Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Plus petit et plus aéré, le futur cinéma Star Saint-Exupéry se dévoile

Plus petit et plus aéré, le futur cinéma Star Saint-Exupéry se dévoile
La façade sur la rue du 22-Novembre devrait retrouver son aspect d’origine.

En octobre, le cinéma Star Saint-Exupéry fermera pour 18 mois de travaux. La Ville de Strasbourg, propriétaire des bâtiments, s’attaque à cette rénovation qui coûtera plus de 8,5 millions d’euros.

Un cinéma plus petit mais plus aéré et plus accessible, voici en résumé ce qui résulte du projet de réaménagement complet du bâtiment sis au 18 rue du 22-Novembre, qui abrite le cinéma Star Saint-Exupéry, le Café du 7e Art, quelques bureaux et un logement.

18 mois de travaux

Syamak Agha Babaei, premier adjoint à la maire de Strasbourg, a présenté lundi 28 avril l’ensemble des aménagements prévus, que Stéphane Libs, directeur des cinémas Star, avait déjà évoqués en juillet 2023. Les travaux devraient débuter en octobre 2025, durer 18 mois et coûter 8,542 millions d’euros à la Ville de Strasbourg. Ils nécessitent la fermeture complète du cinéma et de la brasserie, qui devraient rouvrir en mars 2027. Cette perte d’exploitation est compensée par la Ville à hauteur d’environ 700 000 euros.

La Ville a confié au cabinet d’architectes DRLW la conduite de ces aménagements, qui doivent séparer les activités, respecter les normes de sécurité et permettre les accès aux personnes à mobilité réduite. Le cabinet s’est d’abord confronté à l’Architecte des bâtiments de France (ABF), qui a exigé le retour de la façade de 1912 et le respect de la symétrie d’origine. Terminées donc les affiches des films sur la rue du 22-Novembre, l’entrée du cinéma sera légèrement déplacée sur la droite, tandis que la salle de la brasserie sera étendue à l’actuel hall d’accueil. Des lumières seront projetées depuis les (fausses) fenêtres à la place des fresques, afin de produire l’illusion d’un bâtiment habité.

Prévisualisation de l’entrée du cinéma Star Saint-Exupéry depuis la place de la Vignette.Photo : DRLW Architectes

Une nouvelle entrée principale

Ensuite, il fallait faire quelque chose à propos de la sortie du Star Saint-Exupéry, qui débouche au milieu des poubelles sur la place de la Vignette. Les architectes de DRLW proposent d’en faire la véritable entrée du cinéma, où le public pourra retrouver les affiches et identifier le cinéma. De grands escaliers et un ascenseur permettront d’accéder aux salles depuis les deux entrées. « Les flux étaient un peu cachés dans l’aménagement actuel, précise Noémie Weibel, architecte chez DRLW. Nous avons essayé de mettre en valeur la circulation au sein du bâtiment. »

Prévisualisation du hall d’entrée du cinéma, donnant sur la première salle. Photo : DRLW Architectes

Stéphane Libs est à la fois soulagé et inquiet par ce chantier à venir, qui va réduire la jauge maximale du cinéma de 683 à 626 sièges. La société qu’il dirige, Cinest, va investir 1,5 million d’euros, dont 450 000€ de fonds propres et 350 000€ venant du Centre national du cinéma (CNC) :

« L’équipe a dû s’habituer à travailler dans des locaux exigus, à gérer des problèmes qui surviennent au dernier moment, comme un début d’incendie, une canalisation qui éclate quelques heures avant une projection spéciale… Je remercie la Ville d’avoir choisi l’option la plus ambitieuse pour cette rénovation d’ampleur mais 18 mois de fermeture, ce sera long. Nous allons devoir renoncer à certaines sorties et j’espère que nous ne perdrons pas des spectateurs durant ce temps… »

Le Café du 7e art sera agrandi et ne communiquera plus avec le cinéma. Photo : DRLW Architectes

Discours similaire d’Akif Dolanbay, gérant du Café du 7e Art, qui ne compte plus les problèmes auxquels lui et son équipe ont dû faire face depuis 14 ans en raison de la vétusté des lieux. La cuisine, actuellement au rez-de-chaussée, sera déplacée au sous-sol, la salle principale sera agrandie et plus ouverte sur la rue, tandis que la salle au sous-sol bénéficiera d’une rénovation complète.

Reste la question du loyer demandé par la Ville à partir de mars 2027, qui devrait augmenter en raison du nombre de mètres carrés alloués aux exploitants et de l’amélioration des prestations fournies. Ville et exploitants sont restés très discrets sur ce chapitre, en indiquant qu’ils resteront « dans les valeurs du marché ».

Rassemblement contre l’islamophobie lundi 28 avril

Rassemblement contre l’islamophobie lundi 28 avril

Après le meurtre d’un fidèle musulman vendredi 25 avril dans le Gard, un collectif appelle à un rassemblement lundi 28 avril à Strasbourg pour dénoncer l’islamophobie.

