Il est désormais possible aux abonnés des bus et trams de Strasbourg d’utiliser les trains de la SNCF dans les 13 gares de l’Eurométropole, avec le même abonnement. En raison du mille-feuille administratif, cette cohérence tarifaire dans les transports en commun strasbourgeois n’allait pas de soi.
C’est fait ! À partir du 11 décembre, il sera possible de prendre le train avec un abonnement bus / tram dans les 13 gares de l’Eurométropole. L’abonnement CTS ne coûte même pas plus cher… Les abonnés intéressés doivent cependant se rendre à l’agence de la CTS avec un justificatif de domicile pour faire éditer une contremarque, à placer avec leur carte Badgéo à chaque fois qu’elle est renouvelée.
Une contremarque sera nécessaire pour justifier du domicile dans les TER (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Cela fait plus de quinze ans que les collectivités (Eurométropole de Strasbourg et Région Alsace puis Région Grand Est) qui financent les transports en commun (via la CTS pour Strasbourg, via la SNCF pour la Région) cherchaient à se mettre d’accord sur les compensations nécessaires. Finalement, l’Eurométropole dédommagera la Région à hauteur de 1,215 million d’euros chaque année mais elle escompte une recette supplémentaire de 400 000€. Ce sont des estimations, les transferts seront ajustés en fonction de l’utilisation de cette nouvelle offre.
« Un trajet Fegersheim – Strasbourg, qui peut prendre jusqu’à 30 minutes par la route, un usager du TER peut le faire en 12 minutes grâce à 4 trains au départ entre 7h et 8h tous les jours. Même chose à Vendenheim, Strasbourg est accessible en une dizaine de minutes avec une même fréquence pendant les heures de pointe. Sur l’ensemble des gares de l’Eurométropole, les fréquences sont de l’ordre d’un train toutes les demi-heures. »
Pour faire de la place aux nouveaux arrivants, les Régiolis du TER Alsace ont été adaptés par la SNCF afin de rajouter quelques places. Chaque jour, ce sont quelques 150 allers-retours qui sillonnent les gares de l’Eurométropole. Les analystes prévoient au moins 700 nouveaux utilisateurs, ce qui pourrait amener l’Eurométropole à rénover les gares sur son territoire.
Les trains du TER Alsace desservent 13 gares sur le territoire de l’Eurométropole de Strasbourg (Photo cklx / FlickR / cc)
Réservé aux abonnés
En revanche, il n’est pas encore possible d’utiliser les trains de la SNCF avec un ticket de tram à l’unité. Ça, c’est la prochaine étape, ont assuré les responsables des collectivités lundi tout en indiquant que cette option pourrait voir le jour dans un an, le temps que les matériels qui édite les billets de transports de la CTS et de la SNCF soient compatibles… Les opérateurs comptent aussi beaucoup sur le numérique, via une application mobile par exemple, pour harmoniser la billettique à l’échelle de l’agglomération.
L’interconnexion des réseaux TER de la SNCF et tram de la CTS
Bien mais peut mieux faire, selon l’Astus
L’association des usagers des transports en commun (Astus) a bien accueilli cette harmonisation tarifaire. Mais son président François Giordani attend des améliorations :
« Cette offre est encore limitée aux habitants, alors qu’un abonnement similaire est déjà disponible pour tous les usagers dans les agglomérations de Grenoble ou Nantes. Et puis il y a Kehl dans l’agglomération, or la ville allemande est exclue de cette harmonisation, ce qui est vraiment dommage d’autant que le tram traverse bientôt le Rhin. Mais le plus inquiétant est que cette harmonisation s’accompagne d’une baisse de la fréquence des trains : Mundolsheim a perdu 12 trains par jour depuis juillet, Vendenheim a perdu 6 trains par jour… Et des dessertes ont été supprimées le week-end à Lingolsheim, Bischheim, La Wantzenau et Strasbourg-Roethig le dimanche. »
Autrement dit, le bras de fer permanent qui existe entre la Région Grand Est et la SNCF, les premiers demandant aux seconds d’opérer des trains contre une dotation, pourrait bien à l’avenir se jouer à trois sur le territoire de l’Eurométropole si la collectivité souhaite plus de trains, ou un meilleur cadencement… Pour autant, les responsables des collectivités ont indiqué lundi qu’ils ne souhaitaient pas pour l’instant d’une nouvelle instance de régulation opérant les transports à l’échelle de l’agglomération. Pour l’instant, une coordination à quatre (Eurométropole, Région Grand Est, CTS et SNCF) doit suffire.
Après la primaire, l’heure est au rassemblement derrière François Fillon pour la droite alsacienne, après l’avoir peu soutenu. La désignation de François Fillon ouvre des perspectives au centre de l’échiquier politique.
Les politiciens de la droite alsacienne n’ont pas brillé par leur flair. Les élus avec le plus de responsabilités locales ont soutenu des candidats éliminés de la primaire de la droite et du centre, plutôt que François Fillon.
Parmi les « grands élus » alsaciens, seuls quelques députés (Sophie Rohfritsch, Frédéric Reiss, Claude Sturni, Patrick Hetzel, Michel Sordi) et le maire de Colmar Gilbert Meyer ont épousé la cause du député de Paris depuis le début.
Patrick Hetzel : soutien alsacien en vue de François Fillon
Le soutien le plus en vue du côté des fillonistes est sûrement Patrick Hetzel, député de Saverne. Pendant l’entre-deux tours, les soutiens alsaciens des candidats éliminés, comme Bruno Le Maire, Jean-François Copé ou Nicolas Sarkozy, ont suivi les ralliements de leur ancien chouchou sans trop broncher. Exemple : Eric Straumann, ancien soutien de Bruno Le Maire, s’est rallié à François Fillon.
De ce fait, la large victoire de François Fillon n’ouvre la porte à aucune contestation. Dans leurs premières réactions, les élus alsaciens ont surtout salué la bonne tenue de cette élection primaire ouverte, une première pour la droite française, la participation (plus de 4 millions de votants à chaque tour, dont 110 000 environ en Alsace) et l’engagement des militants.
Alors qu’il avait soutenu Nicolas Sarkozy, le président du Grand Est Philippe Richert, issu du centre, a rapidement salué la victoire de François Fillon dans un communiqué :
« Pour la première fois, le candidat de la droite et du centre à l’élection présidentielle aura été choisi dans le cadre d’une élection lui assurant d’ores et déjà une incontestable légitimité. Il appartient désormais à François Fillon de poursuivre le travail de rassemblement de la droite et du centre autour de son projet pour donner à notre famille politique le maximum de chance de remporter la présidentielle et de mettre en œuvre les réformes structurelles nécessaires au redressement du pays. »
Réaction similaire chez le président du conseil départemental du Bas-Rhin Frédéric Bierry, ancien soutien de Bruno Le Maire :
Les candidats s’étaient engagés à soutenir le vainqueur. Alors chez les fidèles d’Alain Juppé, on n’a certes pas la « super pêche » comme leur candidat il y a deux semaines, mais on se conforme à la règle.
La sénatrice et ancienne maire de Strasbourg Fabienne Keller, soutien juppéiste de la première heure, a plaidé sur le plateau de LCI et dans un post Facebook la poursuite de la mobilisation pour les idées du camp Juppé, afin de rassembler la droite et le centre :
Ouverture au centre et Macron ?
Chez les grands élus, pas de zizanie donc. Reste que la défaite d’Alain Juppé ouvre un espace politique au centre. Le soutien d’élus UDI au maire de Bordeaux a beaucoup démobilisé au sein de ce parti, traditionnel allié de centre-droit de la droite classique. Les militants UDI avaient en effet voté une non-participation à cette primaire.
Se reporter vers d’autres candidats, c’est par exemple la réaction du conseiller municipal et eurométropolitain de Schiltigheim Gérard Bouquet :
La France de l'égoïsme et du repli sur soi a gagné Les centristes humanistes et pro-européens vont devoir chercher une autre alternative #fb
Le sénateur Claude Kern ou le maire de Schiltigheim Jean-Marie Kutner, aux commandes de la fédération bas-rhinoise UDI, mais tous deux soutiens d’Alain Juppé, n’ont par exemple pas réagi.
Déjà trois fois candidat, François Bayrou a toujours dit que si Alain Juppé n’était pas élu, il envisageait de se présenter. Peut-être que le centre pourrait imaginer une grande primaire ?
