Le groupe Unilever a choisi de fermer le site de production de soupes Knorr à Duppigheim. L’annonce a surpris les quelques 260 salariés présents sur le site, dont les emplois pourraient être supprimés.
C’est parti pour d’âpres négociations autour d’un plan social… Les 261 salariés de Knorr à Duppigheim ont appris jeudi matin que leur site de production de soupes serait très prochainement fermé. L’annonce de la cessation d’activité est venue du groupe propriétaire de la marque, l’américain Unilever lors d’une réunion du comité social et économique du site.
Olivier Dietrich, délégué syndical de la CFTC, détaille :
« On avait une réunion prévue avec la direction et c’est là qu’ils nous ont annoncé la cessation d’activité. On n’avait eu aucun élément antérieur laissant anticiper une telle décision. Désormais, nous voilà engagés dans un plan social. Les négociations vont commencer en avril. »
Les deux sites de production, éléments déshydratés (soupes en sachet) et éléments aseptiques (liquides et soupes en briques) sont concernés. Plus de 44 000 tonnes annuelles de soupes y étaient produites. La date effective de la cessation d’activité n’a pas été communiquée par la direction aux syndicats. C’est une baisse du « marché européen des soupes » qui a été avancée lors d’une réunion ce jeudi matin, comme l’explique Martial Schwartz, de Force ouvrière :
« On est dégoûtés parce qu’on a bien vu qu’il y avait des erreurs de gestion. Du côté des salariés, on a su s’adapter, se former, rester polyvalents… Il y a eu beaucoup d’efforts pour voir cette usine fermée au final… Et on nous parle du Covid, mais il a bon dos le virus ! »
Selon la direction, le marché des soupes a connu une baisse de 26% en volume entre 2012 et 2019, -23% pour Unilever France entre 2016 et 2020. Pour Unilever, l’outil industriel à Duppigheim n’est plus utilisé qu’à 40% de ses capacités.
Unilever a identifié 70 postes au sein des autres usines du groupe pour reclasser une partie du personnel au sein des usines d’Unilever de l’Est de la France. Le groupe a annoncé étudier des options pour reclasser le site, si possible avant la fin de l’année 2021.
Un site déjà malmené en 2014
En 2014 déjà, les salariés s’étaient mobilisés contre la direction générale du groupe pour éviter un transfert du site vers l’Allemagne lors d’une restructuration à l’échelle européenne. Ils avaient cependant dû accepter une fusion des deux sites de production, et la suppression de 31 emplois.
L’usine produit des soupes déshydratées et liquides de marque Knorr, mais aussi des produits de la gamme Maïzena. En 2019, Knorr avait produit un reportage publicitaire sur l’intérieur de l’usine de Duppigheim :
Le groupe Unilever en France emploie 869 personnes en 2019 dans six sites : outre Duppigheim, il est présent à Chevigny-Saint-Sauveur (Côte-d’Or), Le Meux (Oise), Ludres (Meurthe-et-Moselle), Saint-Dizier (Haute-Marne) et le siège social est à Rueil Malmaison. Le chiffre d’affaires de la filiale française était de 2,2 milliards d’euros en 2019. Parmi les marques du groupe, citons Magnum, Carte d’Or, Ben & Jerry’s, Cornetto, Lipton, Elephant, Pure Leaf, Pukka, Knorr, Amora, Maille, Maïzena, Viennetta, Dove, Signal, Monsavon, Timotei, Zendium, Axe, Brut, Rexona, Williams, Sun, Skip, Omo, Persil…
Élu incontournable de la Meinau et vice-président au sein de la Collectivité européenne d’Alsace (sollicitée pour participer au financement de la mosquée Eyyub Sultan), Jean-Philippe Maurer ne s’est pas exprimé en séance et n’a pas suivi le reste de son groupe lors du vote du 22 mars. Conscient du caractère sensible du sujet, il estime qu’il fallait suspendre la décision, le temps de procéder aux vérifications du plan de financement demandées par plusieurs formations du conseil municipal.
Élu de la Meinau, l’opposant Jean-Philippe Maurer (LR) n’a pas pris la parole lors du long débat, près de 2 heures, sur le financement contesté de la mosquée Eyyub Sultan à la Meinau. Il a laissé son président de groupe, Jean-Philippe Vetter, et le conseiller régional Pascal Mangin, concentrer les interventions pour le parti de droite.
Puis, lors du vote, il n’a pas suivi ses quatre homologues de chez « Les Républicains » qui ont voté « contre » cette délibération jugée « complètement incomplète » et qui demande « un travail pour s’assurer d’un principe de séparation du politique et du religieux », selon Jean-Philippe Vetter. Comme les élus LREM et socialistes, Jean-Philippe Maurer n’a pas « pris part au vote » et n’a donc pas touché à son boîtier le moment venu. Son nom n’est donc pas apparu sur le tableau récapitulatif des votes. Mathématiquement, cette posture revient à une abstention, mais symboliquement c’est une manière de désapprouver le fait qu’un texte soit soumis aux 65 élus et élues. « Je me retrouvais dans la position exprimée par d’autres groupes, qui proposaient de retirer la délibération le temps de procéder à des vérifications du plan de financement », indique-t-il à Rue89 Strasbourg.
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Vincent, Marine, Joni… Ils sont plus de 140 000 jeunes en 2019 à avoir réalisé une mission de Service Civique en France. Parmi eux, on compte 33% d’étudiants diplômés. Pour 580 euros par mois, ces jeunes se retrouvent à des postes importants et exigeants. Des conditions précaires, qu’ils qualifient « d’expérience » et « d’opportunité », faute de mieux. Témoignages d’une jeunesse fataliste.
Nicolas a 25 ans.Après un DUT info-com et une année d’Erasmus en Allemagne, il intègre à l’automne 2019 l’équipe de la galerie d’art contemporain Stadtgalerie de Sarrebruck. « Mon travail, c’était de monter des projets, parfois binationaux, et de gérer les réseaux sociaux. C’était très complet et chargé. Les semaines où je ne pouvais pas être là, ils avaient besoin de moi car ils étaient incapables de le faire » raconte le jeune homme. « J’avais presque une position de salarié au sein de l’équipe. » Mais Nicolas n’était pas salarié, ni en CDD, ni en CDI. Il était engagé dans une mission de Service Civique, pour 12 mois.
Des jeunes diplômés en responsabilités…
Après une licence en Humanités à l’Université de Strasbourg, et pendant la rédaction de son mémoire de Master 2 d’écologie, Joni, 25 ans, cherche une occupation. À la rentrée 2019, une connaissance lui propose un Service Civique dans une école primaire. Le jeune étudiant accepte, d’autant plus qu’il a déjà gardé des enfants auparavant, et a travaillé dans l’animation. Il se souvient : « La directrice de l’école me disait qu’elle avait besoin de quelqu’un tout le temps, au moment de la cantine et de la garderie du soir, ou pour faire de l’administratif ».Ses missions correspondent en réalité au travail d’un assistant maternelle.
Marine, 24 ans, a effectué un Service Civique à l’école maternelle Albert-le-Grand à Strasbourg (Photo CB / Rue89 Strasbourg).
Même chose pour Marine, 24 ans et une licence de psychologie en poche. En 2019, elle décide elle aussi de réaliser un Service Civique dans l’Éducation nationale, à l’école élémentaire Albert-le-Grand, dans le quartier du Neudorf à Strasbourg. Elle explique : « Tu n’as pas le droit de faire les tâches des employés, tu es juste une personne de plus, pour mieux encadrer les enfants. Soit tu es avec eux, soit tu fais de l’administratif. » Avant le début de sa mission, elle travaillait déjà comme vacataire dans le périscolaire. Son volontariat et son emploi sont donc deux postes très similaires.
