Vendredi 26 février, le conseil de l’Eurométropole doit voter un budget supplémentaire d’un million d’euros pour soutenir les étudiants en précarité, notamment dans le domaine du logement. Les élus de l’EMS voteront aussi le contrat triennal « Strasbourg capitale européenne 2021 – 2023 » et une rallonge pour les travaux de la médiathèque Nord.
Un million d’euros supplémentaire pour « soutenir le présent et investir dans l’avenir des étudiants et étudiantes ». C’est la grande annonce de l’Eurométropole de Strasbourg (EMS) pour son conseil du vendredi 26 février. Cette mesure constitue une « multiplication par cinq du soutien de l’EMS à la vie étudiante » et doit permettre la création d’un service dédié à cette thématique.
D’abord une aide au logement
Concrètement, ce budget supplémentaire doit d’abord aider les étudiants à se loger. Une importante partie de ce million d’euros doit ainsi être versée au Fonds de solidarité logement (FSL) pour « favoriser l’accès et soutenir le maintien des étudiants dans leur logement ». Elle permettra aussi de créer un fonds de garantie au bénéfice des étudiants, en association avec les organisations étudiantes et les acteurs de l’immobilier. L’intervention de l’EMS doit permettre de rassurer les propriétaires, parfois frileux face à des locataires précaires. Ce budget supplémentaire servira également à financer des hébergements hôteliers pour la prochaine rentrée universitaire, dans le cadre d’une stratégie d’urgence.
En outre, l’EMS annonce la création d’une plateforme d’entraide pour mettre en lien les étudiants et les habitants, restaurants, entreprises et associations solidaires.
Enfin, cette rallonge budgétaire doit bénéficier au CROUS et à la fondation de l’Université « afin de développer des actions individuelles et collectives (…) pour résoudre les précarités de bien et les précarités de lien. » L’EMS souhaite aussi donner aux étudiants sans ordinateur un accès à du « matériel informatique réformé via un conventionnement avec des entreprises d’insertion. » Le soutien à des initiatives locales solidaires doit aussi permettre un accès gratuit à des produits locaux de qualité.
La médiathèque de Schiltigheim, toujours en travaux, bénéficiera d’une grande terrasse. Photo : JFG / Archives Rue89 Strasbourg
Travaux de la médiathèque Nord
La première délibération de l’assemblée des 33 communes portera sur les orientations du contrat triennal « Strasbourg, capitale européenne » pour 2021 à 2023. Les objectifs : améliorer la desserte multimodale de Strasbourg, renforcer la qualité environnementale du travail et du séjour et enfin soutenir des projets culturels et universitaires autour de Strasbourg en tant que capitale européenne. Une structure permanente doit aussi être créée pour suivre la mise en œuvre du contrat, de son évaluation et de la conduite d’actions visant à conforter la place de Strasbourg et son rayonnement.
La dernière phase des travaux de la médiathèque Nord à Schiltigheim doit aussi être validée par le conseil de l’EMS. En avril 2017, leur délibération portait sur des travaux d’aménagement intérieur et de mobilier pour un montant global de 5,6 millions d’euros. Mais le scénario retenu par le comité de pilotage en novembre 2020 augmente les frais de 823 000 euros pour atteindre 6,3 millions d’euros. L’Eurométropole promet un « lieu qualitatif », avec « des cabanes de lecture et de contemplation et des alcôves spécifiques et thématiques et de la végétalisation en pleine terre contribuant à créer des îlots de fraîcheur ». La médiathèque doit aussi bénéficier d’une conception bioclimatique optimisée avec des protections solaires automatisées et une ventilation naturelle. L’établissement doit ouvrir ses portes à l’automne 2022.
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Un article du Point accuse Christian Mestre, déontologue de l’Eurométropole de Strasbourg, d’avoir soutenu la répression des Ouïghours lors d’une conférence au Xinjiang en 2019. Il dénonce « une manipulation de la propagande chinoise » mais reconnaît avoir été invité par la Chine.
Dans un article du Point de jeudi 25 février, Christian Mestre, professeur de droit et déontologue de l’Eurométropole de Strasbourg, est présenté comme un soutien de poids à la politique chinoise de répression des Ouïghours, une ethnie majoritairement musulmane du Xinjiang. En septembre 2019, Christian Mestre, qui est aussi doyen honoraire de la faculté de droit de Strasbourg, a participé au « Séminaire international contre le terrorisme, pour la déradicalisation et la protection des droits de l’Homme », à Urumqi, capitale de la province du Xinjiang.
Mis en cause par article du Point, le déontologue de l’Eurométropole et doyen de la faculté de droit de Strasbourg, Christian Mestre assure n’avoir « jamais soutenu la politique de répression des Ouïghours ». Photo : Emeline Burckel / Rue89 Strasbourg / cc
Selon le quotidien nationaliste Global Times, Christian Mestre aurait, au cours de ce séminaire, défendu la politique de répression de masse chinoise vis-à-vis des Ouïghours en déclarant que « les Ouïghours sont envoyés en formation » alors qu’ils sont internés dans des camps de détention, dont certains ne reviennent jamais. En outre, sur la lutte antiterroriste, il aurait déclaré espérer « que la France et d’autres pays européens s’inspirent des réponses données par le Xinjiang » et regretter que « la France ne contrôle pas plus la partie de sa population qui pourrait être intéressée par le djihad. »
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Bientôt un an sans spectacle, l’accès au public manque aux comédiens, qui tiennent à rappeler leur existence lors d’une manifestation-spectacle samedi sur le quai des Bateliers.
Une dizaine de compagnies ont déposé une déclaration de manifestation en préfecture pour rappeler que les comédiens et les artistes doivent composer depuis un an quasiment sans public. Cette manifestation-spectacle aura lieu samedi 27 février à partir de 14h, quai des Bateliers à Strasbourg.
À l’origine de cet événement, Morgane Enderlin, comédienne et directrice de la compagnie Toc Toc :
« On ne peut plus jouer de spectacles mais on peut encore manifester… Alors on s’est dit qu’on allait revendiquer, tout en jouant. Ce sera un rendez-vous à la frontière entre le spectacle et la manifestation, on ne déambulera pas dans les rues, mais chaque compagnie aura sa banderole. »
Photo : Dessin Sylvain Moizie / doc remis
L’action se veut un pied de nez aux mesures sanitaires, qui tolèrent les supermarchés, les entreprises et les cultes, mais gardent les salles de spectacles rigoureusement fermées. Ce manque d’accès aux salles et au public a d’importantes conséquences pour les artistes, rappelle Morgane Enderlin :
« On parle de spectacle vivant mais on devrait dire le spectacle mort-vivant ! Certains d’entre nous, les plus chanceux, peuvent continuer à travailler en résidences mais sans public, à quoi ça sert ? Donc avec cette manifestation, on veut rappeler au public qu’on existe. »
Concrètement, la manifestation prendra la forme d’une série de petits spectacles, semi-improvisés par les compagnies, faisant appel aux disciplines des arts dans la rue. Il y aura des lectures, de la danse, de l’improvisation théâtrale, etc.
La commission du développement économique de la Région Grand Est a validé l’attribution d’une subvention d’implantation de 800 000 euros pour le géant des télécommunications chinois Huawei, impliqué dans l’internement de masse et le travail forcé des Ouïghours.