Les premières estimations donnent François Fillon en tête de la primaire de la droite et du centre. En Alsace, la tendance est similaire.
François Fillon sera le candidat de la droite à l’élection présidentielle en 2017. Les premières estimations donnent le député de Paris largement en tête avec 66,5% des voix lors de ce deuxième tour de l’élection primaire.
La participation nationale est légèrement en hausse par rapport au premier tour, entre 4,4 et 4,6 millions de participants contre 4,27 en millions d’électeurs au premier tour, soit 9% du corps électoral. À l’élection présidentielle de 2012, la participation était d’environ 80%.
Tendance similaire en Alsace
L’Alsace est parfois considérée comme une terre centriste au regard de son histoire politique, ce qui pourrait faire penser qu’Alain Juppé réalise un meilleur score dans cette région. Comme au premier tour, ce n’est pas la tendance qui se dessine.
Au niveau du Haut-Rhin, François Fillon récolte 75% des voix 137 des 144 bureaux dépouillés selon les organisateurs. Dans le Bas-Rhin, l’avance est aussi plus forte qu’ailleurs, puisque François Fillon recueille 70% des voix (192 bureaux dépouillés sur 198).
À Strasbourg en revanche, Alain Juppé pourrait réaliser un score supérieur de 10 points à la moyenne nationale. Selon les organisateurs locaux, la participation en Alsace s’annonce similaire à celle du premier tour.
Cette brève sera régulièrement mise à jour avec des résultats plus détaillés
St-Art est inaccessible pour vous ? Pas de panique, vous pouvez toujours descendre d’un cran et vous rendre à Str’Off, salon d’art contemporain situé juste à côté et de plus en plus couru.
Lancé en 2014, le salon « off » de l’art contemporain, Str’Off arrive finalement au bout de son tryptique sur les sens. Le pari n’était pas gagné pour cette manifestation organisée uniquement par des bénévoles, lancée comme un miroir spontané de St-art, grande messe de l’art contemporain.
Une cinquantaine d’artistes seront néanmoins présentés et présents à nouveau cet année, samedi 26 et dimanche 27 novembre au Hall 5 du Parc des expositions du Wacken à Strasbourg. Pour sa première édition, le salon a accueilli 2 000 visiteurs, ce qui lui avait juste permis de boucler son budget. L’an dernier, Str’off a reçu 4 000 amateurs. Ce n’est guère étonnant car, là où St-art veut subjuguer, avec des artistes extrêmement bien cotés, et donc inabordables, Str’off propose une sélection à la fois régionale, mais pas seulement, et abordable.
Le jury de professionnels a sélectionné une trentaines d’artistes alsaciens, tandis qu’une vingtaine d’autres proviennent de six pays différents. Ils sont plasticiens, peintres, photographes ou même souffleurs de verre… Certains ont déjà été exposés à St-Art lors de sélections précédentes.
Tous ont travaillé sur « À bout de sens », le thème de ce 3e salon après « Itinéraire des sens » en 2014 et « Dans tous les sens » en 2015. Les deux parrains de cette édition sont le plasticien strasbourgeois qui réanime les objets de récupération Daniel Depoutot et le sculpteur mulhousien David Zeller (Zed).
Clément Doppler Design
Un espace jeune public accueille des oeuvres des artistes sélectionnés, spécialement créés pour les plus jeunes. Une exploration sensorielle et sonore est aussi prévue pour les enfants, par le collectif Progress. Samedi, un mur sera redécoré à la suite d’une performance de graff par Sven, un artiste de Mulhouse.
Parmi les artistes présents, citons par exemple les portraits ultra-expressif de Jacques Bauer, les toiles optimistes de Brigitte Paradon, le design émotionnel de Stéphanie Radenac, les photographie de la géométrie de Rizac, les scluptures en mouvement de Paul Schnebelen… (voir ici une présentation détaillée des artistes).
Le public est invité à donner son avis avant de partir, l’artiste ayant reccueilli le plus de suffrages reçoit le « prix du public ».
Après six jours de garde à vue, les 5 personnes interpellées à Strasbourg et Marseille, dont un animateur d’une école de la Meinau, ont été mis en examen vendredi pour association de malfaiteurs terroristes. Selon le procureur de la République de Paris, ils étaient en lien avec un donneur d’ordre établi en Syrie et un passage à l’acte était imminent.
Vendredi matin, le procureur de la République de Paris, François Molins, a confirmé les informations qui ont émaillé la semaine sur les 7 personnes interpellées samedi soir dernier à Strasbourg et Marseille.
À Marseille, deux des trois personnes interpellées ont été relâchées mercredi. Les gardes à vue des cinq autres ont été prolongées jusqu’à leur durée maximum (144 heures) avant d’être mis en examen vendredi matin pour « association de malfaiteurs terroristes en vue de la préparation de crimes d’atteintes aux personnes », en relation avec une organisation terroriste.
Les quatre suspects de Strasbourg sont : Yacine B., de nationalité française, né en 1979, sans casier judiciaire, agent périscolaire à l’école de la Meinau ; Hicham M., de nationalité française, né lui aussi en 1979, manutentionnaire, dont le casier comporte 6 condamnations ; Sami B., franco-tunisien, né en 1980, travaillant dans une épicerie, en concubinage, ayant trois enfants ; Zakaria M., franco-marocain, né en 1981, sans casier.
Procureur de Paris, François Molin a en charge le Parquet anti-terroriste (capture d’écran)
« Le commando de Strasbourg » piloté depuis la Syrie
Selon le procureur, ces quatre personnes sont des amis de longue date qui se voyaient régulièrement et communiquaient en réseau fermé, via une application de messagerie sécurisée.
Hicham E. a quant à lui été interpellé à Marseille. Il est marocain, né en 1970 et SDF. Il avait été signalé pour radicalisation, par les autorités portugaises, pays où il résidait, après plusieurs voyages suspects en Europe. Le lien entre ce dernier individu et le « commando de Strasbourg » comme l’appelle François Molins n’a pas encore été établi même s’ils étaient tous en contact avec un donneur d’ordre établi au Moyen-Orient.
Chez l’animateur périscolaire Yassine B., les enquêteurs ont saisi une arme de poing Sig Sauer, un pistolet automatique Glock ainsi que des munitions. Ils ont aussi retrouvé un cahier avec des inscriptions manuscrites sur 12 pages sur le djihad armé, la mort en martyr et se référant au chef de Daesh, Abou-Bakr al-Baghdadi.
Chez Zakaria M. ont été découverts un pistolet automatique, un pistolet-mitrailleur et des munitions. Une clé USB contenant deux fichiers a également été trouvée : un fichier sur la livraison de sommes d’argent, et un second comportant des coordonnées GPS relatives à des armes. Chez Hicham M. ont également été découverts des écrits d’allégeance à l’Etat islamique.
De son côté, Hicham E., arrêté à Marseille, était en possession de 4 280 euros, une somme « destinée à l’acquisition d’armes » selon François Molins.
Deux des Strasbourgeois, Hicham M. et Yassine B., se sont rendus à Chypre en mars 2015 avec l’intention de rejoindre la Syrie. Selon François Molins, ces éléments témoignent « a minima » de vélléités de rejoindre un groupe terroriste ou de perpétrer un attentat sur le sol français. La cible reste encore inconnue mais des recherches via Google Maps avaient été menées par les suspects. Ils avaient aussi téléchargé l’application Périscope, qui permet de se mettre en scène en direct, ce qui a fait supposer aux policiers un passage à l’acte imminent.
Et c’est parti pour un centre-ville de Strasbourg sous cloche. Jusqu’au 24 décembre, l’accès des véhicules à la Grande Île sera très sévèrement encadré tandis que les piétons seront contrôlés avant de rejoindre les marchés de Noël, voire fouillés. Il s’agit de la plus importante opération de sécurité de France.
Du vendredi 25 novembre au samedi 24 décembre, le centre-ville de Strasbourg sera la zone la plus sécurisée de France. En nombre de policiers au mètre-carré en tout cas, l’édition 2016 du Marché de Noël est probablement en train d’inscrire un record. Chaque pont de la ville est transformé en « checkpoint », certains pour les véhicules et d’autres uniquement pour les piétons. Dans tous les cas, les cyclistes devont mettre pied à terre pour les franchir.
