Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Des festivals urbains, des films pas chers : la sélection culturelle de juillet à Strasbourg

Des festivals urbains, des films pas chers : la sélection culturelle de juillet à Strasbourg
Le public de l’édition 2023 de Jazz à la Petite France.

Comme chaque année au mois de juillet, les structures culturelles de Strasbourg se replient mais il reste de quoi voir et entendre. Voici une sélection pour accompagner les apéros en terrasse.

Des films à 5€ la séance

Fondée en 1985, la Fête du cinéma souffle sa quarantième bougie. La recette reste inchangée depuis le début : quatre jours de cinéma à prix unique, quel que soit l’endroit en France. Programmée du dimanche 29 juin au mercredi 2 juillet 2025, toutes les séances sont à 5€ dans tous les cinémas participants (Vox, Star Saint Exupéry, Star, UGC Ciné-Cité et Cosmos).

Entre classiques du cinéma comme La Bête Humaine ou Le crime de l’Orient-Express au Cosmos, et films plus contemporains comme la comédie Le grand déplacement de, et avec, Jean-Pascal Zadi à l’UGC qui n’a que moyennement convaincu les critiques pourtant bien disposées habituellement à l’égard du réalisateur et acteur. En revanche, Indomptables de et avec Thomas Ngijol, dont ce sera peut-être la dernière semaine d’exploitation, est considéré comme une réussite.

Des concerts en plein air

L’Espace Django propose six concerts dans la rue. La salle festive du Neuhof a ainsi programmé le jazz teinté de mélodies folkloriques de Barouf, la « néo soul » de Lexy et la musique méditerranéenne d’Aguila Mosaïk. Avant les concerts, des animations sont proposées par les associations de quartier partenaires de l’Espace Django et un peu de restauration est prévu après les sets. À noter : la sonorisation est assurée par We R Solar, le dispositif nomade et presque écologique de Philippe Pollaert.

Jazz à la Petite France

Du vendredi 11 au dimanche 13 juillet, ça va groover place Saint-Thomas. Pour sa cinquième édition, le festival Jazz à la Petite France fait la part belle aux femmes. En ouverture du festival : le duo de saxophonistes et flûtistes Mamie Jotax. Le lendemain, c’est Maë Defays avec sa soul, teintée de jazz et d’influences afro-caribéennes. Après les concerts, une scène ouverte au bar L’Amer à boire (LAAB) invite les musiciennes et musiciens à venir jammer (les 11 et 12 juillet de 22h30 à minuit).

Le festival de la Maison bleue

C’est une Maison bleue adossée au Neudorf qui lance son Blue summer. « C’est la toute première édition. L’idée, c’est de rendre le quartier vivant pendant l’été », souligne l’équipe du lieu culturel. Du 12 au 26 juillet, tous les mercredis, samedis et dimanches : des activités comme l’impression sur textile, des cours d’aérobic, des barbecues participatifs où chacun ramène ce qu’il désire griller, des soirées pyjamas nanars et des concerts.

Le groupe « l’intervalle entre le marchepied et le quai » dont le style présente bien des similitudes avec Les Fatals Picards se produira le 26 juillet. L’entrée à la Maison bleue est gratuite. Lors des concerts, le prix conseillé est de 10€.

Grève illimitée contre le rapprochement de Ici Alsace et France 3

Grève illimitée contre le rapprochement de Ici Alsace et France 3
Image d’illustration

Les programmes sont perturbés depuis le 26 juin sur Ici Alsace et à partir du 30 juin sur France 3 Alsace. Des journalistes et techniciens ont entamé une grève illimitée pour contester la refonte de l’audiovisuel public.

Dans l’entre-soi journalistique, le projet de loi de refonte de l’audiovisuel public porté par la ministre de la Culture Rachida Dati crispe depuis des mois. Il arrive, pour la quatrième fois depuis 2023, devant l’Assemblée nationale lundi 30 juin. Et suscite un mouvement de grève illimité, depuis jeudi pour la radio et à partir du 30 juin pour la télé. En mai 2024 déjà, les employés se mobilisaient contre ce projet.

« Pour les auditeurs et auditrices, ce projet menace la diversité des programmes locaux au profit des nationaux », explique Olivier Vogel, élu représentant de proximité SNJ-CGT chez Ici Alsace. Le cœur de la réforme voulue par la ministre de la Culture est projet de « holding » rassemblant Radio France, France Télévisions et l’INA, voir peut-être France média monde (France 24 et RFI). Les chaines de radio et de télévision locales fonctionneraient comme une seule rédaction, sous forme de « filiales » de la holding, et toutes ces filiales auraient une direction de l’information commune. L’initiative inquiète, d’autant plus qu’à l’échelle internationale, des journalistes luttent activement contre la concentration des médias.

« Ici » partout

Un glissement déjà initié, depuis que les chaines de radio et de télé s’appellent toutes « Ici ». « Nous ne sommes plus des chaînes, nous sommes devenus des marques », souligne Cécile Poure, déléguée syndicale centrale pour la Cfdt France Télévisions et journaliste à France 3 Alsace. La syndicaliste évoque des journalistes de la télé qui écrivent déjà des articles pour le site web de la radio.

Autre risque identifié par les responsables syndicaux, la perte du pluralisme de l’information. « Pour l’instant, on fait des articles sur des sujets similaires mais avec des angles différents », explique Cécile Poure :

« Si nous sommes rassemblés en une seule rédaction, j’imagine qu’on n’enverra pas trois personnes sur le même sujet, une pour la radio et deux pour la télé. Donc des angles vont disparaître et l’information sera plus pauvre. »

Sur le terrain, Olivier Vogel constate déjà la perte de contenus éditoriaux locaux au profit de nationaux sur Ici Alsace. Les antennes locales de la radio publique ont lancé une alerte début juin en ce sens. « Ce qui nous inquiète avec ce projet de média global, c’est qu’on finira tous par faire la même chose, un peu de radio, un peu de télé, beaucoup de petites vidéos », déplore-t-il.

Face à ce « média global », les syndicalistes craignent également la perte d’emplois – faire plus sans embaucher plus. « Demandera-t-on aux journalistes radio de faire de la télé ? Faudra-t-il récupérer le son des vidéos pour faire de la radio ? Les rédactions web seront-elles fusionnées ? On ne sait pas », admet Cécile Poure. Elle dénonce le désir de la directrice de France Télévisions de mettre en avant la « polycompétence » des journalistes.

