Un préavis de grève a été déposé pour le mardi 7 et le mercredi 8 mars par trois syndicats des agents de l’Eurométropole et de la Ville de Strasbourg (CGT, FO, Solidaires). Ce préavis s’inscrit dans un mouvement de grève national, initié par ces syndicats de fonctionnaires pour « la défense du service public. » Les conséquences des arrêts de travail devraient se faire sentir à Strasbourg, notamment au sein des écoles strasbourgeoises.
Sur son site, la Ville de Strasbourg a annoncé que le service de restauration, dont elle a la charge, resterait assuré mardi 7 mars. En revanche, ce sera un menu froid unique (céleri, rémoulade) pour tous les enfants.
Un point lundi soir
Les accueils périscolaires des écoles maternelles et élémentaires, ainsi que les accueils de loisirs, seront quant à eux assurés « dans la mesure du possible » indique la Ville. Un point sera effectué lundi après-midi, afin d’indiquer aux parents dans quelles écoles l’accueil périscolaire ne pourrait pas être assurée.
En outre, la CGT du Bas-Rhin appelle à manifester mardi 7 mars à partir de 10h30, place Kléber. Le syndicat évoque dans un communiqué que 150 000 postes ont été supprimés en dix ans dans la fonction publique. Il appelle à « reconstruire » le service public par la création immédiate de postes de fonctionnaires.
À partir du lundi 6 mars, Strasbourg poursuivra la dématérialisation des tickets de stationnement, entamée avec l’application Whoosh!. La mesure vise surtout à recueillir des données précises sur la circulation.
La ville de Strasbourg va expérimenter à partir du 6 mars un nouveau mode de payement dématérialisé pour le stationnement. À compter de ce jour, les automobilistes garés dans le périmètre de la zone 2 -soit la moitié de la Grande Île- devront rentrer leur plaque d’immatriculation sur le clavier de l’horodateur pour s’acquitter de leurs frais de parking. « Plus besoin de ticket, et donc plus besoin de revenir à sa voiture », vante Caroline Barrière, la présidente de Parcus, la société délégataire du stationnement pour la voirie à Strasbourg.
Pour éviter toute confusion, le ticket ne disparaîtra cependant réellement qu’au 1er janvier 2018. Jusqu’à cette date, il sera toujours nécessaire de l’apposer sur le tableau de bord. Cette phase d’expérimentation vise à « habituer l’usager au nouveau matériel », selon la présidente de Parcus. Elle tend également à préparer les agents à cette mesure, qui sera étendue à l’ensemble du stationnement en voirie dès janvier 2018. 37 horodateurs ont été modifiés dans la zone 2, dotés d’un nouvel écran et d’un clavier.
L’expérimentation concernera la zone 2 (Google Maps)
Cette poursuite de la dématérialisation des tickets de stationnement fait suite au succès de Whoosh!. Cette application, lancée en décembre 2016, permet le paiement du stationnement depuis un smartphone, sans ticket. Selon Parcus, Whoosh! était à l’origine de près de 5% des recettes du stationnement en voirie en février.
Vers la « Smart City »
Mais l’expérience vise surtout à produire des données liées à l’utilisation de la voirie par les automobilistes. Caroline Barrière précise : « Nous allons récupérer des statistiques précises pour alimenter un observatoire du stationnement, qui archive les paiements, les montants, la durée, la localisation, etc. » Toutes les données seront regroupées dans une base de données développée par Parcus. Elles seront ajoutées à celles déjà transmises par Whoosh!.
Les horodateurs collecteront les données de stationnement (Photo Rue89 Strasbourg)
Pour Anne-Pernelle Richardot, ces données pourront alimenter la réflexion pour mener une « politique globale » : « comprendre le stationnement, c’est comprendre la circulation ». L’objectif, à terme, est d’intégrer la circulation et le stationnement dans la mutation de Strasbourg en une « Smart City ». On pourrait imaginer que les places de parking disponibles s’affichent en temps réel sur une carte pour tous les usagers.
Comme pour anticiper la critique, Anne-Pernelle Richardot répète : « on ne flique pas les gens ». L’étendue de la base de données potentiellement recueillie pose pourtant question. Mais le seul inconvénient, pour Parcus et la mairie, est tout trouvé : « il faudra se souvenir de son numéro de plaque d’immatriculation. »
Le conseil de l’Eurométropole de Strasbourg devrait approuver vendredi une hausse de ses taux d’imposition de 1,5%. Il s’agit de la troisième augmentation consécutive de la coalition droite-gauche, qui avait fait de la stabilité fiscale un de ses points d’accord en 2014. La mesure est présentée comme nécessaire face à la baisse des dotations, l’augmentation des charges et la crise de l’incinérateur. L’opposition dénonce un « matraquage fiscal ». Rendez-vous à partir de 10h pour suivre le conseil de l’Eurométropole en direct.
Le budget de fonctionnement prévisionnel de l’Eurométropole devrait s’établir à 727 millions d’euros en 2017, en augmentation de 7%. Dérapage ? Que nenni, assurent les élus de la coalition gauche-droite aux commandes de l’agglomération.
Cette augmentation est à imputer à la hausse du nombre de communes dans l’intercommunalité, aux transferts de compétences en provenance du Conseil départemental et aux coûts de désamiantage de l’incinérateur.
Caroline Barrière, vice-présidente en charge des finances, a repris tous les chiffres et elle est formelle :
« À périmètre constant, l’augmentation du budget de fonctionnement n’est que de 2,5 millions d’euros, soit 0,41% ! Les transferts du Département sont compensés. L’intégration des cinq communes ne pèse que pour 0,4 million d’euros supplémentaires. C’est surtout « l’accident industriel » de l’usine d’incinération qui provoque une hausse de 26 millions d’euros sur le budget primitif par rapport à celui de l’an dernier. »
Hausse des quatre impôts locaux
Face à ces dépenses en hausse, l’exécutif de l’Eurométropole ne voit pas d’autre moyen pour équilibrer les comptes de la collectivité que de recourir une nouvelle fois à l’augmentation de ses quatre taux d’imposition.
La tranche « intercommunalité » de la taxe d’habitation, de la taxe foncière, du foncier non-bâti et de la cotisation foncière des entreprises sera augmentée de 1,5% pour chaque taxe. Les quelque 6 000 habitants des cinq communes intégrées en janvier à l’Eurométropole voient en revanche leur imposition baisser.
