Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Après des violences, des bénévoles des Restos du cœur se sont arrêtés quatre jours

Après des violences, des bénévoles des Restos du cœur se sont arrêtés quatre jours

Les bénévoles des Restos du cœur de restaurant social La fringale, rue des remparts, n’ont pas servi de repas pendant quatre jours, du 7 au 10 novembre. Les services ont repris vendredi 11 novembre. Ce retrait a fait suite à des violences verbales envers plusieurs bénévoles et physiques en ce qui concerne la responsable de la part de bénéficiaires.

Une première depuis quatre ans

Pour le président des Restos du cœur du Bas-Rhin, Daniel Belletier, ce retrait a permis aux services de bien se passer désormais :

« On accueille tout le monde sans distinction et on peut comprendre que certaines personnes que l’on reçoit soient mal dans leur peau. Mais nos bénévoles donnent de leur temps et ne peuvent accepter ces agissements qui venaient d’une minorité. Pendant ce retrait, on avait communiqué auprès des gens qu’on reçoit et auprès des autres associations pour que tout le monde soit redirigé. »

Le dernier cas similaire à Strasbourg s’était présenté il y a quatre ans.

A l'arrière de la gare, rue du rempart, le restaurant solidaire "La Fringale" sert des repas chauds les lundis mercredis et vendredis, ainis que des petits déjeuners tous les jours grâce aux Restos du coeur (capture Google Street view)
A l’arrière de la gare, rue du rempart, le restaurant solidaire « La Fringale » sert des repas chauds les lundis mercredis et vendredis midi, ainsi que des petits déjeuners tous les jours grâce aux Restos du cœur (capture Google Street view)

Revoir les annonces sur le Marché de Noël en vidéo

Revoir les annonces sur le Marché de Noël en vidéo

Après la sécurité du Marché de Noël, la Ville de Strasbourg va dévoiler les animations prévues lors d’une conférence de presse à 11 heures. Suivez en direct cette présentation.

On sait déjà que l’artiste parrain de l’édition 2016 du Marché de Noël de Strasbourg sera la chanteuse canadienne Natasha St-Pier. Elle donnera le départ des festivités vendredi 25 novembre, mais pas sur un grand podium place Kléber comme les années précédentes. La place centrale de Strasbourg doit en effet être réservée pour accueillir un poste médical avancé. Elle doit néanmoins illuminer le grand sapin et son spectacle sera itinérant parmi les places du centre-ville.

Les chalets seront ouverts tous les jours de 10h à 20h, jusqu’au 24 décembre. L’ensemble des huit marchés seront concentrés dans l’enceinte de la Grande Île, qui sera verrouillée, interdite aux véhicules et ceinturée de points de contrôle (voir notre article sur la sécurité).

Primaire de la droite : comparez les programmes

Primaire de la droite : comparez les programmes

Quelle différence entre François Fillon et Jean-François Copé ? Vous êtes un citoyen attentif et vous aimeriez exprimer un choix sur des orientations politiques plutôt que sur des postures ou des petites phrases ? Vous n’êtes pas seul. Le site Voxe.org a mis en ligne un outil juste pour vous.

Trop difficile de choisir parmi les sept candidats à l’élection primaire de la droite ? Le site du citoyen connecté, Voxe.org, a mis en ligne un outil de comparaison, pour permettre de se faire une idée sur les propositions de chacun des candidats, triées en 13 grands thèmes : Emploi, Economie, Finances, Europe, Education et Recherche, Culture et medias, Numerique, Justice, Securite et Defense, Environnement, agriculture, energie, Immigration, Societe et famille, Services publics et Territoires, Solidarite, Sante et Logement, Constitution et Institutions et Relations internationales.

Les propositions ont été directement remplies par les équipes des candidats. Une fois votre choix fait, n’oubliez pas notre carte afin de trouver votre bureau de vote.

Où et comment voter à la primaire de la droite

Où et comment voter à la primaire de la droite

Tous les Français inscrits sur les listes électorales ont le droit de voter les dimanches 20 et 27 novembre pour désigner le futur candidat de la droite à l’élection présidentielle de 2017. Voici le guide pratique pour s’y retrouver.

À moins d’avoir tout fait pour ne pas se tenir informé ou que la politique vous donne des boutons, vous devez savoir que la droite française a recours à une élection primaire pour choisir son candidat à l’élection présidentielle 2017. Une primaire est un concept américain qui vise à voter pour son candidat au sein d’un camp politique dans un premier temps, avant l’élection générale. Le concept a été importé.

S’il y avait déjà eu quelques primaires réservées aux adhérents d’un parti, le Parti socialiste avait innové en 2011 en l’ouvrant à tous les électeurs. Elle avait abouti sur le choix de François Hollande. Cette année, Europe Écologie Les Verts a aussi ouvert sa primaire, qui a désigné Yannick Jadot, mais le vote était par correspondance. Une primaire citoyenne hors partis, sur trois tentatives, arrive à son terme : La Primaire.org.

Comparez les programmes

Pour la version de droite de la primaire, sept candidats sont en lice : Jean-François Copé, François Fillon, Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire, Jean-Frédéric Poisson et Nicolas Sarkozy. Tous sont issus du parti « Les Républicains », à l’exception de Jean-Frédéric Poisson, président du parti démocrate-chrétien de Christine Boutin. Les médias nationaux se sont fait l’écho dans de grandes largeurs de cette campagne. Si votre choix n’est pas fait, vous pouvez utiliser le comparateur de programme de Voxe.org.

Les bureaux de vote à Strasbourg et dans les environs

On ne choisit pas son bureau de vote

Les dimanches 20 et 27 novembre, 32 bureaux de vote sont ouverts à Strasbourg (voir ci-dessus), 248 en Alsace (voir ci-dessous). Le lieu de vote auquel chaque électeur dépend de son bureau de vote habituel. Si ce n’est pas le même bureau, il est situé dans le même quartier ou secteur. Les procurations ne sont pas admises. Les horaires sont les mêmes partout en France, soit de 8h à 19h. Enfin, les bureaux de votes sont identiques pour les deux tours.

Les bureaux de vote en Alsace

Dans le Bas-Rhin, 171 bureaux ont été implantés contre 77 dans le Haut-Rhin. Les salles seront parfois divisées en plusieurs « bureaux » comme au parc des expositions de Mulhouse où 14 isoloirs et urnes seront installées.

2€ par tour, l’appoint à prévoir

Pour voter, il faut s’acquitter de la somme de 2 euros par tour. Il est possible de voter uniquement au deuxième tour, le 27 novembre. Les équipes n’ont pas spécialement prévu de fonds de caisse, donc mieux vaut prévoir d’avoir le bon montant sur soi ou alors de venir en milieu ou en fin de journée. Cet argent est sensé couvrir les frais d’organisation (l’utilisation de salles est parfois facturé par les municipalités). S’il y a des excédents, ils seront reversés aux comptes de campagne du candidat vainqueur.

La charte, une bombe atomique anti-gauchistes (non, on rigole)

On savait qu’il existait des électeurs français, les candidats ont inventé le concept « d’électeur de droite » ou « électeur de gauche », comme si cela était une étiquette qui colle toute la vie, quand bien même des électeurs ont voté pour plusieurs partis dans leur vie (citons par exemple les membres du PS du Grand Est lors des dernières régionales qui avaient affirmé leur préférence pour la droite au second tour alors que leur liste s’était maintenue).

Mais pour éviter que cette espèce en voie de disparition, « l’électeur de gauche », renaisse le temps d’un dimanche pour se payer l’élimination d’un candidat pour 2 ou 4 euros, la droite a dégainé… une charte. Vus les enjeux, à savoir peut-être désigner le futur président de la République, ce « garde-fou » semble assez risible. Le texte stipule :

« Je partage les valeurs républicaines de la droite et du centre et je m’engage pour l’alternance afin de réussir le redressement de la France. »

Les candidats ont donc le droit d’avoir été condamné en justice ou d’avoir participé à un gouvernement qui n’a pas tenu tous ses engagements, mais un simple électeur n’aurait, lui, pas le droit de se contredire dans ses votes à cinq mois d’écart. Les plus malins diront qu’ils s’associent aux « valeurs républicaines » de la droite, mais pas à toutes ses valeurs. Quant à l’engagement pour l’alternance, il y a au moins une trentaine de candidats déclarés qui promettent une alternative à François Hollande, dont on ne sait pas encore s’il sera sera candidat. Et surprise… Ils veulent tous « redresser » la France !

Tout est prêt pour les deux prochains dimanches (Photo Geoffroy Lebold / Les Republicains)
Tout est prêt pour les deux prochains dimanches (Photo Geoffroy Lebold / Les Republicains)

Les listes de votants détruites

Contrairement à ce qu’indiquaient les éphémères menaces du camp Sarkozy, la liste des votants est envoyée à la haute autorité du parti le lendemain de chaque tour pour une destruction totale. À moins de croiser des connaissances au bureau de vote ou de poster un selfie sur les réseaux sociaux, il ne sera pas possible de savoir qui a voté ou non à cette primaire.

Quels impacts locaux ?

Si certains espéraient que la renaissance de l’ex-conseil régional d’Alsace soit un sujet de campagne, les candidats ont pris peu d’engagements. Ils ont plutôt demandé à la droite alsacienne de se mettre d’accord, ce qui n’est pas une mince affaire. Le cas d’une agence économique d’une vingtaine de salariés, l’Adira, suscite déjà des communiqués virulents entre Région et Départements, pourtant tous à droite. Si des changements doivent intervenir à l’avenir, cela sera plutôt par une loi (comme pour la Corse, le Grand Lyon ou la fusion de Paris et de son département) après les législatives.

