambulatoire de marionnettes.

Deux ou trois choses dont je suis sûre est mis en scène par Manon Ayçoberry, de la compagnie strasbourgeoise l’Onde. La pièce revisite le texte de l’autrice américaine lesbienne Dorothy Allison. Issue d’une famille ouvrière de Caroline du Sud, où les violences intra-familiales et sexuelles faisaient partie du quotidien, Dorothy Allison raconte son histoire et celle des femmes de sa famille qui, comme elle, ont subi ces violences : sa mère, ses sœurs, ses tantes, ses cousines. Manon Ayçoberry habille les comédiennes en karatéka, car affronter son passé est souvent (ou toujours ?) une bataille. Trois actrices, une seule voix. Un « je » démultiplié « pour ne pas avoir une seule adresse au public », explique Manon Ayçoberry. La pièce est présentée mardi 3 juin, à La Pokop, à 21h.

De l’autre côté du monde, spectacle de marionnettes, propose-t-il un thème plus léger ? Pas certain. Un homme d’une trentaine d’années vide sa maison d’enfance, il a presque fini quand un mystérieux objet retient toute son attention et l’entraîne vers ses souvenirs enfouis et ses peurs les plus abyssales. Dès lors, impossible de partir avant de savoir ce qui se cache « dans le fond des armoires, ce qui dort sous la poussière du grenier ». Accessible dès 8 ans, le spectacle est porté par le collectif rémois Toter Winkel et est donné le mercredi 4 juin, à 10h, 14h et 16h à la salle in quarto, dans le bâtiment du Studium.

L’art en vitrine

Du 2 au 21 juin, c’est le rallye du livre. Pour cette deuxième édition, le thème choisi est « L’art s’expose en vitrine ». 24 librairies indépendantes de Strasbourg, Bischheim, Schiltigheim et de La Wantzenau dédient une vitrine à un éditeur local et un artiste l’élabore. L’occasion de découvrir des récits et des maisons d’édition mais également de sillonner les librairies eurométropolitaines et de voter pour la plus belle vitrine.

Dans chaque librairie visitée, il est possible de faire tamponner un carnet, un peu comme la crédencial sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Mais là, c’est le chemin de l’érudition (ou l’édition) que l’on suit. Au bout de six tampons récoltés, il est possible de remporter un lot de livres. Le prix des lecteurs et le prix du jury récompenseront deux artistes ayant réalisé les plus belles vitrines.

À la librairie du Quai des brumes, la vitrine mettra en avant la maison d’édition 2042 et le vernissage de la vitrine créée par l’artiste savernois Timothée Ostermann, aura lieu le 5 juin. Parmi les autres librairies participantes, citons Ça va buller, le Camphrier, la Librairie des Bâteliers ou encore la Bouquinette à Strasbourg, le Totem à Schiltigheim et Lignes de fuites à Bischheim.

Vendre son âme au Système pour réussir

Faut-il vendre son âme au diable, ou ici, au Système, pour réussir sa vie ? Telle est la question posée par la pièce de Dennis Kelly, L’Abattage rituel de Gorge Mastromas, présentée au Cube Noir du 4 au 7 juin. Gorge a passé son enfance à se comporter de la manière la plus correcte qui soit. Moralement irréprochable, il ne se voit jamais récompensé pour son attitude.

Un jour, l’occasion de changer de camp se présente et Gorge devient un des dirigeants les plus prospères de son pays. Par le mensonge et la dissimulation, il obtient tout ce qu’il veut. Tout ? Vraiment ? La mise en scène, signée Paul Hammerla de la compagnie l’Artus, s’articule en quatre mouvements. Certaines scènes sont musicales et dansées quand d’autres sont dialoguées. Celles-ci mettent en exergue les moments clefs dans la vie de Gorge, ceux où tout bascule. L’éternelle question du bien et du mal et celle de la soif de réussite se posent avec, en toile de fond, la société capitaliste.

Fais-moi rire… si tu peux

La culture, ça peut aussi être très léger. Alors, rions un peu avec le rendez-vous stand-up du Laab qui revient le 24 juin. Le dernier thème du Golry comedy club avant l’été est brillant puisqu’il est queer. Rendez-vous est donné à toutes celles et ceux qui veulent se changer les idées.

