À chaque nouvelle manifestation contre la « loi travail », une même chanson, une même rengaine reste dans les têtes des Strasbourgeois : « Myriam, Myriam, Myriiiiaaam, ta loi travail est une loi infâme. Myriam, Myriam, Myriaaaaam, ta loi travail, le peuple la condamne ! » Comment en est-on arrivé là ? Reportage au sein du Prolet Tanz Klub.
Ils sont de toutes les manifestations. Installés sur un camion de location en têtes de cortège, ils donnent le tempo des combats à mener. Ils jouent sur la scène locale des rues de Strasbourg mais ils font aussi des tournées, à Paris par exemple lors de la grande manifestation du 14 juin.
Eux, c’est un groupe de copains, syndicalistes de la CGT et musiciens. Leur nom : le Prolet Tanz Klub (PTK). Le groupe existe depuis une quinzaine d’années. Il y a cinq ans, le PTK même sorti un CD en édition très limitée (environ 500 exemplaires).
Mais avec leur « big forever tour » que leur confère les manifestations hebdomadaires contre la loi réformant le code du travail, ils envisagent désormais de sortir le tube de l’été, « Myriam » en CD ainsi qu’une compilation des meilleurs chants revendicatifs à entonner en manifestation. Pour mémoire, le refrain :
« Myriam, Myriam, Myriiiiaaam, ta loi travail est une loi infâme. Myriam, Myriam, Myriaaaaam, ta loi travail, le peuple la condamne ! »
Une équipe tournante
Le PTZ peut compter sur un répertoire d’une dizaine de chansons, composées par ces musiciens de combat la plupart du temps mais aussi issues du répertoire traditionnel des chansons de luttes.
Deux chanteurs, deux batteurs, un djembé, deux guitaristes, un saxophoniste… Le « line up » du PTK est fluctuant afin de permettre à la formation d’être de toutes les manifs. Frédéric Karas, leader et batteur ainsi que délégué syndical CGT chez Orange, est à l’origine de la formation, et de tous les combats.
Rue89 Strasbourg a rencontré le PTK, peu avant le début de leur concert… la manifestation du 28 juin.
Terrain de jeux des bidouilleurs, programmeurs informatiques en herbe et créatifs, le festival Edgefest investira la presqu’île Malraux à Strasbourg ce week-end. Curieux ou amoureux des technologies sont invités à venir y explorer les nouveaux territoires du numérique. Et vendredi soir, beach party devant la médiathèque.
En anglais, le terme « edge » peut avoir plusieurs significations : c’est la frontière, le tranchant ou l’avant-garde. C’est aussi une norme de téléphonie mobile, permettant d’apporter un Internet famélique en zone rurale. C’est aussi le dernier né des navigateurs web de Microsoft.
Toutes ces définitions peuvent avoir un peu de sens, si l’on veut expliquer ce qu’est le Edgefest, festival des communautés numériques et créatives de Strasbourg. Organisé par Alsace Digitale du 30 juin au 9 juillet, avec un temps fort ce week-end sur la presqu’île Malraux, le festival cherche à faire découvrir les nouveaux horizons du numérique et leur devenir.
Démos, apéros, tutoriels…
Avant tout, le Edgefest veut faire de la presqu’île Malraux le territoire privilégié de tout ceux qui aiment tester, bidouiller, créer et entreprendre. Le but : permettre de créer des liens entre les professions et de lancer de nouvelles collaborations.
L’année dernière, près de 3 500 personnes s’étaient rendu au festival. (Photo: Edgefest)
Mercredi soir, les histoires de startups seront contées à l’UGC : les fondateurs viennent décrire comment ils sont passés de l’idée un peu folle à la réalisation, des chemin toujours sinueux, des récits toujours épiques. Jeudi soir, l’apéro entrepreneurs réunira plus de 350 professionnels de la région, dans un grand brassage économico-relationnel tandis qu’au même moment, une conférence sur l’innovation en matière de cartographie tentera d’expliquer comment l’exploration à beaux jours devant elle.
Scanne ta face en 3D et apprends à coder
Comme chaque année, le Edgefest veut également mobiliser les plus jeunes et les moins férus d’informatique et de nouvelles technologies. Pour rendre les échanges intéractifs et ouverts à tous, une ribambelle d’activités de découverte est proposée. Emmanuelle Ebel-Jost, en charge de l’organisation du festival, explique :
« Notre idée, ce n’est pas forcément d’avoir plus de monde que les années précédentes. Mais d’ancrer l’évènement, de faire de nouvelles propositions, de créer une ébullition autour du digital à Strasbourg »
Le Fablab du Shadok propose ainsi aux enfants de découvrir les scanners et l’impression 3D durant une après-midi, avec l’impression de son portrait en 3D. Des sessions « Code4Teens » et « Code4Kids » proposent aux jeunes (avec une session adulte, également), d’apprendre les bases des langages informatiques. Emmanuelle Ebel-Jost continue :
« L’ensemble des évènements est là pour sensibiliser aussi. Nos deux codings camps, le Digital Society Forum, qui s’adresse aux familles voulant débattre du numérique ou Startup Stories, qui propose d’échanger avec des startepeurs, ouvre les pratiques du numérique au plus grand nombre »
Des workshops originaux sont aussi mis en place : la création de robots dessinateurs, de mini bolides roulants et divers autres curiosités fantaisistes et connectées.
« La journée Edgeday, avec la Maker Day et la Demo Day, est une nouveauté que nous avons vraiment voulu. Le Maker Day, c’est pour que les gens mettent les mains dans le cambouis et voient que c’est simple de créer. Tandis que la Demo Day permet de sensibiliser, de s’approprier les futurs produits et se mettre dans le rôle de bêta-testeur. »
Le programme du Edgefest
Grosse grosse fête vendredi soir
Comme chaque année, le point d’orgue de ce festival aura lieu lors de la EdgeNight, vendredi soir sur la plage ensablée devant la médiathèque. Les effets conjugués d’un vidéomapping de la façade par AV Exciter pour les yeux et les performances de Dope Tone (Fred et Steven J), Lord Cumbia + Banana Split et Mudd Club Soundsystem pour les oreilles permettront de donner à la presqu’île Malraux des airs de fête. Attention, ça reste Strasbourg : donc pas de bière et à minuit, on remballe tout.
Quatre mois avant de confier le transport scolaire à la Région Grand Est, le conseil départemental du Bas-Rhin rend le transport scolaire payant et augmente le prix du transport interurbain classique. Comme pour d’autres Départements, cela permettra de verser un peu moins d’argent à la Région.
Les collégiens du Bas-Rhin qui voyageaient avec le réseau 67 (dans tout le département du Bas-Rhin en dehors des agglomérations de Strasbourg, Haguenau et Sélestat) profitaient de transports scolaires gratuits jusqu’à cette année. Leurs familles devront s’acquitter de 90 euros par an à la rentrée 2016. Quant aux lycéens, ils s’abonneront forcément à l’ensemble du réseau (135€ par an), car l’abonnement à la ligne scolaire seule (90€) disparaît.
Augmentation des trajets normaux
Autre augmentation au 1er septembre 2016, celui des tickets et abonnements de transport classiques sur le réseau 67.
Comme souvent, le président du conseil départemental du Bas-Rhin, Frédéric Bierry (LR), a imputé ce choix à des décisions du gouvernement : l’augmentation de la TVA dans les transports (de 5,5% à 10%), et l’ajout d’une demi-journée de classe contre des journées plus courtes. Ces deux mesures, en vigueur depuis 2014, entraînent un coût de respectivement 2 millions et 0,75 million d’euros, là où les nouvelles recettes sont estimés à 2,8 millions d’euros dans le cas du transport scolaire.
Augmentation de tarifs avant de passer les autocars à la Région Grand Est (photo département du Bas-Rhin)
Pas de tarification solidaire
Dans l’opposition socialiste au conseil départemental, Suzanne Kempf a notamment regretté lors de la séance plénière lundi que ces augmentations soient les mêmes pour tous les usagers, contrairement à celles du réseau strasbourgeois de la CTS, qui tient compte du quotient familial dans sa tarification :
« Nous ne contestons pas la hausse des tarifs, qui n’avait pas été faîte depuis plusieurs années et car la gratuité totale est une hérésie. Mais elle impactera différemment des ménages selon que les parents travaillent ou sont bénéficiaires des minima sociaux. Le transport est le deuxième poste de dépenses des ménages après le logement. Utiliser le quotient familial, qui est déjà un indicateur produit par la CAF ne crée pas de nouveau dispositif. »
Le président et sa majorité, notamment le rapporteur Marcel Bauer (LR), ont rétorqué que le Département instaure la gratuité pour le troisième enfant scolarisé et au-delà, ainsi qu’un plafond de 270€ par famille. Suzanne Kempf, avec Françoise Buffet (seules les 4 femmes élues du groupe PS et apparentés étaient présentes, contrairement aux 4 hommes) ont argumenté que ces dispositions s’appliquent à tous et non à ceux qui en ont le plus besoin. Frédéric Bierry a reconnu que les deux femmes « prêchaient un convaincu » sur le sujet, mais que le temps d’organisation était trop court pour une telle mise en œuvre. L’opposition s’est abstenue.
