Les débats risquent de durer au conseil municipal de Strasbourg de ce lundi 21 novembre. Plusieurs gros dossiers vont être abordés, à commencer par un débat sur le futur budget et un vote sur les extensions de tramways, sans oublier aussi les parkings des Halles, les illuminations de Noël ou une nouvelle sortie d’autoroute au Wacken. Pour finir, l’opposition a des questions sur beaucoup d’autres sujets. À suivre en direct à partir de 15h.
Les débats du conseil municipal de Strasbourg s’ouvriront lundi 21 novembre avec le débat d’orientations budgétaires (DOB) pour 2017. Cette année, fini les trois « scénarios » en débat, mais un objectif fixé par le maire, celui d’une « stabilisation fiscale » dixit l’adjoint aux Finances, Olivier Bitz (PS), qui reste prudent quant à une annonce formelle à ce stade. Ces deux dernières années, les trois impôts locaux avaient augmentés de 3% et 2,5%, après 6 ans sans y avoir touché. On ne parle ici que des « taux » et non des « bases » décidées par l’État, souvent réévaluées plus fortement que l’inflation.
Les éléments présentés expliquent surtout le contexte. Cette année, 53 des 4 275 postes consacrés à la Ville de Strasbourg n’ont pas été remplacés. Après deux années de baisse d’environ 7 millions d’euros, l’État ne baissera « que » de 4 millions sa dotation en 2017. Un ralentissement qui semble donner un peu d’air aux finances par rapport à ce qui était prévu. Pour l’avenir, ce sera au futur gouvernement de décider. Enfin, la Ville peut afficher une dette en légère baisse (238 millions), après être passée de 122 à 245 millions d’euros en 4 ans. Le vote du budget est prévu pour décembre.
Tram vers la Robertsau et Koenigshoffen
Après les chiffres, une grande partie concernera les transports, avec les extensions de trois arrêts du réseau de tramway vers la Robertsau et Koenigshoffen. Celle vers le nord est plus avancée puisqu’une enquête publique a reçu un avis favorable à l’automne. Les acquisitions doivent se poursuivre, à l’amiable ou via des expropriations si nécessaire pour un début des travaux à l’été 2017 et une mise en service en 2019.
À l’ouest, l’extension de trois arrêts doit passer par une enquête publique. Une concertation houleuse avait dû être menée pour la forme au printemps 2016 après le changement de tracé décidé fin 2015. « L’avant projet » de « débranchement » de la ligne F donne quelques indications nouvelles, suite à d’autres concertations sur l’aménagement des abords du tracé :
Lorsque le bus à haut niveau de service (BHNS – ligne G) sera prolongé de la gare vers la place de l’Étoile, il partagera les voies du tram boulevard de Nancy. Un arrêt commun Porte Blanche permettra une correspondance.
La fréquence est annoncée à un tram toutes les 10 minutes et même à 7 minutes lors d’une extension future au Hohberg, mais qui se situerait bien après le mandat en cours.
La rue de la petite course sera piétonnisée pour accueillir le marché du Faubourg national.
Des aménagements cyclistes sécurisés sont prévus sur les boulevards, là où aucune voie n’est dessinée aujourd’hui.
Un parking relais est prévu à l’entrée de Koenigshoffen, près de l’autoroute.
Tous ces aménagements ont un coût et là où l’extension de ce tracé était chiffrée à 29 millions d’euros lors de la comparaison des tracés, elle passe à un montant final de… 42 millions d’euros. La proposition plus ambitieuse du collectif « Pour un tram à Koenigshoffen » qui souhaitait une extension du tram C place de la gare était estimée à 47 millions par la collectivité, un montant d’ailleurs contesté par le collectif. La Ville rétorque que ces estimations ne prenaient en compte que les travaux du tracé, et pas les aménagements autour.
Au kilomètre, l’extension vers Koenigshoffen (24,70 millions d’euros/km) revient presque deux fois plus cher qu’à la Robertsau (13,85 million d’euros/km).
Le tramway se fait attendre à Koenigshoffen (Photo Nathan Hadley / FlickR / cc)
Six interpellations pour finir
D’autres points devraient amener des débats : la mise en vente de deux parking vétustes dans les sous-sols du centre commercial des Halles (1 160 places), l’avenir des cantines de Strasbourg, le choix de construire une rue pour sortir de l’autoroute A350 au Wacken au niveau de la rue Fritz Kieffer, malgré un avis négatif du commissaire enquêteur, les illuminations de Noël…
Pour terminer, l’opposition dégaine six interpellations. Elles concerneront : l’avenir du premier étage du bâtiment de l’ancienne douane où l’idée d’un restaurant est abandonné, les jumelages avec d’autres villes, les perspectives du lieu d’Europe, la place de l’animal en ville, les commerces en centre-ville, les actions de lobbying pour récupérer à Strasbourg l’agence européenne du médicament, qui devrait déménager de Londres suite au Brexit…
Les spécialistes prévoient la fin des débats au plus tôt vers 21h30.
Les résultats ne sont pas encore définitifs mais les électeurs de la primaire de la droite ont placé François Fillon largement en tête du premier tour de l’élection primaire de la droite. L’Alsace et Strasbourg ne font pas exception à cette dynamique.
D’après des résultats presque définitifs, François Fillon est largement en tête de la primaire de la droite avec environ 44% des voix, loin devant Alain Juppé (28%) et Nicolas Sarkozy (20%), qui a reconnu sa défaite.
Les quatre autres candidats sont en-dessous de 3% des voix, Jean-François Copé ne dépasse pas 1%. En Alsace aussi, l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy (2007-2012) est en tête (46% dans le Bas-Rhin, 48% dans le Haut-Rhin).
Largement vainqueur à Mulhouse et Colmar
François Fillon a notamment remporté largement les villes de Mulhouse (44% des voix) et Colmar (50%), ainsi que la plupart des zones rurales (Molsheim, Saverne, Barr, Haguenau, etc).
D’après France 3 Alsace, François Fillon a aussi remporté Strasbourg, où Alain Juppé réalise néanmoins un meilleur score qu’ailleurs en France et Nicolas Sarkozy un score plus faible.
Les bureaux de vote les plus importants en attente
Il reste néanmoins à dépouiller quelques bureaux de vote mais les résultats ne devraient plus beaucoup varier. Dimanche soir, les organisateurs pour le Haut-Rhin et le Bas-Rhin des deux départements estimaient la participation entre 8 et 10% du corps électoral total.
Parmi les « grands élus » alsaciens les soutiens de François Fillon sont :
Sophie Rohfritsch, député et maire de Lampertheim
Frédéric Reiss, député du Bas-Rhin
Claude Sturni, député et maire d’Haguenau
Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin
Michel Sordi, député du Haut-Rhin
Gilbert Meyer, maire de Colmar
Les bulletins François Fillon ont été les plus utilisés d’après les premières tendances (photo Geoffroy Lebold / Les Républicains)
Le premier tour de l’élection primaire de la droite a eu lieu ce dimanche. Plus de 4 millions d’électeurs se sont présentés dans les bureaux de vote mis en place par « Les Républicains », dont quelques habitants de la Robertsau à Strasbourg.
Le Blog de la Robertsau était ce dimanche dans les bureaux de vote de ce quartier de Strasbourg pour aller à la rencontre des « électeurs de la droite et du centre. » Appelés à choisir parmi sept candidat(e)s, beaucoup ont eu le sentiment de choisir le prochain président de la République. L’affluence a été importante dans les bureaux de vote, avec des queues d’électeurs dès l’ouverture à 8h.
Le quartier de la Robertsau est le quartier de Strasbourg qui vote le plus fortement à droite (voir les résultats passés ici). Au bureau de la Cité de l’Ill en revanche, la mobilisation des électeurs n’a pas été à l’avenant.
Le Blog de la Robertsau en a profité pour interroger l’ancien maire-délégué de Strasbourg, Robert Grossmann. L’ancien élu de la Robertsau a choisi François Fillon et espère « un grand rassemblement » après le processus des primaires.
A l’école de la Niederau dimanche après-midi (Photo EJ / Blog Robertsau)
Les résultats ne seront connus que tard dans la soirée, puisqu’ils doivent tous être validés par le parti Les Républicains avant d’être communiqués, même pour les résultats strasbourgeois et alsaciens.
Cinéaste vibrant et foncièrement politisé, Oliver Stone s’était fait discret dans le paysage cinématographique. Pour son retour derrière la caméra, l’auteur de JFK et de Tueurs nés choisit d’adapter la vie du plus médiatique des lanceurs d’alerte : Edward Snowden.
De Platoon à U-Turn, Oliver Stone n’a pas toujours fait honneur à sa réputation de réalisateur engagé. Mais s’il est un artiste décrié, on ne pourra toutefois contester la rage salutaire qui parcourt son œuvre. Mais le cinéaste, qui dégaine aujourd’hui aisément le qualificatif de fasciste à l’encontre des Etats-Unis, semble avoir gardé son insolence pour la promotion de sa dernière oeuvre.
Un portrait caressant
Si Snowden est une œuvre subversive, c’est pour le thème abordé, à savoir un déni des droits élémentaires par une grande puissance mondiale sous couvert de politique sécuritaire. Comme son personnage-titre, Oliver Stone révèle, dénonce, divulgue. Résolument militant, le film vient soutenir et souligner la croisade de son protagoniste. Au passage, ce dernier est oublié.
Peut-être l’homme n’était-il pas à la hauteur de son combat. Peut-être qu’Edward Snowden est bien le chevalier blanc décrit par le réalisateur américain dans cette biographie filmée de deux heures vingt. Mais le militantisme et la plus forte conviction ne devraient pas détourner le cinéaste de ce qui fait le sel d’une œuvre : l’individu.
