Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Samedi, concerts en chambres au Graffalgar avec Comme Chez Watt

Samedi, concerts en chambres au Graffalgar avec Comme Chez Watt

Samedi 10 février, Strasbourg Mon Amour, l’hôtel Graffalgar et le festival Comme Chez Watt s’associent pour proposer trois concerts en chambres d’hôtel.

Le festival Comme Chez Watt, on en avait déjà parlé il y a 3 mois. Association spécialisée en concerts en appartement, on présentait alors leur microfestival, qui consiste tous les ans, lors de la première semaine de décembre, à faire jouer des artistes en acoustique dans des salons. C’est intime, c’est cozy, c’est convivial, on aime.

Dans quelques jours commence Strasbourg Mon Amour, ce festival strasbourgeois cherche à « réinventer la fête des amoureux » (avec parfois des ratés). Pourquoi pas des concerts intimes et cozy alors ? Comme Chez Watt aura donc son édition spéciale « Saint Valentin », avec 3 concerts le samedi 10 février, pas en appartements mais dans des… chambres de l’hôtel Graffalgar !

3 chambres, 3 concerts, 3 voix

Le premier artiste programmé, c’est Mony (de Mony & The Hatmen). Voix rocailleuse et profonde, guitare blues-rock et notes américaines, le concert de Mony sera l’occasion de rattraper le temps perdu. En effet, prévu au festival Comme Chez Watt en décembre, il n’avait malheureusement pas pu assurer la date. Il viendra donc prendre sa revanche sur les microbes ce samedi dans la déco du Graffalgar.

Le second artiste, c’est Thomas Schoeffler Jr. Habitué des scènes strasbourgeoises, est-il encore nécessaire de présenter son one-man band, à la fois country, rock, blues et folk, qu’il mène tambour battant avec ses guitares et ses harmonicas ? Nul doute que le concert dans une chambre d’hôtel sera l’occasion de tester des versions peut-être plus acoustiques de ses titres.

Et enfin, Claire Faravarjoo, une toute jeune artiste prometteuse, dont Rue89 Strasbourg avait déjà parlé. Finaliste cette année du prix Ricard SA Live Music, et quelques jours à peine après avoir défendu son set à Paris sur la belle scène du Café de la Danse, il lui faudra passer à une configuration plus douillette dans le cocon d’une chambre. Sa pop électronique collera parfaitement à l’inspiration moderne et urbaine du Graffalgar. Et ce sera l’occasion, pour ceux qui sont passés à côté, de découvrir son dernier EP, « Minuit ».

Pros et antis-Bastion Social s’engagent dans une bataille de communication

Pros et antis-Bastion Social s’engagent dans une bataille de communication

La voie juridique pour fermer « l’Arcadia » étant complexe, le Bastion Social et ses détracteurs développent chacun une communication régulière, parfois en retournant les éléments de l’autre camp.

Une réunion de « soutien au BarÔmètre, » un bar du quartier de l’Esplanade à Strasbourg, a eu lieu dans l’établissement vendredi 2 février. Depuis l’ouverture de L’Arcadia, local associatif de la section strasbourgeoise du Bastion Social, à quelques dizaines de mètres, le bar connaît une baisse . . .

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La fleur au fusil, avec ces jeunes qui deviennent chasseurs

La fleur au fusil, avec ces jeunes qui deviennent chasseurs

Alors que les Français sont de plus en plus nombreux à être opposés à la pratique de la chasse, le nombre de chasseurs reste stable, autour d’un million dont 7 000 en Alsace. Parmi eux, quelques jeunes, qui s’initient à cette pratique le plus souvent par tradition familiale, mais également par besoin de « renouer avec la nature ». Rencontre avec ces chasseurs qui modernisent (un peu) les pratiques.

C’est un étrange ballet que celui de la dizaine de 4×4 qui s’attroupe en ce dimanche matin autour de l’étang de pêche de Kaltenhouse, à 30 kilomètres au nord de Strasbourg. Le thermomètre affiche -4°C, le café, généreusement arrosé de schnaps, fume dans les mains des chasseurs aux mines encore un peu endormies. L’herbe est blanche de givre. Peu importe pour Michel, Sébastien, Isabelle et les autres, venus chasser, comme presque tous les dimanches. Tout le monde se connaît, se serre la main et échange quelques mots. On discute chiens, permis de chasse et armes, mais pas n’importe lesquelles : la plupart des chasseurs présents chasse à l’arc.
Ici un arc à poulies, forme la plus moderne de l’arc utilisé en chasse, et la plus puissante. Les flèches utilisées sont faites de carbone ou d’aluminium, ou d’un mélange des deux. (Photo RB / Rue89 Strasbourg)
La joyeuse compagnie s’agite vers 9 heures : Stéphane Freiburger, vice-président de l’ACABR (Association des Chasseurs à l’arc du Bas-Rhin) rassemble les troupes. Il est chargé de donner les consignes et d’organiser les traques. Ce matin, trois traques sont organisées, durant chacune entre une heure et une heure et demi. Les rôles de chacun (« rabatteur », ou « tireur ») sont définis, et tout le monde se souhaite bonne chance, par un tonitruant « Weidmannsheil », que l’on répètera à la fin de la chasse. Étonnamment, les chasseurs présents sont relativement jeunes : la moyenne d’âge se rapproche des 40 ans. Nicolas, 11 ans, est le plus jeune ; cela fait 6 ans qu’il accompagne son père. Il passera probablement, comme beaucoup de fils et filles de chasseurs, son permis de chasse quand il aura 16 ans.
Le permis de chasse est délivré par l’ONCFS à la suite de deux épreuves : une épreuve technique, qui vérifie que le chasseur sait manier une arme et une épreuve théorique, portant sur la connaissance des espèces sauvages, des différents types d’armes, et la réglementation de la chasse. (Photo Rue89 Strasbourg)

Une tradition familiale

Beaucoup des jeunes rencontrés, qui ont passé leur permis ou s’apprêtent à le faire, suivent les pas d’un grand-père, d’un oncle ou d’un parent. Joshua, bientôt 22 ans, a accompagné son grand-père dès l’âge de 3 ans, et passé le « permis de chasse accompagné » :
« C’est comme la conduite, ça permet à chaque jeune à partir de 15 ans d’accompagner un chasseur expérimenté, et d’apprendre à utiliser une arme. Moi j’ai appris avec le vieux fusil de mon grand-père. »
Il a ensuite passé son « vrai » permis à 16 ans, et chasse depuis, avec ses copains, dans le secteur de Gundershoffen, à la lisière du Parc naturel des Vosges-du-Nord. Comme Joshua, beaucoup de ces jeunes chasseurs mettent en avant une « passion », un « héritage familial ». Gérard Lang, le président de la Fédération des chasseurs du Bas-Rhin, le reconnait volontiers :
« Les jeunes chasseurs que nous comptons dans notre fédération sont très souvent eux-mêmes fils de chasseurs. Mais la majorité de nos nouveaux adhérents sont des jeunes retraités qui ont le temps et l’argent pour chasser. Quand on a 20 ans, on n’a pas forcément le budget pour aller chasser tous les week-ends… »

« Une passion difficile à expliquer »

Si de nombreux jeunes chasseurs sont eux-mêmes fils ou filles de chasseurs chevronnés, certains au contraire sont arrivés dans le milieu sur le tard : c’est le cas de Céline, 27 ans, initiée par son compagnon, et qui a passé son permis en 2016. Nulle trace de chasseur dans sa famille : cette jeune femme à la voix douce, qui chasse du côté d’Ichtratzheim et de Mollkirch, a commencé par le tir à l’arc :
« J’étais archère avant de chasser,  j’ai débuté à 16 ans, avec un arc classique. J’ai commencé à sortir en forêt avec mon compagnon qui a passé son permis en 2012, juste pour voir les animaux. Mais à un moment cela ne me suffisait plus, j’étais frustrée de juste les voir. J’ai passé mon permis en avril 2016, et j’ai suivi une formation dans la foulée sur les spécificités de la chasse à l’arc. »
Elle préfère ce mode de chasse, plus respectueux, dit-elle, de l’animal :
« Quand on chasse à l’arc, on doit être beaucoup plus proche du gibier, entre 20 et 40 mètres environ, car l’arc a une portée plus faible que la carabine. Et comme la flèche est coupante comme une lame de rasoir, c’est « plus propre » qu’une balle. On a déjà vu des animaux qui étaient atteints par une flèche, et ne se rendaient compte de rien, continuaient à brouter, et s’effondraient quelques minutes après. Alors qu’un animal touché par une balle, il la sent passer… »
La chasse à la carabine, c’est pourtant le choix d’Adeline, 20 ans, la compagne de Joshua. Elle ne vient pas non plus d’une famille de chasseurs, mais s’y est mise après avoir accompagné son compagnon lors de ses sorties :
« J’ai commencé à accompagner Joshua à la chasse il y a un an, et ça m’a plu. Je ne saurais pas expliquer précisément pourquoi, c’est d’adrénaline, l’envie de chasser, pas forcément l’envie de tuer. »
Différents types de chiens assistent les chasseurs : les « chiens d’arrêt », qui indiquent au chasseur la présence d’un animal à proximité ; les « chiens de rapport », qui ramènent le petit gibier, canard ou faisan par exemple, au chasseur ; les « chiens de traque », qui permettent de retrouver un animal blessé. (Photo EB / Rue89 Strasbourg)

