Photo : par Johann Conrad Werdmuller / Wikimedia Commons / cc
Plongée à la fin du Moyen-Âge samedi 16 et dimanche 17 juillet, avec l’arrivée de la Hirsebreifacht qui célèbre tous les dix ans un pacte d’assistance entre Strasbourg et Zurich conclu en 1456.
Les samedi 16 et dimanche 17 juillet, le pacte d’assistance mutuelle conclu entre Strasbourg et Zurich au Moyen-Âge sera célébré avec l’arrivée de la Hirsebreifahrt.
En 1456, les Zurichois avaient démontré leur capacité à arriver rapidement pour défendre Strasbourg en apportant une marmite de bouillie de millet, encore chaude à l’arrivée. Ils avaient relié les deux cités en 22 heures, ce qui fait qu’un Strasbourgeois s’est même « brûlé les côtes » en goûtant la bouillie… En mémoire de cette performance, tous les 10 ans depuis 1946, des Zurichois rééditent cette aventure sportive et rallient Strasbourg en barque via le Rhin.
Hirsebreifahrt (par Johann Conrad Werdmuller / Wikimedia Commons / cc)
Les guerres de religion sont terminées en Europe mais la tradition perdure. Le club nautique de Zurich, le Limmat-Claub organise l’expédition sur le Rhin, en plusieurs jours, avec costumes et bouillie de millet.
Le maire de Zurich, Corine Mauch et la délégation zurichoise seront accueillis par Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg, samedi 16 juillet à 15h45, à l’embarcadère Rohan, place du Marché aux Poissons à Strasbourg. La délégation sera accueillie par une fanfare zurichoise et des dizaines de personnes auront passé pour l’occasion des costumes d’époque.
Le lendemain, dimanche 17 juillet, de 10h à 12h, il y aura un tournoi de joutes nautiques, entre la passerelle de l’abreuvoir et le pont Sainte-Madeleine, entre la Société Nautique de Strasbourg 1887 et le Limmat-Club Zürich.
La réforme territoriale prévoit que les Régions prennent la compétence économique au détriment des Départements. Mais ces derniers, surtout en Alsace, ne comptent pas se laisser faire. Une histoire de proximité, d’argent et aussi de carrière politique.
13 juin 2016, grève à l’usine de soupapes automobiles et marines Federal Mogul (ex-TRW) dans la vallée de la Bruche. Les salariés s’insurgent contre un nouveau plan social, un an après l’arrivée de l’investisseur américain. Alors que l’usine est à l’arrêt depuis une semaine, les clients (principalement Renault) risquent de ne plus être livrés si le mouvement se poursuit.
L’Agence de développement d’Alsace (Adira) est appelée à la rescousse. Le président du conseil départemental du Bas-Rhin et de l’Adira, Frédéric Bierry (LR), fait le déplacement aux côtés du directeur adjoint pour jouer les médiateurs.
Après une rencontre, la direction accepte de verser une prime supra-légale de 30 000 euros aux personnes licenciées et permet à des salariés de pouvoir partir dans le cadre de départs volontaires. Le soir-même, 80% des salariés votent la fin de la grève. L’engagement de Frédéric Bierry est salué par… la CFDT.
Ce que dit la loi
Cette scène aurait pu ne jamais exister en 2016, ou du moins avec d’autres personnages. La réforme territoriale (loi Notre) prévoit que les Régions, avec les Métropoles, deviennent les « chefs de file » de l’action économique. Mais elle n’a pas totalement fermé la porte à une action économique des Départements, selon la manière d’interpréter les textes. Certes, les Départements ne peuvent plus faire d’interventions directes, mais selon un conseiller de l’Association des Départements de France (ADF), des aides indirectes restent possibles :
« Les Départements peuvent toujours intervenir dans l’économie à travers les aménagements de zone, le tourisme, l’immobilier d’entreprises ou la solidarité territoriale envers les intercommunalités. Les Régions, qui n’étaient pas forcément prêtes pour ces nouvelles compétences, s’aperçoivent que les Département animent un secteur rural, notamment avec les TPE et PME, où elles ont peu de connaissances. »
Jusqu’ici les Départements dépensaient 1,53 milliard d’euros dans le développement économique contre 2,03 milliards pour les Régions selon La Gazette des communes.
C’est là que la partie commence. Qui décide(ra) vraiment qui paie, qui garde quoi et surtout dans quel intérêt ? Selon l’ADF : une vingtaine de Départements a complètement cessé ses dépenses pour le développement économique, pour se concentrer sur leur action principale : les solidarités. Mais ce n’est pas le cas en Alsace.
Frédéric Bierry et Eric Straumann, les deux présidents des départements alsaciens n’entendent pas laisser à la Région tout le développement économique (Photo Dep Haut-Rhin)
Les présidents des Départements veulent garder l’Adira
En Alsace, les deux Départements ont fusionné leurs agences économiques en une, l’Adira (comme pour les agences touristiques). Son président, Frédéric Bierry, ne compte pas lâcher l’institution créée dans les années 1950 et dans laquelle l’Eurométropole de Strasbourg est venue investir :
« On est d’accord sur le fait que la Région porte la stratégie, mais on veut y rester associés. Il y a pu avoir des crispations quand les Départements ont annoncé vouloir garder le développement économique, mais maintenant je crois que c’est compris. Si on veut diminuer la dépense sociale, il faut augmenter les moyens pour l’économie. L’Adira coûte 2 millions d’euros par an et a participé à sortir 3 000 bénéficiaires du RSA en leur redonnant une chance avec un emploi, soit 7 millions d’euros d’économie. Faire croire qu’un seul interlocuteur peut s’attribuer l’emploi, c’est se mentir. Il faut réunir les talents. »
Même position pour son homologue Éric Straumann (LR), député et président du conseil départemental du Haut-Rhin :
« On ne peut pas faire du Département un paradis social dans un désert économique. Ces agences ont fait leurs preuves et en créant une agence unique, on a aussi montré qu’on pouvait faire des économies d’échelles. Il faut maintenant trouver la meilleure articulation avec la Région. »
Des domaines cloisonnés jusqu’ici
Philippe Richert (LR), président de la nouvelle région Grand Est, a souvent minimisé ce rôle qualifié « d’animation », entres autres dans un entretien à Rue89 Strasbourg en mai, sans pour autant mettre hors-jeu les Départements :
« La Région étant chef de file, on n’imagine pas que les Départements fassent l’animation et que la Région paie tout. Les conseils départementaux ne paient plus l’innovation et le développement. Mais j’imagine ça en termes partenariat, car il est légitime que sur le terrain, les Départements soient aux côtés de la Région et des agglomérations. »
Un rôle d’animation estimé au contraire primordial par Frédéric Bierry :
« Je me suis par exemple rendu compte qu’on avait la première centrale géothermique du monde à Soultz-sous-Forêts, des chercheurs du CNRS à Strasbourg dans ce domaine et que ces personnes ne se rencontraient jamais. »
Depuis un an, son conseil départemental multiplie les événements à l’intention des entrepreneurs. C’est d’ailleurs Frédéric Bierry en personne qui assure la communication de l’Adira, notamment à travers sa page Facebook, depuis qu’il en a pris les rênes.
Jusqu’ici, l’ex-Région Alsace avait aussi son agence économique, mais les domaines étaient cloisonnés. La prospection et le rayonnement pour l’Agence d’attractivité d’Alsace (AAA), elle-même née d’une fusion d’agences en 2014, l’implantation et l’accompagnement opérationnel pour l’Adira. La réforme territoriale aurait pu rebattre les cartes, sauf que l’on se dirige vers un statut-quo.
Les carrières politiques en jeu, sur fond d’alsacianisme
Au-delà de la question de l’efficacité réelle des différents services se joue aussi une bataille pour le leadership politique de la droite alsacienne, voire du Grand Est. Pour peut-être viser plus haut après 2017, comme un ministère, si la droite revient au pouvoir.
En Alsace, Frédéric Bierry et Éric Straumann, dans un style différent, essayent aussi de surfer sur « l’alsacianisme » et de se placer pour la succession de Philippe Richert (lui qui avait un temps envisagé une retraite en 2015). Un domaine sur lequel le président du Grand Est ne peut plus être en pointe, puisqu’il doit donner des gages aux Lorrains et Champenois-Ardennais, déjà méfiants vis-à-vis de l’Alsace.
Avoir les entreprises à ses côtés
De son côté, Éric Straumann plaide pour un retour à une collectivité unique alsacienne, en fusionnant les deux départements. Une fusion rejetée par référendum en 2013, mais qui pourrait revenir « par la voie parlementaire », comme en Corse. Cette collectivité serait alors taillée sur-mesure pour le député et président haut-rhinois. A contrario le bas-rhinois Frédéric Bierry, qui ne cumule pas de mandat et risquerait de se retrouver coincé, tempérait ces ardeurs dans le journal L’Alsace en septembre 2015 : « ce n’est pas la priorité de nos concitoyens. »
Et dans cette quête, mieux vaut avoir les entreprises à ses côtés, que les allocataires du RSA ou les personnes handicapées, ce qui est pourtant le cœur de métier du Département. Exemple récent ? La Maison de l’Alsace sur les Champs-Élysées a été louée à des entreprises alsaciennes. Les Départements font coup double : ils arrêtent de dépenser 300 000 euros chacun et ne vendent pas ce joyau, ce qui aurait été un signal impopulaire, notamment dans les milieux de droite, attachés à l’identité alsacienne.
