Un projet futuriste appelé « la nef » vise à développer une structure verticale au-dessus de l’autoroute, avec des activités économiques dans les étages. Objectifs : lutter contre la suppression des terres agricoles et filtrer la pollution.
« En voyant l’article sur la ferme à Hatten, je me suis dit qu’il fallait que je parle de mon projet ». Architecte strasbourgeois, Guy Schneider se dit préoccupé par « la disparition de nos terres arables » et pense avoir trouvé une solution en s’appuyant sur les autoroutes. Le rendez-vous est fixé dans ses élégants bureaux, près du parc des Contades.
À une grande table, cartes de Strasbourg à l’appui, Guy Schneider raconte son processus de réflexion. Il travaillait d’abord sur les sorties d’autoroutes de l’A35, pour y transformer les entrées dans la ville. Puis, en les voyant se multiplier sur la carte, une autre idée survient : « Pourquoi ne pas tout recouvrir ? » Ainsi, est née l’idée de « la nef », un mot « qui parle plus qu’un tunnel ».
En clair, il s’agit de construire une structure en étages, au-dessus de l’autoroute actuelle, pour y installer des activités humaines. Une façon de lutter contre la prolifération des zones économiques sur les sols d’Alsace. Hyper moderne, voire futuriste, l’infrastructure aspirerait l’énergie du passage des véhicules en sous-sol et serait alimentée par des panneaux solaires.
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Un accord de fin de conflit signé entre la direction de Keolis Striebig et l’intersyndicale CFDT-CGT, jeudi 11 mars, a mis fin aux 25 jours de grève des conducteurs de bus. Les revendications des employés ont toutes été acceptées.
Depuis lundi 15 février, la grève des conducteurs de l’entreprise régionale de transports en commun Keolis Striebig, perturbe une dizaine de lignes de bus que la société exploite pour le compte de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS). Des lignes de transports scolaires dans l’Eurométropole et des autocars Fluo pour la Région Grand Est, ont aussi été impactés. Après 25 jours de conflit, le mouvement a pris fin jeudi 11 mars, après la cinquième réunion de négociations entre la direction et les représentants de l’intersyndicale CFDT-CGT.
« Toutes nos demandes ont été acceptées »
Selon Foudhil Benhalima, conducteur de bus et représentant des salariés (CFDT), la reprise des négociations entamées mercredi 10 mars ont abouti à la signature d’un accord de fin de conflit jeudi à la mi-journée :
« Toutes nos demandes ont été acceptées. La direction de Keolis Striebig nous accorde une prime de vacances de 500 euros sur deux ans, et nos véhicules diesel seront remplacés par de nouveaux bus fonctionnant au gaz ou à l’électricité. On a eu ce que l’on voulait. Les salariés crient victoire. »
Ainsi, 17 bus scolaires et 19 bus urbains devraient être remplacés d’ici l’été 2021, ajoute Ghazi Mansouri, délégué syndical de la CGT. L’entreprise Keolis Striebig s’est aussi engagée à harmoniser le calcul du temps de travail et notamment des temps annexes (temps de battement, de changement d’uniforme, d’attente) entre ses employés.
Seul échec : l’employé licencié durant la période d’essai de son CDI alors qu’il faisait grève, n’a pas été réintégré. « La direction de Keolis Striebig ne veut rien entendre concernant notre collègue renvoyé », affirme Foudhil Benhalima.
La grève, qui a duré 25 jours, a pris fin avec la signature d’un accord jeudi 11 mars. Photo : LC / Rue89 strasbourg
« Lundi tout le monde sera opérationnel »
Les 70 grévistes remonteront dans leurs bus lundi 15 mars, selon Foudhil Benhalima :
« Nous mettrons fin à la grève dès demain, mais nous ne reprendrons le travail que lundi car nous nous sommes déclarés en grève du lundi au dimanche. »
Une reprise qui arrive au bon moment pour Ghazi Mansouri de la CGT :
« En quatre semaines de grève, l’entreprise Keolis Striebig a été fragilisée économiquement. La direction a répondu à nos demandes, on ne peut pas leur en demander plus, maintenant il faut reprendre le travail. »
Contacté, le directeur de Keolis Striebig, Martin Godefroy, s’est dit content d’être parvenu à trouver un « accord équilibré » avec les conducteurs de bus :
« Nous avons pris en compte les aspirations principales des salariés dont la prime de 500 euros, qui sera versée aux conducteurs de bus sur deux ans, et l’harmonisation des temps de travail. Nous allons pouvoir recommencer à assurer notre service de transport correctement. »
Concernant le refus de réintégrer l’employé licencié durant la grève, le directeur de Keolis Striebig n’a pas souhaité faire de commentaires.
Alors que la crise sanitaire s’éternise et que pour les plus précaires les conséquences s’aggravent, un collectif s’est constitué le 25 février pour apporter des aides concrètes aux étudiants de Strasbourg. Une « agora de la solidarité » se tiendra ce samedi 13 mars, place Kléber à 15h, avec un appel à parrainer des étudiants dans le besoin.
La gestion politique de la crise sanitaire met la jeunesse, et les étudiants en particulier, dans une situation de dénuement matériel et de grande détresse psychologique. Privés de lien social, éloignés de leur lieu d’étude, ayant des problèmes d’accès au logement ou à la nourriture, confrontés à une course d’obstacles pour la réussite de leurs études, ils et elles s’enfoncent dans la précarité et la dépression.
Dans un tel contexte, les aides sont très insuffisantes ou tardent à venir. Nous ne pouvons plus attendre. Ils et elles ne peuvent plus attendre. Ils et elles doivent retrouver très vite une vie vivante, des relations sociales riches, la possibilité de l’amour, de l’amitié et de la fête, mais aussi mobiliser les ressorts psychiques de se confronter aux épreuves avec confiance et de retrouver le chemin de la joie.
Accueillir un étudiant dans une famille et offrir des repas à domicile
Nous, citoyennes et citoyens, étudiantes et étudiants de Strasbourg et sa région, personnels de l’Université, soignants, lançons un appel à la générosité et la solidarité. Nous voulons être solidaires dans les actes et pas seulement dans les intentions et les discours. Nous proposons de mettre en place des parrainages et des marrainages d’étudiants de toutes nationalités, qui pourront prendre des formes diverses, toujours dans le respect des règles sanitaires :
accueil dans une famille locale pour une durée déterminéeoffre régulière ou ponctuelle de repas à domicilemise en place de groupes de parole soutien psychologique sur les campus et dans les résidences universitaires invitation à des pique-niques et à des événements festifs et ludiques, en nombre réduit et dans un strict respect des règles sanitaires soutien aux études et aide à la préparation des examens et concours redécouverte de la naturemise en place de projets culturels (ateliers d’arts plastiques, ateliers d’écriture, chant choral, improvisations musicales…)aide à la recherche d’emploiconseil juridique pour les étudiants étrangers avec ou sans titre de séjourmise en contact avec des professionnels de la santé, de l’éducation, de l’écoute
Manifestation d’étudiants pour la réouverture de l’Université à Strasbourg, le 20 janvier 2021 (photo GK / Rue89 Strasbourg / cc).
Mille autres formes d’aide et de soutien peuvent être imaginées. Pour fédérer les énergies, permettre les rencontres et rendre visible la cause qui nous unit, nous appelons à la tenue d’une première agora de la solidarité, dans le respect des règles sanitaires en vigueur.
Il s’agira de nous mettre en contact pour définir nos projets d’aide réciproque et pour nous organiser. Nous nous réunirons par stand et par groupes de 10 personnes au maximum. Nous insistons sur le fait que toutes les actions ont vocation à reposer sur un contrat moral d’intégrité et de bienveillance entre les différentes personnes.
Notre volonté est d’aider la jeunesse à rouvrir les sources de l’avenir et à redonner du sens à notre monde. C’est notre humanité qui est en jeu.
Le collectif strasbourgeois « Parrainer un.e étudiant.e » :
Anne-Véronique Auzet, Christophe Baticle, Anne-Sophie Besse, Chantal Cutajar, Myriam Dhume-Sonzogni, Georges Yoram Federmann, Lysa Gremeaux, Paulina Hernandez-Rousset, René Kahn, Michel Koebel, Naïm Ksibi, Jean-Nathan Latasse, Amélie Lavin, Elias Levi Toledo, Pascal Maillard, Barbara Morovich, Lucien Puget, Laure Razon, Jean-Claude Richez, Camille Schmoll, Camille Schwartz, Anja Vogel
À Schnersheim, au moins 22 personnes sont actuellement soignées pour un cancer et 20 sont atteintes de maladies neurodégénératives. Pour Claude Lechner, habitant du village depuis quarante ans, c’est trop. L’ancien enseignant accuse l’usage des pesticides dans les champs avoisinants la commune. Un sujet ultra tabou dans ce petit village agricole. Reportage.
« J’ai des enfants, je fais ça pour eux ! » Il a la voix cassée et claire, « abîmée par une précédente opération ». Claude Lechner, jeune sexagénaire, reste pudique sur sa santé : « En ce qui me concerne, ce n’est pas un problème lié à Schnersheim ». Pas comme les nombreux cancers et maladies neuro-dégénératives qui se multiplient autour de lui, il en est certain.
Depuis une dizaine d’années, l’ancien enseignant en sciences s’est lancé dans une étrange enquête. « Je compte le nombre d’habitants malades », explique-t-il en ouvrant un grand cahier aux pages griffonnées de notes. « Là, vous voyez, ce sont les types de cancers et les âges des gens qui en souffrent, et là, les maladies neuro-dégénératives ».
