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Le « Cabaret Dac » au TAPS Scala : gravement loufoque

Le « Cabaret Dac » au TAPS Scala : gravement loufoque
Pierre Dac (document remis par la Compagnie Facteurs Communs)
Pierre Dac (document remis)

La Compagnie Facteurs Communs, alsacienne depuis peu, présente son premier spectacle à Strasbourg du 12 au 17 janvier au Taps Scala. Hommage à l’humoriste géant Pierre Dac, ce théâtre au format cabaret invite le public à venir respirer le bon air salutaire de la loufoquerie. Rencontre avec Fred Cacheux, metteur en scène, à quelques jours de la première.

Si le nom de Pierre Dac n’est pas forcément connu de tous et tous aujourd’hui, certaines de ses inventions et de ses bons mots font indéniablement partie de notre patrimoine génétique humoristique, que ce soit le « schmilblick » (cf. vidéo ci-dessous) ou les révélations fulgurantes de la voyante Arnica (cf. vidéo plus bas).

On connaît moins aujourd’hui son passé de résistant, son identité de juif alsacien, sa manière de faire de l’humour une réponse aux épreuves de l’histoire. C’est cet intense métissage de délices absurdes et de gravité chez Pierre Dac que la Compagnie Facteurs Communs entend faire partager. Fred Cacheux explique son projet à Rue89 Strasbourg.

Rue89 Strasbourg : ça fait combien de temps que la compagnie Facteurs Communs existe ? Elle est localisée en Alsace ?

Cette compagnie existe depuis plus de dix ans. Nous avons pas mal travaillé en résidence en région parisienne. La compagnie a été mise en sommeil pendant les années où j’étais au TNS [Fred Cacheux a fait partie de la troupe du TNS entre 2009 et 2014]. Elle a ensuite été recréée avec un siège installé en Alsace l’année dernière. Cabaret Dac est son premier travail depuis ce transfert.

Quelles filiations de Pierre Dac peut-on trouver dans l’humour d’aujourd’hui ?

C’est passionnant les histoires de filiations, en particulier dans l’humour. On s’aperçoit que pour pouvoir exister comme humoriste, comme chansonnier, comme chroniqueur, il faut s’inscrire dans une filiation, car personne n’invente l’humour à lui tout seul. En même temps il faut tuer le père.

Tous les humoristes doivent à Pierre Dac

Les jeunes aujourd’hui ne connaissent pas forcément Pierre Desproges ou Coluche ou Raymond Devos, parce que Florence Foresti ne peut pas grandir dans l’ombre de l’un de ceux-là. Ces trois là, Desproges, Devos et Coluche, sont les descendants de Pierre Dac. Ils ont pris des sketchs entiers à Pierre Dac, avec son autorisation d’ailleurs, voir par exemple comment Coluche s’est emparé du schmilblick.

Aujourd’hui je dirai que dans la filiation il y a les gens qui pratiquent une forme de décalage : l’humour Canal+ peut-être avec les Nuls et Groland, les Monty Python et leurs descendants. Les gens qui pratiquent le décalage dans leur façon d’être, dans leur regard sur le monde, comme Philippe Katerine par exemple. Et puis les chansonniers, les amoureux de la langue française, parce que Pierre Dac c’est ça aussi, des gens qui jouent avec une certaine poésie mais aussi avec une conscience politique.

Cabaret Dac, mise en scène Fred Cacheux (Photo Alex Grisward)
Cabaret Dac, mise en scène Fred Cacheux (Photo Alex Grisward)

Le sous-titre de votre Cabaret Dac c’est l’absurde comme remède à la sottise. Quel message faut-il y voir ?

La sottise n’a pas d’époque privilégiée. Malheureusement, l’homme a des petitesses et des mesquineries, et heureusement il y a l’humour, l’art, la poésie pour mettre en lumière tous ces travers et prendre du recul. Pierre Dac dit : « le rire désarme, ne l’oublions pas. » Comment puis-je tuer l’ennemi que j’ai l’intention de tuer s’il réussit à me faire éclater de rire ? Comment quelqu’un que j’ai vexé affreusement va réussir à continuer à me faire la gueule si je le fais rire ?

Un « club de loufoques »

Pour chacun d’entre nous il y a une salubrité, une vraie prescription à retenir ça. Pierre Dac a traversé le vingtième siècle en étant alsacien et juif d’origine, avec des grands-parents qui ont fui l’Alsace en 1870, il a lui-même fait la guerre de 14-18, a été blessé, a perdu un frère, il a été pourchassé pendant la seconde guerre mondiale, il a connu la prison, la torture, pourtant il n’a eu de cesse que de continuer l’humour et la loufoquerie. Il y a donc toujours des choses à dire. Attention, on ne fait pas de politique nous, hein… Simplement, on trouve que ça s’entend encore aujourd’hui.

Vous ré-inventez le « club de loufoques » : comment peut-on en faire partie ?

Chacun peut faire son club des loufoques dans son quartier. Chacun peut décider de s’auto-proclamer « loufoque », à n’importe quel moment. En tout cas ce n’est pas moi qui donne les cartes de membre. On devient loufoque au moment où on le décide, comme nous l’avons fait pour ce spectacle.

Rire sur scène, faire rire le public, avec beaucoup de sérieux (Photo Alex Grisward)
Rire sur scène, faire rire le public, avec beaucoup de sérieux (Photo Alex Grisward)

Vous dites aussi que l’engagement des comédiens au plateau, c’est de prendre du plaisir, pour communiquer ce plaisir au public. Comment ça fonctionne ça ?

Mon travail de metteur en scène, c’est de créer les meilleures conditions de travail possible pour l’équipe. Mon objectif c’est de rendre ces gens-là heureux.

C’est ambitieux !

Bien sûr, mais c’est indispensable. Je ne peux pas m’imaginer de rendre le public heureux si moi je ne m’occupe pas de l’esprit de mon équipe. J’essaie modestement de créer des conditions de travail qui soient enthousiasmantes et intéressantes. C’est pour ça que nous avons passé presque une semaine autour de la biographie de Pierre Dac, pour apprendre à le connaître, avant même de se mettre à jouer.

« Rire ensemble, avec beaucoup de sérieux »

Comment avez-vous travaillé l’espace du Taps Scala pour en obtenir un rapport au public correspondant à l’esprit du cabaret ?

L’idée c’est d’inviter les gens à la fête. Nous agitons une des fonctions du théâtre qui est celle du « rire ensemble ». Nous faisons ça avec beaucoup de sérieux. Passer un bon moment, tout simplement, c’est déjà une tâche noble et très ardue.

Pour ce faire nous avons mis le théâtre totalement à nu. Il y a des tables de cabaret sur le bord du plateau, auxquelles le public peut prendre place s’il en a envie. Puis, petit à petit, on escalade les hauteurs de la loufoquerie dans ce programme qu’on a composé.

Pouvez-vous nous en dire quelques mots, de ce programme ?

Nous avons mis dans un shaker des pensées philosophiques, des petites formules, des monologues, des dialogues, des extraits de sketchs pour la radio, des propos techniques, des extraits de biographie, des chansons, etc. Il n’y a que du Pierre Dac.

Il ne s’agit donc pas de refaire les sketchs de Pierre Dac, mais de faire exister ses paroles d’une manière différente ?

Nous n’avons pas de point de vue artistique sur les sketchs, pas de parti pris esthétique ou littéraire. On fait œuvre de montage, c’est à dire que l’essentiel des textes sont absolument inconnus, y compris des aficionados de Pierre Dac. Notre travail de montage, c’était de frotter la loufoquerie la plus vertigineuse avec l’extrait de biographie le plus poignant. Il me semble que ça révèle vraiment la figure de Pierre Dac, qui est un homme qui dans sa propre vie pouvait passer, en une seconde, du plus grand des désespoirs au canular le plus potache.