Conférence gesticulée : la faim des temps

Dans sa conférence gesticulée, Rébecca Forster raconte son rapport, dysfonctionnel, à son corps. Longtemps elle a souffert de troubles de l’alimentation d’anorexie et de boulimie, dans le silence. Depuis 2022, elle prend la parole et fait le tour de France avec Un ventre à taire. Grâce aux luttes féministes, elle a appris à revisiter son passé et à détricoter les raisons de ses troubles mentaux : « Avec mon ukulele et avec plein de tendresse dessinée dans les coins, je viens vous dire que toute ressemblance entre des éléments de mon parcours et des éléments du vôtre n’est pas pure coïncidence : elle est systémique. » Sa conférence gesticulée a lieu les 12, 15 et 18 juin dans différents lieux de Strasbourg.

« Le silence de l’acier » en photos

Originaire de Mulhouse, ancienne cité industrielle, le photographe Stephen Dock se penche sur les traces laissées par l’industrie dans nos vies, dans nos villes. Invité par La Chambre (galerie dédiée à la photographie), Stephen Dock est en résidence dans le Grand Est.

Le point de départ de ce projet se situe dans l’Ulster, au le Nord de l’Irlande, puis explore l’Europe de l’Est en passant bien sûr par l’Alsace et la Lorraine : Hayange, Florange, Mulhouse… Outre les hauts-fourneaux et bâtiments symboliques de cette ère industrielle, il pose son objectif en périphérie pour dresser un portrait de cette période passée et de son empreinte.

Bouger au son de l’électro avec le contre-temps festival

Le festival de musique électro de Strasbourg a fêté ses 20 ans en 2024 mais, covid oblige, organise sa 20ème édition, du 18 au 28 juin. Au programme : de la techno, de la house et du funk dans tout Strasbourg. Le festival s’installe à la Péniche mécanique, à l’Espace django en passant par les Studios du Rhin et le Maillon.

Le « préfestival » commence dès le week-end du 31 mai au 1er juin avec la Block Party. Sur la presqu’île Malraux, des street artists grafferont, des breakdancers s’affronteront, le tout sur du bon son et en plein air. Cet événement est gratuit et ouvert à tous.

Deuxième préambule clef du festival : les immanquables Pelouses sonores. Cet événement gratuit a lieu les 7 et 8 juin au Jardin des deux rives. Le samedi, place aux DJs locaux comme Mute, Mariad ou Miss Tricky pour une journée très électro, suivie le soir par une session entièrement féminine, au Wagon Souk. Le dimanche, le programme est plus familial et varié, avec des percussions et des concerts.

Des grands noms nationaux et internationaux de l’électro sont attendus à Strasbourg pendant le festival, comme le parisien DJ Guts, célèbre pour son sample de Rebels avec Man Funk, jeudi 19 juin à la Péniche mécanique. Le DJ Prosumer, spécialiste de la house, se produira le lendemain à partir de 23h, au Studio du Rhin. Ce natif de Sarrebruck a longtemps vécu à Berlin avant de déménager en Écosse, à Édimbourg. Il a roulé sa bosse dans les plus grands boîtes d’Europe et fait plusieurs Boiler rooms, une scène itinérante réputée.

Mais la soirée à ne pas manquer, c’est la soirée finale au Maillon, The Final Beat. La fête s’achèvera au petit matin, vers 6-7h et le lieu peut accueillir jusqu’à 1 300 personnes.

Vous avez repéré un rendez-vous culturel qui mériterait d’être sur cette liste ? Ajoutez le dans les commentaires de l’article.

Échanges et exposition autour du travail du sexe dimanche 1er juin

Échanges et exposition autour du travail du sexe dimanche 1er juin
Manifestation pour les droits des travailleurs et travailleuses du sexe en 2024.

À l’occasion de la journée internationale des luttes des travailleurs et travailleuses du sexe, leur syndicat local organise un après-midi de rencontres et d’exposition dimanche 1er juin à Strasbourg suivi d’une manifestation.

Dimanche 1er juin à 15h, le syndicat des travailleurs et travailleuses du sexe (TDS) de la CNT, dont Rue89 Strasbourg racontait la genèse, organise un après-midi d’échange autour de la diversité de ses métiers. À La Plage Digitale, dans le quartier de la Krutenau, il propose de discuter de ce en quoi consistent les différents types travail du sexe et les luttes qui en découlent. Le tout, accompagné d’une exposition et en accès libre.

