À l’école primaire Martin Schongauer et au collège Hans Arp, Rue89 Strasbourg accompagne deux classes de CM1 et de 6ème au journalisme et aux médias. Mi-février, les élèves ont défini les sujets sur lesquels ils produiront un reportage radio autour de l’alimentation locale.
« Eh Monsieur, je veux trop devenir journaliste maintenant ! », s’exclame Yasser, élève de 6ème au collège Hans Arp, à la fin d’une séance d’éducation aux médias. Depuis la fin de l’année 2020, Rue89 Strasbourg intervient aussi à l’école primaire Martin Schongauer pour former les adolescents aux bases du métier de journalisme. Il s’agit ainsi de leur apprendre à trouver des sujets pour les traiter ensuite sous forme d’interview ou de reportage radio.
L’objectif ultime, c’est de montrer aux jeunes Elsauviens que le métier de journaliste est à leur portée. On espère bien que l’envie de Yasser n’est pas passagère et qu’il passera en stage chez Rue89 Strasbourg un jour.
Présentation des différents types de médias et du matériel d’un journaliste lors de la deuxième séance à l’école élémentaire Martin Schongauer. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc
25 séances de deux heures, l’alimentation locale pour thématique
En novembre 2020, la Direction régionale des affaires culturelles du Grand Est et l’Académie de Strasbourg accordaient à Rue89 Strasbourg une subvention de 2 500 euros pour mettre en place un projet d’éducation aux médias dans le quartier de l’Elsau, via le dispositif Acmisa. Ce soutien financier nous permet de donner 25 séances de deux heures de cours, école primaire et collège confondus.
Afin de donner un cadre à ces adolescents de 10 à 12 ans, Rue89 Strasbourg a choisi avec eux la thématique de l’alimentation locale. Après avoir défini les notions de base du journalisme (définition d’une information, panorama des différentes formes de média, notion d’angle…), nous avons demandé aux élèves de venir avec chacun une question à laquelle ils aimeraient répondre en suivant une méthode journalistique.
15 angles journalistiques à traiter
Mi-février, nous avons désormais quinze groupes de deux à trois élèves avec chacun un angle à traiter.
Les angles traités à l’école Martin Schongauer :
Que mange-t-on à la maison d’arrêt de l’Elsau ?Quels sont les sucreries préférées des enfants de l’Elsau ?Que cultive-t-on dans les jardins partagés de l’Elsau ?Que mange-t-on dans les fast food de l’Elsau ?Les produits de base des épiceries de l’Elsau sont-ils plus chers qu’au supermarché ?Que mange-t-on pendant le ramadan ?Quels sont les aliments les plus mauvais pour la santé des enfants ?Pourquoi les jeunes de l’Elsau aiment-ils tant les tacos ? Sujets proposés par les collégiens de l’Elsau lors de leur deuxième séance, jeudi 18 février.
Les angles traités au collège Hans Arp :
Quand est-ce que le supermarché de l’Elsau va ouvrir ?Que peut-on manger dehors à l’Elsau ?Pourquoi le supermarché de l’Elsau a-t-il fermé ?Que cultive-t-on dans les jardins partagés de l’Elsau ?D’où viennent les produits dans le tacos d’O’Tacos ?Manger équilibré à l’Elsau, est-ce que ça coûte plus cher ?Les végétariens peuvent-ils avoir une alimentation complète à l’Elsau ? Sujets proposés par les collégiens de l’Elsau lors de leur deuxième séance, jeudi 18 février.
Après les vacances scolaires de février, les interventions de Rue89 Strasbourg se dérouleront non plus avec une classe entière, mais avec deux groupes. Ce changement de format nous paraît nécessaire pour accompagner aux mieux les élèves dans leurs premières interviews radio.
Les résultats de ces enquêtes elsauviennes seront publiés sur Rue89 Strasbourg. Selon l’évolution de la situation sanitaire, ils feront l’objet d’une écoute en présence des élèves et de leurs parents à la fin de l’année scolaire.
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Les parkings de Parcus sont engagés dans d’importants travaux de rénovation, pour se conformer aux nouveaux usages de mobilité et utiliser les technologies disponibles.
Les parkings de Parcus ne sont pas connus pour être les plus agréables de Strasbourg. L’entreprise, une Société d’économie mixte (SEM) de l’Eurométropole de Strasbourg, s’est donc engagée dans un vaste programme de rénovation de ses parkings depuis 2019.
Présidente de Parcus et conseillère municipale déléguée (Génération.s), Sophie Dupressoir détaille :
« Nous avons remarqué qu’il y a de plus en plus de voitures à Strasbourg mais de moins en moins d’utilisateurs. 95% des voitures garées restent dans l’espace public pour de longues périodes. Avec ces projets de rénovation, nous espérons réduire l’utilisation individuelle de la voiture et fluidifier la circulation dans le centre-ville. »
Déjà 3 parkings rénovés
Trois parkings de l’entreprise Parcus ont déjà été rénovés dans le cadre d’appels d’offres passés par l’Eurométropole de Strasbourg : le parking centre historique – Petite-France en 2019, le parking Saint-Nicolas en 2020 et le parking Broglie en 2021. Le parking Gutenberg rejoindra cette année la liste des parkings modernisés. Puis l’entreprise se concentrera sur les parkings d’Austerlitz et les deux parkings des Halles.
Le parking Petite-France après les travaux de rénovation de l’entreprise Parcus en 2019. Photo : Parcus
Créer une « expérience client »
Parcus aimerait créer une « identité propre » à chaque parking. « On a remarqué qu’un service personnalisé attirait plus de clients », affirme Pascal Jacquin, directeur général de Parcus.
Les murs du parking de Broglie ont ainsi été recouverts de plusieurs photos d’opéras et de ballets, grâce à un partenariat avec l’Opéra National du Rhin. Du coté du parking Gutenberg, l’entreprise publique a choisi d’exposer 273 typographies différentes pour rendre hommage à l’inventeur de l’imprimerie.
L’entreprise a aussi choisi d’élargir les places de parking de 40 cm pour garantir « le confort des usagers » et probablement pour se conformer à la prise de poids et de taille des véhicules individuels depuis quelques années. Une décision qui réduit, cependant, les possibilités de stationnements dans les parkings publics. Ainsi le nombre de places dans le parking Broglie est passé de 443 à 407.
Pascal Jacquin, Directeur général de Parcus, devant une œuvre développée en partenariat avec l’Opéra national du Rhin et exposée au parking Broglie. Photo : LC / Rue89 Strasbourg
Tandis que les véhicules grossissent, les gens perdent la mémoire semble-t-il. Parcus a donc installé des milliers de caméras pour que les utilisateurs retrouvent leur véhicule à l’entrée du parking, grâce à un dispositif qui scanne les plaques d’immatriculation.
Plus utile, Parcus prévoit d’installer d’autres services de proximité et de mobilité dans ses parkings, comme une armoire automatique de « dépose de colis. »
Se brancher sur les start-ups locales
Pour créer son « parking multi-services », Parcus a choisi de travailler en collaboration avec différentes start-ups locales. « Les bornes électriques viennent de notre partenaire Freshmile et l’application d’aide au stationnement d’Apila« , précise Pascal Jacquin.
En outre, Parcus prévoit de connecter ses données pour alimenter la base de données de la start-up « Prends ma place« , une application de mise en relation entre des propriétaires de places de parkings et des personnes recherchant une place pour se garer. Les places pour abonnés de Parcus sont complètes mais ils n’utilisent pas toujours leurs places à chaque instant de la journée, ce qui permettrait de dégager des places temporaires pour d’autres clients.
Pascal Jacquin, directeur général de Parcus, dans le parking à vélos de Broglie qui accueillera de nouvelles trottinettes électriques. Photo : LC / Rue89 strasbourg
De parking à « interface multimodale »
Chaque parking disposera de bornes pour les voitures électriques et de stations pour les vélos en location Vélhop. Dès mars, les parkings de Parcus proposeront des trottinettes électriques Knot, pour que les utilisateurs puissent plus rapidement circuler au centre-ville.
Pour ces différents travaux, Parcus prévoit un budget d’investissement de 650 000 euros hors taxes pour chaque parking rénové.
Avec le protocole sanitaire établi fin janvier, huit écoles primaires ne sont plus en mesure de proposer des repas chauds dans les réfectoires. Interpellée par des parents, la municipalité cherche des solutions pour que ces repas froids ne deviennent pas la norme.
Saumon aux épices accompagné de riz, de courgettes et de poivrons ; salade de pomme de terre aux cornichons, tomates et dés de fromage ; œufs durs suivis d’une salade de coquillettes ; salade de blé…. Les élèves de la petite section de maternelle à l’école de la Meinau ont mangé froid et dans leur classe du 15 au 19 février. À la rentrée en mars, cela devrait être le tour des moyens, puis la semaine suivante celui des grands. Du moins, c’est ce qu’indique un planning transmis aux parents daté jusqu’au… 30 juin 2021.
Depuis le 28 janvier en France, la distanciation physique recommandée sans masque pour limiter la propagation des variants du Covid-19 est passée de 1 à 2 mètres. Ce décret a ainsi chamboulé les protocoles sanitaires des cantines scolaires, puisque le port du masque est impossible en mangeant. De plus, seuls 4 élèves d’une classe peuvent manger à une même table contre 6 jusque-là.
Depuis le 1er février, des repas froids sont servis dans 8 écoles maternelles ou élémentaires de Strasbourg, le plus souvent dans les classes. Il s’agit de trois établissements de Hautepierre, cinq de la Meinau et un de Cronenbourg, ce qui concerne environ 300 enfants.