Plan d’accès au Marché de Noël 2016 (doc Ville de Strasbourg)
Dans un arrêté publié jeudi, le préfet du Bas-Rhin Stéphane Fratacci a précisé les règles qui allaient s’appliquer à l’intérieur de la Grande Île de Strasbourg : « le port, le transport et l’utilisation d’artifices de divertissement, de pétards, d’armes réelles ou factice, quelle qu’en soit la catégorie et de tous les autres objets pouvant constituer une arme (…) sont interdits. »
Les vols de drones sont interdits, l’accès à la plate-forme de la Cathédrale également. Les manifestations sur la voie publique sont interdites. Même l’inauguration du Marché de Noël a dû se rendre itinérante pour des raisons de sécurité. Natacha St-Pier doit lancer le coup d’envoi des Illuminations vendredi vers 18h, rendez-vous à la porte de lumière, au bas de la rue du Vieux Marché aux Poissons.
Les agents de sécurité privée appelés en renforts
Les 160 policiers municipaux sont mobilisés. La préfecture du Bas-Rhin a fait appel aux policiers du département, mais dispose aussi de renforts mobiles (CRS et gendarmes) pour cette opération. Les policiers seront en tenue, parfois armés de fusils mitrailleurs, et présents parmi la foule en civil. Ils pourront procéder à des fouilles, des palpations et des contrôles d’identité.
Les agents de sécurité privée sont autorisés « à exercer leurs missions sur la voie publique », même de manière itinérante. Ils sont autorisés à procéder à des palpations de sécurité aux abords des checkpoints, à faire un contrôle visuel des bagages voire, avec l’autorisation des propriétaires, à procéder à leur fouille. En cas de refus, l’accès à la Grande Île pourra être refusé. La Ville a fait appel à 150 vigiles supplémentaires.
De leur côté, les militaires de l’opération Sentinelle sont aussi mobilisés mais ils resteront à l’extérieur du périmètre de la Grande Île. Selon le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP), Jean-François Illy, l’ampleur des moyens engagés fait de cette « opération de sécurité la plus importante de France. »
Le grand sapin de la place Kléber sera toujours présent (Photo JPDelPhoto / FlickR / cc)
450 000€ pour Strasbourg
Stéphane Fratacci a appelé les Strasbourgeois à « prêter leur concours » à ces contrôles :
« Ce sont des règles de sécurité aujourd’hui acceptées par tous. Il faudra accepter d’être contrôlé plusieurs fois dans la même journée. Les contrôles seront plus fluides si chacun y met du sien. »
Pour la Ville de Strasbourg, l’ensemble de ces mesures de sécurité représente un coût de 450 000€. Le chiffrage de la contribution de l’État n’a pas été communiqué.
Les cyclistes sont invités à circuler au pas. Ils devront mettre pied à terre aux abords des points de contrôle et la Ville précise que les vélos attachés à des panneaux de signalisation « seront enlevés rapidement et placé en fourrière », en raison des risques en cas de mouvement de foule.
Peu de gens connaissent Anne Sander, seule rescapée alsacienne des élections européennes de 2014. Et c’est normal car l’eurodéputée n’est pas la figure d’une cause particulière. Héritière d’une tradition agricole, elle se définit comme une technicienne et suit sa famille politique. En revanche, elle s’enflamme pour l’idéal européen.
Sur les 9 eurodéputés du Grand Est élus au printemps 2014, il ne reste plus qu’une seule Alsacienne : Anne Sander, issue de la liste PPE (droite).
Au Parlement Européen, Anne Sander dit défendre l’industrie, les PME et l’emploi (Photo DL/ Rue 89 Strasbourg/ cc)
Assidue mais discrète
Anne Sander est dans les 5 premiers eurodéputés français sur 74 au niveau de la présence et du vote en plénière. Elle n’a pas produit de rapport mais en débute un sur la formation professionnelle. Elle a publié des avis, notamment celui sur les relations UE-Suisse et les obstacles à la mise en œuvre du marché intérieur.
Intervenue près de 100 fois en séance plénière, elle a présenté 8 propositions de résolutions depuis le début de son mandat. À ce niveau-là, le site MEP Ranking la classe 52e, devant les médiatiques Jean-Luc Mélenchon, Nadine Morano ou Rachida Dati. À l’inverse, certains députés comme son collègue Arnaud Danjean du PPE en ont déjà déposé des dizaines.
Ses dernières interventions en séance plénière, à chaque fois dans un hémicycle déserté, concernaient des thèmes variés, allant de la crise porcine au dumping social du transport routier, en passant par les voitures autonomes… Ses récents travaux et publications mettaient en avant la fin de l’itinérance des télécoms dans l’Union Européenne :
« Réflexions » sur l’emploi et l’industrie
Sur quoi Anne Sander a-t-elle alors travaillé ?
Le Parlement Européen a adopté sa résolution de juillet 2014 sur l’emploi des jeunes, qui presse l’UE de créer un cadre favorable aux PME, et les Etats à prendre des mesures fortes de lutte contre le chômage des jeunes, notamment en favorisant les programmes de mobilité comme EURES.
Ses autres propositions adoptées concernent le secteur industriel, comme sa résolution sur le secteur sidérurgique dans l’Union européenne, ou, récemment, celle qu’elle a co-signée, sur « une réelle politique industrielle européenne », (autour de l’actualité d’Alstom et Caterpillar), qui exhorte la Commission et les Etats membres à mettre en place des mesures concrètes pour renforcer la compétitivité du marché européen et à promouvoir une nouvelle politique industrielle.
Pour la libération de Mossoul
Le député écologiste Yannick Jadot a cosigné cette résolution. À titre de comparaison, il a été en charge de 9 rapports, par exemple sur le développement d’une industrie européenne durable, ou sur l’assistance financière à l’Ukraine, et une dizaine de propositions de résolutions sur la reconnaissance de l’Etat Palestinien ou le statut d’économie de marché de la Chine. Il se classe lui 44e sur la présence en plénière et la participation au vote.
À la dernière session plénière, Anne Sander a voté, comme ses collègues du PPE, pour une résolution soutenant l’intervention irakienne pour libérer Mossoul, ou encore pour une résolution demandant la fin des obstacles au service volontaire européen.
Lors des sessions strasbourgeoises, les eurodéputés arrivent le lundi après-midi au bâtiment Louise Weiss du Parlement Européen (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)
Brexit et TAFTA : positions prudentes sur les sujets brûlants
Sur les gros dossiers qui traversent l’Union Européenne, on n’entend guère Anne Sander. Au moment du Brexit, elle appellera à une sortie rapide du Royaume-Uni, pour « éviter une période d’instabilité pour les 27 », causée par de longues renégociations d’accords entre l’UE et les britanniques. Pour elle, pas de demi-mesure pour les sortants :
« Les Anglais doivent être conscients qu’ils ne pourront bénéficier des mêmes avantages qu’auparavant. Dehors, c’est dehors ».
Au sujet du TAFTA, son silence a été tout autant assourdissant. Interpellée sur ce dossier, elle se veut rassurante quant à la transparence des négociations, et assure qu’elle et ses collègues du PPE sont vigilants sur la protection des normes européennes agricoles et de santé, et sur la protection de la vie privée.
Concernant l’arrivée massive de réfugiés en Europe, elle a notamment interpellé la Commission, avec d’autres eurodéputés PPE, sur la politique d’accueil sanitaire des femmes dans les camps de réfugiés :
« Alors que la société civile et les associations européennes se mobilisent massivement face à la situation sanitaire extrêmement préoccupante des réfugiés, notamment des femmes réfugiées et demandeuses d’asile, la Commission européenne, devant une telle situation de détresse humaine, compte-t-elle apporter un soutien financier et matériel aux organisations qui œuvrent déjà sur le terrain en Europe ? »
Mais elle n’a reçu qu’une réponse technique et évasive.
