L’article sur les violences sexistes a suscité des réactions opposées de la part des deux organisations communistes bas-rhinoises, le PCF 67 et le MCJF 67.
Les deux textes apportent peu d’informations supplémentaires, ni ne contredisent les affirmations de l’article, mais elles attestent des tensions entre les deux organisations. Une « totale rupture » avec la direction, selon la MJCF 67, qui pointe aussi, comme nous l’expliquions par ailleurs, des différends sur la ligne politique (« marxiste-léniniste » pour le MCJF 67 contre « réformiste » pour le PCF 67) et les priorités.
« Déformations de la réalité »
Du côté du PCF 67, le parti constate que « le témoignage de la victime ne correspond pas à celui qu’elle a recueilli en 2016 », sans expliquer en quoi il diffère. Et de charger la direction du mouvement de jeunesse :
« Dans une telle situation, chaque adhérent du PCF comme du MJCF se doit de transmettre les éléments en sa possession aux dirigeants des organisations au niveau local ou national. Le choix de certains de n’avoir pas porté une parole claire et d’avoir laissé place à la suspicion, engage leur responsabilité.
Toutes les interprétations et sous-entendus cités dans l’article de Rue89 Strasbourg concernant des positions de la direction départementale du PCF constituent une accusation d’une extrême gravité. Ces déformations de la réalité portent de plus atteinte à la dignité de chacun des adhérents et membres de cette direction. »
Les militantes dénoncent une ambiance sexiste et des jeunes femmes considérées comme « un vivier sexuel » par leurs camarades masculins dans l’organisation de jeunesse (Photo Ruby and Peter Skitterians / Pixabay / cc)
« Justice bourgeoise » et « dégénérescence »
Pour le MJCF 67, la non-exclusion de l’adhérent mis en cause (exclu par le MJCF 67 mais pas par le PCF 67 ni par le MJCF national) n’est pas justifiée. Il pointe deux événements (Fête de l’Humanité 67 et distribution de tracts) où il était présent et affirme qu’il était déjà peu investi dans les instances représentatives avant ce signalement. Demander un recours à la « justice bourgeoise » pour prendre des sanctions en interne et pointer qu’il s’agisse du « cadre privé » est critiqué. En outre le MJCF pose la question de ceux qui ont « couvert » les actes.
Selon l’organisation de jeunesse, les réponses « montrent bien l’épilepsie fébrile et myope de ces organisations (PCF67 et MJCF, ndlr) » qui liste ses reproches :
« Décharge de responsabilité des uns aux autres ; demandes aux victimes de fournir des preuves tangibles de leurs accusations ; menaces de porter plainte pour diffamation contre les victimes d’abord, puis affirmation de soutien inconditionnel à leur égard ; incapacité de définir qui a couvert quoi et qui aurait dû faire quoi ; mise en place d’instances exclusivement au niveau national (tandis que c’est au niveau local que la plupart de violences ont lieu et que s’opère l’isolement des victimes, la couverture des agresseurs et la création autour d’eux d’un cercle compact de soutiens prêts à témoigner en leur faveur, à menacer les victimes, à garder le silence face aux questionnements légitimes d’autres adhérents). »
Cet épisode convainc la MJCF 67 de la « dégénérescence idéologique » de la direction, « qui les mène à accepter et à défendre des agresseurs sexuels. » Le MJFC 67 ajoute que « les témoignages se multiplient » avec la révélation récente de ce cas daté de 2016.
Comme dans notre article, le PCF 67 rappelle que des nouvelles règles ont été mises en place mi-mars 2019 pour la gestion de ces cas au niveau du parti national. Dans le Bas-Rhin, cela ne suffira pas à réconcilier les deux organes de militants, qui ont pourtant tous deux réaffirmé leur « soutien inconditionnel » à la victime.
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Depuis le 1er février, l’expérimentation du pass Culture se déroule dans cinq départements. Ce dispositif, promesse de campagne d’Emmanuel Macron, permet à près de 3 000 jeunes du Bas-Rhin de dépenser un crédit de 500€ auprès d’une série d’offres culturelles. Mais les premiers utilisateurs entrevoient déjà les limites.
Il était attendu depuis le début du quinquennat : le pass Culture, unique promesse de campagne d’Emmanuel Macron concernant la Culture, entre avec plusieurs mois de retard dans sa première phase d’expérimentation. Les premiers testeurs disposent d’un accès à une application faisant office d’agenda culturel avec géolocalisation et créditée de 500 euros à dépenser dans diverses activités.
L’offre est vaste, mais deux types de dépenses sont plafonnées : 200€ maximum pour les biens culturels physiques (livres, DVD, CD, instruments de musique, etc.) et 200€ de même pour les offres en ligne (plateformes de streaming, presse en ligne, jeux vidéos, etc.). Les sorties culturelles quant à elles, telles que les places de théâtre, de concert, de cinéma ou encore les pratiques artistiques (cours de danse, de musique, etc.) ne comportent pas de limite.
Il faut cliquer sur le « visuel » pour avoir une description. (document remis par un expérimentateur)
L’objectif est d’engager les jeunes bénéficiaires à créer des rencontres et fréquenter de nouveaux lieux selon Léa Guzzo, chargée de développement territorial dans le Bas-Rhin :
« Nous voulons valoriser la sortie, que le jeune sorte et découvre des lieux culturels. Le numérique n’est pas nécessairement ce qui le permet. Nous valorisons la pratique artistique et la sortie culturelle en ne mettant aucun plafonnement. Nous ne voulions pas que les jeunes achètent pour 500€ de livres et ne découvrent pas ce qu’il y a autour d’eux. »
Elle ajoute que ces limites sont « amenées à évoluer ». L’application est encore en version bêta, c’est-à-dire une version d’essai. Précédemment, 500 jeunes volontaires ont participé à une phase de test afin d’aboutir à une première version du pass en mai 2018. Initialement, l’expérimentation devait concerner 10 000 jeunes répartis dans quatre territoires (Hérault, Bas-Rhin, Guyane et Seine-Saint-Denis). Quelques mois et un changement de ministre plus tard, c’est finalement l’ensemble des 2 898 jeunes ayant candidaté dans le Bas-Rhin qui ont pu accéder à leur pass pour former un panel « plus ou moins représentatif », dixit Léa Guzzo. On y trouve 75% d’urbains pour 25% de ruraux, 55% de femmes pour 45% d’hommes et 83% d’étudiants, actifs ou en apprentissage.
Activation du pass Culture à l’Espace Django. (document remis par l’équipe de développement du pass Culture)
Un maillage des structures culturelles sur le territoire
Pour fonctionner, le pass doit se développer avec les collectivités et les professionnels. Léa Guzzo compte actuellement 200 partenaires culturels dans le Bas-Rhin tout en précisant « qu’une structure correspond à une entité juridique. Si une mairie a plusieurs lieux elle ne sera comptée qu’une seule fois. »
Ainsi, la municipalité strasbourgeoise s’apprête à rejoindre le dispositif. La capitale alsacienne concentre plus d’un tiers des testeurs bas-rhinois. Son adhésion entraînera l’intégration de ses structures culturelles : l’Orchestre philharmonique de Strasbourg, le Théâtre Actuel et Public de Strasbourg (TAPS), le Centre chorégraphique, le Shadok, le Conservatoire, les musées, les médiathèques municipales et les Archives de la ville. Cette adhésion, qui sera délibérée lors du conseil municipal du lundi 25 mars, n’aura « pas d’incidence sur le budget des services puisque chaque offre payante sera remboursée au tarif affiché. »
Un atelier a été organisé au Point d’Eau à Ostwald afin d’imaginer une sélection d’offres autour de la ligne B du tramway. (document remis par l’équipe de développement du pass Culture)
Le fonctionnement économique du pass prévoit effectivement que les structures seront remboursées intégralement des achats effectués via l’application. Pour l’expérimentation, le ministère de la Culture a prévu une enveloppe de 34 millions d’euros, afin de rembourser 100% des dépenses effectuées par les 12 000 jeunes expérimentateurs. Pour la suite en revanche, la situation se complique.
Pour la généralisation du pass, a priori vers 2022, le budget requis sera bien plus conséquent. Si le pass était alloué à chaque individu né en 2000, il coûterait 423 millions d’euros. Cependant le ministère avance, dans l’annexe au projet de budget 2018, que le pass ne sera pris en charge qu’à hauteur de « 104 millions d’euros de financement d’État en fin de quinquennat, montant qui sera complété à titre majoritaire par des financements privés (diffuseurs, plateformes internet, etc). » Ces financements privés n’ont pas encore été détaillés, bien que certaines pistes, dont la banque BNP Paribas selon La Croix, aient été évoquées.
Visuel de l’application du pass Culture (document remis par un expérimentateur)
Éric Schultz, adjoint au maire de Strasbourg en charge de l’état civil, a rejoint les partenaires du pass avec sa librairie « La Tache Noire » dédiée aux romans policiers. Il a déjà proposé une cinquantaine de titres sur l’application et se dit satisfait des premiers résultats :
« Au début, nous avions quelques réserves. Notamment, ce que l’on ne mesure pas encore aujourd’hui, c’est la charge supplémentaire de travail que cela représente de saisir les données manuellement sur le site. Nous ne savons pas non plus comment les jeunes vont utiliser l’offre. Mais depuis trois semaines je vois que ça marche, il y a des réservations et cela fait venir chez nous des jeunes qui ne seraient pas rentrés spontanément dans la boutique et la découvrent. »
Et c’est là l’un des principaux objectifs. En plus du « portefeuille de 500€ », l’application vise à suggérer des lieux où les adolescents n’ont pas l’habitude de mettre les pieds.
Un système encore à parfaire
Sur le site mobile, les utilisateurs ont accès à une interface où les offres sont réparties dans plusieurs catégories : Applaudir, jouer, lire, pratiquer, etc. La géolocalisation informe l’usager de sa distance avec lesdites offres. Une recherche par mots-clés est également disponible. « Le système d’offres est très inutilement complexe », estime Matthieu, un jeune expérimentateur. « Je pensais qu’il faudrait par exemple aller en librairie, choisir un livre et donner son identifiant pass Culture pour l’acheter ». En fait, la librairie choisit les ouvrages éligibles.
Un constat partagé par Juliet, une autre bénéficiaire :
« Je m’attendais à un pass universel un peu comme une carte bleue limitée de 500€ que l’on pourrait utiliser dans tous les magasins culturels, théâtres, cinémas. J’ai donc été déçue de voir que les possibilités étaient limitées, surtout pour les séances de cinéma. L’application en elle-même n’est pas très bien conçue. Un des plus gros problèmes, c’est que les propositions ne sont pas toujours proches de là où on habite. Or cette carte est destinée à des personnes de 18 ans, les possibilités de déplacement sont réduites. Je trouve aussi que la configuration de l’application est compliquée et il faut longtemps pour trouver une proposition qui nous intéresse ce qui fait que je n’ai toujours rien acheté. »
Visuel de l’application du pass Culture (document remis par un expérimentateur)
Les différentes limitations doivent, en théorie, sortir l’utilisateur de « sa zone de confort ». Et parfois, ça marche. Comme l’affirme Darcyl, expérimentatrice, l’application lui permet de « découvrir des spectacles ou événements », auxquels elle ne se serait « pas forcément intéressée à cause de leur éloignement ».
Le Théâtre national de Strasbourg (TNS) a participé aux premières élaborations du pass. Depuis 2014 et le début du mandat du directeur Stanislas Nordey, les actions culturelles à destination des publics éloignés sont un axe fort de son projet. Mais Chrystèle Guillembert, directrice des relations avec le public du TNS, émet certaines réserves :
« Nous avons une expérience du terrain. Ce n’est pas naturel d’aller au théâtre. Nous savons qu’il est nécessaire de proposer un accompagnement, qu’il faut des relais pour aller chercher certains publics. Le pass Culture demande une pratique autonome de la part des jeunes. Ceux qui vont s’emparer de cette application sont déjà ceux qui ont cette envie. J’ai pu discuter avec des jeunes qui sont venus au TNS avec le pass Culture et je me suis rendu compte qu’ils étaient déjà des habitués du théâtre. »
Les résultats sont parfois décevants (document remis par un expérimentateur)
Un agenda ou une app de rencontre ?