« Une question d’équité »
Pour Imène Sfaxi, présidente de l’Association des parents d’élèves indépendants de la Robertsau (Apeir), qui a appris la situation à la « commission menus » à laquelle elle participe, il y a un problème « d’équité » entre enfants Strasbourgeois :
« Le même tarif est toujours payé pour un repas moins qualitatif. Il y a des disparités entre quartiers, mais aussi dans une même famille, on peut se retrouver avec le plus petit qui mange froid et le plus grand qui mange chaud. La solution avait déjà été utilisée après le premier confinement, mais en plein hiver c’est davantage problématique. Il y a en plus un aspect psychologique néfaste à ne pas sortir de sa classe. Il ne faut surtout pas que cette situation provisoire se banalise. »
Comme plusieurs parents, elle propose d’explorer des options comme l’allongement de la pause, mobiliser d’autres lieux, faire appel à des restaurateurs…
L’objectif était de ne fermer aucune cantine
La conseillère municipale déléguée à la restauration scolaire, Soraya Ouldji, explique que « la priorité » avec ce cinquième protocole, était de ne fermer aucune cantine :
« Nous avons 126 sites de restauration scolaire, qui ont pu continuer d’accueillir tout le monde avec des repas chauds pour 94% d’entre eux. Nous avons instauré un roulement par semaine dans les écoles concernées pour que les enfants mangent chaud à tour de rôle. Par ailleurs, ces nouveaux protocoles demandent un peu plus de personnel, conjugués à plusieurs absences pour cause de maladie. Il a fallu embaucher environ 100 vacataires. Enfin, la restauration scolaire est très normée. Par exemple, la nourriture ne doit jamais descendre en-dessous de 63 degrés, donc il n’était pas possible d’apporter les plats dans les classes. Il s’agit souvent d’écoles en délestage, c’est-à-dire où les enfants mangent sur d’autres lieux, qui se trouvent à leurs limites de capacité. »
Xavier Schneider, président de la FCPE du Bas-Rhin, n’accable pas la municipalité :
« On comprend qu’on ne peut pas étendre les réfectoires à l’infini. Il n’y a pas eu de menace de fermeture totale comme ça s’est fait dans d’autres villes ».
Selon le représentant de parents, les écoles en Alsace font face à un « problème de bâti » plus plus large :
« Les locaux ont été dimensionnés pour des classes où une grande partie des enfants étaient cherchés le midi par les parents, les grands-parents ou les nounous, ce qui est moins le cas ».
Il convient que le repas froid n’est « pas idéal » et que c’est le moment « d’être inventif ».
Des classes dédoublées, des protocoles compliqués
Davantage mobilisé, Stéphane Bouabout, parent d’élèves à la Meinau, a lancé un collectif de parents et a déposé la première « pétition citoyenne » du mandat, reconnue par la Ville de Strasbourg. Pour l’ancien militant et co-listier LREM aux municipales (il a quitté le parti à l’automne), il faut appliquer le « quoiqu’il en coûte » à la question de la restauration scolaire :
« Les établissements concernés sont souvent des écoles REP (Réseau d’éducation prioritaire) ou REP+, où la cantine le midi est parfois le seul repas chaud pour certains enfants. Je ne veux pas engueuler les écolos, mais leur dire qu’en se mettant au travail ensemble, on va trouver des solutions. Il faut aussi voir ce qui est possible vis-à-vis de l’Alsacienne de restauration. Un contrat, on peut le modifier avec des avenants. »
Stéphane Bouabout se dit plutôt satisfait de la tonalité des premiers échanges avec la municipalité. Côté Ville de Strasbourg, le fait que les écoles de quartiers populaires soient davantage concernées s’explique en partie par le dédoublement des classes de CP et CE1 en zone REP et REP+. Leurs classes ne comptent que 14 à 16 élèves, mais cela se complique dans les cantines où les classes ne doivent pas être mélangées.
Les cantines de plusieurs écoles de quartiers populaires de Strasbourg ne sont pas en mesure de respecter le dernier protocole sanitaire Photo : archives Rue89 Strasbourg
Des solutions promises au printemps
À Strasbourg, la restauration scolaire ne rencontre pas de baisse des inscriptions en septembre ou depuis le deuxième confinement. « En novembre, on avait envoyé un message aux parents pour suggérer à ceux qui le peuvent de prendre leurs enfants le midi, car le protocole se renforçait, mais cela n’a eu aucun effet. Les familles qui inscrivent leurs enfant n’ont pas le choix », ajoute Soraya Ouldji.
La conseillère municipale convient que la situation n’est pas idéale et qu’il faut y remédier :
« Les deux semaines de vacances tombent à point nommé pour ne plus seulement gérer le quotidien, mais aussi travailler à des solutions avec les services. On devrait pouvoir faire des propositions pour mars ou avril. »
L’élue, elle-même parent d’élève, préfère ne pas s’avancer sur les pistes à l’étude de peur de créer des déceptions. Quant au planning transmis jusqu’à juin, « c’est une garantie que les cantines ne fermeront pas, quels que soient les futurs protocoles », répond-elle.
La nouvelle municipalité a fait de « l’équité territoriale » un point important du mandat, avec un adjoint à la maire dédié à cette question. Le problème actuel est un exemple de ce qui attend les écologistes. Le point devrait être abordé en « question d’actualité » en fin de conseil municipal lundi 22 février, à suivre en direct-vidéo sur Rue89 Strasbourg.
Second appel pour une « bike parade » samedi 20 février à Strasbourg. Cette « expérience son et lumière » avait réuni une centaine de participants en janvier.
Le DJ strasbourgeois, Dimitri Rossi, renouvelle son appel pour une « bike parade », nommée « Bike’n’Sound », dans les rues de Strasbourg samedi 20 février. Une techno-parade à vélo qui permet de « faire la fête ensemble tout en respectant les mesures barrières », affirme-t-il.
L’évènement « Bike n Zen » a réuni une centaine de personnes samedi 9 janvier. Un nombre qu’espère doubler Dimitri Rossi samedi 20 février. Photo : Fiona Bernhardt / doc remis
Une première édition réussie
En janvier, une centaine de cyclistes avaient participé à l’évènement, nommé « Bike’n’Zen ». Leurs vélos étaient décorés et illuminés pour l’occasion. Une manifestation qui s’est déroulée sans incident selon l’organisateur, malgré la présence au même moment d’une manifestation revendicative. « La police est intervenue deux fois pour nous séparer suite à des plaintes concernant le bruit mais il n’y a eu aucune interpellation ou amende », précise Dimitri Rossi.
A intervalles réguliers, la bike-parade s’arrête, moins de 30 minutes à chaque fois. Photo : Fiona Bernhardt / doc remis
Manifestation environnementale et performance artistique
Pour cette seconde édition, l’organisateur a choisi de déclarer son évènement comme une manifestation auprès de la préfecture. Le thème revendicatif est le « respect des engagements climatiques des accords de Paris de 2015 » et « la baisse des émissions de carbone à travers une utilisation plus fréquente du vélo. » Dimitri Rossi espère ainsi doubler voire tripler le nombre de participants.
Cet évènement reste cependant d’abord un regroupement festif et musical. « Nous ne sommes pas un groupe politique, notre premier but reste de faire du vélo et d’écouter de la musique », précise Dimitri Rossi. Ce « concert en mouvement » est en effet l’occasion pour le DJ, qui ramènera ses propres enceintes et ses platines, de jouer et de rencontrer ses fans :
« Avec la situation sanitaire, on a peu d’occasion pour se produire. Cette manifestation nous permet de nous faire de la publicité. »
Une manifestation « Covid compatible » selon les organisateurs. Photo : Fiona Bernhardt / doc remis
Le lieu de départ tenu secret
Le rendez-vous sera révélé samedi à 13h30 au dernier moment aux participants inscrits à l’évènement Facebook et au compte Instagram « bikensound ».
Pour l’itinéraire, l’organisateur a prévu de rallier la place de l’université et le musée d’Art moderne de Strasbourg via le Parlement européen, le parc de l’Orangerie, le parc de la Citadelle, le parc Heyritz et le square Louise Weiss. Dimitri Rossi précise néanmoins :
« Notre parcours est encore en réflexion. Cependant nous allons essayer d’éviter le centre ville et les endroits très fréquentés pour ne pas déranger les strasbourgeois. Nous ne restons jamais longtemps au même endroit. »
Vingt ans après les premiers engagements internationaux pour rétablir la libre circulation des poissons migrateurs dans le Rhin, le saumon est de retour. Mais la France lui barre encore le chemin.
En 2001, les quatre pays sur le passage du Rhin, à savoir les Pays-Bas, la France, la Suisse et l’Allemagne, se sont engagés au sein d’une instance commune, la Commission internationale pour la protection du Rhin (CIPR), à rétablir la continuité écologique du fleuve, de son embouchure dans la mer du Nord aux Pays-Bas, jusqu’à ses chutes à Bâle en Suisse. Autrement dit, le plan Rhin 2020 devait restaurer la libre circulation des poissons migrateurs dans le fleuve, entravée depuis les années 1950 par la multiplication des barrages.
Symbole de cet objectif, le saumon devait revenir se reproduire dans le Rhin. Ce plan concerté devait permettre aux quatre États de se mettre en conformité avec une directive européenne prise en 2000 – dite « directive Eau » –, qui enjoint à restaurer le bon état de tous les fleuves européens. Vingt ans plus tard, les progrès sont timides.
À ce jour, 600 obstacles ont été démantelés ou équipés de passes à poissons (dispositifs de franchissement de barrages), pour que les migrateurs puissent remonter en amont du fleuve. Parmi eux, en France, six grands barrages d’EDF ont été équipés entre 2001 et 2019 : Iffezheim, Gambsheim, Strasbourg et Gerstheim sur le cours principal du Rhin ; Brisach et Kembs à l’entrée et à la sortie du Vieux-Rhin – le bras sauvage du fleuve, qui est parallèle au grand canal du Rhin, au sud de l’Alsace.
Coût de ces aménagements : 55 millions d’euros, financés par EDF et l’Agence de l’eau Rhin-Meuse, institution publique sous la tutelle de l’État. L’Ill, affluent du Rhin, et ses prolongements la Fecht et la Bruche ont aussi été aménagés.
La passe à poissons du barrage hydroélectrique de Strasbourg contourne les écluses grâce à un système de bassins en escaliers et à une rivière artificielle (Photo EDF Airdiasol – Rothan).
Une souche de saumon rhénan
Ces efforts ont produit leurs effets. En 2020, plus de 200 saumons adultes ont été décomptés à la station d’observation d’Iffezheim. À ce jour, les alevins de saumons relâchés dans le fleuve sont de plus en plus nombreux à être issus de saumons naturellement revenus dans le Rhin.
Chaque année, des fermes piscicoles prélèvent quelques dizaines de gros saumons revenus de l’Atlantique Nord pour les faire se reproduire en captivité, avant de relâcher leurs petits dans le fleuve. Dans les années 1990, ces alevinages provenaient entièrement de saumons de la Loire. Aujourd’hui, ces derniers ne représentent plus que le quart des réintroductions. Une souche de saumon rhénan émerge donc lentement.