L’accord de 2014 sur la fiscalité stable oublié
Pour le président de l’Eurométropole, Robert Herrmann (PS), la collectivité est « au milieu du gué » :
« Chaque année nous apporte son lot de défis à surmonter. Mais grâce à nos économies, à la stabilité de notre masse salariale et aux efforts entrepris pour garder un endettement soutenable, nous voyons les indicateurs comptables redevenir verts. Nous nous attendons à que que la notation de nos comptes par Fitch reste bonne (Fitch avait attribué la note AA, perspective stable, à l’Eurométropole, ndlr). »
Des difficultés certes, mais au printemps 2014, après les élections municipales, le PS ne disposait plus que d’une très maigre majorité avec les écologistes. Il choisit de s’allier avec les maires de la majorité des communes des alentours, la plupart de droite ou indépendants.
L’exécutif communautaire veut aussi garder au moins 200 millions d’euros d’investissement. Après avoir remis à plus tard tout ce qu’il était possible de retarder, l’Eurométropole estime avoir atteint un niveau « plancher » en dessous duquel des effets sur l’activité économique du territoire pourraient se faire sentir.
La dette en forte augmentation
Tous ces éléments combinés résultent en une augmentation de la dette, ce qui n’est « pas un problème » selon Caroline Barrière :
« Nous avons un taux d’intérêt moyen sur notre dette qui est passé de 2,41% en 2016 à 2,07%. Si nous n’utilisions pas cet outil, nous devrions encore plus faire appel aux Strasbourgeois. Vu la situation du marché de l’argent en ce moment, on aurait tort de s’en priver. »
L’exécutif anticipe une réduction de l’endettement à partir de 2019.
Un « matraquage fiscal » et une « double peine » selon l’opposition
Ces satisfecit ne sont pas partagés par les élus « Les Républicains » restés dans l’opposition. Rappelant l’accord de 2014, ils tirent à boulets rouges et de manière groupée sur cette troisième hausse d’impôts consécutive à mi-mandat.
Georges Schuler, maire de Reichstett et président du groupe LR, reconnait des efforts sur les dépenses de fonctionnement, mais les autres indicateurs ne sont pas satisfaisants :
« On est entre le matraquage fiscal et l’explosion de la dette. Et pour les habitants de l’Eurométropole, c’est une double peine car en parallèle, il y a les hausses de tarifs de la CTS, des piscines ou de la patinoire. »
Toits strasbourgeois, du côté du nouveau quartier du Heyritz (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Baisse des dotations rime avec excuse bidon
Certes, il y a les baisses des dotations de l’État, mais « dans nos communes, on les a anticipées », rappelle Georges Schuler, puisque celles-ci sont connues depuis 2014. Le conseiller métropolitain Jean-Philippe Vetter (LR), abonde :
« Il y a des villes endettées où on comprend pourquoi, comme Bordeaux avec sa Cité du vin, qui fait rayonner la France dans le monde entier. Mais à Strasbourg, on ne sait pas. »
Pas de grand événement sportif
Jean-Philippe Vetter pointe en outre que ni l’Euro de basket, ni l’Euro de football, ni le Mondial de handball, tous trois organisés en France ne soient passés par Strasbourg, pas plus que le Tour de France. Dans le même temps, les clubs strasbourgeois paient désormais 1 euro de l’heure la location d’un gymnase et jusqu’à 31 euros pour une ligne d’eau pour les clubs de natations, pour les adultes.
Ce n’est pas assez ? Jean-Philippe Maurer (LR) ajoute une couche :
« La capacité de désendettement devait être contenue à 8 ans, elle glisse jusqu’à 10 ans (9,9 années dans le scénario le plus pessimiste, ndlr). Sans parler de la dette des autres sociétés de la Ville et de l’Eurométropole comme la CTS ou les bailleurs sociaux. Un audit donnerait une vision exhaustive. »
Quant à Jean-Emmanuel Robert (LR), le conseiller métropolitain regrette que les hausses de tarifs des prix des tickets et des abonnements de la CTS ne se soient pas soldées par une amélioration du service, en référence au temps d’attente de plus en plus long aux arrêts de tram. Voilà qui augure des débats animés, avec d’un côté le PS, de l’autre et au milieu le groupe des maires sensé à la fois marquer ses distances avec la gauche, tout en la soutenant.
À partir de mars, la ligne 15 de la CTS, qui relie Lingolsheim à la Robertsau va devenir la L1. Sur cinq kilomètres (20% du trajet), la chaussée sera réservée aux bus, qui auront la priorité aux feux et des distributeurs de tickets seront installés sur les quais.
Cette « ligne structurante », à mi-chemin entre celle d’un bus classique et celle d’un Bus à haut niveau de service (BHNS) – comme . . .
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Les Smart rouges et noires à louer vont être plus nombreuses dans les rues de Strasbourg. La flotte de voitures en libre-service Yea!, de la coopérative d’autopartage Citiz, va passer de 30 véhicules à 60 d’ici un an. Depuis mai 2015, ces voitures à louer sans réservation permettent d’avoir un point d’arrivée différent que celui de départ, contrairement aux locations classiques, où il est en revanche . . .
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Selon un rapport de la mission d’expertise économique et financière (MEEF) du ministère des Finances, un diagnostic obligatoire avait détecté des traces d’amiante dans l’incinérateur strasbourgeois en 2008/2009 et n’a pas été suivi d’investigations supplémentaires. L’arrêt actuel de l’usine pour 2 ans et demi génère des millions d’euros de surcoût.
« Le caractère imprévisible de la présence d’amiante dans ce site d’incinération ne semble pas pouvoir être retenu pour justifier des modifications apportées au contrat initial par les avenants successifs. »
C’est avec cette double négation pudique que les services du ministère des Finances concluent leur expertise sur l’usine d’incinération de Strasbourg. Un rapport de 38 pages, annexes comprises, que l’opposition « Les Républicains » a minutieusement étudié.
Autrement dit, la présence d’amiante était prévisible, avant d’en confier la gestion pour 20 ans à la société Séché Environnement fin 2009.
Un diagnostic en 2008 détecte de l’amiante
À la page 23 du document qui a été publié sur le site de la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg (disponible ici), la chronologie des faits qui mènent à cette conclusion est expliquée. Conformément à ses obligations, l’Eurométropole effectue en juillet 2008 un diagnostic technique amiante (DTA). C’est la société Norisko qui s’en charge.
