Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Après le GCO, le village de Duppigheim est menacé d’être enclavé

Après le GCO, le village de Duppigheim est menacé d’être enclavé

Située au coin de l’aéroport, de l’A35, du GCO et de futures zones d’activité découlant de ces infrastructures, Duppigheim redoute d’être complètement encerclé. Le nouveau maire tente d’alerter, tandis que le projet d’une route supplémentaire vers l’aéroport fait l’objet d’un réexamen par la CEA et l’Eurométropole.

C’est l’une des conséquence indirecte du Grand contournement ouest (GCO – voir nos articles) de Strasbourg. Dans les villages bordées par la future autoroute, des habitants insatisfaits par la direction que prend leur cadre de vie ont monté des listes aux élections municipales de 2020 face à la majorité sortante. Et certaines l’ont emporté comme à Duppigheim, aux portes de l’Eurométropole. Dans cette commune de 1 600 habitants, le maire André Berthier était en place depuis 1983. Il avait passé la main, mais le reste de son équipe a été battue.

Dans la salle du conseil municipal où il reçoit, le nouveau maire Julien Haegy liste les projets qui entourent sa commune. À l’Ouest, les premiers kilomètres du GCO, une section gratuite de 2,5 kilomètres. À l’Est, l’aéroport d’Entzheim. Au sud, l’A35… Le village de Duppigheim est bientôt cerné sur trois côtés par des infrastructures bruyantes et polluantes.

Le village de Duppigheim est bordé à l’ouest par le GCO et au sud par l’A35. Photo : tracé Google Earth / Socos

Zones d’activités et route au nord

L’emprise de l’extension possible sur les terres agricoles de la zone d’entreprises de la Bruche, au nord de Duppigheim et de Duttlenheim. Photo : doc CC-Molsheim

À cela s’ajoute d’autres aménagements. Initialement prévue à Pfulgriesheim, l’aire de services de 7 hectares a été déplacée au nord de Duppigheim. Il se niche dans le diffuseur qui dessert le parc d’activités économiques de la Bruche. Cette zone industrielle est d’ailleurs aussi destinée à s’étendre vers l’ouest par tranches de 10 hectares, sous le nom d’Activeum.

« On ne se plaint pas de nos industries qui ramènent de l’emploi », précise l’élu de 43 ans. Il s’inquiète justement de « l’exposition au bruit et à la pollution » des travailleurs, alors que le GCO traverse la zone en son milieu. « Cette section est surélevée ce qui facilite la propagation du bruit, contrairement à Vendenheim où la section est enterrée et couverte ».

Le GCO traverse la zone industrielle de la Bruche. Des murs acoustiques ont été apposés. Photo : Visualisation XO3D pour Arcos / Vinci

Une aire de service près du village

Sur l’aire de service, « on n’a pas d’étude d’impact » déplore-t-il, alors que le permis de construire a été déposé en décembre. Un manque qu’avait épinglé l’Autorité environnementale en 2018 (page 25). L’institution indépendante relevait qu’il fallait évaluer le « supplément d’activité induit ». Julien Haegy s’inquiète de l’insécurité du parking librement accessible, notamment pour les collégiens, ainsi que du bruit des camions frigorifiques stationnés la nuit « à 200 mètres des premiers logements et 250 mètres d’une crèche ».

L’aire de service est matérialisée par l’espace gris à gauche, près de Duttlenheim.Photo : Visualisation XO3D pour Arcos / Vinci

Enfin, plein nord, un projet de route de 3 kilomètres entre la sortie du GCO et l’aéroport l’inquiète tout autant. Surtout qu’elle pourrait desservir deux autres zones d’activité, notamment de logistique, côté nord Est, à l’aéroport, ainsi qu’à Hangenbieten.

« En termes d’enclavement, je ne vois pas ce que l’on peut faire de plus », conclut le nouvel édile :

« J’ai l’obligation de protéger mes habitants, je ne peux qu’alerter sur le risque d’exposition multi-facteurs sur lequel nous ne sommes pas assez informés. Nous ne sommes associés à aucune concertation. Les décideurs ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas. »

La nouvelle municipalité a inscrit 40 000 euros dans son budget pour une campagne de mesure de la pollution, à confier à Atmo Grand Est. Le contrat du GCO prévoit une station fixe à Vendenheim, là où l’autoroute passe au plus près des habitations, et plusieurs campagnes de mesures à Breuschwickersheim. Mais pas à cette entrée sud, où le trafic escompté est pourtant plus élevé en raison des kilomètres gratuits. Le maire propose de baisser la vitesse à 90 km/h et 80 pour les poids-lourds (contre 110 sur tout le GCO), mais n’a pas encore obtenu de réponse de la préfecture.

Le maire de Duppigheim veut alerter sur le développement autour de sa commune. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg

Selon le premier magistrat de Duppigheim, il faut a minima avoir plusieurs années de recul sur l’impact du GCO avant d’engager les travaux pour la route supplémentaire vers l’aéroport.

« Une idée des anti-GCO »

« Ce sont les anti-GCO qui m’ont donné l’idée en 2017 », glisse avec malice Frédéric Bierry (LR), le président de la Collectivité européenne d’Alsace (CEA). Non-convaincu par l’effet du GCO, il s’était intéressé à leurs propositions pour désengorger l’A35. À un détail près, que les militants imaginaient alors un monde sans GCO.

Parmi leurs solutions, faire de l’aéroport d’Entzheim un pôle multimodal, c’est-à-dire un parking-relais avec le TER, qui avec sa bonne fréquence permet de relier la gare de Strasbourg en 8 minutes. Certes l’aéroport est accessible par le sud et l’A35, « mais une fois dans le bouchon à Geispolsheim, on ne revient pas en arrière vers un parking relais », estime Frédéric Bierry. Le Département du Bas-Rhin, devenu CEA, est responsable des travaux.

Plan schématique de la route entre le GCO et l’aéroport.

Bien que ce projet a peu de rapport avec « l’accessibilité de la capitale européenne », il est inscrit dans le contrat triennal 2018-2020. Cette route à 5 millions d’euros est co-financée à parts égales avec l’État, la Région Grand Est et l’Eurométropole. En 2019 encore, la mise en service est espérée pour l’été 2022. Mais le projet a peu avancé depuis et seuls 500 000 euros sur les premières études ont été engagés. Les acquisitions des terrains n’ont pas été menées.

Cette liaison est mentionnée dans la communication du « Skypark » d’Entzheim. En manque de passagers depuis 2008, l’aéroport cherche à « diversifier » son modèle économique et se reporte sur le fret de marchandises et l’immobilier d’entreprise. Côté Duppigheim, 14 hectares sont destinés à des nouvelles entreprises, 7 pour de la logistique, 3 pour de l’aviation d’affaires et des activités « aéro-industrielles et commerciales » et encore 4 pour une centrale photovoltaïque le long de la piste d’envol.

La route vers le GCO figure dans la communication de l’aéroport aux côtés des réserves foncières pour des entreprises. Photo : document aéroport de Strasbourg

L’Eurométropole attend le résultat d’études pour se prononcer

Entre temps, il y a eu les élections municipales de 2020 et les points de vue ont changé du côté de Strasbourg et l’Eurométropole. « Je sens que le mot route pose problème », conçoit Frédéric Bierry.

En effet, la présidente de l’Eurométropole, Pia Imbs (sans étiquette), estime qu’il est temps « d’objectiver le débat » :

« Nous allons réinscrire les études dans le prochain contrat triennal. Il faut se demander quel sera l’impact sur le trafic du GCO, de l’A35 et de la RN4, quel sera l’impact sur l’Environnement et pour les zones d’activités actuelles mais aussi futures. Il faut attendre ces résultats pour se positionner. »

La maire de Holztheim, une commune proche de l’aéroport « déjà bien desservi », pointe qu’un nouveau parking sera livré ce printemps à la gare TER d’Entzheim « victime de son succès ». Avec le « RER métropolitain », le nouvel exécutif et la Région Grand Est veulent améliorer le cadencement de trains régionaux sur cet axe.

Des arguments qui semblent avoir trouvé une forme d’écho chez Frédéric Bierry, qui a ajouté une touche écologiste à sa palette depuis 2020 (« Je ne veux pas laisser de dettes aux générations futures, qu’elles soient financières, mais aussi écologique », répète-t-il désormais). Même si le projet « le long de la voie ferrée » a été « validé en son temps » et ne présente pas « d’impact environnemental majeur » selon lui, il s’accorde à dire qu’il faut prendre le temps de l’analyse :

« Il faut affiner les études et être attentifs. J’y vois des atouts pour l’accessibilité du territoire, mais il faut que le projet fasse consensus. S’il s’avère que ce n’est pas une bonne idée et qu’il y a des nuisances, je ne serai pas dogmatique. »

L’élu bas-rhinois parle d’une réalisation au plus tôt sous 3 ans, en 2024. L’agence Atmo Grand Est indique ne pas encore avoir conduit de travaux sur les projections de pollution liés à ce projet routier.

