Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Le planning familial ouvre une cagnotte pour les Strasbourgeoises qui doivent avorter aux Pays-Bas

Le planning familial ouvre une cagnotte pour les Strasbourgeoises qui doivent avorter aux Pays-Bas

De nombreuses femmes sollicitent le planning familial 67 et demandent une Interruption Volontaire de Grossesse hors délai légal. L’association lance un fond de solidarité pour leur permettre de payer l’IVG et le voyage aux Pays-Bas, où l’avortement est autorisé jusqu’à 22 semaines de grossesse, contre 14 en France.

Le Parlement a adopté, le 23 février 2022, une proposition de loi qui allonge le délai légal pour l’intervention volontaire de grossesse (IVG) en France. Il passe de 12 à 14 semaines de grossesse. « C’est bien, mais c’est loin d’être suffisant. On est entourés de pays qui font bien mieux », résume Éléonore, une Strasbourgeoise qui a dû avorter à Amsterdam à 19 ans, après avoir appris qu’elle était enceinte de 14 semaines justement. Le délai légal pour l’IVG est de 22 semaines aux Pays-Bas et de 24 semaines en Angleterre.

Une cagnotte pour des IVG hors délai français

Vendredi 4 mars, le planning familial du Bas-Rhin a mis en ligne une cagnotte de solidarité pour aider les femmes qui doivent avorter hors délai dans d’autres pays. « Malheureusement, cette démarche risque de rester utile encore longtemps. Les choses avancent très lentement. Le bras de fer a été rude à l’Assemblée nationale (avec l’opposition à l’allongement du délai des députés de droite, NDLR) pour ce petit acquis », estime Claire, animatrice au planning familial à Strasbourg. Elle est régulièrement contrainte d’accompagner des Strasbourgeoises dans leurs démarches pour qu’elles puissent avorter hors délai aux Pays-Bas :

« Nous avons deux cas récurrents : les femmes qui ont fait un déni de grossesse au-delà de 12 ou 14 semaines, et les personnes dans des situations sociales difficiles, qui subissent des violences ou des viols par exemple. Une multitude de raisons peuvent les pousser à avorter. Il s’agit souvent de femmes jeunes ou précaires, qui n’ont pas les moyens de payer l’IVG non remboursée à l’étranger et le voyage. »

Les femmes qui veulent avorter hors délai doivent débourser rapidement une grosse somme d’argent. Photo : New voices / public domain / cc

Un soutien financier indispensable

Le planning familial dispose d’une liste des cliniques des autres pays qui pratiquent l’IVG, avec le prix des interventions. Aux Pays-Bas, elles coûtent entre 780 et 965 euros selon le stade de la grossesse. « Avec le trajet et l’hébergement, un avortement hors délai pour une Strasbourgeoise qui va aux Pays-Bas coûte jusqu’à 1 400 euros », indique Claire.

L’IVG d’Éléonore date de janvier 2009. En 2022, à 35 ans, elle en parle sereinement. Quand sa gynécologue lui a annoncé qu’elle avait fait un déni partiel de grossesse et qu’elle était enceinte depuis 14 semaines, elle avait 19 ans. « Je n’étais pas prête, ni matériellement, ni psychologiquement, pour accueillir un enfant. J’étais effondrée, écrasée par l’événement », confie-t-elle.

Une animatrice du planning familial l’a alors orientée vers une clinique des Pays-Bas, où l’intervention lui a coûté « 812 euros ». Elle raconte qu’elle a pu réunir, en mobilisant toutes ses ressources, 600 euros, et prendre en charge le trajet. Le planning familial lui a fourni une aide de 212 euros. « À Amsterdam, il neigeait. Je me préparais à dormir dans la gare la veille de l’avortement, mais des Hollandais m’ont accueillie chez eux parce qu’ils m’ont vue seule », relate-t-elle.

Chaque année, entre 3 et 5 000 Françaises obligées d’avorter à l’étranger

Aujourd’hui, malgré l’allongement du délai, Éléonore aurait vécu la même situation puisque son déni de grossesse a duré 14 semaines. Il y a aussi des femmes qui découvrent qu’elles sont enceintes depuis 19 ou 20 semaines. D’après Claire, du planning familial, le cas d’Éléonore est loin d’être isolé :

« L’antenne Grand-Est du 08 00 08 11 11, numéro de conseil du planning familial, a compté 43 appels en 2021 pour des IVG hors délai. La même année, au planning familial de Strasbourg, dont le centre se trouve au 13 rue du 22 novembre, nous avons accompagné sept femmes jusqu’au bout de leurs démarches pour qu’elles bénéficient d’une IVG hors délai aux Pays-Bas. Il y a aussi de nombreuses femmes qui se débrouillent seules, en trouvant les informations sur internet. »

L’association estime qu’en France, entre 3 000 et 5 000 femmes sont obligées d’avorter dans d’autres pays. « Et il y a aussi toutes celles qui ne peuvent pas se le permettre, et qui n’avortent pas, d’où la nécessité de visibiliser notre fond de solidarité », ajoute Claire :

« Il faut que les femmes sachent que cette possibilité existe, pour qu’elles la prenne en compte dans leur réflexion si elles apprennent qu’elles sont enceintes. »

« Le planning familial limite la casse »

Le planning familial demande que le délai pour l’IVG en France soit au moins de 22 semaines, comme aux Pays-Bas. Aussi, en théorie, au cas par cas, en France, un collège de médecins peut valider une demande d’IVG hors délai sur la base de critères psychologiques et sociaux. « Pour l’instant, ce collège n’offre la possibilité d’avorter hors délai que dans de très rares cas, et la démarche est longue. Nous demandons que cette solution devienne opérationnelle », observe Claire. Éléonore dénonce l’absurdité de la situation en France :

« Les femmes avortent, que ce soit légal ou pas. Là, au final, la situation en France empêche juste celles qui voudraient mais qui n’ont pas les ressources de faire le voyage. Et le planning familial est obligé de limiter la casse, depuis des années. Tout aurait été tellement plus simple si j’avais été prise en charge à Strasbourg. »

À Strasbourg, le silence des institutions russes sur la guerre et une tentative d’influence

À Strasbourg, le silence des institutions russes sur la guerre et une tentative d’influence

Depuis le début de la guerre en Ukraine, les principales institutions russes de Strasbourg ne s’expriment pas ou peu sur le conflit. À l’attention des diplomates de Strasbourg, la représentation de la Russie au Conseil de l’Europe, qui a été suspendue de ses droits, diffuse une newsletter qui se fait le relais de la propagande russe.

Les sanctions s’accumulent dans les pays d’Europe à l’encontre des institutions russes accusées de reprendre la propagande du régime de Vladimir Poutine. La première a eu lieu à Strasbourg dès le lendemain des premiers bombardements sur Kiev, vendredi 25 février. Le Conseil de l’Europe avait décidé la suspension de la représentation permanente de la fédération de Russie. Cette représentation, située allée de la Robertsau, fait partie de l’assemblée des 47 pays membres du Conseil de l’Europe. Comme les autres institutions russes établies à Strasbourg, ses représentants observent un silence de façade à propos du conflit ukrainien.

La représentation russe au Conseil de l’Europe s’exprime sur Twitter

Cette suspension « temporaire » signifie que les représentants russes ne pourront plus faire partie du Comité des ministres, qui représente les gouvernements au Conseil de l’Europe et a pour rôle de faire appliquer les arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Les représentants russes ne pourront également plus prendre part à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, qui est un organe de discussion et de débat sur les enjeux européens et mondiaux entre les représentants issus des parlements nationaux. En revanche, le juge russe à la CEDH est toujours en place et les ressortissants peuvent le saisir.

