Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

L’affaire Naomi révèle les failles de la régulation au Samu

L’affaire Naomi révèle les failles de la régulation au Samu

L’annonce du décès de Naomi et la publication de l’enregistrement a évidemment été de toutes les conversations aux Hôpitaux de Strasbourg. Les collègues de l’opératrice du Samu ne s’expliquent pas le ton qu’elle a employé lors de l’appel du 29 décembre mais rappellent que le Samu reçoit de plus en plus d’appels, dont beaucoup sont fantaisistes. Un comité d’hygiène et de sécurité extraordinaire a été demandé par les syndicats.

Le personnel des Hôpitaux universitaires de Strasbourg serre les dents. Médecins, ambulanciers, agents administratifs savent que le décès de Naomi, 22 ans, ignorée après avoir appelé le Samu au secours le 29 décembre 2017, aura de nombreux impacts négatifs sur leur quotidien. Déjà, des appels menaçants sont recensés et des mesures de protection ont été demandées. « À chaque fois c’est la même chose, indique l’un d’eux. Mais un drame, aussi inexcusable soit-il, n’est pas le reflet du quotidien. Tous les jours, nous faisons du mieux que nous pouvons. »

Mais c’est peut-être ça le problème justement. Que peut faire le Samu lorsqu’il reçoit un appel d’une personne qui se déclare mourante ? Pour Roland (prénom modifié), personnel affecté aux urgences des Hôpitaux de Strasbourg, les agents doivent sans arrêt prendre des décisions qu’ils ne devraient pas avoir à prendre :

« Il est clair que le comportement de ma collègue n’est pas excusable, mais il est explicable. Je me suis retrouvé souvent dans ce genre de situation : tu sais que tu as moins de moyens mobilisables (en juillet 2014, le Samu 67 a réduit ses équipes d’intervention, ndlr), donc tu vas avoir tendance à être plus restrictif dans tes choix, tu vas vouloir en garder en réserve. La collègue en question est assistante de régulation médicale (ARM), donc normalement, elle n’a pas à prendre de décision. Mais quand elle parle, elle sait que le médecin régulateur à sa gauche a 5-6 appels à traiter, et que le médecin-régulateur à sa droite en a tout autant. Donc elle ne leur demande pas leur avis à chaque fois, surtout si elle a le sentiment que l’appel est fantaisiste. »

« Beaucoup d’appels ne concernent pas le Samu »

Dans l’enregistrement que s’est procuré l’hebdomadaire Heb’Di, on entend la première opératrice, au standard des pompiers et qui a reçu elle-même l’appel de Naomi depuis le standard de la police, prévenir sa collègue du Samu par ses mots : « il faut lui conseiller un médecin parce que… elle va mourir, » avec un air entendu.

Roland reprend :

« Les enquêtes diront ce qu’il s’est passé. Mais un 29 décembre, tu peux avoir beaucoup d’appels de gens qui se sentent seules, qui sont déprimées et qui ont juste besoin qu’on s’occupe d’eux. Et ces appels arrivent au Samu… Sur 100 appels, tu en as parfois 90 qui n’ont rien à voir avec les urgences, ça peut aller de petits bobos à des grippes… Normalement, l’ARM doit déterminer si l’appel consiste en une urgence vitale et dans la négative, passer au médecin régulateur après avoir pris les renseignements utiles. Mais dans les faits, tu peux avoir des infirmiers ou des ARM qui prennent des décisions de régulation, comme dans cette affaire. »

Au Samu de Strasbourg, un infirmier urgentiste est prévu pour épauler les médecins régulateurs de 9h à 21h. Mais il n’est pas censé prendre de décisions, sauf que… comme l’explique Roland :

« Au téléphone, tu peux être en lien avec des ambulanciers privés qui demandent un renfort, des pompiers, des médecins, etc. Donc le cadre est déjà suffisamment bordé pour savoir si on peut envoyer une équipe ou non. Mais comme les moyens d’intervention sont limités, tu te retrouves à envoyer des moyens dont aurait pu avoir besoin un médecin régulateur… et c’est l’engueulade. Au final, il y a des médecins qui refusent la régulation parce qu’ils ne veulent plus avoir à assumer des choix qui sont liés à des contraintes économiques et pas à des impératifs de santé. »