L’association Saumon Rhin, en charge du suivi de la réintroduction des poissons migrateurs, observe même des dizaines de nids sauvages dans l’Ill et ses affluents. Jean-Frank Lacerenza, directeur de Saumon Rhin, se veut optimiste :
« Nous les découvrons dans un périmètre de plus en plus large, ce qui est le signe que la continuité écologique du Rhin progresse bien. »
Un saumon adulte peut mesurer plus d’un mètre de long. Photo : Cock-Robin / Pixabay
Mais qu’on ne s’y trompe pas, cette continuité écologique du fleuve bute encore sur de sérieux obstacles, en amont de Strasbourg. Depuis le début du programme, Pays-Bas, Allemagne et Suisse n’ont pas ménagé leurs efforts pour atteindre leurs engagements.
Les Pays-Bas ont par exemple ouvert en 2018 les écluses de Haringvliet – au sud de Rotterdam –, permettant aux migrateurs d’entrer dans le fleuve à son embouchure, à coût de millions d’euros. L’Allemagne a quant à elle aménagé les réseaux de petits affluents de la région de Fribourg-en-Breisgau, et la Suisse, ses affluents en amont du Vieux Rhin. Autant d’efforts vains face au retard pris par la France en ce qui concerne ces énormes et infranchissables barrages de Rhinau, Marckolsheim et surtout Vogelgrun.
Les équipements d’EDF sur le Rhin Photo : carte EDF / doc remis
Les louvoiements de la France
Pourtant, dès 2013, la France s’était formellement engagée à équiper ses grands barrages de Rhinau et Marckolsheim. Mais elle a ensuite clairement traîné des pieds et même tenté de louvoyer. D’abord dès 2015, elle défend un projet de passe à poissons mobile, évitant les lourds travaux d’équipement de ses trois gros barrages. L’idée ? Capturer les poissons en aval de Rhinau, pour les transporter en bateau en amont de Volgelgrun et les relâcher dans le Vieux Rhin, à l’habitat plus propice que celui du grand canal. De là, les poissons peuvent poursuivre leur route jusqu’à Kembs, déjà équipée, puis jusqu’en Suisse et donc théoriquement jusqu’à la ligne d’arrivée symbolique de Bâle. Tollé dans le monde scientifique et chez les ONG de défense de l’environnement. Le projet, jugé trop artificiel, est retoqué.
Puis c’est silence radio. La France n’avance plus aucune proposition. En décembre 2018, une coalition de 35 ONG, Salmon Come Back, décide de saisir la Commission européenne au sujet de l’inertie française. Convaincue par leurs arguments, l’institution rappelle la France à ses obligations l’été suivant : celle-ci n’a ni calendrier, ni plan de financement à présenter pour mettre en place ses engagements.
Rhin Vivant pour contourner les barrages
Lors d’un point d’étape de la Commission internationale pour la protection du Rhin (CIPR) à l’été 2019, la France avance alors un nouveau scénario qui lui permettrait une fois de plus de se soustraire à l’aménagement des trois barrages. Cette fois, elle propose de miser sur son nouveau plan « Rhin Vivant » de 40 millions d’euros, porté par l’Agence de l’eau Rhin-Meuse, donc l’État, pour reconnecter les petits bras contournant le cours du fleuve principal du Rhin.
Selon les Français, ces aménagements suffiraient à rendre accessible le Vieux Rhin en évitant les trois barrages. Un projet louable pour restaurer des habitats propices aux migrateurs, mais qui ne compenserait en rien la nécessité de faire remonter les poissons en amont de Rhinau et Marckholsheim. Car l’attractivité des petits cours d’eau ne pèse pas grand-chose face à celle du fort débit du cours principal du fleuve.
C’est raté pour Bâle 2020, la France s’engage pour 2040
C’est raté donc, pour l’objectif « Bâle 2020 », qui visait à rétablir la continuité écologique du Rhin. Échec dont le retard de la France porte toute la responsabilité.
En février 2020, lors du rendez-vous interministériel de la CIPR, qui se tient tous les six ans, Pays-Bas, Suisse et Allemagne obtiennent in extremis une avancée significative de la France. Le pays s’engage dans le nouveau plan Rhin 2040 sur un calendrier de mise en service des passes à poissons de Rhinau en 2024 et Marckolsheim en 2026.
Puis, à la surprise générale, le plan de relance économique du gouvernement annoncé en septembre 2020 comporte une enveloppe de 80 millions d’euros pour aménager les deux barrages. Un calendrier, un plan de financement, l’aboutissement de vingt ans de tergiversations se dessine.
Pour Jean-Franck Lacerenza, le franchissement des barrages de Rhinau et Marckolsheim a du sens :
« La circulation des poissons dans ce tronçon du Rhin leur donnera accès, moyennant quelques autres aménagements en cours, à toutes les rivières des environs de Freiburg, à l’habitat propice. »
Les bassins en escaliers de la passe à poissons du barrage hydroélectrique d’EDF à Gerstheim. Photo : EDF
Les plus grandes passes à poissons de France
EDF a débuté les études pour l’aménagement des barrages de Rhinau et Marckolsheim. Régis Thevenet, directeur des concessions et de l’environnement à Hydroest, la branche hydraulique d’EDF, explique :
« Les passes à poissons de deux barrages devraient être assez similaires mais un peu plus complexes que celle de Strasbourg. Il y aura des dizaines de bassins en escaliers qui passeront au-dessus de l’usine pour franchir une hauteur d’eau de 13 mètres. La grosse différence, c’est que cette fois, il faut attirer les poissons sur les deux rives à la fois, puis mener ceux arrivés de la rive gauche jusqu’au dispositif de franchissement situé rive droite, par un canal. Nous visons la fin des études pour fin 2021. Les deux chantiers devraient commencer à un intervalle de six mois. Il s’agira des plus grandes passes à poissons jamais conçues en France. »
L’impossible passage de Vogelgrun
Restera l’arlésienne du barrage de Vogelgrun, d’une conception beaucoup plus vieille et beaucoup plus difficile à aménager. Depuis des années, un groupe de travail de la CIPR cherche des solutions. L’une consisterait à faire monter les poissons au-dessus du barrage de 13 mètres, mais la redescente pose problème, prévient Jean-Franck Lacerenza :
« On ne sait pas faire descendre les poissons. À l’arrivée, ils seraient perdus et déstabilisés par les variations et chercheraient à refaire le chemin inverse, plutôt que de poursuivre leur route. »
La deuxième hypothèse consiste à faire passer les poissons sous le barrage à travers un tunnel de plusieurs centaines de mètres. Là non plus, l’efficacité ne serait pas au rendez-vous, poursuit le directeur de Saumon Rhin :
« Il y a une barrière comportementale pour les poissons à s’engager dans un si long tunnel immergé. Par ailleurs, la variation de la température de l’eau, des deux côtés d’une telle passe, serait trop perturbante pour les migrateurs qui deviendraient des proies. »
Dans le nouveau Plan Rhin 2040 de la CIPR, aucune date n’est avancée pour la concrétisation de la passe à poissons de Vogelgrun. Les rivières suisses attendront donc pour recevoir les migrateurs dans les espaces qu’elles ont aménagés.
La question de la dévalaison laissée de côté
Lors de l’annonce des priorités du plan de relance, Alsace Nature s’est inquiétée que les efforts se concentrent uniquement sur l’aménagement du Rhin principal au détriment du soin de ses annexes, où se situent les habitats des poissons.
Les alevins de saumon qui évoluent dans le Rhin sont de plus en plus souvent originaires du fleuve. Photo : Pop H / Flickr / cc
En outre, les technologies actuelles ne permettent pas aux poissons de redescendre en sécurité en aval des barrages. Jean-Franck Lacerenza souligne :
« 10% des poissons meurent en passant les turbines de chaque barrage. D’autres sont gravement blessés. Donc à l’arrivée, il n’en reste plus beaucoup. »
Les saumons adultes qui remontent le Rhin décèdent naturellement après la reproduction. Mais les difficultés de dévalaison impactent leurs petits, ainsi que les anguilles principalement. Si les efforts de la France pour permettre la remontée des poissons se font enfin sentir, le problème de leur dévalaison, c’est-à-dire de leur redescente vers la mer, reste donc entier.
Les résultats provisoires des élections universitaires ont été dévoilés mercredi 17 février au soir. Sans surprise, la liste » Faire ensemble l’Université », soutien du président de l’Unistra, Michel Deneken, remporte le plus de sièges, tous conseils confondus.
Les élections universitaires qui se sont déroulées par voie électronique du lundi 15 au mercredi 17 février ont abouti à la victoire de la liste « Faire ensemble l’Université. » Cette liste, qui soutient la candidature de Michel Deneken à la présidence pour un second mandat, obtient 34 des 117 sièges sur les trois conseils : Conseil d’administration (CA), Commission de la formation et de la vie universitaire (CFVU) et Commission de la recherche (CR).
Un résultat favorisé par l’absence d’une liste « Refonder » aux élections du Conseil d’administration (CA). Cette deuxième liste remporte tout de même 7 sièges à la commission de la formation et de la vie universitaire (CFVU) et 13 sièges à la commission de la recherche (CR).
Le CA toujours imprenable
Cette année encore, la liste « Faire ensemble l’Université » remporte le plus de voix au conseil d’administration (CA). Cette dernière a obtenu 11 sièges sur 37, à travers les collèges A et B qui représentent les enseignants. Face à elle, aucune réelle opposition. En l’absence de « Refonder », les plus petites listes comme celle de la CFDT et de l’Unef, n’ont réussi à obtenir qu’un ou deux sièges.
Des chiffres qui laissent peu de doute sur l’identité du futur président de l’Université de Strasbourg, qui sera élu le 19 mars prochain par le nouveau CA. Michel Deneken étant le principal candidat à sa réélection. Le 9 mars, les personnalités extérieures, membres du conseil d’administration, seront également élues. Le vice-président le sera quant à lui le 30 mars.
« Refonder » n’obtient pas la majorité à la CR ni au CFVU
La liste « Refonder » avait tout misé sur les élections à la Commission de la formation et de la vie universitaire et la commission de la recherche. Elle arrive cependant troisième au CFVU avec 7 sièges sur 40 et se fait dépasser par son opposant « Faire ensemble l’université » d’un siège. Pour ce conseil c’est, en effet, la Liste « AFGES – Change ton campus avec les amicales et BDE » qui, avec 10 sièges, remporte la majorité des places au CFVU.
Concernant la Commission de la recherche, les deux opposants, « Refonder » et « Faire ensemble l’université », sont au coude à coude avec respectivement 13 et 14 sièges.
