Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Végétalisation des cours d’écoles : ambition revue et promesse tenue pour la maire de Strasbourg

Végétalisation des cours d’écoles : ambition revue et promesse tenue pour la maire de Strasbourg
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Un homme soupçonné d’avoir filmé des dizaines de mineurs dans des piscines de Strasbourg

Un homme soupçonné d’avoir filmé des dizaines de mineurs dans des piscines de Strasbourg
Le bassin intérieur de la piscine de Hautepierre en 2018.

Un homme a été surpris en train de filmer deux jeunes filles à leur insu à la piscine de Hautepierre le 9 juin. Une première audience a révélé que de nombreuses captations ont été trouvées dans son matériel informatique. L’homme sera finalement jugé en juillet, après une expertise psychiatrique.

Lundi 9 juin, 17h. Brice est à la piscine de Hautepierre avec sa fille et une amie à elle. Les deux enfants, âgées de 4 et 5 ans, se changent dans une cabine. Le père de famille a une mauvaise intuition lorsqu’il remarque qu’un homme, Philippe C., entre dans la cabine située juste à côté, « alors que d’autres étaient disponibles ». Il se baisse pour vérifier s’il ne constate rien de suspect mais des affaires sont entreposées sous la palissade.

Inquiet, Brice décide finalement d’entrer dans la cabine des fillettes et remarque une caméra miniature placée dans une chaussure en position de filmer les deux mineures, alors nues, en contre plongée :

(suite…)

Les solutions festives de Jean-Philippe Vetter contre une « ville fracturée »

Les solutions festives de Jean-Philippe Vetter contre une « ville fracturée »
Jean-Philippe Vetter veut se faire le « porte voix des quartiers délaissés ».

Pour Jean-Philippe Vetter, les Strasbourgeois·es ne se parlent plus assez. Ils sont coincés entre des réseaux sociaux toxiques et « une maire militante ». Après une série de réunions publiques, il propose quelques idées pour sortir de ce marasme.

Après sept réunions publiques dans différents quartiers de Strasbourg, Jean-Philippe Vetter, candidat (Les Républicains) aux élections municipales de 2026, en tire déjà un enseignement majeur : « Les Strasbourgeois souffrent de ne pas être écoutés ! » Voilà qui méritait ces déplacements. « Ils ont pourtant le désir de s’exprimer et de participer » aux affaires de la cité, assure le président du groupe d’opposition de droite au conseil municipal. Mais voilà : « Ils ont une maire verte, pas une maire ouverte ! Ils font face à une maire militante. »

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Stocamine : la justice fait confiance à l’État et autorise le confinement

Stocamine : la justice fait confiance à l’État et autorise le confinement
Les militants écologistes ont l’habitude de qualifier Wittelsheim de « Commune poubelle ».

Dans une décision rendue mardi 17 juin, le tribunal administratif de Strasbourg a repris les arguments de l’État pour autoriser le confinement définitif des déchets de Stocamine. Une procédure devant la Cour européenne des droits de l’Homme est toujours en cours.

C’est un échec pour Alsace Nature, la Collectivité européenne d’Alsace, les associations CLCV 68, Cité Langenzug et Alternatiba Soultz, et les communes de Wittenheim et d’Ungersheim. Dans une décision du mardi 17 juin, le tribunal administratif de Strasbourg rejette leur requête contre l’enfouissement définitif des produits toxiques de Stocamine.

Il autorise ainsi le confinement de 42 000 tonnes de déchets industriels ultimes à Wittelsheim, sous la nappe phréatique rhénane, réserve d’eau potable d’au moins 5,6 millions de personnes. Les juges admettent pourtant qu’un « risque de pollution des eaux est avéré : des incertitudes subsistent sur la nature des déchets et la remontée de la saumure polluée vers la nappe ».

Le fait accompli

Les magistrats reprennent toutefois les arguments de l’État, qui estime que le déstockage n’est « plus réalisable dans des conditions acceptables de sécurité pour le personnel » :

« Seul le confinement définitif, consistant notamment à construire des barrières en béton autour des blocs contenant les déchets et à remblayer les puits y donnant accès de manière à assurer une étanchéité, constitue en l’état des techniques disponibles, la mesure la plus susceptible de préserver l’environnement à court, moyen et long termes et, ainsi, le droit des générations futures. »

« Ils sont d’accord sur le fait qu’il y aurait plein de choses à creuser mais ils disent qu’on n’a plus le temps et qu’il faut enfouir les déchets », résume Stéphane Giraud, directeur d’Alsace Nature. Lors de l’audience du 15 mai, l’avocat de l’association, Me François Zind, avait justement conspué cette logique du « fait accompli » : « Vous, magistrats, seriez donc obligés d’acter, encore une fois, la défaillance de notre système juridique, face à ce fiasco industriel, éthique et technique », soutenait-il. Des associations et collectivités locales demandent la sortie des déchets depuis 2002 et c’est ce délai de plus de 20 ans qui a permis à la mine de se détériorer avec les déchets à l’intérieur.

