Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Anne Stenger, chercheuse : « Une majorité d’étudiants adopte des pratiques plus écologiques »

Anne Stenger, chercheuse : « Une majorité d’étudiants adopte des pratiques plus écologiques »
Les étudiants et étudiantes changent d’alimentation et de mode de transport.

L’économiste Anne Stenger a participé à une étude sur les leviers et les freins à l’apparition de comportements pro-environnementaux. Elle a remarqué qu’une majorité des étudiants et étudiantes déclare avoir adopté des pratiques plus écologiques.

Près de 45 000 jeunes ont répondu à une enquête de l’observatoire de la vie étudiante (OVE) en 2023. Parmi les questions posées, deux s’intéressaient aux comportements pro-environnementaux : « Pour des raisons écologiques, avez-vous changé vos habitudes alimentaires ? » et « Pour des raisons écologiques, avez-vous changé vos modes de transport ? » Anne Stenger et Magali Grammare, chercheuses à l’Université de Strasbourg, se sont concentrées sur les réponses à ces deux interrogations.

Parallèlement, l’OVE a aussi récolté des informations sur le milieu social, la zone d’habitation, le genre, ou encore le niveau de diplôme des étudiants et étudiantes. Les économistes ont ainsi pu en tirer des statistiques sur les facteurs associés aux comportements écologistes. Leur hypothèse de départ est que l’éducation formelle, c’est à dire liée au cursus scolaire et étudiant, ou informelle, soit les activités extra-scolaires, encouragent les changements d’habitudes.

Une large majorité favorable au changement

Pour les deux membres du Bureau d’économie théorique et appliquée (Beta) de l’Université de Strasbourg, le statut d’étudiant était particulièrement intéressant. Les études constituent souvent une période de transition vers l’autonomie, qui peut entrainer des changements dans les pratiques. Finalement, l’hypothèse se vérifie mais de nombreux autres facteurs ont un rôle dans l’adoption de comportements respectueux de l’environnement. La directrice de recherche spécialisée notamment en économie comportementale et en économie de l’environnement Anne Stenger revient sur les résultats de ses recherches pour Rue89 Strasbourg.

Anne Stenger, directrice de recherche en économie à l’Université de Strasbourg.

Rue89 Strasbourg : Les étudiants et étudiantes sont-ils nombreux à avoir changé leurs comportements pour des raisons écologistes ?

Anne Stenger : Oui, c’est un résultat assez marquant. Sur les près de 45 000 personnes interrogées, un tiers déclare avoir changé à la fois son alimentation et son mode de transport pour des raisons écologiques. 15% disent avoir changé uniquement leurs comportements alimentaires, et 20% juste leurs habitudes de transport. On arrive donc à 65% qui ont changé leurs pratiques. Et sur les 35% restants, 67% déclarent qu’ils auraient voulu changer mais n’ont pas pu. Cela peut-être pour des raisons financières par exemple. Donc finalement, très peu d’étudiants souhaitent ne rien changer (environ 5 000 sur les 45 000 interrogés, NDLR).

Observez-vous des facteurs qui encouragent ou freinent particulièrement les comportements pro-environnementaux ?

Ce qui encourage le plus les étudiant·es à changer leurs comportements est l’éducation. 45% de celles et ceux qui ont suivi des cours sur l’environnement ont changé leur alimentation et leur transport. Ce chiffre monte à 56% pour celles et ceux qui sont allés à des marches pour l’environnement. Le type de diplôme joue aussi. Ceux qui ont un master sont 39% à avoir changé les deux, contre 18% pour les bacs professionnels.

L’impact de la pratique sportive

Les femmes changent davantage que les hommes (35% des femmes ont changé leur mode de déplacement et de consommation contre 25% pour les hommes, NDLR). Pour celles et ceux qui modifient juste un type de comportement, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à changer juste leur alimentation (18% contre 9% pour les hommes, NDLR). Elles changent moins leurs transports en revanche (18% contre 23% pour les hommes, NDLR).

Les étudiants qui vivent chez leurs parents modifient moins leurs comportements que les autres (46% ne modifient rien, NDLR). Ils en ont certainement moins la possibilité. Le milieu social joue aussi. Les personnes peu aisées et moyennement aisées arrivent plus facilement à changer leur transport que leur alimentation. Les plutôt aisés sont 39% à changer les deux et les peu aisés sont 39% à ne rien changer.

Le sport est également un facteur qui pousse à avoir davantage de comportements écologistes (34% des sportifs ont changé leur alimentation et leur mode de transport, contre 27% des non sportifs, NDLR). C’est peut-être lié aux valeurs environnementales qui sont transmises dans les clubs.

Assez logiquement, les éco-anxieux changent plus leurs comportements que les non éco-anxieux (74% ne changent rien, NDLR). On remarque enfin que les étudiant-es qui habitent en ville changent plus de mode de transport que d’alimentation. Et c’est l’inverse pour celles et ceux qui habitent à la campagne : on observe plus de changements d’alimentation.

Quelles sont les limites de cette étude ?

Nous avons identifié clairement deux limites à cette enquête. La première, c’est qu’on ne sait pas précisément quelles sont les actions mises en œuvre. Est-ce que les personnes mangent moins ou plus du tout de viande ? Est-ce qu’elles consomment plus local ? Est-ce qu’elles ne circulent qu’à vélo ? On n’a aucune information là-dessus. Et on n’a pas non plus les raisons invoquées pour ne pas changer un comportement, ce qui limite l’interprétation qu’on peut faire des résultats.

Réduire les inégalités

La deuxième grosse limite, c’est qu’on n’a pas la temporalité dans le questionnaire : on ne sait pas ce qui arrive en premier, entre le comportement écologiste et le facteur. Par exemple, est-ce qu’une personne commence à aller à des marches pour le climat et c’est ça qui la pousse à changer ses habitudes ou est-ce qu’elle les avait déjà changées ?

Que pouvez-vous conclure ?

L’éducation ressort comme un facteur important. Et c’est intéressant parce que c’est un facteur sur lequel il apparait possible d’agir assez facilement. Continuons à éduquer de manière informelle, formons aux comportements pro-environnementaux dès le plus jeune âge pour que les jeunes deviennent des adultes qui eux-mêmes transmettront ces pratiques. Quand on forme des jeunes, ils peuvent aussi transmettre ces valeurs à leurs parents (on parle de « socialisation inversée »), il ne faut pas négliger ça.

Cette éducation peut se faire à l’école mais aussi à travers les structures associatives comme les clubs sportifs. Et on doit continuer de mettre en place des conférences ou des ateliers qui parlent d’environnement, gratuits et accessibles, dans tous les quartiers.

On se rend compte que la plupart de celles et ceux qui n’ont rien changé auraient voulu le faire. Il est donc nécessaire de repenser l’ensemble des politiques publiques, notamment pour ce qui est des transports, avec des infrastructures adaptées et accessibles financièrement. Toutes les politiques visant à réduire les inégalités sociales pourraient aussi jouer en faveur de comportements pro-environnementaux.

À Mulhouse, des petits propriétaires dépossédés : « Du jour au lendemain, on n’aura plus rien »

À Mulhouse, des petits propriétaires dépossédés : « Du jour au lendemain, on n’aura plus rien »
Les tours Plein Ciel, construites dans les années 1960.

À Mulhouse, deux tours de logements datant des années 60 doivent être détruites. Les copropriétaires modestes, parfois endettés, voient l’investissement d’une vie disparaître brutalement.

« Le jour où ils feront péter les tours, je serai encore dedans ! », prévient Laurent Schneider, 71 ans, dans son appartement au 19e étage d’une des tours « Plein Ciel », situées dans le quartier prioritaire des Coteaux à Mulhouse. Comme lui, des dizaines d’habitants vivent suspendus à une décision d’expulsion de leurs logements, préalable à une destruction de ces tours. Certains habitants se sont endettés pour acheter leurs appartements il y a plusieurs décennies. Mais pour l’agglomération mulhousienne, d’importants travaux de mise aux normes incendie sont nécessaires sur ces tours et elle estime que les copropriétaires ne pourront pas les financer.

Mulhouse Alsace agglomération (M2A) propose de racheter les appartements à un prix moyen de 495 euros le mètre carré, bien en deçà des valeurs du marché, estimées à 1 000€ le mètre carré dans le quartier.

Les tours « Plein Ciel » construites dans les années 60 pourraient disparaître.Photo : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg / cc

« On s’est serrés la ceinture pendant de longues années »

« On a d’abord cru à une blague » assure Leïla Abadi, 49 ans, assise dans son salon. Jetant un regard aux jouets de son petit-fils, rangés dans un coin de la pièce, elle raconte : « Cet appartement, c’est la maison du bonheur. Toute la famille s’y réunit« .

Leïla Abadi vit au douzième étage de la première tour Plein Ciel. En 2006, avec son mari, elle a contracté un emprunt sur 25 ans pour acheter cet appartement. Ils avaient trente ans tous les deux, elle était caissière chez Aldi, son mari ouvrier, et gagnaient chacun 1 000€ par mois. Ils pensaient alors : « même s’il faut se serrer la ceinture pendant de longues années, on commence jeune. Comme ça, le prêt remboursé, on profitera avant d’être vieux. »

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« J’espère qu’on pourra survivre à cet hiver » : des familles sans abri surmontent le froid

« J’espère qu’on pourra survivre à cet hiver » : des familles sans abri surmontent le froid

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Dooz Kawa laisse le rap strasbourgeois endeuillé : « Strasbourg a perdu un grand rappeur »

Dooz Kawa laisse le rap strasbourgeois endeuillé : « Strasbourg a perdu un grand rappeur »
Dooz Kawa avait sorti son dernier album, « Vol de nuit », en 2024.