Les conclusions sont livrées neuf mois plus tard à l’administration de la collectivité, en avril 2009. Elles font état :
de matériaux et produits contenant de l’amiante dans un état dégradé dans un bâtiment occupé par des agents (tablettes de fenêtres en fibrociment) et au sein de l’usine (joint de porte de four, dalle de sol), pour lesquels une dépose était conseillée ;
de matériaux susceptibles de contenir de l’amiante nécessitant des investigations et analyses ultérieures (joint de porte coupe-feu, volets clapets et rebouchages, etc.) ;
de locaux et parties de l’immeuble non visités (inaccessibles au prestataire qui ne possédait pas les clés de ces locaux), pour lesquels des investigations ultérieures devaient être effectuées.
Pas d’investigation complémentaire en 2009
Malgré ces alertes, « aucune investigation complémentaire ni travaux n’ont été menés à la suite de ces conclusions avant la signature de la délégation de service public », poursuit le rapport du ministère.
À cette époque, le contrat entre la Communauté urbaine de Strasbourg (ancien nom de l’Eurométropole), présidée alors par Jacques Bigot (PS) depuis 2008, et la filiale d’EDF touche à sa fin. L’usine nécessite d’importants travaux de modernisation et la collectivité souhaite revendre la chaleur et la vapeur produites par les fours aux entreprises du Port autonome. On appelle cela la valorisation énergétique et cela permet en théorie d’alléger la facture du traitement des déchets strasbourgeois.
Un contrat pour 20 ans en 2010
La collectivité souhaite une délégation longue, de 20 ans, pour pousser la future société gestionnaire à réaliser ces importants travaux sur le site, des investissements qu’elle ne pourrait rentabiliser qu’à long terme. Sénerval, une filiale du groupe Séché, remporte l’appel d’offres.
Par ailleurs, on apprend que le diagnostic a été porté à la connaissance de Sénerval, sans préciser si cela avait été fait avant ou après la signature du contrat. En tout cas, le contrat de délégation ne fait pas référence à la présence d’amiante dans les installations. « Aucun travaux n’a été fait entre 2010 et 2014 », appuie Fabienne Keller, sénatrice « Les Républicains » et à la tête de l’opposition strasbourgeoise.
Au moins 180 millions d’euros
Comment intéresser ?
L’arrêt pour deux ans et demi de l’incinérateur est un sujet technique, complexe, et qui demande de se plonger dans le passé pour comprendre les tenants et aboutissants. L’impact de cet « accident industriel », comme le qualifie parfois le président de l’Eurométropole Robert Herrmann (PS) n’est pas forcément perceptible au moment de descendre ses poubelles et le dossier passionne assez peu l’opinion strasbourgeoise.
Mais pour l’opposition, c’est au contraire un sujet vital, car il a un impact sur les finances publiques de la collectivité jusqu’en 2030 puisque les remboursements ont été étalés sur quinze ans, ce qui entraîne au passage un autre surcoût, de près de 16 millions d’euros.
Fabienne Keller, tente de comparer cette crise évaluée à 180 millions d’euros au minimum, à d’autres dépenses de l’Eurométropole, en se fendant d’un faux billet de 900 euros pour la démonstration :
« 180 millions d’euros, c’est trois médiathèques Malraux, ou quatre voire cinq extensions du tram vers Koenigshoffen. Et seulement 15% de la somme est consacrée au désamiantage (27 millions d’euros de travaux). C’est aussi 900 euros par foyer fiscal. »
Un faux billet, une poubelle miniature et un petit coup de com’ pour faire comprendre le poids de l’incinérateur sur les finances de l’Eurométropole (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Deux relèvement de la taxe
Pour faire face à la situation, l’Eurométropole a notamment été autorisée par l’État à piocher dans les excédents de ses budgets annexes de l’eau et de l’assainissement, soit respectivement 30 et 20 millions euros. Elle a aussi augmenté à deux reprises sa taxe d’enlèvement des ordures ménagères (4% en 2015 et 2,5% en 2016).
Pour l’ancienne maire de Strasbourg, le problème aurait pu être réglé à l’époque du diagnostic, pour s’éviter les répercussions actuelles :
« Il aurait suffi de prolonger la délégation d’un an ou deux le temps de faire des travaux, ou des les inclure dans la nouvelle délégation, mais surtout pas s’engager sur 20 ans. »
Le process industriel « non-concerné » selon l’Eurométropole
Interrogée par 20 Minutes Strasbourg, Françoise Bey (PS), vice-présidente de l’Eurométropole en charge des déchets, minimise et explique que « les recherches obligatoires d’amiante ne concernaient en 2008 pas le process industriel » :
« Les quelques petits points relevés dans le rapport ont été nettoyés au fur et à mesure de petits travaux, notamment au niveau de vannes. Quand on fait des travaux qui ne touchent pas au process industriel, on ne fait pas de recherche d’amiante, c’est le règlement dans l’industrie. »
Après une commission extraordinaire consacrée à l’incinérateur mardi (à revoir ici), l’opposition compte interroger cette fois les choix stratégiques de l’époque lors du conseil de l’Eurométropole de ce vendredi 3 mars. Car si l’Eurométropole savait, quel était son intérêt à ne rien faire ?
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L’association des usagers des transports en commun de Strasbourg, l’ASTUS, va travailler dans les quatre prochains mois sur « l’étoile ferroviaire de Strasbourg », c’est-à-dire les lignes de train qui arrivent et repartent de la capitale alsacienne. L’objectif de l’association est de produire un rapport détaillé.
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Lors d’une réunion avec le « comité de liaison » des Bains municipaux, c’est-à-dire avec des citoyens mobilisés sur le sujet, l’adjoint au maire en charge du dossier, Olivier Bitz (PS) a indiqué qu’une procédure de classement aux « Monuments historiques » est en réflexion pour l’édifice principal.
Des travaux sont à l’étude au sein du comité technique et patrimonial, qui réunit l’État (la Drac), des architectes des monuments historiques, les services techniques de la Ville de Strasbourg et . . .
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L’annonce par François Fillon de sa convocation chez le juge d’instruction et de tout de même concourir à l’élection présidentielle en cas de probable mise en examen, contrairement à la promesse qu’il avait faite fin janvier, a été le mensonge de trop pour la sénatrice du Bas-Rhin Fabienne Keller (LR).