Cette journée marque la cinquantième journée internationale des luttes des TDS. À 18h, un rassemblement est prévu place d’Austerlitz à proximité pour terminer la journée.

La date de cette manifestation vient de l’année 1975, où une centaine de travailleuses du sexe ont « occupé l’église Saint-Nizier à Lyon pour exprimer leur colère face à la criminalisation et à l’exploitation de leurs conditions de vie ».

De la rue au tribunal, la laborieuse pénalisation de l’islamophobie à Strasbourg

De la rue au tribunal, la laborieuse pénalisation de l’islamophobie à Strasbourg
Peu d’affaires d’islamophobie arrivent devant les tribunaux.

En Alsace, peu de dossiers relatifs à des faits anti-musulmans arrivent devant les tribunaux. Un rapport parlementaire estime que les actes islamophobes sont largement sous déclarés.

« Notre but est d’éviter qu’une personne accusée de racisme soit relaxée, on ne peut pas prendre ce risque. » Me Christine Mengus est l’avocate du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) Alsace depuis une quinzaine d’années. Inscrite au barreau de Strasbourg, elle a peu d’exemples de dossiers dans lesquels l’association qu’elle représente s’est portée partie civile aux côtés de victimes de faits anti-musulmans ou islamophobes (une dizaine par an au niveau national, estime l’avocate).

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Municipales : Pierre Jakubowicz veut rendre fièr·es les Strasbourgeois·es

Municipales : Pierre Jakubowicz veut rendre fièr·es les Strasbourgeois·es
Pierre Jakubowicz a de grandes ambitions pour Strasbourg.

Pierre Jakubowicz, candidat macroniste aux élections municipales de Strasbourg, a présenté la stratégie économique du mouvement qu’il préside, Strasbourg on y croit : une bonne dose de volontarisme et d’optimisme.

Dans les tous nouveaux locaux de l’association qu’il préside, Strasbourg on y croit, situés en plein cœur du Neudorf, Pierre Jakubowicz, candidat macroniste à la mairie de Strasbourg, a présenté mercredi 28 mai sa stratégie économique appelée « Strasbourg en grand ».

En résumé, Pierre Jakubowicz a de l’ambition. Il veut plus d’attractivité, plus d’emplois, plus de croissance, plus de culture, plus d’aides aux associations et plus d’argent pour les clubs sportifs… Pour le conseiller municipal d’Horizons, le parti d’Édouard Philippe, Strasbourg n’a été que la « capitale des occasions manquées » durant le mandat de Jeanne Barseghian. « La ville ne rayonne plus. Même la capitale mondiale du livre a été pensée “petit” ! », plante Pierre Jakubowicz. « Penser Strasbourg en grand c’est aimer Strasbourg », dit-il. Pour la Fête de l’Europe chaque 9 mai par exemple, Pierre Jakubowicz veut qu’on puisse la voir de toute l’Europe :

« Le 14-Juillet à Paris, c’est grandiose chaque année parce que c’est la capitale de la France. Strasbourg étant une capitale européenne, le 9-Mai à Strasbourg doit être à la dimension de l’Europe ».

Pierre Jakubowicz veut aussi renforcer Capitale de Noël, réinventer la Cavalcade du carnaval pour la mettre « au niveau d’une grande ville rhénane » et pérenniser la Foire Saint-Jean.

Pas de dette, mais des fonds européens

Mais comment parvenir à mettre en œuvre ces grandes ambitions sans alourdir la dette, que Pierre Jakubowicz accuse en outre les écologistes d’avoir fait doubler (en réalité +72%, NDLR), et sans augmenter les impôts ? Facile : attirer les entreprises en ville, afin de produire mécaniquement plus de rentrées fiscales. Il l’assure : « Les écologistes n’ont rien fait pour attirer les entreprises, elles se sentent rejetées et vont s’installer dans les villes alentours, comme Haguenau. »

Mais Pierre Jakubowicz ne compte pas que sur la bonne volonté de l’économie, il pense aussi pouvoir aussi tripler les montants des aides européennes reçus par la Ville. Ce ne sera pas très difficile puisque « la Ville n’a même pas candidaté au fonds des villes neutres en émissions carbone par exemple, ce sont 30 millions qui ont été perdus », assure-t-il. Troisième levier : créer un fonds local ayant vocation à financer des investissements, alimenté par une partie des capitaux des sociétés privées contrôlées par la Ville (sociétés publiques locales, sociétés d’économie mixte…). Il a même trouvé un nom pour ce fonds : Fierté (pour Fonds pour l’innovation, l’économie, le rayonnement, les transitions et l’Europe).

