Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Où faire réparer ordinateur et électroménager à Strasbourg ?

Où faire réparer ordinateur et électroménager à Strasbourg ?

Prolonger la durée de vie des objets est un impératif écologique. Voici quelques adresses pour éviter de jeter des appareils encore fonctionnels lorsqu’un défaut survient.

Un écran plat qui reste désespérément noir, une bouilloire qui refuse de chauffer l’eau à l’heure du thé, une machine à laver qui abîme les vêtements… Autant de pannes des objets du quotidien qu’il est possible de réparer, à condition de savoir vers qui se tourner.

Car les dépanneurs d’électroménagers, d’appareils audiovisuels ou de matériel informatique, ne sont pas légion même dans une grande ville comme Strasbourg. Sur certains secteurs d’équipements, une pénurie de main-d’œuvre se fait même sentir.

Audiovisuel : tout peut être réparé, il faut cependant savoir compter

Chez Idées Électronique, situé 34 rue de la Krutenau, il est possible de faire remettre en état tout ce qui est « produits bruns », indique Aurélien Dausch, son gérant. Autrement dit : téléviseur, radio, matériel hi-fi, lecteur DVD, etc. « Je suis comme un garagiste multimarques, je répare des choses très différentes. Et c’est un peu comme une enquête policière, il faut remonter la piste de la panne », souligne, enthousiaste, l’artisan.

Il a commencé à bricoler dès l’adolescence et tient son magasin depuis le début des années 1980. Une expérience qui lui permet, à son niveau, de voir une tendance se dessiner :

« Les gens se rendent de plus en plus compte que jeter n’est pas forcément malin. La planète est pleine de poubelles, il y a une prise de conscience. »

Si les clients sont là, Adrien Dausch constate qu’il y a par contre « de moins en moins de réparateurs indépendants ». Photo : TS / Rue89 Strasbourg / cc

Il faut compter 33€ le devis (déductible ensuite du coût des réparations) et 63€ l’heure de main-d’œuvre. À titre d’exemple, changer le bloc optique d’une chaîne hi-fi se chiffre entre 100€ et 200€, selon les marques et la complexité du problème. Un coût qui n’est pas négligeable, reconnaît-il :

« Tout peut être réparé ! Mais pour les objets vendus à 50€, ça ne vaut pas la peine. De toute façon, à ce prix-là, ce n’est même pas sûr que le fabricant ait prévu des pièces détachées. »

    Idées Électronique : 34 rue de la Krutenau à Strasbourg ; 03 88 36 01 96.Télévision et Technique, 30 rue de Rathsamhausen à Strasbourg Neudorf ; 03 88 34 28 80 ; www.television-technique-strasbourg.fr. A. Robert TV, 146 rue de Bâle à Strasbourg Neudorf ; 03 88 34 60 24 ; aroberttv.site-solocal.com.A.Z.E Technique (spécialiste des instruments de musique), 10 rue Baldner à Strasbourg Neudorf, 03 88 41 01 24, www.aze-technique.com.

Cuisine ou salle de bain, la deuxième vie des « produits blancs »

Pour ce qui est de l’électroménager destiné à la cuisine ou la salle de bain – on parle cette fois de « produits blancs » –, il est possible de pousser la porte d’EMR France. L’entreprise, située dans la commune de Mundolsheim et qui emploie une douzaine de salariés, répare les gros appareils électroménagers (réfrigérateurs, lave-linge, etc.) et les plus petits (aspirateurs, cafetières, etc).

« On a beaucoup de machines expresso à grains en ce moment. Cela donne du travail à temps plein à deux employés, » relève Michel Hamm, sans trop s’expliquer cette tendance. Il est à la tête de cette société qui propose aussi de la vente de pièces détachées au comptoir ou sur leur site internet. En cas de prise en charge à l’atelier, 20€ sont facturés pour estimer la panne, déductibles ensuite du prix des réparations. L’heure de main-d’œuvre varie entre 25€ et 65€, en fonction du type de produits. Michel Hamm donne un exemple :

« En période pleine, on fait 8 à 10 dépannages par jour. Pour une réparation basique sur un lave-vaisselle, il faut compter entre 50€ et 100€. »

Les réparations sont garanties entre 3 et 6 mois. Les dépannages à domicile sont possibles (mais il faut ajouter 75€ de déplacement dans une zone de 20 km autour de Mundolsheim).

En informatique, changer l’écran oui, changer la carte-mère, non

Pour tout ce qui concerne les ordinateurs, les dépanneurs sont de plus en plus nombreux. Strasbourg Dépannage est l’un d’entre eux. L’entreprise propose exclusivement des interventions à domicile. « Je répare de la souris au gros serveur informatique, aussi bien des PC que des Mac », détaille le gérant, Badr Dhaimini.

« Malheureusement, le prix de certaines pièces détachées est encore exorbitant », se désole Badr Dhaimini. Photo : TS / Rue89 Strasbourg / cc

« Il y a d’abord un diagnostic par téléphone, puis j’envoie un devis estimatif avant toute intervention », explique l’ingénieur informatique de 29 ans. Pour une intervention de moins de trente minutes, comptez 30€ et jusqu’à 60€ si cela dure une heure ou plus. Si le problème est plus complexe ou qu’il faut commander une pièce de rechange, l’ordinateur est emporté et rendu « sous 24 à 48h en général », indique-t-il.

Des forfaits sont prévus pour certaines réparations fréquentes : le remplacement d’un clavier d’ordinateur portable reviendra ainsi à 50€ en plus du prix de la pièce. Pour un écran endommagé, il faudra débourser 60€ et y ajouter le coût de la nouvelle dalle. Les réparations sont garanties 6 mois.

« Malheureusement, le prix de certaines pièces détachées est encore exorbitant, c’est problématique pour les clients. Les cartes-mères par exemple. Cela fait plus d’un an que je ne les change plus car c’est 500€ minimum. Ça n’intéresse pas les clients. »

Réparer soi-même ?

Pour celles et ceux qui n’ont pas peur de se retrousser les manches, direction le Repair Café Strasbourg Eurométropole. Association créée en 2016, elle promeut un principe de plus en plus répandu en France et à l’étranger : réparer soi-même ses objets électroniques tombés en panne, sous les conseils de bricoleurs chevronnés et bénévoles. « Jeter ? Pas question ! C’est notre philosophie », indique Ivan Bajcsa, co-président de l’association. Une quinzaine de bénévoles accueillent les bricoleurs lors d’une permanence mensuelle.

« En temps normal, elle est ouverte à tous et sans rendez-vous. Aujourd’hui, avec le Covid, nous sommes obligés de fonctionner à jauge réduite, six personnes maximum et sur rendez-vous. »

Machine à coudre, grille-pain, matériel hi-fi, micro-ondes, etc., le Repair Café accepte tout ce qui est petit électroménager. Lave-linge et autres gros appareils ne sont pas acceptés lors des permanences, sauf exception, faute de place. Car l’association ne dispose pas de locaux propres et les ateliers ont lieu chez des structures partenaires. Lors des permanences, l’association Desclicks est régulièrement présente pour aider à retaper le matériel informatique, tout comme Vélostation pour les bicyclettes.

Depuis sa création, au moins 950 kilos d’objets divers et variés ont été sauvés de la benne grâce à l’action de l’association.

    Repair Café Strasbourg Eurométropole : www.repaircafe-strasbourg.fr ; repaircafe.strasbourg@gmail.com ; prochain atelier (sur réservation) : 14/02/2021.

L’Université de Strasbourg exclut définitivement l’étudiant accusé de harcèlement

L’Université de Strasbourg exclut définitivement l’étudiant accusé de harcèlement

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Dixième manifestation contre la loi « sécurité globale » ce samedi

Dixième manifestation contre la loi « sécurité globale » ce samedi

Samedi 30 janvier, ce sera la dixième marche de protestation organisée par un collectif d’associations depuis fin novembre, pour dénoncer le projet de loi « sécurité globale ».