Le 12 février, la commission permanente du conseil régional du Grand Est a validé l’attribution d’une subvention de 800 000 euros à la filiale de Huawei chargée de l’implantation d’une usine à Brumath. Immatriculée à Strasbourg, cette branche du géant des télécommunications chinois doit lancer un premier investissement sur site à hauteur de 33 500 000 euros et installer une production à partir de 300 emplois.
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Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Ouvert fin août 2020, le magasin Primark Strasbourg a déjà vu une centaine de ses salariés quitter l’établissement. Certains ont été virés avant la fin de leur période d’essai, d’autres n’ont pas été renouvelés après leur CDD ou n’ont pas souhaité rester. De quoi se demander si la promesse de 250 CDI est tenue… mais la direction reste mutique.
Un mois après l’ouverture du magasin Primark, une ancienne salariée de l’enseigne alerte Rue89 Strasbourg « pour cause de licenciement abusif. » Samia (le prénom a été modifié) a participé à l’inauguration de l’antenne strasbourgeoise du géant irlandais le 28 août 2020. Un mois et demi plus tard, l’agente polyvalente voit son contrat rompu avant la fin de la période d’essai. Après avoir candidaté entre décembre 2019 et janvier 2020, après avoir passé un processus de recrutement long et absurde, après avoir vu la date d’ouverture repoussée du 16 avril à la fin du mois d’août, Samia se sent flouée :
« Après nous avoir fait miroiter un CDI pendant un an, ils se sont débarrassés de moi alors que ça me faisait pas peur de bosser, après sept ans d’expérience dans la restauration et 5 ans dans la vente, c’est chez Primark que j’ai pu pleurer tellement j’ai subi la pression. J’avais parfois du travail pour 3 personnes avec 60 cartons à déballer en une journée. »
La devanture de Primark, sur le quai Kellermann à Strasbourg Photo : PF / Rue89 Strasbourg / cc
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Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Pour la seconde journée consécutive, le taux de particules dans l’atmosphère dépasse le seuil d’information. L’Eurométropole de Strasbourg met en place la gratuité des transports en commun dès jeudi.
Mercredi, l’association pour la surveillance de la qualité de l’air dans le Grand Est (Atmo Grand Est) a estimé que le taux de particules dans l’atmosphère avait dépassé les 50 microgrammes par mètre-cube (µg/m3) pour le 2e jour consécutif.
Ce pic de pollution, issu du sable en provenance du Sahara, de la combustion et des épandages agricoles, a débuté lundi 22 février dans le Bas-Rhin. Ce phénomène s’est ensuite étendu au reste de la région Grand Est à l’exception des Vosges.
Une série de mesures ont été décidées mais c’est surtout le vent qui est attendu… Photo : Waltercolor / Twitter
Dès mardi, la procédure visant à informer la population des risques liés à ce pic de pollution a été activée : les personnes vulnérables, dont les femmes enceintes, les personnes de plus de 65 ans et les personnes souffrants d’asthme doivent privilégier les sorties brèves et éviter les zones à fort trafic routier. Les agriculteurs et les industries sont aussi invités à reporter toutes opérations qui pourraient être à l’origine d’émissions atmosphériques polluantes.
Le Haut-Rhin, dont la concentration moyenne de particules journalières dans l’atmosphère a dépassé 80 µg/m3 a dépassé le seuil d’alerte.
Jeudi, déjà le troisième jour de pollution
Malgré une courte accalmie ce mercredi matin, durant laquelle Atmo Grand Est a mis fin aux procédures d’information, la situation atmosphérique s’est à nouveau dégradée à la mi-journée. Cette situation devrait se poursuivre jeudi pour la troisième journée consécutive. En effet, les conditions anticycloniques stables ne permettront pas d’évacuer les particules présentes dans l’atmosphère, dont la concentration restera à un niveau élevé.
En conséquence, les 9 départements du Grand Est touchés par cette épisode de pollution seront placés en alerte dès jeudi (Haut-Rhin, Bas-Rhin, Moselle, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Haute-Marne, Aube, Marne, Ardennes). La vitesse maximale sur les routes est abaissée de 20 km/h, sans descendre en dessous de 70 km/h.
Transports en commun moins chers
Le déclenchement de l’alerte a comme conséquence concrète dans l’Eurométropole de Strasbourg la gratuité des transports en commun. Les bus du réseau régional Fluo baissent leur prix, avec un forfait spécial à 2,50€ l’aller-retour, quelle que soit la ligne utilisée. La location d’un Vélhop pour la journée descend à 3€.
Comme à chaque fois, toutes ces mesures n’auront aucun impact sur la pollution de l’air. Atmo Grand Est espère un « lessivage de l’atmosphère » vendredi, grâce à l’arrivée de la pluie et du vent.
Depuis la fin janvier, la CTS a suspendu la circulation des 12 bus électriques Aptis du constructeur Alstom. En cause : « un incident sécuritaire liée à un dysfonctionnement au niveau de l’essieu arrière de ces véhicules. »
Fin janvier 2020, la Compagnie des Transports Strasbourgeois (CTS) se félicitait de réceptionner « le tout premier bus électrique Aptis sorti de série« . Un mois plus tard, douze de ces « bus à haut niveau de service » (BHNS), tout de vert parés, circulaient sur la nouvelle ligne H, reliant le Parlement européen à la gare.
Cette deuxième ligne opérée à l’énergie électrique a nécessité 11,4 millions d’euros d’investissements : 7,2 millions d’euros pour les 12 véhicules, 1,5 million pour l’équipement du dépôt en recharge électrique et 2,7 millions d’euros pour les aménagements de voie et l’équipement des stations.
La CTS affichait fièrement son premier bus électrique Aptis d’Alstom fin janvier 2020. Photo : Document remis
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Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Mercredi 23 février, les hôpitaux universitaires de Strasbourg ont présenté un bilan de leur gestion de la pandémie. En plus des patients covid, la demande de soin reste encore forte en réanimation et augmente dans les services de psychiatrie.
Près d’un an après le début de la pandémie de covid-19 en Alsace, les hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) font le bilan. Mercredi 23 février, les professeurs Emmanuel Andrès, président de la Commission médicale d’établissement (CME) des HUS et Yves Hansmann, chef du service des maladies infectieuses, ont exposé l’évolution de la gestion de la pandémie au sein d’un établissement toujours sous tension : « On ne peut pas prévoir l’avenir mais malheureusement il ne faut pas grand chose pour que la situation bascule », affirme Yves Hansmann.
« Garder la fonction d’hôpital de proximité »
Face à la première vague, en mars 2020, « 95 % des ressources des hôpitaux universitaires de Strasbourg étaient dédiées à la gestion de l’épidémie de covid », selon Yves Hansmann.
Aujourd’hui, l’hôpital adapte le fonctionnement des différents services selon le nombre de patients atteints du covid. Concrètement, les services qui ne sont pas liés à l’épidémie peuvent être progressivement fermés pour augmenter les places en réanimation. « L’objectif est de mobiliser le personnel au bon moment pour soulager les services de réanimation », précise Yves Hansmann. Ce système permet d’accueillir à nouveau les « patients traditionnels » pour « assurer notre fonction d’hôpital de proximité », affirme Yves Hansmann.