Entrée par la petite porte…
Anne Sander le concède elle-même, elle est peu connue du grand public :
« Quand j’accueille des jeunes et que je leur demande qui sont leurs eurodéputés, ils sont incapables de me répondre. »
Qu’est-ce qui l’a poussée à s’engager alors ? Elle en rit :
« Moi ma famille c’était des paysans. »
La famille Sander est pourtant loin de l’image d’épinal d’agriculteurs alsaciens discrets. Houblonnier à Ohlungen près de Haguenau, son frère Franck Sander est très en vue en tant que président de la section bas-rhinoise du premier syndicat agricole (FDSEA). Quant à son père, Jean-Marie Sander, aussi houblonnier, entre le syndicalisme (Jeunes agriculteurs puis FDSEA), et l’engagement politique, il est devenu banquier et a présidé le Crédit agricole jusqu’à la fin 2015.
En fait, Anne Sander est arrivée à la politique par cooptation. Au cours de son doctorat d’économie à l’Université de Strasbourg, Joseph Daul, eurodéputé dès 1999, l’engage au Parlement Européen au début des années 2000 :
« C’était d’abord pour accueillir des groupes qui venaient visiter, et puis j’ai fini à plein temps, en tant qu’attachée parlementaire. »
Elle le restera jusqu’en 2014, tandis que Joseph Daul parvenait jusqu’à la présidence du groupe PPE. Elle a aussi évolué dans le monde économique et consulaire, à la Jeune chambre économique d’Alsace ainsi qu’au Conseil économique, social et environnemental régional (CESER) d’Alsace.
Présente mais invisible
Le profil, discret et réservé, d’Anne Sander tranche avec l’environnement de la délégation française du PPE, où se côtoient Rachida Dati, Michèle Alliot Marie, Nadine Morano… Elle le reconnaît :
« Partout, il faut se faire sa place. En circonscription, au niveau européen… Il faut occuper le terrain sans arrêt. C’est très prenant mais au bout d’un moment, il y a un retour. »
Des attachés parlementaires de ses collègues confirment :
« Anne Sander est très présente, à toutes les réunions. Et dans ces moments, souvent les députés les plus connus n’y sont pas. Il n’y a pas de compétition entre les députés, mais elle prend régulièrement la parole. »
Mais par rapport à sa visibilité et son rapport aux médias, elle semble chercher encore ses marques. D’après une journaliste régulièrement présente au Parlement et auprès des français du PPE :
« Elle a encore un manque d’envie ou de courage face aux médias. Lors d’une émission diffusée en direct sur une chaîne nationale vers le début de son mandat, elle avait beaucoup appréhendé. Elle manque encore de spontanéité : si on doit interroger un député dans un couloir sur une question d’actualité, on ne va pas aller vers elle mais vers quelqu’un de plus efficace. »
« Il faut que j’en discute avec ma délégation. Je suis d’accord avec toi bien sûr, on a des réserves, mais je ne peux pas entamer le sujet comme ça. Si tu en parles, j’embrayerai dessus. »
Anne Sander donne le sentiment d’une bosseuse de l’ombre. Mais elle est plus suiviste que meneuse. Elle assure :
« Avec mon équipe, on est de plus en plus convié aux réunions informelles, je suis régulièrement consultée maintenant. »
Méthode Coué ? Une journaliste abonnée aux communiqués de presse du PPE n’en voit pas le résultat :
« C’est clair que dans le groupe PPE, elle est assez effacée. C’est une suiveuse par rapport aux Lamassoure et consorts. Dans les communiqués de presse que l’on reçoit du PPE, c’est toujours les opinions des mêmes “grandes gueules” qu’on retrouve, mais pas les siennes. Comme quoi sa voix ne porte pas plus que cela au sein du groupe. »
Le Groupe Pflimlin défend le siège unique du Parlement Européen à Strasbourg (Photo DL/ Rue 89 Strasbourg/ cc)
Des « dadas » terre à terre
Quand on lui demande ce qui la fait vibrer, ce qui la passionne, ce qu’elle a envie de défendre, Anne Sander s’en tient au « travail de tous les jours » et déroule son CV en rappelant qu’elle est membre de la commission Emploi et Affaires Sociales et de la commission Industrie.
Relancée sur les domaines où elle pense apporter quelque chose, elle détaille :
« Je travaille sur l’emploi et l’innovation. Les PME, c’est un peu mon dada. Je veux faire en sorte qu’elles tirent les bénéfices du marché commun. Et je travaille aussi sur la formation professionnelle et l’alternance. »
Son héritage agricole a aussi laissé des traces : elle interpelle régulièrement la Commission et les députés sur des sujets comme le maintien et la simplification de la PAC, la crise porcine ou la santé au travail dans les vignobles. Elle se tourne aussi vers le gouvernement français quand elle cosigne une motion de soutien à l’agriculture française ou demande au Président français de prendre des mesures fortes pour enrayer la crise agricole.
Une eurodéputée utile aux agriculteurs alsaciens
Son frère Franck Sander, président de la FDSEA 67, lui reconnaît une utilité pour les agriculteurs alsaciens :
« En tant que seule eurodéputée de notre région, c’est forcément un bon relais, dans les deux sens : elle fait remonter nos préoccupations d’abord. Elle n’est pas dans la commission agriculture, mais elle est souvent invitée dans les assemblées générales d’agriculteurs, par exemple des Jeunes Agriculteurs. C’est une des rares qui revient toujours vers nous, qui revient chercher l’information.
Mais surtout, elle nous apporte des connaissances sur l’Europe et son rôle dans l’agriculture. Les politiques français se dédouanent souvent sur l’Union Européenne, mais avoir une eurodéputée qui vient nous parler de la PAC et des autres dossiers, ça nous permet de voir ce qui relève de l’UE et comment la France met en œuvre les politiques. »
Tout suivre, au risque de ne rien porter de particulier avec passion ? Oui et non. Anne Sander l’Alsacienne insiste sur les dossiers transfrontaliers :
« Quand je dépose des amendements, c’est pour tenir compte des régions transfrontalières. Je travaille par exemple sur les implications au niveau de l’Europe de la votation suisse qui limite le nombre d’étrangers pouvant travailler chez eux. Je mène un groupe de travail sur la coopération transfrontalière également. »
La journaliste européenne décrit une députée consciencieuse sur ces sujets :
« Elle est très réglo par rapport à ses propositions. Elle me paraît très sérieuse et soucieuse de ce qu’elle dit. Du coup, elle est aussi à l’opposé de ceux qui parlent pour ne rien dire. »
Vendre l’Europe au public
Anne Sander, victime du système politico-médiatique alors ? En fait, la députée s’illumine quand on parle du projet européen :
« Européenne, oui je le suis. Dans tous les cas pour moi, il faut de l’européen. Il faut trouver une nouvelle dynamique, se concentrer sur les droits des citoyens, c’est aussi cela qui les raccrochera à l’Europe. »
Anne Sander consacre effectivement une bonne partie de son temps à parler d’Europe aux gens, elle sillonne la grande région et ne cumule aucun autre mandat.
Hervé Moritz, ancien rédacteur en chef du blog à thématiques européennes « Le Taurillon » et membre des Jeunes européens, lui reconnaît cette constance :
« C’est l’eurodéputée du coin, elle est sur le terrain, elle répond souvent positivement aux invitations pour des cafés débats, des rencontres avec des étudiants, etc. On sent qu’elle connaît très bien le Parlement Européen, elle a un réseau incroyable. Elle soutient beaucoup de propositions différentes, c’est vrai que c’est un peu compliqué parfois d’identifier ses principaux engagements. Elle travaille sur l’agriculture, dans l’héritage de Joseph Daul. »
« Ce sont les jeunes qu’il faut convaincre »
Ces derniers mois, elle a accueilli plusieurs fois des simulations de Parlement européen pour des jeunes, est intervenue dans des lycées, était présente aux portes ouvertes du Parlement, a fait un tour à la Foire Européenne, et aussi au congrès de la Géothermie à Strasbourg, devant les élus de Wissembourg… Quand elle n’est pas sur Alsace 20 ou dans d’autres médias locaux ou nationaux, elle organise des « rendez-vous européens », où plusieurs fois par an, elle échange sur l’Europe avec le grand public.
Pour elle, cela fait partie du job, quand on veut promouvoir l’échelon européen :
« Ce sont les jeunes qu’il faut convaincre, les possibilités pour eux sont énormes, mais ils ne s’en rendent pas compte. Il faut parler de programmes comme Erasmus+, qui ouvrent les esprits. Il faut parler de l’importance des langues, qui offrent des opportunités, surtout dans notre région frontalière. »
Un combat institutionnel : défendre le siège unique du Parlement à Strasbourg
Son principal cheval de bataille finalement est peut-être pour rapatrier le travail des commissions du Parlement européen à Strasbourg. Anne Sander a repris le « Groupe Pflimlin » de Joseph Daul, avec le député allemand Andreas Schwab. Il réunit les députés qui soutiennent le siège unique du Parlement européen à Strasbourg.