Des jeunes motivés par la convivialité… et un « retour à la nature »

Les motivations de ces jeunes chasseurs pour aller chasser chaque week-end sont diverses. Quand leurs amis rentrent de boîte de nuit, eux se lèvent, la fleur au fusil. « C’est plus facile de se lever le dimanche pour aller à la chasse que la semaine pour aller au boulot ! La semaine le réveil sonne trois fois, le week-end une seule fois, et on déjà sur le pont », rigole Ludovic, 19 ans, un ami chasseur de Joshua. C’est l’envie de se retrouver avec les copains qui motive ces jeunes. Joshua et Ludovic, le répètent :
« Quand on va à la chasse, on n’est pas obnubilé par le fait de tirer un animal. On se voit, on rigole, si on ne tire rien tant pis ! L’objectif, c’est plus de passer un bon moment entre amis. C’est ce côté-là avant tout, le côté convivialité, qui fait qu’on se retrouve à la chasse, même si certains chasseurs viennent en voulant tirer le maximum de gibier, comme si c’était une compétition. C’est sûr que ça fait plaisir de ne pas revenir bredouille, mais pour moi, ce n’est pas l’objectif principal. »
Céline, de son côté, insiste sur un certain « retour aux sources », et une forme de fierté de pouvoir « produire [son] steak de chevreuil ou de sanglier » elle-même :
« Ce qui me plaît c’est d’être dans la nature, c’est super agréable d’observer les animaux qui sont très près de nous, les voir dans leur environnement plutôt que sur le bord de la route. Et c’est vraiment une fierté de ramener quelque chose à manger à la maison, de pouvoir nourrir les gens qu’on aime, on a l’impression de pouvoir se débrouiller seul. C’est une forme de retour aux sources. »

Un milieu encore un tantinet macho

Comment se faire une place dans ce milieu habité d’hommes, quand on est une femme ? Du côté de Gérard Lang, président de la Fédération départementale des chasseurs du Bas-Rhin, ça semble mal parti :
« Traditionnellement, c’était l’homme qui allait chasser, et la bonne femme, pardonnez-moi pour le terme, cherchait des racines, des fruits, etc. Et quand l’homme ne lui ramenait pas assez de viande, elle prenait ses mômes et allait voir ailleurs. »
Céline de son côté, évoque la méfiance de ses homologues masculins et les remarques acerbes qu’on lui a parfois adressées (« Mais elle est lourde ton arme, tu vas réussir à tirer avec ça ? »). Joshua, Adeline et Ludovic, de leur côté, jouent plutôt l’ouverture :
« C’est un milieu macho, on ne peut pas le nier, mais il y a de plus en plus de femmes. Elles sont acceptées au fur et à mesure, surtout par les jeunes. Il devrait même y en avoir plus, ça permettrait de tempérer la violence de certains. »
Ce dimanche matin, elles ne sont que trois parmi la vingtaine d’hommes. Et c’est l’une d’entre elles qui a tiré les deux chevreuils de la matinée, à la carabine cette fois. Interrogée sur la place des femmes dans ce monde d’hommes, Isabelle, la quarantaine passée, se rappelle les remarques désobligeantes qu’elle a parfois entendues :
« En tant que femme, on m’a dit que je devrais donner la vie, plutôt que la prendre. Je l’ai donnée, maintenant j’ai envie d’en profiter. D’aller en forêt, observer les animaux, profiter du calme et du chant des oiseaux… »
Le cor est sonné en début et fin de chasse, accompagné de l’expression « Weidmannsheil », difficilement traduisible, qui souhaite la bonne chance au chasseur, et le félicite en cas de gibier tiré. (Photo EB / Rue89 Strasbourg)
Avant de se rassembler autour d’un repas chaud, les chasseurs forment un cercle autour des deux chevreuils abattus, couchés sur un lit de branches de sapin. On félicite Isabelle, on fait quelques blagues, puis on reprend un air sérieux. C’est Nicolas, 11 ans, qui sonne le cor qui clôture la sortie du week-end, sous le regard fier et attendri de son père. La musique est encore tremblotante, mais la relève semble assurée.

Pas de suspension immédiate des travaux du tram vers Kœnigshoffen

Pas de suspension immédiate des travaux du tram vers Kœnigshoffen

Le tribunal administratif de Strasbourg a décidé de ne pas suspendre les travaux du détournement de la ligne F de tramway vers Kœnigshoffen, dans l’attente d’un jugement sur la légalité de ce chantier. Dans une décision du jeudi 1er février, le juge administratif des référés a indiqué :

« En l’état de l’instruction, aucun des moyens invoqués n’est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée [la déclaration d’utilité publique du projet, ndlr]. »

Anne-Marie Victor, présidente de l’Association des Habitants du Quartier Gare (AHQG) qui avait demandé au tribunal cette suspension, résume l’ordonnance qu’elle vient de recevoir (disponible ci-dessous) :

« Notre demande est rejetée et nous sommes condamnés à verser mille euros à l’Eurométropole. Dans une telle situation, je peux vous garantir que nous ne ferons pas appel de cette décision. En plus, nous courrons le risque de perdre encore de l’argent si nous perdons la procédure qui porte sur le fond. La question du maintien de cette procédure se pose donc pour nous. Mais quoiqu’il en soit, on participera toujours à la mise en oeuvre du projet en prenant part aux futurs ateliers de concertation. »

Me François Benech, avocat de l’Eurométropole, a indiqué à Rue89 Strasbourg que les requêtes des deux sociétés civiles immobilières La Deffaye et Double Grue ont aussi été rejetées par le tribunal administratif :

« Ce sont exactement les mêmes arguments qui ont été opposés aux deux SCI, représentées par Me Lionel Wirtz (voir notre article précédent). Pour le tribunal administratif, aucun argument présenté par les requérants ne met en doute la légalité de l’arrêté préfectoral déclarant le projet d’utilité publique. »

La légalité du projet toujours contestée

Le recours sur le fond sera cependant étudié par le tribunal administratif dans plusieurs mois, les mêmes parties contestent la légalité de la déclaration d’utilité publique. Néanmoins, les travaux ayant déjà bien avancé début janvier, notamment rue du Faubourg-National (les deux cents mètres de la discorde), difficile d’imaginer les conséquences d’une annulation. Tous les arbres de la rue du Faubourg-National et du Boulevard de Nancy ont été arrachés, avant même le recours en référé.

Me François Benech doute d’un revirement du tribunal sur le fond :

« Pour l’instant, les arguments présentés dans le dossier toujours en cours sont exactement ceux qui viennent d’être rejetés par le tribunal administratif dans la procédure en référé. Si aucun argument nouveau n’est présenté, il y a une forte probabilité que la décision sur le fond soit la même. »

L’association des habitants du quartier gare (AHQG) et deux SCI ayant des appartements boulevard de Nancy ont contesté la légalité du projet. Ils estiment notamment que l’impact sur la circulation ou les continuités écologiques n’ont pas été assez bien pris en compte (lire le compte-rendu d’audience du 30 janvier).

Avant les concertations sur l’aménagement, les arbres de la rue du Faubourg national ont été aussi arrachés. Dans le sens descendant vers la clinique, les voitures circulent sur l’ancien terre-plein. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Après des années de débats, retards et revirements, un collectif d’associations, dont l’AHQG fait partie, prône un retour au tracé voté en 2013. Ce prolongement de la ligne C passe par la gare de Strasbourg, avant de rejoindre le centre-ville. Cette variante, plus chère, permettait de préserver la rue du Faubourg national, un des rares lieux de vie occasionnel du quartier, et d’envisager d’autres extensions du réseau CTS à l’avenir, sans priver l’Elsau de ses trams F.

La décision du tribunal administratif



Ordonnance Rejet Requete AHQG (Text)

La ligne de TGV Rhin-Rhône, « non-prioritaire » avant… 2038

La ligne de TGV Rhin-Rhône, « non-prioritaire » avant… 2038

Le conseil d’orientation des investissements mis en place quatre mois plus tôt par la ministre des Transports Elisabeth Borne va livrer ses conclusions. Les lignes directrices sont dans le journal Le Parisien. Ses travaux doivent orienter la future loi de programmation d’infrastructures.

Parmi ses propositions, on y apprend que la deuxième phase de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) Rhin-Rhône n’est pas prioritaire. Le rapport piloté par l’ancien député Philippe Duron suggère de n’y dédier aucun financement jusqu’en… 2038.