Snowden, parfaitement interprété par Joseph Gordon-Levitt, est dépeint comme un informaticien à la psychologie binaire. Fils de militaire, républicain dévoué, il se détourne ensuite sans sourciller des pratiques de son pays pour devenir le symbole de la traîtrise. L’homme fout son existence, son avenir, en l’air sans doutes ni remords. Par conviction. Pour l’honneur. Pour la cause.
Joseph Gordon-Levitt, brillant dans le rôle principal / Copyright Open Road Films
La théorie et le drame
Stone ne se préoccupe ainsi que de la cause. Aux trois-quarts du récit, il vient remplacer son acteur principal par le véritable Snowden, comme pour signifier que la fiction est parvenue à son terme. Soit. Peut-être qu’un tel sujet, traité à chaud, vient surpasser la frivolité du traitement fictionnel. Mais en faisant cela, le réalisateur américain vient bousculer l’idée même de cinéma.
A titre d’exemple, David Mamet, célèbre scénariste américain, fonde son écriture sur un principe simple, à savoir que le cinéma est affaire de drame, et non d’information. Le personnage doit perpétuellement faire face à des enjeux dramatiques. C’est le fondement même de la narration. L’auteur n’a pas vocation à gaver son spectateur d’informations pour noyer les problématiques de ses personnages.
Dans le long métrage d’Oliver Stone, les personnages sont bien confrontés à des enjeux. L’équipe de journalistes craint pour la fenêtre de publication des informations. Snowden doit aussi faire le choix d’abandonner sa compagne au profit de sa cause. Intrinsèquement, l’histoire du lanceur d’alerte, comme celle d’un Roberto Saviano, parait indissociable de l’idée de sacrifice. Mais tous ces enjeux sont traités avec une insultante désinvolture. Il en résulte un désintérêt croissant pour l’homme Snowden, pantin fadasse et irritant dont le jusqu’au-boutisme et la froideur paraîtront forcément suspects.
Pour qui n’aurait pas vu le documentaire Citizen Four, Snowden, le film, est une passionnante somme d’informations, un objet théorique et militant. A défaut d’être une grande œuvre de cinéma.
Auteur, journaliste, accessoirement enseignant en cinéma à l’Unistra et, last but not least, programmateur du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg.
Tomi Ungerer fêtera ses 85 ans lundi 28 novembre. Cet anniversaire est l’occasion, pour le Musée Tomi Ungerer, d’affirmer la contribution inestimable que l’artiste a apporté à deux générations d’illustrateurs. Une centaine d’illustrateurs et de dessinateurs ont répondu présents pour cette célébration commune.
L’art du dessin est fêté, à travers les 85 ans du « maître », dans ce qu’il exprime de liberté et d’insoumission. Tomi Ungerer est un défricheur, toujours au-delà et ailleurs de ce qu’on attend de lui. L’homme a, il faut le dire, une vie exceptionnelle. Il est à la fois indécrottablement alsacien et citoyen du monde. Voyageur invétéré, il a été conducteur de chameaux en Algérie et pêcheur en Islande. Il a vécu à New York, au Canada, et partage aujourd’hui sa vie entre l’Irlande et Strasbourg. « Entre la France et l’Allemagne, j’ai choisi l’Irlande. Un peu à l’Ouest de Wissembourg… », dit-il, goguenard, à l’inauguration de l’exposition Tomi Ungerer Forever.
Tomi Ungerer affirme que la créativité naît des traumatismes. Comme ceux qu’il a vécu, enfant, à Colmar, en perdant son père très tôt, en subissant le régime nazi puis le front de la guerre dans la « poche » de Colmar. Ceux-ci, et sa découverte concomitante du Retable d’Issenheim, ont fait de lui un artiste sans compromis, engagé et précis. Des livres pour enfants aux dessins érotiques, des travaux publicitaires aux actes militants, il ne s’interdit rien et promène partout son sens de l’irrévérence joyeuse.
C’est cette « leçon graphique » et l’héritage qu’elle contient que les commissaires de l’exposition, Thérèse Willer et François Vié, ont voulu mettre en valeur. Ils ont demandé à une centaine d’artistes, illustrateurs et dessinateurs de bandes-dessinées, de partager leur affection pour Tomi Ungerer. Le résultat permet de se rendre compte de l’apport incomparable de l’œuvre de Tomi Ungerer, en France et ailleurs, en termes de création graphique.
Tomi Ungerer vu par Christian Antonelli (Image Christian Antonelli)
Une centaine d’artistes sur deux générations
Parcourir les noms des illustrateurs et dessinateurs participants à l’exposition Tomi Ungerer Forever revient à osciller entre un retour en enfance et un sentiment d’avant-garde. Le doyen des artistes invité est né en 1930, la benjamine est de 1988. On y retrouve, pêle-mêle et pour ne citer qu’eux, Mordillo, Solé, Plantu, Plonk & Replonk, Swarte, Catherine Meurisse et Marion Fayolle… A en croire les commissaires de l’exposition, les réponses des artistes contactés ont été unanimes et immédiates. François Vié explique :
« C’est une vraie reconnaissance de ce que Tomi Ungerer a apporté. Il sait parler à l’intelligence et à l’imagination en même temps, avec un sens de la cible absolu. Un maître. »
Philippe Dupuy donne sa vision du « Ungerer Power » (Image Philippe Dupuy)
Rémi Courgeon, dont la contribution artistique orne la couverture du catalogue de l’exposition, surenchérit :
« Ce que les artistes ont gagné avec Tomi Ungerer, c’est la liberté. Grâce à lui, nous avons réalisé que tout était possible. Il a ouvert la voie. »
Le fait d’exposer ces artistes, dans toute leur variété, est aussi pour le Musée Tomi Ungerer une façon d’affirmer ce qu’il est : un Centre international de l’illustration. Thérèse Willer et François Vié affirment que cette exposition oriente le musée vers son avenir. Il s’agira de partir de l’œuvre de Tomi Ungerer pour aller vers les arts graphiques et l’illustration en général.
On espère que cette volonté politique et artistique viendra aussi mettre en lumière et accompagner les artistes indépendants et les structures, comme par exemple Central Vapeur ou Accélérateurs de Particules… Ceux qui font de Strasbourg une place importante en terme d’illustration et de bande dessinée – comme avait pu le faire le Grill en son temps.
Tomi Ungerer selon Rémi Courgeon (Image Rémi Courgeon)
L’enfance au cœur
L’œuvre de Tomi Ungerer frappe par l’éclectisme de ses orientations : satire, dessin publicitaire, érotisme et livres pour enfants… Tomi Ungerer se dépeint souvent comme pessimiste, « joyeux, oui, mais pas heureux. » Il pense que les enfants aiment rirent, mais que ce qu’ils adorent par-dessus tout, c’est frissonner. Tant pis donc s’il affirme être la bête noire des pédagogues ! Ces livres pour enfants ont été interdits dans certaines écoles américaines, en regard à ces oeuvres érotiques. Cela ne l’a pas empêché d’être nommé ambassadeur honoraire du Conseil de l’Europe pour l’enfance et l’éducation en 2000.
Ses œuvres à destination des enfants ont servi, selon Thérèse Willer, de « réservoir iconographique à une multitude d’artistes. » Rémi Courgeon relie la liberté de ton de Tomi Ungerer à sa capacité à garder son esprit d’enfance:
« Contrairement à d’autres personnes devenues adultes, Tomi n’a jamais arrêté d’inventer des mondes. Il est très mordant avec l’univers des adultes. Sa vision de l’érotisme est assez terrible. Mais quand il s’exprime du côté des enfants il a le plus grand respect pour eux. Ils les montre comme des êtres intelligents, à qui l’on peut parler. »
Grégoire Solotareff « Mon nom est Tiffany » pour l’exposition Tomi Ungerer Forever (Image Grégoire Solotareff)
On retrouvera donc dans l’exposition Tomi Ungerer Forever les mélanges les plus audacieux entre ces différents mondes… Avec, en regard, les œuvres originales de Tomi Ungerer. Thérèse Willer évoque quelques uns de ces mélanges extraordinaires :
« Martin Jarrie dessine un chapitre supplémentaire au Géant de Zeralda en montrant Zeralda nue et conduisant avec son géant un tandem. Henri Fellner esquisse à la manière d’un cadavre exquis Crictor, Émile et un brigand en contemplation devant une jambe féminine… »
Des superpositions audacieuses que Tomi Ungerer lui-même ne saurait renier.
Rencontres et activités à venir, seul-e ou en famille
L’exposition Tomi Ungerer Forever est accompagnée de nombreux moments de visites thématiques, rencontres, cycle cinématographique à l’Odyssée et ateliers. Et cela commence dès décembre où il sera possible de rencontrer l’illustratrice et auteure Beatrice Alemagna. Elle animera aussi un atelier à pratiquer en famille autour des « drôles de familles de Tomi Ungerer » le 11 décembre après-midi. Pour tout renseignement il faut s’adresser au Musée Tomi Ungerer.
La chouette, compagne fidèle de Tomi Ungerer – vue par Voutch (Image Voutch)
L’esprit de Tomi Ungerer, et de sa centaine d’amis, est un bain de jouvence bienvenu en ces jours sombres de novembre. L’exposition Tomi Ungerer Forever devrait être conseillée par la Sécurité sociale, en mode « Je suis Tomi ». François Vié fait la prescription :
« Ce « Schwung », cet élan communicatif qu’il recherche dans toute création. Insolente, imprévisible et facétieuse. Une énergie indomptable, celle de l’enfant qu’il est resté. Et qui parle à cet enfant, irréductible et joueur, qui veille en nous. »
Indépendante, coordinatrice de projets et rédactrice, je travaille dans le champs des droits humains, du développement et de la culture, au niveau international mais aussi en local à Strasbourg.