Les répercussions de la primaire de la droite seront surtout nationales, mais les soutiens du camp vainqueur (ou auteur d’un bon score) se verraient renforcés dans leur légitimité locale, tandis que d’autres pourraient être gentiment écartés. Mais rien n’est jamais aussi simple en politique et pour s’assurer que les perdants ne mettent pas la zizanie dans le parti, il faudra aussi leur donner des gages.

Parmi les soutiens notables, le président du Grand Est, Philippe Richert, a intégré la garde-rapprochée de Nicolas Sarkozy. Un ralliement qui a détonné chez ses alliés centristes au conseil régional, une famille politique dont il est originaire. Son vice-président et maire de Mulhouse Jean Rottner a pris fait et cause pour le même candidat. Les présidents des deux départements (Éric Straumann et Frédéric Bierry) ont apporté leur soutien à Bruno Le Maire, tandis que l’ancienne maire de Strasbourg et sénatrice Fabienne Keller fait campagne pour Alain Juppé. Beaucoup de députés ont fait le choix de François Fillon, alors que le président du parti bas-rhinois, Laurent Furst, soutient Jean-François Copé.

Éric Elkouby s’oppose à la construction d’une nouvelle prison à l’Elsau

Éric Elkouby s’oppose à la construction d’une nouvelle prison à l’Elsau

Strasbourg et ses environs font partie des lieux prioritaires pour construire une nouvelle prison, plus spécifiquement un quartier de préparation à la sortie (QPS) de 120 places. Lors de sa venue, le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas (PS) a laissé entendre que ce bâtiment pourrait se situer dans le quartier de l’Elsau… où se trouve déjà la maison d’arrêt actuelle, surpeuplée et sujette aux critiques quant à sa salubrité.

Pas de « quartier pénitentiaire » à l’Elsau !

Dans un communiqué, le député de la circonscription Éric Elkouby (PS) et ancien adjoint de quartier s’oppose à l’idée du ministre :

« Après avoir évoqué ce dossier extrêmement sensible avec l’ensemble des acteurs concernés, je souhaite vous dissuader de mener à bien ce projet à l’Elsau et vous réitère ma ferme opposition à une telle construction. Le quartier de l’Elsau ne comporte pas plus de 6 500 habitants. Avec l’ajout d’un QPS, on ne parlera plus d’un quartier “d’habitations”, mais uniquement d’un quartier “pénitentiaire”. C’est une responsabilité historique, lourde de conséquences. »

La maison d'arrêt de Strasbourg a fait l'objet d'un rapport en urgence en mai dernier. (Photo: CGLPL)
La maison d’arrêt de Strasbourg a fait l’objet d’un rapport en urgence en mai dernier. (Photo: CGLPL)

Pour le député fraîchement élu, l’État justicier ne doit pas affaiblir l’État aménageur :

« Comme vous le savez, le quartier de l’Elsau a été sélectionné par le Gouvernement pour bénéficier du dispositif de renouvellement et de rénovation urbains. Une Zone de Sécurité Prioritaire devrait également couvrir très prochainement ce quartier. Ces dispositifs sont autant de chances pour l’Elsau et tous ces efforts seraient affaiblis, voire même contrés, par un projet d’extension de l’actuelle maison d’arrêt. »

Au final, Éric Elkouby conclut par une surprenante déclaration au regard du gouvernement qu’il soutient :

« Si je partage votre sentiment quant à la surpopulation carcérale, en particulier à Strasbourg, je désapprouve catégoriquement le fait d’en faire payer le tribut au seul quartier de l’Elsau. »

Le lieu doit être choisi par le préfet avant le 16 décembre. Lors de l’annonce en octobre, l’autre député PS de Strasbourg, Philippe Bies, qui de son côté s’oppose à ce qu’elle soit construite au Neuhof, un quartier de sa circonscription électorale, avait prévenu que le foncier serait à trouver « en lien avec les collectivités concernées ». Ça parait mal parti.

L’Université débute son marathon électoral pour trouver un successeur à Alain Beretz

L’Université débute son marathon électoral pour trouver un successeur à Alain Beretz

Comment succéder à Alain Beretz à la présidence de l’université de Strasbourg ? Pour les deux têtes de listes, Michel Deneken et Hélène Michel, il faut convaincre leurs pairs le 17 novembre, mais aussi les élus étudiants et du personnel au terme d’une élection en plusieurs temps, fort complexe.

La page Alain Beretz se tourne à l’Université de Strasbourg. Après 8 ans de présidence, soit depuis la fusion des trois universités, le voilà parti au ministère de la Recherche et de l’Enseignement supérieur quelques mois avant la fin de son second mandat. Les statuts l’empêchaient de se représenter. Son premier vice-président pendant 8 ans, Michel Deneken, assure les trois mois d’intérim qui mènent aux élections de ce mois de novembre.

L’élection du président de l’Université c’est en fait six élections. Quatre pour désigner qui siège au conseil d’administration pour les différents composantes de l’Université. Une cinquième pour désigner cinq « personnalités extérieures » en plus des trois nommées (un représentant du CNRS, un de la Région Grand Est et un de l’Eurométropole, co-financeurs) et enfin un vote final pour le président par le conseil d’administration.

Un candidat et une candidate

Une certitude à ce stade, le futur président(e) sera soit Michel Deneken de la liste l’Université pour réussir, soit Hélène Michel de la liste Alternatives 2017, les deux candidats. Mais avant de désigner un président, il faudra donc dégager une une majorité de 15 sièges sur 28 – c’est-à-dire avant l’élection de personnalités extérieures – les trois personnes nommées ayant pour tradition de suivre la volonté des votants.

Il faudra donc trouver les soutiens parmi les enseignants chercheurs avec le statut de professeurs (collège A), les maîtres de conférence et assimilés (collège B) où la CFDT propose une liste à part, le personnel de l’administration (les BIATSS, trois listes en compétition), et les représentants étudiants. Dans chaque groupe, c’est une élection à part, avec des représentants élus à la proportionnels des voix avec prime au vainqueur.

Les personnalités extérieures sont supposées loyales à la coalition qui arrivera en tête, puisque élues individuellement par ces derniers le 1er décembre.

Continuité, rapport de force

Pour résumer, Michel Deneken et sa liste incarnent une continuité par rapport à l’équipe en place. Sa candidature n’a pas été une surprise dans le milieu. Il était beaucoup apparu aux côtés ou à la place d’Alain Beretz les derniers mois. Mais Michel Deneken veut aussi se distinguer :

« Deux tiers des candidats sont nouveaux et la moitié des vice-présidences seront renouvelées. C’est un renouvellement générationnel et à travers la parité qui est une nouveauté. J’ai dirigé des équipes de recherche contrairement à Alain Beretz, ce qui n’est pas un défaut, mais qui fait que j’ai une approche différente sur l’articulation avec les directeurs de composante et des équipes. »

De l’autre côté, Hélène Michel est moins connue. Professeure des universités en sciences politique à Sciences Po Strasbourg, elle n’était pas élue dans l’opposition au conseil d’administration lors du mandat précédent. Au-delà des questions politiques, la liste mise aussi sur « l’usure du pouvoir de l’équipe en place » qui se serait « déconnectée » avec les années.

Hélène Michel (photo Alternatives 2017)
Hélène Michel (photo Alternatives 2017)

L’enseignante-chercheuse ne s’en cache pas, sa démarche est « moins syndicale, moins militante » que celle qui l’avait emporté dans le collège B en 2012, autour d’une alliance de syndicats. Plusieurs membres de ces organisations l’ont rejoint « à titre individuel » tandis que d’autres syndicats ont apporté leur soutien par la suite.

Un prêtre à la tête de l’Université

Alors qu’est-ce que l’élection strasbourgeoise a d’unique ? Sur la forme, le profil de Michel Deneken est un sujet malgré-lui. Ce prêtre catholique de 59 ans a d’abord enseigné à la face de langues, avant d’opter pour la théologie catholique et protestante, à savoir des études pluridisciplinaires sur le divin, la « Tradition vivante ». Cette faculté est unique en France car issue d’un accord entre le Saint-Siège et l’empire allemand sous Guillaume II, toujours conservé par l’État français par la suite.

Michel Deneken (Photos Claude Truong-Ngoc / Wikimedia
Michel Deneken (Photos Claude Truong-Ngoc / Wikimedia commons)

Michel Deneken ne prononce plus de messe, mais ce statut pose néanmoins question pour une partie des membres de l’université. Plusieurs communiqués, plus ou moins offensifs, ont abordé la question. Dans la revue Recherches de Science Religieuse, Michel Deneken détaille à la fin de l’année 2008 sa vision de la place de la théologie dans l’Unistra, fusionnée de trois universités en une.

Il écrit notamment que le théologien a désormais vocation à dialoguer avec toutes les sciences « à condition qu’il se fasse expert intelligible et non apologète aveugle. » Une position que ne partagent pas tous les enseignants-chercheurs : « la remise en cause des hypothèses fait partie de la science, ce qui n’est pas le cas en théologie qui cherche à se justifier comme une science », explique l’un d’eux.