Jean-Claude Matry, délégué syndical CFTC des HUS (doc remis)
Jean-Claude Matry, délégué syndical CFTC des HUS (doc remis)

Des alertes des syndicats

Cette affaire survient alors que les syndicats des Hôpitaux de Strasbourg ont régulièrement alerté leur direction sur la tension qui règne au Samu et aux urgences en général. Jean-Claude Matry, président du syndicat CFTC des HUS, a assisté l’ARM mise en cause pendant son entretien préalable à sa suspension :

« La collègue qui a reçu l’appel reconnaît s’être mal exprimée. Ce sera à l’enquête de déterminer ce qu’elle aurait dû faire mais on sait bien que les médecins régulateurs ne sont pas toujours disponibles. Les appels au Samu ont triplé, 3 000 par jour pour le Bas-Rhin, tandis que les effectifs sont restés constants. Alors évidemment, ça craque de partout, de nombreuses personnes tombent malades et c’est souvent cette collègue qui les remplace. C’est quelqu’un de très impliqué dans le dispositif des urgences. Et du coup, elle s’est retrouvée à travailler 3 jours sur 4… Forcément, ça pose des problèmes au bout d’un moment. »

La CFTC des Hôpitaux universitaires a demandé la convocation d’un Comité d’hygiène et de sécurité (CHST) extraordinaire, afin que soient rappelés les failles qui existent aux urgences et au Samu en particulier. Martin Kieffer, délégué syndical de la CFDT, confirme :

« On constate qu’il y a de plus en plus d’appels au centre 15, dont beaucoup d’appels malveillants. Il devient de plus en plus difficile de faire le tri et ce, alors que les temps des médecins est de plus en plus réduit. Ce qu’il s’est passé n’est pas forcément révélateur d’un quotidien, mais c’est la conséquence d’une pression toujours accrue sur les épaules du personnel urgentiste. »

Devant l’ampleur de l’indignation, la communication des Hôpitaux de Strasbourg, qui pensait en rester à un simple communiqué, a finalement opté la montée de son directeur général en première ligne. Lors de multiples interviews, Christophe Gautier a indiqué que l’opératrice du Samu avait été suspendue « à titre conservatoire. » Mais du côté de la famille Musenga, on entend bien « remonter toute la chaîne des responsabilités. »

Les « étudiants en lutte » tentent de mobiliser les lycéens de Strasbourg

Les « étudiants en lutte » tentent de mobiliser les lycéens de Strasbourg

Ce mercredi matin, après une tentative de blocus avortée au lycée Marie Curie et une réussie au lycée international des Pontonniers, une centaine de lycéens a rejoint les étudiants en lutte de Strasbourg pour un rassemblement. L’objectif : informer sur la loi ORE et réfléchir à des actions pour mobiliser davantage les élèves du secondaire.

Au lycée international des Pontonniers de Strasbourg, les lycéens ont d’abord tenté de bloquer l’entrée principale avec plusieurs poubelles mercredi matin. Mais la police est rapidement intervenue pour dégager le passage. Près d’une vingtaine d’élèves a formé une chaîne humaine, les forces de l’ordre se sont alors tenues à distance. Un accès avait été laissé libre par une porte à l’arrière du bâtiment, pour ceux qui souhaitaient rentrer dans l’établissement car des examens devaient y avoir lieu. Environ une centaine de lycéens a ensuite rejoint le campus de l’Esplanade pour un rassemblement avec les « étudiants en lutte. »

Cette même matinée, un blocus avait été envisagé au lycée Marie Curie. Mais en arrivant, la police était au rendez-vous depuis 6 heures. Après avoir fait rentrer les élèves, tous les portails ont été fermés.