Il y a quelque chose de très grave chez Pierre Dac.

Bien sûr. Comme chez tous les grands clowns, derrière le nez rouge, il y a la gravité. Chez lui il y a un profond désespoir : c’est un homme qui a été toute sa vie dans une difficulté d’être.

Vous parliez de son passé alsacien… Vous allez faire une grande tournée en Alsace après les représentations à Strasbourg. C’est important de faire voyager la figure de Pierre Dac à travers ce territoire ?

Pierre Dac reste méconnu pour une majorité d’entre nous. Quand on le découvre et qu’on l’aime, on a envie de le partager. C’est une joie d’avoir cette possibilité. Peu de gens savent qu’il a des origines alsaciennes. Il y a quelques occurrences dans le spectacle qui rappellent ça.

Ensuite il y a le bonheur de pouvoir aller sur le territoire, de sortir des grandes villes, parce que c’est là qu’on peut pratiquer notre métier de la façon la plus aiguë. (Toutes les dates de la tournée en région sont ici).

Comment ça ?

C’est formidable de travailler au TNS sur des productions importantes et d’entendre un public qui vient à cet endroit pour chercher l’exigence dans la forme artistique. Mais ça ne peut pas se faire sans aller sur le territoire, où nous avons un public de proximité qui est différent, et pour lequel il faut apporter ce service public du théâtre en se posant d’autres questions. Il s’agit de connaître ce public et d’aller vers lui, vraiment.

Il y a en France une tendance dans le théâtre à la politique, ou à la poésie, ou à l’esthétique, qui est formidable, sauf qu’elle met parfois un peu de côté une fonction essentielle du théâtre, qui est celle de l’assemblée. C’est le plaisir de se réunir entre inconnus, dans une salle, dans le noir, de se détendre, de vaquer. Nous avons vu ce besoin d’être ensemble il y a un an, une fois de plus. Le théâtre a cette fonction de réunion, pour nous élever, pour nous faire penser, mais aussi pour nous faire rire.

Qu’est-ce que vous avez envie de dire aux gens qui vont venir voir le spectacle ?

Notre proposition est simple. On embarque dans le monde parallèle de la loufoquerie et on en ressort avec des lunettes roses. On se met la tête à l’envers pendant une heure et demi, et peut-être que, du coup, ça remet les choses à l’endroit.

Dégustation mortelle avec Anastasia le 14 janvier à l’Illiade

Dégustation mortelle avec Anastasia le 14 janvier à l’Illiade
Anastasia
Anastasia, un nouvel album et un concert le 14 janvier à l’Illiade (photo Emmanuelle Jacobson-Roques)

Aqua Toffana. Comme un poème au parfum de mort sur fond de vengeance et de passion dévorante. Ainsi s’intitule le nouveau disque d’Anastasia. L’artiste alsacienne défend ses nouvelles compositions et nouveaux textes sur scène, jeudi 14 janvier, à l’Illiade d’Illkirch-Graffenstaden.

Des cordes qui vibrent, des guitares qui s’élèvent, graciles et aériennes, une basse profonde et introspective et un habile mariage, çà et là, de cultures jazzy, soul, hip hop et funky pour accoucher d’un album résolument groovy. Voilà tout ce que convoque Aqua Toffana, le second et nouvel opus d’Anastasia, publié il y a un peu plus d’un mois sur le label strasbourgeois #14 Records.

Aqua Toffana
Aqua Toffana, le nouvel album d’Anastasia (Doc. remis)

On se souvient évidemment de la jeune femme dans la formation Les Dessous de la Vie, quatre ans d’activités musicales, plus de 300 concerts, des disques toujours touchants à la beauté sublimée. Puis vint, pour chacun des membres, le début de l’aventure en solo et, pour Anastasia, l’écriture d’un nouveau chapitre à partir de l’automne 2013, un premier album, Beau Parleur, qui permit aussi des rencontres et des opportunités scéniques aux Francofolies de La Rochelle (voir ici un extrait de son live à l’été 2013) puis des premières parties et scènes partagées avec M, Rover, Jane Birkin, Tété, Brigitte Fontaine, Batlik.

Voilà maintenant l’heure de la confirmation, de l’essai transformé, avec la manière, grâce à ce second disque, Aqua Toffana, pétri de textes et de compositions entre chanson française et ADN hip hop teinté de slam. La recette ? Une écriture efficace et musclée, finement ciselée, véritable travail d’artisan du verbe qui percute et claque comme une punchline de rappeur qui fait mouche.

Illustration avec C’était pas simple, l’un des onze titres de l’album Aqua Toffana :

Une autre perception des tourments de la vie

Après l’expression des « tragiques déboires que l’on deale », Anastasia livre une autre perception des tourments de la vie à deux, lorsque tout se délite, lorsque le processus est irrémédiablement enclenché vers une fin inéluctable. Les raisons ? À décrypter dans On s’évapore :

Tout en contrastes et en nuances, Aqua Toffana symbolise un frêle esquif qui se maintient à flot au gré des humeurs de l’océan des sentiments. Entre mer d’huile et tempête déchaînée, voici la vie et ses écueils, son quotidien tantôt monotone tantôt animé au gré des expériences éprouvées.

Envoûtante et enchanteresse, Anastasia chronique cette succession de tableaux aux subtilités colorées. De l’Ego d’ouverture jusqu’au Fracas de « l’image figée là », elle nous conduit aussi En haut de la colline, là où « reposent les colères », où « le ciel et les enfers se mélangent à l’infime six pieds sous terre », où « le ciel plombé semble oublier le monde ».

C’est « fini le règne du foutu coq »

Humour, drame, excitation, jouissance se croisent, s’entrecroisent et se heurtent au fil de la progression de La chasse à l’homme, un soir de pleine lune, « au fin fond de la forêt », « l’occasion de se mettre une bonne race entre amis, en parlant de nos femmes qu’on déteste et qui renient le héros qui parle dans nos têtes ».

En contrepoint de cette équipée sauvage masculine nette et sans bavure, voici Aqua Toffana, chanson éponyme qui célèbre la victoire perverse de la femme sur l’homme infidèle devenu gênant. C’est « fini le règne du foutu coq », l’alchimie opère et s’ouvre alors le chapitre d’une vie nouvelle précipitée par un poison mortel. Evocation historique de cette « acqua tofana » en vogue en Italie aux XVIe et XVIIe siècles pour « liquider le libidineux mari, l’infidèle aux sens asservis » : « t’as trinqué, t’es tricard, […] c’est l’heure de ton rencard avec l’éternité ».

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#L'Illiade

Ligne G : comment attirer plus de voyageurs ?

Ligne G : comment attirer plus de voyageurs ?

La ligne G entre la gare de Strasbourg et l’espace européen de l’entreprise fonctionne bien aux heures de pointe, mais reste vide en journée.

(Dessin Laurent Salles)
(Dessin Laurent Salles)

Aller plus loin

Sur Rue89 Strasbourg : Deux ans après, la ligne G peine à faire le plein

Emprunts en francs suisses : le Crédit Mutuel condamné à appliquer les taux prévus

Emprunts en francs suisses : le Crédit Mutuel condamné à appliquer les taux prévus
Le siège du Crédit Mutuel au Wacken à Strasbourg (Photo Wikimedia Commons / cc)
Le siège du Crédit Mutuel au Wacken à Strasbourg (Photo Wikimedia Commons / cc)

Statuant en référé, le tribunal de Strasbourg a condamné le Crédit Mutuel à faire profiter à ses clients emprunteurs de la baisse d’un taux de référence, même lorsque celui-ci devient négatif. Le Crédit Mutuel refusait de descendre en dessous de sa marge.

