Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

« On se sent comme des prisonniers, sans date de sortie » : la détresse de Strasbourgeois sans activité depuis un an

« On se sent comme des prisonniers, sans date de sortie » : la détresse de Strasbourgeois sans activité depuis un an

Empêchés de travailler depuis un an, trois Strasbourgeois racontent les difficultés financières importantes, l’impact sur leur motivation et leur moral, les plongeant parfois dans la dépression.

« Ne pas pouvoir travailler depuis un an a un impact psychologique et économique lourd. On se sent comme des prisonniers, sans date de sortie, » s’attriste Philipp Pollaert, DJ strasbourgeois. Un sentiment partagé par Antoine Peraldi, gérant du bar de nuit la Kulture, et Frédéric Muller, propriétaire du restaurant vietnamien Le Mandala. Depuis le 14 mars, ces trois professionnels strasbourgeois n’ont pu reprendre une activité normale.

Le premier confinement provoque le début des problèmes financiers pour Frédéric Muller

Pour Frédéric Muller, le premier confinement a été un « choc brutal » qui a lancé le début de ses problèmes financiers. « Le 14 mars, nous avons dû fermer le restaurant le soir même et jeter la nourriture », se souvient le gérant. Le 28 mai, l’annonce de la réouverture des restaurants pour le 2 juin n’améliore pas la situation :

« Le gouvernement nous a pris au dépourvu en nous prévenant trois jours avant la réouverture des restaurants. Nous n’avons pas pu anticiper l’achat d’aliments, la mise en place de barrières en plexiglas ou le rappel de nos employés. Le pire ce n’est pas d’être fermé, c’est le manque de visibilité. »

Quatre mois de travail acharnés ont été nécessaire pour que le couple de restaurateurs retrouve son chiffre d’affaire habituel. Mais le second confinement sape ces efforts en provoquant une nouvelle fermeture du restaurant le 30 octobre. « Normalement on fait la majorité de notre chiffre d’affaires entre octobre et mars mais le second confinement nous en a empêché, » raconte Frédéric Muller.

Frédéric Muller et sa femme Nicole Tu-Muller ont fermé leur restaurant vietnamien, Le Mandala, le 30 octobre 2020. Photo : Frédéric Muller

« Sous perfusion de l’Etat ».

Contrairement à d’autres restaurateurs, Frédéric a décidé de ne pas recourir à la livraison ou à la vente à emporter. Le restaurateur explique ce choix par la commission de 30% imposée aux restaurants par les plateformes Ubereat et Deliveroo. « C’est triste d’avoir travaillé quatre ans pour créer un restaurant convivial et de rester fermé. Mais si c’est pour gagner 15% de mon chiffre d’affaires, ce n’est pas la peine d’ouvrir », affirme Frédéric Muller.

Actuellement ce sont les aides de l’État qui permettent au couple de survivre :

« Nous sommes sous perfusion. Nous touchons tous les mois des aides du fonds de solidarité pour les entreprises. Pour ne pas mettre la clé sous la porte, on a préféré s’endetter et recourir au prêt garanti par l’Etat. Le montant de ce prêt équivaut aux chiffres d’affaires cumulés des trois meilleurs mois de l’année 2019. C’est une somme qu’on devra encore rembourser par la suite. »

Malgré ces aides, l’absence des clients et la fermeture prolongée du restaurant ont fait perdre de la valeur au fonds de commerce de Frédéric Muller. Selon lui, le montant de cette perte s’élèverait à 150 000 euros. Une situation qui l’empêche de se projeter. « Je ne peux pas me permettre de prendre la décision de vendre car je ne sais même pas si mon restaurant vaut encore quelque chose », explique Frédéric Muller.

Anxiété, colère, puis… détachement

Cette fermeture prolongée, Frédéric Muller l’a mal vécu pendant un temps :

« Ça m’a rendu triste de voir le restaurant pour lequel j’ai fourni un travail acharné pendant 4 ans être fermé. J’étais en colère contre toutes ces mesures sanitaires qui m’empêchaient de travailler et anxieux de ne pas savoir si j’allais réussir à survivre. Mais ces émotions je les ai intériorisées, notamment grâce à la méditation, pour pouvoir avancer. Nous n’avons aucune prise sur ce qui arrive, donc il faut relativiser sinon c’est le meilleur moyen de devenir fou. »

Aujourd’hui, sa vie ne tourne plus uniquement autour de son restaurant. Les confinements lui ont permis de redécouvrir les activités qu’il avait longtemps mises de cotés. « Tout n’est pas négatif. J’ai pu passer plus de temps avec mes enfants, m’intéresser à nouveau à la lecture et à l’art », positive Frédéric Muller.

Antoine Peraldi : « La Kulture était devenue une garderie »

Lors du premier confinement, Antoine Peraldi a voulu maintenir une activité dans son établissement en proposant aux Strasbourgeois de danser à distance via la plateforme de streaming Twitch. Mais la solution ne garantit pas au gérant un revenu stable. « Le principe du streaming c’était super cool, j’ai adoré. Mais sur le long terme ce n’est pas possible économiquement car il faut rémunérer les techniciens et les DJ, » estime Antoine Peraldi.

Le 2 juin, le gérant de la Kulture décide de rouvrir son bar en maintenant la piste de danse fermée. À nouveau cette solution n’est efficace qu’à court-terme :

« Mes clients viennent depuis cinq ans pour danser, c’était difficile de leur interdire. J’étais toute la soirée sur leur dos pour les surveiller, leur dire de bien mettre leur masque et de respecter les règles de distanciations. La Kulture était devenu une garderie et ça m’a agacé. Ce n’était pas agréable comme situation alors j’ai décidé de fermer à nouveau en juillet. »

Pour donner un nouveau visage à son bar de nuit et rouvrir ces portes durant l’été, Antoine Peraldi développe ensuite deux nouveaux projets : la création d’une galerie d’art et d’une terrasse partagée avec 15 commerçants de la Krutenau. Alors que le premier projet est mis à mal par le second confinement, la Ville de Strasbourg ne donnera pas suite à la demande d’autorisation pour la terrasse.

Antoine Peraldi, gérant de La Kulture, tente depuis un an de transformer son bar pour le maintenir ouvert malgré les restrictions sanitaires. Photo : Hunay Saday

« Je n’avais plus envie d’avoir envie »

L’échec de ces nouveaux projets accentue pour Antoine Peraldi ce sentiment de « travailler dans le vent » et le fait plonger dès septembre dans la dépression :

« Normalement je suis un battant, je rigole, je suis créatif. Mais là je ne faisait plus rien, je n’arrivais pas à m’endormir, je ne voulais pas me réveiller, j’avais des idées noires et je perdais du poids. C’était la première fois que je faisais une dépression, je n’avais même plus envie d’avoir envie. Le gouvernement a ruiné ma vie. En me faisant fermer, il m’a enlevé ma raison de vivre. »

« J’ai pensé à vendre »

Aux efforts vains s’ajoutent les difficultés financières. Pendant près d’un an, le gérant de la Kulture n’a tiré aucun revenu de son bar de nuit et n’a reçu aucune aide de l’Etat. Antoine Peraldi pense alors à liquider son établissement sur le conseil de sa famille et de ses amis. « Quand on voit les comptes, on pense forcément à vendre », soupire-t-il.

Une aide de 25 000 euros attribuée par l’Etat au début du mois de février permet à Antoine Peraldi de souffler un peu : « Si j’avais été suivi depuis le début, je n’aurais pas ressenti autant de désespoir. »

Philipp Pollaert :  » Ma vie ce n’est pas ça »

Cette détresse, Philipp Pollaert l’a aussi connue alors que les annulations de ses représentations s’enchaînaient. Sur ses quatre dates du mois de septembre 2020, trois ont été annulées. « Ça met un coup au moral de cumuler les reports de dates et les annulations. On a l’impression de travailler pour rien. On ne voit pas le bout du tunnel « , s’attriste Philipp Pollaert.

Alors que le DJ jouait en streaming chaque matin pour ses fans, lors du premier confinement, cette activité perd aussi pour lui de son intérêt :

« Au début du confinement j’étais motivé, je pensais que ça n’allait durer qu’un ou deux mois. Mais ma vie ce n’est pas ça, je fais danser les gens, je leur donne le sourire. Je ne suis pas devenu DJ pour jouer dans une salle vide ou faire des émissions de radio depuis chez moi. »

Alors que les magasins réouvrent et que les autres professions retrouvent une vie normale, la déprime s’installe chez Philipp Pollaert. « J’attendais que la journée passe en restant sur le canapé, je broyais du noir. C’est difficile de trouver un équilibre personnel en restant enfermé. On a l’impression d’être un prisonnier qui ne sait pas quand il va sortir », décrit le DJ. Une situation qui lui fait envisager un autre avenir pendant un court instant :

« À un moment, ça m’a traversé l’esprit de trouver un autre travail pour pouvoir sortir et avoir un contact social. En décembre, La Poste cherchait de nouveaux salariés alors j’ai postulé. Mais en fin de compte je n’ai pas eu envie d’abandonner la musique et mon métier de DJ. Ça fait 20 ans que je fais cette profession, c’est ma pas passion, je ne veux pas arrêter. »

Depuis le 14 mars 2020, le DJ Philipp Pollaert n’a pas mixé en boîte de nuit. Photo : remise

Une aide financière oui, mais un secteur laissé de côté

Philipp Pollaert rappelle qu’une année blanche a été mise en place par l’État pour les intermittents du spectacle. N’ayant pu exercer leur profession en 2020 et effectuer les 507 heures qui donnent droit au statut d’intermittent du spectacle, ces personnes ont vu leurs droits d’indemnisation prolongés jusqu’au 31 août 2021. « Nous avons jusqu’à cette date pour faire nos 507 heures. Pour faire ce calcul l’Etat remonte à notre dernier contrat. », explique Philipp Pollaert.