Peu de participation étudiante
Selon l’Université de Strasbourg, le taux de participation aux élections reste stable depuis 2016. Le nombre de votants est, cependant, plus important pour les deux collèges enseignants avec une moyenne de 70% de participation pour 6 050 inscrits.
Les étudiants ont été peu présents lors de cette élection, leur taux de participation avoisinant les 8% pour 55 148 inscrits. Une situation qui se répète chaque année, la mobilisation électorale restant l’un des enjeux importants du monde étudiant.
Un collectif d’associations, notamment de Gilets jaunes, appellent à une nouvelle manifestation samedi 20 février à Strasbourg, contre les restrictions sécuritaires et sanitaires. Ils prévoient de passer la nuit dans le quartier européen.
Un collectif de plusieurs personnes, dont des Gilets jaunes, organise une manifestation d’une journée complète, du samedi 20 au dimanche 21 février, à Strasbourg. L’objectif de cette mobilisation « d’ampleur internationale » selon ses promoteurs, est de protester contre les mesures sanitaires décidées et maintenues par le gouvernement depuis l’irruption du coronavirus, et contre les projets de loi sécuritaires. Elle a été relayée dans plusieurs groupes et QG de Gilets jaunes et de syndicats, y compris hors d’Alsace.
Mike, l’un des organisateurs, détaille :
« C’est une manifestation qui concerne tout le monde, tous ceux qui en ont marre de ces mesures de restriction qu’on nous impose depuis la pandémie : le couvre-feu, le port du masque généralisé, les privations de liberté, etc. Tous les jours, on se rapproche un peu plus d’une dictature. »
Une nuit de protestation
Contrairement aux précédentes mobilisations, le collectif entend faire durer la manifestation pendant 24 heures, dans le quartier des institutions européennes. Mike précise :
« Oui c’est long mais c’est pour bien montrer qu’on en a marre, on est à bout. On veut retrouver nos vies et s’il faut passer une journée pour que le gouvernement le comprenne, ce ne sera pas inutile. »
Le point de départ de cette manifestation a été fixé samedi, à 11h30 place de l’Étoile puis, rue de la Brigade Alsace Lorraine, place d’Austerlitz, rue des Orphelins, rue de Zurich, quai des Pêcheurs, allée Brant et allée de la Robertsau, pont de la Dordogne, place de Bordeaux et arrivée place Adrien Zeller. Initialement, la manifestation visait le Parlement européen et devait débuter place Kléber mais, depuis plusieurs mois, la préfecture refuse systématiquement aux manifestants l’accès au centre-ville.
À l’issue de ce trajet, un groupe devrait se retrouver pour prolonger la mobilisation dans le quartier européen jusqu’au dimanche, 13h.
La rédaction de Rue89 Strasbourg est composée de journalistes toutes et tous prêts à écouter les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois pour parler des sujets qui les intéressent. Notre existence et notre moral dépendent du nombre d’abonnements pris pour nous soutenir. 🙏⤵
Les conducteurs de bus de Keolis Striebig sont en grève depuis lundi 15 février, à l’appel de la CGT et de la CFDT. Ce mouvement social perturbe le trafic sur certaines lignes de la CTS.
Mercredi 16 février, une dizaine de conducteurs en grève de Keolis Striebig, une entreprise régionale de transports en commun rachetée en 2014 par le groupe Keolis, étaient réunis devant le dépôt du Port du Rhin, rue de Cherbourg à Strasbourg. Des mouvements similaires ont eu lieu aux dépôts d’Illkirch-Graffenstaden et de Molsheim. Selon Foudhil Benhalima, conducteur de bus et représentant des salariés (CFDT) chez Keolis Striebig, ce mouvement a réuni environ « 70 participants sur les trois sites, dans une ambiance de solidarité ».
Des tracts mais pas de blocage
Divisé en trois groupes, les grévistes se relaient toute la journée pour distribuer des tracts aux autres employés mais aussi discuter sous leur tente et partager quelques grillades. Un mouvement qui se poursuit même la nuit. « Cela est nécessaire et ça ne nous dérange pas », affirme Foudhil Benhalima, tandis que ses camarades acquiescent.
Un mouvement qui perturbe certaines lignes de bus de la CTS (voir ci-dessous), la compagnie strasbourgeoise ayant sous-traité une partie de son service à Keolis Striebig. La circulation des cars du réseau fluo Grand Est et des cars scolaires, desservant notamment des établissement en campagne, est aussi perturbée par cette grève.
La circulation des bus conduits par des employés non-grévistes n’est pas entravée, précise Bouchaib Amavir, délégué syndical de la CFDT. « Les autres conducteurs respectent notre mouvement, donc nous respectons leur choix de travailler » ajoute Foudhil Benhalima.
Les grévistes s’étaient réunis, mercredi 17 février, devant le centre d’exploitation du sous-traitant Keolis Striebig pour distribuer des tracts et faire valoir leurs droits. Photo : LC / Rue89 Strasbourg
Prime de vacances et même temps de travail
Leur première revendication : une prime de vacances de 500 euros par an. Cette demande « ne sort pas de nulle part », explique Bouchaib Amavir. Les employés « sédentaires » (administratifs) ont obtenu une augmentation de salaire de 40 euros par mois lors des négociations annuelles. Les employés « roulants » n’ont pas été augmentés, les grévistes demandent de rétablir une forme d’équité salariale avec cette prime de vacances, au même niveau que les administratifs. « Les conducteurs sont importants, ils forment le poumon de l’entreprise », affirme Foudhil Benhalima.
Foudhil Benhalima, conducteur de bus depuis 12 ans et représentant des salariés, réclame plus d’équité salariale et de meilleures conditions de travail. Photo : LC / Rue89 Strasbourg
Autre inégalité : le temps de travail de certains employés inclut les « temps annexes » (temps de battement, de changement d’uniforme, d’attente) alors que ces moments ne sont pas payés pour d’autres. Ces disparités existent également au sein d’employés appartenant au même service. L’intersyndicale demande à l’entreprise d’harmoniser les modes de calcul du temps de travail mais aussi les primes versées aux employés.
Le conducteur de bus CFDT dénonce aussi la multiplication des contrats précaires au sein de l’entreprise et la désuétude des véhicules « qui ne sont plus aux normes environnementales et n’assurent pas la sécurité des voyageurs ». « Cette entreprise gagne beaucoup d’argent mais ne veut pas en donner », s’offusque Foudhil Benhalima. « Si rien n’est fait, nous continuerons notre mouvement jusqu’en juin, » prévient-il.
Le directeur « esquive » les revendications
Les grévistes ont déjà porté leurs revendications à l’attention de la direction du groupe Keolis Striebig à l’occasion des négociations annuelles obligatoires de 2019, mais sans succès. « On a tenté de temporiser », souligne Foudhil Benhalima. Cependant le président Martin Godefroy n’a pas donné suite à leurs revendications. Une absence de dialogue qui a contribué à la dégradation du climat social dans l’entreprise, fondée par Hubert Striebig puis repris par son fils en tant que directeur général adjoint, qui a mis fin à ses fonctions il y a « 4 ou 5 ans » selon l’administration de Keolis Striebig. Foudhil Benhalima confie que « les contacts avec la direction se sont tendues depuis et que cela accentue les disputes entre les employés. »
Une situation qui est aussi due « à des loyers et des frais exorbitants payés par la filiale Striebig Autocars à son employeur, le groupe Keolis, » croit savoir le syndicaliste. Contactée, la direction de Keolis Striebig n’a pas répondu à nos appels.
À travers le mouvement #SciencesPorcs, de nombreux témoignages font état de harcèlement et d’agressions sexuelles au sein des Instituts d’études politiques, dont celui de Strasbourg. Pourquoi ces institutions sont particulièrement concernées ? Enquête.
« Désolée c’est un peu le bordel, j’ai dû rattraper tous les cours que j’ai loupés la semaine dernière. » Loriane Guidal, présidente de l’association Arc en Ci.elles à Sciences Po Strasbourg nous accueille chez elle. Depuis plusieurs jours, le téléphone de cette étudiante de 21 ans n’arrête pas de sonner. Elle enchaîne les rendez-vous avec la direction de l’Institut d’études politiques (IEP) strasbourgeois, contacte les médias et s’attèle à sa priorité : accompagner les victimes qui sollicitent l’association.
Tout a commencé avec la publication le 8 février sur Instagram d’un post d’Anna Toumazoff, militante féministe, du témoignage d’une élève de Sciences Po Toulouse qui aurait été victime d’une agression sexuelle lors d’une soirée d’intégration. La jeune femme a depuis porté plainte et une enquête préliminaire a été ouverte. Quelques jours plus tard, le hashtag #SciencesPorcs créé par Anna Toumazoff, devient viral sur les réseaux sociaux. Depuis, une centaine de témoignages ont été rendus publics, dont une dizaine dénonçant des faits qui se seraient déroulés à Sciences Po Strasbourg.
Post Instagram du compte « memespourcoolkidsfeministes », géré par la féministe Anna Toumazoff, à l’origine du hashtag #SciencesPorcs.
Cette semaine a marqué un tournant décisif, estime Loriane Guidal : « On n’a jamais été soutenues comme on l’est maintenant. » Active dans l’association depuis 2017, elle était jusqu’à présent cantonnée à l’image de la « féministe hystérique » pour une partie des étudiants selon elle.
Désormais, les gens se rendent compte du travail qu’elle et les autres membres du collectif mènent. « Notre mobilisation ne date pas de cette campagne. On est obligées d’être en colère toute l’année » affirme-t-elle avec conviction.
Rassemblement de soutien aux victimes de harcèlements et d’agressions sexuelles devant Sciences Po Strasbourg, le 12 février 2021 (photo JFG / Rue89 Strasbourg).
Un prof déjà sanctionné et une affiche détournée
Ces dernières années, Rue89 Strasbourg avait déjà révélé plusieurs affaires de violences sexistes au sein de l’institution strasbourgeoise. Dans un article publié en 2017 d’abord, lorsque le blog « Paye ta fac » publie des propos sexistes tenus dans les universités et en l’occurrence, à l’IEP de Strasbourg. Y sont notamment mentionnées, les sorties d’un professeur d’histoire, connus pour ses propos discriminants. Le collectif Copines (renommé Arc En Ci.elles depuis) avait recueilli une quarantaine de témoignages afin de les présenter à la direction. Le directeur de l’époque, Gabriel Eckert, publie alors un communiqué condamnant fermement que de « tels propos aient pu être tenus dans une institution attachée à la défense des principes fondamentaux que sont l’égalité et le droit au respect de chacun. »
Suite à ces faits, le professeur reçoit un avertissement de la direction et doit lire une lettre d’excuses au début de chacun de ses cours. Il est toujours en poste mais n’enseigne plus, en raison d’un arrêt maladie longue durée, selon Jean-Philippe Heurtin, directeur de Sciences Po Strasbourg depuis septembre 2020.