Qu’il neige, qu’il pleuve, ou qu’il vente. Une vingtaine d’associations continuent d’appeler à la mobilisation, « quoi qu’il en coûte ». Et depuis fin novembre, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Strasbourg pour protester contre ce projet de loi très contesté. Les rangs des manifestants se sont un peu clairsemés, passant de 5 000 début décembre à 500, le 16 janvier. Mais la motivation des organisateurs, elle, ne faiblit pas.

LDH, Amnesty International, CGT, Gilets Jaunes Alsace, France Insoumise, plusieurs syndicats étudiants et bien d’autres encore seront présents samedi dès 13h Place de la République, pour un départ du cortège à 14h. Comme les précédentes semaines, « au vu du contexte sanitaire », la Préfecture oblige « les manifestations revendicatives » prévues ce samedi (il y également une manif pour le retour du vélo dans le tram, prévue à 10h) à se tenir « à l’extérieur du territoire de la Grande Ile ».

Au total, une quarantaine de manifestations sont prévues dans toute la France ce samedi. Avec toujours un même objectif : le retrait « de cette loi dangereuse pour notre État de droit », écrit la LDH.

Au conseil de l’Eurométropole, des impôts stables, l’intensité des investissements en débat

Au conseil de l’Eurométropole, des impôts stables, l’intensité des investissements en débat

La majorité de Pia Imbs va à son tour débattre ce vendredi 29 janvier de son premier budget. Un marqueur important pour les années à venir de la coalition avec les écologistes. À suivre en direct à partir de 9h.

Après la Ville de Strasbourg lundi, c’est au tour de l’Eurométropole de tenir son débat d’orientation budgétaire (DOB) pour 2021. Et donc de livrer ses premiers choix financiers et politiques pour les années à venir. Jeanne Barseghian (EELV) et les écologistes de Strasbourg doivent cette fois composer dans une coalition avec des maires de différentes sensibilités, les écologistes de Schiltigheim et Ostwald, mais aussi sans étiquette, centristes ou de droite.

La différence notable avec le débat au conseil municipal, est que la fiscalité n’est pas la variable d’ajustement pour l’équipe de Pia Imbs (sans étiquette). Il faut dire que ce n’était tout simplement pas possible, car il aurait fallait que les communes aient augmenté leurs propres impôts. Ce que tous les maires se sont bien gardés de faire en 2020, l’année des élections municipales.

Des investissements élevés, mais à préciser

Les trois scénarios soumis aux élus et élues proposent donc des taux d’impôts locaux stables et un même niveau de recrutement d’effectifs. C’est le niveau d’investissements pour les trois prochaines années qui est en discussion. Le scénario 1 prévoit 220 millions d’euros annuels jusqu’en 2023, le scénario 2 table sur 250 millions et le scénario 3 monte même jusqu’à 270.

Dans les trois cas, c’est un niveau soutenu. À titre de comparaison, les trois dernières années du précédent mandat tablaient sur 189, 211 et 242 millions d’euros (finalement dépensés à 54%, un taux anormalement bas en raison des arrêts temporaires de chantiers liés au confinement). « Nous prévoyons 180 à 300 millions d’euros supplémentaires d’investissements par rapport au mandat précédent », défend Pia Imbs. La maire de Holtzheim met en avant l’amélioration des transports en commun, la « transition écologique » ou les « aides directes aux entreprises ». L’impact financier de la crise sanitaire est estimé à 19 millions pour 2020. Et des dispositifs comme l’aide aux loyers professionnels risquent d’être réitérés en cas de reconfinement.

La nouvelle majorité table sur d’importants investissements pour transformer les 33 communes (photo JFG / Rue89 Strasbourg)Photo : Jean-François Gérard / Rue89 Strasbourg

Mieux capter les financements

La nouvelle majorité a en effet prévu de lourdes dépenses, par exemple dans les transports en commun, avec trois importantes extensions du réseau de tram, l’intensification du transport à la demande en première et deuxième couronne, l’utilisation des gares TER pour amorcer un « RER strasbourgeois », de nouvelles pistes cyclables, mais aussi la rénovation urbaine dans huit quartiers, l’isolation thermique de bâtiments et le stade de la Meinau. Selon Syamak Agha Babaei, vice-président en charge des finances, le scénario choisi influera sur « leur vitesse de réalisation » dans les trois prochaines années.

Le scénario choisi aura un impact sur le niveau d’endettement futur, qui sera forcément en hausse. « Nous empruntons à des taux très bas et 97% de la dette est saine » fait valoir Syamak Agha Babaei. La situation dépendra aussi de la manière dont ces lourds investissements s’inscriront dans les différents dispositifs de soutien, comme le Plan de relance du gouvernement. Pour l’instant, l’Eurométropole table sur 17% de « co-financements ». La majorité vient justement de créer un service dédié à la « recherche de financements », notamment européens.

Concernant les emplois, la majorité table sur 100 créations nettes maximum lors du mandat, là où la Ville de Strasbourg ajoutera de son côté 150 postes. Pia Imbs indique vouloir rendre l’Eurométropole « plus territorialisée et plus proche des habitants ».

Le risque explosif des ammonitrates à Ottmarsheim toujours ignoré par les pouvoirs publics

Le risque explosif des ammonitrates à Ottmarsheim toujours ignoré par les pouvoirs publics

En 2018, un lanceur d’alerte avait pointé le stockage dangereux de 3 600 tonnes de nitrate d’ammonium agricole sur le site de la Coopérative céréalière d’Ottmarsheim, près de Mulhouse, et ses conséquences sur les riverains. Deux ans plus tard, le site s’est mis en conformité avec les règlementations. Mais autorités comme agriculteurs continuent d’affirmer que ce produit n’explose pas. Une thèse contredite par des experts en risque industriel et un chimiste.

« Que faut-il faire pour que ça n’arrive pas chez nous ? » L’inquiétude est vive. Et la colère, sourde. Jean-Jacques Greiner est Mulhousien. Mais il a suivi l’explosion de Beyrouth le 4 août 2020 à la télévision avec émotion. Et crainte. Avec des amis et d’autres habitants de la région, ils ont fondé le Collectif du 26 septembre Sud Alsace, un an après l’incendie de Lubrizol, près de Rouen. Ils savent que près de chez eux, à Ottmarsheim, il y a aussi un risque explosif lié aux nitrates d’ammonium. Ils désespèrent de le voir pris au sérieux un jour.

La Coopérative agricole d’Ottmarsheim longe le Grand Canal du Rhin. Le site est classé et soumis à autorisation. Jusqu’à 3 600 tonnes d’ammonitrates 27% peuvent y être stockées. L’engrais arrive par péniche (document remis par la CAC).

À Beyrouth, l’explosion de 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium pur, entreposées sans précaution dans un hangar du port, a tué 204 personnes et blessé 6 500 autres. À Ottmarsheim, le hangar de la Coopérative Agricole Céréalière (CAC) stocke jusqu’à 3 600 tonnes de nitrate d’ammonium azoté à 27%.

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Retour sur le match entre Dijon et Strasbourg, nos tops et nos flops

Retour sur le match entre Dijon et Strasbourg, nos tops et nos flops

La Cave de Papy revient sur la rencontre du dimanche 24 janvier opposant le Racing Club de Strasbourg (RCSA) à Dijon (DFCO). Nous vous proposons un baromètre de quelques joueurs strasbourgeois illustrant nos tops et nos flops autour de la prestation strasbourgeoise à Dijon (1-1).

