Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Démocratie et numérique : « Toute consultation doit s’accompagner d’une campagne de terrain »

Démocratie et numérique : « Toute consultation doit s’accompagner d’une campagne de terrain »

Alors que le Grand débat national s’installe peu à peu à Strasbourg et dans le pays, plusieurs questions se posent sur sa transparence, sur la manière dont ont été posées les questions, sur ses conséquences et même sur la récolte et l’analyse des contributions. Et c’est normal. « Le numérique peut-il sauver la démocratie » est le thème de notre table-ronde jeudi 24 janvier, avec Aurore Bimont, membre de Démocratie Ouverte et Philippe Breton, professeur de l’Université de Strasbourg.

À peine lancé, le Grand débat national concentre nombre de critiques. Et une fois n’est pas coutume, laissons à Pamela Anderson le soin de préciser la principale :

Il se trouve que l’actrice à l’éternel maillot rouge tape dans le mille. Les spécialistes de la communication politique et des plateformes de consultations citoyennes (les « civic tech ») ne disent pas autre chose. Aurore Bimont, cofondatrice de Système D, l’incubateur du collectif « Démocratie Ouverte, » en fait partie et elle est l’invitée du Shadok et de Rue89 Strasbourg jeudi 24 janvier, pour une table-ronde avec Philippe Breton, professeur et politologue à l’Université de Strasbourg sur « Le numérique peut-il sauver la démocratie ? »

Rue89 Strasbourg : quels sont les risques que prend le gouvernement avec l’organisation d’un « Grand débat national » ?

Aurore Bimont : Il y a plusieurs sources d’inquiétudes. D’abord il est illusoire de vouloir organiser un « grand débat » en deux mois… Construire un échange de cette nature, ça prend du temps, beaucoup de temps parce qu’on ne mesure pas le succès d’une opération comme celle-ci au nombre de contributions mais à leur qualité. Or pour obtenir une bonne diversité parmi les participants, il faut aller les chercher là où ils sont, ce qui est chronophage. On ne peut pas se contenter d’un formulaire en ligne ! Il faut prendre en compte les avis de tous ceux qui n’utilisent pas Internet, soit par choix, soit par impossibilité de le faire. En outre, il faut expliquer les enjeux et les questions posées, personne ne peut lire des pages de texte… Donc toute consultation doit s’accompagner d’une campagne de terrain.

Est-ce que les outils numériques peuvent aider pour permettre la tenue d’un débat à l’échelle nationale ?

Démocratie Ouverte, qui est un collectif d’une centaine d’acteurs des « civic tech » en France avec comme valeurs la transparence, la participation et la collaboration des citoyens, a fait quelques propositions auprès de la Commission nationale du débat public (CNDP) en décembre. Nous avons notamment mis en exergue qu’il fallait inclure de nombreux acteurs puisque certains sont spécialistes pour aller recueillir la parole, d’autres ont des outils pour organiser des « assemblées citoyennes », etc. De nombreuses solutions existent pour permettre à des publics différents de se retrouver, de s’organiser et d’échanger.

(Photo Mathew / FlickR / cc)
(Photo Mathew / FlickR / cc)

En décembre, nous avons alerté sur le risque de ne pas laisser de place pour l’expérimentation et de tout confier à un opérateur unique. Nous avions également réclamé que le Grand débat soit mené de manière transparente et indépendante. (Le gouvernement a choisi un seul opérateur pour l’ensemble du processus, NDLR.)

Quels sont les fondamentaux à avoir en tête pour une consultation réussie ?

Une bonne consultation commence par expliquer comment elle fonctionne et quel est son but. Est-ce qu’il s’agit d’un simple brassage d’idées ou est-ce qu’une population est appelée à prendre une décision collective ? S’il y a un processus de décision, il doit être expliqué très clairement et les participants doivent avoir les moyens et le temps de faire leur choix. Et évidemment, si on a appelé à prendre une décision, il faut s’y tenir.

« Si on fait une promesse, il faut s’y tenir »

Ça a l’air évident mais nombre de consultations ont été organisées sans vraiment avoir l’intention de tenir compte de l’avis des participants… Il faut vraiment s’engager là-dessus, y compris par exemple quand les demandes exprimées gênent ou dérange des habitudes prises par les administrations.

En outre, il faut que l’ensemble du processus soit transparent, auditable, et que les données soient également accessibles, sous peine de créer une suspicion. C’est pour ça que nous militons pour que les « civic tech » ne soient pas considérées comme n’importe quel business… On ne peut pas vraiment faire de l’argent avec l’application de la démocratie. Mais là encore, le gouvernement actuel se repose sur la loi du marché.

Est-ce qu’on peut trouver une issue au mouvement des Gilets jaunes avec ces outils ?

Ce sera difficile mais je note que pour la première fois depuis des décennies, un mouvement spontané comme les Gilets jaunes accouche d’une revendication politique avec le Référendum d’initiative citoyenne (RIC). Au début, le mouvement s’est lancé sur la question des taxes puis en décembre, le thème du RIC s’est imposé assez largement auprès de nombreux collectifs locaux des Gilets jaunes. Pour moi, c’est tout de même un signe important à prendre en compte. Les gens veulent être écoutés plus fréquemment et prendre une part plus importante dans les décisions publiques.

#Aurore Bimont

L’État renonce à extraire les déchets dangereux de Stocamine

L’État renonce à extraire les déchets dangereux de Stocamine

L’État choisit de ne pas prendre le risque de remonter les déchets dangereux de Stocamine, enfouis au fond des anciennes mines de potasse à Wittelsheim. Le gouvernement met en avant des questions de sécurité et… de coût. Les élus alsaciens dénoncent une décision précipitée, prise sans concertation.

L’État a indiqué avoir choisi de ne pas retirer les déchets dangereux enfouis au fond des anciennes mines de potasse à Wittelsheim, près de Mulhouse. Ces mines avaient été reconverties en centre d’enfouissement des déchets ultimes en 1999, Stocamine. Mais le centre a été fermé en urgence en 2002 à la suite d’un incendie. Depuis, la question de l’avenir de ces 40 000 tonnes de déchets stockés à 600 mètres sous terre, dont certains éléments se retrouvent dans la nappe phréatique d’Alsace, est régulièrement posée.

Selon l’État, une expertise indépendante et internationale conclut que le déstockage n’est possible qu’avec l’aide « des techniques les plus pointues au niveau mondial, complètement différentes de celles utilisées jusqu’alors par l’exploitant MDPA, » que la réalisation du confinement prévu, peut être menée en partie en parallèle d’un déstockage, que les déchets non solubles (amiante…) n’ont pas d’impact sur la nappe et que l’impact des déchets solubles, en cas de défaillance du confinement, apparaîtrait dans 600 à 1 000 ans avec un effet qui resterait alors très limité. »

Pour François de Rugy, ministre de l’Environnement, retirer ces déchets serait donc trop cher, trop compliqué, risqué et guère utile :

« Au regard des éléments ci-dessus, la poursuite du déstockage présenterait donc des risques qui apparaissent plus graves que la poursuite du confinement déjà prévu, sans être assurée d’être menée à bien. Ainsi, compte tenu des enjeux, de la balance des risques, et de l’investissement technique important nécessaire à un déstockage supplémentaire dans de bonnes conditions, l’Etat a choisi de poursuivre le chantier de confinement des déchets restants, en s’entourant de toutes les garanties en termes de protection de la nappe phréatique. »

Bigbag de déchets dans une galerie de stockage à 500 mètres sous terre. (Photo Pascal Bastien / Divergence)
Bigbag de déchets dans une galerie de stockage à 500 mètres sous terre. (Photo Pascal Bastien / Divergence)

Selon le préfet du Haut-Rhin, l’état actuel du confinement permet « de garantir un niveau élevé de protection de l’environnement et de la ressource en eau avec un déstockage déjà réalisé de près de 95% du mercure parmi les déchets enfouis, la réalisation d’un confinement des déchets restant au fond, selon les meilleures techniques internationales et la mise en place de mesures supplémentaires (galerie de contournement, zone drainante…).

