Alors que le contrat est signé mais que les travaux n’ont pas débuté, le tracé du Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg reçoit encore des modifications. Six accès de secours ont été ajoutés, « une découverte » pour le maire de Kolbsheim.
Le maire de Kolbsheim, Dany Karcher, a appris jeudi 23 février lors d’une réunion de la sous-commission d’aménagement foncier du Département du Bas-Rhin, que le projet du Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg a été modifié.
Et ces changements vont impacter davantage le nord . . .
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À 86 ans, Gisèle est désemparée : elle vote traditionnellement à droite, mais cette année, elle hésite vraiment. Déçue par tous les candidats, elle se demande s’il y en a encore qui n’ont pas de « casseroles ». Pour elle, seul le Général de Gaulle était à la hauteur.
À première vue, Gisèle est loin de l’image de l’abstentionniste qui lance du « tous pourris » à longueur de journée. Dans l’appartement de sa résidence à Strasbourg, à la Petite France, de beaux rideaux, des plantes, un tricot entamé laissé sur une table basse, une bibliothèque avec la Bible et surtout des quantités de polars… Et ce ne serait pas étonnant d’y trouver une carte d’adhésion à Les Républicains.
Pourtant, son candidat François Fillon n’aura probablement pas son vote en avril. Avant même de s’asseoir pour entamer la conversation, elle lance :
« On dirait qu’ils ont tous des casseroles ! Ils s’y prennent tellement bien qu’on a envie de tout laisser tomber. »
Arrivée à Strasbourg il y a un an, et veuve depuis plus de vingt ans, Gisèle a quitté son Paris natal pour se rapprocher de sa famille, dont la majorité avait peu à peu « migré » à Strasbourg et Mulhouse. Parmi ses deux filles et ses huit petits enfants qui habitent dans le coin, nombreux sont ceux qui, au contraire de la majorité des Alsaciens, penchent à gauche. Alors qu’elle, la matriarche, a toujours glissé des bulletins au nom du RPF, de l’UDR, du RPR, de l’UMP et enfin, Les Républicains.
Voter « contre »
Mais cette fois, elle dérogera peut-être à sa règle. Scandale Fillon oblige :
« J’avais voté Juppé à la primaire, et quand Fillon a gagné je me suis dit “Bon au moins il est honnête celui-là”. Tu parles ! Et maintenant je fais quoi ? J’hésite vraiment à voter Macron…En tout cas plutôt Macron que Hamon ! Et quoiqu’il arrive, si le FN est au second tour, je voterai pour celui d’en face, mais ce sera vraiment un vote contre quelqu’un, et pas pour quelqu’un, c’est dommage. »
Entre ses séances de scrabble et de tricot, Gisèle réfléchit au candidat qui aura son vote (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)
Pas de politique en famille
Pour autant, Gisèle n’a jamais été transportée par l’engagement politique :
« Je ne me souviens même plus du moment précis de mon premier vote. Pour moi, ce n’était pas quelque chose d’important, dont on se rappelle. Mais ça devait être en 1953, pour les présidentielles, c’était encore la IVe République. J’avais dû déjà voter à droite, peut-être René Coty. Lui ça devait être un mec honnête d’ailleurs. »
Fille d’un chauffeur livreur et d’une mère au foyer, ayant grandi dans le quartier (plutôt modeste) de la Chapelle à Paris, sa famille était peu politisée :
« Je ne saurais pas dire pour qui mon père votait. Bon vu son milieu, d’où il venait, il votait peut-être socialiste… Mais on n’en parlait jamais à la maison. »
Son père, qui avait été prisonnier des nazis jusqu’en 1943, tenait quand même à lui inculquer certaines valeurs :
« Il y a une chose que papa m’a dite : de ne jamais voter pour les extrêmes. »
Ses amies : « Fillon ou rien ! »
Et elle s’y est tenue. À côté de ses amies, elle passerait presque pour une gauchiste.
Si ses parents étaient d’origine modeste, elle s’est ensuite mariée à un fonctionnaire « d’origine paysanne », mais qui a ensuite « très bien gagné sa vie » dans l’administration fiscale, selon les mots de Gisèle. Elle aussi a travaillé aux impôts pendant dix ans, puis a arrêté pour élever ses enfants. Ensemble, ils sont entrés dans un nouveau monde, les quartiers bourgeois des 6e et 15e arrondissements de Paris, et ont rencontré d’autres gens que ceux des faubourgs de la Chapelle.
Elle raconte que son entourage proche flirtait avec les extrêmes, et elle le regrette :
« On ne se disait pas trop ce qu’on votait avec mon mari, mais je pense qu’il votait bien à droite, voire à l’extrême-droite. La marraine de ma fille et son mari avaient aussi clairement voté Front National ces dernières années. Mais c’étaient des pieds noirs, et beaucoup de pieds noirs votaient à l’extrême-droite… »
Aujourd’hui, certaines amies qu’elle a gardé ont failli se rendre au Trocadéro pour soutenir François Fillon de tout leur cœur.
Gisèle rit :
« Elles m’ont dit : “C’est Fillon ou vote blanc !” Elles sont persuadées qu’il n’a rien fait de mal d’ailleurs, et vous savez pourquoi ? A cause de ce texte qui tourne sur internet. »
Elle sort un papier qui passait de mains en mains dans son groupe d’amies, une “note” d’un certain Antoine Brunet, « conseiller honoraire à la Cour des Comptes », qui défend le candidat de Les Républicains point par point. Et ça marche. Mais à elle, on ne lui la fait pas. La morale et l’honneur, c’est la base :
« Non mais attendez, dire qu’on se retire s’il y a mise en examen, et puis finalement non… Comment peut-on encore croire en quelqu’un ? Ces gens n’ont pas d’amour propre, ce n’est pas possible. C’est comme Cahuzac. Moi je n’ai pas grand-chose, mais j’ai mon honneur. »
En réfléchissant, elle dit se rendre compte qu’aucun président de la Ve république n’avait été à la hauteur de la fonction. À part de Gaulle, qui aura peut-être été une des raisons de son ancrage à droite :
« De Gaulle au moins, c’était quelqu’un, un homme honnête, droit et franc. J’étais gaulliste, parce qu’il avait sauvé la France. D’ailleurs, j’avais peur que lui une fois parti, ce serait la chienlit, comme il disait. Il nous avait un peu tiré de la m… quand même. »
C’est la première fois que Gisèle est autant désemparée à l’occasion d’une élection. (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)
« J’ai un peu changé de classe »
Elle continue de réfléchir sur ses motivations profondes, et puis finalement, fait l’analyse de son parcours :
« Je crois qu’en fait c’est simplement le milieu dans lequel j’ai évolué. Les parents d’élèves, les personnes qu’on rencontrait à la paroisse… Ce n’était que des gens plutôt aisés, catholiques. Leurs enfants allaient à Montaigne (lycée plutôt bourgeois, ndlr), et devenaient docteurs, dentistes… »
Cela aurait donc aussi été une manière de s’intégrer :
« En fait moi j’ai un peu changé de classe… Parfois, je ne me sentais pas à ma place. On ne guérit jamais vraiment de son enfance, vous savez. Je ne votais pas à droite en pensant à mon propre intérêt. Mais c’était dans l’air du temps. À l’église, on votait toutes à droite, sauf une. C’est drôle, parce qu’elle avait un nom à particule. »
Le reste de son entourage, ses descendants plutôt à gauche, semblent peu influer sur son vote. Elle a même une fille qui s’est engagée plusieurs fois sur des listes municipales de gauche. Mais peu importe, ses filles ne l’auront pas changée. Elle rit de sa propre espièglerie :
« En 2012, je voulais que la gauche gagne, mais juste pour qu’ils voient que ce n’est pas facile d’être au pouvoir, que eux non plus ne réussiraient pas. »
Malgré tout, pas d’abstention
Aujourd’hui, même déçue, elle refuse d’envisager l’abstention :
« Je voterai de toutes façons, tout le temps. Peut-être pas de gaieté de cœur, mais on a le droit de vote alors il faut y aller. J’y vais parce que je suis bête et disciplinée. »
Elle ne lit pas vraiment les programmes, car pour elles, ce ne seront « que des promesses non tenues. » Mais elle s’informe avec ce qu’elle entend sur France Inter, au journal télévisé de France 3, et dans les journaux, comme cet exemplaire de Télérama sur sa table basse.