Contre la « vendenheimisation »

Car Pierre Jakubowicz voudrait que « les Strasbourgeois et les Strasbourgeoises soient fières de leur ville », ce qui aurait pour effet de relancer un cercle vertueux :

« Chaque Strasbourgeois devient alors un ambassadeur de sa ville, ce qui améliore l’attractivité, ce qui fait venir les entreprises, ce qui nous permet de financer de meilleurs services publics pour tous les habitants. »

Et par services publics, Pierre Jakubowicz pense à des agents d’entretien supplémentaires pour que la ville soit propre, et des agents de police pour qu’elle soit plus sûre. Il prévoit aussi un « choc des transports publics » et des parkings sous-terrains aux abords des grandes axes, qui seront plus fluides afin de contrer « ce sentiment que Strasbourg s’est bunkerisée » et d’éviter une « vendenheimisation de l’économie locale » (Vendenheim, au nord de Strasbourg, abrite une importante zone commerciale).

Bien sûr, ces propositions ne sont pas définitives. « Nous les soumettons au débat public », précise Pierre Jakubowicz. Bien qu’il soit parti le premier en campagne électorale, le conseiller municipal doit former des alliances, ne serait-ce qu’avec Renaissance, l’autre parti macroniste présent à Strasbourg et qui réserve son choix de tête de liste au moins jusqu’en septembre.

Nouvel hôpital de Hautepierre : un projet de reconversion totale à 850 millions d’euros

Nouvel hôpital de Hautepierre : un projet de reconversion totale à 850 millions d’euros
Inauguré à la fin des années 70, le bâtiment de Hautepierre 1 est vétuste.

La direction des Hôpitaux universitaires de Strasbourg a soumis au financement public un chantier de près de 15 ans pour le centre de Hautepierre. L’immense bloc de béton construit dans les années 70 est devenu obsolète.

Hautepierre 1 vit sans doute ses dernières années. Conçu en 1969, ce bâtiment du Centre hospitalo-universitaire (CHU) de Strasbourg a accueilli ses premiers patients à la fin des années 70. Les douze étages de cette bâtisse ne sont plus conformes aux normes de sécurité incendie actuelles. Les standards hôteliers de l’époque sont aussi dépassés, comme l’explique un médecin strasbourgeois : « Dans certaines unités de médecine, il y a une douche pour une vingtaine de chambres… » Et le bâtiment est déjà plein à craquer. Les possibilités de réaménagement et d’agrandissement de certains services à l’étroit sont donc nulles. Près d’un demi-siècle après son ouverture, la direction a donc fait un choix radical concernant l’avenir de ce géant de béton.

Carte du CHU de Hautepierre. En bleu, les bâtiments de Hautepierre 1 qui doivent être détruits (sauf le bâtiment de Hautepierre 2).Photo : Document remis

Rénover ou détruire

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#Nouvel hôpital de Hautepierre

L’opposition profite d’une carte historique de la Palestine pour attaquer Jeanne Barseghian

L’opposition profite d’une carte historique de la Palestine pour attaquer Jeanne Barseghian
Jeanne Barseghian reçoit, de la délégation palestinienne, une carte historique de la Palestine qui date d’avant la création de l’État d’Israël.

En annonçant un jumelage avec un camp de réfugiés en Palestine, Jeanne Barseghian savait qu’elle s’attirerait les foudres d’une partie de son opposition. L’attaque a un peu tardé, elle s’est servie d’un cadeau offert à la maire.

L’histoire avait pourtant bien commencé. À la surprise générale, la maire (Les Écologistes) de Strasbourg, Jeanne Barseghian, a annoncé jeudi 22 mai à l’AFP qu’elle souhaitait jumeler la Ville de Strasbourg avec le camp palestinien d’Aïda, près de Bethléem en Cisjordanie. Des liens existent entre le centre culturel de ce village formé par des palestiniens déplacés en 1948 et quelques associations strasbourgeoises, dont le Festival Musica, qui avait accueilli une troupe d’Aïda en 2023.