L’offre des entreprises alsaciennes pour 3 ans a été préférée à celle d’un groupe national (Regus) pourtant trois fois plus longue (9 ans) :
« On ne peut pas dire qu’on fait confiance aux entreprises alsaciennes et faire l’inverse quand une opportunité se présente » appuie Frédéric Bierry.
Passe d’armes autour du SRDEII
Les lignes pourraient encore bouger lors de l’élaboration de Schéma régional de développement économique d’innovation et d’internationalisation (SRDEII). Lors d’une conférence de presse de présentation, Philippe Richert avait souligné « des situations très hétérogènes » entre les dix départements du Grand Est sur le développement économique et aussi que le schéma aurait « une déclinaison opérationnelle ». Deux clins d’œils à la situation alsacienne, qui ferait figure d’exception.
Pour son élaboration, la Région va envoyer un questionnaire à 1 000 entreprises. Les sociétés alsaciennes, qui ont déjà vu passer un questionnaire pour la stratégie Alsace 2030, jamais mise en place avec la fusion des régions, pourraient traîner des pieds. Sans moyens supplémentaires que ceux des trois anciennes régions réunies pour le moment, les élus et les chefs de services doivent de leur côté multiplier les déplacements sur un territoire deux fois plus grand que la Belgique. L’occasion idéale pour le Département de labourer le terrain et prendre la place de l’interlocuteur de référence.
Lors d’une réunion de responsables économiques dans le Haut-Rhin, Sylvain Wasermann, vice-président de la Région a dû s’éclipser après un coup de fil lors du moment d’échanges final. Alors qu’il promettrait de revenir, les participants ne l’ont jamais revu, là où Frédéric Bierry, en tant que président de l’Adira, a pu rester longtemps à l’écoute des chefs d’entreprises. Ces derniers n’ont pas manqué de remarquer que la collectivité dépositaire de la compétence économique est injoignable tandis que celle qui n’a pas la compétence est bien présente…
Une nouvelle taxe qui crée des remous
Sans transfert financier de la part Départements, contrairement aux transports scolaires (non sans tension et petits coups bas), les Régions auront plus de moyens pour assumer leurs nouvelles responsabilités. C’est donc pour cela qu’une nouvelle taxe a été créée. Appuyée par Philippe Richert, président de l’Association des Régions de France (ARF), elle devrait permettre d’engranger 600 millions d’euros.
Selon La Tribune, il s’agirait d’une taxe additionnelle à l’actuelle cotisation foncière des entreprises (CFE) perçue par les communes et intercommunalités, qui serait alors dédiée aux régions. « S’il fallait trouver une ressource nouvelle, elle devrait d’abord s’appliquer aux départements qui sont davantage en difficulté », critique de son côté Éric Straumann.
Certaines régions de droite promettent d’appliquer un taux zéro. Les détails seront fixés dans le cadre de la loi de Finances 2017. Entre les primaires et l’épineuse question du développement économique, l’année 2016/2017 s’annonce donc comme une année où les rapports de force vont se bousculer dans la droite alsacienne. Avec des échéances plus lointaines en tête.
Comment lutter contre la radicalisation violente ? Alors que sept jeunes de Strasbourg ont été condamnés à des peines de 6 à 9 ans de prison ferme pour avoir passé plusieurs semaines au sein de l’Etat islamique en Syrie, le maire de Strasbourg, Roland Ries (PS), souhaite aider l’État pour éviter que d’autres ne prennent le même chemin. Il a confié à son adjoint aux finances, Olivier Bitz, une délégation de prévention de la radicalisation violente et nommé un chargé de mission à plein temps au sein de l’administration municipale.
Leur rôle sera de coordonner les politiques de la Ville face aux propos et aux actes, parfois déconcertants, dont sont témoins les agents : des certificats de dispense de pratique sportive systématiques pour les filles, des jeunes scolarisés qui demandent que personne ne mange de porc à la même table qu’eux, des problèmes de toutes sortes liés à l’utilisation des vestiaires et des douches dans les gymnases, etc.
Les agents ne savent pas comment réagir
Bien souvent, les agents ne savent pas comment réagir. Le premier objectif de la mission municipale sera donc de les former et de leur donner des clés pour gérer les revendications au fur et à mesure qu’elles apparaissent. Les sessions de formation débuteront à la rentrée dans deux quartiers de Strasbourg, que les élus ont refusé de préciser. Plus de 150 agents des directions de proximité doivent recevoir cette formation.
Le deuxième objectif est d’améliorer le signalement des personnes en voie de radicalisation. Depuis le début de l’année, déjà plus de 700 « signalements » ont été envoyés aux autorités pour le seul département du Bas-Rhin. Avec un tel flux, impossible pour le renseignement territorial d’objectiver ce qui relève du fantasme de ce qui peut inquiéter.
Une grille de comportements va donc être transmise aux agents, afin qu’ils puissent améliorer la qualité de ces signalements et y participer. Ces indicateurs ont déjà été listés par le ministère de l’Intérieur : changement d’habitudes vestimentaires, d’alimentation… D’une manière générale, tous les comportements qui semblent construire des murs autour de la personne et « la retirer du pacte républicain », selon Roland Ries :
« Il faut tout faire pour mettre en vigilance tout notre réseau d’agents dans les écoles, les centres culturels et nos partenaires comme les clubs sportifs. L’objectif est d’éviter que des personnes ne trouvent comme réponse à leurs problèmes que le départ en Syrie, voire pire, ne choisissent de commettre des actes terroristes. On nous demande souvent quoi faire, comment agir… Alors avec ce plan, nous allons prendre notre part à la lutte contre ce problème. »
Olivier Bitz (au centre) est en charge de mener la coordination pour la Ville de Strasbourg (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Aucun moyen supplémentaire
Un troisième volet de l’action consiste à agir lorsque des personnes ont été détectées en voie de désociabilisation. Là, le maire de Strasbourg admet qu’il n’y aura aucun moyen supplémentaire pour les services ou les associations déjà à l’œuvre sur le terrain, comme les éducateurs de rue. Il s’agit d’une « nouvelle priorité » qui s’ajoutera à leurs missions. Mais l’action sociale et la prévention spécialisée sont durement touchées par la baisse des subventions en provenance du Département du Bas-Rhin, un désengagement qui n’a pas été compensé par la Ville de Strasbourg.
De même, la radicalisation intervient bien souvent en milieu carcéral. Et là encore, le Spip (service pénitentiaire d’insertion et de probation), dont les missions sont justement d’accompagner les détenus après leur sortie, sont en grève permanente à la suite de coupes dans leurs budgets. Même situation dans l’Éducation nationale, où le nombre d’adultes capables d’écouter et d’accompagner les jeunes lorsqu’ils sont en difficulté ne cesse de se réduire.
Dans ces conditions, il faudra beaucoup d’énergie, de disponibilité et de discernement aux agents de la Ville de Strasbourg pour participer à cette lutte contre la radicalisation. En face d’eux, ils ont des forces aussi diverses et puissantes que les envies de révolte de la jeunesse, les algorithmes de Facebook, ou encore la précarité.
La nuit place Kléber à Strasbourg, de part et d’autre de l’Aubette, quatre haut-parleurs diffusent des fréquences très aigues en direction de la place Kléber et de la rue de la Haute Montée.
Des séquences de sons suraigües, entre 15 000 et 17 000 Hz, sont diffusées la nuit durant une seconde, à intervalle de dix secondes, devant le bâtiment de l’Aubette à Strasbourg. Ces séquences proviennent de quatre pavillons (haut-parleurs en forme conique) situés entre les portes vitrées de la galerie marchande et les grilles des entrées.
Un système sonore clandestin puisque ni la Ville de Strasbourg, propriétaire du bâtiment, ni le gestionnaire du centre commercial de l’Aubette ne sont informés de son existence. Le responsable technique du centre commercial, Michel Rey, a indiqué qu’il n’avait pas connaissance d’un tel dispositif, avant de renvoyer vers la Ville de Strasbourg. Mais à l’Eurométropole de Strasbourg, on affirme :
« A l’heure actuelle et malgré toutes nos recherches aucun de nos services ne voit de quoi il s’agit. »
Mystère, mystère ! Car la nuit, tout le monde – ou presque – peut entendre ces sons désagréables…
Un des quatre pavillons qui diffuse des séquences de sons suraigus (Photo LL/Rue89Strasbourg / cc)
Le dispositif ne cible que les jeunes, ces grands fauteurs de troubles, car l’homme perd généralement – avec l’âge ou suite à une simple fatigue auditive – la perception des sons les plus aigus. Il est possible qu’après avoir écouté de la musique au casque, vous n’entendiez rien en regardant la vidéo ci-dessous, même si vous avez 19 ans, mais que vous entendiez cette même séquence demain matin au réveil. Ou bien que vos excellentes oreilles soient irritées par ce bruit alors que vous avez 50 ans.
Voici une vidéo enregistrée devant l’Aubette. Vous pouvez entendre la séquence sonore – à condition d’avoir une « bonne » ouïe.
Ci-dessous, vous pouvez tester votre audition grâce à trois extraits sonores :
Analyse de la séquence sonore
L’analyse des fréquences sonores relevées à côté de l’Aubette révèle bien une émergence spectrale d’un peu plus de 30dB entre 15kHz et 16kHz par rapport au bruit environnant. Sur le graphique ci-dessous, l’échelle est relative et ne permet pas d’en déduire le niveau sonore. Cependant, en extrapolant et en considérant que le niveau sonore ambiant serait d’environ 35dBA (bruit moyen estimé place Kléber vers 22h), on peut considérer que les niveaux des aigus seraient d’environ 69dBA.