Potentielles pressions ministérielles

La syndicaliste alerte également sur le risque d’une direction unique à la tête de la holding, qui pourrait plus facilement être soumise aux pressions de la ministre de tutelle. « Dans ce cas, l’indépendance de l’information ne serait plus garantie, la liberté et l’esprit critique non plus, l’audiovisuel public deviendrait vertical et monolithique », assène-t-elle. Et si un gouvernement d’extrême-droite venait à être élu, tout l’audiovisuel public pourrait ainsi se retrouver sous son influence. « Et même avant, lorsqu’on voit la considération de Rachida Dati pour les journalistes, l’hypothèse d’être dans cette position nous fait peur », conclut-elle, faisant référence à l’attaque personnelle de la ministre à l’encontre du journaliste Patrick Cohen, sur le plateau de C à vous, le 18 juin.

Depuis le démantèlement de l’ORTF en 1974 et la création de sociétés distinctes pour la production de l’audiovisuel français, chaque structure dispose d’une gestion propre. En proposant de les réunir en une seule entreprise, la ministre de la Culture avance la nécessaire « relance » du secteur qui aurait « raté le virage du numérique ».

Lundi 30 juin, une assemblée générale réunissant les grévistes de France 3 Alsace et de France Bleu Alsace (Ici) se tiendra place de Bordeaux dès 9h30. Au niveau national, les syndicats SNJ-CGT, Cfdt, FO et SNJ sont mobilisés. C’est le chemin du projet de loi devant l’Assemblée nationale qui déterminera la longueur de la mobilisation.

Du plâtre plein d’amiante de Ritleng a bien failli être recyclé en ciment chez Eqiom

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L’entreprise Ritleng revalorisation recycle le plâtre.

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Contre la fermeture de trois classes à l’école maternelle Fischart, les parents mobilisés

Contre la fermeture de trois classes à l’école maternelle Fischart, les parents mobilisés
Aline Fontaine, une des organisatrices du rassemblement du 26 juin devant l’école Fischart.

Syndicats et parents d’élèves se sont retrouvés jeudi 26 juin, devant l’école maternelle Fischart à la Meinau, pour protester contre la fermeture de trois classes et la suppression de cinq postes d’enseignant à la rentrée.

Jeudi 26 juin, 8 h 30. Malgré une averse, une vingtaine de personnes se sont rassemblées devant l’école Fischart, à la Meinau. Parents d’élèves et représentants syndicaux protestent contre la suppression, à la rentrée 2025, de trois classes et cinq postes d’enseignants. Car conséquemment à cette baisse de moyens, le dispositif de dédoublement des classes bilingues prendra fin.

Depuis 2017, le mécanisme du dédoublement scinde les classes surchargées en deux petits groupes, dans le but d’offrir un suivi plus personnalisé et mieux adapté aux élèves. Le dispositif est prioritairement déployé dans les réseaux d’éducation prioritaire (REP et REP+), dont fait partie l’école Fischart.

Pancartes réalisées par des parents d’élèves pour le rassemblement.Photo : Romain Cunat / Rue89 Strasbourg

De nouvelles difficultés pour les élèves

En juin 2025, l’école compte environ 270 élèves, avec cinq classes de grande section monolingue. Dès septembre, elles ne seront plus que trois : l’effectif passera de moins de 14 à près de 17 élèves par classe, voire davantage. Quant aux classes de grande section bilingue (français-allemand), elles passeront de deux sections « dédoublées » à une seule, multipliant par deux le nombre d’élèves, de 12 à 24.

Elena, mère d’un élève de grande section bilingue, explique :

« En Alsace, on a la chance d’avoir un enseignement bilingue français-allemand et le dédoublement était un vrai plus. Les enfants suivaient chaque jour des cours en allemand en petit comité. Tous les enfants, même ceux dont les parents ne parlent pas allemand pouvaient apprendre la langue dans de bonnes conditions. »

Plusieurs familles craignent que ces mesures ne pénalisent les enfants les plus fragiles : une douzaine sont suivis par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) et éprouvent déjà des difficultés scolaires. Jennifer, mère de deux enfants bilingues et représentante des parents d’élèves, s’inquiète :

« Dans l’école, il y a des enfants qui rencontrent davantage de problèmes d’apprentissage. Avec moins d’enseignants pour plus d’élèves, ils risquent d’être encore plus en difficulté. »

Maxime Salvi (à gauche), co-secrétaire de Sud Éducation Alsace et Dominique Haquette (à droite), co-secrétaire de la CGT Éduc’action, devant l’école Fischart le 26 juin.Photo : Romain Cunat / Rue89 Strasbourg

Une nouvelle tardive

Le directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) a informé l’école en février de modifications à venir au sein des classes de la maternelle. Les décisions définitives pour le dédoublement et les postes ont été communiquées le 6 juin à la direction de l’école. 

Le 10 juin, la nouvelle a été relayée aux parents. Pour Dominique Haquette, co-secrétaire de la CGT Éduc’action, cela a été réfléchi :

« Informer à la fin de l’année, c’est réduire le temps de mobilisation : quelques jours avant les vacances d’été, on a moins de chances de se mobiliser et donc de faire entendre notre mécontentement, alors que les mesures s’appliquent dès la rentrée suivante. »

Même constat du côté de Maxime Salvi, co-secrétaire du syndicat Sud éducation Alsace : « Jusqu’en 2019, ce type de décision était communiqué dès février, pour que chacun ait le temps de se préparer, aujourd’hui, tout arrive au dernier moment. »

Contre la loi Duplomb, deux rassemblements dimanche 29 juin en Alsace

Contre la loi Duplomb, deux rassemblements dimanche 29 juin en Alsace
photo illustration

Dimanche 29 juin, deux manifestations sont organisées à Strasbourg et Colmar contre la loi Duplomb, qui prévoit d’alléger les contraintes environnementales des agriculteurs et sera étudiée par une commission parlementaire dès le lendemain.

