L’électricité issue de la géothermie, très présente en Alsace, et le biométhane (gaz) devraient voir leurs aides baisser avec le projet de politique de programmation pluriannuelle de l’Énergie (PPE) du gouvernement. Les acteurs s’inquiètent, mais le député (MoDem) Sylvain Waserman justifie ces choix par de la bonne gestion et la maturation de ces énergies renouvelables.
Des défenseurs de deux énergies renouvelables présentes en Alsace s’inquiètent de la politique de
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L’association Genau, avec à sa tête Philipp Pollaert, lance mercredi soir les bases de son nouveau festival, le Grenzenlos – European Music Exchange. Avec une première soirée à l’espace Django, les Allemands de Karl Hector & the Malcouns rencontreront les Français d’Albinoid Sound System pour un concert commun.
Il est une figure de la vie musicale strasbourgeoise. Connu sous de multiples noms (Phil, Phil Mudd, Mister Pilou, Mister P…), Philipp Pollaert n’a eu de cesse de multiplier activités et initiatives autour de sa passion, la musique, depuis son arrivée à Strasbourg en 1995. DJ, organisation de soirées, booking, la ville lui doit surtout l’un de ses meilleurs clubs, dont la fermeture récente n’a toujours pas été digérée par bon nombre de fêtards et musiciens : le Mudd. Ce café-concert de la rue de l’Arc-en-ciel avait pour ambition (atteinte) de s’inspirer de l’exemple allemand pour créer un lieu alternatif parfait à l’accueil d’artistes de tous horizons.
Construire un projet musical commun
Cette inspiration allemande, Philipp Pollaert la tient de ses origines. Aujourd’hui à la tête de l’association Genau, il n’a rien perdu de son envie de mêler passion et échanges et se lance dans l’organisation d’un festival, le Grenzenlos – European Music Exchange. Pour cette première année, il s’agit de construire un lien culturel transfrontalier franco-allemand, en faisant se rencontrer des groupes des deux côtés du Rhin, et en les faisant travailler sur un projet commun.
Karl Hector & The Malcouns côté Allemagne, Albinoid Sound System côté France, vont ainsi travailler ensemble les 18 et 19 mars, à l’espace Django, à la définition et à l’élaboration d’un projet musical partagé.
Mercredi 20 mars, à partir de 20h, les deux groupes se produiront sur scène pour présenter les fruits de leur travail. Concerts respectifs et concert croisé, on pourra ainsi découvrir un peu mieux le groupe allemand, mené par le prolifique Jan Weissenfeldt. À la fois producteur, guitariste et leader de Funk The Poets Of Rhythm, il mêle krautrock et afro-beat au sein de son projet Karl Hector & The Malcouns.
Et qui de mieux placé de notre côté pour jouer sur le terrain de l’afro-beat que le groupe Albinoid Sound System ? Valeur solide de la scène strasbourgeoise, ce trio composé d’Adam Lanfrey, Leopard Davinci et Nocto, en a déjà fait danser plus d’un avec ses synthés, percus et cuivres enivrants. De quoi rendre impatient de découvrir le résultat de la fusion franco-allemande de ces deux groupes.
Un festival original
Mais attention, cette rencontre ne sera que la première d’une longue liste d’évènements prévus pour tisser ce réseau transfrontalier. En effet, la fête de la musique présage d’une nouvelle rencontre, qui semble se dessiner avec Stuttgart, autour de groupes hip-hop et jazz (on vous laisse deviner le groupe alsacien potentiel). En octobre est également déjà prévu un échange avec Leipzig, et la participation de T/O à La Maison Bleue, avant une rencontre / workshop / marsterclass en partenariat avec la Longevity Music School en fin d’année.
Loin des schémas habituels, le festival Grenzenlos choisit de s’étaler sur plusieurs temps forts, sans limite de style musical, avec pour seul mot d’ordre la mise en avant de ces échanges culturels et de la richesse qui en découlera. Une noble et belle ambition qu’à terme, Philipp Pollaert espère voir encore grandir : matchs retours dans les villes d’origine des groupes allemands, dates communes dans tout l’espace du Rhin supérieur…
Une bien belle manière de donner une réalité à l’amitié franco-allemande et à l’espace rhénan.
Le vendredi de mobilisation des lycéens de nombreux pays a été très suivi à Strasbourg. Ces jeunes manifestants demandent des actions aux dirigeants afin d’endiguer le réchauffement climatique
Cela fait bien longtemps qu’il n’y avait pas eu autant de jeunes manifestants dans les rues de Strasbourg. Ce vendredi 15 mars, environ 5 000 lycéens et collégiens sont partis de la place Kléber vers le Parlement européen dans le cadre d’une « grève mondiale » pour le Climat suivie par la jeunesse dans plus de 2 000 villes au monde.
La place Kléber était bien garnie (photo Abdesslam Mirdass)
Plus que le nombre, c’est surtout l’énergie, le timbre aigu des voix, la participation massive aux chants pendant une vingtaine de minutes par les participants, le renouvellement des messages qui changeaient des habitudes strasbourgeoises. Certes, l’opportunité de rater quelques cours a peut-être fini d’en convaincre certains, mais beaucoup arboraient des pancartes préparées à l’avance, le plus souvent sur des cartons.
(photo Abdesslam Mirdass)
(photo Abdesslam Mirdass)
Sur les pancartes, les manifestants ont aussi su renouveler le genre :
« On ne nique pas sa mer / Phoque le réchauffement climatique / en 2019 ; le Titanic n’aurait pas coulé / Faire pipi sous la douche ne suffit plus / 3° je les préfère dans ma bière. »
Elles faisaient écho aux slogans entonnés à tue-tête « Et 1 et 2 et 3 degrés, c’est un crime contre l’humanité / On est plus chaud que le climat / Tous concernés, il n’y a pas de planète B. »
(photo Abdesslam Mirdass)
(Photo Abdesslam Mirdass)
Les revendications de ces futurs électeurs restent de l’ordre général, mais elles visent à des actions rapides de la part des dirigeants, notamment les chefs d’États, et aux entreprises, là où ces derniers renvoient souvent à des plans d’actions à très long terme (jusqu’à 2050 !).
Quelques non-lycéens se sont ajoutés au cortège (Photo Abdesslam Mirdass)
Quelques non-lycéens se sont ajoutés au cortège (Photo Abdesslam Mirdass)
Quelles suites ?
Dans les lycées, il n’y a pas eu de débats dans tous les établissements strasbourgeois comme le souhaitait le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, mais si des discussions ont été menées « en amont ou par la suite », précise le Rectorat, qui renvoie à des actions qu’elle a « tout au long de l’année ». Le taux d’absentéisme dans les établissements n’était pas connu en fin d’après-midi.
Avec cette large mobilisation, le mouvement lycéen pose la question de sa suite et des réponses à y adresser. Samedi ce seront sûrement d’autres générations qui se mobiliseront, avec la cinquième Marche pour le Climat, à Strasbourg et dans le reste de la France. Les organisateurs strasbourgeois ont en tout cas déjà annoncé vouloir réitérer la manifestation vendredi 22 mars.
L’arrivée au Parlement européen (photo Abdesslam Mirdass)
Trois élus à la Ville et à l’Eurométropole sont venus détailler le plan de renouvellement urbain de Hautepierre qu’ils soumettront à l’État le 28 mars. Au-delà des réponses aux inquiétudes et critiques des habitants, ils en ont profité pour rappeler le différend qui pèse entre les élus locaux et le gouvernement sur le financement des travaux.
La salle de sport de la Maison de l’enfance de Hautepierre était pleine le 12 mars au soir. La ville avait déjà fait part en 2017 de son intention de détruire des immeubles, sans donner d’adresses précises. Cela avait suscité l’interrogation d’habitants des mailles Éléonore et Brigitte. Beaucoup attendaient ce soir des réponses. Elles sont venues du président du bailleur social Cus Habitat Philippe Bies, du vice-président de l’Eurométropole en charge de la rénovation urbaine Mathieu Cahn et l’adjoint de quartier Serge Oehler (tous trois sont membres du PS), ainsi que de la directrice du projet Aurore Belouet et de la sous-préfète Nadia Idiri. Ils le défendront le 28 mars pour l’Eurométropole devant l’Agence nationale de renouvellement urbain (Anru).