Cadeau empoisonné à la Région
Ces hausses interviennent 4 mois avant que la compétence des transports en autocar soit transférée aux Régions. Le président du Grand Est Philippe Richert (LR) s’était engagé de reprendre le transport en autocar « en l’état », c’est-à-dire aux mêmes conditions tarifaires que celle des départements et donc souvent gratuitement pour le transport scolaire. Ses collaborateurs goûtent donc peu à ce changement des règles du jeu entre temps.
À l’instar du Bas-Rhin, plusieurs départements de la grande région ont changé leurs tarifs à la hâte, notamment sur le transport scolaire, lors des derniers mois, ce qui a permis de baisser le niveau de la contribution qu’ils transféreront au Grand Est. Il s’agit d’un service public très largement subventionné : 92% pour le transport scolaire et 83,4% pour le transport interurbain, avant l’augmentation des tarifs (un taux qui baissera respectivement à 88% et 80,5%) dans le Bas-Rhin. Permettre le transport scolaire gratuit était le seul engagement du candidat PS Jean-Pierre Masseret lors de sa campagne pour les élections régionales fin 2015.
Grâce à ces augmentations, la participation des Départements va légèrement baisser lors des derniers mois de gestion. Un drôle de calcul, puisque la contribution annuelle versée aux régions à l’avenir sera calculée sur la moyenne de plusieurs années, mais au vu de la situation budgétaire des départements, toutes les économies sont bonnes à prendre.
Le photographe strasbourgeois Mathieu Piranda vient de publier une série de photos de Strasbourg, en incrustant manuellement des images d’archives à des prises de vues contemporaines. L’idée est d’aligner les deux scènes, ce qui donne l’impression qu’une fenêtre a été ouverte sur le passé. C’est très réussi, Mathieu Piranda a publié une vingtaine de clichés sur son blog, dans un recueil appelé « Instants mêlés ».
La Petite-France (Photo Mathieu Piranda)
Architecte, Mathieu Piranda explique comment il a travaillé et pourquoi :
« Il m’a fallu quelques semaines pour récupérer sur Internet quelques images d’archives de Strasbourg. Je les ai retaillées puis imprimées, afin de les mettre en situation. J’ai ensuite pris l’ensemble des photos en une matinée. L’idée est de questionner sur notre rapport à la ville : qu’est-ce qui change, qu’est-ce qui demeure ? Les gens ont souvent l’impression que tout change trop vite, mais cette série de photos devrait relativiser cette idée. »
(Photos Mathieu Piranda / Giphy)
Mathieu Piranda avait déjà publié une série de photos appelée « Désert Urbain », à l’occasion de la suppression du trafic motorisé dans le centre-ville de Strasbourg pendant le Marché de Noël 2015, sous état d’urgence.
La Ville de Strasbourg doit mettre en conformité avec l’accès des personnes à mobilité réduite plus de 400 bâtiments. Elle a provisionné 57 millions d’euros pour ça, mais elle profite des délais qui lui permettent d’étaler les travaux jusqu’en… 2024. La loi avait prévu qu’en 2015, l’accès à tous les bâtiments publics serait possible pour les personnes handicapées.
En 2005, la France a voulu améliorer le quotidien des personnes handicapées en imposant des rénovations sur les bâtiments publics, les voiries, les transports en commun ou encore les commerces. Pour se rendre accessible, un bâtiment devait être équipé de rampes d’accès lorsqu’il y a des marches, les supermarchés devaient espacer leurs rayons de 1,20 mètre et avoir une aire de demi-tour en fin d’allée. Si en 2015, un établissement n’était toujours pas à ces normes, il ferait l’objet de sanctions financières.
Seulement, à mi-chemin de cette échéance, en 2008, l’Etat s’est rendu compte qu’il était impossible de tenir les délais. La date butoir a donc été repoussée, visant trois années maximum pour la mise en oeuvre des travaux pour les bâtiments d’une capacité maximum de 200 personnes et d’une durée allant de six à neuf ans pour ceux qui recevraient plus de public. Certains lieux ont donc jusqu’à 2024 pour se mettre aux normes !
En contrepartie, les bâtiments recevant du public doivent déposer en préfecture ce qu’on appelle un « agenda d’accessibilité programmée » (Ad’ap), une liste des travaux à réaliser avec les délais prévus. Les retardataires s’exposent à une double sanction : un rétrécissement du délai de mise en oeuvre des travaux et une amende.
400 bâtiments pour la Ville, 60 pour l’Eurométropole
Marie-Dominique Dreyssé, adjointe au maire (EELV) de Strasbourg en charge de la présidence de la commission communale pour l’accessibilité aux personnes handicapées (CCAPH), explique:
« Au niveau de la Ville et de l’Eurométropole, nous avons déposé nos Ad’ap en mars 2015. Notre plan s’étale sur trois phases de trois années chacune, parce que beaucoup d’établissements sont à mettre en accessibilité : 400 pour la Ville et 60 pour l’Eurométropole. Ce qui fait une programmation extrêmement lourde avec des budgets conséquents : 57 millions d’euros de budget pour la Ville, 12 millions pour l’Eurométropole. »
Il y a trois ans, Stéphane Knoerr témoignait pour Rue89 Strasbourg. En fauteuil roulant suite à un accident de moto, il n’était déjà par convaincu lorsque la loi est sortie en 2005 et ne l’est toujours pas :
« Je ne peux pas dire que c’est le jour et la nuit depuis 2013. Certains commerces ont mis des rampes amovibles et des sonnettes à moins d’un mètre du sol. Mais les commerces qui n’étaient pas accessibles il y a trois ans ne le sont toujours pas aujourd’hui. »
Cela fait une vingtaine d’années que Stéphane Knoerr est en fauteuil roulant. (photo Auriane Poillet/Rue 89)
L’homme de 42 ans estime tout de même que des améliorations ont été faites, mais qu’à moitié :
« La Ville a transformé la rue des Frères en ce qu’elle appelle une zone de rencontre. C’est-à-dire que les piétons, les cyclistes et les voitures circulent dans un même espace, puisqu’il n’y a pas de trottoir. Sauf que dans certains magasins, il y a toujours une petite marche. »
La rue des Frères est un espace ouvert où piétons, voitures et cyclistes peuvent circuler sans espace délimité. (photo Auriane Poillet / Rue89 Strasbourg)
Cette petite marche, ce n’est pas à la Ville d’y remédier, mais aux commerces eux-mêmes. La mise en application de cette loi est difficile, car ses objectifs et les enjeux qui en découlent sont très importants, selon Marie Dominique Dreyssé :
« La loi disait, à échéance de dix ans (avant que la date butoir n’ait été repoussée), que l’accessibilité universelle c’est aussi bien l’accès a la culture, à la citoyenneté et le libre choix de ces parcours de vie. Il y avait des obligations structurelles clairement définies pour les espaces publics. Tout le monde est soumis à cette loi et en particulier les collectivités en ce qui touche les établissements recevant du public (ERP). »
Strasbourg ne sera jamais accessible à 100%
Mais Strasbourg doit aussi faire avec ses rues pavées et ses bâtiments historiques. L’Eurométropole est la huitième ville française après Lyon ou Rouen qui compte le plus de bâtiments historiques. Ce sont la Direction Départementale du Territoire (DDT) et la sous-commission départementale de la mise en accessibilité qui instruisent les dossiers Ad’ap.
L’adjointe au maire développe :
« C’est ce qu’on appelle les impossibilités techniques avérées. Pour le musée alsacien, par exemple, on ne va pas tout casser pour mettre un ascenseur ou des couloirs plus larges. Il y a des choses qui ne peuvent pas être accessibles mais des réponses peuvent être apportées, comme la visite virtuelle du musée via leur site internet. »
L’accès au parking de la place Kléber a été rendu plus aisé aux personnes à mobilité réduite. (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Stéphane Knoerr est conscient de ces difficultés de mise en oeuvre :
« On ne pourra jamais rendre un centre-ville historique comme celui de Strasbourg accessible à 100%. C’est une utopie de penser cela. Simplement, il faudrait que l’accès aux espaces historiques soit facilité pour pouvoir se rendre le plus près possible de ces endroits. Par exemple, on pourrait mettre des places handicapées à proximité de la cathédrale. »
André Wahl, président de l’Association de parents et de personnes handicapées (AAPEI) de Strasbourg et de l’Urapei, l’union régionale, est plutôt satisfait de cette mise en accessibilité :
« Cette ville est un exemple en matière d’investissements et d’engagements pour le handicap, l’handicap mental en particulier. Pour le handicap moteur, le principe est enclenché. En 2008, selon les municipalités et les moyens, la programmation financière n’était pas tout à fait calée, mais là j’ai le sentiment qu’en 2025 les choses seront bouclées. »
Dominique Wahl est président de l’association AAPEI. (photo Auriane Poillet / Rue89)
Un optimisme fort donc, même si la loi ne va pas assez loin selon lui :
« L’accessibilité doit aller au delà des bâtiments et ça ça n’a pas assez été pris en compte dans la loi de 2005. Il faut avoir, à chaque fois que c’est nécessaire, un accompagnement complémentaire. »
« Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir »
Pour aller dans ce sens, l’AAPEI a mis en place un pictogramme qui représente le handicap mental : deux visages, un de face, l’autre de profil, sur un masque. Au moins une personne de chaque commerce et bâtiments qui l’affichent sur leurs vitrines doit avoir été formée à l’accueil et à l’accompagnement des personnes handicapées. Rivétoile a été le premier centre commercial à s’en équiper. André Wahl s’en félicite :
« Si on prend l’ensemble des services (centres administratifs, médiathèques, piscines, musées…), il y a vraiment une évolution du point de vue de l’état d’esprit. Par rapport à ce que j’ai connu il y a trente ans, il y a une ouverture indéniable, un regard qui a changé dans un peu tous les secteurs. »
En 2012, Strasbourg était encore classée 61ème dans le classement accessibilité des villes françaises de l’APF (Association des Paralysés de France). L’association n’a pas mis à jour son classement depuis.