Donc, un jumelage, pourquoi pas ? Samedi 23 mai, Jeanne Barseghian invite, comme il est d’usage, les présidents des groupes d’opposition à rencontrer la délégation palestinienne à l’Hôtel de ville. La droite est représentée par Gabrielle Roesner-Bloch, les macronistes par Nicolas Matt et Pierre Jakubowicz, qui n’expriment pas d’opposition. Quant aux socialistes, ils ne sont pas présents mais leur présidente Catherine Trautmann s’en excuse dans un courrier où elle écrit que « c’est avec un grand intérêt que nous suivons ces initiatives qui témoignent de l’engagement de la Ville de Strasbourg en faveur de la solidarité internationale et auprès de la population palestinienne ». En 1993, alors maire de Strasbourg, elle avait reçu le dirigeant politique palestinien Yasser Arafat à l’Hôtel de ville.

Colère du Crif Alsace

Mais dimanche, cette belle union s’écroule. En apprenant que le jumelage avec la ville israélienne de Ramat Gan est « gelé de fait », la section alsacienne du Comité représentatif des institutions juives (Crif) publie un communiqué pour étriller l’initiative municipale, qualifiée « d’indigne » et de « faillite morale » :

« La Ville de Strasbourg rompt avec son rôle historique de dialogue et de réconciliation, et cède à l’intimidation et aux pressions exercées dans notre ville par des groupuscules extrémistes depuis des mois. (…) Comble de cette séquence, la visite de la délégation palestinienne a été marquée par la remise d’un “cadeau” en forme de carte d’Israël couverte de drapeaux palestiniens sur tout le territoire, sur lequel Israël a disparu. Accepter un tel cadeau tout en portant le keffieh quand on représente la Ville de Strasbourg est un choix politique grave et lourd de sens. »

Quelques heures plus tard, Pernelle Richardot, élue socialiste de l’opposition, publie sur Facebook et X un texte qui reprend l’accusation d’effacement d’Israël : « Ce n’est pas un appel à deux États, ni même un compromis difficile. C’est l’adhésion implicite à un projet de destruction, celui d’une vision où le peuple juif serait à nouveau nié, déplacé, effacé. » Des propos qui ont valu à Pernelle Richardot d’être invitée sur i24news. Du miel pour ce média qui soutient le gouvernement de Benjamin Netanyahou et qui fait campagne pour que les juifs de France s’installent en Israël. La séquence est sous-titrée : « Strasbourg, une mairie hostile à Israël ? »

L’opposition municipale change alors de ton et envoie, lundi 26 mai, une lettre commune à la maire, qui reprend les mêmes arguments du keffieh et de la carte « sur laquelle Israël avait purement et simplement disparu ». Le mardi 27 mai, c’est au tour de la Licra de reprendre les mêmes arguments. Elle a même suspendu un partenariat avec la Ville de Strasbourg visant à projeter un documentaire sur l’exil des Alsaciens pendant la seconde guerre mondiale devant des collégiens et des lycéens.

Une carte historique

Rencontrés mardi 27 mai, les membres de la délégation palestinienne s’avouent désolés de la tournure prise par les réactions à ce jumelage, dont ils attendent beaucoup. « La carte offerte à Jeanne Barseghian est une reproduction de la Palestine au moment des accords Sykes-Picot », indique Abdelfatah Abusrour, directeur du centre culturel Al-Rowwad à Aïda :

« La carte est une représentation de la Palestine à la fin de la Première guerre mondiale. Ce sont les puissances coloniales de l’époque qui ont décidé des frontières et même du drapeau palestinien, qui est né à cette époque. La Palestine avait été attribuée au mandat britannique. »

Cette carte, qui représente également un idéal palestinien, se trouve « dans toutes les maisons palestiniennes », assure de son côté Anas Abou Srur, du Comité populaire d’Aïda. Il précise :

« Il ne s’agit pas d’une négation d’Israël, qui n’existait pas à l’époque. C’est une carte qui montre d’où nous venons, réfugiés dans notre propre pays. Et en tant que tels, nous revendiquons un droit au retour, lequel nous a d’ailleurs été accordé par plusieurs résolutions des Nations unies, même si c’est en Israël. »

Le comité d’Aïda reconnait le droit d’Israël à exister

Le comité populaire d’Aïda est une organisation politique qui dépend du Comité des réfugiés palestiniens, lequel se place sous l’autorité du Fatah, le parti palestinien signataire des accords d’Oslo de 1993, qui reconnaissent notamment le droit d’Israël à exister. « Mais Israël, encore aujourd’hui, ne reconnait pas l’État palestinien, rappelle Anas Abou Srur, et aucune frontière n’arrête les colons. »

