Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Dix mois de sursis pour le Syndicat potentiel avant un déménagement

Dix mois de sursis pour le Syndicat potentiel avant un déménagement

Grâce à un accord avec les nouveaux propriétaires, la galerie alternative du Syndicat potentiel à Strasbourg peut rester dans ses locaux historiques de la Krutenau jusqu’à fin décembre. Avant de devoir trouver un nouveau point de chute.

En décembre, Rue89 Strasbourg écrivait que le Syndicat potentiel pourrait se retrouver à la rue à la Saint-Valentin. La galerie de l’art émergent et alternatif installée dans la Krutenau depuis 1993 est pourtant toujours dans ses locaux, rue des couples.

Son bail est bien terminé, mais un accord avec les acheteurs des lieux permet de prolonger l’aventure jusqu’au 31 décembre 2017 et à titre gratuit. Ensuite, l’association d’artistes recevra une indemnisation du propriétaire équivalente à deux ans de loyer. Un pécule pour trouver un point de chute provisoire… ou définitif.

Quant à l’appartement de quatre pièces au premier étage, actuellement un espace dédié aux jeunes artistes pour la création, l’accord tient jusqu’à fin avril. L’association devra ensuite trouver un autre lieu pour cette partie de son activité.

Plus de 600 artistes ont exposé au Syndicat potentiel depuis son installation à la Krutenau en 1993 (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Quatre élus sur le dossier

Arrivée il y a près de 25 ans dans un quartier encore populaire, la galerie bénéficiait toujours d’un loyer défiant toute concurrence aujourd’hui : 580 euros par mois pour un espace de 200 mètres-carrés. À budget équivalent, impossible de trouver un lieu similaire pour la petite structure, qui souhaite rester en ville. Un positionnement soutenu par les dirigeants strasbourgeois.

Il aura fallu la mobilisation de pas moins de quatre élus de poids pour suivre le dossier : le député, conseiller municipal et président des bailleurs sociaux Habitation moderne et CUS Habitat Philippe Bies (PS) ; le premier adjoint au maire, en charge notamment de la Culture, Alain Fontanel (PS) ; le vice-président de l’Eurométropole en charge de l’habitat, Syamak Agha Babaei (non-encarté) et l’adjoint au maire en charge de l’urbanisme et également vice-président de l’Eurométropole Alain Jund (EELV). Ces deux derniers sont très implantés dans le quartier de la Krutenau.

Discussions « très correctes »

Les discussions et les acheteurs ont d’ailleurs été qualifiés de « très correctes » par les élus comme les membres de l’association. Pour les convaincre, ils ont notamment mis en avant que la collectivité avait participé à des travaux de rénovation il y a deux ans.

Depuis près d’un an et la mise en vente de l’ensemble du bâtiment, plusieurs solutions avaient été envisagées, dont l’achat par un bailleur social des appartements dans les étages, mais le modèle économique du logement social n’a pas permis de faire une offre supérieure à 1,2 million d’euros, soit moins que les ambitions des vendeurs.

Pour Syamak Agha Babaei, cet épisode pose néanmoins la question de l’impuissance des pouvoirs publics :

« Même avec des tarifs sociaux, les appartements auraient eu des loyers deux fois plus élevés voire 2 fois et demi supérieurs à ceux qui étaient pratiqués. Cela pose la question des immeubles anciens dans les villes. Sur des petites actions, la collectivité est parfois démunie de moyens légaux. »

Objectif la Manufacture

Le Syndicat potentiel a donc 10 mois pour trouver un nouvel espace. Une situation que l’association montée par des étudiants en art de Strasbourg avait déjà connue en 1992, quand elle a quitté la rue du Faubourg-De-Pierre après un an d’existence. Elle est l’un des nombreux candidats pour occuper des espaces de l’ancienne Manufacture des tabacs. Un premier jury se tient ce lundi 13 mars.

D’autres pistes sont envisagées. En décembre, les artistes avaient par exemple évoqué la premier étage de la Nouvelle Douane, pont du Corbeau, après que le projet de restaurant des producteurs alsacien ait été abandonné.

Maire de Niederhausbergen, Jean-Luc Herzog demande 5 000€ à la brasserie Mercière

Maire de Niederhausbergen, Jean-Luc Herzog demande 5 000€ à la brasserie Mercière

Le couple qui tient la brasserie artisanale La Mercière était mercredi matin devant le tribunal correctionnel de Strasbourg. Le maire de Niederhausbergen, Jean-Luc Herzog, les poursuit pour des propos publiés par des internautes sur la page Facebook de la brasserie, et leur demande 5 000€ de dommages et intérêts.

Le président du tribunal correctionnel de Strasbourg, Jean-Baptiste Poli, s’est gardé cette affaire comme un dessert. Une histoire de diffamation contre un élu par des artisans brasseurs, ça le change des petits trafiquants qui n’ont pas été assez malins pour éviter un contrôle, des bagarres avec comme prévenus ceux qui n’ont pas couru assez vite, des affaires banales, récurrentes, et qui ont constitué une fois encore le gros morceau de son audience de mercredi.

Alors pas question de se précipiter, ce sera la dernière affaire entendue et peu importe les agendas des parties. Après une salve de délibérés plutôt cléments, quelques jours amendes par ci, quelques mois de prisons avec sursis par là, Jean-Baptiste Poli a profité que la salle d’audience se soit vidée pour écouter ce qui pouvait bien amener Franck Julich, brasseur à Niederhausbergen, devant lui.

« Racontez moi toute l’histoire »

« Vous êtes prévenus d’avoir publié des injures et des propos diffamatoires sur votre page Facebook à l’encontre de Jean-Luc Herzog, maire de Niederhausbergen, personne dépositaire de l’autorité publique. Racontez-moi toute l’histoire » demande Jean-Baptiste Poli à Franck Julich. Surpris et intimidé, celui qui a créé sa brasserie artisanale en 2012 bredouille, puis relate l’enchaînement des événements qui l’ont conduit à se retrouver en conflit ouvert avec Jean-Luc Herzog. Les débuts homériques en 2012, l’extension dans la cour de la maison familiale, le succès de son entreprise, son projet de création d’un tiers-lieu sur un terrain familial au centre de Niederhausbergen, le blocage du maire et l’impossibilité d’en discuter…

Et le relais des articles de Rue89 Strasbourg sur la page Facebook de la Mercière, en juillet 2016. Ceux-ci provoquent plusieurs centaines de commentaires, dont certains s’adressent au maire de Niederhausbergen. Jean-Luc Herzog missionne un huissier pour relever ceux qu’il estime injurieux ou diffamatoires. Résultat : en décembre, Franck et sa femme, Imène, se retrouvent devant les gendarmes de Mundolsheim à viser des ramettes entières de commentaires imprimés…

Imène (au centre) et Franck Julich (à droite) doivent répondre de commentaires injurieux publiés sur leur page Facebook (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Imène (au centre) et Franck Julich (à droite) doivent répondre de commentaires injurieux publiés sur leur page Facebook (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Quatre phrases sur Facebook occupent le tribunal

Au final, seules quatre phrases seront jugées par le Parquet suffisamment sérieuses pour être retenues contre Franck Julich dans le cadre d’une procédure pénale. Attention, c’est du lourd, éloignez les enfants, les voici : « ce maire est vraiment débile », « ce maire est une honte », « ils sont de plus en plus cons nos maires » et « ça sent la corruption ce truc. »

Vice-procureur de la République, Françoise Toillon, avoue qu’une affaire comme celle-ci aurait dû être classée sans suite, mais que des poursuites sont engagées en raison de « l’ampleur ». L’avocat de la défense précisera que Jean-Luc Herzog a insisté auprès du Parquet pour qu’elle aille jusqu’au procès. François Toillon ne s’étend donc pas sur l’historique du dossier et après un réquisitoire de 30 secondes, elle demande au tribunal que Franck Julich soit condamné à une amende de 800€, intégralement assortie du sursis.