Suite à cette suspension, la représentation russe s’est exprimée dans trois tweets accusant notamment une décision prise dans une « totale hystérie ». Un député russe est cité désignant cette décision comme « un pas de plus vers la création d’un nouveau « rideau de fer », la barrière qui séparait le bloc d’influence soviétique du monde occidental pendant la Guerre Froide. Contactée par Rue89 Strasbourg, la délégation n’a pas répondu à notre sollicitation, en expliquant que ses employés étaient exclusivement russophones.

Une newsletter pro-russe quotidienne aux diplomates internationaux

Lundi 28 février, quatre jours après le début de l’invasion, la représentation permanente a commencé à diffuser une newsletter à destination des autres représentations et consulats présents à Strasbourg. Dans un premier mail envoyé le 28 février à 5h22, la représentation russe annonce vouloir distribuer « un bulletin d’information quotidien, dont l’objectif principal est de [vous] dire la vérité sur le cours des événements en Ukraine, de démontrer clairement et d’exposer la propagation massive de fausse informations en vous fournissant les informations les plus importantes, des preuves factuelles. »

Ces documents, que Rue89 Strasbourg a pu consulter, communiquent sur les positions de la Fédération de Russie et de ses différentes institutions. La structure des envois, en anglais et avec quelques passages en français, est plus ou moins la même d’un jour sur l’autre. Une première partie présente des citations des représentants politiques russes qualifiant les sanctions européennes de « discriminatoires » et « complètement politisées ». Une deuxième partie expose, avec beaucoup de détails et d’images du conflit armé, des faits présentés invariablement comme des « crimes de guerre de l’armée ukrainienne ».

Les sources citées sont pour la plupart des médias et des agences de presse russes. Il y a par exemple l’agence de presse russe TASS, qui a été bannie de l’Agence européenne des agences de presse (EANA) le 27 février. L’Agence a considéré que TASS se trouvait « en violation des statuts de l’Alliance, ne pouvant pas fournir d’informations impartiales, qui sont au cœur de la déclaration de l’EANA ».

Enfin, une dernière partie liste des bombardements et des attaques russes comme des « fake news ». Pour cette partie, certains médias occidentaux, comme la BBC ou les DNA sont cités. Certaines éditions mentionnent des actes de « russophobie » comme la suspension des médias gouvernementaux Russia Today et Sputnik, ou encore que la Fédération internationale féline suspend de ses compétitions les chats ayant grandi en Russie.

La représentation permanente russe jouxte le Conseil de l’Europe. Photo : Google street view

Pour le Patriarcat de Moscou à Strasbourg, la guerre est une « opération militaire »

Près du parc de l’Orangerie, l’église orthodoxe russe « Tous les Saints » est aussi un lieu important pour la communauté russe à Strasbourg. Elle est rattachée au Patriarcat de Moscou, historiquement proche du régime russe. L’édifice religieux a d’ailleurs été inauguré le 26 mai 2019 par le patriarche Kirill, chef de l’église orthodoxe russe et proche de Vladimir Poutine. Depuis Moscou, le patriarche a récemment pris position sur la guerre en Ukraine en qualifiant de « forces du mal » la résistance en Ukraine.

Sur sa page Facebook, l’église strasbourgeoise a publié un communiqué qualifiant l’invasion russe « d’opération militaire » en Ukraine et faisant état de bombardements ukrainiens ciblant les civils dans le Donbass, en phase avec les termes employés par le régime russe pour justifier l’invasion. Contactée par Rue89 Strasbourg, l’église orthodoxe affirme ne pas être financée par le régime de Moscou. En outre, son représentant ecclésiastique Philipe Ryabykh, qui est aussi représentant du Patriarcat de Moscou au Conseil de l’Europe, ne souhaite pas en dire davantage :

« Nous sommes une communauté religieuse qui s’occupe de la vie spirituelle. En ce moment, nous ne voulons que nous concentrer sur la prière pour la paix et sur le soutien spirituel pour nos fidèles de différentes origines. Nous ne voulons pas répondre aux allégations et aux provocations politiques. »

L’église orthodoxe russe à Strasbourg. Photo : Evan Lemoine / Rue89 Strasbourg / cc

Le Consulat de Russie ne communique pas

Le Consulat de Russie, situé place Sébastien-Brant, n’a pas communiqué sur la guerre en Ukraine. Sur son site, la plupart des rubriques de documentation ne sont plus accessibles. Certains liens restent néanmoins fonctionnels, vers des portails sur l’art de vivre ou touristiques comme « Russia Travel ». Le vendredi 25 février, le bâtiment avait été tagué par des croix gammées au deuxième jour du conflit. L’auteur a été condamné à une amende 300 euros pour les dégradations, puis s’être battu avec le directeur départemental adjoint de la sécurité publique.

Le consulat est protégé par une ceinture de barrières à plusieurs mètres des grilles depuis l’offensive russe. Photo : Evan Lemoine / Rue89 Strasbourg / cc

Contacté par Rue89 Strasbourg, le Consulat de Russie n’a pas souhaité communiquer, au prétexte, comme à la représentation permanente, que ses agents sont exclusivement russophones.

Anton Shekhovtsov, directeur du centre pour l’intégrité démocratique à Vienne et Ukrainien, explique ce silence par une forme de « loyauté » des salariés russes à l’étranger vis-à-vis du Kremlin :

« Les personnes qui représentent la Russie dans les autres pays ne sont pas forcément bien formés. Certains ont des diplômes mais qui viennent d’universités russes peu cotées. Ils ne sont pas choisis pour leurs compétences mais davantage parce qu’ils sont loyaux. S’ils ne restent pas fidèles au poste auquel la Russie les emploie, ils ne seront de toutes façons pas embauchés ailleurs. Donc il n’y a aucune raison qu’ils s’expriment sur le sujet. »

#consulat de Russie#église orthodoxe russe

Strasbourg au cœur de l’aide humanitaire de la France pour l’Ukraine

Strasbourg au cœur de l’aide humanitaire de la France pour l’Ukraine

Le premier convoi d’ampleur de la Protection civile, mandatée pour organiser la réponse humanitaire de la France face à la guerre en Ukraine, a pris la direction de la Pologne. Un grand nombre de dons seront acheminés jusqu’à Strasbourg avant des départs groupés de volontaires.

Strasbourg devient la base avancée de l’organisation de l’aide humanitaire française à destination de l’Ukraine. C’est dans un hangar mis à disposition par le Port autonome que la Protection civile regroupe les dons de la France entière, notamment ceux accumulés dans les mairies.

Un premier convoi de 13 véhicules, 9 camions et 4 quatre autres voitures pour encadrer la trentaine de volontaires, est parti vers 9 heures du matin. L’équipe devrait arriver lundi à Lublin en Pologne, près de la frontière ukrainienne. La mission des bénévoles de l’association, venus de toute la France, est prévue pour une semaine environ. Il s’agit de personnes retraitées ou de salariés en congés qui ont déjà participé à d’autres opérations d’aide aux populations en France. Dans les semi-remorques, on retrouve du matériel médical, des produits d’hygiène, notamment à destination des nouveau-nés, des vêtements ou de la nourriture.

« Nous sommes reconnaissants de la solidarité et de l’aide humanitaire apportées par les communes d’Alsace et de toute la France », a salué Borys Tarasyuk, ambassadeur d’Ukraine auprès du Conseil de l’Europe, avant le départ.