Relancée sur les thèmes qui lui tiennent à cœur, elle explique :
« La situation des agriculteurs me scandalise. Ils n’arrivent même pas à vivre de leurs vaches. On pourrait augmenter un peu le prix du lait. Mais lequel de ces messieurs en parle ? Aucun. Alors qu’il y a des gens qui se suicident ! Et les usines qui ferment, ça me révolte. Ça doit être vraiment dur le chômage. Se lever le matin et ne pas savoir ce qu’on fera de sa journée, c’est horrible. »
Elle convoque à nouveau les souvenirs d’une époque où c’était moins un problème :
« Il y a plein de petits boulots qui ont disparu : il y avait ceux qui vous mettaient votre essence. Ceux qui vendaient des peaux de lapins dans la rue, ceux qui réparaient les couteaux. Ceux qui les aiguisaient, les rémouleurs. Et les réparateurs de carreaux de fenêtres, qui se baladaient avec leurs carreaux sur le dos… Comme quoi, la modernité n’apporte pas forcément le bonheur. »
A l’aise dans son nouveau chez soi, Gisèle regrette un peu l’époque du Général de Gaulle (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)
« La France, ce pays de cocagne »
Malgré tout cela, elle trouve que la situation pourrait être vraiment pire, et que les Français sont les mieux lotis :
« La France, c’est quand même le meilleur pays du monde, c’est un pays de cocagne. On ne peut pas tout avoir, mais les gens qui galèrent ici vivraient sûrement une situation pire ailleurs. Et puis on peut tout dire en France. On peut dire n’importe quoi dans les chansons, on peut se moquer du Président… Je suis peut-être un peu chauvine, mais je me félicite tous les jours d’être née en France. Mais je compatis avec les jeunes. Je suis persuadée que c’est ma génération qui a eu le plus de chance pour les retraites. On a été gâté. »
Les maires sortent du lot
Finalement, elle retrouve un certain enthousiasme pour la politique en parlant de l’échelon local. Pour elle, les maires sont les seuls élus à la hauteur de leur fonction, les moins déconnectés et les moins sensibles à la corruption :
« Ah j’aime beaucoup les maires ! Ça c’est une fonction qui vaut le coup d’être vécue. Ils sont proches du peuple, travaillent au service de gens qu’ils connaissent. Je leur tire mon chapeau. »
Elle ne peut s’empêcher de louer celui qui a dirigé sa ville d’origine pendant 14 ans, Bertrand Delanoë (PS) :
« J’ai toujours bien aimé Delanoë. Il n’a jamais fait d’esbroufe, on n’a jamais vu son copain. Il a fait des choses bien. »
D’ailleurs, il vient d’annoncer qu’il voterait Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle. Mais ça ne suffit pas pour décider Gisèle, qui veut prendre son temps et répète, songeuse :
Le nombre de soutiens publics à un candidat ne font ou ne défont pas une élection. Mais pourquoi sont-ils importants ? Analyse.
Dès novembre 2016, avant la primaire de la gauche, deux adjointes au maire de Strasbourg, Nawel Rafik-Elmrini et Christel Kohler, avaient rejoint le mouvement « En Marche » de l’ancien ministre de l’Économie Emmanuel Macron. Mais elles sont des élues « de la société civile » c’est-à-dire non-encartées. Ce choix n’était pas forcément significatif des équilibres politiques au sein du Parti socialiste (PS) strasbourgeois.
Depuis, la primaire du PS . . .
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le noir et blanc, partie récurrente de son oeuvre (Copyright Pandora Film – Exoskeleton Inc.)
Aux cinémas Star, le printemps est souvent le moment propice pour mettre à l’honneur un cinéaste majeur en proposant une grande rétrospective. Après François Truffaut et les frères Coen, les cinémas strasbourgeois proposent au cinéphile une plongée dans la filmographie de Jim Jarmusch.
Il y a quelques semaines sortait sur nos écrans un documentaire passionnant sur les Stooges et leur leader, l’iguane, la légende du rock n’roll, Iggy Pop. Le film marquait une incursion (rare) du cinéaste Jim Jarmusch dans le documentaire. Il s’agissait également du second film du cinéaste, après Paterson, à être distribué en France en l’espace de quelques mois. Cette rétrospective des cinémas Star s’inscrit donc dans une actualité, qu’elle vient nourrir en illustrant les leitmotivs et les aspirations du réalisateur.
le parfait interprète de la nonchalance si chère au cinéaste (Copyright D.R.)
L’indolence du anti-héros
On pourra pinailler sur les maigres ratés de cette intégrale. Quelques court-métrages sont sans doute manquants. Mais il convient plus logiquement de s’attacher au large spectre d’œuvres permettant de saisir la sensibilité et l’identité de l’artiste. Du film d’étudiant Permanent Vacation au récent Paterson, Jarmusch s’est employé à explorer une forme de solitude associée au voyage et à la déambulation. Ses personnages, du Johnny Depp égaré dans l’Ouest sauvage de Dead Man au Bill Murray visitant son passé dans Broken Flowers, sont des anti-héros indolents. Parfois, comme dans Night on earth, la solitude tourne à la confrontation à l’arrière d’un taxi. Et souvent, les personnages cultivent, comme dans Coffee and Cigarettes, des amitiés débonnaires.
Le cinéma de Jim Jarmusch impose de se laisser porter, d’accepter d’accompagner dans leurs déambulations des personnages étranges et décalés. Formulation cliché, adage éculé, mais chez le cinéaste, tout voyage serait définitivement supérieur à la destination. Son travail consiste ainsi à laisser surgir une forme de grâce, quelque part entre le départ et l’arrivée.
Alfred Molina et Steve Coogan (Copyright Bac Films)
La musique et les musiciens
L’autre caractéristique du cinéma de Jarmusch pourrait sans doute être son appropriation d’univers musicaux.
Il y a les artistes, bien sûr, et il y a les amitiés. Qu’il signe en 2017 un grand documentaire sur les Stooges n’a rien d’innocent. Les musiciens parcourent son œuvre, à l’image de Tom Waits ou de Jack White. Ils sont des personnages-nés, des gueules, des voix qui intègrent admirablement son univers. Et cet univers est par ailleurs nourri d’une certaine distance musicale qui confine au génie.
Un film de Jim Jarmusch pourrait se définir de par l’audace et l’éclectisme de sa bande-son. Le cinéaste ose les chants africains sur le périple east coast d’un père dans Broken Flowers. Il associe les improvisations de Neil Young au Far Ouest et le Wu Tang Clan à la quête d’un samouraï moderne. Ces choix, souvent improbables sur le papier, deviennent des évidences à l’écran.
Jarmusch, cinéaste reconnu, attendu et primé dans les grands festivals, construit sa carrière à l’envie, avec la même nonchalance que ses personnages. La rétrospective permettra de plonger dans sa filmographie, par l’une ou l’autre extrémité, pour un film des années 80 ou un documentaire récent, pour, peut-être, ressortir convaincu de l’incroyable cohérence de cette oeuvre.
Auteur, journaliste, accessoirement enseignant en cinéma à l’Unistra et, last but not least, programmateur du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg.
Adjoint au maire à Strasbourg, Olivier Bitz (PS) rejoint « En Marche », le mouvement de l’ancien ministre de l’Économie Emmanuel Macron, candidat à l’élection présidentielle. Mais il conserve sa carte au Parti socialiste et ne sera pas candidat aux élections législatives.
En tant que conseiller départemental, Olivier Bitz a apporté son parrainage à Emmanuel Macron pour l’élection présidentielle et il rejoint « En Marche ». Il s’agit du premier élu encarté au Parti socialiste (PS) dans le Bas-Rhin à rallier ouvertement le mouvement de l’ancien ministre de l’Economie.
Olivier Bitz avait soutenu Manuel Valls lors de la primaire du PS en janvier. Mais comme une fraction du parti, il ne soutiendra pas le vainqueur, Benoit Hamon, bien que ce soit la règle. Clarification idéologique salutaire ou trahison envers le PS ?