« Une décision incompréhensible »

Cette décision indigne les élus alsaciens, qui ont tous oeuvré depuis des années pour certains en faveur d’un déstockage. Jean Rottner, président (LR) de la Région Grand-Est et ancien maire de Mulhouse, juge « incompréhensible cette décision » dans un communiqué publié immédiatement après l’annonce :

« Seize ans après l’arrêt du stockage des déchets dangereux dans le sous-sol haut-rhinois, et après de nombreuses études, d’une enquête publique, de recours juridiques, notamment de la Région Grand Est, mais aussi d’une inquiétude réelle des habitants, des associations et des élus locaux, une décision définitive dans ce dossier sensible était très attendue. Aussi, la décision du Ministre de la Transition Ecologique et solidaire intervenue durant ce week-end, est non seulement très surprenante mais surtout incompréhensible et inacceptable. Elle va à l’encontre de toute logique environnementale. Elle va à l’encontre des attentes des populations et des acteurs locaux. Elle va à l’encontre de l’avenir de la nappe phréatique alsacienne. Elle va à l’encontre de l’indépendance de la justice qui ne s’est pas encore prononcée sur le recours de la Région Grand Est. »

Un rapport parlementaire préconisait l’évacuation de ces déchets dangereux, notamment pour des questions environnementales. L’un des coauteurs du rapport, Bruno Fuchs, député (LREM) du Haut-Rhin a condamné « sans réserve » cette décision :

Deuxième auteur du rapport et également député du Haut-Rhin, Raphaël Schellenberger (LR), s’est aussi indigné :

Seul Vincent Thiébaut, député (LREM) du Bas-Rhin et président de la commission d’enquête, se félicite de cette décision et approuve la décision du gouvernement dans un communiqué :

« Il apparaît néanmoins que le scénario du déstockage total présenterait des risques plus importants et plus graves qu’une poursuite du confinement. Il présente notamment des risques forts pour les travailleurs au fond, et des risques importants pour l’environnement immédiat du site. »

Une enquête de Rue89 Strasbourg indiquait pourtant que les conditions de sécurité pour les travailleurs au fond de Stocamine pouvaient être garanties, et qu’un déstockage sûr était avant tout une question de moyens.

#Bruno Fuchs#Raphaël Schellenberger

Tha Trickaz, Josman et La Dame Blanche au menu du Pelpass Festival 2019

Tha Trickaz, Josman et La Dame Blanche au menu du Pelpass Festival 2019

Le Pelpass festival est programmé du 16 au 18 mai. À cette époque, il fera beau et chaud et les oreilles qui seront du côté du jardin des Deux-Rives pourront écouter l’électro de Tha Trickaz, le rappeur Josman et les chansons d’inspiration cubaine de La Dame Blanche. Revue de détail.

L’association Pelpass a fixé les trois têtes d’affiche du prochain Pelpass Festival, le grand rendez-vous musical de l’été à Strasbourg. Prévu du jeudi 16 au samedi 18 mai, toujours dans l’écrin du jardin des Deux-Rives à Strasbourg, le festival fait venir cette année Tha Trickaz (électro), Josman (hip hop) et La Dame Blanche (chanson cubaine)

Si ces noms ne vous disent rien, c’est plutôt normal comme l’explique Jérémie Fallecker, directeur artistique du Pelpass festival :

« Cette année il va y avoir beaucoup d’artistes émergents sur la programmation : des découvertes et des surprises. On n’a pas pu courir après « la » tête d’affiche parce qu’en ce moment dans l’industrie de la musique tout est extrêmement cher. Installer de coûteuses têtes d’affiches les trois soirs aurait fait peser un risque financier trop grand sur le festival. »

Jeudi 16 mai avec Tha Trickaz

Un duo électro-hip hop, composé de Dj iRaise et de Pho. Tout en puissance, leurs sets alternent sonorités japonaises, samples hip-hop et grosses basses venues de l’electro. En live ils semblent tout-terrain : on les retrouve en club, dans des festivals en plein air ou en parallèle de représentation de skate ou de snowboard. Ils sont connus pour sauter dans la fosse à chaque occasion.

Jérémie Fallecker est très content de les faire revenir à Strasbourg :

« Ils sont déjà venus en 2012, ils avait mis le feu au Molodoï et là, ils reviennent à trois ou quatre sur scène avec de nouveaux projets. »

Vendredi 17 mai avec Josman

À contre-sens des rappeurs spécialisés dans l’égo-trip, Josman chante son goût pour l’argent mais aussi son manque. Son domaine c’est le rap artisanal sur instrumentales planantes. J.O.$ est son dernière album après quatre E.P plus courts sortis depuis 2015, enregistré depuis sa chambre d’Aubervilliers et produit en majorité par Easy Dew. Pour Jérémie, la venue de Josman sera une première à Strasbourg :

« Josman, c’est la nouvelle vague du rap français. On aime beaucoup et on écoute son nouvel album en boucle. Il n’est encore jamais venu à Strasbourg donc ce sera l’occasion de se connecter avec un nouveau public. »

Samedi 18 mai, La Dame Blanche

Yaite Ramos, « La Dame Blanche » de son nom de scène, place sa musique sur un grand nombre de scènes. Chanson d’inspiration cubaine, rap, nueva cumbia se retrouvent dans son dernière album Bajo el mismo cielo (Sous le même ciel), même si la Dame Blanche dit s’être centrée sur le hip-hop pour ce troisième projet. Elle y raconte sa vie et celles des autres en langue anglaise et espagnole. C’est une obsession de Jérémie Fallecker :

« Je garde toujours une part de la programmation pour des artistes latino-américains. On avait déjà essayé de la faire venir à Strasbourg y’a deux ans à Paye Ton Noël mais le projet n’avait pas pu aboutir. C’est une étoile montante du continent et nous sommes très heureux de pouvoir confirmer cette venue cette fois-ci. »

Au conseil municipal, le maintien de la semaine de 4,5 jours de classe contesté

Au conseil municipal, le maintien de la semaine de 4,5 jours de classe contesté

Il faudra peut-être attendre la fin du conseil municipal de ce lundi 21 janvier pour voir le plus d’action dans l’hémicycle, avec une interpellation de l’opposition sur les rythmes scolaires et la réorganisation de la semaine de 4,5 jours pour les enfants. Avant cela, il sera question de trottinettes et du spectacle d’été. À suivre en direct et avec nos commentaires à partir de 15h.

Pour la rentrée 2019, la municipalité strasbourgeoise a voulu faire preuve d’originalité pour les journées de classes dans ses écoles élémentaires. Elle prévoit de passer de 9 demi-journées de cours à 8, mais étalées sur 5 jours différents (le détail ici). En clair, il y aura toujours classe le mercredi matin, mais un après-midi dans la semaine, pas le même dans chaque établissement, sera libéré pour les professeurs. Cet après-midi sera entièrement consacré aux activités périscolaires. Ce changement implique aussi de raccourcir d’une semaine les vacances en août.

Jusqu’au 1er février, les conseils des 112 écoles de Strasbourg doivent voter pour ou contre cette organisation. Problème, s’ils votent contre, ce sera le statu-quo à savoir 4,5 jours de cours et des activités périscolaires une fois par semaine, après les cours à 15h45.

Cette proposition a provoqué une journée de grève très suivie des personnels des écoles (enseignants et agents de la collectivité) mardi 15 janvier. Une occasion en or pour l’opposition de s’emparer du sujet. « Faut-il être atypique ? », telle est la question de Jean-Philippe Maurer (LR) qui s’est déclaré samedi comme candidat de la droite pour les municipales de 2020.

Autre membre de « Les Républicains », mais d’un groupe d’opposition local différent, Jean-Philippe Vetter s’est lui aussi engouffré dans la brèche à l’aide d’une question d’actualité. Il estime que les résultats serrés au questionnaire de la mairie (47% favorable à la semaine de 4 jours et 48% pour le maintien à 4,5) nécessitent une nouvelle consultation. Le conseiller municipal de 38 ans a aussi annoncé officiellement sa candidature la semaine précédente. Les propos des deux hommes seront donc observés de près. Un futur thème de campagne ?

Jean-Phillipe Vetter (à gauche) et Jean-Philippe Maurer (à droite), les deux premiers candidats pour "Les Républicains" aux municipales de 2020 à Strasbourg. (Photos Pascal Bastien)
Jean-Phillipe Vetter (à gauche) et Jean-Philippe Maurer (à droite), les deux premiers candidats pour « Les Républicains » aux municipales de 2020 à Strasbourg. (Photos Pascal Bastien)

Un zeste de Bains municipaux d’abord…

Avant ce moment attendu, peu de gros points sont à l’ordre du jour. Les élus doivent valider le projet de rénovation des Bains municipaux présenté en début de semaine. Cette rénovation menée par l’architecte expert des Bâtiments de France François Chatillon prévoit de rénover les deux bassins de manière sobre. À la place des bains romains, un espace bien-être et de détente avec un bassin extérieur sera au prix d’entrée de 22€. La piscine publique et cet espace plus onéreux seront gérés par la société privée Equalia.