À l’occasion de la 21e journée de Ligue 1, le Racing Club de Strasbourg s’est rendu dimanche en Côte d’Or pour y affronter le Dijon Football Côte d’Or (DFCO). La rencontre a abouti à un résultat nul (1-1), comme l’avait prédit la Cave de Papy. Le blog vous propose de revenir sur les performances de quelques joueurs strasbourgeois lors de cette rencontre sous le format des tops et des flops.

Ludovic Ajorque porte le Racing, Habib Diallo ne marque plus

Ludovic Ajorque a inscrit son dixième but avec le Racing cette saison lors du déplacement à Dijon. L’attaquant strasbourgeois a ouvert le score en faveur du RCSA avant le but dijonnais de Senou Coulibaly (1-1). Cette performance permet au club alsacien de ramener un point de son déplacement. Ludovic Ajorque partage avec le monégasque Kévin Volland la quatrième place au classement des meilleurs buteurs de la Ligue 1.

Habib Diallo, son partenaire à l’attaque strasbourgeoise n’a pas été aussi offensif qu’à son habitude. Pire que ça, sa perte de balle à la 39e minute proche de la surface du Racing aurait pu être fatale si le DFCO avait exploité cette faille. Le joueur sénégalais a marqué lors des deux premières rencontres de 2021. Sa lumière offensive s’est éteinte sur les deux derniers matchs. L’attaquant aura à cœur de rebondir pour la prochaine confrontation face à Reims.

En inscrivant son dixième but, Ludovic Ajorque a battu son record de buts sur une saison. Photo : Quentin Felden graphie

Mehdi Chahiri effectue un bon retour, Adrien Thomasson manque de précision

Mehdi Chahiri est à l’origine de l’ouverture du score de Ludovic Ajorque. Sa frappe est repoussée par le gardien dijonnais dans un premier temps. Puis le ballon est arrivé sur la tête d’Ajorque. Un retour gagnant après plusieurs matchs passés sur le banc de touche depuis le 20 décembre face à Bordeaux. L’ailier gauche est même proche d’ouvrir le score à la 14e minute de jeu, sa tentative frôle le poteau du but dijonnais.

Adrien Thomasson n’a pas trouvé le chemin des filets mais celui de la transversale à la 53e minute. Le milieu offensif du Racing a livré de bonnes passes notamment celle à destination de Mehdi Chahiri (14e). Il possède un ballon pour relancer le Racing à la 83e minute, mais ne trouve pas le cadre.

Le Racing encaisse son premier but de l’année

Eiji Kawashima gardien titulaire depuis onze rencontres consécutives avec le Racing, a encaissé son premier but de l’année 2021. Le club alsacien était sur une bonne dynamique de trois rencontres sans encaisser de but. Une série qui prend fin ce dimanche 24 janvier à Dijon.

La bonne dynamique du RC Strasbourg allait forcément prendre fin un jour. Malgré ce match nul, le RCSA effectue une bonne opération avec ce point récolté.

À Saverne, l’entreprise Kuhn veut déforester l’équivalent de 40 terrains de foot

À Saverne, l’entreprise Kuhn veut déforester l’équivalent de 40 terrains de foot

Pour établir un immense site de production d’engins agricoles, la société est en passe d’acquérir 34 hectares de forêt à côté de Saverne. Avec l’appui des élus locaux, Kuhn progresse dans les démarches administratives. L’entreprise a réussi à faire déclasser la forêt qui était censée être protégée… justement suite à une ancienne extension de l’usine. Alsace Nature propose des solutions alternatives et écologistes.

C’est le « cas d’école d’une entreprise qui fait ce qu’elle veut d’un territoire, avec l’appui des pouvoirs publics », balaye Michaël Kugler, membre du conseil d’administration d’Alsace Nature. L’entreprise Kuhn fabrique des engins agricoles à Saverne, à 40 km au nord ouest de Strasbourg, depuis sa création en 1828.

Un fief à Saverne et plus d’un milliard de chiffre d’affaires

En 2019, la société a réalisé un chiffre d’affaires de plus d’un milliard d’euros. Kuhn compte trois autres usines en France hors d’Alsace, ainsi qu’une aux Pays-Bas, deux aux États-Unis et deux au Brésil.

Mais le fief de l’entreprise se trouve à Saverne, où travaillent 1 500 des 5 300 salariés du groupe. Le site historique se trouve au nord de la ville, avec son siège social, des bâtiments industriels, logistiques et administratifs sur 22 hectares.

En 1999, Kuhn a racheté un terrain militaire en bordure du massif forestier du Kreutzwald, à Monswiller, village collé à Saverne, pour y créer le site industriel de la Faisanderie. La société compte donc maintenant deux lieux de production dans la zone, espacés de quelques centaines de mètres.

Le site historique de Kuhn, à Saverne. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc

Construire une nouvelle extension sur 34 hectares

Fin 2006, Kuhn a réalisé une extension de ce site de la Faisanderie. L’entreprise a alors rasé 17 hectares de la forêt publique domaniale (située sur le territoire de l’État) qui jouxte l’usine. En guise de compensations environnementales, 500 hectares restants du massif du Kreutzwald ont été classés en forêt de protection. « On pensait qu’il ne serait alors plus possible de toucher à cet écosystème, c’est un statut très protecteur en théorie, » se souvient Stéphane Giraud, directeur d’Alsace Nature.

Le 13 janvier 2021, Thierry Krier, le P-DG de Kuhn annonçait devant 90 personnes en visioconférence lors d’une réunion de concertation publique son nouveau projet : « poursuivre le développement économique, et donc étendre le site de la Faisanderie ». L’entreprise compte ainsi acheter 34 hectares de cette forêt classée en 2006 pour en raser environ 28 hectares, soit la surface de 40 terrains de football, afin d’y construire un nouveau site de production titanesque. À titre de comparaison, l’ensemble des déboisements réalisés pour construire le Grand contournement ouest de Strasbourg (GCO) couvrent 20 hectares. Pour Alsace Nature, il est primordial et tout à fait possible de réduire l’impact de cette extension sur l’environnement.

La zone que Kuhn veut déforester, à côté du site de la Faisanderie / Extrait document Kuhn.

Les élus locaux, un appui indispensable

Aux côtés de Thierry Krier, Stéphane Leyenberger (divers droite), maire de Saverne et allié de poids pour Kuhn, déclarait quelques minutes plus tard : « Si on met en balance les enjeux économiques et écologiques, ce projet doit aboutir. » Stéphane Leyenberger est aussi le président du Pôle d’équilibre territorial et rural (PETR), Pays de Saverne Plaine et Plateau. L’organisme regroupe 3 communautés de communes et agit dans les domaines du développement économique et de l’aménagement du territoire.

Lors de cette réunion, le maire de Saverne ajoutait : « L’entreprise s’engage à créer 150 à 200 emplois en 10 ans suite à l’extension. Nous soutenons l’emploi ». Et le P-DG surenchérissait : « Si ce projet ne peut pas aboutir tel quel, à proximité de l’autre site, il ne se fera certainement pas en France. » Selon le maire, 70 des 118 communes du PETR ont voté une motion en faveur de l’extension.

Dans le dossier de concertation sur l’extension, l’entreprise affirme avoir fait part aux collectivités locales et à la préfecture, réunies dans un comité de pilotage du projet, de sa nécessité d’acquérir la parcelle de forêt classée. Dès 2016, les élus locaux demandaient au Conseil d’État le déclassement de la zone, notamment dans le cadre de l’enquête publique relative au changement de statut du massif. En octobre 2017, le Conseil d’État a déclassé sans effort ces 34 hectares protégés que Kuhn désirait acquérir.