Vincent, lui, est « volontaire » au Mémorial de l’Alsace-Moselle à Schirmeck depuis octobre 2020. Après une licence professionnelle en tourisme, le jeune homme enjoué de 23 ans y effectue d’abord un stage, à l’issue duquel on lui propose une mission de Service Civique : « Je fais un boulot de médiateur culturel, j’occupe un poste vraiment défini » précise-t-il.
Vincent réalise une mission de Service Civique à l’accueil du Mémorial d’Alsace-Moselle, à Schirmeck, depuis octobre 2020 (document remis).
… pour des missions censées « ne pas être indispensables »
Pourtant, parmi les huit principes fondamentaux du Service Civique, le cinquième établit que les missions « ne peuvent être indispensables au bon fonctionnement habituel des organismes ». Mis en place avec la loi du 10 mars 2010 par Martin Hirsch, le Service Civique offre une « opportunité de servir les valeurs de la République » en s’engageant « en faveur d’un projet collectif en effectuant une mission d’intérêt général […] auprès d’une personne morale agréée ». Pour accéder aux missions, aucune condition de diplôme : il faut juste avoir entre 16 et 25 ans (30 ans pour les jeunes en situation de handicap).
Sur son site web, l’agence du Service Civique dit vouloir également « valoriser les acquis professionnels des volontaires ». Ces derniers doivent être accompagnés par un tuteur, et bénéficient normalement de journées de formation. D’après le texte de loi relatif à ce dispositif : à la fin de la mission, sont évaluées « les aptitudes, les connaissances et les compétences acquises pendant la durée du Service Civique. »
L’attestation du Service Civique de Joni, effectué dans une école primaire de Strasbourg, où il remplissait les missions d’un assistant maternel (document remis).
Avec des missions dont la durée varie entre 6 et 12 mois, pour 24 à 40 heures de travail hebdomadaire, l’indemnité proposée aux « volontaires » (terme employé dans le dispositif pour désigner les jeunes) est payée par l’État et se chiffre à 473,04 €. Elle est ensuite complétée par un apport de 107,58 € minimum par la structure encadrante. Cet apport peut être versé en argent ou en nature, et est indépendant du nombre d’heures effectuées. Joni, Marine et Vincent percevaient donc 580,62 € par mois.
Nicolas lui, dans le cadre de la mission franco-allemande, bénéficiait d’une rallonge de 100 € – un total donc d’environ 680 € : « Ça allait, j’avais déjà un peu d’argent de côté, je m’en sortais assez bien », tient à préciser Nicolas.
Une « carte du volontaire » est donnée aux jeunes en Service Civique : elle leur donne les mêmes avantages que la carte étudiante (document remis).
Selon l’INSEE, le seuil de pauvreté en France est fixé à 1 041 € par mois. Quasiment deux fois plus donc que l’indemnité donnée aux « volontaires » pour leur temps. Les bénéficiaires du RSA, eux, s’ils effectuent une missionde service civique, voient leur indemnité augmentée de 107,68 € mensuels. Un volontaire en Service Civique, bénéficiaire du RSA, perçoit donc 688,30 €, soit 124,30 € de plus que le RSA seul.
Pendant la période de la mission, les indemnités chômage sont par ailleurs suspendues. Un Service Civique n’ouvre pas de droit au chômage, car le « volontaire » ne « travaille » pas : il « effectue une mission » régie par le Code du Service National, et non par le Code du travail. Dans la synthèse de la consultation citoyenne de 2020 élaborée à l’occasion des 10 ans du Service Civique, les volontaires demandent justement à ce que les missions ouvrent à posteriori le droit à l’indemnisation du chômage. Une autre proposition est la possibilité de créer un CDD après la mission : pour l’instant, c’est impossible.
Si le Service Civique « doit constituer une étape de vie » (comme l’indique son site internet), il revient surtout pour ces diplômés à accepter un statut précaire et une rémunération très en-dessous des normes salariales.
À Schirmeck, Vincent crée un jeu pour le Mémorial, lors de ses heures de volontariat (document remis).
Des jeunes reconnaissants, faute de mieux
« Quand on s’inscrit à un Service Civique, on sait directement qu’on ne vient pas pour l’argent mais pour les compétences. On le sait à l’avance, on ne nous le cache pas » relativise Nicolas. Marine, elle, a cumulé son Service Civique dans l’Éducation nationale (un contrat de 24 heures par semaine), avec un poste de vacataire dans le périscolaire. Le cumul de ses deux activités, revenant environ à 35 heures hebdomadaires, lui suffisait également pour subvenir à ses besoins : « Quand on a choisi, c’est difficile de se plaindre, » confie Joni, sur la même longueur d’ondes que ses « collègues ».
Lorsqu’il consulte les missions de Service Civique offertes dans le Bas-Rhin, Joni cherche au début à intégrer une association. Mais il ne trouve alors que des contrats de 35 heures : « Pour moi, ce n’était pas normal, ni possible de faire un temps plein, payé la moitié du prix ». Il trouve au final une mission de 24 heures par semaine, plus acceptable selon le jeune homme.
Vincent quant à lui, bénéficie en principe également d’une indemnité de 580,62 € par mois, de laquelle est déduite environ 80 € de tickets-restaurant. La structure prend également en charge la moitié de son abonnement de transport – trois heures par jour pour effectuer l’aller retour entre Strasbourg et Schirmeck : « J’ai la chance qu’ils me prennent après mon stage, donc je ne vais pas cracher dessus. Vu l’état du tourisme actuel, c’est une bonne expérience » explique-t-il. Soutenu par ses parents et par sa compagne, Vincent dit ne pas avoir vécu de précarité.
Une « chance », une « opportunité », une « expérience »… ou un choix par défaut ?
Malgré une indemnité dérisoire, des charges de travail importantes et de réelles responsabilités professionnelles, aucun des jeunes interrogés par Rue89 Strasbourg n’a semblé critique du Service Civique. Au contraire. C’est comme s’ils le défendait.
Les termes d’ »opportunité », d’ »expérience », ou de « chance » reviennent d’ailleurs souvent pendant les entretiens : « Après une licence de psycho, tu ne peux rien faire », témoigne ainsi Marine qui parle « d’opportunité. » La jeune femme raconte même avoir pris conscience de son désir de travailler dans l’enseignement grâce à son Service Civique, et a décidé de se réorienter.
Nicolas à la Stadtgalerie de Sarrebruck, galerie d’art contemporain, où il a effectué son service civique de 12 mois en 2019-2020 (document remis).
Si Marine a choisi le Service Civique parce qu’elle « saturait » des études et du manque de débouchés pratiques, Nicolas parle lui de « réalisme ». Intégrer le monde professionnel sans expérience lui semblait impossible. Dans le milieu culturel, « les places sont chères » lâche-t-il. « Pour moi c’était une chance incroyable, utiliser le Service Civique pour rentrer par la petite porte, mais rentrer quand même. »
Joni quant à lui explique avoir effectué un Service Civique car « l’opportunité » se présentait. Fatigué et lassé après deux ans de petits boulots dans la restauration, le jeune étudiant en écologie était soulagé de découvrir un nouvel environnement professionnel. Il avait aussi besoin d’une source de revenus. « En tant qu’étudiant je ne pouvais pas toucher le chômage, et je me cherchais aussi une occupation ».