Adjoint au maire de Strasbourg multi-casquettes (Finances, quartier Krutenau-Esplanade-Bourse, Cultes, bains municipaux, déradicalisation, dialogue avec les commerçants), Olivier Bitz estime que « la manière dont Benoit Hamon a conduit les choses mène le parti dans une impasse politique » :
« Plutôt que de réunir sa famille, il s’est précipité vers l’extrême-gauche, avec Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot. Son projet s’est radicalisé et le rassemblement derrière Benoit Hamon est devenu impossible. […] Il faut pouvoir s’affranchir des considérations internes. »
Olivier Bitz se sent davantage en cohérence aux côtés de la sénatrice haut-rhinoise Patricia Schillinger et le référent d’En Marche dans le Bas-Rhin, Bruno Studer, qu’avec Benoit Hamon. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Pas candidat aux législatives
Pour autant, Olivier Bitz indique qu’il ne sera pas candidat « En Marche » aux élections législatives en juin. Une précision utile, sachant qu’il avait un temps émis le souhait de participer à l’élection législative partielle de mai 2016.
Il reste néanmoins au PS et a informé le maire Roland Ries, qui a parrainé Benoit Hamon, de sa démarche. Parmi les raisons de son engagement, Olivier Bitz cite la nécessité de « protéger » la France de Marine Le Pen ou de François Fillon, mais aussi les convictions européennes d’Emmanuel Macron « plus affirmées que chez Benoit Hamon » ou la proposition de supprimer la taxe d’habitation pour 80% des ménages :
« Je l’ai vu comme conseiller départemental du quartier et adjoint aux Finances, l’Esplanade a la taxe d’habitation la plus élevée de Strasbourg, car les estimations ont été faites dans les années 1970 quand ces bâtiments étaient neufs. Il y a eu une incapacité à réformer cela et elle est beaucoup trop élevée aujourd’hui, pour des ménages parfois en difficulté. Les élus locaux disent que les collectivités vont perdre en autonomie fiscale, mais on ne peut pas ponctionner toujours davantage les citoyens. »
En somme, l’élu se retrouve mieux « dans le projet de centre-gauche d’Emmanuel Macron qui est le [s]ien », tout comme le « dépassement des clivages gauche-droite » que Michel Rocard annonçait dès les années 1980.
Élu en Marche et en marge
Ce pas de côté de l’appareil socialiste n’est pas des plus surprenant. Oliver Bitz avait assisté au premier meeting d’Emmanuel Macron à Strasbourg et il a rappelé qu’il s’était par le passé retrouvé bien seul au PS à défendre le « oui » à la collectivité unique d’Alsace lors du référendum 2013, « une occasion manquée », ou encore Ségolène Royal lors de l’élection primaire de 2006.
Pour autant, il ne craint pas de sanction de la part de ses camarades socialistes :
« Je respecte les convictions des uns et des autres et j’attends en retour qu’on respecte les miennes. Si le PS gérerait les conflits politiques avec des sanctions, cela fait longtemps que Benoit Hamon et les frondeurs auraient été exclus. »
De plus, les statuts du PS autorisent les élus à donner leur parrainage à un candidat d’un autre parti, a précisé Patricia Schillinger, sénatrice du Haut-Rhin, ancienne socialiste et soutien de la première heure d’Emmanuel Macron.
D’autres élus « en marche » autour de Strasbourg
Au sein de la gouvernance droite-gauche à l’Eurométropole, quelques maires non-encartés ont apporté leur parrainage à Emmnanuel Macron : le maire d’Erstein Jean-Marc Willer, le maire de La Wantzenau Patrick Depyl, ou le maire de Niederhausbergen, Jean-Luc Herzog.
Quelques élus proches du PS ont aussi rejoint le mouvement (Christian Gliech, maire de Wissembourg issu du parti radical de gauche, les adjointes au maire de Strasbourg non-encartées Nawel Rafik Elmrini et Christel Kohler) mais Olivier Bitz est le premier élu venant du Parti socialiste, qu’il a rejoint à l’âge de 15 ans, à rejoindre Emmanuel Macron.
Un rassemblement de soutien au peuple syrien est organisé à Strasbourg samedi 18 mars. Deux associations souhaitent commémorer le sixième anniversaire de la révolution en Syrie, qui a débuté en mars 2011.
« Oui, après six ans, le peuple syrien réclame toujours sa liberté ! » L’association Alsace-Syrie, et l’association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), appellent à un rassemblement samedi 18 mars à 16h, place Kléber à Strasbourg. Elles souhaitent commémorer le sixième anniversaire du début de la révolution en Syrie.
6 ans après le Printemps arabe, le conflit syrien continue (Crédit Alsace-Syrie / ATMF)
Le conflit syrien a débuté en mars 2011. Au départ pacifiques, les manifestations en faveur de la démocratie se sont progressivement transformées en une rébellion armée suite à la répression orchestrée par le président, Bachar el-Assad. De nombreux groupes armés se sont joints au conflit, dont certains sont d’inspiration islamique. Puis l’État islamique s’est propagé en Syrie depuis l’est de l’Irak, où il était implanté et les combats se sont éternisés. La bataille d’Alep, symbole du conflit, s’est achevée en décembre 2016 par la capitulation des rebelles. La situation avait déjà donné lieu à un rassemblement de soutien.
Manifestation d’Alsace-Syrie place Kléber en février 2017 (doc remis)
« Un citoyen emprisonné toutes les quatre minutes »
Alsace-Syrie et l’ATMF critiquent notamment l’implication de la Russie et de l’Iran, « soutiens » des crimes perpétrés par le régime syrien. Le silence des occidentaux, et l’absence de réaction après la fin sanglante de la bataille d’Alep, sont aussi dénoncés.
Les deux associations déclarent que le régime de Bachar el-Assad « emprisonne un citoyen toutes les 4 minutes », ou bien « tue 8 enfants par jour. » Le nombre de morts du conflit est en réalité très difficile à décompter : l’Observatoire syrien des droits de l’homme estimait, depuis Londres, à « au moins » 465 000 tués le 13 mars dernier. En août 2015, une estimation de l’ONU faisait état de 250 000 morts. Les combats se poursuivent encore aujourd’hui.
Y aller
Rassemblement pour la révolution syrienne, samedi 18 mars à partir de 16h, place Kléber à Strasbourg.
Directeur de l’école de guerre économique, Christian Harbulot analyse comment la rumeur et la propagande minent la qualité de l’information en France. Les procédés sont anciens, mais le progrès de la diffusion numérique de l’information a accentué les effets délétères. Et pour lui, la campagne électorale est victime d’un sabotage. Il sera à Strasbourg jeudi soir pour évoquer ces questions.
Directeur de l’école de guerre économique, un établissement privé de formation à Paris, Christian Harbulot vient de publier Fabricants d’intox, la guerre mondialisée des propagandes, aux éditions Lemieux. Dans cet ouvrage, Christian Harbulot revient sur les conflits qui se sont déroulés au cours du XXe siècle sur le terrain de l’information, notamment les conflits liés à la décolonisation jusqu’à la bataille d’influence sur Internet que mène l’État islamique. Ancien maoïste, Christian Harbulot est un expert de la désinformation et de ses effets. Il sera l’un des intervenants d’un débat sur les « fake news », organisé jeudi soir au Shadok, par Rue89 Strasbourg.
Rue89 Strasbourg : avec les « fake news » (fausses infos), assiste-t-on à une recrudescence de la propagande ?
Christian Harbulot : « Il faut distinguer ce qui relève d’objectifs de propagande plus ou moins assumés, avec de réels objectifs, de ce qui relève d’une mauvaise qualité de l’information. Une information erronée publiée ne cache pas forcément une opération de manipulation. Il y a eu plusieurs périodes dans la bataille de l’information à destination du grand public. Citons par exemple l’opération des communistes à la fin des années 40, via le « Mouvement pour la paix », qui a abouti à la production d’une pétition de 100 millions de signatures. Même avec les moyens viraux d’aujourd’hui, on n’arrive pas à de tels chiffres.