L’allocution mercredi à la mi-journée de François Fillon s’est complétée d’une charge violente contre les magistrats et les journalistes, qui rappelle davantage les envolées de Donald Trump aux États-Unis ou, plus près de chez nous, du Front national, que le discours de centre-droit alsacien. « Il n’est pas possible de continuer à faire campagne contre la Justice », argumente l’ancienne maire de Strasbourg dans un communiqué dans lequel elle appelle le candidat de son camp à se retirer de la course à l’élection présidentielle.
Soutien d’Alain Juppé lors de la primaire de la droite, elle n’avait déjà pas signé la tribune de soutien à François Fillon début février, comme certains élus alsaciens, (dont Philippe Richert, qui continuait pourtant d’assister aux meetings), une semaine après les premières révélations du Canard Enchaîné. L’hebdomadaire a révélé les rémunérations élevées de l’épouse de François Fillon, Pénélope, pour un travail d’attachée parlementaire présumé fictif. Une activité sur laquelle très peu d’éclaircissements ont été apportés.
François Fillon a été chaleureusement accueilli à Strasbourg en 2014, pour soutenir Fabienne Keller dans sa campagne pour la mairie de Strasbourg. Mais ça, c’était avant. (Photo UMP Photo / Flickr /cc)
Nationalement, les défections se multiplient depuis cette annonce. La plus marquante est celle de Bruno Le Maire, ancien candidat de la primaire de droite et conseiller de François Fillon sur les affaires européennes et internationales. La direction du parti centriste de l’UDI, déjà contestée par sa base pour son choix avant cette affaire, a aussi suspendu sa participation à la campagne. Dans ce contexte, il va être difficile de continuer, ou au moins d’être audible. François Fillon a pourtant répété qu’il n’y avait pas de « plan B ».
Alors que prend fin la trêve hivernale et que reprennent les expulsions, le collectif « Sans Dents Mais Pas Sans Droits » tire le bilan d’un nouvel hiver sous tension pour les personnes les plus précaires. Dans cette tribune, le collectif formule plusieurs propositions à l’adresse de la Ville de Strasbourg, du conseil départemental et de la préfecture du Bas-Rhin.
À Strasbourg cet hiver, des associations professionnelles et bénévoles œuvrant pour les plus démunis se sont réunies pour partager leurs constats sur l’embolie du système d’aide à Strasbourg. Rejointes par des citoyens engagés, elles ont voulu partager leurs inquiétudes, s’entraider pour renforcer leurs dispositifs mais aussi alerter. Apparu publiquement lors de l’inauguration du marché de Noël de Strasbourg par des pancartes brandies affichant le nombre de gens à la rue le soir même, le collectif des Sans-Dents Mais Pas Sans Droits était lancé.
Deux mois plus tard, après quelques actions médiatiques, plusieurs milliers de petits gestes supplémentaires (collectes d’habits, de couvertures, soutien au gymnase, repas supplémentaires) et un dialogue amorcé avec l’État et la Ville, le Collectif a alors fait face aux annonces officielles selon lesquelles plus aucune demande d’hébergement adressée au 115 ne serait refusée.
Oui, à Strasbourg cet hiver, l’aide d’urgence fut et reste toujours saturée !
Les 1 800 places des dispositifs de l’hébergement « d’urgence classique » mobilisées au 1er janvier 2017, – soit 1 500 nuitées d’hôtels et 300 places en structures d’hébergement d’urgence – n’ont pas suffi. Avec l’arrivée d’une vague de froid au mois de janvier, près de 200 places « d’urgence grand froid » ont été mobilisées progressivement par l’État, soutenu par la municipalité de Strasbourg, soit des lits dans un gymnase et des accueils de nuit – des chaises, quelques matelas – dans des locaux associatifs des gestionnaires de foyers. Du très provisoire, un accueil souvent indigne !
Graff de Bisch Street Art (Photo collectif SDMPSD / Facebook)
Précarité et débrouille… pour tout le monde, acteurs comme bénéficiaires
Quelque 2 000 personnes sont passées par ces dispositifs d’urgence. C’est sans compter toutes celles qui ne composent même plus le 115. Urgence… Le mot n’y est plus ! Précarité et débrouille sont les mots qui viennent pour qualifier la situation de tous : les institutions, les associations et les bénéficiaires ! Oui nous rencontrons des personnes à la rue tous les soirs, oui nous appelons le 115 en urgence et parfois en vain le soir car ces personnes n’ont pas trouvé de réponse positive la journée. Et non, toutes les places du gymnase ne se sont pas transformées en hébergement durable !
À Strasbourg, le constat est sans appel : l’hébergement d’urgence est débordé, le 115 désorienté, les associations gestionnaires congestionnées, les associations de rue face à des ruées, les maraudes érodées. Et tous ces efforts collectifs s’effacent devant le terrible chiffre de 26 personnes décédées dans la rue en 2016 ou devant ces regards de dizaines d’enfants attendant leur tour pour manger dans la rue.
Ces publics recensés par les institutions et les associations sont des personnes, hommes ou femmes isolées, avec ou sans animaux de compagnie, des couples ou encore des familles avec enfants. Ils sont travailleurs modestes, retraités, jeunes sans emplois, bénéficiaires de minima sociaux, chômeurs, étudiants, personnes handicapées ou malades, ou encore migrants en instance de régularisation… Sans oublier les personnes hors-circuit, en dehors de tout aide institutionnelle. C’est vous, nous, potentiellement n’importe qui face aux galères de la vie.
Il manque 200 places d’hébergement urgence
Nous viennent alors quatre grands constats, entraînant autant de revendications fortes.
1) Augmenter le nombre de places en hébergement pérenne adapté, orienter les publics vers le logement.
À Strasbourg, le logement, même social, est un luxe pour les sans revenu. L’hébergement pérenne est insuffisant ! L’ultime recours, l’hébergement d’urgence est saturé, et ce malgré le fort investissement de l’État, de la Ville et des associations opératrices.