Spectre tiré de l’analyse de la séquence sonore par le logiciel audacity (Audacity/cc)
Échelle des décibels
Un dispositif singulier
Nous avons demandé à un acousticien de se rendre sur les lieux, spécialisé en acoustique du bâtiment depuis plus d’une dizaine d’années. Pour lui, il s’agit d’une séquence de sons programmés et non d’une simple fréquence monotone. En clair, un morceau de musique très bref et non une note unique. Les sons aigus sont très directifs et demandent plus de puissance que les fréquences classiques (proche de la voix) pour être diffusés à l’air libre. Ce dispositif singulier – qu’il n’a jamais observé auparavant – a donc une utilité précise. Mais laquelle ?
Dissuasion sonore ?
Les animaux aussi perçoivent ces sons suraigus. La diffusion de ces fréquences pourrait donc être destinée à éloigner des pigeons ou des nuisibles type rats, souris ou mulots. Mais pour lutter contre les volatiles, le dispositif devrait diffuser des sons encore plus aigus, audibles par les pigeons et non pas l’homme, et ce jour et nuit, pour être plus efficace et ne pas gêner les passants. Quant aux nuisibles, le dispositif devrait se situer à l’intérieur de la galerie marchande pour être utile et protéger les enseignes de restauration des rongeurs.
Puisque ces deux objectifs ne semblent pas être ceux recherchés, il ne reste que les jeunes comme cibles sensibles aux sons suraigus des boîtiers, dont la présence statique à l’extérieur du centre pourrait être mal vécue. Mais par quelqu’un qui refuse d’assumer son installation apparemment…
Car dans tous les cas, quelqu’un a bien installé ce dispositif à cet endroit très passant et continue de le faire fonctionner, à l’insu du propriétaire de l’Aubette et de son exploitant. Et si les doutes sur l’utilité de ces fréquences et sur l’origine de l’appareil subsistent, la gêne occasionnée par ces sons irritants pour ceux qui les entendent est en revanche certaine.
C’est un concert inédit, en accès libre, qu’accueillera le jardin des Deux-Rives le mardi 12 juillet. Colt Silvers Orchestral réunit le groupe électro-rock strasbourgeois Colt Silvers et l’orchestre philharmonique de Strasbourg dans le cadre de la Symphonie des Arts.
Parmi les nombreux rendez-vous et événements proposés dans la cadre de la Symphonie des Arts du 12 au 14 juillet en bord du Rhin au Jardin des deux rives (programme détaillé à lire ici), il y a notamment la toute première sortie de Colt Silvers Orchestral.
Colt Silvers et l’OPS pour une création inédite
À 19h30, le mardi 12 juillet, le trio électro-rock strasbourgeois Colt Silvers (Tristan Lepagney au chant, Agnan Banholzer à la guitare, Nicolas Lietaert à la basse), renforcé par la présence à la batterie du directeur artistique du label Deaf Rock Julien Hohl, rencontrera 17 instrumentistes de l’orchestre philharmonique de Strasbourg pour lancer l’expérience d’une nouvelle forme de création musicale, arrangée par Hervé Jamet et sous la baguette du chef d’orchestre Miguel Etchegoncelay.
Un concert inaugural, un album…
Avec ce projet né à l’automne 2014, Colt Silvers entre dans un univers quelque peu différent.
Le concert de Colt Silvers Orchestral, le 12 juillet, sera l’adaptation live du disque sur lequel ont déjà travaillé le groupe et l’orchestre philharmonique avec l’arrangeur Hervé Jamet afin de réécrire les partitions de onze morceaux issus d’albums de la discographie de Colt Silvers.
C’est ainsi que l’on retrouvera sur ce futur album, dont la sortie est prévue à l’automne 2016, des extraits de Red Panda et Gold Trees Gold mais aussi de Swords, dernier-né du trio strasbourgeois, présenté sur la scène de la Laiterie le 16 juin dans le cadre du festival des Artefacts (avant une sortie nationale le 30 septembre). En voici le second single, 2 Hearts :
… un documentaire et une tournée
2 Hearts ne figurera pas sur la tracklist du futur album de Colt Silvers Orchestral dont l’articulation s’est faite autour d’une nouvelle rédigée par les membres de Colt Silvers, incluant les notions d’Eros et de Thanatos, comme une quête de soi et de l’autre, une découverte des formes et des corps.
Colt Silvers Orchestral fera aussi l’objet d’un documentaire et d’une captation live interactive le soir-même du concert au jardin des deux rives à retrouver en DVD édité, lui aussi, à l’automne prochain avant le début d’une tournée du supergroupe amorcée à l’hiver 2017 avec, à la clé, deux grandes représentations prévues en Europe puis quatre autres concerts en format plus restreint (quatuor classique et Colt Silvers).
La CTS va devoir interrompre l’exploitation des lignes B et F du tram pendant deux semaines en juillet. La station Alt Winmärik ne sera plus desservie.
Profitant de la période estivale, la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) procède au remplacement et aux meulages d’une partie des rails de son réseau, améliore les supports des lignes aériennes de contact ou remplace des éléments d’aiguillages.
Dans un communiqué, la CTS indique que ces travaux vont la conduire à interrompre la circulation des lignes B et F entre les stations Faubourg National et Homme de Fer du 10 au 22 juillet. La station Alt Winmärik ne sera plus desservie pendant cette période. Un cheminement piéton permettra de rejoindre la station Faubourg National à la Gare. Pendant la durée des travaux, la ligne B à destination d’Hoenheim Gare effectuera exceptionnellement son départ à la Gare Centrale, depuis la station tram de la ligne C.
Interruption de l’accès à la station Alt Winmärik en juillet (doc CTS)
Plus de ligne F en juillet
La ligne F ne circulera pas. Des bus de remplacement permettront ainsi de relier les stations Elsau à Faubourg National selon une fréquence de 15 minutes jusqu’à 0h30.
Les premières opérations sont programmées dimanche 10 juillet, de 21h à 0h30. Durant cette soirée, la ligne B sera interrompue entre les stations Elsau et Faubourg National. La ligne F ne circulera pas. Des bus de remplacement permettront de relier les stations Elsau à Faubourg National selon une fréquence de 15 minutes jusqu’à 0h30.
Pour la Fête Nationale, le feu d’artifice sera tiré depuis le parc de l’Etoile à Strasbourg, jeudi 14 juillet à 22h30. Au même moment juste à côté, il y aura un petit bal populaire.
Jeudi 14 juillet, on pourra danser pour célébrer la République du côté de la place de l’Étoile à Strasbourg. À partir de 20h et jusqu’à 22h30, la Ville a invité l’orchestre Jour de fête pour assurer l’animation musicale d’un petit bal populaire place de la Bourse (place du Maréchal de Lattre de Tassigny). Puis ce sera au tour de DJ Guinguett’A de faire danser les Strasbourgeois « sur des tubes français d’hier et d’aujourd’hui », assure-t-on.
À 22h30, la Ville de Strasbourg promet « un spectacle pyrotechnique flamboyant » d’une vingtaine de minutes. Il sera tiré depuis le parc de l’Étoile pendant 20 minutes. Pour le voir, il convient donc de s’installer place de la Bourse, sur les quais Menachem Taffel ou du Général Koenig, sur les fronts de Neudorf ou devant Rivétoile.
Des restrictions de circulation et de stationnement ont été prises les 14 et 15 juillet. Sur la carte ci-dessous, les principaux points de perturbations pour les voitures. Plusieurs rues sont interdites à la circulation et au stationnement près du lieu de tir du feu d’artifice, et la circulation pourrait également être interrompue le 14 juillet au soir sur certains axes routiers à l’initiative des services de police.
La mise en place du dispositif de tir nécessitera l’interdiction de certaines voies aux piétons et aux cyclistes, du 14 juillet à partir de 5 heures au 15 juillet à midi :
la bretelle de sortie de la route du Rhin sur la route de Vienne (sens Allemagne-France)
le quai du Général Koenig, entre le pont d’Austerlitz et le pont de la Bourse, trottoir et berge côté bassin Dusuzeau
la route de Vienne;
le parc de l’Etoile, sauf le trottoir mixte de la voie Est pour les piétons et les cyclistes;
le rond-point Pierre Mendes-France.
À partir de 18h et pendant le feu d’artifice, les lieux suivants seront interdits à la circulation :
le parc de l’Etoile, dans sa totalité;
la rue de la Thumenau, entre le parc de l’Etoile et l’allée du Schluthfeld;
le pont de la Bourse, le pont d’Austerlitz et la rue du Marksgarten, côté parc de l’Etoile.
Quelques perturbations pour les trams
Le 14 juillet, de 19 heures à 21 heures, les tramways ne desserviront pas la station Etoile Bourse. Durant ce créneau horaire, il est possible de monter ou descendre aux stations situées avant et après la station Etoile Bourse : Porte de l’Hôpital (tram A et D) et Etoile Polygone (tram D et E).
A partir de 21 heures et jusqu’à la mise en sécurité du site de tir, la ligne A du tramway circulera entre Parc des Sports et Langstross – Grand’Rue. En raison des travaux d’entretien du tram programmés tout l’été dans le sud de l’agglomération, un bus de remplacement des trams A et E assurera la liaison entre Illkirch Lixenbuhl et Schulthfeld. La ligne D sera interrompue entre Etoile Polygone et Langstross – Grand’Rue.
Suivre le 14 juillet sur Twitter, avec les mots-clés #14juillet et #Strasbourg
Tant que Johnny Hallyday sera sur scène, ils répondront présents. Les fans du rocker national attendaient de pied ferme, jeudi 7 juillet, le concert prévu à Haguenau. Tatouages, voitures rock’n’roll et déclarations d’amour : en images, portrait des fous de Johnny.