Claude Lechner s’inquiète du nombre d’habitants de Schnersheim qui sont malades. Il a compté 22 personnes soignées pour des cancers, et 20 atteintes de maladies neuro-dégénératives (photo MdC / Rue89 Strasbourg / cc).
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Diplômée à Lille en 2012. Après Paris et Marseille, je me suis installée à Strasbourg en 2020. Je suis aujourd’hui indépendante en radio et web, pour Rue89 Strasbourg, Mediapart, Louie Media et France Culture. J’aime les reportages et les enquêtes au long cours, sur les sujets de société et sur notamment sur les violences sexistes et sexuelles.
Avec des bars et des restaurants fermés depuis le 29 octobre, le manque de toilettes publiques se fait sentir à Strasbourg. La situation n’est pas nouvelle. La ville se situe en bas du classement national du nombre de toilettes publiques par habitants.
Jeanne, étudiante à Strasbourg, patiente depuis cinq minutes dans la file d’attente des toilettes publiques place Kléber. « Tout est fermé, les bars, les restaurants et les centres commerciaux. Alors quand on vient en ville c’est très compliqué de se soulager. Quand on a une petite vessie et qu’on est pressée, on a pas envie de faire la queue », s’agace Jeanne.
Chaque jour, environ 1700 personnes descendent dans les toilettes publiques de la place Kléber, créant régulièrement de longues files d’attente (Photo LC / Rue89 Strasbourg / cc).
Derrière elle, Mélanie, accompagnée de sa fille, s’impatiente également : « Pour les enfants ce n’est pas possible d’attendre autant, ils ne peuvent pas se retenir. » Elles devront encore patienter car dix autres personnes sont devant elles dans la file d’attente.
Un besoin pressé par la fermeture des bars
Depuis octobre 2020, la fermeture des bars et des restaurants a allongé les files d’attente devant les toilettes publiques du centre-ville de Strasbourg. Amandine et Laeticia, venues pour faire les magasins, partagent aussi ce constat : « Comme les toilettes des centres commerciaux et des restaurants sont fermées, nous avons cherché des toilettes publiques dans le centre-ville pendant plusieurs heures. »
En voyant une longue file d’attente, les deux jeunes filles ne se sont pas arrêtées aux toilettes de la place Kléber. Elles ont préféré se rendre place du Château, où les sanitaires sont moins fréquentés. « Nous sommes venues à Strasbourg seulement pour la journée donc nous n’avons pas envie de perdre du temps, » explique Amandine.
D’autres toilettes publiques sont accessibles rue Quintenz à Illkirch-Graffenstaden, 7j/7 de 4h30 à minuit.
Une toilette publique pour 16 745 habitants
« Strasbourg n’est pas la ville la mieux lotie en matière de toilettes publiques », affirme Henri Smets, auteur d’une étude sur le droit d’accès aux toilettes en France.Avec ses 17 toilettes publiques, soit une pour 16 745 habitants, Strasbourg se positionne à la 9ème place parmi les 11 plus grandes villes françaises. Derrière Strasbourg, Lille compte 9 toilettes publiques, soit une toilette pour 25 865 habitants. Marseille, où l’on trouve seulement 22 sanitaires publics, dispose d’une toilette publique pour 39 241 habitants.
En tête du classement, on trouve Rennes avec 96 toilettes, soit une pour 2 243 habitants. La ville bretonne est suivie de près par Paris et ses 750 toilettes publiques. Selon Henry Smets, cette disparité s’explique par l’importance du coût de ces infrastructures :
« L’entretien d’une toilette publique sur un an en France coûte entre 20 000 et 40 000 euros. Comme chaque maire décide pour sa ville à combien s’élève les dépenses pour ce service public, il y a de grandes différences entre les villes françaises. Pour harmoniser la situation, il faudrait créer une loi imposant la création d’une toilette pour 5 000 habitants dans chaque ville. «
En 2016, un projet similaire à cette idée, visant à rendre obligatoire la création de toilettes publiques dans les communes de plus de 3 500 habitants, avait déjà été rejeté par le Sénat français. La raison : le poids trop important du coût de ces infrastructures pour les municipalités.
Difficile accès aux toilettes pour les sans-abris
Spécialisé dans le développement du droit à l’eau, Henri Smets estime que le manque de toilettes publiques concerne toutes les strates de la population :
« De nombreuses personnes comme les femmes enceintes, les enfants, les personnes âgées et les personnes atteintes de la maladie de Crohn – une infection de l’intestin –, ont des besoins pressants toute l’année. Il est donc normal que la ville possède un nombre de toilettes publiques suffisant. »
Ce problème touche aussi les personnes sans domicile fixe, comme l’explique Buna Magalhaes, présidente de l’association d’aide aux démunis, Patates :
« Durant le mois de février, nous avons reçu plusieurs plaintes de personnes sans abri qui ne peuvent plus accéder aux toilettes publiques le soir et la nuit à cause du couvre-feu à 18 heures. Les toilettes publiques ferment à 17 heures 30 actuellement à la place de 20 heures. Nous avons donc commencé à distribuer du papier toilette et des mouchoirs pour les personnes qui devaient se soulager dehors. Mais ce n’est pas une solution, notamment pour les femmes, qui ont besoin d’un accès à l’eau plus régulier lors de leurs menstruations. »
Les toilettes publiques du Faubourg National ferment leurs portes à 17h30 pour respecter les restrictions du couvre-feu (Photo LC / Rue89 Strasbourg / cc).
La somme de 90 centimes demandée pour accéder aux toilettes publiques de la gare de Strasbourg et au centre commercial des Halles empêche aussi l’accès des sans-abris, selon Valérie Suzan, présidente de l’association Strasbourg Action Solidarité : « S’ils n’ont déjà pas d’argent pour eux, ils ne vont pas payer pour aller aux toilettes. »
Les toilettes publiques, une inégalité de genre
Pour Valérie Suzan, la situation pose surtout un problème sécuritaire pour les femmes qui doivent s’éloigner, seules, pour se soulager dans une ruelle : « Il y a un réel danger pour ces femmes qui peuvent se faire agresser lorsqu’elles font leurs besoins à l’abri des regards. »
Henri Smets constate aussi cette inégalité face au manque de toilettes publiques : « Les hommes n’ont pas de difficultés pour se soulager dans les rues, contrairement aux femmes pour qui il est plus compliqué de se cacher des autres passants. »
Les mesures sanitaires allongent les files d’attente
Agent d’entretien de l’Eurométropole, Marie-Christine observe les longues files d’attente devant ses toilettes publiques : « Avant ces restrictions sanitaires, il n’y avait pas la queue à l’extérieur des sanitaires », affirme-t-elle.
L’application d’un protocole sanitaire dès janvier a accentué la pression sur les toilettes publiques de Strasbourg, selon Mohamed Tayebi, agent de l’Eurométropole :
« Trois fois par jour, on devait fermer les toilettes publiques durant 30 minutes pour les désinfecter complètement. Les toilettes étaient donc fermées de 10h à 10h30, de 12h à 13h et de 16h à 16h30. Les gens se sont plaints car le temps d’attente était trop long. On a donc décidé d’arrêter ce protocole sanitaire. Maintenant les agents d’entretien désinfectent les toilettes tout au long de la journée. »
Une capacité d’accueil maximum de quatre femmes et de trois hommes pour chaque toilette publique a été mise en place. Pour contrôler la circulation des usagers et le respect des gestes barrières, l’Eurométropole a fait appel à des agents de sécurité postés à l’entrée des toilettes publiques les plus fréquentées, soit celles de la place Kléber et de la place du Château. « Parfois il y a tellement de monde que l’agent de sécurité n’arrive pas à suivre et il laisse trop de gens descendre dans les toilettes », s’agace Marie-Christine.
Marie Christine, agent d’entretien de l’Eurométropole, désinfecte les toilettes publiques de la place Kléber après le passage de chaque client (Photo LC / Rue89 Strasbourg / cc).
Pression sur la place Kléber et manque d’informations
Selon Abdelhakim, agent d’entretien de l’Eurométropole, 1 700 personnes descendent chaque jour dans les toilettes publiques de la place Kléber. « Les usagers sont plus nombreux à venir ici, car elles sont au centre ville et sur un lieu de passage ». « Cela crée une pression sur ces toilettes », confirme Mohamed Tayebi.
Le manque d’informations sur l’emplacement des toilettes publiques explique, en partie, la forte fréquentation de celles de la place Kléber, selon Valérie Ripepi, agent d’entretien de l’Eurométropole :
« Les gens ne savent pas où se situent les toilettes publiques alors ils vont toujours aux toilettes de la place Kléber ou à la place du Château. Pourtant, il y en a au barrage Vauban et rue du Faubourg National. Ce n’est pas très loin mais comme les gens ne le savent pas, ils continuent de faire la queue place Kléber. »
Mi-février, la conseillère municipale (LR) et sénatrice du Bas-Rhin, Elsa Schalk, a alerté la maire de Strasbourg sur cette situation :
« Il est important que les Strasbourgeois mais aussi les personnes extérieures puissent savoir où se situent les toilettes publiques. Ce n’est pas un petit sujet et cela concerne tout le monde. Si vous voulez aller en ville faire vos courses ou vous balader, il est important de savoir où il est possible de se soulager. »
« En 16 ans je n’ai pas vu le nombre de toilettes publiques augmenter »
Pour Valérie Ripepi, ce manque de toilettes publiques a toujours été une réalité :
« En 16 ans, je n’ai pas vu le nombre de toilettes publiques gardiennées (non-automatiques) augmenter à Strasbourg. L’Eurométropole a même supprimé celles de la place d’Austerlitz en 2015 malgré nos manifestations. Apparemment, il n’y avait pas assez de fréquentation, alors ces toilettes sont ouvertes seulement lors du marché de Noël. »
Valérie Ripepi est agent d’entretien pour l’Eurométropole depuis 16 ans. Pour elle, il y a toujours eu un manque de toilettes publiques à Strasbourg (Photo LC / Rue89 Strasbourg / cc).