Un contrat est un contrat. Ainsi pourrait se résumer la position du juge des référés civils du tribunal de Strasbourg, qui a rendu cette semaine plusieurs décisions dans l’affaire des prêts immobiliers indexés sur le taux Libor 3 mois en francs suisses (CHF). Une quinzaine de souscripteurs d’emprunts immobiliers, souvent des frontaliers, ont saisi la justice lorsqu’ils ont constaté que le Crédit Mutuel avait bien appliqué les hausses du Libor 3 mois CHF sur leur taux effectif mais que la banque fédérative ne prenait plus en compte les baisses à partir de janvier 2015.

Car à cette date, le Libor 3 mois CHF est devenu négatif, un phénomène tout à fait imprévu par la banque. Ce taux a même tellement plongé qu’ajouté à la marge de la banque, le taux effectif du prêt pouvait atteindre zéro voire lui aussi devenir négatif dans certains dossiers. Inacceptable pour le Crédit Mutuel qui a, unilatéralement, décidé d’appliquer un taux « plancher » équivalent à sa marge, soit 0,2 à 2% selon les dossiers.

La banque ne peut décider du taux d’indexation

Mais c’est précisément cette attitude qui est reprochée à la banque fédérative. Dans ses motifs, le juge des référés du tribunal de Strasbourg explique :

« Ce qui est constaté, c’est que la banque ne veut plus appliquer l’index correspondant au contrat et qu’elle substitue à l’index choisi par les parties une autre indexation qu’elle fixe d’autorité. Or elle ne peut fixer à l’indexation choisie une autre déterminée en fonction de ses considérations propres, à savoir ses propres intérêts. Ce faisant, elle modifie unilatéralement les clauses du contrat. Si l’index avait évolué à la hausse, c’est exactement l’argument qu’elle aurait opposé au débiteur pour le contraindre à s’exécuter. »

Et bim. Le juge des référés est appelé juge de l’évidence, on ne saurait être plus clair. Le magistrat remarque par ailleurs que les contrats faisant l’objet de ces litiges ne comportent pas toujours de taux plafond ni encore moins de taux plancher :

« La banque n’a pas fait figurer au contrat un taux d’intérêt plancher de 0%. Elle ne peut donc limiter le Libor à zéro. En le bloquant à zéro, elle rompt purement et simplement le contrat. »

De son côté, le Crédit Mutuel arguait qu’un prêt est contracté à titre onéreux et qu’un taux négatif changeait la nature du contrat. Le magistrat répond que le coût d’un prêt doit s’apprécier sur la totalité de la durée du remboursement consenti, et qu’en l’espèce les clients de la banque avaient régulièrement payé des intérêts lorsque les taux étaient conformes aux prévisions de la banque.

Le juge des référés proche du fond

Dans son argumentaire, la banque fédérative a essayé de discréditer le Libor, en indiquant qu’un changement avait eu lieu à Londres et que l’indice sur lequel se fondait les contrats n’existait plus. Là encore, le juge, qui s’est étonnamment plongée dans les détails pour une juridiction de référé, relève que si un changement de gouvernance avait bien eu lieu au sein du Libor, le nouvel indice a quand même été appliqué par le Crédit Mutuel pour calculer les taux effectifs pendant près d’un an, avant qu’il ne devienne négatif.

En conséquence, le tribunal des référés civils a condamné le Crédit Mutuel à « appliquer au contrat le taux d’intérêt variable indexé à l’évolution du Libor CHF 3 mois », comme prévu et à fournir aux emprunteurs une nouvelle version de leur tableau d’amortissement. Les parties requérantes ont été débouté de leurs demandes d’astreintes et de provisions. Cependant, ces décisions du juge des référés sont exécutoires.

Contacté, le Crédit Mutuel n’a pas donné suite à nos sollicitations. Ses clients attendent désormais de la banque leur nouvel échéancier de pied ferme, une quinzaine d’entre eux sont représentés par Me Nicolas Fady à Strasbourg. D’autres procédures sont en cours, via Me Katia Debay et l’association pour la légalité des opérations et mouvements bancaires (Aplomb). De son côté, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (APCR) de la Banque de France suit de près ces dossiers de taux d’indexation négatifs et est intervenue auprès de plusieurs banques pour leur rappeler leurs obligations contractuelles.

Mais si le Crédit Agricole et la BNP, concernées par des cas similaires, ont transigé et, selon les cas, intégré les évolutions négatives ou proposé de nouvelles conditions à leurs clients, ce n’est pas le cas du Crédit Mutuel comme l’indiquent plusieurs témoignages postés sur un forum de frontaliers sur Internet.

Dans une lettre envoyée à ces clients, le directeur de la caisse de Saint-Louis qui concentre la majorité des contrats litigieux, Jean Ellminger, leur répondait que les évolutions du franc suisse leur avaient déjà été favorables. Autrement dit, qu’ils n’avaient pas à se plaindre ! Jean Ellminger invoque ensuite la volonté initiale des parties et « le silence du contrat » pour justifier l’application d’un taux nul plutôt qu’un taux négatif pour le Libor.

Il faudra désormais aller chercher ailleurs.

Au conseil régional d’Alca : la gauche reste unie et socialiste

Au conseil régional d’Alca : la gauche reste unie et socialiste
La tête de liste bas-rhinoise Pernelle Richardot et la tête de liste régionale Jean-Pierre Masseret arriveront-ils à s'entendre ? (photo PF / Rue89 Strasbourg)
Finalement, le groupe socialiste au conseil régional sera co-présidé par Pernelle Richardot et Jean-Pierre Masseret (photo PF / Rue89 Strasbourg)

Dans un communiqué, les 19 élus issus de la liste de gauche « Notre région avec Jean-Pierre Masseret » au conseil régional Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne-Lorraine (ALCA) indiquent qu’ils vont finalement « constituer un groupe unique co-présidé par Jean-Pierre Masseret et Anne-Pernelle Richardot. »

Ce n’était pas évident, car à l’issue du premier tour des élections régionales, devant l’avance du Front National, le Parti socialiste avait exigé le retrait de la liste, ce qu’a refusé de faire Jean-Pierre Masseret, provoquant un psychodrame au sein des élus socialistes et des électeurs de gauche. Une dizaine de candidats, dont Pernelle Richardot, se sont même retrouvés élus en ayant appelé à voter Philippe Richert (LR) au second tour.

Mais c’est de l’histoire ancienne tout ça. Comme l’explique Paola Zanetti, directrice de campagne de Jean-Pierre Masseret, députée (PS) de Moselle et partisane du maintien entre les deux tours :

« On sera beaucoup plus forts à 19 pour proposer des amendements et peser sur la politique de la droite qu’à deux groupes. Par ailleurs, nous n’avons jamais reçu à aucun moment un écrit officiel du parti nous indiquant que notre investiture nous était retirée. Donc ce groupe est bien le groupe du Parti socialiste au conseil régional d’ALCA. »

 

Bar Laiterie : Strasbourg Curieux ne lâche pas l’affaire

Bar Laiterie : Strasbourg Curieux ne lâche pas l’affaire
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En attendant les artistes, le peintre fignole ses toiles achevées. (Photo NM / Rue89 Strasbourg)

Jusqu’au 15 janvier, Strasbourg Curieux invite les Strasbourgeois à colorer des toiles devant le Bar-Laiterie, désaffecté depuis huit ans. L’occasion pour l’association de mobiliser autour de son projet de reprise du lieu.