Dans la retenue, les nombreux élus locaux présents pour ce moment (Jeanne Barseghian, maire de Strasbourg, Pia Imbs présidente de l’Eurométropole, Jean Rottner président de la Région Grand Est, Vincent Debes, président de l’association des maires du Bas-Rhin, Jean-Philippe Maurer, vice-président de la Collectivité d’Alsace) ont surtout pu écouter les problématiques à venir. « Le souci qu’on va avoir, c’est le stockage », relève notamment Jean-Daniel Schell, vice-président de la Protection civile du Bas-Rhin. Autre défi à venir, disposer de suffisamment de camions et de chauffeurs pour des rotations à 1 400 kilomètres de l’Alsace, à raison de deux fois par semaines.

Le hangar a encore de la place… pour le moment. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
Le convoi s’est élancé dimanche 6 mars. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg

Rassemblement en soutien à l’Ukraine dimanche

Rassemblement en soutien à l’Ukraine dimanche

Alors que l’armée russe progresse au sud et à l’est de l’Ukraine, la communauté ukrainienne de Strasbourg appelle à un nouveau rassemblement de soutien à leur pays, dimanche 6 mars devant le Consulat de Russie à Strasbourg.

Malgré la résistance de l’armée et des habitants ukrainiens, l’armée russe poursuit son invasion du pays entamée jeudi 24 février, frappant régulièrement les civils parfois même à coups de missiles. La communauté ukrainienne de Strasbourg appelle à un nouveau rassemblement de soutien, dimanche 6 mars à 15h, cette fois directement devant le Consulat de Russie, place Sébastien-Brant.

Rassemblement devant le consulat de Russie, samedi 26 février Photo : Evan Lemoine / Rue89 Strasbourg / cc

La mobilisation en faveur de l’Ukraine se poursuit. Depuis Strasbourg, de plus en plus d’organisations, dont de nombreuses communes alsaciennes, rejoignent la coordination envoyant régulièrement des convois humanitaires vers l’Ukraine en passant par la Pologne (voir notre article dédié). Des premières familles réfugiées d’Ukraine sont arrivées à Strasbourg. Samedi, des Russes vivant à Strasbourg ont manifesté contre la guerre menée par leur pays, un geste courageux étant donné les représailles dont sont victimes les citoyens russes lorsqu’ils s’expriment contre la politique de Vladimir Poutine.

#consulat de Russie

« C’est difficile de mobiliser les gens, à notre âge », les premiers pas engagés d’adolescentes féministes

« C’est difficile de mobiliser les gens, à notre âge », les premiers pas engagés d’adolescentes féministes

Dimanche après-midi à Strasbourg, doit avoir lieu une marche de lutte pour le droit des femmes. Parmi les structures organisatrices, une petite nouvelle : la Main violette. Récemment débarquée à Strasbourg, cette association d’adolescentes vise à sensibiliser les collégiens et lycéens aux violences sexistes.

Peinture violette, cartons et t-shirts disposés autour d’elles, cinq membres de la Main violette se sont réunies pour la première fois le week-end du 26 au 27 février. La plupart ne se connaissent pas, mais elles ont un but en commun : implanter une antenne de la jeune association à Strasbourg pour dénoncer les violences sexistes chez les adolescents. 

« La Main violette est faite par et pour les jeunes. C’est un mouvement horizontal dans lequel on se reconnaît, car il est porté par des personnes de notre âge qui vivent aussi souvent leur premier engagement politique », résume Louane (prénom modifié à sa demande), 15 ans. 

À ses côtés, Émilie embraye :

« J’ai découvert la Main violette sur TikTok. Les membres ont commencé à multiplier leurs vidéos dans lesquelles elles témoignent de comportements sexistes pendant le confinement. J’ai trouvé le mouvement intéressant, car on ne parle pas forcément des violences faites aux femmes chez les plus jeunes et ceux là ne sont pas forcément informés. J’ai ensuite suivi leur compte Instagram et j’ai commencé à assister à des réunions en visio. On s’est rendu compte qu’on était plusieurs de Strasbourg et on a décidé d’ouvrir une antenne. »

Émilie, 15 ans
Les premières membres de la Main violette viennent de lycées différents : Kléber, Jean Sturm ou encore Marie Curie. Photo : ACC / Rue89 Strasbourg / cc

Émilie et Louane sont élèves en seconde dans des lycées différents. Avec l’aide de militantes d’autres villes, elles ont créé un compte Instagram et organisé un premier direct de présentation en février.

En ce dimanche après-midi de fin février, elles ont pour la première fois donné rendez-vous à leurs premières recrues au parc des Contades. L’objectif : faire connaissance, signer les adhésions et préparer leur première participation à une manifestation en tant que collectif, dimanche 6 mars.

« On en a assez d’être insultées et humiliées »

Cette manifestation sera une première pour la plupart d’entre elles. Un carton sur les genoux, un pinceau enduit de peinture violette à la main, Louane explique: « C’est important pour nous de participer, de pouvoir dire qu’on est exposées très jeunes à des gestes sexistes du quotidien, qui peuvent aller jusqu’à la violence conjugale ».

Pendant l’atelier, Sue, 17 ans, aborde avec les autres participantes plusieurs sujets: la mixité choisie, la place des hommes dans le féminisme ou encore la représentation des femmes dans le rap. Photo : ACC / Rue89 Strasbourg / cc

Tout en cherchant des slogans à inscrire sur leurs pancartes, les participantes partagent les expériences qui les ont poussées à s’investir dans la cause féministe. Elles mentionnent des remarques, des gestes déplacés qu’elles subissent à l’école, dans la rue et parfois même dans leurs familles et qui peuvent venir aussi bien des autres élèves que des adultes.

Émilie détaille :

« J’en ai marre que ma CPE me dise que je m’habille comme une pute, et que du coup, c’est “normal” que je me fasse harceler dans la rue ou au lycée. C’est compliqué de voir que même certaines femmes ne sont pas solidaires. Heureusement, j’ai le soutien de ma mère. Savoir que ses filles se font embêter dans la rue, ça l’énerve. »

Sue, 17 ans, est plus âgée et regrette le paradoxe dans lequel la force à vivre la « société patriarcale » :

« Quand mes amies et moi, on rentre alors qu’il fait nuit, on se sent parfois obligées de demander à des garçons de nous raccompagner. Aujourd’hui, l’homme est soit l’agresseur, soit le sauveur, alors qu’il ne devrait être ni l’un ni l’autre. »

« On est obligé de s’éduquer sur les réseaux sociaux, car on aborde pas assez les sujet du genre et des discriminations à l’école », résume Émilie. Photo : ACC / Rue89 Strasbourg / cc

Une association, 12 antennes

Le mouvement de la Main violette est né à Orthez dans les Pyrénées Atlantiques, en 2019. Manon Coste, une lycéenne de 18 ans, décide alors de sensibiliser les jeunes aux violences sexistes et commence à porter un t-shirt blanc avec une main violette positionnée au niveau du cœur. La main symbolise la violence, notamment celle des coups. Le violet est la couleur du féminisme.

À ce geste symbolique s’ajoute des rencontres et des interventions dans des classes de collège ou de lycée, des stands d’information et l’organisation de manifestations. En 2021, des antennes ont ouvert dans toute la France. Elles sont à ce jour au nombre de 12 : à Dijon, Lyon, La Réunion, Narbonne, Nantes, Orthez/Pau, Strasbourg, Toulouse, Tarbes et en Corse.

Les nouvelles participantes peuvent emmener un t-shirt blanc ou l’acheter aux organisatrices pour ensuite y peindre une main violette au niveau du coeur. Photo : ACC / Rue89 Strasbourg / cc

À Strasbourg, Louane, Émilie et une dizaine de leurs amies ont porté une première fois le t-shirt le 3 février, dans deux lycées. « Les autres élèves venaient me voir pour me demander ce que ça signifiait, ils écoutaient mon explication puis repartaient », raconte Émilie, un peu déçue que ça n’ai pas provoqué plus de réaction. 