Une mesure que les membres de cette profession, dont Philipp Pollaert, souhaitent voir reconduite pour l’année 2021, grâce à une pétition :

« Moi je suis déjà a 436 heures donc je pourrais atteindre les 507 heures avant le 31 août mais d’autres artistes en sont loin car il n’y a toujours pas d’opportunité d’emploi. Cette deuxième année blanche est obligatoire sinon les gens vont plonger dans la dépression économique et psychologique. »

Malgré ce soutien financier, Philipp Pollaert reproche à l’État d’avoir mis de côté les secteurs de la restauration et de la culture. « Nous avons été qualifiés de non-essentiels. Cela a un côté très dégradant et dévalorisant. » s’attriste Philipp Pollaert.

Antoine Peraldi : « Je n’ai plus d’énergie pour changer de projet tous les deux mois »

Aujourd’hui, Antoine Peraldi poursuit pour la Kulture le « seul projet qu’il a réussi à mener à bien depuis un an » : la création d’un espace de coworking. Avec la mise en place d’un système de crédit temps à 1,55 euros, les étudiants, les entrepreneurs ou les télétravailleurs peuvent venir travailler à la Kulture. « Le but est de maintenir mon établissement ouvert, je n’ai plus l’énergie de changer de projet tous les deux mois. Ça aide aussi à payer quelques factures », affirme Antoine Peraldi.

Le gérant de La Kulture a décidé de ne plus attendre de date de réouverture à chaque discours du Président ou d’un ministre : « J’en ai marre de perdre mon temps ». Son objectif reste de rouvrir son bar de nuit malgré une forte appréhension vis-à-vis de l’attitude des clients : « Ça fait un an que les gens n’ont pas fait la fête, ils vont avoir accumulé beaucoup de frustration. »

Frédéric Muller et Philipp Pollaert : l’espoir de pouvoir travailler prochainement

Du même avis, Philipp Pollaert a « hâte de faire à nouveau danser les gens ». Plusieurs dates lui ont déjà été proposées dont celle du 11 juin où il pourrait jouer lors du festival de Karlstadt. « Tout dépend de la situation sanitaire. On a clairement un manque de visibilité qui nous empêche d’établir une programmation », soupire Philipp Pollaert. Si le DJ espère pouvoir mixer cet été lors de spectacles en plein air, le prochain évènement en boîte de nuit lui parait encore bien loin.

De son côté, le restaurateur Frédéric Muller a décidé de suivre une formation dans l’immobilier en attendant la réouverture, qu’il espère être proche. Une démarche qui lui permettra de réactiver ses compétences acquises lorsqu’il était promoteur :

« Je ne sais pas si le restaurant réouvrira ni quand. Avec cette formation je m’aménage une porte de sortie ou la possibilité d’avoir un complément de revenu. »

Deuxième pic de pollution de l’année, transports gratuits et vitesse abaissée jeudi

Deuxième pic de pollution de l’année, transports gratuits et vitesse abaissée jeudi

Un nouvel épisode de pollution suite à un mélange de particules concerne le Bas-Rhin jeudi 4 mars. Il s’arrêtera vendredi.

Du soleil, des particules du chauffage et des voitures, des épandages agricoles et un peu de sables venus du Sahara. Un mélange nocif dans notre air qui forme pour la deuxième semaine de suite un pic de pollution « printanier » dans le Bas-Rhin.

Il s’agit à nouveau d’un déclenchement du seuil d’alerte sur « persistance » pour la deuxième journée de suite du seuil d’information à la fois des particules PM10, mais aussi d’oxydes d’azote, ce qui est plus rare. Cette fois-ci, seul le Bas-Rhin est concerné alors que la pollution mesurée devrait diminuer dans les autres départements du Grand Est ce jeudi 3 mars.

Électrique, diesel ou sur rail, les transports en commun seront à nouveau gratuit à minima jeudi 4 mars. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg

Par conséquent, les mesures habituelles sont déclenchées à partir de jeudi 4 mars à 6h, jusqu’à une amélioration de la qualité de l’air :

    La vitesse maximale sur les routes est abaissée de 20 km/h, sans descendre en dessous de 70 km/h,La gratuité des transports en commun dans l’Eurométropole de Strasbourg,La location d’un Vélhop pour la journée descend à 3€,Les bus du réseau régional Fluo baissent leur prix, avec un forfait spécial à 2,50€ l’aller-retourL’interdiction du brûlage à l’air libre de déchets verts – sauf pour motif de sécurité.L’interdiction de l’utilisation du bois et de ses dérivés comme chauffage d’agrément dans tous les logements.

Les professionnels (secteur du bâtiment, agricoles et collectivités locales) sont aussi soumis à des interdictions spécifiques.

Dans un gymnase réquisitionné par la préfecture, un SDF sans papier dénoncé à la police

Dans un gymnase réquisitionné par la préfecture, un SDF sans papier dénoncé à la police

Mardi 16 février, un Algérien de 33 ans trouve refuge dans un gymnase réquisitionné face aux températures négatives. La police est informée de la présence de l’individu sans papier. Interpellé et placé en centre de rétention administrative pour expulsion du territoire, il sera finalement libéré par le juge des libertés pour procédure irrégulière.

Dans la chasse aux sans-papiers, y a-t-il encore un sanctuaire ? Le 16 février, Ammar sort du gymnase Branly, à deux pas du Parlement européen. La préfecture a réquisitionné le bâtiment pour héberger les personnes sans-abri menacée par la vague de froid qui s’abat sur l’Alsace. Il est 8 heures du matin quand la police l’interpelle. L’Algérien de 33 ans est emmené au Centre de rétention administrative de Geispolsheim pour être expulsé dans son pays d’origine.

Dès le 11 février, la Préfecture réquisitionne le gymnase Branly pour héberger des sans-abris… et expulser un sans papier. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Fiche S et obligation de quitter le territoire

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#Gymnase Sturm

Combien coûte le Concordat en Alsace-Moselle ?

Combien coûte le Concordat en Alsace-Moselle ?

L’Assemblée nationale a voté le projet de loi contre le séparatisme religieux. Il doit être débattu au Sénat fin mars. Dans le débat public, le concordat en Alsace-Moselle est pointé du doigt. En raison de ce statut particulier, les ministres des cultes actifs et retraités de trois religions sont rémunérés par l’État. Une enveloppe annuelle qui s’élève à 54,7 millions d’euros.

Depuis la signature du Concordat en 1801 par la France de Napoléon, les ministres des trois cultes reconnus alors sont payés par l’État. Cet accord a été abrogé en France par la loi sur la séparation de l’Église et de l’État de 1905. Sauf qu’à cette époque, l’Alsace et la Moselle étaient allemandes. Redevenus français, les trois départements ont gardé ce particularisme.

Selon les calculs du Bureau des cultes d’Alsace-Moselle, le traitement de ces fonctionnaires particuliers coûte chaque année 54,7 millions d’euros à l’État. C’est un peu moins que les chiffres avancés (60 millions) par le leader du parti La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, qui souhaite abolir la rémunération des ministres du culte des trois religions concordataires : les catholiques, les protestants et les israélites.

En raison d’un droit religieux local, curés, pasteurs et rabbins ont un statut assimilable à celui de la fonction publique et de fait, sont payés par l’Etat.

Un droit local hérité des annexions successives

Le Concordat est un héritage de la période napoléonienne au même titre que la Légion d’honneur et le baccalauréat, eux aussi remis en cause ces dernières années. Il remonte à un accord conclu en 1801 entre Napoléon Bonaparte et le Pape Pie VII et abrogé par la loi de 1905. Or l’Alsace et la Moselle ne réintègrent le territoire français qu’en 1918. Les trois départements obtiennent d’abord un maintien provisoire puis confirmé par le Conseil d’Etat en 1925 de ce statut particulier.

En reconnaissant les cultes catholique, réformé et luthérien (rassemblés sous l’appellation « cultes protestants ») et israélite, l’Etat doit rémunérer les ministres du culte de ces quatre religions ainsi que les employés de secrétariat. En échange, l’État a le droit de nommer les évêques de Strasbourg et Metz, les présidents du directoire et du conseil synodal et les présidents des trois consistoires israélites. Dans les faits, il se contente d’entériner les décisions des instances religieuses. En revanche, comme les ministres du culte ont un statut proche de celui de la fonction publique, les cultes sont soumis à des plafonds d’emploi.

Les représentants du culte sont considérés comme des fonctionnaires, une exception alsaco-mosellane héritée de la France napoléonienne. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg

1 214 emplois religieux, 3 sur 4 au sein de l’Eglise catholique

En 2021, le plafond d’emploi pour les cultes concordataires est de 1 214 salariés, selon le Bureau des cultes d’Alsace-Moselle. « Un plafond qui baisse chaque année », commente le chanoine Bernard Xibaut, chancelier du diocèse de Strasbourg. D’après le calcul prévisionnel pour 2021 du Bureau des cultes d’Alsace-Moselle, 925 de ces emplois sont assignés à l’Église catholique, 261 vont aux cultes protestants et 28 aux consistoires israélites. Ne sont cependant pas assujettis à ce plafond d’emploi, les ministres du culte non-concordataires tels que les aumôniers militaires ou rattachés.