Le 1er janvier à midi, Bruno Eichenberger, membre de l’association Strasbourg Curieux, a planté son chevalet, ses toiles et ses pinceaux devant les locaux désaffectés du Bar de la Laiterie, en face de la salle de concerts de Strasbourg. Il y peindra tous les jours, de midi à 20 heures, jusqu’au 15, et invite les curieux ou artistes dans l’âme à le rejoindre. Dans le coffre de sa voiture, Bruno Eichenberger stocke des toiles vierges pour qui voudra.

Au pied de son chevalet, sur lequel trône un portrait du maire de Strasbourg Roland Ries, une fresque blanche en relief représente les victimes de l’attentat à Charlie Hebdo : l’idée est que les gens de passage y apportent de la couleur.

Rassembler autour d’une performance

Depuis son installation, les membres de Strasbourg Curieux, les copains et les habitués du quartier sont venus y jeter un œil, donner des coups de pinceaux, voire passer commande. Cet après-midi, un vieil homme passe en coup de vent, le temps de déposer une photo de sa fille. Bruno Eichenberger promet de la transférer sur toile en quelques jours.

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En quête d’inspiration, Bruno Eichenberger a puisé dans la vie politique  (Photo NM / Rue89 Strasbourg)

L’an dernier à la même époque, Strasbourg Curieux organisait un sit-in de 14 jours, pour débattre et attirer l’attention sur leur projet de reprise du Bar-Laiterie, à l’abandon depuis huit ans. Aujourd’hui, l’esprit n’est pas le même, moins revendicateur. Bruno Eichenberger explique avoir voulu rassembler autour d’une performance, et si possible mobiliser l’opinion au passage :

« On la joue plus cool, cette année. Mais on veut continuer d’interpeller les élus, pour qu’ils voient qu’il y a des artistes en demande dans le quartier, qui voudraient pouvoir profiter de ce lieu. »

L’appel à projets se fait attendre

L’association campe sur sa position : elle veut redonner vie au Bar-Laiterie. La Ville aussi, mais les envies diffèrent. Bruno Eichenberger raconte que lors de la deuxième édition d’Arrête ton Char, le 2 mai 2015, le premier adjoint au maire, en charge de la Culture, leur aurait confié qu’il était illégal de leur accorder la reprise du lieu sans appel à projets. Mais d’après la direction du service culture de la Ville, cet appel évoqué par Alain Fontanel n’a toujours pas été lancé. Ce dernier s’explique :

« Nous sommes dans une phase d’évaluation, d’abord des besoins en travaux et d’éléments de faisabilité au niveau du bâtiment même. S’il faut mettre un million d’euros sur la table, on ne va pas trouver les mêmes partenaires que s’il en nécessite que 100 000. Il faut aussi cibler un créneau entre ce que l’on souhaite pour l’endroit et les besoins du quartier. A priori, l’appel à projets sera lancé au cours de ce trimestre, dans l’optique d’ouvrir le bar d’ici un an. »

L’inquiétude majeure de la Ville porte sur la rentabilité : le projet qui l’emportera doit être suffisamment bien pensé et solide pour ne pas perdre d’argent. Bruno Eichenberger, tout en nettoyant ses pinceaux, évoque un premier jet proposé à la Ville en mars 2015 :

« Notre projet était simple, pas cher en dehors des frais de mise aux normes. C’était un projet à tester sur un an. La Ville a estimé qu’il n’était pas viable. Mais l’idée, ce n’était pas d’être viable, c’était d’expérimenter et de ne pas laisser un lieu fermé en attendant qu’on en fasse quelque chose. La fréquentation du Hall des Chars était trop faible, et la Ville veut que son équipement soit utilisé au maximum. L’aspect restauration est primordial pour eux, dans le projet de reprise du bar. Mais c’est dommage d’avoir de la restauration sans culture. »

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En face de la salle de concerts, l’ex Bar-Laiterie a triste mine. (Photo NM / Rue89 Strasbourg)

Le projet de Strasbourg Curieux a évolué au fil des mois : bar, galerie, espace autogéré multifonctions… Pour plus de clarté, l’association s’est dédoublée : Strasbourg Curieux pour l’agenda culturel, Les Curieux (déposée au Journal officiel le 24 décembre 2015) pour la reprise du Bar-Laiterie. Le peintre en extérieur développe l’idée actuelle de l’association :

« On voudrait aménager une cuisine, pour de la restauration rapide ou de vrais repas entre midi et deux. Dans le quartier, il n’y a rien, et ça manque, ne serait-ce que pour les gens qui travaillent ici. Cette partie serait déléguée à une entreprise spécialisée. Dans l’après midi, on ferait des ateliers : musique, danse et peinture. Le soir, un food-truck s’approvisionnerait au bar et sillonerait la ville. Et bien sûr des concerts, des performances scéniques et artistiques. On aimerait demander deux week-ends par an à l’Espace K pour faire du long format. »

La culture, talon d’Achille du projet

Quand on lui rétorque que Strasbourg a bien assez d’espaces associatifs pour hipsters où personne ne se rend après l’ouverture, Bruno Eichenberger hausse les épaules. Lui, il y croit. Pour le peintre, deux conditions sont à réunir pour assurer le fonctionnement : une bonne communication, difficile à maîtriser parfois pour les amateurs, et ne pas verser dans l’élitisme. L’idée est là, l’envie aussi. Mais la Ville est encore réticente.

Pour Alain Fontanel, ce que propose Strasbourg Curieux tient plus du projet culturel subventionné. Et la Ville vise l’inverse :

« Au même endroit, il y a déjà le nouvel Espace K, qui est un projet subventionné. Nous n’avons pas vocation à en ouvrir un autre. Ce que l’on veut, c’est un lieu de croisement des acteurs du site Laiterie, qui le fasse vivre, et qui serait financé par ses recettes. »

Strasbourg Curieux va devoir convaincre ou entendre le message.

Aller plus loin

Sur Rue89 Strasbourg : Strasbourg Curieux veut rouvrir le Bar-Laiterie

Sur Rue89 Strasbourg : L’avenir de la Laiterie se précise

Après Charlie, cinq mosquées ouvrent leurs portes à Strasbourg

Après Charlie, cinq mosquées ouvrent leurs portes à Strasbourg
La grande mosquée de Strasbourg (Photo Claude Truong-Ngoc / Wikipedia / cc)
La grande mosquée de Strasbourg (Photo Claude Truong-Ngoc / Wikipedia / cc)

Cinq mosquées strasbourgeoises ouvrent leurs portes aux curieux ce week-end à l’appel du Conseil français du culte musulman. L’opération « thé de la fraternité » vise à raviver l’esprit de solidarité qui avait suivi les attentats contre le journal Charlie Hebdo et l’Hypercascher à Paris les 7 et 9 janvier 2015.

Au programme : présentation du Coran et des rites de l’islam, réponses aux questions et thés pour les visiteurs. « Il est important que mes coreligionnaires s’ouvrent d’avantage à leurs compatriotes », estimait Anouar Kbibech, président du CFCM, fin décembre lors de son appel aux lieux de culte.