Pierre Liret a étudié quinze sociétés coopératives alsaciennes à la loupe et pour lui, c’est clair, le modèle a de l’avenir et peut servir de rempart contre la rapacité de la finance et ce, même lorsque les coopératives tombent, comme Coop Alsace ou Copvial par exemple. Il en débattra lundi à la librairie Kléber avec Catherine Trautmann.
La disparition de Coop Alsace l’an dernier, après plus d’un siècle d’existence, et celle de Copvial il y a quelques semaines ne doivent pas être interprétées comme des signes de faiblesse du modèle coopératif pour les sociétés, selon Pierre Liret, responsable de la formation de la Confédération générale des Scop.
Il vient de publier « La Solution Coopérative » (éd. Les Petits Matins), un livre imposant dans lequel il a étudié le parcours de quinze société coopératives alsaciennes. On y retrouve donc Coop Alsace, mais aussi le Crédit Mutuel, Alsace Lait, la Fonderie de la Bruche, le groupement de pharmaciens Giphar, la coopérative d’indépendants Artenréel…
Oublis des principes coopératifs et c’est la chute
Selon Pierre Liret, l’échec de Coop Alsace est plutôt à mettre au crédit d’une personnalisation du pouvoir :
« Il y avait bien sûr des problèmes structurels et de conjoncture à Coop Alsace. Mais la société avait aussi oublié ses fondements coopératifs, les contre-pouvoirs n’ont pas alerté avec suffisamment de force la direction sur de sérieux problèmes, des alertes qui auraient pu lui permettre de se repositionner à temps. On observe ainsi qu’en Suisse, Migros et Coop Suisse sont des mastodontes de la distribution en bonne santé et que ces sociétés ont su garder des relations sociales apaisées grâce à leur statut coopératif. »
Pierre Liret au congrès des entreprises coopératives à Marseille (doc remis)
À Copvial, les éleveurs alsaciens ont perdu leur abattoir, faute d’avoir su faire évoluer leur positionnement. Mais pour Pierre Liret, là encore, ce n’est pas lié au modèle coopératif :
« C’est vrai que les coopérateurs ont d’autres métiers mais prenons Alsace Lait par exemple. En 1985, une grave crise est apparue qui a mis en péril l’existence de la société. Mais les agriculteurs ont su se mobiliser, rénover la direction de leur société et redresser les comptes. Et aujourd’hui, Alsace Lait appartient toujours aux producteurs de lait alsaciens… »
Au final, selon Pierre Liret, la gouvernance des coopératives est gage de stabilité et d’ancrage local. Comme l’objectif n’est pas la croissance infinie, les coopérative disposent d’une forme de sagesse qui leur permet d’avancer à pas lents. Mais ces gouvernances ne doivent pas pour autant s’endormir ou ronronner dans leurs prés carrés. Et c’est là toute la difficulté.
Il y aura-t-il toujours des barquettes en plastique dans les cantines à la rentrée 2017 ? Lors d’une réunion de parents, la question semblait évoluer vers des barquettes en matières biodégradables. Lors d’un point presse mardi 15 novembre l’adjointe en charge de l’Éducation est restée prudente. Une délibération de principe est soumise au vote mais tout se jouera lors du cahier des charges en décembre.
Le conseil municipal de Strasbourg va voter lundi 21 novembre une délibération (point 38) de principes assez généraux sur le renouvellement du marché des cantines scolaires.
La question sera en fait plus précisément tranchée lors de la publication d’un cahier des charges à la mi-décembre à destination des entreprise. Mais d’ici là, plus de vote, seulement des discussions internes entre élus concernés et l’administration.
De nouveaux enjeux
Pour l’adjointe au maire en charge de l’Éducation Françoise Buffet (divers gauche), « les préoccupations exprimées par les parents ont été une contribution importante à la réflexion » :
« Nous considérons que les objectifs que nous avons initiés en 2009 sont toujours d’actualité, par exemple pour la production locale et bio (20 à 40% selon les établissements dont 60% viennent de producteurs locaux). On aimerait arriver à 100%, mais la conversion d’une culture prend quatre ans. Mais nous intégrons aussi de nouveaux enjeux comme la santé publique, même si on reste dans le principe de précaution car toutes les barquettes sont au normes françaises et européennes, une dimension éducative et de développement durable avec la réduction des déchets. »
La question des barquettes avait été brièvement évoquée lors d’une réunion avec les parents d’élèves la semaine précédente, mais il n’y a pas eu de relance lorsque le projet de les remplacer par des matières biodégradables avait été avancé, ce qui semblait rassurer une partie de l’assemblée.
Pas d’engagement écrits à ce stade
Comment la Ville va donc influencer les candidats ? Par une clause spécifique ? Par des barèmes de notation important sur les critères environnementaux ? « On ne peut pas le dire maintenant, les marchés publics sont très codifiés », répond Françoise Buffet, ce qui laisse planer le doute :
« On ne peut pas prendre le risque d’un marché infructueux. On sera ferme sur le principe mais souple dans l’application. On verra en fonction de ce que les entreprises nous proposent. Si on peut, on souhaiterait passer à autre chose. »
La délibération ne prend pas d’engagements écrits à ce stade. Les élus peuvent donc voter de bonne foi pour la délibération sans garantir l’abandon du plastique.
Six millions d’euros à la clé
Les prestataires seront néanmoins tenus de formuler plusieurs propositions de contenant. Dans les selfs, les barquettes en plastique vont en effet bien disparaître. Mais cela ne concerne que 17 écoles sur 44 à Strasbourg et pas de maternelle, soit l’âge où l’enfant est le plus vulnérable aux perturbateurs endocriniens, ces molécules qui peuvent provoquer des cancers ou la stérilité à l’âge adulte.
Le marché est « sans montant minimum ou maximum ». Ces dernières années, il était de 6 millions d’euros par an à destination de l’Alsacienne de Restauration, qui assurait seule les 11 000 repas quotidiens, soit 41% des enfants scolarisés. Les repas sont facturés aux familles entre 1,30€ et 6,70€ selon leur quotient familial. Le coût réel pour la Ville est de 9,20€, qui prend en charge la différence.
Au total, la pause de midi dans les écoles représente 14 millions d’euros de dépenses si l’on y ajoute le personnel de la Ville.
Le plastique, pas certain de disparaître des cantines. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Délai serré
Les sociétés de restauration collective ont ensuite deux mois pour candidater et la municipalité deux mois pour décider de l’offre qu’elle retient. Tout ceci amène à avril et donc il serait trop tard pour relancer une procédure si personne ne formule d’offre. Vus les sommes, difficile d’imaginer que personne ne se manifeste.
La collectivité vote néanmoins, en plus, le lancement d’un autre marché de collecte de biodéchets des cantines en parallèle, signe qu’elle anticipe que des barquettes biodégradables soient proposées. À moins que cela ne concerne que la nourriture qui n’est pas mangée par les enfants, ce qui serait une autre nouveauté.
Le collectif de parents pas convaincu
Depuis le début de leur mobilisation, les parents ont découvert que plusieurs initiatives isolées contre les barquettes avaient été initiées ces dernières années mais n’avaient pas eu d’écho médiatique. Ils ont été reçus par plusieurs adjoints mais en présence de… l’Alsacienne de restauration, prestataire actuel et futur candidat, ce qui a limité les échanges.
Si elle salue la volonté de dialogue, Ludivine Quintallet, initiatrice du collectif « projet cantines Strasbourg » reste vigilante sur la suite :
« Le discours a évolué. Le principe de précaution est intégré, ce qui est positif, mais il n’y a pas d’engagement ferme à ce stade. On ne demande rien d’innovant, juste un retour aux méthodes traditionnelles. Les barquettes ont été introduites dans les cantines il y a quelques années seulement. »
Dans leur lettre ouverte en octobre les parents d’élèves demandaient d’être associés à la rédaction du cahier des charges. Parmi leurs craintes actuelles, celle que les barquettes biodégradable soient recouvertes d’un film plastique, ce qui maintient le risque et migration des molécules dans les aliments.
De plus, selon la matière choisie, encore inconnue à ce stade, « les barquettes biodégradables peuvent se révéler, comme tout emballage, dangereuses pour la santé des enfants », poursuit le collectif qui note qu’un déchet biodégradable reste un déchet à collecter, au contraire de bacs inox à nettoyer.
Désaccord sur les Sables-d’Olonne
Le collectif et la municipalité sont en désaccord sur la situation des Sables d’Olonne (100 000 repas par an, soit l’équivalent de deux semaines à Strasbourg), citée en exemple pour son abandon du plastique en 2015. Selon Françoise Buffet ce changement « a entraîné des surcoûts », là où un mail d’un responsable de l’administration de la commune vendéenne au collectif, que Rue89 Strasbourg a pu consulter, indique l’inverse.
« Les plats inox sont fournis par le prestataires il n’y a pas eu de surcoût en investissement. En revanche, nous avons constaté que le temps passé à la plonge avait légèrement augmenté. Cependant nous avons réussit à conserver les mêmes plannings pour les agents. »
Seule modification, quelques aménagements des fours avec le prestataire électroménager. Ces informations confirment les propos de l’adjointe en charge du dossier tenus en septembre dans nos colonnes. Autre ville, de taille davantage comparable, désormais citée en exemple, celle de Lyon dont le site annonce : « des bacs en inox seront utilisés pour le froid et pour le chaud, l’emballage dans des barquettes biodégradables sera testé sur 10 écoles par an, avec collecte et compostage de ces contenants. » Le prestataire est Elior, le groupe qui possède l’Alsacienne de restauration.