Des dizaines d’opposants à Stocamine, avaient entièrement rempli la salle où s’était tenue l’audience le 15 mai.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

Bataille scientifique

Pour affirmer que le déstockage n’est plus possible, le tribunal se base sur une note du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) datée de février 2023 qui concluait que « le délai impliqué par le phénomène de convergence des galeries de la mine n’était plus compatible avec les scénarios de déstockage ». Une analyse fermement contestée par les requérants, avec à l’appui les arguments du géologue suisse Marcos Buser qui a déjà piloté une opération similaire de déstockage.

Les magistrats soulèvent en outre que des rapports techniques montrent que le confinement des déchets permettra de minimiser la pollution de l’eau. Toutes les études réalisées sur ce phénomène sont tirées d’une modélisation de l’Ineris produite en 2011, dont la fiabilité scientifique a été sérieusement remise en cause par la Collectivité d’Alsace.

En septembre 2023, « ce même tribunal administratif avait fait valoir le droit aux générations futures et le principe de précaution pour suspendre l’autorisation du confinement », rappelle Stéphane Giraud :

« Cette décision avait été cassée par le Conseil d’État. Et maintenant, ces arguments n’existent plus dans ce jugement. Il y a une forme de régression, pour revenir aux premiers arguments de l’État. C’est questionnant. »

D’autres étapes juridiques à venir

Ce jugement peut faire l’objet d’un appel dans un délai de deux mois. « C’est une possibilité. Nous allons prendre la décision en conseil d’administration », assure le directeur d’Alsace Nature. À noter que dans le cadre d’une autre procédure juridique contre le confinement des déchets de Stocamine, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a envoyé une série de questions au gouvernement français. « Seul 7% des requêtes devant la CEDH passent ce cap », pose Me François Zind. Le combat juridique contre l’enfouissement définitif des déchets de Stocamine n’est donc toujours pas terminé.

La décision du tribunal administratif

Manifestation pour des familles menacées d’être mises à la rue à Sélestat mercredi 18 juin

Manifestation pour des familles menacées d’être mises à la rue à Sélestat mercredi 18 juin
La préfecture du Bas-Rhin veut mettre à la rue ou expulser des centaines de personnes en 2025.

L’État veut mettre fin à l’hébergement de plusieurs familles à Sélestat. Sept associations appellent à un rassemblement mercredi 18 juin, devant la sous-préfecture de cette ville d’Alsace centrale.

Comme à Strasbourg, l’État souhaite mettre fin à l’hébergement d’urgence de familles étrangères à Sélestat. « Nous sommes choqués par ce qui arrive à nos élèves, confie une enseignante du collège de la ville de 19 000 habitants. Ces personnes, dont des enfants, sont là depuis quatre ans, et maintenant on veut les mettre à la rue. Je ne pensais pas que de telles choses pouvaient se passer en France. »

Le Collectif des droits humains du centre Alsace, composé de sept associations comme La Cimade ou Amnesty international, appelle à un rassemblement statique mercredi 18 juin à 12h, devant la sous-préfecture de Sélestat. « Prévenez vos collègues, vos voisins, et les personnes qui se sentent concernées par cette situation. Montrons au sous-préfet notre indignation dans le calme. Personne ne doit être à la rue », écrivent les signataires.

« Des élèves arrivent en classe affamés »

Une première famille a été expulsée fin avril, deux devront quitter leurs appartements fin juin et une autre fin septembre. Elles sont venues de Géorgie, d’Albanie et de Russie, et sont en situation de droits incomplets, c’est-à-dire que leurs demandes de titre de séjour n’ont pas été acceptées. Mais les familles contestent ces refus, expliquant qu’elles seraient en danger dans leurs pays d’origine.

Les associations rappellent que l’hébergement d’urgence est un droit inconditionnel en France. L’État est censé procurer un abri à toutes les personnes qui le demandent, quelle que soit leur situation administrative. Elles ont également adressé une lettre au préfet du Bas-Rhin le 13 juin 2025 :

« Nous avons appris qu’au 30 avril, une famille s’est retrouvée à la rue, sans ressources, un couple avec quatre enfants dont un bébé de 8 mois. Actuellement nous ne savons pas où ils sont. Des élèves arrivent en classe affamés, leur frigo à la maison est vide. Et puis dans quelques jours il n’y aura plus ni frigo, ni toit ! Peut-on rester sourd, muet et aveugle face à ce manque d’humanité ? »

Le Wagon Souk remporte son bras de fer avec la Ville de Strasbourg

Le Wagon Souk remporte son bras de fer avec la Ville de Strasbourg
Des membres de l’équipe du Wagon Souk et des élus de Ville de Strasbourg ce 16 juin.

Un terrain d’entente a été trouvé après des semaines de dialogue difficile entre la Ville de Strasbourg et le Wagon Souk. La municipalité va proposer un nouveau bail et financer d’importants travaux pour ce tiers-lieu solidaire situé derrière la gare.