Le coût en question

Autre détail non-négligeable dans la discussion, le coût est désormais estimé à 10 millions d’euros minimum. En cause, un passage à niveau avec la voie ferrée à sécuriser à Hangenbieten. « Qui paiera la différence ? La CEA ou l’Eurométropole puisque c’est sur son territoire ? », interroge Pia Imbs.

« Ce serait bien que pour une fois, ce ne soient pas seulement les arguments financiers qui comptent. On continue dans la même lignée d’un développement tout-routier, là où d’autres pays mettent les marchandises sur rail », espère Monique Mebs, trésorière de l’association Duppigheim Qualité de Vie (DQV), présidée par… le maire Julien Haegy, qui cherche à passer la main.

D’autres projets pour Duppigheim ?

Spectateur de ces arbitrages qui relèvent d’autres institutions, Julien Haegy multiplie les courriers à leur destination. Il imagine d’autres développements pour sa commune. Il aimerait « rétablir des corridors écologiques » du nord au sud entre les arbres le long de l’Altorf et de la Bruche. Ces arbres serviraient entres autres à atténuer le bruit et la pollution des autoroutes et de l’aéroport. Dans l’idéal, il aimerait aussi reconvertir l’ancienne base aérienne et le dépôt de munitions en parcours de santé végétalisé.

Il rappelle qu’au nord-est de Duppigheim, l’entreprise Lohr possède des terrains réservés pour une éventuelle extension. Elle n’a pas prévu de les utiliser pour l’instant, mais les transports sont « un secteur d’avenir ». « L’entreprise est à l’écoute sur les enjeux de consommation de terres », estime-t-il après les avoir rencontré. Une perspective qui lui plait davantage qu’une « grand plateforme logistique à l’entrée de Strasbourg ». Il vient de donner un avis défavorable à l’implantation de Bolloré Logistics au Skypark « si les véhicules venaient à transiter par le ban communal de Duppigheim ». « Les habitants plébiscitent les pistes cyclables et des solutions stationnements couplés à une bonne desserte de TER. Encore 77% des habitants de la communauté de communes de Molsheim-Mutzig se déplacent en voiture tous les jours pour aller au travail », pointe-t-il en se basant sur a dernière étude des mobilités dans le département de l’Adeus.

Brainstorming créatif

Brainstorming créatif

Le choix du « A-Coeur » pour représenter la nouvelle Collectivité européenne d’Alsace n’est pas du goût des régionalistes. Retour à la case « appel d’offre » ? Les graphistes se frottent les mains. Piet lui, a trouvé un slogan de circonstance.

Attaquée sur son logo, la collectivité d’Alsace de nouveau ciblée par les régionalistes

Attaquée sur son logo, la collectivité d’Alsace de nouveau ciblée par les régionalistes

Une dizaine d’entrepreneurs ont contesté à la Collectivité européenne d’Alsace le droit d’utiliser le A-Coeur de la marque Alsace pour son logo. À nouveau, c’est la visibilité de l’Alsace qui est en cause.

La nouvelle Collectivité européenne d’Alsace (CEA) existe depuis à peine un mois que la voilà déjà rattrapée par un procès en légitimité alsacienne.

Petit rappel des faits : vendredi 29 janvier, 11 personnes se présentant comme des « entrepreneurs alsaciens » ont écrit à Frédéric Bierry, président de la CEA pour se plaindre que la nouvelle collectivité qu’il préside, réunissant depuis le 1er janvier les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, ait choisi le A-Coeur de la Marque Alsace pour sa représentation graphique. Pour ces entrepreneurs, « la CEA est une institution politique » et ne peut donc utiliser cette marque, dont l’utilisation « à des fins politiques, religieuses, syndicales, militantes ou contestataires » est interdite.

Le nouveau logo de la Collectivité européenne d’Alsace s’affiche sur les murs de l’Hôtel du département à Strasbourg (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)Photo : Roni Gocer / Rue89 Strasbourg
Abonnez-vous

Cet article fait partie de l’édition abonnés. Pour lire la suite, profitez d’une offre découverte à 1€.

Contribuez à consolider un média indépendant à Strasbourg, en capacité d’enquêter sur les enjeux locaux.

    Paiement sécurisé
    Sans engagement
Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous

L’abandon d’un cinéma aux Halles contesté par la direction du Vox

L’abandon d’un cinéma aux Halles contesté par la direction du Vox

Fin janvier, l’Eurométropole a officialisé l’abandon du projet de transfert du cinéma indépendant le Vox à l’arrière des Halles. Eva Letzgus, à la tête du cinéma, ne s’avoue pas vaincue et engage un rapport de force pour la suite.

L’interpellation de Jean-Philippe Maurer, conseiller métropolitain LR, à la fin du conseil de l’Eurométropole du 29 janvier aura eu le mérite d’officialiser les choses : l’Eurométropole a bien abandonné le projet de transfert du cinéma Vox à l’arrière des Halles, en même temps que celui de réaménager les Halles et surtout de déménager la gare routière en trois autres lieux de Strasbourg.

Murielle Fabre, vice-présidente de l’Eurométropole en charge de l’action culturelle et maire de Lampertheim, a ainsi lâché :

« Sur le projet des Halles, défini et proposé antérieurement, il n’est pas suffisant à ce niveau pour être poursuivi et cela marque effectivement l’abandon du projet de cinéma prévu. »

Mais l’élue se défend d’abandonner les dirigeants du Vox :

« Il n’est pas possible dans le contexte actuel de faire des propositions concrètes alors que les salles restent désespérément fermées et il n’y aura pas de vaines promesses. »

Un appel à projets sans suite

Mais de promesses et de propositions, les dirigeants du Vox n’en ont reçu aucune confirme Eva Letzgus, cogérante du cinéma Vox. En avril 2019, sous le mandat de Roland Ries, la Ville avait donné son feu vert pour « l’éclatement » de la gare routière des Halles vers trois autres lieux de Strasbourg, aux contours un peu flous. Cette décision déclenchait dans la foulée un appel d’offres pour un pôle urbain de loisirs à l’arrière des Halles, taillé sur mesure pour le projet du cinéma Vox, en réflexion depuis 2015. Cette même année, une étude indépendante avait confirmé que le projet concurrent d’un MK2 à Schiltigheim pouvait cohabiter avec le premier à condition que l’urbanisation à venir de l’agglomération fournissent un réservoir réaliste de 500 000 spectateurs supplémentaires d’ici 2024.

En début d’année 2020, le jury de l’appel à projets, piloté par l’Eurométropole, informait la famille Letzgus du succès de sa candidature. Mais dès ce résultat, les choses ont commencé à patiner. Quelques jours plus tard, le conseil eurométropolitain du 14 février a ajourné l’officialisation de la victoire du Vox. Sujet polémique dans le contexte de guerre des cinémas entre le Vox et le MK2, il attendrait l’issue des élections municipales. La demande venait de plusieurs groupes de maires de l’agglomération, des socialistes et écologistes. Problème : après l’arrivée de la nouvelle mandature, silence radio sur la question. Eva Letzgus se souvient :

« L’équipe du projet avait promis de revenir vers nous avec la nouvelle mandature. Mais on ne nous a jamais recontactés. Nous avons adressé trois courriers à la nouvelle équipe, dont un dès son élection. Finalement, nous n’avons été reçus que six mois après, le 18 janvier. Dans le cadre d’un appel d’offres, ce n’était même pas à nous de revenir vers eux. Ce n’était pas juste. »

« Favoritisme politique »

Le 18 janvier, la famille Letzgus défend auprès d’Anne Mistler, adjointe à la maire en charge des arts et de la culture, la nécessité du déménagement du cinéma Vox actuel, plus petit cinéma indépendant de Strasbourg, pour avoir plus d’écrans, des salles plus grandes, et une attractivité suffisante face au futur MK2. À la suite de cette rencontre, les Letzgus ont reçu un courrier leur signifiant l’abandon de leur projet, quelques jours avant le conseil de l’Eurométropole.