« À chaque fois, un petit groupe d’individus… »
Puis il y a eu les guerres coloniales et là, on a bien vu que la guerre de l’information avait été perdue par les Américains. L’ascension de Solidarność auprès du camp occidental est aussi à mettre au crédit d’une entreprise de propagande savamment menée. Des opérations similaires ont été menées lors des révolutions arabes ou pendant les Jeux Olympiques de Pékin par exemple, tout le monde était persuadé que des émeutes secouaient le Tibet alors qu’elles étaient au Népal.
À chaque fois, c’est toujours la même chose, il y a un petit groupe d’individus extrêmement connectés qui partagent des objectifs de propagande. Ce qui change avec Internet, c’est que chaque personne peut devenir un émetteur d’info, et donc participer à ces logiques. Aujourd’hui, on a un vrai souci de qualité de l’information en France. Il devient difficile de déterminer si une opinion, une tendance, est vraiment spontanée ou si elle est le résultat d’une campagne. »
Christian Harbulot a co-fondé l’école de guerre économique avec le général Jean Pichot-Duclos (doc remis)
« Nous faisons partie de la cible »
Rue89 Strasbourg : est-on passé sous l’influence de la Russie ?
Christian Harbulot : « Il y a clairement une volonté de la part du Kremlin de diffuser son message auprès d’un public de plus en plus important, particulièrement en occident. D’où la montée en puissance des réseaux que sont Russia Today (RT) ou Sputnik News, où des mécanismes de propagande sont habilement mêlés à de véritables informations. Vladimir Poutine ne fait finalement que doter la Russie d’outils similaires à ce que sont CNN ou la BBC, même s’il existe des différences quant à l’indépendance des rédactions. La principale nouveauté est que nous faisons partie de la cible !
Sur Internet, la Russie a développé des stratégies pour occuper le terrain à propos de la Crimée ou du conflit en Ukraine, des armées de trolls qui perturbent les échanges et hystérisent les débats. »
Rue89 Strasbourg : quels sont les effets visibles et mesurables ?
Christian Harbulot : « Sur le site de l’école de guerre économique, nous avons publié plusieurs études sur les conflits en cours. Sur le conflit syrien, on a vu par exemple qu’un observatoire syrien des droits de l’Homme était régulièrement cité par les médias comme une source neutre, alors qu’il se trouve à Londres. En Allemagne, on assiste à une recrudescence de fait-divers, liés à l’immigration. Alors que les élections approchent, Angela Merkel est fragilisée par ces événements qui trouvent un certain écho dans la presse. On peut s’interroger sur la manière dont ces faits-divers sont portés à la connaissance des médias, et sur les objectifs que peuvent avoir ces publications récurrentes… Il faudra attendre les analyses après le scrutin pour en mesurer l’impact.
« Les révélations contre Fillon, clairement une orchestration »
Mais en France déjà, on peut voir les effets d’une campagne très bien menée contre François Fillon (le candidat de la droite est accusée de favoritisme, ndlr). Les médias ont été destinataires d’informations ciblées, et continuent à l’être, avec une diligence étonnante de la justice. Pour moi, c’est clair qu’il y a une orchestration minutée. Jusqu’à présent, les auteurs ont été prudents mais je pense qu’ils vont commettre une erreur, ce qui aura un effet contraire à celui recherché. C’est très dangereux parce que ces opérations, finalement, servent les intérêts de Marine Le Pen. La fachosphère n’est d’ailleurs pas en reste pour créer et diffuser des fausses informations, qui replacent les sujets sur des thèmes chers à l’extrême-droite. »
Rue89 Strasbourg : dans ce champ de bataille, comment continuer à s’informer ?
Christian Harbulot : « C’est un vrai souci. Car ceux qui combattent les « fake news » et la propagande le font très mal, souvent en dénigrant les auteurs. Mais au milieu des partages, d’une répétition infinie des messages, il faut arriver à développer une posture critique, sur à peu près tout ce qui est publié. »
Depuis mi-février, une carte censée représenter les affrontements entre « les racailles et notre police » est devenue virale. Strasbourg y figure parmi les lieux de heurts. Mais cette carte est fausse, elle ne sert qu’à propager des rumeurs malveillantes, de tensions sociales intenses en France et d’un silence médiatique, forcément complice.
Strasbourg serait-elle une zone d’affrontements entre manifestants et policiers ? On pourrait le croire à la vue d’une carte, partagée massivement sur Internet, via les réseaux sociaux Facebook et Twitter depuis mi-février.
Celle-ci montre une quarantaine de villes soi-disant touchées par des heurts violents, dans le sillage de l’affaire Théo, ce jeune homme de Aulnay-sous-Bois hospitalisé après avoir été blessé par un policier lors d’un contrôle. Strasbourg figure sur cette carte, comme Mulhouse, Lille, Rennes, Paris ou Marseille. La publication s’interroge sur la non-médiatisation (suspectée volontaire) de tels événements.
Cette carte de 2005 est réutilisée en 2017 pour faire croire à des affrontements (capture d’écran Facebook)
Une carte de 2005
En réalité, comme l’a démontré l’initiative de vérification de l’information CrossCheck, dont Rue89 Strasbourg est partenaire, cette carte ne présente pas les affrontements actuels : elle a douze ans. Une vérification a permis de retrouver l’image d’origine, publiée dès novembre 2005 dans un article du tabloïd anglais The Daily Telegraph. L’article n’est aujourd’hui plus en ligne mais on peut également la retrouver dans un article de The iPinions Journal, un média en ligne anglophone d’opinion, qui rendait compte de manière déformée des vagues de révoltes dans les banlieues françaises en 2005.
Déjà à l’époque, cette carte était inexacte : le site Hoaxbuster, spécialisé dans le démantèlement de fausses informations, a retrouvé une infographie du Parisien qui regroupe les véritables lieux d’affrontements en 2005. Strasbourg était concernée comme une cinquantaine de villes.
Carte des affrontements dans les banlieues en 2005 (capture d’écran Le Parisien)
Strasbourg, une « no go zone »
La publication de la fausse carte a été partagée plus de 12 000 fois sur Facebook. Ce n’est pas la première fois que cette fausse carte circule sur Internet depuis sa création. Elle a aussi été reprise par les partisans de Donald Trump aux États-Unis avant son élection en novembre 2016, pour alimenter le fantasme autour des zones de non-droit (ou « no go zones » inventées par la chaîne conservatrice américaine Fox news) en France.
Republiée aujourd’hui, elle est cependant toujours aussi fausse, ce qui ne l’empêche pas d’être partagée et repartagée. Les affrontements entre manifestants et policiers suite à l’affaire Théo sont bien réels, mais ils se sont cantonnées à la région parisienne et Strasbourg n’a jamais été concernée. Seule une manifestation pacifique, ayant regroupé une centaine de personnes le 11 février, a été organisée dans la capitale alsacienne.
Reporterre, le site de l’écologie, s’intéresse en détail au site de Stocamine, à Wittelsheim dans le Haut-Rhin. En 1999, cette ancienne mine de sel est transformée en centre de stockage où l’on enterre les déchets industriels « ultimes », c’est-à-dire les plus toxiques et non-recyclables, 500 mètres sous terre.
L’autorisation initiale portait sur une durée maximale d’enterrement de 30 ans. L’exploitation du site a, elle, duré un peu plus de trois ans, jusqu’à 2003. Désormais, alors que les galeries souterraines s’effondrent sur les 42 000 tonnes d’arsenic, d’amiante, de cyanure ou de mercure, le ministère de l’Environnement compte extraire 93% du mercure, mais enfouir le reste définitivement, soit 88% de l’ensemble des déchets.
Reporterre retrace l’historique de ce site controversé et détaille les enjeux à venir.
Avis du préfet imminent sur l’enfouissement définitif
La situation inquiète vivement les riverains et les élus locaux, qui craignent une contamination à terme de la nappe phréatique, la plus grande d’Europe. Lors d’une enquête publique fin 2016, trois personnes se sont exprimées pour l’enfouissement et 294 de manière défavorable. Une situation qui n’a pas empêché les enquêteurs de délivrer un avis positif à l’enfouissement définitif, avec des réserves obligatoires.