Originaire de Strasbourg, Dooz Kawa est décédé, a annoncé son label lundi 29 décembre 2025. Par ses premiers textes dans les années 90 jusqu’à son succès national, le rappeur a marqué le public et les artistes de la scène hip hop strasbourgeoise.

« J’ouvre l’armoire des anciens jours, de là où j’ai poussé hier / J’vois mon p’tit costume de Strasbourg, que j’dépoussière. » En 2022, Dooz Kawa, Frank de son vrai nom, sortait le titre Strasbourg. Il y revenait sur ses débuts dans le rap, adolescent des années 90 à Strasbourg. Lundi 29 décembre, son label Modulor Music a annoncé son décès. L’artiste était âgé d’une quarantaine d’années. Il laisse derrière lui une multitude de projets musicaux, six albums, et une empreinte forte sur la scène hip-hop strasbourgeoise.

« Dans aucune case, dans aucun clan »

Fils d’un père militaire et d’une mère d’origine tchécoslovaque, Dooz Kawa a 16 ans quand il compose ses premiers textes. Il débarque alors d’Allemagne pour s’installer dans le quartier de la cité Ampère, l’un des plus pauvres de Strasbourg, proche du Port du Rhin, et vit aux côtés de la communauté Tzigane.

Avec le rappeur strasbourgeois Raid N, ils forment le groupe T-Kaï Cee. Ils écument leurs premières scènes et comme le rappeur l’affirme dans le titre « Strasbourg » : « Quand on créé le T-Kaï Cee, on devient référence locale. » Dans les années 2000, le groupe sort un « street album », qui tourne alors « de main en mains », relate l’artiste DJQ.

Dans un « petit milieu où tous les rappeurs et les DJ de la ville se connaissaient, c’était compliqué pour Dooz Kawa au début. Il avait une écriture tellement particulière, un style très linéaire : dans la scène locale il était à part », se souvient Junior, artiste strasbourgeois. « Il m’a charmé par son personnage, poursuit-il, car ici, il ne rentrait dans aucune case, dans aucun clan. »

Dans son titre Strasbourg, il dit :

« J’suis de l’époque turntablist (l’art de mixer avec des vinyles, NDLR) et tous mes potos font des rimes,
Pourtant aucun rappeur d’ici n’m’a invité en featuring, »

Pour le rappeur Kadaz, Dooz Kawa avait toujours un côté « à part ». Il raconte les « premiers battles de rap, dans le caveau du Café des anges. C’était que de l’impro, c’était l’esprit du truc. Et Dooz Kawa était le seul d’entre nous à ramener ses textes. On était jeunes et cons, ça nous a valu un clash. »

Album solo et influences jazz

Dooz Kawa sort son premier album solo, « Étoiles du sol », en 2010. L’artiste qui, selon Kadaz, « ne rappait pas comme les autres », se distingue alors par la musicalité de ses titres, empreinte d’influences des musiques de l’Est et du jazz manouche. Il collabore notamment avec Mandino Reinhardt, fils du jazzman Django Reinhardt et trouve à Strasbourg « un public très réceptif, un accueil hyper bon », se souvient Ena Eno musicien, producteur et ami de Dooz Kawa.

Le rappeur quitte Strasbourg au début des années 2010. « Bad boy de Marseille, Strasbourg, Genève et Toulouse », comme il l’évoque dans son titre Animals, Dooz Kawa s’installe ailleurs, revient souvent dans la ville de son adolescence, parcourt concerts et résidences. « On ne comprenait jamais trop où il était, on le voyait tous les jours pendant deux mois, puis il disparaissait pendant les quatre d’après », raconte Tribuman, trompettiste strasbourgeois et l’un de ses amis.

« J’aime bien quitter Strasbourg pour mieux la retrouver. J’aime bien être ailleurs pour mieux y revenir (…). Je ne veux pas lui laisser la chance de devenir un endroit ennuyeux et banal », confiait Dooz Kawa dans une interview pour Pokaa en 2020.

Ena Eno raconte leur première programmation au Molodoï, de retour à Strasbourg en 2014. « Les gens attendaient jusqu’à l’arrêt de tram 200 mètres plus loin, c’était dingue. Le public de Strasbourg était là parce qu’ici il se faisait rare. »

« Il écrivait mieux que tout le monde »

Il rencontre un succès national, notamment avec son titre Me faire la belle, sorti en 2016. Ses concerts strasbourgeois affichent toujours complet, le rappeur se produit à La Laiterie, au Molodoï, au NL Contest. « C’était l’exemple du rappeur inattaquable sur sa plume, constate le musicien Tribuman. À Strasbourg, il était devenu un exemple. Il écrivait mieux que tout le monde. »

Dans son titre Ode à l’État, le rappeur écrit :

« Je vous concède la vérité du procédé, plus on possède plus on est possédé,
Et les politiques détruisent tous ceux qui pourraient s’aider »

Dans ses multiples titres, il affirme un rap singulier, des paroles graves, nourries de références à son histoire. « Son écriture était trop sombre à mon goût, vraiment technique, très recherchée, décrit DJQ. C’était un artiste torturé, qui réfléchissait, lisait beaucoup. Il traitait les sujets en profondeur, fidèles à ses valeurs. »

« Le hip hop de la région »

« Dooz Kawa c’est l’histoire du rap à Strasbourg, c’est un mec de chez nous, assure le rappeur Kadaz. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, Strasbourg a perdu un grand rappeur. » Pour le rappeur Dah Connectah, « sa musique transpire le hip hop de la région, une manière très strasbourgeoise de rapper, une teinte particulière, difficile à décrire ».

Artiste « bizarroïde » pour Kadaz, « personnage atypique » pour Dah Connectah, ceux qui l’ont connu s’accordent pour dire qu’il avait « un grain bien à lui ». « Il avait un côté décalé, une autre vision de la musique, décrit Ena Eno. Il n’y a que lui qui pouvait ramener des mandolinistes classiques, s’inspirer des Balkans, et foutre le feu sur scène. »

« Au moment de quitter l’enfance, j’avais déjà compris d’avance,
Que la solitude débutait et depuis ne m’a plus quitté »

« Il était très seul, décrit le DJ Junior. Mais il n’a jamais arrêté de croire qu’il pouvait toucher les gens avec sa musique ». Il marque le public strasbourgeois par « la noirceur de ses textes », « ses valeurs » et sa « technique ». « Il est resté proche du rap à l’ancienne, rapporte Tribuman. Il était très curieux de la musique, savait utiliser des mots que les autres ne connaissaient pas. Il avait sa poésie. »

Jeune Garde, Urgence Palestine : la préfecture obtient l’annulation du soutien municipal

Jeune Garde, Urgence Palestine : la préfecture obtient l’annulation du soutien municipal
Le tribunal administratif a annulé une délibération du conseil municipal strasbourgeois mercredi 31 décembre.

À la demande de la préfecture du Bas-Rhin, le tribunal administratif a annulé une délibération du conseil municipal de Strasbourg qui soutenait deux collectifs visés par une procédure de dissolution, la Jeune Garde et Urgence Palestine.

Les deux derniers préfets du Bas-Rhin ont chacun eu leur petit cadeau d’adieu pour la municipalité écologiste strasbourgeoise. Josiane Chevalier avait attaqué et obtenu l’annulation du congé de santé gynécologique. Jacques Witkowski, désormais préfet des Bouches-du-Rhône, aura empêché le soutien de la Ville à deux collectifs.

Lundi 23 juin 2025, le conseil municipal de Strasbourg avait adopté une délibération « pour la défense de la liberté d’association, d’expression et du droit à la solidarité internationale : contre les dissolutions d’Urgence Palestine et de la Jeune Garde ». Elle visait à protester contre la dissolution programmée par l’État d’Urgence Palestine et de la Jeune Garde antifasciste. La préfecture a donc logiquement saisi la tribunal administratif, qui lui a donné raison mercredi 31 décembre en prononçant l’annulation de la délibération de la Ville de Strasbourg.

