Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Terreurs nocturnes

Terreurs nocturnes

Nouvelle patate chaude pour les écologistes. Après les séismes qui ont réveillé les Strasbourgois vendredi matin, l’opposition réclame la fin du forage de géothermie profonde exploité par Fonroche à Vendenheim.

Le cocon de Carole K : un fourbi en céramique

Le cocon de Carole K : un fourbi en céramique

Pour le 6e épisode de notre podcast « Sortez-nous de l’Art! », rencontre avec… une potière. À quelques jours de Noël, les tasses, plateaux, vases et autres bols en céramique s’accumulent sur ses étagères. Leur créatrice, Carole, a ouvert les portes de son atelier.

Place de la Liberté à Schiltigheim, Carole est sur le pas de sa porte. Elle donne un tour de clés pour entrer dans son « cocon », comme elle l’appelle. Lorsqu’elle pousse la porte, une vague de chaleur s’en échappe et contraste avec le froid matinal. Les tasses en céramique sont en train de cuire dans un four à 480° C. 

Elle se sépare de son pull couleur lilas et enfile son tablier. Comme si finalement l’habit faisait le moine. Son sourire tranche avec notre conversation téléphonique de la veille. Carole fait part de son angoisse due au deuxième confinement, le marché de Noël de Colmar qui s’annule, une perte de visibilité et un nombre inestimé de ventes qui ne se feront pas.

Une incertitude quant à l’avenir, l’impossibilité de se projeter, un contexte pas très en phase avec sa personnalité de fonceuse : « “Je suis bélier et j’aime cette image car elle me correspond, » s’amuse t-elle. Malgré ces tourments, la céramiste continue de créer, de façonner, de produire ses pièces et tente de trouver d’autres solutions pour pérenniser son activité.

Carole a fêté ses trente ans pendant le premier confinement : « J’avais l’impression de vivre un moment historique ! » Elle a monté son entreprise alors qu’elle n’en avait que vingt-trois. Neuf années à écumer les petits boulots avant d’enfin pouvoir vivre de son artisanat. Et si sa famille était sceptique au début, ses proches sont désormais complètement impliqués dans le projet. « C’est ma mère qui s’occupe des colis et ma sœur m’a été d’une grande aide pour le développement de mon site internet, » confie-t-elle. Pendant l’interview, c’est son père qui l’appelle alors qu’il fait des achats pour la préparation des commandes de Noël. 

Ce jour-là, elle finalise des petits pots à thé. Une entreprise du secteur lui a commandé 200 pièces pour les cadeaux de fin d’année offerts aux employés : « C’est une aubaine pour moi, l’équipe me fait totalement confiance. » 

Le premier confinement aura été un sas de créativité inespéré et les pièces se sont accumulées sur les étagères. Si les motifs, les textures et les formes diffèrent, les tons sont harmonieux. Du beige, du gris, du bleu. Elle pointe une soucoupe : « Ce motif zigzag là, c’était mon fond d’écran quand j’étais au lycée, et je l’ai gardé. Je crois qu’il me rappelle une bonne période de ma vie. » 

Ces derniers mois, elle a noté une évolution dans les habitudes de consommation des clients, davantage en quête de sens.

« Désormais, les gens s’intéressent au fait-main. Ils sont prêts à dépenser un peu plus mais pour de la qualité et pour un objet qui a une âme. »

Puis Carole a paré l’atelier des couleurs de Noël : « Ça va devenir une vraie boutique, je mets ça en place chaque année depuis que je suis ici. » Elle propose ainsi à d’autres artisans, qui n’ont pas de « vitrine, d’également s’y installer : « Je pense qu’à plusieurs, on est plus forts. » 

La géothermie profonde remise en cause à Strasbourg après plusieurs séismes

La géothermie profonde remise en cause à Strasbourg après plusieurs séismes

Le séisme de vendredi aura-t-il été celui de trop ? Plusieurs élus locaux, dont la présidente de l’Eurométropole, ont demandé la fin de l’exploitation de la géothermie profonde à Vendenheim. De son côté, Fonroche stoppe tout mais espère redémarrer.

Rien de tel qu’un petit séisme pour sortir rapidement du lit, comme les Strasbourgeois l’ont expérimenté vendredi matin. À 6h59, les murs ont tremblé pendant une seconde suite à une secousse mesurée à une magnitude de 3,5 par le Réseau national de surveillance sismique (Rénass).

Les sismologues ont rapidement classé cette secousse comme « événement induit », c’est-à-dire provoqué par l’activité humaine. Son épicentre a été situé juste en dessous d’un puits utilisé par l’entreprise Fonroche pour sa centrale de géothermie profonde, installée entre Vendenheim et Reichstett au nord de l’agglomération.

L’activité industriel sur le site de Fonroche à Vendenheim est mise en cause par l’ensemble des élus locaux Photo : Pascal Bastien / Divergence

Cette fois-ci, c’en est trop pour nombre d’habitants et d’élus qui ont appelé Fonroche et l’Eurométropole vendredi à mettre un terme à cette activité, censée fournir de l’électricité et de la chaleur pour des dizaines de milliers de foyers (lire notre compte-rendu en direct). Car depuis plus d’un an, une dizaine de petits séismes suffisamment forts pour être ressentis par l’être humain ont secoué le nord de la capitale alsacienne.

C’est même suite à l’un de ces séismes, de magnitude 3,1 le 12 novembre 2019, que l’activité de la centrale de géothermie avait été suspendue. Le 1er octobre, la préfecture du Bas-Rhin avait autorisé des « tests de traçage » afin de déterminer si cette secousse était liée à l’activité de géothermie, comme le soutiennent les sismologues de l’École et observatoire des sciences de la Terre (EOST) ou bien d’origine naturelle comme le soutenait Fonroche. Ces tests ont provoqué une dizaine de secousses en un mois.

« C’est la pratique de Fonroche qui est en cause »

Le séisme de vendredi matin, dont Fonroche assume pleinement la responsabilité cette fois, a provoqué l’arrêt complet de la centrale de géothermie. Il sera effectif dans 3 semaines à un mois, le temps d’accompagner la baisse de pression du « débit de sécurité » du réservoir souterrain. Cette période pourrait s’accompagner de nouvelles secousses, d’une magnitude « entre deux et trois », selon Jean-Philippe Soulé, directeur de Fonroche Géothermie. Une première réplique s’est d’ailleurs faite sentir à 11h10, de magnitude 2,6.

Pour le directeur de recherche en sismologie au CNRS, membre de l’École et Observatoire des Sciences de la Terre (EOST), Jean Schmittbuhl, la pression d’eau injectée dans ce puits-là est en cause :

« À la centrale de Soultz, qui est en rythme de croisière, l’eau est envoyée à 20 bars. Du côté de Vendenheim, le site est censé être en sous-activité, mais l’eau est envoyée à 60 bars. Nous avons appris cela vendredi matin. Si la pression ne baisse pas, il faut s’attendre à d’autres séismes similaires et on ne peut pas exclure une secousse plus importante. C’est la pratique de Fonroche qui est en cause. »

Directeur de Fonroche géothermie, Jean-Philippe Soulé pense que l’avenir du site de Vendenheim n’est pas compromis. Photo : Pascal Bastien / Divergence

Fonroche toujours confiant

Interrogé dans l’après-midi de vendredi, Jean-Philippe Soulé, a reconnu un coup dur mais ne pense pas que ce nouveau séisme mette un terme à la géothermie profonde dans l’Eurométropole :

« Un peu partout en Europe, des centrales géothermiques fonctionnent avec une activité micro-sismique qui n’est pas ressentie par les habitants. Cette technologie, qui pompe de l’eau chaude à un endroit pour la renvoyer plus loin, est fiable mais elle nécessite quelques ajustements au démarrage, qui sont parfois difficiles. Là, on est dans le cas d’un démarrage difficile. »

Les trépans n’ont semble-t-il pas creusé au bon endroit… Photo : Pascal Bastien / Divergence

Pour la suite, il veut « réfléchir aux options possibles et les partager avec le territoire ». Il expose des solutions techniques : « Nettoyage complémentaire, travaux différents, positionnement différents… » Mais « pour l’instant, il s’agit d’un travail technique et scientifique ». Le temps du débat, et des soutiens politiques, viendra ensuite. L’arrêt total du site durera au moins plusieurs mois.