Il existe bien la « Task Force Strasbourg : The Seat » menée par Catherine Trautmann, mais pour Anne Sander, son groupe est différent, il fait remonter les problématiques concrètes des députés (transports, allers retours coûteux, etc.). À l’écouter, le siège à Strasbourg est plus qu’une solution pragmatique :
« C’est dans les traités ! Strasbourg, c’est l’Europe des citoyens, pas l’Europe des marchés. Il faut revenir aux fondamentaux, montrer ce que l’on fait. Ici, on est clairement séparé de l’exécutif. Il faut ramener tout le travail législatif à Strasbourg. Les mini-sessions à Bruxelles n’ont pas lieu d’être ! »
Des arguments quelque peu romantiques, aussi utilisés par la Task Force strasbourgeoise, mais qui semblent avoir peu de prise sur les eurodéputés au vu des votes de défiance envers Strasbourg.
Elle ne s’arrêtera plus sur l’importance de l’Europe et l’urgence de revoir le projet européen pour mettre fin à la méfiance et au désamour du grand public :
« Il faut dire la vérité aux gens, faire un gros travail pédagogique, et faire évoluer le projet européen : le simplifier, établir des priorités, mettre l’accent sur du concret. Il faut s’appuyer sur les élus locaux aussi. On est seulement 9 eurodéputés sur une circonscription qui va de la Champagne à l’Alsace en passant par la Franche-Comté. »
« Mettre l’accent sur du concret », en voilà une idée.
Avec la sécurisation du Marché de Noël, la circulation du tramway et des bus sera perturbée en centre-ville de Strasbourg. Principale mesure : la station l’Homme de Fer sera fermée aux heures d’ouverture des marchés.
La Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) a précisé dans un communiqué les perturbations liées aux mesures de sécurité du Marché de Noël à la desserte en tram et bus du centre-ville de Strasbourg. Ce dispositif spécifique est en place du vendredi 25 novembre au samedi 24 décembre inclus.
1 – Station Broglie fermée
La station Broglie (tram B/C/F) sera fermée du vendredi 25 novembre à 4h30 jusqu’au 24 décembre inclus. Les trams ne marqueront donc pas l’arrêt à cette station. Les usagers du tram sont invités à se reporter sur les stations encadrantes durant cette période (voir schéma ci-dessous).
(document CTS)
2 – Station Homme de Fer fermée en journée
Du vendredi 25 novembre au samedi 24 décembre, la station Homme de Fer (tram A/B/C/D/F) sera fermée de 11h à 20h tous les jours et jusqu’à 21h les vendredis et samedis. Les trams ne marqueront donc pas l’arrêt à cette station.
3 – Station Langstross-Grand’Rue fermée les week-ends
La station Langstross-Grand’Rue sera fermée tous les week-ends de 11h à 21h et de 11h à 20h la semaine du 19 au 24 décembre inclus (11h-21h le vendredi 23 décembre). Les trams ne marqueront donc pas l’arrêt à cette station.
Plan modifié pour Noël (doc CTS)
4 – Perturbations à la circulation des bus
Ligne 14/24
Du vendredi 25 novembre au samedi 24 décembre 2016, la ligne 14/24 effectuera son terminus à l’arrêt Porte de l’Hôpital. L’arrêt Ancienne Douane ne sera pas desservi.
Lignes 4, 6 et Hibus N1
En raison des modifications des conditions de circulation dans le centre-ville de Strasbourg, les horaires des lignes 4, 6 et Hibus N1 sont modifiés du vendredi 25 novembre au samedi 24 décembre 2016. Les horaires sont consultables sur www.cts-strasbourg.eu.
P+R Wacken-Tivoli
Du mardi 29 novembre au samedi 24 décembre 2016, le P+R Wacken-Tivoli, situé à proximité de la station tram Wacken et devant le parc des expositions de Strasbourg, sera accessible aux voitures (capacité 1 000 places). Les usagers pourront accéder au parking du lundi au jeudi de 10h à 17h, et de 10h à 19h les vendredis, samedis et dimanches au tarif habituel (4.10 €). Toutefois, ils devront impérativement récupérer leurs véhicules avant 22h les vendredis et samedis et avant 21h du dimanche au jeudi.
La rédaction de Rue89 Strasbourg est composée de journalistes toutes et tous prêts à écouter les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois pour parler des sujets qui les intéressent. Notre existence et notre moral dépendent du nombre d’abonnements pris pour nous soutenir. 🙏⤵
Le blog « I bike Strasbourg », qui chronique l’usage du vélo à Strasbourg et en Europe, a publié un précieux guide pour les cyclistes de Strasbourg à l’approche du Marché de Noël, inauguré vendredi. Car plus de 2 millions de personnes sont attendues jusqu’au 24 décembre et, pour des raisons de sécurisation, elles seront toutes concentrées dans les petites rues étroites du centre-ville historique.
En conséquence, les conflits récurrents entre cyclistes et piétons risquent d’être encore plus nombreux et ce, malgré la quasi-disparition des véhicules dans le même périmètre.
C’est pourquoi « I bike Strasbourg » a édité un « guide de survie » à destination du cycliste strasbourgeois, une saine lecture pour tous ceux qui pratiquent le vélo et n’ont pas l’intention de changer leurs habitudes à cause de deux-trois flocons ou parce que le thermomètre tombe sous des niveaux polaires.
La Ville de Strasbourg a déployé une campagne de prévention au centre-ville (Photo I Bike Strasbourg)
Vélo ou vin chaud, il faut choisir
Dans ce texte, l’auteur Grégory Delattre rappelle aux cyclistes qu’ils doivent rouler au pas dans les zones piétonnes et de rencontre, en citant les articles respectifs du Code de la route. Autre suggestion bienvenue : éviter la grande île centrale en la contournant par les quais permettra bien souvent de gagner du temps pendant cette période.
D’autres conseils émaillent cet article, comme éviter de pédaler sous l’emprise du vin chaud à comment garer son vélo, en passant par la sollicitation de Cyclorama et de Vélissimo pour se déplacer au centre-ville.
Deux gros dossiers écologiques sont au programme du conseil de l’Eurométropole de Strasbourg vendredi : la stratégie air-énergie-climat de la collectivité et la mise en oeuvre de la protection des cours d’eau. À suivre en direct à partir de 10h.
Le vert sera la couleur dominante du conseil de l’Eurométropole vendredi : deux gros dossiers environnementaux sont au programme des élus des 28 communes de l’agglomération, la stratégie air-énergie-climat et la mise en oeuvre de nouvelles compétences dans la gestion et la protection des cours d’eau.
Pas de panique cependant, le conseil de l’Eurométrole n’est pas passé en majorité chez Europe-Écologie Les Verts. La première délibération vise à simplement donner un cadre, compatible avec les engagements de la France pris lors de la conférence mondiale sur le climat (Cop21), comme la division par quatre des émissions de gaz à effets de serre avant 2050.
Qualité de l’air et qualité de l’eau au menu du conseil de l’Eurométropole… (Photo Visual Hunt)
Pas d’objectifs contraignants
Elle propose d’accompagner la transition énergétique dans les domaines de l’habitat, urbanisme, transports, développement économique, déchets… y compris chez les partenaires et satellites de la collectivité. Le texte rappelle les objectifs du plan de protection de l’atmosphère (Strasbourg, ville respirable en 5 ans…), les trames vertes et bleues, la végétalisation du territoire, etc.
Pour Robert Herrmann, président (PS) de l’Eurométropole, il n’est pas utile de contraindre :
« On constate que lorsqu’on fixe un objectif, chacun peut se positionner et faire des efforts pour y arriver. Si on prenait des mesures plus contraignantes, ce serait contre-productif car les élus se sentiraient dépossédés de leur rôle et ne feraient évoluer leurs communes qu’à contre-coeur. »
L’Eurométropole va donc s’engager dans la démarche Cit’ergie, déclinaison française du dispositif European Energy Award. Ce label de l’Ademe sanctionne la politique énergétique et climatique des collectivités, avec un outil de référence au niveau européen.