Avocat représentant Jean-Luc Herzog, Me Franck Rugraff du cabinet Soler-Couteaux, lui, n’entend pas expédier cette affaire. Il réclame au tribunal de condamner Franck Julich à payer à Jean-Luc Herzog 5 000€ au titre des dommages et intérêts et à rembourser la mairie de Niederhausbergen, qui a pris en charge ses frais de justice, à hauteur de 1 500€ :

« Outre le site de la brasserie, la page Facebook et les articles de presse, il y a eu aussi une pétition en ligne et la volonté d’organiser une manifestation ! Jean-Luc Herzog a été victime d’une véritable campagne de déstabilisation. Face aux pressions, il a été contraint d’agir et ce n’est qu’après que nous ayons envoyé les courriers de mise en demeure que les commentaires ont été supprimés et la manifestation annulée. Les insultes sont restées en ligne pendant six semaines. »

« Il n’y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits »

De son côté, Me Arnaud Dupuy, intervenant pour la défense de Franck Julich, a plaidé la nullité d’une procédure qu’il juge confuse et bâclée. Sur le fond, il a sévèrement critiqué l’attitude de Jean-Luc Herzog :

« Demander 5 000€ à un couple d’artisans de sa commune, alors qu’on est vice-président de l’Eurométropole en charge de l’artisanat, le plus mal réélu soit dit en passant, a quelque chose d’indigne. Si c’est de son honneur qu’il était question, M. Herzog pouvait demander l’euro symbolique. Là, il veut les tuer financièrement, les écraser tandis que lui ne prend aucun risque, après avoir fait voter à huis clos la protection fonctionnelle de sa commune, ce qui est illégal. Et pour quoi ? Pour quatre malheureuses phrases que M. Julich n’a ni écrites, ni validées ? Comme le dit Beaumarchais dans le Mariage de Figaro, “il n’y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits”. »

Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 10 mai. En attendant, Franck et Imène Julich, contraints de quitter Niederhausbergen, vendent leur maison et font appel à la générosité de leurs soutiens pour construire une brasserie artisanale, un commerce et un gîte autour de la bière et des savoirs-faire anciens, ailleurs dans le Bas-Rhin.

Assistants parlementaires : pourquoi Marine Le Pen dit n’importe quoi

Assistants parlementaires : pourquoi Marine Le Pen dit n’importe quoi

Marine Le Pen est mise en cause par le Parlement européen pour avoir employé certains de ses assistants parlementaires à son service personnel ou à celui de son parti. La candidate du Front National évoque « l’État de droit » et dénonce une procédure expéditive. Antoine Matter, avocat au barreau de Strasbourg, a analysé la procédure appliquée à Marine Le Pen et pour lui, la candidate du Front National devrait réviser sa défense.

Il y a quelques semaines, le Parlement européen sanctionnait Marine Le Pen en opérant une retenue sur une partie de ses indemnités de députée européenne. Motif ? Elle aurait employé deux de ses assistants parlementaires, payés sur les fonds européens, à d’autres tâches que celles liées à son activité de députée.

En réaction, Marine Le Pen accusait le parlement européen d’agir « en violation de l’État de droit », « sans l’avoir entendue » et de mettre en œuvre la sanction « sans que la justice ait eu à se prononcer ». Elle enfonçait le clou en parlant de « zone de non-droit » et d’une atteinte « aux droits de l’Homme et de la défense ». A-t-elle raison ?

Marine Le Pen a eu le loisir de se défendre

Reprenons tout d’abord les grands principes cités par Marine Le Pen, ceux-là même qui auraient été violés selon ses mots. Tout d’abord, l’État de droit. Classiquement, on le définit comme un État dans lequel les institutions et les individus sont soumis à des règles définies à l’avance, et contestables devant les tribunaux. C’est le contraire d’un État arbitraire, dans lequel personne ne sait ce qui va lui arriver s’il se comporte de telle ou telle manière.

En d’autres termes, Marine Le Pen reproche au Parlement européen d’avoir agi en-dehors de tout cadre légal (elle utilise d’ailleurs l’expression « zone de non-droit »).

Or, la procédure suivie était parfaitement balisée et encadrée par plusieurs textes. L’organisme qui a enquêté sur Marine Le Pen et d’autres députés FN est connu sous le nom d’OLAF (Office européen de lutte anti-fraude), et il est notamment régi par le règlement n° 883/2013 du 11 septembre 2013.

À la lecture de ce dernier, on constate que la personne visée par une enquête dispose des garanties procédurales suivantes pour se défendre :

    le droit de ne pas s’incriminer, le droit d’être assistée par une personne de son choix, le droit de bénéficier d’un préavis avant d’être entendu, le droit de présenter tout document lors de l’entretien ou par autres moyens et que ce document soit ajouté à l’enquête et pris en compte lors de l’établissement des faits, le droit de présenter des observations sur les déclarations émises en qualité de témoin qui pourront être utilisés si la personne entendue devient personne concernée par les faits, le droit pour la personne concernée par l’enquête d’avoir accès au compte rendu de l’entretien, de l’approuver ou d’y apporter des observations, le droit pour la personne concernée par l’enquête à recevoir une copie du compte rendu d’audition le droit à être informé des faits qui sont reprochés à la personne sous enquête, le droit de présenter ses observations sur les faits concernant la personne sous enquête, le droit à s’exprimer dans n’importe quelle langue officielle des institutions de l’Union.
Marine Le Pen au Parlement européen après les attaques terroristes à Paris (Photo Parlement européen)
Marine Le Pen au Parlement européen après les attaques terroristes à Paris (Photo Parlement européen)

Quant aux voies de recours, autre pilier de l’État de droit, elles sont multiples : on peut en déférer au directeur général de l’OLAF, à son comité de surveillance, au secrétaire général de la Commission européenne, au Médiateur européen, à la Cour de Justice de l’Union européenne, ou même aux tribunaux de l’État d’accueil, c’est-à-dire les tribunaux français.

On ajoutera que l’OLAF n’a pas de pouvoir de sanction, l’organisme se borne à effectuer un rapport qu’il décide ensuite de transmettre ou non aux autorités compétentes. Et c’est là qu’intervient la deuxième accusation de Marine Le Pen : le Parlement ne serait pas légitime à réclamer le remboursement des sommes en jeu sans que la justice ne se prononce.

C’est de l’argent public, le Parlement peut demander à recouvrer les sommes perçues

A priori, on peut s’étonner que le parlement puisse récupérer de lui-même les montants qu’il estime dus, en prélevant une partie des indemnités de députée de Marine Le Pen. En principe, en droit français, pour contraindre un débiteur à payer une somme d’argent, il faut un titre exécutoire c’est-à-dire un jugement de condamnation.

Cependant, les sommes en jeu sont de l’argent public. Or, même en droit français, l’administration dispose de moyens qui lui permettent de récupérer de force une créance, même sans décision judiciaire. Ainsi, lorsque le fisc veut recouvrer une créance fiscale, il a la possibilité, après une mise en demeure infructueuse, d’émettre unilatéralement un titre exécutoire qui lui permettra de saisir les montants, à savoir un avis de mise en recouvrement (article L256 du Livre des procédures fiscales), ou un rôle homologué par le préfet (article 1658 du Code général des impôts).