Les oppositions à l’Eurométropole, les groupes LR, LREM, jugent que ce séisme en particulier doit marquer l’arrêt « définitif » de cette technologie sur tous les puits autour de Strasbourg. Alain Fontanel (LREM), Catherine Graef-Eckert (maires de droite) et Jean-Philippe Vetter (LR) ont tenu un point presse vendredi midi, devant la centrale.

Alain Fontanel, Catherine Graef-Eckert et Jean-Philippe Vetter (de gauche à droite) demandent tous trois l’abandon de tous les puits de géothermie profonde aux environs de Strasbourg. Photo : extrait live Facebook

Selon Alain Fontanel, ancien premier adjoint, le levier pour l’Eurométropole serait de refuser d’acheter l’électricité et la chaleur de ces centrales et d’utiliser « le pouvoir de consommateur ». « La géothermie pouvait être une bonne idée, mais il y a des réalités à prendre en compte : la qualité de l’eau remontée avec des éléments radioactifs, les substances chimiques que l’on injecte dans les failles, le prix élevé d’achat, le risque de séismes… » embraye son ancien colistier Jean-Philippe Vetter (LR). Ils estiment tous trois qu’un débat sur ce sujet est davantage prioritaire que l’actuel sur la 5G.

Une soixantaine d’employés permettent aux installations de fonctionner Photo : Pascal Bastien / Divergence

Face à la contestation d’habitants et de maires, y compris de sa majorité, la présidente de l’Eurométropole Pia Imbs (SE) « exige, au nom de la collectivité et de ses habitants, une analyse précise des causes et des effets constatés sur notre territoire et demande un arrêt définitif du projet porté par Fonroche à Vendenheim. »

La préfecture ferme mais prudente

L’État français, qui délivre les autorisations car il a la charge du droit minier, ne va pas aussi loin. Mais la préfète Josiane Chevalier indique dans un communiqué que « l’événement survenu vendredi remet en cause certaines conditions de conduites des opérations et de fonctionnement du projet. » Un ton moins positif que celui employé lors des précédents séismes. Une enquête administrative est en cours.

Le groupe Fonroche a investi 90 millions d’euros. Cette phase de démarrage chaotique pourrait faire sérieusement gonfler la facture initiale… Photo : Pascal Bastien / Divergence

Fonroche Géothermie, une filiale du groupe Fonroche spécialisé dans les énergies renouvelables, a investi 90 millions d’euros dans cet équipement dont l’autorisation a été obtenue contre l’avis de maires des communes concernées. La collectivité mise depuis plusieurs années sur cette technologie pour atteindre ses objectifs d’autosuffisance énergétique en 2050. Fonroche avait d’abord proposé la création d’une centrale de géothermie profonde à la Robertsau, au nord de Strasbourg, près d’installations classées Seveso du Port-aux-Pétroles. L’Eurométropole avait fini par retirer son soutien à ce projet devant l’opposition des habitants et Fonroche s’était retiré en 2015, après un avis défavorable de l’enquête publique.

Trois autres projets sont déposés près de Strasbourg. Celui à Illkirch-Graffenstaden est exploité par ÉS Énergie et n’est pas en fonctionnement. Fonroche a également deux autorisations de forage, l’une entre Eckbolsheim et Oberhausbergen, l’autre à Hurtigheim. Mais elle n’a pas encore commencé à creuser.

Après trois séismes au nord de Strasbourg, Fonroche annonce un arrêt complet temporaire du puits de géothermie

Après trois séismes au nord de Strasbourg, Fonroche annonce un arrêt complet temporaire du puits de géothermie

Trois tremblements de terre ont eu lieu près de Reichstett et Vendenheim en début puis en fin de matinée ce vendredi. Situé à proximité, le puits de géothermie de Fonroche va être arrêté mais d’autres secousses sont à craindre. Plusieurs élus demandent la fin définitive de cette centrale d’énergie et de chaleur.

La terre a de nouveau tremblé au nord de Strasbourg, près du puits de géothermie entre Reichstett et Vendenheim. Plus intenses que les 27 et 28 octobre, les vibrations ont cette fois été ressenties à Strasbourg ce vendredi 4 décembre vers 7h puis vers 11h10.

Fin de ce compte-rendu en direct des événements et des développements de cette journée sismique. Retrouvez dès demain une synthèse actualisée.

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Jean Schmittbuhl est directeur de recherche en sismologie au CNRS. Il travaille pour l’École et Observatoire des Sciences de la Terre (EOST), qui héberge le Réseau National de Surveillance sismique.

Selon lui, au vu de la pression avec laquelle l’eau est injectée ces derniers temps sur le site de Fonroche, l’événement de ce matin n’est « pas surprenant » :

« À la centrale de géothermie de Soultz, qui est en rythme de croisière, l’eau est envoyée à 20 bars. Du côté de Vendenheim, le site est censé être en sous-activité, mais l’eau est envoyée à 60 bars. Nous avons appris cela ce matin. Si la pression ne baisse pas, il faut s’attendre à d’autres séismes similaires, et on ne peut pas exclure une secousse plus importante. C’est la pratique de Fonroche qui est en cause. »

Les explications en direct de Fonroche

Jean-Philippe Soulé, directeur de Fonroche Géothermie

Le député Bruno Studer demande au gouvernement l’arrêt définitif

Le député du Bas-Rhin Bruno Studer (LREM) a écrit à la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, pour lui demander de prononcer l’arrêt définitif des activités de géothermie à Vendenheim :

« L’inquiétude des riverains et des élus grandit à chaque nouvel événement. Cette inquiétude je la partage. Les conditions d’une poursuite de l’activité du site de Vendenheim-Reichstett ne sont plus réunies et l’activité sismique de ces dernières semaines n’est nullement compatible avec les exigences de sécurité légitimes des habitants. »

Pia Imbs, présidente de l’Eurométropole, veut un débat public sur la géothermie

La présidente de l’Eurométropole, Pia Imbs, « prend acte » dans un communiqué de « l’arrêt total du puit par Fonroche dans le cadre d’un protocole gradué » :

« C’est une décision sage de nature à rassurer les habitants légitimement inquiets. J’exige, au nom de la collectivité et de ses habitants, une analyse précise des causes et des effets constatés sur notre territoire et demande un arrêt définitif du projet porté par Fonroche à Vendenheim. »

L’Eurométropole rappelle qu’un débat public est en cours sur la géothermie, débat qui devrait prendre une toute nouvelle tournure… Une réunion publique est organisée vendredi 11 décembre à 19h avec Fonroche, des services de l’État et des experts indépendants.

Pia Imbs proposera également au conseil de l’Eurométropole la création d’un « conseil scientifique et citoyen, » associant des experts indépendants qui travaillera avec une mission d’information et d’évaluation.

La préfecture demande l’arrêt de l’activité sur le site de Vendenheim

Dans un communiqué envoyé vers 15h, la préfecture du Bas-Rhin rejoint le concert de ceux qui demandent l’arrêt des activités de géothermie à Vendenheim, « en accord avec les maires concernés et la présidente de l’Eurométropole. »

La préfecture confirme que les services de la Direction régionale de l’environnement (Dreal) ont été envoyés dès vendredi matin sur le site pour une inspection. Une enquête administrative a été ordonnée et un point détaillé sera présenté aux maires des communes du nord de l’agglomération la semaine prochaine.