Un ensemble de collectifs, dont la Libre Pensée, La France insoumise, l’Association des travailleurs maghrébins de France, le Mouvement contre le racisme, Justice et libertés, appelle à un rassemblement lundi 28 avril à 18h, place Kléber à Strasbourg, « en hommage à Aboubakar et à toutes les victimes d’islamophobie ». Ce fidèle musulman a été tué vendredi 25 avril dans la mosquée de La Grand-Combe dans le Gard. Sur des images de vidéosurveillance, le procureur de la République a décrit un jeune homme qui sort « brusquement » un couteau et assène des dizaines de coups de couteau à la victime, ce qui motive selon le procureur l’hypothèse d’un acte islamophobe. Le suspect s’est rendu dimanche soir dans un commissariat en Italie, il n’a pas d’antécédents judiciaires.

Ce drame a provoqué de multiples réactions politiques. Le président de la République Emmanuel Macron a adressé « le soutien de la Nation », dénonçant « le racisme et la haine ». La Licra appelle à faire de la lutte contre le racisme « une grande cause nationale ».

À Soufflenheim, Lithium de France seul contre tous

À Soufflenheim, Lithium de France seul contre tous
Frédéric Perrin habite le quartier des Étangs qui jouxte la friche de l’ancienne scierie Maechler de Soufflenheim, où souhaite forer Lithium de France.
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En mai, des concerts dans des hangars, dans l’herbe et à l’opéra

En mai, des concerts dans des hangars, dans l’herbe et à l’opéra
Flèche Love, Badass Pétale, DJ Stan Smith, Jacques et Mau sont dans la sélection de mai 2025.

Sélection culture très musicale, c’est peut-être l’approche des festivals, on ne sait pas, mais voici nos recommandations culture pour ce mois de mai 2025 à Strasbourg.

Badass Buvette à la Grenze

La Grenze a invité Buvette, que la salle du quartier gare présente comme « l’un des actes les plus intrigants de la scène synthpop actuelle. Buvette sert une spécialité mélangeant country moderne aux reflets latins et balades rythmées en forme de vagues, dans un format simple, direct et versatile ». Bon, il faut reconnaître à Cédric Streuli, ex-batteur du groupe de rock The Mondrians, une maîtrise de la boîte à rythmes et des boucles synthétiques, sur lesquelles il pose une voix tantôt lointaine, tantôt très très proche du micro… Il faudra voir comment ces compositions très studio survivent en concert…

In the leaf de Buvette.

Surtout que cette soirée programme en première partie les Badass Pétales, et là, autre ambiance : c’est de la pure énergie punk pop balancée à coups de gros sons par trois jeunes strasbourgeoises survitaminées. Dans l’écrin intimiste de la Grenze, il peut se passer quelque chose. Prévoir des chaussures plates.

PF

Projection (unique) de Non Essentiel

Bande annonce de Non Essentiel de Bastien Simon.

Les artistes sont-ils essentiels ? Le réalisateur Bastien Simon est allé poser la question à des habitants de zones rurales comme Gougenheim dans le Kochersberg et de quartiers prioritaires comme Kellermann à Saint-Dié-des-Vosges, à l’occasion de résidences d’artistes financées par la Région Grand Est durant l’été 2024. Le film est une succession de rencontres avec ces artistes et les habitants, retraités, musiciens, écoliers, photographes, élus, marionnettistes ou bénévoles, dans des territoires isolés où le sentiment d’abandon est très marqué.

PF

Bonnes vibes et soutien à la radio indé de Strasbourg

DJ Stan Smith sera de la partie…

La radio associative RBS organise une soirée au Wagon Souk samedi 10 mai à partir de 20h. La radio indépendante de Strasbourg a besoin de ses soirées pour renflouer ses caisses, mises à mal par une baisse des subventions publiques et notamment du Fonds de soutien à l’expression radiophonique. RBS emploie trois permanents (Stéphane Bossler, Pierre Liermann et « Talri »), quatre personnes en service civique et accueille 22 émissions présentées par des bénévoles.

Pour cette soirée, RBS a donc mobilisé une bonne partie de ses DJs résidents dont DJ Bad, DJ Nook, DJ Caze, DJ James Djinn, DJ Kreow, DJ Twiddle, DJ Stan Smith et Mr Brown. C’est Talri, qui tient l’antenne de RBS chaque matin, qui se colle à l’animation de la soirée.

PF

Phytographie et philosophie à Stimultania

La galerie Stimultania accueille dès le 16 mai une exposition mêlant l’art photographique de l’artiste Anaïs Tondeur et les réflexions du philosophe du vivant Michael Marder. Le projet s’est déroulé dans la région de Naples, où l’incinération et l’enfouissement de déchets illégaux a produit des sols extrêmement pollués. Anaïs Tondeur y a cherché, avec l’aide des habitants de la Terre de Feux, des plantes aux vertus médicinales jusqu’à la première moitié du XXe siècle.

Sans prélever les végétaux, l’artiste a ensuite utilisé la phytographie pour recueillir une photographie des plantes. Le procédé consiste à activer sur une surface photosensible les molécules de phénol présentes dans les fibres végétales et exacerbées par la pollution aux métaux lourds. Ces images ont ensuite été envoyés au penseur du monde végétal Michael Marder, qui a rédigé pour chaque plante une lettre. En résulte une exposition poétique et expérimentale ancrée dans la pensée écologique.