Un allotissement et un marché plus court
En revanche, deux informations ont bien été confirmées : le marché sera plus court et il sera vraisemblablement divisé en lots, afin qu’il soit partagé selon Françoise Buffet :
« Nous voulons vraiment faire jouer la concurrence en séparant en plusieurs lots géographiques, ce qui permettra à plusieurs entreprises de candidater. »
Le marché serait raccourci à deux ans, contre quatre auparavant, reconductible une fois, ce qui permet une « réorientation » si les objectifs ne sont pas remplis ou au contraire pour faire preuve de davantage d’ambition.
Comme prévu, la Ville de Strasbourg continuera de passer par l’association des commerçants, les Vitrines de Strasbourg, pour organiser les Illuminations de Noël. Pour le groupe de travail mis en place en février, l’argent public est bien utilisé : il reviendrait plus cher à la collectivité de tout gérer elle-même.
Rue89 Strasbourg l’annonçait jeudi, c’est désormais officiel : la Ville de Strasbourg va continuer de passer par les Vitrines de Strasbourg, pour organiser et concevoir les Illuminations de Noël. Le groupe de travail, composé de cinq élus issus de la majorité et de l’opposition du conseil municipal, s’est réuni quatre fois depuis février 2016 après nos révélations selon lesquelles plus du tiers de la subvention annuelle de 300 000€ allait dans le fonctionnement de l’association des commerçants et non l’opération prévue.
Selon les conclusions du groupe de travail, la Ville a tout intérêt à continuer une organisation mixte, comme l’explique Alain Fontanel, premier adjoint au maire (PS) :
« Les contributions de 645 commerçants cofinancent les Illuminations à hauteur de 232 551€. En 2014, le coût total de l’opération a été de 496 677€. Si la collectivité avait dû prendre en charge l’ensemble des Illuminations, l’opération lui coûterait donc deux fois plus cher. Par ailleurs, la Ville ne peut pas refacturer aux commerçants l’illumination des rues, comme le fait les Vitrines. »
Illuminations : 53% des frais de fonctionnement des Vitrines
Alain Fontanel assure que le groupe de travail a pu vérifier que chaque dépense a été justifiée par une facture correspondante. Sauf pour une partie des frais de fonctionnement (téléphone, courrier…) pour lesquels le cabinet Mazars, qui certifie les comptes des Vitrines de Strasbourg, estime qu’ils sont à imputer aux Illuminations à 53%, un ratio calculé à partir des recettes générées par l’opération de Noël par rapport aux recettes annuelles de l’association des commerçants.
Quant aux salaires, y compris celui particulièrement élevé du directeur Pierre Bardet, le cabinet Mazars estime que 2,4 mois de chacun des trois employés des Vitrines est consacré aux Illuminations.
Synthèse du budget 2014 des Vitrines de Strasbourg (doc Mazars)
Ce mode de présentation permet d’afficher un léger déficit (7 337€ en 2013, 14 126€ en 2014) comme nous vous l’expliquions l’an dernier et non 100 000 euros de bénéfices. Pour aider cette association dans le besoin, le conseil municipal doit approuver lundi le versement du solde des subventions 2013 et 2014, soit 50 000€, malgré la fourniture très hors délais des justificatifs des dépenses engagées.
Surtout ne pas critiquer la gestion de l’association
Les élus du groupe de travail (Alain Fontanel (PS), Maria-Fernanda Gabriel-Hanning (maj), François Loos (UDI), Jean-Emmanuel Robert (LR), Françoise Werckmann (EELV)) n’ont rien trouvé à redire à ces estimations du cabinet Mazars. Alain Fontanel rappelle par ailleurs :
« Notre mission était de vérifier que l’argent public versé a été dépensé conformément à son objectif. Il ne nous appartient pas de nous immiscer dans la gestion de l’association, nous n’avons pas d’appréciation à formuler sur les rémunérations des salariés. »
Huit personnes ont été auditionnés par les élus, le directeur des Vitrines Pierre Bardet et son président, Gwen Bauer mais aussi l’ancien président Michel Pirot et l’ancien trésorier Yves Lequen, ainsi qu’une ancienne secrétaire, Christine Lehman.
L’arbre bleu de la place Gutenberg, une fierté des Illuminations de Strasbourg (Photo Dynamosquito / FlickR / cc)
En conclusion, le groupe de travail formule cinq recommandations à l’association des Vitrines, qu’elle n’est pas obligée de suivre :
demander au moins trois devis pour les principaux contrats relatifs aux installations et locations des illuminations,
privilégier les illuminations respectant les plus hauts standards en matière d’économies d’énergie,
dresser un inventaire complet des illuminations propriété des Vitrines, le tenir à jour et le transmettre à la Ville,
informer chaque commerçant sur sa facture d’illuminations de la quote-part prise en charge par la subvention de la Ville.
transmettre dans les délais les documents comptables à la Ville, faute de quoi, le reliquat de la subvention (10%) ne sera pas versé.
Lundi, le conseil municipal doit approuver le rapport du groupe de travail et se prononcer sur une nouvelle subvention, toujours de 300 000€, pour le cofinancement des Illuminations 2016. Le budget global de l’opération est estimé cette année à plus de 685 000€. Le groupe de travail prévoit de se revoir au moins une fois par an.
Alsace 20 et le cinéma Star Saint-Exupéry vont diffuser « Rivages », un documentaire dressant le portrait de trois personnes qui vivent dans la rue ou l’ont connu à Strasbourg. Sobre, posé, lent, le film laisse la place à la rencontre, au partage, aux histoires de vie. Un moment fort signé Simone Fluhr.
Il y a d’abord Johnny, ce Danois a la bougeotte. Issu d’une famille de marins et marin lui-même, il est allé sur tous les continents du globe. À 62 ans, il ne s’arrête pas de bouger, il ne sait pas où il va et il appelle ça « sa liberté ». Éducatrice spécialisée et militante strasbourgeoise engagée en faveur des personnes handicapées, des plus pauvres et des demandeurs d’asile, Simone Fluhr a tout de même réussi à le rencontrer pendant ses étapes à Strasbourg. L’écouter est déroutant.
Simone Fluhr explique sa démarche :
« Dans ce film, il n’y a pas de message, pas de position politique… Je n’explique pas comment ni pourquoi il y a de plus en plus de SDF, souvent de plus en plus jeunes… Il s’agit simplement de trois rencontres et j’avais envie de leur laisser le temps de se construire, parce qu’elles sont belles et que ça prend du temps de faire tomber les barrières. »
Outre Johnny, le film permet aussi de faire connaissance avec Jean-Luc, qui a établi domicile sous un pont de la périphérie de Strasbourg. Au milieu des sous-bocks de bières, Jean-Luc sort son album de famille, des photos jaunies et minuscules du siècle passé. Et là encore, on se laisse embarquer par cette histoire de vie qui aboutit à l’exclusion puis la rue comme seule capable de l’accueillir.
Les foyers, le système caritatif, les aides sociales… Tout ça est bien loin de Johnny et Jean-Luc : trop violent, trop contraignant. Dans Rivages, les personnes sans domicile fixe (SDF) ont comme été éjectées de la société, presque mécaniquement.
Johnny a 62 ans mais n’entend pas arrêter de bourlinguer… Il est prêt à continuer en fauteuil roulant (Photo Dora Films)
Le témoignage de Monique est différent. Parce qu’elle n’habite plus dans la rue même si, comme elle le dit, « la rue l’habite. » Vivant à Mulhouse, Monique milite aujourd’hui en faveur des personnes SDF dont elle se fait la porte-parole. Au départ, Simone Fluhr voulait la rencontrer pour qu’elle évoque son expérience afin de l’aider dans son travail documentaire :
« Mais dès nos premières conversations, les mots de Monique étaient tellement forts que je lui ai proposé d’intégrer le film directement. »
Tous ont connu la violence, la drogue, l’exil… Au final, le documentaire de Simone Fluhr touche chacun dans ce qu’il a de plus précieux, son rapport à la vie. Qu’est-ce qui nous fait avancer ? Leur réponse est bouleversante et c’est ce qui rend ce film si indispensable.
Les 169 élus de la Région Grand Est se réunissent à Metz ce vendredi 18 novembre pour une séance plénière. Suivez la séance en direct vidéo à partir de 10h. Il y sera question des rapports avec l’État, notamment la reprise de ligne de trains.
L’ordre du jour du conseil régional du Grand Est est assez léger en nombre de point mais il aborde des points qui demandent un long examen. L’assemblée traitera beaucoup des rapports avec l’État et d’autres collectivités, en bouleversement avec la loi NOTRe, plus connue sous le nom de réforme territoriale. D’abord, le préfet de Région présentera les activités de l’État en 2015, c’est-à-dire dans les trois anciennes régions Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne.
Les gros morceaux techniques viennent ensuite, notamment les modifications des contrats plan État-Région (CPER), négociés sur la période 2015-2020 par les trois anciennes région. Rien que pour l’Alsace, 835 millions d’euros avaient été réunis par les différents signataires (État et Région donc, mais aussi Strasbourg, Mulhouse, Colmar et les deux Départements).
Reprise des trains intercités, Taxe sur l’essence
Autre négociation avec l’État, à partir du 1er janvier 2017, le Grand Est s’occupera des lignes de trains Intercités, ou Trains d’équilibre du territoire (TET), sur les lignes Hirson-Metz et Reims-Dijon. La ligne Paris-Troyes-Belfort au plus tard au 1er janvier 2018. Ce sont des lignes que l’État ne voulait plus gérer et entretenir. Mais il accompagnera tout de même la Région en fournissant 19 rames Alstom Coradia Liner neuves (pour 275 millions d’euros) et avec une contribution annuelle de 13 millions d’euros. La Région ne s’embarque pas seule dans cette aventure, le syndicat des transports d’Ile-de-France et la Région Bourgogne France Comté sont aussi concernés.