Une décision incompréhensible pour Laurence Siry, secrétaire générale adjointe de la CFDT : « La place d’Austerlitz est très touristique, il y a beaucoup de passage et un parc pour les enfants. Pourtant, il n’y a pas de toilettes à proximité car la majorité est regroupée en centre-ville. »
Réduction des horaires d’ouverture des toilettes publiques
Pour Karim Hadi, secrétaire général de la CGT Eurométropole, l’EMS a voulu mettre en place une politique de recentrage des toilettes publiques :
« Depuis 2015, il y a eu une politique du cercle d’or. L’Eurométropole de Strasbourg a voulu créer un îlot central où les agents d’entretien de la ville continuent d’intervenir au détriment de la périphérie. Il n’y a qu’au centre-ville que les toilettes publiques sont ouvertes toute la journée ».
Cette politique s’est traduite par la réduction des horaires d’ouverture dans les toilettes publiques situées en périphérie de la ville, selon Karim Hadi. En période hivernale, les toilettes publiques du parc de la Citadelle, du parc de l’Orangerie et du jardin des deux Rives sont ouvertes uniquement les mercredi, samedi et dimanche, entre 10 heures et 17 heures. Au contraire, en été, elles sont accessibles chaque jour au public de 10 heures à 20 heures.
De même, les toilettes publiques du Neudorf et de la Marne sont ouvertes uniquement les jours de marché soit le mardi et le samedi, de 6 heures à 13 heures 30. Cette stratégie vise à adapter les horaires d’ouverture des toilettes publiques à la fréquentation du lieu.
Les toilettes publiques du jardin des deux Rives ne sont pas ouvertes toute la journée. Elles sont ouvertes le mercredi, samedi, dimanche de 10 heures à 17 heures (Photo LC / Rue89 Strasbourg / cc).
« Entre 2015 et 2020, 50% des postes d’agents d’entretien ont été supprimés »
Pour Karim Hadi, cette politique de recentrage des toilettes publiques a aussi permis à l’Eurométropole de Strasbourg de réduire le nombre de salariés chargés du nettoyage de ces toilettes : « Entre 2015 et 2020, 50% des postes d’agents d’entretien de l’Eurométropole ont été supprimés. »
« Plusieurs toilettes automatiques ont été mises en place. Aucun agent ne fait le ménage dans ces toilettes quand elles sont ouvertes, ce n’est pas le même service. Dans les toilettes gardiennées, les agents passent presque après chaque client. »
Seules les toilettes automatiques de la Place de Bordeaux, mises en place le 8 mars 2021, et de la rue Quintenz à Illkirch-Graffenstaten, sont ouvertes en journée de 4 heures 30 à minuit. À l’angle de la rue Saint-Guillaume et du quai des pêcheurs, et place de l’Etoile, les cabines automatiques fonctionnent seulement la nuit, après la fermeture des toilettes gardiennées. Les toilettes publiques de la place André Maurois sont ouvertes uniquement le samedi de 6 heures à 14 heures durant le marché.
Refus des nouveaux projets de toilettes publiques
Depuis 2015, plusieurs projets de toilettes publiques ont été proposés à l’Eurométropole, selon Paul Meyer adjoint du quartier Centre-Gare sous l’ancien maire de Strasbourg :
« J’ai proposé de créer des toilettes publiques place Sainte Aurélie, place de la Porte Blanche, au square Louise Weiss et rue du Ban-de-la-Roche près de la gare. Mais à chaque fois ces projets ont été refusés lors des conseils de l’Eurométropole de Strasbourg. »
Ce « service publique de base » est méprisé par certains élus de l’Eurométropole de Strasbourg, selon Paul Meyer : « C’est un sujet moqué alors que cela concerne toutes les personnes en situation de précarité et cela touche à la dignité humaine. On rigolait de moi quand je parlais de toilettes publiques. »
Pour remédier au manque de toilettes publiques, l’Eurométropole souhaite augmenter le nombre de cabines automatiques gratuites pour proposer aux usagers un service 24h/24h. Selon Jean-Paul Preve, conseiller délégué de la propreté de l’Eurométropole et maire d’Oberschaeffolsheim, 10 toilettes publiques automatisées seront créées d’ici 2026 :
« Quand on compare la ville de Strasbourg aux autres métropoles, on se rend compte qu’il y a une réelle défaillance sanitaire. En tant que ville touristique, Strasbourg a aussi une image à défendre. Depuis 2014, le projet est donc de construire 14 toilettes publiques automatiques. 4 fonctionnent déjà : place André Maurois, place de Bordeaux, rue Saint Guillaume et rue de Quintenz. Mais ce projet prend du temps car Strasbourg a beaucoup de monuments historiques et nous ne pouvons pas construire n’importe où. »
L’EMS préfère les toilettes automatiques aux toilettes gardiennées. « Si on fait des toilettes qui ne sont pas gérées par des humains, cela nous permet de les laisser ouvertes la nuit. Notre but est de couvrir les zones qui n’ont pas de toilettes publiques et pas seulement le centre-ville », affirme Jean-Paul Preve. Autre solution : géolocaliser les toilettes publiques dans la ville de Strasbourg sur l’application StrasMap.
Les toilettes publiques du parc de l’Etoile possèdent deux toilettes automatiques ouvertes durant la nuit (Photo LC / Rue89 Strasbourg / cc).
Pour le moment, l’Eurométropole a décidé de rouvrir en journée les toilettes de la place d’Austerlitz pour répondre à la demande des usagers durant la pandémie. La période d’ouverture des toilettes publiques dans les parcs devrait aussi être allongée.
La candidate écologiste aux élections régionales, Éliane Romani, pense qu’une victoire de la gauche et des écologistes est possible. Elle la conditionne à un large rassemblement, avec comme objectif de revoir la politique d’aide aux entreprises.
Investie tête de liste « l’Écologie il est temps » dès octobre, la mosellane Éliane Romani doit conduire les écologistes aux élections régionales, programmées les 13 et 20 juin. En campagne à Strasbourg lundi 8 mars, elle reste prudente sur ses premiers éléments de programme. Et pour cause, dans le week-end, les partis écologistes mais aussi le Parti socialiste et le Parti communiste ont posé les bases d’un futur accord appelé « Pacte écologiste, citoyen et solidaire ». « Ce pacte d’union doit encore être validé par un processus démocratique auprès des militants dans chacun des partis », précise-t-elle d’emblée.
Si cette stratégie est acceptée, les principaux points du programme en découleront. En parallèle, un autre appel au rassemblement subsiste, celui de « l’Appel inédit » lancé en décembre par l’ancienne ministre Aurélie Filippetti (ex-PS), la première secrétaire PS du Bas-Rhin et conseillère régionale, Pernelle Richardot et la députée France insoumise, Caroline Fiat.
Éliane Romani est tête de liste écologiste pour les élections régionales (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc).
Rue89 Strasbourg : Les Alsaciens vous connaissent peu, qui êtes-vous ?
Éliane Romani : Je suis orthophoniste en Moselle. Je travaille dans mon cabinet libéral et à l’hôpital. Je milite chez Les Verts puis Europe Ecologie depuis vingt ans. J’ai été secrétaire régionale en Lorraine, ainsi que conseillère fédérale. À Thionville, j’ai exercé deux mandats successifs entre 2001 et 2014, d’abord conseillère municipale, puis, quand on a gagné, adjointe à l’urbanisme. Je ne me suis pas représentée, car je pense qu’il faut savoir passer la main.
Qu’est-ce qui vous a poussé à vous engager dans les élections régionales ?
Le contexte a changé. Avec les marches pour le Climat, les grèves lycéennes, le recours gagné contre l’inaction climatique… La conscience de l’urgence écologique est bien partagée. Elle est devenue une exigence pour la jeunesse et les générations futures. Trois électeurs sur quatre disent que l’urgence écologique sera déterminante pour leur vote.
Des débats préhistoriques
On voit que l’écolo-bashing progresse, avec dernièrement la polémique sur les repas dans les cantines à Lyon, que même la ministre de l’Environnement a qualifiée de débat préhistorique. On tente par tous les moyens de ridiculiser les écologistes, parce qu’on sait bien qu’ils pourraient réaliser de bons scores aux prochaines élections…
Il y a aussi les demandes sociales, exprimées notamment depuis 2017 par les Gilets jaunes. Et puis la pandémie, qui est une conséquence à notre rapport à la nature, puisque les zoonoses sont des effets collatéraux de la déforestation. Elle a mis en avant les invisibles qui ont fait tenir la société lors du premier confinement. Ils sont certes retournés à cette situation d’avant, mais leur mise en évidence a au moins provoqué des prises de conscience.
Et puis il y a les scores électoraux aux élections européennes et municipales. La victoire de Jeanne Barseghian à Strasbourg m’a beaucoup inspirée. Elle n’était pas forcément extrêmement connue, mais elle est dynamique et positive. On est à un moment possible de basculement.