La Grande mosquée de Strasbourg et les mosquées du Neuhof, de l’Eveil Meinau, de Koenigshoffen, et des Merveilles de la Montagne verte attendent le public. Pour Driss Ayachour, président de la Coordination des associations musulmanes de Strasbourg (CAMS), cette ouverture est une invitation au dialogue :

« Cette initiative d’ouverture des lieux de cultes va permettre, sans aucun doute, à tous nos concitoyens d’avoir un espace d’échange, de dialogue et de convivialité, et de démarrer une nouvelle année d’espoir avec plus de confiance, alors que notre pays vient de tourner la page de 2015 qui fut une année difficile. »

Le Conseil régional du culte musulman n’a pas relayé l’opération

Toutes les mosquées participant à l’opération sont membres de la CAMS, minoritaire dans l’actuel conseil régional du culte musulman d’Alsace (CRCM). Le CRCM Alsace a quant à lui décidé de ne pas relayer la démarche nationale du CFCM, comme l’explique son président Murat Ercan :

« Nous n’avons pas considéré qu’il fallait prolonger la démarche du CFCM au niveau local car nous ne voulons pas associer la date anniversaire d’événements aussi graves que les attentats à des journées portes ouvertes. Les mosquées sont toujours ouvertes et nous préférons approfondir notre effort pour les Journées du patrimoine. »

Carte et horaires des mosquées ouvertes

#Association culturelle des merveilles de la Montagne verte#association culturelle du Neuhof#association solidarité culturelle de Koenigshoffen#Eveil Meinau

Collecte de fournitures pour la Syrie samedi

Collecte de fournitures pour la Syrie samedi
L'association Alsace-Syrie espère envoyer un 19e convoi en Syrie le plus vite possible. (AF/Rue89 Strasbourg)
L’association Alsace-Syrie espère envoyer un 19e convoi en Syrie le plus vite possible. (Photo AF / Rue89 Strasbourg)

Fournitures scolaires, denrées alimentaires non périssables, matériel médical, l’association Alsace-Syrie lance un nouvel appel à la générosité des Strasbourgeois afin de récolter, samedi 9 janvier, des biens qui seront par la suite acheminés en Syrie. Le camion est là, mais il n’est rempli qu’à 75%.

Pour le président de l’association, Nazih Kussaibi, aider les Syriens à rester chez eux est aujourd’hui essentiel.

« On parle beaucoup des réfugiés en France, on se demande si on doit les accueillir ou non, mais il faut commencer par aider les gens à vivre là-bas, améliorer leur quotidien, c’est notre objectif. Les 11 millions de Syriens qui ont fui leur pays l’ont fait parce qu’ils n’avaient plus rien. »

Un million d’enfants sans école

Depuis le début du conflit, l’association a déjà fait parvenir 18 semi-remorques en Syrie, à Alep ou encore Deir er-Zor, donnant aux populations déplacées ou en état de guerre, quelque soit leur confession ou communauté.

Ce 19e convoi doit atteindre les zones rurales situées autour de la ville de Hama, dans le Nord-Ouest du pays, où vit près d’un million de personnes. Dans cette région, les combats contre l’État islamique et le régime syrien ont cessé, mais la population y demeure fortement isolée, et les enfants peinent à aller à l’école, rappelle Nazih Kussaibi.

« En Syrie, 1 million d’enfants n’a aujourd’hui plus l’occasion d’apprendre à lire ou à écrire, car beaucoup d’écoles ont été détruites et les organisations humanitaires internationales sont peu présentes. C’est pourquoi il est important de soutenir les écoles de fortune qui émergent des décombres à l’échelle locale. »

L’association compte sur cette nouvelle journée de collecte pour faire partir le semi-remorque le plus rapidement possible. L’Union syrienne des associations humanitaires s’occupera de mener le convoi depuis la frontière syrienne jusqu’au point de chute.

Cahiers, stylos, béquilles…

Trois sites de ramassage sont prévus :

    au 284,  route de Schirmeck (sur le parking et hall du supermarché  SIMPLY),  de 11h à 18h ; au 56, route de Schirmeck (sur parking de la boulangerie), de 14h à 18h ; à l’Institut Al-Andalous, 1 rue du Col Vert à Schiltigheim, de 14h à 18h.

Les écoliers ont notamment besoin de cahiers, de stylos, de cartables neufs ou usagés, de gommes, de feutres, de trousses, de matériels de géométrie (compas, équerre, rapporteur), de papier, ainsi que des jeux éducatifs.

Il est aussi possible de donner des denrées alimentaires non périssables (sucre, huile, légumes secs, riz…), des produits d’hygiène, des couvertures, des vélos adultes et enfants. L’association demande également du matériel médical et paramédical comme des médicaments en cours de validité, des béquilles, des fauteuils roulants.

Amiante au Parlement européen: le procès renvoyé au mois de mai

Amiante au Parlement européen: le procès renvoyé au mois de mai
La salle des procès d'Assises peu avant l'ouverture du procès en correctionnelle de l'amiante au Parlement européen, le 7 janvier 2015. Photo : CG / Rue89 Strasbourg / cc)
La salle des procès d’Assises peu avant l’ouverture du procès en correctionnelle de l’amiante au Parlement européen, le 7 janvier 2015. Photo : CG / Rue89 Strasbourg / cc)

Ce jeudi 7 janvier, le procès de l’amiante au Parlement européen a tourné court. Jérôme Lizet, le président, a ordonné en fin de matinée le renvoi des audiences pour pouvoir notamment apprécier la recevabilité des demandes des très nombreuses parties civiles.

Ce renvoi intervient à la demande des défenseurs des prévenus, qui ont reçu les conclusions des avocats de plusieurs partie civiles au tout dernier moment avant l’audience prévue ce matin.

En février 2013, des fibres d’amiante avaient été libérées dans le bâtiments Winston Churchill du Parlement européen au cours de travaux. Le chantier était resté ouvert deux semaines, avant les résultats d’analyse et le confinement de la zone.

Pas d’affluence ce matin

Près de 1 600 victimes potentielles ont été informées de la procédure en cours par le tribunal de grande instance. A l’heure actuelle, 322 d’entre elles se sont constituées partie civile. « Et d’autres vont continuer à se constituer partie civile à chaque nouvel article dans la presse, » a prévenu le procureur Sébastien Hauger, qui était opposé au renvoi de l’audience, comme les avocats des parties civiles.

Le procès avait déjà été reporté en octobre suite à l’afflux de personnes qui s’étaient alors déplacées. Ce matin au contraire, seule une dizaine de victimes potentielles sont venues assister au procès. Et seul cinq d’entre elles étaient citées à témoigner. De nombreuses chaises installées pour recevoir tout le monde sont restées vides.

« Depuis octobre, beaucoup de personnes ont pris des avocats et se sont fait représenter », explique Me Carine Cohen-Solal, avocate de 90 parties civiles. En tout, une vingtaine d’avocats représentaient ce matin les différents professionnels du Parlement européen, dont certains ont encore accepté des clients cette semaine. Une centaine de parties civiles restent aujourd’hui sans avocat.

Le procès doit finalement se tenir sur trois jours du 25 au 27 mai, dans la salle des procès d’assises, place d’Islande.

Aller plus loin

Sur Rue89 Strasbourg : Amiante au Parlement, des centaines de victimes attendues jeudi

Pascal Bastien : Aujourd’hui, c’est toujours maintenant ?

Pascal Bastien : Aujourd’hui, c’est toujours maintenant ?

Pascal Bastien, photojournaliste indépendant et collaborateur régulier de Rue89 Strasbourg, revient avec une seconde collection de photos tirées de son quotidien : « Aujourd’hui, c’est toujours maintenant ? » Il dédicace son livre jeudi 7 janvier à la librairie Kléber.