C’est donc parfois par peur de ne rien faire que certains jeunes optent pour un Service Civique après leur diplôme. Parce que le marché du travail leur semble saturé, ou parce qu’ils ne savent pas où, ni comment chercher, ni finalement combien leurs compétences peuvent leur rapporter.
Pour Vincent : « C’est surtout mes parents qui m’ont poussé. Maintenant que le Service Civique se termine, ma mère me dit d’aller cueillir des asperges pour que je m’occupe » plaisante-t-il. Mais c’est uniquement en attendant que la saison touristique reprenne, précise le jeune homme : « Pendant mon Service Civique, j’ai aussi monté ma boîte et je suis à présent guide touristique, auto-entrepreneur. »
Samedi 27 mars, une manifestation à vélo descendra la route de Bischwiller pour dénoncer le manque de pistes cyclables. Depuis 2019, le collectif Vélorution demande aux élus d’adapter les axes routiers aux besoins des cyclistes dans le nord de l’Eurométropole de Strasbourg.
Le collectif Vélorution, qui regroupe plusieurs associations de cyclistes, appelle les Strasbourgeois à manifester à vélo samedi 27 mars. Le cortège, qui partira à 14 heures de la place Haguenau, descendra la route de Bischwiller sur cinq kilomètres. Les manifestants s’arrêteront devant les mairies de Schiltigheim, Bischheim et Hœnheim où le collectif Vélorution proposera « différentes actions pour interpeller les élus » sur le manque de pistes cyclables dans le nord de l’Eurométropole de Strasbourg.
Plusieurs associations strasbourgeoises ont apporté leur soutien à cette manifestation. La Schilyclette, l’association Citoyens pour le climat, le groupe local Greenpeace Strasbourg, les A’Cro du vélo et d’autres seront au rendez-vous.
Trajet de la manifestation du collectif vélorution du samedi 27 mars. Photo : Document remis
La route de Bischwiller : « un axe hostile »
Lors de cette nouvelle manifestation, le collectif Vélorution souhaite apporter « joie et festivité » sur la route de Bischwiller, une voie jugée « hostile aux cyclistes ». Cet axe est uniquement dédié aux véhicules motorisés et ne possède aucune voie réservée aux utilisateurs de bicyclettes.
Selon le collectif, cette situation crée « de l’insécurité et de l’angoisse » pour les piétons ou les cyclistes qui doivent traverser cette voie quotidiennement pour faire leurs courses ou aller à l’école. Les nuisances sonores et la pollution engendrées par les véhicules motorisés sont aussi au cœur des préoccupations du collectif. À coup de sonnettes, les cyclistes espèrent donc convaincre les élus d’aménager cet axe en fonction des besoins des cyclistes.
Une demande d’aménagement répétée depuis 2019
Cette demande n’est pas nouvelle. C’est la troisième fois en deux ans que le collectif dénonce le manque de pistes cyclables au nord de l’Eurométropole de Strasbourg. En avril 2019, la vélorution avait déjà manifesté pour que Schiltigheim et la route de Bischwiller soit adaptés aux utilisateurs de vélo. Une demande qui s’était intensifiée en septembre 2019, suite au décès d’une cycliste à Schiltigheim.
En novembre 2020, l’Eurométropole de Strasbourg a lancé 23 projets de nouvelles pistes cyclables d’ici 2023, pour un total de 19 millions d’euros. Cependant, aucun de ces projets ne concerne la route de Bischwiller. Dans son communiqué, le collectif a aussi précisé qu’un « plan vélo » était en discussion à la mairie de Schiltigheim depuis novembre 2020. Mais le collectif Vélorution attend aujourd’hui des actions plus concrètes des élus des villes de Schiltigheim, Bischheim, Hoenheim et de l’Eurométropole de Strasbourg.
Au tour de l’Eurométropole de voter son budget aux investissements soutenus. L’autre gros sujet du conseil est le projet d’Arena de la SIG, que la majorité veut retravailler. À suivre en direct à partir de 9h.
Avec 1,4 milliard d’euros au total en débat, le conseil de l’Eurométropole de ce mercredi 24 mars va clore la saison des budgets à Strasbourg. Deux jours après le vote du budget à la Ville de Strasbourg, la coalition de Pia Imbs (sans étiquette) présente un point commun : des investissements plus importants qu’au mandat précédent avec 270 millions d’euros. « Un effet choc sur l’économie et un rattrapage de l’année précédente », relève Syamak Agha Babaei, vice-président en charge des Finances, qui pointe que « 80% des investissements vont vers les entreprises locales ».
Forts investissements
Ensuite, ces dépenses en travaux vont diminuer pour atteindre « 250 millions d’euros en moyenne sur le mandat ». Ce qui reste soutenu. Selon un calcul de l’élu strasbourgeois, le total agrégé des investissements de la Ville de Strasbourg, l’Eurométropole et ses sociétés publiques (CTS, R-GDS, SPL Deux-Rives, etc.) atteindra « 3,3 milliards d’euros » en six ans.
Le Parc des expositions avec 47,5 millions d’euros, engagé lors du mandat précédent, représente de loin la principale dépense. On retrouve ensuite 28 millions d’euros pour le logement social ou 20 millions d’euros pour les pistes cyclables. D’autres postes concernent les premiers crédits pour les trois extensions de tramway (7,4 millions), les travaux du stade de la Meinau (6 millions), des chantiers qui vont jalonner les années à venir…
Pour 2021, la dette diminuera même de quelques millions après une année où beaucoup de chantiers ont été mis en pause pendant la pandémie. Avec ce rythme d’investissements intense, elle ré-augmentera les années suivantes. Alors que ces emprunts sont parfois sources d’inquiétudes, la majorité rappelle que l’Eurométropole est la sixième métropole la moins endettée de France parmi les 24 plus grandes villes.
Nouvelles dépenses
Le fonctionnement est en revanche très stable. Les dépenses totales baissent de 719 à 716 millions d’euros, même si les dépenses « réelles » passent en fait de 630 millions à 645 millions d’euros (+2,5%). La collectivité rogne dans son épargne (de 89 à 70 millions d’euros), son « bas de laine » qui vient abonder ses nombreux investissements.
Ce document pédagogique résume les dépenses et recettes de l’Eurométropole, auxquelles s’ajoutent cinq budgets « annexes », comme l’eau, les mobilités, etc. pour un total de 1,4 milliard d’euros (doc Eurométropole).
Les dépenses nouvelles ne manquent pas en ce début de mandat, comme la gratuité des transports pour les moins de 18 ans (2,2 millions d’euros), le transport à la demande en seconde couronne (1 million d’euros), l’aide aux particuliers en cas de changement de véhicules avec la future Zone à faible émission (1 million d’euros), des aides aux entreprises (2 millions d’euros), aux communes (1 million), aux étudiants (1 million). Pour la part Eurométropole, les taux d’impôts locaux ne changent pas.
Relance de l’Arena
L’autre gros dossier est la relance de l’Arena des basketteurs de la SIG dans le quartier Archipel (voir tous nos articles). C’est un projet lancé dès 2015, qui a connu de nombreux rebonds, et n’a finalement toujours pas démarré. C’est aussi un sujet dont les écologistes ont critiqué les financements publics qui ont plusieurs fois augmenté (de 0 à 17,1 millions d’euros, dont 7,8 pour l’Eurométropole) en cours de route.