Le projet de loi réformant le Code du travail est de retour mardi devant l’Assemblée nationale pour une seconde et dernière lecture. Mais le désaccord entre la CGT, FO, l’Unef, Solidaires ainsi que d’autres syndicats et le gouvernement reste total, notamment sur l’article 2, qui prévoit que des accords d’entreprises puissent déroger aux accords de branches. Le gouvernement n’exclut pas un nouvel appel à l’article 49-3 de la constitution pour éviter de trop longs débats devant les députés.
De son côté, les syndicats appellent à une nouvelle manifestation, la douzième, un record. A Strasbourg, elle partira mardi à 14h de la place Kléber pour un circuit traditionnel. Le gouvernement parie sur un essoufflement du mouvement de protestation pendant l’été. De son côté, FO a admis que d’autres formes de protestation devaient être envisagées, devant l’irruption constante de casseurs dans les cortèges parisiens.
Le trajet à Strasbourg
Le trajet de la 12e manifestation est ultra classique
La semaine dernière, la manifestation avait attiré un peu plus d’un millier de participants.
Y aller
Manifestation contre la « loi travail », mardi 5 juillet à partir de 14 heures, départ place Kléber à Strasbourg.
Le festival Décibulles reprend ses quartiers d’été du 8 au 10 juillet prochain à Neuve-Eglise. Nouvelle édition du rendez-vous de la colline du Chêna avec un succès populaire qui ne se dément pas. Rue89 Strasbourg vous présente la programmation du cru 2016.
Que de chemin parcouru pour le festival Décibulles. 700 personnes pour marier décibels et bulles (de bière) pour la première édition en 1992, 5 000 entrées en 1998 lorsque l’association Décibulles devient la structure organisatrice, 7 000 festivaliers pour la 10è édition en 2001, 18 000 festivaliers lors de la 20è édition en 2013 puis deux années consécutives de records : 23 500 spectateurs en 2014, 26 000 festivaliers en 2015 et, surtout, trois jours complets l’an dernier, un record absolu !
Il faut dire que l’affiche était on ne peut plus savoureuse avec notamment Cypress Hill, Thiéfaine, IAM, Moriarty, Le Peuple de l’Herbe ou encore Tiken Jah Fakoly. Décibulles 2015, donc, c’était ça :
Le succès semble encore au rendez-vous cette année puisque le pass trois jours est d’ores et déjà épuisé, le dimanche affiche complet (malgré la finale de l’Euro de football ce même soir, qui sera d’ailleurs diffusée sur écran géant sur le site du festival) mais il reste encore des places en vente pour le vendredi et le samedi. Voici quelques-uns des immanquables de l’affiche de Décibulles 2016 pour en prendre plein les tympans et les yeux et se mettre au vert en musique durant le prochain week-end.
Vendredi 8 juillet : Vandal et Cunninlynguists
De l’anglophone à fond les ballons. A commencer par la folie furieuse « Kaotik » de Vandal, l’Anglais co-fondateur de ce mythique soundsystem, qui a fait de sa passion pour le reggae et la techno un style à part entière : le raggatek, inspiré de l’esprit des free parties, avec jungle, drum’n’bass et hardtek française. En voilà l’illustration en live :
Eux viendront poser leur flow solide, leurs beats puissants et leurs rimes subtiles et intelligentes un peu plus tôt dans la soirée : Cunninlynguists, trio américain actif depuis une quinzaine d’années, facteur d’un hip hop bien plus expérimental et underground que gangsta. Et pour des orfèvres du verbe adeptes du double sens et même de la polysémie des textes, rien de mieux que cette pépite à savourer sans modération :
Egalement au menu de ce vendredi 8 juillet : l’électro dansante du Caennais Fakear, la pop fédératrice de Charlie Winston ou encore le rock des Néerlandais de Birth of Joy.
Samedi 9 juillet : The Wanton Bishops
Ces Libanais aiment le blues et le rock et le jouent à la sauce garage, avec puissance, engagement, saturation et un son volontairement cradingue qui prend aux tripes. Eux, ce sont les Wanton Bishops. Un tandem fondateur, Nader Mansour et Eddy Ghossein, et des musiciens de scène pour assurer les tournées et les dates qui s’enchaînent dans le monde entier (Europe, Etats-Unis, Canada, Russie, Liban) depuis presque trois ans.
On les compare volontiers aux Black Keys, ils associent leur blues-rock psyché aux influences du Proche-Orient, électrisent leur oud et jonglent entre arabe et anglais dans leurs chansons.
Mais pour s’enflammer au son des Wanton Bishops, il faudra être là tôt : les Libanais monteront sur scène à 18h50 pour une heure de concert. Egalement au programme de ce samedi 9 juillet : Anna Calvi et Jeanne Added dont l’intensité musicale et le rock plus grand public attireront assurément une foule bien nombreuse puis un enchaînement électro avec le Slovène superstar des machines Gramatik ainsi que le DJ français Rone pour réchauffer la nuit.
Dimanche 10 juillet : Tryo
Bien que complet depuis quelques jours déjà, le plateau dominical mettra notamment en lumière un groupe légendaire pour les ados de la fin des années 90, lorsque les rythmes reggaeisants se déclinaient en français. Et en la matière, Tryo incarne encore la référence du genre :
Autre tête d’affiche du jour : Dub Inc. Les Stéphanois, emblématiques eux aussi de la fin des années 90 et de la première décennie 2000, refermeront cette nouvelle édition de Décibulles alors que leur sixième album, So What, sortira en septembre prochain, porté par ce single :
Egalement à l’affiche de ce dimanche 10 juillet : Camicela, La Yegros, Soviet Suprem et Faada Freddy.
Les lauréats du tremplin Décibulles
Comme chaque année, le festival Décibulles ouvre sa scène aux trois lauréats de son tremplin. C’est ainsi que le crew de hip hop mulhousien Sphère Primaire (dont le premier EP, Sans Gravité, est sorti en début d’année) ouvrira le festival le vendredi 8 juillet. Le lendemain, samedi 9 juillet, place à la pop romantique et mélancolique des Strasbourgeois The Grand Bay (leur premier mini-album, Has Fallen, est lui aussi disponible depuis quelques semaines) avant le concert de Camicela dès 15h40 le dimanche 10 juillet. Avec son violoncelle, ses machines et au chant, la Sélestadienne Camille Momper (alias Camicela) donnera un aperçu de son univers. A noter aussi que le trio strasbourgeois 100% Chevalier diffusera ses sonorités noisy-rock décoiffantes ce même dimanche 10 juillet (avant la clôture signée Dub Inc).
Frédéric Simon présente sa première saison au Maillon, théâtre de Strasbourg, en tant que nouveau directeur. Une saison de spectacles puissants et reconnus, et d’artistes, locaux ou non, présents sur le terrain. Tous doivent interroger le sens de l’humanité. Tour d’horizon de la saison 2016-2017 au Maillon.
Après avoir passé un an en préparation et en observation pendant la saison 2015-2016, dont la programmation était encore signée par Bernard Fleury, Frédéric Simon affiche cette fois les nouvelles couleurs du Maillon. Des pointures artistiques, de Maguy Marin à Alain Platel, de Joël Pommerat à Peeping Tom, donnent à cette première saison des marques de références.
On y retrouve aussi des fidélités à ce que l’on connaît du Maillon, comme l’accueil de Radhouane El Meddeb avec Pôle Sud ou le cirque décalé, comme celui, improbable et éminemment féminin, de Mad in Finland. Et puis des surprises. Mais que les aficionados du Maillon se rassurent, la transition devrait se faire en douceur. Les abonnements sont dores et déjà ouverts sur le site du Maillon et les spectacles seront présentés en détails et de façon exhaustive lors des apéros de saison début septembre.
« Mad in Finland » du Collectif MAD (Photo Sébastien Armengol)
L’art contemporain tire sa puissance de l’archaïsme
Pour Frédéric Simon, « l’art contemporain tire sa puissance de l’archaïsme ». Il explique :
« Ce qui relie l’ensemble de la programmation, c’est sa capacité à revenir sur ce qui, pour moi, est l’art contemporain. Je sais que c’est un peu théorique. Mais disons cela l’art contemporain est une réponse à un échec, l’intime conscience que dans l’histoire de l’humanité, à un moment, on s’est raté.
Les différents mouvements de l’art contemporain se sont mis en quête de quelque chose d’archaïque, comme un souvenir de l’avant-humain. Gisèle Vienne, par exemple, explore l’infra-humain, ce qu’on cache sous le tapis. D’autres artistes vont chercher des choses archaïques plutôt dans les rituels, dans ce qui est populaire. Beaucoup de danseurs se sont dit que c’était dans les danses populaires qu’il devait « rester » quelque chose, de non-conceptualisé par la pensée et la transmission écrite.