Après avoir étudié un rapport sur l’état du développement durable, les élus voteront le niveau de taxe sur l’essence, appelée Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE). Elle était au seuil maximum dans les trois anciennes régions, à savoir 0,73 €/hl pour les supercarburants et de 1,35 €/hl pour le gazole.
L’hémicycle du conseil régional du Grand Est à Metz (photo Charles Sitzenstuhl)
Après Épinal, Haguenau ou Besançon, Strasbourg rejoint les villes qui proposent de payer son stationnement en voirie via une application. Le délégataire Parcus a choisi Whoosh de la société Parkeon.
À partir du 1er décembre, il sera possible de payer son stationnement en voirie à Strasbourg en utilisant son téléphone mobile. Mais vraiment cette fois. Car, contrairement à la technologie NFC déjà utilisée à Strasbourg, ce nouveau système sera compatible avec tous les téléphones mobiles (Android ou Apple), quel que soit l’opérateur téléphonique des utilisateurs.
Parcus, délégataire de la Ville de Strasbourg pour les 12 602 places sur la chaussée, a choisi l’application Whoosh de Parkeon pour dématérialiser le paiement. Chaque année, la recette brute du stationnement représente quand même 7,5 millions d’euros.
Une nouvelle application à télécharger
Pour payer son stationnement, l’automobiliste strasbourgeois peut désormais télécharger cette nouvelle application sur son téléphone (à télécharger ici sur Android, ici sur Apple) et se créer un compte. Puis il enregistre son véhicule en renseignant sa plaque d’immatriculation. Une fois garé, il paie en renseignant son numéro de carte bancaire dans l’application, après avoir choisi sa durée de stationnement.
Tout est parfaitement expliqué dans la vidéo ci-dessous :
7 centimes pour Parkeon mais des tonnes en moins pour Parcus
Avantages pour l’utilisateur : pas besoin de monnaie, la possibilité de payer sans avoir à se rendre jusqu’à l’horodateur, surtout utile pour étendre la durée de son stationnement en cas de besoin, un historique des stationnements loués, avec des justificatifs tout prêts si nécessaire. Une notification prévient l’utilisateur 10 minutes avant la fin de son stationnement autorisé. Le prix à payer pour garer un véhicule est inchangé, et dépend des zones habituelles. Dans une future version, les abonnés « résident » pourront également utiliser cette application.
Avantages pour Parcus : moins de fraude et surtout moins de monnaie à collecter. Lorsque la carte bancaire a été acceptée dans les horodateurs, le poids de la collecte annuelle de Parcus s’est allégé de 10 tonnes quand même.
Avantages pour la Ville : disposer d’une infrastructure technique sur le paiement du stationnement, sur laquelle d’autres outils viendront se brancher, dont ceux que la Ville prévoit d’ajouter à son service personnalisé « mon.strasbourg ». En outre, la Ville aura accès aux données d’utilisation, horodateurs surutilisés ou au contraire délaissés, durées effectives des stationnements, etc., ce qui lui permet de faire un pas vers l’autonomisation du stationnement, prévu en 2018.
Avantages pour Parkeon : la société basée à Besançon prélève une commission, autour de 7 centimes, sur chaque ticket numérique généré. Elle ajoute aussi une ville à son réseau et noue des contacts avec les élus de Strasbourg, la société dispose d’une batterie d’autres services autour de la « smart city » à leur proposer…
Effectuant chaque jour le trajet du quartier de la Meinau à Strasbourg vers Schiltigheim, Jérémie Moussay n’est guère étonné par l’augmentation des accidents cyclistes constaté par la police. Pour lui, l’augmentation du nombre de vélos en ville doit s’accompagner d’une meilleure formation des cyclistes.
Récemment, la police a pris conscience d’un certain malaise sur les pistes cyclables de Strasbourg. Elle a relevé une hausse sensible des accidents impliquant les cyclistes, liés à des comportements à risques. Pour n’importe quel usager du vélo de la ville un peu responsable, cela n’a rien d’étonnant.
J’effectue quotidiennement 15 kilomètres, de la Meinau à Schiltigheim, sur un trajet qui m’amène à emprunter la chaussée, des pistes cyclables, des « zones de rencontre » et, parfois il faut le reconnaître, des trottoirs.
Il ne se passe pas une journée sans que je me retrouve en danger, alors que j’applique avec une rigueur de plus en plus stricte les prescriptions du Code de la route. Mon vélo est équipé de lampes allumées en permanence, de freins efficaces et j’ai, depuis quelques années, un casque. En dépit de cela, je continue de me faire surprendre par des cyclistes au comportement erratique, qui n’ont pas tous l’excuse de l’inconscience. Certains adoptent délibérément un comportement à risque.
Paradoxalement, les ennuis commencent souvent dès qu’on emprunte une piste cyclable. Le lieu qui devrait être un sanctuaire pour les deux roues est parfois un piège.
Passage à risques sous le pont Suchard (photo Jérémie Moussay)
Le piège du pont Suchard
Sur mon trajet, tout commence par le passage sous le pont Suchard, à proximité de l’arrêt Krimmeri. Sous le pont, la piste est à sens unique, bordée à gauche par des poteaux, à droite par un trottoir. En bon cycliste, je reste sur la piste, suivant le sens des flèches. De manière surprenante, je vois régulièrement arriver sur cette même piste des cyclistes à contresens. Parfois, je les interpelle en leur expliquant qu’ils devraient rouler de l’autre côté. Si certains admettent leur tort, d’autres ont un argument étonnant : « tout le monde fait comme ça. » Le panurgisme a de beaux jours devant lui. Le mépris du Code de la route également.
Plus loin, vient le moment où j’arrive sur la place de l’Etoile. Là s’ouvrent les plus belles pistes à double sens de la ville, placées stratégiquement sous les fenêtres de la mairie. Là, hélas, je dois encore me méfier de ceux qui doublent par la droite ou forcent le passage alors que d’autres arrivent en face. Attention aussi aux piétons qui traversent cette piste sans daigner s’assurer qu’ils peuvent le faire sans couper la trajectoire d’un vélo. À l’inverse, des cyclistes foncent sans porter la moindre attention aux piétons qui traversent sur le passage piéton. Plusieurs fois, j’ai vu des cyclistes incapables de freiner raser les passants, quand ils ne les ont pas heurtés.
Seul endroit avec des policiers : parc de l’Étoile
L’attente au feu du carrefour quai du général Koenig – rue de la Brigade Alsace-Lorraine est aussi un moment édifiant. A l’heure de pointe, entre 8h et 9h, des dizaines de vélos s’installent sous les feux, bloquant le passage pour ceux qui arrivent de la médiathèque Malraux. Une belle illustration de la vieille maxime « la nature a horreur du vide ». Au lieu de laisser un espace pour circuler, tout le monde s’entasse, bloquant tout le croisement. C’est aussi, il faut le noter, le seul endroit de tout mon parcours où j’ai pu voir de temps en temps des policiers procéder à des verbalisations. Ils arrêtaient ceux qui passaient au rouge. Sur le reste de mon trajet, je n’ai jamais vu un seul cycliste se faire arrêter de toute l’année 2016.
De la place d’Austerlitz à l’avenue de la Paix, je circule majoritairement sur la route. Je dois alors me méfier des automobilistes qui estiment être seuls maîtres de la chaussée et ne respectent pas les distances de sécurité lors des dépassements. L’un des meilleurs endroits pour se faire surprendre est à proximité du lycée des Pontonniers, le long du quai Lezay-Marnesia.
C’est une piste cyclable, ce n’est pas grave alors… (Photo Jérémie Moussay)
Accident rue de la Marseillaise
J’ai renoncé à passer devant la poste de la Marseillaise depuis que j’y ai été victime d’un accident, causé par un cycliste roulant à contresens, qui m’a valu une opération du bras. C’est l’un des endroits les plus traîtres de Strasbourg, à mon avis : pistes étroites bordées par le tram, des arbres, et des pistes à sens unique prises régulièrement à rebours par des groupes de cyclistes. Plus loin, passer près du TNS oblige à une cohabitation délicate avec les piétons et les passagers du tram. Certains cyclistes s’y engagent sans aucune délicatesse.
La situation est à peu près calme le long de l’avenue de la Paix. Bien sûr, je continue de croiser parfois des cyclistes à contresens, mais le trafic y est moins dense. Sur cette portion, c’est plutôt la nature qui joue des tours. En automne ou en hiver, ce sont les amas de feuilles mortes ou les plaques de neige qui rendent la progression délicate. Les riverains ont tendance à dégager leurs trottoirs en repoussant tout ce qui les encombrait sur la piste cyclable. La route, elle, bénéficie du nettoyage des services de la ville.
Les choses se compliquent à nouveau aux abords du lycée Kléber. La piste passant entre deux belles rangées d’arbres est le refuge des collégiens et lycéens. Certains confondent passage piéton et stationnement, d’autres trouvent que c’est un lieu idéal pour jouer au football (c’est là que mon casque m’a un jour rendu un fier service). Tous semblent totalement hermétiques aux remarques concernant la destination première d’une piste cyclable.
À Schiltigheim, j’abandonne les pistes pour la chaussée
J’entame ensuite la dernière étape de mon trajet, juste avant Schiltigheim. La plupart du temps, pas de gros souci, hormis les inévitables adeptes du contresens. Il n’y a qu’en septembre, quand la Foire européenne transforme les trottoirs en parkings annexes, que la situation se corse un peu.
Une fois à Schiltigheim, j’abandonne les pistes pour retourner sur la chaussée, retrouver les automobilistes qui estiment que la masse prime le droit et, considérant qu’ils pèsent 20 fois plus lourd que moi, se moquent pas mal de respecter les priorités.