Dimanche 29 juin, deux rassemblements sont prévus, dès 9h30 à Strasbourg puis 11h à Colmar, pour s’opposer à la proposition de loi du sénateur (Les Républicains) Laurent Duplomb, étudiée le lendemain par la commission mixte paritaire (sept députés, sept sénateurs).

Déposée en novembre 2024, la proposition de loi répond à des revendications portées par les syndicats agricoles productivistes, la FNSEA et la Coordination rurale, et prétend « lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur ». Mais selon Alsace nature et 36 collectifs, syndicats et associations, ce texte « accélère la disparition de l’agriculture paysanne et écologique, pour satisfaire les intérêts de l’agrobusiness ».

Pour appuyer cette assertion, Alsace nature détaille que la proposition de loi « prévoit la réintroduction de certains pesticides », « facilite la création de méga-bassines et d’élevages industriels », « facilite la destruction des zones humides » et « affaiblit les actions portées par l’Office français de la biodiversité ».

Le syndicat agricole Confédération paysanne Alsace organise la manifestation de Colmar. Il considère que si la proposition de loi était adoptée, elle aurait des effets « très néfastes » sur « la santé publique et la biodiversité ». Aux arguments de l’association Alsace Nature, le syndicat ajoute « la mise sous tutelle de l’Anses », une agence indépendante, chargée d’agréer et de réglementer l’usage des produits phytosanitaires en France.

Strasbourg unitaire se lance pour œuvrer à l’union durable de la gauche

Strasbourg unitaire se lance pour œuvrer à l’union durable de la gauche
Les participants ont échangé sur des thèmes communs, avant de se répartir en groupes de discussions.

Une démarche citoyenne, appelée Strasbourg unitaire, se lance avec comme objectif d’unir les courants de gauche strasbourgeois dans un projet continu de « transformation et d’émancipation ».

La scène se déroule à L’Orée 85, tiers-lieu culturel installé au bord d’une écluse à la Meinau. Une trentaine de personnes se massent au premier étage, invitées à participer à la première réunion publique de « Strasbourg unitaire » en soirée du mercredi 19 juin. Ce mouvement citoyen vise, selon sa charte, à « mobiliser la société civile » pour « qu’un projet émancipateur de gauche advienne ».

Mobilisation pour citoyens non encartés

L’objectif de la poignée de militants à l’origine de Strasbourg unitaire est de construire un « espace de mobilisation permanent » pour les citoyens non encartés, afin de « bâtir une gauche de transformation, unitaire et antifasciste ». Parmi les porteurs, on retrouve par exemple Tom Baumert, ancien militant d’Alternatiba, Kévin du Front d’action gay de Strasbourg ou Théo, qui était engagé dans des collectifs cyclistes.

« La démarche est née au lendemain des vœux citoyens que j’avais organisés le 30 janvier », précise Florian Kobryn, élu d’opposition à la Collectivité d’Alsace. Florian Kobryn a depuis rejoint La France insoumise, ce qui semble en contradiction avec la charte de Strasbourg unitaire. Mais l’élu, qui a sollicité son réseau pour étoffer le public de cette première soirée, relativise son rôle dans le lancement de cette démarche citoyenne :

« Pendant cette soirée, plusieurs personnes ont été heureuses de pouvoir échanger autour de préoccupations communes. Un moment précieux qui les a motivées, elles se sont organisées pour le prolonger de réunions en réunions jusqu’à cet événement public. »

Union des gauche, mais pas trop

Les membres fondateurs ont déploré qu’après les élections législatives anticipées de juin 2024, la mobilisation contre l’extrême droite soit retombée. Ils comptent sur Strasbourg unitaire pour briser « l’apathie générale » et disposer d’un « carrefour des luttes » face à la « noirceur des réseaux sociaux ». L’objectif est d’œuvrer à « l’union de la gauche, au-delà des accords électoraux », de promouvoir des cultures communes et d’explorer « l’intersectionnalité des luttes ».

« C’est normal qu’il y ait des gauches diverses », lance une participante. « Même si c’est compliqué pour certaines échéances électorales ». « L’union de la gauche, moi j’y crois, lui répond une autre, si on retire le Parti socialiste. » Éclat de rire général. Il faudra probablement d’autres réunions.

À la Région Grand Est, la CGT dénonce des agents mal traités, harcelés ou déplacés

À la Région Grand Est, la CGT dénonce des agents mal traités, harcelés ou déplacés
Christophe Müller, élu CGT à la Région Grand Est.

Jeudi 26 juin, le syndicat CGT des agents de la Région Grand Est appelle à manifester devant l’Hôtel de Région à Metz pour dénoncer un mauvais traitement des agents qui alertent sur leurs souffrances au travail. L’élu en charge du dialogue social estime que les revendications du syndicat concernent des situations marginales.

Séance plénière pour les élus, mobilisation pour la CGT de la Région Grand Est. Devant l’Hôtel de Région à Metz, jeudi 26 juin, le syndicat dénonce la maltraitance des agents et agentes, notamment ceux et celles qui suivent le processus de signalement de mal-être au travail proposé par l’institution.

Christophe Müller est élu CGT. Il coordonne depuis janvier 2024 des permanences de défense des fonctionnaires et contractuels au siège de la Région Grand Est, à Strasbourg, les mercredis. « Plus de cent personnes sont venues me voir, se sentent mal à leur poste, subissent du harcèlement et n’osent pas en parler, ou alertent leurs collègues en vain », soupire-t-il :

« Pourtant, il existe une plateforme interne à la Région pour faire ces signalements. Mais nous observons que les délais de traitement sont longs, qu’il y a peu d’effets concrets et que s’il y en a, ceux-ci peuvent prendre la forme d’un non renouvellement pour les contractuels, d’une mobilité interne ou d’une mise à la retraite anticipée. »

Des début enthousiasmants

Philippe, 57 ans, travaille depuis ses 14 ans. En mars 2022, il débute un CDD à la Région en tant que chargé d’opérations immobilières dans la zone de Strasbourg. Ses tâches consistent à entretenir les bâtiments des lycées, à en assurer la sécurité, la maintenance, la rénovation… Son arrivée à la Région l’enchante :

« J’avais des responsabilités, de l’autonomie et nous étions une bonne équipe avec mes collègues. Ils me faisaient confiance, le directeur d’agence était satisfait. Je passais d’un emploi où je faisais des centaines de kilomètres par semaine à un autre qui était beaucoup plus posé. »

Mais huit mois plus tard, Philippe déchante. Un nouveau chef de service est nommé et entre les deux hommes, le courant ne passe pas. « Dès notre première réunion, je ne comprenais pas les informations qu’ils nous donnait », se souvient-il. D’une incompatibilité d’humeur naît une forme de harcèlement, qui mènera Philippe en arrêt maladie longue durée plus d’un an plus tard :

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La préfecture du Bas-Rhin poursuit la surveillance des migrants depuis le ciel

La préfecture du Bas-Rhin poursuit la surveillance des migrants depuis le ciel
Un instructeur de l’Armée avec un drone AgEagle Ebee vision.