On peut le voir dans le spectacle d’Alessandro Sciarroni, qui travaille sur les danses populaires autrichiennes, ou Eszter Salamon avec ses rituels de guerre et de combat. On cherche au-delà de ce qui est culturel ou ethnique : on cherche ce qui est humain. Je me sens à l’aise à aller chercher ce qu’il y a d’anthropologique dans le spectacle vivant. »
« Monument 0 : Hanté par la guerre (1913-2013) » (Photo Ursula Kaufmann)
La loi des séries
Cette saison du Maillon amène aussi avec elle une proposition assez neuve : celle de présenter, de façon régulière, plusieurs spectacles – plus ou moins récents-, d’artistes choisis. Certains sont des artistes confirmés, au statut de monstre sacré, comme Maguy Marin, d’autres sont ceux qui montent, comme Radhouane El Meddeb, d’autres enfin sont les petits nouveaux (qui n’en brillent pas moins fort) comme Alessandro Sciarroni.
Beaucoup de danse, pour des spectacles co-accueillis avec d’autres structures culturelles du territoire : Pôle Sud, le TJP. Une phase d’expérimentation pour cette première saison, selon Frédéric Simon, qui devrait permettre de donner un autre regard sur les artistes.
« Cela nous permet d’augmenter la présence d’un artiste : exposer un artiste avec ses différentes facettes pour faire entrer les gens, à travers une discipline, dans un univers plus complexe. »
« FOLKS-S will you still love me tomorrow? » d’Alessandro Sciarroni (Photo Andrea Macchia)
C’est dans le même esprit que Frédéric Simon accueille deux spectacles de Wajdi Mouawad :Soeurs et Seuls, et deux autres de Michel Laubu :
« Concernant Wajdi Mouawad, c’est un artiste que j’apporte dans mes valises : nous sommes en partenariat depuis longtemps. Wajdi est quelqu’un qui cueillent les gens là où ils sont pour les emmener à un endroit très éloigné du monde, qui est la tragédie classique. Que ce soit pour Soeurs ou Seuls, ses pièces « domestiques », on commence presque avec une pièce du privé ou une sitcom et on finit avec une tragédie grecque. Ça a l’air très formel mais en fait on ne s’en rend pas du tout compte. On glisse de l’infra-ordinaire à l’héroïsme. »
« Soeurs » de Wajdi Mouawad (Photo Pascal Gély)
Obsession d’indisciplinarité
Frédéric Simon tient à remettre en question les codes traditionnels du spectacle vivant, le rapport frontal entre la salle et la scène, la lumière et l’ombre. Cela tombe à pic, puisque c’est aussi l’une des revendications identitaires du Maillon, quasiment depuis sa création : les indisciplinaires.
« Bounce! » (Photo Gaellic)
C’est, selon Frédéric Simon, en cassant ces codes que l’on peut donner à voir des spectacles qui soient saisissables par toutes et tous, sans pré-requis :
« Il y a de la danse, du théâtre sans texte, du texte rituel. Je pense à la manière dont Tiago Rodrigues monte cette tragédie de Shakespeare, Antoine et Cléopâtre : il en fait une espèce de musique d’amour, de douceur inattendue, comme des enfants, avec cette langue portugaise.
C’est pareil pour Joris Lacoste pour Suite N°2 avec L’Encyclopédie de la parole : il a trouvé des textes sur internet dans diverses langues qu’il fait interpréter par des comédiens qui ne sont pas de cette langue là. Cela donne un bruit de fond de l’humanité, qui parle, tout le temps. Le décalage entre les langues parlées et les corps des comédiens jettent le trouble – cela peut toucher n’importe qui. »
Des propositions hors-cadres
Une pièce se joue uniquement dans des classes – et est donc hors programmation, réservée aux élèves – : Master, de David Lescot et Jean-Pierre Baro. Une autre est un concert à l’envers, ou un spectacle à compléter, vous en êtes le héros à chaque fois : Myousic et Grande- . Une autre se passe d’humains, et l’affirme : c’est le Rimini Protokoll qui présente Nachlass – Pièces sans personnes. Une dernière enfin, Cold Blood, se joue avec les doigts. Et bien sûr il y a celle qui va durer, longtemps, une expérience théâtrale en collaboration avec le TNS et créée au Festival d’Avignon : 2666.
« Cold Blood » (Photo Julien Lambert)
Rodolphe Burger entre à la Cathédrale, Premières sort ses dernières
L’un des événements pour les Alsaciens pourrait bien être une date, unique, de concert de Rodolphe Burger à la Cathédrale : un monument local dans un autre. Entre amour et sacré, faisant le pont entre différentes cultures autour d’une certaine idée, poétique, de l’universel, Rodolphe Burger invite ses compagnons d’art à donner leur version du Cantique des Cantiques, en hommage au poète palestinien Mahmoud Darwich.
Un autre événement, déjà annoncé lors d’une conférence de presse tripartite il y a quelques semaines, est une sorte de dernière pour le Festival Premières, qui se fera en décembre. En attendant de trouver sa nouvelle forme, le festival va émettre son chant du cygne avec la présentation d’un spectacle vu dans le cadre du festival, Ibsen : Gespenster et avec une création d’un jeune metteur en scène déjà accueilli, lui aussi, pendant le festival, Prodromos Tsinikoris, accompagné cette fois d’Anestis Azas.
« Le Cantique des Cantiques » de Rodophe Burger (Photo Sebastien Klopfenstein)
Le modèle des « maisons de la culture »
Frédéric Simon veut considérer la mission du Maillon selon le modèle des « maisons de la culture » : des endroits vivants, ouverts sur le territoire, où les gens sont les bienvenus et où les salariés et les artistes vont à la rencontre des gens à l’extérieur. Son projet va donc, au-delà de la programmation et en lien, ou non, avec celle-ci, par-delà les murs, pour « être en mouvement » :
« Nous devons sortir pour aller entendre comment raisonne notre parole quand on est loin d’ici. Nous allons faire cela avec des artistes en les maillant, ceux qui passent et ceux qui restent. On aura des débats avec Wajdi Mouawad et avec Joël Pommerat, car ce sont des gens avec qui on parle beaucoup du réel, mais aussi avec des artistes d’ici, comme Ramona Poenaru, que j’ai rencontrée à Cluj [en Roumanie] et qui travaille sur des cabanes avec Gaël Chaillat quand nous nous intéressons à l’habitat. »
Bouger, avec « Le Mouvement de l’air », accueilli avec le TJP et les Migrateurs (Photo Romain Etienne)
Trois quartiers vont être au cœur du travail du Maillon la saison prochaine : Hautepierre, comme une évidence, le Port du Rhin, car les Roms et les gens du voyage ont des choses à partager sur « nos propres absences de libertés », et puis Koenigshoffen, « un quartier enclavé, qui n’existe peut-être pas vraiment dans l’imaginaire collectif, car on n’y passe pas. »
Hautepierre, le Port du Rhin : aller au devant des publics par les territoires
Au sujet d’Hautepierre, Frédéric Simon a des ambitions, qui viendront sans doute alimenter les discussions actuelles à la Ville de Strasbourg :
« Il faut qu’on explique qu’on est là, avec les collègues, les Migrateurs et les autres, le TJP, les Percussions de Strasbourg. Ce bâtiment est un mausolée, qui a brûlé un jour, qui n’a pas de forme, ni dans l’espace public, ni dans l’inconscient collectif. J’aimerais mettre un chapiteau devant, pour signaler qu’il y a du théâtre dedans. On pourrait penser, à plusieurs, la saison du Théâtre d’Hautepierre. »
Le Port du Rhin n’est pas moins exposé aux regards et aux projections diverses et variées en ce moment, avec la refonte urbaine du quartier. C’est le travail avec les gens du voyage, plus précisément, qui intéresse Frédéric Simon :
« Je trouve, dans ce quartier en train de basculer, des gens avec qui j’ai déjà travaillé ailleurs, qui sont les invisibles, souvent considérés plus comme des problèmes que comme des humains : les gens du voyage. C’est avec eux que j’ai envie de tester le bout de la France, une vie autonome qui s’était créée en lisière d’un monde. »
« Mitleid – Die Geschichte des Maschinengewehrs » de Milo Rau (Photo Daniel Seiffert)
L’idée est bien sûr de travailler avec les structures et compagnies déjà à l’œuvre sur ces territoires, de mettre à la disposition des travaux déjà engagés une certaine possibilité de « permanence » assurée par les ressources du Maillon. Frédéric Simon sait déjà que, « parfois, ce sera dur ». Il fera avec.
L’Allemagne en ligne de mire
Frédéric Simon rêve déjà d’investir aussi le terrain de l’Allemagne, ce « bel angle mort de Strasbourg ». Passionné par le bilinguisme et le rôle des jeux théâtraux dans la petite enfance, il travaille en ce moment à la création d’un festival jeune public franco-allemand dans les années à venir.
Indépendante, coordinatrice de projets et rédactrice, je travaille dans le champs des droits humains, du développement et de la culture, au niveau international mais aussi en local à Strasbourg.