La philosophie « En Marche »

Cette annonce correspond aux inclinaisons générales du gouvernement. Depuis le début du mandat, il indique qu’il souhaite privilégier les transports du quotidien, plutôt que les grandes infrastructures. Les lignes de TGV concentrent une grande part des investissements (38%) pour une faible proportion de passagers (9,5%).

La sénatrice du Bas-Rhin Fabienne Keller (Agir, centre-droit) a vite réagi sur Twitter. Contactée, l’ancienne maire de Strasbourg regrette ce choix :

« Cette commission devait passer au crible 70 projets de transports, majoritairement ferroviaires, et réévaluer les montants. Pour la desserte de Strasbourg, capitale européenne, on ne peut accepter cette conclusion. »

Un axe « stratégique » en décembre

« En décembre, Alleo la filière commune de la SNCF et la Deutsche Bahn indiquait que la ligne Paris-Stuttgart via Strasbourg avait dépassé les attentes en fréquentation après 10 ans et que l’axe Rhin-Rhône était important dans leur stratégie, afin de relier Strasbourg et l’Allemagne au sud de la France », précise-t-on dans son entourage pour souligner cette incompréhension.

C’est aussi une extension qu’appelait de ses vœux la première secrétaire départementale et co-présidente du groupe PS à la Région Grand Est Pernelle Richardot.

Inaugurée en 2011, la LGV Rhin-Rhône permet aux trains de circuler à pleine vitesse sur sur 137 kilomètres, entre Belfort TGV et Villers-les-Pots près de Dijon. C’est la seule ligne de TGV qui n’est pas reliée à l’Île de France.

L’extension de la ligne de TGV Rhin Rhône n’est pas pour tout de suite (Photo credit: Rob Dammers on VisualHunt / CC BY)

Plusieurs tronçons à étendre

Plusieurs extensions sont envisagées. La deuxième phase de la branche Est, de Mulhouse à Belfort (35 kilomètres), ainsi que les derniers kilomètres vers Djion (15 kilomètres). Une extension vers l’ouest, via Dijon, vise à raccorder la ligne à l’Île-de-France. Enfin, une autre plus au sud vise à accélérer le temps de parcours entre Dijon et Lyon. Les meilleurs temps de trajet d’un Strasbourg Lyon pourrait passer à environ 2h30 (contre 3 à 4 heures aujourd’hui selon le nombre d’arrêts) et à 3h30 pour un Strasbourg-Marseille (contre 5h30 à 6h).

En dépit de ces pistes de travail, il est encore possible de faire changer le contenu la loi ou pour un futur gouvernement de changer la donne. Mais des grands investissements d’ampleur contraignent aussi les budgets de l’État pendant des années voire des décennies. Ainsi, il n’est pas toujours possible de complètement remettre en cause la continuité des grands projets.

Deux jours de documentaires gratuits à l’Odyssée, vendredi 9 et samedi 10 février

Deux jours de documentaires gratuits à l’Odyssée, vendredi 9 et samedi 10 février

Les vendredi 9 et samedi 10 février, le festival « Étoiles du documentaire » présente sept films documentaires primés. Le spectateur pourra les voir gratuitement et rencontrer les réalisateurs à l’issue des projections. L’un des films présentés, réalisé par une Alsacienne, Simone Fluhr, part à la rencontre de plusieurs SDF dans les rues strasbourgeoises.

La vie secrète des yakuzas, les difficultés d’un village portuaire sur les côtes du Finistère, les conséquences désastreuses de l’ouragan Katrina sur La Nouvelle-Orléans et sa population sinistrée… Autant de thèmes, éclectiques s’il en est, explorés lors du festival « Étoiles du documentaire », organisé au cinéma Odyssée à Strasbourg, les vendredi 9 et samedi 10 février.

À l’initiative de la SAFIRE (la Société des Auteurs de Films Indépendants de Région Est), le festival mettra à l’honneur sept des Trente Étoiles décernées chaque année par la SCAM (Société civile des auteurs multimédia) qui récompense depuis 2005 les meilleurs films documentaires diffusés sur les chaînes télévisuelles francophones.

Pour Luc Maechel, de la SAFIRE, l’objectif du festival est de donner une visibilité au film documentaire… et d’intéresser le public à un genre un peu délaissé :

« On a voulu mettre en avant aussi bien le genre « reportage », très proche du style journalistique, que le « documentaire de création », qui met en avant le propre regard du réalisateur, ses problématiques, son histoire… Le fait d’avoir été sélectionné par la SCAM a permis aussi à certains réalisateurs d’obtenir une reconnaissance professionnelle forte, même si certains ont déjà une forte légitimité. »

Mention spéciale à Rivages, film réalisé en 2016 par Simone Fluhr, dans les rues de Strasbourg. La réalisatrice propose un regard bienveillant et pudique sur plusieurs personnes sans-domicile, rencontrées au détour d’une ruelle ou sous un pont sur l’Ill. À découvrir le vendredi 9 février, à 20h30 dans la grande salle de l’Odyssée, après la soirée d’inauguration du festival.

À Strasbourg, la course des Marcheurs face au piétinement de La République en Marche

À Strasbourg, la course des Marcheurs face au piétinement de La République en Marche

À Strasbourg, la vingtaine de comités locaux de La République En Marche (LREM) peine à se remobiliser après l’euphorie des élections présidentielle et législatives. Les militants locaux, pourtant encore enthousiastes, se heurtent aux tâtonnements du parti, neuf mois après sa création.

« On a parfois l’impression d’être inaudibles au niveau national » : Olivier (le prénom a été changé) résume le ressenti des militants présents un samedi matin à Lingolsheim, lors de la réunion mensuelle de trois comités de « La République en Marche » (LREM). « C’est monté très vite, très fort pendant la campagne à la présidentielle, il faut maintenant arriver à stabiliser l’édifice », précise Magalie, qui s’est engagée peu après la création du mouvement. Mais la vingtaine de comités locaux LREM installés à Strasbourg et alentours tâtonne encore.

À la réunion des adhérents de Geispolsheim, Ostwald et Lingolsheim, le constat est unanime : le « mouvement » (le terme « parti » ne semble pas devoir faire partie du vocabulaire macronien) peine à s’ancrer au niveau local. Et de nombreux militants ont déjà quitté le navire : « c’est normal, car les gens ont une vie familiale, ou n’ont pas forcément envie de faire de la politique toute leur vie, d’autant plus qu’on n’est plus en période électorale », justifie Christophe Masson, animateur du comité de Geispolsheim.

Du côté du groupe de Strasbourg-Sud (regroupant les militants du Neudorf, de la Meinau et du Neuhof), le co-animateur Maël Richecœur reconnaît également que parmi les « 50-60 » adhérents, ils sont seulement « entre 10 et 20 » à être encore actifs et participer de manière régulière aux réunions.

Une militante présente à la cérémonie de voeux de l'équipe départementale LREM affiche fièrement son "tote bag" aux couleurs d'En Marche. "Ce sera bientôt une pièce de musée", nous dit-elle... (Photo EB / Rue89Strasbourg / cc)
Une militante présente à la cérémonie de voeux de l’équipe départementale LREM affiche fièrement son « tote bag » aux couleurs d’En Marche. « Ce sera bientôt une pièce de musée », nous dit-elle… (Photo EB / Rue89Strasbourg / cc)

Des comités aux moyens limités

Restent donc seulement les irréductibles marcheurs, les plus convaincus, les plus optimistes. Ceux qui s’animent à l’évocation de la figure presque providentielle d’Emmanuel Macron, à l’instar d’Eric Constans, 74 ans, animateur du comité d’Ostwald :

« Il a la volonté de faire avancer les choses. Je n’ai jamais voté pour un président qui avait un véritable projet avant Emmanuel Macron. Pour la première fois, on a foi dans quelque chose. »

De la foi, ces militants en ont encore : certains estiment à trois heures par jour leur investissement personnel pour le parti. Un engagement bénévole, rappellent-ils, que la plupart cumulent avec leur profession ou leurs études.

D’autant que le travail des militants n’est pas facilité par le manque de moyens locaux : alors que le parti est devenu le plus riche de France après le raz-de-marée des élections législatives de juin 2017 (le nombre de députés élus lui assurant un budget de plus de 100 millions d’euros sur cinq ans), il ne dispose d’aucun local à Strasbourg.

Pour leurs réunions mensuelles internes, ou les « cafés-citoyens » et autres « ateliers de réflexion », les comités doivent s’en remettre à l’équipe de Laurence Vaton, référente départementale du parti. Celle-ci est chargée de répertorier toutes les salles mises à disposition gratuitement dans le Bas-Rhin Il faut dire que les dîners de travail au restaurant devenaient un peu trop onéreux pour les militants…

Des liens « constants » avec les députés LREM

Les militants ne sont pourtant pas abandonnés par leur parti : ils reçoivent régulièrement la visite des députés des quatre circonscriptions bas-rhinoises gagnées en juin 2017. Martine Wonner par exemple entretiendrait des « liens constants » avec les comités de sa circonscription selon Christophe Masson :

« Tout le monde ici connaît Martine [Wonner]. Le 1er décembre, elle a reçu l’ensemble des animateurs des comités locaux. Et elle a pour projet d’organiser prochainement, avec les comités de sa circonscription, une réunion ouverte à tous sur le thème des services publics. »

Thierry Michels, député de la 1ère circonscription du Bas-Rhin, expliquait de son côté, lors de sa cérémonie de vœux vendredi 12 janvier, être « en relation » (par e-mail principalement, nous explique-t-il) avec les comités de sa circonscription une fois par semaine. Il avait cependant reconnu « être un peu moins présent en circonscription », justifiant être bien occupé à l’Assemblée nationale, où il est membre de la commission des Affaires sociales et de la commission des Affaires européennes.