En 2018, une nouvelle affaire éclate. Elle concerne une affiche déposée par l’association féministe quelques jours avant un week-end d’intégration, afin de rappeler la notion de consentement. Il y est écrit : « Si c’est pas oui, c’est NON ». L’affiche est alors taguée d’un « Ou c’est peut-être ». Une preuve, selon le Collectif Arc En Ci.elles, de l’existence d’une « culture du viol » prégnante au sein de l’institution.
En 2018, une affiche posée par une association féministe pour rappeler le consentement a été tagguée
Une charte et une adresse mail font la fierté de la direction
Déjà en 2018, le collectif réclamait que des mesures fortes soient prises pour lutter contre les violences sexuelles. En réponse, la direction de l’époque affirme que « le consentement est abordé dans les actions de l’IEP » et que des dispositifs sont mis en place. Les dispositifs en question sont une charte « pour l’égalité et la lutte contre les discriminations », ainsi qu’une cellule d’écoute et d’accompagnement, qui se révèle être… une simple adresse mail.
Une fierté pour l’administration qui se décrit pourtant comme « pionnière » dans l’installation de cet outil : « On était déjà dans les starting-blocks, car c’est un dispositif sur lequel on planche depuis plus d’un an. Alors que peu d’universités en France ont eu le temps de le faire. On s’engage à répondre à l’e-mail dans les 48 heures » ventait Isabelle Kraus, alors vice-présidente de l’Université chargée de la mission égalités-diversité lors d’un entretien accordé à Rue89 Strasbourg en 2018.
Autre réponse de l’administration à l’époque : la création d’un poste de « déléguée à l’égalité et à la lutte contre les discriminations ». Depuis 2018, c’est Hélène Bronnenkant, magistrate administrative indépendante, qui occupe cette fonction à Sciences Po Strasbourg. Avec une permanence de… une heure par mois. Un temps de présentiel quasi-inexistant qu’elle justifie :
« Personne ne vient frapper à ma porte directement. Il y a une boîte aux lettres, les étudiants peuvent me contacter par mail ou par téléphone et nous convenons d’un rendez-vous à mon bureau ou dans un endroit plus neutre. »
Si les différentes directions qui se sont succédées à la tête de l’IEP se sont toutes félicitées de ces actions, les témoignages que nous avons pu recueillir en février 2021, eux, font toujours état d’une ambiance lourde et délétère. Avec les mêmes mécanismes qui perdurent et qui conduisent souvent aux mêmes drames.
Des rites de passage décriés : « un malaise »
À commencer par les événements organisés par les associations étudiantes qui semblent être, pour la plupart, les lieux où sont perpétrés les faits de harcèlements et de viols.
Selon Hélène Bronnenkant, ces évènement relèvent de l’ordre du « rite de passage », des « rouages de l’intégration » qu’il faut passer pour ne pas se sentir marginalisé. Les associations font partie intégrante du système, « un peu comme à l’américaine », avec des jeux d’influences et de pouvoir, analyse-t-elle.
« Balance ton Crit » : devant Sciences Po Strasbourg, le 12 février 2021, des étudiantes soutiennent les victimes et dénoncent les fameux Crit, ces tournois sportifs annuels opposant les différents IEP. Des évènements qui ont donné lieu dans le passé à des débordements (photo JFG / Rue89 Strasbourg).
Comme nous le révélions également en 2019, des propos sexistes, racistes et négationnistes ont été proférés lors du Critérium inter-IEP, ou « Crit », un tournoi sportif annuel opposant les différents IEP français. Un élève de première année témoignait, expliquant qu’il s’agissait d’une forme de « folklore » appuyé par « un effet de groupe » : « Le Crit c’est quelque chose de festif, c’est un espèce de microcosme ».
Suite à cet épisode, Hélène Bronnenkant a eu l’occasion d’échanger avec une étudiante qui lui expliquait pourquoi, elle aussi, avait participé aux chants antisémites : « On leur a dit de chanter ces chants, ça faisait partie du rituel, alors ils l’ont fait. Il y a une sorte de banalisation du mal et des choses intolérables ». C’est ce que confirme Capucine (prénom modifié) qui a assisté à ces chants : « Quand tout le monde chante, il y a une sorte de malaise. Mais si tu parles, t’es qu’un sale traître ».
La magistrate ne s’imaginait pourtant pas que ces discours puissent trouver leur place au sein d’une telle institution : « Je partais du principe qu’à Sciences po, ce sont des élèves triés sur le volet, qui aiment le débat et qui sont ouverts” se remémore-t-elle. Puis, elle a pris connaissance des diverses dérives :
« Je me suis rendue compte du fossé entre l’image véhiculée par les étudiants et les choses dont ils étaient capables. Je parle d’un petit groupe de fortes têtes, de têtes brûlées, constitué de jeunes hommes. Ils entrent dans une école prestigieuse et ont du mal à mesurer leurs limites. Ils ont un sentiment de toute puissance et d’impunité ».
Soirées alcoolisées, ambiance viriliste et sexe décomplexé
C’est ce que confirme Baptiste (prénom modifié), élève de l’IEP de Strasbourg jusqu’en 2018. Il évoque une ambiance « très viriliste » lors des différents événements organisés par les associations étudiantes.
« Il y a une injonction à faire la fête. Lors des week-end d’intégration, le but était de boire et de baiser. C’est un cadre alcoolémique qui crée des situations plus favorables pour les agresseurs, pouvant susciter des relations où le consentement n’est pas éclairé. »
Baptiste, ancien étudiant de l’IEP de Strasbourg.
Il observe alors un phénomène de « meutes masculinistes », même s’il reconnaît une évolution au fur et à mesure de sa scolarité notant une diminution des « groupes toxiques ».
Actuellement en troisième année, une étudiante souhaitant rester anonyme raconte que les filles en première année seraient parfois considérées « comme de la chair fraîche à laquelle les élèves des promotions supérieures doivent goûter ».
Quant à la responsabilité de ce qu’il se passe lors de ces soirées « privées », chacun se renvoie la balle. Hélène Bronnenkant considère qu’il ne « peut y avoir un officiel de l’IEP dans chaque soirée ». Et Loriane Guidal refuse, en tant que présidente du collectif Arc En Ci.elles, de faire remonter à l’administration les faits qui lui sont rapportés si la victime s’y oppose.
Le culte de la rumeur : bruits de couloirs et potins
Chacun des témoins que Rue89 Strasbourg a pu interroger évoque les « bruits de couloirs », les « rumeurs », « les on-dit » qui circulent et se transmettent d’une promotion à l’autre, concernant les identités des victimes et des agresseurs présumés, générant un climat de suspicion et d’insécurité dès l’entrée à l’école.
Baptiste a été particulièrement marqué lorsque son nom est apparu dans la rubrique « Potins » du journal de l’école, intitulé « Propos ». Il s’agissait d’une page divulguant indirectement la vie privée des étudiants :
« Il n’y avait pas le nom des gens, mais on savait lire entre les lignes et on pouvait savoir qui avait couché avec qui. J’ai eu une relation sexuelle lors d’une soirée, la semaine suivante, mon histoire se retrouvait au milieu des pages du journal. »
Cette rubrique était alimentée par deux élèves : « Chaque année, deux élèves étaient désignés par leurs prédécesseurs pour reprendre le rôle d’enquêteurs sur les chopes de l’IEP » est-il indiqué sur le site de Propos.
Capture d’écran du site internet du journal école de l’IEP de Strasbourg, « Propos ».
Ces pages ont été supprimées du journal en 2016. La rédaction argumente ce choix dans un article publié sur leur site web en janvier 2017 :
« Nous n’avons pas à répandre publiquement des rumeurs, qui vont rester couchées sur papier, dans un journal étudiant. (…) Ce n’est pas parce que certains le vivent très bien que c’est le cas pour les autres : beaucoup sont blessés de se voir publiquement montrés du doigt (que ce soit vrai ou non). Et c’est aussi leur droit de ne pas être cités dans nos pages, s’ils ne le désirent pas. Or, jamais on a demandé aux personnes mentionnées une autorisation pour utiliser leur nom dans cette rubrique. »
Extrait d’un article du journal école de Scpo Strasbourg, en janvier 2017.
La peur de parler dans un « bocal » institutionnel
Un « microcosme », une « forme de communauté », un « petit village », un « entre-soi »… Les adjectifs sont toujours les mêmes dans les différents témoignages que nous avons recueillis. Même Jean-Philippe Heurtin, directeur de l’IEP, utilise la métaphore du « bocal » pour parler de son institution.
Dans tous nos échanges transparaît un même constat : cet entre-soi alimente l’omerta qui « existe à Sciences Po comme dans toute la société » dénonce Camille (prénom modifié), une ancienne élève. Omerta d’autant plus exacerbée dans les écoles comme l’IEP, selon la présidente de l’association Arc En Ci.elles, Loriane Guidal : « Tout le monde se connaît, ça circule super vite. Il n’y a aucun anonymat à Sciences Po. » Tous les témoins que nous avons interrogés ont d’ailleurs demandé à ne pas pouvoir être reconnus.
À ce jour, aucune victime, étudiant ou ayant étudié à Sciences Po Strasbourg, ne s’est sentie prête à rendre publique son histoire. Elles existent. Mais le chemin pour parvenir à les verbaliser est long et sinueux. Certaines dénoncent la lenteur judiciaire, d’autres la difficulté de porter plainte lorsque les faits tangibles sont remis en question. Il y aussi la peur d’affronter des avocats de la défense plus puissants, et d’être décrédibilisée dans son parcours professionnel. D’autant plus dans ces institutions de pouvoir. D’après le Planning familial, 90 % des femmes violées ne portent pas plainte, et seul un dixième des plaintes déposées pour viol donnent lieu à une condamnation.