Et cela, ce n’est que l’aller. Il faudra, le soir venu, effectuer le même trajet dans l’autre sens, affrontant les mêmes dangers. Puis recommencer le lendemain, cela toute l’année.
Un passage pour vélo à Paris (Photo Dustin Gaffke / FlickR / cc)
Il y a des règles, il faut les respecter
On objectera que c’est mon choix et qu’il me serait facile de prendre une voiture ou le tram afin de ne plus subir ces désagréments. C’est vrai. Je pourrais renoncer au vélo. Je pourrais aussi changer de métier, déménager, quitter la ville ou le pays. Non. Je vis dans une société qui offre des droits et je compte les exercer. J’ai le droit de faire du vélo comme je le souhaite, dans le respect du code de la route. J’ai le droit de circuler dans devoir craindre les autres usagers. J’ai le droit de pouvoir utiliser un moyen de transport que j’estime économique, sain et bénéfique pour l’environnement et donc, in fine, pour la société. La seule chose que je demande est l’application et le respect de règles permettant à tous de se déplacer en sécurité. Heureusement, cela existe : c’est le code de la route.
Ce que je dénonce, c’est le comportement de trop nombreux cyclistes qui prennent à la légère ce code de la route. Ils oublient que le vélo est, dans le cadre urbain, un moyen de transport, pas un loisir, et que les infractions peuvent avoir des conséquences graves.
On ne devrait pas…
On ne devrait pas voir des cyclistes rouler à contresens sur des pistes à sens unique. L’espace y est conçu pour circuler en sécurité dans une direction. Il n’y a pas la place pour des vélos qui se croisent, sauf à empiéter sur les trottoirs, et il n’y aucune raison pour que ce soit les piétons qui pâtissent de l’inconséquence des cyclistes.
On ne devrait pas voir circuler de vélos qui n’ont pas d’éclairage, pas de freins ou les deux. Combien de fois ai-je vu des cyclistes freiner avec leurs pieds pour éviter de percuter un piéton.
On ne devrait pas s’engager dans un feu vert pour se faire couper la route par un autre cycliste qui a grillé le feu rouge.
On ne devrait pas réaliser, trop tard, que le cycliste ou le piéton qu’on avertissait avec sa sonnette n’a rien entendu car il a le volume de son casque audio à fond.
On ne devrait pas voir des vélos s’engouffrer à pleine vitesse dans les zones piétonnes, où circulent à pieds enfants et personnes âgées.
On ne devrait pas avoir peur de se faire surprendre par des cyclistes qui changent brusquement de trajectoire, parce qu’ils omettent de signaler leur virage, qu’ils sont en train d’envoyer un texto ou qu’ils louvoient au milieu des pistes.
Un peu plus de policiers au bord des pistes
Si les agents de police se plaçaient à certains des endroits que j’ai cité plus haut et verbalisaient, ne serait-ce que la moitié des cyclistes que je décris ici, il y aurait moyen de renflouer les caisses de l’Etat en quelques semaines.
Surtout, je dénonce l’indifférence des responsables de la ville de Strasbourg. Rien n’est fait par la municipalité pour rappeler qu’il faut respecter le Code de la route en toute circonstance. Aucun travail éducatif n’est entrepris de manière continue, aucune mesure préventive n’est en place et aucune répression ne vient mettre un frein à ces comportements dangereux.
C’est bien beau de dessiner des couloirs pour vélo, de mettre en place des pistes cyclables y compris dans des endroits obligeant à pratiquer le vélo acrobatique pour les suivre, d’installer des « tourne à droite » ou des arceaux à vélo nouvelle génération d’un usage malaisé… Si ce n’est pas accompagné d’un processus éducatif, cela ne sert à rien.
À vélo, pas besoin de permis
Je le constate chaque jour, le déficit éducatif en matière d’usage du vélo est énorme. Circuler à vélo peut se faire sans permis, cela ne devrait pas se faire sans avoir pris connaissance des règles élémentaires de circulation.
Il faudrait commencer par utiliser le superbe organe d’auto-valorisation municipal, Strasbourg Magazine, pour diffuser quelques pages d’information sur le bon usage du vélo en ville, en insistant sur la responsabilité de chacun pour améliorer la sécurité et le confort de tous.
Il serait de bon ton, également, d’éditer une plaquette qui serait distribuée aux grands points de passage des cyclistes, expliquant que le respect du code de la route n’est pas une option, mais un devoir. Je suis persuadé qu’on trouvera des graphistes de talent pour concevoir de superbes schémas explicatifs. Pourquoi pas, également, mettre à disposition un tel document chez les nombreux marchands de vélo de la ville.
Enfin, il conviendrait, une fois les gens avertis, de mettre en place des patrouilles de police dans toute la ville pour dresser des contraventions car il est évident que la prévention et l’information ne touchent pas tous les usagers du vélo. Les responsables de la Ville, qui passent leur temps à communiquer sur « Strasbourg capitale du vélo » et à mettre en ligne des vidéos de propagande où des cyclistes souriants empruntent des pistes parfaitement dégagées, devraient se confronter avec la réalité du terrain, ce qui risque de leur donner des sueurs froides.
Il n’est pas normal qu’une ville comme Strasbourg, qui prétend être une métropole moderne et une capitale européenne, se montre aussi médiocre pour appliquer une véritable politique du vélo.
Peut-être est-elle trop occupée à choyer les touristes qui visitent le marché de Noël et qui, eux, il est vrai, n’utilisent pas de vélo ?
La Ville va renouveler sa confiance aux Vitrines de Strasbourg, l’association des commerçants, pour organiser les Illuminations de Noël dans le centre-ville. Après plusieurs réunions et auditions au sein d’une commission, la municipalité considère qu’il n’y a pas de détournement des fonds publics et va demander à l’association un peu plus de transparence.
La commission composée d’élus de la Ville de Strasbourg sur les Illuminations de Noël a conclu ses travaux lors d’une dernière réunion mardi 15 novembre. D’après nos informations, la municipalité a décidé de maintenir sa confiance à l’association des Vitrines de Strasbourg pour l’organisation des Illuminations de Noël. Les élus se sont contentés d’adresser à l’association plusieurs préconisations « non contraignantes », notamment celle d’appliquer plus de transparence dans sa gestion de l’opération.
Le groupe de travail mené par le premier adjoint au maire Alain Fontanel (PS) devrait rendre ses conclusions publiques lors d’une conférence de presse vendredi 18 novembre.
La « Porte de lumière » à l’entrée de la rue du Vieux-marché-aux-poissons est devenue le symbole du marché de Noël de Strasbourg. (Photo Yannick Perez / cc)
L’ampleur de la subvention inchangée
La Ville de Strasbourg verse chaque année 300 000 euros aux Vitrines pour organiser les Illuminations de Noël. Fin 2015, Rue89 Strasbourg révélait que le tiers de cette somme servait en réalité au fonctionnement général de l’association et notamment à payer le haut salaire de son directeur, Pierre Bardet. Ces informations avaient causé des interrogations au sein du conseil municipal, qui avaient finalement abouti à la création d’une commission pour réfléchir sur l’avenir de l’opération.
Cette commission est surtout revenue sur la gestion passée de l’opération par les Vitrines de Strasbourg pour les Noëls 2013 et 2014. Il a auditionné au cours de l’année les responsables actuels des Vitrines de Strasbourg, le comptable de l’association, ainsi que l’ancienne équipe dirigeante, démise en 2014. L’ancien président des Vitrines, Michel Pirot, avait proposé lors de l’une de ses deux auditions que la Ville envisage une gestion sur le modèle du comité mixte de gestion du Marché de Noël.
D’après nos informations, la commission n’a pas étudié de solution alternative à celle de confier la gestion de l’opération aux Vitrines.
Les conclusions de la commission arrivent à point nommé : le conseil municipal de lundi 21 novembre doit délibérer sur l’octroi d’une nouvelle subvention aux Vitrines, pour les Illuminations 2016. Il prévoit aussi de se prononcer pour le versement du solde des subventions 2013 et 2014 pour « encourager le dialogue ». Faute de justificatifs, 50 000 euros n’avaient pas encore été versés.
Le Ballet de l’Opéra national du Rhin ouvre cette saison 16-17 sous le sceau de la distinction avec …Cupidon s’en fout. Le jeune chorégraphe Étienne Béchard, formé au Ballet Béjart de Lausanne, signe avec sa compagnie et les danseurs du Ballet du Rhin un spectacle audacieux. La poésie et l’humour y défient les effets de masse et le conformisme.
Étienne Béchard cherche à « passer un message » à travers la danse. Même s’il reconnaît que le mouvement est un vecteur de sens moins évident que la parole. Avec la compagnie qu’il a co-créée à Bruxelles en octobre 2010, Opinion Public, il revendique le fait de parler de la société dans laquelle nous vivons. De la place de l’homme au cœur de celle-ci. En s’appuyant sur la formation classique des danseurs, mais aussi sur le cirque, le mime, la danse Hip Hop… Le refus d’être enfermé dans les codes est un cri de ralliement pour Opinion Public :
La compagnie Opinion Public a pour but d’être en perpétuelle évolution humaine et artistique, elle refuse et refusera les carcans idéologiques et partisans qui nuiraient à son épanouissement. Elle s’inspire et s’inspirera d’événements et de circonstances mais jamais ne figera sa vision…
« Il est des jours où Cupidon s’en fout » chantait Georges Brassens avec un humour teinté de mélancolie. …Cupidon s’en fout d’Étienne Béchard, travaillé en collaboration avec les autres membres de la compagnie, est une réflexion sur la possibilité de faire émerger des destins singuliers dans un monde standardisé et conformiste. En puisant dans les racines mêmes de ce monde effrayant, le ballet se constitue par l’amour. Il accepte et ingère les codes pour les détourner et les amener ailleurs. De là à penser que ces codes de conformité pourraient être, par transposition, ceux de la danse classique, il n’y a qu’un pas.