De son côté, Jeanne Barseghian ne s’avoue pas étonnée par cette polémique « construite de toutes pièces pour plaire à la droite et à l’extrême droite » :

« Dès le début de mon mandat, même pendant la campagne, j’ai été la cible d’accusations d’antisémitisme à peine voilées, alors que c’est à rebours de ce que je suis et de toutes les valeurs que je porte depuis mon engagement politique. Cette manipulation prend prétexte d’un cadeau, qui ne se refuse pas, pour me faire dire l’inverse de ma position, la solution à deux États, qui est pourtant rappelée dans le post en question !

C’est le signe d’une opposition désespérée, prête à prendre prétexte de n’importe quoi pour qu’on ne parle pas des bombardements sur les civils de Gaza, de l’aide alimentaire bloquée et de la catastrophe humanitaire qui s’y déroule. »

En aparté, des élus de la municipalité estiment, a posteriori, qu’il aurait été plus malin de ne pas diffuser les images des cadeaux de la délégation palestinienne, ce qui aurait peut-être permis de s’économiser cette polémique.

Une famille dort dans une école, dont l’appartement de fonction est vide depuis 9 mois

Une famille dort dans une école, dont l’appartement de fonction est vide depuis 9 mois
L’école Léonard de Vinci où loge la famille depuis début mai 2025.

Faute d’un toit, une famille de migrants géorgiens dort à l’école élémentaire Léonard de Vinci depuis plus d’un mois. Selon nos informations, un logement de fonction municipal situé dans la même rue est pourtant vide depuis l’été 2024.

Chaque jour, à 5h, la famille hébergée à l’école Léonard de Vinci se réveille pour remettre en ordre la salle de classe où ils dorment. Toutes les affaires sont rangées. Depuis un mois, ce couple d’origine géorgienne, leurs trois enfants et un grand-père, sont obligés de suivre ce rythme éprouvant dans un espace exigu. « C’était la seule solution pour qu’ils ne se retrouvent pas à nouveau à la rue », explique Annabelle Rodrigues, enseignante et membre d’Elsau Solidaire, un collectif ayant permis à la famille d’obtenir cet abri de fortune.

À quelques mètres de là pourtant, juste derrière l’école Léonard de Vinci à l’Elsau, un logement de fonction est vacant depuis plusieurs mois. Cette coexistence entre le vide administratif et l’urgence sociale cristallise tensions et incompréhensions, pour les parents d’élèves mobilisés.

Promesses évasives

Ce logement de fonction appartenant à la Ville est resté inoccupé depuis août 2024. Pourtant à plusieurs reprises, des élus ont évoqué des « logements vacants » pour répondre aux besoins d’hébergement d’urgence, sans pour autant que ces annonces ne débouchent sur des solutions concrètes ou que cet habitat là soit clairement proposé.

Anabelle Rodrigues assure avoir multiplié les courriels à l’administration, sans succès. Si la Ville confirme l’existence du logement vacant, elle rappelle que tout hébergement municipal nécessite une vérification préalable de la conformité électrique et sanitaire. « Les services doivent mener des contrôles approfondis, cela prend plusieurs semaines, voire des mois », justifie Hülliya Turan (PCF), l’adjointe au maire en charge de l’Éducation, également référente du quartier.

La Ville se défend

L’élue communiste mentionne d’autres dispositifs d’urgence ayant été mise en place pour aider les familles, comme la création récente de « tiny houses » à la Robertsau. Elle affirme également que plus de 600 personnes sont prises en charge dans le cadre du plan d’hébergement d’urgence. Mais sans procédure accélérée pour ce logement, l’appartement à quelques rues de l’école, est encore indisponible.

Un rendez-vous est fixé samedi 28 mai avec une travailleuse sociale du centre communal d’action sociale (CCAS) pour trouver une solution rapide pour cette famille géorgienne.

À Bourgheim, un producteur laitier quitte l’agriculture biologique faute de marché

À Bourgheim, un producteur laitier quitte l’agriculture biologique faute de marché
La Ferme du Moulin à Bourgheim s’est désengagée du label bio pour sa production laitière.