Autre dossier environnemental au programme du conseil, la mise en oeuvre de nouvelles compétences transférées à l’Eurométropole sur la gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations (Gemapi). Les élus vont devoir s’intéresser à la qualité de l’eau dans les cours d’eau, une situation largement héritée… Il faudra donc se parler avec les communes plus en amont de la Bruche, de l’Ill et d’après les premiers échanges, ce ne sera pas simple.
Jardiner bio à Strasbourg. – Disponible sur la chaîne YouTube d’Arte Future, une série de 10 vidéos baptisée « Rareté, les vertus oubliées des plantes de jardin » met en scène 10 productions légumières originales des Jardins de la Montagne Verte de Strasbourg, comme autant de bijoux aux goûts et propriétés subtiles. D’une durée de 4 minutes chacune, ces vidéos se dégustent comme un mets fin et précieux.
Le rutabaga et son petit goût de navet (Photo Michel Goldschmidt – Jean-Pierre Fargeas)Pas besoin d’éplucher les crosnes, à simplement frotter dans un torchon avec du sel (Photo Michel Goldschmidt – Jean-Pierre Fargeas)
Elles sont signées Michel Goldschmidt, réalisateur et collaborateur régulier de la chaîne Arte, et réunissent deux spécialistes du légume : Bernard Heitz, docteur en botanique et ancien directeur du Jardin botanique de l’Université de Strasbourg, et Fatima Riahi, directrice de l’association et chantier d’insertion Les Jardins de la Montagne Verte (JMV), maraîchers dans l’ouest de Strasbourg. « Deux intervenants de qualité exceptionnelle, avec beaucoup d’humour », se souvient Michel Goldschmidt, quelques années après le tournage.
Diversité maraîchère, culinaire et gustative
Ces 10 vidéos, montées par Eva-Maria Von Geldern, finalisées par le studio strasbourgeois Innervision et diffusées une première fois sur Arte en septembre, reviennent sur le web à l’occasion de leur publication sur la chaîne YouTube d’Arte Future, l’une des plateformes thématiques d’Arte.
Elles trouvent naturellement leur place dans la rubrique « Jardiner bio » de Rue89 Strasbourg. En effet, il n’est question ici ni de rentabilité à l’hectare, ni de technicité de telle ou telle culture, et encore moins de pesticide, mais, bien au contraire, de diversité maraîchère, nutritionnelle, culinaire et gustative. Le tout dans un esprit aussi bien savant que gourmand.
Radis chandelles des glaces (Photo Michel Goldschmidt – Jean-Pierre Fargeas)Epinards-fraises, « ni un épinard, ni une fraise » (Photo Michel Goldschmidt et Jean-Pierre Fargeas)
Longues d’environ 4 minutes chacune, ces courtes vidéos donnent au spectateur trois types d’informations, égrenées dans un « dialogue libre et quasi-improvisé », précise le réalisateur, entre les deux professionnels : l’origine géographique et la carte d’identité botanique du légume d’abord, détaillés par Bernard Heitz, son mode de culture ensuite (qualité nécessaire du terrain, semis ou plants, taille et récolte de la plante…) et enfin, dans une évocation quasi-littéraire, la façon de le cuisiner et son goût spécifique, par la voix de Fatima Riahi. Dans un jeu de miroir, les deux intervenants décrivent chaque légume avec justesse et amour, sans érudition bavarde, dans un langage accessible à tous.
Chenille(tte)s queues de scorpions : protéines et engrais verts
Il est ainsi question de crosnes, ces rhizomes à consommer très frais, faciles à faire pousser dans son jardin, de radis « chandelles des glaces » ou « radis glaçons » à la chair quasi-translucide, rapidement déshydratés – à manger dès que -, de rutabagas, ces brassicacées aux fleurs, feuilles et racines comestibles à cuire longtemps, en potée ou en soupe…
Il est aussi question d’arroche des jardins, ces « mauvaises herbes comestibles » vertes ou rouges, qui se ressèment grâce au vent, de cardons aux pétioles charnus et au goût prononcé d’artichaut, de chenilles (ou chenilles) « queues de scorpions » aux fruits aussi goûteux et riches en protéines que la plante est bonne pour le sol (après récolte du fruit, elle devient un excellent engrais vert…). On y cause enfin courges spaghettis, crambé maritime (ou choux marin), épinards-fraises ou de topinambours…
Les topinambours, aux rhizomes fermes et craquants (Photo Michel Goldschmidt – Jean-Pierre Fargeas)Le cardon (ou carde), dont les fleurs poilues et violettes lui valent le statut de plante ornementale (Photo Michel Goldschmidt et Jean-Pierre Fargeas)
« Cuisiner des produits un peu sensationnels »
Poétiques et mélodieuses, grâce à la musique originale de François Papirer des Percussions de Strasbourg, ces 10 vidéos donnent envie de tester ces plantes potagères oubliées, d’en acheter sur les étals ou de les planter dans son jardin, de les goûter, de les observer en trin de pousser ou de rissoler… D’assouvir cette curiosité que les deux compères parviennent à instiller.
Les habitués des JMV ne s’y sont pas trompés, qui ont félicité la directrice pour sa participation au projet d’Arte. Fatima Riahi précise :
« Ce que j’ai trouvé intéressant dans cette démarche, c’était l’idée de duo, qui permet de cumuler le regard d’une personne qui produit ces légumes et le regard d’un scientifique, qui redonne sa valeur botanique à ce qu’on consomme.
Et puis, nos clients, des restaurateurs, des cuisiniers amateurs, veulent manger sains, mais ils ont aussi envie de cuisiner des produits un peu sensationnels, de découvrir de nouvelles sensations, de nouvelles saveurs… »
Raisons pour lesquels, selon la responsable des JMV, ces légumes anciens, auxquels s’ajoute le très à la mode chou kale, représentent 30 à 40% de la production de son association. Une production actuellement centrée sur les légumes racines dont la saison démarre en automne.
Un groupe informel d’Américains habitant Strasbourg prévoit de se réunir mercredi 23 novembre à 16h30 place de l’Université à Strasbourg, avec chandelles et bougies pour veiller sur la démocratie.
Dans les phases du deuil, il y a le déni. Elle vient avant l’acceptation. Mais les Américains vivant à l’étranger ont du mal à passer cette étape, tellement le traumatisme de l’élection de l’ultra-conservateur Donald Trump à la Maison Blanche leur paraissait impossible.
Depuis une semaine, ils échangent, ils se retrouvent, ils se soutiennent, évoquent le Canada…
Textes et chants sur la solidarité
Et mercredi 23 novembre à 16h30, ils prévoient de se retrouver pour une veillée aux chandelles sur la place de l’Université à Strasbourg. Selon un communiqué, il s’agit de rappeler « ce que l’Amérique représente à la veille de Thanksgiving » :
« Cette semaine les américains fêtent le jour de l’action de grâce, Thanksgiving, jour de fête nationale où nous exprimons notre gratitude pour tout ce qui nous tient à cœur. Cette année, les Américains qui habitent à Strasbourg se rassembleront la veille de ce jour de fête pour rappeler les valeurs et les principes que nous partageons avec nos voisins français, valeurs aujourd’hui menacées par les résultats des récentes élections dans notre pays. Nous lançons un appel à tous ceux qui rejettent la haine, le racisme, l’intolérance et la cupidité débridée de se joindre à nous. Nous invitons à ceux qui le souhaitent d’apporter des bougies, des textes portant sur la démocratie et des chansons qui expriment la solidarité. »
Bon, la démocratie n’est pas encore morte hein, même aux États-Unis. En revanche, les principes démocratiques, de séparation des pouvoirs et de liberté d’expression reculent dans des pays bien plus proches, comme en Turquie, en Hongrie ou en Pologne.
Le rassemblement n’est pas organisé par Democrats abroad, mais l’organisation qui fédère les démocrates à l’étranger la soutient.
Les parents d’élèves ont dû se frayer un chemin entre les caméras mardi soir pour chercher leurs enfants. Ils ont aussi rencontré leurs élus locaux et des représentants de l’Éducation nationale. Tous essaient de dépasser l’inquiétude générée par le fait qu’une personne qu’ils croisaient tous les jours et qui s’occupait d’enfants puisse être un terroriste aux ordres de Daesh.