Pour l’heure, entre les représentations de la saison et les événements de L’Autre saison, une trentaine de places ont déjà été acquises au TNS via l’application. Chrystèle Guillembert redoute également l’effet ”zapping“ de l’application. Autre difficulté pour le TNS, présenter une image attractive, ce qui n’est pas évident lorsque les spectacles sont toujours en cours de création. En effet, le premier contact avec chacune des offres est une image (accompagnée de la distance et du prix). À l’instar des applications de rencontres, il faut accrocher à l’œil pour susciter l’intérêt.
Léa, qui a déjà utilisé son pass pour se rendre deux fois au TNS, témoigne d’une expérience mitigée :
« Le tarif affiché est plus cher (15€ contre 6€ en tarif carte culture) mais c’est aussi très énervant que l’on ne puisse pas choisir sa place. J’avais pris une place pour une pièce et je me suis retrouvée tout au fond, je ne voyais quasiment rien parce que les places sont aléatoires. À la billetterie, le théâtre n’avait pas mon nom de famille. Je trouve qu’il y a beaucoup d’inconvénients et le principe d’agrandir l’accès à la culture se retrouve amoindri par un système mal optimisé. »
En mai 2018, l’ancienne ministre de la Culture Françoise Nyssen signait avec Mathieu Schneider un partenariat entre le pass Culture et l’Université de Strasbourg. (Photo de Tristan Kopp)
En mai 2018, la précédente ministre de la culture Françoise Nyssen avait signé, lors d’une cérémonie au TNS, un partenariat avec Mathieu Schneider, vice-président de l’Université de Strasbourg chargé de la Culture. Cet accord prévoit d’accorder sur le pass les réductions proposés aux étudiants via la Carte Culture, et donc d’appliquer ces tarifs à leur crédit de 500€. Cette articulation n’est pas encore effective et dépendra de l’évolution de l’application. Pour l’heure, la « start-up d’État » qui développe l’outil poursuit l’expérimentation, dans une logique de « pas à pas » pour répondre aux difficultés remarquées lors des premières semaines d’utilisation.
Dans cet article, selon un témoignage « sous couvert d’anonymat », il est écrit que des fonctionnaires municipaux feraient preuve de favoritisme dans l’attribution des subventions et des créneaux d’entraînements alloués à différents clubs de la ville. Un agent du service des sports est personnellement nommé.
La Ville de Schiltigheim s’insurge contre ces accusations formulées à l’encontre de certains agents de la fonction publique. Elle s’étonne que des soupçons d’un manque de probité puissent être portés à l’encontre d’un fonctionnaire sur la base d’éléments non fondés.
Pour rappel, les subventions délivrées aux associations sont étudiées en commission et votées par les élus en Conseil Municipal. Les créneaux d’entraînement sont validés par l’adjoint aux sports.
La Maire de Schiltigheim, Danielle Dambach, et son adjoint aux sports, Vincent Kayser, rappellent que l’attribution des créneaux d’entraînements est déterminée avec la plus grande rigueur et en toute impartialité.
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Au cours du passage devant le Sénat de la loi d’orientation mobilité, les sénateurs alsaciens ont imposé un amendement pour la construction du tronçon de 35 kilomètres qui doit achever la LGV Dijon-Mulhouse avant 2038.
C’est une petite victoire pour les sénateurs alsaciens de tous bords et pour leurs collègues de la région Bourgogne-Franche-Comté. Le 1er février, le Conseil d’Orientation des Infrastructures (COI) présentait son plan d’investissement . . .
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Alors qu’il mitonne son prochain article sur les alternatives à la voiture, Pierre a eu la bonne idée d’aller se perdre dans les arcanes de la loi mobilités.
Alors que des accusations se multiplient depuis plus d’un an à propos d’agressions sexuelles au sein des jeunes communistes français, des militantes bas-rhinoises dénoncent des réaction insuffisantes face à un cas précis et une ambiance sexiste diffuse.
Au printemps 2016, Cécile (le prénom a été changé) est alors étudiante à Strasbourg et militante au Mouvement des jeunes communistes de France (MJCF). Elle propose à un camarade militant d’aller boire un verre pour se changer les idées. Avec celui qu’elle « considérait comme un ami », ils ont bu quelques verres, juste un peu trop pour reprendre le volant. L’ami lui propose alors de dormir chez lui. Et c’est là que Cécile comprend ses intentions :
« Arrivée chez lui, j’ai vu qu’il n’y avait pas de canapé et j’ai compris que je devrai dormir dans son lit. J’étais mal à l’aise. Une fois couchés il s’est collé contre mon dos et m’embrassait dans la nuque en frottant son érection contre moi. Je lui ai dit plusieurs fois d’arrêter, l’ai repoussé, me suis déplacée jusqu’au bord du lit pour qu’il ne soit plus en contact physique avec moi. J’ai du faire semblant de dormir pour qu’il comprenne qu’il n’obtiendrait rien. Le lendemain matin je suis partie rapidement et ne l’ai plus jamais vu depuis. »
Cécile arrête alors de se rendre aux événements militants, « pour ne pas [se] retrouver dans la même organisation que lui. » Cette histoire rappelle le témoignage d’une militante PCF de Haute-Garonne, et les affaires rapportées par Le Monde dans son enquête du 9 mars, ainsi que dans d’autres médias depuis un peu plus d’un an. Le 13 mars, Libération rapportait que trois militants ont été exclus, appartenant au Parti communiste, au Mouvement des jeunes communistes français (MJCF) et à l’Union des étudiants communistes, pour faits de harcèlement et d’agressions sexuelles.
Des accusations d’intimidation
Les faits que rapporte Cécile s’inscrivent dans une ambiance délétère, que confirme Lola Romieux, secrétaire fédérale du MJCF 67 depuis 2016. Elle dénonce un sexisme ambiant, citant plusieurs exemples qui lui viennent à l’esprit, :
« Lors de l’élection d’un secrétaire fédéral, la direction propose un candidat, mais il est possible d’intervenir en AG pour se présenter ou décider de voter contre. À ce moment-là, cet individu (cité par Cécile) et ses amis ont commencé à dire à tout va que je n’étais pas capable de penser par moi-même et que c’était mon compagnon qui me soufflait des idées. Ils se sont constitués en groupe pour voter contre moi. Quand on partageait notre local avec le PCF 67, j’ai pu aussi constater que des membres de la direction refusaient de parler à des femmes et ne s’adressaient qu’aux “mecs”. »
« Un vivier sexuel »
Elle raconte qu’à son arrivée dans le mouvement, un an plus tôt, certains membres des jeunes communistes et du PCF 67 « propageaient la peur parmi les filles », qu’ils considéraient comme « un vivier sexuel » :
« Deux membres de la direction du PCF 67 ont eu des propos très graves quand ils étaient à la MJCF 67 et ont harcelé des militantes. On avait déjà averti le PCF 67 à l’époque, qui disait qu’il n’accepterait plus ce genre de choses. Moi, on m’a déjà appelée « Bébé », « Poupée »… Les militants se demandaient entre eux si “elle on [pouvait] la choper”. Une militante MJCF avait eu une relation sexuelle avec un militant PCF, qui s’est ensuite empressé de raconter tous les détails à ses camarades en parlant d’elle comme d’une proie, d’un objet sexuel. Elle a quitté l’organisation, car c’était affreux pour elle. »
Cécile se rappelle d’un « camarade qui avait dit que Lola avait forcément dû passer sous la table pour accéder aussi rapidement à des responsabilités ». Pour Lola, « le plus gros problème, c’est qu’il y a beaucoup de témoins de comportements sexistes qui ne disent rien. »
Une demande d’exclusion et une réponse « insuffisante »
Au bout de quelques mois, Cécile trouve le courage de rapporter les faits à Lola Romieux. Une exclusion du militant de la fédération bas-rhinoise des MJCF est prononcée (à l’instar de beaucoup de partis, les jeunes communistes forment une organisation différente et autonome du parti, le PCF 67). Mais il faisait également partie du conseil national du MJCF depuis 2014 et de la direction locale du PCF 67.
Lola Romieux décide alors de demander son exclusion de ces autres instances :
« Cela faisait quelques temps qu’on entendait des histoires à son propos. Moi-même, je lui avais demandé à plusieurs reprises d’arrêter de tenir des propos sexistes à mon encontre. Une autre militante m’a aussi dit qu’il l’avait harcelée. Là, le but était que la victime n’ait plus à être en contact avec son agresseur. Aussi, elle voulait que justice soit faite au niveau des organisations. Mais elle n’a pas eu de réponse suffisante. »
Elle contacte d’abord le comité national du MJCF :
« Sur le coup, ils m’ont demandé si je voulais que le PCF 67 soit au courant et comme j’ai acquiescé, ils les ont contactés dans la foulée. Mais ensuite, ils n’ont pas exclu la personne en question et je n’obtenais que des réponses vagues. De son côté, la première chose que le PCF 67 ait fait, c’est de contacter l’agresseur pour le prévenir que quelqu’un avait raconté cet événement. Puis, il y a eu une rencontre entre la secrétaire fédérale du PCF 67, un responsable PCF, un responsable MJCF et moi-même, et la secrétaire fédérale a dit que personne ne devait être au courant. »
Le comité national n’a pas répondu à nos sollicitations pour donner sa version de la gestion de ce moment. Ces faits ont été connus en novembre 2016, en même temps qu’une profonde crise politique entre l’instance de jeunesse et le parti bas-rhinois sur la ligne politique à suivre. La direction des JC 67 et beaucoup de ses membres penchent pour la ligne marxiste-léniniste (ou « orthodoxe ») historique du parti, tandis que d’autres militants, dont la direction du PCF 67, prône un positionnement qui consiste à considérer toutes les formations de gauche, y compris le Parti socialiste, des alliés potentiels, ainsi que les composantes des mouvements sociaux (syndicats, associations, etc.).
Suite à ce désaccord majeur, les locaux ne sont par exemple plus partagés et le MJCF n’a plus le soutien financier du parti. Ce désaccord se voit aussi à travers les logos. Celui de la MJCF 67 utilise toujours le marteau et la faucille, contrairement à celui des instances nationales (PCF comme MJCF)
Cette situation en toile de fond ne facilite pas la sérénité des discussions mais les contacts sont néanmoins maintenus tant bien que mal compte tenu du caractère sensible des faits.
Cécile (ce n’est pas elle sur la photo) a arrêté de militer du jour au lendemain, pour ne pas revoir son agresseur (Photo Pxhere / cc)
La marge de manœuvre « limitée » du PCF 67
Hülliya Turan, secrétaire fédérale du PCF 67, raconte avoir pris contact avec Cécile, pour mieux comprendre une situation dont elle n’avait entendu que des bribes :
« Mon parti pris est celui de la victime, sans aucune ambiguïté. Mais à cet instant T, il n’y avait pas eu de parole clairement établie de victime. La personne ne m’a pas dit “J’ai été victime d’agression sexuelle”. J’ai eu une description des faits sur lesquels il était difficile d’avoir une interprétation ».
Elle rencontre l’auteur présumé des faits qui lui raconte une version « assez proche » de celle de Cécile, mais dément catégoriquement avoir commis une agression. Contacté par nos soins, il a également démenti les faits sans s’étendre, en préférant « oublier toute cette histoire qui [l]’a écœuré ». Il ne milite plus dans le parti.