Thibaud Philipps à l’assaut de « Les Républicains » du Bas-Rhin

Thibaud Philipps à l’assaut de « Les Républicains » du Bas-Rhin

À 25 ans, Thibaud Philipps parviendra-t-il à faire bouger la droite du Bas-Rhin ? (doc remis)
À 25 ans, Thibault Philipps parviendra-t-il à faire bouger la droite du Bas-Rhin ? (doc remis)

Thibaud Philipps, conseiller municipal d’opposition à Illkirch-Graffenstaden, a déclaré mercredi sur Facebook qu’il se présente à l’élection du président du parti « Les Républicains » (ex-UMP). Jusqu’à présent, cette élection prévue le 30 janvier devait être un plébiscite pour Laurent Furst, maire de Molsheim et député du Bas-Rhin.

Et c’est justement ce qui a gêné le jeune conseiller municipal de 25 ans, envoyé en première ligne contre le maire d’Illkirch-Graffenstaden en mars 2014, comme il l’écrit dans sa déclaration :

« Pour la première fois de l’Histoire de notre famille politique, nous les militants, pouvons élire notre Président au suffrage universel. C’est une chance. C’est un droit et un symbole forts. Mais sans débat, sans choix, sans pluralité des candidatures nous serions privés de la réalité de ce droit nouveau. »

De droite, mais jeune quand même

Contre le cumul des mandats, pour une démocratie locale de proposition et d’action, Thibaud Philipps parle-t-il bien de « Les Républicains » ? Oui assure-t-il, sa démarche s’inscrit dans une volonté de renouvellement :

« Ce que les électeurs ont envoyé comme message aux élections régionales, c’est qu’ils veulent de nouvelles têtes parmi leurs élus. Alors je ne me présente pas contre quelqu’un, mais pour incarner cette alternative. Ouvrir le mouvement, équilibrer les générations, relancer les formations internes, associer les militants aux décisions et au bureau politique, un moment fort de la vie militante. »

Thibaud Philipps assure qu’il sera à nouveau candidat à la mairie d’Illkirch-Graffenstaden en 2020 et que c’est son « seul objectif » électoral. On veut bien le croire. Étudiant à l’Institut d’Études Politiques à Paris, il termine cette année sa formation par un stage en Alsace, avant de s’attaquer aux concours de la fonction publique.

Il y a juste un petit hic. Pour prétendre à la présidence d’une fédération « Les Républicains », il faut réunir les parrainages de 5% des membres, soit 114 signatures dans le Bas-Rhin. La démocratie interne a ses limites quand même. Du coup, Thibaud Philipps est engagé dans une pré-campagne intense puisqu’il doit réunir ces soutiens avant le 10 janvier.

#Thibault Philipps

Deux ans après, la ligne G peine à faire le plein

Deux ans après, la ligne G peine à faire le plein

Le matin, à l'heure de pointe, la station Gare de la Ligne G est souvent prise d'assaut. En semaine, du moins. (Photo : T. M.)
Le matin, à l’heure de pointe, la station Gare de la ligne G est souvent prise d’assaut. En semaine, du moins. (Photo TM / Rue89 Strasbourg)

Deux ans après son entrée en service, la ligne G fait le bonheur de ses usagers aux heures de pointe. Mais le reste du temps, elle peine à justifier son existence. Elle sera étendue de la gare vers le Nouvel hôpital civil en 2020.

Comme tous les matins de la semaine, à la station Gare centrale à Strasbourg, le bus à haut niveau de service (BHNS) de 8 heures n’est pas encore parti qu’il est déjà rempli de cadres, d’universitaires, d’employés et d’étudiants se rendant sur leurs lieux de travail, situés sur le parcours de la ligne G, entre Cronenbourg et Schiltigheim.

À l’intérieur, semblable à tous les bus, l’ambiance est calme et feutrée ce mardi matin. Certains ont les yeux rivés sur leurs smartphones ou lisent les journaux gratuits, d’autres écoutent de la musique le regard dans le vide, les derniers – bien plus rares – se saluent et discutent entre collègues.

Pas le temps d’en faire beaucoup plus de toute façon, car comme promis par la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS), le temps de trajet est vraiment court. Quinze minutes montre en mains à l’heure de pointe, entre la gare et l’Espace européen de l’entreprise (E3), ce quartier d’affaires de Schiltigheim, sorti de terre au milieu des années 1990 et pour lequel cette ligne a été construite et inaugurée fin 2013.

Une vitesse de circulation comparable à celle du tram

Cette rapidité (19 km/h en moyenne, comme un tram) est unanimement saluée par les usagers de la ligne G. La forte rotation – un bus tous les cinq minutes matin et soir, huit en journée et soirée – synonyme de peu d’attente, ainsi que le confort de véhicules quasi neufs sont aussi appréciés. Même Patricia, une femme pourtant très très excédée par le chauffeur refusant d’ouvrir les portes d’un bus sur le départ, apprécie « d’avoir divisé par deux son temps de trajet entre domicile et travail, d’en avoir fini avec la difficile correspondance gare – tram Rotonde – bus 19, et de pouvoir presque toujours s’asseoir ».

Si dans le sens Gare-E3, rares sont les personnes qui montent ou descendent aux arrêts implantés dans le quartier de Cronenbourg et sa Cité nucléaire, au retour ce n’est pas le cas. Aux stations Arago, Lavoisier et Rieth, une toute autre population que celle de l’aller, les habitants du quartier, remplit petit à petit le bus. Eux aussi semblent ravis de pouvoir se rendre beaucoup plus facilement qu’auparavant au centre de Strasbourg. « En quelques minutes à peine », souligne José, quinquagénaire fatigué « qui n’a pas le moral ».  « Sans avoir à prendre la voiture », surenchérit Abdel, jeune homme de 28 ans. « De toute façon, c’est devenu trop cher et difficile de se garer en ville « , s’accordent-ils.

Un peu monotone pour les conducteurs

Finalement, seul Jean-Michel (le prénom a été changé), conducteur depuis vingt ans, trouve un peu à y redire. Plus habitué à la ligne 4, il exprime une certaine lassitude à conduire un bus qui, sur la route, se comporte comme un tram (en site propre c’est-à-dire roulant dans un couloir isolé et dédié, prioritaire aux feux et intersections). À l’entendre, il a le sentiment d’être au volant d’une navette qui tourne en boucle au rythme d’un aller-retour par demi-heure.

Mais la navette est souvent vide entre les stations Vienne et Espace Européen, a fortiori les soirs et week-end quand la zone d’activités tourne au ralenti. Quant aux parkings de l’Espace européen de l’entreprise, ils n’ont pas désempli. Ni l’Eurométropole ni la CTS ne sont capables de mesurer l’impact du BHNS sur l’utilisation de la voiture à l’E3, puisqu’il n’existe pas d’étude ayant documenté la situation antérieure.

Après la station Copenhague, le bus roule à vide (Photo : T. M.)
Après 8 heures, en semaine, après la station Copenhague en direction de l’E3, le bus roule souvent à vide (Photo TM / Rue89 Strasbourg / cc)

Satisfecit à la CTS

À la CTS de toutes façons, on se félicite d’avoir « atteint les objectifs » comme l’explique Jean-Philippe Lally, le directeur général de la CTS :

« Même si on veut faire toujours mieux, la ligne G est aujourd’hui empruntée par 10 000 personnes chaque jour en moyenne. Les retours de la clientèle et du personnel sont bons. Pour un investissement quatre fois moins élevé (25 millions d’euros, ndlr), nous offrons sur cette ligne BHNS exactement le même service qu’un tramway. »

Pour le dirigeant, le système du bus à haut niveau de service (BHNS) – moins cher et beaucoup plus flexible que le tram – a pleinement fait ses preuves. De son côté, Alain Fontanel, premier adjoint au maire (PS) de Strasbourg et président de la CTS, admet que « les habitudes changent lentement » mais que le BHNS répond bien aux besoins :

« Avec la densité du réseau de tram dont nous disposons désormais à Strasbourg, on arrive aux limites de ce mode de transport. Pour autant, les usagers demandent des services plus efficients que le bus, donc il faut innover et dans ce cadre, le BHNS est une bonne solution. »

Une belle autopromo de Mercedes

Satisfecit également pour Mercedes, qui a construit les bus utilisés sur la ligne G, et qui a publié cette édifiante vidéo :

Qui sera le prioritaire parmi les prioritaires ?