Suite à un premier séisme, la préfecture avait autorisé une reprise des opérations, afin de tester les hypothèses d’écoulement. Mais, indique le communiqué, « l’événement survenu aujourd’hui remet en cause certaines conditions de conduites des opérations et de fonctionnement du projet Géoven. »

La préfecture prévient que désormais, la société Fonroche à Vendenheim fera l’objet d’un suivi quotidien de la part des services de l’État et que son protocole d’arrêt « sera réadapté au vu des événements sismiques induits, même minimes. » Un nouveau réseau de capteurs sismiques a été installé autour du site, l’État promet d’en communiquer toutes les données.

Fin de la conférence de presse de Fonroche. Retrouvez bientôt ici-même le directeur de Fonroche en direct vidéo, les premiers avis des sismologues du CNRS et de l’Université de Strasbourg ainsi que d’autres réactions.

Le directeur rappelle que le groupe Fonroche dispose des moyens financiers pour faire face à ce type de revers et qu’il serait « dommage de renoncer à cette énergie naturelle et renouvelable » en raison de ces incidents au démarrage.

Jean-Philippe Soulé admet que ces incidents sismiques à répétition et ressentis par la population risquent de produire un avis public négatif sur la géothermie :

« Il nous faudra beaucoup communiquer… La géothermie, ça marche et c’est fiable mais il y a une phase de démarrage qui peut être compliquée. Et là, on est dans une exploitation compliquée. »

Jean-Philippe Soulé confirme que d’autres secousses sont à craindre, au moins pendant une à deux semaines, en raison de l’abaissement progressif de la pression dans le réservoir souterrain et de l’arrêt de toute l’installation.

Jean-Philippe Soulé confirme que la procédure des tests de traçage, qui était en vigueur depuis le 18 novembre, est suspendue suite à l’événement sismique de ce matin.

Jean-Philippe Soulé précise que toute activité de géothermie produit une micro-sismicité, normalement inférieure à une magnitude de 2 et donc non ressenties par les êtres humains. Il y a parfois des plaintes, qui sont recueillies par l’entreprise et lorsqu’il y a des dégâts, l’assurance de Fonroche peut être engagée.

Jean-Philippe Soulé demande du temps « pour analyser les données » :

« Ce ne sont pas des calculs sur un coin de table, ce sont des modélisations très complexes à partir des données disponibles et à récupérer. »

Pour Jean-Philippe Soulé, la cause la plus probable est l’existence d’une faille mal identifiée et qui perturberait le retour de l’eau injectée dans le sous-sol. « Il peut exister une faille entre les deux puits, qui fait que l’eau ne reprend pas le chemin naturel pour remonter dans le puits de captation. »

Une fois l’arrêt complet atteint, Jean-Philippe Soulé pense qu’il faudra plusieurs études et « beaucoup de travail technique » pour voir s’il faut déplacer les puits ou puiser ailleurs. Le directeur de Fonroche pense qu’une remise en question de l’installation, ou de l’exploitation géothermique à cet endroit, n’est pas d’actualité.

Jean-Philippe Soulé confirme que, « suite à cet événement, » l’entreprise n’a pas d’autre choix que de cesser les tests qui étaient en cours. L’arrêt complet pourrait prendre 3 ou 4 semaines, afin d’accompagner le changement de pression à l’intérieur du réservoir souterrain.

Lors d’une conférence de presse en visioconférence, Jean-Philippe Soulé, directeur de l’entreprise Fonroche Géothermie, se dit « très surpris » par l’événement sismique de ce matin, qui est survenu juste sous un des puits de la centrale de Vendenheim.

Dans un communiqué publié sur Facebook, le maire d’Illkirch-Graffenstaden Thibault Philipps (LR) demande qu’une « enquête soit ouverte sur l’incidence de la géothermie profonde et plus particulièrement sur la centrale géothermique Fonroche de Vendenheim. » Délégué à la gestion des risques pour l’Eurométropole, Thibault Philipps se demande par ailleurs comment il peut y avoir de telles secousses alors que la centrale de géothermie est censée être à l’arrêt.

Maire de Reichstett, Georges Schuler (LR) demande également l’arrêt de la géothermie dans un communiqué de presse publié sur le site de la commune :

« Suite aux derniers événements des séismes de ce matin 3,5 et 2,6 et dans la continuité de notre position lors des derniers événements nous demandons l’arrêt total et définitif du site de Fonroche de Vendenheim, la sécurité de nos habitants ne pouvant plus être garantie. »

Joint par téléphone, Georges Schuler a indiqué qu’il devait faire face à un flot d’appels à la mairie, « les premiers plutôt inquiets, les suivants nettement plus insultants. C’est fini maintenant, la préfecture doit prendre ses responsabilités. »

L’entreprise Fonroche Géothermie a prévu de s’exprimer devant la presse à 14h30. Nous rendrons compte ici-même des propos qui seront tenus lors de ce rendez-vous, par Jean-Philippe Soulé, directeur de Fonroche Géothermie.

Alain Fontanel, Christine Graef-Eckert et Jean-Philippe Vetter, conseillers eurométropolitains d’opposition demandent à l’Eurométropole de renoncer à leur option d’achat de chaleur produite par Fonroche à Vendenheim.

Les trois élus demandent « l’abandon de tout projet de géothermie au sein de l’Eurométropole, y compris celui d’Illkirch-Graffenstaden.

Vers 11h10, un troisième séisme a été ressenti, de magnitude 2,7 cette fois et avec un épicentre situé dans la même zone.

Colère chez des maires du nord

« Cela ne correspond pas du tout avec les engagements de Fonroche lors de la réunion qui précisaient qu’un séisme d’une telle importance ne pouvait pas arriver », a indiqué le maire de Kilstett Francis Laas sur Facebook. La mairie de la Wantzenau a ouvert « une cellule de crise » et tient une permanence pour ses habitants à partir de 10 heures, y compris pour recueillir des réclamations. « Je suis déçue et inquiète pour la suite, ça ne peut pas continuer comme ça », a déclaré la maire Michèle Kannengieser à France Bleu Alsace.

Reprises des secousses en 2020 depuis la fin des tests

Des tests avaient repris le 1er octobre pour déterminer l’origine des deux séismes de novembre 2019. Ces nouveaux tests de traçage se sont arrêtés le 27 octobre. Selon l’exploitant Fonroche, ce serait leur arrêt « trop rapide » qui a produit les nombreuses secousses depuis. Une deuxième phase est sensée reprendre en fin d’année ou début 2021.

Les épicentres des deux séismes du 4 décembre sont au nord de Strasbourg, près du puits du géothermie de Vendenheim / Reichstett Photo : capture d’écran, Renass

Les différentes réunions avec la Préfecture et les élus locaux début novembre 2020 avaient acté qu’il fallait des explications plus rapides de l’État et de la société en cas de nouveau tremblement. Plus de deux heures après les séismes, aucun communiqué n’a été diffusé. Premier à réagir, le conseiller municipal d’opposition Jean-Philippe Vetter (LR) demande l’organisation « d’une vraie « Conférence citoyenne » sur la géothermie profonde » avec des moyens équivalents à ceux déployés pour l’actuel débat sur la 5G promu par la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg.

La principale secousse s’est produite à 6h59’02 » avec une magnitude de 3,5 sur l’échelle de Richter, soit plus puissante encore que la plus forte ressentie en novembre 2019 (3,3), qui avait suspendu l’activité de l’exploitation. Elle a été suivie d’une deuxième secousse de magnitude 2,6, moins d’une minute plus tard, à 6h59’59 » selon le Réseau national de surveillance Sismique (Renass). Les deux événements ont été classés comme « induits », c’est-à-dire d’origine humaine.

Pour Amazon ou un autre, l’État valide l’entrepôt géant à Ensisheim

Pour Amazon ou un autre, l’État valide l’entrepôt géant à Ensisheim

Validé par les services de l’État et élus locaux, le projet dit Eurovia 16 vient de franchir une étape importante dans son processus administratif. Dans le même temps se tenait une troisième manifestation devant la préfecture du Haut-Rhin.