Balade nature. – Pas Koh Lanta, mais presque. Fortes pluies puis grosses chaleurs peuvent donner à cette randonnée des allures de parcours du combattant. Mais le jeu en vaut la chandelle : de la ballastière de Bischheim au Wacken à Strasbourg, en passant par les étangs de pêche de Schiltigheim, cette promenade permet de découvrir les atouts des communes du nord de l’Eurométropole, avec, comme souvent, l’Ill en invitée.
Cette balade est mi-urbaine, mi-rurale. Il est nécessaire de s’équiper de bonnes chaussures (imperméables, en cas de pluie les jours précédents), du nécessaire pour se désaltérer et surtout, d’un bon anti-moustique ! Les traversées de forêts (Grossau, Vogelau) sont impitoyables pour les gambettes nues et les nuques appétissantes… Certains tronçons – les mêmes, à peu de choses près – sont impraticables à vélo.
Le circuit peut être effectué en 3h30 environ, avec de courtes pauses. Compter 4 heures, pour une marche plus cool ou une pause pique-nique. Il est possible d’écourter le parcours au bout de 2h30 environ (voir plus loin).
À la découverte des étangs de Schiltigheim et environs (carte MM / Rue89 Strasbourg)
Départ. – Comme précédemment, le point de départ de la balade est accessible en transports en commun, ici la station de tram Le Ried (ligne B). Si vous venez du centre de Strasbourg, prenez à droite en sortant du tramway – si vous venez du terminus Hoenheim Gare, c’est l’inverse ! Là, des immeubles résidentiels sont en construction.
1 – Les étangs de pêche de Schiltigheim
Suivez la piste cyclable (c’est la piste des Forts, que vous croiserez plusieurs fois) rue du Hohenbourg, jusqu’au carrefour avec la rue du Marais. Traversez l’artère et faites quelques pas vers la gauche. Après le Point infos sur la zone d’activités de la Vogelau, prenez la rue du Château-d’Angleterre. De Hœnheim, vous passez dans l’enclave nord de Schiltigheim.
Longue de quelques centaines de mètres, c’est la partie la moins « nature » du parcours. Continuez tout droit et longez la Clinique de l’Ill, une boucherie halal et d’autres entreprises… Rapidement, les arbres remplacent les constructions cubiques. Vous pénétrez alors dans un secteur où les étangs sont partout, à droite comme à gauche de la route. Et notamment des étangs de pêche, fermés au public. Certains plans d’eau sont accessibles, mais leurs abords ne sont pas aménagés et, bien sûr, il est interdit d’y piquer une tête…
De part et d’autre de la rue du Château d’Angleterre, des étangs et clubs de pêche – ici, Allée des Pêcheurs (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
2 – La Ballastière… de Schiltigheim ?
Un peu plus loin, sur cette route sans trottoir ni accotement tout du long, et assez passante, restez bien du côté gauche et en colonne par un. Tournez à gauche au croisement : un panneau indique une base de plongée. À repérer également : le marquage de la piste des Forts.
Suivez une très belle allée qui conduit à l’entrée de la Ballastière de Bischheim dont, à en croire Google maps, seul le parking est situé sur le ban communal de Bischheim. Longez le dit parking jusqu’à l’entrée des installations du plan d’eau et continuez tout droit par le Bischheimer Grossau. Avant qu’il ne bifurque vers la droite, poursuivez en face, par un petit chemin qui s’enfonce dans le bois.
Le parking du plan d’eau de la Ballastière est situé à Bischheim, l’étang en lui-même à Schiltigheim (Capture Google maps)
La Ballastière de Bischheim est l’un des plans d’eau les plus fréquentés de l’agglomération (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
3 – La forêt de la Grossau
Là, vous pénétrez dans la forêt de la Grossau. Ce petit bois est dense et ses chemins boueux, après les pluies torrentielles de ce printemps. Attention aussi aux moustiques qui pullulent à la faveur du combo « pluies-chaleur » ! Suivez le sentier principal et traversez cette forêt dense, très enveloppante.
Contrairement à ce qu’indiquent les divers plans (papier et web), il n’est pas possible de sortir de la forêt par l’est, vers le château d’Angleterre, où l’on planta pour la première fois, au XVIIème siècle, des pommes de terre et du tabac d’outre-Manche. Dans la forêt, prenez un sentier qui bifurque vers la droite (après un arbre tagué d’un pénis géant à la bombe orange…) et sortez de la forêt par les champs, pour rejoindre la rue du Château-d’Angleterre.
La forêt de la Grossau, entrée, sentier et sortie (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
4 – Autour de l’étang de la Vogelau
Tournez à gauche et faites quelques pas, avant de repérer le marquage du Club Vosgien indiquant par un losange bleu le chemin à prendre pour s’enfoncer dans le bois en face. Là, vous commencez à longer l’Ill à votre gauche (pour ne plus la quitter jusqu’à la fin de la balade) et l’immense étang de la Vogelau sur votre droite. S’il a plu les jours précédents, ce tronçon est digne d’un bon épisode de Koh Lanta ! Le sentier n’est pas toujours entretenu (très refermé quand j’y suis passée), boueux à souhait et la végétation y est luxuriante.
Et pour cause : vous marchez sur une fine bande de terre entre l’étang et l’Ill. Amusant à constater, sur l’autre rive de l’Ill, vous pouvez deviner les maisons de la cité des Chasseurs à la Robertsau, le long du quai des Joncs, si propret. Ce sentier est – en conclusion – assez magique, mais nécessite d’être bien équipé (pantalon long, chaussures imperméables, produit anti-moustique…) pour prendre du plaisir à le parcourir en cette saison.
Autour de l’étang de la Vogelau, suivez le balisage du Club Vosgien (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Une fois à la pointe sud de l’étang, remontez sur quelques dizaines de mètres (et faites coucou aux pêcheurs embusqués derrière leurs voiture, tente et autre matériel sophistiqué. Prenez ensuite un chemin sur votre gauche, qui longe une propriété privée et un champs de blé.
5 – Avec vue sur la Cité de l’Ill
Prenez à nouveau à gauche (vous avez dessiné un rectangle ouvert sur son côté sud) et dirigez-vous vers l’Ill. A quelques dizaines de mètres de la berge, prenez à droite, direction Schiltigheim. Des champs, vous passez sur la berge, tondue de frais (petite pause dans l’herbe ?), que vous ne quitterez plus.
À partir de là, le chemin est tranquille, finie la gadoue et (à peu près) finis les moustiques. À votre droite, les jardins familiaux de la Vogelau s’alignent les uns derrière les autres, et à votre gauche, sur la berge opposée de l’Ill, la cité éponyme (toujours à la Robertsau), son groupe scolaire Jean-Baptiste Schwilgué et ses jardins.
Sentier en face de la cité de l’Ill, le long de l’Ill (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Jusqu’à une passerelle métallique surplombant la rivière. Point de vue idéal sur l’eau et ses berges arborées (des bancs invitent à faire là une petite pause au soleil), la passerelle permet surtout aux habitants de la cité de l’Ill de rejoindre la station de tram Lycée-Marc-Bloch (ligne B) à Bischheim.
Mi-parcours. – Vous pouvez vous aussi profiter de cette proximité pour écourter la balade (déjà plus de 2h de marche !) en sautant dans ce tram, direction Lingolsheim (par le centre-ville de Strasbourg). Si vous êtes motivés pour continuer, il reste un peu moins d’une heure de balade, en fonction de votre rythme.
6 – En passant par le Marais
Toujours d’attaque ? C’est tout droit, direction le pont Phario. Longez la station de tram du même nom (c’est votre deuxième opportunité de décrocher) et traversez le pont sans changer de cap. Prenez tout de suite le sentier, très légèrement à gauche du trottoir principal, balisé « parcours des deux rivières ». Suivez ce chemin, ponctué des agrès du parcours de santé du quartier du Marais.
A mi-chemin, une clairière avec table de pique-nique permet de faire votre pause casse-croute (assis à table). A noter que c’est ce tronçon, des jardins de la Vogelau au Wacken (ou en sens inverse), qui est le plus facile à faire avec des enfants – la partie nord (points 1 à 4) étant un peu plus technique.
Balade côté jardins, dans le quartier du Marais à Schiltigheim (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
7 – Parlement, Conseil et Cour : l’Europe au Wacken
Arrivé(s) à la jonction entre l’Ill et le canal de la Marne-au-Rhin, prenez l’un des deux ponts vers votre gauche. Vous êtes désormais à Strasbourg. Marchez entre la piscine du Wacken (à gauche) et le canal, avec vue – jusqu’au 17 juillet – sur la foire Saint-Jean.
Deux options ensuite : soit vous monter sur le pont enjambant le canal et récupérer le tram E à la station Parlement-Européen. Soit vous passez sous le pont et continuez la balade dans un environnement exceptionnel, théâtre des institutions européennes. En face donc, le Parlement, puis le Conseil de l’Europe et la Cour européenne des droits de l’Homme enfin, que vous atteignez en remontant au niveau des rails du tram. Traversez le pont sur l’Ill, avec vue sur l’un des derniers barrages à aiguilles de France.
Là, vous êtes au point d’arrivée, à la station Droits-de-l’Homme (ligne E). Vous pouvez également prendre les bus 6 et 30, sur l’Allée des Droits-de-L’Homme.