Jeudi 7 juillet, le soleil tape fort sur Haguenau. Le concert de Johnny Hallyday ne débutera que dans six heures. Pourtant, ils sont bien là. Ils attendent. Quelques-uns ont planté la tente à proximité, la veille, mais la plupart patientent depuis l’aurore. Pour sûr, les fans de Johnny sont fidèles : beaucoup expliquent suivre ses tournées depuis plus de dix ans. Ce sont les fans irréductibles, la garde rapprochée et joyeuse de l’incontournable rocker français.
Présents depuis la veille ou l’aurore, les fans de Johnny l’attendent de pied ferme (Photo BB / Rue89 Strasbourg / cc)
Pour le concert de Johnny Hallyday, la mairie de Haguenau et la société organisatrice, M4K-Event, n’ont pas fait les choses à moitié : une scène de quarante tonnes, plus de deux cent projecteurs, près de 70 techniciens et un service de sécurité de 80 personnes. Près de 10 000 fans étaient attendus, mais il restait encore des places à vendre le jour-même. Au final, 8 800 personnes ont assisté au concert.
Devant les grilles (Photo BB / Rue89 Strasbourg / cc)
En début d’après-midi, ils ne sont qu’une cinquantaine à patienter aux trois points d’entrées autour de l’espace Vieille Île. Il y a des jeunes, des moins jeunes, tous amoureux du chanteur. Tee-shirts, tatouages, bandanas à l’effigie de Johnny, banderoles ou peintures : tout est bon pour montrer sa passion pour le musicien. Même une Laguna customisée.
Soudain, dans les rues de Haguenau : Johnny. (Photo BB/Rue89 Strasbourg)Le message est passé. (Photo BB/Rue89 Strasbourg)
Amoureux de Johnny un jour, fan toujours
Marco, lui, n’est pas tatoué à l’effigie de Johnny. Originaire d’un village près de Strasbourg, il n’a pas de voiture fantasque ou de Harley. Devant la buvette, accompagné de quelques amis, il montre son antiquité favorite, un tee-shirt :
« Ça fait trente ans que j’écoute Johnny. Ce tee-shirt là, je l’ai acheté lors de ma première venue au Stade de France, il y a un peu plus de quinze ans. Depuis, j’en achète un tous les ans ! »
« Allumeeeez le feu! » (Photo BB/ Rue89 Strasbourg / cc)L’idole est parfois tatoué sur le corps des fans (Photo BB / Rue89 Strasbourg / cc)
De nombreux alsaciens ont fait le déplacement. Jacky, lui, est ouvrier. Il est fan depuis 20 ans et est originaire de Ittenheim :
« Pour suivre les tournées, je prends mes congés en même temps. Ce soir, j’ai un peu hésité à cause du match. Mais bon, c’est Johnny. Le concert à Haguenau, c’était un peu un match à domicile ! »
« Retiens la nuiiiiit, pour nous deux, jusqu’à la fin du mooonde » (Photo BB/ Rue89 Strasbourg)Rock’n’roll spirit. (Photo BB/ Rue89 Strasbourg)
Certains ont quand même pensé à l’étouffante chaleur alsacienne. Paul, fan depuis 22 ans, est un des rares à avoir pris un parasol. Machiniste à proximité de Strasbourg, il est arrivé à 9h du matin. Son meilleur Johnny-souvenir ? Il en a deux :
« Mon premier concert était au Stade de France, à Paris. Il avait plu des torrents toute la journée et on attendait, trempé jusqu’aux os. Puis finalement, le concert a été annulé. L’horreur ! Du coup, dès le lendemain, j’ai pu rentrer à Strasbourg et assister au concert. C’était un coup de folie, mais c’était génial. C’est ça, une passion. Sinon, quand il a fait l’Olympia parce que… c’est l’Olympia ! »
De la bonne utilisation d’un parapluie. (Photo BB/ Rue89 Strasbourg)
La Bible du Biker
Certains ont une histoire particulière avec le chanteur et sa musique. En écoutant Johnny à un moment précis de leur vie ou dans une situation particulière, quelque chose s’est créé. Cyril explique qu’en 2009, lors du décès de son frère, il a découvert Johnny. C’est devenu un repère pour lui, « un moyen d’évacuer l’angoisse ». Depuis, il ne lâche plus : pour la tournée actuelle de « Rester Vivant », il en est à son deuxième concert.
Gurida amoureuse de Johnny depuis son enfance, montrant son cahier d’enfance à Cyril. (Photo: BB/ Rue89 Strasbourg)
Pour Gurida, la quarantaine, c’est une histoire d’enfance. Gamine, elle était déjà amoureuse du chanteur. Lorsqu’elle a quitté l’école primaire, elle avait demandé à ses copains de lui écrire un petit mot sur son carnet intime. Et ça ne manque pas : ils lui ont tous souhaité de rencontrer Johnny.
« Si je le rencontre, il est pour lui. Je lui ai aussi pris la « Bible du Biker », au cas où. »
Sa grande crainte ? Le décès de sa légende. « Mais bon, je préférerais qu’il meurt sur scène ! », explique-t-elle. Ce qui n’est pas du goût de tout le monde autour d’elle. « Ah non, il a une famille, il vaut mieux qu’ils soient ensemble », lui rétorque-t-on.
Un artiste y est même allé de sa petite création (photo BB/Rue89 Strasbourg)Reviens vite à Haguenau ! (Photo BB/ Rue89 Strasbourg)
De 250 à 39 euros : la chute des prix !
Pourtant, pas sûr que Johnny revienne à Haguenau. En cause : le nombre de places vendues. Près de 4 000 places n’auraient pas été écoulées. Probablement à cause d’un prix très élevé (entre 180 et 250 euros), subitement réduit durant les derniers jours précédents le concert (jusqu’à 39 euros). Du côté des commerçants, l’enthousiasme n’est pas franchement au rendez-vous. Sur la place d’Armes, le responsable de l’Ancienne Douane explique :
« Il y a un peu plus de monde, mais pas tant que ça. Le problème, c’est le jour : les gens regardent le match ! Puis le prix exorbitant. Ce soir, on sera complet. Mais cet après-midi, la terrasse n’est pas du tout remplie. »
Mais les quelques amateurs de Johnny Hallyday installés en terrasse sont repérables de loin. Motos et blousons de cuirs se promènent dans les rues, alors que les principaux tubes du chanteur sont entonnés à tue-tête. En attendant d’entendre l’artiste.
Foot ou concert, il a fallu trancher et parfois camper la veille (photo BB / Rue89 Strasbourg)Des enceintes sont installés sur la moto, mais le moto-radio n’a qu’un chanteur en stock. (Photo BB/ Rue89 Strasbourg)Un tandem père-fille venu de Mulhouse (Photo BB / Rue89 Strasbourg)
Après la compétition. – Cinq fois champion de France en voltige par équipe, l’alsacien Benjamin Rudolf a connu une longue traversée du désert avant de se reconvertir dans… la prothèse dentaire. Mais le démon de la compétition est toujours présent.
Deux chevaux dans le jardin, un centre équestre à deux rues de chez lui, multiple champion de voltige équestre, on pourrait croire que Benjamin Rudolf est dingue de cheval. Et pourtant, pas du tout :
« Je suis un mordu de compétition, pas un fan d’équitation. »
Tout jeune déjà, il s’investit à fond dans la voltige, car il sait qu’il aura la possibilité de monter sur des podiums. Inscrit par son père à l’ancien club d’Obenheim – aujourd’hui disparu – il y trouve une équipe prête à se lancer dans la compétition. À peine un an après son arrivée, la course aux podiums commence :
« C’est toute une alchimie qui s’est crée autour du cheval. Nous étions une famille. Nous formions une équipe de huit voltigeurs qui fonctionnait très bien. Pendant neuf années nous avons gagné presque tous les championnats d’Alsace et de France auxquels nous participions. »
Concours de voltige équestre au championnat de France de Montivilliers (document remis)
L’équipe commence avec Alissa, un double poney. Ils ont ensuite la chance de continuer avec Diane de Notebis, une jument elle-même devenue championne de France – les chevaux aussi sont notés en voltige. Ce sont Pierre Mallet, puis sa fille Dorothée, qui vont longer le cheval. Ils sont tous deux reconnus dans leur discipline et endossent le rôle important de faire évoluer le cheval en cercle à des allures régulières. Benjamin à droite, seul garçon de l’équipe de voltige, à la remise des prix
Une vie dédiée à la compétition
De 7 à 17 ans, Benjamin s’entraîne tous les mercredis, samedis et dimanches. Il enchaîne les stages de perfectionnement pendant les vacances. En saison, il se présente avec son équipe à un championnat tous les quinze jours. Toute sa vie tourne autour de la voltige. Alors quand l’une des filles, pilier de l’équipe, arrête la compétition pour se consacrer à ses études de médecine, c’est le drame :
« Ce qui est ingrat, c’est que lorsque c’est fini, tout s’arrête. Tu es obligé de passer à autre chose. Mais le problème, c’est que tu n’as pas forcément pris le temps d’y penser avant… Dans ma situation, continuer une carrière professionnelle, c’était compliqué. Nous les voltigeurs sommes un peu comme les gymnastes, nos carrières sont très brèves. Elles s’arrêtent à 25 ans grand maximum. »
Adolescent, Benjamin comble vite ce vide avec les copains. Il commence à fumer, à boire de l’alcool et à faire la fête. Côté famille et scolarité, les difficultés s’enchaînent. Il n’a plus son échappatoire : sa vie de sportif de haut niveau. Sans repère, il tombe dans l’excès, boit trop et fume un paquet par jour :
« La fin des compétitions laisse un gros vide. Tu ne sais plus quoi faire de tout ce temps que tu consacrais au sport. Et tu n’as plus la reconnaissance que le sport t’apportait. »
Un passage à vide bien rempli
Âgé d’une vingtaine d’années, il passe alors un Bac pro en commerce, sans conviction. Puis il trouve un boulot dans une boutique de musique. Il apprend vite, et sur le tas, la régie son et lumière. Rapidement, il crée sa propre société d’événementiel, ODE, et décide pour se faire connaître d’organiser une gigantesque soirée. En 2011, il emprunte à la banque et loue le parc des expositions de Colmar.