GK

Flèche Love à l’opéra avec des stars locales

Flèche Love au Beyrouth Batna Casablanca avec Oum (Live Session)

L’Espace Django avait déjà accueilli Flèche Love en 2018, la chanteuse genevoise se remettait alors à peine de son divorce douloureux avec Kadebostany, un groupe electro que sa voix douce, grave et chaleureuse avait contribué à propulser sur la scène internationale. Qu’importe, Amina Cadelli a continué son chemin en développant son goût pour les mélanges de cultures et de sonorités. Avec ses compositions très vocales, souvent empreintes d’une forme de spiritualité, elle est bien placée pour tisser des liens musicaux entre les deux rives de la Méditerranée.

Et c’est précisément pour cette raison qu’elle est invitée par le festival Arsmondo de l’Opéra national du Rhin, lequel propose une trentaine de dates avec des projections, des rencontres et des concerts jusqu’au 20 mai. Flèche Love jouera dans l’écrin de sa grande salle place Broglie avec les danseuses Charlie d’Emilio et Nina Androkill.

Cette soirée exceptionnelle, organisée avec la complicité de l’Espace Django, débutera avec Exotica Lunatica, un groupe de chants méditerranéens revisités, formé par un duo d’exilées à Strasbourg et qui a remporté le prix du public des Inouïs du Printemps de Bourges cette année.

PF

Antonia est à Strasbourg pour une fois

Antonia de Rendinger parcourt l’Europe et va même présenter son one-woman show jusqu’aux États-Unis, si bien qu’elle est devenue rare à Strasbourg, un comble ! Fort heureusement, elle présente son dernier spectacle, Scènes de corps et d’esprit, samedi 24 mai à Quai de scène. Une belle occasion pour celles et ceux qui ne se sont pas déjà confrontés à l’humour décapant de la plus célèbre des stand-uppeuses strasbourgeoises.

PF

Les recos du Pelpass festival

Teaser du Pelpass festival 2025

Le mois s’achève avec le principal rendez-vous du printemps, l’incontournable Pelpass festival, ce moment de gêne personnelle face aux noms inconnus de la setlist (voir ici pour une présentation détaillée de la programmation). Mais heureusement, cette révélation d’inculture renouvelée chaque année se soigne en passant quelques soirées au Jardin des Deux-Rives, en alternant d’un chapiteau à l’autre une bière à la main et en repartant avec suffisamment de découvertes pour une année.

Parmi celles-ci par exemple, la strasbourgeoise Mau, qui propose une pop triste sophistiquée oscillant entre jazz et trip-hop, sera sur scène le samedi 31 mai avec son tout dernier album, Faire des efforts (sortie prévue le vendredi 23 mai).

En 2025, le Pelpass festival reprend l’architecture de l’année dernière, c’est à dire avec une pleine place accordée à la troisième tente et sa programmation de DJ sets, un troisième bar et plus d’espace pour les jeux et le bar à mioches. Mais cette fois avec le soleil, c’est promis.

PF

#RBS

À Sélestat, la Fête des alternatives écologistes et solidaires samedi 3 mai

À Sélestat, la Fête des alternatives écologistes et solidaires samedi 3 mai

Samedi 3 mai, le collectif du Chaudron des alternatives organise sa fête annuelle à Sélestat, avec une programmation d’ateliers et de rencontres autour de l’écologie pratique.

« Un moment festif et joyeux”, c’est ainsi que le collectif du Chaudron des alternatives annonce la quatrième édition de sa fête annuelle, qui aura lieu samedi 3 mai. À partir de 14h, au foyer Notre Dame de la Paix de Sélestat, le collectif propose des moments de rencontre autour de la “préservation de la nature et du vivant”.

Alternatives éco-responsables

Des activités manuelles sont destinées à apprendre à faire soi-même : ateliers créatifs avec peinture végétale et reliure artisanale, réparations de vélo et studio photo. Tout l’après-midi, des animations musicales seront proposées et des jeux en bois mis à disposition pour les enfants.

Atelier lors de l’édition 2024 de la fête des alternatives.

Des conférences pour débattre

Plusieurs “discussions-débats” sont au programme : rencontre sur les enjeux de la géothermie en Alsace, discussion autour du canal entre le Rhône et le Rhin, échanges sur le thème de la « privatisation du vivant » ou encore conférence sur les révoltes paysannes au XVIe siècle. De 15h à 16h, une « conférence gesticulée » autour de l’animalisme et du féminisme sera présentée.

La journée se clôturera avec la chorale féministe de Sélestat à 19h et un concert dansant. De la restauration sera disponible sur place.

Pour les municipales, le PS défendra une liste « autonome » face au reste de la gauche

Pour les municipales, le PS défendra une liste « autonome » face au reste de la gauche
L’ancienne maire de Strasbourg Catherine Trautmann s’occupera de la « préparation » de la campagne municipale.

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Au Nouvel hôpital civil, un rapport met fin aux urgences qui débordent sur le parking

Au Nouvel hôpital civil, un rapport met fin aux urgences qui débordent sur le parking
Depuis le jeudi 24 avril, il n’y a plus d’unité sanitaire mobile sur le parking des urgences du NHC.