Les infirmiers du service des maladies infectieuses s’occupent uniquement des patients atteints de la Covid-19. Photo : LC / Rue89 Strasbourg
Moins de patients en réa, mais plus de soins
Selon Emmanuel Andrès, les besoins en réanimation des patients covid ont diminué lors de la seconde vague. Les malades ont bénéficié d’une amélioration des techniques de ventilation et des traitements médicamenteux. Ces progrès ont permis de limiter le recours à l’intubation. Ainsi, lors de la première vague, le service de réanimation a pris en charge 484 patients covid. Durant la seconde vague, ce sont 342 patients qui ont été admis en réanimation.
Mais la charge de travail du personnel soignant n’a pas baissé pour autant. Emmanuel Andrès rappelle que la majorité des patients de la seconde vagues sont atteints de comorbidités (insuffisance respiratoire, obésité, hypertension artérielle…). Ces patients nécessitent plus de soin.
La reprise, le retard
Depuis la seconde vague, l’hôpital doit gérer, en plus de la pandémie, la reprise des opérations chirurgicales repoussées lors de la première vague, et la prise en charge des pathologies chroniques, comme les cancers. Ces patients représentent aujourd’hui la majorité des personnes admises dans le service de réanimation. « Actuellement nous avons 110 lits d’ouverts pour 80 lits en temps normal », précise Emmanuel Andrès.
Le service des maladies infectieuses reste entièrement dédié au covid. « C’est la première fois que nous consacrons tous nos lits à un seul type d’infection », affirme Yves Hansmann. Lors de la première vague, 350 patients ont été pris en charge par le service des maladies infectieuses. Le nombre de patients a augmenté avec la seconde vague, durant laquelle 450 patients ont été accueillis.
Yves Hansmann chef du service des maladies infectieuses. Ce service est encore entièrement dédié à la Covid-19. Photo : LC / Rue89 Strasbourg
Une demande d’aide psychologique renforcée
Les hôpitaux universitaires de Strasbourg doivent aussi faire face à une augmentation des troubles psychologiques. Les appels à destination du Samu ont changé de nature. Les troubles respiratoires ont diminué pour laisser place aux troubles de l’anxiété, à la dépression et aux tentatives de suicide. Entre octobre 2020 et janvier 2021, le Samu a enregistré environ 370 dossiers de régulation psychologiques et de tentatives de suicides par mois. Un chiffre en augmentation. En 2019 et 2020, le Samu n’a enregistré que 280 dossiers de régulation psychologiques et de tentatives de suicides par mois.
Dans le service de psychiatrie, le nombre de patients dans l’attente d’une hospitalisation d’urgence augmente aussi. Le stress chronique et les troubles du sommeil touchent majoritairement les adolescents, dont la présence au sein du service ne cesse de croitre. « Durant les cinq premiers jours de février on a enregistré 54 demandes de suivi par un pédopsychiatre. Habituellement, pour cette période, on ne reçoit qu’une dizaine de dossiers », souligne Yves Hansmann.
Nada Labdai, infirmière dans le service pneumologie a apporté un soutien psychologique aux familles des patients atteints de la Covid. Photo : LC / Rue89 Strasbourg
Une évolution encore incertaine
Pour Emmanuel Andrès et Yves Hansmann, l’évolution de la situation au sein de l’hôpital reste incertaine. L’arrivée du nouveau variant anglais, plus contagieux, est au centre des préoccupations des HUS. Selon Yves Hansmann, plusieurs séquençages durant les mois de janvier et de février ont détecté la présence de 23 variants anglais et de 20 variants sud-africains chez les patients des HUS. Ces autres formes de la covid-19 dont les médecins « ne maîtrisent pas encore totalement le fonctionnement » pourraient à nouveau mettre les services des HUS en difficultés :
« L’augmentation des variants ou l’abandon progressif des gestes barrières par les personnes qui en ont marre suffiraient à faire augmenter à nouveau les cas de covid-19 et à mettre une pression sur nos services. Cela reste notre plus grande peur. »
Yves Hansmann, professeur et chef du service des maladies infectieuses des HUS.
Dimanche 21 février, le Racing Club de Strasbourg a terminé sa confrontation face à Angers sur un score nul et vierge (0-0). Un match événement pour Dimitri Liénard qui a disputé sa 100e rencontre en Ligue 1 avec le maillot strasbourgeois.
Dimanche soir, sur le tableau d’affichage du stade de la Meinau, le score n’a pas bougé. Le Racing et Angers se neutralisent et partagent le point du match nul (0-0).
Mais ce qui est loin d’être vierge, c’est le nombre de rencontres disputées par Dimitri Liénard. Lors de cette rencontre, le joueur qui a tout connu avec le Racing a atteint la barre des 100 matchs en Ligue 1. Un nouveau cap de franchi après avoir réalisé un exploit le week-end précédent : avoir remporté le derby opposant le RC Strasbourg au FC Metz (victoire 1-2).
Une entrée réussie dans la cour des grands
Cent rencontres en Ligue 1, presqu’une paille pour Dimitri Liénard qui a disputé 246 confrontations avec le Racing dont 92 en National et 30 en Ligue 2. À ajouter les onze rencontres en Coupe de France et huit en Coupe de la Ligue, puis la cerise sur le gâteau, cinq rencontres européennes dans les phases de qualification à la Ligue Europa durant l’été 2019.
Né à Belfort, le joueur commence au centre de formation du FC Sochaux avant de rejoindre le club de sa ville natale. Il intègre l’Alsace en passant une année au sein du FC Mulhouse puis rejoint le RC Strasbourg le 1er juillet 2013. De l’amateur jusqu’au professionnalisme, Dimitri Liénard a tout connu avec le club strasbourgeois.
Son aventure en Ligue 1 commence un soir d’août 2017 du côté de Lyon, lorsque le Racing retrouve le parfum de la Ligue 1. La grosse défaite d’entrée (4-0) n’importe peu, une nouvelle ère commence pour le RCSA ce soir-là. Dimitri Liénard est titulaire pour ce match que l’on peut qualifier le renouveau pour tout le peuple alsacien du football.
Dimitri Liénard est présent dans le onze de départ face à l’Olympique Lyonnais le 6 août 2017. Son premier match en Ligue 1 ! Photo : Ligue 1 / Youtube
Un coup franc légendaire au bout du suspense face à l’Olympique Lyonnais
La première année au plus haut niveau demande de l’adaptation. Dimitri Liénard marque pour le premier match à la Meinau face à Lille le 13 août 2017. Cette saison-là, il trouve à cinq reprises le chemin des filets. Son second but intervient face à un adversaire prestigieux : l’Olympique de Marseille le 15 octobre 2017. Le joueur écrit une des plus belles pages de l’histoire du club. Le 12 mai 2018, d’un coup franc à la 4e minute des arrêts de jeu, Dimitri Liénard marque le but du maintien pour le Racing qui s’impose face à l’Olympique Lyonnais (3-2).