Militer à 15 ans

Louane a eu un peu plus de retours et a vendu plusieurs t-shirts, dont un à un garçon de sa classe. « C’est plutôt fort, symboliquement », se réjouit-elle. Mais elle se heurte tout de même à la difficulté de lancer un mouvement auprès des plus jeunes :

« C’est difficile de mobiliser les gens à notre âge. Ils sont rarement politisés, ne voient pas forcément à quoi nos actions peuvent servir et disent qu’ils ont autre chose à faire. Mais on reste positives ! Un groupe de dix collégiennes nous a contactées et on sait qu’on sera déjà plus nombreuses bientôt. »

Les différentes antennes de la Main violette échangent régulièrement entre elles et font une réunion, tous les dimanches qui suivent l’action du premier jeudi du mois pour faire un « debrief ». (Photo ACC / Rue89 Strasbourg / cc)

Louane souhaiterait également commencer les interventions dans les classes, mais appréhende la rencontre avec son proviseur : « Moi aussi, je suis encore jeune et j’avoue être un peu intimidée par les démarches plus officielles. Je pense prendre contact avec la direction quand on sera plus nombreuses à porter le projet dans mon lycée. » 

Plusieurs associations féministes strasbourgeoises leur ont proposé de participer à l’organisation de la marche du 6 mars et de signer l’appel à manifestation. Une première marque de reconnaissance.


Le festival des Giboulées, un laboratoire pour marionnettes et du théâtre d’objets

Le festival des Giboulées, un laboratoire pour marionnettes et du théâtre d’objets

Les Giboulées de mars font leur grand retour. Le festival emblématique du TJP Centre Dramatique National de Strasbourg Grand Est revient avec de nombreux événements répartis entre le 4 et le 19 mars. Ces quelques 22 spectacles prennent des formes diverses, créatives, et toujours surprenantes.

Pour sa dernière édition des Giboulées en tant que directeur du TJP Centre Dramatique National de Strasbourg Grand Est, Renaud Herbin a souhaité valoriser la dimension onirique des artistes. La programmation, riche, est accessible pour toutes les générations. Et les adultes trouvent leurs compte dans des spectacles jeune public entiers et dense, aux multiples niveaux de lecture.

La marionnette s’agite avec douceur

Connu pour son implication dans les arts de la marionnette, le théâtre place toujours cette discipline au cœur des Giboulées. Le directeur présente plusieurs créations de sa main, et notamment Quelque chose s’attendrit, qui incarne parfaitement le ton que Renaud Herbin semble avoir voulu donner à cette édition. Dans cette performance, la marionnette et l’optique s’associent pour créer un spectacle intimiste. Le poème glisse dans un murmure, tandis que les mouvements du petit pantin, retourné à travers une lentille, perturbe les perceptions du public. La pesanteur perd peut à peu son sens, hésitant entre ascension et chute.

Les marionnettes gardent une place de choix dans le festival Photo : Benoît Schupp

Dans un esprit similaire, Le Grand Souffle se permet de sortir les grands moyens. Une marionnette d’homme à taille réelle se retrouve suspendue par toute une série de cordages, accompagnés de projections vidéos. Plongé sur une côté bretonne, le public découvre ce corps noirci, tuméfié, d’un naufragé qui recommence à marcher sous l’impulsion du vent.

Bien évidemment, le plus célèbre des pantins s’invite dans l’imaginaire des marionnettistes. Avec Pinocchio (live) #2 le conte original est retourné : ce sont les humains qui deviennent objets. Une dizaine d’élèves du Centre chorégraphique de Strasbourg sont peu à peu modelés en pantins inertes et percés de fils. Perturbant détournement de la magique qui change en véritable petit garçon, ce spectacle glisse discrètement la question de la forme humaine, et de ses frontières.

Le célèbre pantin réadapté au TJP. Photo : Paulina-pisarek

Transdisciplinaires, les Giboulées visent large

Festival éclectique par excellence, ce temps fort est l’occasion de prendre des nouvelles des dernières innovations du spectacle vivant. Tout à la fois laboratoire et foire aux arts, les Giboulées accueillent volontiers les expérimentations de ses participants. Le théâtre d’objet sera très présent. Dans Ici et là une maison se transforme au gré du temps et des envies de sont étrange occupante. Des sons curieux émergent de la boite protéiforme. Des images surgissent, un arbre pousse. La divinité des bois agence sont intérieur avec un goût qui lui est propre, et qui sollicite tous les sens.

Lieu rêvé des plasticiens, les scènes se couvrent d’environnement mystérieux. Une accumulation de ruines accueille Le Gonze de Lopiphile, avec un impressionnant amoncellement de débris. Un acrobate, un musicien et un acteur enquête dans ces ruines, cherchant à recomposer leur archéologie. L’égarement semble inévitable à mesure que le trio se plonge dans le passé obscure du lieu, et de son devenir. La mise en danger permanente d’un spectacle aussi chaotique est au cœur même de l’expérience.

Le spectacle Ici et là est une illustration du théâtre d’objets Photo : Olivier Guillemain

De nombreux rendez-vous rythmeront les festivités. Quelques plateaux radios seront l’occasion de discuter autour des spectacles, du geste artistique et du parcours des créateurs et créatrices. Une soirée d’hommage au fondateur du théâtre, André Pomarat, disparu en 2020, se tiendra le 15 mars.

Deux soirée DJ set seront animées par Valimir Spoutnik, bien connu du public strasbourgeois. Claire Faravarjoo, qui représente dignement Strasbourg sur la scène pop, résonnera dans le festival. Avec sa profusion de propositions, ces Giboulées comptent bien rassembler le public dans des salles toujours peu remplies, dans la continuité de la pandémie. L’amélioration de la situation et la levée prochaine des restrictions sanitaires pourraient jouer de concert pour fêter dignement les retrouvailles au sein du théâtre.

Au cinéma L’Odyssée, la fin du règne de Faruk Günaltay

Au cinéma L’Odyssée, la fin du règne de Faruk Günaltay

Du changement à venir à L’Odyssée. La Ville de Strasbourg va proposer au conseil municipal qu’une nouvelle association pilote le cinéma municipal : Le Troisième Souffle. Cette association proposait jusqu’alors des séances de cinéma en plein air durant les beaux jours.

Rebondissement dans la saga de L’Odyssée. La délégation de service public (DSP) de ce cinéma municipal situé en plein centre-ville de Strasbourg était confiée depuis 1992 à l’association des Rencontres cinématographiques d’Alsace (RCA) et à son emblématique directeur, Faruk Günaltay (lire notre enquête).

Après l’étude des trois dossiers de candidature déposés (lire notre article) par les services administratifs de novembre 2021 à janvier 2022, la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian (EELV) proposera au conseil municipal du lundi 21 mars que l’association du Troisième Souffle reprenne la gestion opérationnelle de L’Odyssée. L’annonce a eu lieu lors d’une conférence de presse précipitée vendredi 4 mars au centre administratif afin d’éviter les fuites.

La grande salle rénovée du cinéma Odyssée Photo : Wikimedia Commons / cc

Cette association a obtenu le meilleur score à l’issue du processus d’instruction auquel n’a participé aucun autre élu que Christian Brassac, conseiller municipal délégué à l’achat et à la commande publique. Ce dernier, épris de rigueur selon ses propres mots, avait surtout pour mission d’assurer la solidité juridique de ce processus, afin de prémunir la Ville des recours éventuels provenant des autres candidats. Ambiance.