Le département du Bas-Rhin est celui qui compte le plus d’agents du culte concordataires (600). Une situation qui peut s’expliquer par l’existence d’un unique diocèse pour l’Alsace, basé à Strasbourg. L’évêque d’Alsace, ses auxiliaires, coadjuteurs ainsi que tout le personnel administratif laïc du diocèse d’Alsace sont à Strasbourg. Ils ne représentent toutefois que 4,5% des effectifs du culte catholique en Alsace (617 agents du culte). Une goutte d’eau comparé au nombre de ministres du culte officiants les cérémonies.

Les salaires des ministres des cultes concordataires sont calculés sur une grille indiciaire similaire à celle de la fonction publique définie par décret. En outre, les religieux et laïcs concordataires retraités reçoivent de l’État des pensions de retraite, ou de réversion pour leur épouse, calculées sur leur dernier salaire et leur nombre d’années de service. Un agent du culte ayant exercé pendant 40 ans ou plus a le droit à 75% de son dernier traitement. Selon le bureau des cultes d’Alsace-Moselle, l’État verserait des pensions à environ 800 retraités des cultes concordataires et leurs épouses, pour une enveloppe totale de 16 millions d’euros annuels.

Un majorité de curés, de rabbins et de pasteurs

Les ministres du culte officiants forment le corps ecclésiastique le plus important. Les 424 desservants de l’Église catholique représentent plus d’un quart des agents des cultes concordataires. Cette dénomination peu connue correspond à une catégorie uniquement administrative définissant les indices de salaire. « Ce sont des grades. Ils démarrent vicaires, puis peuvent devenir curés ou desservants, c’est la même chose au niveau du travail », explique l’évêché de Strasbourg.

Sont ainsi considérés comme curés par le bureau des cultes d’Alsace-Moselle, uniquement les prêtres officiant dans des paroisses de chef-lieu de canton. Les autres sont des desservants. Par exemple, le curé de Bischheim (17 000 habitants) est aux yeux de l’État un desservant tandis que celui de Saverne (11 000 habitants) est un curé.

Au sein des cultes protestants, les pasteurs constituent 83% des 261 agents des cultes protestants car s’y confondent les luthériens, qui officient par directoires, et les réformés, prêchant dans des synodes. En effet, sous l’appellation de cultes protestants sont rassemblés le culte luthérien, dirigé par le président de l’Église protestante de la confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine, ainsi que le culte réformé, sous la conduite du président de l’Église réformée d’Alsace et de Lorraine.

Dernier culte concordataire, tant historiquement qu’en nombre de ministres du culte, le judaïsme ne compte que 28 agents du culte en Alsace-Moselle. Tous sont rabbins, à l’exception d’un grand rabbin et un secrétaire par consistoire départemental. Le judaïsme libéral est quant à lui exclu du régime du Concordat.

Des traitements a priori égaux

Les ministres des cultes concordataires sont rémunérés au même salaire selon leur place dans la hiérarchie. Les curés, les rabbins et les pasteurs reçoivent tous un salaire compris entre 1 621 et 2 624 euros net. Cette logique est respectée pour tous les ministres du culte, sauf pour les autorités religieuses locales dont les échelons indiciaires diffèrent. Par exemple, l’évêque d’Alsace, Monseigneur Ravel, en poste depuis 4 ans, est rémunéré 4 171 euros par mois quand le grand rabbin de Strasbourg, le Rabbin Weill, lui aussi désigné il y a 4 ans, n’est rémunéré qu’à hauteur de 2 624 par mois.

L’État n’est pas seul à supporter le coût du Concordat. Les communes assurent ponctuellement l’entretien des lieux de cultes lorsque les fabriques d’église, les directoires et les consistoires n’ont pas les ressources nécessaires. « Pour les gros travaux, les communes nous aident mais pour les frais quotidiens ce sont les fabriques d’église qui interviennent », explique le chanoine Bernard Xibaut. Les communes d’Alsace et de Moselle sont également tenues d’assurer le logement des ministres du culte qui n’en disposent pas avec leur charge ecclésiastique.

L’Etat ne paye que pour l’entretien des lieux de cultes qui lui appartiennent : les cathédrales, les grands séminaires et les palais épiscopaux. L’Alsace-Moselle compte deux cathédrales, Notre-Dame de Strasbourg et Saint-Étienne à Metz, deux palais épiscopaux à Strasbourg et le séminaire Sainte-Marie-Majeure de Strasbourg.

Jean-Philippe Atzenhoffer, économiste : « Le Grand Est est une dérive identitaire »

Jean-Philippe Atzenhoffer, économiste : « Le Grand Est est une dérive identitaire »

Un ouvrage critique passe en revue les premières années d’existence du Grand Est à quelques mois des élections.

« Jusque-là, ceux qui critiquaient le Grand Est étaient taxé d’irrationnels. Ce livre va faire date car il inverse les choses », veut croire Pierre Kretz, ancien avocat et essayiste régionaliste, un temps situé à gauche politiquement. Avec Le Grand Est, une aberration économique, la mouvance régionaliste tient en effet un réquisitoire argumenté contre la fusion de la Lorraine, l’Alsace et la Champagne-Ardenne début 2016.

La grande région n’a pas choisi son organisation. Telle est l’analyse de l’économiste Jean-Philippe Atzenhoffer. Ainsi, la Région Grand Est cumulerait « les défauts du centralisme » et les surcoûts de la complexité administrative. L’ouvrage pointe par exemple les douze « Maisons de la Région » ou son « Ambassade » boulevard Saint-Germain à Paris « pour près de trois millions d’euros ». Rien qu’en 2017, la Région a dépensé « 15,2 millions en acquisitions et aménagements immobiliers » selon un rapport de la chambre régionale des comptes. Les élus se réunissent à Metz, mais aussi à Strasbourg, tandis que des cérémonies de remise de prix sont parfois organisées en triple, pour éviter les déplacements de plusieurs centaines de kilomètres.

« Il faut une place forte »

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Chez 2CRSI, des salariés « sidérés par la brutalité de leur direction »

Chez 2CRSI, des salariés « sidérés par la brutalité de leur direction »

Crises de colère, humiliations, comportements sexistes, manquements à la sécurité… Des employés de 2CRSI, une entreprise d’informatique de Strasbourg, dénoncent les méthodes de la direction de leur entreprise.

Jonathan (les prénoms des salariés sont modifiés à leur demande) est salarié de 2CRSI, un fabricant de serveurs informatiques strasbourgeois, au pôle Recherche et Développement (R&D). Il a décidé de se livrer à Rue89 Strasbourg, « parce qu’il n’en peut plus » :

« Nous sommes plusieurs, de différents pôles, à avoir longuement hésité à nous exprimer, mais ces derniers temps, il y a eu trop de souffrance chez les salariés. »

L’entreprise est entrée en bourse en 2018. Pépite strasbourgeoise, 2CRSI a réalisé un chiffre d’affaires de 78,5 millions d’euros au premier semestre 2020-2021 et est optimiste pour atteindre 170 à 200 millions sur l’année. Son siège se trouve à Strasbourg, entre Kœnigshoffen et Hautepierre. Une centaine de salariés y travaillent, dont une quinzaine d’ouvriers en production, environ 25 personnes en recherche et développement et une dizaine au marketing.

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Le Racing passe à côté d’un exploit face au leader lillois

Le Racing passe à côté d’un exploit face au leader lillois

À l’occasion de la 27e journée de Ligue 1, le Racing Club de Strasbourg (RCSA) s’est déplacé sur la pelouse de Lille (LOSC), leader de la Ligue 1. Les Strasbourgeois ont été proches de réaliser un exploit face au géant lillois, seulement la formation nordiste est parvenue à égaliser quatre minutes avant la fin (1-1).

Un point récolté au Stade Pierre Mauroy de Lille, tous les chroniqueurs de la Cave de Papy auraient signé tout de suite pour ce résultat face au leader avant la rencontre. Seulement cette confrontation va laisser un goût amer, où le RCSA a tenu en échec le LOSC pendant 86 minutes. Dans la première demi-heure de jeu, le tableau d’affichage affichait (0-0) montrant la formation lilloise tenue en échec face au Racing. La 32e minute donne un avantage au camp strasbourgeois grâce au but de Ludovic Ajorque. L’attaquant strasbourgeois marque son onzième but en Ligue 1 cette saison, un record pour le géant alsacien.

Au fur et à mesure des minutes qui passent, le LOSC se réveille. La machine lilloise s’est mise en route tardivement mais assez tôt pour arracher l’égalisation avant le coup de sifflet final. C’est à la 86e minute que le défenseur José Fonte permet à son équipe de limiter la casse avec son but qui remet les compteurs à égalité (1-1).

Les planètes étaient alignées, comme espéré avant le match de dimanche, pour vaincre le LOSC mais au dernier moment, une d’entre elles a dû bifurquer. L’emblématique Dimitri Liénard aux 101 matches au compteur est fautif en laissant surgir le buteur lillois dans son dos. Un gros regret alors qu’un exploit se dessinait. Regret accentuée par la toute fin de rencontre où l’attaquant strasbourgeois Habib Diallo, recrue de l’automne, détient la balle de match mais perd son duel en face à face contre le gardien du LOSC (90+3è).

Dimitri Liénard qui n’a pas vu passer José Fonte pour l’égalisation lilloise et Habib Diallo qui loupe une occasion en or, ont déçu les chroniqueurs. Photo : La Cave de Papy

Un nouveau choc attend le Racing face à l’AS Monaco

Le point récolté permet au Racing d’atteindre la barre des 30 points. Le club alsacien pointe à la 15e place de notre championnat et 5 points d’avance sur le premier relégable.