Jeudi 24 avril, l’unité sanitaire mobile a disparu du parking des urgences du Nouvel hôpital civil. Ce changement fait suite à un rapport rendu fin mars sur le temps d’attente des pompiers.

Le grand bâtiment préfabriqué blanc symbolisait la crise des urgences. Depuis décembre 2023, une unité sanitaire mobile était installée sur le parking du Nouvel hôpital civil (NHC). Initialement conçue pour faire face à un attentat ou une catastrophe naturelle, le dispositif a fini par s’inscrire dans la normalité d’urgences régulièrement débordées… jusqu’au jeudi 24 avril 2025. L’unité sanitaire mobile (USM) a été retirée de l’entrée des urgences du NHC à cette date. Au lendemain de ce changement dans le paysage hospitalier, deux ambulanciers des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) se félicitent :

« La direction nous a déjà promis le départ de l’USM l’année dernière. Puis il y a eu l’épidémie de grippe cet hiver et ça a été repoussé. Ce départ nous arrange parce que ça nous libère un accès aux autres services de l’hôpital. Par contre, pour le temps d’attente des patients, ça ne risque pas de changer grand chose… »

Lors d’une visite des HUS en février 2025, l’ancienne ministre de la Santé Catherine Vautrin avait annoncé la création d’une « mission flash » sur le temps d’attente des pompiers aux urgences des HUS. Le diagnostic avait pour objectif « d’appréhender l’origine des difficultés et d’identifier des leviers qui n’auraient pas encore été mobilisés sous trois spectres : en amont des urgences, au sein du service et en aval du service, c’est à dire dans l’organisation et la gestion des lits de l’hôpital ».

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« En onze ans, plus de 75 000 migrants ont disparu dans le monde »

« En onze ans, plus de 75 000 migrants ont disparu dans le monde »
Julia Black, responsable du programme sur les personnes migrantes disparues à l’organisation internationale sur les migrations.

Des dizaines de milliers de personnes migrantes meurent ou disparaissent pendant leur parcours. Peu sont identifiées et rapatriées à leurs familles. Julia Black, responsable d’une base de données internationale qui documente les disparitions, a répondu à Rue89 Strasbourg.

Depuis 2014, l’organisation internationale pour les migrations, structure liée à l’Organisation des nations unies (ONU), documente dans une base de données les cas de personnes migrantes décédées ou disparues pendant leur parcours. De passage à Strasbourg dans le cadre d’une conférence au Conseil de l’Europe ces 23 et 24 avril, Julia Black, responsable de ce programme, a précisé les enjeux pour les familles qui n’ont plus de nouvelles d’un proche.

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Une « marche de vie » dimanche 27 avril, en soutien « au peuple d’Israël »

Une « marche de vie » dimanche 27 avril, en soutien « au peuple d’Israël »
Lors d’une précédente Marche de vie à Neuf-Brisach.

Une manifestation « contre l’antisémitisme, aux côtés d’Israël » est organisée par un mouvement évangélique dimanche 27 avril à Strasbourg, à l’occasion de la Journée du souvenir de la Shoah.

Un mouvement évangélique organise des « marches de vie » dans plusieurs endroits du monde depuis 2007. L’objectif de ces rassemblements, lancé par le méga-pasteur allemand Jobst Bittner, est de commémorer aux côtés des personnes juives et d’Israël la Journée du souvenir de la Shoah, l’extermination systématique du peuple juif par les nazis. Pour la première fois, une telle marche est organisée à Strasbourg, dimanche 27 avril.

Le départ est prévu à 16h place Kléber pour une dispersion à 18h30 place de la République, en passant par la rue des Grandes-Arcades, la rue des Hallebardes, la rue des Juifs et l’avenue de la Liberté.

Jürg Peter est gérant d’un bowling près de Neuf-Brisach mais aussi pasteur évangélique d’une petite église locale. C’est lui qui coordonne la marche à Strasbourg et même le mouvement des « marches de vie » en France. Il détaille :

« Depuis la résurgence du conflit le 7 octobre 2023 (après une attaque du Hamas contre des civils israéliens, NDLR), on observe un regain des propos et des actes antisémites. Cette marche, c’est pour dire à la communauté juive de Strasbourg que nous sommes à ses côtés. Nous ne reproduirons pas aujourd’hui le silence qui a permis la Shoah. Nous marcherons en silence pour les victimes du conflit. Ce n’est pas une démarche politique de soutien au gouvernement d’extrême-droite de Benjamin Netanyahou. »

Peter Jürg a prévu plusieurs invités pour ce rendez-vous et notamment Simone Polack, rescapée alsacienne de la Shoah âgée de 96 ans pour lancer la manifestation. La marche se conclura avec une cérémonie de « repentance de petits enfants de nazis » venus de Tübingen et des chants en hébreu accompagnés au piano par Bar Zemach place de la République.

Marche « radicale et TransPédéGouine » pour la visibilité lesbienne samedi 26 avril

Marche « radicale et TransPédéGouine » pour la visibilité lesbienne samedi 26 avril
Lors de la marche de la visibilité lesbienne en 2024.