Soirée ODE organisée par Benjamin au parc des expositions de Colmar (documents remis / photography Ikare)
« Je ne fais jamais les choses à moitié. Avec du recul, je me dis que j’ai fait des choses un peu folles. Cette soirée au parc expo, c’était une grosse prise de risque. Ce soir là, j’ai fait bosser plus d’une centaine de personnes. Il y a eu plus de 2 500 entrées, mais il en aurait fallu 4 000 pour que cela soit rentable. J’ai perdu de l’argent, mais ce n’est pas si grave. »
Pour éponger ses dettes, Benjamin court après trois jobs en même temps. Il ne sait plus où donner de la tête et semble perdu. Physiquement, il est au plus bas. Sa vie marginale et son rythme de vie ne lui conviennent plus. C’est à cette époque qu’il rencontre sa femme, Charlotte.
L’appel de la dentine de synthèse
Charlotte travaille dans le cabinet de prothèses dentaires de ses parents. Après une brève hésitation à rejoindre l’affaire familiale, Benjamin accepte la proposition de son beau-père et travaille au cabinet. C’est l’opportunité pour lui de retrouver un équilibre qu’il n’a jamais réussi à obtenir depuis qu’il a arrêté la voltige.
Benjamin travaille un implant au cabinet de prothèse dentaire Delecaut (LL / Rue89 Strasbourg)
Il ne connaît rien à la dentine de synthèse, mais cet éternel fonceur, comme à son habitude, se lance à 200% dans l’aventure. Il aide à la mise en place du service CFAO (Conception et Fabrication Assistée par Ordinateur) puis reprend ses études pour devenir… prothésiste dentaire. Il poursuit actuellement sa deuxième année de BTM (Brevet Technique des Métiers), par alternance :
« Je suis le plus vieux de la classe, mais ça m’amuse. J’aime qu’il y ait du changement dans ma vie. J’aime les coups de boost. Lorsque je me suis senti épanoui en amour, je me suis marié. Lorsque je me suis senti professionnellement épanoui, nous avons décidé de faire des enfants. Et aujourd’hui, il ne me restait plus qu’à être sportivement épanoui, donc j’ai recommencé la compétition. »
Trois ans pour devenir un homme de fer
Et paf. À 29 ans, père de deux enfants (Éloïse 2 ans et demi et Léonard 7 mois), Benjamin s’est donné trois ans pour ressentir à nouveau la sensation de victoire, malgré ses 10 kg supplémentaires.
Épreuve de nage en eau libre d’une compétition de triathlon (document remis)
« La compétition me fait vibrer. Je prends plaisir à battre quelqu’un. C’est un trait de caractère mais cela n’a rien de sadique. J’ai beaucoup de respect pour les autres compétiteurs, peu importe qui gagne. Certains voient l’aspect combatif comme un excès de confiance en soi. Moi je pense que cette recherche de performance est positive et qu’elle m’a ouvert beaucoup de portes. »
Benjamin a choisi le triathlon, alors qu’il ne savait pas nager le crawl, car s’est un sport dans lequel il est possible d’être en haut niveau jusqu’à la quarantaine. Il a aussi eu la chance de rencontrer Arnaud Fabian, maître nageur et ancien membre de l’équipe de France de biathlon :
« Il a accepté de m’entraîner à condition que je sois sérieux car il n’a pas énormément de temps. J’ai fait des progrès rapides et j’ai fini dans les dix premiers sur toutes mes dernières compétitions. »
Ça, c’est pour les perfs. Maintenant, Benjamin souhaite se qualifier sur un triathlon Ironman (« homme de fer » : 3,8 km de nage, 180,2 km de vélo, puis un marathon pour se finir en douceur) l’année prochaine. Son but est de pouvoir participer au Graal des compétitions de triathlon : l’Ironman d’Hawaii.
Épreuve de cyclisme de triathlon (documents remis / Sportograf.com)
Et le sport s’invite un peu dans le quotidien…
Pour aller au bout de ses ambitions, Benjamin se plie à un emploi du temps ultra-serré.
Journée type :
Semaine type :
5h30
levé
Natation
14 km
6h à 7h
vélo
Course
40 à 50 km
7h30
déposer les enfants chez la nounou
Cyclisme
120 à 200 km
8 à 17h
boulot
Et de la préparation physique…
Jusqu’à 20h selon les jours
piscine ou course à pied
Benjamin a réussi à se classer parmi les 10 premiers aux dernières épreuves de triathlon en Alsace (documents remis)
« Je suis très accroché à la vie. Lorsqu’on a la chance d’être en bonne santé, il faut profiter de son corps. Je ne comprends pas les gens qui ne font pas de sport, ça me semble primordial. J’ai la curiosité de voir jusqu’où mon corps peut m’emmener et j’ai toujours envie d’aller plus loin avec lui. »
Comment transmettre le goût de la compet’ ?
« Mon grand plaisir ce serait que l’un des mes enfants veuille faire de la compétition. Là, c’est sûr que je deviendrai un vrai coach. J’aurais encore plus de plaisir à les voir sur un podium que d’y monter moi-même. »
Les deux enfants de Benjamin, Éloïse et Léonard (document remis)
Le jeune papa reste cependant lucide et tire des leçons de ses propres expériences. Pour lui, le sport doit rester secondaire. Il veut rester vigilant pour ses enfants car les carrières professionnelles restent rares et éphémères :
« Il faut pouvoir s’investir à fond tout en ayant les moyens de rebondir derrière. Le sport ce n’est pas la vie. La vie est à côté. »
Le Collectif « La Victoire pour tous », qui milite contre une privatisation des Bains municipaux de Strasbourg, réagit après les annonces de la municipalité de rénover les bâtiments pour en confier une partie à une société privée.
À l’issue de la délibération votée au conseil municipal du 27 juin, la compétence des Bains municipaux sera du ressort de la Ville – si l’on peut dire – puisque cette dernière délègue le soin de mener à bien la rénovation de cet ensemble à la Société Publique Locale (SPL) des Deux-Rives, dont l’Eurométropole détient 80% du capital. De plus – et opportunément – ce transfert de compétence annule de fait tout argument concernant « la rénovation de la piscine de la Victoire dans le cadre du plan piscine », engagement n°41 du candidat Roland Ries en 2014.
Au-delà du discours rodé consistant à dire que l’objectif est de réaliser cette opération sans augmentation de la fiscalité locale, ce qui nous importe en priorité est de comprendre la finalité véritable d’un montage complexe et changeant que certains élus ont même qualifié de « tarabiscoté » et qui se substitue au suivi classique des restaurations du patrimoine municipal opéré par les services de la Ville prévus à cet effet.
Parmi les objectifs affichés, l’un au moins est présenté sans complexe : en raison de la baisse des effectifs de la Ville (10%), la totalité des employés municipaux actuellement en charge du bâtiment et de son fonctionnement sera affectée à d’autres tâches. Au-delà d’une simple logique comptable de gestion des ressources humaines, a-t-on pensé à la transmission du savoir-faire ?
Les Bains Municipaux peuvent-ils abriter une activité privée et publique ? (Photo Wikimedia Commons / cc)
L’autre point est de considérer que la SPL est à même de mettre en œuvre une opération que la Ville ne saurait pas faire : sociétés à fonds publics de droit privé (!) mises en œuvre en 2010 comme alternative aux opérations de partenariat public-privé dont beaucoup s’étaient révélées désastreuses pour les finances publiques, les SPL ont pour principal argument d’être administrées par des élus des collectivités publiques (ici en l’occurrence le maire, plus 2 conseillers municipaux et 7 eurométropolitains dont un seul de l’opposition).
Pour doter la SPL d’une capacité à lever les fonds nécessaires à cette opération (30 millions, chiffrage à la louche puisqu’il n’est pas lié à un cahier des charges), la Ville versera 4 millions d’euros, pas directement au projet, mais au capital de la SPL. Et, surtout, elle versera 2,6 millions par an pendant 30 ans (!), présentés comme un investissement et une compensation du déficit de fonctionnement de l’établissement, établi sur la base actuelle.
On comprend que, par cette offre alléchante, la Ville espère cette fois-ci mobiliser des investisseurs qui ne se sont pas bousculés au portillon, et surtout qui, apparemment, n’ont pas souhaité supporter le prix de la rénovation : c’est avec des fonds publics que celle-ci sera réalisée, contrairement à ce qui était affirmé initialement (« la Ville n’a pas l’argent »). Cette volte-face est même présentée comme une concession faite aux opposants au projet, ce qui est une pure pirouette de rhétorique !