Après la révélation qu’un animateur périscolaire de l’école de la Meinau à Strasbourg ait été arrêté en possession d’armes, soupçonné de participer à une entreprise terroriste (voir notre article de lundi), les enseignants, les parents et les élus locaux sont mobilisés pour tenter de redonner un semblant de normalité à ce petit monde.
Car Yassine B., son prénom a été révélé par la presse la veille, était très apprécié des enfants, d’après le témoignage de plusieurs parents. Ces derniers, incrédules, doivent composer avec le peu d’informations qui ont fuité jusque là. Des pistolets à son domicile, des documents de Daesh en Syrie… Certains parents se sentent trahis, d’autres attendent de voir quelles seront les charges retenues…
L’école de la Meinau à Strasbourg jouit d’une belle mixité sociale (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Une réunion pour répondre aux questions
Pour apaiser les tensions, la Ville de Strasbourg a organisé une réunion mardi soir, qui a réuni plus de 130 personnes, avec le renfort de l’Éducation nationale. Adjoint au maire de Strasbourg en charge du quartier, Mathieu Cahn (PS), a rappelé qu’il n’y avait aucun moyen pour la collectivité de détecter une radicalisation. Yassine B. n’avait aucun signe extérieur de radicalisation islamiste, il n’était pas fiché par le renseignement français et son casier judiciaire était vierge. Il appelle à ne pas « céder à la psychose » :
Les parents se sont montrés à la fois rassurés que la police ait finalement pu agir avant un drame et inquiets qu’un terroriste puisse se cacher parmi les personnes en charge de leurs enfants. Pour autant, ils n’ont pas blâmé la Ville pour son recrutement, selon Mathieu Cahn. À l’issue de la réunion, devant de nombreux journalistes, plusieurs parents ont évoqué le souhait de « reprendre une vie normale ».
Plus de 130 parents d’élèves se sont rendus à la réunion organisée par la Ville (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Fort soutien psychologique
Une équipe de psychologues viendra à l’école dès mercredi pour écouter les enfants, s’ils expriment des angoisses ou un manque suite à la disparition soudaine de cet animateur. L’idée n’est pas de solliciter les enfants, mais plutôt de répondre à leurs interrogations.
Représentant l’Éducation nationale, Jean-Baptiste Ladaique, inspecteur académique, tire une leçon optimiste de cette crise :
« L’ensemble des partenaires y compris les parents d’élèves se sont retrouvés autour de valeurs communes, pour retrouver le cadre habituel qui prévaut pour former les citoyens de demain. On a pu rassurer les parents sur l’accompagnement qui sera apporté à leurs enfants. Des psychologues seront présents dès mercredi, mais aussi dans quelques jours et on reviendra dans cette école dans quelques semaines. »
À Paris, la garde à vue des quatre personnes arrêtées samedi soir à Strasbourg a été prolongée. Comme il s’agit d’une enquête pilotée par le parquet antiterroriste, les gardes à vue peuvent durer 96 heures soit jusqu’à jeudi soir. Elle peuvent même durer 144 heures, donc jusqu’à samedi soir, en cas de menace d’attentat imminent ou pour les nécessités de la coopération internationale. En revanche, deux des trois personnes arrêtées à Marseille ont été relâchées mardi soir tandis que la garde à vue de la troisième a été prolongée.
Le réseau qu’ont démantelé les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) samedi pourrait être téléguidé depuis la Syrie pour commettre une ou plusieurs attaques coordonnées en France.
Le label de Strasbourg Aros Production a eu une riche idée pour égayer les soirées qui s’allongent à l’approche de l’hiver : des petits concerts en appartement. Pas de salle, pas de sono, pas de prix d’entrée, que des musiciens, leurs instruments et un public.
Organiser un concert, c’est devenu compliqué à Strasbourg. Les grandes salles sont chères, les petits bars sont rétifs, les voisins hurlent ou les personnalités vocifèrent, époque terroriste il faut un vigile, etc. Du coup, les organisateurs ont recours à des trésors d’imagination pour permettre quand même à la musique de vivre. Certains utilisent les galeries d’art, d’autres des lieux de concerts alternatifs hors radar et Aros Production, label strasbourgeois, propose d’envoyer ses groupes dans les appartements.
Geraint John Jones viendra de loin pour jouer devant quelques Strasbourgeois (Photo Marie Furlan)
Du 1er au 4 décembre, huit groupes de musique vont se succéder dans 4 appartements du centre-ville de Strasbourg, dans la première édition de « Comme chez Watt« , un festival de musique privée. Marie Furlan d’Aros Production, rappelle comment est né le projet :
« Nous sommes régulièrement contactés par des personnes privées pour produire les groupes d’Aros dans leurs appartements. On accepte parce que cela permet de faire connaître les groupes et que c’est simple à organiser, il n’y a pas d’échanges d’argent, de contrats, etc. Et là, il y avait deux dates assez proches, donc on a décidé de formaliser la démarche, d’ajouter quelques groupes et d’en faire un petit festival de la musique en appartement. On est assez contents parce que le succès est au rendez-vous, presque tout est complet. »
Inscription par e-mail
Au final, « Comme chez Watt » va mobiliser six musiciens et groupes de Strasbourg (Oscar on the Lawn, Claire Faravarjoo, foes, The One Armed Man, Petseleh et Joy and Glory), un groupe lyonnais (X-TV) et un groupe gallois (Geraint John Jones), à raison de deux formations par soir et par appartement.
L’inscription se fait par e-mail (à enappart@aros.fr) en précisant le concert choisi, son nom, prénom et numéro de téléphone mobile. Les participants recevront alors un lieu de rendez-vous. Les 20 à 30 personnes qui seront finalement présentes seront emmenées dans l’appartement d’un des membres d’Aros Production. Il suffit d’amener à boire et quelque chose à grignoter, et de participer à « prix libre » au financement de la soirée.
La programmation est essentiellement folk et pop, et les groupes seront tous dans des configurations acoustiques et parfois simplifiées. Les voisins n’auront même pas le temps de protester, les soirées se termineront à 22h.
Le programme
Jeudi 1er décembre – 19h30
Oscar on the lawn, c’est Charline avec sa guitare, ses mélodies pop et sa douce voix folk. Après un année d’existence, elle vient de sortir son premier EP.
Autre chanteuse à guitare, Claire Faravarjoo terminera le set de cette première soirée.
Vendredi 2 décembre – 19h30
Avec sa voix douce et sa guitare folk, Foes a aussi un bon potentiel pop. Le groupe sera présent dans une formation réduite à deux musiciens.
En 1966, un mouvement révolutionnaire fera imprimer à Strasbourg De la misère en milieu étudiant…, un pamphlet pré Mai 68. A l’occasion de son 50e anniversaire, projections, concerts, table-rondes et rencontres sont organisés à Strasbourg du 21 au 29 novembre, pour interroger l’héritage de l’élan révolutionnaire des Situationnistes.
Beaucoup de Strasbourgeois ne savent pas qu’un manifeste important de l’Internationale situationniste a été publié à Strasbourg, ni même ce qui sont les Situationnistes ! Oui, c’est assez dingue et du coup, l’Université de Strasbourg a réuni une brochette de partenaires pour proposer un mini-festival autour de ce mouvement révolutionnaire qui prônait une société égalitaire et une autogestion généralisée.
Car c’est dans les couloirs de l’université de Strasbourg qu’a circulé il y a 50 ans le « manifeste situationniste », De la misère en milieu étudiant considérée sous ses aspects économiques, politiques, psychologiques, sexuels et notamment intellectuel et de quelques moyens pour y remédier, signé « par des membres de l’Internationale situationniste et des étudiants de Strasbourg ». De cet élan découleront ensuite Mai 68 et les œuvres de Guy Debord, et des mouvements culturels comme la musique punk.
Du 21 au 29 novembre, la Fédération Hiéro Strasbourg, la galerie de photographies Stimultania, les cinémas Star et l’Université de Strasbourg proposent une bonne dizaine de manifestations, allant de conférences sur les mouvements pré-Mai 68 au concert du groupe « expérimental transpop » Hyperculte, en passant par la projection du film Rock’n’Roll… Of Corse !