Le but de Dimitri Liénard face à l’OL (vidéo Ligue 1 / YouTube)
La Meinau explose de joie quelque chose de grand se déroule et reste dans les têtes des supporters. Les plus nostalgiques de ce « miracle » peuvent aborder un maillot à l’effigie du joueur avec la mention 90+4, confectionné par le club à cette occasion. Le coup franc de la délivrance pour le club alsacien rappelle un match en National lors du derby face à Colmar, dans un stade plein, le 21 février 2015. Le héros marque également sur coup franc lors de ce match. L’issue est la même dans ces deux rencontres : le Stade de la Meinau scande « Liénard » sans cesse. Les frissons sont garantis dans un stade à l’ambiance volcanique !
« Monsieur panenka »
En dehors des cent rencontres en Ligue 1, la parenthèse de l’aventure en Coupe de la Ligue est forcément dans les esprits des supporters. Le Racing remporte ce titre le 30 mars 2019. Une rencontre marquée par la prestation du milieu de terrain strasbourgeois ce soir-là. En finale face à Guingamp, la séance de tirs au but arrive entre les deux formations. Dimitri Liénard s’élance en troisième tireur pour cette échéance. Le Stade Pierre Mauroy de Lille résonne de chants strasbourgeois, lui qui est rempli aux trois quarts de la couleur bleue du Racing.
Au moment de tirer, Dimitri Liénard effectue une panenka, un tir en hauteur qui trompe le gardien breton. Cette prestation lui équivaut le surnom de « Monsieur panenka ». L’enfant du club qui a tout connu avec le RC Strasbourg s’offre le graal aux yeux des supporters. Le lendemain, la place Kléber est pleine de monde pour célébrer ce trophée qui relève d’un véritable miracle dans une période où le Paris SG s’approprie presque tout sur son passage.
Cette saison, Dimitri Liénard se montre moins étincelant que les autres saisons. Un constat que certains supporters n’hésitent pas à lui reprocher. Le milieu de terrain marque moins, seulement un but lors de l’exercice 2020-21. Son centième match en Ligue 1 face à Angers lui fait automatiquement passer un nouveau cap. Pour nous, il reste et restera dans l’histoire du club pour l’éternité, son empreinte est pour toujours gravée dans l’histoire du Racing.
Début 2021, Hélène Faust découvre dans le bulletin communal un projet de zone d’activités de la communauté de communes sur 10 hectares de ses terres céréalières à Hatten. L’agricultrice bio craint pour la pérennité de son exploitation et pour la survie de l’agriculture paysanne.
Depuis deux semaines, la ferme Faust produit un nouveau pain : le Résistant. L’agricultrice Hélène Faust et le maître-boulanger Daniel Hoeltzel se battent désormais pour la survie de leur exploitation à Hatten dans le nord de l’Alsace, avec l’amer sentiment d’être méprisés par les élus locaux.
En début d’année, le couple a découvert un projet de zone d’activité dans le bulletin de la communauté de communes de l’Outre-Forêt. Cette dernière envisage de modifier le Plan local d’urbanisme sur 54 hectares. Le projet, encore flou, pourrait permettre d’exproprier 10 hectares, soit un quart des terres céréalières en agriculture biologique de la ferme Faust.
Hélène Faust est agricultrice en bio. Son compagnon, Daniel Hoeltzel, est boulanger et transforme les céréales de sa femme en pain. Un projet de la communauté de communes de l’Outre-Foret menace une partie de leurs terres agricoles. (Photo Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg) Photo : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg
« À gauche, une zone d’activités de 58 hectares »
Mardi 15 février, vers 14 heures, Hélène Faust conduit un 4×4 Duster blanc direction Seltz. Elle sort de Hatten, passe le cimetière pour bientôt longer un bunker reconverti en musée de la ligne Maginot, puis une vaste zone industrielle. « À gauche, vous avez déjà 58 hectares occupés par des entreprises comme Portland, une scierie qui ne tourne plus, sauf pour stocker du bois, un hôtel d’entreprises jamais rempli… », souffle la femme au pull bleu sous un gilet sans manche rouge.
De l’autre côté de la route départementale 28, une zone d’activités de 58 hectares dans sa dernière phase d’expansion. Photo : Abdesslam Mirdass / Hans Lucas
La patronne de la ferme Faust tourne à droite et s’engage dans un chemin de terre boueux, au milieu de ses champs de sarrasins, d’épeautre, de seigle et autres amidonniers. Ici, les céréales sont cultivées sans pesticide ni insecticide depuis 2006.
Après avoir rencontré Daniel Hoeltzel en 2013, la ferme s’est mise à produire son propre pain, avec sa propre farine. Chaque semaine, 500 pains de campagne, au seigle et autre Waldstaugen Roggen sont vendus sur le marché de Soultz le vendredi, ou par l’Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP) Strasbourg Vosges le samedi.
Ici, Hélène Faust cultive en rotation du seigle, de l’épeautre, du sarrasin ou de l’amidonnier. Photo : Abdesslam Mirdass / Hans Lucas Ces dix hectares fournissent actuellement un supplément de récolte vendu aux moulins voisins. Photo : Abdesslam Mirdass / Hans Lucas Sans cet excédent, la ferme Faust est plus fragile en cas de « mauvaise année ». Photo : Abdesslam Mirdass / Hans Lucas
La crainte de travailler pour rembourser les dettes
Daniel arrive au volant d’une voiture grise. Hélène s’inquiète pour la batterie du véhicule, défectueuse les derniers temps. Le maître-boulanger de 53 ans décrit l’impact qu’aurait la perte de ces 10 hectares sur l’exploitation :
« Lors des bonnes années, c’est ce quart de nos champs qui nous fournit un surplus de céréales à vendre aux moulins. Si on enlève ces dix hectares, on perd cet excédent à vendre, qui est une garantie d’équilibre pour les mauvaises années. »
« Si on enlève ces dix hectares, on perd une garantie d’équilibre pour les mauvaises années. » Photo : Abdesslam Mirdass / Hans Lucas
« Perdre des terres, c’est aussi perdre des aides de la Politique Agricole Commune (PAC) », ajoute l’agricultrice. En 2019, le couple a pu se verser 20 000 euros de salaire. Avec 60 000 euros d’investissement à amortir la même année, l’exploitante issue de plusieurs générations d’agriculteurs craint de finir par « travailler pour rembourser les dettes, mais plus pour nos salaires. »
Jacky Amman, ses vaches en plein air, le besoin de terres
Une Peugeot Partner blanche sous les traces de boue arrive à proximité de la forêt classée Natura 2000. Jacky Amman sort de la voiture. Cet éleveur de vaches laitières et de 25 génisses aubracs fait aussi partie du collectif « Hatten demain », fondé en opposition au projet de zone d’activités. Il pourrait perdre 8 hectares, soit près de 10% de ses terres, utilisées comme pâturage pour ses bêtes ou pour cultiver la betterave :
« Pour moi l’avenir c’est de sortir les bêtes, donc j’ai besoin de ces terres. Si je perds ces 8 hectares, je vais devoir laisser la culture de betteraves, ou baisser ma production de lait, ou arrêter la production de viande… »
Jacky Amman craint de perdre 10% de la surface de son exploitation. Photo : Abdesslam Mirdass / Hans Lucas Jacky Amman : « Si je perds ces 8 hectares, je vais devoir laisser la culture de betteraves, ou baisser ma production de lait, ou arrêter la production de viande… » Photo : Abdesslam Mirdass / Hans Lucas Il élève des vaches laitières et 25 génisses Aubrac. Photo : Abdesslam Mirdass / Hans Lucas
Dernière phase d’expansion pour la zone d’activités d’en face
De l’autre côté de la route départementale D28, plusieurs énormes hangars de tôle grise accueillent les activités logistiques des entreprises allemandes Daimler et Striebig. Des pièces automobiles sont entreposées ici pour les usines de Mercedes à Rastatt, Woerth ou Gaggenau.