« À quoi sert le classement d’une forêt ? »

En compensation de ce déclassement, le massif du Vogelgesang, aussi aux abords de Saverne, d’une superficie de 52 hectares, a été classé en forêt de protection. « Cela pose une question évidente : à quoi servent les classements, si lorsqu’un industriel veut investir la zone, il parvient tout simplement à déclasser ? », demandait Bruno Ulrich, aussi membre du conseil d’administration d’Alsace Nature, lors de la réunion de concertation.

Sur le site Légifrance, Rue89 Strasbourg a trouvé la trace de 5 procédures de déclassement de forêt de protection. Pour trois cas, il s’agissait de surfaces de seulement 0,5, 1,5 et 3,5 hectares. En Ariège, en 2008, 100 hectares ont été déclassés aux abords de la commune de Montferrier. Selon Jean-François Peranaud, garde forestier local joint par téléphone, cette décision a été prise à l’époque pour construire les infrastructures d’une station de ski. Enfin, en 1988, dans les Hautes-Pyrénées, 174 hectares ont été déclassés. Le projet d’extension de Kuhn constitue donc le troisième cas de déclassement d’ampleur d’une forêt de protection en France, selon nos relevés.

Plus récemment, les élus ont aussi réalisé des modifications nécessaires des documents d’urbanisme : les délégués des trois communautés de communes environnantes ont voté à l’unanimité le 20 juin 2019 la mise en compatibilité du Schéma de cohérence territoriale (SCOT) et du Plan local d’urbanisme (PLU).

Alsace Nature a fait part de sa position sur le sujet début janvier dans un communiqué :

« Il semble d’ores et déjà acté que ce projet d’extension se fera là. Une forêt ne saurait être sortie de sa protection, et rasée, au gré des aspirations d’une entreprise sans que la séquence “éviter-réduire-compenser” ne soit étudiée et analysée de près dans chacun de ses principes. »

La forêt menacée est composée majoritairement de hêtres et de chênes. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc

Trouver une autre solution : « C’est compliqué, mais la politique est faite pour ça »

« Éviter, réduire et compenser » correspond à une règlementation française qui s’applique dans les procédures administratives d’autorisation pour des projets qui ont un impact environnemental. Toutes les options pour éviter la destruction d’un écosystème, réduire au maximum l’impact, s’il est totalement obligatoire, et le compenser ensuite, doivent être étudiées. Michaël Kugler propose :

« Pour ses expérimentations, Kuhn possède 100 hectares de terrains agricoles à Hirschland, à quelques kilomètres de Saverne. L’entreprise pourrait certainement construire des infrastructures là-bas. Juste à côté du site de la Faisanderie, il y a une zone industrielle avec plusieurs petites entreprises. Pourquoi ne pas les déplacer dans les zones d’activités alentours et poursuivre le développement de Kuhn sur ce site ? C’est compliqué, mais la politique est faite pour ça, pour trouver des solutions. Il est urgent, au regard des enjeux environnementaux, de ne pas considérer les écosystèmes naturels comme des espaces que l’on peut détruire sans envisager toutes les solutions. »

Un programme de construction sur 30 ans, une déforestation totale immédiate

Stéphane Giraud, directeur d’Alsace Nature, critique aussi la coupe immédiate de toute la forêt, comme Kuhn le projette :

« Les différentes constructions se feront sur 30 ans. Cela signifie que certaines zones du site seront déforestées mais pas utilisées pendant plusieurs années. Il faudrait passer par un phasage. S’il est vraiment nécessaire de couper quelques arbres, faisons le, et on rediscute dans 10 ans pour la suite. Si ça se trouve, à ce moment, les plans auront changé. Le site actuel de la Faisanderie n’est même pas encore plein. Nous demandons que les terrains soient optimisés au maximum, que l’impact soit le plus faible possible, comme l’exige la loi d’ailleurs. »

Un des espaces inutilisés sur le site de la Faisanderie. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc
Un des lieux de stockage éparse sur le site de la Faisanderie. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc

Effectivement, le site de la Faisanderie ne semble pas optimisé : des espaces sont inutilisés et des surfaces importantes servent de lieux de stockage éparses de plain-pied, qui pourraient prendre moins de place. Interrogé par Rue89 Strasbourg sur ce sujet, Dominique Schneider, le directeur financier de Kuhn, s’explique :

« Au vu du plan des constructions à venir, nous ne pouvons plus poursuivre l’optimisation des lieux sans l’acquisition de la nouvelle surface. Nous préférons tout déboiser immédiatement. Les autorisations de défrichement sont limitées dans le temps. Il est donc préférable de tout couper tout de suite. Enfin, nous privilégions ce site, à proximité de l’autre, car il est pratique d’un point de vue fonctionnel, notamment parce que des pièces circulent du site de la Faisanderie au site historique. On préfère ne pas se dispatcher sur plusieurs zones. À terme, comme tout industriel, notre objectif est de densifier au maximum nos terrains. »

Une zone d’intérêt écologique menacée

« En gros, parce que ça arrange une entreprise, il faut couper la forêt. L’urgence climatique et écologique n’est pas encore intégrée », soupire Stéphane Giraud. Selon lui, la zone que Kuhn veut raser porte un grand intérêt biologique. Il détaille :

« On y trouve des chats sauvages, des chevreuils, des amphibiens, des lézards, des chauves-souris dont le grand-murin, une espèce très rare. Cette aire naturelle joue un rôle important car elle sert de connexion entre le reste du massif du Kreutzwald et les forêts vosgiennes. Sa coupe pourrait profondément perturber les animaux présents. »

Extrait document Kuhn.

En ce jour enneigé de janvier, deux chevreuils courent aux abords des clôtures. De nombreuses traces d’animaux sont visibles au pied des arbres que l’entreprise compte couper. Dans le cadre des mesures de réduction, Kuhn prévoit de conserver un îlot d’arbres à l’Est de la zone, une bande boisée qui fera le tour du site, ainsi qu’un potentiel « couloir écologique » pour que les animaux puissent traverser la zone. Stéphane Giraud estime que la fonctionnalité écologique de ces dispositions n’est absolument pas assurée :

« Outre la disparition d’un vaste écosystème, il y aura de grosses perturbations sonores et visuelles, qui altèreront forcément le lieu, et le rendront peut-être inaccessible pour nombre d’espèces. »

Des pistes de compensation peu convaincantes

Lors de la concertation publique, les participants ont posé des dizaines de questions relatives à l’écologie, dont certaines au sujet des mesures de compensation en cas de coupe de la forêt. Elles ne sont pas encore actées. L’industriel a évoqué la possibilité de trouver une nouvelle zone pour planter des arbres, tout en estimant que cette option était improbable au vu du peu de foncier disponible à proximité pour une telle opération. Kuhn exposait enfin l’alternative de verser une somme, non définie pour le moment, au Fonds Stratégique de la Forêt et du Bois, notamment censé permettre à l’État de recréer des écosystèmes naturels en France.

Extrait document Kuhn, à propos des mesures de réduction, d’évitement et de compensation.

