Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Circuit court et savoir-faire local : en Moselle, une maison rêvée pour l’homme et la nature

Circuit court et savoir-faire local : en Moselle, une maison rêvée pour l’homme et la nature
Vogesia, maison pour l’homme et la nature, ouvrira ses portes au public à l’automne 2025.

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À Strasbourg, des villas pour accueillir des associations de protection de l’environnement

À Strasbourg, des villas pour accueillir des associations de protection de l’environnement
La maire et les présidents des associations devant la villa Jacoutot.

Jeudi 12 juin, la municipalité écologiste a annoncé la rénovation des villas Goeb à la Robertsau afin d’accueillir une maison des associations de protection de la nature et de l’environnement. Ce projet fait suite à l’échec du plan EurOasis.

Les associations écologistes ont rarement leurs locaux dans des villas. Sauf à Strasbourg, où les bâtisses Goeb au Sud de la Robertsau doivent être rénovées pour être louées par les associations de défense de l’environnement et autres organisations naturalistes Alsace Nature, Odonat, Bufo, Gepma, Zéro Déchet Strasbourg, France Nature Environnement Grand Est. Les travaux démarreront en 2026 pour un coût total estimé à trois millions d’euros. L’emménagement est prévu au second semestre 2027.

Plus de 20 000 m² pour les associations environnementales

La rénovation se fera sous la supervision du cabinet d’architectes Rey – De Crécy à partir de matériaux durables et bio-sourcés, comme la paille, le bois, la brique et le mobilier issu du réemploi. Le terrain est divisé en deux sites. Le premier, d’une surface de 5 700 mètres carrés (m²), accueille les villas Jacoutot et Cigale de respectivement 500 m² et 70 m². Le second site s’étend sur une surface de 16 700 m². Il est composé de deux villas qu’il faudra sécuriser par des opérations de désamiantage, curage et étanchéité en vue d’un projet ultérieur.

La villa Jacoutot qui accueillera l’essentiel des bureaux des associationsPhoto : Anis Foucard / Rue89 Strasbourg

Ces villas se situent à proximité du parc de l’Orangerie dans un écrin de verdure. Les bosquets autour des villas seront préservés et gérés par les six associations locataires. Le futur site pourra être ponctuellement ouvert au public lors de sorties guidées ou d’actions d’éducation à l’environnement.

L’échec d’EurOasis

En 2017, la Ville de Strasbourg a choisi de céder « en l’état » pour 412 500 euros ce lot de deux hectares de terrain et de trois bâtiments à l’association EurOasis. Cette dernière devait réaliser d’importants travaux et réunir 3,5 millions d’euros pour accueillir une auberge de jeunesse, un restaurant, une micro-crèche, une école alternative, de la permaculture, du yoga, des séminaires ou encore un espace de coworking. Des tensions internes, la découverte de pollutions à l’amiante et au plomb dans les structures et un conflit juridique avec le voisin ont mené à l’abandon du projet. Le jardin Jacoutot est aujourd’hui le seul vestige du projet EurOasis qui sera préservé. Le projet de rénovation sera soumis au vote des élus lors du prochain conseil municipal le 23 juin.

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Deux jours de mobilisation à Strasbourg contre l’interdiction du cannabis

Deux jours de mobilisation à Strasbourg contre l’interdiction du cannabis
Pour l’organisation norvégienne, la consommation de cannabis est un droit fondamental.


Un collectif norvégien organise lundi 23 et mardi 24 juin une manifestation devant le Conseil de l’Europe et la Cour européenne des droits de l’Homme. Il estime que la prohibition du cannabis est une violation des droits fondamentaux.

Des plants de cannabis devant le siège de la plus haute juridiction européenne. L’Alliance pour une politique axée sur les droits de l’Homme en matière de stupéfiants (Alliance for rights-oriented drug policies – Arod) appelle à manifester lundi 23 et mardi 24 juin devant de Palais de l’Europe et la Cour européenne des droits de l’Homme contre l’interdiction du cannabis en Europe.

« Quinze ans d’échecs judiciaires »

L’organisation norvégienne prévoit de dénoncer « quinze ans d’échecs judiciaires » et d’appeler à « une prise de conscience » face à une interdiction qu’ils assimilent à une « crise de l’État de droit ». Le fondateur d’Arod, Roar Mikalsen, prendra la parole, accompagné d’autres militants pour le droit de fumer du cannabis.

Arod a notamment publié un rapport qui estime que la « prohibition du cannabis » est à l’origine d’ »un million de sanctions punitives en Norvège et 400 000 décès annuels dans le monde ». Un chiffre que l’association attribue aux overdoses causées par l’absence de régulation de la consommation et à la criminalité liée aux réseaux clandestins. L’organisation dénonce notamment le rejet, à trois reprises, du recours de son fondateur contre l’État de la Norvège par la Cour européenne. Roar Mikalsen avait contesté la « prohibition du cannabis par la Norvège » mais la CEDH estime que la requête est « manifestement mal fondée ». L’organisation réclame une révision de cet arrêt.