Au loin, à travers les centaines de mètres de grillage, des grues s’activent à la fabrication d’un cinquième entrepôt, « Hatten 5 ». Une barrière métallique barre l’accès d’une piste cyclable, récemment rachetée à la commune par Striebig.
Une habitante de Hatten sort de sa voiture, chien en laisse, pour rejoindre le parcours sportif dans la forêt voisine. Salariée de Striebig, elle rappelle les emplois créés par centaines grâce à cette zone d’activité entrée dans sa dernière phase d’expansion. Mais selon elle, « les habitants sont plutôt opposées à ce projet de nouvelle zone d’activité ». L’éleveur Jacky Amman évoque la crainte d’une hausse du trafic automobile dans le village, d’une perte de biodiversité et la défense des producteurs locaux.
Il ne reste plus qu’une minuscule parcelle de champs à côté de la zone d’activité. L’entrepôt Hatten 5 est en construction. (Photo Abdesslam Mirdass / Hans Lucas) Photo : Photo Abdesslam Mirdass / Hans Lucas L’entreprise Striebig a fait fermé une piste cyclable après l’avoir achetée à la commune.Photo : Abdesslam Mirdass / Hans Lucas
Après avoir exprimé sa colère, Jacky Amman est rattrapé par ses obligations. L’éleveur retourne chez lui pour nourrir ses vaches. À l’entrée du village vit un autre agriculteur aux terres concernées par ce projet de zone d’activités.
Bertrand Rott : « Si le projet se fait, je perds 13 hectares »
Bertrand Rott, 46 ans, élève une centaine de vaches allaitantes (elles produisent du lait et de la viande). Représentant de la commune pour le syndicat d’agriculteurs FDSEA, il pourrait perdre 13 hectares de prés, de champs de blé et de maïs. Contacté par téléphone, l’éleveur de viande en vente directe décrit l’impact du projet sur l’équilibre de son exploitation :
« Aujourd’hui, avec le prix du lait et de la viande qui stagnent et les charges qui augmentent, on peut mettre les fermes en difficultés en leur enlevant des terres. Si le projet se fait, je perds 13 hectares parce que je suis locataire. La perte de terres agricoles engendre une perte de revenus importantes car ce sont de bonnes terres, très proches. Ce sont les plus rentables parce qu’elles sont les plus proches de l’exploitations, ce qui permet d’épandre du lisier pour fertiliser la terre à moindre coût par rapport à des champs à 8 kilomètres. »
Également conseiller municipal de la commune de Hatten, Bertrand Rott a tenté de calmer la fronde naissante en organisant une réunion d’information avec le maire, plusieurs adjoints et un représentant de la chambre d’agriculture. Pour l’agriculteur, « on ne sait rien du tout pour l’instant. Ils veulent modifier le PLU pour convertir les champs en zone constructible. La Communauté de communes a sorti un plan trop précis et trop tôt. »
« On ne peut pas dire non à l’expropriation »
Fin 2020, entre Noël et Nouvel An, le bulletin de la communauté de communes de l’Outre-Forêt a fait état du projet de zone d’activités. Hatten pourrait profiter de sa proximité avec les « grands pôles d’activités que sont Strasbourg et Karlsruhe » pour répondre à une « fonction logistique qui tend à se développer et à rayonner Outre-Rhin dans un contexte de raréfaction de l’offre foncière. » Tout en insistant sur le flou du projet, Bertrand Rott se montre déjà pessimiste :
« Lors de la réunion d’information, le représentant de la chambre d’agriculture a dit qu’on ne peut pas dire non à l’expropriation, on peut simplement demander de la compensation, mais où trouver des terres agricoles ? »
Extrait du bulletin de la communauté de communes de l’Outre-Forêt concernant le projet de zone d’activités à Hatten. Photo : Document remis
Dans son dernier bulletin, la communauté de communes de l’Outre-Forêt semble déterminée. Les responsables politiques ont ainsi « rencontré trois acteurs privés spécialistes de la construction d’immobilier d’entreprises ». La collectivité promet même « une zone d’activités mixte (tertiaire, artisanale, industrielle) pour créer une diversité d’emplois et notamment des emplois à valeur ajoutée permettant de mieux maintenir les 25 – 40 ans dans le territoire. » Le vice-président en charge du développement à la communauté de communes, Olivier Thomassin, n’a pas donné suite à notre demande d’entretien.
Se diversifier, une nécessité pour Jacky Amman
Dans un premier bâtiment, Jacky Amman présente sa trentaine de vaches laitières. Tout en balayant un peu de foin, l’éleveur ressasse de mauvais souvenirs d’enfance. Il décrit cette scène qui l’a marqué lors de la crise de la vache folle en 1996, « un banquier et une comptable étaient dans la salle à manger avec mes parents. Ils avaient des dettes à rembourser. Ils travaillaient sans relâche mais ils ne pouvaient plus vendre leur viande. Ils étaient désespérés… »
Jacky Amman, dans son élevage. Photo : Abdesslam Mirdass / Hans LucasPhoto : Abdesslam Mirdass / Hans LucasPhoto : Abdesslam Mirdass / Hans Lucas
Aujourd’hui, Jacky Amman se félicite que sa femme ne travaille pas dans son exploitation : « On a bien besoin d’un revenu extérieur », affirme-t-il. Depuis cette crise de la vache folle, l’éleveur sait qu’il doit « éviter de mettre tous les œufs dans le même panier. » Mais la zone d’activités pourrait bien l’empêcher de maintenir une partie de ses champs en pâturage. Elle permet de produire une viande de génisses Aubrac vendue dans la boucherie du village.
Dorice Faust : « Tous les 20 ans on nous prend des terres »
De retour à la ferme Faust, la mère d’Hélène est sur le point de partir chez le dentiste. L’agricultrice à la retraite évoque un sentiment « d’être poursuivi » après une première perte de terres en 1980. Vingt ans plus tard, c’est au tour de Striebig de prendre possession de l’un de ses champs, compensés par des terres dans le village voisin. « C’est simple, tous les 20 ans on nous prend des terres. »
« La question est simple : est-ce qu’on laisse de la place pour les petites fermes en vente directe et qui maîtrise leur produit du début à la fin ? »
Hélène Faust, agricultrice bio à Hatten
Dans la cuisine, sur le plan de travail, une vingtaine de beignets recouverts de sucre sont posés à côté d’un bol de compote de pommes. Aujourd’hui, c’est mardi gras, Daniel Hoeltzel a régalé les enfants de l’école primaire.
Le père de famille fait visiter ses locaux de meunier et de maître-boulanger. Une délicieuse odeur de farine emplit une première pièce où se trouve un blutoir à farine. La machine en rotation permet de séparer la farine d’autres composants, comme le son. Dans la pièce d’à côté, un gigantesque four à tubes annulaires de 7 tonnes fonctionne aux granulés de bois. L’équipement, financé à 30% par la Région Grand Est, a été acheté en Moselle. « C’est la cohérence qu’on recherche », explique Daniel Hoeltzel.