Même son de cloche concernant Laurence Vaton. La référente départementale, dont le rôle de coordination entre les comités locaux et les instances nationales du mouvement est « crucial », entretient des relations « de proximité » avec les militants, selon Eric Constans. Celle dont la nomination en juillet avait été critiquée par certains militants, a été catapultée « par en-haut », au niveau national, précise un militant. Les critiques sont désormais balayées d’un revers de main. Éric Constans a même trouvé une bonne raison pour cette nomination :

« Nous sommes encore dans une logique de construction. Il nous paraissait plus important que quelqu’un de compétent prenne cette place, car nous n’étions pas en mesure de faire un choix démocratique. Ce qui compte aujourd’hui, c’est que ça fonctionne correctement avec les comités. »

Officiellement donc, la question de la nomination de Laurence Vaton n’est plus un sujet.

Un « retour sur investissement » difficile à mesurer

En-dehors de ces rencontres, des critiques se font entendre sur le fonctionnement concret des comités. Si les personnalités les plus établies du microcosme LREM à Strasbourg indiquent que « certaines de [leurs] propositions ont été reprises, parfois mot pour mot, par le gouvernement » (sans toutefois préciser lesquelles), nombreux sont les militants qui pointent au contraire un manque de « retour sur investissement » de leur engagement.

Certains soulignent un « manque de communication interne » au sein du parti, à l’instar de Christophe Masson :

« On est énormément sollicité par les instances nationales, pour organiser des réunions publiques, des ateliers, des « cafés-citoyens », sur tel ou tel sujet. Mais on ne voit pas très bien comment cela va être pris en compte. Je ne suis pas sûr par exemple que les comités qui se sont penchés sur la thématique de l’alimentation (lors des « états généraux de l’alimentation », ndlr) aient réellement eu un retour sur leurs réflexions. »

Christophe Castaner, délégué général du mouvement depuis novembre, chargé de reprendre en main LREM après quelques mois de flottement de la direction collégiale, reconnaissait lui-même en novembre, dans les colonnes du JDD :

« Nous n’avons pas été assez en soutien de nos adhérents. Ma première priorité, c’est donc de retrouver l’ADN du mouvement : ouvert, libre, bienveillant, proche des territoires et utile aux citoyens. »

Défi de taille, pour un parti qui n’existait pas il y a un an. Et qui reste pour le moment très parisien : Christophe Masson, animateur du comité de Geispolsheim, explique ressentir une certaine « distance » entre les comités locaux et le siège du parti. Il reste critique vis-à-vis de l’avenir de La République en Marche :

« Le vrai risque de déception, c’est si le niveau national n’arrive pas à faire le lien avec les régions et qu’il n’y a pas d’enrichissement réciproque. Qu’il n’y ait jamais de retour, ça va forcément à terme nous décevoir. »

« Il y a encore du travail à faire pour structurer le parti » 

Neuf mois après la création du mouvement LREM, présent dès la campagne à la présidentielle, Maël Richecoeur reconnaît :

« Il y a encore du travail à faire pour structurer le parti, être plus aguerri. Il faut trouver les moyens efficaces pour faire remonter les bonnes idées et les bonnes pratiques au niveau national, afin d’éviter toute rupture entre politiques et citoyens. »

Thierry Michels le concède également : il faut selon lui « accepter l’idée qu’on est en période d’ancrage local, et que cela prend du temps. Les choses se structurent dans la durée. »

Alors pour contrer la période de démobilisation massive qui a suivi les élections présidentielle et législatives, LREM semble vouloir se lancer de nouveaux défis, pour continuer à exister au-delà de Paris : « cafés-citoyens », « Initiatives citoyennes », ateliers de réflexion… Nombreux sont les projets dans les tiroirs ; plus rares sont les avancées concrètes.

Preuve en est, la « Marche pour l’Europe », que le mouvement avait annoncée en grande pompe mi-novembre. Cette Marche devait prendre la forme de réunions publiques, sur le thème de l’Europe, en vue de la préparation de la campagne aux élections européennes de 2019. L’idée européenne, c’est justement un sujet qui réunit les sympathisants du centre-gauche ou du centre-droit, là où d’autres sujets, comme la loi d’immigration, font davantage débat.

Mais là encore, les militants sont dans le flou : « on n’a pas encore beaucoup d’informations à ce sujet », admet un animateur local LREM. Pas plus d’informations du côté du comité Strasbourg Cathédrale, pourtant l’un des plus actifs.

Les « Marches », prévues initialement pour la fin du premier trimestre 2018, ont finalement été reportées, faute de préparation suffisante.

En 1518, des Strasbourgeois désespérés ont dansé jusqu’à en mourir

En 1518, des Strasbourgeois désespérés ont dansé jusqu’à en mourir

Il y a 500 ans, plusieurs centaines de Strasbourgeois se mettent à danser frénétiquement. Madame Toffea lance la transe le 14 juillet 1518. Rue du jeu des enfants, elle n’écoute pas son mari, qui la supplie de cesser : elle s’agite, jour et nuit, les pieds en sang. Dix jours plus tard : 50 individus sont contaminés. À la fin de cette épidémie, dont les raisons sont toujours mystérieuses, ils sont près de 400 victimes.

Le romancier Jean Teulé a fait de cet épisode de l’Histoire strasbourgeoise le sujet de son prochain livre, Entrez dans la danse. L’ouvrage sera disponible dans les librairies ce jeudi 1er février. Invité de l’émission Boomerang (32′) de France Inter, l’écrivain livre son explication :

« Dans la même année, il leur est tout tombé sur la gueule à Strasbourg. Ils ont eu toutes les maladies qui sont apparues : la peste, le choléra, la lèpre et même une maladie qui s’appelle la suette anglaise, une maladie apparue pour la dernière fois sur Terre à Strasbourg. Cette maladie, vous la chopez, deux jours après, vous êtes morts. »

Écouter l’émission sur Franceinter.fr (32′)

Une quinzaine de morts par jour

Le roman de Jean Teulé ne raconte pas une « fête » de plusieurs jours à Strasbourg. La transe est macabre. On dénombre une quinzaine de morts quotidiens. Les danseurs sont victimes de déshydratation ou d’accidents cardio-vasculaires. Les Strasbourgeois auraient dansé, parce qu’il étaient désespérés, selon l’auteur. Car les maladies n’étaient pas les seuls maux de cette année maudite :

« Il y avait des catastrophes météorologiques. Tous les gens crevaient de faim. Ils étaient dans un état de famine tel que quand les femmes avaient fini d’allaiter, avec leur enfant elles allaient au Pont du Corbeau à Strasbourg pour balancer leur enfant à la rivière. D’autres familles bouffaient leur enfant. Il y avait rien à manger. Et donc ils étaient dans un état d’angoisse et de panique. En plus, une nouvelle religion déboulait. Tout d’un coup, il y a eu plein de naissances de siamois dans Strasbourg, personne ne comprenait rien. Ils se sont même pris une météorite au ras de la ville. »

D’autres analystes expliquent cette hystérie collective par une crise d’ergotisme. Cette maladie survient lorsque l’ergot de seigle, présent dans du pain, a moisi.  La moisissure peut provoquer des effets similaires au LSD.

Les autorités strasbourgeoises tentent de mettre fin à cette hystérie collective en organisant un espace pour les danseurs et les musiciens. La décision favorise la contagion. La fête macabre prend fin quelques semaines plus tard lorsque les derniers malades sont envoyés à Saverne pour prier Saint-Guy, protecteur des malades de chorée (maladie neurodégénérative).