Mercredi 3 mars à 21h, les Strasbourgeois vont retrouver le stade de la Meinau pour y accueillir les princes de l’AS Monaco. Le club de la Principauté se situe au 4e rang de la Ligue 1. Un autre match coriace qui s’annonce. L’émission où certains chroniqueurs de la Cave de Papy étaient présents après la rencontre face à Lille est disponible sur notre chaîne Youtube.

#la cave de papy

« L’heure a sonné de réveiller nos conseils de quartiers sans fausses excuses »

« L’heure a sonné de réveiller nos conseils de quartiers sans fausses excuses »

Dans une tribune, les élus d’opposition Nicolas Matt et Pierre Jakubowicz demandent à la maire de Strasbourg de relancer les conseils de quartier, en pause depuis l’élection de la municipalité écologiste fin juin.

La nouvelle municipalité a placé l’urgence démocratique au cœur de sa campagne électorale. Ce sentiment d’urgence, nous le partageons, surtout après une élection municipale marquée par un taux d’abstention historique dont personne ne peut se satisfaire. Pourtant, de plus en plus d’habitants ont le sentiment que se met en place une démocratie locale à deux vitesses. Une démocratie locale à géométrie variable. Deux salles, deux ambiances : d’un côté la démocratie du bling bling et des agences de communication, avec une promotion publicitaire à outrance bénéficiant de larges financements, comme la conférence citoyenne sur la 5G ; de l’autre la démocratie de proximité, celle des conseils de quartiers réduits au silence et mis au chômage forcé depuis 8 mois à présent. 

À ce stade, la démocratie locale n’est plus en pause… elle est remise en cause. Plusieurs déclarations de la maire et de son équipe ont trahi leur volonté de supprimer purement et simplement les conseils de quartier jusqu’à ce qu’ils réalisent qu’ils n’en avaient pas la possibilité juridique. La démocratie locale – et heureusement ! – n’est pas soumise qu’au bon vouloir des exécutifs locaux. La loi prévoit qu’après le renouvellement du Conseil municipal d’une ville de plus de 80 000 habitants, l’exécutif a au maximum 6 mois pour faire adopter une délibération qui acte d’un découpage des quartiers et qui y institue un Conseil de quartier. Cette délibération n’est jamais venue.

Une situation illégale

La direction générale des collectivités locales a pourtant précisé dans une circulaire destinée aux nouveaux exécutifs locaux que ce délai était le cadre de référence ainsi qu’un arrêté du ministre la Ville de 2014. Cette circulaire inscrit d’ailleurs cette délibération dans les priorités des premiers Conseils d’installation d’une nouvelle mandature. La Ville de Strasbourg se retrouve de facto dans une situation illégale au regard de la loi depuis le 4 janvier puisqu’elle a de facto supprimé les Conseils de quartier qui n’ont plus d’existence et d’activité depuis maintenant 8 mois.

Élu pour la première fois en 2020, Pierre Jakubowicz représenté Agir, micro-parti de centre-droit de la majorité présidentielle. Avant d’être élu, il a participé au conseil de quartier Bourse-Krutenau-Esplanade. Photo : Abdesslam Mirdass / Sutdio Hans Lucas

De son côté le déontologue de la Ville de Strasbourg dans un avis de 2019 dit très clairement que « les dispositifs de participation citoyenne existants ne doivent pas être mis en sommeil (…) ils devraient poursuivre leur activité jusqu’à la mise en place de leurs successeurs par l’équipe municipale issue des élections ». Dans ce même avis, le Comité d’éthique du Pacte pour la démocratie locale, souvent invoqué par Jeanne Barseghian comme son adjointe à la démocratie locale Carole Zielinski, met en garde : « Mettre fin au fonctionnement des conseils de quartier paraît témoigner d’une conception en contradiction avec la continuité inhérente à la démocratie participative dont ces conseils sont une expression importante ». 

L’urgence démocratique de la nouvelle municipalité ne tient donc compte ni de la loi, ni des recommandations du déontologue, ni de l’avis des citoyens du Comité d’éthique. Même dans un système imparfait, la parole de nos concitoyens aurait dû pouvoir continuer à s’exprimer et à enrichir l’action de notre collectivité. 

Surveiller les plans Climat et Canopée

L’heure a donc sonné de réveiller nos conseils de quartiers, sans attendre et sans fausses excuses ! Il faut aussi renforcer fortement leurs prérogatives pour donner encore davantage de sens à leurs missions et aller vers une dynamique citoyenne qui fédère plus largement et sur des objets concrets. Nous proposons de confier aux Conseils de quartier le suivi et le contrôle de la mise en œuvre opérationnelle du Plan climat et du Plan canopée dans chacun des territoires de notre ville.

Nicolas Matt a passé deux mandats dans la majorité de Roland Ries et siège désormais dans l’opposition pour LREM. Également conseiller départemental, il a notamment eu la charge du quartier des XV à Strasbourg. Photo : Abdesslam Mirdass / Sutdio Hans Lucas

Ils seraient ainsi amenés à ne pas seulement remettre des contributions consultatives mais aussi à définir par exemple les modalités de mise en œuvre de la ZFE et proposer les mesures d’accompagnement nécessaires au Conseil municipal. Nous proposons de leur donner un droit de regard accru et opérationnel sur les aménagements urbains de proximité. Nous proposons que chaque Conseil de quartier soit en charge de l’organisation d’une Journée citoyenne chaque année sur son territoire dont les citoyens définissent les objectifs et projets.

Nous proposons une transformation du Comité d’éthique où siège l’exécutif municipal et la direction générale de l’administration, juges et parties, en un organe totalement impartial et indépendant, présidé par le Déontologue et composé de citoyens et personnalités indépendantes, choisies par les membres des Conseils de quartier et les membres du Conseil de la participation citoyenne.

Ce Comité renouvelé pourrait revêtir les fonctions d’une commission indépendante du débat public refusée jusqu’alors par la maire et son équipe. Ce comité commun à la Ville et à l’Eurométropole aura également pour mission d’assurer un contrôle sur la composition du Conseil de Développement dont les membres sont actuellement cooptés unilatéralement par la Présidente de l’Eurométropole sans aucun contrôle.

Nous serions heureux que la Maire de Strasbourg permette le débat et l’échange sur l’ensemble de ces propositions au sein du Conseil de la participation citoyenne, afin que l’ensemble des Strasbourgeoises et des Strasbourgeois occupent la place première et centrale qui doit être la leur au sein de notre démocratie locale. 

Nicolas Matt et Pierre Jakubowicz

Abdelkader, du rêve d’une vie en France à la détresse de l’irrégularité administrative

Abdelkader, du rêve d’une vie en France à la détresse de l’irrégularité administrative

Orienté vers la France par l’Institut français en Algérie, Abdelkader a débarqué à Metz en 2010. Mais les étoiles ont rapidement pâli pour cet étudiant sérieux et travailleur. Diplômé, il n’obtient pas de titre de séjour et devient à la merci des profiteurs. Récit d’un parcours de migration ordinaire.

Il ne compte plus les lettres de soutien, les promesses d’embauches, les certificats, et autres documents officiels. Malgré un « dossier en béton », Abdelkader Haouaia avoue qu’il ne s’autorise plus à espérer, « de peur de subir encore une déception ». Cela fait 5 ans qu’il essaye inlassablement de régulariser son séjour en France :

« Tout ce que je demande, c’est l’autorisation de travailler. Il n’y a aucune aide sociale pour les sans papiers. Je suis condamné à vivre sans ressources, dans une précarité extrême, depuis 2015. Je n’en peux plus. »

En ce mois de février 2021, Alexandre Bucher, manager d’une agence Gezim Intérim, « n’attend plus que l’autorisation de la préfecture » de Meurthe-et-Moselle pour l’embaucher en CDI intérimaire. « Le contrat est prêt depuis des mois », ajoute t-il. La demande de titre de séjour a été envoyée en septembre. Aujourd’hui, Abdelkader n’a toujours pas de retour. Le délai réglementaire de réponse de 4 mois pour une demande de titre de séjour étant dépassé, il s’ensuit, pour le moment, une décision implicite de refus.

La France incite les jeunes algériens à venir étudier

Originaire de Mascara, au nord-ouest de l’Algérie, il ne s’attendait pas à autant de difficultés en France. En 2006, pendant sa terminale, l’enseignante de français évoque Campus France devant la classe d’Abdelkader. Cet organisme public français, présent dans 126 pays à travers le monde, incite des jeunes à venir étudier dans l’Hexagone. Il se rend alors à l’espace Campus France le plus proche de chez lui, à l’Institut français d’Oran, opérateur du ministère français des Affaires étrangères.

« C’est là qu’on m’a détaillé les démarches à suivre pour venir étudier ici, et obtenir ensuite une régularisation par le travail », se souvient-il. Devant le chômage de masse chez les jeunes et l’absence de perspective professionnelle en Algérie, il se met à rêver d’une vie « de l’autre côté de la Méditerranée ».

Avec du recul, Abdelkader analyse : « À l’Institut français, ils nous disaient tout ce qu’on voulait entendre. Ils voulaient surtout qu’on paye les cours de français et les passages d’examens. » Photo : Abdesslam Mirdass / Studio Hans Lucas

« Si vous saviez le nombre de sacrifices que j’ai réalisé depuis… J’ai tout misé là-dessus, mais c’est aussi parce qu’on m’a encouragé à le faire. Si j’avais su que ça se passerait si mal, je ne serais pas venu », souffle t-il, la voix étouffée. Campus France exige de faire des études supérieures en Algérie d’abord. Il s’inscrit donc à la faculté de lettres à Mostaganem, à 120 km à l’est d’Oran. En même temps, pour financer ses études, il travaille en tant que plombier et animateur de colonie de vacances.