Silence complet concernant l’aile médicale
Après un examen attentif des projets de la Ville, nous constatons que, sur de nombreux points, prévaut un flou inquiétant dont on ne sait s’il résulte d’une certaine difficulté à effectuer ce montage ou du besoin de se laisser des marges de manœuvre. Ainsi, alors même que les responsables présentent comme une preuve du maintien de la mixité sociale l’attribution de la chaufferie au programme « sport-santé », pourquoi ne prend-il pas place dans le bâtiment des bains médicinaux, ces lieux qui, historiquement, étaient dédiés à la santé et au sport ? À moins que ce ne soit que des bureaux – et non la santé ni le sport pour les usagers…
Ces mêmes responsables, répétant leur engagement à conserver l’édifice – mais dont le maire refuse le classement total souhaité par les instances nationales depuis 2012 – avouent de façon ingénue avoir abandonné pour des raisons financières l’hypothèse d’un programme hôtelier dans cette aile, transformation radicale ayant bien sûr porté atteinte à la nature des espaces actuels qui, contrairement aux déclarations d’Olivier Bitz (adjoint au maire en charge du dossier, ndlr), ne sont pas « vides » : mis à part le sous-sol, ce bâtiment est occupé en presque totalité – et c’est bien la raison de son bon état de conservation. Le sauna y fonctionne toujours d’ailleurs.
L’ensemble des bâtiments des Bains Municipaux (Photo Wikimedia Commons / cc)
Gestion privée et pérennité du patrimoine
Parmi les types de délégation du service public, le choix de l’affermage, aux conséquences et risques bien connus et quelles que soient les exigences de la Ville, le délégataire se paiera (charges et profit) sur les usagers. Ainsi, pour maintenir un ou des bassins au tarif public, d’autres activités seront forcément surfacturées. En cas d’arrêt de la délégation, la collectivité assumera les pertes et le déficit (voir le cas de la patinoire, de l’incinérateur).
Il faut aussi savoir que le délégataire ne s’attache pas nécessairement à la pérennité du bâtiment, ce n’est pas dans ses prérogatives. Or, plus que centenaires et malgré la vétusté de certaines parties, les Bains sont toujours en fonctionnement : au-delà de l’excellence de l’architecture engagée par la Ville (en régie !) au début du XXème siècle, nous devons ce fait en grande partie aux agents qui s’en sont occupés au quotidien, en dehors d’une logique de profit et en travaillant souvent au sous-sol, considéré comme « vide ».
Portage public ?
« La SPL porterait, sur le mode concessif, les travaux », selon Olivier Bitz en conseil municipal. Il y a une contradiction flagrante entre l’objectif répété de procéder à une opération non coûteuse pour le contribuable et les engagements hasardeux auxquels ces élus ont peut-être déjà souscrit auprès d’opérateurs privés potentiels (dont bien sûr on ne sait rien) sur la longue durée, avec pour toute garantie un contrôle qui ne sera plus celui de l’ensemble des élus mais celui des seuls membres du conseil d’administration de la SPL.
Aucun de ces engagements n’est pérenne. Ils n’ont pour véritable raison d’être que la volonté – pour une fois très claire – de la municipalité de ne plus traiter le dossier par ses propres services. Et ceci sans prendre en compte une volonté populaire qui s’est déjà exprimée à de nombreuses reprises pour le maintien d’un service public dans cet établissement, ce qui n’empêche en aucune manière d’établir un projet de rénovation et d’amélioration, souhaité par tous et, en premier, par ses utilisateurs.
Le collectif rappelle sa position initiale, soutenue par plus de 6 000 citoyens, de maintenir public l’ensemble que constituent, dans leur aspect patrimonial et dans leur usage, les Bains municipaux de la Victoire.
Deux tours : une réhabilitation de la Maison du bâtiment, et l’autre devant l’édifice à l’abandon remplaceront le site en friche à l’entrée de Strasbourg.
Jacques Avenel, directeur de Spiral, et Francis Meppiel, président d’Edifipierre ont dévoilé les premiers visuels de la future Maison du bâtiment – à l’abandon depuis 2006 – lors d’une conférence de presse avec le maire Roland Ries (PS) et son adjoint à l’urbanisme Alain Jund (EELV) ce mercredi 6 juillet.
Les deux tours de deux promoteurs différents ont été pensées pour être cohérentes (doc. remis)
Beaucoup d’étudiants à la Canopée
L’édifice de 14 étages place de Haguenau sera conservé et réhabilité en une tour de logements. On y comptera 75 logements sociaux pour étudiants, 136 au sein d’une résidence étudiante et 40 et à 50 appartements privés (« selon la demande », dixit Francis Meppiel) dans les quatre étages supérieurs. Avec quelques balcons et loggia pour ces derniers.
Au sommet, beaucoup de végétation de type tropical ce qui fera que le bâtiment prendra le doux nom de Canopée. Cette tour sera réalisée par Edifipierre. Un investissement d’environ 20 millions d’euros et un ouf de soulagement pour les élus locaux, souvent interpellés sur cette entrée de ville, qualifiée de « verrue » (une partie de l’histoire ici).
L’architecte principal est Francis Parent (d’Archi-Cube), aidé par l’architecte designer Benoît Coquille et l’architecte paysagiste Serge Gross
Vue arrière du bâtiment réalisé par 3 architectes (document remis)
4 300€ le mètre-carré dans Plein ciel
À quelques mètres de là, une autre tour se dressera. Haute de 15 étages et en escaliers, elle s’appellera « Plein Ciel ». Elle remplacera les anciens locaux de la Banque populaire qui seront désamiantés et détruits. On y trouvera 60 logements en accession, 18 à prix intermédiaires locatifs et 20 logements sociaux. Pour les logements en accession, le prix de départ est 4 300 euros par mètre-carré.
A l’avant, une nouvelle tour de 15 étages, appelée Plein ciel dessiné par les architectes de Denu et Paradon (doc. remis)
De plus, 74 places de parkings se situeront en sous-sol et un peu au rez-de-chaussée. Un espace à partager avec quelques commerces, qui se répartiront 300m². Pour cette tour, c’est Spiral qui sera à la manœuvre. Le budget est similaire à sa voisine, environ 20 millions d’euros.
Trouver un usage pour le parking vide
Quant au parking à l’arrière, seul terrain qui appartient à la Ville de Strasbourg, il sera intégré dans une concertation plus large à l’automne 2016, qui devrait durer six mois. Ces discussions auront pour but de redéfinir l’aménagement de l’ensemble de la place de Haguenau. Espérons qu’elle soit plus fructueuse que celle sur le tram vers l’ouest (le collectif pour le tram à Koenigshoffen proposait justement un tracé par la gare qui permettait un prolongement futur du tram jusqu’à cette place).
Le parking inutilisé appartient toujours à la Ville de Strasbourg
Un projet pour les bâtiments devant, qui seront désamiantés et détruits, et un autre pour la tour. (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)
La concertation s’annonce serrée, car il ne sera pas question de « réduire les flux » de voitures qui desservent l’autoroute, Schiltigheim et la gare a prévenu Roland Ries. Il est néanmoins question de rendre l’accès au parc au centre de la place plus sympathique. La ville de Schiltigheim, limitrophe du carrefour devrait y être associé, c’est en tout cas le souhait du maire Jean-Marie Kutner (UDI).
Les travaux doivent débuter début 2017 pour se terminer deux ans plus tard.
Les sept jeunes hommes de la « filière de Strasbourg », partis quelques mois en Syrie ont tous été condamnés à de la prison ferme. La peine maximale, 9 ans, concerne le frère d’un des terroristes des attentats du 11 novembre.
Le tribunal correctionnel de Paris a pratiquement suivi les peines requises envers les sept Alsaciens de la « filière de Strasbourg ». Partis combattre le régime de Bachar El-Assad en Syrie en décembre 2013, les sept individus, âgés de 24 à 27 ans, ont été condamnés à 6 à 9 ans de prison ferme.
Le procureur avait demandé 10 ans de rétention pour quatre d’entre eux, soit la peine maximale pour « association de malfaiteurs en vue de commettre des actes de terrorisme ». Il avait requis 8 ans pour les trois autres.
9 ans pour Karim Mohamed Aggad, frère d’un kamikaze du Bataclan
La peine la plus sévère concerne Karim Mohamed-Aggad, frère aîné de Foued, l’un des kamikazes du Bataclan lors des attentats du 13 novembre. Il avait suivi un entrainement militaire. Selon une journaliste de France Info, l’avocat de Karim Mohamed-Aggad va faire appel de la décision.
Me Cotta va faire appel du jugement de Karim Mohamed-Aggad (9 ans de prison), la peine la plus sévère dans le groupe de #Strasbourg
Les autres membres ont été condamnés entre 6 et 8 ans de prison.
Terroristes ou jeunes piégés ?
Lors du procès, les jeunes hommes avaient indiqué qu’ils pensaient combattre le régime dictatorial aux côtés des rebelles et non rejoindre le groupe terroriste Daech. Dégoûtés par une captivité humiliante et la mort de deux de leurs amis, ils se seraient ensuite échappés pour rentrer en France en ordre dispersés début 2014.
La Ville de Strasbourg a demandé à la Société Nautique de Strasbourg – 1887 de ressortir les pagodes, les lances et les banderoles pour organiser à Strasbourg des joutes nautiques, dans la grande tradition pluri-séculaire de la ville.
Selon Wikipedia, les premières joutes nautiques de Strasbourg ont eu lieu le 20 juillet 1377 :
« Ce sont les deux plus importantes corporations marchandes de Strasbourg, les bateliers et les pêcheurs qui en sont à l’origine. Ils se servaient de leurs embarcations et organisaient des tournois sur l’Ill pour imiter les joutes équestres des chevaliers. »
L’encyclopédie en ligne rappelle qu’à l’occasion de la visite de Louis XV en octobre 1744, puis pour la visite de l’impératrice Joséphine, de « grandes fêtes populaires sont organisées autour de joutes nautiques devant le palais Rohan ».