L’histoire du Wagon Souk est de celles qui se vivent en épisodes. Lundi 16 juin, l’équipe cadre du Wagon Souk et la municipalité ont présenté à Rue89 Strasbourg les projets qui permettront à ce lieu culturel de poursuivre son aventure. Depuis mars, le dialogue entre les deux parties était devenu conflictuel. « On a dépassé les difficultés pour trouver un terrain d’entente apaisé », se félicite Hülliya Turan (Parti communiste), adjointe à la maire de Strasbourg, en charge de l’éducation. 

Nouveau bail et financement des travaux

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Le tribunal administratif suspend le recours aux drones pour traquer les migrants

Le tribunal administratif suspend le recours aux drones pour traquer les migrants
Après les drones dans les quartiers populaires, les drones au dessus du Marché de Noël ou des manifestations… les drones pour traquer les migrants !

La préfecture du Bas-Rhin avait autorisé le recours à des drones pour lutter contre l’immigration clandestine. Face aux arguments flous du représentant de l’État, le juge administratif a suspendu l’arrêté concerné.

Le service juridique de la préfecture du Bas-Rhin est-il déjà en vacances ? À moins que le représentant de l’État au niveau départemental n’ait pas réellement souhaité traquer les migrants à l’aide de drone ? Lundi 16 juin, ces questions restent ouvertes après la décision du tribunal administratif de Strasbourg. Ce dernier a suspendu en urgence un arrêté préfectoral autorisant l’utilisation de « caméras embarquées à bord d’aéronefs », comme décrit par le langage désuet de l’administration préfectorale.

La juge des référés a rendu son ordonnance après avoir été saisie par le Syndicat des avocats de France (SAF), le Syndicat de la magistrature, l’Association de défense des libertés constitutionnelles (Adelico) ainsi qu’un avocat bas-rhinois. Elle a estimé que le recours au drone portait une atteinte disproportionnée au respect de la vie privée, à la liberté personnelle, à la protection des données personnelles et à la liberté d’aller et venir.

Plus de voitures = plus de migrants

Cette décision fait suite aux réponses extrêmement floues de la préfecture invitée à préciser un arrêté préfectoral douteux. Pour rappel, ce dernier mettait en avant un objectif de lutte contre l’immigration clandestine tout en autorisant des drones dans deux secteurs non frontaliers, ceux de Saverne et de Molsheim. L’avocat du SAF, d’Adelico et du Syndicat de la Magistrature Me David Poinsignon avait aussi déploré l’imprécision du périmètre géographique concerné. Mais au cours de l’audience tenue au tribunal administratif, « le préfet n’a apporté aucune précision sur la limite exacte de la zone de surveillance » ainsi que l’indique l’ordonnance.

La préfecture n’a pas fourni précisions supplémentaires sur ses motivations. L’ordonnance du tribunal administratif déplore le manque de preuve concernant une supposée hausse des flux migratoires dans la zone concernée. L’argument préfectoral présenté en amont de l’audience se résume en effet à « plus de voitures = plus de migrants », comme l’écrit la juge des référés :

« Pour justifier de la hausse du nombre de franchissements illégaux de la frontière par des migrants, le préfet du Bas-Rhin invoque tout d’abord un article de presse faisant état de la hausse constante depuis plusieurs années et dans les cinq années à venir du nombre de véhicules empruntant « certains axes routiers » dans le département du Bas-Rhin. Cependant cette donnée très générale qui ne concerne ni directement les flux migratoires, ni uniquement les quatre axes routiers concernés par l’autorisation, ne saurait suffire à justifier le recours au dispositif en litige. »

D’autres arguments – sur la crise budgétaire et le manque de fonctionnaires de police – n’ont pas permis d’emporter l’adhésion de la juge des référés. Les drones équipés d’une mystérieuse « technologie 3D » sont donc désormais interdits d’utilisation dans le ciel alsacien du mercredi 12 au jeudi 26 juin. La préfecture peut faire appel de cette décision devant le Conseil d’État.

Plus de plaintes pour viol, moins d’enquêteurs : à Strasbourg, la mission impossible de la police

Plus de plaintes pour viol, moins d’enquêteurs : à Strasbourg, la mission impossible de la police
Emmanuel Georg était lui-même officier de police judiciaire, avant de se consacrer au syndicalisme.

À Strasbourg, les enquêteurs de police se disent surchargés de travail, avec des dizaines d’affaires par agent. Ils font face à une baisse de leur effectif et a une augmentation des plaintes pour viol. Ce qui les oblige à prioriser au cas par cas, créant des délais de plusieurs années pour le traitement de certains dossiers.

La lutte contre les violences sexuelles devait être une priorité d’Emmanuel Macron depuis 2017. Mais de nombreuses femmes qui portent plainte à Strasbourg sont toujours sans nouvelles de leur dossier pendant plusieurs années, tout en étant parfois au contact de celui qu’elles accusent. « Les collègues souffrent beaucoup de cette situation de débordement », assure Emmanuel Georg, secrétaire régional du syndicat policier Un1té (prononcer « unité »).