90 points sur 100 pour Le Troisième Souffle

Le Troisième Souffle a donc répondu à tous les critères du cahier des charges qui avait été remis aux candidats, puisque cette association, connue jusqu’alors pour organiser des séances de cinéma en plein air, a obtenu la note de 90,5 sur 100. Cinémascoop, l’association en partie issue du Festival du film fantastique, a obtenu 83,7 points sur 100 tandis que les RCA n’ont obtenu que 69,2 points. Les RCA ont perdu des points dans les catégories « travail en direction des publics », « utilisation des espaces » et « promotion, communication. »

Le changement de gérance n'aura pas lieu immédiatement, en raison du Covid, la durée de la précédente délégation a été étendue jusqu'en avril 2022. S'en suivra alors une période de travaux au sein du cinéma (800 000 euros) et de transition pour permettre au Troisième Souffle de mettre en place son équipe, le cinéma devrait rouvrir à l'automne 2022 avec un nouveau nom (L'Odyssée étant une propriété intellectuelle des RCA), sa nouvelle programmation et sa nouvelle équipe. Il s'agira d'une société coopérative.

Changement de méthode

Jeanne Barseghian a tenu à "dépolitiser" l'attribution de cette délégation, elle a entièrement confié l'instruction des dossiers de candidatures aux services administratifs de la Ville en prenant l'engagement de s'en remettre à leur recommandation. Ni l'adjointe en charge de la Culture Anne Mistler ni l'adjoint à l'animation urbaine Guillaume Libsig n'ont été associés aux travaux du jury. Seul Christian Brassac a piloté l'instruction des dossiers et encore, de loin semble-t-il puisqu'il ne connait pas grand chose à l'univers du cinéma de son propre aveu. Même Anne Mistler, lundi après la conférence de presse, était incapable de dire en quoi le projet du Troisième Souffle était le meilleur...

Cette manière de se déporter d'une décision pour la faire reposer sur les services administratifs interroge. Elle vise d'abord à s'éloigner des méthodes utilisées lors des précédents renouvellements de cette délégation, où les services s'étaient vus retirer ce dossier au moment du choix final, qui dépendait surtout du maire de l'époque, Roland Ries (lire notre enquête). Malgré un audit dénonçant des failles dans la gestion du lieu, des alertes sur les conditions de travail, des mises en garde de l'administration et un déficit chronique de l'association, les Rencontres cinématographiques d'Alsace avaient été reconduites en 2011 puis en 2016 au terme d'une séance homérique qui avait suscité l'incompréhension.

L’impact des médias indépendants locaux : Inès Léraud, Dalya Daoud et Violette Artaud à la librairie Kléber jeudi 10 mars

L’impact des médias indépendants locaux : Inès Léraud, Dalya Daoud et Violette Artaud à la librairie Kléber jeudi 10 mars

Jeudi 10 mars à 18h30, Rue89 Strasbourg réunit à la librairie Kléber trois journalistes engagées. Lien entre algues vertes et industrie agroalimentaire bretonne, harcèlement sexuel d’un président de faculté, ou scandale des écoles à Marseille… La journaliste indépendante Inès Léraud, la cofondatrice de Rue89 Lyon Dalya Daoud et la journaliste de Marsactu Violette Artaud échangeront sur l’existence des médias indépendants et l’impact de leurs enquêtes sur la vie publique locale.

Le paysage médiatique français fait parfois peur à voir. Mais jeudi 10 mars à 18h30, Rue89 Strasbourg vous invite à la salle blanche de la librairie Kléber pour reprendre un peu d’espoir en rencontrant Inès Léraud, Dalya Daoud et Violette Artaud, trois journalistes qui ont enquêté pendant des semaines, parfois des mois voire des années, pour mettre fin à l’omerta sur des pollutions industrielles, à l’impunité d’un auteur de violences sexuelles haut-placé ou chroniquer la déliquescence des écoles primaires marseillaises… Des révélations obtenues grâce à l’engagement de ces trois journalistes.

Inès Léraud, menacée pour ses révélations sur l’industrie agroalimentaire bretonne

Depuis 2008, Inès Léraud produit des enquêtes radiophoniques autour de l’industrie agro-alimentaire et ses effets sur l’environnement et la santé publique. Elle revendique un journalisme d’investigation engagé et le met notamment en pratique en 2015 lorsque la journaliste indépendante s’installe dans un hameau breton, au beau milieu de la première région agroalimentaire française.

Inès Léraud est l’auteure de révélations cruciales sur le lien entre algues vertes en Bretagne et industrie agro-alimentaire. Photo : Emmanuel Pain

C’est ce travail de long-cours (diffusé en partie dans l’émission Les Pieds Sur Terre sur France Culture) qui a permis d’aboutir aux révélations sur la dangerosité et l’origine des algues vertes, un scandale que les industriels et les pouvoirs publics locaux ont tenté d’étouffer… en vain. Malgré les pressions sur un salon du livre et un éditeur, malgré les procès en diffamation et les intimidations, Inès Léraud publie en juin 2019 une bande-dessinée intitulée « Algues vertes : l’histoire interdite ». Vendue à 35 000 exemplaires, la BD a été adapté au cinéma en 2021.

Dalya Daoud, cofondatrice et rédactrice en cheffe de Rue89 Lyon

Cofondatrice de Rue89 Lyon en novembre 2011, Dalya Daoud est la rédactrice en cheffe de ce média indépendant aux plus de 8 000 articles, entre témoignages, reportages et investigation. Parmi les dernières enquêtes publiées, celle qui a révélé la situation d’emprise et de potentat au sein du département cinéma de l’université Lyon 2 et provoqué la suspension de l’enseignant, ponte dans sa discipline.

Cofondatrice de Rue89 Lyon, Dalya Daoud est engagée au quotidien pour faire vivre un média indépendant, entre éducation aux médias et investigation locale. Photo : Sébastien Clavel

La journaliste lyonnaise pourra ainsi témoigner de l’engagement nécessaire pour faire vivre un média qui ne roule pour personne et continue d’alimenter le débat politique local.

Violette Artaud, l’investigation à Marseille

Journaliste formée au Centre universitaire des études de journalisme (CUEJ) à Strasbourg, Violette Artaud travaille pour le média d’investigation marseillais Marsactu depuis 2017. Ses enquêtes portent régulièrement sur les thématiques environnementales, notamment la pollution par plusieurs industriels de l’un des plus grands étangs salés d’Europe, à Fos-sur-Mer. Elle suit aussi avec attention le développement de l’opération immobilière EuroMéditerranée, les expropriations et démolitions liées ou encore la fin du supermarché Opus dont dépendent de nombreuses familles des quartiers Nord. Elle témoignera enfin du succès économique de Marsactu, fort du soutien de plus de 5 000 abonnés permettant à une équipe de 10 journalistes de travailler en tout indépendance.

Violette Artaud est impliquée dans la rédaction du média indépendant Marsactu Photo : doc remis

100 000 euros, la cagnotte opaque et très pratique des conseillers départementaux

100 000 euros, la cagnotte opaque et très pratique des conseillers départementaux

À la Collectivité européenne d’Alsace, les conseillers départementaux disposent d’une enveloppe qu’ils peuvent distribuer librement. Ce système rappelle la réserve parlementaire supprimée par Emmanuel Macron à son élection. Les élus de la majorité de droite et du centre défendent un mécanisme de soutien rapide adapté aux plus petits projets.