Joutes Nautiques devant le Palais Rohan à Strasbourg (doc Wikimedia Commons / cc)
Les joutes nautiques alsaciennes tirent de cette tradition une pratique légèrement différente : quatre rameurs sont assis les uns derrière les autres à cheval un banc central. Chaque rameur est équipé d’un seul aviron. Le barreur est chargé de manœuvrer la barque à l’aide d’un stachelrime, une rame semblable à une pagaie et qui sert d’aviron de gouverne.
Une technique locale
Le jouteur doit se tenir la jambe droite tendue en arrière, la jambe gauche en avant genou fléchi, sur une plate-forme appelée le bock montée à l’arrière du bateau. Il est armé d’une lance longue de 3,50 m et terminée par un tampon de cuir qu’il tient des deux mains, la gauche sur l’avant de la traverse de la lance, la droite sur l’arrière. Il affronte le coup de lance de son adversaire poitrine nue. Il est pieds nus, son short et son maillot sont aux couleurs de sa société. Le jouteur qui a mis son adversaire à l’eau, doit ensuite faire tourner deux fois sa lance au-dessus de la tête, sous peine de perdre les points de sa victoire.
Mais depuis 1988, les joutes n’avaient plus lieu au centre-ville de Strasbourg. À l’occasion des travaux sur les quais et de leur piétonisation, temporaire assure la Ville de Strasbourg, la municipalité a demandé à la Société Nautique de Strasbourg de renouer avec cette tradition. Des premiers échanges de mises à l’eau auront lieu samedi 9 juillet, dans l’après-midi, sous réserve de conditions météorologiques favorables.
Cette session servira d’entraînement pour le vrai tournoi, dimanche 17 juillet, contre le Limmat-Club de Zürich, qui sera présent à Strasbourg après la Hirsebreifahrt, une célébration tous les 10 ans, en barque, d’un pacte d’assistance mutuelle entre Strasbourg et Zürich.
Comment rendre la vie à la campagne attractive avec moins d’argent, mais que les habitants sont toujours plus exigeants ? C’est l’exercice d’équilibriste auxquels se prêtent les maires des petites villes et villages depuis plusieurs années. Revue d’idées.
Garder l’école dans son village, »ça rythme les journées » entonnent les habitants comme les élus. Un enjeu vital donc, mais quand la population baisse, il n’y a pas toujours assez d’élèves. En dehors du salaire des enseignants, tous les frais sont à la charge des communes. Solution : partager entre plusieurs villages.
Exemple dans les cols vosgiens, les petites et moyennes section de maternelle ainsi que les cours moyens à Saint-Blaise la Roche, la grande section et le CP à Ranrupt et le CE1 et le CE2 à Colroy-la-Roche. Même organisation à quelques kilomètres, à Saulxures, ce qui permet d’avoir 100 élèves dans le village, soit un quart de la population. Un peu d’économies de gestion pour tous et pas d’école fermée.
Moins d’argent depuis 2013
Ainsi va la vie dans les petites villes et villages d’Alsace, parfois à l’écart des secteurs à l’économie dynamique. Depuis 2013, elles doivent composer avec moins d’argent de l’État, ce qu’on appelle la dotation globale de fonctionnement (DGF). Chaque année, ce sont quelques milliers ou dizaines de milliers d’euros de moins sur environ un million d’euros de budget.
Une salle des fêtes dans une mairie, parfois seul lieu de vie d’une commune rurale (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Une mairie est censée assurer, entre autres, les permis de construire, les crèches, les écoles primaires, les foyers de personnes âgées, la culture (bibliothèques, musées, écoles de musique, salles de spectacle), l’entretien des rues ou les élections avec souvent un secrétaire de mairie, parfois à mi-temps, comme seul personnel administratif. L’inflation ou la réévaluation du traitement des agents provoquent des augmentations mécaniques des dépenses, et de nouvelles responsabilités ont parfois été fixées par loi, comme l’aménagement des activités périscolaires (souvent appelés « rythmes scolaires »).
« Principale préoccupation » des maires
À écouter Claude Kern (UDI), sénateur-maire de Gries et président de l’association des maires du Bas-Rhin, boucler le budget de sa commune est devenu la principale préoccupation des élus locaux. Bien sûr, il y a aussi un peu de récupération politique en grossissant le trait pour les maires les plus politisés. Dénoncer ces difficultés est une bonne occasion de taper sur le gouvernement quand la droite espère reprendre les commandes en 2017. On se rappelle de la manifestation des maires en septembre 2015, qui étaient accompagnés des députés, sénateurs et conseillers départementaux (certains cumulant la double-casquette) de droite. La même droite pourtant assez prompt à demander au gouvernement de réaliser plus d’économies.
Dans ce contexte, les travaux deviennent vite la variable d’ajustement explique le sénateur-maire de Gries, Claude Kern (UDI), président de l’association des maires du Bas-Rhin :
« Nous avons privilégié la mise aux normes de l’école et reporté à l’année suivante la mise en accessibilité pour handicapés de la mairie. »
Et pour économiser sur les frais, ce sont les élus qui se sont retroussés les manches un samedi :
« Nous avons fait détruire les toilettes par les élus, plutôt que de passer par une entreprise. »
Bricoler, c’est l’un des moyens trouvé pour économiser par Hubert Herry, maire sans étiquette de Saulxures, en s’appuyant sur la solidarité des habitants :
« J’ai la chance d’être à la retraite et de pouvoir bricoler. Ici, quand il faut changer une une vanne d’eau, on regarde si un habitant en a une. La dernière fois, cela est revenu à 750€, là où une entreprise demandait 5 000 euros. En ville, on commande un bureau d’étude, ici on bricole. »
Autres sources de nouveaux revenus, l’attribution des permis de chasse, réévalués tous les 9 ans, qui sont passés de 16 000 euros à 32 000 euros, « ça compense la baisse de la DGF », ou en négociant les contrats d’assurances avec 26 autres communes, une économie de « 4 000 euros par an à Saulxures. »
Les journées citoyennes
Dans un autre ordre d’idée, la commune de Griesheim-sur-Souffel a mis en place depuis 2012 des « journées citoyennes », un concept venu de Berrwiller (Haut-Rhin). Un samedi en mai, les habitants s’occupent de l’entretien de la commune : repeindre des lampadaires, des passages piétons, construire un nouvel arrêt de bus, réparer un muret, selon les capacités et compétences de chacun. Pour le maire René Wunenburger et son adjointe Chantal Jacob (sans étiquette) la démarche est avant tout politique :
« C’est se réapproprier le bien commun et l’espace public. Les journée citoyennes ne sont ni de gauche ou de droite, mais font tomber les barrières sociologiques. Juste dire qu’on paie ses impôts, c’est se dédouaner. »
Le maire René Wunenburger et son adjointe Chantal Jacob. Cette année, les habitants ont aussi construit une cabane anti-GCO (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Pour la cinquième édition, 120 personnes, soit plus de 10% de la population sont venues à cet événement aussi festif. Si l’objectif n’était pas économique à l’origine, le maire reconnait que cela permet des travaux de « quelques milliers d’euros » que la commune ne payerait pas aujourd’hui.
Une vingtaine de communes bas-rhinoise ont emboîté le pas à Griesheim-sur-Souffel (contre 200 dans le Haut-Rhin dont Mulhouse). Le maire espère pouvoir présenter la démarche lors du prochain congrès des maires du Bas-Rhin en septembre et faire des émules. Grand motif de satisfaction de René Wunenburger : « L’arrêt de bus n’a plus jamais été tagué depuis qu’on l’a refait! »
Un arrêt de bus remis en état par les habitants de Griesheim sur Souffel lors d’une journée citoyenne (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Jean Vogel dénonce les inégalités des communes
À Saâles (852 habitants), au sommet des cols vosgiens, le maire Jean Vogel a fait de la dénonciation des difficultés des petites communes un combat politique comme en prenant la parole au congrès des maires en juin. (« Mais le président de l’association des maires François Baroin (LR) s’en fiche. Il n’est venu que pour les caméras », tacle-t-il).
Ce sympathisant écologiste élu depuis 21 ans regorge d’exemples chiffrés :
« Une commune similaire du massif central (927 habitants) perçoit 223 000 euros contre 130 000 euros pour nous, sans que personne ne puisse l’expliquer. Plus bas dans la vallée, Wisches (2 500 habitants) reçoit 600 000 euros de compensation de la taxe professionnelle, supprimée en 2012, contre 27 000 pour Saâles où peu de sociétés ont élu domicile. Un de mes administrés peut comparer avec son fils qui vit en région parisienne : il paie deux fois moins d’impôts locaux, son bien vaut deux fois plus cher et il dispose de dix fois plus de services… »
Jean Vogel, maire de Saâles, engagé contre les inégalités entre communes rurales (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Pour lui, les investissements actuels servent la sécurité (la route principale est traversée par 800 à 900 camions par jour) et maintenir les commerces ou services en place. Ils devraient au contraire servir à en attirer des nouveaux, pour ne pas trop souffrir de la comparaison avec les villes.
Une maison de services a pourtant été inaugurée en 2011. Mais un médecin généraliste arrivé il y a quelques mois le reconnaît lui-même, il est surtout venu pour travailler près de chez lui lors de ses dernières années et par solidarité. Il effectue encore 50 à 60 heures de présence par semaine pour « 5 000 à 6 000 euros par mois ». La difficulté sera d’attirer un jeune médecin qui restera longtemps.