Cette action s’inscrit dans une mobilisation de long terme. Après dix manifestations en Norvège depuis 2021, Arod entend faire de Strasbourg, siège d’institutions européennes, le nouvel épicentre de son combat, et prévoit de revenir chaque année jusqu’à l’application de ses revendications.

Rassemblement contre les violations des droits humains en Turquie

Rassemblement contre les violations des droits humains en Turquie
Le rassemblement se tiendra devant le Conseil de l’Europe.

Alors que les violations des droits fondamentaux se multiplient en Turquie, un rassemblement est organisé mercredi 25 juin devant le Conseil de l’Europe à Strasbourg. Les manifestants exigeront l’application des arrêts de la Cour européenne des droits de l’Homme.

Pour la quatrième année consécutive, le mouvement européen Peaceful Actions, accompagné de plusieurs organisations de la société civile turque comme Solidarity with others, le collectif LDDH, appellent à une mobilisation à Strasbourg mercredi 25 juin à partir de 13h30, devant le Conseil de l’Europe à Strasbourg pour dénoncer les violations des droits de l’Homme par le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan en Turquie. Le rassemblement coïncide avec la session d’été de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) et entend rappeler à cette institution, dont la Turquie est membre, qu’elle est chargée de faire respecter les décisions de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH).

Sous le slogan « Justice for All », les organisateurs dénoncent l’inaction des instances européennes face aux violations persistantes des droits civils et politiques en Turquie. Ils critiquent notamment le refus d’appliquer les arrêts de la CEDH concernant des figures emblématiques comme l’homme d’affaires Osman Kavala ou l’ancien coprésident du Parti démocratique des peuples (HDP) Selahattin Demirtaş, tous deux détenus depuis des années pour des raisons politiques. D’autres décisions, comme l’arrêt Yalçınkaya, qui critique la criminalisation massive de membres présumés du mouvement religieux Gülen, sont également restées lettre morte.

Les participants entendent mettre en lumière une large répression en Turquie visant élus locaux, journalistes, fonctionnaires, militants kurdes ou encore étudiants. En 2024, plus de 3 000 personnes avaient répondu à l’appel, venues de toute l’Europe. Tous les parlementaires de l’APCE ont été invités à s’exprimer à la tribune.

L’ardoise de 6 millions d’euros laissée par un ancien directeur des Hôpitaux de Strasbourg

L’ardoise de 6 millions d’euros laissée par un ancien directeur des Hôpitaux de Strasbourg
Site de l’hôpital de Hautepierre, l’un des sites des HUS.

Le Canard Enchaîné a révélé que Michaël Galy, alors qu’il était directeur des Hôpitaux universitaires de Strasbourg de 2020 à 2023, a refusé de régler des loyers à une filiale de l’Assurance maladie alsacienne. La note, de plus de 6 millions d’euros, a mis en péril l’équilibre économique de l’organisme.

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Ces informations ne peuvent être obtenues que par un travail de terrain et des relations de confiance que nos journalistes entretiennent avec des membres du personnel soignant.

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#Michaël Galy

Sous pression, des artistes montent un collectif pour structurer les luttes collectives en Alsace

Sous pression, des artistes montent un collectif pour structurer les luttes collectives en Alsace
Amélie s’enregistre parfois comme danseuse, même pour un travail de chorégraphe.

Des artistes ont créé le collectif Culture en lutte – Alsace, jeudi 12 juin à Strasbourg. L’objectif est de permettre aux artistes d’exprimer des revendications et de trouver de l’aide, dans un contexte de réduction des budgets culturels et des subventions.

Jeudi 12 juin, dans l’écrin du « jardin » de la Haute école des arts du Rhin à Strasbourg, une quarantaine d’artistes professionnels, intermittents, ou d’autres salariés du secteur de la culture, se sont réunis pour créer le collectif « Culture en lutte – Alsace ».

L’assemblée a débuté par un rappel des raisons d’être du collectif. « Se rencontrer, partager nos constats et réfléchir ensemble à ce que pourrait être, et ce qu’on pourrait faire avec ce collectif », a introduit Justine Siret, auteure et animatrice de la séance. Ce soir-là, pas de scène ni de projecteurs. Juste des chaises de jardin et des colères partagées.

Entre cachets et RSA

Première prise de parole, premier constat amer : pour beaucoup, vivre de son art relève de l’exploit. Amélie, danseuse et chorégraphe depuis dix ans, raconte :

« Depuis cinq ans, ma pratique professionnelle se complique d’année en année : je m’inscris parfois comme danseuse plutôt que comme chorégraphe. C’est moins bien payé, mais ça me permet d’être recrutée. »

Cet échange d’expérience s’est répété en petits groupes au début de la soirée, ce qui a permis à des artistes souvent isolés de rencontrer d’autres personnes confrontées aux mêmes problèmes. Parmi les questions liées aux revenus, le statut d’intermittent a rapidement émergé. S’il est salué pour sa souplesse, les artistes auteurs, illustrateurs ou plasticiens en sont exclus. Quant au Revenu de solidarité active (RSA), il impose depuis janvier à ses allocataires quinze heures hebdomadaires d’activité bénévole, sous peine de sanctions. Dans l’assemblée, plusieurs personnes en dépendent et ont dénoncé devoir désormais exécuter gratuitement des tâches étrangères à leur art.