Pour le collectif Sans-Dents, Mais Pas Sans Droits, à court terme, 200 places doivent être créées dans l’hébergement d’urgence pour accompagner la fin du plan hivernal et pouvoir offrir chaque soir une place à chacun. À moyen terme, c’est la fin de l’hébergement hôtelier qui doit être accélérée. Les millions d’euros ainsi économisés doivent être réorientés vers des structures d’hébergement pérenne, offrant un accompagnement social professionnel (maisons relais, pensions de famille, résidences sociales, mandats de gestion/gestion locative adaptée, résidences hôtelières à vocation sociale).
« Privilégier les bailleurs vraiment sociaux »
L’hébergement d’urgence humanitaire doit être mieux préparé par la mobilisation des bâtiments publics disponibles (gymnases, centres socio-culturels, hôpitaux, etc). L’accompagnement de l’hébergement en logement doit être soutenu, de même que les expérimentations associatives et citoyennes : hébergement auto-géré et gestion associative d’appartements.
La Ville de Strasbourg doit orienter fortement le parc locatif social vers les plus démunis en privilégiant les bailleurs réellement sociaux, mais aussi poursuivre sa mobilisation du parc privé vacant comptant près de 3 000 logements sur l’agglomération. N’oublions pas que la réquisition du logement vacant est une prérogative publique positive servant dans l’urgence à mettre à l’abri des personnes en danger.
2) Décloisonner la gouvernance, augmenter l’investissement public pour les plus démunis
À Strasbourg, la gestion des dispositifs est cloisonnée, opaque pour les acteurs associatifs, incompréhensible pour les bénéficiaires, qui passent d’une structure à une autre sans logique de suivi. Les moyens humains et financiers des opérateurs publics et/ou associatifs de l’hébergement stagnent ou régressent, alors même que les besoins augmentent. Cette mise sous tension se répercute sur les associations bénévoles de terrain, dernières rustines d’un système d’aide défaillant.
Chef de file, le Conseil départemental du Bas-Rhin abandonne le terrain
Symbole de cette approche, le Conseil départemental du Bas-Rhin, qui a coupé court à toute discussion, a allègrement enterré en 2016 le plan départemental d’actions pour le logement et l’hébergement des personnes défavorisées (2015-2020). Chef de file des politiques sociales et de la protection de l’enfance, il a fait de la pauvreté une variable d’ajustement budgétaire, provoquant la disparition de structures et une baisse de l’activité des associations en faveur des plus démunis.
Malgré un début de dialogue positif, Le collectif Sans-Dents, Mais Pas Sans Droits réclame une nouvelle fois une ouverture de la gouvernance et des bilans des dispositifs mis en oeuvre, une collaboration étroite et régulière des institutions avec les acteurs de terrain, un renforcement des moyens humains et financiers du CCAS, du 115 et des foyers d’hébergement d’urgence, ainsi que la sanctuarisation des budgets du Conseil départemental consacrés à l’hébergement d’urgence et sa ré-implication aux côtés de l’Etat et de la Ville.
3) Soutenir les distributions sur site, de rue et les maraudes
À Strasbourg, des milliers de repas sont distribués par des associations chaque semaine. Pourtant tous les soirs ne sont pas couverts, tandis que les principales associations en place atteignent leurs limites (600 personnes par déjeuner à La Fringale, 200/250 repas par dîner à Abribus, Strasbourg Action Solidarité ou le Bus du coeur) et ce malgré l’apparition d’initiatives citoyennes spontanées. Notons que les distributions de rue sont particulièrement inadaptées aux familles.
Le collectif Sans-Dents, Mais Pas Sans Droits soutiendra une coordination par la Ville des distributions et demande l’étude concrète d’une mise à disposition de cuisines collectives et la mise en place d’un lieu d’accueil et de distribution dédié aux familles.
4) Faciliter l’accès aux soins, à l’hygiène et la sécurisation du quotidien des plus démunis
À Strasbourg, la journée des plus démunis se résume à un vaste ballottage entre les accueils de jour qui deviennent des salles d’attente, où s’entreposent leurs baluchons, en attendant que les accueils de nuits ouvrent pour ceux qui y ont accès… Les possibilités de domiciliation pour les plus démunis sont insuffisantes alors qu’une adresse postale est nécessaire pour faire valoir nombre de droits, postuler à un emploi ou tout simplement être citoyen. De la même manière, l’accès aux soins et à l’hygiène n’est pas permanent (douches et toilettes publics).
Rétablir l’accès à ces droits, c’est aussi assurer la dignité des personnes ainsi que leur ouvrir une porte vers la réintégration dans la société. Malgré quelques échanges à ce sujet avec les institutions, le collectif Sans-Dents, Mais Pas Sans Droits se doit de réaffirmer que la réflexion sur l’accès aux lieux d’hygiène publics doit être menée. Ceci doit s’accompagner de la coordination, de la simplification et du développement du dispositif de domiciliation ainsi que de lieux de stockage.
Face à ce constat accablant, des solutions existent !
Face à l’urgence et à ce constat accablant, des solutions existent ! Le collectif Sans-Dents, Mais Pas Sans Droits appelle les pouvoirs publics à concrétiser les idées, les associations et les citoyens à agir, pour que la solidarité locale soulage les victimes des crises globales.
Le collectif Sans-Dents, Mais Pas Sans Droits est constitué de citoyens engagés dans la lutte contre la précarité. Le collectif a le soutien des associations Abribus, Action hygiène et vestiaire, collectif SDF Alsace, Grains de sable et Strasbourg Action Solidarité. Ce constat est également partagé par le Secours populaire français.
Valérie Suzan, de Strasbourg Action Solidarité, Stéphane Fillion, Abribus,
Monique Maitte, du collectif SDF, Aschwin Ramenah, collectif Les Morts De La Rue.
Les porte-paroles des associations composant le collectif Sans-Dents Mais Pas Sans Droit listent leurs propositions pour que l’hiver prochain ne se résume pas en une série de crises du logement.
Ils sont quatre, ils s’habillent comme les Bee Gees et périodiquement, ils secouent Strasbourg lors de leurs concerts survitaminés, avec ce mélange de funk et d’electro qui transforme tous les publics en danseurs compulsifs. Rebelote vendredi, dans un lieu encore secret à Strasbourg, avec la « release party » du 3e volet de leur trilogie. Après The Fat, The Bad, voici The Gers.
« Who’s Got The Funk ? Everyone’s got the funk ! », répondent les quatre musiciens de The Fat Badgers. Vendredi 3 mars, ces musiciens issus du conservatoire de Strasbourg présentent lors d’une « release party » qui promet d’être dantesque le dernier mini-album (EP) de leur trilogie disco-funk : The Gers.