Les enquêteurs de l’hôtel de police, à Strasbourg, alertent régulièrement sur leurs effectifs en chute libre et les dossiers qui s’entassent. D’autant plus que le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau (Les Républicains), impulse une mobilisation médiatique contre le trafic de drogue, surchargeant les services de petites affaires sans gros impacts sur les réseaux.

Augmentation du nombre de plaintes

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Si nos articles ne remplacent aucune forme de justice, ils permettent en général que cessent ces violences ou que des dysfonctionnements dans la protection des victimes soient révélés. C’est pourquoi l’existence de médias engagés comme Rue89 Strasbourg est essentielle pour donner la parole à celles et ceux qui affrontent le silence et subissent l’opprobre lorsqu’ils dénoncent des viols et des agressions sexuelles.

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Après la plainte, des années d’attente pour des victimes de viol à Strasbourg

Après la plainte, des années d’attente pour des victimes de viol à Strasbourg
Pour certaines victimes, le dépôt de plainte est le début d’une longue procédure opaque.

Plusieurs années après avoir porté plainte pour des violences sexuelles, certaines Strasbourgeoises attendent toujours la fin de la procédure. Elles doivent continuer à vivre sans savoir si leurs agresseurs, qu’elles connaissent parfois, seront auditionnés un jour.

« J’avais constamment peur de le croiser dans les bars ou dans les manifs, ça provoquait une hypervigilance. Margaux (prénom modifié) a fini par quitter Strasbourg, deux ans après avoir porté plainte pour des viols subis lorsqu’elle était adolescente. C’est clairement l’une des raisons principales de mon départ. Le fait qu’il n’y ait pas de suite, que je risque de voir mon agresseur et que, pour lui, rien ne change. »

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Rassemblement mercredi 18 juin contre la suppression de 700 places d’hébergement d’urgence

Rassemblement mercredi 18 juin contre la suppression de 700 places d’hébergement d’urgence
Campement de personnes sans-abri au parc Eugène Imbs à la Montagne Verte

Une vingtaine de collectifs ont lancé un appel à se rassembler mercredi 18 juin devant la préfecture du Bas-Rhin pour dénoncer la suppression de places d’hébergement d’urgence à Strasbourg pour les personnes sans titre de séjour.

Dans le contexte de la Semaine des réfugiés qui se tient du 13 au 20 juin, 26 collectifs, associations et syndicats (voir la liste ci-dessous) ont lancé un appel à la mobilisation pour le respect du droit au logement inconditionnel, garanti par le code de l’action sociale et des familles. Ils appellent à se rassembler devant la préfecture le mercredi 18 juin à partir de 18h30. « Il y aura une fanfare, des banderoles, des tentes, des prises de parole », annonce le collectif des Bonnes Gens.

Le 27 mai, ces associations ont envoyé une lettre ouverte au préfet du Bas-Rhin pour demander l’abandon d’un projet de réorganisation de l’hébergement d’urgence et « garantir une solution d’hébergement stable et digne pour toutes les personnes concernées ». La lettre étant restée sans réponse, le rassemblement vise à interpeller les pouvoirs publics sur l’augmentation du nombre de familles qui se retrouvent à la rue.

« Actuellement, ce sont plusieurs centaines de personnes qui sont maintenues dans une précarité extrême, invisibles, privées de leurs droits fondamentaux, dans un silence institutionnel assourdissant. Il s’agit de celles et ceux qui n’appellent même plus le 115, conscients qu’ils n’obtiendront aucune réponse, celles et ceux contraints à la rue ou aux squats dans des conditions indignes. »

Extrait de la lettre ouverte adressée au préfet du Bas-Rhin

Depuis 2024, la préfecture du Bas-Rhin somme les associations locales, dont elle finance les programmes, de réduire considérablement le nombre de places d’hébergement prévues pour les « ménages à droits incomplets ». En janvier 2025, elles logeaient 1 626 personnes dans cette situation et devront supprimer 704 places d’ici décembre comme l’a révélé Rue89 Strasbourg. L’appellation « ménages à droits incomplets » (MDI) désigne par exemple les personnes étrangères dont les titres de séjour ont échu ou qui contestent des décisions de refus d’attribution.

« Une OQTF pour la Saint-Valentin » : Mayliss et Ahmed racontent leur mariage en terrain hostile

« Une OQTF pour la Saint-Valentin » : Mayliss et Ahmed racontent leur mariage en terrain hostile
Alors que le Sénat a adopté en février 2025 une proposition de loi visant à interdire le mariage aux personnes en situation irrégulière, Mayliss et Ahmed ont accepté de raconter leur histoire d’amour qui dépasse les frontières.

En février 2025, le Sénat a adopté une proposition de loi pour interdire le mariage aux personnes en situation irrégulière. La proposition aurait empêché Mayliss et Ahmed de se marier. Le couple raconte une union qui a déjà souffert d’une administration hostile aux couples binationaux.