C’était l’une des premières lois de la majorité d’Emmanuel Macron pour « moraliser » la vie publique. En août 2017, la majorité a supprimé la réserve parlementaire. Cette enveloppe d’environ 130 000 euros par député et 150 000 euros par sénateur avait disparu avec la loi « Pour la confiance dans la vie politique », suite aux affaires Fillon. Critiqué de longue date, le dispositif présentait « risques de dérive clientéliste« , selon le ministre de la Justice de l’époque, François Bayrou. En clair, avec cette réserve parlementaire, les élus du Parlement étaient tentés de favoriser les communes et structures proches d’eux. De quoi s’assurer d’une forme de bienveillance lors du mandat et pour briguer une réélection.

Enveloppes haut-rhinoises et bas-rhinoises personnelles s’additionnent

En Alsace, chaque élu local bénéficie désormais de deux dispositifs financiers depuis la création de la Collectivité européenne d’Alsace (CeA). Chaque binôme est doté d’un Fond social territorial (FST) de 100 000 euros (50 000 euros par conseiller). Chaque conseiller départemental peut ainsi donner 1 000 euros minimum pour des dépenses d’investissement d’associations, de communes ou des intercommunalités de son canton. Cette pratique existait dans le département du Haut-Rhin. Elle a été étendue au Bas-Rhin dès la création de la CeA en 2021.

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#Chapitre Saint-Thomas

Comment la Fensch, affluent de la Moselle, est devenue un égout à ciel ouvert

Comment la Fensch, affluent de la Moselle, est devenue un égout à ciel ouvert

En Moselle, la rivière de la Fensch est tellement polluée que la vie aquatique a disparu par endroits. L’Europe a mis à l’amende l’agglomération de Hayange et la préfecture a bloqué tout nouveau permis de construire. Des premiers travaux d’assainissement ont eu lieu mais le retard est tel qu’un retour à une situation acceptable n’est pas envisagé avant 2030.

« Ça sent l’égout en fait », résume Jonathan. En 2017, ce père de famille s’est installé à Fontoy, près de Thionville en Moselle, juste à côté de la source de la Fensch. Cette rivière de 15,7 km traverse six communes avant d’aller se jeter dans la Moselle. La Fensch est polluée depuis un siècle par l’industrie en aval mais depuis au moins 2015, la Fensch est aussi devenue un égout à ciel ouvert en amont. Des lingettes stagnent sur le lit du ruisseau, qui dégage une odeur nauséabonde.

L’eau de la Fensch est tellement mauvaise qu’elle ne permet plus la vie aquatique à certains endroits de la rivière. Son état chimique est considéré « très mauvais » par l’Agence de l’eau Rhin-Meuse. Son état écologique est « moyen ou médiocre » et ses eaux ne sont « pas conformes à la directive-cadre de l’Union Européenne » selon l’agence de l’eau. Et pour cause, de nombreux déversements d’eaux usées ont lieu directement dans la rivière, en raison de la vétusté du réseau de collecte et d’assainissement de la vallée.

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#fensch

Au rectorat, une grève suivie par la moitié des fonctionnaires chargés des examens et concours

Au rectorat, une grève suivie par la moitié des fonctionnaires chargés des examens et concours

Mardi 1er mars, Sud Éducation appelait les personnels du rectorat à la grève. Ils dénoncent le sous-effectif à la division des examens et concours qui implique une surcharge de travail dans ce service. Reportage.

Il n’est pas encore midi et un camion de police est déjà stationné rue de la Toussaint, près du rectorat. Ce mardi 1er mars, plus de 50 fonctionnaires de la division des examens et concours (DEC) et quelques uns de leurs collègues d’autres services du rectorat se rassemblent au pied du bâtiment. À l’appel de Sud Éducation et d’une assemblée générale du personnel, plus de la moitié des 60 employés de la DEC sont en grève d’après les syndicats.

Ils dénoncent « le remplacement des employés permanents par des vacataires, le manque de moyens matériels conséquents, une augmentation de leur charge de travail, et la pression de leur hiérarchie ». Dans une enquête publiée également ce 1er mars, Rue89 Strasbourg révèle que certains professionnels ont enchainé les semaines de 50 à 60 heures et ont accumulé près de 200 heures supplémentaires à cause d’une surcharge de travail en mai et juin 2021.

« C’est la première fois de ma vie que je manifeste »

Nathalie travaille à la DEC depuis 11 ans :

« C’est la première fois de ma vie que je manifeste et que je fais grève, comme pratiquement tous mes collègues. Nous sommes vraiment à bout. »

La plupart des personnes présentes manifestent ou font grève pour la première fois. Photo : Evan Lemoine / Rue89 Strasbourg

À quelques mètres, Sébastien, témoigne spontanément de sa surcharge de travail. Il estime cumuler l’équivalent de trois postes. Et pour lui, ce sont également les usagers qui sont pénalisés :

« Les élèves sont perdus et ne savent pas forcément comment faire certaines démarches, ils ne comprennent pas pourquoi on peut mettre énormément de temps à leur répondre ou à les aider quand ils demandent conseil pour les inscriptions par exemple. Ils ne savent pas ce qu’il se passe derrière. »

Sébastien respecte le code vestimentaire fixé par les organisateurs. Il est vêtu de noir, comme la plupart des manifestants. Il dit aussi craindre l’apparition d’entreprises privées « qui proposeront les mêmes services qu’eux, mais payants ». « C’est le résultat de la privatisation de l’éducation. Sauf que les personnes qui ont besoin d’aide n’auront pas forcément les moyens de la recevoir », explique-t-il.

Début timide des négociations

La secrétaire générale accepte de recevoir trois volontaires grévistes du personnel de la DEC à 12h45 afin d’entamer les négociations. Mathieu Herbling, représentant CGT, Rémi Louis, représentant de SUD Éducation ainsi qu’une collègue gestionnaire des sujets du baccalauréat général qui a souhaité rester anonyme, ont rendez-vous avec la Secrétaire Générale Claudine Macresy-Duport.

D’après Rémi Louis, « la direction propose des réunions régulières de négociations avec les syndicats et d’autres employés mobilisés ». La prochaine aura lieu le 7 mars.

Rémi Louis a pu poser les revendications du personnel de la DEC devant la Secrétaire Générale de l’Académie. Photo : Evan Lemoine / Rue89 Strasbourg

À la suite de la rencontre, les personnels organisent une assemblée générale. Plusieurs grévistes déclarent alors qu’ils ne sont pas satisfaits par l’annonce des réunions et qu’ils attendent des mesures plus concrètes. Ils souhaitent aussi montrer l’exemple et rassembler d’autres secteurs à cette cause. Enfin, ils observent que dans de nombreux domaines du service public, les fonctionnaires souffrent de mauvaises conditions de travail. Rémi Louis explique :

« La situation a été similaire par le passé pour la division des personnels enseignants (DPE) ainsi que la division des personnels administratif et d’encadrement (DPAE). Elle est alarmante à la DEC également dans d’autres Académies. »

Les représentants de SUD Éducation ont déposé un deuxième préavis de grève du 3 mars au 2 mai. Du côté du personnel de la DEC, une prochaine assemblée générale est prévue début avril afin de convenir d’une potentielle prochaine grève.

La justice relaxe Yann, perquisitionné et gardé à vue pour des tags

La justice relaxe Yann, perquisitionné et gardé à vue pour des tags

Yann, étudiant militant, avait été interpellé le jeudi 13 janvier pour deux tags lors d’une manifestation. Il avait passé 48 heures en garde à vue et son domicile avait été perquisitionné. Cité à comparaître devant le tribunal correctionnel de Strasbourg mardi 1er mars, il a été relaxé pour tous les chefs d’accusation.

« Je suis très soulagé », commente simplement Yann en sortant du tribunal judiciaire de Strasbourg ce mardi 1er mars. Il était poursuivi par le parquet pour « dégradation ou détérioration légère de bien destiné à l’utilité ou la décoration publique par inscription d’un signe ou d’un dessin », « menace de mort ou d’atteinte aux biens dangereuse à l’encontre d’une personne dépositaire de l’autorité publique » et « refus de se soumettre au prélèvement biologique ».