Deana Kolencikova, auteure, performeuse et photographe, confie :

« Le métier d’artiste est encore trop romancé. Mes amis croient que je passe mes journées à voyager ou à griffonner deux-trois pages mais je passe des journées et des soirées à travailler sur mon ordinateur, pour faire avancer mes projets, comme dans n’importe quel emploi. »

« Bijou », organisateur d’événements culturels, se sent isolé face aux organismes :

« Dès que je veux signaler un changement de situation, je tombe sur des standards téléphoniques et des réponses toutes faites, souvent déconnectées de la réalité du métier d’artiste. »

Démarrage en douceur

Pour affirmer sa présence, Culture en lutte – Alsace mise d’abord sur une visibilité numérique , avec un compte sur Instagram. Le collectif prévoit d’intervenir dans les salons professionnels et d’initier des rencontres directes avec le grand public. Des collaborations avec d’autres associations culturelles sont également à l’étude. Les membres de Culture en lutte doivent se retrouver jeudi 26 juin à 18h30 à la Maison Mimir, pour lancer les premières « initiatives opérationnelles ».

Une centaine de personnes mobilisées contre la diminution de l’hébergement d’urgence

Une centaine de personnes mobilisées contre la diminution de l’hébergement d’urgence
Des tentes comme celles utilisées par les personnes SDF ont été installées devant la préfecture.

Un rassemblement s’est tenu mercredi 18 juin pour dénoncer la suppression par la préfecture de centaines de places d’hébergement d’urgence à Strasbourg. Malgré la hausse des demandes de prise en charge au fil des années, près de 80% d’entre elles n’aboutissent pas.

À l’appel de plusieurs collectifs, associations et syndicats, près d’une centaine de personnes, syndicalistes, enseignants, avocats, élus, réfugiés ou simplement citoyens, se sont rassemblées devant la préfecture mercredi 18 juin pour demander le respect du droit au logement. Après quelques prises de parole, une fanfare est venue « faire du bruit face au silence assourdissant de la préfecture ». Le 27 mai, ces associations ont adressé une lettre ouverte au préfet du Bas-Rhin pour réclamer l’abandon d’un projet de suppression de 704 places d’hébergement d’urgence, elle est restée sans réponse.

Les conditions de vie très difficiles des « gens sans toit »

Ce rassemblement était l’occasion de recueillir des témoignages de réfugiés n’ayant pas pu accéder au dispositif d’hébergement d’urgence de l’État. Aziz, âgé de 29 ans et père d’un enfant de quatre ans, est un réfugié afghan arrivé en France en 2024. « Activiste social » et détenteur d’un bachelor of laws, l’équivalent anglo-saxon du master de droit, il s’est retrouvé à la rue en juillet 2024, après avoir été hébergé trois mois dans un centre d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada).

C’est avec indignation qu’il décrit ses conditions de vie très difficiles : la pluie qui rentre dans leurs tentes, les douches à l’eau froide et une situation de stress permanent. « J’ai tous les documents nécessaires, explique-t-il. J’ai juste besoin d’un logement pour commencer à travailler. Je ne demande pas un truc luxueux, juste un toit pour construire notre vie en France. »

Aziz, réfugié afghan, s’exprimant devant la foule pour dénoncer l’inaction de la préfecturePhoto : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

Un second réfugié afghan, Ahmad, âgé de 32 ans, dort également dans une tente. Il est arrivé en France en 2016 et il est à Strasbourg depuis un mois. Titulaire d’un diplôme de plombier-chauffagiste, il vient tout juste de trouver un emploi, via une agence d’intérim : « Je cherche un logement parce que je travaille comme tout le monde. Le matin, je me réveille et à 18h, je rentre mais pour dormir sous une tente ». Il ajoute ne pas manger à sa faim et parfois ne pas pouvoir se doucher pendant plusieurs jours. Une situation d’autant plus difficile à supporter qu’Ahmad, réfugié afghan, réalise des travaux de plomberie pour Ophéa, le principal bailleur social de l’Eurométropole, et qu’il constate avec étonnement de nombreux logements vacants.

Une lutte qui se poursuit sur le plan juridique

« Le droit au logement inconditionnel fait partie du cadre de l’action sociale. L’État est chargé de le respecter », rappelle Pierre Greib, coprésident de la Cimade Grand Est. « Le tribunal administratif de Grenoble a condamné l’État sur ce sujet, c’est une première, et à Strasbourg on vient de lancer une procédure similaire », a rappelé Gabriella Carraud, de la section strasbourgeoise du Syndicat des avocats de France.