« Je me suis tout de suite dit que c’était la personne qu’il me fallait », assure-t-il. L’histoire d’amour entre Ahmed et Mayliss, 26 et 29 ans, est « évidente » mais semée d’embuches administratives. Il est né au Burkina Faso. Elle est née en France. Ils se rencontrent en mai 2022 à l’occasion d’un festival autour de la musique, de la danse et des contes d’Afrique à Illkirch-Graffenstaden où Ahmed se produit. Ils sont présentés par une connaissance commune. Leur histoire d’amour nait quelques semaines plus tard, lorsque Mayliss vient participer à l’un des cours de danse que dispense son futur époux. « C’est la danse qui nous a rapprochés », sourit-elle. 

« J’ai vite su que c’était nous deux »

Ahmed est arrivé en France quelques semaines avant leur rencontre avec un visa touristique de six mois. Formé à l’école internationale de danse Irène Tassembédo de Ouagadougou, le jeune artiste, qui a par le passé déjà fait des tournées en Europe avec sa troupe, s’installe en Alsace en mai 2022 pour se produire. « Je venais pour rester en France. J’avais des projets pour donner des cours de danse, fonder une compagnie », explique l’artiste. Le parcours d’obstacles administratifs commence alors. Une première demande de titre de séjour est déposée, Ahmed passe des auditions, se projette. « Ça n’a pas abouti », résume-t-il.

Malgré ces procédures bureaucratiques, l’histoire d’amour d’Ahmed et Mayliss s’épanouit. Le couple emménage. Très vite, ils parlent de mariage. C’est Mayliss, conseillère numérique chez Emmaüs Connect qui pose le genou à terre. « J’ai vite su que c’était nous deux et personne d’autre. Je lui faisais confiance », détaille-t-elle. « Le mariage c’est important pour moi mais je n’osais même pas en parler. J’avais peur qu’elle pense que c’était pour les papiers », se rappelle le danseur.

Le couple le reconnait : l’union est accélérée par la situation administrative d’Ahmed. « Il fallait que sa situation avance pour qu’on puisse se construire », conclut Mayliss. « J’étais bloqué dans mes projets… Je n’ai pas pu honorer certains contrats de travail du fait de ma situation », détaille le danseur. Le visa touriste d’une durée de six mois d’Ahmed prend fin et le jeune homme explique n’avoir aucun retour de la préfecture concernant sa demande de passeport talent, une carte de séjour pluriannuelle dédiée aux artistes notamment.

Mayliss et Ahmed se sont mariés en septembre 2023 à l’hôtel de Ville de Strasbourg.Photo : Rue89 Strasbourg / Mathilde Cybulski

« Je ne m’étais pas imaginé ce que ça impliquait »

Preuve de célibat fournie par le pays d’origine, preuve de vie commune, acte de naissance de moins de trois mois… « Un tas de paperasse » est collecté en prévision des noces. Même si le budget est serré, le couple parvient à organiser en septembre 2023 « le meilleur mariage de Strasbourg » à l’hôtel de Ville place Broglie puis dans une salle des fêtes entouré d’une centaine de proches. 

Mais l’union du couple est loin de mettre fin aux galères administratives. « Je ne m’étais pas forcément imaginé ce que ça allait impliquer. J’estimais qu’il était naturel d’aider mon conjoint« , avance Mayliss. « La numérisation des démarches à la préfecture, ça a été un vrai problème », analyse la conseillère numérique. Impossible d’obtenir un rendez-vous, ni même d’avoir de réponse. « C’est la préfecture, c’est la France », ironise Ahmed.

Une OQTF pour la Saint-Valentin

« Au bout de plusieurs mois et plusieurs demandes, on apprend par le biais du Défenseur des droits que la préfecture n’avait réceptionné aucun dossier », résume le couple. Pourtant, à chaque demande de titre de séjour, Ahmed explique avoir reçu une attestation de dépôt. « C’est donc que quelque chose a été déposé », rigole désormais le jeune marié. « Et puis ce sont des frais ! À chaque demande il faut payer un timbre fiscal, 225 euros à chaque fois », précise son épouse.

Accompagnés par l’association des Amoureux au ban public, le couple fait donc appel au Défenseur des droits pour savoir où en sont les quatre demandes de titre de séjour vie privée/familiale déposées après leur mariage. Il découvre qu’une obligation de quitter le territoire français a été notifiée à Ahmed le 14 février 2024. « Mon conjoint a reçu une OQTF le jour de la Saint-Valentin, c’est assez ironique », tranche Mayliss. Problème, la découverte est faite en avril, le délai de recours est alors dépassé. 

Deux ans et demi d’errance administrative

« C’est là qu’on s’est décidé à prendre une avocate et les choses ont commencé à bouger ». Grâce à son conseil, le danseur obtient l’annulation de son OQTF et son titre de séjour lui est finalement délivré à l’automne 2024, deux ans et demi après son arrivé. L’heure est désormais aux projets personnels comme professionnels. Achat d’une maison et voyages notamment. Empêché de se rendre à Los Angeles en 2024 en raison de la situation administrative d’Ahmed, le couple espère pouvoir s’y rendre à l’été 2025. Le danseur a été sélectionné pour représenter la France à l’occasion d’une importante compétition internationale, la WCOPA (World Championship Of Performing Arts) qui rassemble plus de 70 pays.