Pour Stéphane Giraud, ces deux options sont peu convaincantes :

« Les mesures de compensation font rarement l’objet d’un suivi et il peut arriver qu’elles n’aboutissent à rien. En plus, pour qu’un écosystème soit semblable à la forêt qui va être coupée, il faut attendre 100 ans. Comment peut-on être sûr que cette mesure sera effective dans si longtemps ? De toute façon, il n’aura pas la fonctionnalité écologique de celui-ci, car c’est son emplacement qui est important. Des projets d’ampleur seraient envisageables. Par exemple, Kuhn pourrait utiliser sa relation avec les agriculteurs locaux pour développer massivement l’agroforesterie dans la zone. »

« Nous ne sommes pas contre la production locale »

Michaël Kugler explique l’enjeu de société qui pousse Alsace Nature à s’engager dans cette démarche :

« Nous ne sommes pas contre la production locale et la création d’emplois, au contraire. Si le projet se faisait aussi en déforestant, mais autre part, on n’aurait rien gagné. Dans un contexte où on souhaite relocaliser la production, on veut intervenir pour que cela soit exemplaire d’un point de vue environnemental. Si à chaque fois qu’un industriel veut créer un site, il peut faire ce qu’il veut sous prétexte qu’il crée de l’emploi, c’est problématique. En Alsace, il y a déjà énormément de territoires artificialisés. Optimisons-les au lieu de grignoter sur les écosystèmes qui subsistent. »

Mais Kuhn semble déterminé à utiliser cet emplacement précis et projette le début des travaux fin 2022 selon son P-DG. Pourtant, la concertation publique n’est pas encore terminée. La réunion évoquée dans l’article, 2 ateliers les 19 et 27 janvier, et une réunion de clôture prévue le 11 février, doivent permettre à l’entreprise de modifier ses plans suite aux échanges avec la population. Une enquête publique, dont la date n’est pas encore connue, sera menée par la suite. De son côté, Alsace Nature va proposer des solutions alternatives aux élus locaux et à la direction de Kuhn par courrier.

La forêt menacée face au site industriel de la Faisanderie. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc

La municipalité s’intéresse enfin au Shadok, après sa lente mais inexorable dégringolade

La municipalité s’intéresse enfin au Shadok, après sa lente mais inexorable dégringolade

Bâtiment phare de la politique tournée vers les industries créatives du précédent mandat, le Shadok n’a pas su trouver sa place à Strasbourg. La municipalité écologiste reprend tout à zéro.

Lorsque des militants contre la réforme des retraites ont envahi le Shadok le 17 décembre 2019, ils pensaient occuper un haut-lieu du macronisme local, un temple de la « start-up nation. » Ce nouvel espace municipal sur les Docks Malraux, ouvert en 2015 pour être le « tiers lieu » de Strasbourg, le « lieu totem » de la French Tech Alsace avait en effet été porté par Alain Fontanel, alors candidat LREM aux élections municipales.

Mais lorsque les militants ont envahi Le Shadok, il ne s’y passait plus grand chose. La Ville de Strasbourg avait même choisi de le fermer jusqu’à fin janvier, faute de programmation, une première.

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Dès le 1er février, les vélos réautorisés dans le tram entre 19 heures et 7 heures

Dès le 1er février, les vélos réautorisés dans le tram entre 19 heures et 7 heures

Dès le 1er février, les cyclistes pourront emprunter le tram sur des plages horaires restreintes. Pour réduire les tensions sur ce sujet, l’Eurométropole de Strasbourg lance une concertation avec les associations qui représentent les différents types d’usagers.

« Nous allons reprendre un service de base pour que les cyclistes puissent revenir dans les trams dès le lundi 1er février », annonce le président de la Compagnie des Transports Strasbourgeois (CTS), Patrick Maciejewski lors d’une conférence de presse ce mercredi 27 janvier.

Trois jours avant une manifestation de cyclistes pour demander le droit de revenir à l’arrière des rames en dehors des heures de pointe, l’élu écologiste de Schiltigheim et de l’Eurométropole tente de désamorcer cette grogne nouvelle. Les vélos seront ainsi autorisés à entrer par l’arrière du tramway du lundi au samedi entre 19 heures et 7 heures du matin, ainsi que toute la journée le dimanche et les jours fériés. Ils étaient interdits à toute heure depuis le premier confinement.

Patrick Maciejewski arrivera-t-il à contenter les cyclistes ? Photo : GK / Rue89 Strasbourg

Une concertation pour réduire les crispations

Vice-président en charge des mobilités à l’Eurométropole de Strasbourg, Alain Jund (EELV) a aussi annoncé l’ouverture d’une concertation pour réduire « les crispations entre les usagers du tram sans vélo et les cyclistes ». Une table ronde sera ainsi organisée le 10 février avec les représentants des associations de cyclistes, d’usagers des transports collectifs, de piétons, les syndicats représentant les conducteurs et les structures travaillant autour du handicap. « Il faut construire un dialogue pour retrouver un consensus entre les usagers », explique Alain Jund.

Car la présence de vélos dans le tram strasbourgeois engendre aussi des mécontentements. Le directeur général de la CTS évoque, sans donner de chiffres précis, des plaintes venant d’usagers, notamment des personnes âgées ou en situation de handicap. « On a reçu plus de plaintes autour de la présence du vélo dans le tram que l’inverse », abonde Patrick Maciejewski. Jean-Philippe Lally ajoute que « les conducteurs étaient vent debout contre cette mesure car ils sont seuls face aux conflits que peuvent générer ces situations. »

« Les cyclistes doivent rester à proximité immédiate de leurs vélos »

Une campagne d’affichage débutera le 1er février afin d’informer les usagers sur les nouvelles règles et celles qui restent en vigueur. Dans un communiqué, la CTS affirme :

« Les cyclistes doivent rester à proximité immédiate de leurs vélos pendant le trajet afin d’en garantir la stabilité ainsi que la sécurité de l’ensemble des voyageurs. Tout cycliste assume l’entière responsabilité des dommages occasionnés (…) Par ailleurs les livreurs professionnels à vélo ne sont pas admis à bord des tramways, quels que soient le jour et l’horaire. En cas de non-respect des règles énoncées et figurant dans les véhicules, les voyageurs s’exposent à une verbalisation de la CTS s’élevant à 150 euros. »

Manifestation des cyclistes samedi 30 janvier

La manifestation prévue samedi 30 janvier, à l’appel des associations de cyclistes Vélorution et CADR67, est maintenue. Directeur de l’association CADR67, Fabien Masson réagit :

« Cette mesure est un bon point bien sûr, de même que la concertation à venir. Mais ces horaires ne riment pas grand chose. Avec une ouverture entre 7 heures et après 19 heures, on est en couvre-feu après 18 heures, donc ça va pas servir à grand monde. »

Au lycée Pasteur, un retour en classe entière autoritaire, à l’encontre des règles sanitaires

Au lycée Pasteur, un retour en classe entière autoritaire, à l’encontre des règles sanitaires

Au lycée Pasteur, le proviseur a décidé du retour en classe entière pour les élèves de terminale dès le lundi 25 janvier. Une décision prise sans concertation et dénoncée par les professeurs et les élèves.

« À 13 heures, on aura cours à 38 dans une petite salle. On sera obligé d’être collés. » Iliès (le prénom a été modifié) prend l’air à la pause de 10 heures ce lundi 25 janvier. Depuis le mois de novembre 2020, cet élève de terminale du lycée suivait des demi-journées de cours, en demi-classe, comme cela se fait partout en France.

Mais ce rythme a pris fin lundi 25 janvier au lycée Pasteur. La semaine précédente, le proviseur a annoncé le retour des classes entières pour les élèves de terminale pour tous les enseignements. « Ce n’est pas normal », souffle le jeune homme. À ses côtés, un camarade de classe se dit « inquiet pour ses parents à risque ». Ils ont 73 ans.

Au lycée Louis Pasteur, le proviseur a annoncé le retour des classes entières pour les élèves de terminale à partir du lundi 25 janvier. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Une injonction ministérielle… sans concertation avec l’équipe pédagogique

Début novembre 2020, lors du deuxième confinement, le ministère de l’Éducation nationale permettait aux établissements de « développer le recours à l’enseignement à distance afin de limiter le nombre d’élèves accueillis simultanément ». Les lycées ont ainsi adopté des organisations différentes selon le nombre d’élèves, de professeurs et d’espace disponible.