Le grand bassin devrait garder son aspect Art Nouveau (Photo Luxigon / SPL Deux-Rives / doc remis)
Le grand bassin devrait garder son aspect Art Nouveau (Photo Luxigon / SPL Deux-Rives / doc remis)
Un bassin de plein-air, accessible l'hiver depuis l'espace bien-être sera ouvert sur la Krutenau avec un espace partagé (Photo Luxigon / SPL Deux-Rives / doc remis)
Un bassin de plein-air, accessible l’hiver depuis l’espace bien-être à 22€ sera ouvert sur la Krutenau avec un espace partagé (Photo Luxigon / SPL Deux-Rives / doc remis)

… puis des trottinettes…

Parmi les autres délibérations à l’ordre du jour, notons la mise en place d’une « redevance d’occupation du domaine public » pour les sociétés de location de trottinettes en libre service et en flotte libre (ou freefloating en anglais). À l’instar des vélos en libre-service dans les rues, la Ville fixe un tarif par véhicule, qui sera cette fois de 7 euros par engin. Concernant les « vélos-papillons » (20€ par deux-roues), aucune société ne s’est implantée à ce jour, mais une poignée a répondu à un appel à initiatives privées, qui exclut certains secteurs comme la place de la Cathédrale.

Les villes qui ont vu ces nouveaux services débarquer sans réglementation ont rencontré plusieurs conflits sur leurs chaussées, avec des stationnements sauvages ou la dégradation des bicyclettes. Pour les trottinettes électriques, il existe déjà la société Knot, mais qui compte 8 stations fixes, ce qui est un usage assez différent. Une fois la délibération adoptée, la municipalité publiera ensuite un appel à initiatives privées spécifique aux trottinettes.

…et le spectacle d’été

Autre gros sujet, le grand spectacle d’été. Après les illuminations dispersées sur trois sites très (trop ?) distants en 2018 (place de l’Université, du Château, et barrage Vauban), la Ville souhaite une double animation sur les quais des Bateliers piétonnisés et le soir sur la place du Château. Au bord de l’eau, elle souhaite une scénographie, de jour comme de nuit qui « invite à la flânerie » et la déambulation. Sur la place du Château, une « expérience contemplative », qui se transformerait en « temps événementiel » le soir.

Les candidats peuvent soumettre d’autres propositions artistiques que des projections sur les murs, dans la limite du budget de 800 000 euros (la moitié étant financé par du mécénat d’entreprises). Le projet retenu devrait être connu fin mars ou début avril. Le spectacle sera gratuit et visible tous les jours du 6 juillet au 1er septembre.

À suivre en direct à partir de 15h.

Bavure policière : rhabillé pour l’hiver

Bavure policière : rhabillé pour l’hiver

Quand un syndicaliste manifeste la semaine, il bloque le pays. Quand un gilet jaune manifeste en ville le week-end, il prend l’honnête commerçant à la gorge. Et quand un ado va sagement s’acheter une parka en promo, il prend un tir de LBD dans la tête. Pour Piet, c’est à ne rien y comprendre.

 

Aller simple en Afrique australe avec « Namibia. L’art d’une jeune géNérATION », au musée Würth

Aller simple en Afrique australe avec « Namibia. L’art d’une jeune géNérATION », au musée Würth

Jusqu’au 26 mai, le musée Würth à Erstein propose de découvrir la richesse et le dynamisme d’une scène artistique émergente et peu représentée en art contemporain : la Namibie. L’exposition Namibia. L’art d’une jeune géNérATION est le fruit d’une sélection d’œuvres issue de l’imposante collection de l’industriel allemand Reinhold Würth. Une visite d’autant plus accessible que l’entrée au musée est devenue gratuite depuis le 1er janvier.

Alors que l’hiver glacial et venteux sévit à Strasbourg, le musée Würth à Erstein offre un généreux voyage vers une région bien plus chaude, l’Afrique australe. Riche de 150 œuvres réalisées par 39 artistes, l’exposition Namibia, l’art d’une jeune géNérATION propose un portrait bigarré d’une scène artistique prolifique et créative pourtant peu connue à l’international.

Imaginée par les commissaires Marie-France Bertrand et Alan Sabini, l’exposition donne à voir la pluralité des techniques explorées par les artistes, des arts graphiques à la peinture, de la photographie à la sculpture et à l’installation. Ce projet témoigne de l’attachement profond du collectionneur d’art Reinhold Würth pour un pays dans lequel il séjourne régulièrement depuis plusieurs décennies.

Nicola Brandt, Illuminated, Unrecounted, 2013 © Adagp, Paris 2018

Un pan de mur sur le littoral avec deux portes barricadées. Un pont de bois vétuste menant à l’ancienne île aux esclaves. Une femme vue de dos, vêtue de la robe traditionnelle du peuple Herero, immobile dans un paysage désertique face à une église en bois. D’une grande qualité picturale, avec une grande richesse de détails, cette série photographique mélancolique de Nicola Brandt semble éclairer les non-dits de l’histoire namibienne.

L’artiste dévoile les stigmates persistants des héritages coloniaux sur ce territoire namibien en exhumant le génocide des Hereros et des Namas (1904-1908) perpétré par le colonisateur allemand. Occupant une place de choix, dans un espace qui lui est entièrement dédié, Nicola Brandt est l’artiste phare de l’exposition. Pour autant, son travail puissamment politique fait figure d’exception. Loin de tout parti-pris militant sur un passé douloureux, l’ambition de Namibia. L’art d’une jeune géNérATION est de donner une vision globale du pays à travers sa création artistique actuelle.

Un panorama éclectique témoin des réalités du pays

John Muanfagejo, Old Fashion, linogravure, 1984 (crédit photo Gwenaëlle F.)

À l’entrée de l’exposition, deux linogravures de John Muanfagejo (1943-1987) résonnent d’emblée comme un héritage fondamental. Premier représentant international de l’art namibien, maître de la gravure sur lino, celui-ci incarne un modèle pour la jeune génération.

 

 

Petrus Amuthenu, Land Issues, linogravure, 2015 (crédit photo Gwenaëlle F.)

La relève est notamment représentée par Petrus Amuthenu, né en 1981. La linogravure Land Issues (2015) affirme un style à la fois symboliste et urbain : un brasier de poings fermés levés dans lequel une imposante main soulève une parcelle de terre saturée de buildings. On est frappé par l’ardente intensité de l’image, par ce poing levé vers l’émancipation namibienne. Salinde Willen, née en 1987, préfère quant à elle, l’impression sur carton. Silhouette noire et casque à lampe frontale : avec The Miner (2015) l’artiste s’engouffre dans une mine aux parois d’or représentée avec minutie et détails. De la sorte, elle donne vie à des scènes du monde rural pour narrer les mœurs traditionnelles qui persistent dans la Namibie d’aujourd’hui. Comme le révèle l’exposition, la linogravure est un médium largement exploité par la scène namibienne, qui se l’approprie pour représenter des sujets sociétaux contemporains.

Organisée autour de dix thématiques (ruralité, urbanité, réalités sociales, mondes spirituels,…) pensées à partir des œuvres, l’exposition se présente comme une traversée du pays. Mais, derrière ce cadre bien pensé, se cache une réalité bien moins flatteuse : les affres de la mondialisation et les traces de l’apartheid conditionnent l’existence de la population. « On estime que 7% des Blancs possèdent les deux tiers des terres », indique Alan Sabini. Face à l’extrême pauvreté, les artistes développent un sens aigu de la débrouillardise en utilisant les déchets comme le fil de fer, les capsules ou cannettes en aluminium.

Vue de l’exposition Namibia. L’art d’une jeune géNérATION. Trois œuvres de Fillipus Sheehama en arrière-plan. (crédit photo : Gwenaëlle F.)