Alors que dans le même temps Danielle Dambach, maire de Schiltigheim et vice-présidente écologiste de l’Eurométropole, recevait publiquement les porteurs du projet de MK2 et s’enorgueillissait de sa construction d’ici 2022, le coup est dur pour la famille Letzgus qui dénonce « un favoritisme politique ». Eva Letzgus déplore :

« Nous actons la volonté de l’Eurométropole d’abandonner notre projet. Mais pourquoi ne pas l’avoir mis en attente ? Il ne nous a été fait aucune autre proposition alternative, ni de relocalisation. La Ville aurait pu essayer de trouver une solution pour le déménagement de cette gare routière qui n’est même pas aménagée convenablement pour ses usagers. »

Esquisse du projet des Halles, vue depuis le boulevard de Sébastopol (doc remis)
Esquisse du projet des Halles, vue depuis le boulevard de Sébastopol Photo : doc remis

Aucune alternative proposée

Pour l’heure, aucune piste n’a été évoquée si ce n’est la reconduction de la subvention de 65 000 euros versée au Vox pour 2020 au titre de la loi Sueur, tout comme aux cinémas Star. La famille Letzgus apprécie cette perspective d’être subventionnée mais ne la juge pas à la hauteur des enjeux :

« Bien sûr, cela nous aiderait de pérenniser ces subventions, décidés sous la précédente mandature. Nous ne percevons aucune autre subvention aujourd’hui alors que les cinéma Stars, qui captent l’ensemble des copies de films arts et essai dévolus à Strasbourg, touchent 250 000 euros à ce titre. Un soutien financier nous donnerait les moyens de communiquer sur notre programmation et nos animations culturelles. On peut trouver un terrain d’entente. Mais je ne vois pas comment ça peut suffire à endiguer les effets du MK2. »

Désormais, la famille entend maintenir le dialogue avec l’Eurométropole et être force de propositions. Après le tsunami de la crise sanitaire, elle demande un report des travaux du MK2 à 2025, le temps que les cinémas strasbourgeois retrouvent une santé financière. Elle souhaite aussi que le MK2 aménage moins de salles que prévu pour se réadapter à un réservoir de spectateurs supplémentaires qui sera moins important.

Suites juridiques à prévoir…

Le projet de transfert du Vox était en travail depuis 2015. Pour la famille Letzgus, il a exigé un lourd investissement :

« Nous avons travaillé main dans la main avec les services techniques de la Ville et de l’Eurométropole. Nous avons accepté de revoir sept fois notre projet, de changer d’architecte, de faire appel à un paysagiste de renommée internationale… On a pris et des risques et on s’est impliqués parce que nous y croyions. Nous avons aujourd’hui un sentiment d’injustice. Donc nous allons faire une estimation financière de notre investissement et vérifier si tout cela est normal juridiquement. »

En attendant, la direction du Vox se veut confiante pour la reprise de son activité, quand les cinémas pourront rouvrir :

« On ne va pas fermer boutique. Nous avons beaucoup de films dans les cartons. En septembre dernier, nous réatteignions notre niveau d’entrées de 2019. Il reste un élan de vie. Le cinéma restera un lieu de partage et de convivialité. »

#Eva Letzgus

Face à un Olympique Lyonnais offensif, la défense du Racing doit se réveiller

Face à un Olympique Lyonnais offensif, la défense du Racing doit se réveiller

Samedi 6 février à 19h, le Racing Club de Strasbourg (RCSA) va affronter l’Olympique Lyonnais lors de la 24e journée de Ligue 1. Les Strasbourgeois vont devoir sortir de la contre-performance face à Brest pour tenter de rivaliser face à un adversaire très performant sur le plan offensif.

C’est au Groupama Stadium que tout a recommencé pour le Racing. Un soir d’été, le 5 août 2017, le club alsacien a disputé son premier match de Ligue 1 depuis son retour dans l’élite. Un excellent souvenir pour les supporters strasbourgeois ayant pris la route pour le déplacement à Lyon. Une soirée si belle que l’on oublierait presque que l’OL a battu le Racing (4-0) ce soir-là. Comment ne pas se souvenir aussi du match retour où le coup franc de Dimitri Liénard offre le maintien au club alsacien (victoire 3-2 le 12 mai 2018 ).

Une rencontre prometteuse

Cette année, les retrouvailles entre les deux formations promettent d’être électriques. Lors du match aller, l’OL s’est imposé (2-3) dans une rencontre où les Strasbourgeois ont réalisé une superbe confrontation. Malgré les trois buts encaissés dans la première période, le Racing a trouvé les ressources pour réduire l’écart. Les Bleus et Blancs ont même été proches de revenir dans cette partie.

Mais cette fois-ci, le Racing va se rendre dans l’antre lyonnaise où seul le FC Metz est parvenu à repartir avec les trois points. La preuve que tout est possible dans le football. Lyon est sur une dynamique de formule 1, prêt à se propulser sur la route du titre avec Lille et le PSG. La Cave de Papy relève l’efficacité de l’attaque lyonnaise qui est la deuxième de notre championnat avec 47 buts inscrits.

Le Groupama Stadium de l’OL à Lyon Photo : Andréa Lamy

Le danger vient de l’attaque lyonnaise

Le RC Strasbourg va devoir faire face à une équipe qui peut amener le danger de partout. Les attaquants lyonnais sont particulièrement en forme cette saison. Memphis Depay totalise onze buts, Karl Toko-Ekambi en a marqué dix et Tino Kadewere a déjà inscrit neuf buts. La défense strasbourgeoise va devoir répondre présente et ne pas laisser des failles que les Lyonnais iront exploiter sans problème.

Jean-Eudes Aholou, buteur lors du match contre Brest, a aussi marqué contre l’OL à la Meinau lors du match aller. Le milieu de terrain strasbourgeois a l’opportunité de poursuivre sa performance face à Brest. Le joueur déclare en conférence de presse l’importance d’être « tous concentrés sur ce match » surtout « face à une équipe très dynamique avec beaucoup de jeu offensif. »

Rester vigilant jusqu’à la fin

La Cave de Papy s’attend à une rencontre où l’Olympique Lyonnais va imposer son jeu d’entrée, en privant le Racing du ballon ce qui est la marque de fabrique des joueurs lyonnais à domicile. Si Lyon est dans un grand soir, les buts peuvent rapidement s’enchaîner.

D’autant que le danger peut aussi venir des défenseurs. C’est Léo Dubois qui permet à l’OL de s’imposer face à Bordeaux dans le temps additionnel (90+3). Attention donc à ne pas reproduire deux fois de suite la même erreur que les Bordelais, en restant vigilant du début à la fin.

Les chroniqueurs de la Cave de Papy sont partagés entre une nette victoire de l’OL ou un match nul entre les deux équipes.

#la cave de papy

À Moscou, un oligarque russe s’achète des médecins du CHU de Strasbourg pour monter une clinique privée

À Moscou, un oligarque russe s’achète des médecins du CHU de Strasbourg pour monter une clinique privée

Le CHU de Strasbourg participe au lancement d’une clinique privée dans la banlieue de Moscou. Financée par un oligarque russe, cet « hôpital à la française » compte attirer 40 médecins français d’ici 2025 moyennant salaires élevés, avantages en nature et imposition alléchante.

Quand les lits et les soignants manquent en France, le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Strasbourg en propose en Russie. Le 19 juillet 2018, l’ancien directeur général du CHU de Strasbourg, Christophe Gauthier, a signé un contrat avec le milliardaire Alexander Mamut. L’oligarque russe veut lancer une clinique privée dans la banlieue de Moscou en bénéficiant de l’expertise des Hôpitaux universitaires de Strasbourg. En 2022, ce « Centre français de médecine » devra fonctionner avec 30 médecins, dont 8 à 15 français, pour 40 lits sur 15 000 mètres carrés. L’objectif est d’atteindre 60 lits pour 101 docteurs, dont 25 à 40 Français.

Extrait d’un document de présentation Photo : document Rue89 Strasbourg

Lisez la suite pour 1€ seulement

    Accédez à nos enquêtes et révélations exclusives Soutenez une rédaction locale qui appartient à ses journalistes Maintenez une vigie citoyenne sur les pouvoirs locaux

Je m’abonne 

Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous

Avec une fin de match frileuse, le Racing gâche des points face à Brest

Avec une fin de match frileuse, le Racing gâche des points face à Brest

Le Racing Club de Strasbourg (RCSA) était en train de se diriger vers son huitième succès de la saison. Seulement son adversaire le Stade Brestois en a décidé autrement en parvenant à arracher une égalisation dans les ultimes secondes de la confrontation (2-2). La Cave de Papy revient sur cette contre-performance suite à une mauvaise fin de match.

C’est un réveil difficile ce matin lorsque l’on repense au scénario du match de la veille Le Racing Club de Strasbourg qui a ouvert le score et inscrit un second but avait fait le plus dur face à Brest mercredi 3 février. Le football est à la fois si merveilleux, mais aussi cruel pour les retournements de dernière minute. Les Strasbourgeois en ont fait l’amer expérience.

Avec une avance de deux buts, le Racing a privilégié la défense à partir de la 73è minute et n’a plus cherché à continuer de noyer le navire brestois, proche de couler. Dans une mauvaise période, l’équipe bretonne se dirigeait vers sa cinquième défaite de rang. Mais ses joueurs profitent de la fin des assauts strasbourgeois pour réduire la marque (83e), suite à une faute de mains du gardien Eiji Kawashima. Puis, à peine dix minutes plus tard, a ramené les deux équipes à égalité, à quinze secondes du coup de sifflet final (2-2). Même avec le public, la Meinau aurait sûrement été aussi silencieuse que lors de ce soir à huis clos.