Des habitants de Saâles refusent l’abandon par l’Etat de leur commune (Photo remise)
De l’argent sur appel à projets
Dans les environs, tout le monde n’aime pas le ton virulent de Jean Vogel et ses panneaux « territoire abandonné ». Certes, ses détracteurs lui reconnaissent qu’il « pose une vraie question », sur le rééquilibrage entre les communes riches et pauvres. Mais pour Thierry Sieffer (PS), maire de Ranrupt, il est normal que les communes participent aux efforts :
« Il y a moins d’argent de manière automatique, mais de nombreux mécanismes pour en obtenir. Il faut désormais avoir des idées pour disposer de budgets, plutôt que de se retrouver à monter des projets car on ne sait plus comment utiliser l’argent disponible. »
À Ranrupt, les montants des travaux sont minimalistes : une place de la mairie à 60 000 euros, une aire de jeux sous forme de « mini-forêt » à 50 000 euros. Trois adjoints se partagent l’indemnité prévue pour deux.
Thierry Sieffer, maire PS de Ranrupt depuis 2014 jamais à court d’idées pour sa commune (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
La coupe du bois
Ce bûcheron de 45 ans élu pour la première fois en 2014 pense que dans les cols vosgiens, les marges de manœuvre sont à chercher dans la coupe de bois, parfois gérée par les communes. Pour cela, il faut une stratégie commune, mêlant propriétaires privés et secteur public. À ce sujet, il explique qu’un article de Rue89 Strasbourg sur les forêts privées « défigurées » a agi comme « un électrochoc » :
« Tout le monde a suivi une initiation à la méthode de coupe écologique Pro Silva. Sur un secteur, on avait 44 propriétaires pour 8 hectares. Si chacun fait ce qu’il veut, ce n’est pas dans l’intérêt général. On a beaucoup à apprendre de ce qui se fait en Lorraine. »
En 2014, cela a rapporté 120 000 euros. Problème, ce revenu est aléatoire avec la météo (2016 s’annonce une mauvaise année car pluvieuse), l’évolution des prix et il y a des années où il faut moins couper pour permettre la repousse. D’autres années, il faudra compter sur 40 ou 50 000 euros de recettes. Thierry Sieffer regrette que les communes n’aillent pas plus loin dans la mutualisation du personnel.
Un Pacte pour la ruralité à la région
Conscient de ces difficultés, le président de la Région Grand Est Philippe Richert (LR) a fait voter dès son élection un « pacte de la ruralité », doté de 23 millions d’euros en soutien aux petites communes. L’élu alsacien, issu de la campagne, a parlé de ce malaise dès son discours d’investiture :
« Nous savons la grande souffrance de nos territoires ruraux, nous connaissons le sentiment d’abandon et de déréliction. Nous savons ce que cela veut dire lorsque les services ferment les uns après les autres, les commerces, les médecins, les entreprises… ».
Ces propos ciblaient davantage la Lorraine et la Champagne Ardenne, où le FN a enregistré ses meilleurs scores lors des régionales 2015. Après les deux premiers volets d’attribution, 60 communes dans le Bas-Rhin et 41 dans le Haut-Rhin ont vu leur dossier accepté (464 communes au total pour 5,4 millions d’euros). Ce programme est parfois accueilli avec un scepticisme. L’aide de la Région est de 20% du montant d’un investissement, dans la limite de 20 000 euros et ne peut être croisée avec d’autres financements.
« Quel village modeste a 100 000 euros dans les cartons et va le réaliser grâce à 20 000 euros ? », s’étonne Thierry Sieffer, dont la commune a bénéficié de 13 735 € sur les 68 676 € programmés pour l’aire de jeu et la réfection de routes. Le groupe de gauche a dénoncé des subventions “de confort” pour certaines communes, en prenant les exemples de Saint-Ail (54), Diefmatten (68) ou Haussimont (51) dont les moyens sont 3 à 5 fois supérieurs à la moyenne des communes similaires. Avis assez similaire côté FN qui parle de « plan comm’ » et aimerait davantage pour les « territoires oubliés », mais qui a néanmoins voté la deuxième partie.
Transfert aux intercommunalités
Avec la réforme territoriales (Loi NOTRe), moins de charges sont censées peser sur les villes et villages puisqu’une partie de leurs compétences, comme la gestion de l’eau et des déchets, doit être transférée aux intercommunalités, c’est-à-dire des regroupements de villes (15 000 habitants minimum).
Des transferts généralement bien accueillis, mais cela ne va pas toujours créer des économies constate Hubert Herry :
« A Saulxures, on gérait l’eau en direct. En passant par une grosse structure qui génère plus de frais pour toute la communauté de communes, le prix pourrait passer de 1,30€ à 2,60€ le mètre-cube… »
Mairie de Menchhoffen, photo de Une (par Romain Decker / Flickr /cc)
Malgré cette carotte financière, les fusions rencontrent encore des réticences, selon Jean Vogel :
« Deux communes pauvres n’ont jamais fait une commune riche. Ça peut faire sens pour des villages qui se touchent, mais moins quand il y a plusieurs kilomètres d’écart. »
La fusion tendue de Kaysersberg peut calmer les volontés d’imitation (photo Auriane Poillet / Rue89 Strasbourg)
Autre argument plus symbolique ou psychologique, changer le nom de la commune est parfois vécu comme un aveu de faiblesse ou de déclassement. « Les gens sont accrochés à leur environnement », soupire un maire. Alors même dans le cas de fusion, on laisse parfois l’ancien panneau à l’entrée. Il faut comprendre que dans certains villages, les habitants distinguent parfois ceux « du lotissement » (habitations plus récentes) et ceux « du village » (historique).
Plus sélectif, le Département toujours appelé en pompier
Dans ce contexte, le Département est souvent appelé à la rescousse pour financer des projets. Mais lui aussi est contraint par les baisses de dotations, ce qui a eu « des répercussions sur notre action par rapport au programme » (la baisse des dotations est pourtant connue depuis 2014, un an avant les élections départementales) dixit Etienne Wolff vice-président (LR) du conseil départemental et maire de Brumath. Il explique que la sélection est plus exigeante :
« Avant, tous les maires avaient l’habitude d’envoyer leur budget au Département et c’était systématiquement accepté. Désormais, il faut que le projet ait un impact sur le territoire et pas juste pour la commune. On accompagne aussi la réflexion des des maires pour savoir si leur travaux sont pertinents. »
Samedi 9 juillet, une trentaine de cuisines ambulantes vont poser leurs fourneaux dans trois rues du quartier gare de Strasbourg. Il s’agit de la première édition du « Strasbourg Street Food Festival ».
Avec le développement des « foodtrucks », ces petits camions qui emmènent tout un restaurant dans leurs bagages, un festival de la cuisine ambulante était attendu. Et c’est un restaurant, paradoxalement, qui l’organise à Strasbourg, la Ruche aux Deux Reines. Appelé « Strasbourg Street Food Festival » (#SSFF), l’événement va concentrer samedi 9 juillet, de 11h à 21h30, plus d’une trentaine de foodtrucks et de stands rue de la Course dans le quartier gare et déborder sur la Petite rue de la Course et sur la rue Déserte.
Pour Vicky Djama, gérante de La Ruche Aux Deux-Reines et organisatrice de l’événement, l’objectif est de montrer la vitalité de ce secteur :
« Il y a des foodtrucks qui viennent majoritairement d’Alsace mais aussi de Savoie ou d’Allemagne. C’est un univers extrêmement divers, qui propose des cuisines du monde, souvent préparées par des passionnés. C’est ce qui nous a plu. L’an dernier, on avait déjà invité trois foodtrucks et plus d’un millier de personnes s’étaient déplacées spontanément. Alors on s’est dit qu’on allait renouveler l’expérience cette année… »
Organisation low-cost
Le SSFF attend plus de 15 000 visiteurs. Sur la page Facebook, plus de 30 000 personnes ont indiqué « être intéressées », ce qui permet d’anticiper un réel succès populaire. Des concerts de musique brésilienne sont prévus sur la terrasse du restaurant, en plein milieu du festival, à 13h et un mix à 18h.
Chaque foodtruck paie 130€ la location de son emplacement, ce qui lui permettra en outre de se raccorder à l’électricité. Il garde l’intégralité de ses recettes, tous les foodtrucks et les stands présents ont déjà une pratique de la vente ambulante de repas.
Jean-Claude Meyer, directeur de la publication de La Feuille de Chou, a été relaxé mardi des faits de diffamation par le tribunal de grande instance de Strasbourg. Jean-Claude Bournez, responsable de la mission Rom de la Ville de Strasbourg, reprochait au blogueur d’avoir laissé entendre dans deux articles publiés en décembre 2014 qu’il avait personnellement demandé l’expulsion de familles, installées sur des camps gérés par la municipalité.
De son côté, Jean-Claude Meyer a fait valoir qu’il a eu un rôle de lanceur d’alerte, sur une situation de détresse sanitaire pour des familles comportant parfois de très jeunes enfants.
Les détails de la prescription
Le tribunal ne s’est pas prononcé sur les faits reprochés à Jean-Claude Meyer. Suivant la plaidoirie de son avocat Me Simon Burkatzki, il a constaté que le délai de prescription de trois mois était dépassé à la date de l’audience, qui s’est tenue le 2 juin. Me Burkatzki avait alors pointé que le renvoi de l’audience initiale n’avait pas été accompagné d’un jugement interrompant la prescription.
Constatant cette erreur du tribunal, le juge n’a eu d’autre choix que de prononcer la relaxe pour faits prescrits.