Du Marais au Wacken, barrages et pont sur le canal de la Marne-au-Rhin (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Aller plus loin
Sur Rue89 Strasbourg : les autres balades nature, pour se promener au vert, tout en restant à Strasbourg.
L’association La Friche – Laiterie n’a pas disparu avec l’attribution du Hall des Chars au Kafteur, l’an dernier. Elle revient, avec un budget nettement moindre et l’ambition de proposer des spectacles issus de l’émergence du spectacle vivant dans plusieurs lieux de Strasbourg.
L’association La Friche – Laiterie revient, avec une nouvelle gouvernance et un nouveau projet. La structure avait géré le Hall des Chars de 2006 à 2014, jusqu’à ce que la Ville de Strasbourg décide de remettre les clés de la salle de spectacle à l’équipe du Kafteur. Certes, la programmation du Hall des Chars était difficile à suivre et la Ville soupçonnait un entre-soi dommageable au sein de cette association, mais elle était tournée vers l’émergence, les spectacles contemporains, les essais.
Et ça, les anciens membres de La Friche – Laiterie avaient bien envie de le conserver. Ils ont donc revu leur copie et proposé un nouveau projet à la Ville de Strasbourg. L’association s’appellerait plus simplement « La Friche » et proposerait des spectacles issus d’un croisement d’artistes à plusieurs lieux en ville, comme le centre culturel Django Reinhardt, le théâtre de Hautepierre ou même… le Hall des Chars, désormais devenu L’Espace K. Dans un second temps, La Friche espère même essaimer au delà de Strasbourg, voire d’Alsace.
L’ensemble des membres de La Friche sont bénévoles et leur objectif est de créer un collectif de « frichistes », une sorte de réunion créative d’artistes et de créateurs hétéroclites. Tous les « frichistes » doivent avoir une vie artistique déjà établie et vouloir contribuer, de manière bénévole, aux créations de La Friche et aux à-côtés des spectacles.
Chiara Villa (au centre), présidente de La Friche, va mener la transformation de l’association. (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
35 000€ par an
Chiara Villa, metteuse en scène, est la présidente à la manoeuvre dans cette phase de transition. Elle détaille :
« Il y a deux festivals que nous avions envie de garder, parce qu’ils sont originaux et que seule une structure d’artistes comme la nôtre peut les proposer. Il s’agit du festival Dada en octobre et du festival Sans titre mai(s), qui se tiendra en mai. Et nous sommes en discussion pour proposer des créations à Django Reinhardt. Pour le reste… On verra bien ce qui nous sera proposé. Il ne s’agit pas de créer une nouvelle structure culturelle, il n’y a pas de directeur artistique ou de programmation. Il s’agit de maintenir vivante l’expression artistique émergente, de l’accompagner et de la faire connaître. »
Alain Fontanel, adjoint au maire (PS) de Strasbourg en charge de la culture, a décidé de tenter le coup, en octroyant 35 000€ par an à l’association, sur un conventionnement de trois ans. Un comité de suivi de la Ville fera le point avec l’équipe deux fois par an. La Friche assurera aussi des séances de formations aux artistes et aura pour mission globale d’animer le spectacle vivant émergent.
Caroline Barrière, vice-présidente de l’Eurométropole de Strasbourg en charge du budget, affiche sa « satisfaction » à la publication du compte administratif de l’agglomération pour l’année 2015. Les hausses d’impôts ont permis de maintenir un résultat positif. Suivez le conseil de l’Eurométropole en direct à partir de 8h30.
Une large part du conseil de l’Eurométropole de Strasbourg jeudi matin sera consacré à l’étude du compte administratif. Ce document indique aux élus des 28 communes de l’agglomération strasbourgeoise l’état des comptes de la collectivité à la fin de l’année 2015. Le budget principal de l’Eurométropole représente 651 millions d’euros de dépenses de fonctionnement et 250 millions d’investissement, soit près d’un milliard d’euros de dépense publique chaque année.
Vice-présidente en charge du budget, Caroline Barrière (PS), se déclare « satisfaite et vigilante » :
« Les charges sont en légère baisse, 4 millions d’euros tout de même, et les recettes sont en augmentation, ce qui permet à la collectivité de dégager un résultat de 50 millions d’euros. Nous sommes parvenus à résorber le déficit structurel de l’administration. C’est un résultat à mettre au crédit des efforts entrepris dans tous les services. »
Importantes hausses d’impôts votée l’an dernier
C’est aussi un résultat à imputer aux hausses d’impôts décidées l’an dernier. La collectivité avait alors nettement augmenté ses taux d’imposition sur les taxes foncières. Côté dépenses, l’Eurométropole est parvenue à maintenir une masse salariale stable (327,1 millions d’euros), c’était l’un de ses objectifs. Mais les économies se sont faites au prix de l’externalisation de certains services et d’une tension grandissante dans l’administration depuis 2014.
L’endettement continue de nettement progresser, passant de 484 à 528 millions d’euros en 2015. Mais assure Caroline Barrière, la capacité de désendettement de la collectivité progresse grâce à des taux moins élevés, dus notamment à l’adhésion de l’Eurométropole à l’agence France Local, une structure qui lui permet d’emprunter à des taux intéressants. Le taux moyen des emprunts de l’Eurométropole est de 2,41%, contre 2,74% en 2014.
Haute voltige avec l’usine d’incinération et l’eau
Autre source de satisfaction pour le président de l’Eurométropole, Robert Herrmann (PS) : les déboires de l’usine d’incinération ne devraient finalement pas trop plomber les comptes pour 2016, malgré les quelques 60 millions d’euros que devraient coûter le désamiantage et les détournements de déchets vers d’autres installations de traitement. Car l’Eurométropole va puiser 50 millions d’euros dans les excédents du budget de l’eau et de l’assainissement pour compenser cette charge exceptionnelle.
Ce détournement a été autorisé par l’État, à la condition qu’il reste exceptionnel et que les investissements dans le traitement de l’eau et de l’assainissement n’en soient pas impactés. Le prix de l’eau devrait continuer à baisser, pour atteindre 2,86€ le mètre-cube en 2020.
Le conseil de l’Eurométropole en direct à partir de 8h30
Flux vidéo fourni par l’Eurométropole de Strasbourg
À partir du 3 juillet, la SNCF annonce la mise en place de nouveaux trains et de nouveaux horaires pour les lignes à destination du nord de l’Alsace. Plusieurs trains s’arrêteront dans des gares auparavant moins desservies, notamment aux heures de pointe.
Avec la mise en place du dernier tronçon de la LGV Est, les dessertes des lignes passant au nord de Strasbourg, partageant auparavant les voies avec les lignes de TGV, ont été réorganisées, explique la SNCF dans un communiqué.
Ainsi, à partir du 3 juillet, la ligne Strasbourg-Haguenau va connaître quelques modifications. Auparavant, deux trains omnibus circulaient, par heure et par sens, en heures creuses. Huit trains supplémentaires sont ajoutés (soit quatre allers-retours) pour désengorger la ligne aux heures de pointe. Deux de ces allers-retours deviennent également semi-directs, réalisant le trajet Strasbourg-Bischwiller-Haguenau.
Plus de place pour les TER dans le nord de l’Alsace
La ligne Strasbourg-Sarreguemines recevra un aller et un retour supplémentaires par jour, avec un départ de Sarreguemines à 6h52 et un retour à 17h51. Le dimanche, un nouveau TER a été mis en place sur cette ligne au départ de Strasbourg à 16h45. De la même façon, la ligne Strasbourg-Wissembourg bénéficiera d’un aller-retour supplémentaire en début de soirée : départ de Strasbourg à 18h51 et, dans l’autre sens, départ de Wissenbourg à 18h21.
Quelques autres modifications ont également été apportées sur le réseau, en particulier concernant la fréquence des trains dans les petites gares. Ainsi, la SNCF annonce la circulation de 21 trains supplémentaires par rapport à 2015 dans la gare de Brumath. Les gares de Hochfelden et de Dettwiller profiteront respectivement de 9 et 10 arrêts supplémentaires par rapport à 2015, soit 3 TER par heure en période de pointe et un TER par heure en période creuse.
Sur la ligne Strasbourg-Niederbronn, la SNCF annonce de nouveaux trains mais après la fin des travaux, en 2017. Néanmoins, trois trains s’ajoutent durant le week-end : un TER au départ de Niederbronn, le samedi à 19h04. Et deux allers-retours le dimanche en soirée, entre Haguenau et Niederbronn. Le premier partira de Haguenau à 18h16, le second de Niederbronn à 19h32.
La Mémoire des Images Réanimées d’Alsace (MIRA), c’est la corne d’abondance des curieux et des passionnés de cinéma. Créée par deux alsaciennes, cette association chasse les perles cinématographiques amateurs et tente de les sauver de l’oubli et de l’âge.
Chaque jour, à travers la région, un Alsacien déménage et vide un appartement ou un grenier. Et comme dans tout déménagement qui se respecte, les vielles affaires et les breloques d’antan n’ont bien souvent qu’une seule destination : la benne à ordures. C’est ainsi que des films de famille des années 60 ou des images uniques de la Libération finissent par tomber dans un oubli éternel.