Même dans le Grand Est ?
Le contexte politique est plus difficile qu’ailleurs certes, mais les habitants sont les mêmes. Ils ont bien vu les trois étés de sécheresse, les canicules, les jonquilles qui fleurissent un mois en avance ou les cours d’eau qui s’assèchent puis qui débordent… Je vois la détresse, notamment chez les jeunes, mais aussi des initiatives. La transition écologique avance dans la tête des gens, mais il manque l’échelon politique.
À l’été, les partis écologistes se sont rassemblés en se disant « on arrête nos bisbilles. » On peut gagner.
Votre programme n’est pas encore connu, mais pouvez-vous donner des exemples de vos premières décisions ?
En cette journée internationale des droits de la femme, on annonce la mise à disposition de protections menstruelles gratuites dans les lycées et d’autres lieux publics de la région. Devant l’ampleur des violences faites aux femmes, il faut aussi davantage accompagner celles qui subissent ces actes. Les Régions emploient 61% de femmes mais le Conseil régional doit devenir exemplaire sur l’égalité salariale.
Conditionner les aides aux engagements écologistes
Autre point, l’éco-conditionnalité des aides aux entreprises sera très importante. La Région a une forte compétence économique. Nous la conditionnerons aux acteurs qui s’engagent dans la transition écologique. On ne peut plus aider les pollueurs. Près de chez moi à Illange, une industrie qui se fournit en charbon vient d’ouvrir. On croit rêver ! On va aider ceux qui ont envie de changer, aider les salariés via la formation, une autre compétence de la Région.
Huaweï n’a pas pu s’installer en région parisienne suite à une levée de bouclier des services de renseignement. En Alsace, l’armée alerte mais seuls les écologistes ont posé des questions sur la sécurité intérieure et la Région a versé 800 000 euros d’aides. C’est scandaleux.
Il y a aussi eu les implantations d’Amazon. On annonce les emplois créés à grands renforts de communication, mais pas ceux détruits, ni les hectares de terres agricoles supprimés.
Il y a un autre appel au rassemblement, avec « l’appel inédit », une démarche en dehors des partis politiques. Comment vous placez-vous vis-à-vis de cela ?
Avant le Pacte écologiste, citoyen et solidaire, nous étions déjà en discussion avec tous les partis de gauche. On va continuer à discuter, car il y a une possibilité de gagner et plus on sera rassemblés, plus il y aura de chances de continuer. On l’a écrit, on est ouverts aux initiatives, il reste de la place. Je souhaite favoriser une liste ouverte, avec des personnes non-encartées.
En étant rassemblés et ouverts, on peut faire basculer la Région dans quelque chose de complètement différent. On serait d’ailleurs politiquement plus en phase avec le Luxembourg, la Sarre, le Bade-Wurtemberg, la Belgique ou la Suisse, où l’on retrouve des écologistes dans les majorités.
L’existence même du Grand Est est contestée, notamment en Alsace. Même si ce ne sont pas les élus régionaux qui décident du découpage, est-ce que ce sera un thème de campagne pour vous ?
Les écologistes sont des régionalistes, qui pensent qu’il s’agit d’un bon échelon. Nous sommes aussi pour le principe de subsidiarité, c’est-à-dire une décision prise au plus près des habitants. Nous aimerions que la Région soit une véritable puissance publique et pas seulement une machine à redistribuer l’argent que l’État veut bien lui donner. Cela nous permettrait de parler d’égal à égal avec nos voisins. Nous porterons une vision moins jacobine de l’organisation de l’État, contre l’empilement des collectivités locales.
Ce serait, il est vrai, mieux d’avoir une région avec une vraie identité. Cette région est un peu grande et disparate car décidée un peu n’importe comment et sans consultation. On comprend que les gens ne s’y retrouvent pas. Il y aura d’ailleurs un parti régionaliste sur la liste, Alternative alsacienne.
L’ancienne adjointe à la démocratie locale Chantal Cutajar critique dans une tribune les propositions de l’opposition et appelle à un changement de posture des élus et élues pour la réussite de la vie politique participative.
La proposition essentielle porte sur la transformation du Comité d’éthique du Pacte pour la démocratie locale, « en un organe totalement impartial et indépendant, présidé par le Déontologue et composé de citoyens et personnalités indépendantes, choisies par les membres des Conseils de quartier et les membres du Conseil de la participation citoyenne ». Ce comité, devenu commun à la Ville et à l’Eurométropole « pourrait revêtir les fonctions d’une commission indépendante du débat public » et « assurer un contrôle sur la composition du Conseil de Développement. »
Absence de vision
Ces propositions dénotent une absence totale de vision et ne permettront ni d’améliorer ni d’approfondir la démocratie à Strasbourg pour les raisons suivantes :
Les conseillers reprochent au comité d’éthique sa composition tripartite pointant le fait qu’y siègent « l’exécutif municipal et la direction générale de l’administration, juges et parties. »
Ce faisant ils méconnaissent le principe même qui a donné naissance au Pacte pour la démocratie à Strasbourg adopté à l’unanimité du Conseil municipal le 16 avril 2018 et qui réside dans la recherche d’un consensus entre les trois parties prenantes que sont les élus, y compris minoritaires, les agents de la collectivités et les citoyens.
Dès son préambule le pacte énonce en effet, qu’il « garantit le dialogue entre élus, agents et citoyens » qu’il érige en « principe fondamental de la démocratie locale qui seul permet d’aboutir à la prise de décision commune. Ce dialogue repose sur la reconnaissance, la bienveillance et l’écoute réciproques ainsi que sur la reconnaissance de valeurs communes. »
Ancienne adjointe en charge de la démocratie locale et candidate aux élections municipales, Chantal Cutajar donne sa vision des réformes à mener.Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
Ce qu’est le Pacte pour la démocratie
Cette organisation tripartite garante de la transparence des débats et du respect du bien commun caractérise l’organisation et le fonctionnement du Conseil de la participation citoyenne, issu du Pacte et s’applique à toutes ses composantes, comité de suivi de la mise en œuvre du Pacte, budget participatif, et bien évidemment le Comité d’éthique.
Il s’agit bien d’une manière nouvelle et inédite de concevoir le débat démocratique avec comme volonté commune de trouver des réponses conformes au bien commun à partir d’un état des lieux et d’une vision partagée par l’ensemble des parties prenantes.
L’opposé d’une logique de contrôle
Il est clair que la proposition des Conseillers municipaux s’inscrit à l’opposé de cette vision, dans une démarche de défiance qui ne peut déboucher que sur une logique de contrôle telle qu’elle est préconisée et qui n’est conforme ni à la lettre ni à l’esprit du Pacte pour la démocratie à Strasbourg.
La proposition ignore complètement le principe d’ouverture du Conseil de la participation citoyenne et le fait que les conseils de quartier sont évidemment des instances qui ne se situent pas en dehors mais bien au sein du conseil de la participation citoyenne. La proposition consistant à doter le comité d’éthique d’une compétence eurométropolitaine alors que le Pacte pour la démocratie n’a, pour l’heure été adopté que par la Ville de Strasbourg témoigne là encore d’une absence totale de vision de la démocratie. L’instance citoyenne eurométropolitaine est le conseil de développement. On ne voit pas sur quel fondement le comité d’éthique du Pacte pour la démocratie à Strasbourg pourrait contrôler sa composition.
Changer de logiciel
Si l’on peut se féliciter de ce que la démocratie est bien au premier plan des préoccupations des élus majoritaires et minoritaires, la surenchère ne contribue pas à la qualité du débat démocratique et ne peut qu’induire nos concitoyens en erreur. S’ils veulent réellement approfondir la démocratie, les élus doivent changer de logiciel et passer d’une logique de rapport de force et de contrôle à une logique de co-construction fondée sur une vision partagée du bien commun.
Ils doivent tout comme les citoyens d’ailleurs, s’engager sur le chemin d’une éthique de la responsabilité qui repose, comme le mentionne le pacte « sur la prise de conscience de notre capacité à réfléchir et à agir, du poids de nos paroles et des conséquences de nos actes, ainsi que des limites de notre liberté individuelle ».
Telle est la demande de nos concitoyens ici, à Strasbourg mais également au-delà et qui a été exprimée notamment par celles et ceux qui ont participé à la convention citoyenne pour le climat.
Les choix politiques difficiles qui s’annoncent imposeront à très court terme d’adopter cette logique et de sortir des schémas dépassés qui ne peuvent que conforter le désintérêt de nos concitoyens pour la chose publique. Cela implique un engagement à la fois personnel et collectif pour l’intérêt général et le bien commun. N’est-ce pas en somme la finalité de tout engagement politique ? Il est temps de passer des paroles aux actes.
Ancienne adjointe en charge de la démocratie locale (2014-2020) et candidate indépendante aux élections municipales en 2020. Président de l’association Citoyens engagés
L’Alsace s’illustre par son suivi zélé des bénéficiaires du RSA, avec le « RSA contre bénévolat » et des contrôles de relevés bancaires. Des Alsaciens témoignent de ces procédés plus stricts que par le passé.
Janvier 2021 : Jacques (tous les prénoms ont été changés), jeune diplômé bénéficiaire du Revenu de solidarité (RSA), reçoit un courrier avec un en-tête inhabituel. Il s’agit de la nouvelle Collectivité Européenne d’Alsace (CEA) et plus précisément du service « Juste droit du rSa » (sic). Si le courrier n’a pas d’objet, il lui demande de renvoyer tout un ensemble de pièces, en invoquant l’obligation de déclarer tout changement de situation.