Mais à la mi-janvier 2021, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a choisi d’inciter les lycées à reprendre les cours en classes entières. Une circulaire parue au Bulletin officiel de l’Éducation nationale le 21 janvier propose de « prioriser la scolarisation en présentiel des élèves relevant de classes à examen et tout particulièrement des élèves des classes de terminales générale et technologique, notamment dans les enseignements de spécialité. » Selon nos informations, le Rectorat de l’Académie de Strasbourg a par exemple proposé au lycée Louis Pasteur de suivre cette circulaire suite à une visite de l’établissement dans la semaine du 18 janvier.

Mais l’injonction ministérielle est assortie de plusieurs conditions qui ne semblent pas respectées : « Les propositions d’évolution relèvent des chefs d’établissement, en concertation avec les équipes pédagogiques, en fonction de la situation locale et des besoins des élèves. » Or enseignants, élèves et parents s’interrogent sur le bien-fondé ce retour en classes entières.

Dans l’après-midi du lundi 25 janvier, Iliès se rend en cours. Comme pour toutes les matières du tronc commun (histoire, français, langues…), la classe est remplie : « On était serré comme des sardines, décrit le lycéen, la professeure était inquiète face à une classe qui ne pouvait pas respecter les distances sanitaires. »

« Les effectifs des classes n’ont jamais été aussi lourds »

Professeur au lycée Pasteur, Serge (le prénom a été modifié) dénonce une décision unilatérale de la part du proviseur :

« Dès vendredi 22 janvier, des professeurs ont demandé des explications sur cette décision, sans jamais recevoir de réponse. La grande majorité des enseignants sont favorables aux cours en demi-classe. Les effectifs des classes n’ont jamais été aussi lourds, en règle générale, 36, jusqu’à 37. Ce qui rend la distanciation physique impossible. Si l’on compte une salle de 6 mètres sur 8, soit 48 m2, cela fait tout juste 1,3 m2 par personne. »

Élève de terminale, Claire (le prénom a été modifié) regrette aussi la fin des demi-classes pour des raisons pédagogiques. En groupe d’une quinzaine d’élèves, les lycéens peuvent beaucoup plus participer. « Vu qu’on nous envoyait les cours en avance, on avait plus de temps pour corriger les exercices et poser des questions de compréhension », explique-t-elle.

« Nous aimerions garder le système en classe hybride »

L’élève de terminale ne comprend pas ce retour en classe entière, d’autant que les épreuves de spécialité du bac prévues en mars sont finalement annulées : « Nous étions prêts à reprendre en classe entière pour préparer les examens de spécialité, donc maintenant je ne comprends pas les raisons de ce retour à 100% en présentiel. »

Claire fait partie des élèves élus du Conseil des délégués pour la vie lycéenne (CVL). En fin de semaine dernière, la lycéenne a aussi écrit au proviseur, un mail resté lettre morte :

« Nous avons beaucoup discuté avec les élèves de terminales et nous aimerions émettre l’idée de garder le système en classe hybride pour les matières du tronc commun (dont les examens sont en juin, ndlr). Ceci afin de minimiser la propagation du virus. »

Classe pleine et sentiment d’oppression

Lors de son dernier cours d’histoire, à plus de 35 élèves, Claire s’est sentie « oppressée ». Elle s’est installée tout au fond de la classe avec des amies pour limiter les risques de contamination :

« Vu ce qu’on nous dit en ce moment sur un possible reconfinement et l’augmentation de la distance physique à 2 mètres, ce retour en classe entière me fait peur. On a à peine 50 centimètres à côté des voisins de devant, derrière et sur les côtés. »

Lors de son dernier cours d’histoire, à plus de 35 élèves, Claire s’est sentie « oppressée ». Elle s’est installée tout au fond de la classe avec des amies pour limiter les risques de contamination.

Responsable des parents d’élèves FCPE au conseil d’administration du lycée, Claude Finel a aussi écrit au proviseur. Il demande notamment des précisions sur la façon dont la sécurité sanitaire sera assurée avec des classes pleines. Si ce représentant des parents d’élèves ne conteste pas le retard pris sur les programmes suite au passage en demi-classe, Claude Finel n’en regrette pas moins l’absence de concertation :

« Dans sa réponse, le proviseur nous a répondu que les modalités seraient discutées lors d’une réunion ultérieure… »

Contactée, l’administration du lycée Louis Pasteur nous a renvoyés vers le Rectorat. Ce dernier doit nous transmettre un communiqué écrit qui sera publié ci-dessous dès réception.

#lycée Louis Pasteur

Concierge de la Sedes pendant 16 ans, il est expulsé de son logement et sans solution

Concierge de la Sedes pendant 16 ans, il est expulsé de son logement et sans solution

Suite à une maladie professionnelle, un ancien concierge de la Sedes, bailleur social strasbourgeois, a été licencié en octobre. En conséquence, il se retrouve sous la menace d’expulsion de son logement de fonction. Disposant de très faibles ressources, il craint de se retrouver à la rue.

« Nous avons tout refait à l’intérieur, la tapisserie, la peinture, le mobilier de cuisine… Le jardin, fallait voir dans quel état il était lorsqu’on a emménagé en 2005. Regardez comme on l’a arrangé ! » Un petit bout de pelouse, un petit chemin en terre battue, des haies bien entretenues, la forêt à proximité pour promener ses chiens, Jean se sent bien dans l’appartement qu’il occupe avec son mari, un T3 de 56 m² au rez-de-chaussée d’un petit immeuble du Stockfeld.

Mais lundi 11 janvier, cet ex-concierge de la Sedes, bailleur social strasbourgeois (auparavant Socolopo), a reçu un courrier d’huissier lui intimant de quitter cet appartement à la fin du mois, au motif qu’il s’agit d’un logement de fonction.

« On l’a reçu directement dans la boite aux lettres, ils n’ont même pas frappé à la porte », se rappelle, encore abasourdi et le courrier à la main, l’homme âgé de 52 ans. Sous l’émotion, sa voix s’emporte parfois.

Jean et Samuel pourraient être expulsés prochainement. Ils n’ont aucun moyen de se loger autrement. Photo : TS / Rue89 Strasbourg / cc

Cette lettre du cabinet Exact n’est que la dernière étape d’une procédure d’expulsion. Concierge pour la Sedes en 2004, Jean a été licencié le 23 octobre pour inaptitude médicale au travail, à cause d’une maladie professionnelle qui lui a gravement endommagé l’épaule gauche. Depuis cette date, son ancien employeur veut récupérer le logement qui lui avait été mis à disposition.

S’il ne payait pas de loyer du temps où il était salarié de l’entreprise, Jean assure qu’il s’en acquitte en temps et en heure depuis. « 370€ par mois, même si je n’ai pas reçu de quittance. J’ai mes virements bancaires pour le prouver ».

« On a nulle part ailleurs où aller »

Cela fait presque seize ans que Jean occupe avec son compagnon ce logement. Alors, pour eux, le coup est rude. Cet appartement, c’est leur « bijou » et ils se voyaient « finir leurs jours dedans. »

« Lorsque j’ai emménagé, on m’a dit que même après la fin de contrat je pourrais rester », assure-t-il, sans toutefois disposer d’un écrit pour le prouver :

« Je suis prêt à signer un bail, continuer à payer mon loyer. On a nulle part ailleurs où aller. S’ils nous expulsent, on finit sur le trottoir avec nos cartons, c’est sûr. »

Car Jean et Samuel ont des revenus très limités. Grâce à sa pension d’invalidité, l’ancien concierge reçoit un peu plus de 1 000€ bruts. Son assurance prévoyance devrait compenser en partie sa perte de salaire, qui s’élevait à l’époque à 1 200€ nets. Son compagnon, lui aussi en situation d’invalidité après une sévère dépression, n’a que 700€ de ressources mensuelles.