À Strasbourg mardi, le philosophe François Jullien vient parler de nos identités

À Strasbourg mardi, le philosophe François Jullien vient parler de nos identités

Le philosophe François Jullien sera à Strasbourg mardi 6 février à 19h pour une conférence intitulée « Qu’en est-il de notre identité ? ». Cette conférence est organisée par l’Adeus, l’agence d’études d’urbanisme de l’agglomération de Strasbourg. Qu’est-ce que les urbanistes ont à voir avec l’identité pourrait-on questionner ? Pour Anne Pons, directrice de l’Adeus, il est essentiel au contraire de poser les questions d’identité quand on pense la ville :

« Nous avons invité François Jullien parce que ses réflexions sur nos rapports aux ressources culturelles, nous aideront à distinguer entre nos identités personnelles, légitimes, et nos identités culturelles, douteuses et dangereuses. Ces réflexions tombent à pic au moment d’un questionnement renforcé autour de la cohésion territoriale, qu’elle soit entre rural et urbain, alsacienne et française, Grand Est et transfrontalière, et aussi européenne. Peut-être de nouveaux outils pour nos projets ? »

François Jullien (Photo Chung Yi-Chang / Wikimedia Commons / cc)
François Jullien (Photo Chung Yi-Chang / Wikimedia Commons / cc)

Philosophe mais aussi helléniste et sinologue, grand prix de philosophie 2011 et titulaire de la chaire de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme sur l’Altérité, François Jullien est une voix rare à Strasbourg. Ses rendez-vous publics ne sont guère fréquents non plus. En outre, il est rare de pouvoir interroger les questions d’identité, essentielles mais ultra-personnelles, dans le cadre sécurisé du savoir académique et avec comme perspective, des notions aussi concrètes que les manières de vivre-ensemble, au sein d’une agglomération partagée. La soirée promet donc d’être exceptionnelle à plus d’un titre.

#Misha

Tram vers Kœnigshoffen : l’urgence des travaux contestée devant le juge administratif

Tram vers Kœnigshoffen : l’urgence des travaux contestée devant le juge administratif

Mardi 30 janvier, le tramway vers Kœnigshoffen était au cœur des échanges devant le tribunal administratif de Strasbourg. La présidente de l’Association des Habitants du Quartier Gare (AHQG) et l’avocat de deux sociétés civiles immobilières ont plaidé pour la suspension des travaux et l’annulation de la déclaration d’utilité publique. Les représentants de la préfecture du Bas-Rhin et de l’Eurométropole ont rejeté en bloc les arguments des requérants. Le juge administratif doit prendre une décision vendredi 2 février au plus tard.

Le débat autour de l’extension du tramway vers Kœnigshoffen continue… cette fois devant le tribunal administratif de Strasbourg. Le 30 janvier, l’avocat des sociétés civiles immobilières (SCI) Double Grue et La Deffaye, Me Lionel Wirtz, ainsi que la présidente de l’Association des Habitants du Quartier Gare (AHQG), Anne-Marie Victor, ont plaidé pour la suspension des travaux.

Ils ont attaqué l’arrêté préfectoral et l’arrêté municipal déclarant d’utilité publique le détournement vers l’ouest de la ligne F du tramway strasbourgeois. La représentante de la préfecture du Bas-Rhin, Elise Ladrette, puis l’avocat de l’Eurométropole, Me François Benech, ont défendu au contraire la poursuite des travaux démarrés début janvier. Le juge administratif décidera, ou non, de suspendre ces travaux vendredi 2 février au plus tard. Le temps de se prononcer sur l’utilité publique dans plusieurs mois.

La CTS et la municipalité ont engagé les travaux à un rythme soutenu au mois de janvier 2018, avant l’examen du recours en référé. (photo JFG / Rue89 Strasbourg / Flickr / cc)

« L’Eurométropole a choisi de passer en force »

Lionel Wirtz a plaidé pendant plus d’une demi-heure. L’avocat des deux sociétés civiles immobilières a commencé par défendre l’intérêt à agir de ses clients. Les SCI Double Grue et La Deffaye possèdent des appartements situés à Strasbourg au 2, boulevard de Nancy. La construction du tram en face de leurs propriétés suffit, selon Me Wirtz, à justifier la requête en recours déposée.

L’avocat a poursuivi sa plaidoirie en accusant l’Eurométropole d’avoir illégalement démarré les travaux :

« Il était possible de déposer un recours contre la déclaration d’utilité publique jusqu’au 20 janvier 2018. J’ai écrit aux responsables de l’Eurométropole et de la Préfecture pour leur signaler le dépôt d’une plainte le 8 janvier. Je leur ai donc demandé de ne pas démarrer les travaux puisqu’une procédure judiciaire était lancée. Malgré tout, l’Eurométropole a choisi de passer en force en démarrant les travaux du tram F vers Kœnigshoffen dès le 15 janvier. »

Me Wirtz a tenté de convaincre le juge administratif sur deux points : l’arrêt des travaux doit être considéré comme « urgent » et des « doutes sérieux » doivent être mis en avant quant à la légalité de la déclaration d’utilité publique. Lionel Wirtz a invoqué l’impact du projet de tramway sur la forteresse Vauban, classée à l’inventaire des monuments historiques. L’avocat a aussi rappelé les découvertes archéologiques réalisées en octobre 2017 le long de la route des Romains.

Parmi ses derniers arguments, le défenseur des deux SCI a mis en avant des coûts sous-estimés du projet, une atteinte à la faune et à la flore de la ceinture verte de Strasbourg et l’absence de compensation au niveau des pertes de places de stationnement.

Les arbres du de boulevard de Nancy ont été arrachés. À ce carrefour, le tram F tournerait vers la rue du Faubourg-National, à gauche sur cette photo. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

« On crée un véritable goulot d’étranglement dans le quartier gare »

Aux côtés de l’avocat, la présidente de l’AHQG, Anne-Marie Victor, a entamé un plaidoyer beaucoup plus court :

« L’étude d’impact du projet ne répond pas aux risques de bouchons qu’entraîne le prolongement Ouest de la ligne F du tramway. En divisant par deux le nombre de voies, on crée un véritable goulot d’étranglement dans le quartier gare. Toutes ces voitures risquent d’être fréquemment à l’arrêt de la sortie d’autoroute, rue de Koenisghoffen à la place de la Porte-Blanche. Cela aura un impact négatif sur la qualité de l’air. »

La présidente de l’association a ensuite dénoncé l’impact écologique du projet de parking-relais en sortie d’autoroute :

« Le corridor 104, qui doit permettre à la faune de se déplacer, va être rendu plus étroit. La continuité du parcours de la faune est donc loin d’être garantie. »

Pour la préfecture, l’intérêt général prime

Les plaidoyers de la défense ont été beaucoup plus succincts. Elise Ladrette, représentante de la préfecture, a réaffirmé les neufs objectifs de la déclaration d’utilité publique. Parmi eux, on trouve le désenclavement des quartiers Ouest, la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et des nuisances sonores. Et Elise Ladrette de conclure :

« Le projet déclaré d’utilité publique ne présente aucun inconvénient de caractère excessif au regard de son apport à l’intérêt général. La préfecture rejette donc l’ensemble des recours présentés par les demandeurs. »

Le coût des travaux retardés : l’argument phare de l’Eurométropole

Représentant de l’Eurométropole, l’avocat François Benech a remis en cause le préjudice causé à l’AHQG et aux deux SCI par les travaux :

« Le véritable préjudice, c’est l’actuelle congestion du trafic au niveau de la rue du Faubourg-National. Le projet va y remédier en favorisant le recours aux transports en commun, au vélo et à la marche. Globalement, il va même améliorer le cadre de vie des habitants du quartier : il y aura une plus grande végétalisation puisque le double des arbres arrachés seront plantés [en réalité, 190 replantés contre 150 déracinés, ndlr]. »

Avant les concertations sur l’aménagement, les arbres de la rue du Faubourg national ont été aussi arrachés. Dans le sens descendant vers la clinique, les voitures circulent sur l’ancien terre-plein. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

L’avocat de l’Eurométropole a aussi remis en cause l’intérêt de l’AHQG à attaquer la déclaration d’utilité publique :

« L’association n’est pas représentative de l’ensemble des citoyens, dont ceux de Kœnigshoffen, qui attendent avec impatience la réalisation du projet. »

Puis Me Benech a repris l’argument de l’urgence à son compte :

« Il y a un impératif à la poursuite du projet : les travaux autour des bretelles autoroutières doivent être réalisés entre mi-mai et mi-août 2018. Tout a été conçu pour profiter d’une moindre congestion de l’A35 pendant les congés estivaux. Si les travaux sont suspendus, le retard sera d’un an au moins. »

Et l’avocat de lier la suspension des travaux aux coûts qu’engendreraient une telle mesure :

« Plusieurs entreprises ont déjà été engagées par l’Eurométropole pour un montant de 4,5 millions d’euros. Ces entreprises peuvent accepter de retarder les travaux, mais à condition d’être dédommagées pour les équipes mobilisées à perte, les matières premières à stocker… Le projet pourrait ainsi coûter plus d’un million d’euros supplémentaires… »

Du côté de l’Eurométropole, la conclusion est la même : tous ces recours des demandeurs sont à rejeter.