Malgré un système avec cinq défenseurs en fin de rencontre, le Racing n’a pas pu empêcher les Brestois de revenir à (2-2) à l’issue du match Photo : Andréa Lamy

Adrien Thomasson et Jean Eudes Aholou retrouvent le chemin du but

Les festivités ont vite commencé avec le but de Adrien Thomasson dès la 8e minute de jeu. Une ouverture du score du milieu offensif suite à un tir de loin de Jean-Eudes Aholou (1-0). La Cave de Papy relève que ce but est le plus rapide de la saison parmi les 32 réalisations du club. À la 70e minute, Jean-Eudes Aholou devient à son tour buteur (2-0). Il profite d’une mauvaise passe du défenseur brestois Jean Lucas et d’une inattention du gardien Gautier Larsonneur, qui a laissé son but vide. Très en vue, le milieu défensif strasbourgeois a aussi trouvé la transversale lors de la 33e minute.

La défense abandonne son poste en fin de rencontre

La réduction de l’écart à (2-1) de l’attaquant Gaëtan Charbonnier vient donner un coup d’alerte au RCSA. Le club strasbourgeois ne semble pas prendre ce signal au sérieux. Scène surréaliste quelques secondes avant la fin du match, la défense strasbourgeoise n’est pas en place. Lionel Carole laisse passer le milieu brestois Julien Faussurier dans son dos, qui adresse son ballon à Jérémy Le Douaron, lui aussi bien seul. L’attaquant breton inscrit son tout premier but avec Brest à la 90+4 d’une frappe limpide (2-2).

La Cave de Papy souligne le bon coaching de Olivier Dall’Oglio. Les buts ont été inscrits par les remplaçants. Le club finistérien peut se targuer d’une efficacité maximale, deux buts pour deux tirs cadrés. En revanche, nous déplorons celui de l’entraîneur strasbourgeois Thierry Laurey qui s’est contenté d’une avance de deux buts. Alors que tout se passait bien, il a choisi de passer à cinq défenseurs pour tenir le score plutôt que d’aller chercher un troisième but. C’est en mettant un défenseur de plus sur le terrain que le Racing a encaissé ces deux buts fatals. Un comble.

Samuel Bourreau donne son avis compte tenu du score (2-2) entre Strasbourg et Brest.

Alice Debauche : « Pour plus de 80% des victimes d’inceste, il n’y a pas eu besoin de contrainte »

Alice Debauche : « Pour plus de 80% des victimes d’inceste, il n’y a pas eu besoin de contrainte »

Grand entretien – En France, entre 2,5 et 4% des femmes et un peu moins d’1% des hommes ont été victimes de viols ou d’agressions sexuelles incestueux. C’est l’un des résultats d’une enquête sur les violences sexuelles intrafamiliales, publiée en janvier 2021 et codirigée par Alice Debauche, ingénieure en statistiques économiques et maîtresse de conférence en sociologie à l’Université de Strasbourg.

Rue89 Strasbourg : Depuis quand travaillez-vous sur les violences sexuelles intrafamiliales ? 

Alice Debauche : J’ai commencé en 2003 ma thèse sur l’évolution des données statistiques sur le viol et les violences sexuelles. Je voulais essayer de mesurer la place qu’on donne à ces phénomènes dans l’action publique et l’écoute que peuvent recevoir les victimes.

En travaillant sur les archives du collectif féministe contre le viol, qui gérait le numéro vert “Viol Femmes information” en 1986, je me suis alors rendu compte que les violences sexuelles intrafamiliales, les viols incestueux, constituaient une part importante des appels.

Votre enquête était une actualisation des données sur les violences sexuelles intrafamiliales ou a-t-elle permis de véritables découvertes sur le sujet ? 

Un peu les deux. L’enquête « Virage » (pour Violence et rapport de genre), que j’ai codirigée, s’inscrit dans la continuité de l’enquête Enveff. Cette recherche enquête française sur les violences faites aux femmes, en 2000, interrogeait près de 7 000 femmes.

Virage actualise certaines données sur les violences conjugales, au travail ou dans l’espace public. Mais elle élargit aussi les perspectives notamment en intégrant 12 000 hommes sur 27 000 personnes. C’est donc un panel plus grand, qui a aussi permis d’explorer des violences spécifiques vécues par des hommes.

Avec plusieurs chercheuses de l’Institut national d’études démographiques (Ined), nous avons aussi essayé de développer une approche biographique. C’est donc la première enquête qui développe un questionnement très détaillé sur les différentes formes de violences vécues au sein de la famille ou de l’entourage proche dans l’enfance et l’adolescence. On a développé quelque chose de plus poussé sur les caractéristiques de ces violences sexuelles. On peut ainsi les mettre en lien avec d’autres formes de violences intrafamiliales, physiques et psychologiques. 

Dans cette enquête, la façon de poser les questions est déterminante pour la qualité des données. Comment interroge-t-on sur les violences sexuelles ? 

On ne qualifie pas directement de violences les actes. On n’utilise pas de catégories juridiques. On interroge sur des actes objectifs : les attouchements du corps, les attouchements du sexe, les rapports sexuels imposés et puis d’autres pratiques sexuelles imposées.

« Les enquêteurs disent les mots pour que les enquêtés n’aient pas à verbaliser des choses compliquées. »

Si les témoins répondent oui à une de ces questions, les enquêteurs vont poser des questions très détaillées : est-ce une fellation forcée ou par exemple visionner un film pornographique, une pénétration du sexe par le sexe. Les enquêteurs disent ces mots pour que les enquêtés n’aient pas à verbaliser ces choses compliquées à exprimer. Ainsi on reconstruit des catégories juridiques, ce qui relève des viols, des agressions sexuelles.

Quels sont les principaux enseignements de l’enquête Virage ?

Les femmes peuvent être victimes de violences sexuelles dans tous les contextes de vie et à tous les âges. Pour les hommes, dans ce qu’on a pu enregistrer, les violences sexuelles se concentrent très largement pendant l’enfance et l’adolescence et très largement aussi au sein de la famille (voir tableau ci-dessous). On a donc là une différence importante.

Page 37 of document_travail_2017_229_violences.sexuelles_enquete.fr
Contributed to DocumentCloud by Journaliste Rue89 Strasbourg (Rue89 Strasbourg) • View document or read text

En ce qui concerne les violences au sein de la famille et de l’entourage proche, un des résultats qu’on mesure mieux maintenant : pour 85% des femmes et des hommes qui déclarent ces violences sexuelles, les viols et les agressions sexuelles ont commencé avant leur 14 ans, un très jeune âge. Et pour la moitié d’entre elles et eux, les violences sexuelles ont commencé avant l’âge de 9 ou 10 ans.

Y a-t-il une différence de profil du violeur en fonction du sexe de la victime ? 

L’ouvrage Virage (disponible en librairie ou sur le site de la Fnac) donne le détail des auteurs pour les faits de violences sexuelles avant 18 ans. Pour les femmes, elles mentionnent leur oncle pour 20% d’entre elles, un homme proche de la famille pour 17%, leur père pour 14%, leur frère ou demi frère pour environ 10% et ou leur grand-père pour 6% environ.

Pour les hommes, les violences sexuelles viennent d’un oncle pour 16% des interrogés, du frère ou demi-frère pour 14%, ou d’autres hommes de la parenté pour 10% des sondés.

L’enquête a aussi permis de mieux comprendre la façon dont les violences sexuelles sont imposées ? 

En effet, on disposait d’une question sur le mode de contrainte utilisé pour imposer les actes de viol et d’agression sexuelle. Pour plus de 80% des hommes et femmes mineurs au moment des violences, il n’y a pas eu besoin de mode de contrainte. Un résultat auquel on ne s’attendait pas. Bien souvent, il n’y a même pas besoin de chantage, menace ou contrainte physique. 

« L’autorité et la différence d’âge peuvent suffire à imposer ces violences sexuelles »

C’est quelque chose de frappant, l’autorité et la différence d’âge peuvent suffire à imposer ces violences sexuelles aux victimes (voir tableau ci-dessous). Quand on a 8 ou 9 ans, voire moins, quand papa rentre dans la chambre et fait des trucs qu’on est pas forcément en capacité de comprendre, on n’a pas les moyens de dire non. En général, il y a une énorme gêne mais les enfants n’ont pas les références extérieures pour dire non dans un climat d’autorité. C’est aussi compliqué d’en parler pour les victimes parce qu’elles savent très bien que c’est risqué, que ça risque de faire du mal à papa, ça va compliquer les choses au sein de la famille. 

Page 48 of document_travail_2017_229_violences.sexuelles_enquete.fr
Contributed to DocumentCloud by Journaliste Rue89 Strasbourg (Rue89 Strasbourg) • View document or read text

Comment percevez-vous l’actuel débat autour de l’inceste ? 