« Pas de projet en Alsace » en novembre, rime-t-il avec un nouvel entrepôt en décembre ? Environ 80 personnes étaient réunies à Colmar ce jeudi 3 décembre, convaincues qu’Amazon se cache derrière la société prête-nom Eurovia 16 à Ensisheim. C’est la troisième fois que les opposants à l’entrepôt de 189 000 m² pour le commerce en ligne se retrouvent devant la préfecture du Haut-Rhin. Malgré les dires d’Amazon, l’arrivée du géant américain ou d’un autre acteur majeur du commerce en ligne se précise.

Fin septembre, le dossier n’était pas à l’ordre du jour. Puis, début novembre, la séance avait été annulée l’avant-veille, en pleine semaine de polémique sur la fermeture des commerces « non-essentiels ». Cette fois-ci, le Conseil départemental des risques sanitaires et technologiques (Coderst) a vraiment étudié le projet Eurovia 16, dont l’occupant final est tenu secret. À une majorité de 15 contre 4 votes défavorables et 2 abstentions, le Coderst a validé l’opération immobilière, la construction de l’entrepôt et de ses dépendances.

Une photo de groupe avant que le soleil ne passe derrière le bâtiment de la préfecture. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg / cc
Les prises de parole ont duré plus d’une heure. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg / cc

« Campagnes exploratoires »

Comment interpréter cette contradiction entre les mots du directeur d’Amazon France, Frédéric Duval, et l’avancée administrative du jour ? Pour l’élu mulhousien Loïc Minery (EELV, opposition à la ville, majorité à l’agglomération), une hypothèse est que « l’opérateur lance ses travaux, purge les recours et ne le loue à Amazon qu’à ce moment-là. Ce sont des bâtiment assez vite construits ».

Le directeur d’Amazon avait malicieusement souligné que sa compagnie avait toujours des « campagnes exploratoires » et Ensisheim, comme la double plateforme près de Belfort pourraient en faire partie. À la foule, Loïc Minery annonce qu’une nouvelle étude internationale sur le rapport entre emplois créés et emplois détruits paraîtra le lendemain, vendredi 4 décembre, jour du « Black friday » décalé en France.

Déjà présent en juin à Ensisheim, le porte-parole d’EELV Loïc Minery est un habitué des manifestations contre ce projet. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg / cc
Environ 80 personnes étaient au parc du Champ de mars, face à la préfecture du Haut-Rhin. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg / cc

« Un complexe d’infériorité »

Au micro à son tour, Joseph Baumann, représentant d’Alsace nature et du Réseau urgence climatique sud Alsace (Rucsa) parle d’un « film d’horreur » concernant les terres agricoles où se pratiquait « du maraîchage et des cultures de fraisiers en libre cueillette ». « L’agriculteur est décédé sans successeur en décembre 2018, la vente s’est faite en mars et en juin 2019, la demande d’aménagement était lancée », détaille-t-il ensuite.

Le militant écologiste livre son analyse :

« Cette partie du Haut-Rhin a un complexe d’infériorité, car il n’y a pas de grande ville comme Colmar ou Mulhouse. Après la fermeture des mines de potasses et maintenant de la centrale de Fessenheim, elle veut des compensations et se démarquer. Lors du dernier conseil municipal d’Ensisheim, le maire Michel Habig a lancé un programme immobilier de 500 logements qu’il justifie pour loger les futurs employés de la plateforme logistique et dynamiser la commune. Mais avec la qualité d’emplois proposés, ces personnes ne pourront pas occuper ces appartements. »

Les prises de paroles se succèdent pendant plus d’une heure. Les participants, beaucoup de retraités en ce jeudi après-midi, sautillent pour se réchauffer par 5 degrés. « Il faudrait du vin chaud », lance une manifestante.

Joseph Baumann, micro en main, s’inquiète pour la nouvelle disparition de terres agricoles, après une transaction rapide. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
Photo : JFG / Rue89 Strasbourg

Une autorisation susceptible de recours

Agnès Helle brandit une pancarte avec le portrait de Jeff Bezos, le patron de la multinationale. L’inscription rappelle que sa fortune a atteint 200 milliards de dollars en 2020. « Déjà là en novembre », elle représente l’ONG internationale CCFD Terre Solidaire, dont l’antenne haut-rhinoise a rejoint cette mobilisation. Ses motivations contre Amazon en Alsace ? « L’évasion fiscale et la pauvreté engendrée » :

« Les inégalités se creusent. Avec le dérèglement climatique que l’on génère, les plus pauvres vont le payer, encore plus que nous. La problématique de la consommation des terres est la même ici ou au bout du monde. »

C’est la deuxième fois devant les grilles pour Agnès Hell, inquiète par la hausses des inégalités. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg

Grâce à ce vote, le préfet pourra signer une autorisation environnementale. Plusieurs organisations ont l’intention de l’attaquer devant le tribunal administratif.

Quatrième manifestation samedi contre la loi de sécurité globale

Quatrième manifestation samedi contre la loi de sécurité globale

C’est la quatrième manifestation organisée à Strasbourg, pour protester contre la loi de sécurité globale. Menée samedi par la Ligue des Droits de l’Homme, elle dénonce toujours des atteintes aux droits et aux libertés des citoyens, malgré des premiers reculs du gouvernement.

Après le rassemblement du mardi 24 novembre, la marche du samedi 28 novembre (qui a rassemblé plus de 3 000 personnes) et celle du mercredi 2 décembre (une centaine) à l’initiative des Gilets jaunes, c’est désormais la Ligue des Droits de l’Homme (LDH, section de Strasbourg) qui lance un appel à manifester contre le projet de loi de sécurité globale, ce samedi 5 décembre à partir de 14h.


Le trajet prévu de la manifestation, après interdiction par la préfecture de fréquenter le centre-ville .

Aux côtés d’autres associations comme le MRAP 67, Justices et libertés, Amnesty International, D’ailleurs nous sommes d’ici 67 ou encore la Cimade, la LDH dénonce dans un communiqué « des conditions de débat dégradées, indignes d’une démocratie » et un projet de loi « qui porte atteinte aux droits et libertés des citoyennes et citoyens ».

La loi prévoit de nouvelles prérogatives pour les forces de l’ordre ainsi que les agents de sécurité privé. En outre, l’article 24 de ce projet de loi adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 24 novembre prévoit de modifier la loi sur la liberté de la presse de 1881 et de créer un délit d’intention, une première exception à la liberté d’expression, unanimement dénoncée par les organisations professionnelles de journalistes et de médias. Le gouvernement demande au Sénat et à l’Assemblée de réécrire cet article controversé.

La manifestation de samedi 28 novembre avait réuni plus de 3 000 personnes Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Les recommandations de l’ONU à Emmanuel Macron

Dans un communiqué publié en novembre sur son site, la LDH annonce avoir alerté l’Organisation des Nations Unies qui a, par la suite, adressé à Emmanuel Macron des recommandations concernant la proposition de loi.

« L’information du public et la publication d’images et d’enregistrements relatifs à des interventions de police sont non seulement essentiels pour le respect du droit à l’information, mais elles sont en outre légitimes dans le cadre du contrôle démocratique des institutions publiques. »

Recommandations de l’ONU à Emmanuel Macron, concernant la loi de sécurité globale.

La manifestation a été autorisée par la préfecture du Bas-Rhin, en dérogation aux mesures sanitaires limitant les regroupements sur la voie publique. Mais comme le samedi précédent, le trajet a été modifié et le cortège ne pourra entrer dans la Grande-Île en raison du « deuxième samedi
de réouverture de l’ensemble des commerces en France » et de « la forte affluence » attendue. Les participants devront cependant porter le masque et s’attacher à respecter les gestes barrières contre la propagation du coronavirus.

Relaxe pour deux décrocheurs du portrait d’Emmanuel Macron à Lingolsheim

Relaxe pour deux décrocheurs du portrait d’Emmanuel Macron à Lingolsheim

Deux militants d’ANV-COP21, qui avaient participé à une opération de décrochage de la photo du président de la République de la mairie de Lingolsheim en 2019, ont été relaxés jeudi.