Dans le pays de Barr, la Ferme du Moulin a décidé après cinq ans de production de lait biologique de retourner vers une exploitation conventionnelle, plus rémunératrice.

La Ferme du Moulin, à Bourgheim dans le pays de Barr, s’est transformée en 2019. À une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Strasbourg, Marc Reeb et Loïc Aliaga ont effectué la transition de toute leur exploitation vers l’agriculture biologique en adhérant à la coopérative Biolait. Sur 90 hectares, la ferme exploite des vignes, des grandes cultures pour nourrir le troupeau de 120 bovins et une production laitière.

Mais après le Covid, ces associés déchantent : le marché du lait biologique est moins rentable que celui du lait conventionnel. En 2024, ils font le choix de renoncer au label « Agriculture Biologique » et retournent dans leur coopérative laitière conventionnelle.

Sur les 90 hectares de la ferme, neuf sont dédiés à l’activité viticole, 50 aux grandes cultures exploitées et les hectares restants sont des prés.Photo : Pascal Bastien / Rue89 Strasbourg

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Enquête sur le rôle de la Russie dans l’agence en charge des frontières européennes

Enquête sur le rôle de la Russie dans l’agence en charge des frontières européennes
Le bâtiment Louise Weiss du Parlement européen

L’Union européenne enquête sur le rôle de la filière russe d’Atos dans la construction d’un système informatique de gestion de ses frontières. L’agence en charge de ce nouveau programme, l’EU-Lisa, se situe à Strasbourg.

Le parquet de l’Union européenne (UE) enquête sur le rôle du bureau moscovite de l’entreprise française Atos dans la construction du nouveau système électronique relatif aux frontières européennes. Selon le journal Financial Times, le groupe a eu recours à sa branche en Russie en 2021 pour l’achat de certaines licences d’un logiciel informatique, visant à récolter et stocker les données biométriques des visiteurs non-européens sur le sol de l’UE.

Ce projet aboutirait à la création de la plus grande base de données d’informations personnelles jamais constituée par l’UE, appellée EES (Entry/Exit System). L’agence européenne en charge de ces informations est située à Strasbourg, dans le quartier de Neuhof. Elle s’appelle l’EU-Lisa.

« La révélation de l’implication russe a fait naître des questions de sécurité importantes relatives à la refonte de toute l’infrastructure des frontières de l’UE », poursuit le Financial Times. Selon les documents consultés par le journal, la branche moscovite d’Atos est opérationnelle depuis 2016 grâce à un accord qui autorise les services de sécurité russes à avoir accès à ses activités. Les personnels d’Atos travaillant dans son bureau Russe auraient donc dû recevoir des autorisations spécifiques de l’UE pour acheter ce logiciel sensible.

Sécurité toute relative à EU-Lisa

Toujours selon le Financial Times, le bureau du parquet de l’Union Européenne enquête donc sur l’implication de Atos Russie. S’il ne commente ni ne confirme publiquement la tenue d’une enquête, aucune poursuite n’a été engagée pour le moment à l’encontre d’Atos.

En 2024, l’Office européen de lutte anti-fraude (Olaf) a également enquêté suite à des soupçons relatifs à l’implication de d’Atos Russia dans la construction du système EES. « Il a trouvé que des mesures prises en interne à l’agence EU-Lisa relatives à des problèmes de sécurité n’ont pas été suffisantes », poursuit le Financial Times. Si l’Olaf n’a pas poursuivi son enquête, il a effectué des recommandations à l’agence.

Au Financial Times, l’EU-Lisa dit être au courant des soupçons pesant sur Atos Russia et assure n’avoir aucun lien contractuel avec cette entreprise. Les documents consultés par le Financial Times ne permettent pas d’établir que Atos Russia était encore impliquée dans le travail sur le système EES après l’invasion de l’Ukraine en février 2022.

Les parties de logiciel achetées par Atos Russia concernent les remontées d’informations aux compagnies aériennes relatives aux informations des voyageurs (statut du visa par exemple).

« Je t’aime camarade », contre les violences vécues au sein de groupes militants

« Je t’aime camarade », contre les violences vécues au sein de groupes militants
Florence Poznanski a trop souffert de la violence en milieu militant pour ne pas tenter de modifier les rapports.