Or, la procédure suivie par le Parlement européen est très similaire : avant d’opérer une retenue sur une partie de l’indemnité de Madame Le Pen, le parlement lui a envoyé deux notes de débit datées des 5 décembre 2016 et 6 janvier 2017, lui impartissant un délai de remboursement courant jusqu’au 31 janvier pour la première note, et jusqu’au 28 février pour la deuxième. Ce n’est que du fait de l’absence de réaction qu’une partie de l’indemnité a été retenue à partir du mois de février. Rien de très différent du droit français…

Il faut préciser également que le parlement est limité dans ses possibilités de recouvrement, et que des garanties sont offertes au député fautif sur ce point. On citera ici l‘article 68 des mesures d’application du statut des députés européens :

Toute décision en matière de recouvrement est prise en veillant à l’exercice effectif du mandat du député et au bon fonctionnement du Parlement, le député concerné ayant été entendu préalablement par le secrétaire général. En d’autres termes, le parlement ne peut pas prélever l’intégralité du salaire du député, qui doit pouvoir continuer à disposer de moyens suffisants pour exercer sa mission.

Des voies de recours sont à la disposition de Mme Le Pen

Rappelons ici que Marine Le Pen dispose du droit de saisir la justice européenne pour contester le recouvrement. Certains de ses collègues députés visés par des procédures similaires (Mylène Troszczynski, Burno Gollnisch, et Jean-Marie Le Pen) ont d’ailleurs saisi le président du Tribunal de l’Union Européenne d’une demande en référé (procédure d’urgence), afin de demander la suspension des mesures de recouvrement les visant, le parlement menaçant de prélever 50% de leur indemnité parlementaire.

Or le juge a rejeté la demande, en relevant que les requérants ne justifiaient pas que le droit d’exercer leur mandat serait compromis et que le parlement a donné des garanties sur ce point. Le juge note cependant qu’il pourrait être amené à se re-prononcer si de nouveaux éléments étaient apportés.

Enfin, il note également que les députés ont la possibilité de saisir le questeur du parlement d’une demande d’annulation de la procédure de recouvrement, ce qui relativisait l’urgence dont ils faisaient part.

On le voit, l’Europe a mis à la disposition de Marine Le Pen des moyens pour se défendre. Le fait qu’elle se soit abstenue de les utiliser – c’est du moins ce qu’elle semble prétendre – ne peut être reproché à personne d’autre qu’à elle-même ou à ses avocats.

La fac placardée de messages sexistes pour la journée des droits des femmes

La fac placardée de messages sexistes pour la journée des droits des femmes

Ce matin, les étudiants de l’Université de Strasbourg ont été accueillis par des messages sexistes affichés partout sur le campus. Relent réactionnaire ? C’est en fait le collectif féministe de la fac qui veut faire bouger l’administration en cette journée internationale des droits des femmes.

« L’art n’est pas un domaine pour les femmes. Les filles, vous n’avez rien à faire ici. Les meilleurs artistes sont des hommes ».

C’est l’un des nombreux messages multicolores qu’ont pu lire les étudiants ce matin en allant en cours. Le Collectif Copines, association féministe de l’Université, et le syndicat étudiant UNEF ont décidé d’afficher partout sur le campus et dans les bâtiments des témoignages publiés à l’origine sur le blog Paye ta Fac, dédié au sexisme dans les universités, qui a eu un écho médiatique au mois de janvier.

Objectif : faire réagir les étudiants à l’occasion du 8 mars, journée internationale du droit des femmes mais aussi et surtout… l’administration.

Des témoignages du web imprimés en grandeur nature pour alerter sur le sexisme (Photo DL / Rue 89 Strasbourg / cc)
Des témoignages du web imprimés en grandeur nature pour alerter sur le sexisme (Photo DL / Rue 89 Strasbourg / cc)

L’administration de la fac avait déjà réagi quand les propos du blog avaient été relayés en masse au mois de janvier, affirmant que l’Unistra se sentait concernée par la question et réfléchissait à créer une cellule d’écoute depuis plusieurs mois.

Depuis l’épisode, une page avec les contacts utiles en cas de harcèlement ou de sexisme ont été mis en ligne sur le site de l’Unistra.

Mais pour la porte-parole du collectif Copines, Barbara Sclafer, la simple prise de conscience ou la tenue de conférence ne sont pas suffisants. Elle explique que cette action vise à remettre une certaine pression pour que cela bouge :

« À Sciences-Po, l’administration avait réagi et met en place une référente discrimination et une charte anti-sexiste. Nous pensons que celle-ci devrait être étendue à l’ensemble de l’université. Ces messages rappellent qu’il faut faire quelque chose ».

A 8h, le premier flux d’étudiants s’arrêtait déjà devant les panneaux, dehors, dans les escaliers, ou à la cafèt’.

Des témoignages du web imprimés en grandeur nature pour alerter sur le sexisme (Photo DL / Rue 89 Strasbourg / cc)
La fac de droit n’échappe pas aux affiches des militants (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)
Des témoignages du web imprimés en grandeur nature pour alerter sur le sexisme (Photo DL / Rue 89 Strasbourg / cc)
Les militants voulaient que les affiches soient les premières choses que les étudiants voient en arrivant, c’est probablement réussi. (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)
Les messages sexistes ont été tenus dans l'enceinte de l'Université de Strasbourg (Photo DL/Rue 89 Strasbourg)
Ces propos sexistes ont été tenus dans l’enceinte de l’Université de Strasbourg (Photo DL/Rue 89 Strasbourg)
Les affiches ont été disséminées à toutes les entrées (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)
Les affiches ont été disséminées à toutes les entrées (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)
Un peu avant 8h, les premiers arrivants ralentissaient le pas pour lire (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)
Un peu avant 8h, les premiers arrivants ralentissaient le pas pour lire (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)
Les militantes voulaient agir avant que le campus ne se réveille (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)
Les militantes voulaient agir avant que le campus ne se réveille (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)
Un peu avant 8h, les premiers arrivants ralentissaient le pas pour lire (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)
L’administration découvrira en même temps que tout le monde cet affichage « libre ». (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)
Un peu avant 8h, les premiers arrivants ralentissaient le pas pour lire (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)
Des messages surprises parmi les annonces habituelles (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)

Le Marché de Noël de Strasbourg restera concentré et fortifié dans le centre-ville

Le Marché de Noël de Strasbourg restera concentré et fortifié dans le centre-ville

L’édition 2017 du Marché de Noël de Strasbourg devrait elle aussi rester confinée dans le centre-ville de Strasbourg. La municipalité va proposer à la préfecture de reprendre le même dispositif de sécurité qu’en 2016.

Les visiteurs du Marché de Noël de Strasbourg n’en ont pas fini avec les checkpoints. La municipalité va demander à la Préfecture du Bas-Rhin de reproduire le même dispositif de sécurité qu’en 2016, où l’intégralité des marchés de Noël étaient concentrés sur la Grande Île et les ponts pour y accéder surveillés par des policiers et des militaires.