L’occasion de travailler, à la demande d’Ivan Cavallari, avec les 30 danseurs du Ballet du Rhin, était trop belle pour Étienne Béchard. Elle permettait de créer cet effet de masse critique, de donner au groupe un corps plus grand, monstrueux. Le groupe de danseurs, masse de mouvement coordonné, devient-il une machine à écraser les individus? Ou est-ce la seule issue, le choix de l’appartenance au groupe? L’amour et la figure du couple vient s’ériger comme un défi au groupe, à ses exigences et à ses lois. « L’amour a-t-il sa place ou Cupidon s’en fout ? » s’interroge le chorégraphe. En trois tableaux, saisons de la vie humaine, il distille l’esprit de rébellion de sa compagnie dans les Ballets du Rhin.
Un vocabulaire chorégraphique singulier
La compagnie Opinion Public se fait fort d’aller chercher des références chorégraphiques à différentes sources. Il s’agit de panacher les mouvements pour créer un vocabulaire chorégraphique singulier. Étienne Béchard propose aux danseurs du Ballet du Rhin de faire la part belle à la danse au sol et à l’exploration des portés aériens. Naviguant sans cesse entre ciel et terre, la danse prends ici des allures acrobatiques. Souvent, les corps des danseurs ondulent comme un banc de poissons, et la couleur sombre et bleue ajoute à cette sensation marine.
Si Étienne Béchard travaille régulièrement sur une base chorégraphique néo-classique, ses propositions vont aussi chercher l’inspiration ailleurs. On retrouve dans la gestuelle développée dans …Cupidon s’en fout des mouvements de danse Hip Hop, de mime, parfois même des clins d’œil au yoga ou à la capoeira. Cet éclectisme donne à la danse une vigueur complexe et teintée de surprises. Étienne Béchard active tour à tour humour et poésie par « petits points sensibles » pour « chercher l’émotion » des spectateurs.
Hamilton Nieh et Monica Barbotte, premier couple de « …Cupidon s’en fout » (Photo JL Tanghe)
Les deux premiers tableaux optent clairement pour la dichotomie groupe / individus en couple, en référence au conformisme de la société humaine. Un couple, rebelle, vient défier l’ordre établi du groupe. On peut y voir des réminiscences de la chanson The Wall de Pink Floyd, tube rebelle et planétaire de 1979. Les briques, les uniformes, l’école, le professeur autoritaire et le groupe qui rappelle à l’ordre, tout y est. L’on perds un peu de cette mécanique simple et efficace en arrivant au 3ème âge. Les danseurs y sont plus marqués dans leurs individualités, par les costumes et les gestuelles. Le contraste avec le couple rebelle prends une autre teinte, plus diffuse et mélancolique.
Du neuf pour les danseurs (et les spectateurs) du Ballet du Rhin
Nul doute que cette exploration de codes variés et, pour certains, très loin de la danse classique, donne un souffle neuf aux danseurs du Ballet du Rhin. C’est sans doute cela qu’Ivan Cavallari est allé chercher en invitant Étienne Béchard à chorégraphier cette création. Les danseurs présentent dans cette pièce un travail différent, qui les emmène avec grâce hors de leur zone de confort – et étends aussi les horizons des spectateurs. Ce pas de côté permet d’apprécier encore d’avantage les qualités des danseurs du Ballet du Rhin – et, par la même occasion, celle des danseurs d’Opinion Public -.
La même audace éclectique vient animer les choix musicaux. On alterne entre une musique électro à résonances concrètes, mécanique brouillée, et des moments de lyrisme. Les morceaux lyriques font la part belle à la voix humaine, de la Casta Diva de Bellini à la verve tranquille de Georges Brassens. Ces choix, apparemment très contrastés, se rejoignent dans une certaine évidence, une sorte de reconnaissance populaire. Ils accompagnent, à leur façon, le message du spectacle, dans la même direction.
Un spectacle attendu
La salle de l’Opéra du Rhin était pleine pour accueillir la création d’Étienne Béchard. Un tonnerre d’applaudissements et des « bravos » sonores sont venus couronner la première représentation strasbourgeoise. Vous avez jusqu’à dimanche pour venir profiter de cette pièce à l’énergie fougueuse et positive.
Indépendante, coordinatrice de projets et rédactrice, je travaille dans le champs des droits humains, du développement et de la culture, au niveau international mais aussi en local à Strasbourg.
La Chambre de commerce de Strasbourg est critiquée pour une campagne de publicité qui promet « un terme aux embouteillages » en 2020 avec le Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg. Or ce n’est pas « l’objectif » de cette autoroute dans les documents officiels. Les opposants dénoncent une publicité « mensongère » tandis que les journalistes de France Bleu Alsace ont obtenu l’annulation du spot qui « portait atteinte à leur crédibilité. »
Les Strasbourgeois ont pu voir des panneaux publicitaires « Oui au GCO » fleurir dans les rues. Mercredi 16 novembre, les auditeurs de France Bleu Alsace ont aussi pu entendre un spot de 10 secondes sur ce sujet. Ces publicités sont financées par la Chambre de Commerce et de l’Industrie (CCI) de Strasbourg et du Bas-Rhin, un établissement public qui accompagne et défend les intérêts des entreprises.
Les affiches et le spot défendent la construction du Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg. Le GCO est un projet d’autoroute payante de 24 kilomètres autour de Strasbourg. Le contrat signé entre l’État et Arcos (Vinci) prévoit une mise en service en 2020. La publicité, réalisée en partenariat avec 10 associations ou entités partenaires, promet que le GCO « mettra un terme aux embouteillages » une fois construit. Il s’agit de panneaux disposés sur l’espace public, en plus des surfaces habituelles gérées par JC Decaux.
Les journalistes de France Bleu interpellent leur direction et obtiennent gain de cause
À France Bleu Alsace, ce spot a été perçu comme une atteinte à l’indépendance de la rédaction. Le spot était diffusé cinq fois par jour, parfois au moment des journaux. Dans une courte lettre ouverte à leur direction (voir le texte complet en fin d’article), les journalistes alsaciens de la radio publique ont demandé à leur direction de retirer le message publicitaire :
« Le GCO est un sujet très polémique en Alsace que nous traitons régulièrement à l’antenne sous forme de reportages, d’invités et de places publiques, en respectant la parité entre les pro et les anti contournement. Nous estimons que la diffusion de ce spot porte atteinte à notre travail et à notre crédibilité. Nous craignons aussi d’en subir les conséquences sur le terrain. »
Le dossier est, il est vrai, complexe et depuis des décennies beaucoup de chiffres et d’études sont avancés par les partisans et les opposants au GCO (voir tous nos articles). « Un spot ne dure que 10 secondes » fait-on valoir à la CCI quand on la questionne sur la possibilité que son message soit réducteur. Dans l’après-midi, le service juridique de Radio France a entendu les craintes des journalistes et la publicité a été retirée.
Le spot radio (10 secondes)
« Ni l’enjeu, ni l’objectif »
Depuis plusieurs jours, les opposants au GCO s’étaient manifestés contre une campagne jugée « mensongère ». Ils font valoir que le rapport de la commission d’enquête publique, qui a débouché sur une autorisation de travaux pour 10 ans en 2008, indique expressément : « le désengorgement de Strasbourg n’est pas l’enjeu, ni l’objectif du GCO. »
Dans l’annexe 14 du contrat signé en 2016, les objectifs cités sont :
Assurer la continuité de l’axe autoroutier Nord-Sud alsacien […] pour réorienter le trafic de transit qui circule aujourd’hui sur l’A35 et les trafics récemment exclus des vallées vosgiennes.
Améliorer les relations entre les villes moyennes alsaciennes où le transport ferroviaire n’est pas encore adapté (Haguenau et Saverne, Obernai, Molsheim et Sélestat), et offrir à l’ouest strasbourgeois un meilleur accès au système autoroutier pour les trajets à longue distance.
Réorganiser les accès à l’agglomération de Strasbourg, non pas tant pour les trajets domicile-travail que pour tous les trafics d’échanges à moyenne et longue distance, à destination des grands pôles tels que l’aéroport, la zone d’activités de la Bruche, voire le port de Strasbourg.
Soulager la rocade Ouest (A35) de ces trafics, pour ainsi redonner à cette infrastructure un caractère plus urbain et de lui conférer le rôle de poumon indispensable aux renforcements des systèmes de transports collectifs du centre-ville.
La future transformation de l’autoroute A35 en boulevard urbain doit contribuer à limiter l’étalement de Strasbourg. Elle figure également dans les objectifs de la commission d’enquête publique réalisée en 2007.
Une action prévue auprès de l’autorité de régulation
Il n’en fallait pas plus pour que les opposants envisagent de saisir l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP, ex-bureau de vérification de la publicité). En attendant, quelques « oui » ont été remplacés par des « non » sur les affiches. Le directeur d’Alsace Nature, Stéphane Giraud, s’étonne du message et interroge sa légitimité :
« Cette publicité va à l’encontre des objectifs annoncés par les porteurs du projet. Elle pose question car elle utilise de l’argent public pour relayer le site d’une association, celui de l’automobile club. »
Le site jeveuxmongco.alsace avance 946 soutiens deux mois après son lancement. Opposé au projet, le vice-président écologiste de l’Euromotropole en charge de l’urbanisme, Alain Jund, se dit « très surpris » :
« Il y a une question de transparence dans le débat. On peut se confronter sur un projet, avoir des arguments différents, mais une institution parapublique ne peut pas aller sur le terrain du mensonge. On en arrive à avancer un sans savoir pourquoi on le fait. Les mêmes pratiques ont été vues à Nantes avec l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. »
Le « oui » de l »affiche avait été recouverte d’un « non », avant d’être enlevé (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
À la CCI, on tempère mais on maintient
Les opposants, dont Alain Jund, pointent que même le président de l’Eurométropole et défenseur du projet, Robert Herrmann (PS), avait affirmé que « personne de raisonnable [ne] dit qu’il n’y aura plus de bouchons sur l’A35 avec le GCO », lors de notre soirée-débat sur le GCO à l’Odyssée en septembre.