En 2013 et 2014, Rue89 Strasbourg vous avait déjà invité à découvrir leurs précédents albums, The Fat puis The Bad, à l’occasion de leurs concerts. The Fat Badgers sont chez eux au Mudd, mais on les a vus à la Laiterie, à Nancy, Metz et en tournée un peu partout en France depuis cinq ans.
Les Fat Badgers ne considèrent pas les soul trains comme obsolètes… (doc remis)
Car la musique des Fat Badgers s’apprécie en live. Il faut les voir raviver la fièvre disco avec leurs samples millimétrés, taillés pour le groove, et capables de transformer n’importe quelle salle de concert en dancefloor déchaîné. En février, ils ont rempli la salle de Django Reinhardt pour un never-ending soul train remarqué (voir ici la vidéo). Pas convaincu ? Regardez ce que ça donne :
You Love Me And Leave Me, un des nouveaux titres de The Gers, en concert à Strasbourg en mai (vidéo The Fat Badgers / YouTube)
Disco rénovée et décomplexée
Généreuse, ancrée dans une tradition disco mais vitaminée à l’electro, la musique des Strasbourgeois Cyprien Steck (claviers), Arthur Vonfelt (guitare) et des Barisiens Rémi Bouet (basse) et Victor Binot (batterie) n’en est pas moins ultra-précise, ce qui la rend très efficace. Les quatre musiciens n’hésitent pas à appeler tous les codes de leurs mentors, les voix poussées jusqu’à en être déformées, les basses omniprésentes, le résultat est toujours une joyeuse communion.
En témoigne leur nouveau clip de Bad Mothers, enregistré au Mudd en novembre :
Bad Mothers (vidéo The Fat Badgers / YouTube)
Deux autres titres sont à découvrir sur l’EP The Gers, « Jak Chirak » et « Who’s Got The Funk ». L’album est disponible vendredi 3 mars en vinyle, CD et en numérique sur la plate-forme Bandcamp. Il reste des tickets disponibles pour la « release party », une soirée qui pourrait être la plus importante de la trilogie, la plus inoubliable de ces cinq années ! C’est le moment de ressortir les perruques et les pantalons moulants à paillettes.
La gestion de l’incinérateur de Strasbourg, amianté et à l’arrêt pour deux ans et demi, va faire l’objet d’une séance de travail qui sera retransmise en direct, à l’occasion d’un rapport du Ministère des Finances sur cette crise qui empoisonne l’Eurométropole.
Chaque année, le Ministère des Finances propose aux métropoles de confier une expertise à ses équipes sur un sujet local de son choix. En 2016, l’Eurométropole a opté pour son incinérateur Sénerval, dans la réserve naturelle du Rohrschollen.
Le dossier est sûrement la crise majeure du mandat en cours, pour les 33 communes de l’Eurométropole. En 2014, de l’amiante dans les fours de brûlage des années 1970 a été détectée. Or, depuis 2010, c’est la société Séché Environnement qui exploite le lieu et pour une délégation prévue alors de 20 ans.
200 millions d’euros
L’Eurométropole, propriétaire de l’usine, doit payer les travaux, le détournement des déchets vers d’autres sites de Séché pendant le désamiantage et aussi… indemniser l’entreprise pour le manque à gagner. Une crise estimée à 200 millions d’euros sur cinq ans. Des arrêts temporaires et partiels se succèdent jusqu’à septembre 2017, où un arrêt total de deux ans et demi est finalement décidé (voir la chronologie en fin d’article).
L’incinérateur de Strasbourg, au milieu de la réserve naturelle de Rohrschollen est à l’arrêt pour deux ans et demi (photo Pierre France / Rue89 Strasbourg)
Un rapport technique à éplucher
Ce rapport, très technique, de 38 pages avait été présenté en conseil de l’Eurométropole fin janvier, mais les élus en avaient pris connaissance au début de la séance, ce qui les empêchait de le lire sérieusement et de poser des questions. L’opposition avait protesté vivement contre ces méthodes.
Le président de l’Eurométropole, Robert Herrmann (PS), a accepté de rouvrir le débat à l’occasion d’une commission spéciale des déchets, ouverte aux élus qui souhaitent y participer. Le rapport sera présenté avec des membres du ministère des Finances, le cabinets d’avocats de l’Eurométropole Soler-Couteaux et l’entreprise Séché Environnement. Il est disponible dans la bibliothèque de Rue89 Strasbourg.
Des questions plus politiques vendredi
L’opposition souhaite prolonger la discussion de manière plus politique au conseil de l’Eurométropole de ce vendredi 3 mars. Car au-delà des questions d’avenants, d’indemnisation ou de recours, ses interrogations sont aussi stratégiques : comment avoir pu confier des infrastructures des années 1970 sans suspecter de l’amiante ? N’y avait-il pas un moyen de briser le contrat avec Séché Environnement ? Le choix d’une délégation pour 20 ans n’était-il pas trop risqué ?
À suivre en direct et en vidéo de 14h à 16h ce mardi 28 février, dans le cadre en haut de cet article.
Quand se procurer un peu de drogue est aussi simple que commander un hamburger sans sortir de sa voiture. Bienvenue dans les « shit drive » des cités de Strasbourg.
Le « drive », ce type de magasin accessible en voiture, ouvert jusqu’à des heures tardives, limitant le personnel, optimisant les bénéfices, a été popularisé par les chaînes de restauration rapide comme Mc Donald’s. Mais le drive s’est démocratisé jusqu’aux pharmacies, supermarchés, tabacs et plus récemment… au marché noir de la drogue. Ainsi dans certains coins de Strasbourg et de Schiltigheim, on trouve des « drive » pour se procurer de l’herbe, du shit ou d’autres produits stupéfiants aussi simplement que s’il s’agissait de cheeseburgers. J’ai testé cette nouvelle application des concepts marketing à la vente de drogues.
Aussi simple que le fast food, il y a même des réductions pour fidélité… (photo Rue89 Strasbourg / cc)
Après le porche, rouler doucement…
Lundi, 19h30, j’arrive, au volant de ma voiture, je passe doucement sous le porche qui définit l’entrée de cette cité de Schiltigheim. Je me vois directement orienté par un « guetteur », 15 ans à peine, qui me fait un petit signe de tête pour m’indiquer la direction à prendre.