Cette stratégie judiciaire vise à forcer l’État à respecter ses obligations légales en matière d’hébergement d’urgence. Gabriella Carraud cite le cas dramatique d’une famille géorgienne contrainte de dormir dans une voiture prêtée, leur fils de deux ans s’étant cassé le bras en chutant de la portière. « On a un enfant dans une situation de détresse extrême, on va tenter une procédure devant le tribunal administratif pour forcer la préfecture à les placer dans un hébergement d’urgence », explique-t-elle. Mais ces démarches sont longues et complexes, les participants ont évoqué l’intérêt de se mobiliser également au niveau politique. 

L’inaction des institutions

« Le combat pour le logement est permanent, plusieurs institutions se renvoient la balle : quand ce n’est pas à la préfecture de s’en charger, c’est aux services sociaux, puis c’est la mairie… », résume Sylwan, membre du comité bas-rhinois Droit au Logement. Un responsable de la CGT, s’adressant à la foule lors du rassemblement, a dénoncé un « jeu de ping-pong entre acteurs institutionnels qui a trop duré ».

Un comité strasbourgeois de Droit au logement (DAL) vient d’être créé. Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

L’avocate Gabriella Carraud dénonce en outre les tentatives de la préfecture d’orienter les migrants en quête d’hébergement vers des centres de préparation au retour (CPAR) :

« La majorité des personnes refusent d’y aller parce qu’elles comprennent bien que l’objectif c’est de procéder à leur éloignement, pas de les loger. La préfecture utilise ce refus pour leur refuser ensuite tout accès à l’hébergement d’urgence. Mais on essaie d’expliquer que le CPAR n’est pas une solution, au sens du code de l’action sociale et des familles. »

Sept balades et un goûter pour les 60 ans d’Alsace Nature dimanche 22 juin à Strasbourg

Sept balades et un goûter pour les 60 ans d’Alsace Nature dimanche 22 juin à Strasbourg
Casserolade à Guebwiller organisée par Alsace Nature, le 21 juin 2023.

Balades à pieds ou à vélo et rencontres au parc de la Citadelle, le groupe local d’Alsace Nature à Strasbourg célèbre les 60 ans de sa création dimanche 22 juin avec un programme actif.

Dès 10h dimanche 22 juin, le groupe local Eurométropole Strasbourg d’Alsace Nature propose des activités à l’occasion de son soixantième anniversaire. Une première partie est dédiée à des balades à pieds ou à vélo en ville, à travers sept itinéraires « à la découverte d’enjeux écologiques ».

L’occasion de s’informer pendant des trajets de plusieurs heures sur les « herbes folles et visages à la Krutenau », les « potagers et maraîchers durables à Strasbourg », les éco-quartiers, les arbres sur le territoire de l’Eurométropole, les lieux d’influence des politiques environnementales, le Ziegelwasser ou encore… une forêt tropicale.

Lors d’un atelier animé par le groupe strasbourgeois d’Alsace Nature.Photo : document remis / Alsace Nature

L’inscription est recommandée pour les balades, mais non obligatoire. Chacune est limitée à une quinzaine de participants et l’une d’elle prévoit un repas tiré du sac.

Puis à 16h, la convergence des balades doit s’opérer au parc de la Citadelle, dans le quartier de l’Esplanade à Strasbourg. Une fanfare est prévue pour l’ambiance musicale, ainsi qu’un goûter et des cercles de discussion « sur des défis socio-environnementaux actuels ».

Au parc du Heyritz, 67 personnes dorment dans des tentes dont 28 enfants

Au parc du Heyritz, 67 personnes dorment dans des tentes dont 28 enfants
Mohammad Hussain, 44 ans, père de 4 enfants, arrivés en France avec sa famille en juillet 2024, et est dans le camp depuis mars 2025.

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Des visages et des témoignages d’habitants et d’habitantes des campements. Des révélations sur le business de l’hébergement d’urgence, sur les expulsions de familles par l’État, sur la tension alimentaire à Strasbourg, ou sur la réalité du plan Grand froid, au-delà de la communication préfectorale. L’engagement de Rue89 Strasbourg sur le sans-abrisme, c’est de vous donner accès à toutes ces informations qui font rarement la Une des médias traditionnels.

Ces enquêtes et ces reportages ont un prix. C’est le temps de travail de Thibault Vetter et de Camille Balzinger, qui suivent de près, depuis plusieurs années, la problématique du manque d’hébergements d’urgence à Strasbourg et la précarité des personnes sans papier.

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Rassemblement pour la paix en Iran jeudi 19 juin

Rassemblement pour la paix en Iran jeudi 19 juin
Lors d’un rassemblement en janvier 2020 à Eugene (USA), après une attaque américaine contre un dirigeant iranien.

Suite aux bombardements de l’Iran par Israël depuis dimanche, le collectif « Voix des femmes : de Kaboul à Téhéran » appelle à un rassemblement contre la guerre jeudi 19 juin à Strasbourg.