Siège de la Sedes (ex-Socolopo), à Schiltigeim. Photo : Capture d’écran Google Maps

Une invalidité à vie

Le corps de Jean est aussi usé par le travail. Il a accumulé les problèmes de santé. Depuis 2013, trois de ses vertèbres sont soudées suite à une infection au staphylocoque doré qui a nécessité une intervention chirurgicale. Ce n’est pas prouvé médicalement, mais pour Jean, cette bactérie a été attrapée en nettoyant les containers à poubelle des résidences.

Surtout, en 2015, il est contraint de subir une nouvelle opération chirurgicale à l’épaule droite, puis une troisième sur l’épaule gauche en 2018. « Rupture de la coiffe des rotateurs, les tendons de l’épaule, à cause des gestes répétitifs », explique Jean. Malgré l’intervention, il ne peut retrouver sa totale mobilité au niveau du bras gauche. Un handicap avec lequel il doit désormais vivre :

« Aujourd’hui, je ne peux plus soulever un pack d’eau avec ce bras ».

L’origine professionnelle de sa maladie a été reconnue par l’Assurance maladie du Bas-Rhin, tandis que la médecine du travail l’a déclaré définitivement inapte à occuper son poste, comme en atteste des documents que Rue89 Strasbourg a pu consulter. Une invalidé de « deux tiers au moins » lui a été signifié.

Un sentiment d’injustice

Comme le veut la réglementation, avant de s’en séparer, la Sedes a proposé à Jean un nouveau poste : gardien de nuit dans une résidence. Un emploi pas mieux adapté à sa condition médicale, que Jean a refusé. Ouvrant ainsi la voie à son licenciement, autorisé par la législation dans ce cas de figure.

L’ancien concierge ne s’offusque d’ailleurs pas de cela. Balayer les allées, faire les menues réparations dans les diverses résidences que compte le bailleur dans le quartier, nettoyer les poubelles, etc. Il se sait désormais incapable de remplir ces tâches professionnelles qu’il a effectué pendant de longues années.

Mais marqué dans sa chair, après ce qu’il considère comme « seize années de bons et loyaux services », il vit l’expulsion de son logement comme une injustice insupportable.

D’autant plus que, selon lui, d’autres concierges ayant eux aussi quitté le service de la Sedes ont pu conserver leur logement de fonction, en devenant de simples locataires. Il interprète ce refus répété de la Sedes comme un acharnement à son égard. « Pourquoi nous font-ils cela ? », ne cesse-t-il de répéter, en plein désarroi.

Malgré plusieurs sollicitations par courrier et téléphone, la Sedes est jusqu’à présent restée sourde aux requêtes du couple. Et les demandes de rendez-vous avec Lila Chebboub, directrice générale du bailleur social, n’ont pas été acceptées. Contactée le 21 janvier par Rue89 Strasbourg, la direction de la Sedes ne nous a pas répondu.

Grève dans l’Éducation, pas de cantine mardi

Grève dans l’Éducation, pas de cantine mardi

Un mouvement social national dans le secteur de l’Éducation et de la petite enfance est prévu mardi 26 janvier. À Strasbourg, la conséquence la plus visible est la fermeture des cantines scolaires dans les écoles de la Ville.

Une intersyndicale d’enseignants et de fonctionnaires de l’éducation (FSU, CGT, FO, Snalc, SUD…) appelle à un mouvement social d’ampleur pour la journée du mardi 26 janvier. Plusieurs professeurs pourraient se déclarer en grève pour cette journée, pour dénoncer leurs conditions de travail, surtout depuis la crise sanitaire, mais aussi les réformes du ministère de l’Éducation nationale. Ils demandent également une revalorisation des salaires des personnels, davantage de moyens, et davantage de postes d’AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap), d’AED (assistant d’éducation), d’infirmières et de psychologues.

Une assemblée générale est prévue à 13h et une manifestation à 14h, place de la République.

Combien de jours de classe dans les écoles de Strasbourg à la rentrée 2019 ? (photo Pascal Bastien)
Combien de jours de classe dans les écoles de Strasbourg à la rentrée 2019 ? Photo : Pascal Bastien

À Strasbourg, aucune école ni établissement scolaire ne devrait être fermé en raison de grèves d’enseignants. Cependant, la Ville de Strasbourg a choisi de fermer l’ensemble des cantines scolaires des écoles maternelles et élémentaires. En raison de la crise sanitaire, il n’y aura ni repas froid, ni système de garde, les parents doivent récupérer leurs enfants à la sortie des classes et les ramener à la reprise.

Dans un tract, la CGT de l’Eurométropole indique que les signaux envoyés par la nouvelle municipalité « sont encourageants ». Les écologistes ont en effet décidé de singulièrement augmenter les effectifs des agents scolaires, pour notamment arriver au seuil d’une ATSEM par classe, un engagement du mandat.

Travaux, emprunt, taxe foncière… Les premiers choix des écologistes au crible du conseil municipal

Travaux, emprunt, taxe foncière… Les premiers choix des écologistes au crible du conseil municipal

Les questions budgétaires devraient occuper toute la matinée du premier conseil municipal de l’année 2021. Ce débat est un marqueur fort pour le mandat à venir. À suivre en direct et avec nos commentaires à partir de 10h.

Pour ne plus se terminer le « jour d’après » comme en 2020, les premiers conseils municipaux de l’année 2021 sont avancés. En débutant dès 10 heures, les séances ne devraient pas dépasser minuit. Reste que les questions financières devraient occuper toute la matinée avec le débat d’orientation budgétaires (DOB).

Avec ce premier budget, les écologistes ne seront plus contraints par les choix économiques de l’équipe précédente. C’est donc un choix politique majeur qui va se traduire dans les Finances.

Quelle hausse pour la taxe foncière ?

Le débat risque de rapidement se focaliser sur la probable hausse de la taxe foncière, un marqueur très fort pour la droite comme la gauche. Elle devrait augmenter de 5% (le scénario intermédiaire) et rapporter 7 millions d’euros supplémentaires. Les propriétaires représentent environ 30% des habitants à Strasbourg.

La maire Jeanne Barseghian (EELV) rappelle qu’elle « a été élue sur un projet de transformation », qui nécessite des dépenses de fonctionnement et de « forts investissements ». Elle estime cet effort fiscal nécessaire pour « relever le territoire » après la crise du coronavirus. Les finances de la Ville ont enregistré un trou de 12 millions d’euros entre les dépenses nouvelles et manque à gagner suite à la crise sanitaire. Son premier adjoint en charge des Finances Syamak Agha Babaei atténue cet impact fiscal pour les contribuables :

« Pour les 20% de ménages qui paient encore la taxe d’habitation, elle va baisser de 400 euros en moyenne l’année prochaine à Strasbourg. (Comme pour les 80% de ménages exonérés, elle est supprimée en 3 années par le gouvernement, ndlr). La hausse de la taxe foncière sera de l’ordre de 50 à 70 euros. »

Dit autrement, seuls les propriétaires les « moins riches », ceux qui ne sont pas dans la tranche des 20% des revenus les aisés, paieront plus d’impôts locaux en octobre.

Entre la maire Jeanne Barseghian (à droite) et Suzanne Brolly (à gauche), le premier adjoint Syamak Agha Babaei, va présenter les choix budgétaires des années à venir. Photo : Abdesslam Mirdass / Studio Hans Lucas

Forts investissements et emprunts

Cotés investissements en effet, les montants envisagés sont plus soutenus qu’auparavant. La nouvelle majorité table sur 135 millions d’euros par an. Les trois années précédentes, ce montant ont été de 100 millions, 124 millions et 119 millions.

Ces forts investissements se feront en partie grâce à des emprunts. Revenue sous les 200 millions d’euros en 2018, la dette devrait dépasser les 300 millions en 2023.