Au deuxième étage, une salle entière est dédiée à cette pratique de récupération et de détournement d’objets. Le travail de Fillipus Sheehama, artiste autodidacte né en 1974, interpelle par la finesse avec laquelle il assemble et découpe du papier recyclé. L’œuvre Two young boys rest (Deux jeunes garçons se reposent) réalisé en 2015 est un exemple. À première vue, il s’agit d’un collage sur toile où se mêle un nombre incalculable de sachets plastiques alimentaires aux couleurs chatoyantes. Mais si l’on prend du recul pour admirer l’œuvre, on voit surgir les silhouettes noires de deux jeunes garçons buvant à la bouteille. Toute l’ingéniosité du travail de l’artiste est de proposer plusieurs degrés de lecture par l’effet d’optique.

L’originalité et la diversité des matériaux pauvres présents dans l’exposition soulignent la démarche autodidacte d’artistes qui peinent à vivre de leur travail, loin de la culture artistique occidentale et de son marché de l’art. Valorisant leur éclectique inventivité, les commissaires y voient « la preuve d’une maîtrise sur leur environnement ».

Vue de l’espace d’exposition Namibia. L’art dune jeune géNérATION (crédit photo: museewurth)

Une quête de nouveaux horizons en art contemporain

La présence des artistes contemporains du continent africain sur la scène internationale est relativement récente. En France, la première exposition consacrée aux artistes contemporains africains, Les Magiciens de la Terre, conçue par l’historien de l’art français Jean-Hubert Martin, a eu lieu au Centre Georges-Pompidou à Paris en 1989. Il faut ensuite attendre 2005 pour que le même musée consacre une nouvelle exposition à cette scène artistique : Africa Remix, dirigée par le commissaire d’exposition et critique d’art camerounais Simon Njami. Plus récemment, en 2016, Paris accueillait la première foire d’art contemporain et de design centrée sur l’Afrique, Also Known as Africa(AKAA).

Namibia. L’art d’une jeune géNérATION s’inscrit dans cette tendance en exploitant le considérable fonds d’art contemporain namibien constitué par Reinhold Würth, enrichi par quelques prêts complémentaires. L’ensemble révèle une vision subjective du pays tout en constituant une opportunité unique de découvrir des artistes peu visibles aujourd’hui. Sans affirmer qu’il existe un art central ou périphérique, l’exposition valorise cette nouvelle génération qui contribue à la représentation et à la reconnaissance d’une scène artistique, mais aussi d’une jeune nation plurielle et pleine d’espoir.

Concert création de Piers Faccini et Gregory Dargent au Cheval Blanc samedi : sublime voyage en perspective

Concert création de Piers Faccini et Gregory Dargent au Cheval Blanc samedi : sublime voyage en perspective

Au Cheval Blanc à Schiltigheim ce samedi 26 janvier, un « concert création » de haute volée est à prévoir, avec la venue de Gregory Dargent et Piers Faccini. Deux artistes multi-talents pour une rencontre poétique.

Piers Faccini, Anglais d’origine italienne vivant en France, est de ces artistes qu’on n’oublie pas une fois croisés. Peintre, photographe, plasticien, musicien, il est de ceux dont le seul but semble de faire tomber les murs et les frontières, qu’elles soient d’ailleurs artistiques ou géographiques. Chacun de ses concerts est un double voyage avec ses rythmes lents.

Un voyage extérieur d’abord, car au gré des instruments à corde utilisés ou des langues chantées, ou même des duos invités, on ne cesse de découvrir de nouveaux pays par de nouveaux sons. Son dernier album I Dreamed An Island nous fait découvrir la Sicile comme véritable carrefour des cultures. Italie, Grèce et Maghreb résonnent dans les guitares, les mandoles, les guembris de sortie au grès des dates.

Renouer avec ses racines

Mais avec Piers Faccini, le voyage, quel que soit le concert, est aussi intérieur. Délicatement, subtilement, il invite chacun à se rappeler les chemins parcourus, les « voies du passé » qui sont des routes à garder pour ne pas perdre le chemin. La tolérance pointe, le devoir de mémoire aussi, et le retour aux racines, à la terre, au sol. Ancrée profondément dans l’essentiel, la musique de Piers Faccini respire et sent la vie.

Samedi au Cheval Blanc, il ne sera pas seul mais partagera la scène avec Gregory Dargent. Lui aussi est un artiste de la même trempe. Compositeur, arrangeur, photographe… Son dernier album H est en réalité un projet multimédia qui laisse percevoir la complexité et l’engagement de cet artiste. Exploration d’une zone toute particulière du Sahara algérien, celle où ont eu lieu de nombreux essais nucléaires français dans les années 60, le projet est à la croisée de la musique, de la poésie et de la photographie.

Jeux d’oud et de lumières

Gregory Dargent lui aussi aspire aux voyages, aux questionnements, à la rencontre d’un monde qu’on ne connaît pas suffisamment. S’il a été un temps un collaborateur de Babx ou de Camelia Jordana, il s’entoure de percussionnistes et violoncellistes pour explorer davantage les territoires méditerranéens, les peuples nomades, les lumières diaphanes ou aveuglantes. Tout cela, il le fait avec son instrument de prédilection, l’oud, avec lequel il n’hésite pas à explorer des mélanges inédits de styles.

La rencontre sur la scène du Cheval Blanc de ces deux artistes, qui ont déjà collaboré sur scène ou sur quelques titres, est donc une invitation au voyage que nul ne devrait refuser. À condition bien sûr d’être prêt à être surpris.

#gregory dargent#Piers Faccini

Municipales : Jean-Philippe Maurer, deuxième candidat de la droite

Municipales : Jean-Philippe Maurer, deuxième candidat de la droite

Après Jean-Philippe Vetter, Jean-Philippe Maurer est le deuxième candidat déclaré à droite pour la tête de liste de « Les Républicains » aux élections municipales de mars 2020.

Élu de la Meinau, Jean-Phillipe Maurer, 58 ans, est un habitué de la politique strasbourgeoise. Devenu conseiller départemental pour la première fois en 1998, mandat qu’il a toujours gardé, il a été député entre 2007 et 2012, et vice-président du conseil départemental depuis 2011. Il siège aussi dans l’opposition municipale strasbourgeoise depuis 2014. Lors de sa . . .

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Écolo et minimaliste, Fanny est la petite Youtubeuse qui monte à Strasbourg

Écolo et minimaliste, Fanny est la petite Youtubeuse qui monte à Strasbourg

Yeux clairs, sourire franc, visage ouvert et propos éco-friendly, Fanny Huet, 28 ans, est la petite Youtubeuse minimaliste et écolo qui monte à Strasbourg. Ce qu’apprécient les 1 800 abonnés de sa chaîne Greener Life Better Life : ses vidéos sur l’écologie, le minimalisme, les voyages et entrepreneuriat. Parcours et astuces pour se faire une (petite) place au chaud sur la célèbre plateforme de contenus.

Installée depuis fin 2015 à Strasbourg, avec son compagnon et son chat Mao, Fanny vit dans un appartement lumineux, au cœur du quartier de Neudorf. Passée par un job en intérim dans les ressources humaines, elle est au chômage depuis 18 mois. « Une pause pro pour découvrir ce que je veux vraiment faire de ma vie », assure-t-elle, après des mois de recherches infructueuses. Progressivement, se dessine pour Fanny la création de sa propre entreprise dans le domaine de la cosmétique bio. Dans l’intervalle : une chaîne Youtube à faire tourner, sur laquelle elle évoque son quotidien de jeune diplômée en recherche d’emploi, ses alternatives écologiques aux produits de consommation courante, sa quête minimaliste et le désencombrement de son espace de vie.