Samedi 26 avril, douze collectifs de Strasbourg appellent à une marche radicale et « TransPédéGouine » à l’occasion de la Journée internationale de la visibilité lesbienne.

L’événement est porté par les collectifs Ascendant Butch, l’Organisation de la solidarité trans (OST) le Front d’action gay de Strasbourg (FAGs) et le FémiGouin’Fest. Cette marche est ouverte à toutes les personnes, quel que soit leur genre ou leur orientation sexuelle, selon un communiqué publié sur les réseaux sociaux. L’objectif de cette manifestation est de rendre visibles les lesbiennes de Strasbourg dans l’espace public.

« Aller au-delà de nos différences »

Ascendant Butch estime que les organisations LGBT existantes ne placent pas assez la politique au centre de leurs combats. L’événement de samedi est donc une « marche politisée », plus revendicatrice que les pride.

Les lesbiennes d’Ascendant Butch demandent une égalité de traitement et la fin des discriminations dont elles sont victimes. Le collectif met également en avant les lesbiennes transgenres, particulièrement agressées par des propos ou des gestes dans l’espace public.

Julie Picard, membre du collectif et présidente du FémiGouin’Fest, explique :

« On veut mettre au centre de la démarche les droits de toutes les lesbiennes, des meufs trans, et aussi des mecs trans. On veut aller au-delà de nos différences, montrer que nos luttes sont intersectionnelles. »

Photo : Charlène Hfr / doc remis

En 2024, les organisatrices de la marche pour la visibilité lesbienne avaient choisi d’en exclure les hommes, ce qui avait soulevé des questionnements de la part de militants et militantes.

Le même jour à 18h, les collectifs ont également organisé un apéro d’après marche au Karmen Camina, avec des tartes flambées, une tombola et un concours de bras de fer jusqu’à 22h. À partir de 23h et jusqu’à 6h30, six DJ sets se relaieront avec notamment trois artistes strasbourgeoises : Veine, Kina Taimani et Pupæ200.

Dans les rues du quartier de la gare, sous l’insécurité, la précarité

Dans les rues du quartier de la gare, sous l’insécurité, la précarité
Gare de Strasbourg le 22 avril 2025.

Depuis 2021, des collectifs d’habitants dénoncent l’insécurité qu’ils ressentent au quartier gare à Strasbourg . Mais dans les rues, c’est l’augmentation de la précarité qui inquiète les habitants et les commerçants historiques.

« On n’a ni travail, ni papiers, ni logement, où voulez-vous qu’on aille d’autre ? » Un trentenaire, noir en t-shirt noir et qui dit s’appeler Kevin, résume ainsi la raison de sa présence quotidienne sur la place Hans-Jan-Arp, devant le musée d’art moderne de Strasbourg, mardi 22 avril. Dix jours auparavant, lors d’une réunion publique sur la sécurité du quartier gare, l’endroit avait été désigné par des habitants comme une source d’insécurité en raison de la présence de personnes noires. La préfecture avait alors assuré « connaître le problème » et y engager des effectifs policiers.

Sur place, les polices municipale et nationale passent plusieurs fois par jour, contrôlent les hommes assis sur les marches ou debout sur le quai. « Moi je viens là pour jouer, pour socialiser, car faire la manche ne sert à rien à part embêter les gens », explique un jeune, les yeux rivés sur son téléphone. Alors quand il voit arriver les voitures de police, parfois par cinq ou six, il donne ses papiers et attend que ça passe. « Ils font leur travail, c’est normal, mais nous n’avons rien à nous reprocher », soupire-t-il.

Musée d'art moderne
Le parvis du musée d’art moderne de Strasbourg, mardi 22 avrilPhoto : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg
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Avec L’enfant comète, Baptiste Cogitore redonne vie au fantôme de Terezin

Avec L’enfant comète, Baptiste Cogitore redonne vie au fantôme de Terezin
Certains chercheurs ont cru pouvoir reconnaître Hanuš Hachenburg sur cette photo de l’orphelinat juif, mais ce n’est pas lui.

Dans son dernier livre, L’enfant comète, Baptiste Cogitore revient sur l’histoire d’Hanuš Hachenburg, un enfant tué par les nazis à Birkenau en 1944 mais qui a écrit plusieurs textes poétiques au cours de sa courte vie.

Claire Audhuy et Baptiste Cogitore ont découvert l’existence d’Hanuš Hachenburg en 2011, lorsqu’elle travaillait sur le théâtre dans les camps de concentration nazis. Depuis, le talent et le destin tragique du jeune poète tchèque n’a cessé de les travailler : Hanuš Hachenburg est né en 1929, interné en 1942 au camp de Terezin, il a écrit des poèmes et des pièces de théâtre avant d’être assassiné à Birkenau en 1944.

Les deux auteurs aux multiples talents (Claire Audhuy est aussi artiste, interprète et metteuse en scène, Baptiste Cogitore est aussi réalisateur) se sont d’abord attachés à éditer les textes d’Hanuš Hachenburg et à réaliser un film documentaire, Le Fantôme de Theresienstadt en 2019.