Le président de la section strasbourgeoise du syndicat étudiant l’Unef Colin Jude s’interroge :

« Comment va-t-il s’exprimer au nom de l’université sur la science ou décider du fléchage des crédits tout en ayant une allégeance personnelle avec le Vatican ? »

Habitué à ces critiques, Michel Deneken veut être jugé sur sa politique :

« Si je traverse le Rhin, je suis dans la normalité. Je suis soutenu par des prix Nobel ou des médecins. Si ces personnes pensaient qu’il y avait un risque pour la science, ils ne le feraient pas. Notre université obéit à un cadre légal et on ne va pas imposer la prière… »

Pour lui, ce sont ceux qui l’attaquent sur ce point qui sont « en position d’exclusion ». Il met en avant les possibilités d’études hébraïques ou une nouvelle licence d’histoire sur les mondes musulmans que permet l’Unistra. Pour le nouveau président de l’association étudiante l’AFGES, Bastien Barberio, ce statut n’est au contraire pas un sujet de campagne :

« Si c’est la seule chose à lui reprocher, c’est plutôt une bonne chose pour lui. Cela n’empêche pas de gérer une université. C’est ce qu’il propose pour la vie étudiante qui sera important. »

Nul doute en tout cas que s’il venait à être élu, Michel Deneken sera très scruté sur ce point visiblement sensible. Quant à la liste Alternatives 2017 elle n’en fait pas un argument dans ses documents de campagne, bien que sa description pointe subtilement une tradition « humaniste, laïque et scientifique » ainsi que  « pluridisciplinaire et transdisciplinaire ».

Questionnée lors d’un point presse, Héléne Michel dit être « interpellée sur ce point », sans vraiment trancher de position :

« La question n’est pas anodine dans un contexte où la laïcité est un sujet. Quelle sera la réputation nationale et internationale de l’Université dans ces conditions ? Cela le concerne lui. »

« Il n’est pas dégradant de poser la question dans une université, où existe une culture de la remise en question de la vérité », appuie William Gasparini, professeur en sciences sociales du sport et aussi candidat, en réponse à ce qu’avait pu déclarer Alain Beretz sur le sujet.

Les représentants étudiants pas encore positionnés

Comme pour le personnel, les étudiants font avant tout campagne sur leurs positions et méthodes de travail, sachant qu’il y a d’autres élections, comme celles aux CROUS mardi 15 décembre. Les liens de l’AFGES avec l’équipe Beretz, association où il a passé une partie de sa jeunesse ont été très bons. Des élus AFGES sont successivement devenus vice-présidents en charge de la vie universitaire.

Une situation qui fait dire au syndicat UNEF que l’association AFGES est parfois trop proche de la direction et a trop à perdre (entres autres la gestion de cafétérias) à s’opposer fortement en faveur les étudiants. « On a aussi su s’opposer sur le budget ou le contingentement des filières qui est actuellement bloqué en commission formation et vie universitaire grâce à nos voix et ceux qu’on a su convaincre », répond Bastien Barberio.

Les rapports avec l’UNEF ont quant à eux été plus tendus. Le syndicat étudiant a notamment attaqué au tribunal administratif et eu gain de cause sur l’absence d’examens de rattrapages à la fac de droit. Des épreuves avaient été dépêchées dans un grand cafouillage (QCM, dates données trop tard…).

Pas de prise de position, enjeu tactique

Pour l’AFGES, l’UNEF ou le syndicat catalogué à droite l’UNI, pas d’annonce de soutien avant le vote, surtout que la présidence n’est pas un thème mobilisateur. Pour Bastien Barberio la question fait encore débat à l’AFGES :

« Nous avons eu des contacts avec les deux listes qui ont été positifs. La question devra encore être tranchée en interne et c’est plus indécis qu’en 2012. »

Ne pas prendre position a aussi une dimension tactique. Si les étudiants sont en mesure de faire pencher la balance comme en 2012, il est plus facile d’obtenir des gages de la future équipe dirigeante. Avec un score identique aux dernières élection, soit 74% des voix l’AFGES raflerait 5 des 6 sièges. Une hégémonie que l’UNEF espère adoucir voire rééquilibrer. Premier élément de réponse sur ce(s) rapport(s) de force après les élections par le personnel jeudi 17 novembre.

Élection à l’Unistra : étudiants et enseignants, quelles propositions ?

Élection à l’Unistra : étudiants et enseignants, quelles propositions ?

Deux têtes de liste briguent la présidence mais quelles sont les propositions d’Hélène Michel et Michel Deneken ? Un clivage porte sur la concurrence dans les universités. Chez les étudiants aussi, plusieurs différences demeurent.

L’élection des comités centraux, dont un nouveau président découle, est un moment d’introspection pour l’Université. Quelle direction prend -elle et quel est son rôle ? Ses questions sont au centre des débats à quelques jours des élections à l’Université de Strasbourg (Unistra).

Deux listes pour une présidence

Deux listes se proposent de relever le défi : L’université pour réussir et Alternatives 2017 ; par arguments interposés seulement, puisqu’aucun débat n’a été organisé. Peut-être il y en aura-t-il un avant l’élection du président le 13 décembre. Mais la période essentielle se jouera entre le 23 novembre et le 1er décembre.

C’est à ce moment là qu’une majorité devra se dégager des quatre collèges de représentants (professeurs, maîtres de conférences et assimilés, personnel et étudiants – voir notre article sur les enjeux tactiques), pour élire les personnalités extérieures et futurs soutiens du nouveau président, avec une première indication au soir du 17 décembre, lorsque tous les personnels auront voté.

La concurrence en question

Les deux listes ont des différences dans le style et la gouvernance, mais surtout un grand clivage, qui imprègne les universités de France et du monde, les sépare, celui de la concurrence entre chercheurs.

Pour améliorer les conditions de travail, Alternatives 2017, menée par l’enseignante chercheuse de Sciences Po Hélène Michel propose « moins de concurrence et d’évaluation, pour plus de coopérations », ainsi que « plus de financements pérennes ». Un mécanisme vient pourtant conforter cette manière de procéder à l’Unistra :  l’Idex (pour initiatives d’excellences) pour laquelle elle sera dotée de 750 millions d’euros soit 25,6 millions d’intérêts de manière indéterminée dans le temps comme Bordeaux et Aix-Marseille.

Cette attribution, Hélène Michel « s’en réjouit » mais elle veut « clarifier les modes d’attribution pour que tout le monde en bénéficie ».

Michel Deneken tient une position opposée :

« La concurrence est une donnée mondiale. Nous croyons à l’appel à projets qui est un moyen stimulant de travailler. Certes, les candidatures prennent du temps et nous voulons accompagner les collègues pour qu’ils y passent moins de temps. Nous ne voulons pas utiliser l’Idex pour boucher les trous. Il n’exclue pas la recherche fondamentale, mais est un élément qui booste. »

L’héritage Beretz à l’épreuve

Inévitablement, cette campagne s’articule autour des huit ans de présidence d’Alain Bertz, dont le premier vice-président brigue la succession. Depuis la dernière élection, une décision qui n’a pas été digérée par la liste concurrente : la baisse de 20% des crédits à toutes les composantes. Mais les critiques d’Hélène Michel couvrent plusieurs aspects de la gestion de l’équipe en place :

« On est dans un rapport où les directeurs n’ont de contacts avec les administrateurs que pour demander des postes et des moyens. Ils montent tous un petit argumentaire pour les avoir. Dans les salles, les travaux dirigés (TD) sont à plus de 50, ce qui est une aberration. On est passé de 42 800 étudiants en 2015 à 46 200 inscrits à la rentrée 2016 sans moyens supplémentaires. Plus de 50% des bâtiments ne sont pas aux normes de sécurité. On peut aussi pointer des dépenses de communication souvent tournées vers l’autosatisfaction plutôt que la connaissance, deux millions d’euros en frais de réception, 4,5 millions pour le projet Alisée finalement abandonné… »

Michel Deneken, l’assume « on ne peut pas échapper au bilan, contrairement à l’autre liste », mais il défend les décisions sur laquelle sa liste est attaquée :

 »La liste adverse donne des chiffres sans leur contexte. Oui, nous avons baissé les crédits une année de 20%, mais depuis ils sont stables voire en hausse. Toutes les composantes rendent de l’argent, preuve qu’il y arrivent. Nous n’avons fermé aucune formation, sauf par manque d’étudiants. Nous n’avons refusé aucun étudiants pour l’inscription. Quant aux bâtiments, je ne sais pas d’où sort ce chiffre, ils sont de plus en plus nombreux à être aux normes. »

Des représentants étudiants très informés

Pas d’étudiant refusé ? Ce n’est pas le retour qu’a eu Colin Jude, président du syndicat étudiant Unef à Strasbourg :

« On a eu des témoignages de personnes qui n’ont pas pu s’inscrire en langues étrangères appliquées (LEA) ou de bacheliers qui se trouvent sans formation. En STAPS, il y a eu des tirages au sort. A partir de ce moment-là, les missions de l’Université ne sont plus tout à fait remplies pour nous. »

Chez l’autre organisation étudiante, l’AFGES, les constats sur l’état de bâtiments tapent en partie juste selon Bastien Barberio :

« On est d’accord sur le constat, mais il faut demander les crédits plus haut et ne pas ponctionner sur le budget de notre université. Le Plan Campus est réussi, la FAGE a obtenu 850 millions d’investissement dans les universités sur un milliard demandé. »

Parmi les nouveautés d’une présidence Deneken, le candidat avance : un rapport plus direct avec les 37 directeurs de composantes (« le conseil d’administration est trop descendant »), l’application du schéma régional de la vie étudiante voté en 2015/2016, « qui recouvre des domaines concrets comme la culture, la santé, la précarité étudiante ou le logement » et une « maison des compétences », pour rassembler les talents et que les entreprises savent mieux où s’adresser.