Je suis assez peu surprise de cette couverture et de cette séquence médiatique et de la façon dont ça se passe. Ce n’est pas la première fois qu’il y a un débat médiatique autour du viol incestueux. Il y en a eu plusieurs par le passé.

Un des plus grands débats, le premier, a eu lieu suite au témoignage d’Eva Thomas en 1986. Elle a participé à l’émission “Dossiers d’écran” à une époque où il y avait cinq chaines, le soir à une heure de grande écoute. C’était quelque chose de fort sur le plan médiatique. Les réactions de l’époque sont assez proches des discours actuels : “Oh mon dieu on ne savait pas”, “Quelqu’un brise enfin l’omerta !” Des choses que j’ai pu relire à propos de l’ouvrage de Camille Kouchner.

« À chaque fois, on semble redécouvrir le phénomène de l’inceste »

C’est assez déprimant de se dire qu’à chaque fois, on semble redécouvrir le phénomène de l’inceste alors que ça fait 35 ans qu’on connait déjà pas mal de choses. Il y a régulièrement des travaux qui documentent cette réalité de manière plus précise. Mais ça ne semble pas modifier réellement les perspectives et nos représentations.

Vous ne voyez aucun changement dans l’actuel débat sur le sujet ?

La grande nouveauté vient des réseaux sociaux, qui rendent les témoignages accessibles à tout un chacun et aux journalistes qui vont donner une visibilité à cette parole. Mais la prise de parole n’est pas nouvelle. Les victimes de violence se sont toujours exprimées, peut-être dans une moindre mesure avant parce que justement il n’y avait pas cette facilité de diffusion.

« La réprobation sociale collective vis-à-vis de ces violences a quand même augmenté, ce qui laisse plus de place pour ces témoignages »

Plus des gens en parlent, plus ça génère d’autres témoignages. Là on est dans un cas typique, quelqu’un dit “Ca m’est arrivé” ou “C’est arrivé à quelqu’un que je connais”. Et plein de femmes et d’hommes réagissent en disant “Moi aussi”. Ce “moi aussi” est extrêmement récurrent. Mais là comme ces réseaux amplifient ce “moi aussi”, ça atteint de nouvelles proportions. 

D’autre part, le regard a changé sur les violences sexuelles, on arrive plus à en parler, on a moins de culpabilisation et de déni. Ceci dit, on retrouve aussi des discours de certaines personnalités médiatiques ou politiques qui ne sont pas plus évolués qu’il y a quelques dizaines d’années. Mais la réprobation collective vis-à-vis de ces violences a augmenté.

Est-ce que l’on connait les mesures à mettre en œuvre pour enrayer le phénomène ? 

Il faut que les professeurs aient une formation minimale sur ces questions, pour être capable de se dire que c’est possible, ça concerne des enfants et il y a des chances qu’ils en ont dans leurs élèves. L’enquête Virage indique qu’entre 2,5 et 4% des femmes et un peu moins d’1% pour les hommes ont été victimes de viols ou d’agressions sexuelles incestueux. 

Pour les professionnels de la petite enfance, les médecins, les formations manquent sur ces questions-là. On pourrait imaginer un module de quatre heures, sur les questions de violence sexuelle et incestueuse au sens large. Les participants auraient des informations sur les signes, les troubles de comportement, les problèmes de santé et de santé mentale.

« Une fois qu’on sait, on ne peut pas oublier. On voit sa perception du monde modifiée. C’est pas très agréable. On devient moins bisounours après. »

Ce qui est important, et toutes les personnes qui travaillent sur ces questions le disent : une fois qu’on sait, on ne peut pas oublier. On voit sa perception du monde modifiée. On devient moins bisounours après. Mais l’important, c’est que ça peut aider des filles et des garçons à sortir de situation qui souvent se répètent et durent plusieurs années (voir tableau ci-dessous). Quand c’est le père, c’est tous les jours au domicile. Quand c’est le grand-père, c’est pendant les vacances.

Page 42 of document_travail_2017_229_violences.sexuelles_enquete.fr
Contributed to DocumentCloud by Journaliste Rue89 Strasbourg (Rue89 Strasbourg) • View document or read text

Plusieurs des auteures de l’enquête Virage sont chercheuses à Strasbourg. Est-ce qu’il y a à l’Université de Strasbourg une spécialité autour de cette thématique ?

C’est une question moins minoritaire qu’ailleurs. Nous sommes quatre ou cinq chercheuses à travailler sur les questions des violences en général. J’ai une collègue de l’IEP, Solène Jouanneau, qui travaille sur les violences conjugales. Strasbourg est assez pionnier sur ce sujet parce que c’était un territoire test pour le téléphone grand danger, donc des chercheuses strasbourgeoises comme Estelle Czerny ont axé leurs recherches sur ce dispositif du téléphone grand danger. Deux collègues Elise Marsicano et Céline Monicolle ont coécrit dans l’ouvrage Virage sur les violences en contexte migratoire. Elles ont analysé les données d’enquête Virage en observant les différences selon les statuts migratoires des personnes, selon qu’elles sont immigrées, descendants d’immigrés ou françaises sur deux générations.

L’Université propose aussi deux enseignements sur le sujet, ce qui est rare. On a un cours en L3 intervention sociale sur les violences familiales, et j’ai un enseignement en master 2 sur les violences sexuelles et la santé.

Sur fond de GCO, de nouvelles élections municipales à Duttlenheim

Sur fond de GCO, de nouvelles élections municipales à Duttlenheim

Le Conseil d’État a définitivement annulé les élections dans cette commune proche de la future autoroute, en raison d’un tract polémique distribué le dernier soir et du faible écart de voix.

Il faudra recommencer les élections municipales à Duttlenheim, aux portes de l’Eurométropole. Fin janvier, le Conseil d’État a validé le jugement du tribunal administratif de Strasbourg du 17 septembre.

Réélu de justesse en mars, le maire sortant Jean-Luc Ruch (divers droite) avait fait appel. En vain. Les juges confirment une infraction au code électoral. Le conseil municipal du lundi 1er février a ainsi été annulé. En attendant une nouvelle élection, la préfecture du Bas-Rhin a jusqu’à la fin de la semaine pour désigner une commission spéciale qui gèrera les affaires courantes.

Tract offensif in extremis

Le dernier vendredi soir de campagne, entre 20h et 21h30, la liste du maire « Ensemble pour l’avenir de Duttlenheim » avait distribué un nouveau tract aux habitants. Elle y accusait la liste concurrente « d’opportunisme politique pseudo-écologique » et s’en prenait aux absences en conseil municipal de Sylvia Fenger, élue d’opposition et numéro 2 de la liste.

Dans cet ultime document de campagne, la liste Dutt’autrement devenait celle de « l’équipe de la reine Fenger et du roi Denisty (sic) », la tête de liste. Au-delà du ton employé, la loi interdit « de porter à la connaissance du public un élément nouveau de polémique électorale à un moment tel que ses adversaires n’aient pas la possibilité d’y répondre utilement ». Or, quelques heures plus tard, à partir de minuit, la campagne était terminée et donc interdit de communiquer une réponse, via un tract ou par un autre moyen.

La différence n’ayant été que de 7 voix, 630 contre 623, cette action a pu altérer la sincérité du résultat le 15 mars (56,2% de participation). Il y a eu davantage de bulletins blancs (12) et nuls (28) que d’écart.

Duppigheim à l’embranchement sud du GCO et de l’A35 à Ittenheim, le long de la portion gratuite jusqu’à la zone d’entreprises de Duppigheim, Duttlenheim et Ernolsheim-Bruche. Photo : Emeline Burckel / Rue89 Strasbourg

Le GCO omniprésent dans la campagne

Comme dans plusieurs communes le long du Grand contournement ouest -GCO – voir nos articles) de Strasbourg, l’autoroute avait cristallisé les débats. La liste battue Dutt’Autrement estime que le maire en place depuis 2001 n’a pas assez défendu les intérêts des habitants face à ce projet et les aménagement de la société Vinci. De l’autre côté de la future autoroute, à Duppigheim, c’est le scénario inverse qui s’est produit. La liste issue d’anciens opposants au GCO l’a emporté face à l’équipe sortante.

Sauf jugement contraire au tribunal administratif, le GCO devrait être mis en service fin 2021. D’ici-là, les dossiers connexes ne manquent pas : l’installation de l’aire de service, le suivi de la pollution sonore et atmosphérique à quelques centaines de mètres du collège Nicolas Copernic et à plus long terme le développement de zones d’activités en lien avec l’autoroute…

Des élections, mais quand ?

Les deux mêmes listes devraient à nouveau s’opposer. Mais la date est encore inconnue. En cas d’annulation, les élections municipales doivent se tenir sous trois mois. Mais ce délai est exceptionnellement rallongé jusqu’au 13 juin 2021 en raison de la crise sanitaire.