Un parcours vers la France commencé en 2006, en Algérie

Afin d’obtenir son visa étudiant, il est aussi obligé de subir le Test de connaissance du français (TCF). Pour se présenter à l’examen, suivre des cours de langue et passer un entretien obligatoire avec un psychologue, il verse « plus de 30 000 dinars » (environ 190€), une somme conséquente pour lui, à l’Institut français d’Oran, qui se finance à plus de 50% grâce à ses recettes.

En 2010, après avoir passé une maîtrise en Algérie, et obtenu le niveau B1 au TCF, il est pris à l’université Paul Verlaine de Metz, pour une licence en sciences de l’information et de la communication. Abdelkader découvre la vie étudiante française. Pour lui, c’est un choc. Il se rappelle :

« Le premier jour, dans l’amphi, tout le monde avait son ordinateur. Moi je n’osais pas sortir ma feuille et mon stylo. »

Abdelkader s’est rapidement intégré en France. Il désigne ses nouveaux amis comme sa « famille de cœur ». Photo : Abdesslam Mirdass / Studio Hans Lucas

Rapidement, il s’adapte, crée des liens avec des camarades qui deviennent des amis, et apprécie son nouveau mode de vie. Comme il est étudiant étranger, il ne peut demander aucune aide :

« Mon père m’a prêté 1 500 euros qu’il avait réussi à économiser pour que je sois tranquille en arrivant. C’est parti en fumée en 2 mois, avec le loyer de ma chambre étudiante, ma caution, et l’inscription à l’université. Donc j’ai immédiatement cherché du travail. »

Abdelkader expose les dizaines de fiches de paie du Crous de Nancy et de ses contrats d’intérim qui lui ont permis de payer son loyer :

« Je ne dormais pas beaucoup mais au moins j’avais le droit de travailler avec mon titre de séjour étudiant. »

Une entreprise strasbourgeoise emploie Abdelkader au noir

Tout bascule en 2015. En avril, il entre en contact avec Abbou Tayeb Rachid, P-DG du groupe Astuce France, basé à Strasbourg. « Il m’a alors promis à l’oral et sur une conversation WhatsApp qu’il allait faire la démarche nécessaire pour obtenir un titre de séjour pour salarié, » explique t-il. Pour ce faire, Abdelkader doit signer un contrat de travail dans les deux mois précédents la fin de validité de sa carte de séjour d’étudiant, soit le 1er septembre :

« On a échangé pendant plusieurs mois. Il me disait qu’il allait m’embaucher pour un poste dans la communication. C’était exactement ce que je voulais faire suite à mes études. Après l’obtention de ma maîtrise, j’ai donc déménagé pendant l’été à Strasbourg, laissant derrière moi des opportunités à Metz. J’ai travaillé au noir pour les filiales Astuce Sécurité, Rayan Distri et Rayan Net. Le patron me demandait ce service. Avec l’échéance qui approchait, je lui demandais les papiers nécessaires pour ma régularisation et il me disait que c’était en cours. Fin août, juste avant que le délai soit passé, il m’a dit que ça n’était plus possible. »

Dans le regard d’Abdelkader, de l’abnégation, mais aussi de l’angoisse, et la marque d’une période trouble qui n’en finit pas. Photo : Abdesslam Mirdass / Studio Hans Lucas

Contacté par téléphone, l’entreprise Astuce indique d’abord qu’Abdelkader n’a jamais travaillé pour le groupe. Lors d’un deuxième échange, la chargée de communication annonce cette fois-ci qu’il a signé un contrat de travail avec Rayan Net, une filiale spécialisée dans le nettoyage, pendant l’été 2015, et qu’il a été licencié pour absences injustifiées. « C’est absolument faux ! », s’exclame Abdelkader, qui assure n’avoir « jamais signé de contrat de travail » avec cette société : « Ils m’ont effectivement envoyé deux fiches de paie de Rayan Net en septembre pour se couvrir, j’étais étonné par cette manœuvre. » La communicante maintient cependant qu’il n’a jamais travaillé pour Astuce Service, une entreprise de sécurité. Elle ajoute que « le groupe respecte toujours le cadre légal et que son P-DG n’a jamais fait de fausses promesses à Abdelkader. »

En plus du témoignage d’Abdelkader, cette photo de lui avec le gilet estampillé « astuce sécurité », de la société Astuce Service, contredit la version de l’entreprise. Photo : remise

En situation irrégulière mais attaché à sa vie en France

Rue89 Strasbourg a pu consulter un mail daté d’avril 2015 envoyé par Abdelkader à l’adresse mail de Rayan Distri, une autre filiale du groupe Astuce. Le courriel contient un dossier qu’il a produit, intitulé « plan de communication ». Le jeune homme nous a aussi envoyé des photos sur lesquelles il porte un gilet portant la mention Astuce sécurité, de l’entreprise Astuce Service. Selon lui, elles ont été prises à la Fête de la musique de Nancy en juin 2015. Me Claude Berry, avocate de permanence qui a ensuite défendu Abdelkader, commente :

« Dans une démarche de régularisation, un petit pépin peut avoir des conséquences dramatiques. C’est rageant quand on voit toute la motivation et la bonne volonté d’Abdelkader. Là, c’était le début des problèmes pour lui. Plus largement, cela arrive régulièrement que des patrons se servent des sans-papiers qu’ils font travailler illégalement, en sachant qu’ils n’auront pas la possibilité de les attaquer. »

Quelques jours plus tard, le 1er septembre 2015, il est en situation irrégulière sur le territoire français. À partir de là, impossible de trouver un travail légal ou de reprendre des études pour aller jusqu’au master. Il fait appel à l’association La Cimade à Strasbourg, qui propose une aide administrative aux étrangers en difficulté. Avec Me Claude Berry, il décide de tenter l’obtention d’un titre de séjour « vie privée et familiale » auprès de la préfecture.

Il parvient à réunir une trentaine d’attestations d’amis étudiants, de collègues de travail, d’anciens employeurs, de dirigeants du Maxéville Football Club où il s’est inscrit. Son dossier est envoyé en novembre. Après 5 ans en France, « c’est inimaginable de partir » pour lui. Il a « toute sa vie, ses meilleurs amis et ses projets professionnels ici ».

Mais en février 2016, la préfecture du Bas-Rhin ne valide pas son titre de séjour et lui assigne une obligation de quitter le territoire français (OQTF) sous 30 jours. Pour lui, c’est « un traumatisme grave ». Les décisions de délivrance ou non des titres de séjour sont prises dans un cadre flou. Dans certains cas, elles sont obligatoires aux yeux de la loi. Souvent, elles dépendent de la liberté d’appréciation du préfet suite à son analyse de la situation. Immédiatement, Abdelkader dépose une requête devant le tribunal administratif de Strasbourg pour contester la décision. Le tribunal lui donne raison en juillet 2016, et demande au préfet de réexaminer son cas dans un délai de 2 mois.

Comme les autres sans-papiers, il est souvent en suspens. Pendant des mois, Abdelkader attend des réponses à ses demandes, et en attendant, il angoisse et vit sans ressources. Photo : Abdesslam Mirdass / Studio Hans Lucas

La descente aux enfers

La préfecture lui répond 8 mois plus tard, le 28 février 2018. C’est toujours non. Nous avons pu lire des mails qui prouvent que pendant cet intervalle de temps, des candidatures d’Abdelkader ont été retenues pour une formation de vendeur automobile et pour un travail dans une centrale d’appels. En situation irrégulière, il ne peut pas y donner suite :

« Tout ces délais sont très difficiles à vivre. Je suis en suspens, je fais tout ce que je peux pour améliorer ma situation, mais finalement ça ne sert à rien. Souvent, je doute de moi. Je me demande si je ne suis pas un criminel à force d’être dans des démarches juridiques visant à légaliser mon séjour. Parfois, je me dis que ça serait plus simple de mettre un terme à tout ça. Je me sens brisé. »

« Je me suis toujours bien comporté, je me bats juste pour m’en sortir, comme tout le monde. Mais aux yeux de la France, je suis hors la loi. » Photo : Abdesslam Mirdass / Studio Hans Lucas

Des répercussions sur sa santé

Depuis son premier passage au tribunal, il a des problèmes de santé à cause du stress. Rue89 Strasbourg a pu s’entretenir avec Nicolas Dry, son médecin traitant, qui le suit depuis plus de 5 ans et qui a été autorisé par Abdelkader à nous communiquer des informations :

« Le stress lui cause régulièrement des gastrites et des remontées acides. Comme il est obligé de travailler au noir, souvent dans le bâtiment, dans des conditions plus difficiles que la normale, il a presqu’en permanence des tendinites et d’autres problèmes articulaires. Sur le plan psychologique, les échecs répétés qu’il subit dans ses démarches administratives lui causent un syndrome dépressif réactionnel sévère. Il a de grosses baisses de motivation, une sensation d’impuissance, il s’isole parfois. Tout ça l’affaiblit de plus en plus. Heureusement, c’est un battant. Mais il ne faudrait vraiment pas que cette situation s’éternise. »

Comme souvent, le médecin traitant d’Abdelkader doit lui prescrire des médicaments pour lutter contre ses problèmes d’estomac liés au stress. Photo : Abdesslam Mirdass / Studio Hans Lucas

Françoise Poujoulet, déléguée nationale Grand Est de La Cimade, évoque les répercussions des parcours administratifs pour les demandeurs d’asile et les sans-papiers :

« De manière quasi systématique, les démarches perdurent avec de longs délais et plongent les personnes dans une précarité matérielle et psychologique importante. Souvent, en plus, ils subissent des refus qui brisent leurs espoirs d’un coup, malgré des dossiers constitués pendant des mois parfois. L’histoire d’Abdelkader raconte celle de dizaines de milliers de personnes en France. Les statistiques sur les sans-papiers sont inexistantes, mais on estime qu’ils sont environ 300 000 présents sur le territoire. »

La Cimade prône une politique d’hospitalité avec un plan constitué de 40 propositions. Il s’agit notamment de permettre plus facilement l’accès au travail. Interrogée sur les raisons du refus systématique du titre de séjour à Abdelkader et sur les délais de réponse, la préfecture du Bas-Rhin n’a pas donné suite à notre sollicitation.