« Il n’est pas établi que la situation à Gaza (…) présentait un intérêt local à Strasbourg. »

Tribunal administratif de Strasbourg

Dans sa décision, le tribunal administratif commence par rappeler le droit des conseils municipaux à « formuler des prises de position ou des déclarations d’intention, y compris de nature politique ». Mais cette liberté doit être, selon la formation des juges administratifs, circonscrite aux « sujets présentant un intérêt public local ». C’est sur ce critère que le juge administratif a fondé son annulation concernant le soutien au collectif Urgence Palestine : « Il n’est pas établi que la situation à Gaza, qui relève de la politique étrangère de la France, présentait un intérêt local à Strasbourg. »

L’argumentaire diffère concernant le soutien à la Jeune Garde. Sur cet autre collectif visé par une procédure de dissolution, le tribunal administratif reprend les arguments du ministère de l’Intérieur. Il estime que le « groupement (…) s’est livré à des actions violentes et des agressions, contraires au respect des valeurs démocratiques et à la pluralité d’opinions par ailleurs défendues par la motion municipale. »

À l’appui de ses propos, le juge administratif évoque « l’agression par trois membres (de la Jeune Garde, NDLR) d’un individu soupçonné d’appartenir à la mouvance d’ultra-droite » le 4 novembre 2023 à Strasbourg. La décision administrative décrit aussi « l’attaque le 11 septembre 2024 de trois étudiants sortant d’une conférence de l’Action française, qui ont été aspergés de gaz lacrymogène et frappés par une demi-douzaine de membres de « La Jeune Garde ». »

Défense des libertés fondamentales

Portée par la conseillère municipale Soraya Ouldji, ancienne membre de la majorité, la délibération avait été approuvée grâce aux votes des élus écologistes et communistes. Les conseillers municipaux d’opposition Rebecca Breitman (Modem), Pierre Jakubowicz (Horizons), Jean-Philippe Maurer (Les Républicains), Anne-Pernelle Richardot (Parti Socialiste) et Jean-Philippe Vetter (Les Républicains) avaient voté contre.

La délibération annulée dénonçait les procédures de dissolution comme une atteinte aux libertés d’expression et d’association ainsi qu’au « droit fondamental à la solidarité internationale ». Le journal indépendant Politis a révélé en septembre 2025 que quatre rapporteurs spéciaux de l’Organisation des Nations unis (ONU) et un expert indépendant ont interpellé le gouvernement français concernant le projet de dissolution d’Urgence Palestine. Ce dernier n’a pas été formalisé par un décret de dissolution adopté en conseil des ministres. Du côté de la Jeune Garde, l’organisation a déposé un recours contre sa dissolution devant le conseil d’État. Selon France 3 Grand Est, une audience doit avoir lieu au début de l’année 2026.

Dix articles de Rue89 Strasbourg qui ont eu de l’impact en 2025

Dix articles de Rue89 Strasbourg qui ont eu de l’impact en 2025
A Rue89 Strasbourg, il y a toujours un impact en cours de production.

Permettre le débat public, mettre les décideurs face à leurs responsabilités, les pousser à agir… Un média d’investigation locale comme Rue89 Strasbourg produit des effets concrets. Passage en revue de nos impacts en 2025.

Après avoir été l’unique média à s’intéresser à l’expert-psychiatre Henri Brunner, plusieurs de nos confrères et consœurs ont fini par évoquer dans leurs médias sa radiation par la chambre disciplinaire de l’ordre des médecins du Grand Est en janvier 2025. Depuis plusieurs années, Rue89 Strasbourg donnait la parole aux victimes du docteur Brunner, qui ont dénoncé chez l’expert-psychiatre un manque de respect allant jusqu’à l’humiliation.

Grâce à l’engagement du psychiatre Georges Yoram Federmann et de l’avocate Nohra Boukara, l’ordre des médecins a fini par reconnaître que les expertises bâclées de Henri Brunner étaient très souvent orientées dans l’intérêt des institutions qui le missionnaient. Le médecin strasbourgeois a fait appel de la décision auprès de l’ordre national des médecins. Rue89 Strasbourg sera présent pour publier les suites de cette affaire.

Des effets immédiats, concrets

Sur certains sujets, l’impact d’un petit média comme Rue89 Strasbourg est plus immédiat. Ainsi après que nous ayons publié l’exclusion de l’Université de Strasbourg du président du syndicat étudiant UNI Strasbourg pour antisémitisme, nous avions sollicité la préfecture quant aux engagements de Samy Amokrane en tant que référent pour le Service national universel (SNU). Elle nous a répondu que son recrutement était annulé. Notre travail a ainsi eu un impact avant même qu’un article soit publié !

Il y a d’autres impacts qui passent inaperçus. N’hésitez donc jamais à nous écrire ou nous appeler pour nous faire part des suites qu’ont eu nos articles. Lors d’un entretien avec le directeur de la Haute école des arts du Rhin (HEAR), Camille Balzinger a appris que Stéphane Sauzedde avait soutenu la candidature de l’artiste palestinienne Dalia Rahma dans le cadre d’un programme donnant l’asile à des chercheurs et artistes suite à un portrait d’elle publié sur Rue89 Strasbourg. Quelques jours plus tard, nous apprenions qu’une procédure contre le déploiement de drones devant le tribunal administratif par la Ligue des Droits de l’Homme du Bas-Rhin faisait suite à la lecture d’un de nos articles.

Un lien fort avec les mobilisations

De nos révélations naissent des mobilisations. Après avoir publié de nombreux articles sur les conditions de détention à la maison d’arrêt de Strasbourg, Rue89 Strasbourg a relayé la parole et les revendications des détenus strasbourgeois. Cette médiatisation a abouti à une manifestation inédite devant la prison située dans le quartier de l’Elsau. Certes, les anciens détenus n’étaient pas très nombreux. Mais ce rassemblement a permis de rappeler la réalité carcérale de la maison d’arrêt de Strasbourg dans plusieurs journaux.

Un média engagé comme Rue89 Strasbourg offre aussi un porte-voix utile à des mobilisations en cours. Notre médiatisation du combat de la Confédération syndicale des familles offre un exemple éloquent. En donnant à voir les conditions de vie dans deux tours HLM de Lingolsheim, Thibault Vetter a poussé le bailleur Batigère à s’engager. Et puisque nous gardons toujours un œil sur nos dossiers, notre article sur les suites concrètes de ces engagements a été suivi d’une convocation de Batigère en préfecture.

Susciter le débat

Dans la liste de nos impacts de l’année, on trouve plusieurs débats publics rendus possibles par nos investigations. Sans nos révélations sur le projet de la famille Mack en Alsace centrale, il n’y aurait pas eu de réunion publique sur Europa Vallée à quelques mois des élections municipales. Notre travail sur le sujet, qui remonte à 2020, a permis aux habitants du Ried de s’informer auprès de leurs élus. C’est l’un des rôles primordiaux d’un média : obliger les responsables, ici politiques, à rendre des comptes.

Il a fallu aussi le travail de Thibault Vetter pour permettre aux habitants de Sélestat de connaître le comportement du candidat Edouard Faller en tant que propriétaire de logement. Avec une question intéressante pour le débat public sélestadien : le futur maire peut-il être un ancien propriétaire de logements insalubres ?

Des audits

L’effort de Roni Gocer pour révéler l’affaire Hervé Polesi a aussi abouti à des effets concrets. Notre médiatisation a poussé la maire de Strasbourg a reconnaître les manquements dans la gestion des signalements de harcèlement sexuel qui ont visé cet élu. Après avoir commandé un audit sur cette gestion, Jeanne Barseghian a promis une série de mesures pour améliorer la prise en charge des victimes de violences sexistes et sexuelles à la Ville de Strasbourg.

Plus récemment l’enquête de Thibault Vetter sur la gestion du TJP a été suivie d’une annonce. Comme l’ont révélé les Dernières nouvelles d’Alsace, la Ville de Strasbourg et les autres financeurs ont commandé un audit sur les risques psychosociaux pour les employés du théâtre.

ADMCS, Icans…

Difficile d’être exhaustif sur nos impacts. Pour conclure, citons pêle-mêle la création d’un groupe Whatsapp à la suite de notre enquête sur l’entreprise ADMCS. Nos révélations sur cette levée de fonds à plus de 17 millions d’euros aura au moins poussé des investisseurs à échanger entre eux pour construire un regard plus critique sur ce projet. Du côté de l’Icans, notre dernière enquête a été suivie d’une communication plus régulière de l’Agence régionale de santé du Grand Est sur les conditions de la séparation entre les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) et le Centre Paul Strauss. Et faire communiquer l’ARS, ça a l’air évident dit comme ça, mais c’est un changement très important !

Et à quelques pas de notre rédaction, il semblerait que la queue de personnes étrangères devant la préfecture soit de moins en moins importante. Comme si notre médiatisation de cette file d’attente, qui commence parfois la nuit, malgré le froid, avait poussé à réorganiser le système d’accueil des personnes en attente de régularisation de leur situation administrative. Un sujet sur lequel nous vous tiendrons informés au courant de l’année 2026.

Où et quand se débarrasser de son sapin de Noël

Où et quand se débarrasser de son sapin de Noël
Beaucoup de sapins sont importés d’Irlande, d’Ecosse ou de Danemark.

Chaque année, c’est la même chose à Strasbourg. Il est beaucoup plus facile d’acheter un sapin que de s’en débarrasser. Quelques associations proposent néanmoins de collecter les sapins qui ont fait leur temps pour qu’ils soient recyclés au lieu d’être brûlés.

Une douzaine de marchands ont vendu des sapins pendant toute la période du marché de Noël sur les places de Strasbourg, pour des loyers payés à la Ville entre 16 et 22 euros le mètre carré. C’est sympa, ça permet à tout le monde d’acheter son sapin à pieds, pour le mettre dans le salon et le décorer dans la foulée. En revanche, le dispositif pour récupérer les sapins est nettement plus contraignant.

Les Strasbourgeois doivent se débrouiller pour apporter leurs sapins dans les déchèteries de l’Eurométropole où ils seront « broyés et transformés en compost après quelques mois de maturation », selon la collectivité. Il n’y a pas de période limite de dépôt. Point à noter : le sac à sapin proposé par Handicap International est accepté en déchèteries. Il a en effet la particularité de se décomposer en 4 à 8 semaines et peut donc être accueilli dans le bac des déchets verts.