Dans un communiqué, les associations ANV-COP21 et Alternatiba se félicitent que deux de leurs militants, qui avaient participé au décrochage d’un portrait d’Emmanuel Macron en mairie de Lingolsheim le 29 juillet 2019, aient été relaxés jeudi par le tribunal correctionnel de Strasbourg.

Cette action faisait partie de la campagne #DécrochonsMacron d’ANV-COP21, visant à protester contre le manque d’actions concrètes des gouvernements successifs depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République en faveur de l’environnement. Les 150 portraits subtilisés un peu partout en France ont été utilisés lors d’une manifestation le 25 août 2020 en marge du G7 à Bayonne.

En octobre, les deux décrocheurs avaient bénéficié du soutien d’une manifestation devant le tribunal de grande instance de Strasbourg Photo : ANV-Cop21 / doc remis

Ingérence contre la liberté d’expression

Entendus en octobre par le tribunal, les deux militants étaient poursuivis pour « vol en réunion », des faits pour lesquels le procureur de la République avait requis 300€ d’amende avec sursis. Une perquisition a même été ordonnée pour retrouver le portrait au domicile de l’un des militant… La mairie de Lingolsheim s’était portée partie civile et demandait 35,40€ pour remplacer ledit portrait.

Mais pour les prévenus, une condamnation aurait constitué une « ingérence disproportionnée dans l’exercice de leur liberté d’expression. » L’inscription dans une démarche militante d’intérêt général a été reconnue par la juge de Strasbourg, qui a choisi de relaxer les deux prévenus.

ANV-Cop 21 note que ce jugement est le quatrième « favorable aux Décrocheurs de portraits qui dénoncent l’inaction climatique du gouvernement français. » À ce jour, 81 personnes ont été ou sont poursuivies pour des faits similaires dans 37 procès selon le bilan de l’association.

La géothermie profonde peut-elle provoquer un séisme grave à Strasbourg ?

La géothermie profonde peut-elle provoquer un séisme grave à Strasbourg ?

L’énergie géothermique se produit à partir d’une injection d’eau dans les profondeurs. Mais ces injections peuvent perturber l’environnement géologique et induire des tremblements de terre. Un séisme de magnitude 3,2 survenu en novembre 2019 à proximité d’une centrale à Vendenheim, fait encore débat aujourd’hui entre l’exploitant privé et le CNRS. Les sismologues estiment que la géothermie nécessite des analyses fines et une adaptation des pratiques pour minimiser le risque.

Le 15 novembre 2017, vers 14h30, la terre se met à trembler à Pohang, ville sud-coréenne. Des secousses sont ressenties jusqu’à Séoul, à plus de 270 km. Quelques heures plus tard, les autorités annoncent que 135 personnes sont blessées et 1 500 n’ont plus de logement à cause des dégâts. Un an plus tard, une commission gouvernementale rend un rapport : ce séisme de magnitude 5,4, le plus intense de l’histoire du pays, a été déclenché par une centrale de géothermie.

Strasbourg est entourée de trois projets de centrales de géothermie. Doit-on s’inquiéter ? Dans le monde, 88 pays utilisent cette technique qui consiste à envoyer de l’eau en profondeur et à la faire remonter, plus chaude, pour exploiter la chaleur du centre de la Terre ou la transformer en électricité. « Les accidents sont très rares, » d’après Jean Schmittbuhl, directeur de recherche en sismologie au CNRS. Il travaille pour l’École et Observatoire des Sciences de la Terre (EOST), qui héberge le Réseau National de Surveillance sismique.

« Bien connaitre le contexte géologique et adapter la pratique »

Selon lui, ce qu’il s’est passé en Corée est un scénario catastrophe peu probable en France car il est notamment lié à la technique employée là-bas : la fracturation de la roche par injection d’un fluide à très haute pression. « Mais il ne faut tout de même pas agir comme si le risque d’un séisme grave était totalement exclu », précise t-il, prudent :

« La géothermie peut se pratiquer avec un bon niveau de contrôle. C’est le cas dans la plupart des centrales en rythme de croisière. L’injection d’eau à forte pression, même sans fracturation, provoque une micro sismicité localement et en profondeur. Elle n’est pas ressentie en surface. Il faut veiller à ce que cette modification de la fluidité et de la pression n’induise pas de phénomène sismique important. Chaque zone a ses spécificités, son contexte géologique, ses potentielles tensions dans la couche terrestre. Au démarrage d’un nouveau site, il est nécessaire de bien observer les conséquences des travaux, de faire des tests d’injection d’eau à différentes pressions, pour analyser les réactions. C’est en connaissant le milieu et en adaptant la pratique qu’on limite le risque. »

Le projet de la centrale de Vendenheim est d’alimenter de 15 000 à 20 000 logements en électricité et 26 000 logements en chauffage ou 70 hectares de serres agricoles en chaleur doucePhoto : remise Fonroche

Envoyer de l’eau à 5 km de profondeur, dans une faille géologique

D’après Jean Jacques Graff, président de l’Association Française des Professionnels de la Géothermie (AFPG), l’Alsace est particulièrement adaptée : « Dans le fossé rhénan, le sous-sol présente de nombreuses failles, des fractures de la couche terrestre, dans lesquelles de l’eau peut circuler. » Dès 1985, des fonds publics ont financé un site laboratoire à Soultz qui produit, encore aujourd’hui, de la chaleur et de l’électricité. Entre temps, une autre centrale a vu le jour à Rittershoffen. D’autres projets existent, notamment trois aux abords de l’Eurométropole. À Vendenheim, au nord de Strasbourg, l’entreprise Fonroche a investi 100 millions d’euros dans la géothermie profonde. Patrice Heintz, chargé de communication de la société, détaille le projet :

« Nous avons identifié une faille avec de l’eau à 200 degrés en circulation, sous forme de liquide pressurisé ou d’un mélange de liquide et de vapeur. Elle se trouve à 5 km sous le sol. L’idée, c’est d’amener cette eau vers la surface et d’utiliser sa chaleur ou de la transformer en électricité. Nous avons construit deux canaux qui descendent jusqu’à la faille. L’un des deux est le puits producteur. Grâce à une pompe, il est conçu pour puiser l’eau et la remonter jusqu’à notre site. Une fois la chaleur exploitée, l’eau redescendrait par un autre canal, appelé puits injecteur. Les deux puits sont espacés de quelques mètres en surface. Ils descendent en s’éloignant, si bien que leurs extrémités en profondeur sont distantes d’un kilomètre. »

Schéma simplifié du projet d’utilisation d’énergie renouvelable à Vendenheim. Photo : Document remis Fonroche

Un séisme en novembre 2019

Le 12 novembre 2019, un tremblement de terre de magnitude 3,2 est ressenti dans la capitale alsacienne. Son foyer est détecté à 5 km au sud de la centrale de géothermie de Vendenheim, sous la Robertsau. À proximité d’un tel site, si les capteurs détectent un séisme d’une intensité au delà de la magnitude 2, le seuil d’alerte est franchi. Depuis, l’entreprise a dû cesser son activité pour réaliser des tests, conformément aux consignes de la préfecture. « Ce sont ces tests qui ont occasionné une nouvelle série de microséismes en octobre et novembre 2020 », selon le CNRS. D’après Jean-Philippe Soulé, directeur de Fonroche Géothermie, l’évènement de novembre 2019 est en revanche d’origine naturelle :

« Les capteurs n’ont jamais détecté d’activité sismique entre l’essaim que génère la géothermie et le foyer du tremblement de terre. »

Le CNRS et Fonroche en désaccord sur l’origine du séisme de 2019

C’est le débat. De son côté, l’EOST (l’École et Observatoire des Sciences de la Terre) soutient que cet événement a très probablement été déclenché par Fonroche. Pour les sismologues du CNRS, le milieu séparant le site industriel et le foyer du tremblement de terre n’est pas assez connu pour affirmer qu’une activité sismique aurait forcément été détectée. Celle-ci aurait aussi pu être trop faible pour être perçue. Après analyse minutieuse des données, ils estiment que les 5 critères pour déterminer si un séisme est d’origine humaine sont vérifiés :

« Le foyer se trouve à moins de 5 km du site. On n’a jamais détecté de sismicité dans cette zone auparavant. Dans les jours précédents, Fonroche a eu une activité. Le forage et le foyer sont à la même profondeur, soit environ 5 km. Enfin, une grande faille lie les deux localisations. Un dernier élément, plus récent, nous pousse à cette conclusion : lorsque Fonroche a recommencé son activité cet automne, une petite activité sismique a été ré-observée dans la zone de l’hypocentre (point de départ en profondeur, ndlr) du tremblement de terre de 2019. »

Jean Schmittbuhl, sismologue du CNRS
Illustration de l’induction d’un séisme localisé causé par l’injection d’eau. Le tremblement de terre de novembre 2019 correspondrait à une perturbation à plus grande échelle, avec un foyer distant de 5 km. Photo : Schéma remis Fonroche

Des conséquences pas maitrisées ?