Une délicieuse odeur de farine emplit une première pièce où se trouve un blutoir à farine. Photo : Abdesslam Mirdass / Hans Lucas un gigantesque four à tube annulaire de 7 tonnes fonctionne aux granulés de bois. Photo : Abdesslam Mirdass / Hans LucasPhoto : Abdesslam Mirdass / Hans Lucas
Hélène Faust rejoint bientôt son mari et partenaire d’exploitation. Elle est accompagnés de ses deux enfants, l’une déguisé en bohémienne, l’autre en boulanger. L’agricultrice veut croire dans un abandon du projet de zone d’activité grâce à une mobilisation de l’opinion publique :
« Je n’imagine pas cette zone énorme de 54 hectares bétonnée parce qu’il n’y a plus de place en Allemagne. Si moi je n’arrive pas à tenir, alors que j’ai là des conditions idéales pour mon exploitation bio, je ne vois pas ce qui peut rester de l’agriculture paysanne. La question est simple : est-ce qu’on laisse de la place pour les petites fermes en vente directe et qui maîtrisent leur produit du début à la fin ? »
La ferme Faust accueillera le marché bio de Steinseltz samedi 27 février dans le cadre d’une manifestation nationale du syndicat agricole Confédération paysanne. De quoi informer les habitants sur la menace qui plane sur les agriculteurs de Hatten. Le bulletin de la communauté de communes de l’Outre-Forêt affirme que « le positionnement de la Collectivité devrait intervenir au courant du premier trimestre 2021. »
Dans l’après-midi du samedi 20 février, plus d’une centaine de cyclistes ont participé à une « bike parade » le long du canal de la Bruche. L’organisateur a été interpellé par la gendarmerie et entendu pour manifestation non-déclarée. Le parquet doit décider des suites à donner à cette interpellation.
À l’heure du covid, l’insouciance est de courte durée. Samedi 20 février, à partir de 14 heures, une centaine de cyclistes ont participé à une « bike parade, » une techno-parade à vélo, partie de Strasbourg. Les nostalgiques de la fête ont roulé le long du canal de la Bruche, bière Meteor ou gobelet de gin tonic à la main, sous le soleil et le ciel bleu.
Dans une remorque, Dimitri Rossi traine 130 kilos d’enceintes qui chantent une house douce. Mais peu après 16 heures, il est arrêté par les gendarmes et conduit à Wolfisheim pour « manifestation non-déclarée ».
Sur une remorque, 130 kilos de son. Le matériel n’a pas été saisi par la gendarmerie. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg
Cyclistes et gendarmes, jeu du chat et de la souris
Aucun autre participant n’a été verbalisé ou arrêté. Une déception sur tous les visages : celle de ne jamais avoir pu danser plus d’un quart d’heure de suite sans voir arriver les gendarmes. Suite à la seconde pause de la manifestation, sur une prairie à côté d’un champ, les gendarmes décident de suivre les cyclistes sur la piste cyclable, en voiture. C’est sur le chemin du retour que l’organisateur de la parade est interpellé. Il sortira de la gendarmerie deux heures plus tard, sans trop savoir ce qui l’attend :
« J’ai été interpellé pour manifestation non-déclarée, parce qu’on n’avait pas demandé à manifester dans la zone de Wolfisheim / Oberschaeffolsheim. Je suis sorti à 18 heures avec le matériel. Là je suis en attente de ma sentence. Je n’ai pas de date d’audience. J’ai juste fait une déposition et je suis sorti sans document. »
Une seule déception sur tous les visages : celle de ne jamais avoir pu danser plus d’un quart d’heure de suite sans voir arriver les gendarmes. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg
La bike parade était interdite
Après avoir demandé une autorisation de manifester, Dimitri Rossi a reçu un récépissé de la préfecture, dans la matinée du vendredi 19 février. Un document que le musicien a pris pour une autorisation. Ce membre du collectif Bike’n’Sound ne consulte plus ses mails et passe à côté d’un autre courrier de la préfecture, un arrêté d’interdiction cette fois de la manifestation sur la voie publique à Strasbourg, envoyé le même jour en soirée.
Dans son argumentaire, la préfecture considère « que lors d’un événement similaire qui s’est tenu le 9 janvier dernier sans déclaration, événement organisé par le même déclarant que la manifestation du 20 février 2021 objet du présent arrêté, 107 cyclistes se sont retrouvés dans le parc de l’Orangerie pour y organiser une techno parade sans aucun respect des mesures sanitaires qui s’imposent. »
« Je ne sais pas du tout à quelle sauce je vais être mangé », s’inquiète le Strasbourgeois de 32 ans, qui n’envisage plus de bike parade avant la fin de la pandémie. Le procureur doit maintenant décider d’une éventuelle poursuite à l’encontre de l’organisateur. Contacté, le parquet n’a pas donné suite à notre appel.
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Mike Messager, l’un des organisateurs des manifestations siglées « citoyens en colère », notamment contre la loi de « sécurité globale », a été arrêté vendredi soir, avant la manifestation de samedi.
Mike Messager se savait « surveillé par les policiers ». Mais pourquoi ? Organisateur depuis novembre d’une bonne partie des manifestations contre le projet de loi de « sécurité globale », il a été arrêté par la police nationale vendredi 19 février vers 19h, place du Temple-Neuf à Strasbourg alors qu’il accueillait des participants à la manifestation qu’il organisait le lendemain.
Cuisinier sans emploi de 26 ans, il a été accusé de provocation à la violence contre personnes dépositaires de l’autorité publique et de provocation à la violence contre les institutions européennes. Mike Messager a été placé en garde à vue pendant près de 48 heures. Il n’est ressorti de l’Hôtel de police que dimanche 21 février, vers 17 heures.
Mike Messager lors d’une manifestation contre la loi de « sécurité globale » Photo : doc remis
« Les motifs de l’arrestation, les policiers s’en foutaient »
« J’ai demandé aux policiers pourquoi ils m’arrêtaient, ils ne m’ont pas vraiment répondu. Ils sont restés silencieux sur les motifs mais je voyais bien qu’ils jubilaient. En fait, les motifs, ils s’en foutaient. L’objectif était de m’arrêter pour réduire la participation à la manifestation et ça a très bien fonctionné, puisque beaucoup de personnes n’ont pas défilé. »
Contactée, la police nationale a renvoyé vers la préfecture, qui a renvoyé vers le Parquet, qui a refusé de répondre à nos questions, dans un ballet des pouvoirs publics désormais bien rôdé. On ne saura donc pas quelle est l’institution à l’origine de la procédure contre Mike Messager, lequel est néanmoins renvoyé devant le tribunal correctionnel le 10 mai.