135€ l’amende et pourtant partout sur les trottoirs

De nombreux Strasbourgeois sont tentés de laisser les sapins sur les trottoirs, et chaque année, on en retrouve un peu partout dans la ville à cette période. Sauf que c’est interdit, et si un agent de police passe dans le coin au même moment, c’est un délit réprimé par une amende de 135€.

La solution la plus simple consiste à mettre le sapin dans la poubelle collective de votre immeuble. Cette solution n’est valable que pour les sapins de moins de 1m50 et aux troncs « pas trop gros » indique-t-on au service propreté, sinon « ils endommagent les machines ». L’ennui, c’est que les sapins ainsi jetés iront dans le circuit classique de gestion des déchets de l’Eurométropole et qu’ils seront brûlés avec les autres déchets…

« Le sapin, c’est du volume »

Le sapin peut être réutilisé dans le jardin

Le sapin, plutôt que d’être jeté, peut être réutilisé comme petit-bois de chauffage, ou pour fabriquer du mulch, ou paillis, afin de protéger la terre du gel. Attention cependant à l’acidité des aiguilles qui pourrait entraver la croissance des plantes.

L’Acrociation met en place des opérations de broyage, le produit peut être récupéré par les habitants pour du paillage.Photo : doc remis

Les collectes à Strasbourg

Heureusement, chaque année des associations de quartier se mobilisent pour assurer le relais entre les Strasbourgeois et la déchèteries, et permettre ainsi aux sapins de Noël de finir leur vie recyclés en compost pour nourrir d’autres plantes, dans une grande évocation du cycle perpétuel de la vie (que demander de plus à un sapin de Noël ?).

    Centre-ville. Collecte de l’association de la rue du Jeu-des-Enfants, samedi 17 janvier de 9h à 13h, place du Vieux-Marché-aux-Vins, Conseil des XV. Collecte du CSC Rotterdam, place du Conseil des XV, samedi 10 janvier de 9h à midi. Plus de détails ici. Danube. Collecte mercredi 14 janvier de 7h à 14h rue de l’Elbe, Krutenau. Collecte avec les association Ahbak et L’Étage mercredi 7 janvier de 14h à 17h30 place de Zurich, Neudorf. Collecte samedi 3 janvier de 14h à 16h45 place du Marché, Neudorf sud. Collecte mercredi 8 janvier de 10h à 14h15 sur le parvis de l’école élémentaire Albert Le Grand, rue de Huningue, Neudorf – Malraux. Collecte de l’Arem, mercredi 7 janvier de 14h à 16h30 place Jeanne-Helbling (devant le cinéma UGC Ciné-Cité), Neudorf – Musau. Collecte mercredi 14 janvier de 14h à 16h30 sur le parking du centre socio-culturel, rue de Wattwiller, Neuhof. Collecte de l’association La ferme éducative de la Ganzau, sur la placette du marché entre la rue Parallèle et la route d’Altenheim samedi 10 janvier de 14h à 17h, Montagne Verte. Collecte mercredi 14 janvier de 13h30 à 16h30 place d’Ostwald, Port du Rhin. Collecte jeudi 8 janvier de 14h à 16h30 place de l’Hippodrome.
Opération de broyage de sapins à Bischheim en janvier 2025.

Et dans l’Eurométropole

Plusieurs communes de l’Eurométropole organisent des collectes, les sapins récupérés sont la plupart du temps broyés pour être utilisés comme paillage dans les espaces verts des communes.

    Achenheim. Neuf points de collecte sont prévus samedi 10 janvier de 9h à 15h : croisement de la rue Marie-Curie et Alfred-Kastler, parking du Collège, devant le jardin pédagogique de la rue Jean-de-la-Fontaine, place de la Mairie, croisement de la rue des Érables et de la rue de la Montée, parking de la salle polyvalente, entrée du cimetière rue Bourgend, rue des Prunus et rue des Champs. Bischheim. Quatre points de collecte sont mis en place le samedi 10 janvier, de 9h à midi : le parking de l’église du Christ-Roi, l’entrée du technicentre SNCF au 48 avenue de Périgueux, la place de la République et le parking du supermarché Martch rue Bock, Blaesheim. Un ramassage des sapins est organisé par l’association sportive et culturelle de Blaesheim samedi 10 janvier à partir de 14h. Il suffit de laisser le sapin sur le trottoir ce jour-là. L’ASC Blaesheim appelle aux dons à cette occasion. Eckbolsheim. Une collecte est prévue samedi 10 janvier de 14h à 17h, sur le parking de l’école maternelle, rue des Fermes. Fegersheim. samedi 10 janvier de 8h30 à 13h devant le Centre sportif et culturel, rue du Général de Gaulle, Geispolsheim. Une collecte est organisée samedi 10 janvier, de 10h à midi sur le parking de la salle ACL, rue Hector-Berlioz, et de 14h à 16h sur le parking de la place André-Malraux. Illkirch-Graffenstaden. Deux bennes sont à disposition le samedi 3 janvier de 9h à 15h sur le parking Schweitzer et le samedi 10 janvier de 9h à 15h rue du Lieutenant-Homps. Hoenheim. Un ramassage des sapins par les membres du conseil municipal est prévu samedi 17 janvier de 9h à 11h. Les habitants sont invités à déposer les arbres sur le trottoir le matin même. Kolbsheim. Une benne est mise à disposition pour collecter les sapins du 9 au 12 janvier, sur le parking de la salle socioculturelle, rue Jacques-Maritain, Lingolsheim. Collectes les samedis 3 et 10 janvier de 8h à midi sur la parking de la mairie, 7 rue du Château. Mundolsheim. La collecte est prévue samedi 10 janvier de 9h à midi, aux ateliers municipaux, rue des Floralies. Les personnes ne pouvant se déplacer peuvent demander un enlèvement en s’inscrivant auprès de la mairie avant mercredi 7 janvier. Oberhausbergen. Le comité des fêtes Oscal collecte les sapins samedi 10 janvier, de 13h à 16h, aux ateliers municipaux, 5 rue de la Fontaine, avec café et chocolat chaud sur place. Oberschaeffolsheim. Une collecte de sapins est prévue samedi 10 janvier de 9h à 16h sur le parking de l’Espace Multi-Sport du Muhlbach, rue du Lavoir. Osthoffen. Du 1er au 25 janvier 2026, les habitants peuvent déposer leurs sapins dans un espace réservé en face du city-stade. Ostwald. Douze points de collecte sont mis en place du 5 au 26 janvier : parking de l’allée René-Cassin (à côté des conteneurs), place des Fêtes (parking CSL), parking de la place de Gaulle, rue Schweitzer, place Oertel, parking de la rue de Cernay (Schloessel), parking de la rue de la Forêt, parking rue d’Eschau, parking de la mairie, allée de la Roselière à proximité de l’aire de jeux, allée du Foehn à proximité de la crèche du Bohrie, au Wihrel, à l’angle de la rue du Séminaire et de la Chapelle. Nierhausbergen. La collecte de sapins est prévue samedi 10 janvier de 9 h à midi à la déchetterie de la commune, place des Coteaux. Plobsheim. Un ramassage est organisé par le comité des fêtes samedi 17 janvier de 9h à 17h. Le paillage produit par le broyage des sapins peut être mis à la disposition des habitants. La journée se termine avec une « soirée après-ski » avec DJ William au complexe sportif du Langensand dès 19h. Reichstett. Un enclos attend les sapins au centre sportif, rue de Picardie, du 2 janvier au 6 février. Schiltigheim. Samedi 10 janvier de 9h à 12h devant l’église Notre-Dame, route du Général de Gaulle, ou de 14h à 17h place Alfred-Muller, à côté de la mairie. Les sapins seront immédiatement broyés et leurs propriétaires pourront récupérer ce broyat s’ils ramènent un contenant adapté. Vendenheim. Des bénévoles passeront récupérer les sapins laissés simplement sur le trottoir samedi 10 janvier de 9h à midi.

Vous connaissez d’autres collectes ? Signalez les en commentaires pour que nous puissions mettre à jour cet article.

À Altorf, des locataires d’une résidence sociale passent une semaine sans chauffage 

À Altorf, des locataires d’une résidence sociale passent une semaine sans chauffage 
Le bayeur social du Foyer de la Basse Bruche gère les 11 logements de l’ancien presbytère d’Altorf.

La dizaine de locataires de l’ancien presbytère d’Altorf est privée de chauffage depuis le 25 décembre. Malgré les courriers répétés au bailleur social du Foyer de la Basse Bruche, le froid et les coupures persistent dans les logements.

Depuis son arrivée au presbytère d’Altorf, près de Molsheim, une routine fastidieuse s’est peu à peu installée. « Je regarde mon téléphone pour voir si on n’a plus de chauffage ou d’eau chaude », soupire Magalie, régulièrement alertée des coupures par ses voisins.

Depuis le 25 décembre, les onze logements gérés par le bailleur social du Foyer de la Basse Bruche sont privés de chauffage et d’eau chaude. Face à « la fréquence et la durée cumulées des interruptions », plusieurs locataires ont déposé des mises en demeure et signalé ces dysfonctionnements à la direction départementale des territoires et à l’Agence régionale de santé.