Le couple a aussi pu se rendre au Burkina Faso pour fêter la nouvelle année et pour que Mayliss rencontre sa belle famille. Ils comptent y retourner prochainement pour célébrer un « deuxième mariage », plus traditionnel cette fois-ci. Depuis le retrait des troupes militaires françaises de l’opération Barkhane fin 2022, les relations se sont tendues entre la France et l’Alliance des États du Sahel (AES). Il est de plus en plus difficile d’obtenir des visas pour la Burkina Faso, le Niger ou le Mali. Une situation géopolitique instable qui a entrainé Mayliss à demander la nationalité burkinabée fin 2024. « J’ai un peu vu ce qu’il a vécu lui », rigole la conseillère numérique.

Une semaine d’attention sur les enfants réfugiés du 13 au 20 juin

Une semaine d’attention sur les enfants réfugiés du 13 au 20 juin
Réfugiés syriens à Idlib en 2021.

La Semaine des réfugiés propose du vendredi 13 au vendredi 20 juin une série de rencontres autour des migrations, avec pour l’édition 2025 une attention particulière à « l’enfance sans frontière ».

Du vendredi 13 au vendredi 20 juin, une trentaine de lieux à Strasbourg accueillent une cinquantaine d’événements : expositions, rencontres, tables-rondes ou spectacles, autour des migrations, de l’accueil et de l’exil dans le cadre de la 7e édition de la Semaine des réfugiés.

Ce festival est organisé par le Foyer Notre-Dame de Strasbourg, une importante association intervenant dans l’hébergement d’urgence, l’asile et l’aide sociale d’une manière générale, et Stamtish, une association œuvrant à créer un réseau de solidarité par l’intermédiaire de la cuisine. Elles sont soutenues par la Ville de Strasbourg, et le festival mobilise une trentaine de partenaires.

Pour l’édition 2025, les organisateurs ont choisi « l’enfance sans frontière » comme thème principal. Selon l’Unicef, 47,2 millions d’enfants ont été déplacés en 2023 en raison de conflits ou de violence. Pour la même année, plus de 43 000 enfants demandent seuls l’asile dans l’Union européenne, dont 1 900 en France.

Nombreux rendez-vous

Le Wagon Souk, espace culturel situé derrière la Gare, accueille une exposition « Jeunes en mouvement » par exemple, des photos réalisés par des jeunes de Domie 2, un établissement expérimental en faveur de l’enfance protégée du Groupe SOS. Une fresque participative sur le parcours de réfugiés est prévu à la médiathèque Olympe-de-Gouge, au quartier Gare, ou à l’Ancrage Café, au quartier Coop. Jeudi 19 juin de 14h à 17h, un escape game sur la thématique de la migration est proposé à La T’rêve, un lieu d’accueil de jour pour les personnes sans domicile.

Toutes ces manifestations sont à retrouver sur le programme de la Semaine des réfugiés, et si la plupart sont gratuites, les organisateurs demandent souvent aux personnes intéressées de s’inscrire auparavant. Le point d’orgue de cette semaine est la Marche des parapluie, dont le départ est prévu mercredi 18 juin, journée mondiale des réfugiés, à 13h30 place du Château. Elle doit se rendre place Saint-Thomas, où des animations sont programmées toute l’après-midi. Deux tables-rondes sur les enfants déplacés sont prévues pour clore cette journée, au Théâtre national de Strasbourg et au Lieu d’Europe.

Quatre ans après sa création, l’Agence du climat plombée par des décisions de l’État

Quatre ans après sa création, l’Agence du climat plombée par des décisions de l’État
L’agence du climat a présenté ce vendredi 13 juin un bilan après quatre ans d’activité.

Quatre ans après sa création, l’Agence du climat a dressé son bilan vendredi 13 juin à l’occasion de son assemblée générale annuelle.

C’est, pour Jeanne Barseghian, « une des plus belles réalisations du mandat ». Lors de l’assemblée générale annuelle de l’Agence du climat, vendredi 13 juin, la maire (Les Écologistes) de Strasbourg a salué le travail d’accompagnement effectué par cet organisme fondé il y a plus de quatre ans dans le cadre du plan climat mis en place par l’Eurométropole (EMS).

Plus de 20 000 personnes accompagnées 

C’était l’heure du bilan pour cette agence dont le mandat, présidé par Danielle Dambach, se termine en 2026. Il est décrit comme « très positif » mais plombé par les récentes décisions gouvernementales. Entre la suppression « soudaine », en décembre 2024, de la prime à la conversion pour une voiture, la suspension du dispositif « Ma Prime Rénov’ » durant l’été et le rétropédalage vivement critiqué localement sur la mise en place des zones à faible émissions (ZFE), « l’avenir de l’Agence se pose », s’inquiète Danielle Dambach. « S’il y a d’autres mesures de ce type, je ne sais pas si on pourra poursuivre sur cette voilure, on est tributaire des annonces de l’État », ajoute-t-elle. Jeanne Barseghian a dénoncé un « backlash écologique », tout en réaffirmant l’importance du dispositif, financé à 65% par l’EMS.