Ce premier budget marque aussi la fin du dogme de la « stabilisation » des dépenses de personnel. Une feuille de route qu’avait presque réussie l’équipe précédente par des non-remplacements. La majorité soumet ce lundi une délibération avec 45 recrutements, dont 15 pour les agents des écoles maternelles (Atsem). Syamak Agha Babaei ajoute que cet engagement de campagne et la « sortie du plastique » dans les écoles nécessiteront plus de de recrutements, probablement 150.

Le budget de la Ville de Strasbourg (511 millions d’euros) sera doublé d’un budget à l’Eurométropole (plus d’un milliard d’euros). Ses orientations seront débattues à leur tour vendredi. La métropole table aussi sur 100 recrutements net sur le mandat.

Cinéma et « affaire Brolly »

Les reste de l’ordre du jour est plus restreint qu’en fin d’année, avec 33 points. Parmi les sujets saillants, une nouvelle société publique pour gérer la reconversion de la Manufacture des Tabacs (point 28) où la réattribution du cinéma Odyssée en 2022 (point 6, voir notre article dédié). Cet appel à candidatures se déroule dans un contexte très compliqué pour le cinéma.

Enfin dans les interpellations de l’opposition, Pascal Mangin (LR) revient sur l’attribution d’un logement social à la sœur d’une élue strasbourgeoise (voir notre article), Suzanne Brolly, elle-même administratrice du bailleur social concerné, Ophéa. Les groupes d’opposition, qui parlent « d’affaire Brolly », ne se satisfont pas d’explications assez générales fournies jusque-là et demandent une audition du directeur de la société et du président de la commission d’attribution des logements.

À suivre en direct à partir 10h.

Les sacrifiés de Sanofi

Les sacrifiés de Sanofi

Le groupe pharmaceutique Sanofi va supprimer 400 postes en France. Après une longue période d’incertitude, le site de Strasbourg va également être fermé.

Contre Dijon ce dimanche, un nul du Racing ferait l’affaire

Contre Dijon ce dimanche, un nul du Racing ferait l’affaire

Le Racing Club de Strasbourg va prendre la route de la Côte d’Or pour y affronter le Dijon FCO ce dimanche à 15h. Un séjour chez une équipe en grande difficulté cette saison (19e de Ligue 1). Mais l’antre du DFCO, le stade Gaston-Gérard est un terrain où le Racing est en manque de réussite ces dernières années.

Repartir de Dijon avec la victoire est une affaire difficile pour le Racing Club de Strasbourg ces dernières années. Le dernier succès des Strasbourgeois dans cette ville remonte au 8 août 2008 (victoire 1-3). Les Strasbourgeois souhaitent poursuivre une année 2021 où pour le moment l’équipe est sur une série de trois victoires.

Kenny Lala l’a rappelé devant les journalistes vendredi : « le plus dur dans le football c’est de confirmer chaque semaine. » Le défenseur strasbourgeois a conscience que « le match face à Dijon ne va pas être simple. » En effet, les Dijonnais n’enchaînent pas les victoires mais restent sur deux matchs nuls, 0-0 à Reims et en recevant l’Olympique de Marseille.

De son côté, le Racing n’a pas encaissé de but depuis trois rencontres. Une performance à reproduire selon Kenny Lala ce dimanche qui a parlé de « poursuivre le travail défensif. »

L’entraîneur strasbourgeois Thierry Laurey a confirmé vendredi que « Dijon va mieux » et que la formation « prend des points comme elle le peut ». Le coach insiste aussi sur le fait que « les matchs sont souvent accrochés là-bas » et que « les résultats se jouent sur des détails, toujours à peu de choses ».

Matz Sels gardien numéro un du Racing, victime depuis l’été d’une rupture au tendon d’Achille a repris l’entraînement. Le Belge ne sera pas apte avant trois semaines minimum précise l’entraîneur.

Ludovic Ajorque, toujours plus fort

Ludovic Ajorque a inscrit son neuvième but de la saison lors du dernier match contre l’AS Saint Étienne. Mais l’attaquant strasbourgeois n’est pas rassasié, il souhaite désormais battre son record personnel de buts sur une saison. Une performance largement réalisable puisque son meilleur total a été égalé à l’occasion de la précédente rencontre. Si Ajorque ne trouve pas forcément le chemin des filets tout le temps, le joueur se montre aussi décisif sur les réalisations de ses coéquipiers. Une performance illustrée grâce à ses quatre passes décisives.

Ludovic Ajorque (ici contre Lille le 4 octobre 2020) totalise neuf buts avec le Racing. Son record désormais égalé sera-t-il battu ce dimanche à Dijon ?
Photo : Quentin Felden graphie

Les pronostics de la Cave de Papy

À la Cave de Papy, nous nous attendons à une rencontre compliquée. Le score d’un match nul revient à deux reprises, renforçant l’idée d’un Racing qui peut être en difficulté face la formation dijonnaise qui lutte pour le maintien depuis le début de saison. Nous espérons nous tromper en pariant sur un match nul.

Les pronostics des chroniqueurs de la Cave de Papy pour DFCO – RCSA

#Dijon

Mais pourquoi… le rouge et le blanc sont-elles les couleurs de l’Alsace ?

Mais pourquoi… le rouge et le blanc sont-elles les couleurs de l’Alsace ?

Le symbole de la marque Alsace ? Rouge et blanc. Le drapeau alsacien Rot un Wiss ? Rouge et blanc, forcément. Dans cet épisode de « Mais pourquoi », l’historien Georges Bischoff, ancien professeur à l’Université de Strasbourg et auteur de nombreux livres sur l’histoire médiévale de la région, détaille l’histoire de ces couleurs sur les emblèmes alsaciens.

Très répandues sur les symboles et drapeaux alsaciens, le rouge et le blanc se sont imposées, dans l’imaginaire collectif régional, comme les couleurs de l’Alsace. Certains avancent volontiers qu’elles sont celles du Rot un Wiss. Entre les deux guerres, les autonomistes alsaciens se sont emparés de ce drapeau, adopté par le Reichsland Elsaß-Lothringen en 1912 pendant l’annexion allemande. Sur le drapeau originel figurait toutefois une croix de Lorraine.

Contrairement aux idées reçues, l’utilisation du rouge et du blanc sur les emblèmes alsaciens est plus ancienne encore.

Georges Bischoff est professeur agrégé en Histoire, auteur de très nombreux ouvrages sur l’Alsace et membre du comité de la Société savante d’Alsace.
Photo: Anne Mellier / Rue89 Strasbourg

Le rouge et le blanc sont en effet les couleurs de Strasbourg et d’un certain nombre de villes en basse-Alsace. Dans le Haut-Rhin, on retrouve ces couleurs mais également, du jaune. Le drapeau adopté par l’ancienne région Alsace et homologué par les préfets est d’ailleurs une fusion des différents emblèmes.

Quel avenir institutionnel pour l'Alsace ? (Photo by fschnell on VisualHunt.com / CC BY)
Le drapeau adopté par l’Ancienne région Alsace est une version juxtaposée des couleurs du Haut-Rhin et du Bas-Rhin. La version fusionnée, elle, a un temps été choisie pour figurer sur les plaques d’immatriculation alsaciennes. Photo : François Schnell / FlickR / cc

Dans cet épisode de « Mais pourquoi », l’historien Georges Bischoff revient sur l’histoire des couleurs arborées par l’Alsace. Le blanc et le rouge donc, mais aussi le jaune. Ou presque. Car « en héraldique, la science des blasons, les couleurs portent un autre nom, le vocabulaire est un peu crypté. Le jaune se dit or, le blanc se dit argent, et le rouge se dit gueules », détaille t-il.

Le blason de la ville de Strasbourg, bande de gueules sur champ d’argent, depuis la révolte de bourgeois au Moyen-Age. Photo : wikipedia

Si vous voulez briller lors d’un diner, vous pourrez donc dire du blason de Strasbourg qu’il est d’argent à la bande de gueules.