Le collectif « Voix des femmes : de Kaboul à Téhéran » organise un « rassemblement citoyen » ce jeudi 19 juin de 18h à 20h, place du Corbeau à Strasbourg. Le collectif appellera les manifestants à dire « non à la guerre en Iran et à Gaza et oui à la paix dans le monde entier ».

Le vendredi 13 juin, Israël a lancé une campagne de bombardements sur les infrastructures stratégiques iraniennes, afin de ralentir les efforts de la république islamique de se doter d’une bombe nucléaire. Cette opération, appelé « Rising Lion » a notamment visé les usines d’enrichissement de Natanz et de Fordo, le centre de recherche d’Ispahan et le réacteur nucléaire d’Arak. L’Iran a répliqué par l’envoi de missiles et de drones vers Israël. Au 19 juin, les pertes iraniennes sont d’au moins 224 morts et 1 277 blessés selon le ministère de la Santé iranien, et d’au moins 24 morts parmi les civils israéliens.

Le collectif estime que « dans un contexte mondial marqué par la montée des violences, des guerres et des répressions, les femmes s’élèvent en premières agentes de paix. Elles portent les voix qui refusent l’escalade militaire, qui refusent le silence et l’oubli. Elles créent des ponts, tissent des solidarités et résistent aux logiques de destruction ».

Insulte raciste contre un collègue député : le porte-parole du RN Laurent Jacobelli plaide la « maladresse »

Insulte raciste contre un collègue député : le porte-parole du RN Laurent Jacobelli plaide la « maladresse »
Laurent Jacobelli.

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Jeanne Barseghian signe pour le maintien des salles de consommation à moindre risque

Jeanne Barseghian signe pour le maintien des salles de consommation à moindre risque
Dans la salle de consommation à moindre risque de Strasbourg.

Dans une tribune parue mardi 17 juin dans le journal Le Monde, Jeanne Barseghian, maire écologiste de Strasbourg, signe avec dix autres maires de gauche un appel à pérénniser la « halte soin addiction » de l’hôpital civil.

Vulgairement surnommées « salles de shoot », les « haltes soins addictions » ou « salles de consommation à moindre risque » sont menacées de fermeture. Dans une tribune publiée mardi 17 juin dans le journal Le Monde, Jeanne Barseghian, maire Les Écologistes de Strasbourg, et dix autres maires de gauche appellent l’État à permettre que l’expérimentation devienne un dispositif pérenne.

Depuis une loi de 2016, deux salles ont ouvert en France, à Strasbourg et Paris, gérées respectivement par Ithaque et Gaïa. Mais à défaut de nouvelle législation, elles devront fermer dès janvier 2026, le cadre légal les autorisant étant devenu obsolète. Or leur existence est bénéfique à plusieurs niveaux, comme le démontre un rapport de l’Igas. Deux associations ont déjà entamé une procédure judiciaire contre l’État pour empêcher les fermetures.

Dans la tribune, Jeanne Barseghian, Anne Hidalgo et les neuf autres maires l’affirment : « Si la lutte contre le narcotrafic et le crime organisé est importante, une politique de santé publique et de prévention forte, intégrant pleinement la réduction des risques, est tout aussi nécessaire. »

Ensemble, ils listent les bénéfices de ces salles : santé des usagers, accompagnement social, préservation de la tranquillité publique, suivi de la consommation de drogues sur le territoire. Ils qualifient la potentielle fermeture de ces salles de « recul pour la santé publique », appellent le gouvernement à déposer un projet de loi et à même permettre l’ouverture de salles supplémentaires, dans d’autres villes de France.

Dans la capitale alsacienne, un colloque international sur ces dispositifs se tient les 18 et 19 juin.

À Strasbourg, des inspecteurs vont faire passer le permis de louer aux propriétaires

À Strasbourg, des inspecteurs vont faire passer le permis de louer aux propriétaires
Elodie Pratz, inspectrice de salubrité à la ville de Strasbourg, réalise le contrôle du taux d’humidité du mur d’un appartement du quartier gare.

À partir du 1ᵉʳ mai 2026, les propriétaires du quartier gare devront demander un permis de louer à la Ville avant de proposer leur bien sur le marché locatif. Expérimentale, la mesure vise à lutter contre le logement indigne.

Annoncé dès 2021 par la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian (Les Écologistes), le permis de louer va être expérimenté à partir de mai 2026. Votée en conseil de l’Eurométropole le 23 mai, la mesure sera examinée par le conseil municipal, lundi 23 juin.