Beaucoup de monde pour cette réunion. (Photo Pierre Pauma)
14 immeubles détruits d’ici 2029…
Ce nouveau plan de renouvellement urbain (les amateurs d’acronymes retiendront ANRU 2 ou NPNRU) ambitionne d’amener de la mixité à Hautepierre. Le but : remplacer des logements sociaux par du locatif privé et des logements accessibles à la propriété. Mathieu Cahn espère rendre possible des « parcours de logement ». L’idée est de permettre aux habitants en mesure de sortir des logements sociaux de rester à Hautepierre.
Doivent s’ajouter des bureaux, des commerces, des équipements sportifs, une maison de santé, des logements sociaux adaptés à un public senior et un « hospitel », une solution d’hébergement privée réservée aux patients de l’hôpital de Hautepierre en chirurgie ambulatoire (comme au centre-ville) près de l’entrée autoroutière sud-est reconfigurée. Sans oublier un parcours piéton qui traversera les mailles Brigitte et Éléonore, ponctué d’espaces verts, d’aires de jeux et d’un parcours sportif. De quoi faire de Hautepierre, selon l’expression consacrée, « un quartier comme un autre« .
Le plan prévoit de détruire 304 logements sociaux et d’en construire 165 (en plus du parc privé qui va s’agrandir). 663 seront réhabilités. Les démolitions s’étaleront sur 10 ans, en incluant les phases de relogement pour les habitants concernés. Les bâtiments suivants seront proposés à la démolition par l’Eurométropole : 11, 18, 49 Boulevard La Fontaine (2019-2023), 24 et 25 Place Erasme (2021-2025), 36 et 39 boulevard Victor Hugo (2024-2029), et les 38, 39, 40, 41, 42, 43, 46 Boulevard de La Fontaine (2023-2029).
Les bâtiments qui devraient être détruits (Pierre Pauma, avec macarte.ign.fr)
… Peut-être plus ?
Entamée en 2015, la concertation avec les habitants a pris la forme de réunions, de porte-à-porte, de déambulations collectives dans le quartier… Las, des habitantes du quartier sont passées entre les mailles du filet. La rumeur gagne la salle au fur et à mesure que l’on détaille les immeubles voués à la destruction. Certaines s’indignent de ne l’apprendre que ce soir. C’est le moment pour Philippe Bies de temporiser :
« Évidemment que personne n’est d’accord pour voir son immeuble détruit, d’autant plus qu’il y a un lien affectif dans le quartier. Il y aura un accompagnement du bailleur pour trouver une nouvelle solution de logement, à Hautepierre ou ailleurs. Et la possibilité de refuser des propositions. »
Serge Oehler pour sa part, assure que l’Eurométropole assure privilégier les réhabilitations, mais rappelle que le projet n’est pas encore arrêté, et qu’il doit être validé par l’Anru :
« On essaie de limiter les démolitions au maximum. Mais peut-être que l’ANRU souhaitera que nous démolissions davantage. »
Amiante : sauver les murs
Démolition ou pas, le NPNRU inclura de nouveau des opérations de désamiantage. Dans nos colonnes, Geneviève Manka de la Confédération Nationale du Logement 67 (CNL) s’était émue de la pose de polystyrène thermique par-dessus des plaques d’amiante, notamment dans la maille Karine. Réponse de Philippe Bies :
« C’est un sujet anxiogène, donc c’est important de donner les bonnes infos. En l’occurrence c’est faux. Aucune tuile d’amiante n’est restée en façade sur la maille Karine. Tout sera désamianté sur la maille Éléonore. Et si on trouve de l’amiante, on adaptera les travaux. »
En façade donc, plus rien. Mais dans les faux plafonds, les murs, les toits ? Et comment « adapte-t-on les travaux » ?
Réponses de Jean-Bernard Dambier, directeur général de CUS Habitat et de Julien Mattei, directeur du Pôle Patrimoine et Développement. Les diagnostics amiantes et le désamiantage font l’objet d’un suivi scrupuleux des normes en vigueur. Mais reste-t-il de l’amiante, en dehors de façades ?
« On parle d’un matériau dont la poussière est très volatile. Donc quand il y a aussi de l’amiante à l’intérieur, cela peut empêcher de réaliser tous les travaux. »
Il est important de donner les bonnes informations.
Des parkings uniquement pour les habitants ?
Avec 0.8 place de parking par logement, les emplacements sont aujourd’hui rares dans les maille Éléonore et Brigitte. Surtout quand de nombreux foyers sont contraints de garder deux véhicules pour aller travailler. Certaines places sont bloquées par des voitures « ventouses » qui ne se déplacent jamais. S’ajoute au tableau le public de l’hôpital, parfois tenté d’éviter le parking payant d’Indigo. Dans ces conditions, pas d’autre choix que le stationnement illégal, estime cette habitante de la place Pétrarque.
« On avait un parking près de la sortie de l’autoroute, maintenant il y a un bâtiment à la place. Je suis obligée de me garer sur la pelouse. Ce qui est bien sûr illégal, et pas concevable citoyennement (sic). »
Même problème pour une autre riveraine qui va régulièrement récupérer des amendes sur son pare-brise. À en croire une voisine de la maille Karine, les quelques places de parking payantes ne trouvent pas vraiment grâce aux yeux résidents :
« J’habite la partie rénovée, et je dois dire que ce n’est pas si mal [grand sourire des élus]. Mais il y 11 places à 12 euros par mois de parking, personne ne s’en sert car personne ne veut payer pour se garer. »
Serge Oehler est venu avec une nouvelle. Les parkings à l’intérieur des mailles devraient à l’avenir devenir réservés aux habitants au moyen de barrières. En revanche, l’augmentation des places n’est pas à l’ordre du jour. L’adjoint de quartier en profite pour faire la promotion des parkings-relais tram de la CTS, que les abonnés peuvent utiliser sans payer de majoration la nuit.
« Si je puis me permettre : avec un abonnement CTS, vous avez accès au parking des Ducs d’Alsace, qui est en plus protégé. »
Financement : où l’on reparle des APL
Pour CUS Habitat, les 100 millions d’euros investis à Hautepierre (sur 157,3 au total) représente un quart de son budget total pour la rénovation des huit quartiers de l’Eurométropole concernés par cette deuxième vague. Le projet prévoit également des clauses d’insertion dans les cahiers des charges soumis aux prestataires, afin d’offrir emploi et formation aux habitants de Hautepierre.
Pour financer la rénovation, l’Eurométropole a prévu de solliciter l’Anru à hauteur de 33,7 millions d’euros. Pour autant, Mathieu Cahn déplore une frilosité de l’État, qui a mené selon lui à un retardement du projet :
« Face aux problèmes de financement, il y a deux solutions. D’une part étaler les travaux, et d’autre part faire des choix politiques. Nous avons fait le choix de réclamer moins de financement sur les équipements publics comme les installations sportives, mais de nous concentrer davantage sur la réhabilitation des logements. »
Les locataires qui dénoncent depuis de nombreuses années les problèmes d’insalubrité, et la CNL qui déplore des malfaçons qu’il a constatées aux mailles Karine, Catherine et Jacqueline, s’en féliciteront.
Il y a eu un peu de politique hier soir. (Photo Pierre Pauma)
En président de CUS Habitat, mais aussi candidat à la mairie et opposant au gouvernement, Philippe Bies en profite pour rappeler déplorer les ponctions de l’État sur le budget du bailleur. D’une part, en raison de la baisse des APL, et d’autre part en raison de la contribution demandée pour doubler le budget de l’Anru. Financé jusque-là par le « 1% logement » versé par les entreprises, le budget pour l’Anru 2 devrait passer de 5 à 10 milliards en France, un souhait d’Emmanuel Macron. Ainsi, 2 milliards devaient être rajoutés par les entreprises, 2 autres par les bailleurs (comme CUS Habitat), et 1 milliard par l’État. Au niveau de CUS Habitat, cela a pesé pour 10 millions d’euros en 2018. Son président Philippe Bies, enfonce le clou :
« Dommage que Madame la sous-préfète soit partie. Mais quand elle annonçait que le budget de l’Anru est passé de 5 à 10 milliard, l’État a annoncé qu’il n’ajouterait que 1 milliard. Et ce milliard, on l’attend toujours. »
Du milliard promis, le gouvernement s’est pour l’instant engagé piour 200 millions (15 millions en 2018 et 185 millions en 2019). Si l’enveloppe promise n’est pas complétée l’année prochaine, nul doute que les élus PS se feront un plaisir de le rappeler aux élections municipales.