Alain Fontanel (PS), premier adjoint au maire et coordinateur de l’opération, a concédé lors d’une conférence de presse mardi que des « améliorations » étaient nécessaires quant à l’organisation :

« Trois groupes de travail seront créés à la fin de ce mois. Ils s’occuperont respectivement du respect de la tradition et des valeurs du Marché, de l’organisation et de l’animation de l’espace public, et de la sécurité, de la circulation et du stationnement. »

Pour guider la réflexion des élus, un formulaire pour soumettre ses idées sera mis en ligne lundi 13 mars sur le site de la Ville de Strasbourg. Peut-être l’occasion pour les commerçants du centre-ville, qui craignent que les mesures de sécurité et les difficultés d’accès qu’elles entraînent n’incitent les Strasbourgeois et Alsaciens à faire leurs courses ailleurs, de préciser leurs propositions. En 2017 au moins, les voilà prévenus plus tôt.

Les dates remises en question

En 2016, une enquête d’opinion a été menée par la Ville auprès de 1 200 personnes. Au premier rang des revendications : « une meilleure signalétique, un meilleur rapport qualité-prix, et des transports plus réguliers », détaille Alain Fontanel. Pour l’élu, les rues à proximité des ponts complètement fermés ont aussi eu des difficultés à rester animées.

Le plan d’accès de 2016 devrait être conservé et amélioré (Doc Ville de Strasbourg)

L’autre réflexion majeure concerne la date de l’événement. Les vacances scolaires sont prévues en 2017 à partir du vendredi 22 décembre, soit environ une semaine plus tard que les années précédentes. La Ville de Strasbourg hésite donc à « briser la tradition » et décaler l’ouverture à début décembre, afin de fermer le 31 décembre. La durée d’un mois semble s’imposer, pour ne pas solliciter davantage les forces de l’ordre.

1,1 million d’euros pour la sécurité en 2016

La Ville a estimé les retombées économiques de l’édition 2016 à environ 250 millions d’euros, pour un investissement de 4 millions. Dans ce montant, plus du quart ont été alloués à la sécurité, soit près du double des sommes engagées en 2015.

Au total, 415 647 nuitées ont été réservées dans les hôtels et d’autres solutions de logement type Airbnb à Strasbourg pendant le Marché de Noël. Soit près de 10% de plus qu’en 2015, la première édition hyper-sécurisée, quelques semaines après les attentats du Bataclan, à Paris. Quant au marché de Noël délocalisé, il essaiera de poser ses valises à Dubai, avant, pourquoi pas, Hong-Kong et New York.

Céline, 17 ans : « Je n’ai pas le droit de vote et j’enrage »

Céline, 17 ans : « Je n’ai pas le droit de vote et j’enrage »

Parcours de vote. – Elle n’a que 17 ans et Céline ne pourra pas voter à l’élection présidentielle en avril. Elle enrage car elle voudrait apporter son soutien à Jean-Luc Mélenchon, après avoir lu l’ensemble de son programme et s’être porté sur le candidat de « La France insoumise » malgré l’exemple paternel.

Lycéenne à Strasbourg, Céline n’attend qu’une chose : fêter son dix-huitième anniversaire en octobre et glisser son premier bulletin électoral dans l’urne. Elle ne trouve d’ailleurs pas ça juste :

« Je m’intéresse plus à la politique que beaucoup d’adultes autour de moi, alors je ne vois pas pourquoi je n’aurais pas le droit de voter pour un parti dont je partage les idées. »

Le parti en question, c’est le Front de gauche. Le seul qui propose d’instaurer le droit de vote à partir de 16 ans. « Jean-Luc Mélenchon est aussi le seul candidat dont le programme vienne du peuple, des gens », assure-t-elle. Céline vient de s’envoyer l’intégrale de L’Avenir en commun, le programme de électoral de « La France insoumise ». Le texte passe de mains en mains dans son groupe d’amis, et elle entend bien maîtriser en détail toutes les mesures :

« Je suis aussi en train de lire les 144 engagements de Marine Le Pen et j’ai parcouru pratiquement tous les programmes des candidats — du moins ceux qui en ont un ! Quand je parle de politique, j’aime bien pouvoir argumenter précisément et manier les chiffres. Quand j’ai mal compris une idée, ou que j’ai un doute, je vérifie : je m’informe sérieusement et je diversifie mes sources. »

Céline n'attend qu'une chose : pouvoir voter. (Photo BC / Rue89 Strasbourg / cc)
Céline n’attend qu’une chose : pouvoir voter. (Photo BC / Rue89 Strasbourg / cc)

En famille, on évite la politique aux repas

Aussi loin qu’elle se souvienne, Céline a toujours entendu parler de politique dans sa famille. Pourtant les choses se sont compliquées récemment :

« Ma mère vote régulièrement écologiste, mais son compagnon est sensible au discours anti-immigration du FN. Du coup, on évite de parler politique : je sais que je n’arriverai pas à le convaincre de voter pour quelqu’un d’autre que Marine Le Pen, alors qu’il vient d’un village de 300 habitants où il n’y a aucun immigré ! »

Céline a toujours accompagné ses parents voter. Éduquée avec des « valeurs de gauche » selon elle, elle assure que son soutien à Jean-Luc Mélenchon est quelque chose de plus personnel. Au début, elle se méfiait du candidat d’extrême gauche :

« Mon père vote pour Jean-Luc Mélenchon depuis des années, et comme il a tendance à s’emporter quand on parle de politique, j’avais plutôt l’image de quelqu’un d’agressif, de violent. Mais finalement, j’apprécie beaucoup sa manière d’expliquer ses idées, de développer ses arguments. »

Pas « militante » mais ultra-motivée quand même

Pour autant, la lycéenne ne se dit pas « militante ». Elle n’a pas rejoint l’un des 2 000 groupes d’action de La France insoumise, mais elle s’est rendue au meeting de Jean-Luc Mélenchon à Strasbourg. « Si d’autres candidats viennent à Strasbourg, j’irai les écouter, ne serait-ce que pour entendre leurs partisans discuter entre eux. » Mais elle fera le déplacement à Paris le 18 mars, pour marcher au côté des « Insoumis » de Bastille à République : « ça sera ma première manif ! », dit-elle. Pas question de rester dormir à la capitale : elle fera la navette dans l’un des cars affrétés pour l’occasion.

Après son bac cette année, Céline aimerait devenir ingénieur en aéronautique. Elle devrait pouvoir voter pour la première fois aux élections européennes de mai 2019, à moins que son candidat préféré ne l’emporte, proclame une VIe République et ne rajeunisse la moyenne d’âge des électeurs.

Vers un Grand Prix de Formule E à Strasbourg en 2018

Vers un Grand Prix de Formule E à Strasbourg en 2018

Dans une tribune sur la voiture électrique publiée sur Rue89 Strasbourg, le conseiller municipal d’opposition Thierry Roos (apparenté LR) signalait que le maire Roland Ries (PS) s’était dit favorable à l’idée d’un Grand Prix de Formule E, ces courses de bolides monoplaces semblables aux Formule 1 mais propulsés par un moteur électrique.
D’après nos informations, des inspecteurs de la Fédération internationale d’automobile (FIA) étaient à Strasbourg début mars pour repérer . . .

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Pour ses 10 ans, le Collectif Kim réinvestit le Hall des Chars samedi

Pour ses 10 ans, le Collectif Kim réinvestit le Hall des Chars samedi

Le Collectif Kim, qui réunit plusieurs groupes de musique amateurs strasbourgeois, fête ses 10 ans, un âge vénérable dans le milieu. Pour l’occasion, ses membres fondateurs invitent tous leurs complices et amis samedi 11 mars au Hall des Chars, pour une série de concerts dans la tradition des bonnes soirées artisanales.