Du côté du PCF 67, on décide alors de ne pas l’exclure, ni de lui retirer ses fonctions. Hülliya Turan justifie cette position :
« Sans éléments matériels ou dépôt de plainte, il est difficile pour nous de poser des actes politiques comme une exclusion. Ce que les associations de terrain m’ont fait comme retour, c’est que tant que la personne elle-même ne s’engage pas dans un travail de mise en mots, de demande de soutien, de dépôt de plainte, notre espace est réduit. En revanche, l’auteur présumé n’a, de fait, plus participé aux activités du parti. »
Toujours dans la sphère militante
Cet ancien candidat à une élection locale n’a pas été renouvelé au conseil national du MJCF un an plus tard, en décembre 2017, lors de l’Assemblée nationale des animateurs, comme le confirme Sébastien (le prénom a été changé), un militant de l’Union des étudiants communistes (UEC), et à ce titre membre du Conseil national du MJCF à l’époque :
« Quelques militants n’ont pas été renouvelés, dont cette personne en question, simplement parce qu’il ne participait plus trop aux activités. Comme tous les autres « démissionnaires », son nom a été annoncé par un responsable du MJCF, et applaudi. »
Idem fin 2018 lorsqu’il n’est pas renouvelé dans les instances du PCF du Bas-Rhin pour les même raisons. Mais pour Lola Romieux, le combat n’est pas fini :
« On prend la parole aujourd’hui car cet homme est toujours dans la sphère militante, il est toujours membre du PCF ou peut s’impliquer chez les jeunes communistes dans un autre département. L’objectif est aussi que ce genre de choses n’arrivent plus. »
De son côté, Hülliya Turan précise avoir assuré de son soutien à Cécile :
« Je lui ai tendu la main, je lui ai dit que je m’étais renseignée, que j’étais prête à l’accompagner dans des démarches, à la mettre en relation avec des psychiatres, des avocats… »
Elle trouve positif qu’elle le fasse aujourd’hui.
« Pas envie de mener un parcours de combattante »
Cécile a envisagé d’amener cette affaire devant les juridictions pénales, avant de renoncer :
« Mon agresseur est allé voir une jeune militante qu’il connaissait, et il lui a fait un chantage au suicide pour qu’elle lui dise de qui émanaient ce qu’il a appelé des rumeurs d’agression, puis a déposé une main courante pour diffamation. Aujourd’hui, je n’ai pas envie de mener un parcours de combattante pour un résultat que j’estime trop faiblement atteignable. Je souhaiterais simplement que lui comme les autres sur lesquels pèsent de graves soupçons soient écartés de telles organisations, qui se disent progressistes et en faveur de l’égalité femmes-hommes. »
Elle raconte que son témoignage a circulé de façon interne et « non-maîtrisée ». En janvier 2018, un article du Monde évoquait déjà des agressions au sein des jeunesses communistes et citait rapidement la fédération du Parti communiste du Bas-Rhin. Une section du département a alors demandé à la direction ce qu’il en était. La réponse d’Hülliya Turan, par un e-mail de mai 2018, fut la suivante :
« Il n’existe aucune affaire de violence sexuelle au sein de la Fédération entre camarades. L’automne dernier, nous avions été alertés par des militants du MJCF 67 sur une question de comportement d’un jeune camarade. Bien que ces allégations concernaient le MJCF 67, je les ai prises très au sérieux […]. Il s’avère que les faits relatés […] ont eu lieu dans un cadre privé et non dans un cadre politique et qu’ils n’ont donné lieu, à notre connaissance, à aucune suite et à aucune plainte entre les différents protagonistes. »
Aujourd’hui, elle rappelle que la victime ne l’a plus sollicitée et que Lola Romieux ne lui a pas transmis d’éléments matériels, comme elle le lui avait demandé.
Plusieurs accusations allant du harcèlement au viol se sont faits jour ces derniers mois et surtout ces derniers jours au sein des organisations communistes de France (Photo Chmee2 / Wikimedia commons / cc)
« Des organisations qui emploient plus de moyens à étouffer des affaires »
Selon Cécile, la position de la direction pour les affaires internes va à l’encontre des prises de position du parti :
« La justice française, notamment en ce qui concerne les affaires de viols et d’agressions sexuelles, est fortement décriée par les organisations communistes. Il est très arrangeant aujourd’hui de se servir des failles de cette justice lacunaire pour garder au chaud des membres pourvus de responsabilités. »
« Ça laisse penser qu’on est féministes pour la communication, mais qu’on ne se donne pas les moyens de l’être vraiment », abonde Lola Romieux. Elle estime que les communistes devraient être « à l’avant-garde de ce genre de combat » :
« Si on veut détruire le capitalisme, ça passe par la destruction du patriarcat, et si on veut une société émancipatrice, on a le devoir de s’engager sur ces questions-là. Il ne s’agit même pas seulement d’exclure les agresseurs. Il s’agit d’engager une réflexion poussée sur les agressions sexuelles et ce qu’est une organisation communiste. »
« Féministes pour la communication » ?
Hülliya Turan réfute ces accusations, au moins au sein de la fédération bas-rhinoise qu’elle dirige :
« Très objectivement, nous sommes dans un système patriarcal et le PC fait partie de la société et n’est donc pas exempt de sexisme. Mais on constate par exemple une parité dans les instances exécutives de la Fédération 67. En 10 ans de militantisme ici, je n’ai jamais perçu d’ambiance sexiste. Notre fédération dispose d’une camarade référente sur la question. Aussi, il faut rappeler que la MJCF est une organisation différente du PCF, et que ses membres font partie d’une tranche d’âge plus jeune, avec un fonctionnement « adolescent » encore présent. »
Les militantes dénoncent une ambiance sexiste et des jeunes femmes considérées comme « un vivier sexuel » par leurs camarades masculins dans l’organisation de jeunesse (Photo Ruby and Peter Skitterians / Pixabay / cc)
La réaction des instances nationales
Face aux différentes révélations, le PCF explique dans un communiqué que « l’adresse stopviolences@pcf.fr garantit une réponse sous les huit jours dans le respect de l’anonymat et la prise en charge par des référents formés au recueil de la parole des victimes. »
Ce dispositif a déjà été saisi ces dernières semaines par des victimes et a résulté, d’après le PCF, en un dépôt de plainte et à la suspension des droits d’un adhérent. Il lui a également été demandé de renoncer à son mandat de conseiller municipal à Blois. Par ailleurs, un livret d’information « Violences sexistes et sexuelles, Tolérance zéro ! » est réactualisé et distribué à l’ensemble des animateurs du parti.
Dans un autre communiqué, le MJCF « réaffirme son soutien aux victimes de violences sexistes et sexuelles » et annonce la mise en place d’une commission dédiée, ainsi qu’une nouvelle disposition permettant « la perte de la qualité d’adhérent en cas d’atteinte aux valeurs d’intégrité et de dignité humaine, ce que les violences sexistes et sexuelles sont ». Il explique également que « des actions ont déjà été engagées notamment à travers la mise à l’écart systématique des agresseurs. » Mais c’est toujours aux victimes de prouver qu’il s’agit bien d’agresseurs.
Une brève vidéo très partagée sur les réseaux sociaux montre un enfant soulevé avec véhémence par des policiers. Cette opération fait suite à un incendie, vraisemblablement d’origine criminelle, dans le quartier du Neuhof, au sud de Strasbourg, dans la soirée du dimanche 10 mars. Les journalistes du service de vérifications à la demande de Libération, Checknews, ont été questionnés sur ces images. La scène s’est déroulée rue du Marschallhof et a engendré des tensions et cris entre les habitants et les forces de l’ordre.
Une vidéo très partagée montre l’arrestation d’un jeune enfant au Neuhof (capture d’écran)
Checknews n’a pas pu entrer en contact avec des témoins, mais a le site a reçu deux versions des faits de la part de la préfecture du Bas-Rhin. Plus précise, la seconde visait à rectifier la première :
« Parmi la foule qui assiste à l’intervention, deux jeunes sont repérés comme potentiellement suspects, ce qui a pour effet de créer un mouvement de foule avec une dizaine de jeunes qui se mettent à courir dans différentes directions. L’un des deux jeunes identifiés, portant une capuche, est intercepté par les policiers qui sont alors immédiatement pris à partie par une dizaine d’autres personnes qui tentent de l’extraire de force. Après avoir pu se dégager de cette prise à partie, les policiers ont constaté qu’il s’agissait d’un enfant de moins de 8 ans.«
Selon un témoin, cette arrestation est intervenue après qu’un adolescent soit sorti de l’immeuble en flammes en courant. L’enfant, initialement accompagné par son grand-père, a ensuite été mis hors de cause et remis à son père, arrivé sur place. Le policier se serait ensuite excusé. Aucune plainte n’a été déposée.
La rédaction de Rue89 Strasbourg est composée de journalistes toutes et tous prêts à écouter les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois pour parler des sujets qui les intéressent. Notre existence et notre moral dépendent du nombre d’abonnements pris pour nous soutenir. 🙏⤵
Seul face à son caméscope, un jeune homme entreprend de laisser un dernier message à ses proches avant de mettre fin à ses jours. Ce texte de Wajdi Mouawad, vieux de vingt ans et jamais publié, est mis en scène pour la première fois par le directeur du TNS, Stanislas Nordey, et explore la détresse d’un adolescent dans ses derniers instants.
John est assis, devant le décor crayonné et gris d’une chambre d’étudiant. Devant lui, une caméra située dans la première rangée de spectateurs occupe plusieurs fauteuils. Il va se tuer, cela est décidé et il n’y a aucun suspense sur un possible renoncement. Il a choisi le moment et la méthode (une corde). Son dernier problème est ce message qu’il veut laisser à sa famille. Une parole pleine de rancœur, de haine et d’amertume. John c’est lui, sur scène, mais ce pourrait être n’importe quel jeune homme ou jeune femme. Ce n’est pas un Roméo ou une Phèdre, ballotté par la fatalité du destin qui se donne la mort de façon grandiose. Les raisons de John sont bien moins ambitieuses, plus pathétiques, et pourtant suffisantes.
Pour le metteur en scène et directeur du Théâtre national de Strasbourg (TNS) Stanislas Nordey, John est « Monsieur tout le monde » :
« Il a des problèmes qu’on peut qualifier d’ordinaires – le conflit avec ses parents, la rupture avec sa petite amie − il n’a pas de “grande parole”. Tout ce qu’il fait, c’est déverser sa peine, sa rage. C’est justement ce qui me touche : il y a quelque chose de vain dans sa parole. »
La caméra fait face à John et capte sa colère. (photo de Jean-Louis Fernandez)
Il n’est pas normal que le jeune homme se suicide. Une main secourable pourrait lui ouvrir les yeux. Mais comme il le crie, en fracassant son téléphone sur le sol, personne ne l’appelle.
« Pis mon répondeur câlisse
Y a jamais d’message
Jamais d’message de personne
De personne
Où c’que vous êtes là ?
Où c’que vous êtes ?
Hey!
Réveillez-vous câlisse ! »
Son désespoir est celui de la solitude et de l’abandon. Même les souvenirs affectueux de sa grande sœur Nelly ne suffisent pas à le dissuader d’en finir. Cette même Nelly qui vient clore le spectacle, après la mort de John, en se lamentant sur son silence. « Pourquoi tu n’as rien dit, pourquoi je ne t’ai pas entendu ? » Cette surdité et ce mutisme enfermèrent John dans une bulle.
Stanislas Nordey a souhaité explorer cette fracture entre jeunesse et la Culture :
« Il y a derrière tout cela une forme de vide, qui me renvoie à ce que je trouve effrayant aujourd’hui : une société qui s’éloigne de plus en plus d’une soif d’art et de culture. »
Un décor peint accompagne Damien Gabriac. (photo Jean-Louis Fernandez)
Ce « vide » traduit une perdition, une absence de contact qui pourrait permettre au jeune homme de trouver sa place et de se rassurer. Il parle à la caméra comme à ses parents (« Salut Pa, Salut Ma ») sans savoir qui regardera son message. « Je sais même pas qui sont là » s’énerve-t-il. Pendant la représentation, sa parole jaillit vers le public. La scénographie fait du spectateur le destinataire des mots adressés aux parents. La caméra est dans le public, pas devant. Lors de ses appels à l’aide pleins de rage, il se demande pourquoi personne ne vient l’aider, pourquoi personne ne l’entend.