En réaction à l’enthousiasme quasi-unanime qui accompagne projet de loi sur la « collectivité européenne d’Alsace », la CGT Grand Est affiche son scepticisme sur ce Département un peu renforcé et le droit à la différenciation. Le comité régional du syndicat pointe « l’arnaque » d’un projet bien loin d’un « retour à l’Alsace ».
La Collectivité européenne d’Alsace (CEA) est-elle réellement une « renaissance de l’Alsace » comme le tweete Brigitte Klinkert (LR), la présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin. Une formule répétée à tue-t . . .
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Le Conseil d’État a validé la prolongation de « l’utilité publique » du Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg sans réaliser de nouvelle enquête publique, ce qui clôt quasi-définitivement le front des recours administratifs.
Si l’autoroute du Grand contournement ouest (GCO – voir tous nos articles) peut se construire, c’est car le projet repose sur une déclaration d’utilité publique (DUP), suite à une enquête publique menée en 2006. Ce décret ministériel publié le 24 janvier 2008 avait une validité de dix ans pour déclarer « utile et urgent les travaux » (sic). Pour obtenir une prolongation, il suffisait que le constructeur et exploitant Arcos (Vinci) le demande un an avant l’expiration, comme le stipulait le contrat de concession de janvier 2016. Le gouvernement s’était donc exécuté le 22 janvier 2018.
À cette date, il restait deux enquêtes publiques concernant les mesures de compensations pour la nature et l’eau, dont les avis ont été négatifs au début de l’été. Les travaux définitifs ont été enclenchés en septembre 2018.
Utile en 2008, mais en 2019 ?
C’est cette prolongation automatique, sans nouvelle enquête publique, qu’avait attaqué Alsace Nature et Kolbsheim. L’association et la commune soutenaient que le contexte, notamment environnemental, avait changé depuis 2008, ce qui à leurs yeux remet en cause « l’utilité publique » de cette rocade payante et donc les expropriations et dérogations à la protection des espèces qui l’accompagnent.
Ils pointent par ailleurs qu’entre temps, des études ont montré que le contournement aura un impact nul sur la pollution de l’air et limité (-9% environ) sur le trafic de l’A35 saturée aux heures de pointe, tout en amenant dans le Kochersberg un nouveau trafic (20 à 32 000 véhicules/jours), en particulier de poids-lourds du nord au sud de l’Europe, l’un des objectif principal du projet.
Peu de changements en 13 ans
Dans sa décision du 13 mars, le Conseil d’État a validé cette prolongation de huit ans. La plus haute juridiction française estime que le mode opératoire ne relève pas d’un « excès de pouvoir » du Premier Ministre.
Les juges appuient leur décision par le fait que la version définitive ne représente pas un changement notable ou de hausse des coûts démesurés par rapport à celui soumis aux citoyens en 2006. Le passage de 355 millions d’euros estimés en 2006 à 518 millions (hors taxes et frais financiers) en 2016 (+ 43 millions pour l’échangeur nord réalisé par la Sanef), se limite à « une évolution de 12% hors inflation ».
Par ailleurs, les différents changements sur le tracé, comme la transformation d’une 2×2 voies élargissable par l’intérieur en 2×2 voie « simple » (un éventuel élargissement par l’extérieur nécessiterait une nouvelle enquête publique, ce qui réduit de plusieurs centaines d’hectares l’impact de cette dernière version du GCO), le déplacement de l’aire d’autoroute, un pôle d’échange à hauteur de la barrière de péage ou l’agrandissement de l’échangeur nord dans la forêt du Grittwald, ne sont pas considérés comme « des modifications substantielles des caractéristiques du projet ».
Le tracé du GCO, de 24 kilomètres (carte Arcos)
Le rapporteur public suivi
Les juges ont cette fois-ci suivi l’avis extérieur du rapporteur public qui proposait de valider cette « prorogation » (en 2010, il proposait a contrario l’annulation du texte initial). Les mesures alternatives ne font cette fois pas l’objet d’un examen juridique, puisqu’il s’agit de la prolongation d’un acte validé par le passé.
« Déçu » mais pas surpris, l’avocat d’Alsace Nature, Me François Zind regrette que ses arguments sur le contexte n’aient pas étudiés juridiquement :
« On savait que la Chambre des travaux publics du Conseil d’État se concentre surtout sur la sécurité juridique d’un projet, plus que sur les impacts sur l’Environnement. Dans ses arguments, elle a pris en compte le changement d’infrastructures, mais pas le contexte général sanitaire et climatique autour du projet, malgré les alertes régulières et rapports récents sur la perte de biodiversité et la pollution de l’air. »
Les recours dans l’impasse
Avec cette décision, le front juridique se ferme quasi-définitivement pour les opposants. Alsace Nature et le collectif GCO Non-Merci ont certes plusieurs recours sur le fond en attente, mais ils seront soit examinés dans plusieurs mois et années, soit il s’agit soit d’opérations secondaires.
Sur le terrain, le travaux sont bien engagés. Plusieurs actions régulières d’opposants visent à ralentir les travaux, mais ne parviennent pas à les entraver sérieusement, sur fond de tensions avec les forces de l’ordre. La mise en service est prévue pour la mi-2021.
Vinci a confirmé avoir déposé une trentaine de plaintes contre des actions d’opposants. Par ailleurs, vendredi 15 mars, trois militants sont convoqués par la gendarmerie nationale pour « vol en réunion » après avoir décroché le portrait du président Macron en mairie pour lui « montrer » symboliquement les travaux, avant qu’il soit raccroché le lendemain.
L’intersyndicale CGT, FO, Solidaires, FSU, Unef, UNL appelle à une journée de mobilisation et de grève mardi 19 mars et espère une « amplification de la mobilisation sociale. » Une manifestation partira de la place Kléber à 14h.
Pas cantine et moins de transports en commun
En raison du mouvement de grève, toutes les cantines seront fermées dans les écoles de Strasbourg. Les accueils périscolaires maternels du matin et du soir seront assurés « dans la mesure du possible », indique la municipalité. La CTS a également indiqué que 2 lignes de bus et une de tramway ne circuleront pas (15a, 29 et ligne F) et que les fréquences seront diminuées sur la majorité des parcours. (Voir le détail des fréquences en bas d’article)
Une intersyndicale de huit organisations de salariés, d’enseignants et d’étudiants appelle à une journée de mobilisation nationale le mardi 19 mars. La précédente manifestation de ce type appelait à un début de convergence avec les Gilets jaunes. Après un demi-échec début février, le mot d’ordre est cette fois-ci un peu plus distant, mais reconnait que « le mouvement des gilets jaunes est l’expression récente de cette profonde crise sociale. » Et d’ajouter que « les annonces faites par le président de la République ou son gouvernement n’ont pas répondu aux attentes ». Peut-être, mais elles ont permis de réévaluer à la hausse de 0,3 points les prévisions de croissance de l’OCDE, soit 1,3% pour 2019 contre 1% sans, dans un contexte de recul général (1,5% en 2018) que l’on constate dans toute la zone euro.
Larges revendications
Parmi leurs griefs, les organisation pointent la loi dite « anti-casseurs », soit une atteinte au droit syndical et de manifester selon eux, l’inflation, et la fin de non-recevoir du chef de l’État sur la suppression de l’Impôt sur la Fortune. Pour les plus jeunes, elles reprochent également la hausse des frais d’inscription des étudiants étrangers à l’Université, la sélection des étudiants ainsi que la réforme du lycée et de la voie professionnelle.
Depuis le début du quinquennat, plusieurs organisations manifestent à rythme régulier contre la politique générale du gouvernement. Ici en novembre 2017. (photo PF / Rue89 Strasbourg)
Pêle-mêle, elles demandent « l’augmentation des salaires, des pensions [de retraite] et des minima sociaux, l’égalité femmes-hommes et un véritable droit à l’éducation et à la formation » et la fin du gel des prestations sociales.