Mais pourquoi ce séisme fait-il débat encore aujourd’hui ? Pour l’EOST, un tremblement de terre provoqué aussi loin du site implique que la géothermie à Reichstett a des impacts qui ne sont pas totalement maîtrisés, et à distance de la centrale, à distinguer avec la micro sismicité aux abords du site. Les sismologues jugent qu’il est important de mieux comprendre ce phénomène et de le prendre en compte pour minimiser le risque de tremblement de terre en adaptant les pratiques au contexte géologique. Par exemple, l’industriel doit ajuster les volumes d’eau injectés, la pression et le débit.

La vapeur provient de l’eau à 200°C pompée en profondeur. Photo : remise Fonroche

L’État demande des tests

Suite à ce tremblement de terre, l’État a demandé une tierce expertise menée par l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Les deux organes publics ont livré un avis, estimant qu’il n’était pas possible de conclure que le séisme était lié ou non à l’activité de Fonroche, mais qu’il était nécessaire de continuer les tests.

Joint par Rue89 Strasbourg, Karim Ben Slimane, le directeur du département Risques et prévention du BRGM, considère lui aussi que, « même si c’est peu probable, on ne peut exclure l’occurrence d’un séisme important » à cause de l’activité de Fonroche :

« C’est pour cela que des tests ont lieu actuellement. Les volumes injectés, les débits utilisés et les profondeurs atteintes sont bien supérieurs aux opérations conduites sur les autres sites géothermiques du fossé rhénan. Les retours d’expérience ne garantissent donc pas que l’on maîtrise l’aléa sismique. S’il se passe quelque chose qui montre que les mouvements sous-terrains peuvent-être importants et hors de contrôle, il faut tout stopper évidemment. »

Le risque de l’aquaplaning des roches

Dans les failles, on trouve un environnement liquide, ou bien une minéralisation, sorte de ciment qui lie les massifs rocheux. C’est un milieu perméable dans lequel l’eau injectée peut circuler. « Avec l’introduction d’eau, on observe souvent une fluidification du milieu », selon Jean Schmittbuhl. Il partage les scénarios qui pourraient mener à un tremblement de terre induit pas la géothermie :

« L’eau peut par exemple provoquer un mouvement en cascade suite à une pression exercée sur une zone chargée mécaniquement. On peut aussi imaginer un phénomène de glissement entre les massifs rocheux, provoqué par l’ajout de liquide dans la faille, semblable, en caricaturant, à un phénomène d’aquaplaning. »

Les différents acteurs s’accordent à dire que la faille exploitée par Fonroche se trouve au bord d’un massif rocheux de 30 kilomètres sur l’axe nord-sud, et de 6 kilomètres sur l’axe est-ouest. Le foyer de novembre 2019 se trouve également au bord du massif, à 5km au sud de la centrale. Jean-Philippe Soulé présume que ce bloc ne peut pas bouger à cause de l’activité de géothermie, celle-ci ayant une emprise de seulement 1 kilomètre sous terre. Pour Jean Schmittbuhl, dans des situations similaires, des glissements ont déjà été documentés : « Il ne faut pas forcément imaginer un mouvement sur l’ampleur des 30 kilomètres, qui serait dramatique mais improbable. En revanche, un déplacement qui induirait un séisme plus important que celui de novembre 2019, ne peut pas être exclu, » analyse t-il, « d’où l’importance de retenir cette possibilité. »

L’entreprise privée a déjà plus d’un an de retard depuis l’arrêt de son activité suite au séisme de novembre 2019. Photo : remise Fonroche

Le rapport bénéfice-risque

Jean-Philippe Soulé assure que « son entreprise est, de toute façon, obligée de réaliser des tests » : « nous sommes encadrés par la préfecture et nous reprendrons notre activité lorsque nous en aurons l’autorisation. »

Pour Jean Schmittbuhl, il faut prendre conscience que « comme dans beaucoup de problématiques liées à la production énergétique, il s’agit d’analyser le rapport entre le bénéfice et le risque induit ». Il ajoute : « La géothermie est une source d’énergie renouvelable. Notre objectif est d’aider au développement de cette technologie, en réduisant au maximum la possibilité qu’un événement indésirable survienne ». Karim Ben Slimane, du BRGM, est d’avis que les deux acteurs devraient se rapprocher pour additionner leurs connaissances :

« Nous conseillons de garantir une capacité d’analyse scientifique croisée des données de surveillance sismique et de la connaissance du milieu géologique. »

La préfecture envisage la reprise de l’activité sur site, après analyse des tests et sous réserve de son avis favorable, à la fin du premier semestre de 2021.

Les associations d’Alsace-Moselle discriminées par Facebook

Les associations d’Alsace-Moselle discriminées par Facebook

Il est impossible d’accéder à la fonction de dons sur Facebook pour une association établie en Alsace ou en Moselle. Un défaut lié au droit local qui dépasse le géant américain.

L’association Assiettes végétales propose et accompagne des solutions d’alimentation végétale dans les cantines des collectivités locales et d’entreprises. Début 2020, la structure fondée deux ans plus tôt cherche à augmenter ses ressources. À Strasbourg, sa chargée de mission « financement », Morgane Paris se tourne vers le bouton de dons du réseau social Facebook. Mais après de longues recherches, les équipes n’arrivent pas à activer ce moyen de paiement.

Simple bug ? La jeune association ne le sait pas encore, mais elle se heurte à un trou noir de Facebook. La compagnie de Mark Zuckerberg ne connait pas le droit local d’Alsace-Moselle.

Des associations inscrites au tribunal

Le siège d’Assiettes végétales est à Metz. La structure intervient partout en France, mais l’un de ses fondateurs habite la capitale de Moselle, où les statuts ont été déposés. L’organisation est donc inscrite au tribunal d’instance (devenu tribunal judiciaire en 2020), comme toutes les associations des trois départements d’Alsace-Moselle.

Les bénévoles étaient loin d’imaginer que la loi de 1908 édictée sous le deuxième Empire allemand (1871-1918) en Alsace et en Moselle allait entraver leurs relations avec un géant numérique du XXIe siècle. « La loi française du 1er juillet 1901 sur les associations n’est pas applicable car elle n’est jamais entrée en vigueur en Alsace Moselle », explique Dominique Dargonne, juriste à l’Institut du droit local (IDL) à Strasbourg.

Près d’un an sans avancée

Une requête est envoyée à Facebook France dès janvier pour résoudre problème. Ce n’est en fait que le début d’un long calvaire technologique qui devrait prendre fin ce mois de décembre. La première réponse met trois semaines à arriver en dépit de relances. « Chaque mail nécessitait une relance, il était rédigé en anglais, uniquement signé d’un prénom différent, sans possibilité d’engager un dialogue », se souvient Morgane Paris, incrédule face à une telle lenteur. Luke, Jerry, Sarah, Linda… Les interlocuteurs se succèdent au début, mais la correspondance patine. Impossible d’établir pourquoi l’association n’a pas accès à la fonctionnalité demandée.