Entre 200 et 400 personnes ont participé à la manifestation samedi, et autant de policiers Photo : Mathilde Cybulski Entre 200 et 400 personnes ont participé à la manifestation samedi, et autant de policiers Photo : Mathilde Cybulski Entre 200 et 400 personnes ont participé à la manifestation samedi, et autant de policiers Photo : Mathilde Cybulski Entre 200 et 400 personnes ont participé à la manifestation samedi, et autant de policiers Photo : Mathilde Cybulski Entre 200 et 400 personnes ont participé à la manifestation samedi, et autant de policiers Photo : Mathilde Cybulski Entre 200 et 400 personnes ont participé à la manifestation samedi, et autant de policiers Photo : Mathilde Cybulski Entre 200 et 400 personnes ont participé à la manifestation samedi, et autant de policiers Photo : Mathilde Cybulski Entre 200 et 400 personnes ont participé à la manifestation samedi, et autant de policiers Photo : Mathilde Cybulski Entre 200 et 400 personnes ont participé à la manifestation samedi, et autant de policiers Photo : Mathilde Cybulski Entre 200 et 400 personnes ont participé à la manifestation samedi, et autant de policiers Photo : Mathilde Cybulski Entre 200 et 400 personnes ont participé à la manifestation samedi, et autant de policiers Photo : Mathilde Cybulski Entre 200 et 400 personnes ont participé à la manifestation samedi, et autant de policiers Photo : Mathilde Cybulski Entre 200 et 400 personnes ont participé à la manifestation samedi, et autant de policiers Photo : Mathilde Cybulski Entre 200 et 400 personnes ont participé à la manifestation samedi, et autant de policiers Photo : Mathilde Cybulski
« On veut juste pouvoir vivre décemment »
Pour Mike Messager, cette interpellation vient souligner ce qu’il contribue à dénoncer semaine après semaine dans les manifestations auxquelles il participe ou qu’il organise :
« On voit bien comment s’active la répression, alors qu’on ne demande pas grand chose, juste de pouvoir vivre décemment. Si je me suis engagé dans ces protestations, c’est parce que je vois ma famille galérer pour nourrir les enfants à partir de la moitié du mois. On n’en peut plus de ces restrictions, on crève ! C’est ça qui me donne la hargne. »
Est-ce cette hargne qui a fini par faire peur aux autorités ? Parmi les rangs de ces manifestations, les groupes antifascistes et anarchistes ont été nombreux et remarqués. Leur présence et leur existence est connue pour hérisser les autorités, promptes à voir une menace existentielle sous chaque capuche noire. L’intensité est d’ailleurs montée d’un cran avec la découverte samedi d’un engin incendiaire à proximité du trajet de la manifestation selon les Dernières nouvelles d’Alsace.
Ciblé comme anarchiste, poursuivi comme récidiviste
Selon Mike Messager, les policiers seraient prêts à lui incomber la responsabilité de l’engin incendiaire. Il admet qu’il va devoir se mettre en retrait. Sous le coup d’une procédure qui peut lui coûter jusqu’à 5 ans de prison et 45 000€ d’amende, il avoue :
« J’ai déjà payé très cher une accusation à laquelle j’étais étranger, donc les injustices, j’ai déjà donné. Je n’ai pas le choix et j’ai aussi un peu peur, je vais devoir arrêter de mobiliser contre les lois liberticides du gouvernement. D’autres vont devoir prendre le relais. »
En 2018, Mike Messager a été accusé de participer à un « home jacking ». Incarcéré en détention provisoire, il a été relaxé en appel sur les faits d’extorsion mais condamné sur des violences afin de couvrir la durée de sa détention provisoire. Cette condamnation antérieure risque de lui faire payer cher son engagement militant d’aujourd’hui.
Un appel à projets proposant la création de nouvelles places d’hébergement est présenté lundi au conseil municipal. En outre, les conditions d’accès à l’aide sociale communale vont être revues.
Après la création de 100 places d’hébergement en novembre 2020, Jeanne Barseghian, la maire (EELV) de Strasbourg, lance un appel à projets pour doubler ce chiffre lors du conseil municipal du lundi 22 février (à suivre en direct). La maire espère que cette mesure sera votée dès le mois de juin par le conseil municipal.
Pour les couples et les personnes isolées
Ces places d’hébergement seront destinées aux couples avec ou sans enfant mais surtout aux personnes isolées. Ces logements sociaux et privés « ne sont pas seulement des hébergements d’urgence. Notre but est de garantir un droit à la ville et une habitation à tout monde », a précisé mercredi 17 février Floriane Varieras, adjointe en charge de la ville inclusive lors d’une conférence de presse.
« Le centre communal d’action sociale a lui aussi créé 70 places d’hébergement dans le cadre du dispositif “logement d’abord” fin janvier pour soutenir notre projet », précise Floriane Varieras. Ce dispositif permet de donner un toit aux personnes en situation précaire mais aussi de les aider à intégrer le monde du travail grâce au soutien d’un éducateur social.
Cette nouvelle étape rapproche un peu plus la maire Jeanne Barseghian de son objectif de créer 500 places d’hébergement, une promesse de sa campagne électorale en 2020.
En février 2016, une manifestation pour le développement de l’hébergement d’urgence avait réuni plusieurs milliers de personnes à Strasbourg Photo : archives Rue89 Strasbourg
« Strasbourg hospitalière »… si l’État le veut bien
La Ville de Strasbourg avait mis à disposition, sur réquisition de la préfecture du Bas-Rhin, 40 places d’hébergement d’urgence dans le gymnase Branly jeudi 9 février, avec l’activation du niveau 2 du plan hivernal (plan grand froid). En raison des hausses de températures, ce lieu a de nouveau été fermé aux SDF mercredi 17 février, au grand dam des acteurs de l’urgence sociale.
Mercredi, Jeanne Barseghian promettait de demander à l’État le maintien de l’ouverture de ce gymnase pour les SDF, en attendant « une solution sur le long terme. » La préfecture n’a pas répondu favorablement à cette demande.
1 million d’euros d’aide sociale supplémentaire
Jeanne Barseghian, souhaite aussi augmenter le budget primitif d’un million d’euros pour fournir une aide sociale plus importante aux ménages strasbourgeois. Cette enveloppe, qui sera votée fin mars, permettra notamment de financer des aides alimentaires et de permettre aux personnes les plus précaires de « payer leurs factures. »
Cette somme supplémentaire participera à l’augmentation de l’aide sociale communale, fournie par la Ville de Strasbourg aux ménages en situation de précarité. Le montant total de cette aide s’élève à 1,3 million d’euros.
« Nous souhaitons aussi redéfinir les critères donnant droit à cette aide sociale communale pour qu’elle soit accessible à un plus grand nombre de personnes », précise Floriane Varieras. Une décision qui répond à « l’augmentation de la précarité dans la ville et aux besoins actuels » selon Jeanne Barseghian :
« Notre but, avec ces projets, est d’anticiper les besoins et de se dégager une marche de manœuvre pour éviter de reproduire la situation dans laquelle nous étions l’an passé et, où, nous avions dû agir au fur et à mesure face à l’augmentation de la précarité. C’est cette souplesse d’action qui fait de Strasbourg une ville hospitalière ».
Le contrat triennal et les spectacles d’illuminations de l’été sont au programme de la séance du conseil municipal de ce lundi 22 février. À suivre en direct et avec nos commentaires à partir de 10h.
Il revient tous les trois ans et il débloque des dizaines de millions d’euros : c’est le contrat triennal. Cette spécificité strasbourgeoise vise à « conforter la dimension européenne de la ville ». Concrètement, il finance des baisses de taxes à l’aéroport et des lignes de trains et de trams. À la table des négociations : le gouvernement, la Région, le Département devenu Collectivité européenne d’Alsace, et bien sûr la Ville et l’Eurométropole.