Jacques s’étonne. Sa situation n’a pas changé. Il déclare ses revenus tous les trois mois et avait déjà transmis la plupart des pièces demandées lors de sa première demande à l’été 2020. Mais l’allocataire ne traîne pas : s’il ne renvoie pas le dossier sous 3 semaines, le versement de son RSA de 550,93€ (le montant pour une personne seule et sans ressource) sera suspendu.
Le courrier de la nouvelle collectivité adressé à « Jacques »
Le dossier de Jacques fait plus de 50 pages, entre la copie de pièce d’identité, les attestations de fin de droits de pôle emploi et de l’allocation de solidarité spécifique, le justificatif de domicile, l’avis d’imposition, de taxe d’habitation, et… tous ses relevés bancaires depuis 9 mois.
Ce procédé n’est pas un cas isolé en Alsace : en 2019, dans les pages de Libération, le Département du Bas-Rhin avait revendiqué plus de 3 000 contrôles de relevés bancaires en 2017, et près de 2 000 en 2018. Frédéric Bierry, le président (LR) du Conseil départemental avait assuré que les vérifications de relevés bancaires porteraient sur trois mois maximum.
L’image de « l’assisté fainéants »
Le courrier adressé à Jacques évoque un « dispositif de contrôles renforcés » mis en place « afin de vérifier que les aides sociales soient bien attribuées aux personnes en réelle précarité ». Dans un rapport de septembre 2020, la Cour des Comptes rapporte que la Caisse nationale d’allocations familiales aurait identifié 324 millions d’euros de fraudes (pour toutes ses prestations), soit trois fois plus qu’en 2010. Environ 4 000 agents en équivalent temps plein étaient affectés à la lutte contre la fraude en 2019, principalement dans les Caisses d’allocations familiales et les Caisses primaires d’assurance maladie (CPAM).
Les contrôles des bénéficiaires d’aides sociales ont bien augmenté, et ce, depuis deux décennies, indique Vincent Dubois, sociologue et professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Strasbourg. Il a étudié le phénomène, décrit dans son prochain livre : Contrôler les assistés, genèse et usage d’un mot d’ordre (éditions Raisons d’agir, sortie le 15 avril).
Le chercheur y constate que « ce sont toujours les plus précaires qui subissent le plus de contrôles et de sanctions » : les bénéficiaires du RMI puis du RSA, mais aussi ceux de l’allocation parent isolé, avant qu’elle ne soit fusionnée avec le RSA. Ils seraient perçus comme « fainéants, enfermés dans des trappes à inactivité », rapporte le sociologue. Selon lui, cette image de « l’assisté » s’est développée dans les discours publics depuis le milieu des années 1990. En France, elle correspond à un moment politique, lors de l’arrivée de Jacques Chirac au pouvoir, qui avait promis des réductions d’impôts pendant sa campagne :
« Quand cette réduction d’impôts s’est révélée compliquée à mettre en oeuvre, le Premier ministre Alain Juppé a annoncé un grand plan de lutte contre les pratiques abusives. Cette désignation de bouc émissaire a été une manière de rassurer les contribuables sur la gestion rigoureuse des finances publiques. »
Des statistiques prédictives pour identifier les fraudeurs
En parallèle, le développement de la technologie favorise les contrôles. Les Caisses d’allocations familiales (qui versent notamment le RSA, la prime d’activité et l’allocation logement) ont été les premiers organismes à mettre en œuvre des techniques de statistiques prédictives pour identifier les potentiels fraudeurs. « En gros, elles déterminent des profils », explique Vincent Dubois :
« Des algorithmes assez complexes calculent un “score de risque”, selon une association de critères comme le montant de revenu, le montant du loyer, la constitution du foyer… »
C’est une des raisons pour lesquelles le RSA est le plus visé par les contrôles : c’est la prestation qui demande le plus de pièces et pour laquelle il faut déclarer ses revenus le plus souvent, ce qui augmente le potentiel d’erreurs.
Fin 2016, le président du Conseil Départemental du Haut-Rhin Eric Straumann proposait le « RSA contre bénévolat » Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
Des relances stressantes, qui ne prennent pas en compte les difficultés
Le premier niveau de contrôle est assuré par un croisement de fichiers. Ensuite, il y a les courriers, les demandes de pièces, parfois sans raison apparente. C’est ce qu’a subi Jacques, mais aussi Robert, bénéficiaire du RSA depuis plusieurs mois en Alsace. En janvier également, il a reçu un courrier de la CAF lui demandant de déclarer à nouveau ses revenus sur un document papier. Pour lui non plus, sa situation n’avait pas changé et il s’est étonné de ce courrier. Le plus embêtant étant que le versement de son RSA est suspendu pendant la durée de traitement.
Pour Jacques, ce genre de courrier menaçant de suspension est choquant et ne prend pas en compte le profil de chacun :
« Déjà, c’est stressant de devoir renvoyer autant de pièces. J’ai vérifié 10 fois si je n’en avais pas oubliées, par peur de la suspension ! Ensuite, c’est méconnaître la précarité des gens. Certains n’ont pas d’imprimante, d’autres ont changé plusieurs fois de banque ou sont interdits bancaires. D’autant plus que les organismes ont déjà toutes ces informations ! En fait, ils ne s’embêtent pas, ils font peser la charge du contrôle sur le bénéficiaire. »
Le bâtiment de la Caisse d’allocations familiales à Strasbourg Photo : Roland Burckel / Archi-wiki / cc
C’est ce que déplore Aaron, habitant de Lingolsheim, qui bénéficie du RSA depuis juin 2020. Il a été informé en décembre de la suspension de la prestation par un courrier du Département du Bas-Rhin, devenu CEA au 1er janvier, car il n’avait pas donné signe de vie pour un rendez-vous téléphonique avec sa référente RSA en octobre. Or, Aaron a des problèmes de santé : à ce moment-là, il ne sortait plus et ne cherchait plus son courrier depuis des mois. Il regrette que les organismes ne cherchent pas à en savoir plus sur la situation avant de suspendre la prestation :
« Je consultais quotidiennement mon compte CAF et ma boîte mail dans l’attente de ce fameux rendez-vous. Et puis la conseillère qui m’était assignée aurait pu me téléphoner aux dates prévues de rendez-vous. J’aurais répondu. Mais ils considèrent que la prise de contact est strictement de la responsabilité du bénéficiaire, donc ils ne s’en donnent pas la peine. »
Ces trois bénéficiaires ont subi des contrôles de deux instances : la CAF et le Département, toutes deux impliquées dans l’attribution et le contrôle du RSA à différents niveaux. Ce doublement des interlocuteurs participe mécaniquement à la hausse des contrôles.
En tant que travailleur indépendant, Henri semble avoir coché les cases qui alertent les contrôles de la collectivité :
« En 2017, j’ai dû fournir au Conseil Départemental du Bas Rhin toutes les pièces demandées, soit un dossier d’environ 120 pages (relevés bancaires sur une période de 2 ans et demi, copie intégrale de bail de location, copie de toutes les pages du passeport, attestations d’assurances, etc). En réponse, j’ai dû justifier toutes les sommes créditées sur mon compte, parfois des remboursements de dépenses communes, des achats en ligne renvoyés, etc. pour des montants de 10 à 40€… »
Les documents envoyés à Henri par le conseil départemental du Bas-Rhin.
À nouveau contrôlé deux ans plus tard, Henri avoue avoir renoncé à refaire ce dossier, pour une prestation à laquelle il a droit.
Selon Vincent Dubois, la différence d’implication entre Départements dépend « essentiellement de la couleur politique » : en Alsace, les exécutifs des Conseils Départementaux sont de droite. Et ils sont particulièrement impliqués : si tous les bénéficiaires de France signent un « contrat d’engagement réciproque » avec le Département, le Haut-Rhin a lancé en 2017 le système du « RSA et bénévolat », qui ne concerne certes pas les 20 000 bénéficiaires haut-rhinois mais peut s’appliquer au cas par cas dans le cadre de ce contrat. Ainsi, certains allocataires doivent prouver qu’ils effectuent environ sept heures de bénévolat hebdomadaires dans une association pour continuer à obtenir ce revenu. Sinon, plus généralement, ce Contrat d’Engagement Réciproque est un court document où le bénéficiaire s’engage à « entreprendre des actions nécessaires à l’amélioration de sa situation », donc à chercher des formations ou un emploi.
« Les contrôles à domicile ressemblent à un interrogatoire policier »
Le chercheur a constaté lui-même une hausse du nombre de contrôleurs à domicile en France. C’est le dernier niveau de contrôle le plus intrusif, qui touche les plus précaires. Il s’agit de vérifier les déclarations de situation familiale et de conditions de vie. Vincent Dubois a accompagné de nombreux contrôles, par plusieurs vagues d’enquête au début des années 2000 et à la fin des années 2010. Il décrit un processus qui « s’apparente à une inspection complète » :
« Les contrôleurs cherchent des indices comme les noms sur les boîtes aux lettres et n’hésitent pas à poser des questions aux voisins. Cela ressemble à un interrogatoire policier, avec des techniques de bluff et d’intimidation. »
Du côté des « contrôlés », il constate un bon accueil et une « relative docilité », liée à la crainte des sanctions, même si les « tentatives de dissimulation » existent aussi. S’il n’a pas encore pu mener d’enquête auprès d’eux pour les interroger sur leur vécu, il relève « un rapport de domination entre quelqu’un qui est investi par l’institution, et une personne en face dont la vie sera affectée par ce que fera l’institution ».