À quoi ressemblera le Rhénus du futur ? Photo : Crédit Chabanne + Partenaires / Architecte
Le principal intérêt de la délibération est de dire que la majorité à l’Eurométrople ne laisse pas tomber ce chantier. Pour le reste, beaucoup de précisions doivent encore être apportées. L’Eurométropole va créer un « comité de suivi », qui rédigera « un cahier des charges » avant de débloquer des fonds, y compris une première avance de 700 000 euros promise fin 2019 et retoquée lors d’un contrôle de légalité.
Vice-président en charge des Sports, Vincent Debès donne ses attentes :
« Je ne veux pas dire qu’on va encadrer, mais on va apporter de la lisibilité à ce projet qui posait problème. Il faudra qu’il réponde à des besoins, puisse accueillir des événements sportifs et culturels sans faire concurrence aux structures existantes. Avec la piscine du Wacken, le club de canoë-kayak, le club de tennis, les terrains de sport et maintenant les espaces à Archipel 2, il y a des opportunités pour développer le sport à cet endroit de la ville. »
Maire de Hoenheim, Vincent Debès est chargé des discussions avec le sport professionnel et amateur. Photo : Abdesslam Mirdass / Studio Hans Lucas
La majorité espère « un pourtour » à la fin de l’année 2021 et un nouveau Rhénus, peut-être, pour 2024. D’ici là, la présidente Pia Imbs, veut savoir si « les garanties du pool bancaire sont toujours d’actualité, le naming avec le Crédit mutuel aussi (la banque a renoncé à déménager son siège à côté et disait vouloir « accompagner le développement d’un quartier » avec l’Arena ndlr) » et souhaite « que les études financières soient actualisées » suite à la crise du Covid-19.
Enfin, la formation d’une « Agence pour le Climat » se poursuit. Elle aura vocation à accompagner et intensifier les projets de réduction des gaz à effet de serre (bâtiments, entreprises, déplacements, etc). Dans cette association, l’Eurométropole et les communes auront 40% des droits de vote, aux côtés d’associations, d’institutions publiques et représentants du monde économique (20% chacun). Pour l’instant, seule l’Eurométropole amorce le financement avec 580 000 euros. L’agence démarrera avec 4 à 6 postes, tandis que l’assemblée générale constitutive est prévue pour le mois d’avril. Après un démarrage au sein du bâtiment place de l’Étoile cette association devrait bénéficier de ses propres locaux.
Dimanche 21 mars lors de la 30e journée de Ligue 1, le Racing Club de Strasbourg reçoit le Racing Club de Lens dans une confrontation « choc des Racings ». Un match particulier pour le milieu strasbourgeois Jean-Ricner Bellegarde qui affronte son club formateur.
« C’était mon destin de marquer face à Lens, » confie Jean-Ricner Bellegarde au micro de Canal+ Sport à la mi-temps. En effet, le moment choisi pour le premier but du milieu strasbourgeois sous la tunique bleue ne pouvait pas mieux tomber.
En disputant son 52e match au sein de la formation alsacienne, c’est face aux « Sang et Or » que Jean-Ricner Bellegarde a débloqué son compteur de buts depuis son arrivée en juillet 2019. Un moment fort pour lui puisqu’il est issu du centre de formation de Lens. Il s’est très vite fait sa place dans l’équipe professionnelle.
En Alsace, il a franchi un cap supplémentaire en participant à des rencontres de qualifications pour la Ligue Europa avec le RC Strasbourg en été 2019. Il a ensuite évolué dans l’élite du football français après avoir passé trois saisons dans le Nord en deuxième division.
— Racing Club de Strasbourg Alsace (@RCSA) March 21, 2021
Dimanche, son but de la tête à la 20e minute de jeu a permis l’égalisation du RCSA. Mais ce moment de bravoure n’a pas été suffisant pour récupérer le point du match nul puisqu’un second but a été encaissé par le Racing par la suite.
https://www.instagram.com/p/CLZ0mU2gxBc/
Le Racing toujours dans la lutte pour le maintien
Le joueur né à Strasbourg Jonathan Clauss a connu un match similaire à Jean-Ricner Bellegarde, mais dans l’équipe opposée. L’arrière droit a fait son entrée sur la pelouse de la Meinau pour la première fois avec le RC Lens. Formé à Strasbourg, il n’a jamais intégré l’équipe première. À l’origine des deux buts lensois en étant à deux reprises le passeur décisif, Jonathan Clauss peut savourer sa revanche.
Le sprint final est lancé à huit confrontations de la fin du championnat. La lutte pour le maintien du Racing de Strasbourg en première division est toujours engagée. L’écart avec la zone rouge se rétrécit, Strasbourg n’a plus que quatre points d’avance.
Le résumé de la rencontre est à retrouver dans notre émission La Cave de Papy sur Youtube :
L’analyse du match de dimanche (vidéo La Cave de Papy)
Escaliers pour tout le monde ! Régulièrement, des escalators de la station Gare centrale sont à l’arrêt, parfois des semaines durant. Mais pourquoi sont-ils toujours en panne ?
Tous les utilisateurs du « hub d’échanges » de la gare centrale savent qu’il faut se méfier des escalators, tellement ils sont souvent hors service. Déjà en 2018, des exaspérations avaient été exprimées après des pannes constatées pendant plusieurs mois. Mais hélas, d’autres escalators transformés en simples escaliers sont à craindre…
Contractuellement, la société de sous-traitance qui gère la maintenance de ces 14 escalators de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) est censée régler leurs pannes en quatre heures. Mais ça, c’est à condition de disposer des pièces. Or, bon nombre des escaliers roulants de la station Gare centrale sont entrés en service en 1994, ils arrivent en fin de vie.
Leurs composants ne sont plus produits en série. La CTS indique que lorsqu’une de leurs pièces doit être remplacée, il faut la faire fabriquer sur mesure. Ce qui explique selon elle, qu’un escalator défectueux peut rester des semaines en rade.
Le 19 mars, l’escalator descendant depuis l’esplanade de la gare était hors service pour une durée indéterminée. Photo : CG / Rue89 Strasbourg
La durée de vie de ce type d’équipement est de trente ans. La CTS ne prévoit donc de les changer qu’à partir de 2024. Cela va représenter une somme rondelette pour ses caisses déjà dans le rouge puisqu’un seul escalator coûte entre 200 000 et 300 000€.
Les défaillances mécaniques constituent la première cause de panne sur ces équipements vieillissants. Mais la CTS doit en outre compter avec de nombreuses pannes dues à des actes de malveillance. Régulièrement, des usagers cassent les marches des escalators en introduisant des objets dans leurs rouages, endommageant leurs systèmes d’entraînement.
Arrêts d’urgence
Mais l’immobilisation d’un escalier roulant ne veut pas toujours dire que celui-ci est en panne. Chaque mois, la CTS compte près de 300 interventions à la suite de l’activation malveillante des boutons d’arrêt d’urgence des appareils. En de tels cas, les agents chargés de leur vidéo-surveillance peuvent réenclencher manuellement les engins sans faire intervenir les équipes de maintenance.
Mais à raison de près de 10 arrêts par jour, les désagréments pour les usagers sont inévitables. Ce petit jeu n’est d’ailleurs pas réservé à la station de tramway. Pour comparaison, dans l’enceinte de la gare, la SNCF dénombre elle aussi chaque jour deux à trois activations inopinées de boutons d’arrêt d’urgence sur ses huit escalators menant aux quais.