Du côté de la CCI, on ne partage pas tout à fait l’avis d’il y a presque 10 ans des commissaires-enquêteurs. Même si on tempère un peu le discours, on récuse l’idée que la pub soit « mensongère » :
« Le GCO n’est pas la seule solution et il faut des mesures complémentaires, mais il demeure néanmoins une condition indispensables à l’enlèvement des bouchons, qui ont des conséquences économiques. Le réseau ferroviaire arrive à saturation et les personnes avec des horaires décalées ne peuvent pas prendre les transports en commun. »
En tout cas ces « 12 à 15 affiches » ont peut-être eu plus d’effets qu’escompté. Elles ont réussi à susciter le débat, une situation qui atteste normalement d’une campagne réussie dans le monde de la pub.
Concentré dans le centre-ville de Strasbourg, le Marché de Noël 2016 se réinvente en « parcours féerique ». La municipalité espère ainsi compenser la baisse de la fréquentation observée l’an dernier, suite à l’instauration en urgence des mesures de sécurité.
Les extensions du Marché de Noël chaque année dans de nouveaux quartiers de Strasbourg, c’est bien fini. Époque terroriste oblige, l’édition 2016 du plus important rendez-vous touristique de Strasbourg sera confinée au centre-ville. Mais selon le premier adjoint au maire, Alain Fontanel (PS), « ce sera un atout » :
« L’an dernier, nous étions en réaction aux attentats, nous avions dû annuler des parties du Marché de Noël en urgence. Cette année, nous avons conçu dès le départ l’ensemble du Marché de Noël comme une déambulation en toute sérénité dans un centre-ville débarrassé de ses voitures. Il y aura 11 sites consacrés à Noël, dont de nouveaux comme la place Grimmeissen à la Petite-France et des rues seront utilisées, comme celle de la Nuée Bleue et du 22 Novembre. »
Le Marché de Noël débutera le 25 novembre et durera jusqu’au 24 décembre à 18h. Les 300 chalets seront ouverts de 11h à 20h tous les jours, jusqu’à 21h les vendredis et samedis, seulement jusqu’à 18h le samedi 24 décembre. Le pays invité cette année est le Portugal. Onze places de la Grande Île seront utilisées pour accueillir des chalets :
place Kléber avec le Grand Sapin, le Village du Partage et l’Atelier du Père Noël pour les enfants à l’Aubette,
place Broglie avec le Christkindelsmärik et les artisans du Bas-Rhin,
place du Marché-aux-poissons et terrasse du Palais Rohan, marché des délices de Noël d’Alsace (bredele, foie gras, bières…)
place du Temple-Neuf, marché de Noël du Carré d’or,
place de la Cathédrale, marché de Noël de la Cathédrale,
place Gutenberg, village du Portugal, pays invité,
place Benjamin Zix, marché de Noël des Rois mages,
place des Meuniers, marché des irréductibles petits producteurs d’Alsace,
place Grimmeissen, marché Off de Noël (marché des nouveaux modèles),
place Saint-Thomas, marché de Noël.
Plan du Marché de Noël 3016 (doc Ville de Strasbourg)
Le grand sapin, point central
La place Kléber sera le point central du dispositif, autour du grand sapin de Noël, haut de 30 mètres et issu d’une forêt près de Dabo, en Moselle. L’ensemble des arbres de la place seront décorés, ainsi que la façade de l’Aubette et de la Maison Rouge. Plus de 300 motifs lumineux sont disséminés sur l’ensemble de la place et pourront scintiller à l’unisson. Il y aura plusieurs teintes en fonction de l’avancement de la journée et de la soirée.
Le grand sapin affichera lui quatre tableaux, préparés par l’entreprise Sigmatech. Sous ses branches, il y aura une programmation avec des chants, du gospel, etc. les mercredis et samedis à partir de 17h.
Le village du partage reste place Kléber. Pour laisser de la place à un poste médical avancé, la crèche de la Nativité a été déplacée place des Tripiers. Il y aura également des compagnies itinérantes dans les rues. Adjoint au maire en charge de l’animation, Mathieu Cahn (PS) promet « des surprises ». Des concerts de l’Avent sont programmés les 27 novembre, 4, 11 et 18 décembre dans des églises du centre-ville.
Les mômes à l’Aubette
L’Atelier du Père Noël se tiendra à l’Aubette du 17 au 31 décembre, de 14h à 19h. Les enfants y trouveront des ateliers créatifs avec Arachnima, Art Puissance Arts, la Maison des Jeux, etc. Du 17 au 24 décembre, les enfants « prépareront » Noël tandis qu’à partir du 26, les ateliers seront centrés sur les jeux et les voeux. Trois temps forts : la Saint-Nicolas (le 6 décembre), la Sainte-Lucie (le 13) avec des animations centrées sur les lumières et la nuit la plus longue le 21 décembre avec des projections.
Des contes et spectacles pour les enfants sont aussi au programme, dans les églises autour des crèches, chez Graine de Cirque au Port-du-Rhin, et à l’Observatoire. Le musée alsacien propose également des visites thématiques et des contes destinés aux enfants.
Le Christkindelsmarik aura la même dimension, légèrement réduite, qu’en 2015 (Photo NotFrançois / FlickR / cc)
Une déambulation « magique » de Natacha St-Pier
L’inauguration vendredi 25 novembre n’aura pas lieu sur une grande scène place Kléber comme les années précédente. Marraine de cette édition, la chanteuse canadienne Natacha St-Pier interprétera quelques chansons près d’une « porte de lumière » blanche et or rénovée, ornée de deux ours reliés par un cerceau d’étoiles, au début de la rue du Vieux-Marché-Aux-Poissons.
La chanteuse se dirigera ensuite vers le grand sapin et grâce à une baguette, elle illuminera les rues sur son passage… Directeur des Vitrines de Strasbourg et en charge des Illuminations, Pierre Bardet promet une « soirée magique ». L’arbre bleu de 10 mètres sera toujours présent place Gutenberg, avec son ours, tandis qu’un arbre de cristal de 12 mètres sera installé sur le parvis des Halles. Le lustre géant sera installé à l’angle de la Grand’Rue et de la rue du Fossé-des-Tanneurs.
La municipalité espère que les touristes et les Strasbourgeois se promèneront de marché en marchés. Plusieurs parcours seront proposés avec une signalétique spécifique tandis que l’Office de tourisme et diverses associations proposeront des circuits thématiques (marchés des délices, marchés de l’artisanat…) et des balades nocturnes.
Annulé l’an dernier en raison des attentats, le marché Off se tiendra place Grimmeisen à la Petite-France et sera centré sur l’économie sociale et solidaire, le commerce équitable et les « nouvelles économies » (collaborative, de partage…). Il est organisé par la Cress (Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire d’Alsace) et rassemble 22 entreprises de l’artisanat, joaillerie, produits bio, vêtements, mobilier, épicerie, objectifs de décoration, vins et bières Bio, box cadeaux touristiques…
Ce marché n’aura pas de chalets, mais des dômes et des containers. Un dôme plus grand accueillera des débats, des créations street art, des ateliers et des contes. Pour Paul Meyer, adjoint au maire (PS) du quartier gare, ce marché Off devrait être un « havre pour les Strasbourgeois ».
Le Portugal, pays invité
Le pays invité en 2016 est le Portugal. Ses traditions de Noël seront mises à l’honneur place Gutenberg : saucisson, jambon, chausson au canard, pain au beurre et aux herbes, vin, bière mais également le Bolo rei (couronne briochée de Noël) ou les gâteaux et friandises de fête d’Idanha-a-Nova… Il y aura aussi de l’artisanat avec des adufes (tambours sur cadre à double membrane), des broderies de Castelo, de la vannerie, de la céramique, des vêtements…
Les passants pourront entendre également des concerts de fado par l’ensemble Coro misto da Beira interior, ainsi que des interprétations d’oeuvres de compositeurs portugais ou présents au Portugal au XVIIIe siècle par l’ensemble Concerto Ibérico – Orquestra Barroca. Il y aura des déambualtions de groupes musicaux portugais dans la ville ou encore concert d’adufes et de chants de Noël portugais.
Comme chaque année, la municipalité assure qu’un soin particulier a été apporté à la sélection des commerçants. Tous les produits, y compris la nourriture et les boissons, devront avoir un lien avec Noël : décorations, cadeaux, épices et thés, produits salés, produits sucrés… Président de l’office de tourisme de Strasbourg et conseiller municipal, Jean-Jacques Gsell a fustigé le Marché de Noël de Paris, autour de l’Arc de Triomphe, qu’il qualifie « d’imposture » et qui selon lui, « n’a plus rien d’authentique » (voir dans cette vidéo, à partir de 36 minutes).
Le Marché de Noël de Strasbourg accueille chaque année environ 2 millions de visiteurs. En 2015, les indicateurs de la fréquentation étaient en baisse pour la première fois, suite à la suppression de la dernière semaine après Noël et aux mesures de sécurité qui se sont ajoutées suite aux attentats.