À Strasbourg, la contestation se traduira notamment par une manifestation à 14h place Kléber. Les manifestants prévoient de marcher vers Homme de fer, puis d’emprunter la rue du Vieux-Marché-aux-Vins, la rue du Vingt-Deux Novembre, la rue des Francs-Bourgeois, la rue de la Division Leclerc, la rue de la Douane, le Pont du Corbeau, le Quai des Bateliers, le Quai des Pêcheurs, l’Avenue de la Marseillaise, la Place de la République, et enfin de regagner la Place Kléber en passant par la Place Broglie.
Le trajet
L’itinéraire déposé en préfecture par l’intersyndicale.
L’intersyndicale affirme son refus de voir le Grand Débat National « invisibiliser » ou remplacer les revendications sociales et syndicales.
Tramways :
Lignes A, B, C, D : un tram toutes les 7 minutes entre 7h et 20h et aux rythmes habituels en dehors (de 4h30 à 7h et de 20h à 0h30)
Ligne E : un tram toutes les 16 minutes environ.
Ligne F : Ne circule pas
Bus :
Environ la moitié des lignes de bus ne circuleront qu’entre 6h et 20h
Ligne G (BHNS) : un bus toutes les 8 à 10 minutes environ. L1 : un bus toutes les 10 à 15 minutes environ. L3 : un bus toutes les 10 à 15 minutes environ. L6 : un bus toutes les 10 à 15 minutes environ entre Pont Phario et Fort Desaix. La desserte Vendenheim Artisans et Hoenheim Gare est assurée toutes les 30 minutes environ. Ligne 2 : un bus toutes les 10 à 15 minutes environ. Ligne 4 : un bus toutes les 10 à 15 minutes environ entre les Halles et Capucins. La desserte de Wolfisheim Stade et Poteries est assurée toutes les 20 à 30 minutes environ. Ligne 10 : un bus toutes les 20 minutes environ (desserte uniquement dans le sens Gare Centrale –> Place de Pierre –> Brant –> Musée d’Art Moderne –> Gare centrale). Ligne 13 : un bus toutes les 20 minutes environ. Lignes 14 et 24 : un bus toutes les 12 à 15 minutes environ entre Ancienne Douane et Kibitzenau. La desserte de La Rochelle et Neuhof Stéphanie est assurée toutes les 25 à 30 minutes environ. Lignes 17 et 19 : un bus toutes les 25 minutes environ. Ligne 30 : un bus toutes les 30 minutes environ. Ligne 40 : un bus toutes les 40 minutes environ. Ligne 50 : un bus toutes les 30 minutes environ. Ligne 57 et 67 : un bus toutes les 15 minutes environ entre Kibitzenau et Illkirch Mairie. La desserte de Geispolsheim Ouest, Blaesheim Ouest et Plobsheim Est est assurée toutes les 45 minutes environ. Ligne 70 : un bus toutes les 30 minutes environ (La desserte du parc d’activités
d’Eckbolsheim n’est pas assurée).
Deux lignes ne circulent pas : 15a et 29
18 lignes fonctionnent normalement :
Les lignes et services sous-traités par la CTS à savoir les bus 12, 22, 27, 31, 41, 42, 43, 44, 60, 62, 63, 71, 72, 73, 74, 75, 76, 77, ainsi que les navettes Robertsau, Lingolsheim-Illkirch et les Taxibus circulent normalement selon les fréquences, horaires et amplitudes habituels.
Y aller
Manifestation de l’intersyndicale CGT, FO, Solidaires, FSU, UNEF, UNL, mardi 19 mars à partir de 14h, place Kléber à Strasbourg.
L’opération « Quartiers connectés » a été élue « meilleure initiative d’un média pour l’éducation à l’information » par le jury des Assises du journalisme.
Le jury des Assises internationales du journalisme, qui se déroulent à Tours du 13 au 15 mars, a décerné à l’unanimité à Rue89 Strasbourg le prix de « meilleure initiative d’un média pour l’éducation à l’information », pour notre opération Quartiers connectés. Nous en sommes profondément touchés et très très fiers. 🙂
Ce programme, mis en place au début de l’année 2017 grâce au Fonds de soutien aux médias de proximité du ministère de la Culture, vise à permettre aux habitants de trois quartiers populaires de Strasbourg d’être en mesure d’alerter les journalistes de Rue89 Strasbourg sur des dossiers qui les concernent. Plus facile à écrire qu’à faire en réalité car l’image des journalistes est particulièrement dégradée dans les quartiers populaires. Les journalistes ne sont souvent présents dans ces quartiers qu’accompagnés de policiers ou de pompiers et n’ont pas le temps de tisser des liens avec les habitants. Il en résulte une défiance et en conséquence, les problèmes et les sujets issus de ces quartiers ne sont pas transmis aux journalistes.
Pour tenter de contrer cette mécanique, la rédaction de Rue89 Strasbourg se transporte régulièrement à Hautepierre, à l’Elsau et autour de la Laiterie dans le quartier Gare pour rencontrer les habitants lors de conférences de rédaction publiques. Lors de ces rendez-vous, nous sommes d’abord à l’écoute de la parole des quartiers puis nous choisissons, avec les participants, quels sont les thèmes qui peuvent devenir des sujets d’articles. Ces articles sont ensuite traités par les journalistes comme les autres sujets de la rédaction et publiés sur Rue89 Strasbourg.
Reportage au sein des premières conférences de rédaction publiques… (vidéo Rue89 Strasbourg)
Conséquences : des sujets qui n’auraient jamais été traités par des journalistes professionnels font la Une d’un média local. Les habitants apprécient de voir enfin des journalistes s’intéresser à leurs enjeux, en dehors de tout cadre institutionnel. Des articles inédits, issus de témoignages concrets, émaillent les pages de Rue89 Strasbourg. En outre, les journalistes renouent avec une pratique de l’écoute et peuvent partager leur expérience et leurs difficultés avec les lecteurs. C’est infime, presque dérisoire, mais ça semble aller dans le bon sens.
Repenser les liens avec l’audience
La reconnaissance du jury des Assises pour cette opération nous encourage et nous en profitons pour remercier en cascade nos partenaires, grâce auxquels cette opération ne pourrait exister : le ministère de la Culture d’abord pour son soutien, les centre socio-culturels de Hautepierre et de l’Elsau qui accueillent généreusement nos réunions publiques et les établissements scolaires des quartiers concernés pour leur relais et leur participation.
Nous pensons fermement qu’un média local doit repenser et renforcer les liens avec son audience, en permettant aux lecteurs d’interpeller le plus directement possible les journalistes et en participant à la construction de l’information. Il peut s’agir d’envois de photos ou de documents, de compte-rendus de réunions ou de conseils d’administration ou même plus simplement d’une alerte sur une situation qui a changé, une personnalité à rencontrer ou un événement qui se déroule.
C’est notre objectif avec Quartiers connectés dans ces trois quartiers populaires. D’autres événements de Rue89 Strasbourg participent également à cet effort d’écoute et d’engagement de l’audience, comme les Apéros des possibles.
Pour toucher et mobiliser, l’ensemble de ces événements sont gratuits. Pour permettre à Rue89 Strasbourg de continuer et de grandir, nous avons besoin du soutien de nos lecteurs.
Géré par Emmaüs, un nouveau lieu pour les personnes peu à l’aise avec les technologies numériques ouvre dans l’ancienne mairie du quartier Gare.
C’est une salle rénovée qui a remplacé l’ancien accueil de la mairie du quartier Gare, rue Kageneck. Pour l’instant, seule une quarantaine de Strasbourgeois ont franchi la porte de ce nouvel espace. Mais dans les prochains mois, de plus en plus d’habitants perdus avec les ordinateurs et autres démarches en ligne devraient bien connaitre l’emplacement de ces murs jaunes et décrépis à l’extérieur.
Formations pour chômeurs
Depuis le 18 février, « Emmaüs connect » a ouvert à Strasbourg sa première antenne dans le Grand Est, sa 12ème en France (Lyon, Paris, Bordeaux, Marseille, Lille, etc). Pour le moment, quatre groupes d’une dizaine de demandeurs d’emploi ont pu bénéficier d’une formation de 32 heures (4h les lundis, mardis, jeudis et vendredis pendant deux semaines) avec deux accompagnants.