Quatre jours après avoir été censurée par le tribunal administratif, la préfecture du Bas-Rhin a publié le 20 juin un arrêté ré-autorisant gendarmes et policiers à utiliser des drones pour contrôler les migrations irrégulières dans le Bas-Rhin.

Le 24 juin de 14h à 22h puis le 26 juin de 8h30 à 14h30, la délégation militaire du Bas-Rhin a le droit d’utiliser trois drones jonchés de caméras, de types Parrot Anafi USA et AgEagle Ebee Vision. Son but : contrôler un tronçon de l’A35 et surveiller les frontières « en vue de lutter contre leur franchissement irrégulier », décrit l’arrêté préfectoral du 20 juin 2025.

Il a été signé et publié quatre jours seulement après que le tribunal administratif de Strasbourg a suspendu un précédent arrêté autorisant les forces de l’ordre à utiliser ces mêmes drones à cette même fin. Mais cette fois, la représentation de l’État a longuement développé ses motivations et délimité la zone géographique et les plages horaires pendant lesquelles les militaires ont le droit de filmer.

Dans sa décision du 16 juin, la juge a reproché à la préfecture son manque de précision et l’autorisation du dispositif de surveillance des frontières dans une zone non-frontalière. Elle a estimé que l’atteinte à la vie privée que représentent ces caméras volantes était trop grande comparée au but recherché par leur utilisation.

Pour les opérations des 24 et 26 juin, les trois aéronefs pourront filmer l’A35 entre l’échangeur avec la A355 et A4, jusqu’à l’échangeur avec la D2 (désormais D502) en incluant l’aire d’autoroute de Pfeffermatt. Le tronçon d’une vingtaine de kilomètres part de Vendenheim et arrive jusqu’à une route conduisant en Allemagne, sous la commune d’Offendorf, au nord de Gambsheim et de Strasbourg.

Filmer les voitures

Pour cet acte administratif, la préfecture a doublé ses justifications d’autorisation aux drones. Elle évoque, pour le contexte bas-rhinois, 172 arrestations d’étrangers primo-arrivants depuis janvier 2025 (une augmentation de 1,5% par rapport à 2024), une augmentation du flux migratoire depuis le durcissement politique allemand en la matière, 19% de demandeurs d’asile arrivés en France après être entrés en Europe par un autre pays, ou encore 52% de garde à vue en plus d’étrangers sans-papiers. Elle poursuit en vantant le grand angle des caméras volantes, permettant aux militaires de repérer efficacement les comportements anormaux des véhicules.

Assurant que le dispositif ne met pas en péril le droit fondamental à la vie privée, la préfecture explique que les caméras ne permettent pas d’identifier les identités des humains ou l’intérieur des voitures. Puis indique que les images permettront l’observation mais ne seront pas enregistrées par les gendarmes.

Au moment d’écrire cet article, ce nouvel arrêté n’avait pas été contesté auprès du tribunal administratif de Strasbourg.

Jeudi 26 juin, mobilisation à l’école Fischart contre la suppression de trois classes

Jeudi 26 juin, mobilisation à l’école Fischart contre la suppression de trois classes
Portail d’entrée de l’école maternelle Jean Fischart, où trois classes fermeront à la rentrée prochaine.

Jeudi 26 juin, les parents d’élèves de l’école Fischart à Strasbourg, soutenus par SUD éducation Alsace, se mobilisent contre la fermeture de classes annoncée par la Direction académique. Ils entendent défendre le dédoublement des classes en REP+, un dispositif aujourd’hui menacé.

Le jeudi 26 juin à 8h30, parents d’élèves et membres du syndicat SUD éducation Alsace appellent au rassemblement devant l’école maternelle Fischart, dans le quartier de la Meinau, pour protester contre une décision qu’ils jugent « inédite » dans le Bas-Rhin : la fermeture de trois classes et la suppression de quatre postes, entraînant la fin du dédoublement des classes de grande section bilingue.

Le dédoublement consiste à scinder une classe nombreuse en deux groupes de tailles réduites, afin de permettre un accompagnement plus individualisé et d’optimiser la gestion des apprentissages. Ce système, lancé en 2017, est notamment mis en place dans les réseaux d’éducation prioritaire (REP/REP+).

La dernière école avec un système de dédoublement

L’école Fischart, située en réseau d’éducation prioritaire renforcé, bénéficiait jusqu’à la fin de l’année scolaire 2024-2025 de deux classes de grande section bilingue allemand-français. Chacune accueillait une douzaine d’enfants issus majoritairement de milieux défavorisés.

Dès septembre, la suppression de postes de professeurs décidée par l’Académie de Strasbourg entraine le passage à une seule classe bilingue, doublant ainsi la jauge à 24 élèves par classe. « Les conditions d’apprentissage seront fortement dégradées », s’alarme Aline Fontaine, parent d’élève.

La fin d’une « chance » pour ses élèves

Selon les parents mobilisés, le Dasen (Directeur académique des services de l’Éducation nationale) aurait justifié la décision de mettre fin au dédoublement des classes en arguant que les élèves bilingues sont « meilleurs » que les autres. Dans le cas de l’école maternelle Fischart, l’argument n’est pas pertinent, comme l’explique Aline Fontaine :

« En grande section bilingue, six élèves sont suivis par le Rased (le Réseau d’enseignement spécialisé), or, il n’y en a aucun en monolingue. A nos yeux, le dédoublement était une chance pour permettre aux élèves, même en difficulté, d’apprendre l’allemand. »

Après une interdiction temporaire d’exercer, un chirurgien promu chevalier de l’ordre du mérite

Après une interdiction temporaire d’exercer, un chirurgien promu chevalier de l’ordre du mérite
Une suspension temporaire plus tard, le chirurgien strasbourgeois est promu Chevalier de l’Ordre national du mérite.