Le Collectif Kim doit son nom à Kim Gordon, pilier de Sonic Youth. C’est dire l’origine noise de ce regroupement de musiciens de la scène strasbourgeoise né en 2007, des accents post-rock, limite punk des membres fondateurs, grunge même pour utiliser un vocable démodé. Dix ans et une vingtaine de disques plus tard, le Collectif Kim peut être fier de son parcours. Des musiciens aujourd’hui professionnels se sont fait les dents avec l’association, comme The Walk, Adam & The Madams, Hermetic Delight, Ventre, A Second Of June… Aujourd’hui, ces groupes tournent en permanence, sous d’autres labels, locaux ou non, en France et en Europe. D’autres sont restés dans le giron, amateur, du Collectif Kim. Ils sont néanmoins connus des Strasbourgeois et des lecteurs de Rue89 Strasbourg en particulier : Joy & Glory, Petseleh, Secretive, Ballerine Vétérans de la scène et nouveaux venus, ils seront tous là samedi 11 mars pour fêter les dix ans du Collectif Kim, devenu plus sage (pop-rock, electro-pop) avec les années. L’une des co-fondatrices, Audrey Braun, détaille :
« Énormément de musiciens sont passés par le Collectif à leurs débuts, on a tout appris ensemble, réserver des salles, organiser des tournées… On a tous beaucoup changé, évolué vers des parcours différents mais ce qui nous motive tous, c’est la passion de la musique, c’est toute l’énergie de notre association. C’est pour ça que nos soirées sont toutes auto-produites et reposent sur l’aide de nombreux bénévoles. Et là encore, malgré nos dix ans d’expérience, il va falloir résoudre nombre d’énigmes posées par la salle des Colonnes du Hall des Chars. »
Joy & Glory (Photo Xavier Schneider)
Joy & Glory (Photo Xavier Schneider)

Ambiance « Do It Yourself »

Prises de courant qui manquent, frigos en surcapacité, sonorisation hétéroclite… Cette soirée aura donc les atours et la bonne ambiance que les multiples du même genre organisées par le collectif à leurs débuts, même si elle se déroulera dans l’atone salle des Colonnes du Hall des Chars et non au Molodoï. La soirée doit débuter avec Secretive, un combo électro-folk très propre, abouti, parfait pour l’apéro : L’un des derniers musiciens à avoir rejoint le Collectif Kim poursuivra la soirée. Avec Petseleh, le Collectif Kim s’est ajouté un joyau folk à sa parure. La voix, posée, claire, de Mathieu Le Digabel, son inventivité, les accents poétiques de sa musique, tout se tient dans cette formation intimiste.

Petseleh accompagné, une première

Pour la première fois, Petseleh se présentera devant le public en formation « rock », avec une bassiste, un batteur et un accompagnement à la guitare électrique. Si le mariage de ses textes et de ses mélodies planantes avec la force d’une formation rock est réussi, le résultat sera explosif. Juste après, pour rester dans la chanson intime, le public aura rendez-vous avec Ballerine, une jeune formation autour de Melody Meyer Di Rosa. Ballerine teste encore ses limites, c’est pour ça qu’à chaque concert, on découvre artiste à chaque fois plus écorchée, peut-être plus à fleur de peau que l’image qu’elle accepte de donner :

Nouvel album de Joy & Glory

Quatrième groupe, pilier du Collectif Kim, Joy & Glory prendra la suite au micro. Installé dans la région depuis 10 ans, Joy & Glory est aujourd’hui une référence du folk grâce à la voix et aux compositions d’Audrey Braun, où s’exprime une tendresse pour la vie, même lorsqu’elle blesse, heurte ou marque. Samedi, Joy & Glory présentera son nouveau mini-album (EP), Past & Now, dont voici un extrait : Le Collectif Kim a également deux invités pour cette soirée, le quatuor strasbourgeois « atypique et touchant » Hopedale, du nom d’une petite ville canadienne perdue et le DJ WillBe, qui mixe de l’électro hip-hop, pour terminer la soirée.

Après plus de deux ans de rénovation, voici le nouveau tribunal

Après plus de deux ans de rénovation, voici le nouveau tribunal

Le palais de justice a été modernisé et agrandi à grands frais, afin d’être maintenu dans la Neustadt de Strasbourg. Mais pour les professionnels, l’aménagement de certains locaux interroge…

27 mois de travaux et 34 millions d’euros de travaux, dont 8 grâce au soutien des collectivités locales… Le Palais de Justice de Strasbourg, quai Finkmatt, entre les places de la République et des Halles a terminé sa mue.

Un temps, une nouvelle cité judiciaire a été envisagée du côté du Heyritz. Contrairement à Paris qui déménage son palais de justice de l’île de la Cité vers le XVII arrondissement, c’est finalement une rénovation du bâtiment qui a été choisie à Strasbourg.

Un bâtiment allemand

Construit lors de l’époque allemande en 1898, l’ensemble bénéficiera d’une extension de 2 000 mètres-carrés, soit environ 17% de surface supplémentaire, pour 21 salles d’audience au total. Les services localisés dans l’annexe place d’Islande, qui a vécu 10 ans, vont retrouver le palais de justice.

La lumière s'invite à l'intérieur du palais de justice de Strasbourg (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
La lumière s’invite à l’intérieur du palais de justice de Strasbourg (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)

Les locaux ont été agrandis de 17% mais ça ne se voit pas... (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Les locaux ont été agrandis de 17% mais ça ne se voit pas… (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)

Plus ouvert

Les modifications les plus visibles sont une plus grande ouverture à la lumière du jour et vers l’extérieur. Les deux sphinx au milieu de la salle des pas perdus et les mosaïques au sol ont été conservés. Les travaux sont l’œuvre de l’architecte napolitaine Daria de Seta et du catalan Jordi Garcès.

Le maire Roland Ries (PS) a d’ailleurs tracé un parallèle avec la bibliothèque nationale universitaire (BNU), non loin de là et aussi rénovée récemment. Des réalisations architecturales largement saluées lors des discours officiels pour la visite du ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas (PS), lundi.

Le mobilier choisi pour les salles d'audience n'est guère accueillant (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Le mobilier choisi pour les salles d’audience n’est guère accueillant (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)

Attention, bords coupants ! (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Attention, bords coupants ! (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)

Des salles d’audience diversement appréciées

Les salles d’audience ont aussi entièrement été refaites, avec des murs blancs et des mobiliers en chêne, composés de petits triangles aux angles aigus, contre lesquels il vaudra mieux ne pas se cogner.

La salle des Assises, où l’on juge les crimes les plus graves, parait bien étriquée, et risque d’être insuffisante si le procès implique beaucoup de participants et de spectateurs.

La salle des Assises interroge par sa capacité à accueillir de nombreux avocats, public et journalistes en cas de grand procès. (photo JFG / Rue89 Strasbourg /cc)

Les étudiants en droit, ou en journalisme, apprécient de pouvoir assister aux audiences. Mais il n’y a pas davantage de bancs pour la presse, comme à la nouvelle cité judiciaire parisienne, dans cette salle plus petite que celle utilisée place d’Islande. Il n’y a pas non plus de réseau Internet sans fil (WiFi) et la réception des réseaux téléphoniques semble aléatoire.