Le secrétaire d’État au numérique, mais aussi candidat à la mairie de Paris, Mounir Mahjoubi est venu inaugurer l’antenne strasbourgeoise d’Emmaüs Connect. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Deux formateurs, des salariés d’Emmaüs en insertion, assurent ces sessions, de niveau débutant (type contrôle de la souris et de l’ordinateur), intermédiaire (réaliser un CV) ou supérieur (navigation et outils pour la recherche d’emploi). « Il s’agit soit de personnes dont le besoin a été exprimé, soit dont ce besoin a été détecté », explique Karine Meininger, directrice des services aux demandeurs d’emploi à Pôle Emploi France. Ce dispositif fait suite à une expérimentation dans les Hauts-de-France, avec un fort taux de satisfaction chez les bénéficiaires. En une année, Emmaüs connect compte accueillir 370 chômeurs issus des 7 agences de Strasbourg, soit une trentaine de sessions par an.
Assistance aux personnes perdues
Mais ce n’est pas la seule vocation de l’espace installé dans l’ancienne mairie de quartier. À partir du mois de mai ou de juin, d’autres services aux habitants doivent être proposés. La structure prévoit notamment d’ouvrir des « permanences numériques », mais uniquement sur rendez-vous, par téléphone. Les amplitudes horaires de ce futur service ne sont pas encore connues.
À l’heure où de plus en plus de services publics nécessitent des inscriptions en ligne, comme les écoles et cantines à Strasbourg, les prestations sociales, le renouvellement de titres de séjour, les déclarations d’impôts, etc. l’idée est d’aider les personnes les moins à l’aise avec le numérique dans leurs démarches administratives. Et de manière générale se familiariser avec internet, où beaucoup de bon plans (promotion, trains moins chers) y sont réservés.
L’aide sera apportée par des bénévoles strasbourgeois, comme Quentin Muller, qui raconte son déclic :
« Une personne âgée m’a dit qu’elle était allée en mairie refaire sa carte d’identité avec tous les documents requis, mais qu’on lui a répondu de prendre rendez-vous par e-mail. Sa réaction a été de dire que l’ordinateur était “la machine du diable”. Le soir même, j’ai cherché via France bénévolat s’il y avait une association qui pouvait aider dans ces situations. »
Pour l’instant, une demi-douzaine de personnes se sont proposées.
Les lettres de l’ancienne mairie de quartier sous le regard d’une fresque de Dan23 représentant Malala (auquel un autre tag s’est ajouté) (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
« Le téléphone, la dernière adresse »
Thomas Lecourt, responsable des opérations à Strasbourg, a été recruté pour mener ce projet. Il insiste sur un autre aspect, les solutions prévues sur place pour les personnes à la rue :
« Des recharges téléphoniques à 5/6€ seront disponibles. Pour les plus fragiles, la téléphonie est l’un des postes de dépenses sur lesquels aucune aide n’est apportée, contrairement à l’alimentation ou l’hébergement. Or quand on est à la rue, la dernière adresse est parfois le téléphone. »
D’ici là, la salle méritera quelques aménagements, notamment des cloisons pour mieux séparer les espaces. Emmaüs ne va pas « chercher » les publics, ce seront plutôt les différentes administrations et partenaires qui les dirigeront vers ses services. La vocation des Emmaüs connect est aussi d’aller chez les personnes ou des tiers si besoin.
Le secrétaire d’État inaugure
En présence du candidat à la mairie de Paris secrétaire d’État au Numérique, Mounir Mahjoubi, ce nouveau lieu a été inauguré ce mercredi 13 mars. L’ancien président du Conseil national du numérique (CNNum) n’est pas venu faire d’annonces particulières, mais tient à ce que ces endroits se multiplient :
« Une des missions de l’État, c’est de ne laisser personne derrière. Une personne sur cinq ne sait pas se servir du numérique. L’objectif, c’est d’avoir des milliers de lieux comme celui-ci, avec des partenariats public-privé, notamment dans les quartiers populaires ou les territoires ruraux. Dans un premier temps, les grandes villes doivent être exemplaires, leur expertise doit rayonner. »
Ce n’est pas tout à fait l’approche de l’adjoint au maire en charge du quartier et du numérique, Paul Meyer (La Coopérative / Generation.s) qui pense « qu’il ne faut pas multiplier les lieux, mais les relais ». « Chaque professeur, chaque agent ou éducateur doit connaitre cette possibilité et qu’il y pense pour que les personnes qui en ont besoin puissent y être orientées. »
Des projets de futures activités
L’établissement strasbourgeois fonctionne grâce à une myriade de partenaires publics (Pôle Emploi, la Caf, la Ville de Strasbourg) et privés (Fondation SFR pour le matériel, des recharges téléphoniques à bas prix, la Fondation SNCF, la plateforme pédagogique Les Bons clics), aux côtés d’Emmaüs.
L’adjoint Paul Meyer espère développer d’autres activités et événements sur place, notamment « accompagner le rapport aux réseaux sociaux » des plus ou moins jeunes. Quelques crédits sont réservés si les projets en réflexion devaient se concrétiser. Le président et fondateur d’Emmaüs Connect, Jean Deydier, a de son côté assuré que Strasbourg était la « meilleure ouverture », grâce à un « accueil incroyable » des pouvoirs locaux.
Des enseignants du lycée international des Pontonniers, vitrine de l’académie de Strasbourg, mobilisent contre la réforme des lycées en dénonçant des suppressions d’heures et de filières. Une pétition est en ligne.
Des professeurs du lycée international des Pontonniers, opposés à la réforme des lycées prévue par le gouvernement, prévoient une action de sensibilisation, jeudi 14 mars de 12h à 14h. Les enseignants espèrent également alerter les parents sur la « situation très difficile dans laquelle se trouvera le lycée à la rentrée. »
Selon ces enseignants, la réforme aura pour conséquence une dégradation de l’accueil des élèves, avec des options qui auront disparu, une plus grande amplitude hebdomadaire obligatoire, les mercredis après-midi et samedis matin, des cours à 35 élèves dans toutes les matières, etc. Pour les professeurs mobilisés, la pédagogie différenciée, le soutien en demi-groupe et l’approfondissement en classe deviendront impossibles en septembre dans ce lycée d’excellence et vitrine de l’académie de Strasbourg.
Le lycée des Pontonniers (Photo 21708aud / FlickR / cc)
Pétition en ligne
Dans un texte-pétition publié sur Change.org, les enseignants ont listé l’ensemble des réductions budgétaires et des suppressions d’heures prévues par la réforme en l’appliquant à leur lycée. Enseignement des lettres, mathématiques, physique-chimie, langues, toutes les matières sont concernées et la filière Abibac (franco-allemande) serait menacée.
Trois grands événements militants, notamment à l’initiative de lycéens, pour demander plus d’actions pour limiter le changement climatique sont programmés à Strasbourg du vendredi 15 au dimanche 17 mars.
Après un mois de février marqué par des températures et un ensoleillement records, la mi-mars sera riche en marches et événements militants sur la question climatique, au risque de paraître redondants. Et d’ailleurs, la météo annonce un nouveau réchauffement des températures en fin de semaine, jusqu’à 20 degrés et sous le soleil le dimanche, ce qui facilite les mobilisations.
Des lycéens mobilisés vendredi
Vendredi 15 mars, sous le nom de « grève mondiale pour le climat », les lycéens appellent à ne pas aller en cours et réclamer des actions des gouvernements pour endiguer le changement climatique. Ils s’inspirent notamment des actions de la Suédoise Greta Thunberg, 16 ans, qui a raté des cours à partir d’août 2018 pour ce motif. Sur la forme, elle-même s’inspire des « Marches pour nos vies » (March for our lives) d’adolescents floridiens, contre les armes à feu suite à une nouvelle fusillade dans un lycée américain. La démarche de manquer des cours les jeudis ou vendredis a essaimé depuis dans plusieurs pays occidentaux, notamment en Belgique.