À l’extérieur, les températures de la fin décembre sont négatives. « Il fait près de -6 degrés (Celsius, °C) ici, et cet après-midi, on ne dépassera pas 1 °C », ajoute l’une des locataires, qui accepte de témoigner sous couvert d’anonymat. Celle qui se dit « la moins à plaindre » en raison de la petitesse de son appartement confie « laisser tourner en permanence » le vieux radiateur qu’elle conservait à la cave, en dépit d’une possible augmentation de sa facture d’électricité. Suite à un appel aux dons lancé par Magalie sur les réseaux sociaux, les locataires de l’ancien presbytère ont reçu plusieurs radiateurs d’appoint d’habitants des communes alentours. C’est le cas de Marie : « je préfère les éteindre la nuit, de peur qu’ils prennent feu », raconte la mère de famille.

Une trentaine de coupures et deux départs

Si la maintenance du chauffage collectif est assurée, les interruptions persistent. « Sur l’année, on a recensé près d’une trentaine de coupures », poursuit Magalie,« épuisée par cette situation ». « C’est insupportable pour ces habitants », reconnaît Laurent Furst, le maire (Les Républicains) de Molsheim, qui a exposé la situation au bailleur. 

Les logements de l’ancien presbytère sont gérés par le Foyer de la Basse Bruche, société d’économie mixte (SEM) qui gère près de 550 logements et dont le capital est réparti entre les communes de Molsheim, Mutzig, Dorlisheim, Dinsheim-sur-Bruche et le bailleur social Domial. En 2017, la Caisse des dépôts avait accordé un prêt de 4,4 millions d’euros à la SEM. Une partie des fonds avait permis de financer la création des logements de la résidence.

Martine Zerringer, la gérante du bailleur social assure que la situation est « en cours de résolution », en restant vague sur les délais. « Les locataires souhaitent un remplacement de chaudière : ce n’est pas à l’ordre du jour. Elle n’a que 13 ans, ce qui est jeune pour une chaudière collective. Laissons notre mainteneur KRESS de Rosheim apprécier ce point. S’il nous dit : la chaudière est hors service, il faut la remplacer, nous la remplacerons. » Et de préciser : « En dédommagement, le Foyer de la Basse Bruche a offert aux locataires le loyer de décembre.« 

En attendant, Marie « se débrouille ». « Je fais chauffer des casseroles d’eau pour le bain de ma fille de 6 ans, raconte-t-elle. Moi, je me douche sur mon lieu de travail. » Elle ajoute :

« Mon mari est en situation de handicap. On lui dit de bien se couvrir, mais sa maladie l’en empêche et le froid majore ses douleurs. On ne sait pas comment s’en sortir. Tout ce qu’on veut, c’est un logement décent. »

En 2022, « on n’avait pas eu de chauffage ni d’eau chaude pendant deux semaines », se souvient un locataire. « À cette époque, on n’avait entrepris aucune démarche vis-à-vis du bailleur », retrace Marie. De guerre lasse, Marie-Sophie a quant à elle décidé de quitter le presbytère pour un logement privé. À 67 ans, cette retraitée parcourt régulièrement les 30 kilomètres qui la séparent du logement de sa fille pour se réchauffer et prendre une douche. Le 28 décembre, le thermomètre placé dans sa chambre affichait 13 °C. « Une température pareille, ce n’est pas humain », s’émeut l’une de ses voisines. Un autre locataire du logement social est en passe de quitter son logement pour des raisons similaires. « C’est peine perdue », répète cet habitant, qui « ne sait plus à qui s’adresser ».

Trois festivals et des spectacles qui feront vibrer en janvier

Trois festivals et des spectacles qui feront vibrer en janvier
Le spectacle « Maldonne » de Leila Ka est présenté dans le cadre du festival « L’année commence avec elles » à Pôle Sud.

Au programme de la sélection culturelle de janvier 2026 : des concerts gratuits au conservatoire, des femmes mises à l’honneur sur scène, des témoignages de guerres des quatre coins de la planète, l’énergie de jeunes metteurs en scène et la poésie d’un tandem volant…

Radio Live sur scène

C’est une expérience à la fois théâtrale et radiophonique à laquelle convie la journaliste et productrice Aurélie Charon. Tout a débuté en 2011 avec des séries radiophoniques sur la jeunesse engagée, réalisées pour Radio France, et l’envie de réunir ces jeunes activistes sur scène. En 2013, sous le nom de Radio Live la première représentation a eu lieu et a fait dialoguer des jeunes venus de plusieurs pays avec le public.

Le Radio live de 2025, créé pour le festival d’Avignon, est décliné en trois chapitres et convie huit personnes provenant de zones de conflits en Syrie, à Gaza, en Bosnie, en Ukraine, au Liban, au Rwanda… Les interviews en direct d’Aurélie Charon (présente sur scène) alternent avec des vidéos tournées dans les différents pays évoqués, des croquis dessinés en direct, des séquences de musique live, parfois de pas de danse, et toujours des échanges avec le public.

Spectacle « Vivantes » de la trilogie en « Radio Live » de Aurélie CharonPhoto : Noorullah Azizi

Chapitre 1 Vivantes invite trois femmes à témoigner, chacune a traversé une guerre : enfant, adolescente ou adulte. En Bosnie, en Syrie, en Ukraine, chacune a résisté et résiste encore. Oksana, Hala et Ines sont parties ensemble à Sarajevo pour interroger la société d’après-guerre. Comment raconte-t-on l’expérience de la guerre à ceux et celles qui ne la vivent pas ?

Chapitre 2 – Nos vies à venir. Comment penser la reconstruction ? En Syrie, à Gaza, et au Liban, avec Rayane, Amir et Hala qui ont vécu la guerre dans ces pays. Cinéaste et actrice, institutrice, journaliste et poète, parlent de leurs combats et leur espoir pour un avenir meilleur.

Chapitre 3 – Réuni·es. Comment penser la justice après un génocide ou une guerre civile ? Ce spectacle réunit des identités multiples : Yannick d’origine rwandaise et congolaise, Karam est palestinien syrien, Sihame a grandi en France de parents venant du Maroc. Ils ont réalisé un voyage ensemble à Kigali au moment des commémorations du génocide contre les Tutsis de 1994. Ils viennent nous parler de leur fort désir de justice.

L’année commence avec elles

Sororité, échanges, émancipation, luttes, énergie et mouvement ! Comme chaque année depuis 2021, Pôle Sud débute l’année avec « Elles », les femmes chorégraphes et performeuses. Ce festival donne la parole à dix artistes très singulières, d’origines, de pays et de générations différentes.

Dans ce programme foisonnant, on a notamment repéré le spectacle À l’aune de leurs peaux de Marie Barbottin qui a travaillé avec la philosophe féministe Camille Froidevaux-Metterie, et met en scène cinq femmes de cinquante ans dans un manifeste contre le jeunisme. La compagnie Kilaï embarque à la rencontre quatre femmes, danseuses de hip-hop qui prennent la parole sans détour pour raconter leur choix d’entrer dans un monde réputé masculin. La chorégraphe Betty Tchomanga présente des Histoire(s) Décoloniale(s), à travers le krump, le raï, la pantomime ou les danses béninoises. Et on s’amusera avec l’Histoire de l’art grâce à Hortense Belhôte, l’historienne de l’art et performeuse, dont on a pu croiser les vidéos décalées sur Arte et les réseaux sociaux.

Plusieurs rencontres et ateliers de danse avec les artistes sont organisés tout au long du mois. Une belle occasion d’expérimenter des pieds à la tête ce que les spectacles donnent à voir.

Pédalage céleste

Un tandem volant, deux équilibristes pleins d’humour et de poésie, c’est la recette de ce joli spectacle que certains d’entre vous ont peut-être déjà vu au Festival FARSe 2025. Leandre Ribera et Laura Miralbés sont de retour à Strasbourg avec Fly me to the moon, une occasion de se rattraper à l’Espace K si vous les aviez ratés sur le bitume. Vêtu de queue de pie, le duo de clowns embarque petits et grands pour un voyage sur la lune accompagné par de la musique live. On rit, on s’émerveille, le cycliste en nous est ravi ! Un moment burlesque pour commencer l’année avec le sourire.

Les deux clowns cyclistes de « Fly me to the moon » de Leandre ClownPhoto : Alejandro Ardilla

La fête de la musique, avant l’heure

La Cité de la musique et de la danse de Strasbourg fête ses 20 ans en 2026. Ce troisième Festival du Conservatoire lui est dédié. Concerts, bals, déambulations, spectacles de danse et de théâtre, en neuf jours plus de 30 représentations et 25 spectacles sont proposés. Une nocturne, la « Nuit du Répétitif », mettra à l’honneur les musiques répétitives et minimalistes à l’occasion de la Nuit des Conservatoires le vendredi 30 janvier. Elle réunira à elle seule 12 spectacles et interventions artistiques de 18h à 1h30 du matin à travers tout le bâtiment.