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Agression au couteau à lllkirch-Graffenstaden : plus de pronostic vital engagé pour la victime

Agression au couteau à lllkirch-Graffenstaden : plus de pronostic vital engagé pour la victime
Clarisse Taron, procureure de la République de Strasbourg lors de la conférence tenu le 24 juin, revenant sur l’agression au couteau de la veille.

Lundi 23 juin à Illkirch-Graffenstaden, quatre individus ont agressé deux adolescents au couteau. La procureure précise que le jeune blessé à la gorge est hors de danger. L’enquête doit éclaircir le mobile jugé « futile ».

Deux jeunes hommes de 16 et 17 ans ont été agressés au couteau à Illkirch-Graffenstaden dans la soirée du lundi 23 juin. Les auteurs, deux hommes et deux femmes, ont ensuite pris la fuite. La scène s’est déroulée aux alentours de 18h40 dans les environs d’un parc près de l’école maternelle de l’Orme. Une habitante, témoin de la scène, a prévenu la police.

Le pronostic vital d’une des deux victimes a d’abord été engagé. Au cours d’une conférence de presse dans la soirée du mardi 24 juin, la procureure de la République de Strasbourg, Clarisse Taron, a précisé les circonstances de cette tentative d’homicide.

Pronostic vital levé et fuite des agresseurs

Gravement blessée, l’une des victimes présentait une profonde plaie à la gorge. La procureure a annoncé que le pronostic vital du jeune homme n’était plus engagé au lendemain de son agression. Les deux victimes présentent des blessures au niveau du dos.

Selon les premiers éléments de l’enquête, l’altercation s’est déroulée sur le chemin entre l’école maternelle de l’Orme et le 16, rue des Roseaux, adresse où ont été pris en charge les jeunes hommes. D’après la procureure, lorsque les pompiers sont arrivés sur les lieux de l’agression, les quatre auteurs présumés avaient déjà pris la fuite, ne laissant derrière eux que les deux jeunes blessés.

Un motif « futile »

Nés respectivement en Guinée et en Seine-Saint-Denis, les deux victimes ne sont pas connus des services de police. Aucun lien n’a, pour l’heure, été établi entre les victimes et leurs agresseurs. La nature exacte des faits qui ont conduit à ces violences reste inconnue. La procureure évoque qu’un motif « futile » serait à l’origine de cette agression, qui pourrait être comparé à un « petit vol. »

Le tribunal administratif interdit le « congé de santé gynécologique » de l’Eurométropole de Strasbourg

Le tribunal administratif interdit le « congé de santé gynécologique » de l’Eurométropole de Strasbourg
Entrée du tribunal administratif de Strasbourg, dans le quartier des Contades, à Strasbourg.

Mardi 24 juin, le tribunal administratif de Strasbourg a annulé les délibérations de l’Eurométropole de Strasbourg permettant à ses agentes de bénéficier d’un « congé de santé gynécologique ». Jeanne Barseghian, maire de Strasbourg et présidente-déléguée de l’Eurométropole, annonce qu’elle fera appel de cette décision.

La Ville et l’Eurométropole de Strasbourg (EMS) avaient décidé d’instaurer un « dispositif d’amélioration de la prise en charge de la santé gynécologique » par une délibération des 22 et 31 mai 2024. Plus d’un an plus tard, le tribunal administratif de Strasbourg a jugé, ce mardi 24 juin, qu’une nouvelle Autorisation Spéciale d’Absence (ASA) ne relève pas de la compétence des collectivités. Il suit ainsi les conclusions du rapporteur public.

L’absence de cadre légal

Dénoncées par la préfète du Bas-Rhin Josiane Chevalier juste avant son départ à la retraite en octobre 2024, les délibérations de l’EMS et de la Ville ont créé un nouveau type de congés « permettant aux agentes, en cas de menstruations incapacitantes et sur justification médicale, de bénéficier d’autorisations spéciales d’absence dans la limite de treize jours par an ». L’expérimentation devait durer deux ans. La préfecture du Bas-Rhin estimait qu’elle n’avait pas de base légale.

Près de trois semaines après l’audience qui s’est déroulée le 3 juin, la 6e chambre du tribunal administratif a décidé que les collectivités territoriales n’ont pas la compétence pour mettre en place un tel dispositif, qui relève « du statut général des fonctionnaires » et donc du code général de la fonction publique. Selon la juge, c’est à la loi ou au règlement de prévoir les congés menstruels.

Des décisions similaires ont été prises par les tribunaux administratifs de Toulouse et Grenoble, en novembre 2024 et en février 2025. Dans les deux cas, les juges ont considéré que les délibérations étaient entachées d’incompétence et que les collectivités devaient attendre qu’un cadre légal soit mis en place par le Parlement pour créer ces congés menstruels. Dans la Ville et la Métropole de Lyon, une expérimentation similaire est en place depuis octobre 2023 et la préfecture du Rhône a demandé en février 2025 aux collectivités de l’interrompre.

118 certificats en neuf mois

La maire de Strasbourg Jeanne Barseghian (Les Écologistes), s’avoue « déçue » par cette décision :

« Je prends acte de cette décision. C’est une déception, pas seulement pour nous, élues, qui portons ce dispositif, mais pour toutes les femmes concernées au premier chef. C’est un signal négatif pour la santé des femmes au travail et l’égalité. Nous allons faire appel de cette décision. »

Entre le 1er septembre 2024 et le 31 mai 2025, 118 certificats médicaux ont été délivrés à des agentes (dont 36 pour des symptômes liés à la ménopause). Au total, 68 personnes ont pu bénéficier de ces autorisations spéciales d’absence. « En un peu moins d’un an, 260,5 journées ont été accordées sur nos 8 000 agents qui comptent 52% de femmes », précise la maire de Strasbourg. À celui de congé menstruel, elle préfère le terme « congé de santé gynécologique, qui prend aussi en compte l’endométriose et la ménopause ».