Des étudiants qui n'ont pas de place dans leur amphi et doivent se contentée d'une chaise ou des marches, une scène pas si rare dans à l'université, ici en fac de droit en novembre. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Des étudiants qui n’ont pas de place dans leur amphi et doivent se contentée d’une chaise ou des marches, une scène pas si rare dans à l’université, ici en fac de droit en novembre. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Chez les étudiants, le syndicat et l’association

Chez les étudiants, où le premier enjeu est de mobiliser car seuls 10 à 15% des inscrits participent aux élections, une opposition de style différencie l’Unef qui se définit comme un syndicat tandis que l’AFGES, affilié au syndicat national la FAGE prône le terme plus consensuel d’association apolitique et même de fédération d’associations, puisque des sections existent dans deux tiers des composantes. Ce qui fait parfois dire que cette association est certes visible avec ses t-shirts oranges et ses amicalistes prêts à faire la fête, mais pas vraiment engagés politiquement.

Son président a pourtant des sujets politiques à évoquer :

« On a obtenu en 2015/2016 la possibilité de faire une année de césure. On se bat pour la linéarisation des bourses. Car avec le système de paliers, un étudiant qui gagne 100€ de plus sur l’année qu’un autre peut toucher 100€ de moins par mois. Ça pouvait se justifier du temps des dossiers papiers, mais plus avec les moyens informatiques actuels. On est aussi pour une expérimentation du système continu à Strasbourg car on pense que c’est un meilleur système pour l’étudiant. »

Parfois accusée par l’Unef de « co-gérer l’université avec l’équipe dirigeante (cafétérias, organisation du grand barbecue de rentrée subventionné), le président trouve le terme « un peu fort » :

« On s’est aussi opposé à la direction, par exemple sur le contingentement de filières et contre le dernier budget, même si c’était aussi dans le cadre d’un message national de la FAGE vis-à-vis du gouvernement. »

Côté Unef, le local est orné de communications nationales sur la prolongation des bourses quatre mois après la fin des études suite à la mobilisation contre la loi travail ou plus de places obtenues en BTS, plutôt que d’avancées à Strasbourg où le syndicat est minoritaire (1 siège sur 5). Le syndicat de droite, l’UNI présente aussi une liste.

Les élections, des moments de débats sur l'Université (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Les élections, des moments de débats sur l’Université (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)

 

Le contrôle continu, futur sujet ?

En 2017, de nouvelles passes-d’armes sont possibles au sujet du contrôle continu qui ferait sauter les examens finaux et les rattrapages, un cheval de bataille de l’AFGES auquel l’Unef est opposée. Mais à bien y regarder les différences sont une question de moyen :

« Un étudiant sur deux est salarié, et le contrôle continu implique par exemple des contrôles surprise ou dˋêtre prévenu trop tard pour se libérer. Pour les professeurs, il n’ont pas de temps ou d’effectifs en plus alors que corriger et noter sérieusement prend du temps, à côté de leurs recherches universitaires. » avance Colin Jude.

Pour Bastien Barberio, ce sera un sujet pour le futur gouvernement :

« On avait un accord ministériel pour une expérimentation à Strasbourg et puis le gouvernement a reculé. Pour les étudiants à statut spécial (salarié, parents, sportifs de haut niveau…), des aménagements sont possibles. On préfère aller vers un meilleur échelonnement des bourses ou un statut du salarié-étudiants que de voir dans ces obstacles une raison de ne pas faire de contrôle continu. C’est un meilleur moyen d’évaluation, plus régulier et avec plusieurs types de travaux : oraux, travaux de groupes et individuels… »

Un sujet fait néanmoins consensus entre les deux syndicats, se battre pour la régularisation d’étudiants sans-papiers. Quelques cas se présentent chaque été. Cette année, la régularisation d’une étudiante en géographie menacée dans son pays d’origine a été obtenue en urgence.

Mobilisation contre l’abattage d’arbres au Port du Rhin

Mobilisation contre l’abattage d’arbres au Port du Rhin

Le Port autonome de Strasbourg va abattre une cinquantaine de peupliers rue de Saint-Nazaire, afin de dégager le passage pour des chargements importants. Écologistes et environnementalistes se mobilisent lundi soir contre la suppression de ces arbres en ville.

Europe Ecologie – Les Verts (EELV) et Alsace Nature appellent à une manifestation lundi soir pour protester contre l’abattage de 50 peupliers rue de Saint Nazaire, au Port du Rhin à Strasbourg.

Dans un communiqué, EELV Strasbourg dénonce des « coupes silencieuses qui ont un impact non négligeable sur l’environnement ». Mais ni le parti écologiste ni l’association environnementaliste n’ont les moyens d’agir, puisque les arbres sont sur le domaine du Port autonome, qui est un établissement administratif. La coupe est prévue dans la nuit du lundi 14 au mardi 15 novembre.

Les deux groupes espèrent lancer avec cette action une réflexion globale sur la place des arbres en ville afin de disposer de méthodes efficaces d’identification et de moyens pour limiter ces coupes. Des affiches ont été installées sur les peupliers ciblés par des militants d’EELV.

Les arbres de la rue de Saint-Nazaire (Photo Google Maps)
Les arbres de la rue de Saint-Nazaire (Photo Google Maps)

« L’arbre n’est pas un objet décoratif »

Conseillère municipale (EELV) de Strasbourg, Edith Peirotes a publié une tribune sur Facebook dans laquelle elle dénonce « la densification urbaine » et « l’impasse sur la question de l’arbre en ville » :

« Chaque arbre participe à un équilibre naturel quel que soit l’endroit où il pousse (rues, jardins privés, parcs publics, friches, espaces naturels ou agricoles …). Son rôle est capital dans le maintien de la biodiversité. Maison naturelle des oiseaux, insectes, mammifères ou végétaux, l’arbre n’est pas seulement l’allié inconditionnel de l’être humain ! L’arbre n’est pas un objet décoratif : il contribue à conserver nos cités vivables dans un contexte d’explosion démographique de la population urbaine ».

Edith Peirotes appelle les pouvoirs publics à « retrouver la fonction nourricière de l’arbre et intégrer des arbres fruitiers dans l’espace public » et appelle à une évolution de la règlementation :

« Cette politique de préservation de l’arbre urbain resterait inefficace si au niveau national la législation de l’arbre (qu’il soit du domaine public ou du domaine privé) et par extension la gestion de notre patrimoine arboré ne s’adapte pas aux nouveaux enjeux climatiques. Son rôle de climatiseur urbain naturel, sa gestion écologique de l’eau urbaine, sa capacité à préserver les sols ou à réduire la pollution sonore fait de l’arbre un partenaire indispensable pour lutter contre la pollution urbaine et faire face aux changements climatiques en cours. »

 

Cantines scolaires : Strasbourg promet aux parents d’élèves la fin des barquettes en plastique

Cantines scolaires : Strasbourg promet aux parents d’élèves la fin des barquettes en plastique

Comme l’année dernière, les élus de parents d’élèves des écoles de Strasbourg ont rencontré jeudi 10 novembre les représentants de la Ville et de l’Education nationale. L’occasion pour eux de traiter des questions d’actualité avec les parents. Au programme : l’avenir des cantines et la sécurité des écoles.

Plus de 11 000 repas sont servis chaque jour dans les cantines des écoles publiques de Strasbourg. Pour l’heure, c’est l’Alsacienne de restauration qui les fournit. Mais la Ville va lancer début décembre un appel d’offres pour renouveler ce marché à partir de la rentrée 2017.

Le cahier des charges de l’appel d’offres doit être soumis au vote du conseil municipal le 21 novembre. Depuis septembre, des parents d’élèves s’étaient mobilisés pour demander à la Ville d’empêcher le ou les prochains prestataires de fournir et de réchauffer les repas dans des barquettes en plastique.

Les parents d'élèves étaient invités le 10 novembre à rencontrer les responsable de la Ville et de l'Education nationale au centre culturel Marcel Marceau. (Photo : CG : Rue89 Strasbourg / cc)
Les parents d’élèves étaient invités le 10 novembre à rencontrer les responsable de la Ville et de l’Education nationale au centre culturel Marcel Marceau. (Photo CG / Rue89 Strasbourg / cc)

Françoise Buffet, adjointe au maire à l’Education, a annoncé jeudi aux parents que le nouveau cahier des charges tenait compte de ces remarques :

« Nous souhaitons faire évoluer les contenants vers des matières durables et biodégradables. Je rappelle que les barquettes distribuées dans les écoles de Strasbourg répondent aux normes nationales. Néanmoins il faut veiller au principe de précaution. Nous avons donc prévu de changer ces barquettes en plastique pour des barquettes biodégradables pour les enfants qui sont servis à table. Nous ne pouvons pas leur servir des plats en inox, parce que cela comporte de trop grands risques de brûlures. Pour les cantines avec des self-services, nous nous orientons vers des contenants en inox, parce que les enfants n’y touchent pas. »

Demande de plus de proximité

Un élu de parents d’élèves s’est étonné que la Ville ait attribué jusqu’à présent la restauration scolaire en un marché unique plutôt que de privilégier la proximité et de faire travailler des entreprises différentes pour chaque quartier. Une situation qui pourrait évoluer à l’avenir a expliqué Françoise Buffet :

« On a prévu plusieurs lots distincts dans l’appel d’offres. Lors de l’attribution du dernier marché, nous avions étudié les candidatures de petites entreprises. Mais l’Alsacienne de restauration était alors la seule à pouvoir répondre à notre cahier des charges. Elle se distinguait notamment sur la fourniture de produits issus de l’agriculture locale. Les petits prestataires sont peut-être plus prêts aujourd’hui à répondre au marché. »

Vers un retour aux cantines sur place ?