À côté du McDonald de Schiltigheim, Francesca va vendre son fonds de commerce à la chaîne de fast-food KFC. Un agrandissement de la maison alsacienne et un parking va empiéter sur le bord du parc. À plus long terme, un pont pour voitures, voire des installations sportives, pourraient être construits.
Sale temps pour les poulets ! L’enseigne de fast-food KFC va racheter le fonds de commerce de pâtes italiennes Francesca à l’entrée de Schiltigheim, à côté du McDonald, au nord de Strasbourg. Pour accompagner l’arrivée du géant américain de poulet frit, la Ville de Schiltigheim vend une partie de ses terrains (pour 109 650€), afin de lui permettre d’agrandir la maison alsacienne et d’ajouter un parking privé de 24 places.
Le maire de Schiltigheim Jean-Marie Kutner (UDI) se félicite de l’opération :
« L’arrivé de KFC va entraîner la création de 60 emplois qui seront suivis par le service insertion de la mairie. Beaucoup de jeunes de la commune me le demandent. Certains sont de confession musulmane, or McDonald ne propose pas de viande halal (le site de KFC indique ne pas proposer non plus ce type de viande, NDLR). Je sais que certains s’agitent, mais personne n’est contraint d’aller y manger. »
Un intérêt qui remonte à 2011
L’enseigne du Kentucky avait déjà manifesté son intérêt dès 2011 en voulant racheter ces terrains dont le parking public. La municipalité, à l’époque socialiste et écologiste, n’avait pas souhaité accéder à cette « dégradation de l’espace public », raconte Nathalie Jampoc-Bertrand (PS), élue d’opposition :
« Le parking public à côté avait été horodaté pour qu’il y ait une rotation des voitures pour Francesca. Il y a toujours de la place dessus, il n’y a pas de nécessité de créer un nouveau parking. C’est une privatisation de l’espace public, un des rares espaces verts de la commune, qui n’est pas acceptable. »
Le maire répond que les espaces vendus ne seront pas uniquement remplacés par du béton :
« Ce sera un parking arboré et avec des espaces végétalisés. Je me suis aussi intéressé au bilan carbone et, de tête, 16 arbres absorbent environ 120 kilogrammes de carbone de CO2, soit plus qu’un hectare de prairie, environ 60 kilos. »
Coté écologistes, Danièle Dambach s’inquiète aussi de l’avenir du secteur où le parc de l’Aar est « le seul grand parc ouvert à toute heure » :
« Il n’y a eu aucune réunion d’information sur le sujet. C’est l’omerta. »
Cette implantation et le réaménagement n’est pas le seul projet à l’étude autour de ce petit espace vert.
Un pont pour voitures ?
Le plus imminent serait celui d’une « passerelle automobiles », autrement dit un pont, histoire de raccorder les bureaux et les parkings du Crédit mutuel à Schiltigheim. La rue du Tribunal se termine en impasse à cet endroit. Le point 13 du conseil municipal de novembre 2016 annonce clairement un déclassement de parcelles dans cette optique.
Quelques mois plus tard, le maire indique qu’il s’agit d’une maladresse des services :
« La délibération était une erreur de l’administration où plusieurs terrains avaient été mélangés avec l’arrivée de KFC. C’est un projet de l’Eurométropole (dont Jean-Marie Kutner est l’un des 20 vice-président) et on n’a pas donné de réponse, ni positive ni négative. On va regarder quel impact cela aura sur le trafic pour se prononcer. »
Il faut dire que la rue du Tribunal est un double sens simple qui ne peut pas être élargi, car le parc avec la statue du baigneur est protégé par la trame verte, ces espaces naturels continus autour de Strasbourg. La passerelle donnerait sur le carrefour Mendès France, traversé par le tramway et déjà congestionné aux heures de pointe.
Ces explications ne convainquent qu’à moitié Nathalie Jampoc-Bertrand :
« Il y a des choses écrites dans une délibération et après on nous dit l’inverse. Il y a un besoin de clarification. Du côté du Crédit mutuel, le projet semble concret, même si ça peut être une manière de mettre la pression. »
Quant à Danièle Dambach, elle estime que les jalons sont déjà posés pour sa construction :
« L’artificialisation autour du KFC est la porte ouverte à la future passerelle. »
La rue du tribunal se termine en impasse mais pourrait abriter être prolonger par un pont vers le Crédit mutuel, à côté du futur KFC (capture d’écran Google Street view)
L’accessibilité en voiture du futur quartier d’affaires au Wacken, déjà difficile aux heures des pointe a souvent été questionné. Les porteurs du projet, la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg y voient là une manière de fluidifier les arrivées de voitures via le nord, bien que la majorité des accès se fassent par l’autoroute, au sud.
Des terrains constructibles mais pas de projet
Enfin, à plus long terme, les documents du plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) voté fin décembre pour toute l’Eurométropole interrogent. À l’exception des petits jardins partagés, les terrains du parc de l’Aar et des installations sportives jusqu’à la piscine du Wacken sont classés en zone UE, ce qui signifie des « secteurs dédiés au développement d’équipements publics ou d’intérêt collectif. » Un terme « vague » et « sans limite de hauteur » relève Danièle Dambach.
Cette zone était avant classée en espace naturel selon l’opposition socialiste. Il s’agit d’une réserve, c’est-à-dire que la commune ou l’Eurométropole sont prioritaires en cas de construction.
L’adjoint à l’urbanisme, Pierrick Poisbeau, assure que la municipalité de Schilitgheim n’a pas de projet et que les règles du PLU « ont renforcé la protection du parc ». Le document indique que, de manière générale, on ne peut pas construire à moins de 15 mètres des bords de l’Aar, qualifié de corridor écologique à préserver et en raison des risques d’inondations. « S’il n’y a pas de projet, pourquoi rendre les terrains constructibles ? La pression sur ce lieu est déjà assez forte, ce n’est pas la peine d’en rajouter. », s’interroge Nathalie Jampoc-Bertrand.
La classification des terrains dans le PLU
Le PLU prévoit une réserve sur le parc de l’Aar et ses alentours, ici en rouge à l’est du McDonald de Schiltigheim. Une zone UE correspond à des équipements collectifs. (Extrait du PLU)
Extensions de terrains sportifs ?
Le tome 5 du document de présentation avance même un projet précis : « une extension des installations sportives riveraines de la rue de la Glacière et aménagement d’espaces verts et de loisirs le long de l’Aar et de l’Ill ». Le PLU pointe un avantage, »ces installations permettent de donner à voir le paysage de l’Ill », mais s’inquiète dans la partie inconvénient de son impact :
« Les emprises prévues risquent de de fragiliser les continuités écologiques en confortant les accès humains sur l’ensemble du linéaire de l’Ill. Risque d’imperméabilisation au sein des zones inondables par submersion et par remontée et débordement de nappe. »
La durée de vie du PLU est souvent estimée à une quinzaine d’années. La description fait penser à une extension de l’Île aux Sports non loin de là, entre le Wacken et la Robertsau.
Trame verte mais d’un seul côté
Sur le plan du zonage, la trame verte, c’est-à-dire les espaces naturels à préserver, est dessinée d’un seul côté de l’eau, comme si la nature investissait une rive mais pas l’autre. Ce qui fait dire à Nathalie Jampoc-Bertrand :
« Les objectifs du PLU sont sains, mais les projets immobiliers à Schiltigheim et leurs conséquences en déplacements le contredisent. »
À terme, le petit espace pourrait alors devenir stratégique et convoité. Au sud, le quartier d’affaires au Wacken, dont la commercialisation des premiers bureaux et logements a été rapide, tandis que sa deuxième phase est suspendue au déménagement des halls du parc d’exposition, elle-même reportée. À l’est, il ne manque que la piste en tartan et les abords du stade de l’Ill pour que « l’Île aux sports » soit complètement achevée.
Lors du festival Comme Chez Watt, j’avais eu la chance de découvrir le groupe de pop-électro Claire Faravarjoo. J’ai eu le coup de foudre pour leurs paroles poétiques et la beauté incroyable de la voix de cette chanteuse, troublante, indescriptible. Rencontre avec des jeunes plein de talent qui n’ont pas fini de nous éblouir.