Théodora, Valentine, Tessa, et Marie-Aude sont en terminale L et passent donc leur Bac cette année. Elles estiment que les lycéens ne sont pas assez informés sur le plan étudiant et la loi Orientation et réussite étudiante (ORE) :

« Le Gouvernement n’utilise pas des termes qui nous parlent et avec les profs on n’en discute pas. Nous on a eu l’occasion de discuter avec des étudiants, certains avaient tracté devant le lycée. Mais j’ai certains amis ou connaissances qui ne sont même pas au courant qu’il y a une nouvelle loi et des conséquences que cela pourrait avoir. On ne nous a pas demandé notre avis alors que c’est de notre avenir qu’il s’agit. »

Pour organiser de prochaines actions, ces lycéens ont créé un groupe sur Facebook, Pontonniers en lutte.

Mobiliser les lycéens pour renforcer le mouvement étudiant

Le bâtiment du Patio de l’Université de Strasbourg était également bloqué dans la matinée mais l’accès (sur présentation de la carte étudiante) a été rétabli vers midi. Au même moment s’est tenue une assemblée générale (AG) étudiante dans le hall d’entrée du bâtiment.

Assemblée générale des étudiants en lutte au Patio. (Photo CA / Rue89 Strasbourg)

Au cours de cette AG, la cinquantaine d’étudiants présents se sont accordés sur la nécessité de continuer à informer les lycéens, via la distribution de tracts et ont affirmé leur volonté de les aider pour de prochaines mobilisations. Les principaux lycées concernés à Strasbourg sont le lycée Fustel-de-Coulanges, le lycée international des Pontonniers et le lycée Marie-Curie.

Des actions à venir

Dans les prochaines semaines, plusieurs mobilisations pourraient avoir lieu car de nombreux appels nationaux ont été lancés. Le mercredi 16 mai, c’est « l’interfédérale de l’Éducation » (CGT, FSU, Sud-Education, Unef, Solidaires…) qui appelle les enseignants du secondaire et du supérieur à se mobiliser. Puis le 22 mai, c’est l’intersyndicale (CFDT, l’Unsa, FO, CGT, FSU, Solidaires, CFTC, CFE-CGC, FA-FP) qui invite à protester contre la réforme de la Fonction publique. Le 26 mai, plusieurs syndicats et partis de gauche invitent aussi à une journée d’action globale contre la politique du gouvernement d’Edouard Philippe. Les étudiants ont prévu de répondre à chacun des ces appels.

Affaire Naomi : le procureur ouvre à son tour une enquête

Affaire Naomi : le procureur ouvre à son tour une enquête

Les réactions s’enchaînent ce mercredi 9 mai après le décès de Naomi Musenga, cette strasbourgeoise de 22 ans moquée et non-prise en charge par une opératrice du Samu du Bas-Rhin le 29 décembre 2017.

Saisi depuis le 30 avril par la sœur de Naomi, le procureur de la République près du Tribunal de grande instance (TGI) de Strasbourg a ouvert à son tour une enquête, après les hôpitaux strasbourgeois et l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) sur demande de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Yolande Renzi retient pour le moment le chef de « non-assistance à personne en péril ».

Par ailleurs, le directeur des hôpitaux universitaires de Strasbourg, Christophe Gautier a indiqué à plusieurs médias que l’opératrice en charge de l’appel a été « suspendue à titre conservatoire ». Une décision qui serait basée sur les premiers éléments de l’enquête interne lancée aux hôpitaux le 3 mai, suite à l’article de Heb’di.

170 ans après, l’abolition de l’esclavage célébrée à Strasbourg

170 ans après, l’abolition de l’esclavage célébrée à Strasbourg

Ce n’est qu’en 1848 qu’a été aboli officiellement en France l’esclavage, après plus de trois siècles de commerce triangulaire, entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique. Jeudi 10 mai, il s’agira d’une « journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition » et à cette occasion, le Cercle Européen de Représentation des Antilles-Guyane (Cerag) organise à 16h une cérémonie au Lieu d’Europe, rue Boecklin à Strasbourg-Robertsau.