Les marches et autres événements pour le Climat se multiplient. (Photo Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg)
Pas de Greta Thunberg à Strasbourg
Contrairement à ce que nous indiquions dans une premier temps, la jeune activiste Greta Thunberg n’a pas été reçue par le Parlement européen mercredi 13 mars à l’occasion d’un débat sur le changement climatique. En dépit de l’invitation de trois groupes politiques (gauche unitaire, Verts, sociaux-démocrates), d’autres formations s’y sont opposés. Un petit rassemblement de jeunes en soutien se tenait néanmoins en début de matinée.
À Strasbourg, la journée d’action de vendredi débutera par un sitting sur le campus de l’Esplanade à 8h, puis un pique-nique à 12h place Kléber. Puis les élèves partiront en manifestation depuis la place Kléber à 13h, en direction des « instances européennes ». Les eurodéputés auront cependant peu l’occasion d’entendre les revendications de la jeunesse, puisqu’ils seront repartis depuis jeudi.
Samedi 16 mars, le collectif strasbourgeois « Il est encore temps » propose la cinquième Marche pour le Climat, un rituel quasi-mensuel partout en France depuis la démission de l’ancien ministre de l’Écologie, Nicolas Hulot, à la rentrée 2018. À Strasbourg, le départ est fixé à 14 heures devant la faculté de droit, sur le campus de l’Esplanade. Des Gilets jaunes alsaciens proposent de se joindre au cortège après leur traditionnelle assemblée populaire du samedi matin à 10h, place de la République
Et enfin dimanche 17 mars, un autre événement est annoncé, cette fois à l’initiative d’une lycéenne strasbourgeoise. La « Green walk » propose de marcher « dans la bonne humeur » et de nettoyer les rues de Strasbourg de ses déchets de 14h à 18h. Le départ est fixé place de la Gare, pour aller en direction des places de l’Homme de fer, Kléber, Broglie et de la République.
En prélude de ces moments de manifestation, le recours dit de « l’Affaire du siècle », une action collective portée par 4 ONG qui vise à assigner l’État français pour inaction sur la question climatique doit être déposé ce jeudi 14 mars. La pétition a recueilli plus de deux millions de signatures.
Y aller
« Grève mondiale pour le climat » des lycéens, vendredi 15 mars à partir de 8h, sitting sur le campus de l’Esplanade. Départ en manifestation à 13h place Kléber vers les institutions européennes de Strasbourg.
Marche pour le climat n°5, samedi 16 mars à 14h, place d’Athènes, face à la faculté de droit sur le campus de l’Esplanade, à Strasbourg. L’itinéraire prévu direction de la place de l’Étoile en passant par les quais, place du Corbeau, place Kléber, place Broglie et fin devant le tribunal de grande instance.
Green Walk, dimanche 17 mars à 14h, place de la Gare à Strasbourg.
La Ville de Strasbourg a choisi de limiter la dépose des touristes par les cars à deux endroits, place de l’Étoile et place de la République. Pour des guides-conférenciers, ce choix réduira les possibilités des touristes de flâner en ville et pourrait même les empêcher de se rendre dans le secteur pourtant particulièrement prisé de la Petite-France.
S’il est souhaitable de toujours vouloir améliorer le cadre de vie des habitants, voir le touriste comme un mouton, un porte-monnaie ambulant ou une gêne pour la ville n’est pas la bonne méthode. Le touriste est sans aucun doute l’un des vecteurs principaux de l’image de la ville, capitale européenne, classée patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco dans sa plus grande partie et « europtimiste » paraît-il…
Une décision de la Ville de Strasbourg vient de bousculer l’accueil des touristes. Les déposes-reprises pour les cars de tourisme ont été réduites subitement durant l’hiver de manière draconienne. Seules deux possibilités subsistent actuellement : la place de l’Étoile et la place de la République, au niveau du quai Sturm. Les dessertes proches de la Petite-France, place Henri Dunant et quai Saint-Nicolas, ont été supprimées. En remplacement, la Ville propose une desserte quai Marc Bloch, mais elle n’est accessible qu’aux cars de moins de 3,5 mètres de hauteur, ce qui en élimine la plupart.
Les visites touristiques de Strasbourg obéissent à un cadre strict… (doc remis)
Les professionnels du tourisme ont de quoi être inquiets
Les attractions majeures et incontournables de Strasbourg sont le quartier Cathédrale et la Petite-France. Jusqu’à présent et depuis toujours, l’itinéraire d’une visite guidée à pied se faisait des Ponts-Couverts à la Cathédrale. Un trajet linéaire et fluide des plus agréables et sans difficulté pour les touristes.
À l’issue de leur visite, les touristes pouvaient profiter de leur temps libre, ce qui n’était pas pour déplaire aux cafetiers, aux restaurateurs et aux commerçants du centre-ville. Ce temps est pourtant révolu. Cette organisation du tourisme local est ébranlée et remise en cause par cette surprenante décision.
Après l’étonnement et le sentiment d’abandon, c’est la consternation et l’inquiétude qui dominent chez la majorité des professionnels du tourisme. Nous nous interrogeons sur les motivations qui gouvernent une telle décision. S’agit-il d’une décision politique guidée par des stratégies électoralistes ? Cherche-t-on à fermer la ville aux touristes ? Pourquoi ? Comment une simple réglementation de voirie peut-elle remettre en cause toute l’activité touristique ?
Mettez-vous dans la peau d’un touriste pendant une visite guidée à Strasbourg. Faites le nouveau trajet imposé par cette nouvelle réglementation. (Les durées indiquées ci-après sont approximatives et peuvent s’allonger considérablement en fonction de l’âge et de la condition physique des visiteurs) :
de la place de la République à la place de la Cathédrale (40 min),
visite de la Cathédrale (minimum 40 min), souvent précédée d’un temps d’attente pour rentrer dans l’édifice (entre 10 et 30 min),
de la Cathédrale aux Ponts-couverts (40 min),
Arrêt aux toilettes publiques du barrage Vauban ou de la place Kléber (entre 10 et 30 min, ce qui est toujours très chronophage car les équipements sont très limités par rapport aux flux touristiques),
de la Petite-France à la place de l’Etoile (40 min).
Le tout au pas de course ! Que reste t-il sur un programme d’une demie journée ? Revenons à la raison, cet itinéraire à pied devient ubuesque. Vous garderez l’idée d’une course éreintante dans la ville et n’aurez plus vraiment le souvenir de ses beautés architecturales. Fatigué et frustré de n’avoir eu le temps de faire des emplettes, d’acheter des souvenirs, de profiter d’un moment contemplatif devant la Cathédrale. Quelle image garderez-vous de Strasbourg ? Une jolie ville certes, mais pas très accueillante ! Souhaiterez-vous revenir à Strasbourg ? Conseillerez-vous Strasbourg à vos amis ? Certainement pas, bien au contraire. La stratégie touristique d’une ville doit avoir une vision à long terme et garder à l’esprit que les visiteurs d’aujourd’hui peuvent en devenir les meilleurs ambassadeurs.
Les touristes ne sont pas des pions !
Alors que certains œuvrent tous les jours au rayonnement de la ville et à la qualité du tourisme à Strasbourg (et ce même au sein des services de l’Eurométropole), d’autres ne cessent de créer de nouveaux obstacles au bon déroulement de l’activité touristique. À chaque fois, les professionnels, en premier lieu les guides locaux, confrontés à la clientèle touristique quotidiennement, s’adaptent tant bien que mal à ces changements.
Mais cette fois-ci, la situation est différente, un point de non retour est atteint. La Petite-France est toujours incluse dans les programmes des opérateurs de voyage. Comment justifier qu’il ne sera plus possible de s’y rendre, faute de temps, sans aucune information préalable ? Personne n’en parle et pourtant les répercussions sur l’économie locale seront conséquentes. Mis devant le fait accompli, comment faire face ?
La saison touristique démarre dans quelques jours et nous sommes encore nombreux à réfléchir à des solutions, sans succès. Nos clients nous demandent des solutions urgentes, mais nous n’en n’avons pas puisqu’il n’en existe pas.
Une transition en douceur est encore possible !
Nous sommes bien évidemment sensibles aux questions de nuisances sonores ainsi qu’à l’impact environnemental lié au transport en autocar. Le bien-être des Strasbourgeois est aussi notre préoccupation car nous vivons aussi dans cette cité, qui plus qu’un lieu de vie est devenue notre métier par passion. Nous aimons Strasbourg ! Une transition en douceur est encore possible ! Un temps d’adaptation est vital pour notre activité. La question des bus électriques est tout à fait envisageable mais totalement utopique en si peu de temps.