Claire Faravarjoo, c’est avant tout une sœur et un frère, Romain, de Strasbourg qui jouent dans un même groupe :
« On vient du côté hippie de la famille si on peut dire ! Notre mère a beaucoup influencé nos goûts musicaux. On a baigné dans du Hendrix et du Pink Floyd depuis tout petits. On s’est passionné pour la musique et on a commencé à en jouer tout à fait naturellement, en autodidacte. Comme beaucoup de jeunes en fait, on s’est trouvé une guitare, on a commencé à gratouiller et voilà. Claire n’a d’ailleurs jamais pris de cours de chant non plus. »
« C’était aussi naturel de jouer dans un même groupe. On s’est toujours bien entendu. On avait chacun nos propres groupes puis un jour, je ne sais plus qui a demandé à qui, mais on s’est rejoint, ça s’est fait comme ça. Bon, ce n’est pas facile tout le temps, on se crêpe parfois le chignon, mais ce n’est jamais grave ! C’est souvent Claire qui boude en fait. »
Et Claire de le contredire : « Ah non ! C’est Romain qui boude ! »
Ben, leur autre acolyte, s’est contenté de dire que c’était « intéressant » de jouer avec les deux, dans un devoir de neutralité. Plus sérieusement, lui aussi a toujours baigné dans la musique :
« J’étais comédien professionnel. Mais j’ai toujours été un grand mélomane. Ma mère était une chanteuse professionnelle, mon beau-père est guitariste. Je crois bien que j’ai toujours eu envie de vivre de la musique un jour. »
Claire Faravarjoo. Toutes les photos de cet article ont été prises par Claire.
« Il y a trois mois, tout a changé. Tout ce qui vient depuis est différent »
Claire, Romain et Ben forment le groupe Claire Faravarjoo. Mais cette formation est récente, Claire précise :
« On a commencé tous les trois il y a trois mois. Je suis au chant et à la guitare électrique. Romain est à la basse et Ben s’occupe de tous les sons électriques. On fait les mêmes chansons qu’on faisait dans notre ancienne formation mais nous y étions plus nombreux. Nous étions cinq, Romain et moi en faisions déjà partie. J’avais besoin de changement, de renouveler les choses. J’étais dans une phase de remise en question musicale. »
Le groupe tel qu’il était a pris fin. Claire et Romain pensaient continuer leur chemin à deux quand Ben les a rejoints :
« Ben nous avait vu à un concert au Mudd qu’on donnait Romain et moi. On était dans une phase de transition à ce moment. On pensait monter un projet à deux. Puis on a demandé à Ben de nous rejoindre. »
Ben complète :
« Quand je les ai vu ce soir-là, c’était incroyable ! J’ai adoré ! Je suis venu les complimenter à la fin du concert. On est resté en contact. Je suis vraiment heureux de les avoir rejoints depuis. On s’est bien trouvé tous les trois ! On a les mêmes influences musicales. Et humainement on s’entend vraiment bien. »
Claire s’est formée à la guitare en quelques mois, en autodidacte.
Un premier EP pour la fin de l’année
Claire, Ben et Romain sont actuellement en train de retravailler tous leurs morceaux et d’en écrire de nouveaux. Cela ne les a pas empêchés de se produire plusieurs fois au Mudd Club, au Camionneur ou lors du festival Comme Chez Watt, organisé par Aros Production.
Ils précisent :
« On fait quelques concerts pour se rôder évidemment mais on proposera une tournée une fois que l’EP sera sorti. On vient seulement de commencer à refaire les sons, à tout réarranger. Cela prend du temps. Mais on a notre projet pour la fin de l’année, on sortira un quatre titres et on fera également un clip. C’est dur de se lancer seul dans la musique. Il y a tant de choses à gérer, le marketing, etc. Ce sont des métiers tout à fait différents. Alors il faut savoir bien s’entourer. On est sur une piste actuellement, mais c’est encore un secret alors on ne te dira rien ! »
La mélancolie, l’amour, la nuit
Au concert où je les ai vus, Claire l’a répété à plusieurs reprises, elle adore la nuit et elle aime en parler dans ses chansons. Romain, Ben et elle ont d’ailleurs cela en commun : ils aiment vivre et créer la nuit. Claire est capable de se réveiller à 3 heures du matin pour griffonner quelques vers qui lui sont venus en tête.
La sémillante chanteuse détaille :
« Avant, je travaillais avec un auteur parce que je ne me sentais pas faite pour écrire des chansons. J’ai beaucoup aimé travailler avec lui, j’ai appris plein de choses à ses côtés. Mais maintenant j’écris les textes moi-même et ça me plaît énormément. Je trouve qu’il y a plus de sens quand on chante quelque chose qu’on a soi-même écrit. Je le faisais déjà avant, quand j’étais ado, mais là, avec mon expérience, les textes sont plus travaillés. »
Ses thèmes de prédilection ?
« La mélancolie, l’amour, les souvenirs, le temps, l’ambiance, la mer, la nuit, les sentiments, le ressenti… Ce sont des choses qui font partie d’un peu tout le monde. Des trucs un peu écorchés aussi. J’aime bien les chansons qui ont une ambiance mélancolique. J’ai toujours eu du mal à écouter les chansons heureuses… Je préfère les trucs qui te prennent aux tripes, qui te font frissonner, qui remuent des souvenirs ! »
Elle évoque pour nous une de ses chansons qui figure parmi mes favorites, Minuit :
« Minuit est un titre que j’ai écrit en essayant de me mettre dans la peau d’une personne qui vit la nuit. Elle est un peu désespérée, solitaire, elle traîne dans les bars à la recherche de l’amour. »
Claire Faravarjoo a toujours eu un peu de mal avec les chansons heureuses…
Écrire en français sur des mélodies anglophones
Ce que j’admire particulièrement chez Claire, c’est sa capacité à écrire en français sans tomber dans le cliché ou les paroles mièvres. La plupart de mes potes zikos chantent tous en anglais et quand ils s’essayent au français, il faut bien l’avouer, c’est un peu le malaise quoi. Mais Claire… ses textes sont envoûtants, poétiques et d’une telle force !
« J’écrivais en anglais quand j’avais douze ans parce que je trouvais que c’était plus facile. Quand tu écris dans une langue étrangère, tu te mets moins à nu. Alors qu’avec les paroles en français, tu dois te foutre à poil, tu dis ce que tu penses et tout le monde autour de toi peut immédiatement le comprendre, ça s’adresse directement au cerveau ! Ce sont des paroles très organiques, qui touchent tout de suite au ressenti. Je n’ai plus envie de repasser à l’anglais maintenant. Je prends trop de plaisir à jouer avec les mots. Tu vois, en ce moment, je suis en train de construire des paroles autour de deux mots : mélancolie incandescente. Ces mots me plaisent, j’aime comme ils sonnent. Je ne pourrais pas faire la même chose en anglais. »
Pour autant, Claire précise immédiatement :
« Même si je chante en français, nos mélodies restent très anglophones. On ne fait clairement pas de la variété française ! »
De la « pop à nuance électronique »
Dans Claire Faravarjoo, on retrouve pas mal de choses : de la pop, de l’électro et du rock. Difficile alors de savoir comment nommer leur style musical. Heureusement, Ben vient à mon secours :
« On pourrait parler de pop à nuance électronique française. Ça sonne plutôt bien, qu’est-ce que tu en dis ? »
D’ailleurs, si les paroles de leurs chansons sont souvent mélancoliques, pas d’inquiétude pour autant, on ne risque pas de sortir déprimé de leurs concerts ! Déjà parce qu’avec le beau sourire de Claire, c’est impossible, mais aussi grâce à leur musique car une chanson mélancolique ne rime pas forcément avec une ballade triste !