« La vidéo, une alternative au blog, plus naturelle pour moi »

Elle raconte :
« J’ai créé ma chaîne Youtube en septembre 2017. Avant ça, j’avais un blog, auquel on ne peut plus accéder pour le moment. J’y parlais un peu de tout, de zéro déchet, de compte-rendus de voyage, de recettes… J’avais d’abord créé un compte Instagram avec lequel je suivais des personnes dans cette mouvance du Zéro déchet (« le ZD ») et du minimalisme, et je me suis dit que moi aussi, j’avais des choses à dire sur ces sujets ». « Cette prise de conscience minimaliste, je l’ai eu quand on a déménagé de Paris pour s’installer à Strasbourg. On vivait dans 18 mètres carrés, mais quand mes parents sont arrivés pour nous donner un coup de mains, alors qu’on avait déjà rempli des valises complètes de vêtements, on a encore passé une journée entière à faire des dizaines de cartons ! J’ai trouvé incroyable d’avoir autant d’objets dans si peu d’espace, je me suis dit qu’il y avait un truc qui clochait. Dans la même période, j’ai découvert le livre de Marie Kondo (dont des émissions sont depuis peu disponibles sur Netflix) et ça m’a fait tilt, j’ai commencé à faire du tri. »
Fanny Huet, Youtubeuse écolo et minimaliste (Photo MH / Rue89 Strasbourg)
 
Rapidement, Fanny prend conscience que le blog n’est pas le média idéal pour elle.
« Il y a des gens qui sont très doués pour écrire ; moi, les idées me venaient facilement, mais j’avais du mal à les mettre en ordre par écrit. La vidéo m’est apparue comme une bonne alternative, plus naturelle pour moi : tu parles comme te vient ta pensée et tu peux couper au montage. »

« Minimalisme, cosmétique naturelle et écologie au sens large »

« J’ai découvert Youtube quand j’ai arrêté de bosser à la mi-2017. Je me suis intéressée aux chaînes sur le minimalisme, la cosmétique naturelle, les achats de seconde main, le ZD et l’écologie au sens large. Quelques-unes de celles que je suis : Friendly beauty, Easy BlushEt pourquoi pas Coline, Marie du blog Shaker maker ou The Minimalists, mais aussi de la vulgarisation scientifique, avec DirtyBiology ou Primum non nocere, des chaînes d’histoire, des humoristes et quelques grands Youtubeurs français, comme Amixem ou Lola Dubini… »
Fanny crée sa chaîne dans le prolongement immédiat de son blog et lui donne le même nom, Greener life better life (littéralement, « vie plus verte, vie meilleure »). Dans sa première vidéo, elle conseille d’être curieux, d’apprendre à fouiller sur internet, à s’autonomiser dans ses choix, plutôt que de se fier aux influenceurs de Youtube et d’ailleurs, « sans se poser de question ». « Le fond de cette première vidéo me tient à cœur, même si la forme pourrait être revue et corrigée », s’amuse-t-elle. Sur le plan technique, elle tâtonne à ses débuts.
« Je tournais avec un appareil photo sans écran retour, sans voir ce que ça donnait. Et puis, j’avais fait du montage une seule fois pendant mes études, je ne maîtrisais pas trop. J’ai appris au fur et à mesure, en regardant beaucoup de tutoriels sur Youtube. Il m’arrive de monter des vidéos tournées du premier coup, avec pas mal de montage, ou de tout effacer et tourner à nouveau, quand je me rends compte que la luminosité est nulle ou que j’ai une salle tête… »

Passer la barre des 1000 abonnés

Après 18 mois de publications, à un rythme assez soutenu, la chaîne de Fanny compte 1 800 abonnés. Comment a-t-elle passé la barre des 1 000 ?
« L’été dernier (2018), j’ai publié tous les jours une vidéo sur le thème du minimalisme, du désencombrement et du tri, avec à chaque fois un focus sur une catégorie d’objets, vêtements, fournitures scolaires, produits cosmétiques, denrées alimentaires… En tout, 31 vidéos ! C’était un gros boulot qui, grâce aux algorithmes de Youtube, m’a permis de gagner en audience assez vite. Le secret : plus tu postes et plus tu es présent sur un thème qui plaît (le minimalisme), plus tes vidéos – qui doivent être assez courtes – deviennent visibles ! »
Ce fonctionnement de Youtube, Fanny l’a compris au travers des retours d’expériences d’influenceurs très présents… sur Youtube.
« À partir de 1 000 abonnés, explique la jeune femme, Youtube procède automatiquement à un scan de ton compte et évalue si tu peux rentrer dans ce que l’entreprise appelle un « système de partenariat », en monétisant tes vidéos. Avec ce système, en 6 mois, j’ai gagné 100€. Même les gros Youtubeurs n’en vivent pas, ce sont les contrats passés avec des marques qui leur rapportent le plus. »
Si Fanny n’a pas de réel plan de développement pour sa chaîne, elle compte intégrer Youtube dans le marketing autour de sa création d’entreprise, un sujet qu’elle aborde de temps en temps dans ses vidéos.
« Monter sa boîte, ça peut faire peur aux gens, alors j’essaie de donner des pistes, d’inciter à réfléchir sur ce qu’on veut vraiment faire, sur le fait de se lancer ou pas. Je poste des liens, je parle des réunions Pôle Emploi auxquelles j’ai assisté, du mini-bilan de compétences que j’ai fait… »

Echanges, compétences techniques et créativité

Future carrière, réflexion sur les débouchés des Bac+5 en commerce, marketing ou communication (sur le modèle de la vidéo de Marina), mais également Black Friday, gardes-robes capsules ou routines beauté, les thèmes qu’aborde Fanny se veulent assez éclectiques, à l’image de ses préoccupations écolo-perso-pro : « Je me creuse pas mal la tête pour trouver des sujets qui ne soient pas des énièmes redites sur Youtube ». Sur le plan technique, « comme je n’ai ni lumière, ni micro, juste une appareil photo qui filme, l’enregistrement n’est pas très long ». Un peu de montage, un upload sur la plateforme web et c’est bouclé. Outre la mise en forme de ses idées que nécessite la création de contenu, Fanny apprécie les commentaires de ses abonnés, « en moyenne une dizaine sous chaque vidéo », avec des questions auxquelles la jeune femme « essaie de répondre » systématiquement.
« Ces échanges me motivent à continuer, c’est cool de pouvoir instaurer un dialogue : parfois, dans mes vidéos, je demande des conseils et certains me répondent, nos discussions sont assez constructives… »
Pas de plan de com’ pour faire grossir sa communauté, mais une expérience et une régularité qui paient sur Youtube. Et dans la vraie vie !

Acte IX à Strasbourg : le point sur les plaintes et les condamnations de Gilets jaunes

Acte IX à Strasbourg : le point sur les plaintes et les condamnations de Gilets jaunes

Depuis la manifestation du 12 janvier, quatre plaintes ont été déposées contre les forces de l’ordre. Au moins quatre des 18 manifestants interpellés sont aussi passés en comparution immédiate. Rue89 Strasbourg fait le point.

L’acte IX marque un tournant pour la mobilisation en Alsace. Jamais une manifestation de Gilets jaunes alsaciens n’a fait autant de blessés du côté des protestataires. Les images d’une (petite) barricade en feu, de jets de pavés ou de bouteilles de bière contre les forces de l’ordre ont marqué les Strasbourgeois, habitués à des défilés sans débordement. Quatre plaintes ont été déposées contre les forces de l’ordre. Au moins quatre manifestants sont aussi passé au tribunal de grand instance (TGI) en comparution immédiate. Rue89 Strasbourg fait le point.

4 plaintes

Du côté des plaintes déposées contre les forces de l’ordre, on dénombre :

    Flaure D., la mère de Lilian, un lycéen de 15 ans gravement blessé à la mâchoire, a porté plainte lundi 14 janvier pour « violence par une personne dépositaire de l’autorité publique ». Il pourrait avoir été victime d’un tir de Lanceur de Balles de Défense (LBD). Marlène a porté plainte jeudi 17 janvier pour « violences volontaires en réunion par des personnes dépositaires de l’autorité publique. » Elle raconte avoir subit deux coups de matraque. Son avocat, Me Renaud Bettcher, compte sur l’exploitation des enregistrements de la scène par les caméras de vidéosurveillance :

    « Les procès contre les Gilets jaunes ont montré que le parquet a en sa possession les enregistrements de vidéosurveillance montrant ce qu’il s’est passé. J’attends que ceux-ci soient aussi saisis pour instruire les plaintes contre les forces de l’ordre. »

    Un autre lycéen de 15 ans touché à la jambe par un tir de LBD porte lui aussi plainte vendredi 18 janvier contre les forces de l’ordre. Geoffrey Guiot a porté plainte lundi 14 janvier pour « violence par une personne dépositaire de l’autorité publique » et « injure non publique ». Les faits se seraient déroulés alors qu’il se rendait à la manifestation, pendant un contrôle d’identité à l’intérieur d’un fourgon de police.