Il aura fallu cinq ans à la justice pour boucler cette procédure… Photo : Anna / FlickR / cc
En cas de fraude, une triple sanction
Les sanctions sont de plus en plus sévères : Vincent Dubois constate qu’au début des années 2000, une sorte de règlement à l’amiable était encore de mise, notamment quand l’organisme découvrait qu’un bénéficiaire ne vivait pas vraiment seul :
« Avant, si on ne pouvait pas déterminer depuis quand il y avait vie maritale, on la datait du jour du contrôle. La personne remboursait les sommes trop perçues et c’en était fini. Aujourd’hui, il y a l’application d’une triple sanction : on remonte beaucoup plus loin pour calculer les arriérés, on ajoute des sanctions pécuniaires supplémentaires, et on va jusqu’à la poursuite judiciaire s’il s’agit de sommes importantes. Le nombre de procès n’a cessé de croître depuis 15 ans. »
Et pourtant, le sociologue montre dans son livre que le sort subi par les bénéficiaires d’aides sociales en France est « doux » si on le compare aux situations équivalentes aux États-Unis ou en Grande-Bretagne, où « le niveau d’intrusion des contrôles et de sévérité des sanctions est sans commune mesure ». Dans le reste de l’Europe, la tendance est analogue à la France. Aux Pays-Bas, le gouvernement vient de démissionner suite à un scandale lié aux contrôles d’allocations familiales sur fond de profilage ethnique : 26 000 parents ont été accusés à tort de fraudes sur leur allocation de garde d’enfants.
Après avoir œuvré avec Frédéric Bierry pour la « renaissance » de l’Alsace, l’ex Présidente du Conseil Départemental du Haut-Rhin est pressentie comme candidate LREM pour tenter de prendre la région Grand Est. Elle affronterait alors l’actuel Président Jean Rottner… Et peut-être aussi quelques anciens compagnons d’armes en Alsace ?
Les conducteurs de bus de Keolis Striebig entament leur quatrième semaine de grève. Une réponse à l’échec des différentes négociations syndicales avec la direction.
Depuis lundi 15 février, 70 des 115 conducteurs de bus de Keolis Striebig, une entreprise régionale de transports en commun, sont en grève dans les dépôts de bus d’Illkirch, de Molsheim et d’Illkirch-Graffenstaden. Dès le 18 février, le site de Brumath a aussi été touché par ce mouvement.
Cette grève perturbe depuis 19 jours certaines lignes de bus de la CTS. La compagnie strasbourgeoise a sous-traité une partie de son service à Keolis Striebig. Ces perturbations continueront pour la quatrième semaine consécutive suite à l’échec des négociations entre les syndicats et la direction.
Premiers échanges au tribunal administratif
Pendant les 15 premiers jours de grève, les conducteurs de bus n’ont eu aucune réponse de la direction de Keolis Striebig. « Aucun rendez-vous nous a été proposé pour entrer en négociation avec eux, personne ne nous a contactés », affirme Pascal Vaudin, secrétaire général de la filiale des transports de la CFDT dans le Bas-Rhin.
Durant cette période, les seuls échanges entre les représentants syndicaux et la direction de Keolis Striebig ont eu lieu au tribunal administratif de Strasbourg. Mardi 23 février, Martin Godefroy, directeur de Keolis Striebig, a assigné les 70 grévistes, la CFDT et la CGT en justice pour avoir bloqué les sorties de bus des dépôts de Molsheim, de Strasbourg, d’Illkirch-Graffenstaden et de Brumath. Une affirmation démentie par Pascal Vaudin :
« Nous n’avons jamais bloqué aucun bus. Un huissier est d’ailleurs venu pour attester qu’il n’y avait aucun blocage. Nous respectons depuis lundi 1er mars le plan de continuité de transport mis en place par la CTS. Cette semaine, nous avons laissé circuler deux lignes de bus à partir du dépôt de Strasbourg, deux à partir du dépôt de Molsheim et sept à partir du dépôt d’Illkirch-Graffenstaden pour assurer un minimum de transports en commun. La circulation est assurée par des conducteurs non-grévistes. »
Martin Godefroy demandait notamment au juge d’ordonner la fin des piquets de grève ainsi qu’une amende de 147 euros par grévistes, selon Pascal Vaudin. Le juge des référés a conclu qu’il n’y avait pas d’abus de droit de grève, ni de réel blocage des dépôts de bus et a débouté la direction de Keolis Striebig de ses demandes.
Les conducteurs de bus de Keolis Striebig sont en grève depuis le 15 février dans les dépôts de bus de Strasbourg, Illkirch-Graffenstaden et Molsheim. Le site de Brumath est aussi touché par ce mouvement depuis le 18 février. Photo : LC / Rue89 Strasbourg
Une médiation de la CTS lance le dialogue social
Une opération de médiation organisée par la direction de la CTS, samedi 27 et dimanche 28 février, aurait permis d’engager le dialogue social entre les conducteurs grévistes et la direction de Keolis Striebig, selon Ghazi Mansouri, délégué syndical de la CGT :
« Samedi, nous avons rencontré le directeur de la CTS, Emmanuel Auneau, pour lui faire part de nos revendications. Le président de la CTS Patrick Maciejewki est venu nous voir le dimanche sur notre piquet de grève au dépôt de bus de Strasbourg pour parler avec chacun des grévistes. Peut-être que c’est cette pression de la CTS sur l’entreprise Keolis Striebig qui a permis de débuter les négociations syndicale avec la direction.
Dès mardi 2 mars, les grévistes ont donc pu faire part de leurs revendications lors d’une négociation entre la direction de Keolis Striebig et les représentants de l’intersyndicale CFDT-CGT. Les conducteurs de bus se disent victimes d’inégalités de traitement. Ainsi, le temps de travail de certains employés inclut des « temps annexes » (temps de battement, de changement d’uniforme, d’attente) alors que ces moments ne sont pas payés pour d’autres. Ces disparités existent également au sein d’employés appartenant au même service. Pascal Vaudin dénonce une autre discrimination, plus récente :
« La direction a décidé unilatéralement d’accorder aux salariés de bureau 40 euros par mois, sans rien donner aux conducteurs de bus. Pour nous, c’est un affront et cela crée de la discrimination entre les salariés. »
Les grévistes réclament donc l’harmonisation du calcul du temps de travail et une prime annuelle de 500 euros. Les grévistes demandent aussi la réintégration d’un salarié renvoyé durant la période d’essai de son CDI alors qu’il faisait grève.
Trois négociations, aucun accord
Cette première réunion du 2 mars a tourné court. Mais le lendemain, les grévistes ont cru apercevoir un début d’accord lors d’une discussion préparatoire entre le directeur Martin Godefroy et les représentants de la CGT et de la CFDT. « Ce n’était pas une discussion officielle mais à l’issue de la réunion nous pensions que le versement de la prime de 500 euros était acquise », précise Amadir Bouchaib, délégué syndical de la CFDT.
Jeudi 3 mars, la direction de Keolis Striebig n’a pas gardé la même position que la veille. Elle a proposé aux grévistes une prime de 85 euros par an sur 3 ans. « C’est inadmissible de nous proposer 85 euros de prime alors que nous en demandions 500. On ne peut pas accepter ce montant. Ces quatre heures de réunion n’ont servi à rien, » s’insurge Pascal Vaudin. La direction de Keolis Striebig a aussi refusé de réintégrer le salarié renvoyé au début de la grève.
N’obtenant aucune avancée lors de la troisième réunion de négociation vendredi 5 mars, les conducteurs de bus de Keolis Striebig ont décidé de poursuivre leur grève pour une quatrième semaine. Le délégué syndical CGT Ghazi Mansouri parle d’un échec total de la dernière rencontre :
« La direction de Keolis Striebig est restée concentrée sur des problèmes administratifs pour ne pas discuter de nos revendications. À aucun moment, il n’a été question de la prime. C’est une discussion stérile qui n’a aucune utilité. »
D’après Ghazi Mansouri, les grévistes ont aussi refusé de poursuivre les négociations avec la direction de Keolis Striebig lundi 8 mars.
Contacté, le directeur de Keolis Striebig s’est dit encore ouvert à la négociation qu’il souhaite poursuivre en mettant en place dès lundi un protocole de sortie de crise. Malgré l’absence d’accord après trois réunions, Martin Godefroy a rappelé que beaucoup de sujets avaient été « défrichés », sans apporter plus de précision.
Un collectif, formé par des « citoyens en colères », appelle à manifester samedi 6 mars à Strasbourg contre les restrictions sanitaires.
Un « collectif de citoyens en colère » appelle à manifester contre « l’Etat d’urgence sanitaire » samedi 6 mars à partir de 13h30 à Strasbourg. Le point de rassemblement se situe place de la bourse, d’où le cortège partira vers 14h00 pour se rendre place de la République, en passant par le quai des Pêcheurs et l’avenue de la Liberté.
Un « collectif de citoyens en colères » appelle à manifester contre « l’Etat d’urgence sanitaire » samedi 6 mars à partir de 13h30 à Strasbourg. Photo : Document remi
L’objectif de cette mobilisation est de protester contre les restrictions sanitaires mises en place par le gouvernement depuis un an pour lutter contre la pandémie du Covid-19. Le couvre feu, avancé à 18 heures depuis le début du mois de janvier, et la fermeture des lieux culturels et sportifs, sont au cœur des critiques du collectif. Ce dernier dénonce aussi « le port du masque obligatoire dès l’âge de 6 ans (…) l’interdiction de se rassembler à plus de 6 personnes » ou encore « la stratégie du tout-vaccin ».