Ce « guichet des solutions » dont le but est « d’agir en faveur de la lutte contre le changement climatique » s’est spécialisé dans le conseil et l’accompagnement sur les questions de mobilité, de rénovation énergétique ou de végétalisation auprès des habitants de l’Eurométropole. Selon l’Agence, 20 000 habitants – soit 10% de la population totale de l’EMS – ont pu bénéficier de l’expertise des 33 salariés de la structure.

Bruno Ulrich, vice-président, Danielle Dambach, présidente et Christophe Hartmann, membre du bureau, ont présenté au Lieu d’Europe un bilan des quatre années d’activité de l’Agence du climat en amont de l’assemblée générale annuelle.Photo : Olivia Kouassi / Rue89 Strasbourg

« Inquiétudes » après la suspension de « Ma Prime Rénov’ »

L’Agence, qui a accueilli en 2024 huit nouveaux salariés, décompte en moyenne une quinzaine d’appels par jour concernant des questions de rénovation énergétique et des aides financières dont il est possible de bénéficier. En quatre ans, ce sont près de 7 000 personnes qui ont contacté l’Agence dont les deux tiers, ont, selon Aurélie Bruder, responsable du pôle rénovation énergétique, « entamé la rénovation de leur bien ».

Des aides telles que « Ma prime Rénov’ », mises en place par l’État, peuvent englober selon les revenus du ménage jusqu’à 70% du budget de rénovation énergétique. Sa suspension entre juillet et septembre 2025 a ébranlé les services de l’agence. « On constate une inquiétude mais on conseille aux personnes de ne pas abandonner leur projet pour autant », détaille Aurélie Bruder qui ne veut pas croire à une suppression du dispositif. En comparaison, les aides locales à la rénovation énergétique ne peuvent, selon la responsable du pôle, englober que jusqu’à 10% du budget.

Du côté du pôle mobilité décarbonée, ce sont 11 000 personnes qui ont été accompagnées dans l’étude de leur éligibilité à différentes aides. Parmi elles, 94% se sont révélées éligibles aux aides de l’EMS telles que le compte mobilité – il permet de débloquer un crédit allant jusque 2 500 euros pour les ménages qui décident de se séparer de leur véhicule pour se tourner des mobilités douces. Un dispositif encore peu utilisé puisqu’il ne concerne que 5% des foyers accompagnés. Les 95% restants se sont tournés vers la prime à la conversion, permettant de financer l’achat d’un nouveau véhicule. L’annonce de sa suppression fin 2024 a entrainé une saturation des services de l’Agence. « Nous avions 200 appels par jour de personnes qui voulaient bénéficier de ce programme », se rappelle Agathe Collard, responsable du pôle. Après un pic en décembre, les appels concernant des personnes intéressées par la décarbonation de leur mode de transport ont en revanche été « divisés par deux ».

Les 21 et 22 juin, dernier week-end pour visiter le musée alsacien avant sa rénovation

Les 21 et 22 juin, dernier week-end pour visiter le musée alsacien avant sa rénovation
Ces masques effrayants n’étaient pas utilisés pour le carnaval ! Fixés à la sortie des meules, c’est par leur bouche que s’écoulait le son ou la farine.

Le musée alsacien, ce ne sont pas que des poêles en faïences, des moules à Kougelhopf et des costumes traditionnels ! Il y a aussi l’arrosoir de chambre, les dégorgeoirs à moulin ou encore la chaise d’accouchée… Ces objets et bien d’autres seront mis en lumière au musée alsacien les samedi 21 et dimanche 22 juin.

Le musée alsacien, ce sont 50 000 objets retraçant la vie en Alsace entre le XVIIIe et le XXIe siècle. Exposées sur deux étages et dans trois maisons, quai Saint-Nicolas au centre-ville de Strasbourg, les collections sont constituées principalement d’objets de la vie quotidienne rurale.

L’événement « Salü Bisàmme ! » (« Salut tout le monde ! » en alsacien) célèbrera le dernier week-end d’ouverture du musée avec plusieurs animations avant la fermeture du musée pour une rénovation en profondeur pendant deux ans. Les médiateurs culturels et gardiens présenteront leurs coups de cœur, parmi lesquels de bien étranges moules à gâteaux.

Dans la pièce du musée qui reproduit une cuisine traditionnelle alsacienne sont exposés toutes sortes de moules. « Chaque gâteau correspondait à un des moments symboliques de la vie ou à une époque de l’année », confie Élodie Traband, médiatrice culturelle. Parmi les moules surprenants, l’un est en forme de crapaud, un autre représente un bébé emmailloté. Le gâteau en forme de crapaud était offert aux jeunes mariés en symbole de fertilité car « cet animal pond énormément d’œufs », détaille Élodie Traband. Le gâteau en forme de bébé emmailloté était mangé lors des baptêmes.