La militante féministe Florence Poznanski désire rompre le silence face à la violence vécue dans les milieux militants. Elle présentera sa conférence gesticulée « Je t’aime camarade », mercredi 28 mai à la Maison citoyenne et jeudi 29 mai à L’Orée 85.

« Il y a une citation de Sara Ahmed que j’aime beaucoup : rien ne garantit qu’en luttant pour la justice, nous serons justes », déclare Florence Poznanski, quarantenaire et militante féministe. L’activiste propose depuis 2023 une conférence gesticulée, un monologue mis en scène de manière théâtrale, intitulée « Je t’aime camarade, manifeste pour des organisations militantes plus joyeuses ». Elle sera en représentation mercredi 28 mai à la Maison citoyenne au Neudorf et jeudi 29 mai à l’Orée 85 à la Meinau.

Militante dans différents collectifs et engagée au Parti de gauche pendant 12 ans, Florence Poznanski souhaite par son expérience « apporter des éléments pour comprendre les mécanismes de violence au sein des groupes militants. »

En 2023, elle est en charge de la mise en place de la cellule contre les violences sexistes et sexuelles au Parti de gauche. Elle raconte :

« Il y avait des tensions très fortes entre les membres du parti et qui m’ont impactées directement. Je me suis sentie anesthésiée, j’avais l’impression de devenir une bureaucrate. Je n’avais plus envie d’agir. J’avais des tremblements liés à mes angoisses. Je n’avais pas d’espace pour en discuter et savoir que je n’étais pas seule à vivre cette expérience. »

Pour Florence Poznanski, « les oppressions systémiques de genre, de classe… influencent aussi les comportements des militants » :

« Ces mécanismes d’oppression rigidifient et infectent les luttes. Par exemple, lorsque l’on est confronté à des luttes qui épuisent, qui ne sont jamais gagnées, il y a une forme de tristesse profonde qui s’installe et qui réduit notre sensibilité jusqu’à notre volonté d’agir. »

Visibiliser les oppressions et en parler

L’activiste « ne pense pas qu’il soit possible d’abolir les oppressions. » mais elle souhaite « les visibiliser et les prévenir. » C’est lors de son expatriation au Brésil entre 2011 et 2020, qu’elle découvre le philosophe Paulo Freire et ses idées pour améliorer la cohésion au sein des groupes militants :

« Pour Freire, toutes les personnes sont dotées d’un savoir né de leur vécu. Rassembler les expériences permet de construire un « commun politique » et mener des actions collectives. Ce partage des récits de vie crée des liens entre les militants. »

La conférencière mène depuis lors des ateliers auprès de collectif et d’associations afin de libérer la parole au sein des milieux militants sur les tensions internes et les difficultés rencontrées dans les luttes. « Je suis intervenue dans un tiers-lieu associatif en 2024 dans le centre de la France », cite-t-elle en exemple :

« Les nouveaux bénévoles du tiers-lieu se sentaient peu valorisés alors qu’ils s’investissaient beaucoup. Ils essuyaient les critiques des anciens, déçus de voir que la fréquentation du lieu ne s’améliorait pas. Lors de l’atelier, on a crée un temps pour raconter les histoires personnelles et les griefs de chacun. Finalement, le conflit et les reproches se sont apaisés »

Une parole libérée mène à une lutte joyeuse

Cette parole libérée doit mener à une lutte plus joyeuse et créative selon Florence Poznanski :

« Comme l’ont théorisé Carla bergman et Nick Montgomery, deux militants canadiens, la joie militante s’installe quand la cohésion est importante entre les personnes. Elle crée une forme de spontanéité, la joie n’est pas que le bonheur, elle est aussi le fruit de souffrance. Mais la joie va permettre une forme de créativité. »

Pour illustrer son propos, elle s’appuie sur sa propre expérience au sein du Mouvement des sans-terre, une organisation brésilienne qui milite pour que les paysans sans patrimoine foncier puissent cultiver des terrains inutilisés. « Les conditions de cette lutte paysanne sont difficiles » raconte Florence Poznanski :

« La répression de la police est très forte, les militants s’installent sous des toiles de tente dans des conditions précaires… Pour réussir, la cohésion entre les membres doit être puissante. Alors pour célébrer leurs liens et sensibiliser, ils convoquent la poésie et le théâtre. »

Est-ce que militer dans la joie revient à produire une forme d’art ? Florence Poznanski admet qu’il « y a peut-être cette recherche créative dans ma conférence gesticulée. »