En conseil municipal, la Ville de Strasbourg doit adopter une subvention de 2,56 millions d’euros à la construction de la mosquée Eyyub Sultan. Dans son dernier plan de financement, la branche strasbourgeoise de Millî Görüş compte aussi sur des aides de la Collectivité européenne d’Alsace et de la Région Grand Est.
Après avoir cherché des financements au Qatar, la branche strasbourgeoise de l’organisation islamique Millî Görüş préfère les subventions des collectivités locales. Lundi 22 mars, le conseil municipal de la Ville de Strasbourg doit adopter une aide financière de 2 563 000 euros pour la construction de la mosquée Eyyub Sultan dans le quartier de la Meinau. Le montant correspond à 10% des coûts de la partie cultuelle du chantier, qui s’élève à 25 635 998 euros. Le coût total du projet est estimé à 32 millions d’euros.
10% : « la même aide pour tout le monde »
« C’est la même aide pour tout le monde, assure Jean Werlen, conseiller municipal en charge des relations aux cultes, depuis 1999, la Ville de Strasbourg octroie 10 % du coût de construction du lieu de culte. Certes, les chantiers n’ont pas toujours la taille de la mosquée Eyyub Sultan, mais la Grande Mosquée de Strasbourg, l’église catholique Saint-Bernard et l’église Saint-Mathieu ont reçu des sommes substantielles pour leur construction ou leur rénovation. »
Depuis 2008, la Ville de Strasbourg a ainsi accordé 22 millions d’euros de subvention aux différents cultes. Lorsque la paroisse est propriétaire des bâtiments, les aides peuvent monter à 50% des coûts pour des travaux d’accessibilité pour les handicapés ou une remise en état d’horloges extérieures. Les remplacements de chauffage peuvent être pris en charge à 30% et les transformations pour économie d’énergie à hauteur de 20%.
Lorsque la Ville est propriétaire des bâtiments de culte, elle peut prendre en charge une partie des travaux. Enfin, dans le cas des édifices classés « Monuments historiques », l’État assure 40% des coûts, le propriétaire 35% et la Ville 25%.
Un plan de financement entre dons et subventions
Pour prendre en charge 10% des coûts d’un chantier, la Ville de Strasbourg demande aux porteurs du projet cultuel de remplir trois conditions : l’existence d’une communauté de fidèles, un projet architectural et un plan de financement. Jean Werlen estime ainsi que « l’évaluation de la dépense (par la branche locale de Millî Görüş, ndlr) est cohérent, le prix au mètre-carré me paraît sérieux », assure le conseiller municipal, qui décrit les ambitions financières de l’organisation islamique :
« L’essentiel du projet doit être financé par des dons de particuliers. Pour le reste, le dernier plan de financement présenté ne fait mention d’aucun emprunt. Et nous ne sommes pas la seule collectivité sollicitée pour une subvention : le conseil régional est sollicité à hauteur de 8% et la CEA à hauteur de 8% aussi. Donc on a un financement basé à 26% sur les subventions de collectivités locales et 74% sur les dons des fidèles. »
Au total, Millî Görüş espère donc financer plus d’un quart des coûts de la mosquée, évalués à 25 635 998 euros, soit plus de 6,5 millions d’euros.
En comparaison, la Grande Mosquée de Strasbourg (GMS) devait coûter 8,5 millions après un premier projet évalué à 17 millions d’euros. Entretemps, le projet a été revu à la baisse, sans minaret et sans centre culturel. L’édifice situé à côté du parc Heyritz a reçu des subventions de collectivités locales à hauteur de 26% (10% de la Ville de Strasbourg, 8% du Département et 8% de la Région). La subvention municipale s’élevait alors à 868 000 euros.
Une municipalité confiante vis-à-vis de Millî Görüs
Le conseil municipal délégué aux relations aux cultes affirme aussi sa confiance dans l’organisation locale de Millî Görüş. Fin octobre 2020, Jean Werlen se disait « impressionné par la qualité des réactions des communautés musulmanes (suite à l’assassinat du professeur Samuel Paty, ndlr) ». Interrogé sur les pratiques douteuses de l’organisation, décrites dans notre enquête, l’élu renouvelle sa confiance et assure que « cette mosquée a fait de gros efforts pour entrer dans une rigueur administrative, ils ont déjà un comptable extérieur, et la Ville de Strasbourg a demandé à la plupart des mosquées de dissocier les parties cultuelles et culturelles dans leur compte. »
Millî Görüş fait partie des trois fédérations (sur huit) du Conseil français du culte musulman (CFCM) qui ont refusé de signer la « charte des principes de l’islam de France » présentée lundi 18 janvier à l’Élysée. Selon l’universitaire et directeur du département d’études turques à l’université de Strasbourg Samim Akgönül, interrogé par La Croix : « Ces deux fédérations (dont Millî Görüş) ont expliqué qu’elles allaient “consulter leur base” avant de prendre une décision définitive concernant la charte. Mais par “base”, il faut surtout entendre “Ankara”. » Pour l’organisation islamique, les principes interdisant la promotion de l’islam politique ou la diffusion de discours nationaliste en défense des régimes étrangers et la réduction des financements étrangers dans les lieux de culte n’est pas acceptable.
Une livraison espérée pour l’automne 2022
Arrêté à l’été 2019 par manque de financement, le chantier de la mosquée Eyyub Sultan a repris à la fin de l’année 2020. « Tout le monde espère une livraison de la mosquée pour l’automne 2022 », annonce Jean Werlen.
Le président de la fédération Grand Est de Millî Görüş, Eyub Sahin, n’a pas donné suite à nos demandes d’interview.
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Cinq Strasbourgeois qui se sont impliqués dans la démocratie locale à Strasbourg regrettent les choix de la municipalité écologiste. Ils déplorent une confiscation du débat public et une régression de la transparence.
Tout en affirmant haut et fort vouloir être dans la continuité du Pacte pour la Démocratie à Strasbourg, la nouvelle équipe municipale a plongé ses dispositifs et les instances de participation citoyenne dans un profond sommeil : impossibilité de déposer des pétitions, remise en question de l’étude des projets de la saison 2 du budget participatif…
Prétextant la crise sanitaire, la municipalité a différé toutes décisions sur ce sujet et a suspendu la reprise des conseils des quartiers pourtant légalement obligatoires. Les principes du Pacte ont été modifiés sans concertation ni même information, dans l’ignorance la plus complète de son premier article.
La politique de démocratie locale, patiemment élaborée de manière tripartite (citoyens, agents de la Collectivité locale et élus de l’équipe municipale) depuis la démarche du Sommet Citoyen, a été supplantée par des conférences citoyennes tape-à-l’œil (5 G, géothermie…) menées tambour battant pour légitimer des positions prises en amont par les élus et dont l’utilité pour le citoyen reste encore à démontrer. Le choix a été fait de mettre en veille les dispositifs démocratiques existants (conseils de quartiers et outils du Pacte : ateliers d’initiatives citoyennes, budget participatif, pétitions citoyennes) et de donner la quasi-totalité des ressources à ces conférences.
La tribune de deux élus de l’opposition municipale parue sur Rue89 Strasbourg récemment contient des remarques intéressantes notamment sur les conseils de quartier. Néanmoins, nous nous dissocions de leur démarche. Où étaient leurs auteurs lors des ateliers de construction du Pacte et dans les instances qui en sont issues ? Leur intention est-elle sincère ?