La nouvelle direction fait face à la défiance
Jean-Philippe Heurtin, directeur de l’IEP depuis septembre 2020, a été éprouvé par la semaine de dénonciations sur les réseaux sociaux. Il regrette l’ampleur de la situation devenue « monstrueuse ». Il dit pourtant avoir mis en place un certain nombre de choses pour prévenir ces comportements dès son arrivée :
« En novembre par exemple, les responsables des associations ont eu une formation et il y avait un module sur le droit pénal et sur la nécessité d’alerter. Nous avons aussi un psychologue disponible pour les étudiants depuis le mois d’octobre ».
S’il reconnaît les limites de ces dispositifs, il note aussi la complexité d’agir face à la défiance des élèves :
« C’est bien la difficulté à laquelle je suis confronté, c’est que trop souvent, les associatifs, les témoins etc., ne tirent pas la sonnette d’alarme, ne viennent pas à la rencontre de l’administration ou de la direction. Nous sommes pourtant prêts à les recevoir. »
Jean-Philippe Heurtin, directeur de l’IEP de Strasbourg, s’exprime lors du rassemblement devant l’école le 12 février (photo JFG / Rue89 Strasbourg).
Le passif de l’institution et les agissements plusieurs fois dénoncés auprès des précédentes administrations n’ont certainement pas aidé à créer cette confiance.
Hélène Bronnenkant, déléguée à l’égalité et à la lutte contre les discriminations à l’IEP depuis 2018, le concède et reconnaît même dans le passé avoir « décrédibilisé » les associations féministes :
« On les prenaient plutôt comme du poil à gratter que comme des interlocuteurs crédibles. La direction, l’administration et moi-même opérons un changement de positions vis-à-vis d’elles ».
Le Crit 2021 annulé et un signalement au procureur
Lundi 15 février, la direction a mis en place un groupe de travail avec les responsables associatifs, explique Jean-Philippe Heurtin. Parmi eux, Loriane Guidal, de l’association Arc En ci.elles, qui se dit « ravie » d’en faire partie et espère pouvoir engager les premières mesures après les vacances scolaires, ainsi qu’une pérennisation des actions.
Le directeur de Sciences Po Strasbourg annonce aussi avoir pris la décision, avec l’ensemble des directeurs des IEP, d’annuler l’édition du Crit 2021.
« Dès que j’ai connaissance de quelque chose qui peut s’apparenter à un délit ou à un crime, je suis tenu de faire un signalement au procureur de la République, c’est ce que j’ai fait » confie le directeur de l’IEP, Jean-Philippe Heurtin, qui a alerté le parquet de Strasbourg début février. Ce signalement concerne des faits de violences sexuelles sur une étudiante de l’Institut d’études politiques :
« J’ai également demandé au président de l’administration de prendre une mesure d’éloignement du mis en cause. Non pas à titre de sanction, mais en attendant que la lumière soit faite. Je préférais mettre à distance les protagonistes. Ce n’est pas idéal mais c’est le seul instrument que j’ai à ma disposition. »
Jean-Philippe Heurtin a également lancé les démarches pour qu’une antenne CAMUS (Centre d’accueil médico-psychologique universitaire de Strasbourg) soit installée sur le campus d’ici la fin de l’année : « J’espérais que cela puisse se faire plus rapidement, mais il semble que cela va prendre plus de temps ».
L’objectif ? Multiplier les possibilités d’écoute pour les victimes et trouver les bonnes personnes ressources.
Écouter les victimes et tolérance zéro aux blagues lourdes
Hélène Bronnenkant renchérit :
« Nous voulons avoir une démarche volontariste pour que les choses bougent avec une grande interrogation : comment toucher les potentiels prédateurs sexuels ? Je n’ai pas la réponse, je me documente, je lis beaucoup sur le sujet. »
S’entourer, rechercher des personnes qui peuvent aider à mettre en place des mesures préventives, Hélène Bronnenkant détaille :
« Il y a des personnes très bien formées sur ces questions : nous voulons faire venir les bons interlocuteurs, organiser des formations à destination des élèves et les rendre obligatoires. »
Et conclut :
« Ce n’est pas aux victimes d’agir, il faut que ça vienne d’ailleurs. Il faut une tolérance zéro des blagues lourdes, des propos sexistes et des comportements de prédateurs sexuels, avant qu’ils ne passent à l’acte ».
Alsace Nature demande la suspension des travaux pour la création d’une nouvelle route à Châtenois, près de Sélestat.L’association de défense de l’environnement dénonce l’impact environnemental sur la biodiversité et réclame davantage de mesures compensatoires.
C’est un petit tronçon de 5 km qui s’est retrouvé au coeur des débats, devant le tribunal administratif de Strasbourg, lundi 15 février. D’un côté, la Dreal qui fait construire une déviation de la RN59, qui reliera l’entrée ouest de Châtenois et l’autoroute A35, avec un carrefour giratoire et le rétablissement de la RD35. De l’autre, Alsace Nature, qui dénonce l’impact de ces travaux sur les zones humides de la région et sur des espèces protégées d’oiseaux, papillons et insectes.
L’urgence du risque environnemental
L’action étant en procédure accélérée, il appartenait à l’association environnementaliste de démontrer l’urgence de ce dossier, en raison du chantier qui dure depuis août 2019 et de la réhabilitation de la RD35 qui a débuté fin 2020. Elle a insisté également sur les nouveaux travaux réalisés en janvier, des fouilles archéologiques qui n’étaient pas prévues dans le projet initial. « Ces tranchées de 5 mètres de larges », selon Alsace Nature, doivent donner lieu à de nouvelles mesures compensatoires (contreparties financières ou matérielles) comme l’illustre l’arrêt Alsace Nature c/ Vinci du 14 septembre 2018. Pour l’avocat de l’association, Me François Zind, la préfecture du Bas-Rhin « viole les dispositions de son propre arrêté », en ne mettant pas en place ces mesures. « L’État n’applique pas ce qu’il impose aux autres opérateurs », affirme-t-il.
Du côté des représentants de la préfecture du Bas-Rhin et de la Collectivité européenne d’Alsace (CEA), le caractère « urgent » de ce différend est contesté. Les fouilles archéologiques ne sont « que des petites tranchées de quelques décimètres, permettant d’établir un diagnostic, qui sont ensuite rebouchées pour protéger la flore et la faune ». Ils affirment également que ces travaux font bien partie du projet initial. Aucune nouvelle mesure compensatoire ne devrait donc être ajoutée selon eux.
Le représentant de la CEA rappelle d’ailleurs que « la mise en place de telles mesures prend du temps ». Actuellement, environ « 90% de la surface de compensation a déjà été sécurisée » dans le cadre de ce projet. C’est à dire qu’une grande majorité de propriétaires fonciers ont déjà signé l’acte qui donne lieu aux indemnisations. Rien ne s’oppose donc à la poursuite des chantiers, selon la CEA.
Un manque de clarté sur les territoires impactés
En comparant l’arrêté initial des travaux datant du 14 août 2019 et celui du 22 décembre 2020 modifiant le projet, Me François Zind a dénoncé une « mauvaise appréhension du nombre d’hectares » de zones humides impactés. Ce chiffre passe, selon lui, de 8% à 34%. Autre incompréhension de l’avocat : selon la préfecture et la CEA, une bande de terre de 5 à 8 mètres de part et d’autre de la future route serait aussi épargnée par ces travaux, ne donnant pas lieu à des mesures compensatoires.
Réponse de la collectivité et de l’administration : cette bande de terre tampon sera bien protégée grâce à une mesure d’évitement strict. Concernant le nombre d’hectares impactés, les chiffres avancés par Alsace Nature ont été contestés par la défense, qui assure que l’écart est en réalité beaucoup moins important. Une bataille de chiffres que la juge a écartée à l’audience.
Des mesures compensatoires « incertaines »
Pour clore le débat, Me Zind souligne le caractère hypothétique des mesures compensatoires, visant à réhabiliter ces territoires. Leur réalisation s’étend sur des dizaines d’années et paraît compliquée à mettre en œuvre au regard de ces espaces déjà fragilisés par « les pesticides et la culture intensive ». L’avocat d’Alsace Nature cite notamment l’exemple de la Renouée du Japon. Cette plante invasive, qui prolifère, devra être coupée par la préfecture 7 fois par an durant 5 ou 10 ans, pour garantir la protection de la biodiversité. Un engagement auquel ne croit pas Alsace Nature. « Si nous n’avons pas de garantie dès le début, nous ne sommes pas certains que le projet sera mené à terme », conclut l’avocat.
En jeu : le principe d’équivalence fonctionnelle entre la compensation et les dommages, défini par l’article L163-1 du Code de l’environnement. Me Zind rappelle que les objectifs de ces compensations forment une « obligation de résultat et une absence de perte nette, voir un gain de biodiversité ».
Pour la CEA, la mise en place de compensations sur « des terres pauvres, entraînera forcément un gain écologique plus grand ». La préfecture du Bas-Rhin a tout de même reconnu un manque de critères pris en compte dans les calculs de compensation.
Dans l’attente de la décision du tribunal administratif, Alsace Nature continue de dénoncer ces atteintes à la biodiversité : « Si elles ne sont pas encore définitives, elles le seront dans les mois suivants, avec la poursuite des travaux ».
Face à l’augmentation de leurs prix de production, des agriculteurs – éleveurs prévoient d’occuper les abords de supermarchés à Haguenau, Erstein et Marlenheim, les 17, 18 et 19 février.
Suite aux restrictions d’exportations de blé russe, les coûts de production des éleveurs ont augmenté de 15 à 20%, selon les Jeunes agriculteurs (JA, section de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles, FDSEA).
Ces agriculteurs estiment que cette augmentation devrait être prise en compte pour fixer les prix de vente. Or ces indicateurs sont ignorés par les acheteurs, toujours selon la FDSEA. Pour eux, la loi agriculture et alimentation (loi Egalim) n’a rien réglé à la situation de déficit endémique de l’élevage, et la meilleure rémunération qu’elle promettait se fait toujours attendre. Cette loi, qui date du 30 octobre 2018, devait rétablir un équilibre dans les relations entre les agriculteurs et la grande distribution.
« Une augmentation des prix de quelques centimes »
Selon les agriculteurs éleveurs de la FDSEA, une « augmentation des prix publics de quelques centimes sur la viande et le lait suffirait à garantir une meilleure rémunération » des exploitants, affirme Yohann Lecoustey, directeur de la FDSEA du Bas-Rhin.