Ainsi, Eurométropole et CTS envisagent d’étendre le tracé de la ligne G, depuis la gare vers la place de l’Etoile. La logique serait de créer un site propre sur les boulevards de Lyon et Nancy puis sur les quais. Plus facile à dire qu’à faire. Non seulement il y aura forcément des mécontents parmi les automobilistes, cyclistes, riverains, taxis et commerçants, mais en plus l’intersection boulevard de Lyon – rue de Molsheim, là où théoriquement se croiseraient BHNS G et Tram B-F, s’annonce comme un formidable casse-tête : qui des prioritaires aura la priorité ?

Néanmoins cette extension appelée « bouclage sud » est indispensable à l’efficience du réseau de tram et de bus, affirme Jean-Philippe Lally :

« Avec un tram toutes les 38 secondes, la place de l’Homme de Fer est un noeud qui doit absolument être désengorgé. Elle ne peut plus faire face à une hausse de la fréquentation. Ainsi, étendre la ligne G permettrait de relier Gare et Place de l’Étoile sans passer par la ville. En outre, cela permettrait de beaucoup mieux desservir le Nouvel Hôpital Civil, actuellement mal relié au réseau. »

Pour Alain Fontanel, l’ampleur des voies en site propre dépendra de la concertation :

« Il n’est pas obligatoire de réserver des voies au bus sur l’ensemble du parcours, cela dépend de la configuration du terrain, de la circulation et du niveau d’investissement que la collectivité souhaitera apporter. Ces questions seront posées lors de l’enquête publique. »

« Surtout utile pour les habitants du sud »

Il aurait plutôt fallu étendre la Ligne G de l’autre côté, vers le nord de l’agglomération, tonne en substance Jean-Marie Kutner, maire (LR) de Schiltigheim. Si la Ligne G est utile aux fonctionnaires, employés et entreprises de l’Espace européen des entreprises (6 000 personnes), aux habitants de Cronenbourg (8 000 personnes), elle ne profite à personne d’autre, d’après l’édile :

« Son tracé est mal pensé. Il aurait fallu soit le prolonger vers le nord jusqu’à la gare de Vendenheim, soit le relier directement au centre-ville de Schiltigheim. Par ailleurs, cela n’a pas de sens de desservir à un rythme soutenu en soirée et le week-end une zone d’activités qui est fermée. Enfin, en l’état, la ligne G est surtout utile aux habitants du sud de l’agglomération. Ceux du nord doivent continuer de prendre leur voiture. »

Une voiture qu’ils ne laissent pas sur la parking relais de l’E3. Quand le chauffeur arrive au terminus ce mardi à 8h15, le parking est aussi vide que le bus. Signe que, pour l’heure, la ligne G n’est pas encore « une  partie essentielle du système de transport en commun du centre culturel européen ».

#Espace européen de l'entreprise#Jean-Philippe Lally

L’Unef crie victoire face à l’Université de Strasbourg sur le droit au rattrapage

L’Unef crie victoire face à l’Université de Strasbourg sur le droit au rattrapage

L'Université de droit devra obligatoirement organiser des sessions de rattrapage (Photo DR)
L’Université de droit devra obligatoirement organiser des sessions de rattrapage (Photo DR)

Dans un communiqué publié sur son site, l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) indique que le Conseil d’État vient de rejeter le recours déposé par l’Université de Strasbourg dans la bataille juridique qui l’oppose au syndicat étudiant depuis 2013 au sujet du droit au rattrapage.

Retour sur cette histoire : depuis 2011, un « arrêté licence » garantit à tous les étudiants une seconde session d’examens, en septembre en cas d’échec en juin. Or, les étudiants en droit de l’Université de Strasbourg en étaient privés, car ils sont évalués via des contrôles continus, ce qui pour l’Unistra rendait caduques les sessions de rattrapages.

Mais l’UNEF a attaqué cette décision devant le tribunal administratif de Strasbourg, lequel a rendu un jugement favorable aux étudiants, jugement confirmé par la Cour administrative de Nancy le 7 mai 2015. Cette décision a poussé l’Université à organiser des sessions de rattrapage de dernière minute… avant d’intenter un recours devant le Conseil d’État.

Sans notification, l’Université ne réagit pas

Contactée, l’Université déclare n’avoir encore reçu aucune notification du Conseil d’État, et ne publie pas de réaction avant l’officialisation du rejet de son recours. De son côté, Selim Ben Amor, étudiant membre du bureau national de l’UNEF, raconte :

« Le 30 décembre, on a reçu une lettre : le Conseil d’État estimait que le recours de l’Université de Strasbourg était irrecevable et que les décisions précédentes prévalaient. On a fait les vérifications, un peu tard parce qu’on était tous en partiels, et on a eu confirmation. »

Le Conseil d’État statuant en dernier ressort, l’UNEF considère désormais que « les rattrapages y sont définitivement acquis en droit, désormais sans possibilité de recours. »

Un an après Charlie : un rassemblement organisé samedi

Un an après Charlie : un rassemblement organisé samedi

En janvier, ils étaient 45 000 à se réunir place Kléber pour rendre hommage aux victimes. (Photo Paul Voulleminot / Rue89 Strasbourg)
En janvier 2015, ils étaient 45 000 à se réunir place Kléber pour rendre hommage aux victimes. (Photo Paul Voulleminot / Rue89 Strasbourg/CC)

Il y a tout juste un an, la France et la liberté d’expression étaient attaquées par des terroristes. L’émotion avait suscité d’importantes manifestations en France et dans le monde. À Strasbourg, plus de 45 000 personnes s’étaient massées place Kléber.

Le collectif « Je Suis Charlie » de Strasbourg organise samedi 9 janvier à 16h un nouveau rassemblement place Kléber pour rendre hommage aux 12 victimes de Charlie Hebdo, à celles de l’Hypercasher, aux forces de l’ordre, mais aussi aux centaines de réfugiés et victimes d’attaques dans le monde entier (Danemark, Liban, Turquie…).

Chacun est invité à venir se recueillir et à se mobiliser pour prôner les valeurs « de la démocratie, des droits de l’Hommer et des libertés (…) la solidarité et la paix entre les peuples », décrit le collectif dans son communiqué, concluant : « nous n’avons rien oublié. Nous ne lâchons rien ».

Et pour dessiner leurs vœux pour l’avenir, les citoyens sont conviés à venir, armés de leurs crayons, feutres et papiers.

Y aller

Rassemblement « Un an après, nous n’avons rien oublié », samedi 9 janvier à partir de 16h, place Kléber à Strasbourg.

 

Aller plus loin

Sur Facebook : la page de l’événement 

Sur Rue89 Strasbourg: tous nos articles sur Charlie Hebdo

Le groupe strasbourgeois Amoure en finale du prix « Ricard Live »

Le groupe strasbourgeois Amoure en finale du prix « Ricard Live »

Capture d'écran YouTube.
Capture d’écran YouTube.