Les lions de la salle des pas perdus ont été conservés (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Les sphinx de la salle des pas perdus ont été conservés (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Les volutes et les mosaïques de la salle des pas perdus sont restés intacts (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Les volutes et les mosaïques de la salle des pas perdus sont restés intacts (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Le Palais de Justice est l’un des rares bâtiments de la Neustadt où l’impérialisme allemande a cédé sa place à des symboles intemporels de l’Antiquité disent les amoureux du patrimoine. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Le patrimoine interrogé

Certains bureaux, plus étriqués que par le passé, ou les longs couloirs blancs sont également accueillis avec un enthousiasme modéré par leurs nouveaux occupants. Au-delà des aspects pratiques, le cadre de travail modernisé ne règle pas tous les problèmes de la Justice, a rappelé le Garde des Sceaux. Malgré une augmentation du budget de 11% obtenue cette année, « il manque 3 postes sur 64, dont un vice-président sur les 19, ou encore 5 greffiers sur 148 à Strasbourg. »

Au revoir boiseries de bureaux ! (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Au revoir boiseries de bureaux ! (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)

Les bureaux du personnel ne sont pas toujours bien larges (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)

Quant aux parties boisées des salles d’audience, avec leurs lambris et plafonds stuqués et lambrissés, elles ont été enlevées et sont stockées. Elles étaient pourtant inscrites à l’inventaire des monuments historiques, mais cette simple mesure n’est pas aussi contraignante que le classement.

Une décision qui a valu plusieurs critiques, dont celle des Amis du Vieux Strasbourg, pourtant assez peu virulents d’habitude. Pour l’avocat strasbourgeois Me Renaud Bettcher, ces nouveaux locaux ramassés ont perdu l’aspect solennel qu’on attend de locaux où se rend la Justice. Il n’hésite pas à parler de « scandale architectural » dans le courrier des lecteurs des DNA, conçu par ceux qui ne fréquentent pas les lieux.

La place devant le palais de justice sera aménagée (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
La place devant le palais de justice sera aménagée (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)

Un parvis retrouvé pour Strasbourg

Le démantèlement des bâtiments pré-fabriqués devant l’entrée va permettre de récupérer un peu de place, à l’avant de l’édifice, quai Finkmatt.

À ce sujet, Roland Ries a précisé qu’elle serait réaménagée en un « espace d’accès et convivial ». Peut-être que des musiciens pourraient y interpréter « Les portes du pénitencier », histoire d’égayer ce cadre judiciaire un brin terne et froid.

Dans certains couloirs, les mosaïques au sol ont été conservées (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)

Le banc des prévenus, en salle de comparution immédiates (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Présentation selon les porteurs du projet

Le vélo à Strasbourg, Bordeaux et Lyon : six graphiques pour comparer

Le vélo à Strasbourg, Bordeaux et Lyon : six graphiques pour comparer

Comment mesurer la place faite au vélo dans une ville ? Par le nombre de déplacements bien sûr, mais pas seulement. Les trois sites d’informations locales Rue89 Bordeaux, Rue89 Lyon et Rue89 Strasbourg comparent leurs chiffres.

Pourquoi mettre ses habitants au vélo ? Par rapport à la voiture, la bicyclette permet de réduire la pollution, les embouteillages et d’avoir des habitants en meilleure santé. Les accidents sont rarement graves, même si les cyclistes sont plus exposés. Et quand le vélo est préféré aux transports en commun, c’est autant d’infrastructures et de service en moins à financer pour une municipalité.

Pour le citoyen, le temps de trajet est souvent fiable, sauf crevaison, et le déplacement gratuit. Financièrement, le principal risque est de se faire voler son vélo, ce qui est certes courant à Strasbourg. Le biclou permet aussi d’accéder rapidement à des endroits où la voiture arrive difficilement, voire pas du tout, comme les centres piétonniers. Les transports en commun ont aussi leurs limites, que ce soit les secteurs peu desservis ou leurs horaires.

Un transport à accompagner

Mais si les villes ont parfois une « culture vélo » et en particulier Strasbourg dont l’influence allemande ou des villes du nord de l’Europe se fait sentir, cela demande un accompagnement, avec des aménagements des rues pour plus de sécurité, de rapidité, ou des systèmes de location qui incitent à se tourner vers la petite reine.

Malgré un climat plus tempéré que les deux autres capitales régionales, Strasbourg a le plus d’habitants, en pourcentage, qui vont travailler à vélo, soit 16% et la première ville en France selon l’INSEE. Une proportion qui diminue de moitié dès qu’on s’intéresse à toute l’agglomération.

Tous les chiffres entre les trois villes ne peuvent se comparer strictement, mais ils donnent des ordres de grandeur. Strasbourg et Bordeaux sont des villes plates, là où Lyon a les reliefs de la colline de la Croix Rousse, qui ont de quoi décourager les cyclistes en herbe. La taille, et les budgets, des deux autres capitales régionales sont aussi plus importants qu’à Strasbourg.

Six graphiques pour comparer

Des systèmes de location différents

À Strasbourg, on ne compte que 20 bornes de location de vélo en libre-service, où il faut rapporter son Velhop en fin d’utilisation. Pas trop mal pour un aller-retour ou un touriste, mais inutile dès qu’il s’agit d’un déplacement occasionnel à sens unique. Ce système avait été préféré parce que beaucoup de Strasbourgeois ont déjà un vélo et parce que ramener les vélos ailleurs qu’à leur point de départ coûte dix fois plus cher.

 

Avec le Velhop, Strasbourg a opté pour un système de location différent de Bordeaux et Lyon (photo JFG / Rue89 Strasbourg / Flickr /cc)

Le principal atout de Velhop, filiale de la CTS, sont les locations longue durée, où l’on peut garder son engin vert à l’année et à domicile. Tellement intéressant que les ruptures de stock en septembre sont massives. Bordeaux et Lyon bénéficient d’un système semblable au Velib’ parisien, à savoir beaucoup de stations, où il faut déverrouiller son vélo à chaque utilisation, mais grâce auxquelles il est possible de faire un trajet à sens unique.

Les abonnements sont moins chers qu’à Strasbourg à condition de reposer son vélo au bout de 30 minutes d’utilisation, sinon une facturation supplémentaire à la demi-heure est ajouté. Les Velo’v lyonnais sont gérés par le publicitaire JC Decaux, soit en contrepartie un manque à gagner sur la publicité. Les VCub bordelais sont, eux, gérés par la société de transport Keolis.

 

« Le pouvoir du geste » expose le mime Marceau à l’Aubette

« Le pouvoir du geste » expose le mime Marceau à l’Aubette

« Le pouvoir du geste » est une exposition qui retrace la vie du célèbre mime Marcel Marceau, passé par Strasbourg. Elle a lieu en avant première mondiale à l’Aubette jusqu’au 26 mars. Strasbourg est la première ville à accueillir cette exposition itinérante.

Du 2 au 26 mars, l’univers de Marcel Marceau, né à Strasbourg et qui a fait du mime une discipline reconnue mondialement, revit le temps d’une exposition dans la grande salle de l’Aubette, place Kléber à Strasbourg. « Le pouvoir du geste » propose des documents auquel le public n’a jamais eu accès, comme des photographies d’exercices, des archives personnelles, mais aussi les costumes les plus célèbres que l’artiste a utilisé durant ses tournées internationales.

L'exposition part de Strasbourg et retrace toute la construction de l'artiste (Photo MW / Rue89 Strasbourg / cc)
L’exposition part de Strasbourg et retrace toute la construction de l’artiste (Photo MW / Rue89 Strasbourg / cc)

D’Étienne Decroux à Michael Jackson, vers un langage universel

Marcel Marceau débute sa carrière professionnelle dès 1946 tandis qu’il quitte Strasbourg pour se rendre dans le cours d’Étienne Decroux, son maître. Il est alors âgé de 23 ans  et s’apprête à révolutionner le mime en inventant un nouveau langage, basé sur la maîtrise du corps et des émotions. Grâce à Decroux, il apprendra les gammes du métier, mais aussi à alimenter son jeu par un vocabulaire corporel précis et étudié.