4 comparutions, 2 condamnations

À l’issue de la manifestation les Dernières Nouvelles d’Alsace dénombrait 18 personnes interpellées. Quatre d’entre elles ont été jugées dans la semaine par le TGI en comparution immédiate :

    Mohamed B. a été interpellé au motif de la présence de quatre canettes de bière entourées de rubans adhésifs, ainsi que d’un pétard (explosif) dans son sac à dos. Il a été relaxé au bénéfice du doute. Patrick A. a été interpellé pour avoir été aperçu par des policiers de la Brigade Anti-Criminalité (BAC) en train de jeter des pierres en direction des forces de l’ordre. Il a lui aussi été relaxé au bénéfice du doute, faute d’éléments probants. Un Gilet jaune a été interpellé après avoir tenté de lancer, sans succès, un pavé sur un groupe de la BAC en pleine interpellation. Alors que la procureure requérait 6 mois d’emprisonnement avec aménagement de peine, il a été condamné à 8 mois avec aménagement de peine. Selon France 3 Grand Est, un autre Gilet jaune a été condamné la veille, mercredi 16 janvier, à six mois de prison ferme, sans informations supplémentaires.

(Photo Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc)
(Photo Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc)

Les séances de cinéma en plein air reconduites pour l’été 2019

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Interpellé à cause de son gilet jaune, un manifestant porte plainte pour insulte et violences

Interpellé à cause de son gilet jaune, un manifestant porte plainte pour insulte et violences

Lundi 14 janvier, Geoffrey Guiot a porté plainte pour « violence par une personne dépositaire de l’autorité publique » et « injure non publique » suite à un contrôle d’identité. La scène, filmée et publiée sur Facebook, s’est déroulée pendant l’acte IX des Gilets jaunes à Strasbourg et montre un manifestant arrêté à cause de son gilet jaune.

« J’ai eu plus peur de me faire taper que d’aller en garde à vue. » Aux alentours de 14h30, samedi 12 janvier, deux policiers arrêtent Geoffrey Guiot à quelques mètres de la place Kléber à Strasbourg. Ce père de famille, primo-manifestant, et ses quelques amis viennent d’enlever leurs gilets jaunes. Leur objectif : rejoindre la place Kléber où les manifestants se sont donnés rendez-vous. Sans comprendre ce qui lui est reproché, le manifestant est contraint de présenter ses papiers d’identité avant d’entrer dans un véhicule de police. Il sera relâché 20 minutes plus tard.

Insultes, menaces et violence

Pour le manifestant, l’arrestation a mal tourné dans la fourgonnette. Un certificat médical atteste d’une « douleur et une impotence fonctionnelle partielle de l’épaule gauche (…) qui serait consécutive à une torsion du bras. » Le Strasbourgeois reçoit deux jours d’Interruption temporaire du travail (ITT). Il dénonce aussi des violences verbales de la part des policiers :
« Dans le camion, les trois policiers m’ont insulté et menacé. Ils disaient que j’étais “un petit enculé de casseur” et que je devais “faire attention quand je me promène au Neuhof” parce que c’est le secteur d’un des policiers. Finalement, un type plus âgé est rentré et il m’a laissé sortir à condition que je laisse mon gilet jaune… »
Geoffrey Guiot a porté plainte contre X pour « injure non publique » et « violence par une personne dépositaire de l’autorité publique suivie d’incapacité n’excédant pas huit jours. »

« C’est une arrestation arbitraire »

La scène a été visionnée plus de 200 000 fois sur Facebook. Elle provoque de nombreuses réactions d’indignation : « C’est grave ! », « L’arbitraire à Strasbourg » quand d’autres n’hésitent pas à parler de « dictature ». Car Geoffrey Guiot n’a pas été placé en garde à vue. Ce réparateur de palettes affirme n’avoir rien à se reprocher. Avec ses amis, ils étaient venus « juste pour les revendications » :
« J’ai des enfants, un travail, je suis pas là pour être violent. Pour moi, cette arrestation est une injustice. C’est une arrestation arbitraire juste à cause d’un gilet jaune. »

Une simple « vérification d’identité »

Selon Christophe Rouyer, du syndicat de police Alliance Grand Est, Geoffrey Guiot n’a pas été arrêté à cause du gilet jaune : « Il a simplement fait l’objet d’une vérification d’identité. » Pour Me Éric Braun, avocat spécialisé dans le droit pénal, deux procédures peuvent justifier un tel contrôle d’identité. L’une est régie par l’article 78-2 du Code de procédure pénale :
« Sur réquisitions écrites du procureur de la République aux fins de recherche et de poursuite d’infractions qu’il précise, l’identité de toute personne peut être également contrôlée, selon les mêmes modalités, dans les lieux et pour une période de temps déterminés par ce magistrat. »
De même, cette scène peut relever du contrôle de police administrative ayant pour but « de prévenir les atteintes à l’ordre public ». Dans ce cadre, l’arrestation « peut avoir lieu dans une rue ou une gare et concerner toute personne, quel que soit son comportement. » Pour rappel, la manifestation du samedi 12 janvier n’avait pas été déclarée auprès de la Préfecture et les forces de l’ordre ont empêché les manifestants d’accéder à la Grande-Île de Strasbourg. Le contrôle a ainsi pu s’inscrire dans une mission de maintien de l’ordre dans un centre-ville très fréquenté.

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Après l’acte IX, des Gilets jaunes blessés dénoncent les violences policières

Après l’acte IX, des Gilets jaunes blessés dénoncent les violences policières

Points de suture, nez déplacé, mâchoire cassée, hématomes… Rue89 Strasbourg a recueilli les témoignages de six personnes blessées au cours de la manifestation du samedi 12 janvier à Strasbourg. Au sein des Gilets jaunes, ces blessures fragilisent le pacifisme initial.

« Je ne sais pas ce que c’est, cette haine que je ressens. » Quand Marlène Lutz raconte l’origine de ses 11 points de suture au crâne, la femme de 62 ans a les larmes aux yeux. Samedi 12 janvier à Strasbourg, aux alentours de 16h, la manifestante prend deux coups de matraque. Plusieurs vidéos tournées dans la rue du 22-Novembre la montrent au sol, saignant abondement à côté de ses béquilles. Nous avons recueilli son témoignage et celui de cinq autres personnes blessées pendant l’acte IX des Gilets jaunes à Strasbourg.

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La veuve fume clope sur clope dans le « spot de Brumath », une grande baraque de bois sur le terrain d’un agriculteur entre Mommenheim et Schwindratzheim. Les Gilets jaunes du coin s’y retrouvent depuis que les ronds-points ont été évacués le 18 décembre. Il y a une grande table, des canapés, de quoi se chauffer et cuisiner. Certains y ont même fêté la nouvelle année. Lundi soir, 19h, ils sont une dizaine à écouter « Mamou » : « On pensait qu’on pouvait manifester, parler, dire ce qui va pas. Mais la violence est légitime seulement du côté des policiers. C’est hallucinant. » Elle a porté plainte le 17 janvier pour « violences volontaires en réunion par des personnes dépositaires de l’autorité publique. »

« Moi qui suis pacifique, j’ai changé »

En face de l’aide-soignante retraitée (ex-gouvernante puis cariste, précise-t-elle), un autre Gilet jaune, Pascal, réagit, allongé :
« Faut pas s’étonner qu’on leur balance ce qu’on trouve dans la rue. Moi qui suis pacifique et calme, j’ai complètement changé. »
Venu à Paris le 5 janvier pour manifester, le menuisier a fini la journée aux urgences de l’hôpital Saint-Joseph. Le compte-rendu mentionne un « traumatisme direct de la cheville gauche ce jour avec un flash-ball. » Le péroné fracturé, l’habitant de Froeschwiller a reçu une interruption temporaire de travail (ITT) de 45 jours. Il a déposé une plainte à la gendarmerie de Woerth. Le samedi suivant, Pascal manifestait à Strasbourg assis dans un caddie poussé par ses potes à rollers.