Le plus important réside dans la prise de conscience que ce John, cet adolescent parmi tant d’autres, pourrait être notre proche. Il meurt sans que son entourage n’ait deviné ce projet pensé de longue date. Si John se tue, qui d’autre pourrait le faire ? Quelle autre vie aurait pu se poursuivre avec un coup de téléphone, une main secourable, une parole rassurante ? D’après l’Observatoire National du Suicide dans un rapport publié en 2018 et selon les données de l’Organisation Mondiale de la Santé, le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans, après les accidents de la route.
Rencontre autour de la pièce
Le TNS organise samedi 23 mars à 14h une rencontre-débat intitulée « Malaise dans la jeunesse (destruction et autodestruction) » avec la maîtresse de conférences en psychologie clinique à l’Université de Strasbourg Patricia Cotti. Il sera question de définir la jeunesse et de questionner les troubles qui secouent cette période de vie et de recherche sur soi-même.
Famille de théâtre
En sweatshirt et blouson de cuir puis en chemise de flanelle, Damien Gabriac joue avec violence. Le déchaînement de John passe par son corps, ce sont des cris, des pleurs, et des lamentations. Pour tenir cette intensité, Damien Gabriac confie avoir besoin de se concentrer avant d’entrer en scène, de se mettre dans une situation émotionnelle appropriée « avec des subterfuges, des ressorts personnels ». « Sans cette préparation, ce serait trop aléatoire : l’émotion pourrait venir un soir et être totalement absente le lendemain » dit-il. C’est un travail d’équilibriste entre un affect réel et la fiction du jeu d’acteur. Le fait qu’il soit seul en scène et extrêmement proche du public rajoute à cette immédiateté du jeu : il ne peut jouer John sans l’incarner.
L’acteur français parle en québecois, la langue qu’a utilisée l’auteur Wajdi Mouawad, mais sans avoir d’accent :
« Je m’appuie sur toutes les expressions québécoises, les élisions, les contractions. Il existe une version “francisée”, mais nous avons fait le choix de garder celle originale. Elle est plus jeune, plus dynamique, plus brutale. Ce québécois sans accent, ça crée une langue décalée. »
Nelly, interprétée par Margot Segreto, la sœur de John conclut le spectacle. (photo Jean-Louis Fernandez)
Tout comme Damien Gabriac est issu de l’école du Théâtre National de Bretagne (TNB) à l’époque où elle était dirigée par Stanislas Nordey, avant sa venue à la tête du TNS. Wajdi Mouawad était professeur à la même période. Il joua également Simon dans Incendies, aussi de Wajdi Mouawad et mis en scène par Stanislas Nordey, en 2008 au TNB, puis repris en 2016 au TNS.
La genèse d’un texte singulier
L’origine de John a de quoi interloquer. En 1997, Wajdi Mouawad reçoit une commande du Théâtre Parminou (une compagnie engagée dans les milieux associatifs et scolaires québécois) lui demandant une courte pièce pour traiter « du rejet, de l’intransigeance ». Un mois plus tôt, il effectuait un pèlerinage, de Carleton-sur-Mer à Montréal. Au cours de ce périple, il croisa une jeune homme marchant sur le bord de la nationale, qui lui raconta que sa petite amie venait de le quitter. Il était surtout taraudé par les remarques de sa mère lui ayant affirmé qu’il était « normal » que cette fille l’ait quitté. « C’est pas un cœur qu’elle a dans le cœur ma mère, c’est une brique », une phrase choc directement sortie de la bouche de ce jeune homme. Le garçon s’appelait John. « Pourquoi une génération d’adolescents choisit de se donner la mort et pourquoi cette question était-elle si absente des scènes de nos théâtres ? » se demande Wajdi Mouawad dans sa note d’intention.
John débute en veste de cuir. (photo Jean-Louis Fernandez)
La pièce ne fut pas jouée. La compagnie redoutait un effet werther, en supposant que le texte pourrait déclencher un suicide mimétique chez les adolescents. L’ayant lue à des psychanalystes durant un colloque et suite à un débat enflammé et clivant, Wajdi Mouawad renonça à la créer sur scène. Jamais édité, le texte finit par être réclamé par Stanislas Nordey qui désirait l’inclure au sein du programme « Éducation & Proximité » porté par le TNS, le Théâtre de la Colline à Paris (dont Wajdi Mouawad est directeur) et la Comédie de Reims. Le texte fut d’abord présenté dans des classes de six lycées en 2017-2018, avant de prendre place au TNS cette saison.
Dans son rapport annuel, le déontologue pointe que certains cadeaux et invitations reçus par les élus strasbourgeois dépassent probablement le plafond des 100€. Ses préconisations s’inscrivent dans un contexte de stagnation de la question éthique à Strasbourg, à rebours de la vie politique française.
Depuis 2016, chaque printemps est marqué par le rapport annuel du déontologue. Et les écrits de Patrick Wachsmann se suivent et se ressemblent. Le professeur en droit public remarque un certain désintérêt des citoyens et élus pour sa fonction bénévole.
La petite nouveauté concernant . . .
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Salwa Toko est présidente du Conseil National du Numérique (CNNum) et ancienne militante pour le droit des femmes et des jeunes sur internet. Elle est l’invitée du Shadok et de Rue89 Strasbourg jeudi, pour évoquer la réappropriation d’Internet, avec Charles Nepote de la Fondation Internet Nouvelle Génération.
Aux débuts d’Internet, les objectifs de ses fondateurs étaient de permettre une meilleure circulation de l’information, autour de principes d’ouverture et de progrès partagés. Mais aujourd’hui, l’écosystème numérique est ultra-centralisé autour de quelques grands géants, aux technologies verrouillées, aux pratiques controversées et dont les effets questionnent les modèles sociaux du travail… Comment en est-on arrivé là et surtout, comment en sortir ?
Présidente du Conseil national du numérique (CNNum), Salwa Toko a rejoint parmi les premiers signataires la démarche partagée « Reset », initiée par la Fondation Internet Nouvelle Génération (FING) et popularisée par une tribune dans Le Monde en janvier et qui vise à mobiliser les citoyens autour de la question de la réappropriation d’Internet et de l’univers numérique.
Rue89 Strasbourg : Pourquoi avoir adhéré à la démarche « reset » en tant que présidente du CNNum, qui a vocation à éclairer le débat public sur les questions liées au numérique ?
Salwa Toko : Les questions qui sont portées par la tribune, et notamment l’idée que le numérique ne doit pas être pris comme une évolution, ni une technologie, mais qu’il faut l’investir complètement dans tous les pans de la société et tous les secteurs économiques, rejoint déjà des propositions portées par le CNNum.
Je n’ai pas pu participer à la rédaction, mais j’ai assez facilement signé le texte. Il est assez évident que si le numérique a permis de très nombreux progrès, il a aussi accéléré certaines fractures sociales et que fasse à ces failles, il n’existe pas de réponse suffisante. Or c’était la promesse initiale, connecter les individus dans un environnement partagé sur lequel ils peuvent agir…
Qu’est-ce qu’il s’est passé selon vous ?
Vaste question ! Mais d’une manière générale, je crois qu’on a manqué aux devoirs d’éducation au numérique, c’est le socle de la naissance de toutes ces fractures. Si on prend le département de la Seine Saint-Denis par exemple, que je connais bien, on s’est aperçu que de nombreux jeunes, particulièrement chez les filles, se retrouvent quasiment exclus des filières d’insertion professionnelles s’ils n’acquièrent pas des compétences numériques ou technologiques.
« Repenser l’éducation au numérique »
Je ne parle pas forcément de codeurs ou de codeuses, mais des compétences nécessaires pour être à l’aise dans le monde du travail aujourd’hui, savoir manipuler un fichier, les échanges de données, etc. Or ces compétences s’acquièrent à partir d’un ensemble d’usages et de pratiques, qui n’ont pas forcément été celles de certaines familles de ce département… Donc il faut reposer la question de l’éducation et c’est pour ça que ce texte n’est qu’un point de départ.
Et puis il y a la question des données. L’inventeur du web, Tim Berners-Lee, l’a dit très clairement à l’occasion des 30 ans de sa création : les données doivent être la propriété des internautes. Là-dessus, il y a un chantier énorme à mener, qui débutera par une prise de conscience.
Est-ce le numérique est devenu nocif alors ?
Je ne dirais pas ça, mais on constate que quelque chose qui était censé être libérateur, et qui l’était au départ et continue de l’être dans bien des domaines, est devenu le moteur d’une économie qui échappe largement à tout contrôle. On se retrouve avec une espèce de monstre qui essaie tant bien que mal de s’auto-réguler, et dont on n’a pas perçu les impacts philosophiques et psychologiques sur le comportement humain.
« Nos comportements se modifient face au numérique »
Il y a des modifications de nos comportements en raison du numérique. Or la technologie doit être au service de l’humain, pas l’inverse. Je ne parle pas de déshumanisation, peu de choses sont si automatisées qu’elles nous échappent, mais de la question de la place de l’humain dans les processus nouveaux. Cette place n’est pas assez souvent posée comme étant centrale… Ce serait dommage qu’on se retrouve un peu prisonniers.
Que faut-il faire alors ?
Il faut d’abord évaluer les impacts qu’ont eu les transformations numériques sur nos sociétés, sur les personnes âgées, sur les jeunes, sur la concurrence, sur le monde du travail, sur les femmes, sur la santé, etc. Puis il faudra probablement mettre à jour nos lois, une renégociation du contrat global entre le public et les fournisseurs de services…
Sur les réseaux sociaux par exemple, on se rend compte que la législation est complètement dépassée et incapable de répondre aux problèmes de la communication actuelle… Il faut retrouver un nouvel équilibre entre la liberté d’expression et le respect des droits, en intégrant les progrès technologiques comme l’automatisation.
« Il faut tout revoir avec le prisme du numérique »
Il faut accompagner de manière beaucoup plus systématique les décideurs publics et privés, et tout revoir avec le prisme du numérique. On en est encore loin, contrairement à ce que l’on pourrait penser ! Il faut travailler sur des savoirs en commun numérique, des technologies, des pratiques… Les systématiser. Et bien entendu, travailler sur la question des données, leur propriété et leur exploitation.
Le chantier est immense !
Certes et mondial même ! Il faudra mener plusieurs chantiers de front dans tous les pays en même temps. Mais je ne désespère jamais de l’humain. Je suis confiante que nous finirons par y arriver. Je fais souvent un parallèle avec le siècle des Lumières, c’était aussi une période de changements sociétaux intenses, propulsés par les évolutions technologiques. Ils sont bien parvenus à s’en sortir…
Peut-être nous faut-il inventer une gouvernance mondiale du numérique, une sorte d’Organisation des Nations Unies du numérique ? C’est à discuter mais ce qui est sûr, c’est que si on n’y réfléchit pas rapidement, nous mettons en danger nos démocraties et nos modes de vie.
Un documentaire sorti en janvier sur les défaillances du système de protection de l’enfance a défrayé la chronique en France. Rue89 Strasbourg a voulu savoir ce qu’il en était dans le Bas-Rhin, en interrogeant les professionnels. Ils dressent le portrait d’un système à bout de souffle, tout en voulant relativiser une enquête “à charge”. Un constat confirmé par le Département, en charge de ce secteur.
Interrogé dans l’émission Pièces à conviction du mercredi 16 janvier, Lyes Louffok, membre du Conseil national de la protection de l’enfance, affirme avec assurance qu’au moins un foyer dysfonctionne dans chaque département. Le reportage dépeint un système à bout de souffle, où les violences, le personnel mal formé, le manque de places et de suivi pour les majeurs s’empilent, sur fond de manque de moyens.