Nouvelle action des agriculteurs dans les supermarchés. Photo : remise
Mais en raison de la crise sanitaire, et pour répondre aux budgets des ménages en baisse, la grande distribution a baissé les prix de vente de nombreux produits alimentaires. Cette baisse pourrait annuler les maigres hausses de la loi Egalim dont avaient bénéficié les agriculteurs.
Pour ces raisons, des agriculteurs prévoient des actions de sensibilisation, mercredi 17, jeudi 18 et vendredi 19 février, auprès du public et des dirigeants de trois supermarchés alsaciens.
En 2018, l’Alsace comptait 14 unités de méthanisation. Fin 2021, il y en aura 26. Produire de l’énergie à partir des déchets agricoles aurait tout de la bonne idée si le procédé ne présentait pas d’importants risques de pollution de l’air et des sols.
Avec 24 unités de méthanisation, l’Alsace est une des régions en pointe du développement du biogaz en France. Ce procédé permet de produire du méthane, de l’engrais et de la chaleur à partir des excréments du bétail. Le nombre d’unités de méthanisation alsaciennes a presque doublé entre 2018 et 2020.
Un développement qui doit se poursuivre, notamment grâce à des incitations financières. Deux nouvelles unités entreront en fonctionnement en juin et septembre 2021. GRTGaz prévoit d’implanter 180 méthaniseurs dans le Grand Est d’ici 2024-2025. Ce nombre croissant d’installations inquiète riverains et scientifiques en raison des nuisances qu’elles provoquent et des risques de pollution qu’elles présentent.
Deux nouvelles unités de méthanisation devraient voir le jour en 2021 en Alsace, portant leur nombre à vingt-deux dans la région. Photo : FP / Rue89 Strasbourg
Un méthaniseur fonctionne comme un estomac
Selon Freddy Merkling, directeur de l’exploitation agricole du lycée agricole d’Obernai, « un méthaniseur fonctionne sur un principe similaire à un estomac. » Les exploitants de méthaniseurs mélangent, dans une cuve sans oxygène et maintenue entre 37 et 42°C, des déjections animales et des cultures intermédiaires à valorisation énergétique (CIVE).
Une CIVE est une culture comme l’avoine, le maïs, ou le seigle, implantée et récoltée entre deux cycles de cultures normales. Les bactéries méthanogènes contenues dans les effluents d’élevage vont transformer la matière organique de ces cultures pour produire des gaz, et en particulier du méthane. Le méthane produit sert à chauffer l’exploitation dans le cas de petites unités. En Alsace, il est soit injecté dans le réseau de gaz de ville, soit il sert à produire de l’électricité par cogénération.
Le méthane ne représente qu’une partie de ce qui sort d’un méthaniseur. Le reste est appelé « digestat ». Il se présente sous deux formes. Une forme liquide représentant 89% du produit, et une solide (11%). Selon la Chambre d’agriculture, le digestat est un engrais concentré en azote, phosphore et micro-organismes à épandre sur les cultures. Pour Didier Braun, référent méthanisation au sein de la Chambre d’agriculture d’Alsace, ce digestat est meilleur pour l’épandage que les déjections animales (lisier, bouse, crottin et fientes), car « quand on épand du lisier brut sur un champ, il doit y avoir un stade de transformation pour que le sol assimile le lisier. Ce n’est pas le cas pour le digestat car il est plus concentré en azote. »
Pour fonctionner, le méthaniseur doit être alimenté et évacué d’une partie de son digestat toutes les heures. Celui du lycée agricole d’Obernai, d’une contenance de 1 500 m3, digère 8 800 tonnes d’intrants pour produire 6 500 tonnes de digestat par an. Chaque jour, 6,3 tonnes de gaz et 17,8 tonnes de digestat sont produits par ce méthaniseur.
« C’est la ruée vers l’or »
Au delà de cet apport permanent en engrais, les agriculteurs méthaniseurs bénéficient d’une politique incitative. Les pouvoirs publics souhaitent que 7% du gaz produit soit issu de la méthanisation en 2030. Par conséquent, ils subventionnent abondamment chaque création d’unité. Selon Daniel Chateigner, membre du Collectif national scientifique pour la méthanisation raisonnée (CNSM), chaque méthaniseur reçoit en moyenne 600 000 euros de subventions par emploi créé. Un méthaniseur crée deux à trois emplois.
De plus, les agriculteurs méthaniseurs bénéficient d’un prix de revient très incitatif. « C’est une des raisons de s’engager dans la méthanisation », raconte Didier Braun, qui est affilié au méthaniseur de Wissembourg. Le biogaz se revend en moyenne à 60 euros le mégawatt-heure. Un prix plus bas qu’en 2019 où il se négociait jusqu’à 102 euros le mégawatt-heure, mais largement supérieur à celui du gaz naturel (13,5 euros le mégawatt-heure). « La méthanisation devient l’activité principale des agriculteurs qui montent le projet, et un complément de revenus pour ceux qui apportent leurs effluents (les déjections animales, ndlr) », explique Didier Braun.
Une production industrielle à risques
Mais la méthanisation suscite aussi des critiques. Tout d’abord, les riverains se plaignent des odeurs et du passage des nombreux camions qui font la navette entre l’unité de méthanisation, les lieux de stockage et les exploitations agricoles. « Sur le fond de la technologie, on nous vend une production agricole mais un méthaniseur c’est 1 500 camions par jour », martèle Sébastien Almagro, chimiste et membre du CNSM.
Cet aspect industriel s’accompagne d’une forte accidentologie, selon les opposants. « Ces usines sont des bombes à retardement », s’inquiète Marie Walter, porte-parole du collectif Rittershoffen-Kuhlendorf – Non à l’usine de méthanisation. Les méthaniseurs ont pour fonction de produire du méthane, un gaz déjà très inflammable, mais ils produisent aussi d’autres gaz, notamment de l’hydrogène sulfuré. L’hydrogène sulfuré, en plus d’être fortement inflammable, est odorant, fortement toxique et mis en présence d’eau, il produit de l’acide sulfurique, particulièrement corrosif. Pour éviter ce phénomène, les agriculteurs ajoutent 1% d’oxygène, mais les accidents sont nombreux. En août 2020, une fuite dans une unité de méthanisation a pollué pendant plusieurs jours la rivière de l’Aulne dans le Finistère, interdisant l’accès à l’eau courante à 180 000 personnes.
Marie Walter donne un exemple local :
« Cet automne, la torchère du méthaniseur de Wissembourg n’a pas fonctionné pendant quinze jours, libérant des milliers de mètres-cubes de gaz toxique. Les exploitants n’ont rien dit et ça a été à nous, citoyens, d’informer la population. »
Marie Walter, porte-parole du collectif Rittershoffen-Kuhlendorf – Non à l’usine de méthanisation
Contacté, l’exploitant de l’unité de méthanisation de Wissembourg assure « qu’aujourd’hui tout fonctionne normalement », et qu’il est contrôlé régulièrement. Sa torchère est éteinte car son unité fonctionne par injection.
« Le méthane comme palliatif au CO2 est une impasse »
Une fuite dans une unité de méthanisation n’est pas anodine. Le méthane est un gaz à très grand effet de serre. Son effet est 25 fois plus puissant que celui du CO2. En raison de la présence d’hydrogène sulfuré à l’effet corrosif, environ 1% de la production de méthane s’échappe dans l’atmosphère. Une fuite très problématique, qui plus est dans le cas d’une énergie durable. « Considérer le méthane comme un palliatif au dioxyde de carbone est une impasse », prévient Sébastien Almagro du Collectif pour la méthanisation raisonnée. Une analyse partagée par Didier Braun :
« Le but de la méthanisation n’est pas de remplacer les énergies fossiles. Ce n’est pas possible, les énergies renouvelables sont toutes moins performantes. Mais si on veut sortir du nucléaire, il faut faire des efforts partout sur le territoire et ne pas concentrer les nuisances. »
Didier Braun, référent méthanisation à la Chambre d’agriculture d’Alsace et éleveur « apporteur » au méthaniseur de Wissembourg
La grande discorde du digestat
Mais la méthanisation ne pollue pas que l’air. Le digestat est également pointé du doigt comme polluant des sols et cours d’eau. Daniel Chateigner détaille :
« Le digestat de méthanisation est à 90% liquide. On nous le vend comme un fertilisant riche en azote sous forme de nitrate (NO3–). C’est faux. Il s’agit en réalité de l’ammonium (NH4+) qui nécessite des bactéries pour assimiler par les sols. Du coup, lorsqu’on épand le digestat, la majorité va dans les nappes phréatiques. Ce n’est pas anodin que la Bretagne soit la première région méthanière et sujette aux algues vertes. »
Daniel Chateigner, membre du Collectif national scientifique pour la méthanisation raisonnée
Le CNSM décrit également le digestat comme un engrais de piètre qualité. « Le processus de méthanisation a extrait l’essentiel de la matière carbonée des intrants pour produire du gaz, pour ne déposer au sol que de l’azote sous forme d’ammonium », explique Sébastien Almagro. Selon le chimiste, chaque année, les cultures sous cet engrais d’azote vont devoir puiser du carbone dans les réserves des sols. Ces dernières mettront ensuite 100 à 1 000 ans pour se reconstituer.
Un fait que les agriculteurs admettent. « Ça apporte moins de matière organique aux sols, alors on fait un usage différent des engrais habituels, au plus près des semis », reconnaît Didier Braun. Il assure développer des palliatifs en couvrant ses champs en permanence pour créer de l’humus par voie racinaire. Les cultures immatures produites durant les mois d’automne et d’hiver sont ensuite utilisées pour la méthanisation.
Des animaux élevés pour leurs bouses
Cette question des cultures pour la méthanisation (ou CIVE) est une autre source d’inquiétude. Les objectifs nationaux en matière de biométhane sont irréalisables pour ses détracteurs. Selon leurs calculs, pour atteindre 7% de la production française de gaz (31,5 TWh par an), il faudrait 2 500 méthaniseurs d’une production de 12,5 GWh/an (la production annuelle du méthaniseur moyen), digérant 7 millions de tonnes d’intrants à l’année. Une seule de ces unités nécessitant 100 km2 de cultures, et la surface française réservée à l’agriculture étant de 250 000 km2 : il faudrait donc un méthaniseur tous les 10 kilomètres.