À l’adresse d’une avocate qui attendait de plaider son dossier après celui du tramway strasbourgeois, le juge administratif s’est excusé pour la longueur inhabituelle de l’audience. Mais les débats autour de l’extension du tram vers Kœnigshoffen sont loin d’être terminés…

Une nouvelle association milite pour une « entente » Alsace-Moselle

Une nouvelle association milite pour une « entente » Alsace-Moselle

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Grève des maisons de retraite : le manque de moyens accable personnel et résidents

Grève des maisons de retraite : le manque de moyens accable personnel et résidents

À l’appel de leurs syndicats, une partie du personnel des maisons de retraite est en grève mardi 30 janvier. Les organisations syndicales, soutenues par l’association des directeurs d’établissements, protestent contre le manque d’effectifs et des conditions de travail éreintantes. Premières victimes de cette situation : les résidents. Sous couvert d’anonymat, des proches ont accepté de témoigner.

« Lorsque je travaille de nuit, il m’arrive d’être la seule infirmière pour 108 patients », explique Audrey (tous les prénoms ont été modifiés), infirmière dans un service de gériatrie à l’hôpital de la Robertsau à Strasbourg. Mardi 30 janvier, elle « profitera » de son jour de congé pour manifester à 10 heures place Kléber contre la dégradation continue de ses conditions de travail. Certains de ses collègues, assignés au travail et donc interdits de manifestation, colleront une étiquette « En grève » sur leur blouse. Mi-décembre, le syndicat Force Ouvrière a appelé les personnels des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et de l’aide à domicile à faire grève. Six autres organisations syndicales (CFDT, CGT, FO, SUD…), ainsi que l’association des directeurs d’établissements, ont rejoint cette mobilisation, signe d’une situation largement dégradée.
Aide-soignants ou infirmières, ils sont nombreux à dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail et l’impact sur le traitement des personnes âgées (Photo Alexis Mialaret / Flickr / cc)

« Régulièrement, je prie pour qu’il n’arrive rien »

Audrey raconte ses difficultés aussi quotidiennes qu’éprouvantes :
« Avec le temps, les patients grabataires sont de plus en plus nombreux. Ça n’a pas été pris en compte dans la gestion des effectifs. Or, ce qu’on peut faire en quelques minutes avec un patient qui marche, on ne peut pas le faire avec une personne incapable de quitter son lit. »
Il y a aussi les douleurs physiques qu’observe l’infirmière chez ses collègues :
« Quand vous devez coucher quinze à vingt personnes à bout de bras tous les jours, les épaules, le dos, les poignées prennent un coup. J’ai vu des collègues, âgés de 35 à 40 ans, qui ont déjà des pathologies articulaires… Ils ont les épaules, les coudes bousillés, ou le dos… »
Puis Audrey réprime un sanglot avant d’expliquer :
« Lorsque je travaille de nuit, il arrive souvent que je sois la seule infirmière pour une centaine de patients. Ces résidents, je veux tous les avoir vus avant la fin de ma nuit. Régulièrement je prie pour qu’il n’arrive rien. Certes, la plupart d’entre eux dorment. Mais il peut toujours arriver quelque chose. Il m’est déjà arrivé qu’un patient tombe. Puis, pendant que je m’en occupe, on m’appelle parce qu’à l’étage, quelqu’un ne respire pas bien. C’est assez effrayant. »

Anne, étudiante dégoutée de la maison de retraite

Anne est étudiante en école d’infirmières. Elle a réalisé plusieurs stages en maison de retraite. Son expérience d’aide-soignante l’a convaincue qu’elle ne travaillerait pas dans ces établissements. Elle explique :
« A l’école, on nous apprend à prendre 40 minutes par personne pour la toilette. En stage, je n’ai jamais eu plus de 20 minutes pour m’occuper d’un résident. En plus, il y a un énorme taux d’absentéisme en Ehpad. Tu passes donc souvent de 15 personnes sous ta responsabilité à 30. Alors quand tu dois t’occuper de 30 personnes, celui qui t’appelle juste pour faire pipi, tu n’as pas le temps de l’aider. Tu lui changeras sa couche plus tard. Moi qui apprécie le contact avec les patients, je sais que je ne trouverai pas satisfaction au sein d’une maison de retraite. »

« Pour moi, c’est de la maltraitance »

Les résidents d’Ehpad sont les premières victimes de cet épuisement des accompagnants. Virginie rend régulièrement visite à son père, résident d’une maison de retraite à Cronenbourg depuis sept ans. Demain, elle ira soutenir les aide-soignants en grève. Tout en préservant son identité et celle de son père, elle dénonce un « établissement désorganisé » :
« Il n’y a pas de toilettes pour handicapés au rez-de-chaussé, là où les gens mangent et passent leur après-midi. J’ai déjà vu mon père en pyjama en plein milieu de l’après-midi. Depuis un moment, sa couche n’est plus changée le matin. Pour moi, c’est de la maltraitance… Mon père est aphasique : il ne peut pas parler mais il comprend tout… »
Sophie a aussi tenu à dénoncer la situation de sa mère, dans le même Ehpad après plusieurs accidents vasculaires-cérébraux :
« J’ai constaté plusieurs fois que les repas servis étaient incomplets : le complément nutritionnel ou la soupe gélifiée manquaient. Je me suis aussi plainte lorsque j’ai constaté que ma mère était en pyjama dès le début de l’après-midi. Pour le goûter, on lui a déjà laissé un pot fermé sur la table. Elle est hémiplégique, plusieurs parties de son corps sont paralysées, elle n’a donc pas pu le manger. Enfin, les douches se font une seule fois par semaine, comme dans beaucoup d’établissements. Le reste du temps c’est la toilette minimum. On appelle ça VMC : visage, mains, cul. »

L’action en contradiction avec l’éthique

Du côté des accompagnants, on dénonce aussi de telles situations. Pour Audrey, l’augmentation des effectifs est la seule solution :
« Notre action quotidienne est en contradiction avec notre éthique professionnelle, l’empathie qu’on a pour les personnes âgées et le respect de leur dignité. On veut faire dans la bientraitance mais on nous demande de faire vite. En dix minutes, on ne peut pas faire la douche d’une personne complètement dépendante. Il faut le déshabiller, faire sa toilette puis lui mettre ses habits de ville, sachant que ce sont des patients qui ont souvent de l’arthrose… Ensuite, il faut les relever et les mettre dans leur fauteuil roulant la plupart du temps. On nous demande de faire ça en dix minutes par personne. Ce n’est juste pas possible. »

« Il doit y avoir un encadrant pour chaque résident »

Christian Prud’homme est délégué régional de Force Ouvrière Santé et secrétaire général du syndicat aux hôpitaux universitaires de Strasbourg. Ses revendications portent en priorité sur les effectifs insuffisants en Ehpad :
« Nous souhaitons que la principale promesse du Plan Solidarité Grand Âge de 2006 soit enfin mis en oeuvre. Il doit y avoir un encadrant pour chaque résident. Dans le Bas-Rhin, la moyenne s’approche du ratio national : on y compte 0,7 encadrant par patient. Mais on descend à 0,55 dans certains endroits, comme à Woerth. Nous réclamons donc 1000 nouveaux postes dans le département du Bas-Rhin, principalement des soignants, pour les 45 Ehpad qui dépendent du ministère de la Santé. »
Le 31 janvier, les syndicats se réuniront pour décider des suites à donner à la mobilisation. Pour Christian Prud’homme, le mouvement pourrait être élargi à tous les hôpitaux publics. Sur RTL, le 25 janvier, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a annoncé qu’elle débloquerait 50 millions supplémentaires pour les Ehpad. La promesse n’a pas suffit à calmer les syndicats.

L’ancienne équipe de Strasbourg Événements essorée par GL Events

L’ancienne équipe de Strasbourg Événements essorée par GL Events

Trois ans après l’arrivée de GL Events au capital de Strasbourg-Événements, une quinzaine de salariés de l’équipe historique sur une centaine sont passés par une phase de « burn out ». Une autre quinzaine de salariés ont quitté la société, soit en démissionnant ou par rupture conventionnelle. Témoignages.

La santé des salariés de Strasbourg Événements (Foire européenne, St’art…) est-elle aussi florissante que ses affaires ? L’arrivée de GL Events dans le capital (47%) de la société semi-publique Strasbourg Événements s’est traduit par une hausse notable du chiffre d’affaires et d’événements (à lire ici).

Grâce à ce mariage avec la société lyonnaise, les employés ont eu droit d’accéder aux participations sur les bénéfices (210 000 euros en 2016, soit près 2 000 euros par salarié et vraisemblablement un peu plus en 2017). Cette distribution n’existait pas avant l’arrivée de la société lyonnaise fin 2014 mais après trois ans ensemble, plusieurs salariés actuels ou passés ont choisi de témoigner, sous couvert d’anonymat, sur les bouleversements qu’ils ont connu.

Un signalement à l’inspection du travail… sans suite

Strasbourg Événements s’appuyait sur une équipe où les salariés avaient parfois 20 ou 30 ans d’expérience. L’arrivée de GL Events, à qui la gestion quotidienne est laissée, doit redynamiser une société parfois qualifiée de « belle endormie ». Mais, malgré un certain satisfecit affiché, le management par GL a laissé des traces.