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Un couple, deux coups

Dans le cortège strasbourgeois, il y avait aussi un couple de 22 ans. Alexandra et Dylan ont chacun eu droit à un coup. Elle de matraque, derrière la tête. Lui de flashball, au niveau de la cheville. D’abord le paysagiste au chômage a été touché sur le pont du Maire-Kuss, vers 15h30 : « Il y avait des policiers et des mecs de la Bac (Brigade anti-criminalité). Certains (des manifestants) lançaient des bouteilles. J’en ai lancé une aussi. » La sanction ne se fait pas attendre. La douleur a empêché le Mulhousien d’aller travailler en intérim lundi. Un peu plus tard, Alexandra court dans la rue du 22-Novembre. « Deux voitures sont arrivées à toute blinde, se souvient-elle, les policiers sont sortis à notre niveau et j’ai pris un coup. Heureusement, j’avais les cheveux attachés. Ça a amorti le coup. » Mardi 15 janvier, après deux jours d’ITT, l’opératrice pharmaceutique redoute le retour au travail à la chaîne de suppositoires :
« J’ai déjà eu une commotion cérébrale. C’était il y a trois ans et au même endroit où j’ai été frappé. Du coup, ça me redonne les mêmes migraines. Le bruit va être insupportable. »

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Le couple est unanime : ce sont les grenades dispersantes et le gaz lacrymogène qui « enragent les gens » : « À Colmar, il n’y avait pas de CRS et il n’y a eu aucun débordement. C’était même bon enfant », analyse-t-elle. Dylan résume : « On reste pacifiste jusqu’au moment où on se fait cogner. » Samedi 19 janvier, ils participeront à « l’acte X » avec des protections de snowboard.

Y aller pour protéger sa mère

Mathieu ne sera pas là. L’envie ne manque pas : « J’aurais aimé y aller pour ma mère, pour la protéger. Elle est Gilet jaune et manifeste chaque samedi. » L’opérateur-exploitant au port aux pétroles manifestait pour la première fois de sa vie samedi 12 janvier. Arrivé vers 15h, le Strasbourgeois prend un coup violent au niveau des côtes. Il cherche d’où ça vient et voit les policiers, munis de leur lanceur de balle de défense (LBD), en face sur le pont du Maire-Kuss. « J’étais sur ce pont et tout ce que j’ai fait, c’est aider quelqu’un à terre, qui vomissait presque à cause de la lacrymo. »

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Le soir-même, ce natif de La Broque est parti travailler. Pas le choix quand il faut se serrer la ceinture pour aider sa grand-mère. « Elle gagne 800 euros par mois », souffle-t-il. Le trajet en voiture dure d’habitude 15 minutes pour rejoindre le port aux pétroles. Cette fois, Mathieu en met trente :
« Rien que les secousses de la voiture sur les chemins accidentés me faisaient tellement mal que je suis resté en deuxième. Ça me rappelle un hématome au rein que j’ai eu après un coup de genou au foot. »
Tout en buvant un cappuccino, Mathieu n’hésite pas à qualifier la France de « dictature ». Il a vu un homme se faire arrêter « simplement parce qu’il tenait un gilet jaune à la main (une source syndicale policière évoque un outrage à agent, n’ayant finalement pas été retenu contre lui) » À côté, une secrétaire à la retraite mange avec son fils. Ils ne peuvent s’empêcher d’interrompre la conversation pour approuver les propos du jeune homme.

« La tête, c’est passible de pénal »

Malgré les 8 points de suture et le nez probablement cassé, Baptiste vient de terminer le boulot. Mardi à 17h, il attend dans une vieille BMW noir en fumant des cigarettes tubées. Le médecin lui a proposé une semaine d’ITT. Le chauffeur routier a refusé. Le nez toujours enflé, Baptiste se rappelle parfaitement ce qui s’est passé le 12 janvier. Vers 13h, Baptiste et quelques amis ont réussi à pénétrer dans le centre-ville. Ils ont contourné les policiers en longeant le centre-commercial des Halles, sous l’auvent. Poursuivis, ces Gilets jaunes ont couru en direction de la rue du 22-Novembre quand des forces de l’ordre les surprennent de face. « Le mec m’a poutré la gueule en plein élan, raconte-il, je suis ancien militaire. Moi on m’a toujours dit que la tête et le dos, c’est passible de pénal. »

« Je n’ai rien balancé »

Baptiste n’a pas placé mis en garde à vue :
« De toute la manifestation, je n’ai rien balancé. J’ai juste été une fois au corps-à-corps pour essayer de passer le barrage policier. Mais sinon j’essaye de ne pas m’abaisser à leur niveau de violence. »
Comme tous les Gilets jaunes interrogés, cet habitant de Klingenthal chérit cette « fraternité des gens » au sein du mouvement. À Dorlisheim, le QG a vite été doté d’un poêle à bois, d’un frigo, d’un four et d’une cafetière. Cette solidarité donne à Baptiste l’énergie pour « aller jusqu’au bout. » Il ne reviendra pas samedi prochain : « Le gaz lacrymo, c’est pas bon pour la cicatrice. »

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Mais Baptiste sera de retour pour l’acte XI et toujours sans envie d’en découdre avec les forces de l’ordre. Ce Gilet jaune de la première heure a connu les manifestants de la ZAD de Kolbsheim et partage leur attachement au pacifisme :
« Le jour même, j’avais quand même envie d’exploser la tête du flic. Mais je reste dans une optique pacifiste, sauf en cas extrême, où les policiers se mettent à plusieurs sur quelqu’un. »

Lilian, 15 ans : la bavure policière

Bien loin de la fièvre jaune, un blessé restera à l’hôpital de Hautepierre plus d’une semaine. Lilian a 15 ans. Le 12 janvier, il ne manifestait pas. Vers 16h20, il rentre du centre commercial des Halles avec une nouvelle veste sur le dos. La situation est tendue à proximité du pont du Maire-Kuss. De source policière syndicale, le lycéen a probablement été victime d’un tir de LBD : « Les conclusions de l’enquête s’orientent vers une présence fortuite. C’est regrettable mais quasi-impossible à éviter à 100% quand on a des scènes de guérilla urbaine en centre-ville. » Dans sa chambre, dans le service chirurgie-pédiatrique, Lilian reste muet. La structure de fer qui maintient sa mâchoire l’empêche de parler. Il ne pourra pas non plus manger des aliments solides, pendant six semaines au moins. Sa mère est en colère. Flaure D. ne supporte pas la réaction des forces de l’ordre au lendemain de la manifestation. Dans plusieurs journaux, elle a pu lire que son fils était soupçonné de faire partie des casseurs. Depuis, un nouveau combat a commencé pour elle :
« Je veux savoir qui a tiré sur mon fils. Je vais voir avec mon avocat pour avoir accès aux vidéos des caméras de vidéosurveillance alentours (une plainte a été déposée, ndlr). Et je veux que la police s’excuse dans les médias d’avoir accusé mon fils d’être un casseur. Les forces de l’ordre ne veulent pas qu’on les catalogue comme violents ? Alors ne cataloguez pas mon fils comme violent avant d’avoir enquêté. Ils ont vu un noir, ils se sont dit que c’était un casseur. Mais je vais me battre jusqu’au bout pour leur prouver le contraire. »

« Il ne se plaint jamais »

Vers midi, une infirmière arrive pour apporter le repas de Lilian. Elle s’excuse : « C’est un peu la même chose tous les jours. » Trois barquettes en plastique, chacune remplie d’un liquide de couleur différente. L’adolescent mange vite, à l’aide d’une paille. Les yeux dans le vide, son visage est immobile. A-t-il dit à sa mère ce qu’il ressent ? « C’est un enfant qui ne se plaint jamais », répond Flaure. Elle nous montre les messages de son fils, angoissé par les conséquences de cette bavure policière : « Maman, j’ai perdu ma lèvre et mon menton. J’ai perdu le sourire. »

Eco2Rives, un premier festival franco-allemand sur le climat samedi

Eco2Rives, un premier festival franco-allemand sur le climat samedi

Avec des concerts, ciné-vélo et conférences… Eco2Rives, le premier festival franco-allemand pour le climat, se veut ludique et accessible pour mobiliser sur la protection de l’environnement. Rendez-vous à Kehl et à Strasbourg samedi 19 janvier.

Pédaler pour voir un film sur grand écran, apprendre à fabriquer vos propres ustensiles zéro déchet, parler de changement climatique à vos enfants grâce à une pièce de théâtre… Ce sont quelques exemples d’activités prévues dans le cadre du festival Eco2Rives, qui aura lieu samedi 19 janvier à la « Stadthalle » (salle municipale) de Kehl tandis que les concerts auront lieu en soirée au Molodoï à Strasbourg. Un équilibre Strasbourg-Kehl assez rare pour le souligner.