Un méthaniseur moyen produit 20 000 tonnes de digestat par an. Photo : FP / Rue89 Strasbourg
Une concurrence pour les terres aurait alors lieu entre les cultures vouées à la consommation par l’Homme et les animaux d’élevage, et celles vouées à la méthanisation. « À l’heure actuelle, avec des prix de revient du lait et de la viande aussi bas et un prix de revient du biométhane si haut, il est plus rentable d’élever des vaches pour leurs bouses », énonce Sébastien Almagro. Des tensions locales ont déjà lieu, selon Didier Braun, autour de la récupération de sous-produits tels que les drêches de brasserie, qui sont à la fois consommables par les bêtes et utilisables pour la valorisation énergétique.
Autant de méthaniseurs produiraient également des milliers de tonnes de digestat à épandre. Un épandage qui, selon les calculs de Sébastien Almagro, mobiliserait 70% des champs français et provoquerait une pollution des sols et des nappes phréatiques par l’écoulement de l’eau ammoniacale contenue dans le digestat liquide.
Les élections universitaires ont lieu du lundi 15 au mercredi 17 février. Elles doivent désigner les dirigeants de l’Université de Strasbourg et les représentants des professeurs, personnels et étudiants. En raison de la crise sanitaire, le vote se déroule à distance malgré l’absence d’opposition sur l’un des scrutins.
Les étudiants, professeurs et personnels de l’Université de Strasbourg sont invités à élire leurs représentants aux conseils centraux par voie électronique. Treize listes sont à départager au sein de quatre « collèges » du lundi 15 au mercredi 17 février à 16h, sur la plateforme Neovote.
Les noms des membres du Conseil d’administration (CA), de la Commission de la recherche (CR) et de la Commission de la formation et de la vie universitaire (CFVU) seront annoncés le 19 février. Plusieurs facultés de l’Unistra doivent également renouveler leurs instances.
Pas de suspense pour le prochain président…
Cette année encore, la liste « Faire ensemble l’université » soutient la candidature du président sortant de l’Unistra, Michel Deneken, qui brigue un second mandat. Un projet favorisé par l’absence de la principale liste concurrente, « Refonder« , aux élections du conseil d’administration, conseil qui élira le futur président de l’université strasbourgeoise le 30 mars.
Les candidats de la liste « Refonder » dénoncent la composition et le fonctionnement du CA, qu’ils accusent de n’être qu’une chambre de soutien à la présidence. Loin d’être une surprise, cette décision s’inscrit dans la continuité de la vague de démissions des élus de la liste d’opposition précédente. En juin 2020, les élus des listes « Alternatives » avaient souligné un manque de transparence de la présidence vis-à-vis de la gestion de l’Unistra, rendant l’accomplissement de leurs missions au sein du CA impossibles.
« Refonder » les conseils centraux
Pour porter leur projet de restructuration des conseils centraux, les candidats de la liste « Refonder » vont miser sur les élections au CFVU et au CR, seuls conseils représentatifs selon eux. La loi Fioraso de 2013, qui a renforcé les prérogatives de ces deux conseils, joue d’ailleurs en leur faveur. Ajoutons que la création d’une nouvelle instance, le conseil académique, qui regroupe le CR et le CFVU doit permettre d’instaurer une plus grande collégialité entre les instances de l’université.
Du côté de la liste « Faire ensemble l’université », les candidats souhaitent également renforcer le rôle des conseils centraux et des élus. Leur objectif est d’instaurer une confiance mutuelle lors de la prise de décision, et une meilleure circulation de l’information.
« Faire ensemble l’université » a aussi promu de nouvelles politiques en matière de développement durable grâce à la mise en place de mobilités douces et à la formation des étudiants. Des mesures qui devraient permettre une réduction du bilan carbone sur l’espace universitaire. L’internationalisation de l’université est aussi un axe important de son programme, comme la promotion des principes de solidarité et d’égalité entre les professeurs, le personnel et les étudiants.
Des associations demandent à la Ville de Strasbourg de ne pas remettre à la rue les SDF mis à l’abri dans un gymnase ouvert suite à l’arrivée de températures négatives.
Dans un texte titré « Pour le respect du principe de continuité de l’accueil« , le collectif Agissons 67 et d’autres associations strasbourgeoises impliquées dans la solidarité appellent la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian (EELV), la présidente de l’Eurométropole, Pia Imbs (sans étiquette), et la préfète du Bas-Rhin Josiane Chevalier, à ne pas remettre dehors les personnes qui ont été mises à l’abri pendant l’activation éphémère du niveau 2 du dispositif hivernal (plan « grand froid »).
Le gymnase Edouard Branly transformé en centre d’hébergement temporaire Photo : Nourredine Alouane / doc remis
Ce niveau, enclenché depuis le 9 février par la préfecture du Bas-Rhin suite à la baisse des températures, permet de financer des maraudes supplémentaires afin de repérer les personnes sans-abri et l’ouverture de lieux d’accueil supplémentaires. À Strasbourg, le gymnase Branly a été réquisitionné par la préfecture, la structure a accueilli à partir de jeudi soir une quarantaine de personnes, prises en charge par des volontaires de la Croix rouge et de la Protection civile.
Dans un communiqué diffusé le 11 février, la Ville de Strasbourg déclarait qu’elle avait « identifié deux gymnases supplémentaires qu’elle propose de mettre à disposition de l’État si les besoins de mise à l’abri le nécessitent. »
Vies à la merci du thermomètre administratif
Mais alors que les températures remontent, les associations regrettent que ce dispositif ne soit pas maintenu ni étendu. Dans une lettre ouverte et une pétition en ligne, ces associations détaillent :
« Nous sommes inquiets car on nous annonce une fin de l’accueil dans le gymnase, sans proposition de logement pour la quarantaine de bénéficiaires. En tant que citoyens, nous vous demandons d’assurer le respect du principe de continuité de l’accueil conformément aux lois en vigueur. Il paraît insupportable et inhumain de remettre à la rue des personnes déjà éprouvées et déjà porteuses de grandes difficultés sur la base d’un thermomètre administratif. »
Pour ces militants et bénévoles de l’action sociale, il est illégal de déloger des personnes sans qu’au moins une solution de relogement soit proposée. Selon Agissons 67, « plus de 2 600 personnes sont prises en charge par l’État et par la Ville de Strasbourg et ne vivent plus dans des squats, des voitures, des cages d’escaliers ou à même le sol dans nos rues. »
Le collectif demande que les 80 personnes mises à l’abri pendant le niveau 2 du plan hivernal puissent bénéficier de la même prise en charge afin que, concluent-ils, faire de Strasbourg, la première grande métropole française à venir à bout du sans-abrisme. »
L’entreprise spécialisée dans la location mensuelle de vélos et de trottinettes électriques doit ouvrir une antenne strasbourgeoise en avril 2021. « Une arrivée qui contribuera au développement du vélo », se félicite Alain Jund, vice-président en charge des mobilités à l’Eurométropole de Strasbourg.
Vélos à une ou sept vitesses, trottinettes et bicyclettes électriques. Dès avril 2021, Swapfiets proposera ces quatre produits à la location mensuelle à Strasbourg. L’entreprise hollandaise accompagne cette offre d’un « service de réparation disponible dans les 48 heures pour réparer ou échanger directement le deux-roues sans frais supplémentaires. »
La société fondée en 2014 revendique plus de 200 000 membres dans 55 villes, des Pays-Bas à Bruxelles en passant par Berlin, Londres et Milan. L’adresse du magasin strasbourgeois n’a pas encore été communiquée.
Un magasin de location de vélos et de trottinettes électriques Swapfiets doit ouvrir à Strasbourg en avril 2021. Photo : Document remis
Les offres de Swapfiets
Pour 19,90 euros par mois, Swapfiets loue des vélos de ville, équipés de freins à rétropédalage et à main. L’antivol de cadre et la chaîne sont inclus. Celui à vitesse unique coûte 16,90 euros mensuel. Le tarif de location inclut toujours les réparations promises dans les deux jours. La franchise en cas de dégradations varie de 40 à 220 euros selon le modèle de vélo.
Pour ses engins à motorisation électrique, Swapfiets propose une trottinette et un vélo. Doté d’une batterie offrant jusqu’à 145 kilomètres d’autonomie, le vélo électrique coûte 75 euros par mois. Il peut rouler à 25 kilomètres/heure.
La trottinette électrique et son autonomie de 30 kilomètres est au tarif de 40 euros par mois, réparations et assurance contre le vol inclus.
Le vélo électrique à 75 euros par mois.
L’impact sur Velhop
Pour l’Eurométropole de Strasbourg, l’arrivée de ce nouvel acteur de la location de vélo est une bonne nouvelle. « C’est un service qui n’utilise pas l’espace public, il a donc toute sa place ici. Swapfiets est connu pour ses vélos de qualité et pour assurer la réparation et le remplacement du vélo sur place, c’est un service complémentaire par rapport à Velhop », affirme Alain Jund, vice-président de l’EMS en charge des mobilités.
L’élu Europe Ecologie les Verts voit même une opportunité pour la collectivité, à deux ans du renouvellement de la délégation de service public pour Velhop. Bousculé par l’offre nouvelle de Swapfiets, le service de location strasbourgeois pourrait être contraint de diversifier son offre :
« L’arrivée de Swapfiets nous impose un questionnement : comment Velhop pourrait louer des vélos-cargos ou des vélos à assistance électrique dans les cinq à six ans ? Velhop pourrait aussi développer une offre de location longue durée pour les entreprises et les établissements publics. Voilà comment ce nouvel acteur peut faire évoluer le cahier de charges qu’on mettra au niveau de la délégation de service public de Velhop. »
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Le quartier des Tanneries à Lingolsheim a perdu son label écoquartier. Ce qui devait être un projet urbain écologique de référence s’est transformé en cité dortoir. Après avoir dénoncé l’absence de transports en commun, un collectif d’habitants pointe la densité urbaine du quartier.
Les habitants des Tanneries à Lingolsheim se mobilisent une nouvelle fois pour leur quartier. Deux ans après avoir demandé une navette, ils lancent une nouvelle pétition. Cette fois, ils s’opposent à la construction d’un bâtiment de 99 logements.
Pour le collectif à l’origine de la pétition, ce projet de construction sur l’un des derniers espaces libres du quartier est symptomatique d’une urbanisation mal pensée. « Il n’y a pas eu de réflexion entre le nombre de places de stationnement et le nombre d’habitants », explique une habitante. Les riverains s’inquiètent non seulement de voir pousser un nouvel immeuble d’une dizaine d’étages dans leur quartier, mais ils craignent aussi la pénurie de stationnement.
Un quartier pensé sans voiture…
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