Après deux mois, le 27 mars, « The Facebook Charitable Giving Team » identifie le problème. L’association n’apparaît pas dans sa liste des associations caritatives françaises, sans expliquer pourquoi. L’équipe d’Assiettes végétales, elle, comprend. Elle n’est pas inscrite au registre national des associations publié au Journal officiel, comme l’exige Facebook. Depuis, la société a produit un certificat d’inscription au tribunal d’instance. Mais cela ne suffit pas. Les échanges sont au point mort depuis septembre, Facebook continuant de réclamer le numéro du registre national.

Impossible de voir un tel bouton sur la page Facebook d’une association domiciliée en Alsace-Moselle. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg

Pourtant, rien n’indique dans les conditions générales de Facebook que le bouton de don, lancé en 2015 aux États-Unis puis en 2017 en Europe, exclut certaines régions de France comme l’Alsace-Moselle. Cette fonctionnalité a permis de recueillir plus de 2 milliards de dollars entre 2015 et 2019.

« Il n’y a donc aucune raison juridique de refuser l’accès de ce bouton collecte de dons aux associations de droit local qui sont des personnes morales de droit privé au même titre que celles régies par la loi du 1er juillet 1901″, appuie Dominique Dargonne. Les associations de droit local se retrouvent ainsi discriminées.

Le problème n’est pas nouveau. « On demande depuis vingt ans un registre informatisé, mais ça ne bouge pas », se plaint Jean-Marie Woehrling, président de l’institut du droit local auprès de France Bleu Alsace. Il regrette un « désintérêt du ministère de la Justice » pour cette question.

Être domicilié ailleurs

En ce mois de décembre, les dirigeants pensent avoir trouvé un début de solution. Créer une deuxième association similaire, domiciliée à Paris (« Assiettes végétales France »), qui aura pour but de recueillir les dons de la page Facebook. Le bouton de dons n’est pas encore actif, mais devrait l’être sous peu, plus facilement. En attendant, l’association vient de lancer sur son site internet une campagne de dons tout le mois de décembre. Chaque euro est triplé grâce à un mécène.

Contacté, Facebook France n’a pas trouvé de réponse ni d’interlocuteur sur ce sujet.

Kerfalla Sissoko relaxé dans l’affaire des violences et insultes racistes lors d’un match de foot à Mackenheim

Kerfalla Sissoko relaxé dans l’affaire des violences et insultes racistes lors d’un match de foot à Mackenheim

Suite aux violences et insultes racistes lors d’une rencontre de football amateur entre l’AS Benfeld et l’AS Mackenheim en 2018, Kerfalla Sissoko et son coéquipier Laouli Moudi ont été relaxés par le tribunal correctionnel de Colmar. Deux footballeurs de Mackenheim ont été condamnés à 1 000 euros d’amende avec sursis. Le caractère xénophobe de l’affaire n’a pas été retenu par le tribunal.

Pour Kerfalla Sissoko, la relaxe a le goût amer de la « justice bafouée », d’une « enquête bâclée ». Fin novembre, le tribunal correctionnel de Colmar a relaxé l’ancien joueur de foot de l’AS Benfeld, ainsi que son coéquipier Laouli Moudi. Les deux joueurs avaient été agressés lors d’une rencontre émaillée d’insultes racistes sur le terrain du AS Mackenheim. Pourtant, les deux footballeurs figuraient parmi les prévenus lors de l’audience du 17 novembre, tout comme deux joueurs de l’équipe adverse.

De gauche à droite : Moudi Aouali et Kerfalla Sissoko, à la sortie de l’audience en appel de la Ligue de Foot du Grand Est en août 2018. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Côté Mackenheim, en effet, Madasi D. et Yusuf G. avaient eux aussi porté plainte pour violences suite à ce match du 6 mai 2018. Les deux joueurs ont été condamnés à une amende de 1 000 euros avec sursis pour violences n’ayant pas entraîné d’interruption temporaire du travail. Ils devront néanmoins dédommager Kerfalla Sissoko pour les préjudices physiques de son agression. Le Strasbourgeois doit encore rencontrer un expert médico-légal pour évaluer le montant de l’indemnité.

Une « parodie de justice »

Aujourd’hui encore, Kerfalla Sissoko souffre des conséquences de cette agression qui lui avait fait perdre connaissance et brisé la mâchoire. Le footballeur n’a jamais pu reprendre « le sport que j’aime tant ». Depuis ces violences en réunion à Mackenheim, il est pris de vertiges plus régulièrement. « Cette affaire a bouleversé toute ma vie », décrit Kerfalla Sissoko.

Pour Kerfalla, cette décision du tribunal démontre une volonté de « classer l’affaire, en faisant mine d’enquêter parce que Lilian Thuram s’est exprimé là-dessus. » Son avocate Maître Caroline Bolla parle aussi d’un « coup dur » :

« Heureusement que Kerfalla Sissoko a été relaxé. Mais ce dossier aurait mérité une instruction du volet raciste de l’agression (qui n’a pas eu lieu pour un retard dans la consignation des 1 000 euros nécessaires à l’ouverture d’une telle instruction, ndlr). L’enquête relève donc d’une parodie puisque très peu de témoins ont été entendus du côté de Benfeld (4 versus 24 côté Mackenheim). Des investigations élémentaires n’ont pas été faites notamment pour vérifier qu’aucune vidéo n’était encore disponible pour identifier les coauteurs des violences. Le supporter qui s’est présenté sur le stade avec un couteau n’a pas été poursuivi alors qu’il a été auditionné. Cela porte atteinte à tout ce que devrait être une bonne justice, pour tout le monde, du parquet aux avocats en passant par les magistrats du siège. »

À l’Université, une Assemblée générale contre la loi de programmation de la recherche

À l’Université, une Assemblée générale contre la loi de programmation de la recherche

Une trentaine d’enseignants, chercheurs et étudiants de l’Université de Strasbourg se sont réunis lundi en assemblée générale en opposition à la loi de programmation de la recherche. Ils ont voté la poursuite de la lutte sur le terrain malgré la crise sanitaire, entre manifestations à venir et demande d’occupation permanente d’un amphithéâtre.

« Je suis très heureuse de nous voir de retour en présentiel », adresse Suzie, enseignante, lors d’une assemblée générale contre la Loi de programmation de la recherche (LPR) et la précarité dans un amphithéâtre de l’Université de Strasbourg, lundi 30 novembre.

Pendant deux heures, une trentaine d’enseignants, chercheurs et étudiants ont débattu des moyens de mobiliser contre les réformes du monde universitaire et de la recherche du gouvernement.

Assemblée Générale contre la Loi de Programmation de la Recherche (LPR) et la précarité dans un amphithéâtre de l’Université, lundi 30 novembre. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

En cause, entre autres : le financement de la recherche par projets, qui précariserait les chercheurs à travers des contrats courts, mais aussi la pénalisation de l’occupation d’une partie de l’Université, désormais passible de trois ans de prison et 45 000 euros d’amende. Les saillies du ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer et d’autres députés contre « l’islamo-gauchisme » à l’Université suscitent aussi des craintes sur les bancs de l’amphithéâtre.

Un calendrier de manifs chargé

Les participants à l’Assemblée générale se sont d’abord accordés sur la nécessité d’élargir leur lutte en rejoignant les mobilisations en cours contre la précarité et la loi « Sécurité globale ». Ils ont dressé une liste des prochaines manifestations strasbourgeoises pour appeler l’ensemble des enseignants, chercheurs et étudiants à former des cortèges universitaires.

Pour un retour en amphi

« La dernière chose que l’on rouvre en France, ce sont les universités », regrette Nicolas Poulin, responsable du syndicat Sud Éducation à l’Université de Strasbourg. Et le modérateur de l’AG de dénoncer une « volonté d’étouffer un lieu de contestation ».