Soudainement, sorti de nulle part, un premier « charbonneur » fait son approche et prend ma commande. Il est vraisemblablement mineur, rehausse légèrement son bonnet lorsqu’il s’approche de ma fenêtre et me tend la main en demandant : « qu’est-ce qu’il te faut ? »
S’en suit une brève discussion concernant les produits disponibles… Je profite de ce « marché », ouvert de 10h à 23h en semaine et 24h/24 le week-end pour passer ma commande. Ce sera deux sachets d’herbe, importation directe du Maroc, via la Hollande.
Les prix sont clairement affichés, comme ça pas de discussion… (Photo PA / doc remis)
Le dealer propose aussi d’acheter un Macbook Pro à prix cassé ou encore une montre. Tenté… On l’est toujours avec les promotions. Mais finalement non, je reste fidèle à mon objectif initial et je me contente de mes quelques grammes d’herbe. Le tarif est annoncé clairement, il correspond aux prix habituels : 60 euros pour deux pochettes.
Une fois ma commande passée, l’adolescent m’indique du doigt la direction à prendre pour atteindre la « borne de paiement », quelques mètres plus loin, où m’attend déjà un autre gamin qui, lui, prend mes billets. Une fois l’argent en sa possession, il m’encourage à avancer vers le « point de retrait ». Un troisième jeune me retrouve sous un autre porche, près de la sortie de la cité, avec mes deux sachets.
Pas de police en vue…
En moins de 5 minutes, me voilà avec ma drogue dans la poche, de l’herbe fraîchement arrivée d’Amsterdam. À aucun moment je n’ai eu le sentiment d’être en insécurité, tout ce petit monde s’est comporté de manière très professionnelle. On me gratifie même d’un « attention aux flics quand tu repars. » Je m’interroge alors, si la police arrivait ? Je verrais sans aucun doute tous ces adolescents disparaître en quelques secondes dans les innombrables tours alentours, tandis que je serais paralysé et coupable, au volant de ma voiture…
Mais la police n’est pas passée. De toutes façons, la moindre approche d’une voiture banalisée est détectée bien en amont par toute une armée de guetteurs, qu’ils surnomment « la chouf » (du verbe « voir » en arabe). Difficile donc pour les autorités de s’attaquer à ce système bien rôdé, ce « drive » où tous les employés sont remplaçables, attirés par la promesse d’un salaire journalier qui peut aller jusqu’à 1 000 euros pour les mieux placés.
Un système très efficace et bien en place
Ce travail à la chaîne appliqué au deal de drogue est très efficace. Tout au long de mon passage, j’ai vu les jeunes communiquer entre eux avec des gestes simples, mais précis, qui traduisent la commande, la quantité et validation du paiement. Pas besoin de portables, pas de risque d’écoute, c’est encore plus efficace que les talkies-walkies des employés de McDo.
On aurait tort de croire que le boulot du dealer de drogue se réduit encore à attendre le client au coin des rues sombres… Si on trouve encore quelques vendeurs aux abords de lieux publics, comme autour de la gare de Strasbourg et du campus, la force de ce trafic a été de déplacer les clients vers des points de vente sûrs. La cité constitue un endroit idéal pour les vendeurs, qui peuvent se cacher, mais aussi planquer la marchandise dans des caves ou des appartements dont les dealers possèdent les clés.
Un marché à 2,3 milliards d’euros
La marchandise est bien gardée, d’abord par des vendeurs, eux-mêmes surveillés par leurs patrons, des « shift managers » vivant aussi dans le quartier et effectuant des rondes pour s’assurer de la fluidité des transactions. Difficile toutefois de savoir où sont stockés les produits ou en quelle quantité. Allez savoir pourquoi mais une certaine discrétion règne sur certaines étapes de la vente.
Difficile d’imaginer les recettes journalières d’un tel trafic, si l’on peut compter les voitures qui entrent et sortent, on peut difficilement connaître les habitudes des consommateurs, en terme de fréquence d’achat et de quantité. Mais avec un « panier moyen » de 50€ par client, il est certain qu’une telle organisation brasse plusieurs milliers d’euros chaque jour. Un rapport de novembre 2016 estime le marché de la vente de drogues en France à 2,3 milliards d’euros. Dans ce même rapport, les gains d’un guetteur sont estimés à 800€ par mois tandis que le « shift manager », le responsable du point de vente, émarge lui autour de 7 500€ par mois.
A Grenoble, le magasin a dû fermer temporairement… (capture d’écran Dauphiné Libéré)
Des plans de communication et des gestes commerciaux.
Côté vendeur, ce mode de distribution limite les coûts. Plus de déplacements risqués, plus de ravitaillements incertains vers les postes de vente, tout se passe dans un périmètre qui ne dépasse pas 100 mètres de côté. Périmètre que les dealers et leur main d’oeuvre connaissent parfaitement.
Côté consommateur, la formule est également appréciée. Marc, client régulier en témoigne :
« Je n’étais pas rassuré à l’idée de venir dans une cité les premières fois, mais ici je suis sûr de trouver ce que je recherche. En plus, maintenant on me donne parfois des échantillons, des feuilles ou des briquets, on m’a déjà offert un CD d’un groupe de rap du quartier. Même si les prix sont parfois élevés, venir ici est une garantie de qualité mais aussi l’assurance de trouver ce dont on a envie. »
Le tour de force de ces organisations tient non seulement dans le fait qu’elles aient su amener et fidéliser les clients des quartiers centraux vers les cités, mais aussi et surtout qu’elles apparaissent désormais comme le moyen le plus sûr de se procurer de la drogue. À Grenoble en 2014, les dealers ont tenu à « s’excuser » auprès de leurs clients, suite à une indisponibilité temporaire (voir photo ci-dessus).
« Payer les factures et soutenir la famille. »
Lors de mon passage au drive, en attendant le ravitaillement, j’échange avec Salim, qui doit avoir à peine 17 ans. C’est non sans une certaine fierté qu’il m’affirme avoir « pris du galon » depuis peu. Il revendique qu’il faut bien « payer les factures » et confie qu’il a choisi d’intégrer le business pour apporter une aider financière à sa famille.