Au programme : lectures de textes de Jacques Prévost sur la liberté et de Victor Schoelcher, allocutions et en intermède musical, des danses de l’ensemble antillais Karaib’Vibe.

Le Cerag propose en outre tout une série d’événements liés à cet anniversaire :

– Du 22 Mai au 10 Juin : Exposition dédiée à Victor Schœlcher (voir sur Facebook),
– Le jeudi 24 Mai : Vernissage de l’exposition dédiée à Victor Schœlcher (voir sur Facebook),
– Le mercredi 30 Mai : Conférence « Victor Schœlcher et le combat des Abolitions » (voir sur Facebook),
– Le samedi 16 Juin : Ciné-Débat « Le Gang des Antillais » (voir sur Facebook).

À Strasbourg, c’est le Cerag qui s’est chargé de ces commémorations. Mais à Nantes ou Bordeaux, villes qui ont abrité des ports de la traite négrières, de nombreuses manifestations organisées par les institutions sont prévues.

Moquée par une opératrice du Samu, une jeune Strasbourgeoise meurt peu après

Moquée par une opératrice du Samu, une jeune Strasbourgeoise meurt peu après

Le 29 décembre 2017 à Strasbourg, Naomi Musenga appelle le Samu du Bas-Rhin. Elle a mal, très mal mais au téléphone, son interlocutrice se moque d’elle. La conversation, glaçante, a été enregistrée et publiée sur le site de l’hebdomadaire alsacien Heb’Di.

Appel de Naomi Musenga au Samu et échange entre les opératrices (doc remis)

Après un échange entre l’opératrice et la régulatrice (écouter ci-dessus), qui lui explique en riant « qu’elle va mourir », l’opératrice du Samu s’adresse à Naomi en ces termes :

    « Allô… Si vous ne dites pas ce qu’il se passe, je raccroche… J’ai très mal Oui ben, vous appelez un médecin.
    Oui, vous allez mourir certainement un jour comme tout le monde… Vous appelez SOS Médecins, c’est 03 88 trois fois 75. Vous avez compris ? Aidez-moi, madame, j’ai très mal… Je ne peux pas vous aider, je ne sais pas ce que vous avez… J’ai très mal au ventre… Oui, ben vous appelez SOS Médecins, 03 88 75 75 75, je peux pas le faire à votre place. Ou alors votre médecin traitant. Voilà, au revoir. » Naomi Musenga est morte quelques heures plus tard. Elle avait 22 ans, elle était mère d’une petite fille. Après avoir réussi à appeler SOS Médecins au terme de cinq heures d’attente, elle a été transportée, encore consciente, à l’hôpital par le SMUR. Elle a fait deux arrêts cardiaques, a été transférée en réanimation et est morte à 17h30, le 29 décembre 2017.

Défaillance multiviscérale sur choc hémorragique

Selon le rapport d’autopsie que s’est procuré Le Monde, Naomi Musenga a succombé des suites d’une « défaillance multiviscérale sur choc hémorragique. » Plusieurs organes se sont arrêtés de fonctionner, ce qui peut résulter de facteurs variés mais l’autopsie du corps n’a été pratiquée que le 3 janvier, soit 112 heures après la mort de la jeune femme. Elle rapporte que le corps de Naomi Musenga était alors en « état de putréfaction avancée multiviscérale. »

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a réagi mardi sur Twitter en faisant part de son « indignation ». Il s’agit pour elle de « graves dysfonctionnements » et demande une enquête de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas). La ministre s’est engagé à ce que la famille « obtienne toutes les informations, » ce qui serait bien car rien que pour obtenir cet enregistrement, la famille a dû batailler ferme avec les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) pendant cinq mois !

Et ce n’est qu’après la révélation par Heb’Di de ce scandale que les Hôpitaux ont lancé une enquête administrative sur ces événements, le 3 mai. À l’AFP, Christophe Gautier, directeur général des HUS, a indiqué que « la première analyse plaide pour une procédure de traitement d’appels qui n’est pas conforme aux bonnes pratiques. » L’enquête doit durer trois semaines. En attendant, l’opératrice a été affectée « suspendue à titre conservatoire » dans la journée du 9 mai a expliqué le directeur Hôpitaux universitaires à plusieurs médias dont France 3 Alsace, sur la base des premiers éléments de l’enquête.