Le tribunal a rejeté tous les chefs d’accusation. Il relaxe Yann « au bénéfice du doute pour les tags et la menace de mort », et pour « nullité de procès verbal » en ce qui concerne l’accusation de refus de prélèvement d’ADN.

Une quinzaine de personnes sont venues soutenir Yann pour son audience le 1er mars. Photo : Danaé Corte / Rue89 Strasbourg / cc

L’histoire remonte au 13 janvier 2022. Aux abords d’un rassemblement des employés de l’éducation nationale, le jeune homme avait été interpellé par des policiers qui le soupçonnaient d’avoir tagué « ACAB (All Cops Are Bastards, tous les flics sont des bâtards) » et « Mort à Blanquer » (du nom du ministre de l’Éducation Nationale) pendant la manifestation, ce qu’il niait. S’en était suivie une garde à vue de 48h et un déferrement devant le parquet. En outre, l’étudiant en master de sociologie était interdit de manifestation sur le territoire alsacien jusqu’à son audience devant le tribunal correctionnel.

« Des habits comme ça, on en voit partout en manifestation »

Avec une quinzaine d’amis derrière lui dans la salle d’audience, Yann a les épaules raides quand il arrive à la barre. La présidente lui décrit une vidéo de surveillance dans laquelle on voit un homme avec une casquette, une capuche et des gants noirs, taguant un abribus rue de la Toussaint. Elle lui montre plusieurs photos des affaires qu’il portait au moment de la garde à vue. Celles-ci semblent correspondre à la vidéo.

L’étudiant en master de sociologie affirme qu’il ne se reconnaît pas : « Des habits comme ça, on en voit plein dans les manifestations », soulève-t-il.

Son avocate, Me Sendegul Aras, relève plusieurs incohérences dans les pièces présentées par le parquet :

« L’individu ne porte pas de gants noirs, alors que Yann en avait lors de sa garde à vue. De plus, lors du procès verbal d’interpellation, les policiers avaient identifié une bombe de peinture dans son sac, ce qui semblait impliquer Yann dans les faits de dégradation. Or sur le procès verbal de fouille (intervenu avant la garde à vue), la bombe de peinture n’est pas mentionnée. »

Pour deux tags, Yann a passé près de 48 heures en garde à vue, avec perquisition du domicile et mesure de privation de liberté jusqu’au 1er mars 2022, date de son audience au tribunal correctionnel de Strasbourg, où il a été relaxé. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Un seul témoignage de policier

La présidente présente le seul témoignage du dossier de l’instruction, livré par un policier. Il y décrit un individu avec « une casquette noire, des gants noirs, un jean gris et un drapeau noir et rouge « d’anarchiste » ». Cette description « extrêmement précise » selon la présidente semble correspondre en tout point à la tenue que Yann portait le jour de la manifestation.

Me Sendegul Aras considère que ce témoignage ressemble à « un heureux hasard » :

« Le policier dit avoir vu Yann à la manifestation et l’avoir reconnu en train de taguer l’abribus. Ce témoignage est intervenu quelques minutes avant le premier déferrement de Yann, donc après sa garde à vue. Pourquoi ne pas l’avoir interpelé au moment des faits s’il l’avait pris en flagrant délit ? »

« J’avais l’impression d’être un grand criminel »

Lors de sa garde à vue, Yann avait été réveillé à 3h du matin dans la nuit du 13 au 14 janvier par trois agents de police judiciaire. Le jeune homme avait, à ce moment là, refusé de se faire prélever son ADN. « Je trouvais cela trop pour des tags, j’avais l’impression d’être un grand criminel. C’était une mesure autoritaire et disproportionnée », justifie Yann, qui se dit « choqué » suite à cette garde à vue.

L’avocate a relevé que son client était en droit de refuser que les policiers ne prélèvent puis ne conservent son empreinte biologique. Celle-ci ne peut être conservée dans le Fichier national des empreintes génétiques (FNAEG) que sur demande d’un officier de police judiciaire (OPJ) ou par le parquet, ce qui n’était pas le cas. De plus, la conservation de l’ADN d’un accusé ne se fait qu’en la présence « d’indices graves et concordants de l’infraction ». À ce moment-là, Yann était seulement soupçonné des faits reprochés.

Des places à 5€ pour voir À Demain Mon Amour avec Monique Pinçon mardi

Des places à 5€ pour voir À Demain Mon Amour avec Monique Pinçon mardi

Les cinémas Star et Rue89 Strasbourg s’associent pour projeter en avant-première À Demain Mon Amour, le film sur les sociologues Monique et Michel Pinçon-Charlot. À cette occasion, les lecteurs et lectrices de Rue89 Strasbourg bénéficient d’un tarif préférentiel, sur inscription, pour cette soirée exceptionnelle.

Les cinémas Star et Rue89 Strasbourg s’associent pour projeter en avant-première À Demain Mon Amour, film sur l’intimité du couple de sociologues Monique et Michel Pinçon-Charlot. Sur simple inscription ci-dessous, les lectrices et lecteurs de Rue89 Strasbourg peuvent bénéficier d’un tarif préférentiel à 5€ par personne pour cette soirée.

Monique et Michel Pinçon-Charlot dans À Demain Mon Amour Photo : remise

Le pitch

Monique et Michel Pinçon-Charlot, sociologues de la grande bourgeoisie, passent beaucoup de temps dans leur pavillon fleuri de banlieue parisienne. Ils s’aiment depuis plus de 50 ans, ont une retraite confortable dont ils pourraient profiter paisiblement. Mais, comme ils sont un peu dingues et sensibles à l’injustice, ils ont décidé d’accélérer leur combat contre le système capitaliste planétaire.

La soirée

Cette projection en avant-première se déroulera en présence de :

    Monique Pinçon, sociologue, Basile Carré-Agostini, réalisateur du film.

Les échanges seront animés par Pierre France, journaliste à Rue89 Strasbourg.

La bande-annonce

La bande-annonce de « A Demain Mon Amour » (vidéo YouTube)

Des places à 5€

Les cinémas Star proposent aux lectrices et lecteurs de Rue89 Strasbourg des places au tarif préférentiel de 5€. Pour en bénéficier, il suffit de remplir le formulaire ci-dessous.

Comment aider les réfugiés ukrainiens depuis Strasbourg

Comment aider les réfugiés ukrainiens depuis Strasbourg

Plusieurs initiatives permettent aux Strasbourgeois de venir en aide aux Ukrainiens, alors que la Russie a envahi leur pays. Voici une liste de ces initiatives.

Les antennes alsaciennes des ONG

De nombreuses ONG et organisations internationales telles que la Croix Rouge, Médecins du Monde, Médecins Sans Frontières ou l’Unicef se sont mobilisées afin de venir en aide aux Ukrainiens durant la guerre que leur livre la Russie. Le Secours Populaire du Bas-Rhin a débloqué près de 50 000€ et fait appel aux dons. Les chèques sont à envoyer 5, rue Jean-Henri Lambert à Strasbourg, d’autres formes de paiements sont disponibles sur leur site. Le Secours catholique fait également appel aux dons.

La mission permanente de l’Ukraine auprès du Conseil de l’Europe n’a pas encore d’opération en son nom. Elle conseille de faire des dons auprès d’organisations venant en aide aux réfugiés, « si possible de gilets pare-balles et de casques également ».