Les outils numériques écartent les anciens
Actuellement, la participation citoyenne repose exclusivement sur les outils numériques. Les moyens d’action utilisés, excluent, de fait, un public n’ayant pas de connexion internet ou qui ignore le fonctionnement des plateformes. Ils permettent de toucher un public jeune, habituellement très éloigné de la démocratie locale, mais peuvent, en contrepartie, sans accompagnement adapté, entretenir une fracture numérique et générationnelle.
La politique de communication sélective, reposant quasi-exclusivement sur les réseaux sociaux et la plateforme « participer.Strasbourg.eu« , ne permet qu’aux citoyens les plus avisés d’être informés des manifestations de participation citoyenne proposées. Elle élimine, de fait, des citoyens impliqués dans cette démarche depuis de nombreuses années. Porteurs de mémoire et d’une expérience d’usage, ils ne sont pas sollicités et ont été le sentiment d’avoir été écartés au profit de citoyens « choisis ».
De fait, sous couvert du respect des règles de vie privée, les citoyens ayant donné leur consentement pour l’utilisation de leur adresse de courrier électronique avant les élections n’ont pas été informés des concertations ni invités à celles-ci par ce mode de communication. Ponctuellement, il a été utilisé de manière ciblée par la Collectivité pour certaines réunions, en complète contradiction avec cette pseudo contrainte règlementaire.
Fin de la transparence des sélections, absence du comité d’éthique…
L’alibi de la crise sanitaire a été utilisé pour instaurer une pratique abusive du tirage au sort pour désigner les représentants des citoyens dans les instances de démocratie participative. L’insuffisance de communication évoquée précédemment, engendre des difficultés pour candidater aux postes de participation citoyenne proposés. En outre, l’absence de transparence vis à vis de la liste des candidats et des modalités de tirage au sort engendre de la défiance à l’égard de cette pratique.
Le comité d’éthique, garant du respect du pacte a été constitué par tirage au sort dans une liste de volontaires non publiée à ce jour. Ses représentants citoyens restent inconnus.
Les saisines et les avis semblent tarder à être publiés… Cette nouvelle forme de démocratie « filtrée », sous tutelle avec des citoyens ciblés et inconnus, semble oublier les principes démocratiques les plus élémentaires.
La démocratie au quotidien que faisaient vivre les conseils de quartier, est enterrée. Elle va être remplacée par un système révolutionnaire décrété de forums citoyens, se déclinant en Ateliers Territoriaux Citoyens par projet, et dont la mise en œuvre, les sujets retenus se feront sous couvert d’une direction de la participation citoyenne déclinée dans chaque direction de territoire et cela apparemment deux fois par an…
Les habitants se retrouvent donc seuls face à l’administration sans la médiation d’autres habitants qui pouvaient coordonner la vie du quartier, se souvenir et réactualiser des projets non retenus…
Aucun débat dans le recrutement des membres du conseil de développement
Le conseil de développement dont les membres sont cooptés est appelé à prendre plus de responsabilité dans l’élaboration des politiques publiques au niveau de l’Eurométropole. Mais ses méthodes de recrutement sont également floues. Elles n’ont fait l’objet d’aucun débat et d’aucune publicité avant la procédure de tirage au sort. de volontaires. Ceci porte atteinte à deux principes fondamentaux de la démocratie participative, la confiance réciproque et la transparence.
L’urgence démocratique mise en avant pendant la campagne électorale se concrétise dans les faits par une remise à zéro de tous les dispositifs qui rythmaient la démocratie participative dans notre ville. Cela démobilise et démotive des habitants excédés par ces remises en question du travail accompli de manière tripartite. Pendant de nombreuses années, des citoyens volontaires ont donné pour cela de leur énergie et de leur temps…
La démocratie Citoyenne se construit avec les habitants, pas à pas, en améliorant en permanence ses dispositifs. C’est inscrit dans le Pacte pour la démocratie à Strasbourg. Elle ne se décrète pas. Cette remise en cause de tout le travail passé trahit la démarche menée à Strasbourg depuis le Sommet Citoyen au Conseil de l’Europe en Octobre 2017.
Les habitants, artificiellement consultés, sont en réalité dépossédés de leur faculté d’intervenir réellement dans les politiques publiques qui impactent leur environnement. Ils ont goûté à une vraie démarche de participation citoyenne ouverte et ne sont pas prêts d’accepter un retour en arrière. Retrouvons du bon sens et conservons des fondations solides, bâties au cours du temps par une expertise d’usage citoyenne ! Améliorons ensemble les dispositifs ! Il est temps de prendre soin de la participation citoyenne et de déconfiner la démocratie locale !
Jean-Marcel Brulé Yamina Grosjean Benoit Grosjean Imène Sfaxi François Singer
La majorité écologiste va adopter son premier budget, marqueur économique pour lancer son mandat. Face à la crise et pour verdir Strasbourg, la taxe foncière, les investissements et la dette sont en hausse. À suivre en direct et avec nos commentaires à partir de 10h.
Nouvelle majorité, nouveau cap et nouvelles dépenses. La maire Jeanne Barseghian (EELV) va présenter son premier budget aux élus et élues de Strasbourg. Par rapport à 2020, il est en nette hausse, de près de 30 millions d’euros.
Le fonctionnement passe ainsi de 391 à 404 millions. Pour les investissements, le montant grimpe de 152 à 168,4 millions, du jamais vu depuis 2013 et la fin du premier mandat de Roland Ries.
Verdissement et aide sociale au budget
Ces débours supplémentaires, les écologistes les justifient par les trois urgences « écologique, sociale et démocratique » sur lesquelles ils ont basé leur campagne victorieuse un an plus tôt.
L’un des principaux postes de nouvelles dépenses sont les 5 millions d’euros réservés au verdissement des cours d’écoles et de la ville en général, ainsi que les plantations d’arbres (Plan Canopée). À cela, s’ajoutent 900 000 euros pour la rénovation énergétique de 10 écoles. D’autres suivront les prochaines années.
Devenu premier adjoint en charge des Finances, Syamak Agha Babaei aura comme tâche de défendre aux côtés de la maire Jeanne Barseghian les premiers choix financiers de son équipe. Photo : Abdesslam Mirdass / Studio Hans Lucas
Côté social, la majorité prévoit notamment quatre millions d’aides aux commerçants, familles en difficulté, étudiants touchés par la crise sanitaire et au secteur culturel. Autre sujet de dépenses conséquent, les places pour les personnes sans-abri. Après les 104 premières ouvertes en 2020, une deuxième tranche de 100 places sera lancée en 2021. L’objectif est d’en créer 500 sur l’ensemble du mandat.
Pour la démocratie locale, troisième « pilier » du programme, les montants sont bien plus modestes, avec 660 000 euros. Après le débat sur la 5G mené par l’Eurométropole, on apprend ainsi que deux « conférences citoyennes sur des compétences municipales » seront organisées pour une somme de 50 000 euros. Le thème reste encore inconnu. Figurent aussi 285 000 euros supplémentaires pour les conseils de quartiers… qui n’ont toujours pas été réactivés. Comme au conseil précédent, les opposants Pierre Jakubowicz (Agir) et Nicolas Matt (LREM) interpelleront l’exécutif sur cette obligation légale en fin de séance (lire aussi leur tribune).
Forts investissements et plus de dette
Une partie de ces dépenses supplémentaires sont financées par la hausse de 5% de la taxe foncière, payée par les propriétaires. Elle devrait rapporter 7 millions d’euros de plus.