Il y a 50 ans, un pré-Mai 68 dans la capitale alsacienne
Eric Brun est sociologue l’Université Picardie Jules Verne et auteur d’une thèse sur « Guy Debord et l’Internationale Situationniste ». Il interviendra lors d’une conférence sur l’histoire politique et artistique du mouvement. Il explique l’importance de rappeler le foyer strasbourgeois de la « Trajectoire situationniste » :
« Sans le mouvement de Mai 68, on ne parlerait guère des Situationnistes aujourd’hui. Le contexte strasbourgeois a contribué à l’essor des idées situationnistes : un nombre croissant d’étudiants de plus en plus politisés, des réseaux favorables avec notamment le professeur Henri Lefebvre et ses étudiants… C’est vraiment en 1966, avec l’élan strasbourgeois, que s’est diffusé le « label situationniste », qui n’était auparavant répandu que dans des milieux confidentiels d’avant-garde, artistiques et intellectuels. »
Ce mouvement révolutionnaire est apparu à la fin des années 50 par un rapprochement de groupes issus de la pensée marxiste notamment, mais qui s’est également inscrit dans un dépassement de courants artistiques comme le dadaïsme, le surréalisme et le lettrisme. La semaine anniversaire doit, d’après les organisateurs, permettre d’appréhender la persistance de l’élan strasbourgeois situationniste, et interroger l’héritage du mouvement pour les générations actuelles, notamment dans sa dimension de « liberté de penser et d’agir innovante et créative ».
Le manifeste de l’internationale situationniste a été écrit à Strasbourg en 1966 (Photo wikimedia commons)
Quel héritage actuel?
Eric Brun rappelle le composition complexe des situationnistes, et alerte sur la notion d’influence actuelle :
« C’était quelque chose d’hybride, d’abord artistique puis révolutionnaire, mais qui est resté une référence dans l’art contemporain, puis dans certaines contre-cultures comme la scène punk mais aussi le milieu philosophique. Mais c’est toujours compliqué de parler de prolongements, car on risque de tomber dans des luttes d’héritage. On retrouve quelque chose des situationnistes dans des mouvements libertaires, et dans des collectifs de la mouvance autonome ou ceux de Notre-Dame-des Landes, mais ce n’est pas si simple. »
Il précise que sa conférence vise à rappeler l’histoire du mouvement :
« Il s’agit ici de restituer le contexte d’émergence de l’Internationale situationniste, car il est important de voir ce qui a existé comme position de contestation des sociétés capitalistes, et de voir aussi les dérives. Il s’agit de comprendre ce qu’ils voulaient dire, pour aussi s’en démarquer. »
Guy Debord était un écrivain situationniste (Photo Abode of Chaos/Visualhunt/cc)
Conférences, rencontres, mais aussi musique et cinéma
Alors pour se faire une idée du contexte, de l’histoire du mouvement et des réflexions actuelles, de nombreux événements culturels et rencontres sont proposés cette semaine dans tout Strasbourg :
« Transfer », Performance voix-guitare par Anne-James Chaton et Andy Moor, Lundi 21 novembre, Aula du Palais Universitaire, 21h
« Nous nous proposons d’inventer de nouveaux décors mouvants. », Performance des étudiants en Arts du spectacle, avec Christophe Greilsammer, en partenariat avec Le Maillon et la résidence Entre-Cabanes de la Cie Des châteaux en l’air, Mercredi 23 novembre, Aula du Palais Universitaire, 14h-17h
« Strasbourg / Plzeň : rendre l’appareil », Projections et lectures, en présence de Guillaume Chauvin, Mercredi 23 novembre, Maison de l’image, 17h30-19h
« Le cinéma de Guy Debord – In girum imus nocte et consumimur igni « , Projection-rencontre, animée par Jérôme Malien, Mercredi 23 novembre, Cinéma Star, 20h
Rock’n’roll… Of Corse! , Projection-rencontre et apéro-concert avec Henry Padovani, Jeudi 24 novembre, Cinéma Star, 20h
« De la mystification à l’action politique : aucun détour ne ment », Projection et table-ronde en présence de Guillaume Chauvin, Rémi Hubert, Alain Kaiser et Gérard Berréby. Suivie d’une discussion libre et festive. Vendredi 25 novembre, Stimultania, pôle de photographie/« Chauvin/Hubert/Paris Match, 19h30
Plusieurs arrestations commandées par la justice antiterroriste ont eu lieu ce week-end, à Strasbourg et Marseille. Le Marché de Noël n’était pas la cible, selon le maire Roland Ries qui a maintenu la manifestation. Parmi les personnes arrêtées figure un animateur scolaire, employé dans les écoles de Strasbourg.
« Dans la nuit de samedi à dimanche, 7 individus âgés de 29 à 37 ans, de nationalités française, marocaine et afghane, ont été arrêtés à Strasbourg et Marseille. Six sont inconnus des services de police. Un ressortissant marocain, qui ne résidait pas en France, avait été signalé par un pays partenaire », a précisé, lundi matin, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.
Selon Bernard Cazeneuve, ces arrestations font suite à une enquête menée depuis plus de 8 mois, en lien avec les 5 arrestations menées en juin à la veille de l’Euro de football. Aucun des sept personnes arrêtées samedi n’étaient fichées par le renseignement français. Selon le ministre de l’Intérieur, un « attentat a été déjoué » mais pas à Strasbourg, d’après le maire Roland Ries qui a indiqué lundi matin que le Marché de Noël était maintenu. Le Parquet antiterroriste reste lui beaucoup plus prudent.
Selon L’Obs, plusieurs armes ont été retrouvées lors des perquisitions à Strasbourg, dont un pistolet-mitrailleur de type Uzi et quatre pistolets automatiques ainsi que des munitions. Des documents d’allégeance à l’organisation Etat islamique ont également été saisis. Si les personnes de Marseille étaient « les banquiers », ceux de Strasbourg étaient « opérationnels ».
Deux des personnes interpellées à Strasbourg sont soupçonnées de s’être rendus en Syrie, via Chypre.
La demi-lune du Neuhof (Google)
Un agent de la Ville parmi les personnes interpellées
Le maire de Strasbourg a en outre révélé que parmi les 4 personnes arrêtées à Strasbourg se trouvait un agent de la Ville, un animateur scolaire. Lors d’une conférence de presse en fin d’après-midi, la municipalité a précisé qu’il s’agissait d’une personne intervenant pendant les repas des enfants à l’école primaire de la Meinau et durant l’accueil périscolaire à l’école maternelle du même nom. Né en 1979, vacataire pendant 10 ans, apprécié par sa hiérarchie et par les enfants selon la municipalité, l’animateur a été titularisé en 2014.
Selon des sources proches du dossier, il a effectué un séjour en Syrie et deux pistolets ont été retrouvés chez lui.
Pour Alain Fontanel, premier adjoint au maire (PS) et en charge du personnel, aucun signe ne permettait de prendre des mesures préventives :
« Nous sommes attentifs aux signes extérieurs de radicalisation. Mais là, cet agent n’était évidemment pas fiché par les services de renseignement, qui ont dû mener une enquête de plusieurs mois avant de l’arrêter. Par ailleurs, cette personne donnait entièrement satisfaction dans son travail. Nous ne savons pas ce qui lui est reproché. Nous verrons bien à l’issue de sa garde à vue quelles suites donner. »
Les ordinateurs dont il aurait pu se servir ont été saisis par les policiers de la DGSI. Des affiches ont été placardées à l’école de la Meinau et une réunion avec les parents, rappelant comment sont recrutés et évalués les agents de la municipalité, doit se tenir mardi.
Une enquête menée depuis Paris
L’opération a été menée par la DGSI (direction générale de la sécurité intérieure) dans le cadre d’une enquête préliminaire du Parquet antiterroriste de Paris. Selon Le Parisien, l’interpellation des 4 hommes strasbourgeois a été effectuée vers 3h du matin dans le quartier de la Meinau, et du Neuhof. Les hommes auraient été repérés vendredi alors qu’ils attendaient une livraison d’armes.
En parallèle de ces arrestations à Strasbourg, deux hommes ont également été arrêtés dans la nuit de samedi à dimanche à Marseille. Les sept hommes sont actuellement entendus en garde à vue par les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Le ministre a précisé que depuis le début de l’année 2016, 418 interpellations en lien avec des réseaux terroristes ont été menées.