Les communes de Sainte-Marie-aux-Mines et Dessenheim dans une situation similaire, aucune date n’est encore fixée par la préfecture du Haut-Rhin. Pourtant il n’y a pas eu d’appel aux jugements donnés dès octobre et… juillet 2020 (!). Un attentisme que contestent les deux maires « déchus ». Dans les communes Grand-Fort-Philippe (Nord) et Donchery (Ardennes) Est, les élections partielles ont été programmées en janvier et février.

Au lycée de Bouxwiller, « Blanquer promettait la diversité aux élèves, ils n’ont jamais eu si peu d’options »

Au lycée de Bouxwiller, « Blanquer promettait la diversité aux élèves, ils n’ont jamais eu si peu d’options »

70% des enseignants du lycée Adrien Zeller ont fait grève ce mardi 2 février. Ils protestent contre les disparitions successives des options artistiques et de l’enseignement de l’espagnol. La réforme Blanquer a réduit l’attractivité de ce petit établissement rural.

Les enseignants manifestent, les élèves applaudissent. Il est 8 heures passées. Devant le lycée Adrien Zeller de Bouxwiller, une vingtaine de professeurs font le piquet de grève. Sur une pancarte : « Espagnol, promesses non tenues = 36 élèves déçus. Où sont les moyens pour cette réforme ambitieuse ? » Élève de terminale et vice-président du conseil de vie lycéenne, Victor Kalb approuve la mobilisation :

« Les profs font ça pour nous. Ici, trois options auront disparu en trois ans (musique, arts plastiques et espagnol, ndlr). Cela crée une inégalité pour les élèves des lycées ruraux. En ville, ils ont beaucoup plus de choix. »

La majorité des enseignants n’ont pas assuré leurs cours ce mardi 2 février. Photo : GK / Rue89 Strasbourg

De trois sections à 13 « spécialités »

Avec la réforme du lycée et du baccalauréat, les filières S, ES et L ont disparu en 2018. Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, promettait un « bac à la carte » avec 13 spécialités différentes, dont plusieurs nouvelles, comme l’ »Histoire-géographie, géopolitique » ou « Numérique et sciences informatiques ».

Mais la promesse n’est pas tenue pour certains petits établissements, souvent ruraux, comme le lycée de Bouxwiller. Les 150 élèves par promotion ne permettent pas d’ouvrir toutes les spécialités, comme « Littérature et civilisation anglaise » ou « Numérique et sciences informatiques ».

« D’année en années, on voit l’attractivité du lycée baisser », dénonce Christine Kassel, élue du personnel et représentante SNES-FSU du Bas-Rhin. Elle ajoute : les lycées de Saverne ou de Haguenau n’ont jamais eu autant de dossiers, parce qu’ils ont plus de spécialités et d’options. »

Il n’y a plus d’option espagnol depuis la rentrée à Bouxwiller. Photo : GK / Rue89 Strasbourg / cc

L’espagnol en voie de disparition

Mathilde (le prénom a été modifié) subit surtout la fin de l’option espagnol planifiée pour 2022. « En septembre 2019, nous avions 76 élèves pour ce cours », rappelle l’enseignante. À la dernière rentrée, elle a découvert que son option n’avait pas été proposée aux élèves de seconde.

Mathilde est désormais seule enseignante d’espagnol au lycée Adrien Zeller. Elle regrette le départ de son unique collègue :

« Elle organisait un échange de deux mois avec des jeunes d’Alicante en Espagne. C’était super pour les lycéens. Je suis amère face aux effets de cette réforme Blanquer, on a promis la diversité aux élèves, un bac à la carte, alors qu’ici, les élèves n’ont jamais eu aussi peu d’options. »

Des classes de plus en plus remplies

Enseignante en histoire-géographie, Martine (le prénom a été modifié) parle d’une dégradation continue des conditions d’enseignement ces deux dernières décennies. Le temps des classes à 24 élèves lui semble un lointain souvenir, qu’elle estime à trente ans. Martine a désormais 33 élèves en moyenne : « Vous ne pouvez pas interroger tout le monde avec des classes aussi remplies… »

Professeurs et lycéens ont manifesté ensemble. Photo : GK / Rue89 Strasbourg

En 2004, Martine enseignait 4 à 5 heures d’histoire par semaine aux élèves de terminale. « Maintenant c’est trois heures », souffle-t-elle, dénonçant des « économies de bout de chandelle ». À ses côtés, un collègue décrit la même évolution en maths. « Avec les nouvelles spécialités, j’ai perdu une heure d’enseignement par classe de première et de terminale. »

Élève de terminale, Laurie soutient aussi l’action de ses professeurs pour « éviter que le lycée Adrien Zeller ne devienne un choix par défaut. » « Je connais plusieurs élèves qui voulaient faire Arts plastiques en option, ajoute-t-elle, ils n’ont pas pu le faire ici… »

Masque à la grimace. Photo : GK / Rue89 Strasbourg

Vers 9h30, les élèves se font plus rares. Une voiture Scenic remplie de lycéens passe sur le parking. Les ados saluent une dernière fois les professeurs. Le soutien est bienvenu pour ces enseignants fatigués par les réformes successives et le manque de moyens.

« On incite les profs à travailler plus pour qu’ils soient moins nombreux »

Dernier coup dur pour l’équipe du lycée Adrien Zeller : l’annonce de la baisse de la dotation horaire globale pour la rentrée 2021-2022. Véronique (le prénom a été modifié) précise :

« Ils imposent désormais 76 heures supplémentaires annuelles, contre 36 l’année dernière. Avant, ces heures supplémentaires étaient une variable d’ajustement. Maintenant, on incite les profs à travailler plus pour qu’ils soient moins nombreux… »

En 2017, la dotation horaire globale (DHG) du lycée Adrien Zeller était de 754 heures. Suite à la réforme, cette quantité d’heures d’enseignement était de 650 heures dans l’établissement de Bouxwiller. Pour la rentrée 2021-2022, le Rectorat prévoit d’accorder 625 heures de classe.

Dans une lettre envoyée à la rectrice de l’Académie de Strasbourg le 1er février, les élus de la liste majoritaire au conseil d’administration (sans étiquette) demandent une augmentation de la DHG de 15 heures :

« Ce complément permettrait d’éviter toute injustice, et maintenir une offre élargie d’options et notamment l’apprentissage d’une 3ème langue vivante (espagnol) indispensable pour une formation à l’international et une meilleure insertion dans le monde professionnel. »

Dans la cour de récréation du lycée, deux élèves de seconde cherchent un moyen de rentrer à la maison. Elles n’ont pas cours. Interrogée sur ses vœux pour l’année de première, Louane a choisi l’option Arts plastiques. Elle pense donc rejoindre le lycée de Haguenau… sans savoir comment elle pourra s’y rendre. « Dans certains coins ici, il n’y a pas de transport », remarque-t-elle.

En raison d’une grève nationale jeudi, pas de cantine dans les écoles

En raison d’une grève nationale jeudi, pas de cantine dans les écoles

Les cantines publiques des écoles de Strasbourg et de Bischheim seront toutes fermées jeudi, en raison d’un appel à la grève de la CGT. Des syndicats d’enseignants ont également appelé à la grève ce jour-là.

Une grève interprofessionnelle nationale a été décidée jeudi 4 février par une intersyndicale en protestation au plan de relance du gouvernement. Plusieurs syndicats d’enseignants appelant à la grève, des absences ponctuelles sont à prévoir dans les établissements (SNUipp-FSU dans les écoles maternelles et primaires, SNES-FSU, dans les collèges et lycées, SNESUP-FSU, dans l’enseignement supérieur ainsi que la CGT Educ’action, et Sud éducation). À Strasbourg, une manifestation s’élancera à 14h place Kléber.

À l’école Saint-Jean comme ailleurs, les parents devront récupérer leurs enfants jeudi midi Photo : PF / Rue89 Strasbourg / cc

Mais surtout, la fédération santé sociaux de la CGT a également déposé un préavis de grève pour le jeudi 4 février, pour moins d’heures de travail et l’abrogation du jour de carence pour maladie. Largement majoritaire parmi les agents de la petite enfance à Strasbourg, cette grève a pour conséquence la fermeture de toutes les cantines des écoles publiques jeudi. Les parents doivent chercher les enfants à midi et les ramener pour 14h. Les accueils périscolaires du matin et du soir seront en revanche maintenus dans la mesure du possible, des précisions pour chaque école ne seront disponibles que… le matin même, par affichage.

Le même appel national a également pour conséquence la fermeture des cantines scolaires des écoles de Bischheim. En outre, les services d’accueils périscolaires du matin et du soir ne seront pas assurés, ni même le service minimum d’accueil (SMA) sur le temps scolaire.