Une histoire écrasée par l’Histoire

L’enfant comète est un livre d’histoire sur la vie d’Hanuš Hachenburg, que Baptiste Cogitore a scrupuleusement reconstituée pendant dix ans à partir des archives de la République tchèque, des archives familiales (bien que laissé à un foyer en 1938, Hanuš est issu d’une famille aisée de Prague), des écrits de l’auteur et des témoignages disponibles.

Le résultat est une vibrante plongée dans l’Europe centrale en guerre, suivie d’un placement du lecteur comme témoin glacé de l’horreur mécanique des camps de concentration nazis. Autant d’étapes très documentées d’une courte vie, ponctuées par des textes d’Hanuš Hachenburg qui sont autant d’étincelles de talent pur dans ce monde qui s’enfonce dans la barbarie.

La lecture de L’Enfant comète raconte l’éclosion d’un talent brut, une personnalité brillante qui prend immédiatement conscience de sa fin prochaine, et qui choisit d’en rire, qui choisit les mots plutôt que les armes car il savaient qu’ils seraient éternels. Cet acte de foi dans la littérature, à 13 ans, est un témoignage qui résonne encore, 80 ans plus tard.

Des chênes de 200 ans abattus dans la réserve de Sélestat

Des chênes de 200 ans abattus dans la réserve de Sélestat
Des feuilles poussent encore sur cet arbre à terre.

La réserve naturelle de l’Illwald abrite des chênes vieux de plusieurs siècles. Mais la Ville de Sélestat abat certains de ces immenses volumes de bois avant de les revendre. Elle prétexte des risques pour les promeneurs.

Couché sur le sol, le tronc fait presque la taille d’un humain. « Il a peut-être connu Napoléon », pose Étienne, tout en mesurant son diamètre. Cet adhérent d’Alsace Nature peut alors estimer son âge, « mais c’est une valeur à prendre avec des pincettes. On ne sait pas exactement de quelle partie il s’agit ». Avec 1,25 mètre de diamètre, le chêne avait environ 200 ans. Mais le 15 avril 2025, cet arbre colossal gît par terre, en morceaux.

Étienne Bezler mesure 1,25 mètre de diamètre pour ce chêne. Des dimensions qui correspondent à un arbre de 200 ans environ, dans les conditions de la forêt de l’Illwald.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

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Engagée contre les atteintes à l’environnement, la rédaction suit de près les enjeux écologiques et travaille sur les alertes qui lui sont transmises. Sans Rue89 Strasbourg, la pollution de l’eau potable par les pesticides et des projets comme un stade de biathlon dans les Vosges, ou une route sur la colline de Lorentzen seraient bien moins connus des Alsaciens.

Thibault Vetter suit les collectifs militants et les associations qui se mobilisent partout dans la région face aux projets écocides, comme de nouvelles zones d’activités sur des terres cultivables. Il enquête sur diverses sources de pollution, les pesticides, les usines, et leurs impacts sur la santé publique. Un travail de l’ombre, qui nécessite beaucoup de contacts et le décorticage de nombreuses alertes.

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Jeanne Barseghian favorable au droit de vote dès 16 ans

Jeanne Barseghian favorable au droit de vote dès 16 ans
barseghian

La maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian, est parmi les signataires d’une tribune de l’Unicef proposant que soit accordé le droit de vote aux jeunes dès 16 ans pour les élections municipales.

« Les jeunes ont des avis, accordons leur une voix », c’est le titre d’une tribune de l’Unicef publiée dans Ouest France le 17 avril et signée par Jeanne Barseghian (Les Écologistes). La maire de Strasbourg rejoint ainsi les maires de Paris, Lyon, Grenoble, Nancy, principalement des élus de gauche, qui souhaitent abaisser l’âge minimal du droit de vote à 16 ans pour les élections municipales.

Selon le texte de l’Unicef, « abaisser l’âge de vote à 16 ans aux élections municipales permettrait aux jeunes de voter quand ils sont encore dans leur milieu familial et scolaire. Cela encourage la participation électorale et réduit les risques de mal-inscription sur les listes, souvent liée à la mobilité des étudiants, première cause de l’abstention des jeunes ». L’Unicef rappelle que « plus les plus les citoyens prennent l’habitude de voter tôt, plus ils votent durablement et régulièrement tout au long de leur vie ». 

L’Unicef pointe en outre que les « jeunes de 16 ans sont déjà autorisés à travailler, créer et adhérer à une association, conduire, voire de reconnaître un enfant et d’exercer la pleine autorité parentale ». Les maires signataires notent que les jeunes « manifestent, signent des pétitions, se mobilisent en ligne, s’engagent bénévolement » et sont « usagers de la Ville, dont ils pratiquent les services, activités, infrastructures au quotidien »

L’Unicef estime qu’une telle mesure concernerait 1,6 million de personnes.

Des associations de compost plantées par les bornes de biodéchets

Des associations de compost plantées par les bornes de biodéchets
Le compost crée de la coopération entre les habitants.

La mise en place des bornes de ramassage des biodéchets depuis 2022 par l’Eurométropole de Strasbourg impacte la pratique du compost de proximité, gérée par des associations dans les quartiers.