La révolution Marceau, c’est d’amener l’imaginaire au langage corporel, d’allier rigidité de la technique et liberté de la poésie. Mais c’est aussi et surtout d’intéresser le grand public à une discipline artistique qui est généralement cantonnée au cinéma muet et comique.

Des travaux inédits sont exposés pour la première fois (Photo MW / Rue89 Strasbourg / cc)
Des travaux inédits sont exposés pour la première fois (Photo MW / Rue89 Strasbourg / cc)

Un travail inspiré par Keaton ou encore Chaplin, que Marceau rencontrera en 1967 et dont témoignent de nombreux documents inédits qui constituent cette exposition et attestent de l’influence de Marceau sur des artistes aux tendances variées. Photographies de répétitions ou avec des stars de la chanson, lettres et notes de cours, costumes et affiches de tournées mondiales sont autant de documents précieux et inédits qui nourrissent cette exposition.

Le langage univesel du mime a permis à Marcel Marceau de se produire partout (Photo MW / Rue89 Strasbourg / cc)
Le langage univesel du mime a permis à Marcel Marceau de se produire partout (Photo MW / Rue89 Strasbourg / cc)

Un langage apatride, universel et poétique

Du costume de Pierrot aux premiers chapeaux du personnage de BIP, « Le pouvoir du geste » promène le spectateur habilement entre témoignages de la vie de Marceau, qui cumulait 300 représentations par an, et prémisses d’une réflexion sur le corps et la communication non verbale.

Pour Marceau, « mimer ne signifie pas nier la parole », mais trouver d’autres modes d’expression dramatique. En inventant la marche sur place avec Jean-Louis Barrault, il confère au mime une dimension qui dépassera largement l’univers comique du cinéma muet. Le geste sert un discours du corps entier, qui n’est plus centré sur les mains ou les expressions du visage.

C’est ce jeu de scène, doublé de la volonté de traduire des émotions par le geste qui rassembleront Marceau et Michael Jackson, notamment autour du Moonwalk et de la marche sur place qu’ils s’enseigneront mutuellement.

Le moonwalk, une coproduction franco-américaine ! (Photo MW / Rue89 Strasbourg / cc)
Le moonwalk, une coproduction franco-américaine ! (Photo MW / Rue89 Strasbourg / cc)

Outre les documents photographiques et les costumes, qui sont autant de témoignages de la vie de cet artiste, « Le pouvoir du geste » est aussi une initiation à ce monde silencieux qui dit tout et propose d’apprendre les bases du mime et de la communication non verbale grâce à des schémas explicatifs et ludiques.

Une exposition qui fera du bruit, espère-t-on, tant elle est complète par la variété de ses documents. Mais elle aussi et surtout un moyen ludique d’en apprendre plus sur la vie de l’homme qui aura su démocratiser le mime et attirer le grand public vers un art méconnu. Discipline qu’il a révolutionné au point d’inspirer encore aujourd’hui le jeu scénique d’artistes comme Stromae ou Christine and the Queens.

Quand l’économie souterraine se met au drive

Quand l’économie souterraine se met au drive

Drogues douces, drogues dures, matériel informatiques… Dans des quartiers, les dealers s’organisent en « drive », comme un restaurant fast-food, pour permettre aux acheteurs de faire leurs emplettes sans quitter leur voiture. De quoi attirer de nouveaux clients.

À la cour des miracles, même l'impossible se négocie (dessin de Piet).
À la cour des miracles, même l’impossible se négocie (dessin de Piet).

Avec The Hunter, Thomas Schoeffler Jr marie le blues et le rock moderne

Avec The Hunter, Thomas Schoeffler Jr marie le blues et le rock moderne

Thomas Schoeffler Jr revient avec The Hunter, un troisième album sombre et profond où s’entremêlent à merveille rock, blues et country. Seul avec sa guitare, son harmonica, sa « stomp box » et sa voix incroyable, il nous emmène dans une recherche intime et magnifique, entre douleur et rêve.

La musique de Thomas Schoeffler Jr a depuis plusieurs années déjà franchit le Rhin et les Vosges. Le talent de cet alsacien est reconnu et encensé partout où il passe, de Blues sur Seine à Jazz à Vienne, de Binic Folk Blues Festival à Blues Rules Crissier Festival, pour ne citer qu’eux. Son précédent album, Jesus Shot Me Down sorti en 2015 était une vraie petite merveille.

Avec The Hunter, qui sort le 3 mars 2017, le chanteur propose un album plus abouti et plus personnel que les précédents. Toujours en One Man Band, c’est-à-dire seul, le chanteur nous emmène avec puissance et beauté vers des territoires étrangers, des paysages perdus du Midwest, des étendues sauvages qu’il ne cherche pas à dompter mais à sublimer.

Thomas Schoeffler Jr
Thomas Schoeffler Jr (doc remis)

Dans son album, on retrouve plus que jamais l’essence même du blues et de la folk, un cri, une émotion. Un son brut et incisif et un renouvellement qui amène aussi Thomas Schoeffler Jr vers des contrées bien plus rock.

Écouter l’album

Daisies all around avec ses petites notes de folk donne envie d’inviter ses voisins, mettre le feu à sa table basse et danser autour en se tenant par le bras. Sauerkraut est plus rock, puissant. Une guitare qui électrise le rythme et cette voix grave incroyable qui s’empare de toutes les pensées. Une énergie farouche qu’on retrouve dans le parfait Oh, Mary Line.

D’autres morceaux sont plus doux mais aussi plus noirs, comme I should have known ou Why is made of tears. Je me dois également de citer The Hunter, un titre majestueux, Thomas atteint là le paroxysme de son art. Et n’oublions pas le très sexy Hips and lips qui sonne comme le déhanché endiablé d’une séductrice sans scrupules.

Mélange d’époques

Les neuf titres de The Hunter évoquent aussi bien l’abandon que l’amour, l’adieu que la revanche. Un album qui mélange différentes influences tout en étant très harmonieux. Un mariage réussi entre du blues intemporel et un rock plus moderne. Et toujours cette voix, qui murmure, susurre, qui monte et qui explose.

On attend désormais de retrouver toute l’énergie et l’émotion de The Hunter sur scène, portés par le charisme et l’humour de Thomas Schoeffler Jr. Il sera justement le 25 mars au Mudd pour interpréter son nouvel album.

Une entreprise allemande suspend un investissement en Alsace au résultat de l’élection présidentielle

Une entreprise allemande suspend un investissement en Alsace au résultat de l’élection présidentielle

EuroVia, entreprise allemande, a signé un contrat pour installer un centre logistique pour un client à Ensisheim dans le Haut-Rhin. Mais ce contrat comporte une clause suspensive : l’entreprise ne donnera pas suite si le prochain président français remet en cause l’adhésion de la France à la zone euro.

La possibilité d’une sortie de l’union monétaire européenne inquiète les investisseurs. EuroVia, un groupe allemand de vente en ligne de pneus et de pièces automobiles, aimerait établir un centre logistique à Biltzheim, près d’Ensisheim dans le Haut-Rhin. Selon de nouvelles informations, il s’agit d’un projet pour un de ses clients, une grande entreprise allemande, présente en Grande-Bretagne, en Suède et en Espagne, qui espère stocker et expédier des pneumatiques et de pièces pour l’automobile, mais aussi des poids lourds et des machines agricoles.