Le documentaire
De plus en plus d’enfants, de moins en moins d’argent
Dans le Bas-Rhin, le nombre d’enfants confiés au Conseil départemental (CD 67) est passé de 2 233 mineurs en 2010 à 2 593 en 2018 (+16%), dont 440 mineurs non-accompagnés (MNA, c’est-à-dire des mineurs étrangers arrivés seuls sur le sol français). D’après un rapport de la Cour des Comptes, les dépenses pour la protection de l’enfance du CD 67 sont passées de 74,6 millions d’euros en 2011 à 87 millions en 2016 (+16% aussi). Dans le même temps, les dotations de l’État, (24% des recettes du CD 67), ont baissé de 9,7%.
Dans le département, 17 Maisons d’Enfants à Caractère Social (MECS) sont éparpillées. Même Philippe Meyer (LR), vice-président du Conseil Départemental en charge de la protection de l’enfance, reconnait un manque de places :
“Entre le nombre de mesures de placement décidées par la justice et le placement effectif, il y a un décalage. 80 enfants sont actuellement en attente de mesures de protection, et cela peut durer plusieurs semaines. Mais cela ne concerne que certains enfants qui ne sont pas en totale rupture, qui ne sont pas en danger dans leur famille.”
Le documentaire de France 2 dénonçait des placements en hôtels, laissant des jeunes de 15 ans désœuvrés dans leur chambre, seuls. Philippe Meyer (LR) assure que ce n’est pas le cas aujourd’hui dans le Bas-Rhin. Mais il regrette que cela soit arrivé :
“On a effectivement connu des situations avec des enfants dans les hôtels, ce qui n’est pas terrible pédagogiquement…”
La protection de l’enfance, c’est quoi ?
Certains enfants doivent être séparés de leur famille, soit en raison de carences éducatives ou de maltraitance, soit parce que le comportement ou les problématiques des enfants eux-mêmes nécessitent une “assistance éducative” pour les parents. Actuellement, les mesures de placement dans les dispositifs d’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) sont décidées à 80% par le juge des enfants, et à 20% dans le cadre d’une décision administrative du Conseil départemental, avec accord des familles.
Les Mineurs Non Accompagnés (MNA) relèvent également de l’Aide Sociale à l’Enfance.
Les enfants peuvent être placés dans des MECS (Maisons d’enfants à caractère social), communément appelées les “foyers”, ou au sein de “familles d’accueil” (la vraie dénomination est assistant familial).
La protection de l’enfance englobe également les mesures d’assistance éducative et de prévention. Par exemple, des mesures d’AEMO (assistance éducative en milieu ouvert) peuvent être décidées, avant ou à la place d’un placement.
Il existe aussi la mesure de “placement à domicile”, qui consiste en un suivi renforcé. Le jeune reste dans sa famille, mais le juge a bien prononcé une mesure de placement.
Ne pas recruter, ou baisser ses standards
Ce manque de place se manifeste par des structures pleines à craquer. À Bischheim, le Château d’Angleterre, établissement éducatif et pédagogique, accueille 260 jeunes pour 256 places, ainsi que 36 jeunes en accueil de jour. Parmi ces jeunes, il y a 150 MNA.
La surpopulation complique la vie dans les structures, débordées et manquant de moyens et de personnel. Philippe Meyer assure que les établissements recrutent des professionnels, mais le directeur du Château d’Angleterre, Philippe Wehrung, précise la réalité des choses :
“On a du mal à recruter, y compris chez les cadres, car c’est un travail avec des contraintes 365 jours par an et 24h sur 24. En plus, l’aide à la personne, ce n’est pas valorisé. Le besoin d‘être bien formé, les difficultés que les jeunes peuvent poser, la pression économique de manière générale sont aussi des éléments qui empêchent de bien recruter. Donc il nous est arrivé de recruter des personnes qui n’ont pas la formation, c’est une réalité partout.”
Le Château d’Angleterre, comme de nombreux établissements assurant des missions de protection de l’enfance, est plein à craquer. Son Directeur demande des moyens supplémentaires et une réflexion sur le système. (Photo Roland Burckel / Wikimedia commons)
Philippe Meyer indique que le Département lance une campagne pour essayer de susciter des vocations d’assistant familiaux. En attendant, le manque de moyens et de personnel rend difficile la prise en charge de jeunes. Ce qui engendre des situations de violences, comme l’explique Philippe Wehrung :
“Avec les adolescents, c’est toujours un travail compliqué, ils n’ont pas eu un parcours facile. En plus, les parcours de placement sont souvent relativement longs. Il faudrait que les éducateurs soient en capacité de répondre à tout, mais ils sont mal ou non-formés.”
Des violences aussi dans le Bas-Rhin
Philippe Meyer concède que le département n’est pas exempt de situations de violences :
“Il y a effectivement des problèmes, il y a parfois des jeunes filles qui tombent dans la prostitution, il y a souvent des enfants qui se battent entre eux, on a déjà été amené à déplacer un enfant. Il peut y avoir des jeunes agressifs avec les professionnels. On met parfois en place des “séjours de rupture”, hors de France. Il est aussi arrivé qu’il y ait des soupçons d’attouchement de la part d’assistants familiaux. Il arrive, malheureusement, que dans le doute, on retire des enfants de leurs familles d’accueil. Mais c’est rarissime, et je peux vous affirmer que nous n’avons pas de situations d’enfants tabassés comme le documentaire le décrivait. J’ai visité des foyers, ce ne sont pas des prisons.”
Philippe Wehrung tempère aussi la situation :
“La situation est beaucoup plus complexe que ce que le documentaire décrit. Tout dépend de la taille de l’établissement et du public. Il faut rappeler qu’on accueille des jeunes laissés pour compte, qui ne trouvent pas leur place dans le système scolaire ou de santé.”
Dans cette optique, des filles de la maison Saint-François d’Assises à Strasbourg ont aussi diffusé une vidéo musicale sur leur quotidien, pour changer le regard sur les foyers et ceux qui y habitent.
Des besoins psychiatriques laissés sans réponse
L’Aide sociale de l’Enfance du Bas-Rhin doit faire face à un problème croissant : les besoins psychiatriques. Environ 20%, soit 551 enfants placés sont bénéficiaires d’une reconnaissance, soit 7 fois plus que dans la population générale. Mais ils se retrouvent dans les mêmes structures que les autres enfants. Philippe Meyer pointe un “désengagement de l’État” :
“Ces jeunes vont dans des Maisons d’Éducation à caractère sociale au lieu de structures de santé (type MDPH ndlr), c’est scandaleux. Même si on a des médecins qui suivent les jeunes, il y a un travail de spécialiste à faire, ce qui n’est pas le métier des éducateurs.”
Philippe Wehrung pointe l’ampleur de la problématique, qui concerne des jeunes à une période déjà difficile de leur vie :
“En l’absence de moyens conséquents, il est très compliqué d’avoir un partenariat avec les acteurs de la santé. En France, la psychiatrie est sinistrée. Chez nous aussi, des jeunes relèvent de la psychiatrie et auraient besoin de soins. Mais on n’y répond pas.”
De nombreux enfants confiés à l’ASE auraient besoin de suivi particulier ou de soins psychiatriques. (Photo Julie Ketersz / FlickR / CC)
Trouver des solutions, sortir du gros collectif, mieux accompagner
Face à ces problématiques, le Département propose par exemple une aide par la Maison territorialisée de Haguenau, rattachée au Foyer Départemental de l’Enfance. Dans de meilleures dispositions, elle accueille des enfants de 3 à 12 ans, où les fratries ne sont pas séparées. La perspective est de les “sortir du collectif classique” et de tendre vers un projet personnalisé, comme l’explique Nadia, coordinatrice des agents éducatifs, qui estime qu’il ne faut pas résumer la protection de l’enfance à ses difficultés :
“Chez nous, les jeunes peuvent accueillir des copains et vont à l’école du quartier. Ils sont préservés du “flux” du foyer de l’enfance. On subit aussi le manque de moyens, matériels notamment, mais on essaye de tisser un lien de confiance avec les enfants et les parents.”
Elle explique que l’équipe développe de nouvelles approches éducatives :
“On travaille la communication non-violente. Les jeunes expriment leur mal-être autrement, on est là pour recueillir les émotions, par le sport, par l’art… Il y a des espaces de paroles aussi. Il faut pointer ce qu’ils réussissent à faire, et non se heurter aux difficultés.”
Elle concède qu’il faudrait un meilleur accompagnement personnel, « presque du sur mesure ». Mais au moins à la MECS de Haguenau, Nadia explique que le personnel est qualifié et bénéficie de formation continue, ce qui évite une roulement permanent des salariés.
Suivis alternatifs et au-delà de la majorité
Des lois ont permis des alternatives au placement en collectif : le “placement à domicile”, l’accueil de jour, le suivi renforcé avec structure d’hébergement de repli, “au cas où”. Le Département a aussi développé un “réseau solidaire” pour que des particuliers puissent accueillir des MNA.
Le documentaire pointait aussi la réalité des jeunes majeurs, en avançant que 40% des SDF de moins de 25 ans seraient des anciens enfants placés, et que 70% des jeunes sortiraient de l’ASE sans diplôme.
Mais Philippe Meyer assure que les jeunes majeurs ne sont pas laissés à l’abandon :
“Quand le jeune approche de ses 18 ans, on observe sa situation et selon le cas, il peut bénéficier d’un contrat jeune majeur, jusqu’à ce qu’il puisse payer un loyer. Bien sûr, on ne peut pas dire que tous s’en sortent sans problème, mais en Alsace, on a la chance que certaines formations en CAP ou BEP soient déficitaires en candidats.”
Le foyer Charles Frey à Strasbourg fait partie des 17 Maisons d’Enfants à Caractère Social du Bas-Rhin (Photo Valentin R. / Wiimedia commons)
Un secrétaire d’Etat à l’enfance : de l’espoir à la méfiance
Pour adresser ces défaillances, le gouvernement a annoncé fin janvier la nomination d’un Secrétaire d’État dédié à la protection de l’enfance, le député LREM Adrien Taquet, ainsi qu’une stratégie pour la protection de l’enfance .
Une nouvelle plutôt bien accueillie par les professionnels qui appellent surtout à une réflexion de fond en comble. Philippe Wehrung relève le côté historique de la décision :
“C’est une vraie reconnaissance de l’urgence du chantier, puisqu’on n’a pas eu de secrétariat d’Etat dédié à cette question depuis l’entre-deux guerres. Je suis à la fois plein d’espoir, et en même temps, ce n’est pas une personne qui va tout changer. »
Pourquoi devient-on famille d’accueil d’enfants isolés ? Comment cela se passe-t-il au quotidien ? Comment se noue la relation avec les enfants placés, à mi-chemin entre l’instinct parental et l’éducation professionnelle ? Rue89 Strasbourg a rencontré Stéphanie, assistante familiale depuis 19 ans, qui accueille trois enfants en plus des quatre siens.
Les vacances scolaires viennent de se terminer et le calme est de mise dans la maison de Stéphanie (tous les prénoms ont été changés), assistante familiale dans une petite commune du Haut-Rhin. Elle accueille dans un grand salon baigné de lumière en cette (trop) belle journée de février. La porte vitrée donne sur une vaste terrasse, animée par la présence d’un grand lapin noir et blanc. Non loin, on entend le début d’une rivière.
Devenir assistante familiale pour « faire son métier à la maison »
Stéphanie est seule à la maison parce que les trois jeunes qu’elle accueille ont repris les cours : Jessica, 17 ans, est au lycée, où elle se prépare à un bac littéraire, et Julien, 16 ans, est en institut médico-professionnel, où il suit une formation adaptée à son léger handicap mental. Il y a aussi Laura, 22 ans, la grande sœur de Jessica, qui habite maintenant dans un appartement au rez-de-chaussée de la maison de Stéphanie.