« Les bornes de biodéchets ont un gros impact sur nos sites de compost, on a perdu la moitié de nos déposants », s’inquiète Éric Fries-Guggenheim, membre de l’association Compostra. Depuis 2022, le compost, bien qu’emblématique d’une société écologique et solidaire, est délaissé par les Strasbourgeois et les Strasbourgeoises. En effet, celles et ceux qui compostaient préfèrent désormais utiliser les bornes d’apport de biodéchets, déployées progressivement sur le territoire de l’Eurométropole de Strasbourg. Les associations de quartier, historiquement en charge de structurer la pratique du compost, regrettent le manque d’engouement pour le compostage.

D’un côté, la collecte publique des biodéchets, transportés et transformés industriellement, permet la production de biogaz. De l’autre, le compost associatif est utilisé comme fertilisant pour les sols des espaces verts et des jardins des quartiers. Dans les deux cas, ce sont les déchets issus de la cuisine et du jardinage qui sont transformés.

Une valorisation obligatoire

Depuis 2022, l’Eurométropole met progressivement en place des bornes de biodéchets : 2 400 tonnes de déchets verts et alimentaires ont été collectés en 2023. Au 17 avril 2025, près de 1 450 bornes ont déjà été installées sur les 1 800 prévues pour l’ensemble de la métropole d’ici fin 2025. Seuls quelques quartiers ne connaissent pas encore ces nouvelles bornes, tels que l’Elsau et le Neuhof, déjà peu équipés en matière de gestion de déchets.

Avec ce dispositif, l’Eurométropole applique la loi AGEC (anti-gaspillage pour une économie circulaire) qui la contraint à valoriser ses biodéchets depuis le 1er janvier 2024. Une fois collectés, ils sont envoyés à Oberschaeffolsheim, où le méthaniseur Méthamusau les transforme en biogaz injecté dans le réseau de gaz naturel.

À chaque tournée, près de 9 tonnes de biodéchets peuvent être collectées.

Des composteurs sans compost

L’association Compostra est présente dans les quartiers du Conseil des XV, de l’Esplanade, de Neudorf et de la Musau. Elle met à disposition douze sites de compostage. Si elle réunissait 870 adhérents en 2019, elle n’en compte plus que 430 en 2024. Même constat pour l’association des Compostiers du Landsberg, à Neudorf, qui est passée de 90 adhérents en 2021 à 35 en 2024. Le bilan de l’association Envie de Quartier est plus démonstratif encore : sa présidente, Lilli Papaloïzos se désole :

« On a perdu près de deux tiers de nos membres. Avant les bornes, nous en avions environ 120 membres. Maintenant nous en avons 40. »

En conséquence, la quantité de compost produite a fortement diminué depuis 2022. Lucas Chlémaire, chargé de mission à la Maison du compost, explique :

« Sur certains sites, au lieu de faire trois à quatre transferts par an des matières collectées vers des bacs de maturation, on est passé à un ou deux transferts, voire plus aucun. »

Ce manque de production de compost pèse sur les jardiniers, qui ne peuvent plus l’utiliser comme fertilisant naturel, mais aussi sur le moral des bénévoles, qui « voient moins l’intérêt de s’investir et s’essoufflent« , s’inquiète Lucas Chlémaire. Il constate également « une diminution des échanges entre les habitants ».

Le compost générateur de lien social

« Le compost permet la création de lien social », explique Valérie Vogel, membre des Compostiers du Landsberg, qui décrit également de la solidarité entre les habitants. Les apports de toutes et tous permet ensuite la distribution d’un compost pour les jardins alentours. Parmi eux, des potagers dont la production agricole est elle-même source de partage, tels que le jardin de la rue des Lentilles, dans le quartier de la Petite France.

« Le compost est un concept low-tech, on observe ensemble de quoi est composée la terre de notre quartier », ajoute Valérie Vogel. Avec les autres adhérents, ils découvrent les propriétés du sol au fil des saisons et le travail des vers de terre. Dans le même temps, les pratiques du compost se transmettent, les conseils et les équipements de jardinage s’échangent.

Trop loin, trop contraignants et pas assez accessibles

Les associations sont conscientes que le compostage présente des inconvénients par rapport à la collecte industrielle, qui justifient la baisse de fréquentation observée. Il faut par exemple adhérer à une association de quartier. Cela coûte environ cinq euros et aide à leur gestion, tel que l’équipement en outils – le renouvellement des bacs de compostage est quasi-intégralement financé par l’Eurométropole.

Faute de cotisations suffisantes, Compostra connaît des difficultés de fonctionnement : avant 2022, elle percevait 6 000 euros de cotisations, contre 2 200 euros en 2025. « On se déplaçait, pour rendre service à nos adhérents, mais on ne peut plus le faire comme avant », déplore Éric Fries-Guggenheim.