Au-delà du prochain marché public, plusieurs parents d’élèves ont fait valoir leur souhait que les écoles de la Ville soient équipées à l’avenir de cantines qui permettraient de cuisiner des repas de meilleure qualité directement sur place. Pour l’heure, tous les repas des enfants sont préparés plusieurs jours à l’avance dans une cuisine centrale et réchauffés dans les cantines des écoles pour le déjeuner.

Pour Françoise Buffet, il est impossible d’équiper aujourd’hui toutes les cantines scolaires de la Ville de cuisines. Elle estime que cela coûterait 300 000 euros par cuisine pour un minimum d’une cinquantaine de sites :

« Cette préoccupation est dans l’air du temps. Notre possibilité d’action aujourd’hui concerne les futures écoles. Deux nouvelles écoles vont être construites pendant ce mandat. Sur ces nouveaux sites, nous réfléchissons bien à mettre des cuisines. C’est pourquoi nous avons d’emblée exclues les futures écoles des nouveaux marchés de restauration scolaire. »

Pour éviter le gaspillage et mieux prévoir les besoins de repas, la Ville a annoncé aux parents qu’à l’avenir les familles devront obligatoirement réserver les repas de leurs enfants. Il ne sera plus possible d’annoncer la venue de son enfant à la cantine le matin pour le midi même.

Programme de sécurisation des écoles début décembre

Autre question d’actualité, le plan de sécurisation des écoles publiques de la ville, pour lequel le maire Roland Ries a annoncé une enveloppe de 500 000 euros. Les services de la Ville ont jusqu’à présent recensé les points de vulnérabilité des sites. Ils annoncent que le programme des travaux à réaliser en priorité sera prêt début décembre.

Les difficultés portent notamment sur la hauteur des clôtures : plus de la moitié des écoles ont des clôtures basses. Par ailleurs, tous les sites ne sont pas encore équipés d’interphones et de visiophones pour filtrer les entrées. Dans une dizaine d’écoles maternelles non équipées, des plages horaires fixes vont être mises en place pour récupérer les enfants le soir en accueil périscolaire.

10 000 petits travaux en attente

Avant d’aborder les questions d’actualité, plusieurs parents d’élèves se sont plaints du manque de réactivité de la Ville pour faire les réparations et aménagements demandés lors des conseils d’école. Françoise Buffet leur a répondu que près de 10 000 petits travaux étaient actuellement en attente de réalisation :

« On ne peut pas tous les écluser en deux ans. Et il en revient toujours de nouveaux. Sur les deux dernières années, le budget pour les petits travaux a augmenté de 29%. »

Des écoles en attente d’agrandissement

Plusieurs parents se sont par ailleurs impatientés que certaines écoles ne soient toujours pas agrandies, malgré l’augmentation du nombre d’élèves. À l’école du Stockfeld, au Neuhof, les deux ouvertures de classes demandées l’année dernière sont restées lettres mortes. À Hautepierre, faute de place, 3 classes de l’école maternelle Eléonore A sont installées de l’autre côté de la rue, dans l’école primaire, rognant sur les capacités d’accueil de celle-ci. Un colmatage à l’œuvre dans plusieurs écoles de la ville, reconnaît Françoise Buffet.

Autre problème évoqué par les parents, le manque d’EVS, les emplois de vie scolaire qui assistent les directeurs d’école et les enfants handicapés. Plusieurs parents ont informé le représentant de l’Education nationale que des enfants handicapés n’ont pas pu être scolarisés à la rentrée faute d’assistants disponibles dans leur école et que d’autres sont actuellement scolarisés sans assistance spécifique.

Nouvelle agression d’un conducteur de bus à Lingolsheim

Nouvelle agression d’un conducteur de bus à Lingolsheim

Un chauffeur de la ligne 15 a été tabassé jeudi soir à Lingolsheim. La CGT menace d’une grève des agents de la CTS.

Jeudi 10 novembre, vers 17h, un conducteur de bus de la ligne 15 a été agressé à Lingolsheim, route du Maréchal Foch. « Deux passagers l’ont roué de coups », indique Alain Fontanel sur son compte Facebook. La victime a été prise en charge au CHU de Hautepierre. La Police a ouvert une enquête.

Les 31 octobre et 1er novembre, des tramways de la ligne B avaient été caillassés à Lingolsheim, puis à l’Elsau. La première attaque avait fait deux blessés, un conducteur et un passager. En réponse, la CTS avait interrompu le trafic de la ligne B entre l’Elsau et Lingolsheim dès le 1er novembre au soir jusqu’au 3 novembre au matin.

Les bons vieux bus gris et vert, une image bientôt du passé ? (Photo Nico54300 / Flickr / cc)
Après les tram, les bus de la CTS sont visés au sud-ouest de Strasbourg. (Photo Nico54300 / Flickr / cc)

Ces événements à répétition au sud-ouest de Strasbourg ont valu une motion de soutien du conseil municipal de Strasbourg aux agents CTS fin octobre. Une réunion de crise s’était tenue le 2 novembre avec les syndicats de la CTS.

Jeudi soir, Alain Fontanel, président de la CTS a condamné cette nouvelle agression sur Facebook :

« Ces attaques répétées contre des agents de la CTS sont inacceptables. Elles mettent en danger agents et usagers, elles menacent le fonctionnement même du service public. »

Le premier adjoint de Strasbourg a indiqué que lui et Robert Hermann ont rencontré les responsables de la Préfecture dès jeudi pour aborder ces enjeux de sécurité.

« Des solutions doivent être trouvées pour préserver la sécurité des agents et usagers et garantir un bon fonctionnement du service public. »

Les syndicats de la CTS attendent d’être reçus par leur direction dans les prochains jours. La CGT CTS lui a notifié ce vendredi son intention de déposer un préavis de grève. Elle réclame la sécuristation de toutes les lignes du réseau CTS,  des moyens humains supplémentaires pour garantir une présence auprès de conducteurs, et une plus grande implication des élus des quartiers ciblés.

La CGT CTS a adressé une notification à la direction de la CTS vendredi 11 novembre.
La CGT CTS a adressé une notification à la direction de la CTS vendredi 11 novembre.
#ligne 15#ligne B

Patricia Kaas se baigne dans les Bains municipaux de Strasbourg

Patricia Kaas se baigne dans les Bains municipaux de Strasbourg

Treize ans après son précédent album, la chanteuse Patricia Kaas revient avec un nouvel album vendredi. Mercredi, elle a dévoilé un clip pour la chanson « Madame Tout Le Monde », tourné au printemps à Strasbourg dans les Bains municipaux du boulevard de la Victoire.

Dans l’écrin « art déco » des Bains municipaux, joyau de la Neustadt, Patricia Kaas est entourée d’une demi-douzaine de naïades peut-être pas forcément très proches de l’idée qu’on peut se faire de « madame tout le monde », mais peut-être est-ce là le message de la chanson… La première chanson de son nouvel album évoque les attentats, celle-ci, plus enjouée et au rythme des guitares sèches,  rend hommage aux femmes avec un refrain clair : « Madame tout le monde n’a besoin de personne. » Elle est signée David Verlant.

Ambiance chic et rétro

Évidemment, tous les aspects vieillots des Bains ont été gommés dans le clip de 2’48. On voit ainsi ces filles « mamans ou putains » se changer sans peine dans les casiers fatigués de la piscine de la Victoire, éviter avec grâce d’être ébouillantées dans les douches, disposer de bougies dans l’espace des bains romains…

On ne sait pas si Patricia Kaas prévoit de tester cet équipement dans les conditions habituelles, lorsqu’elle reviendra à Strasbourg le 9 février pour un concert au Zenith. Quoiqu’il en soit, il s’agit d’une belle vitrine pour Strasbourg, même si la localisation des Bains municipaux n’est mentionnée nulle part dans le clip.

 

Stationnement : l’Esplanade et le Conseil des XV bientôt payants

Stationnement : l’Esplanade et le Conseil des XV bientôt payants

Les zones où le stationnement sur la chaussée est payant s’étendent à Strasbourg. À partir du 1er juillet, une partie du quartier de l’Esplanade et le Conseil des XV rejoindront le dispositif visant à empêcher les véhicules de rester sur la voie publique.

Rue89 Strasbourg l’annonçait en septembre : le stationnement dans les rues va devenir payant dans une partie de l’Esplanade et dans le quartier du Conseil des XV à partir du 1er juillet. La municipalité a arrêté dans le détail les zones concernées : il s’agit de 680 nouvelles places entre le campus de l’université et le quai des Alpes, y compris le parking de la Citadelle, et de 2 050 places autour du boulevard d’Anvers, boulevard Tauler, de l’allée de la Robertsau, etc. Une délibération sera soumise au conseil municipal de novembre.