Si l’on reprend l’organigramme du 1er janvier 2014, environ un tiers des 115 salariés ne sont plus dans l’effectif actuel. Dans le détail, 14 sont passés par un « burn out » ou y sont toujours. Pour certains, cet épuisement au travail a précédé un départ. C’est notamment le cas de l’ancien directeur général adjoint. On dénombre par ailleurs 15 ruptures conventionnelles ou démissions et 3 licenciements pour inaptitude décidée par la médecine du travail. À cela s’ajoute aussi sept départs en retraite et un arrêt de travail de 2 ans.

Le PMC à Strasbourg est désormais géré par une filiale de GL Events (doc remis)
Le PMC à Strasbourg est désormais géré par une filiale de GL Events (doc remis)

Les tensions à l’intérieur de la société avaient fait l’objet d’un signalement à l’inspection du travail, resté sans suite. Sous couvert d’anonymat, des salariés s’interrogent sur les raisons qui ont conduit à ces nombreux départs. L’épuisement organisé de l’ancienne équipe vise-il à mettre en place progressivement une autre équipe ?

Une salariée résume sa déception :

« Il y a eu de l’enthousiasme avec l’arrivée de GL Events. La société présentait une force de frappe séduisante. Les troupes était galvanisées par Jean-Eudes Rabut (le nouveau président du directoire), qui a un certain charisme. Mais très vite, on a perdu au niveau humain, ce qui est sûrement la carence de ces grands groupes. On nous a bien fait sentir qu’on avait 15 à 20 ans d’ancienneté… ce qui n’était pas un avantage. Quelques années après, on a l’impression d’être trompé. »

Du travail emmené pendant les vacances…

Un homologue retient la charge de travail croissante, avec des départs non-remplacés de certains collègues. Les journées duraient « de 8h30 à 20h, l’heure de la fermeture du bâtiment », puis le soir chez soi « jusqu’à 23h ».

Puis, cela s’est traduit par du travail emmené pour les vacances en juillet (« la moitié de la journée »), mois de congés habituel des salariés avant des mois d’août et septembre toujours intenses en raison de l’organisation de la Foire européenne.

Pour un autre salarié, c’est l’intensité du travail qui l’a poussé à se déclarer en « burn out » :

« Dans mon cas, c’était tout simplement de tâches qui s’accumulait, sans qu’à aucun moment personne ne se soucie de savoir si j’avais le temps pour les réaliser ou non. »

Ce salarié précise qu’il n’y avait aucune forme de harcèlement moral dans son cas, contrairement à ce que certains de ses collègues ont connu, précise-t-il. Ainsi, un collaborateur s’est entendu dire « tu ne veux pas nous faire un deuxième burn out ? », face à son nombre d’heures supplémentaires constaté, ou qu’il devait « faire ses preuves », après plus de deux ans à fonctionner en sous-effectif.

Pour l’intéressé, son mal-être est à imputer à une culture d’entreprise différente :

« GL Events a bien compris que les anciens salariés de Strasbourg Événements ne laisseraient pas tomber la boîte, car ils y sont attachés. On ne nous demande pas toujours de boucler un dossier, mais on le fait quand même car on sait que d’autres personnes l’attendent… Au final, l’inhabituel devient normal. Ce n’est pas la vie qu’on voulait mener en travaillant ici. »

Dans d’autres cas, c’est une mise à l’écart qui est constaté par les salariés. Ainsi de retour d’un congé thérapeutique à mi-temps, une personne a la surprise de constater qu’une collaborateur a été recruté et qu’il n’avait… plus du tout de travail. « Rien, c’est pire que trop », résume ce salarié.

« Pas de marge sur le personnel », répond la présidente

Plus anodin mais révélateur d’un certain mal-être, que certains responsables politiques locaux parlent de « GL » (et non de Strasbourg Événements) lors des débats en conseil municipal ou de l’Eurométropole a aussi interpellé sur la manière dont les salariés historiques sont perçus. Des t-shirts de travail siglés « GL Events » ont été un temps proposés, et refusés, par le personnel. Ils arrivaient ainsi floqués car réalisés par une filiale de GL Events.

La présidente Nawel Rafik-Elmrini rappelle qu’il y a eu des changements d’organisation mais que le personnel ne doit en aucun cas être une variable d’ajustement :

« Nous avons un accord pour qu’il n’y ait pas de marge sur le personnel. Ce n’est pas contractualisé, mais c’est une volonté politique partagée. Les effectifs sont stables, 114 en 2014 contre 111 aujourd’hui. Un audit avait été réalisé. Il a débouché sur 5 directions « métiers » et une de support pour que chacun sache qui est son référent. »

Elle concède néanmoins qu’il y a eu « une période d’ajustement », avec un éphémère directeur de 7 mois, Marc Wenger (qui n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet), après le départ à la retraite du directeur historique, Claude Feurer. Ce dernier est parti juste après la signature de la DSP.

Le président délègue au directeur… souvent absent

Interrogée sur les burn out, Nawel Rafik-Elmrini renvoie ces questions au directoire, puisqu’elle estime que cette question relève de la gestion quotidienne. Elle précise ne pas avoir avoir d’alerte sur un phénomène massif, qui serait remonté jusqu’au conseil de surveillance qu’elle préside et qui se réunit quatre fois par an. Les représentants du personnel siègent dans cette instance.

Au quotidien, Strasbourg Éventements est dirigé par un président du directoire, Jean-Eudes Rabut. Basé à Lyon, il est le directeur du pôle « venues » (les lieux, en anglais) de GL Events. Cette fonction lui permet d’être mandataire d’une dizaine d’autres sociétés locales similaires, selon un annuaire de BFMTV. Il alterne entre ces nombreux sites ce qui fait que Jean-Eudes Rabut ne vient qu’une fois par mois à Strasbourg. « C’est une marque de confiance à l’équipe ici. Au début, il était beaucoup plus présent », estime Stéphane Herzog, le directeur de Strasbourg Événement et à qui la gestion quotidienne est confiée.

Stéphane Herzog assure que la santé des salariés « est toujours un sujet d’attention » :

« L’arrivée de GL Events a entraîné un audit social qui était demandé par les élus et n’avait jamais été obtenu. Il a été effectué par Love Business qui nous accompagne toujours et a débouché sur un plan de restructuration. Il y a eu des départs, mais aucun licenciement de notre fait. Les inaptitudes concernaient des pathologies lourdes, pas des burn out. C’est la médecine du travail qui en décide, pas nous. L’ancienneté moyenne est de 15 ans.

En comité d’entreprise et conseil de surveillance, je n’ai pas eu d’interpellation. Depuis le changement d’organisation, on partage beaucoup d’informations alors qu’avant, beaucoup de choses se faisaient à la main et étaient gardées secrètes. Tous les départs ont été remplacés, soit par des promotions internes qui a fait que six personnes sont passées cadres, soit par des recrutements. »

Contactés, les représentants du personnel n’ont pas souhaité s’exprimer, pour ne pas perturber disent-ils « les négociations de départ en cours » de certains de leurs collègues.

#ressources humaines

La Ville de Strasbourg très satisfaite du lucratif mariage avec GL Events

La Ville de Strasbourg très satisfaite du lucratif mariage avec GL Events

Trois ans après l’arrivée de GL Events au capital de Strasbourg Événements, le chiffre d’affaires et l’activité ne cessent de progresser.

Début 2014, la Ville et l’Eurométropole confient les clés de sa société d’économie mixte Strasbourg Événements à GL Events, une groupe international de l’événementiel basé à Lyon. La municipalité et l’Eurométropole restent majoritaires, mais c’est la société lyonnaise (47% du capital) qui gère le quotidien de l’entreprise. Les pouvoirs publics demandent des comptes et donnent les grandes orientations à travers un conseil de surveillance, qui se réunit quatre fois par an.

Cette prise de participation s’accompagne d’une délégation de service public (DSP), initiée en 2015 pour une durée de 20 ans. Cette alliance était justifiée par l’expérience du Zenith, où la société Vega l’avait emporté face à Strasbourg Événements. GL Events est un leader mondial dans l’événementiel et devait apporter de nouvelles compétences à une équipe que l’on jugeait endormie.

Les bons comptes font les bons amis

L’année 2016 est la première année en fonctionnement « plein ». Depuis 2016, Strasbourg Événements dispose d’un Palais de la musique et des Congrès (PMC) rénové, en plus des halls vétustes du Wacken progressivement démolis pour faire place au quartier d’affaires Archipel. Et après trois ans, les élus strasbourgeois ne regrettent pas le mariage. De 16 millions d’euros en 2014, le chiffre d’affaires est passé à 19,7 en 2016. Et l’année 2017 s’annonce encore meilleure, au-delà des 20 millions d’euros.