« On a envie de voir la foule ressentir des choses, que les gens dansent ! Ça nous fait hyper chaud au cœur de voir les gens danser, ça donne de la vie ! On aime que nos chansons soient vivantes. Tout est réfléchi mais très naturel en même temps. La basse apporte le maintien, la batterie le rythme, l’électronique vient apporter la vie. Toutes ces petites touches mélodiques, le synthé… C’est ce qui va permettre de remplir la sonorité d’une salle, de donner corps à nos chansons. Le son électro n’a pas de limites, tu peux en faire ce que tu veux, le modeler à l’infini. »
De Tokyo Hotel à Hyphen Hyphen
Leurs nombreuses influences musicales se retrouvent également dans leurs chansons. Je leur demande d’ailleurs de m’en citer un peu, Claire est la première à prendre la parole :
« Il y a plusieurs artistes qui m’inspirent. Il y en a un, notamment, depuis que je suis toute petite : Tokyo Hotel… Non je plaisante n’écris pas ça ! En fait c’est Zazie. Ses textes, sa façon d’écrire… Selon moi, c’est l’une des artistes françaises les plus réfléchies. Mais je pourrais aussi parler de Lucy Rose pour la voix, Peter Peter, Hyphen Hyphen… Pas mal de pop électro en fait. »
Ben continue :
« J’écoute beaucoup de choses. Pas mal de nouvelle scène française comme Cléa Vincent. C’est de la chanson française très épurée. Mais aussi Aurora, une artiste scandinave, ou GusGus, c’est de l’électro-pop et c’est juste extraordinaire ! »
Romain se livre également à l’exercice :
« De base, je suis très branché punk et rock psychédélique. Mais mes goûts sont assez éclectiques, je me retrouve dans tous les mondes musicaux, la musique actuelle ou des trucs plus old school. »
Il ne nous reste plus qu’à attendre les petites paillettes de pop-électro que Claire Faravarjoo nous laissera bientôt glaner.
Je suis Lulu ! Strasbourgeoise depuis mes 18 ans, passionnée de musique, je te propose de me suivre à la découverte de notre impressionnante scène locale ! Electro, hip hop, rock’n’roll, les talents ne manquent pas. Les concerts non plus. Alors viens, on va boire des coups et écouter du bon son !
Les travaux du Grand contournement ouest de Strasbourg n’ont pas encore débuté, mais plusieurs maires reprochent à Vinci de bâcler les diagnostics archéologiques qui doivent avoir lieu avant le début du chantier. Ce nouveau grief s’ajoute à la longue liste de points de discorde que soulèvent ces 24 kilomètres d’autoroute prévus pour 2020.
Remis en selle par le prolifique producteur Jason Blum, M. Night Shyamalan revient avec Split à ce qui a fait la force de son cinéma : l’efficacité et la candeur, la sacralisation de l’innocence et un flirt prononcé avec le surnaturel.
Dans Split au cinéma, Kevin (ou l’un de ses alter egos) enlève et séquestre trois jeunes filles dans une cave. Une psychiatre, en croisade pour la reconnaissance des troubles de la personnalité multiple, mène l’enquête. Le postulat apparaît tout à fait classique, mais ce qui intéresse le cinéaste, M. Night Shyamalan, c’est la schizophrénie délirante de son personnage principal.
Kevin devient tour à tour Dennis, Patricia ou Hedwig. Inspiré du célèbre cas de Billy Mulligan, le protagoniste de Split cohabite avec 23 personnalités et annonce la venue d’une 24ème, terrifiante synthèse de son être déviant.
La personnalité dominante (Copyright KARIM FRIHA)
Hauts et bas d’une carrière fulgurante
La carrière de Shyamalan a peut-être commencé trop fort, trop tôt. Porté aux nues dès son troisième film (Sixième sens en 1999), fréquemment comparé à Steven Spielberg pour son aisance à marier peur et émotion, le prodige a tenu ses promesses pendant quatre films, avant de s’effondrer en tentant de renier sa marque de fabrique. Le natif de Philadelphie (toutes ses œuvres prennent place dans la ville de l’amour fraternel) s’est cassé les dents en tentant un détour par la science-fiction et les machines pharaoniques des studios hollywoodiens.
L’affiche met le comédien à l’honneur (Copyright Universal Pictures)
C’est un producteur de films d’horreur fauchés mais populaires qui lui redonnera sa chance avec une œuvre minimaliste, un petit film de transition intitulé The Visit.
De l’intrigue au personnage à tiroirs
Split s’inscrit dans la continuité de l’âge d’or du cinéaste. Le scénariste-réalisateur affectionnait les intrigues à tiroirs, les twists, les revirements. Il s’offre là un personnage poupée-russe, pour d’infinies variations sur le thème de l’identité et de la peur. James McAvoy interprète avec un indéniable brio un personnage aussi grotesque que terrifiant, un monstre polymorphe, capable d’enjôler comme de briser.
Shyamalan est un auteur passionnant, avec des thématiques fortes. Et parmi celles-ci, il y a l’idée de faux-semblants, de mensonge. La caste du Village cachait son but premier, à savoir la préservation d’une communauté. L’homme de verre d’Incassable masquait ses intentions, semait la mort pour tromper la solitude. Les personnages ne sont pas ce qu’ils semblent être. Et en ce sens, le personnage principal de Split a des vertus orgiaques.
Ana Taylor Joy, à gauche, révélation du film The Witch en 2016 (Copyright Universal Pictures / John Baer)
Le retour de l’übermensch
Isolé dans la filmographie de son auteur, ce nouveau film a donc d’indéniables atouts. Thriller efficace, écrin pour un comédien brillant, Split remplit ses promesses.
Et il offre, le temps d’un plan, aux abords du générique final, des perspectives supplémentaires. Il est complexe d’en révéler plus sans gâcher la surprise du spectateur. Mais à la fin du film, après un encart rappelant le titre de l’œuvre, Shyamalan offre une scénette supplémentaire, un regard étendu sur sa propre mythologie et la confirmation d’une promesse vieille de 15 ans.
Split, la bande annonce (vidéo Universal)
Split pourra alors être apprécié comme l’une de ces variations sur le thème, non du super-héros, mais de l’übermensch, le surhomme Nietzschéen. Cette révélation, ce clin d’œil, seront confirmés et alimentés par une œuvre postérieure, à n’en pas douter. Les aficionados du cinéaste seront donc rassurés quant à la vision étendue de l’auteur. Le maître du fantastique des années 2000 semble avoir encore beaucoup à offrir.
Auteur, journaliste, accessoirement enseignant en cinéma à l’Unistra et, last but not least, programmateur du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg.
Valentin Nodinot, jeune réalisateur strasbourgeois, tourne ce dimanche 12 mars la reproduction locale d’un clip danois contre les préjugés. Il est encore possible de s’ajouter au casting.
Valentin Nodinot, réalisateur indépendant de 21 ans, fait tourner ses caméras ce dimanche 12 mars pour « Projet : vivre ensemble ». Ce clip est une reproduction d’une vidéo danoise très partagée sur Internet en début d’année. Celle-ci présentait plusieurs figurants répartis dans des cases selon leur catégorie sociale : des jeunes, des personnes en costumes, des infirmières, des immigrés, etc.
Puis, un animateur venait leur poser des questions du type « qui était le clown de sa classe ? Qui est parent ? » Ceux qui répondent par l’affirmative se retrouvent au milieu de la scène. L’objectif est est de montrer que les participants partagent plus de points communs qu’ils ne le suspectent en arrivant.
Le clip danois, vu 3,5 million de fois
Le clip danois a été très partagé sur les réseaux sociaux (vidéo TV2 Danmark / YouTube)
Le jeune cinéaste strasbourgeois s’est dit « touché » par la vidéo originale. Il veut la reproduire pour porter un message de rassemblement :
« On met les gens dans des cases tous les jours. La discrimination, la méfiance de l’autre, est présente tous les jours dans le débat politique aujourd’hui. On le voit bien avec les affaires Théo, les propos de Marine Le Pen et d’autres élus. J’ai envie de montrer qu’il y a plus de choses qui nous rassemblent que de choses qui nous séparent. »
Tournage dimanche
Le tournage aura lieu dans la salle des fêtes du manège Solignac, au Neuhof à Strasbourg, dimanche 12 mars entre 13h30 et 17h30. La salle est prêtée pour l’occasion par la Ville de Strasbourg. Valentin Nodinot compte accueillir « entre 50 et 100 personnes » sur le tournage, filmées par « 4 ou 5 caméras ». L’événement sur Facebook affiche une trentaine de personne au moment de rédiger ces lignes, il reste donc de la place.