La nouvelle carte du stationnement payant à Strasbourg. En pointillé, les zones où le stationnement reste gratuit mais où les habitants peuvent demander un abonnement pour se garer dans les rues voisines (doc Ville de Strasbourg)
La nouvelle carte du stationnement payant à Strasbourg. En pointillé, les zones où le stationnement reste gratuit mais où les habitants peuvent demander un abonnement pour se garer dans les rues voisines (doc Ville de Strasbourg)

Le maire de Strasbourg, Roland Ries (PS) assure agir à la demande des résidents, qui ont appelé de leurs voeux le stationnement payant sur la chaussée notamment lors des conseils de quartiers :

« Ce sont les habitants eux-mêmes qui, ne trouvant plus de places pour garer leur véhicule près de chez eux, ont réclamé lors des concertations publiques que le stationnement sur la chaussée soit rendu payant. Il y a même eu une pétition. Notre objectif est toujours le même : permettre aux habitants d’utiliser leurs voitures et encourager les personnes travaillant dans ces secteurs à utiliser des modes de déplacement en commun ou les parkings-relais. »

12 000 places payantes sur les rues de Strasbourg

La Ville a procédé à des extensions en 2007 pour 2 500 places et en 2010 pour 5 600 places environ. Ces deux nouvelles extensions vont porter à 12 000 le nombre de places payantes sur la chaussée à Strasbourg. Ces places sont gérées et aménagées par Parcus, via une délégation de service public qui a été étendue d’un an, jusqu’en janvier 2018 où la réglementation sur le stationnement doit changer.

Olivier Bitz, adjoint au maire (PS) en charge des quartiers concernés, détaille les raisons qui ont conduit à l’extension du domaine payant :

« L’Esplanade dispose de nombreux parkings privés mais le développement du secteur de Rivétoile et le long de l’avenue du Rhin a mis en tension les places disponibles sur ce quartier. En revanche, au Conseil des XV, c’est un quartier de la Neustadt construit alors que les voitures personnelles n’existaient pas. Les places de parking privées y sont très rares tandis qu’il n’est pas rare que les familles disposent de deux voire trois véhicules. »

Près du tramway, ces places vont devenir payantes (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Près du tramway, ces places vont devenir payantes (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)

Les cas de la clinique et du PEGE au Conseil des XV

En fait la Ville poursuit les habitants qui garent leurs voitures dans les zones gratuites. En créant la zone 9 en 2010, de nombreux usagers se sont mis à laisser leurs véhicules dans le quartier du Conseil des XV. Le boulevard de la Marne est utilisé comme un parking-relais par les usagers de la ligne de bus et par les étudiants du Pôle Européen de Gestion et d’Economie (PEGE). En outre, la clinique de l’Orangerie attire elle aussi un trafic pendulaire important.

Selon la Ville, « les comptages effectués dans le quartier montrent une saturation de la voirie en journée comme la nuit, avec des taux d’occupation dépassant dans certaines rues les 110%, signe d’un stationnement illicite. C’est le cas des rues Geiler, Reims et Silbermann. Rue Sleidan, le taux d’occupation en journée y est de 103% en moyenne, et que la rue est occupée à plus de 40% par des véhicules immobiles de résidents. »

Du coup, la Ville va étendre le stationnement payant sur un périmètre équivalent à celui proposé par le conseil de quartier (rue Sleidan au sud, les rues Saint-Maurice et Saint-Georges, l’avenue de la Forêt noire, à l’Est une partie du boulevard de la Marne, la rue Beethoven, l’allée Richard Wagner, au Nord, les rues Massenet, Daniel Hirtz, et le boulevard Paul Déroulède, et à l’Ouest le quai Rouget de l’Isle). La municipalité prévoit d’y ajouter l’allée Richard Wagner et la partie sud du boulevard de la Marne, « majoritairement occupé par des visiteurs ». La tarification « verte » a été choisie, c’est à dire la plus légère.

Nouveauté : les résidents des rues incluses entre l’allée Richard Wagner, le boulevard de la Marne, le boulevard d’Anvers et la rue Beethoven, bien que ne se trouvant pas dans le nouveau secteur payant, pourront demander un abonnement pour stationner sur la chaussée à la Ville à 15€ par mois, afin de garer un véhicule dans les rues voisines de leurs habitations.

Grosse pression sur les trottoirs de l'Esplanade à Strasbourg (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Grosse pression sur les trottoirs de l’Esplanade à Strasbourg (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)

À l’Esplanade, université et Rivétoile mettent la pression

À l’Esplanade, c’est principalement les aménagements de l’université restreignant l’accès à son campus et le développement de Rivétoile et de l’UGC qui ont conduit la Ville à étendre le stationnement payant. Des résidents du quai des Alpes avaient même adressé une pétition en ce sens au maire. Ils n’étaient que 86 et des pétitions bien plus massives sont soumises à Roland Ries régulièrement mais le maire a souhaité faire droit à ces revendications.

Selon les comptages de la Ville, un taux d’occupation de 95% est fréquemment mesuré sur le quai des Alpes, la rue d’Ankara. Autour de la rue du Jura, le taux d’occupation dépasse même les 110%, par des véhicules présents dans près de la moitié des cas plus de 24h sur place.

Pour soulager la pression dans ce secteur, la Ville crée donc une nouvelle zone de stationnement payant, au nord du quai des Alpes, entre les rues de Lausanne et d’Ankara, au sud des rues de Rome et du Maréchal Juin. Une partie de la rue de Boston, devant la Citadelle, est ajoutée à cette zone. Comme pour celle du Conseil des XV, la Ville a choisi la tarification la plus légère pour cette zone.

Citiz prêt à embrayer

À chaque extension du stationnement payant, le service d’autopartage Citiz remarque une hausse de ses abonnés, comme l’explique son directeur adjoint Jean-François Virot-Daub :

« Le stationnement qui devient payant pousse des gens qui sont déjà prêts à venir chez nous. Ils ont une voiture ventouse dont ils ne se servent que le week-end mais font la majeure partie de leurs déplacements à pied ou à vélo. »

Du coup, Citiz prévoit d’ajouter quelques voitures dans ses stations du Conseil des XV et de créer une nouvelle station avec 3 voitures à l’Esplanade. Le lieu exact n’a cependant pas encore été arrêté.

Le stationnement payant permet d’utiliser une place sur la chaussée par 7 voitures par jour, en moyenne. La Ville estime à environ 400 000€ l’investissement nécessaire pour mettre en conformité les places ainsi créées et installer des horodateurs et des arceaux pour les vélos. Aucun nouveau poste d’agent de surveillance de la voie publique (ASVP) n’a été créé. La municipalité assure que les recettes tirées de cette opération devraient équilibrer les dépenses, mais elle n’a pas communiqué de détails chiffrés.

 

#Conseil des XV

L’écotaxe pourrait être relancée sous six mois

L’écotaxe pourrait être relancée sous six mois

Lors d’une audience au Conseil d’État mercredi 9 novembre, le rapporteur public a suggéré aux ministres de prendre un arrêté avec les modalités d’application de la taxe poids-lourds, dit « écotaxe« , sous six mois. Les juges de la plus haute juridiction administrative de France ont désormais deux semaines pour suivre ou non cet avis.

Cette séance faisait suite à un recours de l’association écologiste Alsace Nature. La mobilisation et la destruction de portiques en Bretagne par les membres du mouvement des « bonnets rouges » à l’automne 2013 avaient incité le gouvernement à d’abord repousser l’application de l’écotaxe, puis à la « suspendre » indéfiniment en octobre 2014.

Les déplacements de poids-lourds bientôt taxés ? (Photo catorze14 via Visualhunt.com / Flickr /CC BY)
Les déplacements de poids-lourds bientôt taxés ? (Photo catorze14 / Flickr /CC BY)

Enjeu particulier en Alsace

En Alsace, cette politique toujours été bien accueillie par la droite comme la gauche, car les autoroutes gratuites sont très fréquentées par les camions qui évitent l’Allemagne, où une taxe poids-lourds est en place depuis 2005. Dans un communiqué, Alsace Nature se félicite de cette prise de position et espère qu’elle sera suivie par les juges, ce qui est habituellement le cas :

« [Ces conclusions sont] un premier pas en direction du déploiement de véritables solutions aux problèmes de qualité de l’air, qui risquent de coûter très cher à la France en cas de condamnation par la Commission Européenne, mais aussi aux congestions observées dans de nombreuses agglomérations, où de trop nombreux et archaïques projets d’aménagements routiers sont pour l’heure encore privilégiés »

Strasbourg perd un centre d’hébergement pour les femmes victimes de violences

Strasbourg perd un centre d’hébergement pour les femmes victimes de violences

Suite au désengagement du Département du Bas-Rhin de l’hébergement d’urgence, l’association Regain a mis la clé sous la porte. Le Home protestant a repris ses missions depuis le 1er novembre. L’institution chrétienne, acteur de l’aide aux femmes victimes de violences à Strasbourg, va désormais devoir se débrouiller pour faire plus, avec moins d’argent.

Au foyer d’hébergement de Regain, Solène est perdue depuis qu’elle a appris la nouvelle. Dans les prochaines semaines, peut-être les prochains jours, elle et ses deux enfants vont devoir quitter le quartier Neudorf à Strasbourg pour aller rejoindre un nouveau foyer d’hébergement, celui du Home protestant. Celui où vit Solène depuis mars va fermer. La faute au Département du Bas-Rhin qui a stoppé net sa subvention à Regain au début de l’année 2016, précipitant l’association vers le redressement judiciaire.