Après trois ans, la présidente Nawel Rafik-Elmrini (LREM) affiche sa satisfaction :

« Avec un meilleur résultat prévu pour 2017 qu’en 2016, nous avons réussi à lisser la biennalité du chiffre d’affaires, qui était historiquement liée au salon gastronomique Egast, qui n’a lieu que les années paires. C’était un objectif fort de la nouvelle gouvernance. GL Events a notamment pris en mains le service traiteur, qui peut paraître secondaire mais qui est souvent le premier retour que l’on peut avoir sur un salon si la qualité n’est pas an rendez-vous, ainsi que dans le développement commercial qui affiche de très bons résultats »

Tout ceci se répercute par des dividendes plus intéressantes pour la Ville et l’Eurométropole de 300 000 euros en 2015 à 694 000 euros en 2016. 2017 devrait rapporter davantage. Les 114 membres du personnel se sont partagés 64 000 euros en 2015, 210 000 euros en 2016.

Nawel Rafik-Elmrini constate cette reprise également dans la programmation :

« Des salons qui étaient partis dans d’autres villes pendant les travaux sont de retour comme Photonics ou E-MRS. Et nous en accueillons des nouveaux comme le congrès des matériaux en 2018. »

L’impact se chiffre aussi en retombées pour les hôtels, « de 85 081 nuitées de congressistes en 2013 à environ 126 000 en 2017. » En plus de la hausse du nombres d’événements, certains drainent plus d’affluence qu’anticipée. L’un d’eux a beaucoup fait parler en septembre, le congrès du logement social, dans un contexte de contestation par les bailleurs sociaux des choix du gouvernement.

Dans le chiffre d’affaires de 2016, 8 millions proviennent de la location du PMC et des halls d’exposition pour des événements, 1 million pour des spectacles et concerts au PMC et 10 autres millions proviennent des événements organisés directement par Strasbourg Événements (la Foire européenne, Egast, Tourissimo, le salon de l’Habitat et St’art). La proportion s’inverse en 2017, avec davantage de revenus provenant des locations.

Toute cette activité n’a pas été sans conséquence sur la santé des équipes (voir notre article).

La Foire européenne toujours scrutée

Vaisseau amiral de la programmation, la Foire européenne est très observée, alors que son site d’accueil est empêtré dans les travaux pour plusieurs années, ce qui bouleverse les habitudes. Une demi-critique via Facebook avait déclenché une mini-tempête municipale au printemps.

En 2017, plusieurs changements visibles ont été apportés. Des « salon Passion » avaient par exemple été instaurés pour toucher différents publics, notamment les plus jeunes. Les horaires ont aussi été élargis, et l’entrée rendue gratuite entre 18h et 20h (et 22h lors des trois nocturnes) pour toucher les actifs travaillant à Strasbourg.

La fréquentation s’est établie à 177 000 visiteurs, à peine 1,6% de plus que l’année d’avant, jugée décevante (-10% de fréquentation). Mais Strasbourg Événement insiste à nouveau sur un taux de satisfaction fort, 95% des visiteurs ayant indiqué leur souhait de revenir.

Et le mécontentement par exemple des stands japonais qui est remonté jusqu’aux oreilles de France 3 ? Nawel Rafik-Elmrini démine :

« Les commerçants étaient les mêmes que ceux du salon Digital Manga Show Digital qui avait drainé 16 000 personnes en juin ou lors de l’année 2012 ou le Japon était le pays invité, une année à plus de 200 000 visiteurs. Il y a eu une déception car l’affluence spécifique pour ces stands était moindre. Les derniers jours, nous avons d’ailleurs procédé à plusieurs ajustements. Qu’un salon trouve sa place, cela prend plusieurs années. »

Malgré certaines critiques récurrentes, la Foire reviendra bel et bien en 2018 avec « le même périmètre ». S’il y a des nouveautés inhérentes à chaque édition (on parle d’un retour d’un pays invité, après s’être contenté d’une « ambiance » cubaine en 2017), il n’y aura pas de bouleversement majeur.

Du développement lié à la politique

Strasbourg Événements affiche aussi sa satisfaction aussi pour St’art, la foire d’art contemporain de novembre. Le bilan met l’accent sur « une montée en gamme » et la présence de davantage d’artistes européens, notamment allemands. Pas anodin, à l’heure où Bâle, Karlsruhe, Paris ou Luxembourg disposent aussi d’événements d’art contemporain d’envergure. D’après d’autres retours de participants, l’événement a néanmoins perdu 200 000 euros en location d’espace par rapport à l’année précédente et l’affluence a été jugée décevante par plusieurs galeristes.

Quelles sont les pistes de développement pour les 17 ans à venir de la DSP ? L’un des axes est l’organisation des sommets européens, à teneur politique. Le 18è sommet des ministres franco-allemand s’est tenu à Metz en 2016. À Strasbourg-Événements, on verrait bien le prochain aller un peu plus à l’Est.

Le président de la République Emmanuel Macron et « La République en Marche » ont aussi indiqué leur souhait d’organiser de grandes « conventions démocratiques » au sujet de projets européens. Reste à convaincre administrations et dirigeants parisiens d’investir l’une des capitales européennes…

Le Pex qui vient

Strasbourg Événement tente d’attirer des congrès internationaux qui doivent donner « un écho à notre développement et à nos politiques », dixit Nawel Rafik-Elmrini à l’instar de celui sur les « mobilités innovantes » (Ertico) qui a eu lieu en juin.

Le projet remanié de parc des expositions (Pex), entre l’hôtel Hilton et la chaufferie biomasse du Wacken, permettra des prestations davantage « sur-mesure », que l’immense ensemble un temps prévu, revu à la baisse avec les difficultés budgétaires. Pas de quoi inquiéter Strasbourg Événements, pas mécontent de traverser deux rues pour quitter ses vieux hangars.

GCO : comment faire passer la pilule ?

GCO : comment faire passer la pilule ?

Les anti GCO n’ont pas dit leur dernier mot, mais ils devront faire sans Nicolas Hulot. Le ministre de la transition écologique Nicolas Hulot a décidé d’autoriser les travaux… un jour avant la publication de l’avis défavorable du Conseil national de protection de la nature (CNPN).

Officiellement, la construction du Grand contournement ouest (GCO) doit suivre ce mot d’ordre : Réduire, éviter, compenser. Mais aux yeux du Conseil national de protection de la nature, le projet présenté par Vinci présente encore de nombreuses lacunes.


 

 

Belle & Sebastian de retour à Strasbourg, l’indispensable concert à la Laiterie

Belle & Sebastian de retour à Strasbourg, l’indispensable concert à la Laiterie

Après plus de vingt ans de carrière, et presqu’autant d’absence à la Laiterie, le groupe écossais y jouera une date exceptionnelle mardi 6 février. Il est encore temps de prendre ses billets pour les grands Belle & Sebastian.

Tout a commencé avec Tigermilk en 1996, premier album de 7 musiciens écossais, encore amateurs, qui fait rapidement du bruit. Peu d’exemplaires disponibles, peu de réponses à la presse… Au cours des premières années, Belle & Sebastian se construit une image de groupe farouche et indépendant, compositeur d’une pop folk mélancolique sous ses accents joyeux. Le second album fait date. Très vite, dès 1997, ils ont l’idée d’éditer une trilogie d’EP (Dog on Wheels, Lazy Line Painter Jane puis, 3… 6… 9… Seconds of Light), sortis avec 2 mois d’intervalle. Alors très prolifiques, ils enchaînent les sorties, affolent les critiques et se lancent dans des tournées mondiales.

En 1998, pour l’album The Boy With the Arab Strap, ils jouent pour la première fois en France, et la Laiterie, alors au top de sa programmation, les accueille, ce qu’elle ne fera plus les vingts années suivantes. Lorsqu’en 2002, Belle & Sebastian change de label et quitte Jeepstar pour Rough Trade, c’est tout un virage qui s’opère. Quelques petits changements de line-up, avec notamment le départ d’Isobel Campbell pour une carrière solo, et un groupe qui devient plus « conventionnel », donnant plus facilement des interviews, et espaçant quelque peu les sorties d’albums. Ils partent enregistrer en Californie, et donnent une nouvelle couleur à leurs chansons.

Résoudre tous nos problèmes en un concert

Plus de vingt ans après, Belle & Sebastian se lance à présent dans une nouvelle trilogie, la bien nommée : How To Solve Your Human Problems. Les parties 1 et 2 sont sorties. La partie 3 sortira le 16 février, en même temps qu’un vinyle pour réunir l’ensemble. Le tout finit de renouveler totalement le groupe, qui est passé de pop folk indie douce amère à groupe de pop dansante, délicate et joyeuse. Il n’y a qu’à écouter la vaporeuse « We Were Beautiful », de la partie 1. Ou encore « Show Me The Sun » de la partie 2, qui donne envie d’entonner quelques « la la la » en chœur avec la troupe.

Chance ultime, le groupe repasse ENFIN par Strasbourg pour nous jouer tout ça. Impossible d’imaginer manquer le rendez-vous. Et bien que le prix puisse en rebuter plus d’un, il va falloir se dire que ce concert sera peut-être le seul moyen de régler tous nos petits problèmes, sur les douces mélodies d’un groupe écossais qui n’a jamais cessé de mettre tout le monde d’accord.