Pour participer, pas de critère d’âge, de taille ou de couleur de peau : il suffit de se reconnaître dans l’une de ces 12 catégories de Français :
Habitant dans la campagne depuis son enfance ou habitant en Ville depuis son enfance,
Être de ceux qui aident (médecins, sage femme, etc..), être de ceux qui se font aider (personnes précaires),
Être des Français habitant en France depuis longtemps, être des Français (ou pas) enfant d’immigrés,Être croyant (toutes religions – en précisant la vôtre toutefois), être AthéeÊtre militant politisé de gauche, être militant politisé de droite,Être de ceux qui ont fait de longues études, être de ceux qui n’en n’ont pas fait.
Pour s’inscrire, il suffit d’envoyer un e-mail à valentin-nodinot@hotmail.fr. Si vous participez, n’hésitez pas à raconter votre après-midi en commentaires.
Y aller
Tournage d’un clip contre les discriminations, dimanche 12 mars de 13h30 à 17h30, manège Solignac, rue Solignac à Strasbourg – Neuhof.
Des équipes d’archéologie préventive procèdent à des sondages en pleine campagne avant les travaux du Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg. Mais selon certains maires opposés à la construction de l’autoroute, ces recherches sont expéditives pour éviter que des fouilles ne ralentissent le chantier.
Les travaux pour le Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg n’ont pas encore débuté, mais des engins de chantier sillonnent déjà le Kochersberg et la limite de l’Eurométropole, soit pour les forages géotechniques, soit pour des diagnostics archéologiques.
Ce second aspect est confié par le concessionnaire Vinci (via sa société Arcos) à deux sous-traitants, Archéologie Alsace et l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives), qui se partagent à parts égales les travaux. Un marché d’environ deux millions d’euros, payés par Vinci. Il s’agit d’un prélude au projet d’autoroute payante de 24 kilomètres prévu pour fin 2020.
Diagnostics en janvier, avant le réveil de la nature
Leur intervention est supervisée par l’État, également signataire du contrat avec Vinci. Après plusieurs semaines de ces travaux préventifs, des maires et élus de communes concernées par le GCO ont diffusés des photos sur ces diagnostics qu’ils estiment bâclés. Ces travaux préparatoires ont débuté en janvier, lors de périodes de grand froid (jusqu’à -10°C en Alsace).
Plus que les températures qui n’incitent guère aux recherches minutieuses, le problème est que le dégel a transformé la terre en gadoue, ce qui a embourbé les engins des archéologues et compliqué leur ravitaillement en essence.
Qu’est-ce que ce godet abandonné fait là ? (photo JC Lambert / maire de Stutzheim Offenheim)
Un peu de boue à l’avant et hop le camion d’approvisionnement s’embourbe (photo JC Lambert / maire de Stutzheim Offenheim)
Autre sujet d’étonnement, les diagnostics portent sur à peine 5% des surfaces concernées, là où Jean-Charles Lambert, maire de Stutzheim-Offenheim estime qu’ils doivent porter sur au moins 10% des surfaces. Réduire les zones de recherches est un moyen selon lui de limiter la probabilité d’une découverte historique, susceptible de retarder le début des travaux. Sur le site de l’Inrap, il est indiqué que les recherches préliminaires doivent porter sur « entre 5 et 10% » des terrains.
Mais surtout, l’élu s’étonne que les diagnostics n’aient pas du tout tenu compte des conditions climatiques :
« Les tranchées, ça se remplit d’eau quand il pleut. Alors voyez les recherches de vestiges…! Imaginez qu’il y a une poterie là-dedans… C’est du foutage… Voilà ! »
Les surfaces diagnostiquées sont petites. Et il a plu dedans.
Agriculteur, le maire de Breuschwickersheim, Michel Bernhardt, estime que ses homologues sont mécontents, car les engins ont enfoncé la terre qu’ils vont labourer, après l’avoir semée :
« On nous a menti encore sur la façon dont se passent les choses ! Le premier mensonge de Vinci c’est de dire “le GCO passe en limite de ban.” Et bien, ils n’ont jamais pris la limite de ban chez nous jusqu’à présent ! Ils passent à travers, là où ils veulent. Vous avez vu l’état des terres maintenant ? Pour de la betterave, c’est pas possible, elle ne lèvera même pas dans une terre comme ça, la terre est trop massacrée. »
À Griesheim-sur-Souffel, le maire a pris un arrêté pour interdire les travaux, car les archéologues voulaient débuter alors que la préfecture du Bas-Rhin n’avait pas encore envoyé les autorisations. Une péripétie qui a reculé de quelques jours l’arrivée des engins…
Quant aux « écologues », censés vérifier que les espèces animales protégées soient correctement relogées, Jean-Charles Lambert assure « ne les avoir jamais vus. »
Précipitation ? Respect du calendrier répond Vinci
La rapidité avec laquelle surviennent ces travaux préparatoires font que certains se demandent les raisons de ce soudain empressement. Le contrat de concession prévoit une prolongation automatique de l’autorisation de travaux, même s’ils n’ont pas débuté avant janvier 2018, soit à la fin de la déclaration d’utilité publique délivrée en 2008.
Jean-Luc Fournier, directeur communication projets de Vinci autoroutes, réfute toute précipitation et assure que le calendrier est tenu :
« Les travaux ont été définis par un protocole avec la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC). Les sondages sont sur de petites surfaces mais profonds car des vestiges des époques anciennes qui sont plutôt recherchés. Les archéologues se basent sur les potentiels car certaines zones ont déjà été fouillées par le passé. Toutes les parcelles ont été libérées à l’amiable et sont soumises à une indemnisation qui correspondent à leur récolte potentielle. Ces travaux préparatoires se déroulent l’hiver doivent se terminer avant le réveil de la nature. »
Les diagnostics vont se prolonger jusqu’à avril. Un rapport intermédiaire est en cours de rédaction, tandis qu’un rapport final décidera ou non de la réalisation de fouilles archéologiques poussées. Si elles devaient être de grande ampleur, elles pourraient remettre en cause le calendrier. Tout dépend donc du résultat des sondages archéologiques en cours.
Les champs seront difficilement cultivables, selon des agriculteurs.
Vinci assure que les agriculteurs seront indemnisés à hauteur des récoltes potentielles.
Des diagnostics en forêt en septembre
D’autres diagnostics archéologiques sont prévus en septembre dans la forêt du Crittwald, près de Vendenheim et le long de la Bruche. Cette saison est jugée la moins traumatisante pour la faune pour un déboisement, notamment car il n’y a plus de nids en formation.
Un vestige trouvé après le passage des archéologues, mais celui-là n’ira pas dans les musées (photo JC Lambert / maire de Stutzheim Offenheim)
2017, année chargée
L’actualité du dossier du GCO est chargée en 2017. La société Arcos doit encore fournir des mesures compensatoires, c’est-à-dire créer d’autres espaces naturels similaires à ceux détruits par le tracé, normalement à proximité. Les autorisations pour les travaux préparatoires ont néanmoins été fournies dans l’attente de ces mesures définitives. Elles devront être validées par la commission nationale de protection de la ren (CNPN). « Un processus inhabituel » indique Maurice Wintz d’Alsace Nature qui voit là « une complicité de l’État ».
Sur le terrain, plusieurs cabanes du collectif GCO – Non merci sont occupées ponctuellement par des militants, en plus des marches régulières qui les relient les dimanches.
L’Inrap et Alsace Archéologie n’ont pas donné suite à nos sollicitations pour répondre aux déclarations des élus et des agriculteurs. Ils indiquent ne pas avoir autorisation de l’État pour s’exprimer lors de diagnostics.
En 2012, Marie-Lorraine Muller, seule héritière de la brasserie Schutzenberger avait créée une mini-société, Schutzenberger SAS, qui payait l’utilisation des marques à l’entreprise historique, fondée en 1740. Cas rarissime, l’ancien empire de la bière, détenu en majorité par Marie-Lorraine Muller, avait terminé sa liquidation judiciaire entamée en 2006 avec une trésorerie positive, grâce à la revente de l’imposant patrimoine de la société, en particulier ses restaurants. Une histoire que Rue89 Strasbourg vous . . .
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