Aux agentes qui ont pu bénéficier du dispositif, Jeanne Barseghian se veut rassurante :

« On ne va rien lâcher et se mobiliser pour une proposition de loi avec les élus et les autres collectivités. Je veux dire aux femmes que leur voix sont entendues sur les symptômes incapacitants au travail. »

« Immobilisme chronique »

Député de la première circonscription du Bas-Rhin, Sandra Regol (Les Écologistes) a également exprimé sa déception face à une décision « attendue », résultat « d’un immobilisme chronique et d’un manque d’engagement du gouvernement sur le sujet de l’égalité ». Comme d’autres élus et élues de gauche à l’Assemblée nationale, la députée écologiste a interpellé des ministres pour permettre de préserver le congé menstruel instauré à Strasbourg ou à Lyon.

Mercredi 2 avril, Sandra Regol a ainsi reçu une réponse de la ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles Catherine Vautrin. Cette dernière avait assuré de son « intérêt particulier » et d’un engagement partagé sur le sujet. De son côté, Laurent Marcangeli, ministre de l’Action publique, de la fonction publique et de la simplification avait répondu :

« Je souhaite vous informer qu’en raison de la demande grandissante des collectivités territoriales et des administrations, la direction générale de l’Administration et de la Fonction publique étudie actuellement des solutions juridiques pérennes afin de prendre de compte ces situations et ainsi répondre au mieux à la situation des femmes souffrant, notamment, d’endométriose. » 

La possibilité d’une « grande loi égalité »

Près de trois mois plus tard, les réponses ministérielles sont restées sans lendemain. Les relances des députés mobilisées sur le congé menstruel n’obtiennent plus de réponse. Sandra Regol esquisse, sans grande conviction, la possibilité d’une « grande loi égalité » portée par la ministre Aurore Bergé. Questionnée sur la possibilité qu’un tel texte soit inscrit à l’agenda de l’Assemblée nationale, la députée du Bas-Rhin désespère :

« Je ne sais pas si on y arrivera… La question, c’est qui pèse le plus lourd aujourd’hui dans le gouvernement, Bruno Retailleau ou Aurore Berger ? La réponse est claire : l’égalité femme homme n’est pas du tout à l’agenda du gouvernement. »

Thierry Sother, député socialiste de la troisième circonscription du Bas-Rhin, indique avoir cosigné la proposition de loi du député socialiste d’Ille-et-Vilaine Mickaël Bouloux « visant à créer un arrêt de travail indemnisé et un aménagement en télétravail pour menstruations incapacitantes » et déposée le 1er avril 2025.

Palestine, opéra, gare… Les points saillants du conseil municipal du lundi 23 juin

Palestine, opéra, gare… Les points saillants du conseil municipal du lundi 23 juin
Jeanne Barseghian a dû rappeler sa position sur le proche orient à de nombreuses reprises.

Le conseil municipal de Strasbourg a adopté une série de délibérations lundi 22 juin dont le jumelage avec le camp de réfugiés palestiniens d’Aïda, la transformation de l’opéra, un schéma pour lancer l’ouverture de la gare ferroviaire vers le nord… Voici un compte-rendu des points retenus les plus importants.

Le conseil municipal de Strasbourg du lundi 23 juin avait 77 points à l’ordre du jour, dont une partie avait été héritée de celui du 19 mai, raccourci en raison d’une manifestation de forains.

La première séquence, composée de huit points, en faisait partie, il s’agissait de débattre des rapports de la Chambre régionale des comptes (CRC) sur les finances de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg entre 2019 et 2024 et d’adopter le compte administratif 2024. Les conseillers ont donc une nouvelle fois débattu du recours à la dette, 377 millions d’euros en 2024 : un « bouclier social » selon les écologistes, une charge insupportable selon la droite et le centre. La CRC a alerté sur l’allongement de la durée de désendettement de la Ville mais l’agence Fitch a maintenu le 20 juin la note de la collectivité à AA-.

Strasbourg jumelée avec le camp d’Aïda en Palestine

Après un débat très houleux, le conseil municipal de Strasbourg a voté en faveur du jumelage avec le camp de réfugiés palestiniens d’Aïda, près de Bethléem avec 48 voix pour (écologistes et communistes), 10 contre (la droite et le centre) et 5 abstentions (socialistes). Une subvention à Gaza de 20 000€ et le renforcement de la coopération avec la ville de Bethléem ont été votés à l’unanimité.

Les élus de l’opposition de droite, mais aussi socialiste, ont de nouveau accusé la maire de Strasbourg d’avoir voulu nier le droit à l’existence de l’État d’Israël en ayant porté le keffieh et accepté une carte de la Palestine historique. Syamak Agha Babaei a répondu à ces élus que ces accusations ne visaient qu’à « invisibiliser un vêtement traditionnel et réécrire l’histoire de cette région ». Jeanne Barseghian a dû rappeler qu’elle était en faveur de la solution à deux États pour la paix au Proche Orient et en a profité pour préciser pourquoi Strasbourg a choisi un camp de réfugiés plutôt que Bethléem pour un jumelage en Palestine :

« Le ministère des Affaires étrangères recommande pour la Palestine de nouer des relations avec des camps de réfugiés. La ville de Bethléem dispose déjà de plus de 500 jumelages de par le monde. Par ailleurs, le jumelage avec Ramat Gan continue, il est gelé pour des raisons liées à l’état de guerre en Israël. »

Solidarité avec Ramat Gan

En fin de conseil, il a de nouveau été question de Ramat Gan avec le vote, sur le fil par 12 voix contre 11 et 4 abstentions, d’une résolution de soutien présentée par Jean-Philippe Vetter. Ce texte demande notamment que la Ville de Strasbourg « adresse à tous les habitants de Ramat Gan un message d’amitié et de solidarité face aux bombardements meurtriers subis » et « réaffirme sa volonté de rétablir un jumelage actif ». L’adoption a été rendue possible par l’abstention de la maire, Jeanne Barseghian, excédée après qu’elle ait constaté que ses opposants lui faisait porter la responsabilité du gel du jumelage.

Une information qui a même traversé l’Atlantique puisque la ville de Boston s’apprête à débattre le 25 juin d’une suspension de son jumelage avec Strasbourg, en rétorsion à ce qu’un conseiller appelle un « gel » du partenariat avec Ramat Gan.