Soutien d’un député et d’un vice président du conseil départemental

Suite au second refus, Abdelkader ne renonce pas et initie un nouveau recours en mars 2018. Entre temps, il obtient une promesse d’embauche de la société Strasbourg Handling qui opère à l’aéroport d’Entzheim. Le député Sylvain Waserman (Modem) et le vice-président du conseil départemental Jean-Philippe Maurer (LR) lui témoignent leurs soutiens et envoient chacun une lettre au préfet du Bas-Rhin, qui est en mesure de changer d’avis et de lui délivrer un titre de séjour à tout moment.

La préfecture ne donne pas suite. Cette fois-ci, la décision de refus est confirmée par le tribunal administratif de Strasbourg en juillet 2017, et par la Cour d’appel de Nancy en octobre 2018.

Une expulsion locative en mars 2019

Abdelkader n’a toujours pas l’intention de rentrer. Au contraire. Pendant les nombreux temps d’attente qu’il subit, ne pouvant pas obtenir de contrat de travail, il s’implique dans la vie associative. Il passe les certificats fédéraux 1, 2 et 3, pour être entraîneur de football et exerce au FC Geispolsheim, puis à l’ASLC Berstett. Il est également attaché de presse et infographiste bénévole pour les associations Céméa Alsace et l’Éveil de la Meinau.

Pour payer ses factures, Abdelkader continue à travailler au noir dans le bâtiment, fait du babysitting et du jardinage chez des particuliers. Mais cela ne suffit pas. En mars 2019, il est expulsé de son appartement avenue de Colmar :

« Ça a été très difficile. Heureusement, une bonne connaissance de Nancy était disposée à m’héberger sur le long terme. Depuis, même si je passe de temps en temps en Alsace pour rendre visite à des amis ou pour des missions au noir, j’habite à nouveau en Lorraine. J’ai recontacté l’agence Gezim Intérim de Metz pour laquelle j’avais travaillé en étant étudiant. Ils proposaient un CDI intérimaire de magasinier et préparateur de commande sur Pôle emploi. J’ai postulé et ils ont voulu m’embaucher comme j’avais déjà fait ça pour eux. Depuis, je tente d’obtenir une autorisation de travail. »

Un nouvel employeur à Metz

Alexandre Bucher, directeur de la succursale messine de Gezim Intérim, témoigne de sa volonté d’employer Abdelkader :

« Je lui fais entièrement confiance. C’était un travailleur exemplaire déjà quand il était étudiant. On n’avait que des retours positifs. On se demande combien de temps cette situation va durer. Il est très bien intégré chez nous. On fera toutes les démarches nécessaires pour l’embaucher. »

Abdelkader met plus de 4 mois à constituer sa demande d’autorisation de travail, et la dépose en juillet 2019. Mais la préfecture lui refuse rapidement son titre de séjour sous prétexte qu’il manque des éléments. Il doit alors reconstituer le dossier avec son potentiel employeur, qui est contraint de redemander des documents de son côté. « L’extrait Kbis de Gezim Intérim, à demander au tribunal de commerce et nécessaire à la demande, est arrivé un an et un mois plus tard, en août 2020, » constate Abdelkader. Il fait alors appel à un avocat, Me Sébastien Dollé, avec lequel il finalise la démarche. Il envoie le tout, plusieurs centaines de pages, en septembre 2020.

Et maintenant, « on croise les doigts »

Fin février 2021, 5 mois plus tard, la préfecture de Meurthe-et-Moselle n’a donné aucune suite à sa demande. Comme le délai de 4 mois est dépassé, ce silence signifie un refus. Me Sébastien Dollé estime qu’avec « un profil comme le sien », qui « témoigne d’une telle abnégation », Abdelkader a « toutes ses chances d’être régularisé ». Le 1er février, l’avocat a écrit à la préfecture pour connaître la motivation de la non-validation.

Comme il est sur le territoire français depuis plus de 10 ans maintenant, conformément à l’article L. 313-14 du Code du séjour des étrangers, il devrait au moins être soumis à l’avis de la commission du titre de séjour. « Cette démarche, peut durer longtemps au vu du contexte sanitaire », prévient Me Dollé : « On croise les doigts pour que la préfecture accepte enfin de lui autoriser de vivre en France. Il n’y a pas grand chose qui peut encore justifier un refus aujourd’hui. »

De son côté, Abdelkader se dit « au bord de la rupture », après « tant d’années à batailler » et la possibilité de « vivre simplement à portée de main ».

Précarité à l’université : enfin des solutions

Précarité à l’université : enfin des solutions

Professeur de droit à l’université de Strasbourg et déontologue de l’Eurométropole, Christian Mestre a contribué à diffuser la propagande chinoise. Bien qu’il estime avoir été instrumentalisé, il a démissionné de son poste de déontologue.

Le Racing compte sur un « alignement de planètes » face à Lille dimanche

Le Racing compte sur un « alignement de planètes » face à Lille dimanche

Dimanche 28 février à 17h, le Racing Club de Strasbourg (RCSA) va effectuer un déplacement périlleux à Lille. Face à la machine lilloise, les joueurs du Racing vont devoir tout donner sur le peu d’occasions qu’ils vont se procurer chez le leader du championnat.

Revenir avec un match nul du Stade Pierre Mauroy de Lille serait déjà une superbe opération pour le Racing. Le LOSC effectue une saison quasi parfaite, battu seulement par Angers et Brest. Face à la meilleure défense du championnat, faire sauter le verrou lillois s’annonce donc une tâche compliquée. Mais lorsque l’on voit les deux équipes qui ont vaincu cette formation, on se dit que l’exploit strasbourgeois reste possible.

Durant la semaine, Lille a disputé son match retour de Ligue Europa face à l’Ajax Amsterdam. La marche était trop haute pour les Lillois qui quittent la scène européenne où désormais le PSG est l’unique représentant des clubs français. En prenant en compte ceci, le Racing a l’avantage d’avoir eu plus de temps que son adversaire pour préparer la rencontre.

Lors du match aller le 4 octobre 2020 à la Meinau, le Racing s’est incliné face à Lille sur le score de (0-3). Photo : Quentin Felden

Lille est « l’équipe la plus impressionnante de cette saison »

Dimitri Liénard qui a fêté son 100e match en Ligue 1 face à Angers, connaît le grand défi qui attend son équipe. Cependant le milieu de terrain strasbourgeois aime « les obstacles difficiles à franchir ». En conférence de presse vendredi, il a déclaré que le LOSC est l’équipe « la plus impressionnante cette saison » et qu’elle « mérite entièrement leur première place à l’heure actuelle. » Dimanche 28 février à 17h, il faudra que « toutes les planètes soient alignées et que tout le groupe soit à plus de 100% de ses capacités. »

On verra si cette astrologie footballistique va se réaliser. Quoiqu’il en soit, la rencontre est à suivre en direct dès 19h15 sur notre chaîne Youtube. Un invité supporter de Lille viendra apporter ses impressions sur la rencontre avec nous et participer à plusieurs débats.

La semaine suivante, les Strasbourgeois vont recevoir l’AS Monaco le 3 mars avant de bénéficier d’une petite coupure jusqu’au 14 mars, où le RCSA prendra la direction de Rennes.

Mireille Oster, plus de 50 ans à la Petite-France : « C’était un quartier populaire, plein de vie »

Mireille Oster, plus de 50 ans à la Petite-France : « C’était un quartier populaire, plein de vie »

« Mémoires de quartier » est un podcast qui donne la parole aux habitants sur l’évolution de leur quartier. Dans ce troisième épisode, Mireille Oster raconte la Petite-France, où elle a grandi, puis repris l’affaire de sa mère en 1998. Elle se souvient d’un quartier populaire et industrieux, riche en estaminets.

Mireille Oster, dans la cour du 2 rue des Dentelles. Photo : Anne Mellier

Mireille Oster est à la tête de deux boutiques de pains d’épices renommées à la Petite-France et exporte ses produits jusque dans les grandes villes d’Asie. Lui demander son âge, c’est se heurter à un mutisme souriant, presque malicieux. Mais cette Strasbourgeoise devient intarissable lorsqu’il s’agit d’évoquer l’histoire de son quartier.

Vue depuis le pont Saint-Martin en 1960. (Photo Archiwiki et archives de la ville et de l’Eurométropole).

Pour ce troisième épisode de la série de podcasts Mémoires de quartiers, nous nous sommes promenés avec elle au milieu des maisons à colombages, des ponts et des barrages devenus le visage de Strasbourg à l’étranger. Celle qui a grandi rue du Bain-Finkwiller se souvient d’un quartier industriel et populaire, sans séparation géographique particulière entre les usines et les lieux de vie des ouvriers.