Organisé par l’association Zéro Déchet Strasbourg et par la Ville de Kehl dans le cadre de la semaine franco-allemande de la transition énergétique, ce premier festival transfrontalier pour le climat mise particulièrement sur l’interactivité. Tout le programme de la journée est gratuit et sans inscription, et proposé dans les deux langues grâce à des interprètes ou des intervenants bilingues.

Le but est d’apprendre en s’amusant, voire de s’amuser tout court, et d’unir les forces des deux côtés du Rhin pour être encore plus efficace, comme l’explique Lea Unterreiner, chargée de la problématique climat au service aménagement de la Ville de Kehl :

« La protection de l’environnement ne s’arrête pas aux frontières, c’est un problème international, donc c’est important qu’on échange. On a eu par exemple des discussions intéressantes lors de la préparation : le charbon serait un problème plutôt allemand, et en France, il y aurait d’autres problèmes mais aussi différentes approches. Et donc c’est très intéressant de voir quelles actions sont faites chez nous, et lesquelles sont faites en France. »

Conférences et conseils pratiques pour agir au quotidien

Une perspective élargie, illustrée par les intervenants des conférences : le chercheur français Benoît Sittler, de l’Université de Fribourg, en Allemagne, compte bien sensibiliser au réchauffement climatique en parlant de son projet sur les lemmings, des petits animaux du Groenland victimes de la fonte des neiges. L’allemand Rüdiger Glaser parlera du changement climatique dans le Rhin supérieur. L’intervention d’Aline Gubri, auteure du livre Zéro Déchet, Zéro toxique, se voudra interactive, alors qu’elle abordera les impacts des déchets dans la vie quotidienne.

Le festival a lieu sur Kehl et Strasbourg, et le public est encouragé à se déplacer en tram pour venir. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Une volonté de pousser le grand public à s’approprier des solutions concrètes qui se traduit également par les ateliers : cours de cuisine anti-gaspi, ateliers DIY (Do It Yourself) pour fabriquer ses produits d’hygiène ou d’entretien, et Repair Café pour réparer ses objets défectueux.

Pour ceux qui viennent en famille, le festival a pensé aux enfants avec une pièce de théâtre sur les conséquences des déchets plastiques.

Des films sur l’écologie… qui marchent à l’énergie verte

Surtout, les organisateurs misent sur les jeunes et sur les esprits curieux, avec trois projections en vélo-cinéma. Le principe est simple : ce sont les spectateurs qui alimentent la projection en énergie. Pas de vélo, pas de film ! Il sera même possible de s’entraîner avant, à une station de test de vélos électriques. Au programme de ce cinéma installé dans la salle de conférence de la Stadthalle, deux épisodes de “Xenius”, l’émission scientifico-ludique d’Arte, sur les emballages plastiques et sur les particules fines. A (re)découvrir ensuite, le film de Marie-Monique Robin sur la ville d’Ungersheim et son engagement pour les énergies renouvelables et l’économie locale, Qu’est-ce qu’on attend ?.

Comme lors d’autres actions de l’association Zéro Déchet Strasbourg, le festival proposera des ateliers
(Photo Capture Facebook , Association Zéro Déchet Strasbourg)

Avec ce concept, la ville de Kehl espère attirer des personnes pas encore sensibilisées aux enjeux écologiques mais voulant « essayer quelque chose de nouveau. »

Des concerts engagés au Molodoï

Même stratégie avec la soirée de clôture, cette fois à Strasbourg, au Molodoï, pour donner envie aux fêtards de s’intéresser à la question et de, peut-être, se pencher sur le reste du programme. Le festival joue le jeu jusqu’au bout en conviant des groupes engagés dans la protection de l’environnement, ou franco-allemand (et parfois les deux, comme le groupe Zweierpasch). La soirée (avec entrée payante à 3€) commence par un « clim’apéro » préparé collectivement, avant d’enchaîner sur les concerts de Caribou volant (chanson française), Zweierpasch (hip-hop) et Pang! (rap/ragga).

Les festivaliers du climat trouveront de quoi se sustenter tout au long de la journée avec la présence de food-trucks aux abords de la salle municipale de Kehl.

#Festival Eco2Rives

Grand débat à Strasbourg : la mairie tergiverse, Thierry Michels se lance en solo

Grand débat à Strasbourg : la mairie tergiverse, Thierry Michels se lance en solo

Un premier débat sur la transition écologique et énergétique se tiendra lundi 21 janvier à 19h30. Thierry Michels, député de la majorité, prend ainsi de vitesse la mairie où l’organisation d’un débat est toujours en discussion.

Le grand débat national, suite à la crise des Gilets jaunes, a été lancé mardi 15 janvier par Emmanuel Macron. Dans la lettre qui l’annonce, le Président de la République avait désigné les maires comme « intermédiaires légitimes » des discussions.

Mais du côté de la municipalité de Strasbourg, les élus locaux peinent à se mettre d’accord pour prendre l’initiative et sur la manière d’organiser ce moment. Le maire de Strasbourg se disait sceptique dans les pages des Dernières Nouvelles d’Alsace mardi 15 janvier sur une concertation « très ouverte en apparence mais qui peut déboucher sur rien ».

Sur son compte Facebook, Chantal Cutajar, adjointe au maire en charge de la démocratie locale, rapporte les débats au sein de la mairie. Comme Roland Ries, elle est favorable à ce que Strasbourg prête des salles pour permettre l’organisation de débats par tous ceux qui le souhaitent. Mais elle aimerait aussi plus de volontarisme de la part de Strasbourg :

« Je crois, personnellement, que notre ville […] devrait aller plus loin et s’impliquer dans l’organisation d’un débat pour proposer aux Strasbourgeois qui le souhaitent d’apporter leur contribution à l’amélioration de la démocratie en France. »

Pendant ces palabres internes, le député Thierry Michels (LREM) est le premier élu strasbourgeois à annoncer la tenue d’un débat dès ce lundi 21 janvier. Dans son entourage, on balaie le risque de doublon avec une éventuelle future initiative municipale :

« Chaque personne peut organiser un débat. On aura peut-être des restitutions différentes, mais personne ne s’est jamais plaint d’un surplus de consultation. »

Une école d’ingénieurs accueillera le premier débat

Pendant la réunion publique prévue à 19h30, l’élu animera les échanges autour de la « transition énergétique et écologique ». Les participations sont ouvertes et l’opposition est invitée à se rendre au débat. « Le plus intéressant serait que des gens qui ne sont pas d’accord avec sa vision des choses viennent le dire, » espère un collaborateur.

Pour ce qui est du lieu, c’est l’Ecole Nationale du Génie de l’Eau et de l’Environnement de Strasbourg (ENGEES), au 1 quai Koch qui a répondu favorablement à la sollicitation de l’élu. L’équipe du député explique ce choix par la proximité entre le thème du débat et la spécialité de l’école, et espère que les enseignants ou le directeur se joindront à eux.

Le dispositif mis en place pour le grand débat ne permet de discuter que des grands thèmes délimités par l’exécutif. (capture d’écran – granddebat.fr)

Des questions encadrées de près

Parmi les quatre thèmes délimités par le gouvernement, c’est la transition écologique et énergétique qui a retenu l’attention de Thierry Michels. Les trois autres, la « fiscalité et les dépenses publiques », « la démocratie et la citoyenneté » et « l’organisation de l’Etat et des services publiques » feront l’objet de prochaines réunions. Le prochain thème abordé devrait être la fiscalité.

En fin de débat, chaque participant pourra faire remonter son avis au gouvernement sous forme d’un questionnaire très cadré. Ceux-ci font partie d’un dossier introduit par un état des lieux du sujet débattu et du programme gouvernemental. On y retrouve une méthode de consultation utilisée par En Marche, qui avait séduit pendant la campagne présidentielle : les consultations sont devenues un « grand débat national » et le « diagnostic » du pays revient en introduction des dossiers, un peu à l’instar de « la Grande marche », qui n’a que trois ans… La situation a-t-elle tellement changé ?

Les réponses se feront dans la deuxième partie du dossier : il faudra cocher des cases ou rédiger quelques lignes. De son côté l’équipe de Thierry Michels à l’issue de la réunion publiera un compte-rendu sur le site du grand débat. Pour connaitre l’engagement la municipalité strasbourgeoise, il faudra s’armer d’un peu plus de patience.