La municipalité publie un appel d’offre pour deux spectacles sons et lumières « d’envergure », trois semaines après les attaques de l’opposition qui imaginait une suppression de ce rendez-vous estival. Aux Docks Malraux, un quartier flottant et verdoyant sera proposé.
« Le grand spectacle d’été aura lieu du 3 juillet au 29 août sur deux sites, place du Château et au Parc naturel urbain Ill-Bruche ». Avec la publication d’un appel d’offre, la maire Jeanne Barseghian (EELV) compte clore une polémique sur la programmation estivale qui l’a passablement agacée en conseil municipal.
Un changement non-annoncé
Comme souvent avec les écolos, la nouvelle municipalité a voulu annoncer des changements sans forcément les détailler au préalable. Les premières interprétations sont alors venues de l’opposition. Lundi 15 février, l’ancien premier adjoint et désormais opposant Alain Fontanel (LREM) annonçait que le spectacle d’été « ne reviendra pas pendant 6 six ans ». Le projet de délibération venait d’être présenté lors de la séance de préparation qui se tient une semaine avant le conseil municipal. L’analyse des opposants : avec 708 000 euros répartis sur huit lieux, impossible d’avoir quelque chose d’équivalent à ce que la capitale alsacienne a connu. Une interprétation qu’ont ensuite contesté les écologistes. Mais trop tard, la confusion était déjà de mise dans les esprits.
Lundi 22 février, la délibération, aux contours vagues, prévoyait huit sites à animer sous des formes diverses. Jeudi 4 mars, dans le cahier des charges, ce sont finalement deux lieux qui sont retenus, pour un spectacle son et lumière : la place du Château, c’est-à-dire la façade ouest de la Cathédrale, et la partie à Koenigshoffen du moins connu Parc naturel urbain Ill-Bruche qui relie des espaces verts de la Montagne Verte à Eckbolsheim. Plus précisément, la municipalité flèche ses demandes sur la tour du Schloessel et le parc Albert Schweitzer, avec une possibilité d’étendre ce spectacles, « en journée et de nuit » au « Théâtre de verdure » et au parc Eugène Imbs.
Les prestataires doivent envoyer des proposition autour du thème « l’invitation à l’imagination ». Côté Cathédrale, la municipalité s’attend à ce que « l’ensemble de la place » soit illuminé, et pas uniquement la façade ouest de l’édifice religieux. Jeanne Braseghian note que « le spectacle de la Cathédrale n’a jamais été figé ».
La façade ouest de la Cathédrale devrait être à nouveau illuminée comme chaque été. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
« Une offre nouvelle sans trop se disperser »
Les candidats doivent envoyer des propositions pour animer les deux lieux. L’enveloppe se partage à 60% pour la place du Château et 40% pour la partie PNU. Avec cette répartition des fonds, la majorité avance une concrétisation de « l’équité territoriale », une des boussoles de son mandat, ainsi qu’une manière de « valoriser notre patrimoine naturel », convaincue du « potentiel » du parc à l’ouest de Strasbourg. La municipalité imagine une « circulation » des personnes en raison de « l’impératif sanitaire ».
Comment est-on passé de huit lieux à deux en une dizaine de jours ? Jeanne Barseghian répond que les différentes possibilités ont été étudiées :
« Nous voulions nous assurer d’avoir des offres qui tiennent la route. In fine, ce sont des choix qui permettent une offre nouvelle, sans trop se disperser pour avoir des spectacles d’envergure. »
Les six autres lieux (parcs des Deux-Rives, de la Citadelle et de l’Orangerie ; places Kléber et de l’Université, ainsi que les quais des Bateliers) resteront des lieux de la programmation printanière et estivale qui fera l’objet d’une autre délibération et d’un autre budget. Cette proposition reste suspendue aux restrictions gouvernementales dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire.
L’incertitude concerne notamment les événements musicaux comme le Pelpass Festival, Contretemps, les Pelouses sonores ou la Fête de la musique. L’adjoint en charge de la politique événementielle Guillaume Libsig détaille :
« Il y a la jauge des 5000 personnes assises, mais pas de protocole. Est-ce forcément des chaises espacées ? Peut-on s’asseoir par groupes ? Faut-il une désinfection entre chaque passage ? »
Ces dernières années, la façade ouest était illuminée plutôt que la façade avant. La place du Château permet d’accueillir plus de monde. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
Mea culpa ?
L’élu local annonce que pour les années futures, la satisfaction des spectacles sera davantage étudiée :
« Les années précédentes, il y avait 780 000 à 1,2 millions de spectateurs a rappelé le précédent adjoint Mathieu Cahn dans une tribune. En 2020, c’était 170 000, soit sept fois moins. Est-ce le format ? Le Covid ? On sait l’importance qu’a ce spectacle, mais à aucun moment dans le débat que l’on a eu, une étude de satisfaction n’a été produite. C’est d’ailleurs quelque chose qu’on va ajouter, questionner le public sur ce qui fonctionne, évaluer la satisfaction des formats inédits. »
En conseil municipal (revoir le débat d’1h16), Alain Fontanel s’était dit prêt à faire son « mea culpa » si un grand spectacle à la Cathédrale « aura bien lieu ». Il avait rappelé son attachement à cet événement qui « valorise notre un patrimoine, donne une visibilité à l’internationale et européenne, fait vivre notre ville tout en attirant un grand nombre de visiteurs ».
« Vous agitez des symboles qui sont importants pour les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois pour faire peur. Je ne partage pas cette manière de faire et je crois qu’à un moment la ficelle est un peu grosse. C’est bien d’annoncer par anticipation des suppressions qui n’ont pas lieu d’être, ça fait un petit buzz d’une semaine, mais pour autant ça vient générer de l’inquiétude et du trouble dans une période qui n’en n’a pas besoin », avait contre-attaqué Jeanne Barseghian, plus offensive qu’à l’accoutumée et lui reprochant son « annonce » de la semaine précédente.
Des docks plus grands et flottants
Un autre appel d’offres concernera les Docks de la Presqu’île Malraux, autre lieu emblématique de la programmation estivale à Strasbourg.
Les Docks d’été reviendront sans transatPhoto : Ville de Strasbourg
La plage sera toujours gérée par les services de la Ville de Strasbourg, mais à cela s’ajoutera un vaste quartier flottant, « un oasis au cœur de la ville », imagine Jeanne Barseghian. Il devrait permettre de gagner de l’espace et faciliter la distanciation. Comme en 2020, il n’y aura pas de transat sur le sable.
Les résultats des appels d’offre devraient être connus en avril.
Après avoir obtenu leur seconde dose de vaccins, les résidents du Kachelofe à la Meinau restent enfermés à leur étage. Malgré cette protection, l’avenir d’une vie normale reste flou.
Georgette a 85 ans. Après quelques soucis de santé, elle décide de venir habiter à l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) de la Meinau, le Kachelofe, en novembre 2019. Si elle a été confinée comme le reste des français, elle est prioritaire pour le vaccin contre le Covid qui, lui dit-on, lui permettra de sortir à nouveau.
Tous vaccinés… sauf deux
Georgette a reçu sa seconde dose de vaccin dimanche 20 février. Selon les chiffres de Santé Publique France, 93,3% des résidents des Ehpad du Bas-Rhin ont reçu une première injection et 64,1% leur deuxième au 2 mars. Une couverture vaccinale un peu supérieure à la moyenne nationale (respectivement 81,8% et 57,9%). Selon le directeur du Kachelofe, Jean-Marc Schauly, tous les résidents ont eu leur deuxième dose, sauf deux qui n’ont pas donné leur consentement.
Quand les habitants auront bénéficié des deux doses, il faudra attendre 21 jours pour envisager un relâchement des mesures d’isolation. Georgette s’interroge :
“Quand tout ça sera fini, qu’il n’y aura plus de virus, on reprendra la vie habituelle. Mais je ne sais pas si on se réunira tous au restaurant le dimanche. Je ne sais pas si on pourra reprendre les repas ensemble.”
L’absence de vaccination change-t-il quelque chose pour les autres résidents immunisés ? Le directeur n’a pas donné suite à nos questions supplémentaires. Une aide-soignante précise qu’il faudra attendre les recommandations de l’Agence Régionale de Santé (ARS) pour prendre de nouvelles décisions. Les résidents et les familles n’ont pas d’idée du délai avant de futures retrouvailles après une année de pandémie.
Aucun contact physique avec sa famille depuis 2020
Depuis mars 2020, Georgette n’a pas pu avoir de contact physique avec sa famille, ni les voir sans masque. Si ces mesures se justifient par la prévention de la propagation du virus, elles n’en sont pas moins contraignantes et impactent le moral des résidents. “Quand je pourrai voir mes petits enfants en vrai, pas en carnaval avec des masques, je serai la plus contente !”, s’impatiente l’octogénaire.
Les personnes âgées dépendantes font partie de la population la plus à risques de contracter le virus et d’en mourir. En juin 2020, plus de 50% des « clusters » dans le Grand Est étaient des Établissements de Santé Médico-Sociaux de personnes âgées et un peu moins de 30% en janvier 2021.