L’emplacement de l’actuel square Louise Weiss, en 1900. Mireille Oster se souvient d’un terrain vague, avant l’aménagement du square. Photo : Archiwiki

La Petite-France comptait déjà nombre d’estaminets dans les années 60. Comme Le Pianiste aveugle, dans les locaux de l’actuel restaurant du Pont Saint-Martin. La commerçante se remémore :

« On l’appelait comme ça parce qu’il y avait un pianiste qui jouait. Nous étions étudiants à cette époque-là. On y venait, on y mangeait que des knacks, des merguez et des frites et ça s’arrêtait là. C’était une super ambiance, on sortait à 2-3h du matin. Après le propriétaire a rénové toute la maison et en a fait un restaurant winstub. Puis au premier étage un restaurant gastronomique et au dessus, il y avait une discothèque. Il y avait une super terrasse sur l’eau. »

Mireille Oster se souvient aussi du troquet installé à la place du Petit-Bois-Vert, ou encore des Deux France, place Benjamin Zix, là où se trouve aujourd’hui la Corde à linge.

La place Benjamin Zix en 1956. Mireille Oster se souvient des deux pompes rouges qui sont longtemps restée sur la place Photo : Archiwiki et archives de la ville et de l’Eurométropole

La Petite-France a changé de visage dans les années 70-80, lorsque Pierre Pfimlin, alors maire de Strasbourg, a opté pour sa réhabilitation plutôt que pour sa destruction. Mireille Oster ironise :

« Je vous dirais qu’on vous donnait de l’argent pour venir. C’était vendu très très bon marché. Tout la Petite France a pu être achetée à bas prix parce que c’était des quartiers dits populaires. Et aujourd’hui ça devient des quartiers très bourgeois. Cette réhabilitation a complètement changé la configuration du quartier et ça a donné de la valeur aux bâtiments. Mais ce qui est dommage, c’est que des pans de rue entiers ont parfois ont été arrachés, et ce qui a été fait n’a pas toujours été très joli. »

Photo : Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons / cc

Mireille Oster ne manque pas d’anecdotes sur le nom des rues de la Petite-France, mal traduites par les fonctionnaires chargés de les franciser. La rue des Dentelles ? Ancienne Spitzegass, une rue en pointe alors vers le moulin Spitz. « Le fonctionnaire l’a baptisée rue des Dentelles alors qu’il n’y a jamais eu de dentelières ici. » La rue de l’ail ? Mal francisée elle aussi. Elle tire son nom d’un dénommé Knoblauch qui vivait là. Mireille Oster soupire :

« Les rues de Strasbourg, c’est quelque chose. Les histoires comme ça peuvent être longues. Et certains noms de personnages peuvent être oubliés alors qu’ils avaient œuvré pour la ville de Strasbourg. »

#Mireille Oster#square louise weiss

Cynthia Montier, une artiste engagée, même en temps de pandémie

Cynthia Montier, une artiste engagée, même en temps de pandémie

Chantier en éternelle construction, le statut d’artiste est plus que jamais incertain. Cynthia Montier, jeune artiste strasbourgeoise, témoigne de ses déboires face aux mesures restrictives liées à la Covid-19. Si les établissements culturels doivent rester fermés, les acteurs de la scène artistique locale continuent d’œuvrer et de résister.

Comment continuer à créer et à diffuser son art en temps de pandémie ? Jeune artiste strasbourgeoise, Cynthia Montier répond par écrans interposés. Mystique, bouillonnante de créativité, en lutte perpétuelle contre un système social déshumanisé, voilà une tentative pour résumer en quelques mots le travail plastique et performatif de cette artiste.

Strasbourgeoise, Cynthia Montier est diplômée du master d’Arts Plastiques de l’Université de Strasbourg. À la sortie, elle a dû se confronter à quelques désillusions et effectué un an de formation en tant qu’artiste-intervenante à la Haute école des arts du Rhin (Hear) afin d’obtenir des outils solides pour défendre son statut d’artiste.

Elle est actuellement membre du conseil artistique du Syndicat Potentiel et soutenue par le Fonds régional d’art contemporain (FRAC) Alsace. Ses travaux s’articulent autour de la croyance, de l’espace urbain et des pratiques sociales. Elle met en scène des rituels activistes permettant de repenser notre rapport au monde. Sa récente œuvre collaborative Egregora (2020) est une collecte d’objets personnels appartenant à des anonymes. Elle vise à réinsuffler une force régénératrice au sein d’Odylus, le centre d’hébergement temporaire animé par l’association Horizome dans l’ancienne clinique Sainte-Odile, en disposant ces artefacts comme des amulettes protectrices et vectrices d’énergie.

Cynthia Montier, Egregora, 2020Photo : Cynthia Montier

Cynthia Montier a connu un surplus de créativité pendant le confinement. Elle a passé son temps à parler de ses projets à des interlocuteurs en ligne. Cette posture de confidente lui a permis d’utiliser cette « matière » pour la retranscrire sous une forme artistique.

Artiste, Cynthia Montier est habituée à rester chez elle avec son ordinateur. Mais la crise sanitaire l’a évidemment conduite à reporter ou annuler nombre de projets et d’expositions. En attendant, elle réfléchit à de nouveaux dispositifs, notamment à travers une utilisation personnelle du tarot. A chaque lecture du tarot, elle élabore des modes d’actions performatifs, des conférences et des workshops. L’ambition est d’utiliser cet outil de recherche et de création par la suite.

Au Syndicat Potentiel, les évènements liés à Espaces affectifs, promenade extime en différé se sont terminés tout juste avant le confinement d’octobre. Il s’agissait justement d’imaginer un espace public désaffecté suite au confinement, comme si il était encore habité par les histoires, le passage. Cynthia Montier a pu médiatiser cette performance sur Instagram et proposer à des personnes du monde entier d’envoyer des histoires, des souvenirs, des récits, des mythes ou des légendes urbaines. Cela pouvait être une alcôve, un cimetière, un lieu afin dont elle pouvait faire une affiche, collée à l’endroit de son choix afin que les personnes puissent la consulter directement dans l’espace public.

Mais l’exposition collective Rituel.le.s à laquelle Cynthia Montier devait participer à l’IAC de Villeurbanne en décembre a dû être reportée. L’exposition traite des formes de rituels des femmes-artistes. Les commissaires d’exposition envisagent de créer des formes d’expositions virtuelles.

À ce jour, Cynthia Montier a deux gros projets pour lesquels elle prospecte. Durant le premier confinement, la notion d’isolement étant très forte, elle s’est adaptée et a effectué une performance en ligne intitulée Diseuses de sorts en duo avec son amie Ophélie Naessens, maître de conférence à l’Université de Lorraine. Les deux femmes travaillent ensemble autour des dispositifs introduisant une forme de dialogue entre la spiritualité et le militantisme. Leur volonté est de mieux comprendre l’appréhension de l’espace et l’urbanisme en relation avec la psychologie.

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Cynthia Montier et Ophélie Naessens, Diseuses de sorts, 2020Photo : Cynthia Montier

Par ailleurs, elle élabore un autre projet qui s’appelle Activismes ésotériques, avec une autre amie, la critique d’art et curatrice Sophie Prinssen. Il s’agit cette fois d’imaginer des formes de rituels d’action et d’organisation pour les communautés militantes, civiles ou minorisées.

Cynthia Montier et Sophie Prinssen, Activismes Ésotériques, 2021Photo : FRAC Lorraine

Cynthia Montier avoue sa lassitude à propos du médium numérique, qu’elle estime ne pas être à la portée de tous. Elle avait l’espoir que la virtualisation des formats et des rencontres puissent permettre un accès et une nouvelle forme de relation, une convergence des communautés et des luttes. Mais elle s’est rendue compte que les publics touchés sont toujours les mêmes. Cynthia Montier s’interroge beaucoup sur l’utilité de son métier d’artiste… La virtualité n’a aucun intérêt à ses yeux si elle ne permet pas d’avoir un impact concret, de créer un écho.

Raphaël Glucksmann : « Les citoyens veulent-ils financer une entreprise qui massacre des Ouïghours ? »

Raphaël Glucksmann : « Les citoyens veulent-ils financer une entreprise qui massacre des Ouïghours ? »

Pour l’eurodéputé « Place Publique » Raphaël Glucksmann, l’implantation et la subvention publique d’une usine Huawei en Alsace nécessite un véritable débat public, car le géant des télécommunications est le « bras armé du gouvernement chinois qui participe au massacre des Ouïghours ».

L’attribution d’une subvention publique au géant des télécommunications chinois Huawei a choqué l’eurodéputé « Place Publique » Raphaël Glucksmann. Après avoir accusé les dirigeants européens de « lâcheté et de veulerie » face à la répression des Ouïghours dans un discours le 17 décembre 2020 au Parlement européen, l’eurodéputé a écrit au président de la Région Grand Est, Jean Rottner (LR), pour qu’il revienne sur cette subvention et sur l’implantation de ce « bras armé du gouvernement chinois » au cœur de l’Europe.

Rue89 Strasbourg : Selon vous, quel est l’intérêt de Huawei derrière l’installation de sa première usine de production européenne en Alsace ?

Raphaël Glucksmann : L’intérêt de Huawei, c’est de prendre pied sur le sol européen pour pénétrer le marché européen. Huawei est une méga-entreprise en extension permanente au service des intérêts du parti communiste chinois (PCC). S’implanter au cœur de l’Europe, rayonner à partir de Strasbourg sur le marché européen, c’est une stratégie très cohérente avec l’idéal expansionniste du PCC. Et puis cette implantation permettra aussi d’accéder au marché africain de manière plus directe.