C’est avec son arrivée dans la famille, il y a 19 ans, que Stéphanie devient assistante familiale. À l’époque, elle habite dans cette même maison avec son mari, éducateur, et ses 4 enfants, qui avaient entre 6 et 15 ans. Stéphanie est monitrice-éducatrice dans une maison d’enfants quand elle décide de changer (un peu) de voie :
« J’ai décidé de devenir assistante familiale quand je me suis rendue compte d’un paradoxe : je m’occupais des enfants des autres et faisait garder les miens. Alors, pourquoi ne pas faire le métier que j’aimais, mais à la maison ? S’il y avait de la place pour 4 enfants, pourquoi pas 5 ? C’est devenu une évidence. Si on se pose 10 000 questions, on ne le fait pas. »
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Un an après, ils se sont dit « et pourquoi pas 6 ? », en accueillant Jessica, dès ses 9 mois, dont la maman ne pouvait plus s’occuper, et dont le papa était absent. Jessica ne les a plus jamais quittés. À la maison, chacun a sa chambre, quitte à ce que les parents occupent la plus petite pièce (à peine de quoi mettre un lit deux places), et quitte à aménager les combles, au-dessus du 2e étage. Dans la chambre de Julien trône aujourd’hui un gilet de sapeurs pompiers, sa profession. Chez Jessica s’éparpillent des copies sur le bureau collé au lit.
La formation des assistantes familiales
Les assistantes familiales font partie des dispositifs de placement pour les enfants confiés à l’Aide sociale à l’enfance (ASE), service du Conseil départemental dont elles sont salariées. Elles détiennent un agrément délivré par le service de Protection Maternelle et Infantile les autorisant à accueillir un certain nombre d’enfants. -Elles suivent une formation sur l’accueil et l’intégration de l’enfant, l’accompagnement éducatif, et la communication professionnelle, qui aboutit au passage du diplôme d’Etat d’assistant familial.
Famille nombreuse et situation atypique
Stéphanie décrit son foyer comme une famille « atypique » : une famille nombreuse, 7 enfants en tout, dont l’un des frères est adopté. Une famille d’accueil dont les jeunes placées partagent avec tout le monde les week-ends et les vacances, et les années : si Jessica et Laura voyaient encore leur mère régulièrement au début, comme cela arrive parfois pour les enfants placés, le contact a fini par être définitivement rompu. Julien, arrivé il y a trois ans, n’a pas non plus de contact avec sa mère, pour l’instant.
Chez d’autres assistants familiaux, il arrive que les jeunes restent seulement quelques années puis rentrent dans leur famille, changent de famille d’accueil, ou aillent vivre en foyers. Sur une vingtaine d’années, certaines assistantes familiales accueillent parfois une dizaine d’enfants, alors que la situation de Stéphanie est marquée par la continuité :
« Contrairement à d’autres assistantes familiales, on ne prenait pas de vacances juste “entre nous”, la famille. Les filles ont tout partagé avec nous. Nos familles respectives nous ont aussi soutenus et les ont aussi accueillies à leur manière. À Noël par exemple, tous les enfants recevaient la même enveloppe. »
Toute la petite famille et les enfants accueillis vivent dans une petite commune, dans une maison au bord de l’eau (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)
« Ils ont toujours des parents »
Dans une telle situation, qu’est-ce qui les différencie d’une famille « classique » ? Stéphanie répète plusieurs fois qu’il faut être « très au claire » :
« Ce ne sont pas vos enfants. Ils s’inscrivent dans une histoire difficile, et ont, dans la majorité des situations, des parents. Nous travaillons dans cette perspective qu’ils puissent peut-être un jour rentrer chez eux, même si aujourd’hui, la politique va dans le sens de dire « tu peux aussi poser tes valises », quand on sait qu’à long terme, il n’y aura pas de retour chez les parents. »
Dès leur arrivée respective, Laura et Julien l’ont appelée « Tata », comme les enfants appellent parfois leur « nounou ». La très jeune Jessica a eu un peu de mal puisqu’au début, elle voyait les enfants de Stéphanie l’appeler « maman », et s’était mise à les imiter. Finalement, elle a opté pour le cloisonnement : en privé, elle s’adresse à Stéphanie en disant « Maman », mais devant les autres, où elle dit aussi « Tata ».
Associer la famille
La communication est très importante pour Stéphanie, y compris avec ses propres enfants, qui ont grandi en partageant tout avec les enfants placés :
« Avant de me lancer dans ce projet, on a fait un « conseil de famille ». Mes enfants étaient partants. Et on le refaisait régulièrement pour voir s’ils étaient d’accord de continuer. Pourtant, il fallait partager, subir le fait que, parfois, la grande nous poussait dans nos retranchements, cassait leurs jouets ou dessinait sur les murs… Cela n’a pas toujours été simple, mais ils ne se sont jamais plaints ».
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Pour elle, il est logique que la famille s’implique :
« Les enfants sont chez nous, sur notre canapé, à notre table, partagent notre vie, de ce fait nous ne pouvons pas tout cloisonner. C’est un état d’esprit à avoir, ce n’était pas une charge, ça n’avait rien d’exceptionnel. Chacun est bon dans quelque chose, je n’aurais pas pu être médecin par exemple, mais j’avais envie de faire ça ».
Des travailleurs sociaux méconnus
Stéphanie insiste, malgré ce que le terme courant « famille d’accueil » peut laisser entendre, elle est bien professionnelle et salariée du Département :
« La reconnaissance du métier est importante. Il y a de l’investissement, de l’éducatif. Bien sûr, c’est atypique, mais c’est vraiment une profession, un métier ».
Comme toutes les assistantes familiales, qui font partie des travailleurs sociaux, Stéphanie a suivi une formation initiale, puis des formations continues. Selon le besoin, elles peuvent également demander à se former sur des sujets spécifiques. Passionnée, Stéphanie a beaucoup lu, fait des recherches. Pour elle, il est important de se documenter sur le volet éducatif, de connaître les enjeux qui se jouent dans les histoires familiales, et de mieux cerner les jeunes accueillis. Le métier s’étant professionnalisé, elle met à l’écrit son expertise et laisse une trace de son travail dans des rapports et des échanges de mails intensifiés avec les services.
La grande terrasse peut accueillir des barbecues ou des chaises longues, sous l’œil vigilant du lapin de la famille (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc
« Mettre des mots sur des maux »
Cette évolution du métier fait qu’elle se sent « mieux accompagnée qu’il y a 20 ans », notamment sur la prise de conscience au niveau du handicap. Une dimension essentielle pour elle, puisque Jessica souffre de dyslexie et de troubles de l’attention, et Julien d’une légère déficience mentale. Au bout de quelques années, elle a également compris que Laura souffrait de dyslexie et de dyscalculie :
« Au début, on est formé de manière générale sur le handicap, mais ces déficiences « non-marquées », je ne les connaissais pas. Aujourd’hui, il y a de plus en plus d’enfants avec ces problématiques lourdes, ou plutôt, on les diagnostique davantage. On essaye de mieux comprendre les troubles du comportement. Certains disent qu’on met les enfants dans « des cases », mais nous, ça nous permet de comprendre et d’affiner notre accompagnement. »
Si l’accent avait davantage été mis sur ces cas au début de son activité, elle aurait peut-être pu mieux orienter son travail:
« Laura, c’était un peu comme « une mouche enfermée dans un bocal ». Elle avait vraiment besoin d’exister. Si je devais refaire l’histoire avec elle, en connaissant mieux ses problématiques, cela aurait peut-être été différent. Dans tous les cas, il est important de mettre des mots sur des maux ».
Accompagner à la maison, à l’école, au-dehors
Armée de sa combativité, Stéphanie n’a jamais eu peur d’aller frapper aux portes (de l’éducation nationale, des services de l’aide sociale à l’enfance) pour accompagner au mieux ces jeunes, notamment Jessica, que les professeurs accusaient de ne pas assez faire d’efforts à l’école :
« Je ne signais pas les bulletins s’il y avait écrit qu’elle ne travaillait pas assez. Jessica était une acharnée du travail. Au CP, elle pouvait vraiment passer 4 heures sur ses devoirs. Elle a toujours tout fait pour dépasser ses problématiques. Son chemin est fantastique, exceptionnel. Et si elle en est là aujourd’hui, c’est aussi parce que je l’ai accompagnée, j’ai par exemple regardé plein de vidéos de mathématiques et d’autres matières sur Youtube, pour pouvoir l’aider, etc. Si j’avais focalisé sur ses difficultés, elle aurait aussi sûrement été en classe ULIS (des classes pour les enfants présentant divers troubles, NDLR). »
À la rentrée 2019, Jessica entrera dans une école de théâtre. Non sans fierté, Stéphanie raconte qu’une démarche d’adoption est en cours pour formaliser un lien déjà bien ancré, « un grand bonheur » pour tout le monde. Là encore, elle avait interrogé toute la famille à ce sujet. Pour ses enfants, c’était une évidence, car ils la considéraient déjà comme leur sœur. D’ailleurs, depuis qu’elle sait qu’elle va être adoptée, Jessica se laisse aller à dire « Maman » en toutes circonstances…
Laura, elle, a ajouté un membre à la famille, avec sa petite fille, de 3 ans maintenant, dont Stéphanie, s’occupe parfois quand Laura travaille tôt, avant que la crèche n’ouvre. « Grand mère adoptive », elle n’avait pas choisie cette situation, mais elle s’assure avant tout que Laura gère son avenir : alors qu’elle était tombée enceinte juste avant de commencer une mention complémentaire, Stéphanie lui avait fait promettre de mener à bien cette année d’études. Ce qu’elle a fait, en bénéficiant au début d’une prolongation jeune majeure de l’ASE (cela veut dire qu’elle continue à être prise en charge par l’ASE malgré sa majorité), puis d’un RSA majoré (pour parent isolé). Elle profite également de l’appartement de Stéphanie, pour lequel elle paye un loyer, et du soutien de sa « Tata » avec son bébé. Aujourd’hui, elle aspire à s’installer dans son propre logement.
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« Je vais continuer. J’aime mon métier. »
Alors que Stéphanie sera à la retraite dans une dizaine d’années, elle prend le temps de réfléchir à son futur de famille d’accueil. Elle est convaincue qu’elle accompagnera Julien jusqu’au bout de son placement, et souhaite pour l’instant être « aux côtés de Jessica », si besoin. Mais au fond, elle sait qu’elle ne s’arrêtera pas après :
« Forcément, je vais continuer. C’est mon métier, j’aime mon métier. Je me projette avec un enfant de 4 à 5 ans. Mais on ne sait jamais ce qui peut arriver ! Il y a très souvent des demandes pour des tout petits aussi… Mais dans ce cas, ça pourrait me faire repartir pour 20 ans ! »
Et entre la petite de Laura et les enfants de ses enfants « biologiques », âgé de la trentaine désormais, elle a déjà de quoi faire. Après un dernier tour de la maison, après avoir rencontré le lapin et le hamster, parcouru l’étage dont les murs sont garnis de photos et dessins, il est temps de laisser Stéphanie, qui a déjà un peu passé le relais :
« Un de mes grands enfants est éducateur maintenant. On m’avait dit que s’ils n’avaient pas trop bien vécu leur enfance un peu particulière, peut-être que tout “ressortirait” plus tard. Avec lui, je n’ai pas l’impression que cela soit le cas. »
La Concordia est un des meilleurs clubs de gymnastique de France. Son président, Elric Ferandel, se bat depuis des années pour obtenir plus de soutien de la part de la Ville de Schiltigheim. L’ancien candidat à la mairie dénonce également la suppression progressive de ses créneaux d’entraînements.