L’expérimentation, limitée au quartier gare, vise à lutter contre la mise en location de logements indignes. Les propriétaires de logements loués à usage d’habitation principale et construits avant 2006 devront solliciter une autorisation de la Ville avant la mise en location de leur bien. Pour Jeanne Barseghian : « L’objectif est d’avoir des contrôles a priori et de ne pas attendre d’avoir des signalements de locataires pour agir. Nous allons ainsi pouvoir retirer des logements indignes du marché locatif avant qu’il y ait des locataires dedans, c’est une mesure de protection. »

Lors d’une conférence de presse le mercredi 18 juin, la ville de Strasbourg à présenté le dispositif expérimental du permis de louer.Photo : Adrien Labit / Rue89 Strasbourg

Les services de l’État évaluent à 9 200 le nombre de logements indignes dans le département du Bas-Rhin. Sur le seul territoire de la ville de Strasbourg, 2 100 logements seraient concernés, selon une estimation des services municipaux. « Nous avons mené une étude approfondie et c’est le quartier gare qui ressort comme le plus vulnérable, ce qui explique son choix pour l’expérimentation », détaille Marie-Dominique Dreyssé, élue référente du quartier. En fonction des premiers résultats de l’expérimentation, la Ville pourrait élargir le périmètre de la mesure à d’autres secteurs.

Un logement insalubre du quartier gare.Photo : TV / Rue89 Strasbourg

« Un changement de paradigme »

Au travers de cette mesure, la Ville met en place un régime d’autorisation préalable avant toute location d’un bien immobilier. « Un changement de paradigme », selon la maire de Strasbourg. Le propriétaire devra ainsi déposer une demande accompagnée de tous les diagnostics techniques obligatoires : performance énergétique, électricité, amiante et plomb. Les services municipaux auront un délai d’un mois pour étudier le dossier et pourront réaliser un contrôle du logement en cas de doute. La Ville pourra autoriser la mise en location, émettre des réserves et demander au propriétaire de réaliser des petits travaux ou refuser la mise en location tant que le logement ne répondra pas aux conditions de dignité minimales.

Aurélien Bonnarel, conseiller municipal en charge de l’expérimentation du permis de louer.Photo : Adrien Labit / Rue89 Strasbourg

« S’il y a des anomalies dans les diagnostics, cela va constituer des signaux d’alerte et déclencher un contrôle, explique Aurélien Bonnarel, élu en charge de l’expérimentation du permis de louer. Nous allons aussi regarder si l’immeuble est déjà connu de nos services, s’il y a déjà eu des signalements. » Pour l’élu communiste, l’objectif n’est pas d’empêcher les propriétaires de louer, mais de contraindre ceux qui n’entretiennent pas leurs appartements à le faire. « On sait quels sont les immeubles qui posent problème aujourd’hui, ajoute Suzanne Brolly, adjointe à la maire de Strasbourg. Sans donner de noms, on sait précisément où intervenir. »

Un logement insalubre du quartier gare.Photo : TV / Rue89 Strasbourg

Trois agents dédiés et des sanctions

Le quartier gare compte 5 149 logements concernés par le dispositif du permis de louer. Les services de la Ville estiment que chaque année, les agents municipaux devront traiter entre 1 300 et 1 400 demandes d’autorisation préalable. « Nous allons recruter trois agents qui seront dédiés uniquement au permis de louer », explique Aurélien Bonnarel. Ces agents risquent de ne pas manquer d’activité, en plus de l’étude des demandes et des visites de contrôle, ils devront s’assurer qu’aucun logement ne soit loué sans autorisation. « Les propriétaires s’exposent à des amendes de 5 000 à 15 000 € en cas de manquements, par exemple, si un logement est mis en location malgré un refus. Nous sommes déterminés à mettre en œuvre ces amendes », poursuit l’élu en charge du dispositif.

Une inspectrice de salubrité de la ville de Strasbourg réalise un contrôle dans un appartement du quartier gare.Photo : Adrien Labit / Rue89 Strasbourg

Pour Aurélien Bonnarel, le permis de louer va donner à la ville un nouveau levier d’action. « Jusque-là, on pouvait agir seulement dans les cas les plus graves, maintenant, on va pouvoir interdire à la location les logements indignes et plus seulement ceux qui sont insalubres. » L’élu espère que la mesure poussera les propriétaires à réaliser des travaux avant qu’il soit nécessaire de les sanctionner. Si la situation s’améliore dans le quartier gare, il envisage même d’élargir le périmètre à d’autres quartiers : « Nous voulons faire passer le message que les marchands de sommeil ne sont pas les bienvenus à Strasbourg. »

Burn out et détresse à l’APEI Centre Alsace : « Deux ans après mon départ, j’ai encore des séquelles »

Burn out et détresse à l’APEI Centre Alsace : « Deux ans après mon départ, j’ai encore des séquelles »
Aurore Boby, ancienne responsable de section syndicale CGT Mosaïque à l’APEI Centre Alsace.

Pendant deux ans, la syndicaliste Aurore Boby a alerté sur le niveau alarmant de risques au travail à l’APEI Centre Alsace. Des documents établissent un mal-être persistant au sein de l’association. Mis en cause pour son management autoritaire, le directeur accuse le manque de moyens du secteur.

À l’APEI Centre Alsace, le licenciement d’une déléguée syndicale CGT se fête entre cadres, une coupe de crémant à la main. Vendredi 22 novembre, le directeur de l’association dédiée à l’accompagnement et la prise en charge de personnes en situation de handicap Renaud Bereski invitait des membres de la direction à célébrer la validation du licenciement pour inaptitude médicale d’Aurore Boby, salariée protégée, par l’inspection du travail. La syndicaliste avait mené une grève au sein de l’association fin 2022. Elle a ensuite souffert d’une surcharge de travail couplée à des alertes restées sans effet.