Quelles propositions concrètes la ville peut-elle apporter pour permettre un respect de l’ensemble des usagers de la ville, résidents et touristes ? Ainsi qu’un accès au patrimoine culturel mondial pour tous ? Sans solution viable et alternative, laissez les professionnels du tourisme accéder à la dépose-reprise des Ponts-Couverts !
Nous demandons simplement à la municipalité de remettre cette réforme à plus tard pour ne pas mettre en danger la saison touristique à venir ainsi que l’attractivité à long terme de notre ville. Attendez d’avoir des solutions de remplacement réalistes et continuons ensemble à faire de Strasbourg une ville accueillante pour tous.
Cette lettre ouverte a été co-écrite par :
Virginie Holm, Guide conférencière – Membre de l’Association des Guides d’Alsace,
Fondatrice de Food & City tours – Strasbourg,
Gianni Cariani, Guide conférencier – Membre de l’Association des Guides d’Alsace,
Chercheur associé, Docteur en Histoire contemporaine – Unistra
Toute la famille socialiste, le maire Roland Ries compris, était réunie pour lancer sa pré-campagne des élections municipales 2020 à Strasbourg, avec un questionnaire sur le bilan des deux mandats successifs. La question de la tête de liste doit être tranchée vers l’été.
Le parti à la rose se lance. Samedi 9 mars, un premier événement à la maison des syndicats devant une soixantaine d’élus et militants strasbourgeois a marqué le début de la campagne des élections municipales de 2020 pour le Parti socialiste.
Devant l’assemblée, les adjoints au maire de Strasbourg et vice-présidents de l’Eurométropole ont eu 3 minutes chacun pour présenter une photo des transformations de Strasbourg effectuées lors des deux mandats. La place Arnold, le quai des Bateliers ou le quartier de la Montagne-Verte ont ainsi eu le droit à un coup de projecteur.
Appel au sursaut militant
Dans son discours d’introduction Pernelle Richardot, première secrétaire fédérale et adjointe au maire, a rappelé ce qui a fait le succès des victoires passées : « Nous ne sommes pas des militants du clic », ce qui ressemble à une pique aux Marcheurs strasbourgeois, très actifs sur les réseaux sociaux. « Si Strasbourg a un maire socialiste, c’est aussi grâce aux militants qui ont su se mobiliser ».
Les militants socialistes sont donc sollicités pour débuter la pré-campagne en distribuant des questionnaires sur les marchés, les places et autres cages d’escaliers pendant deux mois. Le document permet de sélectionner les trois meilleurs politiques mises en place par Roland Ries et sa majorité, puis de dire ce qui aurait dû être fait différemment depuis 2008.
L’investiture officielle viendra ensuite. Les différents protagonistes évoquent souvent « l’été » comme le bon moment pour choisir la tête de liste, sur un mode qui reste à déterminer. Les militants locaux ont d’habitude leur mot à dire avec un vote, même si les confrontations internes sont parfois réglées en amont.
Les candidats se placent
Parmi les candidats déclarés, Philippe Bies a évoqué les transformations des places du Marché à Neudorf « où les voitures se garaient encore en 2008 » et du parc du Heyritz « le dernier parc créé depuis la Citadelle en 1970 ». Président de l’Eurométropole et volontiers candidat également, Robert Herrmann a quant a lui choisi la rue des Juifs piétonisée, en évoquant le défi de faire vivre ensemble « quatre générations ».
Quant à Mathieu Cahn, il a choisi de la rénovation urbaine à la Meinau, « un concentré des enjeux qui attend notre ville » à la fois « riche et inégalitaire », avec des sujets de mobilités, de développement économique et de préservation de la nature. Chacun a donc évoqué l’un des quartiers dont il a la charge. À l’applaudimètre, impossible de dégager l’un ou l’autre qui aurait les faveurs du public…
Le maire Roland Ries, qui est sorti du groupe socialiste au conseil municipal mais reste adhérent au parti, a quant à lui parlé des Deux-Rives. Alors qu’il ne se représentera pas, il a par le passé affirmé vouloir « jouer un rôle actif » dans la campagne, « jusqu’au dernier jour » de son mandat.
« Le maire soutiendra le candidat socialiste »
« Si le maire est là, j’en déduis qu’il soutiendra le candidat socialiste », glisse à ce sujet, non-sans malice, Mathieu Cahn. Pour l’ancien premier secrétaire fédéral, les départs d’élus et militants vers « En Marche » ou vers la gauche clarifient la situation :
« Ceux qui sont présents aujourd’hui ont les mêmes objectifs et valeurs. Je ne sais pas si ce sera plus simple de rassembler, mais ce sera plus clair. Ce qui fera la dynamique de campagne, ce sera le projet. »
Pour Robert Herrmann, la campagne interne au Parti socialiste est une première étape :
« Je continue de penser que le PS doit s’ouvrir. L’expérience que j’ai à la métropole, c’est que l’on peut partager des politiques avec des personnes du centre-droit, jusqu’à d’autres bords comme Syamak Agha Babaei (ex-PS). On voit que nous sommes tous sensibles sur l’environnement ou les mobilités… Pour réussir cela, il faut commencer à être unis nous-mêmes et d’accord sur le projet. Nous avons des nuances, mais elles ne sont pas insurmontables. »
« Envie d’être candidat, envie d’être unis »
À la tête d’une association de pré-campagne (Strasbourg Demain), Philippe Bies, compte bien s’insérer lui aussi dans ce schéma :
« Une page se tourne et il va falloir penser la ville autrement. Strasbourg Demain est une initiative parmi plusieurs. Il faut qu’elles puissent converger pour se rassembler du centre aux communistes. La contribution de Strasbourg demain sera prête vers juillet et sera complémentaire de celle du Parti socialiste, avec une approche moins partisane, mais plus thématique. J’ai envie (d’être candidat ndlr), mais j’ai aussi envie que nous soyons unis. »
Un peu détachée des affaires locales depuis qu’elle est trésorière nationale du Parti et investie dans la campagne des européennes, Pernelle Richardot pose un regard bienveillant sur les candidatures déclarées :
« Si elles servent le collectif, les initiatives individuelles ne me posent pas de problème. »
Dans un deuxième temps, le PS 67 compte s’ouvrir à d’autres formations comme « les écologistes » (qui lancent de leur côté un appel) ou « Generation.s. » dixit Pernelle Richardot :
« Le parti socialiste est central. Il n’est pas hégémonique, nous avons appris de nos défaites de 2017. Le projet socialiste est une chose, mais il faudra porter un projet plus global. Cela a d’ailleurs toujours été le cas et porté par les militants. »
Le résultat des élections européennes, avec des listes éparpillées à gauche, devrait donner un rapport de force entre les « étiquettes ». Réponse aux autres interrogations dans quelques mois.
Le billet rechargeable sans contact de la CTS va fêter son premier anniversaire. Mais entre les billets illisibles et ceux qui s’accumulent dans le portefeuille, les Strasbourgeois peinent à l’adopter.
Des économies d’encre et de papier. C’était l’argument massue de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) pour passer au nouveau billet sans contact, un investissement à 10 millions d’euros. Des vertus qui ne ruissellent pas sur les voyageurs, puisque le prix des tickets a augmenté. Mis en place le 19 mars 2018, ce petit bout de carton rouge et blanc a complètement remplacé le bon vieux ticket à bande magnétique le 1er juillet 2018… Reste à savoir si la puce qu’il contient est, elle aussi, écologique.