Heureusement, il y a Christiane et Odile. En 2006, ces deux passionnées ont décidé qu’il était temps de remédier au problème. Elles voulaient sauver le maximum des petits bijoux cinématographiques amateurs dispersés à travers la région et ont créé le MIRA : la Mémoire des Images Réanimées d’Alsace. Une véritable caverne d’Ali Baba historique, en ligne et accessible, donnant une vision originale de la vie quotidienne dans la région.
Les chasseuses de trésors
Dans un bureau un brin exigu, rempli à ras bord d’affiches de films et de bobines jaunies, Odile Gozillon-Fronsacq organise sa chasse au trésor quotidienne des vieux films de particuliers. Avant de lancer son association, elle a travaillé durant plusieurs années à la création d’organes institutionnels de sauvegarde des films locaux :
« Notre volonté de créer le MIRA faisait suite à mes six années passées à travailler au Conseil départemental sur une mission de création d’un pôle image et audiovisuel. C’est aussi une histoire d’amitié avec Christiane Sibidieu. En 2006, nous organisions un colloque intitulé « Conformisme, impertinence et provocation dans l’image de l’Alsace. » Nous avons demandé des subventions pour l’organiser et on nous a expliqué qu’il fallait faire une association pour obtenir un financement public. C’est parti de là. »
« Le cinéma en Alsace », ouvrage de Odile Gozillon-Fronsacq (Photo BB / Rue89 Strasbourg / cc)
Elle est aussi l’auteure d’une thèse sur les « stratégies cinématographiques en Alsace (1896 – 1939) » et d’un livre sur l’histoire du cinéma en Alsace. Sa comparse, Christiane Sibieude, est cinéphile et ancienne responsable de communication à la CCI de Strasbourg. Les compétences conjuguées des deux amies leur apportent une certaine expertise et permettent de lancer rapidement leur projet de cinémathèque à Strasbourg. Ou plutôt, de banque d’images animées, comme l’explique Odile Gozillon-Fronsacq :
« Nous définissons plus cela comme une banque d’images numérisées, parce que le mot cinémathèque fait un peu peur. Il renvoie à l’ancienne formule, c’est-à-dire un lieu où l’on projette des films, où les gens se rencontrent et débattent. Nous, ce que nous voudrions, en plus, c’est avoir quelque chose de pérenne autour de la conservation des images. »
Une étrange valise pleine de films
Quelles images ? Des films amateurs, principalement. Elles les récupèrent, les entretiennent, les numérisent puis les renvoi aux familles ou au magasin de films du Conseil départemental, que Odile Gozillon-Fronsacq a donc participé à créer :
« La vision que vous trouvez dans ces films, vous ne la trouverez dans aucun film officiel. Ce sont des documents historiques considérables et extrêmement menacés. On essaie de se faire connaître au maximum, pour que les gens pensent à nous contacter lorsqu’ils vident leurs bricoles. On est là pour repérer et recueillir ces films fragiles et précieux. »
Dans l’arrière salle du MIRA, pleine à craquer de cartons remplis de films, elle nous montre d’ailleurs sa dernière dernière acquisition : une vieille valise en cuir, remplie de bobines de 16 mm, de 35 mm et de 9,5 mm. « Impossible de savoir ce qu’il y a là-dedans pour le moment », s’amuse-t-elle.
Le contenu de la mystérieuse valise. (Photo: BB/ Rue89 Strasbourg)
Des films de propagande américains aux scènes de ménage
Concrètement, que trouve-t-on dans les films récupérés par le MIRA ? Le village de Marlenheim est, par exemple, très bien fourni en images amateurs. La période de la guerre et de sa sortie ont été largement couverts par des cinéastes en herbe, souvent anonymes. Dans une de ces vidéos, on voit les premières heures de la Libération du village de l’occupant nazi. Pour Odile Gozillon-Fronsacq, l’ambiance semble être à l’allégresse mais une forme d’hésitation éphémère, de tension encore palpable subsiste :
« On a tellement l’habitude de voir des images officielles de la Libération, où tout est organisé, tout le monde sait ce qu’il faut faire. Là, les gens attendent, ne savent pas trop ce qu’il va se passer. Ils sont là, ils regardent, certains font encore un truc genre vague salut nazi, c’est très étrange. C’est une véritable saisie, un moment où les gens voient arriver une nouvelle ère, en ont conscience mais ne captent exactement ce qu’il se passe sous leurs yeux. »
La libération de Marlenheim (Fonds Rodolphe Klein / MIRA)
Parmi les images, on trouve aussi des scènes de la vie quotidienne de l’Alsace d’antan, comme cette courte vidéo où des femmes font la lessive dans la rue, dans le village de Châtenois près de Sélestat, en 1928.
Lessive à Châtenois en 1928 (Fonds Paul Spindler / MIRA)
Peu d’images de la villes de Strasbourg en elle-même sur le site, si ce n’est quelques images de construction de bâtiments. On trouve aussi des vidéos du bombardement de la ville durant la seconde guerre mondiale.
(Fonds Weiss / Mira)
Et, inévitablement, des films de propagande. Le plus savoureux d’entre-eux est sans aucun doute l’extrait du film « In Happy Alsace », réalisé par l’armée américaine à destination de ses soldats, histoire de prouver aux hommes le bien fondé de leur assauts contre l’ennemi.
(Film Paramount / Mira)
Un cinéma alsacien
Comme pour ce film de propagande, il arrive que le MIRA mette la main sur des images de professionnels : dans ce cas, suivant l’obligation de dépôt légal, elles les remettent aux archives du film français. Odile Gozillon-Fronsacq s’est ainsi mise en tête de retrouver une partie des films de la famille de Charles Han :
« C’était un pionnier du cinéma dans la région. Une partie de ses films a complètement disparue à cause des nazis. J’espérais les récupérer au Bundesarchiv [Les archives de Berlin, ndlr], mais visiblement ils n’y sont pas. J’ai pensé que les Russes, après être entrés dans Berlin, les avaient récupérés. Mais je ne les ai pas trouvés pour le moment. »
Au début du siècle, la famille Han n’était heureusement pas la seule à être passionnée de cinéma. Dans la liste des collectionneurs acharnés, on trouve également Albert Khan :
« C’était un Alsacien, fils de marchands de bestiaux du coin. C’est devenu un richissime banquier à Paris et il a fondé les Archives de la planète, à Boulogne. Là-bas, vous trouvez des centaines de kilomètres de films tournés dans le monde entier au début du siècle. »
« L’ami Fritz », un des plus vieux films alsaciens (Photo BB / Rue89 Strasbourg / cc)
D’autres exemples parsèment l’histoire du cinéma en Alsace. Difficile d’être exhaustif. Mais pour Odile Gozillon-Fonsacq, ce qui caractérise le cinéma régional, c’est une volonté d’ouverture. Notamment dans les types de fictions proposées :
« Vous avez ″L’Ami Fritz″, où l’on est dans l’exemple typique des codes du pittoresque. Depuis Charles Han, il y a toujours eu cette ouverture. Il y a aussi, par exemple, une parodie façon molière d’un maire alsacien plein de vanité et qui voulait, à l’époque du Reichsland, que ses filles épouses deux gars bien dotés pour qu’il puisse se faire sa place au soleil »
Un panel à faire rougir Hollywood, donc. Le site du MIRA est ouvert et gratuit tous les jours et à toute heure de l’année. In Happy Alsace.
Pur etc., la chaîne de restauration rapide locavore et zéro déchet de Strasbourg lance une levée de fonds. L’objectif est de réunir 250 000€ d’ici fin juillet pour se déployer partout en France. Les fondateurs comptent sur leurs fans et Internet pour participer à cette opération.
Créé en 2011 par Héloïse Chalvignac et Vincent Viaud à Strasbourg, Pur etc. est une chaîne de restauration qui promet des plats « cueillis aux environs, cuisinés par la maison. »
Promesse respectée puisque les produits frais sont achetés directement aux producteurs de la région : le maraîcher le plus proche se situe à un kilomètre seulement des cuisines et les autres fournisseurs sont en moyenne à une trentaine de kilomètres.
Héloïse Chalvignac et Vincent Viaud, les fondateurs de Pur etc. (doc remis)
Le choix d’une chaîne locavore fait partie des valeurs fortes des fondateurs :
« C’est en utilisant au maximum des produits locaux que nous limitons le plus possible notre impact sur l’environnement et que nous activons l’économie qui nous entoure. Pourquoi aller chercher des fraises en Espagne quand nous en avons juste à coté de chez nous ? Et si le producteur auprès de qui nous nous approvisionnons consomme lui aussi localement, ainsi que ses salariés, au bout du compte ce que nous dépensons chez eux en matière première pourra potentiellement être réutilisé pour consommer dans l’un de nos restaurants. C’est un vrai cycle quand on y pense, particulièrement mis en lumière depuis la mise en place de la monnaie locale à Strasbourg, les Stücks. »
Néo-taylorisme local
Du taylorisme, bien payer ses ouvriers pour qu’ils puissent acheter les voitures qu’ils fabriquent, appliqué aux fournisseurs : bien payer ses fournisseurs pour qu’ils aient les moyens d’acheter les plats qu’ils ont contribué à élaborer.