Nicolas Poulin appelle donc à reconnaître « la première action positive de Michel Deneken en quatre ans ». Le président de l’Université de Strasbourg a en effet signé une tribune dénonçant la réouverture tardive des établissements universitaires : la « détresse morale des étudiants tuera plus, à terme, que le virus, » a-t-il soutenu.

« Il faut faire une sorte de tribune pour dire « Bravo M. Deneken, on va montrer que le présentiel est possible en respectant les mesures sanitaires, laissez nous cet amphi » », a proposé Nicolas Poulin. Une motion a ainsi été votée pour demander la mise à disposition permanente d’un amphithéâtre auprès de la présidence de l’Université.

Contre la loi de Sécurité globale, une marche nocturne mercredi

Contre la loi de Sécurité globale, une marche nocturne mercredi

Deux coordinations de Gilets jaunes appellent à une nouvelle marche, mercredi 2 décembre à Strasbourg, pour protester contre les restrictions aux libertés individuelles prévues dans la loi de Sécurité globale.

Les deux coordinations de Gilets jaunes à l’origine de la manifestation de samedi 28 novembre contre la loi de Sécurité globale renouvellent leur appel. Il s’agit cette fois d’une marche nocturne, dont le départ est prévu mercredi 2 décembre à 18h, place de la République. Elle devait se tenir accompagnée de flambeaux mais la Préfecture a interdit leur utilisation afin qu’ils ne servent pas « d’arme par destination ».

Le trajet de la manifestation a été déclaré à la préfecture du Bas-Rhin et il est identique à celui de samedi. En raison de la pandémie, les participants devront porter un masque et respecter les gestes barrières.

En colère contre les atteintes aux libertés individuelles

L’appel vise spécifiquement la loi de Sécurité globale, voté en première par l’Assemblée nationale mardi 24 novembre. Le texte prévoit de nouveaux usages technologiques pour les forces de l’ordre, une extension de leurs prérogatives ainsi qu’une disposition modifiant la loi sur la liberté de la presse, transformant un délit l’objet de filmer des forces de l’ordre « dans le but de leur porter préjudice. »

Lors de la première édition de la marche aux flambeaux, mercredi 17 novembre, les Gilets jaunes ont commémoré le premier anniversaire de leur mouvement, né de la contestation des taxes pour déboucher sur des revendications de justice sociale et d’accès aux décisions.

À Bourgheim, le maire et Nexity prêts à accueillir la France périphérique

À Bourgheim, le maire et Nexity prêts à accueillir la France périphérique

Situé à 30 km de Strasbourg, le village de Bourgheim, 640 habitants, prévoit la construction de 56 petites maisons individuelles sur une friche industrielle. C’est le deuxième projet immobilier d’ampleur dans ce village en 10 ans.

« Ça va faire beaucoup de gens, d’un coup ! » Marie a 31 ans (son prénom a été modifié) et secoue la tête quand on lui parle du projet de Nexity : la construction de 56 maisons individuelles. La jeune femme qui habite à quelques rues du futur lotissement, emmitouflée dans sa petite doudoune bleue, ne semble pas vraiment convaincue. « Les maisons vont être trop serrées, les gens super rapprochés, je ne suis pas fan de ce genre de constructions », lâche la Bourgheimoise. « Mais de toutes façons, on a été mis devant le fait accompli. Un jour, on a découvert un tract dans la boîte aux lettres pour nous annoncer le projet. J’aurais aimé que la population soit consultée. »

Le « Clos Heywang », futur projet immobilier de Nexity à Bourgheim. 56 parcelles vendues, sur une ancienne friche industrielle de 3ha au total.

Le « projet » comme dit Marie, c’est le fameux « Clos Heywang » sur 3 hectares (soit 530 m² de surface pour une parcelle environ), que détaille Thomas Maguin de Nexity :

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#Bourgheim

Nouvelle grève dans les cantines de Strasbourg jeudi

Nouvelle grève dans les cantines de Strasbourg jeudi

Toutes les cantines des écoles de Strasbourg seront fermées jeudi 3 décembre. La CGT des agents de la Ville de Strasbourg demande une amélioration des conditions de travail.

Suite à un préavis de grève déposé par la CGT, la Ville de Strasbourg indique dans un communiqué que toutes les cantines scolaires seront fermées jeudi 3 décembre. Aucune démarche d’annulation des repas n’est nécessaire mais les parents devront chercher leurs enfants à midi pour les ramener à 14h, il n’y a pas de possibilité de garde.

Pas de bamboche, pas de cantoche, c’est moche. Photo : Visual Hunt / cc

C’est déjà la deuxième grève des agents du service éducation depuis l’élection de Jeanne Barseghian comme maire de Strasbourg. Pour la CGT, la « situation des personnels de la Direction de l’enfance et de l’éducation est catastrophique, conséquence d’années de restrictions budgétaires, de suppressions de postes, d’absence de prise en compte de la détresse des personnels qui s’occupent de nos enfants… »

Dans un communiqué, la CGT des agents de la Ville de Strasbourg note qu’une hausse du régime indemnitaire a été promise par la municipalité mais attend toujours un renfort en personnel et en matériel. La CGT indique qu’une prime Covid a été refusée aux agents, pourtant beaucoup plus sollicités par l’entretien et la désinfection des locaux depuis la rentrée.

Mercredi soir, Hülliya Turan, adjointe (PC) à la maire de Strasbourg en charge de l’Éducation a envoyé un communiqué sur ce mouvement :

« Après des années de restrictions budgétaires, de suppressions de postes, d’absence de prise en compte des conditions de travail des personnels de la Direction de l’enfance et de l’éducation, nous sommes parfaitement conscients des difficultés rencontrées. L’éducation doit redevenir une priorité et nous réaffirmons notre volonté de changer de cap. »

L’entrepôt géant Eurovia 16 déjà de retour à Ensisheim

L’entrepôt géant Eurovia 16 déjà de retour à Ensisheim

Alors qu’Amazon assurait « ne pas avoir de projet en Alsace », l’entrepôt Eurovia 16 à Ensisheim, qui correspond exactement à ses besoins, doit être approuvé ce jeudi 3 décembre.

Retour à la case départ. Le projet d’entrepôt géant (189 000 m² sur 15,7 hectares) taillé sur-mesure pour le commerce en ligne appelé « Eurovia 16 Project » doit être examiné à la préfecture du Haut-Rhin, jeudi 3 décembre. Il pourrait s’agir d’un prête-nom pour une implantation logistique d’Amazon en Alsace.

Cette réunion, en visioconférence, du conseil départemental des risques sanitaires et technologiques (Coderst) permet au préfet d’autoriser l’installation de la société Eurovia 16. Cette étape formelle (voir encadré en fin d’article) est un préalable à l’autorisation environnementale, également signée par le préfet.

Eurovia 16 by night
Vue de nuit de l’entrepôt. Photo : extrait du rapport de l’autorité environnementale

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Ce que contient la commande d’étude d’Europa Vallée en Alsace centrale

Ce que contient la commande d’étude d’Europa Vallée en Alsace centrale

L’Agence de développement d’Alsace (Adira) a commandé en octobre une étude « sur le développement économique et touristique responsable et durable en Alsace centrale ». Objectif : « favoriser la perspective de réalisation du projet Europa Vallée ».

Une étude pro-Europa Vallée. Grosso modo, c’est la commande de l’Agence de développement d’Alsace (Adira), lancée en octobre. Face aux projets d’Europa Park en Alsace centrale, la Région Grand-Est, le Département du Bas-Rhin et les collectivités locales veulent « favoriser la perspective de réalisation du projet Europa Vallée par une insertion harmonieuse dans son futur environnement économique, social et environnemental. » Le graphique ci-dessous définit la zone d’investigation concernée.

Périmètre d’investigation avec identification des pôles, sites et initiatives à prendre en compte (liste non exhaustive) Photo : Document remis

Les diverses facettes d’Europa Vallée

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