Ils sont trois potes de Strasbourg, qui au printemps 2015, lors d’un road-trip, ont décidé de monter un groupe de musique. Aujourd’hui, Thibaut Dutt, Nicolas Lietaert, Julien Hermann et leur son pop acidulé font partie des dix finalistes du prestigieux tremplin Ricard Live.

Ce concours s’articule en quatre étapes avant la finale : inscription, vote du public, vote du jury, et session live filmée à domicile par Rod Maurice, vidéaste qui a entre autres collaboré avec Mathieu Chédid ou The Dø. Pour cette ultime épreuve, les Strasbourgeois d’Amoure ont choisi de jouer leur morceau « Limbo » au stade de la Meinau, le 29 décembre. Un mini-concert dans le fief du Racing, dans le froid et sous la pluie, pour le plus grand bonheur de l’équipe de réalisation.

Le grand finaliste du Prix Ricard Live sera annoncé le 22 janvier. Si Amoure l’emporte, le groupe se verra financé pendant un an, qu’il s’agisse des concerts, de la production, du matériel ou encore de la promotion : un investissement de plus de 60 000 euros.

Profiter de la fenêtre des demi-finales

Nicolas Lietaert, chanteur du groupe, ne se projette pas pour autant vainqueur du tremplin, à la mouvance plutôt rock. Très surpris de faire partie des dix finalistes, il se réjouit de la visibilité offerte par cette première victoire.

« Être sélectionné parmi tous ces participants, c’est déjà incroyable, et on profite énormément de cette exposition. On a attiré beaucoup d’attention sur nous, et on est bien lancés. Qu’on gagne le tremplin ou non, on continuera les concerts à Strasbourg, à Paris, on bossera sur des EP… L’essentiel, c’est de profiter de cette fenêtre ouverte par les demi-finales. »

Les membres d’Amoure sont encore impliqués dans des groupes qui se sont fait une place sur la scène locale : Colt Silvers (indie-électro) pour Nicolas Lietaert et Plus Guest (indie-garage) pour Thibaut Dutt. Mais que les fans se rassurent, s’ils devaient gagner le tremplin et profiter de la résidence du Ricard Live, les trois Strasbourgeois continueront de s’investir sur plusieurs fronts.

#Amoure#Thibaut Dutt

Quartier Laiterie, l’Espace K se dévoile

Quartier Laiterie, l’Espace K se dévoile

Jean-Luc Falbriard, directeur artistique de l'Espace K, presque prêt à accueillir les nouveaux spectateurs (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Jean-Luc Falbriard, directeur artistique de l’Espace K, presque prêt à accueillir les nouveaux spectateurs (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Vidéo. – Le Capitaine Sprütz inaugure l’Espace K cette semaine. Au milieu des pots de peinture, l’équipe issue du Kafteur envisage de créer un lieu en chantier permanent. De son côté, la Ville espère un lieu ouvert et en lien avec le quartier Gare et Laiterie.

Les plombiers aimeraient savoir où se situent les arrivées d’eau, parce qu’il faut brancher l’arrivée pour la tireuse à bières de l’Espace K, le nouveau nom du Hall des Chars, en face de la Laiterie à Strasbourg. Aucun problème pour Jean-Luc Falbriard, le nouveau directeur artistique, aussi à l’aise dans le costume du Capitaine Sprütz que dans des habits de concierge. Monter un théâtre de toutes pièces, il l’a déjà fait, il y a 23 ans, avec le Kafteur.

À l’époque, c’était avec une poignée de comédiens volontaires, une brassée de bénévoles déterminés et beaucoup, beaucoup de bonnes volontés. Aujourd’hui, Jean-Luc Falbriard dispose de l’aide de la Ville : 70 000€ d’investissements en matériels et travaux et 85 000€ de subventions de fonctionnement annuelles. Ce sera donc plus simple, même si les missions attendues par la Ville sont plus nombreuses.

« Le Kafteur, avec quelque chose en plus »

Le spectateur habitué du Kafteur ne sera pas dépaysé : toutes les icônes du petit théâtre de la rue Thiergarten ont été déménagées : les affiches vintage du Capitaine Sprütz, les gargouilles-lampadaires, la « Kaisse » et diverses créations kitsch-do-it-yourself… Il ne manque que la décoration particulière des toilettes et les fauteuils de cinéma recyclés, si resserrés qu’ils offraient de véritables défis yogi aux personnes de plus d’1m60. Ils ont été remplacés par les 151 places, au confort grand luxe en comparaison, de la salle de spectacle, soit une augmentation de la jauge de 50%.

Pour autant, Jean-Luc Falbriard assure que l’esprit d’intimité qui régnait au Kafteur sera présent à l’espace K :

« C’est une scène très intéressante, on est à un mètre des premières personnes du public. Rien ne nous sera interdit, on sera même plus proches qu’au Kafteur. C’est vrai que les gens seront mieux installés mais il était grand temps d’évoluer. »

Le confort de la salle de spectacle n'a plus rien à voir avec le Kafteur (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Le confort de la salle de spectacle n’a plus rien à voir avec le Kafteur (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Enfin des loges pour les artistes

Les améliorations seront aussi sensibles pour les artistes. Terminées les descentes à la cave pour chercher un costume à la lampe-torche, et la gestion millimétrée, façon station spatiale, des coulisses et de la loge ! Autre amélioration notable : les spectacles pourront faire plus de bruit, sans risque de heurter un voisinage qui était immédiat rue Thiergarten et qui montrait des signes de nervosité.

Mais dans ce grand hall qu’est l’Espace K, tout reste encore à construire. Difficile d’imaginer qu’un spectacle doit s’y produire jeudi. Jean-Luc Falbriard reconnaît « avoir peut-être été un peu optimiste ». Mais de toutes façons, le lieu a vocation à être un chantier permanent :

« Il y a deux espaces de 500 m² chacun, la salle de spectacle et l’autre qu’on a appelé “espace de curiosités”. On y proposera des expositions, des spectacles jeune public, des essais avec plusieurs scènes, etc. C’est un endroit très modulaire qu’on peut segmenter avec de grands rideaux. On va le garder ainsi pour qu’il puisse être différent à chaque fois, et réserver des surprises aux spectateurs. »

Dans "l'espace des curiosités", Jean-Luc Falbriard prévoit d'y laisser un chantier permanent (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Dans « l’espace des curiosités », Jean-Luc Falbriard prévoit d’y laisser un chantier permanent (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Un lieu proche du quartier pour la Ville

De son côté, la Ville de Strasbourg attend de l’équipe de l’Espace K qu’elle attire de nouveaux publics vers la culture, une exigence formulée auprès de toutes les structures culturelle qu’elle finance. En outre, selon Alain Fontanel, adjoint (PS) au maire de Strasbourg en charge de la culture, l’Espace K ne doit pas seulement être un nouveau Kafteur mais il devra nouer des liens avec le quartier de la Laiterie et de la gare.

Un chargé de médiation culturelle a été recruté en ce sens, à lui de s’assurer que les écoles soient associées, que les associations puissent proposer leurs spectacles voire participer à des créations, etc. Comme première mesure, Jean-Luc Falbriard annonce qu’un tarif de 3€ par spectacle sera proposé aux habitants issus du quartier Laiterie et sujets aux minima sociaux.

Comme pour l’espace culturel Django Reinhardt, un « comité de suivi » est mis en place. Il se réunira tous les six mois pour évaluer la réalisation des « objectifs » assignés à l’équipe du Kafteur.

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