Les investissements sont en forte hausse et les écologistes ont prévu de les maintenir au même niveau au moins les deux années suivantes pour « transformer le territoire ».
En 2021, ces travaux seront financés pour moitié environ par des emprunts (87 millions d’euros). Ainsi, la dette va augmenter et revenir à un niveau comparable à 2016, soit 241 millions d’euros. Selon les projections du débat d’orientation budgétaire de janvier, elle devrait s’accroître encore dans les années suivantes.
Le débat sur le budget est une sorte de gros résumé des politiques menées. Dans toutes les villes de France, c’est un exercice un peu convenu, pas toujours de bonne foi, où l’opposition critique tout et où la majorité défend ses choix.
Le premier débat en janvier a montré que la fiscalité est un gros point de clivage avec l’opposition LR et LREM. De manière générale, le rapport à la dépense publique est différent : là où la droite la qualifie habituellement comme « les impôts de demain », le premier adjoint en charge des Finances Syamak Agha Babaei l’assimile aux « économies de demain », grâce aux investissements qu’elle permet.
La majorité aura beau jeu de répondre que toutes les collectivités locales, même celles de droite, et l’État français augmentent aussi leurs dépenses et s’endettent face à la crise. Mais l’opposition pourra pointer ce qu’elle estime relever des bonnes ou des mauvaises dépenses. La discussion devrait durer au moins deux heures.
Tour en bois et lieu pour les cultures urbaines
Parmi les autres sujets, un projet de tour en bois de bureaux de 7 étages avenue du Rhin devrait amener des débats (point 11). Cet axe surfréquenté, pollué et récemment urbanisé est depuis plusieurs années devenu un symbole de la politique de « densification » de Strasbourg et concentre de fortes critiques. L’opération, initiée en 2017, prévoit de caser un parking souterrain et « la reconstitution » du terrain multisport à ce carrefour, au 92 avenue du Rhin.
Plus consensuel, les élus votent pour une une zone de culture urbaine au parc de la Citadelle à l’Esplanade (point 34). En plus des mythiques terrains de basket qui seront « remis à niveau techniquement », ce nouveau lieu comprendra :
Une zone d’agrès de « Parkour »,Deux skate-parks,Deux nouveaux terrains de basket de 3×3 et deux paniers indépendants,Une rénovation du terrain multisport actuel,Une scène,Un mur d’expression « en accès libre ou organisé » pour les grapheurs et grapheuses.
Le projet, limité à 7 025 mètres-carrés, est estimé à 1,6 million d’euros pour un achèvement en 2022. En campagne, la candidate socialiste Catherine Trautmann proposait un lieu similaire de l’autre côté du canal, sur la presqu’île Citadelle. Saluera-t-elle cette création dans le même esprit ou regrettera-t-elle un manque d’ampleur ? Son projet permettait à des activités nautiques de se développer et était couvert, là où celui de la Citadelle ne permet qu’un fonctionnement extérieur.
En fin de conseil, Pierre Jakubowicz tente pour la troisième fois d’affilée de faire adopter une « résolution », qui engagerait le conseil municipal de Strasbourg. Ses deux premiers essais avaient été rejetés. Il propose cette fois-ci de réserver un espace pour les « pétitions citoyennes » reconnues par le conseil municipal dans « Strasbourg Magazine ».
Une seule a été adressée à ce jour dans ce mandat, contre les repas froids dans des cantines scolaires (voir notre article). Comme les signatures sur papier ne sont plus acceptées, officiellement en raison de la crise sanitaire, il sera presqu’impossible d’atteindre le seuil nécessaire pour provoquer un débat. Les deux pétitions qui avaient dépassé les 2 800 signatures en 2019 avaient bénéficié d’une intense campagne de terrain. La proposition de l’hyperactif opposant semble consensuelle et veut lutter contre « la fracture numérique », mais sera-t-elle suffisante pour obtenir un feu vert de la majorité écolo ?
La liste menée par Noëllie Hestin est arrivée largement en tête dimanche, lors des élections municipales à Sainte-Marie-aux-Mines. Ce scrutin à un seul tour va permettre à l’écologiste de 35 ans de continuer son mandat dans cette commune du Val d’argent.
Cette fois, les résultats seront plus difficilement contestables. Dimanche 21 mars, les électeurs de Sainte-Marie-aux-Mines se sont déplacés bien plus nombreux : 2 142 votants contre 1 495 en mars 2020. Et ils ont plébiscité leur nouvelle maire de 35 ans, Noëllie Hestin, dont la liste remporte 26 des 29 sièges du conseil municipal.
Noëllie Hestin avait réussi à prendre la mairie à Claude Abel, qui occupait le siège depuis 19 ans. Âgé de 65 ans, élu au conseil municipal depuis 1994, Claude Abel avait contesté sa courte défaite et le tribunal administratif lui avait donné raison (lire notre article).
Noëllie Hestin a été réélue avec près de 1000 voix d’avance sur Claude Abel. Photo : Document remis
Noëllie Hestin, dont l’ambition est de construire une démocratie locale participative et transparente pour cette commune de 5 000 habitants à la situation financière préoccupante, est consultante en développement durable. Décrite comme écologiste, elle préfère se présenter comme une élue engagée dans « la reconquête territoriale. » L’une de ses premières actions a été de recruter un agent de police municipale, pour répondre aux incivilités constatées comme étant en hausse dans le Val d’argent.
Mauvaise semaine pour Pernelle Richardot. La première secrétaire du bureau fédéral du PS 67 a été mise en minorité sur sa motion appelant à faire « converger » les deux initiatives engagées à gauche pour les élections régionales. Les socialistes bas-rhinois sont-ils prêts à mettre la trésorière du PS en quarantaine pour préserver l’accord de principe avec les écologistes et les communistes ?
Le média letton Meduza a détaillé le parcours d’Alexander Mamut, investisseur, banquier et avocat russe. Il est à l’origine du financement d’un projet de clinique privée dans la banlieue de Moscou, une future filiale des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg.
Alexander Mamut, investisseur russe, a conclu en 2019 un partenariat avec les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) pour créer une clinique privée dans la banlieue de Moscou. L’information avait été révélée le 5 février par Rue89 Strasbourg.
Nous avions déjà évoqué les multiples investissements du milliardaire russe et les difficultés économiques rencontrés par certaines de ses entreprises, comme la chaîne de librairie Waterstones. Mais en mars 2021, le média letton Meduza a dressé un portrait encore plus inquiétant du milliardaire russe en détaillant les éléments qui l’ont conduit à revendre une grande partie de ses entreprises et de ses actions en 2020.
Alexander Mamut en 2018 Photo : Douma / cc
Les échecs des projets entrepreneuriaux d’Alexander Mamut
Selon Meduza, les investissements d’Alexander Mamut sont très variés. Le média fondé par des journalistes russes en exil parle de la chaîne de cinéma Formula Kino, du détaillant de téléphone portable Euroset, de la banque Troika-Dialog ou encore le moteur de recherche Rambler. Mais le média letton affirme qu’Alexander Mamut échoue systématiquement à faire prospérer ses entreprises et à garantir leur stabilité financière.
La censure du Kremlin, appliquée par Alexander Mamut à son média Lenta.ru à partir de 2014, a par exemple entrainé la démission de 68 employés. Les bénéfices de son entreprise de médias Rambler & Co’s, créée en 2014 et regroupant les journaux Lenta.ru, Gazeta.ru, Championat et Afisha, ont aussi chuté dès 2017. En cause, son manque d’indépendance et d’originalité selon Meduza qui accuse la société de ne viser que les moteurs de recherche Yandex et Google.