À l’école du travail social, dysfonctionnements graves et management agressif

À l’école du travail social, dysfonctionnements graves et management agressif

Des étudiants de l’École supérieure de l’intervention sociale (ESEIS) se mobilisent suite à de graves problèmes organisationnels qui altèrent leur apprentissage. Au deuxième semestre 2019-2020, certains ont perdu 100 heures de formation. D’après des membres de l’équipe pédagogique, des notes fictives ont été données aux élèves ces derniers mois. Ils dénoncent aussi un management violent et autoritaire de la direction.

« Notre école s’effondre, et c’est nous, étudiants et apprentis, qui sommes à l’intérieur. » Les mots sont ceux d’une étudiante de l’École Supérieure Européenne de l’Intervention Sociale (ESEIS), tirés d’une lettre ouverte qui s’est diffusée fin janvier parmi les élèves. Rue89 Strasbourg s’est entretenu avec 10 étudiants de l’ESEIS, dont 3 délégués. Ils veulent alerter sur les nombreux « dysfonctionnements graves » de leur école, « qui mettent en péril la formation ». Un groupe Facebook intitulé Étudiant.e.s du travail social en colère – Strasbourg a été créé le 23 janvier, avec comme objet la mobilisation pour améliorer leurs conditions d’études. Il comptait 402 abonnés le 1er février.

L’ESEIS a un budget annuel de 6,5 millions d’euros, dont 2,2 millions provenant de la Région Grand Est et le reste par les formations continues. L’école propose une trentaine de formations initiales et continues. Ce sont les trois formations initiales gradées – Éducateur spécialisé, Éducateur technique spécialisé et Assistant de service social – qui concentrent les tensions. Suivies par 300 étudiants, elles se font sur 3 ans et aboutissent à un diplôme d’État.

Des heures de formation perdues

Abonnez-vous

Cet article fait partie de l’édition abonnés. Pour lire la suite, profitez d’une offre découverte à 1€.

Contribuez à consolider un média indépendant à Strasbourg, en capacité d’enquêter sur les enjeux locaux.

    Paiement sécurisé
    Sans engagement
Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous
,
#ESEIS

Un Racing en manque de précision face à Reims

Un Racing en manque de précision face à Reims

Le Racing Club de Strasbourg (RCSA) a concédé sa première défaite de l’année 2021 en s’inclinant face à Reims (0-1). Le but du rémois Derek Kutesa (80e) vient mettre un terme à la bonne dynamique strasbourgeoise. La Cave de Papy vous propose de revenir sur la rencontre en passant à la loupe la prestation de certains joueurs strasbourgeois.

Le Racing Club de Strasbourg quitte la liste des équipes invaincues en 2021. Tout comme le Paris Saint-Germain, à la grande surprise, suite à sa défaite à Lorient. Deux équipes sont encore concernées dans la liste des invincibles de cette nouvelle année : l’AS Monaco et le FC Metz. Le RC Strasbourg encaisse donc un deuxième but depuis le 1er janvier, mais reste dans une situation défensive honorable. Pour le moment, le club alsacien est tout de même celui qui a le moins encaissé de but depuis 2021 parmi les vingt clubs de Ligue 1.

Au top, Mehdi Chahiri confirme son bon retour, Alexander Djiku se montre décisif

Dans la continuité de son match face à Dijon, Mehdi Chahiri a livré une bonne prestation face à Reims. Même si l’ailier gauche n’a pas trouvé le chemin des filets, c’est de lui que part la première occasion strasbourgeoise du match (9e). Une tentative arrêtée par Pedrag Rajkovic le gardien rémois qui sauve son équipe sur cette action. Mehdi Chahiri s’illustre de nouveau à la demi-heure de jeu où il trouve la transversale du but adverse. L’entraîneur Thierry Laurey qui souhaite apporter du sang neuf à son effectif le remplace par l’attaquant Kévin Zohi (64e).

Alexander Djiku s’est montré décisif sur ses interventions, en reprenant le ballon dans les pieds rémois. Le défenseur strasbourgeois empêche Mbuku de progresser sur le but des Bleus dès la 2e minute de jeu. Le joueur se montre à nouveau supérieur face à Mbuku qui file vers le but (55e). Il vient aussi casser une transmission de balle pour Boulaye Dia. L’attaquant du Stade de Reims, en forme, est alors privé d’une occasion d’ouvrir le score (59e). Alexander Djiku a échoppé d’un carton jaune sur un tacle en retard (64e). Une action qui le prive de la rencontre face à Montpellier en Coupe de France suite à une accumulation de cartons jaunes.

Adrien Thomasson a également été présent durant cette rencontre. Tout d’abord, en étant à l’origine de l’occasion de Mehdi Chahiri (9e). Comme lors du match précédent, le milieu offensif manque de précision et trouve la transversale (74e). Une prestation convenable malgré ce manque de réussite.

Le Racing Club de Strasbourg, ici à l’entraînement, va devoir faire preuve de plus de précision afin de renouer avec la victoire. Photo : Andréa Lamy

Habib Diallo n’est pas en réussite en ce moment

Habib Diallo, auteur de sept buts avec le Racing depuis son arrivée cette saison, ne trouve plus le chemin des filets depuis trois rencontres consécutives. Face à Reims, l’attaquant sénégalais a été transparent offensivement. Une performance qui ne ressemble pas au joueur qui a habitué les supporters à beaucoup mieux lors de ses matches avec le maillot bleu strasbourgeois. Mercredi 3 février, il y aura déjà le prochain match, face à Brest, à 19h. L’opportunité de redresser la tête rapidement pour remettre en route son compteur de buts.

Rebondir dès la 23e journée de Ligue 1, c’est l’enjeu pour le RC Strasbourg qui va recevoir Brest. Le club alsacien rate l’occasion de faire un bond au classement et se situe à la quinzième place du championnat. Au match aller, le RCSA a donné une leçon de football en s’imposant (0-5) dans le Finistère. Les chroniqueurs de la Cave de Papy livrent leurs pronostics pour l’accueil des Brestois.

Les chroniqueurs de la Cave de Papy donnent leurs pronostics à l’occasion du prochain match face à Brest.

À Strasbourg, une rare union politique autour de Sanofi

À Strasbourg, une rare union politique autour de Sanofi

Menacés par un déménagement en région parisienne, les salariés du laboratoire de recherche de Sanofi à Strasbourg peuvent compter sur un soutien unanime dans la classe politique locale. Mais cela suffira-t-il à sauver leurs emplois sur le site ? Pas sûr.

Environ 35 des 54 salariés de Sanofi à Strasbourg ont manifesté jeudi 28 janvier devant le portail du laboratoire. Cette action coïncidait avec le très attendu Comité social et économique (CSE) au siège de l’entreprise. Cette réunion lançait un nouveau plan d’économies : suppression de 1 000 emplois en France, dont 364 dans la recherche et donc le transfert des équipes de Strasbourg vers les locaux de Vitry-sur-Seine (Seine-et-Marne).

Pour David (les prénoms des employés ont été changés), 19 ans de boîte, « un lien de confiance avec la société s’est brisé », lorsque la fermeture a été annoncée à la surprise générale en juin 2020 :

« Avant, on avait l’impression d’aider à soigner des gens, mais là, la logique financière prend le dessus. Ce n’est pas spécifique à Sanofi, l’industrie pharmaceutique ne veut plus prendre de risque et investir dans le long terme. Ces entreprises rachètent des start-ups et assurent la mise sur le marché. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé entre Pfizer et BioNtech pour le vaccin ».

Un salarié de Sanofi à Strasbourg, employé depuis 19 ans.

Il rappelle que son métier consiste à tester les molécules, avec parfois une seule sur 10 000 qui est exploitable : « Et ça, ce n’est rien que pour la phase 1 de test ! C’est pour cela qu’un médicament coûte cher ». Déménager en région parisienne ? « La qualité de vie » là-bas ne le fait pas vraiment rêver.

Plus de deux tiers des effectifs ont protesté contre le déménagement programmé des activités de recherche de Sanofi à Strasbourg. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg

Un virage d’entreprise et des formations pour… rien

De l’autre côté de la banderole, on retrouve des biologistes. Ils ont déjà dû se former lorsque le site a été réorienté sur l’immuno-oncologie début 2020, un domaine dans lequel Sanofi compte se développer. C’est le cas de Lucie, qui est même partie un an dans un laboratoire de l’Inserm à Strasbourg, pour accroître ses connaissances sur les cancers. Arrivée en 1997 dans l’entreprise, sa collègue Scarlett, elle, s’interroge sur les perspectives :

« Même si je déménage avec toute ma famille à Vitry, combien de temps mon emploi sera garanti ? Les plans sociaux se succèdent tous les ans. »

Pas emballée par le grand site en région parisienne qu’elle a déjà visité lors de collaborations, elle s’amuse des rares arguments avancés par la direction. « On nous a dit que la gare RER serait refaite et que ce sera plus joli… »

« Il y a un appel à la grève de la CGT à Sanofi France, mais aujourd’hui à Strasbourg, c’est bien une action des salariés », précise Anne Eschbach, elle-même élue CGT à Strasbourg. En effet, rue d’Ankara, pas de drapeaux syndicaux ou de tracts estampillés. En guise d’étendards : la banderole « Sanofi sacrifie son excellence strasbourgeoise » – déjà sortie lors d’une action le 1er octobre, une cigogne en peluche et des blouses blanches.