L’équipe féminine de la Concordia évolue cette saison dans le Top 12. C’est l’équivalent de la Ligue 1 en foot. C’était également le cas de l’équipe masculine la saison dernière, mais elle est redescendue en deuxième division. À titre de comparaison, en foot, le Sporting Club Schiltigheim (SCS) joue en National 2, la quatrième division française, et n’a pas d’équipe féminine pour les plus de 18 ans.
La Concordia s’étonne du peu de subventions qu’elle reçoit
Pourtant, cette différence de niveau ne se voit pas sur les subventions accordées aux deux clubs. En 2017, la Concordia recevait 19 000 euros de la Ville contre un peu plus de 119 000 euros pour le SCS.
Pour Gilles Occansay, responsable du service des sports entre 2014 et 2017, cette différence de subventions est tout à fait justifiée :
« La gym attire peu de public et peu de partenaires. Les indemnités des footballeurs, même en quatrième division, sont beaucoup plus élevées que celles des gymnastes. Enfin, les déplacements pour une équipe de foot et son staff sont beaucoup plus coûteux que pour une équipe de gymnastique qui ne doit louer qu’un mini-bus. Donc c’est logique que le foot reçoive plus. De toute façon, les subventions sont versées de manière transparente à partir de critères bien précis. »
Une affirmation que nuance l’actuel adjoint au maire en charge des sports, Vincent Kayser (écologiste) :
« On essaye, par exemple, de tenir compte du nombre de licenciés ou de la difficulté d’accéder au haut niveau mais il n’y a pas de règles clairement établies. C’est vrai que le foot a historiquement toujours reçu beaucoup d’argent à Schiltigheim. Nous travaillons à essayer de rééquilibrer les choses. Je ne promets pas de révolution mais nous ne sommes pas non plus dans l’immobilisme. »
Difficile de tout bouleverser à un an des élections municipales pour la nouvelle majorité arrivée en avril 2018. Mais finalement, le président de la Concordia, Elric Ferandel, ne se soucie pas tellement de ce qu’il se passe ailleurs :
« Ça m’est égal de savoir combien touchent les autres clubs. La seule question qui m’importe c’est : un des meilleurs clubs de gym de France ne mérite-t-il pas un peu plus que 19 000 euros par an ? »
En 2018, les subventions de la mairie représentaient 5% des recettes de la Concordia. Si on prend en compte, les avantages en nature octroyés par la Ville (locaux, véhicules, personnel), ce chiffre monte à un peu plus de 12%.
De moins en moins de créneaux d’entraînements
La Concordia dispose de nombreuses salles dans l’Eurométropole. Elle est propriétaire d’un local à côté du tribunal d’instance de Schiltigheim. Le club loue des gymnases à la Ville de Strasbourg. Enfin, la commune de Schiltigheim lui met à disposition plusieurs salles. La plupart d’entre elles permettent la pratique d’activités de loisir (baby gym, zumba, yoga, etc.). Deux sont aménagées pour la gymnastique de haut niveau au gymnase Leclerc. C’est autour de ces deux salles qu’un rude conflit a débuté en 2014.
Entre 2014 et 2017 la Concordia a récupéré de nouveaux créneaux les lundis, mardis et jeudis, mais leur nombre reste bien inférieur à celui de 2010. Sont apparus également à partir de 2014, des créneaux partagés avec l’autre club de gym schilikois, l’AUS, et des créneaux soumis à disponibilité des salles.
Pour le président de la Concordia, Elric Ferandel, des heures partagées, ou même réservées, n’ont pas la même valeur suivant les jours :
« C’est gentil de nous redonner des créneaux en semaine à des horaires où personne ne peut venir. »
Le samedi, la Concordia a perdu 50% de ses créneaux entre 2010 et 2017. Sur la même période, le club a perdu 20% les mercredis.
Le soupçon d’une revanche politique
Aux élections municipales de 2014, Elric Ferandel s’est présenté avec une liste citoyenne et a fermé la porte à une alliance avec Jean-Marie Kutner (UDI à l’époque), qui allait devenir maire quelques semaines plus tard. Avec à peine 5%, la liste du président de la Concordia est éliminée dès le premier tour et Elric Ferandel appelle à voter contre Jean-Marie Kutner au deuxième tour. Or c’est à partir de 2014 que le club de gym a commencé à voir ses créneaux d’entraînements diminuer. Mais Jean-Marie Kutner n’y voit aucun lien :
« Croyez-vous vraiment que je n’avais pas autre chose à faire que de m’occuper de la Concordia et de son président qui a fait à peine 5% au premier tour ? »
D’après l’ancien maire de Schiltigheim, la répartition des infrastructures entre les différents clubs de la ville est gérée au niveau du service des sports de la mairie. Il évoque spontanément le nom de Stéphane Laas, l’un des cadres du service des Sports et de la vie associative.
Un sentiment anti-Concordia chez certains fonctionnaires
C’est aussi le nom évoqué par un agent de la mairie, qui accepte de témoigner sous couvert d’anonymat :
« C’est par lui que tout passe. C’est lui qui décide des créneaux d’entraînements, des subventions, du matériel à mettre à disposition des clubs ou non. »
Au-delà de ce cas personnel, il ajoute des explications sur le contexte général dans l’administration :
« Certains hauts fonctionnaires n’aiment pas la Concordia. Le club suscite beaucoup de jalousie de par ses bons résultats. Depuis des années, certains rêvent d’un essor du Sporting mais ça n’arrive pas malgré de grosses subventions. Donc ils craignent que la gym fasse de l’ombre au foot. Elric Ferandel ne s’est pas fait que des amis avec sa liste citoyenne en 2014 et en étant prêt à faire campagne pour En Marche en 2018 (avant de se retrouver sur la liste de Christian Ball pour « Les Républicains » ndlr). C’est un électron libre qui vient bousculer le vieux schéma politique et ça ne plait pas. Surtout qu’il a de l’influence sur plus de 1 000 licenciés. Finalement, je pense que Jean-Marie Kutner n’a pas eu beaucoup d’influence sur la Concordia. Ceux qui font réellement la pluie et le beau temps, ce sont certains hauts fonctionnaires très influents en place depuis des années. »
D’après cet employé, Stéphane Laas fait partie de ces fonctionnaires proches du Sporting. Contacté, Stéphane Laas balaie ces accusations et assure ne jamais avoir géré le dossier Concordia. De son côté, l’adjoint aux sports Vincent Kayser ajoute que « de telles pratiques n’existent pas à Schiltigheim. »
La faute aux rythmes scolaires
Les problèmes ont trouvé leurs origines en 2014, lorsque les écoles primaires schilikoises passent à la semaine des quatre jours et demi. Les enfants ont donc cours le mercredi matin. Or c’est justement à ce moment de la semaine que l’autre club de gym, l’AUS, dispose de créneaux d’entraînements dans les salles du gymnase Leclerc. D’après l’ancien chef du service des sports, Gilles Occansey, la Ville a opéré un rééquilibrage :
« Les créneaux de l’AUS du mercredi matin étaient de moins en moins fréquentés comme les enfants étaient à l’école. On lui a donné d’autres créneaux qui, forcément, empiétaient sur ceux de la Concordia. »
Une information confirmée par le président de la Concordia Elric Ferandel. Mais pour lui, le changement des rythmes scolaires n’était qu’un prétexte pour déplumer son club :
« Il était normal de partager avec l’AUS mais le nombre de créneaux qu’ils ont récupéré était disproportionné ! Cela nous a fait perdre des centaines de licenciés alors que, dans le même temps, l’AUS en a gagné ! Le pire c’est que, depuis qu’on est repassé à la semaine de quatre jours en 2018, il n’y a pas eu de retour aux créneaux d’avant 2014. »
D’après Elric Ferandel, son club a perdu exactement 386 membres en 2014, passant de 1 162 à 776. Pourtant, la présidente de l’AUS Nicole Ehrler nie avoir récupéré des créneaux suite au changement des rythmes scolaires. Selon elle, son club a même perdu des licenciés à partir de cette année-là ! Mais ni la ville, ni l’AUS n’ont pu nous transmettre l’évolution précise des créneaux d’entraînements et du nombre de licenciés du club.
Le seul document sur lequel il est possible de s’appuyer est le planning des créneaux d’entraînements de 2017, encore valable aujourd’hui.
Bleu : Concordia – Jaune : AUS – Vert : partage Concordia/école – Orange : partage AUS/écoles – Gris : Concordia si pas d’écoles (source : ville de Schiltigheim)
Pas de changement malgré la nouvelle municipalité en 2018
En 2017, après trois ans de tensions entre la Concordia et l’AUS. l’ancien maire Jean-Marie Kutner réunit des éducateurs des deux clubs pour essayer de trouver une solution :
« Voyant que les deux présidents étaient incapables de s’entendre, j’ai pensé que c’était la meilleure solution. Les éducateurs se sont mis d’accord, sauf sur le samedi. J’ai été obligé d’enclencher un chronomètre et de les menacer de ne rien avoir du tout s’ils ne trouvaient pas de compromis. »
Claudine Prime, éducatrice à l’AUS, confirme cette version des faits mais pour Delphine David, éducatrice à la Concordia, les choses ne se sont pas tout à fait passées comme ça :
« Il n’y a pas du tout eu d’accord avec l’AUS, ces créneaux nous ont été imposés. En 2017, nous avons encore perdu du temps d’entrainement les samedis et nous n’avons rien récupéré les mercredis. Pourquoi aurions-nous accepté une telle situation à part sous la menace de ne rien avoir du tout ? »
D’ailleurs, depuis 2017, la Concordia refuse de signer la convention de salle qui organise la répartition des créneaux d’entraînements. Un manque à gagner pour le club, puisque Danielle Dambach, élue maire en 2018, promet 15 000 euros de subvention aux équipes de haut niveau de la Concordia si elle accepte les créneaux établis en 2017. Une somme déjà promise par Jean-Marie Kutner en juin 2017 mais l’ancien maire assure ne pas avoir pas eu le temps de la faire voter après la démission de plus d’un tiers du conseil municipal début 2018.
Quelques mois après sa prise de fonction, Danielle Dambach propose une médiation pour sortir de la crise. Le président de la Concordia Elric Ferandel refuse cette offre telle que présentée :
« Nous sommes ouverts pour une médiation mais avec la Ville et pas avec l’AUS. La Ville est venue mettre le bazar en 2014 et maintenant elle demande aux deux clubs de se mettre d’accord. Ça n’a pas de sens ! »
La situation est donc au point mort et on voit difficilement comment les choses pourraient évoluer avant les élections municipales de 2020. Une chose est sûre : Elric Ferandel ne se représentera pas.
« Arrêtez de niquer nos mers » pouvait-on lire sur certaines pancartes. Cette grève des lycéens pour le climat n’est pas sans rappeler à Piet une mémorable engueulade avec ses parents, quand il avait envisagé de bloquer son lycée en 2008. Aujourd’hui encore, on devine à qui va sa sympathie.
À 25 ans, Kamisa Negra a sorti en février son premier single, Démons. Animatrice périscolaire originaire du Neuhof, elle a été révélée à un plus large public avec sa reprise de DKR du rappeur Booba en 2017 et a été finaliste de l’émission la Nouvelle Star sur M6 la même année. La chanteuse espère désormais dépasser les frontières de l’Alsace et signer avec une maison de disques. Plongée dans l’univers sombre de cette chanteuse à la voix lumineuse.
Mettons tout de suite les choses au point : Kamisa Negra se prononce « Kamissa ». Et gare à ceux qui oseraient dire « Kamiza » : ils risqueraient de se piquer à cette chanteuse strasbourgeoise de 25 ans dont le premier titre, Démons, est sorti le 8 février. Pour la jeune femme originaire du quartier du Neuhof, se livrer en interview n’est pas un exercice évident. « Quand tu es artiste, tu as déjà tout expliqué dans la chanson », pose-t-elle timidement.