Des prairies en ville

Le conseil municipal s’est ensuite penché sur les « prairies en ville », des zones d’herbe laissées hautes afin de favoriser la biodiversité, en servant de caches pour les insectes et les petits mammifères (voir notre article présentant cette délibération en détail). Le point a été adopté à une large majorité de 52 voix.

Un « permis de louer » au quartier Gare

Les conseillers ont adopté à une très large majorité (seuls Jean-Philippe Vetter et Gabrielle Rosner-Bloch, droite ont voté contre) l’instauration d’un « permis de louer » dans le quartier Gare de Strasbourg (voir notre article détaillé). La délibération précise que 1400 permis sont attendus et que trois agents seront embauchés pour étudier les demandes. Nicolas Matt (Ren), qui est aussi conseiller départemental, a rappelé qu’il aurait fallu inclure les logements des bailleurs sociaux Ophéa et Habitation moderne dans le périmètre. Mais il n’a pas mentionné les immeubles d’Alsace Habitat, bailleur social de la Collectivité d’Alsace… Céline Geissmann (soc) a de son côté déploré que Strasbourg soit la 631e commune à mettre en place ce dispositif, et encore sur un petit périmètre, un seul quartier et seulement pour les logements construits avant 2006. La municipalité a conclu en invitant propriétaires et locataires à se rendre sur le site, tout neuf, de la Maison de l’habitat.

Stationnement payant en régie

Streeteo à Strasbourg, c’est (bientôt) fini! Le conseil municipal a adopté à l’unanimité le transfert du contrat de concession de la redevance du stationnement en voirie en novembre à une société publique locale dédiée. Tous les conseillers espèrent une réduction du contentieux et plus de souplesse, même s’ils ne partagent pas tous et toutes les choix politiques et tarifaires de la municipalité. Douze millions d’euros sont attendus, à partir de 20000 places publiques.

Une feuille de route pour la gare à 360 degrés

Cette délibération acte les transferts de propriété progressifs entre la SNCF, la Région et la Ville de Strasbourg jusqu’aux années 2050. Elle précise l’aménagement concerté de toute la zone autour de la gare, et notamment la zone au nord qui doit être progressivement réaménagée pour permettre d’ouvrir la gare vers un nouveau quartier, dédié aux activités culturelles, notamment nocturnes, et à l’économie solidaire. La délibération a été adoptée avec 44 voix pour, 9 élus de droite, du centre et socialistes ont voté contre.

Point final pour la rue Mélanie?

Les conseillers municipaux ont évoqué la rallonge de 150000 euros nécessaires pour terminer le réaménagement de la fin de la rue Mélanie, cette voie de la Robertsau qui mène au château de Pourtalès. Les élus de droite, du centre et socialistes, ont une nouvelle fois brocardé la municipalité pour avoir dépensé « un million d’euros pour 300 mètres », faire la guerre aux voitures et le tout, sans avoir emporté l’adhésion des riverains. Ces derniers sont particulièrement remontés après qu’un premier aménagement, avec des écluses, provoquait des bouchons aux moments de forte affluence. La municipalité a supprimé les écluses et les arbres pour repasser à deux voies, supprimant au passage les quelques places de stationnement. Nouvelle bronca des riverains mais la municipalité a fait valoir que la continuité cyclable devait permettre d’aller jusqu’au château et que les croisements au carrefour giratoire étaient très dangereux.

130 millions pour un bel opéra en 2033

Les conseillers municipaux ont adopté les choix de la municipalité pour l’opéra du Rhin (voir notre article dédié). Jeanne Barseghian a tranché pour rénover le bâtiment historique de fond en combles et déménager les spectacles au Palais des fêtes le temps des travaux. La facture devrait s’élever à plus de 130 millions d’euros. Jean-Philippe Vetter (Les Rép) a regretté la destruction de la salle à l’italienne, « cette salle magnifique dans laquelle je me rendais pour 5,5€ en étant étudiant. J’y vivais un moment extraordinaire même si je ne voyais rien, » a-t-il dit en sollicitant ses souvenirs. Anne Mistler, adjointe à la maire en charge de la culture, lui a répondu que d’autres étudiants avaient probablement été traumatisés par la même expérience. Pierre Jakubowicz (Horizon) s’est presque désolé d’avoir épousé les choix opérés par la municipalité tout au long des séances de travail. Une augmentation du prix des places est à craindre à la réouverture mais, assure Jeanne Barseghian, « il restera des places à des tarifs accessibles ».

Parmi les textes additionnels, une motion de soutien à Urgence Palestine et la Jeune Garde antifasciste, mouvements dissous par le ministre de l’Intérieur, présentée par la conseillère indépendante Soraya Ouldji, a été adoptée. Le texte soutenant la mobilisation citoyenne en Europe visant à interdire les thérapies de conversion, présenté par Pierre Jakubowicz et Rebecca Breitman, a également été adopté, ainsi que le soutien à la panthéonisation d’Adélaïde Hautval, médecin et résistante alsacienne. Le groupe des élus écologistes a présenté un texte pour réaffirmer l’engagement de Strasbourg « contre l’islamophobie, le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie », qui a également été adopté.

En Alsace, le data center de Microsoft risque de consommer autant que 350 000 foyers

En Alsace, le data center de Microsoft risque de consommer autant que 350 000 foyers
Un data center de Microsoft aux États-Unis.

Les élus locaux sont très enthousiastes pour accueillir un data center géant de Microsoft dans le sud de l’Alsace. Conçu pour accompagner le développement de l’intelligence artificielle, il consommerait autant d’électricité que des centaines de milliers de logements.

Au printemps 2023, l’Alsacien Olivier Becht, alors ministre du Commerce extérieur et de l’Attractivité, convoquait des élus et des acteurs de l’économie alsacienne à Mulhouse. Il leur révélait alors l’intention de Microsoft d’installer un data center géant dans la région. « On a ensuite échangé avec des intercommunalités pendant plusieurs mois, pour trouver un terrain avec une surface suffisante, bien desservi et permettant un bon raccordement électrique », relate Vincent Froehlicher, directeur de l’Agence de développement d’Alsace (Adira).