« Bonne ménagère » et croyances populaires

Entre des poteries de Betschdorf et de Soufflenheim, deux petites cruches en terre cuite en forme de poire ont pris place. Ce sont des « sprenzhafe », des arrosoirs de chambre, dont le fond est percé, comme décrit la médiatrice :

« Ça fait une espèce de goutte à goutte, sans faire une flaque. Juste histoire d’attraper la poussière, les saletés, avant de passer le balai. C’était un cadeau de mariage ! »

Les objets du musée alsacien sont autant de témoins fascinants d’un autre temps où le rôle de la femme consistait à avoir des enfants, à faire le ménage et la cuisine. D’autres objets reflètent davantage les croyances populaires comme les dégorgeoirs, aussi appelés déversoirs à moulin.

Le musée possède en effet « une des plus grandes collections de déversoirs », souligne Elodie Traband. Le « kleiekotzer » est une gargouille en bois sculpté par laquelle s’écoule la farine à la sortie des meules. Ces masques effrayants représentent le diable, l’étranger, ou encore des militaires. Ils ont une fonction protectrice et servent à « éloigner les mauvais esprits susceptibles d’empoisonner le grain », note Élodie Traband.

Les samedi 21 et dimanche 22 juin, d’autres objets seront mis en évidence, comme la chaise d’accouchée ou le « kreismesser » : un couteau rituel juif utilisé pour éloigner le démon féminin Lilith lors des cérémonies de circoncision. D’autres événements, comme des lectures de contes, se tiendront tout au long de ce week-end festif et nostalgique. « Nous sommes contents de ce week-end et en même temps, on est tristes. Ici, c’est ma maison », conclut avec émotion la jeune femme, à l’approche de la fermeture pour travaux du musée.

L’association des Amis du Zoo de l’Orangerie fait condamner la Ville de Strasbourg

L’association des Amis du Zoo de l’Orangerie fait condamner la Ville de Strasbourg
Nichoirs pour inséparables au zoo du parc de l’Orangerie, Strasbourg, printemps 2013. Document remis.

L’association gestionnaire de l’ancien zoo de l’Orangerie avait de nombreux griefs à l’encontre de la Ville de Strasbourg. Par une décision du jeudi 12 juin, le tribunal administratif lui a donné raison sur un point.

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La police nationale a évacué le grand squat rue Lamartine à Schiltigheim

La police nationale a évacué le grand squat rue Lamartine à Schiltigheim
Un officier de police et une représentante d’Alsace habitat observent les familles expulsées devant le bâtiment.

Une trentaine de personnes sans-abri occupaient un bâtiment vide à Schiltigheim depuis mi-mai. La police nationale a évacué le site ce vendredi 13 juin.

Vendredi 13 juin à 15h, sous un soleil de plomb, plusieurs familles sans-abri d’origine géorgienne s’activent pour descendre meubles, sacs de vêtements et matelas des appartements qu’elles occupaient depuis mi-mai. Il s’agit d’une trentaine de personnes au total, qui ne trouvaient pas de solution d’hébergement d’urgence.

Le bâtiment évacué compte dix niveaux.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

Sur le parking de la résidence, située au 3 rue Lamartine à Schiltigheim, certains anciens occupants déposent soigneusement leurs biens sur le bitume brûlant. D’autres, notamment les enfants, parlent à des voisins compatissants.

Plusieurs membres des familles expulsées, debout devant leurs affaires.Photo : Romain Cunat / Rue89 Strasbourg

Sortie sèche

Trois policiers, déployés pour « veiller au bon déroulement » de l’évacuation, restent en retrait, observant silencieusement la scène. À leurs côtés, deux représentantes d’Alsace Habitat, le bailleur social propriétaire du site et à l’origine de la demande d’expulsion, sont également présentes. Elles refusent de répondre aux questions de Rue89 Strasbourg.

Un officier de police et une représentante d’Alsace habitat surveillent l’opération.Photo : Romain Cunat / Rue89 Strasbourg

Aucun dispositif de proposition d’hébergement d’urgence pour toutes les personnes présentes ne semble prévu. Des anciens occupants se préparent à redormir dehors. « Ces sorties sèches, sans relogement, sont scandaleuses, déplore Sabine Carriou, de l’association Les Petites roues. Si ces personnes ont occupé ce bâtiment vide, c’est parce qu’elles n’avaient pas d’autre solution. » Elle rappelle que le squat abritait « des personnes malades, une famille avec des bébés dont un polyhandicapé… »

Pour la responsable associative, un accord aurait pu être trouvé pour que l’immeuble accueille ces personnes avant sa démolition qui devrait intervenir dans plusieurs mois, voire plusieurs années.

Voitures de police disposées dans la rue Gabrielle-Colette.Photo : Romain Cunat / Rue89 Strasbourg

Contactée par Rue89 Strasbourg, la préfecture du Bas-Rhin a confirmé que l’expulsion « a été faite en application de l’article 38 de la loi sur le droit au logement opposable (Dalo) », qui permet le recours à la force publique après une plainte du propriétaire. La préfecture précise que « dans ce cadre, le relogement des squatteurs n’est pas prévu par la loi. Néanmoins, le préfet a finalement pris la décision d’abriter 9 personnes, par exception, en raison de leur vulnérabilité ».

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