Est-ce bien la peine d’économiser du papier si c’est pour le remplacer par une puce pleine de métaux rares ? (photo Pierre Pauma)
Des billets rarement rechargés
La CTS ne donne pour l’instant aucun chiffre sur cette première année du billet sans contact. Mais pour espérer voir un usager recharger consciencieusement son billet aux bornes d’achat, il faut s’armer de patience. Parmi les adeptes du billet sans contact, beaucoup de touristes ou de visiteurs qui ne restent que quelques jours. Comme cette dame qui vient parfois pour rendre visite à sa fille :
« On a tellement de tickets à garder vous savez… Je viens tellement peu souvent que d’ici là, je pense que je l’aurai perdu. J’en rachète un à chaque fois. »
Au bout d’une heure de pied de grue devant les automates de l’Homme de fer, quelques nouveaux tickets ont été achetés, mais aucun n’a été rechargé. Monique et Sophie nous abandonnent avec pour seul avis sur ces nouveaux billets un laconique « c’est de la grosse m… ! » Quand soudain, notre champion arrive. Usager modèle, Benjamin s’avance d’un pas sûr vers le distributeur, glisse son billet dans le réceptacle pour le recharger… Et c’est une « lecture impossible ». Raté, il lui faut racheter un ticket neuf, plus cher de 10 centimes (1,80€ contre 1,70€ la recharge). Le jeune homme assure pour autant s’efforcer de jouer le jeu :
« J’utilise moins de tickets qu’avant, mais il arrive que la borne ne me le valide pas alors qu’il reste des trajets dessus. Si ça ne marche pas, tant pis. Je fraude. »
Benjamin, passager pressé qui valide son billet sans contact. (photo Pierre Pauma)
Obsolescence rapide
Pour permettre d’éviter l’abattage de 77 arbres par an (sur 110 jusque là), il suffirait que les utilisateurs rechargent leur billet « en moyenne » trois fois, annonçait la CTS au lancement du ticket sans contact. Il faudrait donc que les Strasbourgeois le fassent un peu plus, afin de compenser les tickets des touristes, qui en font un usage unique ou presque. Mais encore faudrait-il qu’ils en aient l’opportunité. Benjamin n’est pas le seul à se retrouver avec des billets hors-service. Un de nos lecteurs est venu nous trouver avec en prime une explication qui lui a été fournie par la CTS :
« J’ai acheté une carte en novembre, je l’ai utilisée une fois en décembre. Depuis, j’avais le droit à une « erreur carte » à chaque fois que je voulais valider. Je l’ai finalement porté à la CTS, qui m’en a refait une avec le nombre de voyages restants. On m’a dit que c’était lié au contact avec mon smartphone qui pouvait endommager la puce. »
Des tickets qui ne se démagnétisent pas faisaient pourtant partie de l’argumentaire initial…
Un ticket abandonné sur la place de l’Homme de Fer. (photo PP / Rue89 Strasbourg / cc)
Une encombrante collection
À Rue89 Strasbourg, nous pensions viser juste en organisant un apéro des possibles consacré à la gratuité des transports… Quelle ne fut pas notre surprise de voir les participants s’écarter du sujet pour nous parler (entre autres choses) d’un autre tracas : les billets de tram à réutiliser qui s’accumulent dans les portefeuilles, les sacs à main, et autres poches de jeans qui passent parfois à la machine à laver.
Une mère de famille nous tendait alors un éventail de tickets qu’elle avait sur elle :
« Entre les tickets de mes enfants, les tickets de secours, les tickets de mon mari, ceux pour la nounou, ceux pour les visiteurs… Je dois bien en avoir une douzaine chez moi. Je travaille dans un établissement public, où ça nous pose des problèmes également : comme on ne peut pas recharger nos tickets pour des questions de comptabilité, on est obligés d’en racheter à chaque fois. »
Autre difficulté, impossible de charger des tickets à l’avance, tant que ce qu’il y a sur la carte n’est pas épuisé, sous peine de perdre ses achats. « S’il reste un ticket sur sa carte et qu’on doit aller en bout de ligne de bus, notamment en dehors de Strasbourg, on ne peut ni charger son billet à l’avance avant de partir, ni le recharger une fois arrivé dans les endroits il n’y a pas de distributeur adapté », remarque à ce sujet François Giordani, de l’Association des usagers des transports urbains de Strasbourg (Astus).
Souvent, les billets s’accumulent dans les portefeuilles des usagers. (photo Pierre Pauma)
D’autres regrettent que ces tickets ne soient utilisables que par une seule personne à la fois. Une limite posée à la demande des usagers, se défend la CTS qui avait pris le parti d’imposer un laps de temps de 15 minutes entre deux validations. Une précaution qui a le mérite d’éviter de perdre un voyage en validant deux fois par mégarde.
Un paiement via l’appli CTS toujours quasi-impossible
Dans son œuvre de modernisation, la CTS avait annoncé une grande nouveauté via son application : le paiement et la validation des titres de transport sur son téléphone portable, grâce à un QR code et la fonction « Mes titres ». Une prouesse technologique déjà possible avec les billets de train de la SNCF ou avec de nombreuses compagnies aériennes, mais qui a du mal à se généraliser pour les usagers de la société strasbourgeoise.
Dans les faits, rares sont ceux à pouvoir dire adieu aux billets sans contact ou à la carte Badgeo grâce à leur smartphone. Les détenteurs d’iPhones ou les clients d’un autre opérateur qu’Orange peuvent déjà passer leur chemin. Pour ceux qui répondent à ces deux critères, la CTS renvoie à sa vaste Foire aux questions (FAQ) où figure… en outre une liste d’une vingtaine de portables incompatibles. Mieux vaut donc faire ses tests à l’avance, au risque de voir passer le bus ou le tram sous nez.
À défaut d’une technologie fonctionnelle, la CTS fait en revanche valoir la fonction « départ immédiat » qui, théoriquement, permet d’acheter un titre de transport instantané (et donc plus cher qu’un lot de 10 ou 30 billets) via un QR code sur tous les appareils. Lors de notre apéro des possibles du 26 février, nous avons demandé à l’assemblée de tester l’application CTS. Sur une douzaine de smartphones, pas un seul n’avait accès à l’achat de billets, ni à la fonction « départ immédiat ». De quoi presque faire regretter les tickets papiers.
Après avoir terminé son article, Pierre est sorti en oubliant sa carte Badgeo. Il a dû se racheter un billet rechargeable qui traînera dans son portefeuille jusqu’à ce que la puce soit illisible… Le début d’une longue collection.
Le collectif Dicensus, qui mobilise depuis plusieurs mois contre la précarité des enseignants vacataires de l’Université de Strasbourg, appelle à un rassemblement, mardi 12 mars à 13h30, à l’occasion du conseil d’administration (CA). L’appel de mardi est plus généralement adressé aux « étudiants, doctorants, vacataires, enseignants-chercheurs, personnels administratifs » avec comme revendication l’amélioration générale des conditions de travail et d’études.
Un doublement des heures envisagé
Plus précisément, le collectif demande aux élus du conseil d’administration « d’abandonner le projet de doublement du plafond horaire annuel des vacations. » Dans un tract diffusé sur le campus, le collectif Dicensus explique :
« Pour compenser le manque important de postes d’enseignants-chercheurs, l’Université a massivement recours aux enseignants vacataires dont la situation s’aggrave de jour en jour. Ils et elles sont rémunérés en-dessous du SMIC et ne bénéficient pas de droits sociaux. Ils et elles commencent régulièrement à travailler sans contrat et doivent alors attendre jusqu’à six mois avant de toucher le moindre centime. L’université prévoit de doubler le plafond annuel des heures des vacataires, en le portant à 192 heures, soit le service annuel d’un Maître de conférences. »
Le rendez-vous est donné devant l’Université de droit (Photo DR)
Le collectif demande en outre aux élus du CA de « procéder à l’exonération effective des étudiants étrangers de la hausse des frais d’inscription. » En janvier, le président de l’Unistra, Michel Deneken, avait pris position contre cette mesure du Gouvernement et promis d’en saisir le conseil d’administration. Mais les membres de Dicensus constatent que ce point ne figure pas à l’ordre du jour du CA de mardi.
Y aller
Rassemblement contre la précarisation des enseignants et la hausse des frais d’inscription, mardi 12 mars à partir de 13h30, devant la Faculté de Droit (sur le campus central) à Strasbourg – Esplanade.
Les élections européennes approchent et la question se pose : l’Union Européenne est-elle une passoire ou forteresse ? Piet a affûté ses crayons et penche pour l’Europe night-club : entrée incertaine, délit de sale gueule garanti. Si vous avez votre avis, vous pouvez venir en discuter avec nous le 11 mars au CSC de Koenigshoffen.