Dans un contexte européen particulier, où les sessions plénières du Parlement ne se tiennent plus à Strasbourg depuis un an, le contrat triennal est encore plus attendu que d’habitude. Premier dossier d’ampleur sur l’Europe pour la nouvelle majorité, ce sera d’ailleurs le point n°1 de la séance. En septembre, le secrétaire d’État aux affaires européennes Clément Beaune avait déjà tenté d’accélérer les négociations autour du contrat triennal, mais celles-ci s’étirent dans le temps. La maire Jeanne Barseghian (EELV) souhaite néanmoins soumettre les « grandes orientations » au vote de son assemblée, avant les ultimes arbitrages. C’est une petite différence par rapport aux mandats de Roland Ries où seule la version finale était adoptée.
Comme lors des contrats précédents, plusieurs paragraphes évoquent le « rayonnement » de la ville dans « l’enseignement supérieur, la recherche, l’innovation, le domaine de la culture et la promotion de la démocratie et des droits humains », sans lister toutefois de projet précis. Parmi les nouveautés, les collectivités veulent se donner un peu de flexibilité en réservant des fonds à des « initiatives » qui n’existent pas encore au moment de la signature du contrat, mais qui feront l’objet d’appels à projets.
Enfin, « une structure permanente » sera fondée pour assurer « une meilleure efficacité » de cet ensemble de grandes dépenses. Pour renouveler la stratégie européenne, Jeanne Barseghian compte s’appuyer sur les associations et mouvements pro-europe à Strasbourg. Un projet rendu pour l’instant compliqué en raison de la pandémie et de l’impossibilité d’organiser des rassemblements.
Julia Dumay est l’adjointe en charge des relations européennes et transfrontalières. Mais le dossier est suivi personnellement par Jeanne Barseghian, dont ce sont aussi les fonctions à l’Eurométropole. Photo : Abdesslam Mirdass / Studio Hans Lucas
Un consensus piégeux
Le sujet de la vocation européenne de Strasbourg est consensuel, mais il est paradoxalement piégeux. Si les oppositions critiquent trop fort la majorité, elles peuvent donner le sentiment de tirer contre leur propre ville. Surtout que leurs élus sont liés aux autres parties prenantes du contrat triennal. Les élus LREM soutiennent le gouvernement, tandis que chez « Les Républicains », on retrouve des élus de la Collectivité européenne d’Alsace ou de la Région Grand Est. L’unité, du moins en façade, est donc requise. Mais on a vu en septembre lors de la polémique du « prix » de la démocratie, qu’elle pouvait vite exploser. Ce sont finalement les socialistes qui auront le plus de liberté de parole.
Le contrat 2018-2020 avait réuni 185 millions d’euros. Le montant pour 2021-2023, « égal ou supérieur » selon la délibération, devrait être connu dans les prochains mois.
Quels spectacles cet été ?
L’autre gros sujet (le point n°15 des débats) concerne les spectacles d’été. La question a créée une petite polémique la semaine dernière. Pour la première fois en effet, la municipalité lance un marché pour que plusieurs prestataires se chargent d’animer les parcs des Deux-Rives, de la Citadelle, de l’Orangerie et le PNU Koenigshoffen-Elsau-Montagne Verte, ainsi que quatre places : la façade ouest de la Cathédrale place du Château, la place Kléber, celle de l’Université et les quais des Bateliers (2 places et 2 parcs au maximum par prestataire).
Pour la majorité, c’est une manière de « renouveler » cette offre événementielle et d’éviter de grands rassemblements sur un lieu unique dans le contexte sanitaire. Pour l’opposant Alain Fontanel (LREM), c’est la garantie que « le grand spectacle d’été ne reviendra plus pendant six ans », a-t-il attaqué sur Facebook. Ce que Jeanne Barseghian conteste :
« Le cahier des charges n’est pas encore terminé et il y aura plus tard d’autres marchés événementiels qui seront votés, dont les illuminations pourraient faire partie ».
Avant, il y avait un marché spécifique à hauteur de 800 000 euros (dont 320 000 euros de mécénat d’entreprises, même s’il s’agissait en partie de sociétés détenues par l’Eurométropole) pour le spectacle de la cathédrale. Le budget pour les huit lieux est de 708 000 euros. En 2018, ces illuminations s’étaient aussi réparties en trois lieux, mais ce triptyque n’avait pas été reconduit les années suivantes.
En fin de séance, les trois interpellations de l’opposition viendront uniquement du groupe LREM. C’est la première fois depuis l’arrivée des écologistes aux commandes en juillet, que le groupe « Les Républicains » ne dépose pas un texte. Manœuvre qui leur permet habituellement de choisir leurs sujets de prédilection. Le début d’année 2021 marque une sorte d’inversion des rôles entre les deux partis : LREM qui attaque tous azimuts sur tous les sujets ou presque, là où « Les Républicains » choisissent davantage leurs thèmes.
À suivre en direct à partir 10h avec nos commentaires.
Les unités de production de méthane se multiplient en Alsace. Le rachat à prix avantageux du gaz produit à partir des bouses de vache offre un complément de revenus aux agriculteurs. Est-ce que cette énergie renouvelable est pour autant propre ? C’est une autre question.
Inauguré en septembre 2016, le chemin des châteaux fort d’Alsace a été numérisé. Le site de l’association de châteaux forts d’Alsace met à disposition des fichiers pour suivre les trajets des 26 étapes du chemin par GPS.
Le chemin des châteaux forts d’Alsace traverse le Bas-Rhin et le Haut-Rhin selon un axe nord-sud. Il permet de découvrir plus de 80 châteaux d’Alsace, selon un parcours de 26 étapes et 450 kilomètres. Ce parcours a été numérisé par Laurence Rasseneur, maître de conférences à la faculté des Sciences du Sport de l’Université de Strasbourg, qui a parcouru toutes les étapes pour que ces trajets puissent être suivis sur un GPS. Les fichiers de chaque étape sont tous téléchargeables gratuitement sur le site du chemin des châteaux forts d’Alsace.
Le château du Geroldseck près de Saverne Photo : Laurence Zinck / Association des châteaux forts d’Alsace / doc remis
Un long chemin de randonnées
À l’image d’autres parcours en France, tel que le parcours des châteaux du pays Cathare, l’objectif est de permettre aux randonneurs de découvrir facilement plusieurs sites historiques alsaciens.
Le parcours commence dans le nord du Bas-Rhin, à Wissembourg, et se termine dans le sud du Haut-Rhin, à Thann. Il a été réalisé en collaboration avec le Club Vosgien. La toute première étape a été inaugurée en juillet 2015 au pied du Mont Saint-Odile.
Château du Hugstein à Buhl Photo : Françoise Maurer / Association des châteaux forts d’Alsace / remise
Créé par des bénévoles, qui ont notamment posé les 1 500 panneaux directionnels nécessaires au parcours, le reste des frais ont été financés par 80 000€ de subventions de l’État et des collectivités locales. Pour l’association des châteaux forts d’Alsace, le parcours pourrait devenir aussi célèbre que la Route de vins d’Alsace.
La plupart des étapes prennent 3 ou 4 heures, mais peuvent aller de 2h20 (pour la plus courte) à 7h50 (pour la plus longue).