Le festival est gratuit et il y en aura pour tous les goûts, ou presque : musique classique, contemporaine, baroque ou création. Si vous n’avez jamais franchi les portes du bâtiment, c’est une belle occasion pour le visiter tout en faisant plaisir à vos oreilles. Et d’ailleurs, sachez que le Conservatoire propose plus de 150 spectacles gratuits tout au long de l’année à la Cité de la musique et de la danse, et hors les murs. La programmation est ici : www.conservatoire.strasbourg.eu

Fanfare, flammes et lectures nocturnes

Les médiathèques de l’Eurométropole s’animeront à la fin des journées du 21 au 25 janvier à l’occasion des Nuits de la lecture : spectacles, concerts, lectures et même pyjama party ! Du côté de la médiathèque Malraux, une série de rendez-vous s’enchaineront le samedi 24 janvier : une déambulation festive et lumineuse partira à 16h de l’Arès (à l’Esplanade) pour rejoindre la presqu’île Malraux au rythme de la fanfare Strasboumboum. S’en suivront des animations à tous les étages de la médiathèque. Et à 19h, rendez-vous sur son parvis pour un spectacle de jonglage de feu « Les flammèches ». On pourra aussi s’amuser à la joute littéraire qui opposera les bibliothécaires autour de la thématique ville ou campagne. Et on finira par une lecture-performance de Mathias Malzieu (auteur, compositeur et chanteur du groupe Dionysos).

Toutes, toutes premières fois

Le festival Premières convie au Maillon de jeunes artistes de différents pays. Pour cette année, ce sera la Russie, la Palestine, la Suisse, l’Italie et la Grèce. Cinq spectacles pour découvrir l’émergence artistique européenne sur deux week-end fin janvier et début février.

L’artiste russe, Aleksandr Kapeliush, raconte avec une lucidité touchante son exil de Russie, entre souvenirs d’enfance, questions d’identité queer et réflexions sur les libertés qui s’effacent dans son pays natal. La danseuse Marah Haj Hussein expose, elle, avec humour et colère comment les langues peuvent à la fois libérer et opprimer, en donnant la parole à celles et ceux qui jonglent au quotidien entre l’arabe et l’hébreu imposé par la colonisation.

Le comédien, auteur et metteur en scène italien Francesco Alberici retrace son parcours dans le monde du travail contemporain : management, performance, harcèlement, mais aussi le récit d’une relation émouvante et drôle entre deux frères. L’artiste suisse d’origine togolaise, Davide-Christelle Sanvee, explore les ressorts du racisme à travers une performance inspirée par le récit de l’écrivain James Baldwin, noir dans une Suisse blanche des années 50. La danseuse et chorégraphe grecque Chara Kotsali embarque son public pour une plongée dans l’Histoire, « un voyage déréglé dans le temps » via une chorégraphie qui convie macarena, parades militaires, aérobic ou encore danses rituelles.

Diverses rencontres (gratuites) viendront ponctuer le festival ainsi qu’un banquet, dans le hall du théâtre, en compagnie des artistes et techniciens des compagnies invitées.

Wagon Souk, Europa Vallée, tour Europe vide… Nos 10 articles les plus lus en 2025

Wagon Souk, Europa Vallée, tour Europe vide… Nos 10 articles les plus lus en 2025
L’article le plus lu de 2025 concerne le professeur Philippe Bachelier.

Quel plaisir de constater l’intérêt que vous portez à l’investigation locale. Parmi nos 10 articles les plus lus en 2025, on compte une immense majorité d’enquêtes. Un classement qui donne un aperçu de nos révélations de l’année.

Plus de 5,5 millions de vues et plus de 4,5 millions de visiteurs : pour un média d’investigation locale, ces chiffres font la fierté de la rédaction. Les journalistes de Rue89 Strasbourg sont bien placés pour savoir l’effort quotidien que demandent des enquêtes. Et si nous ne faisons pas ce métier pour maximiser le nombre de clics, un sentiment de déception peut parfois poindre lorsqu’une enquête suscite peu de lectures, malgré toute l’énergie investie. Alors, pour finir l’année avec le sentiment du devoir accompli, revenons sur les articles qui ont suscité le plus d’intérêt de votre part.

Cette liste nous conforte dans le choix d’investir une grande partie de nos moyens dans l’investigation. Pourtant, si ces articles ont généré des dizaines de milliers de vues, ils n’ont souvent suscité que quelques dizaines d’abonnements. En finissant l’année avec 2 688 abonné·es, nous avons atteint les objectifs fixés pour cette année. Mais votre média d’investigation reste fragile. Une première étape de stabilisation reste à franchir pour notre entreprise, qui demeure hélas déficitaire. Aidez-nous à poursuivre notre combat pour une information libre et indépendante à Strasbourg et en Alsace en vous abonnant ici ou en faisant un don, là.

Cet article est aussi l’occasion de remercier nos sources. Sans elles, Rue89 Strasbourg n’aurait pas publié la moitié des enquêtes du classement ci-dessus. Les lanceurs d’alerte nous ont parfois transmis des documents dans des enveloppes en papier kraft. Ils et elles ont aussi souvent utilisé notre plateforme anonyme et sécurisée. Nous sommes également joignables par mail à redaction@rue89strasbourg.com. N’hésitez pas à nous écrire : vos idées et remarques sur notre production sont toujours les bienvenues !

Une année de mobilisations sociales en images

Une année de mobilisations sociales en images
Manifestation du mouvement Bloquons tout à Strasbourg, le 10 septembre 2025.

Rue89 Strasbourg annonce et couvre autant que possible les mobilisations sociales à Strasbourg et aux environs. Nous vous proposons quelques images pour revenir sur les manifestations qui ont eu lieu localement en 2025.

Bien sûr, nous n’avons pas pu être partout en 2025. Mais nous avons essayé de vous proposer, tout au long de l’année, des reportages sur les mobilisations sociales afin de donner la parole aux Alsaciens et aux Alsaciennes engagées. Leurs récits ont été portés par le travail essentiel de nos photographes Mathilde Cybulski, Pascal Bastien et Abdesslam Mirdass. Parfois, ce sont les journalistes qui s’en chargent : les images sont alors moins parfaites, mais nous faisons de notre mieux. N’hésitez pas à nous soutenir en vous abonnant, pour que nous puissions plus souvent mandater nos photographes.

Occupations d’écoles

Ça a commencé fort le lundi 13 janvier, avec le début de l’occupation de l’école Saint-Jean pour loger des familles à la rue. Nous avons suivi cette grande mobilisation pour l’hébergement des enfants à la rue, marquée par de nombreuses actions permettant de leur proposer un toit : occupations d’établissements, cagnottes solidaires ou relais de Strasbourgeois et Strasbourgeoises pour les accueillir directement chez elles.

Des enseignantes, des parents d’élèves et des enfants étaient présents et présentes pour le début de l’occupation de l’école.Photo : Pierre France / Rue89 Strasbourg

Les pompiers devant les urgences

Rue89 Strasbourg s’intéresse également de près aux dysfonctionnements des urgences médicales, principalement liés au manque de moyens de l’hôpital public. C’est ainsi que nous nous sommes rendus au rassemblement des pompiers le 23 janvier, devant les locaux du SAMU à Hautepierre. Ils dénonçaient alors leur sollicitation pour des interventions anodines et les délais d’attente devant les urgences.

Des pompiers mobilisés devant les urgences.Photo : Pierrot Destrez / Rue89 Strasbourg
Les syndicats pompiers Force Ouvrière et Avenir secours réclamaient une meilleure régulation des missions qui leur sont confiées.Photo : Pierrot Destrez / Rue89 Strasbourg

Blocage de Sciences po

Dès la fin du mois de janvier, des étudiants et étudiantes ont bloqué le bâtiment de Sciences Po Strasbourg pour dénoncer le partenariat de leur école avec l’université Reichman en Israël, accusée d’être proche du gouvernement d’extrême droite israélien. Malgré de nombreuses mobilisations au cours des semaines suivantes, le conseil d’administration a choisi de maintenir le partenariat en avril.

Les blocages commençaient à l’aube.Photo : doc remis

8 mars

La mobilisation du 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, a rassemblé des milliers de personnes à Strasbourg. Dans les discours des personnes interrogées, la lutte contre l’extrême droite s’imposait comme une nécessité féministe.

Une place Kléber noire de monde pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg
Des milliers de manifestant-es à l’occasion de la marche pour la journée internationale des droits des femmes à Strasbourg. Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg

Soutien à un jeune homme trans discriminé

Audric a reçu le soutien d’une trentaine de personnes devant le tribunal judiciaire de Strasbourg le 12 mars. Il contestait la décision de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) du Bas-Rhin de ne rembourser qu’une partie des soins nécessaires à sa transition de genre. Les magistrats lui ont finalement donné raison, et ont condamné la CPAM à prendre en charge son opération d’ablation des seins.

La devanture du tribunal a été décorée avec des pancartes et des banderoles pour l’occasion.Photo : Camille Balzinger / Rue89 Strasbourg
Des militant-es du centre LGBT La Station, de l’association SOS Homophobie, de l’organisation Fransgenre, du Bloc révolutionnaire insurrectionnel et féministe, de l’organisation solidarité trans, de Support transgenre Strasbourg et des syndicats CNT et CGT se sont déplacé-es.Photo : Camille Balzinger / Rue89 Strasbourg

Artistes mobilisé-es

Quelques jours plus tard, le 20 mars, environ 200 artistes se sont rassemblé-es devant la direction régionale des affaires culturelles (Drac) contre les coupes budgétaires dans les secteurs du spectacle vivant et de l’audiovisuel.