Un contrat a été signé avec la communauté de communes, cédant 18 hectares au groupe. Mais l’investisseur a inclut une clause suspensive : l’installation de l’entreprise pourrait être annulée si la France manifestait, avant le 31 décembre 2017, la volonté de quitter la zone euro.

L’investisseur allemand devrait s’implanter dans cette zone d’activité (Google Maps)

Cette mesure est présente dans les promesses de campagne de Marine Le Pen (FN) et de Jean-Luc Mélenchon (France Insoumise). Elle rendrait le contrat nul et non avenu, et priverait l’Alsace d’un investissement de 60 à 80 millions d’euros, qui pourrait générer 250 à 300 emplois.

« Pas s’emmerder à passer des douanes »

Gilbert Vonau, maire de Biltzheim et vice-président de la communauté de communes du Centre Haut-Rhin, a déclaré « comprendre » cette clause :

« La logistique du groupe s’étend sur cinq ou six pays. L’entreprise n’a aucune envie de s’emmerder à passer des douanes ou à changer de monnaie ! »

De son côté, le Front National a réagi par l’intermédiaire de Thomas Laval, membre de l’équipe de campagne de Marine le Pen. Sur l’antenne de France Bleu Alsace, le conseiller régional FN du Grand Est a dénoncé un « chantage à l’emploi de la part d’une entreprise étrangère. »

Une esquisse du futur bâtiment d’EuroVia (doc remis)

Un bâtiment autonome et moderne

L’agence de développement économique des départements alsaciens, l’Adira, a été sollicitée pour une recherche de foncier de 20 hectares. L’entreprise souhaite construire un bâtiment de 100 000 m², autonome sur le plan énergétique (toiture en panneaux photovoltaïques, éoliennes…).

Selon l’Adira, le Haut-Rhin a été mis en concurrence avec le nord de l’Italie, la Suisse et la Bavière. L’agence précise que le choix de l’investisseur s’est porté sur l’Alsace, en raison des « propositions foncières de qualité au parc d’activités du Centre Haut-Rhin à Ensisheim, » raccordé au réseau autoroutier. L’activité d’EuroVia à Ensisheim devait débuter mi-2019. Sauf résultat électoral eurosceptique.

Un rassemblement dimanche pour réveiller l’idéal européen

Un rassemblement dimanche pour réveiller l’idéal européen

Un nouveau collectif européeiste appelle à un rassemblement place Kléber à Strasbourg ce dimanche 5 mars pour affirmer l’attachement aux valeurs de l’Union européenne.

L’Union européenne mérite-t-elle encore d’être défendue ? Oui, pense le nouveau collectif Pulse of Europe, qui appelle à un rassemblement place Kléber à Strasbourg dimanche 5 mars à 15h, comme dans d’autres villes françaises (Paris, Montpellier, Toulouse).

Le mouvement Pulse of Europe (le pouls de l’Europe) est né en novembre en 2016. Suite à l’élection de Donald Trump aux États-Unis et le vote pour la sortie du l’Union européenne au Royaume-Uni, Daniel et Sabine Röder, avocat et juriste à Francfort se sont décidés à lancer un mouvement pro-européen « avant qu’il ne soit trop tard » dans d’autres pays européens, en référence notamment aux élections en 2017 aux Pays-Bas, en France, en Italie ou en Allemagne.

Reportage d’Arte sur Pulse of Europe à Francfort

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Un collectif de plus

Les associations, groupements, collectifs ou partis qui défendent la construction européenne ne manquent pas (citons par exemple l’Union des Fédéralistes Européens, les Jeunes Européens Fédéralistes, le Mouvement Européen, The 48%, March For Europe, Europa neu begründen, le Parti Fédéraliste Européen, etc.), mais peinent à vraiment peser dans le débat.

L’équilibre entre défense des actions de l’Union des 28 pays (bientôt 27), mais aussi critique des décisions de dirigeants qui torpillent l’idéal européen, comme l’optimisation fiscale des grands groupes, la privatisation de secteurs rentables des services publics, des efforts minimum sur les enjeux de santé (pesticides, perturbateurs endocriniens), des engagements non-tenus sur l’accueil de réfugiés, etc. demeure difficile à trouver.

Rendez-vous tous les dimanches

Pulse of Europe qui manifeste « pour » un projet et non « contre » celui-ci, saura-t-il se démarquer ? Pour cette première ce dimanche, les organisateurs proposent d’amener des drapeaux européens, des ballons européens, « de la bonne humeur », des témoignages, de la musique et pour former une chaîne humaine.

Esprit européen, es-tu là ? (photo futureatlas.com / Flickr /cc)

Des sympathisants de Pulse of Europe sont appelés à se retrouver tous les dimanches en Allemagne et à Amsterdam. L’idée est de faire de même en France. Strasbourg est certes le siège du Parlement européen, mais il va falloir beaucoup de motivation pour mobiliser sur le long terme, alors que les élections présidentielles approchent.

Incinérateur amianté : la CGT porte plainte pour mise en danger

Incinérateur amianté : la CGT porte plainte pour mise en danger

Le syndicat CGT estime que la sécurité des agents dans l’incinérateur de Strasbourg a été négligée, alors que la présence d’amiante détectée en 2009 nécessitait des investigations complémentaires.

La CGT a fait la même lecture que l’opposition politique du rapport du ministère des Finances sur l’usine d’incinération de Strasbourg. Si l’opposition a pointé les coûts de la crise, estimés entre 180 et 200 millions d’euros pour les deux ans et demi d’arrêt pour cause d’amiante, c’est sur la sécurité des salariés que le syndicat appuie :

« Le rapport reconnait aujourd’hui implicitement ce que les salariés et la CGT dénonçaient lors d’un conflit de quelques 8 semaines en 2014, et durant lequel l’Eurométropole et l’exploitant contestaient la présence d’amiante dans l’usine.

Ce qui est encore plus grave c’est que le même rapport confirme que les élus savaient dès 2009 qu’il y avait de l’amiante au sein de l’usine et que malgré cela, les salariés étaient obligés de travailler sans la moindre protection. »

Nouvelle plainte après un abandon

Dans un communiqué, le syndicat annonce déposer une plainte avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d’instruction du tribunal de grande instance (TGI) de Strasbourg, ce qui devrait enclencher l’ouverture d’une information judiciaire.

L’avocat de la CGT, Pierre Dulmet, explique le contexte de cette nouvelle plainte :

« L’inspection du travail avait porté plainte pour mise en danger de la vie d’autrui. Et lorsque l’on a voulu appuyer la plainte comme partie civile, on a eu la surprise d’apprendre début 2017 le classement sans suite par le procureur de la République, car l’employeur aurait “régularisé la situation”. Ce qui, vu la gravité des faits reprochés, ne parait pas possible. »

L’usine d’incinération, à côté de la réserve naturelle du Rohrschollen (capture d’écran Google Maps)

Au nom de l’intérêt collectif

Il s’agit d’une plainte au nom de l’intérêt collectif de la profession. Les salariés, de droit privé, de l’usine peuvent le rejoindre. « Et il y a aussi les équipes des entreprises sous-traitantes qui n’avaient pas de protection suffisante », ajoute l’avocat.

La plainte n’est pas adressée contre une personne ou une entreprise en particulier. C’est au procureur et au juge d’instruction de déterminer qui sera finalement poursuivi, vraisemblablement l’Eurométropole, propriétaire des installations et/ou le groupe Séché Environnement, ou bien sa filiale, Sénerval, chargée uniquement de l’exploitation de cette usine.