Un projet à deux milliards d’euros

En mai 2024, à l’occasion du sommet Choose France initié par le président Emmanuel Macron, Microsoft a officialisé son annonce. La multinationale va investir plus de deux milliards d’euros pour construire le plus grand data center du pays à Petit-Landau, commune rurale de l’agglomération de Mulhouse. L’Élysée savoure ce projet qui symbolise l’attractivité de la France dans le secteur de la tech.

Dans le village de 800 habitants à quelques kilomètres à l’Est de Mulhouse, la maire Carole Talleux se félicite aussi : « D’un point de vue économique, il s’agit évidemment d’un évènement historique pour la vie de notre commune. Ce projet stratégique s’inscrit pleinement dans notre volonté de développement, avec notamment la création de [150 à 200] emplois. »

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Le président d’Alsace Habitat utilisait l’argent d’un bailleur social pour son association

Le président d’Alsace Habitat utilisait l’argent d’un bailleur social pour son association
Étienne Wolf à Kotoka en 1999.

Le bailleur social Sibar a donné plus de 30 000 euros à l’association Brumath-Kotoka, cofondée par Étienne Wolf. Cet ancien président de la Sibar, désormais d’Alsace Habitat, nie le conflit d’intérêt et argue d’une absence d’enrichissement personnel.

Robin des bois vole aux riches pour donner aux pauvres. Étienne Wolf prend aux pauvres pour donner à des plus pauvres encore. Maire (Divers Droite) de Brumath, Étienne Wolf a d’abord été administrateur du bailleur social Sibar dès les années 90. En 2015, il a pris la présidence de cette société d’économie mixte financée par le conseil départemental du Bas-Rhin (désormais Collectivité européenne d’Alsace). Selon nos informations, l’organisme dédié au logement des personnes précaires en Alsace a versé, en 2013 et 2014, la somme de 30 000 euros à Brumath-Kotoka. Or, cette association dédiée à l’aide au développement d’un village situé au Sud Est de la Côte d’Ivoire a été fondée par… Étienne Wolf.

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27/06/2025 date de fin
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Budget, jumelage avec la Palestine, stationnement et opéra au conseil municipal

Budget, jumelage avec la Palestine, stationnement et opéra au conseil municipal
Le conseil municipal est à suivre en direct.

Le conseil municipal de Strasbourg de lundi 23 juin 2025 prévoit d’aborder les alertes sur l’endettement de la commune et les dépenses à prévoir pour rénover et déménager l’opéra. La délibération sur un jumelage avec un camp de déplacés palestiniens est également à l’ordre du jour.

L’ordre du jour du conseil municipal de Strasbourg de juin reprend une bonne part des délibérations qui étaient prévues pour celui de mai, mais qui avait dû être écourté en raison du blocage du centre administratif par des forains en colère.

Equilibre budgétaire et Palestine

La première partie du conseil municipal aura un parfum très budgétaire puisque les conseillers doivent évoquer les travaux de la Chambre régionale des comptes sur les équilibres financiers de la Ville de Strasbourg et de l’Eurométropole entre 2019 et 2024 (point 1). Le sujet a déjà fait l’objet de quelques expressions mais il devrait être abondamment repris par l’opposition, étant donné que les magistrats financiers évoquent un « délai de désendettement se rapprochant du seuil d’alerte de 12 années dès 2025 » et une « capacité d’autofinancement nette [qui] pourrait être quasiment nulle dès 2027 » (voir notre article dédié).

Après ce grand moment de concorde municipale, les conseillers municipaux seront chauds pour se lancer dans un autre débat consensuel : le jumelage de Strasbourg avec le camp de réfugiés d’Aïda près de Bethléem en Palestine (point 14). Depuis cette annonce, les polémiques n’ont pas manqué d’agiter le débat public strasbourgeois. Bien que la délibération ait pris soin de mentionner les « massacres du Hamas », les « otages toujours détenus » et un « attachement à la création d’un État de la Palestine aux côtés de l’État d’Israël », il est à craindre qu’une répétition des postures n’enflamme à nouveau le débat, sans bénéfice pour quiconque.

« Prairies en ville » et stationnement

L’autre grand moment du conseil sera la délibération sur la création de « prairies en ville » (point 21, repêché de l’ordre du jour du conseil municipal précédent). Les conseillers devraient également aborder l’expérimentation d’un « permis de louer » dans le quartier Gare de Strasbourg, un dispositif pour lutter contre l’habitat indigne (voir notre article dédié, point 22).

Peu après, les conseillers municipaux seront invités à approuver le transfert de la concession relative au stationnement sur voirie de Streeteo, qui date de 2017, à une société publique locale dont la Ville et l’Eurométropole sont actionnaires à partir du 30 novembre. Cette délibération (point 23) prévoit une recette annuelle de 12 millions d’euros au bénéfice de la Ville de Strasbourg collectés à partir des redevances sur les quelques 20 000 places en voirie, hors forfaits post-stationnements (FPS). Ce partage devrait laisser 4,8 millions d’euros à la future SPL chaque année pour payer les salaires des agents contrôleurs, qui seront repris de Streeteo, et réaliser les investissements nécessaires.

Rénovation de l’opéra

Côté Culture, le conseil municipal aura aussi l’occasion de se pencher sur le projet de restructuration et de rénovation du bâtiment abritant l’opéra de Strasbourg, place Broglie (point 46, voir notre article dédié). Les conseillers devront se prononcer sur un programme de 120 millions d’euros (M€) permettant d’adapter le Palais des fêtes, y déplacer les spectacles de l’opéra de 2028 à 2033, et de complètement transformer le bâtiment de la place Broglie.

En fin de conseil, le groupe Centristes et Progressistes (Horizon, Modem…) a déposé deux motions : la première demandant à la Ville de Strasbourg de soutenir une initiative visant à bannir dans l’Union européenne les thérapies de conversion, la seconde pour soutenir l’intégration au Panthéon d’Adélaïde Hautval, médecin et résistante alsacienne. Conseiller municipal d’opposition (Horizon), Pierre Jakubowicz reviendra sur les aménagements successifs de la rue Mélanie, 300 mètres à la Robertsau où la municipalité s’est heurtée à l’hostilité des riverains après avoir ajouté une voie cyclable.