Après plusieurs mois passés dehors en tant que guetteur, perché sur une tour, Salim fait désormais partie de la chaîne de vente, au contact de la clientèle. Il a de fait gagné le respect, mais surtout, il a été augmenté. Il justifie ses plans de carrière ainsi :
« Si tu veux une belle voiture, c’est pas Pôle Emploi ou le lycée qui vont te la donner, alors je charbonne, je me mets bien, et je quitterai le quartier. Au moins ici je peux évoluer, avant j’étais toujours dehors et tout seul, maintenant je peux me réchauffer dans la voiture quand y’a pas de clients, j’ai quelques pauses. »
Salim est lui-même surveillé par un chef d’équipe, qui s’assure qu’il soit présent à son poste aux heures voulues. Et ce chef d’équipe rend lui aussi des comptes, et ainsi de suite jusqu’au grand patron, inconnu de tous ces employés. Comme chez MacDo.
Chars, danseurs, musiciens et mécanos géants ont défilé dans les rues du centre de Strasbourg pour le carnaval dimanche 26 février. L’objectif était de réconcilier le jeune public avec l’événement. Pari réussi ? Voici quelques photos pour en juger.
Le premier des « bidulos », un grand oiseau doré (Photos Jean-François Gérard / Rue89 Strasbourg / cc)
Plusieurs compagnies professionnelles de théâtre de rue ont émaillé le cortège.
Une tonne de confettis et 500 kg de bonbons ont copieusement été déversés sur le public.
A Strasbourg, il est toujours question de vélo…
Il y a eu quelques soucis de gonflage, pour le plus grand amusement des enfants.
Les masques traditionnels des carnavals rhénans n’étaient pas complètement remisés.
Les poules sont régulièrement invitées par la Ville de Strasbourg, elles ont toujours autant de succès.
Du point de vue des grands, le dragon avait quelques soucis de coordination mais il a impressionné les plus petits.
Les artistes, ici une compagnie de Haguenau, ont défilé plus d’une heure sous un grand ciel bleu.
Les bidulos, légers et sans moteur, ont beaucoup plus aux enfants, qui ont apprécié pouvoir s’en approcher sans risque.
Les bidulos sont désormais la propriété de la Ville de Strasbourg. Verra-t-on à nouveau les papillons l’an prochain ?
Et vous, vous avez publié vos photos du défilé quelque part ? Publiez le lien dans les commentaires.
La Ville de Strasbourg rétro-pédale concernant la nouvelle clinique Rhéna au Port du Rhin qu’elle considère avoir trop aidé. C’est le gros point de l’ordre du jour du conseil municipal de ce lundi 27 février qui se terminera par une myriade d’interpellations. À suivre en direct à partir de 15h.
Un gros dossier revient sur les bancs du conseil municipal strasbourgeois. Celui de la clinique Rhéna, fusion des trois établissements confessionnels Adassa, Sainte-Odile et les Diaconnesses. Elle va ouvrir ce lundi 27 février dans le quartier du Port-du-Rhin, au bout de l’axe des Deux-Rives.
Fin du bail à prix bradé
Ce projet de clinique privée a fait des remous dans le monde politique et des médecins. En plus des subventions de l’État (23 millions d’euros sur un budget d’investissement de 100 millions d’euros), la municipalité avait consenti une garantie d’emprunt et à laisser ses terrains à prix bradés, via un bail emphytéotique (c’est-à-dire long et assorti d’un loyer symbolique) de 99 ans. Un choix sur lequel certaines voix s’étaient élevées, y compris au sein de la majorité municipale.
Signé en octobre 2014, le bail ne va finalement durer que deux ans et demi. Un revirement justifié par la crainte d’un « déséquilibre dans l’offre de soin » selon l’adjoint au maire à la Santé, le docteur Alexandre Feltz (non encarté, apparenté PS), qui s’est toujours exprimé contre le projet. Leur vente va permettre d’engranger 16 millions d’euros dans les caisses de l’Eurométropole, propriétaire des terrains.
Une extension Rhéna 2 déjà prévue
Malgré ces facilités multiples, justifiées par la municipalité d’implanter la clinique dans le nouveau grand quartier de Strasbourg, aucune garantie n’existe, à part un engagement verbal, sur le degré de dépassement d’honoraires des praticiens.
Cette vente concerne aussi le terrain sur lequel la clinique envisage Rhéna 2, une extension de 8 000 m² aux 30 000 m² déjà existant. Un nouveau sujet d’attention car cette extension vise à débaucher les cardiologues de la clinique de l’Orangerie, mais les surfaces ne sont pas comparables : 1 500 mètres-carrés allée de la Robertsau, contre 8 000 au Port-du-Rhin, ce qui fait que d’autres projets encore inconnus sont suspectés.
Un « point à surveiller » pour le maire Roland Ries (PS) et son adjoint, même si cette fois il n’y a pas d’aide publique et que le permis de construire est signé. Toujours selon Roland Ries, le directeur de la clinique, Guillaume Lohr, s’est engagé auprès de lui à ne pas débaucher de praticiens de l’hôpital civil.
La nouvelle clinique Rhéna au Port du Rhin (Photo Roland Burckel / Archi-wiki / CC)
Les jeunes s’adressent au maire
Avant cela, le conseil débutera par une interpellation jugée « offensive » par le maire. Exercice insolite, elle viendra de la part du Conseil des jeunes de Strasbourg. Un exercice qui changera peut-être des codes politiques habituels.
Les autres points de l’ordre du jour, assez léger, concernent notamment les efforts de la Ville et ses sociétés satellites pour réduire sa pollution, notamment à travers l’éclairage public, la création d’espaces verts, le développement de circuits courts ou la réhabilitation thermique de bâtiments. On appelle ça la « stratégie air-énergie-climat. »
Interpellations à tire-larigot
Le conseil municipal sera conclu par une série d’interpellations sur divers sujets. Deux seront assez insolites, puisque les écologistes, membres de la majorité, ont choisi de questionner le maire. Ils aimeraient qu’il tienne son engagement de 2008 sur la fin des cirques avec des animaux à Strasbourg, comme à Illkirch-Graffenstaden.
Le maire lui-même va par ailleurs proposer une motion de soutien à l’antenne locale de la radio FIP, menacée de disparaître à la rentrée. Radio France prévoit de fermer les rédactions locales pour gérer toute la programmation à Paris. Un « nouvel avatar du centralisme » qui n’est pas du goût de Roland Ries.