Lors d’une réunion de la Commission Santé Sécurité et Conditions de Travail (CSSCT) en janvier 2025, des élus du personnel ont dénoncé « un manque d’humanité du directeur général, allant jusqu’à célébrer le départ d’une salariée élue suppléante cadre au Comité Social et Économique (CSE) (…), ce qui a été perçu comme un manque de respect envers les personnes qui souffrent au travail ». Contacté, Renaud Bereski se défend d’avoir célébré le départ d’Aurore Boby.

Aurore Boby, victime du management à l’APEI

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Grand Est : Fracture entre le ministère de la Justice et les services pénitentiaires d’insertion

Grand Est : Fracture entre le ministère de la Justice et les services pénitentiaires d’insertion

Les travailleurs des services pénitentiaires d’insertion et de probation se sont rassemblés mardi 17 juin devant le tribunal judiciaire de Strasbourg. Ils dénoncent le « virage sécuritaire » du ministre de la Justice, privilégiant la répression à la réinsertion.

À l’appel des syndicats CGT et SNEPAP-FSU, près d’une quarantaine de travailleurs des services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP) de la région Grand Est ont manifesté, mardi 17 juin, devant le tribunal judiciaire de Strasbourg. N’ayant pas le droit de grève, ils ont posé un congé pour défendre leur mission de réinsertion contre les déclarations du ministre de la Justice Gérald Darmanin qui traduisent, à leurs yeux, une « dérive punitive ».

Supprimer les activités ludiques

En février, le Garde des Sceaux faisait part de son ambition de supprimer les activités ludiques en milieu carcéral. Il demandait au directeur de l’administration pénitentiaire de limiter les activités consacrées « au soutien scolaire, à l’activité autour du travail et à l’activité sportive ». Interrogée au sujet de ces prises de parole, la secrétaire de la CGT Insertion Probation Meurthe-et-Moselle, Aurore Zunino, affirme qu’elles remettent en cause ses « valeurs professionnelles et les fondamentaux » de son métier.

Les SPIP sont des services publics ayant pour mission de favoriser la réinsertion des personnes majeures placées sous main de justice, incarcérées ou non. Ils doivent assurer le suivi des mesures judiciaires de probation en milieu ouvert (peine alternative à la prison) et prévenir les effets désocialisants de l’incarcération en milieu fermé. Ils sont composés d’agents issus de plusieurs professions : administratifs, personnels de surveillance, psychologues, assistants et assistantes de service social, conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation.

Rassemblement des Services pénitentiaires d’insertion et de probation devant le Tribunal judiciaire de Strasbourg mardi 17 juin.Photo : Anis Foucard / Rue89 Strasbourg

La culture, une clé de réinsertion

Alors qu’un rassemblement se forme sur la place Gisèle Halimi, Aurore Zunino ajoute que les propos du ministre de la Justice menacent les actions culturelles qui sont à la base du travail des SPIP, car elles participent à préparer la sortie des personnes incarcérées, souvent en rupture sociale. Elles leur permettent de se retrouver autour de projets communs, de découvrir la culture et ainsi d’alimenter une certaine ouverture d’esprit.

Interrogée au sujet de l’importance des activités culturelles dans le processus de réinsertion, la représentante CGT Insertion et Probation de Colmar, Sabrina Alexander, se souvient d’un jeune homme qu’elle suivait dans le cadre d’un contrôle judiciaire. À l’occasion d’une sortie au théâtre en 2024, il s’est bien entendu avec la responsable des relations publiques qui lui a proposé d’intégrer une troupe à la Comédie de Colmar. Elle constate, un an après, qu’accepter cette offre lui a permis de rencontrer des personnes différentes, de se « sentir utile » et de reprendre confiance en lui. Il se produira vendredi 20 juin avec la troupe dans le cadre du projet « Encrages ».

Banderoles « SPIP à l »Agonie » et « Probation = Dignité » devant le tribunal judiciaire de Strasbourg.Photo : Anis Foucard / Rue89 Strasbourg

L’inefficacité des mesures punitives

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a aussi, depuis son arrivée, fait part de son ambition de durcir les peines des personnes condamnées : « Au lieu d’être très dur avec des gens qui sont multirécidivistes, et les envoyer en prison quand on les connaît une fois, 10 fois, 15 fois, il faut être très dur au premier fait. » Or, selon la représentante CGT Insertion et Probation de Colmar, Sabrina Alexander, « ce n’est pas la peine en tant que telle qui va faire qu’une personne va changer ». Le travail d’accompagnement fourni par les SPIP consiste en effet à faire comprendre la peine aux personnes condamnées, à leur donner les moyens de les régler, explique-t-elle.