Solène est anxieuse à l'idée de quitter les repères de Regain. (Photos : CG / Rue89 Strasbourg / cc)
Solène est anxieuse à l’idée de quitter les repères de Regain. (Photos CG / Rue89 Strasbourg / cc)
À la suite d’une séparation douloureuse avec le père de ses enfants et de tensions avec ses parents, Solène s’est retrouvée à la rue. Après un mois d’attente, la jeune femme a obtenu une place chez Regain il y a sept mois : une petite chambre pour elle et ses deux enfants dans le centre d’hébergement collectif de la rue de Rhinau :

« Quand je suis arrivée, je n’avais même pas de couverture maladie. Maintenant j’ai un chez moi, j’ai où dormir, où manger, où m’habiller. Avec les autres femmes, il y a beaucoup de solidarité. Avant, j’étais très renfermée. Maintenant, je fais plus confiance aux travailleurs sociaux. »

« Obligées de suivre »

Mais cette nouvelle stabilité, Solène la sent vaciller aujourd’hui. Quand elle pense à l’avenir, les larmes montent :

« Ils nous déplacent comme ça. On est obligées de suivre. Ce n’est déjà pas facile en tant que mère de vivre dans un foyer avec ses enfants. Et là j’apprends que je dois retourner dans un nouveau foyer. C’est difficile. Je vais devoir rechanger mon fils d’école. Encore une fois. Il pose beaucoup de questions. Ici les enfants se sont bien habitués. Je ne sais pas du tout comment ils vont réagir. Je me suis fait des amies. On est soudées. Y’a pas plusieurs foyers à Strasbourg pour les femmes victimes de violences conjugales, comment ça se passera pour les autres ensuite ? »

L’association Regain, qui venait en aide aux femmes victimes de violences conjugales et à leurs enfants depuis 1935, a été dissoute le 1er novembre. C’est le Home protestant qui a repris les missions de l’association, après une décision de justice actée le 17 octobre.

Concentration du secteur social

La reprise de Regain n’est pas une première pour l’institution chrétienne. En 2011, le Home protestant a repris Femmes de parole suite au décès de sa présidente. En 2014, il a repris le foyer éducatif pour jeunes filles Clair Foyer, après une crise associative de la structure. Il va désormais concentrer l’action sociale d’urgence à destination des femmes à Strasbourg, en complément de l’action de jour et d’hébergement temporaire de SOS Femmes Solidarité (voir encadré).

Une perte sèche pour le tissu social, regrette Christian Krieger, président du Home protestant :

« Je suis bien conscient que le Home protestant ne peut pas mobiliser tous ceux qui se sentaient concernés par l’engagement de Regain. L’ex-directrice et l’ex-présidente de cette association sont des femmes militantes de la cause des femmes victimes de violences conjugales. Si nous sommes résolument engagés pour la même cause, notre identité associative n’affiche pas la même militance. Avec la disparition de Regain, une porte d’entrée pour cette cause se perd. Les éducateurs repris vont quand même venir avec leurs partenaires de travail, leurs réseaux. Le Home Protestant va certes s’étoffer mais il n’est pas en mesure de reprendre tous le réseau associatif de Regain. »

Fermeture du centre d’hébergement de Neudorf

Le budget global du Home protestant, 2,7 millions d’euros en 2016, est financé par l’État, la Ville et l’Eurométropole et le Département du Bas-Rhin. À ce jour, le Home protestant compte près de 70 employés répartis sur 8 pôles : un accueil de jour, deux centres d’hébergement pour femmes, le foyer éducatif pour adolescentes, la crèche d’insertion le p’tit Home à l’Étage, de l’accompagnement social en milieu ouvert, une résidence sociale et des appartements à vocation sociale.

Dans son schéma de reprise, l’institution chrétienne a décidé de fermer le centre d’hébergement de Regain mais s’est engagée à maintenir toutes les missions de l’association. Regain disposait de 60 places d’hébergement, 30 dans son centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), rue de Rhinau dans le quartier Neudorf, et 30 en appartements, loués auprès de bailleurs sociaux. Le CHRS de la rue de Rhinau accueillait jusque-là un peu plus de 60 femmes et enfants par an, orientées vers l’association par la police, la justice, l’hôpital ou le Service intégré d’accueil et d’orientation, la plateforme qui oriente les personnes en grande précarité vers le logement. Trois places étaient réservées pour le 115.

Les 60 places de Regain maintenues

Christian Krieger résume :

« Il nous faut faire un profond effort de réorganisation interne pour accueillir l’intégralité des femmes de Regain en maintenant les caractéristiques de l’accueil dont elles bénéficiaient. C’est une opération qui prendra au moins une année et qui sera très difficile. Dans le schéma de reprise, il n’y a aucune perte d’accompagnement ni d’hébergement. Nous ajoutons les 60 places de Regain à notre dispositif : 30 en collectif dans nos CHRS et 30 en éclaté dans des appartements. »

Il manque toujours 132 000€

Pour atteindre ces objectifs, l’institution protestante a un budget serré. Si elle doit récupérer les financements de l’Etat et de l’Eurométropole dévolues jusqu’alors à Regain, il lui faut maintenir les mêmes missions que l’association avec 132 000 euros en moins que le Département ne versera plus et que l’État a refusé de compenser. Sur son budget 2016, le Home protestant a lui-même perdu 56 000 euros du Département.

Pour y parvenir, le Home protestant n’a d’abord repris que 8 des 13 salariés de l’association : les 4 travailleurs sociaux, l’animatrice pour enfants, la maîtresse de maison et deux agents d’entretien. La directrice et l’assistante de direction de l’association ainsi que les deux veilleurs de nuit et l’agent d’accueil du centre d’hébergement sont donc licenciés. Les travailleurs sociaux ne feront plus d’astreintes pour le Home protestant comme ils pouvaient en faire à Regain. Leurs revenus ne seront donc pas maintenus. Pour Geneviève Daune-Anglard, ex-présidente de Regain, ces derniers engagés au Home sont sur un siège éjectable en cas de baisse des subventions à l’avenir.

Réorganisation et mélange des publics

Le Home protestant va maintenant entamer la réorganisation complète de ses deux centres d’hébergement pour faire de la place aux femmes de Regain.

Une fois toutes les femmes de Regain relogées, le centre d'hébergement de la rue de Rhinau pourrait accueillir les adolescentes du Clair Foyer, le temps de travaux de réhabilitation de leur bâtiment. (Photo : CG / Rue89 Strasbourg / cc)
Une fois toutes les femmes de Regain relogées, le centre d’hébergement de la rue de Rhinau pourrait accueillir les adolescentes du Clair Foyer, le temps de travaux de réhabilitation de leur bâtiment. (Photo : CG / Rue89 Strasbourg / cc)

Dans le centre d’hébergement et de réinsertion de Regain, les femmes seules et les femmes avec enfants étaient mélangées. Ceux du Home protestant accueillaient quant à eux jusqu’alors des publics bien distincts : d’un côté des femmes avec enfants dans le centre d’hébergement du Home protestant, rue de l’Ail, dont 40 % de victimes de violences conjugales et des femmes ayant fui des mariages forcés ou rejetées par leurs familles. De l’autre, des femmes isolées et abîmées par la vie dans le centre d’hébergement Femmes de parole, rue de l’Abbé Lemire.

Les femmes et enfants du centre d’hébergement de la rue de Rhinau doivent désormais être répartis dans ces deux structures au fur et à mesure que des places vont s’y libérer. En théorie, les femmes seules doivent rejoindre Femmes de paroles, et les femmes avec enfants le Home protestant. L’institution chrétienne avait à l’origine libéré des places pour tout le monde dans ses deux structures l’été dernier. Mais devant la lenteur de la justice à acter la reprise, elle a finalement accepté de nouvelles femmes et décidé de prolonger le bail de la rue de Rhinau pour quelque temps.

Femmes de paroles, qui accueille des femmes isolées avec des problématiques telles qu’un passé en prison, des dépendances à des produits ou encore de la prostitution, est-elle appropriée pour accueillir toutes les femmes seules de Regain ? Christian Krieger tempère :

« Il est possible, selon les situations qu’on oriente les femmes autrement. »

Des places en hébergement collectif transférées en appartements

À Femmes de parole, le passage de chambres seules à des chambres doubles pour les plus précaires psychologiquement doit libérer des places pour celles victimes de violences. Pour absorber les places du centre d’hébergement de Regain, le Home protestant veut surtout installer en appartements des femmes « stabilisées » restées jusqu’alors en collectif. Une démarche nouvelle pour l’institution chrétienne, et au sujet de laquelle elle s’était déjà rapprochée… de Regain, il y a un an.

L’association de la rue de Rhinau accompagnait les femmes à l’autonomie en installant une partie de celles qui y étaient prêtes dans des appartements individuels qu’elle louait à des bailleurs sociaux.

Tension sur les bailleurs sociaux

Le Home protestant reprend la douzaine de baux de location de Regain et prévoit d’en chercher de nouveaux, comme l’explique Christian Krieger :

« Le Home Protestant va créer dans son dispositif une logique d’hébergement en appartements afin d’accueillir le collectif de Regain. Il va falloir qu’on trouve une vingtaine d’appartements. »

Une voie très incertaine, d’après l’expérience de Geneviève Daune-Anglard :

« D’abord toutes ces femmes ne sont pas capables d’aller en appartements. Ensuite à Regain, on a enchaîné les demandes, mais il est très difficile de trouver des logements même avec les bailleurs sociaux. Et les femmes ne peuvent pas aller dans n’importe quel quartier à cause des adresses de leurs ex-compagnons. »

Et demain ?