Environ 200 personnes devant la Drac, jeudi 20 mars 2025.Photo : Magali Arrouays / Rue89 Strasbourg

Soutien aux Serbes

Une centaine de cyclistes serbes ont roulé jusqu’à Strasbourg pour dénoncer la corruption de leur gouvernement devant les institutions européennes. Le pays était en pleine mobilisation massive contre ce phénomène, notamment la jeunesse. À leur arrivée dans la capitale alsacienne, mardi 15 avril, les militants et militantes ont été accueillies par des centaines de personnes place Kléber.

Des centaines de personnes place Kléber le 15 avril, en soutien aux jeunes cyclistes serbes.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg

Rassemblement contre l’islamophobie

Le 28 avril, nouvelle mobilisation. Encore place Kleber, une centaine de personnes se sont rassemblées contre l’islamophobie, dans un contexte où les discours publics hostiles aux musulmans se multiplient dans l’espace médiatique en France. Un fidèle venait d’être assassiné dans une mosquée du Gard. Ce jour-là, des participantes à la manifestation nous ont raconté leur vécu, ainsi que les insultes et discriminations qu’elles subissent au quotidien.

Chayma ne se « sent pas légitime en France à vivre son culte « . C’est d’autant plus important pour elle de « revendiquer ses choix ». Photo : Lucile Vitrac / Rue89 Strasbourg / cc

Foire Saint-Jean : blocage du Centre administratif

Au mois de mai, les forains se sont mis en colère. Ils ont estimé que la Ville de Strasbourg ne leur avait pas proposé de terrain adapté pour accueillir la traditionnelle foire Saint-Jean jusqu’en 2027. Le 19 mai, ils ont bloqué le Centre administratif, pour demander à pouvoir s’installer quelque part.

Une cinquentaine de forains tenaient l’entrée principale du Centre administratif.Photo : Roni Gocer / Rue89 Strasbourg

Hébergement d’urgence

Malgré une intense chaleur le 18 juin, une centaine de personnes se sont réunies devant la préfecture du Bas-Rhin pour protester contre la suppression de places d’hébergement d’urgence par l’État. Des personnes à la rue étaient présentes pour raconter leur situation.

Les militant-es ont installé des tentes devant la préfecture.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg
Des personnes concernées ont pu s’exprimer.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

Manifestation à l’appel des détenus de l’Elsau

Une cinquantaine de personnes ont manifesté devant la maison d’arrêt de l’Elsau samedi 5 juillet. Des détenus avaient appelé à ce rassemblement à la suite du décès de Serge Meckes dans sa cellule. D’anciens prisonniers sont venus en solidarité et ont décrit une prison insalubre où les morts se succèdent.

Une cinquantaine de personnes ont répondu présentes à l’appel des prisonniers pour des conditions de détention dignes.Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg

Mobilisation pour la Palestine

Bien sûr, tout au long de l’année, nous avons annoncé et parfois couvert les nombreuses mobilisations pour Gaza. En juillet, les rassemblements ont été particulièrement importants pour soutenir les flottilles humanitaires et demander la fin du blocus, alors que la famine provoquée par l’armée israélienne s’aggravait.

Des centaines de personnes ont manifesté fin juillet place Kléber.Photo : PF / Rue89 Strasbourg

Bloquons tout

Le 10 septembre, nous avons été sur tous les fronts à Strasbourg, pour vous raconter au mieux la manifestation massive et les actions de blocage qui ont eu lieu dans la ville.

Des dizaines de militants ont bloqué la M35 en pénétrant sur l’autoroute un peu après 7h.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg
Comme d’autres établissements, le lycée des Pontonniers a été bloqué par des élèves.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg
Une foule impressionnante a défilé dans les rues de Strasbourg dans l’après-midi.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg
À la fin du rassemblement, il a été décidé de continuer à manifester la semaine d’après. Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg

Et le 18 septembre, sous les ordres de Bruno Retailleau (Les Républicains), ministre de l’Intérieur d’alors, la police a mis en place un vaste dispositif de répression des actions de blocage.

La gendarmerie a déployé des blindés aux abords de la place de Haguenau.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg
Une importante manifestation a eu lieu dans l’après-midi, dispersée par la police nationale avec du gaz lacrymogène et des charges pour interpeller des militant-es.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg

Infirmières sous-payées

Mardi 14 octobre, devant l’hôpital de Sélestat, les infirmières du bloc opératoire ont organisé une mobilisation pour dénoncer le manque de reconnaissance de la part de la direction et des salaires particulièrement bas.

Grève du personnel du bloc opératoire de l’hôpital de Sélestat, mardi 14 octobre 2025.Photo : Line Baudriller / Rue89 Strasbourg

La Confédération paysanne devant le Parlement européen

À l’appel de la Confédération paysanne, une centaine de personnes se sont rendues devant le Parlement européen le 24 novembre pour protester contre le Mercosur, un traité de libre-échange entre l’Europe et l’Amérique latine. Ils et elles ont amené des tracteurs, des bêtes et du foin sur place.

Une centaine de manifestants de la Confédération paysanne se sont rassemblés devant le Parlement européen lundi 14 novembre contre le traité UE-Mercosur.Photo : Pascal Bastien / Rue89 Strasbourg
Dominique, Jean et Coralie sont venus rappeler leur opposition au traité de libre-échange avec les pays d’Amérique du Sud. Photo : Pascal Bastien / Rue89 Strasbourg
Ils se rassemblaient devant le Parlement européen à l’initiative du syndicat agricole anti-productiviste.Photo : Pascal Bastien / Rue89 Strasbourg

La grève de la faim de Vanessa

Vanessa avait commencé une grève de la faim le 28 octobre. Après avoir fait des études pour devenir professeure des écoles, elle était bien placée sur la liste complémentaire pour être sélectionnée sur l’année 2025-2026. Mais le rectorat lui avait proposé un poste de contractuelle. Une proposition réservée théoriquement aux personnes qui n’ont pas fait les études pour devenir enseignantes. Après trois semaines de grève de la faim, elle avait décidé d’arrêter. Mais le rectorat lui a annoncé son embauche comme professeure titulaire le 25 novembre.

Vanessa était affaibli lors de sa grève de la faim. Elle avait besoin d’un fauteuil roulant.Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg

Grève à la Fnac

Nous essayons de couvrir les mobilisations de salariés de secteurs qui se mobilisent peu, pour rendre visibles leurs conditions de travail et leurs contestations. C’est pourquoi nous avons recueilli les témoignages de salariés de la Fnac de Strasbourg, qui se sont mis en grève, le 29 novembre.Suite à l’échec des négociations annuelles obligatoires sur leurs salaires, ils et elles ont dénoncé la précarité de leurs emplois et les dégâts de leur activité sur leur santé, alors qu’affluaient les clients du Black Friday.

Au total, une trentaine d’employés de la Fnac se sont mobilisés.Photo : Margaux Delanys / Rue89 Strasbourg

C’est la fin de ce retour en images sur les mobilisations sociales de 2025. Évidemment, nous continuerons en 2026. Si vous avez des suggestions, des frustrations, ou des informations à nous transmettre, n’hésitez pas à nous en faire part en utilisant notre formulaire de contact.

À Ithaque, une permanence réservée aux femmes concernées par les addictions

À Ithaque, une permanence réservée aux femmes concernées par les addictions
Hermine, usagère de la permanence dédiée aux femmes.

Longtemps sous-évaluées dans les statistiques de consommation de drogues, les femmes franchissent plus difficilement la porte des dispositifs de soin en addiction. Après plusieurs années de réflexion, l’association Ithaque a choisi d’ouvrir une permanence dédiée aux femmes tous les mardis après-midi, pour mieux les prendre en charge.

« On ne parle pas assez des addictions pour les femmes. C’est un tabou. » Hermine marque une pause avant d’enchaîner avec un léger sourire. « Pourtant, nous sommes des femmes comme les autres. » Particulièrement élégante dans sa robe inspiration années 70, cette femme accompagnée par l’association Ithaque a accepté de répondre à quelques questions en attendant son rendez-vous au Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa). Cela fait dix-huit ans qu’Hermine y est suivie pour une addiction à l’alcool. Depuis quelques mois, elle est à nouveau sobre. « Je viens souvent le mardi après-midi, explique-t-elle. C’est plus calme, on ne se fait pas draguer et on peut parler entre femmes. »

Depuis juin, l’association Ithaque tient une permanence d’accueil en non-mixité sur ce créneau hebdomadaire. Ithaque a choisi de mobiliser ses moyens humains et ses fonds existants pour expérimenter cette permanence sur un an. Certaines usagères n’y sont passées qu’une fois tandis que d’autres y reviennent régulièrement. D’après un décompte arrêté début novembre, 58 femmes y ont été accueillies depuis son ouverture.

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Couvre-feu, stationnement… Les informations pratiques pour le Nouvel an à Strasbourg

Couvre-feu, stationnement… Les informations pratiques pour le Nouvel an à Strasbourg

Couvre-feu pour les mineurs, interdiction de stationnement… La préfecture du Bas-Rhin et l’Eurométropole de Strasbourg ont pris des mesures pour la nuit du 31 décembre au 1er janvier.

Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, pour tenter de réduire le nombre de voitures brûlées et autres blessures par des feux d’artifice, la préfecture du Bas-Rhin, l’Eurométropole de Strasbourg et la Compagnie des Transports Strasbourgeois (CTS) mettent en place une série de mesures exceptionnelles et d’interdictions.