Autre inconvénient : selon les associations, les bacs de dépot de compost ne sont pas accessibles en permanence. Olivier, membre de l’association « Petite France », le regrette :

« On ne peut déposer nos déchets que pendant les permanences, les samedis avant midi. J’ai bien compris l’intérêt du compost, mais ça reste sacrément contraignant. »

Les valeurs de coopération et de solidarité mises en avant par les associations ne suffisent plus à convaincre, face à la facilité d’accès des bornes. Celles-ci fonctionnent comme des poubelles de tri et sont accessibles 24h/24, sept jours sur sept. Lilli Papaloïzos, présidente d’Envie de quartier, s’en désole :

« Tout le monde est paresseux. La baisse de fréquentation montre que la facilité prime sur la prise de conscience d’un cercle vertueux. »

Les mythes du compostage

Une autre entrave au compostage est le tri entre les déchets verts et les déchets alimentaires. Certaines associations refusent ainsi la viande, le pain ou les agrumes dans leurs bacs de dépot… Tandis qu’aux bornes de collecte, les habitants peuvent déposer tous leurs biodéchets, sans distinction.

Pour échapper à cette contrainte, la Maison du Compost a effectué des essais sur les différentes matières compostables. Elle assure ainsi qu’en effectuant certains gestes, tous les déchets alimentaires sont compostables, comme le revendique Lucas Chlémaire :

« On peut composter les agrumes et les condiments. On dit que la viande attire les rats, mais les rongeurs sont tout autant attirés par les légumes. »

Fort de ces résultats, le chargé de mission a tenté de convaincre les associations de quartier d’élargir le compostage à l’ensemble des déchets originaires des cuisines. Mais malgré sa tentative, certaines restent sceptiques et préfèrent conserver leurs pratiques.

Le compost de proximité ne peut pas être la seule solution

L’avantage principal du compost réside dans sa valorisation de proximité. En effet, les déplacements du compost restent locaux et nécessitent très peu d’énergie. La méthanisation quant à elle permet la production de biogaz et celle d’un digestat (composé d’éléments organiques et de minéraux, pouvant être utilisé comme fertilisant sur les sols agricoles).

Selon une étude de 2019, commanditée par l’agence de la transition écologique, « les bénéfices environnementaux potentiels » sont plus nombreux dans les processus de méthanisation que dans ceux du compostage industriel. Même si les deux techniques ont des impacts sur l’environnement, le rapport coût-bénéfice est plus avantageux dans la méthanisation.

Les deux méthodes peuvent cependant coexister. Car les associations interrogées savent ne pas être capables de traiter l’entierteté des biodéchets des habitantes et habitants de l’Eurométropole. Eric Fries-Guggenheim, de Compostra, estime le « flux annuel à 26 000 tonnes de déchets originaires des cuisines. En ajoutant les déchets verts, créés par les jardins, on arrive à 45 000 tonnes de biodéchets en tout ». Sur les sites de compostage, les associations ont traité 200 tonnes de biodéchets en 2023, soit 0,9% du flux annuel.

Malgré tout, les activités liées au compostage parviennent à se maintenir avec difficulté sur les différents sites. Eric Fries-Guggenheim s’inquiète pour le futur de La Maison du Compost :

« Avec la baisse de fréquentation, on craint que la convention annuelle d’objectifs (une aide financière délivrée par l’Eurométropole à La Maison du Compost, NDLR) disparaisse. »

Derrière la vente du Parc du Petit Prince, onze ans de soutien public qui font toujours débat

Derrière la vente du Parc du Petit Prince, onze ans de soutien public qui font toujours débat
Une vue aérienne du Parc du Petit Prince.

Le Parc du Petit Prince, situé à Ungersheim dans le Haut-Rhin, bénéficie depuis 2014 d’un foncier à bas prix, grâce au soutien de la Collectivité d’Alsace, de la région Grand Est et de l’agglomération de Mulhouse. Le rachat du parc par le groupe Ptak risque de relancer le débat.

De toutes les attractions du Parc du Petit Prince, c’est peut-être celle qui a convaincu le groupe polonais Ptak de racheter l’entreprise : le loyer. Comme l’indique le bail emphytéotique, la société Aéroprince doit s’acquitter de 24 000 euros par an pour 24 hectares de terrain et quelques bâtiments, plus une part variable de 4% sur le chiffre d’affaires hors taxes, hors restauration, boutiques et subventions, s’il excède 2,4 millions d’euros. En 2023, le parc a payé 32 750 euros pour son loyer annuel, c’était le montant record.

Ce généreux bailleur, c’est le Symbio, un syndicat mixte formé par la Collectivité d’Alsace, l’agglomération de Mulhouse et la Région Grand Est. Cette structure publique a été créée après le fiasco du Bioscope, un parc de loisirs dédié à l’environnement, liquidé en 2012 après que les collectivités publiques y ont investi plusieurs millions d’euros. Dès 2014, le Symbio devait accompagner la relance du site avec le Parc du Petit Prince, porté par la société Aérogroupe. Il lui loue 24 des 50 hectares dont il est propriétaire. Les 26 hectares restants sont un espace naturel, non exploité.

Situé à moins de 100 km d’Europa Park, le plus grand parc d’attractions d’Europe, le Parc du Petit Prince qui s’est spécialisé dans les ballons captifs a compté 155 000 visiteurs en 2023, contre 85 000 à ses débuts. Une belle progression mais l’exploitation du parc a longtemps été déficitaire. Ce n’est que vers 2021 qu’il est devenu rentable, après notamment une baisse du nombre de jours d’ouverture.

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