De fait, cette nouvelle organisation va diminuer le nombre total de places en hébergement d’urgence pour les femmes. Et surtout, comment ce dispositif d’accueil fonctionnera en cas de baisse des subventions de l’Etat ? Un cas fort probable, selon Geneviève Daune-Anglard :

« On n’avait déjà pas assez de places à Regain pour accepter toutes les demandes. À terme, il y aura moins de femmes accueillies en centres d’hébergement collectif à Strasbourg que lorsqu’il y avait deux associations. Les coupes budgétaires risquent de forcer l’institution à poser de plus en plus de conditions à l’accueil. On n’accueillera plus que les femmes avec enfants, après ce sera limité aux femmes avec trois enfants… Tout le temps, on repousse les limites de l’inacceptable. »

Christian Krieger reconnaît que l’avenir pourrait être périlleux :

« Depuis 2011-2012, nos rapports d’activités font le constat d’une augmentation régulière des accueils de femmes victimes de violences dans nos centres d’hébergement. La pression économique s’est aussi traduite par des tensions au sein des familles. Les contraintes économiques de nos financeurs sont tendues : il nous a d’abord fallu faire plus à moyens constants, puis avec moins de moyens… Nous cherchons à comprendre les contraintes de nos financeurs et à agir de manière responsable mais en même temps, face à un avenir qui s’annonce compliqué, il nous faut aussi exprimer nos convictions et dire les limites à la rationalisation. »

#Christian Krieger

Pollution : les jardins familiaux du Heyritz fermés définitivement

Pollution : les jardins familiaux du Heyritz fermés définitivement

Les derniers jardins familiaux traditionnels du Heyritz à Strasbourg ferment à cause de pollutions dans la terre et les légumes. La Ville voudrait y expérimenter la dépollution par les plantes.

Les derniers jardins familiaux du Heyritz à Strasbourg vont être vidés d’ici mi-novembre. En mai, la Ville avait annoncé la découverte de pollutions aux métaux lourds et aux hydrocarbures dans la terre, dans les fruits et les légumes prélevés dans plusieurs de ces jardins. Pour la Ville, la fin de la mise à disposition de ces terrains municipaux pour des usages nourriciers était une mesure de santé publique.

Christel Kohler, adjointe au maire de Strasbourg à la nature en ville, rappelle :

« À partir du moment où la Ville a pris connaissance de ces analyses critiques, la responsabilité du maire était engagée si quelqu’un avait été atteint de saturnisme par exemple. »

Une connaissance balbutiante de la pollution des sols

La Ville suggère comme origine de cette pollution la proximité de l’ancienne chaufferie de l’hôpital civil. Mais la compréhension de la pollution des sols urbains est encore balbutiante rappelle Pascale Rouillard, cheffe du service hygiène et santé de la Ville :

« Nous sommes précurseurs dans l’approche itérative, c’est-à-dire par répétition, de l’analyse des sols et des végétaux. Ce n’est que depuis 2007 que le ministère de l’Environnement a arrêté une méthodologie d’appréciation des risques sur les sites pollués. »

La Ville conçoit actuellement une cartographie historique des sols de l’agglomération pour remonter le passé industriel et le potentiel de pollution du territoire. Elle devrait être prête d’ici 3 à 4 ans.

Pour l’heure 16 des 28 jardiniers locataires de la Ville ont accepté ses propositions de nouveaux jardins ailleurs à Strasbourg.

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Aux jardins du Heyritz, l’heure est au déménagement (Photo CG / Rue89 Strasbourg

Des jardiniers incrédules

Mais le site où les pollutions ont été relevées comporte aussi des jardins privés, nourriciers, d’agrément ou encore résidentiels. Le service hygiène et santé de la Ville recherche actuellement les propriétaires de ces derniers pour y effectuer des analyses aussi. Christel Kohler admet :

« Il y aura des investigations au titre de l’autorité sanitaire. Si les mesures se révélaient être au-dessus des taux réglementaires, le maire ne pourrait pas rester inactif. »

Concrètement, les jardins privés pollués pourraient être inquiétés s’ils abritent des cultures nourricières.

Pour plusieurs jardiniers du Heyritz, l’argument de la pollution ne passe pas. Ils soupçonnent la Ville de l’utiliser comme prétexte pour libérer le site et y développer plus tard un nouveau projet immobilier ou un parking. Plusieurs pétitions de protestation ont rassemblé des dizaines de signatures dans le quartier.

Concertation sur un futur espace vert

La Ville indique de son côté que le site restera un espace vert non constructible, comme il est inscrit dans le plan local d’urbanisme. Elle assure que les jardiniers délogés du Heyritz et les riverains seront associés à une future concertation publique sur le devenir de cet espace vert.

Romuald Sutter, chef du service espaces verts et nature de la Ville de Strasbourg, promet :

« L’urgence est aujourd’hui de déménager tous les jardiniers qui ont accepté de nouveaux jardins ailleurs. Au printemps, quand les gens seront bien réinstallés, on reprendra contact avec eux pour lancer cette concertation. »

La Ville a d’ores et déjà décidé d’écarter les travaux de dépollution du site par changement de la terre, comme elle l’avait fait à certains endroits dans le nouveau parc du Heyritz. Une telle opération sur le site concerné aurait coûté 800 000 euros à la collectivité.

L’ambition d’une dépollution par les plantes

Elle a en revanche déjà chargé un cabinet de mener une étude prospective sur les techniques naturelles possibles de dépollution et de culture hors-sol.

Christel Kohler voudrait proposer lors de la concertation que le site devienne un terrain d’expérimentation de méthodes de phytoremédiation, c’est-à-dire de dépollution de la terre par les plantes. Son idée s’inspire de l’expérience pionnière Jassur menée par l’Université de Nantes dans 7 villes françaises : Lille, Lyon, Marseille, Paris, Toulouse et Nantes.

Il s’agit de cultiver une partie de l’année sur la terre polluée des végétaux très capteurs de polluants, comme la moutarde par exemple, pour assainir le sol. Ces procédures encore expérimentales ont des effets très lents, et ne sont pas reproductibles d’un sol à l’autre. Mais elles ouvrent une piste alternative à la dépollution par destruction des terres polluées et permettent de maintenir leur biodiversité et leur fertilité en saison. Il faut entre 100 et 400 ans à la nature pour produire un centimètre de terre végétale.

Les habitants intoxiqués de la rue du Faisan peuvent de nouveau vivre chez eux

Les habitants intoxiqués de la rue du Faisan peuvent de nouveau vivre chez eux

Après avoir passé plus de trois mois dans de petits appartements ou avoir été relogés à la petite semaine dans des appartements de location hebdomadaire, les habitants d’un immeuble rue du faisan vont retrouver leur domicile, après avoir été intoxiqués au monoxyde de carbone. Le restaurant du rez-de-chaussé a changé son mode de cuisson, tandis que les tribunaux doivent encore se prononcer sur le fond de l’affaire.

Les douze habitants du 8 rue du Faisan vont pouvoir réintégrer leurs appartements, nous apprend un communiqué de la Ville de Strasbourg ce mercredi 9 novembre. Depuis le 1er août, ces riverains du centre-ville ne pouvaient accéder que deux mâtinées par semaine à leur domicile.

Trois d’entre eux occupaient d’autres appartements vacants du propriétaire, mais les autres étaient relogés aux frais de la collectivité notamment dans des appartements de location à la semaine.

Changement de mode de cuisson

Cette situation était le dernier épisode d’une histoire de plus de deux ans de seuils amplement dépassés du gaz toxique de monoxyde de carbone (CO), dont Rue89 Strasbourg vous avait fait la chronique en octobre.

Le communiqué explique que le restaurant argentin du rez-de-chaussée, La Pampa, a changé son mode de cuisson passant du feu de bois à une cuisson au gaz.

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Les appartement du 8 rue du faisan ne sont plus intoxiqués au monoxyde de carbone (photo JFG / Rue89 Strabourg)

Déménagement ce mercredi

Après deux semaines de mesures, les services de l’hygiène et de la sécurité ont levé l’interdiction d’habiter l’immeuble. Un habitant confirme, les portes ne sont plus sous scellés depuis le service d’hier soir et ils prévoient de se réinstaller ce mercredi 9 novembre après avoir remis le chauffage en marche.

Plusieurs suites judiciaires

La situation attend encore plusieurs épilogues judiciaires. D’une part une expertise à l’initiative du propriétaire qui n’avait pas fait les travaux demandés est toujours en cours. Elle doit « rechercher les causes et les responsabilités techniques, compte tenu de la complexité de ces événements oxycarbonés et de leur mode de diffusion dans le bâtiment », un affaire que la Ville, partie prenante, dit suivre avec attention.

D’autre part, le restaurant avait également attaqué le propriétaire (le même que celui de l’immeuble) suite au préjudice économique engendré par cette situation. L’établissement avait effectué tous les travaux qui lui étaient demandés. La propriétaire s’appuie sur les conclusions des services de la Ville qui mettaient aussi en doute la vétusté du bâtiment dans les causes de la propagation du monoxyde de carbone.

#rue du faisan