Raphaël Glucksmann au Parlement européen Photo : doc remis

Depuis la répression des manifestations pacifiques au Tibet en 2008, la Chine mène une stratégie de pénétration en Europe qui entretient la dépendance des gouvernements européens. Le PCC rend ainsi impossible d’établir un rapport de force avec la Chine. On voit aujourd’hui la Grèce ou le Portugal, qui ont dû vendre des infrastructures comme des ports ou des entreprises énergétiques à la Chine. Aujourd’hui, ces États ne peuvent plus s’opposer au gouvernement chinois.

Vous estimez qu’il y a une proximité inquiétante entre la future usine Huawei et des installations militaires sensibles. Le risque d’espionnage est-il sous-estimé selon vous ? 

Les services de sécurité en Europe sont en alerte sur l’espionnage chinois. Mais il y a une naïveté criante sur l’installation en Alsace, quand près de Brumath vous avez plusieurs zones militaires classées secret-défense, cette implantation devient une question de sécurité nationale. Il y a un vrai risque à ce niveau. C’est pourquoi cette mobilisation n’est pas seulement une question de principe, celle du respect des droits de l’Homme, mais aussi une question de défense nationale.

Que répondez-vous à ceux qui qualifient l’interdiction d’accès au marché des télécommunications aux États-Unis et au Royaume-Uni de propagande anti-chinoise ? 

Ce ne sont pas les Américains qui ont inventé les campagnes de stérilisation massive du peuple ouïghour. Les États-Unis n’ont pas inventé les camps de concentration au Xinjiang ni le fait que Huawei se targue dans ses publicités d’aider la police qui déporte les Ouïghours. Ce ne sont pas les Américains qui inventent que Huawei a mis en place une alerte Ouïghours pour signaler un individu de la communauté musulmane auprès de la police chinoise. Je comprends le scepticisme vis-à-vis des États-Unis mais si les Américains dénoncent un crime contre l’humanité, on va pas s’opposer à cette dénonciation pour le plaisir d’être contre les États-Unis.

Comment décririez-vous l’attitude de la Région face à cette implantation ?

J’étais d’abord choqué d’apprendre que la Région Grand Est courtisait Huawei pour une installation en Alsace. J’ai ensuite été sidéré qu’une subvention, de l’argent public, puisse servir à financer l’implantation de Huawei. La question est simple : les citoyens veulent-ils financer l’implantation chez eux d’une entreprise qui participe au massacre des Ouïghours ?

« Au début de mes campagnes sur les Ouïghours, personne ne venait »

La Région Grand Est a tout fait pour attirer Huawei. C’est le cheval de bataille du président Jean Rottner. Je sais qu’il y a une opposition à Strasbourg, du côté des écologistes. Je pense que cette opposition va monter. Au début de mes campagnes sur les Ouïghours, personne ne venait. Puis on a montré que des centaines de milliers de jeunes s’intéressent aux violations des droits de l’Homme en Chine. Là, les politiques ont commencé à s’intéresser au sujet.

Le sort de la communauté ouïghoure intéresse particulièrement les jeunes ?

Oui, parce qu’il y a une forme de sincérité chez eux, qu’il n’y a pas chez les plus âgés. Les moins de 25 ans ont une croyance réelle dans l’universalité des droits humains. Quand on dit déportation, stérilisation, internement d’une population, ils ont une réaction épidermique.

En France, des centaines de milliers de jeunes se sentent concernés parce qu’ils savent que des marques comme Nike ou Zara bénéficient de cette mise en esclavage des Ouïghours. Ils le savent parce qu’ils portent leurs vêtements. En tant que consommateurs, ils font partie de cet écosystème. C’est à la fois proche pour eux, et en même temps ça résonne avec la patrie des droits humains.

Quelles sont les mesures possibles au niveau européen pour tenter d’enrayer une répression d’une dictature ?

Il y a des solutions basiques. Au Parlement européen, nous avons déjà fait voter une résolution qui crée un mécanisme de sanction des violations des droits humains. Sanctionner les responsables de la répression, c’est maintenant possible. Il faut juste avoir le courage politique pour le faire.

Une autre mesure à mettre en place, c’est l’interdiction de l’importation des produits de l’esclavage. Nous sommes dépendants de la Chine, mais elle l’est aussi de notre marché intérieur de 500 millions de consommateurs. Il faut donc faire pression à travers notre zone commerciale.

« Les jeunes peuvent faire pression sur les dirigeants »

Cette situation peut changer si les jeunes font pression sur leurs dirigeants. Ces derniers, en démocratie, souhaitent normalement être réélus. Les jeunes ont déjà fait pression sur les marques. Ils ont réussi à faire plier Lacoste, Adidas et H&M, qui ont cessé leurs relations avec des fournisseurs chinois qui travaillent avec des esclaves ouïghours. Ces fournisseurs sont connus de ceux qui travaillent sur le dossier. Les marques n’ont qu’à consulter les listes pour cesser de collaborer avec des fournisseurs esclavagistes.

Quel est l’objectif de votre campagne visant la Région Grand Est ?

Je souhaite que la Région Grand Est retire sa subvention de 800 000€ à Huawei et qu’elle suspende son soutien à l’implantation de cette usine. On n’en est qu’au début du processus. Le permis de construire n’a pas encore été délivré. Donc le but aujourd’hui, c’est d’alerter sur la compromission de Huawei dans le massacre des Ouïghours, pour lancer un débat public. Si une majorité de la population décide que c’est très bien d’accueillir Huawei à Brumath, très bien ce sera la démocratie, mais il faut que ce débat public ait lieu.

Avec ses « cultes musicaux, » une église offre une scène aux artistes

Avec ses « cultes musicaux, » une église offre une scène aux artistes

Depuis janvier, la paroisse protestante du Bouclier, dans la Petite-France, multiplie les « cultes musicaux. » Le format permet aux artistes privés de concerts de retrouver le public.

« Ça fait 30 ans que je fais des cultes musicaux, ça n’a rien de nouveau », relativise le pasteur Pierre Magne de la Croix. Sa paroisse du Bouclier, dans la Petite-France, est d’ordinaire très portée sur la musique, à travers des groupes de chorales et l’organisation de concerts.

Depuis janvier, alors que les offices religieux sont autorisés mais pas les concerts, elle a intensifié la fréquence de ses cultes musicaux. Hors crise sanitaire, elle en tient six par an. Depuis janvier, elle en a déjà tenu quatre et en prévoit six autres d’ici Pâques (dimanche 4 avril).

Ces cultes permettent à des artistes de se produire pendant environ 40 minutes, dans le cadre d’un office religieux accordé aux choix de leurs morceaux.

culte musical
Lilia Dornhof, soprano, et Olivier Claude, pianiste, se produiront au temple du Bouclier dimanche avec la bénédiction du pasteur Pierre Magne de la Croix. Photo : Claire Gandanger / Rue89 Strasbourg

Pierre Magne de la Croix se refuse cependant à qualifier cette démarche de militante :

« C’est un acte de prise en compte de la réalité actuelle. Nous avons toujours eu beaucoup de demandes. Mais depuis dix mois, ça s’est emballé. On sent bien que si les musiciens ne jouent pas, ce n’est pas facile pour eux. On a entendu leur besoin de jouer. Ils ont besoin d’un public, de partager leur art et d’avoir un objectif, une pression. D’abord, ils souffraient de ne plus pouvoir répéter. Alors je leur ai dit “venez répéter au temple.” Aujourd’hui, en tant que pasteur, je bénéficie de ce privilège des cultes et je leur rends service. Nous nous faisons une sorte de cadeau réciproque. »

Ouvert à toute demande

Le réseau de musiciens qui gravitent autour de la paroisse proposent de la musique classique. Gospel, Jean Ferrat, Georges Brassens et même Pomme, au temple du Bouclier, les cultes intègrent cependant régulièrement des musiques plus contemporaines.

Pour le pasteur, toutes les musiques ont leur place dans une église, pour peu qu’elles aient une essence spirituelle qui puisse résonner avec la Bible. À partir de-là, Pierre Magne de la Croix se dit ouvert à toute demande de groupes qui adhéreraient à la démarche d’un culte. Même si le temps de prêche est plus court que celui d’un office dominical classique, la musique doit s’associer à un message biblique du pasteur. La participation n’est pas rémunérée. 

Christian Mestre démissionne de ses fonctions de déontologue de l’Eurométropole

Christian Mestre démissionne de ses fonctions de déontologue de l’Eurométropole

En dépit de ses explications, le professeur de droit et doyen honoraire de la faculté Christian Mestre est critiqué pour avoir participé à un séminaire en Chine et être assimilé comme un soutien à la politique chinoise, y compris sur l’internement de la minorité musulmane ouïghoure.

Christian Mestre a présenté jeudi sa démission de ses fonctions de déontologue de l’Eurométropole de Strasbourg. Christian Mestre explique cette décision par sa volonté de mettre fin à la polémique :

« J’ai remis ce matin ma lettre de démission à la présidente de l’Eurométropole pour éviter que l’on continue cette curée contre moi et d’autres membres de mon entourage. »

Christian Mestre, contacté par téléphone

La présidente Pia Imbs (sans étiquette) doit annoncer cette démission en fin de séance du conseil eurométropolitain ce vendredi 26 février (à suivre en direct ici), où le sujet a été inscrit en question d’actualité. 

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