Cette déclaration sur les peines s’inscrit dans la foulée de la proposition d’une série de mesures d’ordre punitif : mise en place de peines minimales, suppression du sursis et de l’aménagement de peine obligatoire, mise en place d’une peine unique de probation, expérimentation de peines de prison ultra-courtes…

Face à ces propositions, Flore Dionisio, élue nationale CGT Insertion Probation rappelle que l’administration pénitentiaire repose sur un double objectif inscrit dans la loi : « garde et réinsertion ». Elle estime que, dans les propos de son ministre, l’aspect sécuritaire néglige cette réinsertion. Flore Dionisio y entend une vision punitive de l’institution carcérale qui rend impossible tout travail de réinsertion.

Par ailleurs, les mesures proposées sont jugées obsolètes par les manifestants. Ils citent le cas des peines plancher qui ont déjà été supprimées par le passé, suite au constat de leur inefficacité. La secrétaire générale du Syndicat SNEPAP-FSU Estelle Carraud s’oppose ainsi aux déclarations de Gérald Darmanin qui affirmait au sujet des jeunes délinquants que « la répression est aussi une forme d’éducation » :

« Il va a contrario de tout ce que dit la recherche internationale en termes de prévention de la récidive, qui explique bien qu’il faut que le niveau de contrôle et l’aspect punitif d’une peine ne soient pas prédominants. C’est vraiment l’accompagnement au changement qui va permettre d’éviter qu’une personne recommette un acte délictuel. Si au contraire, on met trop de contrôle sur une personne, on crée de la récidive.« 

Flore Dionisio, conseillère pénitentiaire d’insertion et de probation.Photo : Anis Foucard / Rue89 Strasbourg

L’emploi et le logement, facteurs de protection pour la réinsertion

En avril, Gérald Darmanin évoquait une possible contribution des détenus à leurs frais d’incarcération, le fonctionnement des prisons coûtant « dix millions d’euros par jour, quasiment quatre milliards d’euros par an ». L’Observatoire international des prisons (OIP) rappelait alors dans un communiqué que la moitié des personnes détenues sont sans emploi et 8% sans domicile avant leur entrée en détention.

Aurore Zunino explique par ailleurs que l’emploi et le logement sont des facteurs de protection qui réduisent la probabilité de récidive et qu’ils font partie de leur terrain d’action : « Quand les personnes n’arrivent pas à trouver de logement il y a un risque d’errance, de vol. » Dans le contexte de restrictions budgétaires, les formations au code de la route proposée par les SPIP ont été supprimées. Cela s’est également traduit par une réduction des capacités d’hébergement du Centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) et du Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO).

Et la justice semble être du côté des manifestants. En mai, le Conseil d’État a estimé qu’il était irrégulier d’interdire les activités ludiques en prison, comme demandé dans une circulaire par le ministre de la Justice. La plus haute juridiction administrative affirme qu’il n’est pas possible d’interdire des activités conformes au code pénitentiaire, simplement parce qu’elles auraient un caractère “ludique”. Malgré cette décision jugée « salutaire », les SPIP sont conscients qu’au pénal, les parquets font des réquisitions en fonction des consignes du ministère et que ce virage politique risque de réduire leurs moyens d’action.

Grève jeudi 19 juin à l’appel d’une intersyndicale après le meurtre d’une assistante d’éducation

Grève jeudi 19 juin à l’appel d’une intersyndicale après le meurtre d’une assistante d’éducation
Sud Education Alsace fait partie des syndicats signataires de l’appel à la mobilisation.

Après le meurtre d’une assistante d’éducation en Haute-Marne, une intersyndicale de l’Éducation nationale appelle les personnels de la vie scolaire à faire grève jeudi 19 juin. À Strasbourg, un rassemblement est prévu.

Jeudi 19 juin, plusieurs syndicats (SNU-EP, Snes, CGT Educ’action, Sud-Éducation) appelle à une journée de grève et de mobilisation pour les assistants d’éducation (AED) et les personnels de la vie scolaire de l’Éducation nationale. Cette journée vise à dénoncer les conditions qui ont permis qu’une surveillante, Mélanie, 41 ans, soit tuée à coups de couteau par un élève devant un collège de Haute-Marne mardi 10 juin.

Dans un communiqué, cette intersyndicale dénonce « l’exposition à laquelle les assistants d’éducation sont confrontés dans l’exercice de leur fonction, fautes de moyens suffisants dans les collèges et les lycées. Les AED se retrouvent à exercer un rôle de « vigiles » qui n’est pas le leur. »

En début d’après-midi, une délégation des personnels alsaciens de l’Éducation nationale sera reçue au rectorat de l’académie de Strasbourg pour porter plusieurs revendications. Sud Éducation Alsace avait notamment listé dans un communiqué « la création d’un statut de la fonction publique pour les assistant·es d’éducation, l’instauration d’une formation initiale et continue, l’adoption d’une grille indiciaire liée à l’ancienneté, le renforcement des effectifs et un salaire minimum fixé à 2 200 € bruts. »