Interruption du service CTS

Dans un communiqué, la CTS informe que la circulation des bus et trams sera interrompue dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier entre 22h30 et 2h30. En dehors de ce créneau, les transports en commun circuleront selon un réseau adapté, intégrant certaines déviations à partir de 17h (voir la carte ci-dessous).

Les trams circuleront toutes les 30 minutes entre 19h et 22h puis toutes les heures après 2h30 du matin. Certains arrêts ne seront pas desservis, dont la station souterraine de la gare centrale pour les lignes de tram A et D à partir de 22h30 et la station de la place d’Islande après 19h. Les lignes de trams E et F fusionneront à République.

Le fonctionnement du réseau CTS reprendra jeudi 1er janvier à 5h selon les horaires spécifiques « jours fériés ».

Stationnements interdits et parkings gratuits

Pour éviter les voitures brulées et faciliter l’intervention des secours, certaines rues sont interdites au stationnement du 31 décembre au 1er janvier (voir les zones en jaune sur la carte ci-dessous).

Pour protéger les véhicules, 11 Parkings-Relais seront exceptionnellement gratuits et gardiennés, de 6h du matin le mercredi 31 décembre à 15h le jeudi 1er janvier. Il s’agit des parkings de l’école Schwilgué à la Cité de l’Ill, Ducs d’Alsace, Elsau, Parc de la Citadelle, Parc des Romains, Stade de la Canardière, Baggersee, Poterie, Kibitzeneau, Jardin des Deux Rives et le parking du centre de formation de conduite à la Musau.

Des zones de stationnement gratuit sont aussi prévues dans le reste de l’Eurométropole, à Bischheim, Hœnheim, Illkirch-Graffenstaden, Lingolsheim, Schiltigheim et Ostwald.   

Couvre-feu pour les mineurs

Depuis 2021, la préfecture impose chaque année un couvre-feu pour les mineurs de moins de seize ans, non accompagnés par un parent ou représentant de l’autorité parentale. La mesure s’étend du mercredi 31 décembre à 21h au jeudi 1er janvier à 6h dans les communes de Strasbourg, Hoenheim, Bischheim, Schiltigheim, IIIkirch-Graffenstaden, Lingolsheim et Ostwald.

La vente et la consommation d’alcool sur la voie publique sont également interdites dans l’ensemble du Bas-Rhin pendant 24 heures, à compter du 31 décembre à midi.

L’achat, la vente et l’utilisation des pétards et feu d’artifice sont interdits depuis le 1er décembre dans l’ensemble du Bas-Rhin. Toutes les catégories de pétards et feu d’artifices sont concernées, à l’exception de ceux de catégorie F1 (qui n’ont pas de mèche). Enfin, jusqu’au 3 janvier, vous ne pourrez pas acheter votre bidon d’essence, dont la vente est également prohibée.

De nouveaux tags d’intimidation contre un soutien affiché à la Palestine

De nouveaux tags d’intimidation contre un soutien affiché à la Palestine
Les graffitis retrouvés le 24 décembre sur la porte de l’immeuble Faubourg de Pierre.

Pour la troisième fois depuis juillet 2025, des graffitis visant des appartements qui affichent leur soutien à la Palestine ont été retrouvés sur la façade d’un immeuble.

De la peinture tricolore formant un drapeau français, deux flèches rouges pointant vers le haut du bâtiment et l’inscription en grands chiffres rouges « 3ème ». C’est ce qu’ont découvert les habitants d’un immeuble du Faubourg de Pierre, le matin du 24 décembre 2025.

Au troisième étage du bâtiment, auquel les tags font référence, un petit drapeau palestinien est fixé sur les volets d’une fenêtre donnant sur le faubourg. Le drapeau avait été affiché par les quatre colocataires trois mois plus tôt, en soutien à la population palestinienne.

Le drapeau palestinien, fixé trois mois avant les tags. Photo : Lole Roquet / Rue89 Strasbourg / cc

Un acte répété

En septembre et en juillet derniers, au pied de deux autres immeubles de la ville, le même procédé a été observé : de grandes flèches indiquant l’étage ciblé, et un drapeau bleu-blanc-rouge. En juillet, les graffitis retrouvés sur un immeuble du quartier de la Neustadt indiquaient aussi « Fuck Palestine » et « Bureau du Hamas, 4ᵉ étage ». La vitre de la porte d’entrée avait été brisée quelques jours plus tard. Dans les trois cas, les habitants visés avaient affiché un drapeau de la Palestine à la fenêtre de leur appartement.

Les graffitis « 3ème », désignent le troisième étage du bâtiment, où se trouve un drapeau palestinien.Photo : Lole Roquet / Rue89 Strasbourg / cc

L’une des colocataires de l’appartement ciblé dans la nuit du 23 au 24 décembre confie « être particulièrement inquiète ». Alertée par des voisins au petit matin, elle explique que cette « intimidation claire » fait craindre aux quatre colocataires d’être identifiés. Les colocataires ont indiqué vouloir porter plainte. Selon eux, la propriétaire de l’immeuble également.

Quiz : testez votre connaissance de l’actu strasbourgeoise en 2025

Quiz : testez votre connaissance de l’actu strasbourgeoise en 2025
Saurez-vous répondre à toutes les questions ?

L’actualité nous aura donné beaucoup de travail en 2025 mais avez-vous bien suivi ? Voici une quinzaine de questions pour le savoir, piochées dans le traitement de l’actualité alsacienne en 2025 par Rue89 Strasbourg.

Parce qu’à Rue89 Strasbourg, on aime les jeux, on aime le lol, on est fun, et que chaque édition c’est un peu quelques minutes de rires garanties chaque matin, voici notre quiz de l’année pour revenir sur nos meilleures blagues de 2025. C’est aussi un moment à partager en famille, idéal pour les fêtes.

Une année riche en révélations

En 2025, Rue89 Strasbourg a publié de nombreux scoops (sur le projet d’Europa Park en Alsace centrale, les fonds d’Alsace Habitat alloués à une association de son président Etienne Wolf, les lingots d’or achetés par le gérant du Wagon Souk ou encore le management toxique de la directrice du TJP) parmi environ un millier d’articles vus plus de 5,5 millions de fois. Pas mal pour un site d’informations locales.

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Chez Safran, un ancien délégué CFDT condamné pour avoir détourné 340 000 euros

Chez Safran, un ancien délégué CFDT condamné pour avoir détourné 340 000 euros
Lundi 22 décembre, le tribunal de Saverne a condamné un ancien représentant du personnel de Safran Landing Systems à Molsheim à 3 ans de prison avec sursis pour avoir détourné 340 000€.

Un ancien représentant du personnel de Safran Landing Systems à Molsheim a été condamné lundi 22 décembre pour escroquerie, blanchiment et abus de confiance par le tribunal de Saverne.

Lundi 22 décembre, un ancien secrétaire du comité social et économique (CSE) de Safran Landing Systems à Molsheim a été reconnu coupable d’avoir détourné 340 000 euros entre 2016 et 2024. Le tribunal correctionnel de Saverne a condamné l’ancien responsable syndical et trésorier de la CFDT à trois ans de prison avec sursis et 330 000 euros de dommages et intérêts pour escroquerie, blanchiment et abus de confiance.

C’est le cabinet d’experts-comptables de Safran qui a alerté, en juin 2024, après avoir repéré des factures suspectes établies par le CSE à l’attention d’API Restauration. La société, qui gère la cantine de Safran, pensait alors verser des acomptes visant à financer des travaux de rénovation du restaurant d’entreprise. L’alerte a conduit à la démission du mis en cause et à sa comparution devant le tribunal de Saverne le 6 novembre 2025.

Une DS7 flambant neuve

D’un montant total de 216 000€, les factures frauduleuses avaient entraîné des versements sur un compte de la CFDT auquel le trésorier avait accès. Le syndicaliste virait ensuite l’argent sur son compte personnel. La somme aura permis au représentant du personnel de s’offrir une Citroën DS7 flambant neuve.

Sur la même période, le responsable syndical détourne également des fonds appartenant au CSE de Safran Landing Systems. Tablettes, téléphones portables, claviers informatiques, frais d’hôtel et d’avocat… Une escroquerie dont le tribunal a apprécié la gravité au regard de son ampleur et de son inscription dans la durée.

La compagne relaxée

Dans son délibéré, le juge Thomas Lamorelle condamne le prévenu à verser 330 000 euros de dommages et intérêts à Safran, au CSE et à plusieurs syndicats, dont la CFDT, qui s’étaient constitués parties civiles. Le président estime que leur image et celle des représentants du personnel a été gravement entachée par ces détournements. Un jugement dont la CFDT se dit « satisfaite » par la voix de Maître Pierre Dulmet, qui défendait le syndicat à l’audience :

« Le jugement confirme que la CFDT a été victime d’une utilisation à des fins délictuelles de son image et de son nom par le secrétaire du CSE. Les affaires de détournement de fonds des CSE créent une défiance des salariés à l’égard de leurs représentants. Il va falloir que les syndicats travaillent pour regagner cette confiance. »

La compagne de l’ancien responsable syndical a également été poursuivie, le parquet de Saverne estimant qu’elle ne pouvait ignorer les détournements, étant donné leur ampleur. Elle a finalement été relaxée par le tribunal, qui a considéré que les faits étaient insuffisamment caractérisés.

#Safran Landing Systems