Par ailleurs, les plats sont vendus dans des bocaux en verre consignés pour limiter les déchets. Et il y a tous les jours au menu des recettes végétariennes, sans gluten et sans lactose.
Cela en fait un concept riche en valeurs (cuisiné par la maison, locavore, zéro déchet, végétarien, sans gluten…) :
« Nos clients nous identifient bien comme une enseigne qualitative et différente, mais chacun pour les raisons avec lesquelles il a le plus d’affinités. C’est un avantage et un désavantage. Dans tous les cas, nous répondons sur plusieurs aspects à une vraie demande du client dont les attentes et les besoins ont évolué vers une consommation plus saine et responsable. Nous pensons que cela est plus une évolution des mœurs de consommation qu’une mode. L’avenir nous dira si nous avons raison. »
Dans les restaurants de Pur Etc., le plat du jour est vendu à 6,90€ et le menu avec une entrée et un dessert est à partir de 9,60€.
Plats en bocaux, à choisir au comptoir
Lors de mon dernier déjeuner, j’y ai goûté leur couscous de millet aux légumes d’été (tomates, carottes, courgettes, poivrons) suivi d’une compote pomme fraise et accompagné d’un jus frais pomme gingembre. Simple et bon ! Et je ne suis visiblement pas la seule à être séduite puisqu’en à peine 5 ans le réseau compte 9 points de vente à Strasbourg et Paris, dont un foodtruck. Ce qui leur a permis de créer une soixantaine d’emplois sur le réseau, dont 35 sur les sites qu’ils gèrent.
Ancrage local mais développement national
Mais leur ambition va plus loin, puisqu’ils veulent conquérir toute la France, avec des cuisines et points de vente un peu partout sur l’hexagone. Pour autoriser ce développement, les fondateurs sont à la recherche de fonds, 250 000€. Pour se donner une chance, ils ont choisi de passer par une plate-forme internet qui permet une extension du capital, WiSeed. Les fondateurs resteront néanmoins majoritaires après cette opération.
Selon eux, un ancrage local n’est pas incompatible avec développement national. Ils souhaitent développer des cuisines locales, approvisionnées en grande majorité par un réseau de producteurs locaux, qui leur permettent de respecter leur engagement de proximité et ainsi proposer des produits cuisinés par de « vrais » cuisiniers à partir de matières première approvisionnées au plus proche. « La marque est là pour permettre aux clients de facilement nous identifier et reconnaître. »
Mais cela implique de nombreuses contraintes supplémentaires, glissent Héloïse Chalvignac et Vincent Viaud en souriant :
« C’est d’ailleurs justement pour cela que personne ne l’a fait avant : gestion de plusieurs cuisines locales, recherche et référencement de producteurs locaux dans chaque région, rotation très fréquente des cartes (5-7 semaines) pour suivre les saisons, difficulté de trouver les produits répondant à notre cahier des charges exigeant, mais à des prix accessibles sans avoir à les négocier durement (ce que nous nous refusons de faire avec les producteurs locaux), pour offrir à nos clients une politique tarifaires la plus juste. »
Ils avouent d’ailleurs qu’il serait bien plus facile d’abandonner leurs valeurs et engagements pour faciliter leur développement, mais ce serait abandonner toute la valeur ajoutée qu’ils souhaitent proposer à leurs clients et partenaires :
« Notre modèle économique éco-responsable est différent de beaucoup de nos concurrents, et il est sûr qu’en réduisant la qualité de nos matières premières, nous pourrions augmenter notre marge brute. Mais il n’en reste pas moins viable et rentable. Cela prend simplement un peu plus de temps pour atteindre nos points d’équilibres financiers. »
Terrasse du Pur etc. Grand rue à Strasbourg (doc remis)
Équilibre plus délicat à atteindre
C’est à cela, notamment, que va servir la levée de fonds. Elle servira aussi à l’entreprise pour améliorer son organisation et optimiser ses cuisines. La levée de fonds via WiSeed servira de levier pour négocier un prêt bancaire, plus important. Pour ceux qui souhaiteraient investir, le ticket d’entrée pour devenir actionnaire est à 100€. Il s’agit d’un investissement à moyen terme puisqu’il ne faut rien attendre avant au minimum 3-4 ans.
Et pour ceux qui voudraient tester leur cuisine avant toute réflexion d’investissement, leurs restaurants strasbourgeois sont localisés aux 11, Presqu’île Malraux, 15 Place Saint-Étienne, 122, Grand Rue, et 24, place des Halles à l’intérieur du centre commercial.
Mompreneur écolo convaincue, j’ai fondé Ozetik dans le but de favoriser les pratiques écologiques et éthiques dans la vie quotidienne en proposant des alternatives aux produits de grande consommation qui peuvent être toxiques, polluants et fabriqués dans des conditions peu éthiques.
Cette année, l’offre TGVpop de la SNCF sera disponible tout l’été au départ de Strasbourg. Ce service permet de voyager pour un prix attractif, en prenant son billet à la dernière minute. Mais il faudra compter 10 à 15 euros de plus qu’à l’automne 2015.
Ce service entièrement en ligne vise les jeunes (l’internaute est tutoyé sur le site) qui doivent faire « voter leurs potes » pour leur train sur les réseaux sociaux. Il permet de voyager moins cher tout en partant à la dernière minute. Et tant pis pour les personnes peu connectées. Lorsqu’un certain nombre de votes est atteint (40 pour un Strasbourg-Paris), une deuxième rame de TGV est ajoutée aux trains déjà en circulation. Les ventes sont ouvertes trois jours avant le départ, tandis que les votes sont, eux, possibles entre 15 à 4 jours avant le départ.
Par exemple, pour le vendredi 1 juillet, certains trains sont déjà confirmés et d’autres nécessitent encore des votes :
Capture d’écran du service TGV pop le mardi 28 juin à 11h.
7 destinations jusqu’au 30 septembre
Alors que les billets étaient à des tarifs entre à 25 euros (seconde classe) ou 30 euros (première classe) en 2015, il faudra compter 40 euros pour un Strasbourg-Paris. Certes, il y a une nouvelle ligne qui permet de voyager en 1h50 contre 2h20, mais c’est trois à cinq fois plus que les « 3 euros en moyenne » annoncés sur les voyages réguliers de la SNCF, bien que la ligne ait été financée à 73,33% par de l’argent public.
Au total, 7 destinations seront desservies dans les deux sens du 1er juillet au 30 septembre : Besançon, Dijon (30€), Lyon à (40€), Paris (40€), ainsi que Marseille et Montpellier (50€). L’offre est également disponible depuis Colmar et Mulhouse vers Paris pour respectivement 40 et 50 euros.
TGVpop revient à Strasbourg pour l’été 2016, mais pour 10 à 15 euro de plus (Photo Dmytrok / Flickr / CC)
Six mois après sa nomination, le contrat du directeur de la French Tech Alsace a pris fin. Un changement de stratégie a présidé à cette décision, indique-t-on au comité de pilotage de la French Tech Alsace.
L’an dernier, le Pôle métropolitain d’Alsace, composé alors des agglomérations de Strasbourg et de Mulhouse, se félicitait d’avoir été labellisé territoire French Tech pour les technologies médicales et de santé. Le processus vise à reconnaître le dynamisme de toute une région et une capacité pour les collectivités et les secteur publics et privés à travailler ensemble. Mais le Pôle Métropolitain avait axé sa candidature sur 4 axes prioritaires : outre les MedTechs, Strasbourg et Mulhouse visaient l’industrie du futur, le véhicule du futur et les industries créatives.
Car les MedTechs, c’est bien mais pour l’instant, l’embryonnaire écosystème est essentiellement strasbourgeois. Mulhouse, comme le reste de l’Alsace, s’est sentie un peu seule. Recruté au début de l’année 2016, le directeur de la mission French Tech Alsace a donc reçu pour objectif d’obtenir le label industrie du futur. Mais il devait aussi animer le « club French Tech Alsace », composé d’entreprises et de start-ups et lancer un accélérateur à destination des entreprises innovantes en recherche de financements.
Deux pôles… en attendant la décision
Deux missions qu’il n’a pas été en mesure de remplir, selon certains membres du comité de pilotage. D’autres lui ont reproché de s’être surtout rapproché des groupes industriels, dont il est issu, au détriment des start-ups. Jean-François Jacquemin d’Alsace Innovation le défend :
« En six mois, quand on découvre un écosystème, on débute par ce qui est le plus visible, c’est assez normal. »
Vice-présidente de l’Eurométropole en charge de ce dossier, Catherine Trautmann explique :
« On était un peu en porte-à-faux avec les missions affectées au directeur. Les MedTechs, c’était pas vraiment son domaine. On profite de la fin de sa période d’essai pour reprendre la fonction de gouvernance et s’assurer que les start-ups soient vraiment la priorité de la mission French Tech. Alsace Biovalley s’est proposé pour assurer le secrétariat de la partie MedTechs / BioTechs de la French Tech Alsace. Et il est probable qu’on trouve une solution pour animer de la même manière le pôle Industrie du futur, à Mulhouse. »
Donc deux pôles pour la French Tech Alsace, du moins si le label industrie du futur est finalement attribué par le gouvernement. Les résultats de la deuxième consultation French Tech étaient attendus lundi 13 juin. Ils ont été repoussés… « avant l’été » assure-t-on sur le site de la French Tech.