319,6 millions de dollars de dettes
Ces échecs répétés ont causé des problèmes financiers à Alexander Mamut, lequel aurait accumulé des prêts à la Otkritie Bank, devenue Trust Bank. Le directeur de la Trust Bank, Alexander Sokolov, a révélé à Meduza que le montant de la dette de l’oligarque russe s’élevait, en 2020, à 319,6 millions de dollars.
Pour sortir de ce gouffre financier, Alexander Mamut a vendu, en 2020, toutes ses parts de la société Rambler & Co’s, pour 45 millions de dollars, à la plus grande banque russe : Sberbank. Le milliardaire a aussi cédé son fabricant d’hélicoptères Kopter pour 61 millions de dollars et 20% de sa société d’urbanisme, Strelka Consulting.
Selon Meduza, le milliardaire russe cherche aujourd’hui à protéger le reste de ses actifs de ces créanciers. Plusieurs procédures judiciaires sont d’ailleurs en cours entre la Bank Trust et Alexander Mamut, qui peine à rembourser ses prêts. Meduza affirme qu’Alexander Marmut possède encore une participation au sein de la société Polymetal International et des actions dans plusieurs entreprises occidentales. Sa société d’investissement, A&NN Investments, contrôlerait, actuellement, des actifs d’une valeur de 2,4 milliards de dollars.
Venus de plusieurs villes de France, des ressortissants chinois de plusieurs régions et opposés au régime communiste ont appuyé l’association Initiative citoyenne, contre l’implantation d’une usine Huawei à Brumath.
Une centaine de personnes s’est réunie face au conseil régional du Grand Est. Dans la foule, une majorité de ressortissants du Tibet, du Turkestan oriental, la région où vivent les Ouïghours aussi appelée Xinjiang, de Mongolie, de Taïwan. Tous sont en France depuis des années et n’ont plus ou peu de contact avec leur famille.
Arrivé en 2011 en France pour ses études, Arman (prénom modifié à sa demande) n’est plus retourné auprès des siens depuis 2013. « Parmi les 24 raisons pour arrêter des Ouïghours, il y a le fait d’avoir voyagé en Europe », indique ce parisien de l’association Ouïghours de France. À sa connaissance, sa famille est « dehors mais pas en camp » de travail. Mais il n’a plus de contact direct depuis trois ans. La raison de sa présence ? « Huawei a développé une technologie de reconnaissance faciale contre les Ouïghours ». Pour un autre ressortissant, habitant à Strasbourg depuis 12 ans, la récente médiatisation de la cause ne le satisfait pas. « Beaucoup de pays en parlent plus qu’avant, mais il n’y a pas d’action ». Il raconte avoir « reçu des appels d’intimidations de policiers chinois, parfois avec des numéros français ».
Les drapeaux bleus représentent le Turkestan, une région peuplée par la minorité Photo : JFG / Rue89 Strasbourg Plusieurs ressortissants tibétains sont aussi venus protester contre le régime chinois. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
Venue de Dijon, Huizen est restauratrice de spécialités « taïwannaises, mais présentées à l’européenne ». Habitant en France depuis 1990 et mobilisée depuis 2005, elle estime qu’il est crucial « d’informer les politiciens » :
« Huawei est soutenue par le Parti communiste chinois. Si on tient à nos libertés, il ne faut pas se laisser infiltrer par le régime. Cela ne concerne pas que nous les Chinois, mais tout le monde. »
Plus nombreux, des membres du mouvement spirituel Falung Gong arborent de grandes banderoles. Une édition spéciale de The Epoch Times, journal controversé et proche de ce groupe, est abondamment distribuée. Beaucoup de participants citent aussi le documentaire « Complément d’enquête » sur la grande offensive de la Chine. Alain Tong, le président de l’association française Falung Gong raconte son combat :
« J’habite en France depuis 1979. Le Falung Gong est une pratique de relaxation comme le tai-chi ou le yoga inventée en 1991. Je l’ai apprise à l’ambassade de Chine ! Mais comme cela a eu du succès dans les années 1990 avec des millions d’adeptes en Chine, le régime l’a diabolisée et persécutée. Il n’y a plus de culture chinoise en Chine, seulement celle du régime communiste. »
Les ressortissants chinois auraient aimé mobiliser des expatriés de Suisse ou d’Allemagne, mais la crise sanitaire interdit ces déplacements entre pays.
Alain Tong, président de Falun Dafa France. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
Peu de jeunes, mais déterminés
À la pointe de la défense du peuple Ouïghours, le député européen du mouvement « Place publique » Raphaël Glucksmann (lire son interview) insiste sur la mobilisation de la jeunesse pour cette cause. En ce jeudi hors vacances scolaires, à 11 heures du matin, ils n’étaient qu’une vingtaine sur la place Adrien Zeller.
Pour Kevser, en stage après un BTS Commerce, c’est sa « première manifestation ». Elle a voulu exprimer sa « solidarité avec des peuples musulmans persécutés, mais aussi d’autres religions comme les Chrétiens d’Orient ». Elle est accompagnée par Mokhtar, travailleur social « au long passé militant ». « On attend des actions de l’Union européenne », ajoute-t-il.
Kevser et Mokhtar font partie des plus jeunes manifestants. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
Autre jeune, Ariane, l’une des fondatrices du collectif « Strasbourg for Uyghours » créé fin janvier. « Nous sommes une quarantaine de membres actifs de 16 à 30 ans », explique-t-elle. « On nous enseigne la Shoah à l’école, mais pas ce qui se passe pour les Ouïghours », s’étonne celle dont c’est l’un des premiers engagements structuré.
Le jeune collectif Strasbourg for Uyghours était présent à la manifestation. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
Lettre à Jean Rottner
Venue de Bordeaux, la présidente de l’association « Initiative citoyenne » organisatrice de l’événement, Brigitte Guiraud a déposé une lettre ouverte à l’attention du président de la Région Grand Est, Jean Rottner (LR). Elle a été reçue plus d’une demi-heure par son directeur de cabinet, Alexandre Mora. « Je les ai sentis plus préoccupés que je n’aurais imaginé sur cette question des droits de l’Homme. Cela les interroge et ils veulent se renseigner davantage », indique-t-elle à la sortie de son entrevue. La réponse souvent opposée dans les débats sur les implantations contestées (comme pour Amazon) est « si c’est n’est pas ici, ce sera ailleurs ». Ce à quoi Brigitte Guiraud répond : « Les États-Unis, le Royaume-Uni, la Finlande ou l’Australie ont refoulé Huawei. D’autres entreprises peuvent faire l’affaire ».
La militante a adressé ses arguments à l’entourage de Jean Rottner, président de la Région Grand Est. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
La manifestation s’est prolongée devant l’institut Confucius rue du Maréchal Foch, avec une soixantaine de personnes. Cette journée d’action a été remarquée par le Consulat de Chine, au point de publier un communiqué. Il vilipende « l’utilisation des jeunes qui ne connaissent pas la vérité ». Et précise que le Xinjiang et le Tibet sont « prospères et stables », où « tous les groupes ethniques vivent et travaillent dans la paix et le contentement ». Une perception bien différente de celle de la diplomatie française. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a qualifié le 24 février les agissements dans cette région de « pratiques injustifiables à l’encontre des Ouïghours, et d’un système de surveillance et de répression institutionnalisé ».