Les élus présents pour soutenir les salariés…

Mais ce qui fait l’originalité de ce rassemblement, c’est surtout la présence d’élus ou de leurs collaborateurs de différents bords. Déjà présente lors de la première mobilisation en octobre 2020, l’ancienne maire et eurodéputée, Catherine Trautmann (PS) est à nouveau aux côtés des salariés de Sanofi ce 28 janvier. On compte aussi deux députés de « La République en Marche », le conseiller municipal du quartier, l’écologiste Patrice Schoepff, tandis que l’eurodéputée et également ancienne maire Fabienne Keller (Agir) est représentée par un collaborateur. Cette dernière a publié la veille un communiqué, se disant « convaincue qu’une autre solution est encore possible »

Bien sûr, s’opposer à une décision d’entreprise dont on n’a pas à assumer les conséquences permet une communication politique consensuelle à peu de frais. C’est d’ailleurs pour cette raison, qu’il n’a fallu que quelques minutes le lendemain en conseil de l’Eurométropole pour rédiger un texte de soutien et recueillir l’unanimité. Il n’empêche, ce n’est pas tous les jours que les élus LREM partagent les mêmes revendications que les représentants de la CGT.

… mais avec des moyens bien maigres

Le député LREM de Strasbourg-Nord Bruno Studer ne vient pas faire de fausse promesse. Il le reconnaît, le gouvernement n’a pas de levier direct sur « une décision d’une entreprise privée ». Néanmoins, il estime que sa présence participe à une « pression politique » qui « met Sanofi face à ses responsabilités » et son « devoir moral : on ne laisse pas des salariés aussi longtemps dans l’expectative ». Il rappelle que l’entreprise « a reçu des financements de l’État », comme le crédit d’impôts recherche.

Pour son collègue LREM de Strasbourg-centre, Thierry Michels, l’État et la Région Grand Est peuvent en revanche intervenir sur le repreneur pour ne pas aboutir à « une fermeture totale ». Ainsi, une majorité de salariés pourraient continuer à travailler à Strasbourg. « Le plan de relance peut aider à réduire le risque d’un repreneur, avec des investissements en formation ou sur les équipements », met-il en avant.

Après l’action qui aura duré une heure, Nicolas Muzet élu non syndiqué au CSE à Strasbourg se félicite des convergences politiques :

« On a une unanimité politique, au sein des différents partis de la majorité présidentielle, la Région qui nous dit qu’elle a des leviers vis-à-vis de Sanofi, tandis que la Ville et l’Eurométropole n’ont pas d’autre projet à cet emplacement. Ce n’est pas anodin. Dans le cas d’une autre fermeture de site à Alfortville, le maire avait répondu que c’était un emplacement de choix pour un projet immobilier. »

La performance est d’autant plus remarquable que les élections départementales et régionales approchent et que les sujets de tensions n’ont pas manqué entre collectivités et bords politiques (Huawei, Prix de la démocratie, la question alsacienne entre Collectivité européenne d’Alsace et Région Grand Est, etc.).

Les élus n’ont pas de grande promesse à faire, mais écoutent ce que les chercheurs de Sanofi ont à leur dire. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg

Après sept mois dans l’attente, les salariés espèrent avoir des propositions dans les prochaines semaines. Selon certaines sources syndicales au siège de Sanofi-Aventis R&D, le déménagement devrait se faire d’ici juin 2022. Les salariés aimeraient connaître le repreneur et les propositions de déménagement par Sanofi, au même moment, afin de pouvoir comparer. En conseil de l’Eurométropole, la vice-présidente Anne-Marie Jean a déclaré avoir une préférence pour « un repreneur local avec un projet de développement territorial ». En clair, éviter de nouvelles menaces sur ce site au gré de stratégies mondiales de multinationales.

Les salariés ont en tout cas alerté les élus présents sur les subtilités de la communication. « Sanofi dit ne pas fermer de site car c’est un regroupement, mais il n’y aura plus de présence de Sanofi ici », explique une biologiste du groupe. Le laboratoire de l’Esplanade est en effet la seule antenne de Sanofi dans le Grand Est. Après avoir entendu le message, les parlementaires comptent interpeller plus directement la ministre de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher. À l’automne, seul un rendez-vous avec son équipe avait été décroché par les élus strasbourgeois.

L’espoir des employés : que les politiques maintiennent une pression sur Sanofi. Et en retour, que la direction fasse le maximum pour apaiser la situation, avec de bonnes propositions en interne ou via le repreneur. Ce bras de fer est surtout un enjeu d’image et médiatique, à l’heure où l’épisode des vaccins anti-Covid promis aux États-Unis en priorité n’est toujours pas digéré par la classe politique française. Mais ce front strasbourgeois pèsera-t-il assez fort face à l’un des géants de l’industrie pharmaceutique et ses 4 milliards d’euros de dividendes versés aux actionnaires au printemps 2020 ?

Face à Reims, le Racing a une opportunité pour faire un bond au classement

Face à Reims, le Racing a une opportunité pour faire un bond au classement

Le Racing Club de Strasbourg (RCSA) reçoit le Stade de Reims ce dimanche à 15h à l’occasion de la 22e journée de Ligue 1. Un adversaire qui réussit plutôt bien aux Strasbourgeois à la Meinau. En 2020 et 2019, les Rémois se sont inclinés dans l’antre strasbourgeoise. Cependant lors du match aller en Champagne, Reims s’est imposé 2-1 en novembre.

La 22e journée de Ligue 1 emmène le Stade de Reims sur la route des Strasbourgeois à la Meinau. Les deux formations se suivent dans le classement de la Ligue 1. Les deux équipes totalisent 24 points mais Reims (14e) bénéficie d’une meilleure différence de buts (-2) que le Racing (15e avec -3).

Deux joueurs en pleine forme

Les Rémois peuvent compter sur leur attaquant Boulaye Dia en pleine forme avec douze buts cette saison. Ce qui place le joueur à la deuxième place au classement des buteurs, à seulement deux buts de Kylian Mbappé. Il constitue la principale menace lors de cette rencontre selon la Cave de Papy. Le Racing va devoir se méfier plus particulièrement de cet attaquant, même si tout joueur adverse reste susceptible d’être dangereux. Le RCSA possède aussi son homme fort à l’avant : l’attaquant Ludovic Ajorque, qui totalise dix buts cette saison. C’est son meilleur total sur une saison en Ligue 1, un record qui a largement le temps d’être bonifié jusqu’à la 38e journée.

Le Racing est encore invaincu en 2021

Le Racing a vu sa dynamique de victoires prendre fin à l’issue du déplacement à Dijon (1-1). Pour autant, le club strasbourgeois reste invaincu depuis janvier. Trois équipes sont dans la même situation : le PSG, Monaco et Metz. Le RCSA est sur la lignée de trois victoires et un nul, tandis que Reims compte deux victoires, un nul et une défaite.

Lors d’un entretien publié sur le site internet du club, le défenseur strasbourgeois Lamine Koné relève, comme la Cave de Papy, l’importance de Boulaye Dia qui « est un élément très performant cette saison ». Il faudra être costauds défensivement pour « l’empêcher lui et ses coéquipiers d’obtenir des situations de but ».

Lamine Koné, lors de l’entraînement du 13 octobre 2020. Photo : Andréa Lamy

La Cave de Papy s’attend à un match fermé, où un tout petit détail peut faire pencher la balance, dans un sens comme dans l’autre. Nous espérons que le Racing reste invaincu le plus longtemps possible, d’autant plus contre des adversaires à notre portée au classement. À noter que les Rémois réussissent bien les entames de match. Il va falloir répondre présent durant 90 minutes mais surtout bien aborder la confrontation. Voici les pronostics de certains de nos chroniqueurs.

Les pronostics des chroniqueurs pour la rencontre entre Strasbourg et Reims.
#Reims

Ammonitrates : Jusqu’ici tout va bien

Ammonitrates : Jusqu’ici tout va bien

Secouée par un lanceur d’alerte en 2018, la coopérative agricole d’Ottmarsheim a renforcé la sécurité de son entrepôt d’ammonitrates. Une explosion comme celle qui a ravagé Beyrouth est-elle à exclure ? Si le produit n’est pas aussi concentré, il reste tout de même dangereux et entreposé près de plusieurs sites classés Seveso.