Autant que le virus, l’isolement fait craindre des décès prématurés dans les Ehpad. Photo : CB / Rue89 Strasbourg
Une liberté de circulation restreinte
En arrivant pour notre visite, Georgette plaisante : “on est un peu comme des lions en cage ici.” Les mesures sont légèrement plus souples qu’en mars 2020. Mais Georgette est coincée à son étage et ne peut côtoyer que ses voisins de couloir, soit cinq autres personnes et le personnel soignant. « À l’époque on pouvait recevoir des visiteurs. Après évidemment ça a été interdit. Il n’y a plus de visites dans les chambres ». Fini la possibilité de « sortir, recevoir tes amis dans ta chambre, faire les courses ».
Georgette habite une chambre individuelle. Elle peut sortir de sa chambre, avec son masque évidemment, et aller dans l’espace commun pour les activités. Mais les contacts, qui incluent les repas, restent limités entre personnes du troisième étage. “J’ai une copine au deuxième étage, mais à part le téléphone on ne peut pas se voir. On n’a plus le droit de descendre”, regrette Georgette.
Les activités accessibles sont le coloriage et la lecture. “Je ne regarde pratiquement plus la télévision, ça ne m’intéresse pas car il n’y a vraiment rien, les films c’est une catastrophe, mais je regarde les nouvelles tous les jours”. Il y a aussi de la gymnastique sur chaise, ou des activités mémorielles avec les animatrices, trois fois par semaine, « pour activer notre organisme », décrit Georgette.
Georgette a le droit de voir sa famille derrière une vitre et un masque. Photo : CB / Rue89 Strasbourg
Fin février, Georgette a découvert qu’elle a droit de demander à sortir, accompagnée d’une aide soignante, dans le jardin de l’Ehpad. Il faut prendre rendez-vous, et il y a des horaires par unité de résidents pour pouvoir descendre.
L’éloignement des familles pesant
Pour rendre visite à Georgette, sa famille doit appeler pour prendre rendez-vous. Les visites sont possibles du lundi au dimanche, et durent 45 minutes. Une seule salle leur est dédiée : le résident s’installe d’un côté, et ses proches de l’autre, séparés d’une vitre de plexiglas. Pour plus de 90 résidents, il n’y a que 31 créneaux. Il peut y avoir jusqu’à trois semaines d’attente, et en ce moment pour une visite le week-end, “il n’y a plus de place” nous dit la dame en charge des réservations.
Les créneaux de visites sont restreints.Photo : CB / Rue89 Strasbourg
Axelle (prénom modifié), ancienne aide-soignante au Kachelofe, explique que le risque, c’est l’isolement :
« Le phénomène de glissement fait que s’ils sont seuls trop longtemps, les résidents peuvent tomber en dépression ou mourir de ça, si ce n’est pas du Covid. »
Georgette dit ne pas subir la solitude : “J’ai été seule toute ma vie, alors ça aide quand ça devient difficile”.
Un manque criant de personnel
Axelle raconte qu’il était “compliqué d’avoir du temps avec chaque résident, parce qu’il y a trop de personnes en même temps.” En effet sur un étage, divisé en deux sections, il y a une vingtaine de résidents, pour une aide-soignante le soir. À l’heure du coucher, “t’as 20 résidents à coucher en deux heures, qui peuvent être lourds mais en même temps il faut aller à leur rythme. Éthiquement ça me faisait du mal de faire ça, mais je n’avais pas le choix sinon je sortais à minuit,” explique Axelle au sujet de ce qu’elle appelle « une forme de maltraitance”.
Georgette et Axelle notent toutes deux le recours accru à des intérimaires. Les résidents ont accès à une aide pour faire leur toilette quotidiennement, mais “une douche par semaine,” raconte Georgette, « car il faut être accompagné ».
L’ennui pour Georgette se fait surtout sentir les weekend, moment où les animatrice ont droit à leur repos. En attendant de pouvoir compter à nouveau sur les visites familiales.
Fermés depuis juin 2018, les Bains municipaux font l’objet d’importants travaux de rénovation. Jeudi 4 mars, la Ville de Strasbourg a fait visiter l’édifice qui devrait ouvrir en novembre 2021.
« Les visiteurs qui ont connu les Bains municipaux avant la rénovation seront sans doute surpris », prévoit Alexandre Feltz, adjoint en charge de la santé. Lors de la première visite de presse des Bains municipaux depuis le début de la rénovation de l’édifice en juin 2018, l’architecte du projet François Chatillon parle aussi de « fantasme de l’identique » : « Nous ne sommes pas là pour fabriquer des cartes postales, mais pour rénover un outil en conservant sa beauté. »
Ainsi, l’architecte François Chatillon rappelle par exemple que le béton du grand bassin a été sauvé. De même, les cabines du rez-de-chaussée ont été repeintes et restaurées. Olivier Ohresser, président de l’association des Amis du vieux Strasbourg, s’est dit « impressionné par les travaux de rénovation d’un des derniers bains municipaux aussi bien conservés dans la zone germanique. S’il reste plusieurs choses à régler, on arrivera au final à un bâtiment exemplaire. »
Des espaces et des tarifs différents
L’accès aux petit et grand bains sera facturé au même prix que pour toutes les piscines de l’Eurométropole de Strasbourg. L’espace « bien être » comprendra les bains chauds historiques auxquels seront ajoutés un spa au rez-de-chaussée avec sauna, jacuzzi et douches massantes… Un bassin de balnéothérapie complète cet espace, pour proposer selon la saison soit un « bain de soleil minéral » ou un « jardin Fraîcheur paysagé et parsemé de brumisateurs. » L’utilisation de cet espace coûtera 22€ par personne pour une durée illimitée. Les Bains municipaux rénovés proposeront enfin un espace santé gratuit, accessible sur ordonnance.
Des économies d’énergie
Cette opération, estimée à 34 millions d’euros début 2019, doit aussi améliorer la performance énergétique de l’établissement. L’adjoint à la Santé estime ainsi que la rénovation permettra une « réduction de 40% des dépenses énergétiques du lieu » ainsi qu’une baisse de 80% de l’eau consommée par chaque utilisateur. « La rénovation thermique permettra d’économiser 2,6 millions d’euros par an de chauffage », assure Alexandre Feltz.
Ouverture visée en novembre 2021
Gestionnaire de la piscine et de l’espace bien-être, Equalia prévoit d’ouvrir le lieu 139 heures par semaine, contre 70 avant sa fermeture, avec des horaires en partie nocturnes. Équalia estime qu’une vingtaine d’employés seront nécessaires pour assurer l’accueil et l’entretien de ces quelques 6 000 m² de locaux. L’entreprise exploite une centaine de centres aquatiques, patinoires et autres espaces bien-être en France et en Belgique.
Le chantier se poursuit encore. Selon la maire de Strasbourg, « on vise une ouverture pour novembre 2021 ». Son adjoint Alexandre Feltz se félicite d’un chantier « avec très peu de retard » : « Si l’ouverture se fait à la fin de l’année, ou début 2022, c’est un bon timing en lien avec la campagne de vaccination contre le Covid. »
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Les Strasbourgeois réussissent l’exploit de faire tomber le club de la Principauté, jusque-là invaincu en cette année 2021. Une victoire acquise dans les derniers instants grâce au défenseur Frédéric Guilbert, l’unique buteur de la rencontre.
C’est un grand coup que réalisent les joueurs du Racing face à l’AS Monaco. Un succès qui s’est dessiné dans la patience où il a fallu attendre que le tableau d’affichage indique la 90+1 pour voir les Strasbourgeois ouvrir le score et rompre la bonne série des Monégasques. Jusqu’à la rencontre de mercredi, le club de la Principauté était sur une série de douze rencontres sans défaite, dont 10 victoires pour 2 matches nuls. Avec une longue chevauchée et une frappe croisée du pied gauche, Frédéric Guilbert offre trois points précieux au bout du suspense. Il célèbre au passage son premier but avec le club alsacien.
Le défenseur est en mission en Alsace, prêté par le club anglais d’Aston Villa pour conclure la saison strasbourgeoise sur une bonne note et notamment combler le départ de Kenny Lala.
Grâce au but de Frédéric Guilbert, le Racing s’impose en toute fin de rencontre face à une formation monégasque invaincue en 2021.
Frédéric Guilbert en pleine forme avec le Racing
L’ancien joueur du SM Caen et de Bordeaux, a disputé cinq rencontres avec le Racing. Lors du derby face au FC Metz, le joueur a déjà illuminé les yeux des supporters en adressant la passe décisive pour permettre à Adrien Thomasson de crucifier le FC Metz. Avant son coup d’éclat face à Monaco mercredi soir, il s’est également montré décisif le dimanche précédent en donnant le ballon à Ludovic Ajorque pour ouvrir le score et ramener un bon point de Lille, le leader du championnat de France. Face au club monégasque, Frédéric Guilbert est le Strasbourgeois qui a le plus touché le ballon. Pas de contestation possible, il est l’homme du match.
Une performance qui lui vaut même son intégration dans le onze type établi par le journal l’Équipe avec son coéquipier en défense Alexander Djiku. Les trois points de la victoire face à l’AS Monaco offrent une bouffée d’oxygène au Racing qui pointe désormais au 14e rang de la Ligue 1. Huit points d’avance séparent le RCSA et le barragiste dans l’opération maintien !
😍 D’ailleurs, on vous laisse admirer l’incroyable Heat map de notre homme du match ! #LCDPhttps://t.co/BCbXPk9Ua5