Pourtant, ses démons, Kamisa Negra, sait les faire parler. Son titre de 3 minutes 38 est sombre, introspectif et sonne comme une déclaration de guerre, une mise en garde qui balance entre « ego trip » (terme anglais pour désigner les textes qui flattent l’ego) et punchlines féministes. Le message est clair : la Strasbourgeoise débarque dans le « game » de la musique, cette compétition entre artistes dont le but est d’être le meilleur.
D’ailleurs, la jeune femme le chante : « J’ouvre la porte sans les clés, (…) j’ai des comptes à régler », « j’ai le talent tu peux pas l’ôter », « j’suis la nouvelle re-sta (star, en verlan) ». « Ce qu’on essaie d’amener avec mon équipe, c’est l’image d’une femme qui aime poser sa voix sur le son comme un homme », explique Kamisa Negra, pour qui Démons a aussi le goût de la rébellion. Et le créneau est là : à l’instar de la nouvelle génération d’artistes telles que Aya Nakamura (l’interprète du tube Djadja), de Marwa Loud (originaire de Strasbourg) ou de la rappeuse Chilla qui connaissent un succès au niveau national, Kamisa Negra maîtrise son image à travers ses clips, joue de l’image de la femme forte qui, comme les hommes, réclame le succès et la réussite.
Démons, premier clip et premier tube, pour la chanteuse strasbourgeoise (vidéo YouTube)
Booba, « Nouvelle Star » et Instagram
Elle se fait connaître en2016 sur YouTube avec ses cover (reprises), sept au total, de chansons d’Amy Winehouse, Justin Bieber ou Rihanna dont certaines ont été adaptées en français. Chaque titre s’accompagne d’un clip vidéo scénarisé et abouti, réalisé par l’association Les Vieux Arts, basée à Vendenheim. L’une des plus surprenantes adaptation est une reprise d’un titre du rappeur marseillais Jul, que Kamisa Negra s’est complètement appropriée dans une réorchestration aux accents reggae (il suffit d’écouter l’original pour s’en rendre compte).
Mais c’est avec sa cover en mode piano-voix de DKR de Booba, qui cumule plus de deux millions de vues sur YouTube, que le tournant va s’opérer. Le rappeur valide la reprise en la partageant sur son propre compte Instagram en janvier 2017. Une reconnaissance pour Kamisa Negra qui lui permettra de se faire connaître par un public plus large et de se faire repérer par la production de l’émission « La Nouvelle Star » sur M6, il y a deux ans. Elle ira jusqu’en finale du programme et garde de ce passage en télé un « super souvenir ». L’Alsacienne nuance toutefois, évoquant l’importance des réseaux sociaux :
« Selon moi, internet est un accélérateur de carrière, plus que la télé. On s’aperçoit aujourd’hui que c’est la musique en streaming qui domine le marché. Dès qu’il se passe quelque chose aujourd’hui, ça se retrouve sur les réseaux sociaux. Tout ça, à la vitesse de l’éclair. »
Noirceur sur ses habits plutôt que dans son coeur
Sur son propre compte Instagram, où elle cumule plus de 10 000 abonnés, elle affiche un look et des coupes de cheveux à l’image de sa personnalité : toujours en mouvement. Une constante tout de même : ses lentilles de couleur pour les yeux, derrière lesquelles elle se retranche parfois. « Un bel accessoire », sourit-elle. Avant d’opter pour son actuel nom de scène, Kamisa Negra, Camille Paulo de son vrai nom, s’est d’abord appelée Camille Milca, comme le chocolat, « mais sans le k ». Puis Cam, « juste Cam, genre la came du coin, la came du son, celle que tu prends sans modération mais qui ne te flingue pas l’esprit », décrypte-t-elle. Puis est venu Kamisa Negra, inspiré de l’énorme tube mondial de l’été 2004 Camisa Negra (la chemise noire, ndlr), du Colombien Juanes :
« À la base, j’ai plusieurs personnalités. Mais quand j’ai entendu cette chanson je me suis dit « ah ouais ça le fait ! Avec un ‘k’ c’est mieux ! » Et puis « negra » c’est noir, « camisa » c’est la chemise, je m’habille souvent en noir, c’est la meilleure couleur pour moi, parce-que dans le noir y’a de l’espoir ! Et puis dans cette chanson, Juanes raconte qu’il préfère porter la noirceur sur ses habits plutôt que dans son coeur. C’est exactement moi. »
Dans la vie, Kamisa Negra est aussi animatrice périscolaire dans une école strasbourgeoise, où les parents d’élèves la reconnaissent parfois. Elle aimerait se fixer afin de pouvoir définitivement se consacrer à la musique et être en contact avec une maison de disques.
« Tous mes tatouages correspondent à des moments particuliers de ma vie » (Photo Doc Haze)
L’œil du tigre
Avec son équipe – exclusivement masculine – Kamisa Negra évolue au sein du label strasbourgeois Remade Music, structuré autour d’elle et de son projet. Elle parle de ses producteurs, co-auteurs et compositeurs, comme des « pointures », qui sont avant tout ses amis :
« On travaille ensemble depuis quatre ans, mais ce sont des connaissances de longue date. Ils ont eu un coup de coeur musical pour moi et moi pour eux. Il n’y a personne d’autre qui pourrait mieux écrire ou composer pour moi. Et j’ai toujours le dernier mot sur tout ce qui me concerne. La transparence est totale. »
Quand elle parle, comme lorsqu’elle chante, c’est son grain de voix cassé qui accroche l’oreille. « J’aime bien boire, j’aime bien fumer », confesse-t-elle dans un sourire pour évoquer sa voix de ténor. Parmi ses « 15 ou 18 tatouages », qui recouvrent son corps, son préféré, le tigre gravé sur son cou, raconte l’histoire d’une revanche :
« J’avais des nodules dans la gorge. Le jour de l’opération, avant même que je ne signe la décharge, l’ORL m’ausculte et me dit que le nodule qui était assez important et qui posait problème n’est plus là. Au moment où il me l’annonce, il y avait dans son bureau un petit poste radio qui passait la chanson Eye of the Tiger de Survivor. Et depuis ce jour-là, je me suis dit « ok, j’ai passé une étape ». Et franchement, j’ai vu ma vie défiler devant mes yeux. Ce tigre là, c’est une revanche, même avec ma voix cassée, même avec ces histoires de nodules, je ne m’avoue pas vaincue. Ça rejoint un peu l’esprit de Démons. »
« Le Neuhof c’est mon berceau ». (Photo Vincent Oliveira)
« La richesse qu’il y a dans mes chansons est la même que celle de mon quartier »
Née en 1993 d’un père congolais et d’une mère alsacienne, la jeune femme commence à chanter dès l’âge de 4 ans. Biberonnée à la rumba congolaise, la soul ou du gospel, elle grandit au Neuhof dans une famille de huit enfants dont un seul ne chante pas. « Si tu vas au Neuhof, tu demandes “la famille qui chante”, les gens vont t’indiquer le chemin, » s’amuse-t-elle à raconter. À 10 ans, elle intègre l’association de chant des Gospel Kids avant de tenter le télé-crochet X-Factor en 2011 avec le groupe strasbourgeois les Five Sisters.
Le groupe ne gagnera pas la compétition mais c’est après cette aventure que Kamisa Negra décide de se lancer en solo. « Tout le monde a fait du gospel dans ma famille. C’était ça notre jeunesse. On traînait pas dans le quartier. L’été c’était soit colonies de vacances, soit gospel, » se souvient-elle.
En octobre 2017, elle s’est produite à l’Espace Django, au Neuhof, où elle vit toujours. « C’était important et symbolique pour moi de jouer à domicile », se souvient-elle, pleine d’émotion. D’ailleurs, à l’écouter parler, le Neuhof et la musique semblent indissociables :
« Quand j’étais petite, il y avait un DJ qui scratchait en bas de chez moi, il passait du rap américain. J’aime le Neuhof pour ça. Il y a aussi la musique manouche, que j’apprécie beaucoup. La richesse qu’il y a dans mes chansons, c’est comme ce que tu peux trouver dans mon quartier. »
Alors que l’entretien est sur le point de s’achever, Kamisa Negra confie ne pas être pressée de fêter ses 26 ans, en avril. « Je profite encore de mes 25 ans », se marre-t-elle, avant de se rassurer: « non, je fais genre, mais 26 ans ça va être bien. » Un autre démon à exorciser ?
Journaliste indépendante et professeur d’éducation aux médias. Sujets société, inégalités, éducation, police-justice. J’aime aussi écrire sur le rap et la culture hip hop de Strasbourg et d’ailleurs.
Les petits panneaux « tourne à droite » cyclistes semblent être la cible d’une vague de vols…
La question a été posée sur le forum « Strasbourg » de Reddit (une sorte de forum de discussion mondial) : « Pourquoi depuis quelques semaines tous les panneaux pour vélos “tourne à droite” aux feux disparaissent-ils ? » L’utilisateur, dont le pseudo est « TheBrainItAches », s’étonne que sur de nombreux carrefours qu’il emprunte à vélo, les petits panneaux triangulaires Ces panneaux matérialisent une disposition du Code de la route, officiellement appelée « cédez-le-passage cycliste au feu » et qui autorise les cyclistes à tourner à droite ou à franchir le carrefour, même lorsque le feu est rouge.
Le petit panneau indique aux cyclistes qu’ils peuvent tourner à droite au rouge (doc remis)
La mesure a été expérimentée avec succès à Strasbourg puis incluse dans le Code la route en janvier 2012. Constatant la disparition de ces panneaux, « TheBrainItAches » craignait que la Ville de Strasbourg ait choisi de renoncer à accorder cet avantage aux cyclistes. Mais il n’en est rien, les panonceaux disparaissent parce qu’ils sont victimes de vandalisme, comme l’explique Jean-Baptiste Gernet (La Coopérative – Génération.s), adjoint au maire de Strasbourg en charge des mobilités :
« Nous avons constaté que ces panneaux étaient la cible de vols, il doit y avoir des gens que ça énerve ou qui les collectionnent… Quoiqu’il en soit, il a fallu en remplacer 102 en 2018, pour un coût de 5 110€. Il n’y a aucune volonté de réduire les possibilités offertes par cette disposition du Code de la route, bien au contraire, nous les installons systématiquement, c’est à dire à chaque fois que les conditions de sécurité le permettent. »
Sur de nombreux pylônes, il ne reste plus que l’attache… (doc remis)
Art’Ung revient avec une deuxième soirée au Stride Park de Cronenbourg, toute la nuit du samedi 23 mars. Voici de quoi tenter de gagner des places pour cette soirée qui s’annonce assez intense…
La soirée Art’ung x Traum Factory aura lieu samedi 23 mars de 22h à 6h au Stride Park à Cronenbourg. Le lieu est divisé en deux espaces : un hangar avec la piste et la scène sur laquelle les artistes mixeront et un espace extérieur, avec des foodtrucks, un stand de maquillage à paillettes et l’association des Pyrocircus qui réalisera un spectacle de jonglage.
La line up est constitué d’artistes strasbourgeois, parisiens et allemands :
The Techno Brothers / Techno DJ Set
Jeremie Bagatelle / Techno DJ Set
Schöppou / Techno DJ Set
Perneta / House Techno DJ Set
et Isotope / House Techno DJ Set
Le fil rouge de cette soirée est le thème du rêve. Ainsi, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur, il y aura une décoration, réalisée en collaboration avec des artistes strasbourgeois, rappelant ce thème pour une immersion aussi bien visuelle que sonore.
Le concours
Y aller
Art’Ung x Traut Factory, samedi 23 mars de 22h à 6h au Stride Park, 8 Chemin Haut à Strasbourg – Cronenbourg. L’événement sur Facebook. 9€ en prévente, 10€ en caisse du soir.
La rédaction de Rue89 Strasbourg est composée de journalistes toutes et tous prêts à écouter les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois pour parler des sujets qui les intéressent. Notre existence et notre moral dépendent du nombre d’abonnements pris pour nous soutenir. 🙏⤵