L’association strasbourgeoise Promoukraïna a fait partir un premier chargement à destination de l’Ukraine dans la nuit de dimanche 27 à lundi 28 février Photo : Promoukraïna / Facebook

Aide financière

L’État français, l’association des maires de France et la Protection civile recueillent des dons, qui peuvent s’effectuer sur le site de la Protection civile (don.protection-civile.org) ou par virement au :

IBAN : FR76 1027 8005 9800 0201 6430 684 – BIC : CMCIFR2A
Titulaire : FNPC Tour Essor 14 Rue Scandicci 93500 Pantin

La Fondation de l’Université de Strasbourg a mis en place une plateforme de dons pour « soutenir financièrement les étudiants, totalement ou partiellement privés de ressources par le conflit, et à donner des bourses-relais aux étudiants qui arriveront des régions en guerre » : https://fondation.unistra.fr/refugies

En raison de la multiplication des initiatives et de la possible apparition de fraudes, il est conseillé de se renseigner auprès des sites officiels des collectivités et des associations avant de faire un don.

Les convois d’aide humanitaire, les dons en nature

L’association de la diaspora ukrainienne à Strasbourg, PromoUkraïna, organise des convois humanitaires à destination de l’Ukraine. L’association accepte les dons financiers via virement bancaire, les dons de médicaments, de couvertures, de vêtements, alimentaires, mais également des talkies-walkies afin de faciliter la communication entre exilés et hébergeurs. Très sollicitée, l’association propose un contact par formulaire sur leur site internet ou de les appeler au 06 78 95 31 84.

De nombreuses collectivités acceptent des dons déposés dans les mairies et les mairies de quartier. C’est le cas par exemple à Strasbourg (www.strasbourg.eu/solidarite-avec-ukraine) ainsi qu’à Schiltigheim et à Molsheim, à partir de lundi 7 mars aux horaires habituels d’ouverture. L‘Hôtel du département place du Quartier-Blanc à Strasbourg accepte aussi des dons du lundi au vendredi, de 8h30 à 17h30. Le matériel collecté est acheminé jusqu’en Ukraine par l’association Protection civile.

Une liste du matériel à collecter est disponible sur amf.asso.fr, les vêtements ne sont plus nécessaires.

Le barreau des avocats de Strasbourg récolte les jours ouvrés entre 8h et 17h30 à la Maison de l’avocat située au 3 rue du Général-Frère à Strasbourg – Neustadt des médicaments de types « doliprane, ibuprofène, paracétamol, antalgiques (70% injectables, 30% comprimés), antibiotiques, anti-inflammatoires et antiseptiques » pour les envoyer aux Ukrainiens. L’initiative a été lancée par Yegor Boychenko, avocat inscrit aux barreaux de Kiev et de Strasbourg.

La Fédération des MJC d’Alsace prévoit d’acheminer un camion de 38 tonnes à destination de l’Ukraine et appelle d’ores et déjà à collecter des vêtements, des médicaments, des denrées non périssables, des couvertures et des sacs de couchage… La FDMJC est joignable sur son site web ou au 03 88 77 24 24.

L’Aide Médicale Caritative France-Ukraine envoie également des convois humanitaires vers l’Ukraine. Elle s’adresse principalement aux hôpitaux, aux entreprises ainsi qu’aux administrations françaises afin d’apporter du matériel médical, mobilier et des consommables médicaux pour les hôpitaux ukrainiens. L’association est joignable par téléphone au 06 67 81 98 23 ou par mail : amc@ukr.fr.

L’Université de Strasbourg, en lien avec l’Ordre des avocats et l’association Promoukraïna, propose à celles et ceux qui le peuvent de déposer des médicaments aux points de collecte suivants entre 9h et 16h30 :

    Accueil du PatioAccueil du Palais UniversitaireAccueil de la DALI à l’Institut Le Bel : premier étage (N.B. : il ne s’agit pas de l’accueil dans le hall d’entrée)

Les scouts de Hoenheim organisent également une collecte. Médicaments (boîtes entières, non ouvertes, non périmées, antiseptiques et antidouleurs), matériel médical (compresses, bandages, scotchs à bandage, thermomètres, kits de premiers secours, gants à usage unique…), produits d’hygiène, matériel de survie, produits pour les bébés et des denrées alimentaires non périssables sont recherchées. À déposer au 45 rue de la République à Hoenheim de 18h à 20h en semaine et de 14h à 18h le samedi.

Les aides au logement d’urgence

L’association PromoUkraïna a modifié son site web pour permettre d’y publier des offres de logements et d’hébergement à destination des réfugiés en provenance d’Ukraine. La publication de ces annonces passe par le formulaire de l’association.

D’autres initiatives individuelles d’hébergements sont relayées sur Facebook, dans le groupe de l’association Agissons 67.

Dans le cadre de la coordination par la Préfecture du Bas-Rhin, la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg sont en train de recenser les lieux qui peuvent accueillir des personnes fuyant l’Ukraine. Les personnes en capacité d’accueillir chez elles des personnes seules ou des familles peuvent se signaler à l’adresse suivante solidarite.ukraine@strasbourg.eu. Ces informations seront mises à jour au fur et mesure de l’évolution de la situation et des besoins sur le site strasbourg.eu/ukraine.

L’Université de Strasbourg invite celles et ceux en capacité d’héberger temporairement des personnes chez elles/eux de se manifester auprès de l’adresse générique solidarite_guerre_ukraine@unistra.fr en indiquant leur adresse, le nombre de personnes qu’elles pourraient accueillir et la durée maximale de cet accueil.

Signaler des situations

L’Université de Strasbourg a créé une adresse générique pour les étudiants qui rencontrent des difficultés d’ordre médical, psychologique ou matériel (comptes bancaires bloqués, non renouvellement de documents officiels…). Les personnes qui auraient connaissance de ces cas sont invités à écrire à notre adresse générique : solidarite_guerre_ukraine@unistra.fr

Aider à la coordination

L’association PromoUkraïna souhaite entrer en contact d’autres associations et centres de coordination qui désirent organiser des collectes, aider à l’accueil des réfugiés, ou simplement relayer des informations utiles et autres projets pour venir en aide à la population ukrainienne afin de les développer. L’ONG ukrainienne Go On fait appel aux organisations qui ont la possibilité de mettre en place des échanges de jeunes et des volontariats pour les Ukrainiens tentant de fuir leur propre pays.

Les personnes souhaitant donner un peu de leur temps et aider les associations peuvent également écrire à solidarite.ukraine@strasbourg.eu.

En sous-effectif, les personnels du rectorat organisent les examens au prix de leur santé

En sous-effectif, les personnels du rectorat organisent les examens au prix de leur santé

Des représentants du personnel du rectorat de l’académie de Strasbourg dénoncent un sous-effectif permanent au service « examens et concours ». En mai et juin 2021, les fonctionnaires ont dû enchainer des semaines de 50 à 60 heures pour que les épreuves puissent se dérouler. Mardi 1er mars, les agents sont en grève et organisent un rassemblement à midi devant les locaux du rectorat.

Jean (prénom modifié à sa demande) travaille à la division examens et concours (DEC) du rectorat de l’académie de Strasbourg. Dans un mail envoyé le 8 juillet 2021, la médecin du travail du service académique lui écrivait cette phrase :

« Il faut que vous preniez un rendez-vous avec votre médecin traitant en urgence pour qu’il vous mette en arrêt de travail si vous n’êtes pas en vacances très rapidement. »

Pendant deux jours, les 9 et 10 juin, en pleine période d’organisation du baccalauréat, ce dernier a déclaré un symptôme inquiétant : « Je n’arrivais plus à avoir les idées claires, j’étais complètement à côté de la plaque, j’entendais un bourdonnement permanent. » Il impute cela à un « très haut niveau de stress » pendant cette période.

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