Une pétition sur Change.org réclame « Justice pour Naomi » et notamment des « sanctions exemplaires », ainsi qu’une prise de conscience du problème à tous les échelons.

Dans l’eau des Alsaciens, des pesticides et des nitrates

Dans l’eau des Alsaciens, des pesticides et des nitrates

En Alsace, 137 pesticides différents ont été détectés dans la nappe phréatique. À certains endroits, les concentrations en nitrates dépassent les seuils sanitaires. L’eau potable est captée dans 70% des cas dans des zones vulnérables à la pollution. Les tests de détection des pesticides sont réalisés une fois par an ou moins dans les zones rurales.

La dernière étude de l’Aprona (observatoire de la nappe phréatique d’Alsace) a montré la présence de 137 pesticides différents dans la réserve d’eau souterraine alsacienne. Les nitrates (engrais) sont détectés à des concentrations de plus de 50 mg/l (milligrammes par litre), donc au dessus de la limite de potabilité, dans certaines zones aux alentours de Molsheim, Sélestat ou Colmar par exemple.

Sylvain Payraudeau, enseignant chercheur à l’ENGEES (École nationale du génie de l’eau et de l’environnement de Strasbourg), explique que les nitrates sont très solubles et sont entraînés vers la nappe phréatique ou les cours d’eaux lors de précipitations par exemple. Les pesticides regroupent des molécules très différentes et sont donc plus ou moins solubles et persistants. L’atrazine, pourtant interdit depuis 2003, est justement un pesticide très toxique et très persistant qui est toujours détecté dans la nappe phréatique. Stockées dans le sol, certaines molécules comme le DDT peuvent être relarguées dans l’eau jusqu’à 50 ans après avoir été répandues.

Le nombre de pesticides relevés dans les eaux alsaciennes a plus que triplé en 9 ans (document Aprona).

En Alsace, « 240 zones de captage d’eau potable sur les 340 existantes sont en milieu vulnérable à la pollution par les intrants agricoles, » d’après Hervé Chrétien, ingénieur d’études sanitaires à l’ARS (Agence régionale de santé). Bernard Legube, directeur de recherche au CNRS à Poitiers et auteur de 270 publications sur le traitement des eaux, « estime qu’il n’est pas acceptable d’avoir des zones de captage avec de forts risques de pollution. »

Des impacts sur la santé mal connus

Chez les personnes régulièrement au contact des pesticides (agriculteurs, populations rurales, ouvriers fabricants de pesticides), des effets à court terme comme des nausées, des vomissements ou des irritations, peuvent apparaître. À plus long terme, l’exposition prolongée augmente jusqu’à 30% les chances de développer un cancer de la prostate. Les agriculteurs ont aussi deux fois plus de chances de développer la maladie de Parkinson. Des statistiques similaires ont été établies pour de nombreuses autres maladies.

Les nitrates (engrais chimiques), même en faible quantité, peuvent constituer un danger pour la santé humaine. Ils sont transformés en nitrites par des bactéries présentes dans l’organisme. Ils oxydent l’hémoglobine du sang, ce qui l’empêche de fixer l’oxygène. Chez les enfants et plus particulièrement les nourrissons, ils peuvent causer un empoisonnement du sang par ce biais. À plus long terme, chez l’adulte, ils sont mis en cause dans l’apparition de cancers.

Un contrôle de l’eau potable… plus ou moins fréquent

D’après le SDEA (Syndicat des Eaux et de l’assainissement Alsace-Moselle), la présence de ces molécules rend le traitement de l’eau indispensable pour garantir la sécurité sanitaire des populations dans les zones concernées. Mais avant de mettre un traitement en place, des prélèvements sont nécessaires au niveau de chaque site de captage d’eau potable. Hervé Chrétien, ingénieur d’études sanitaires à l’ARS, précise :

« Nous nous adaptons aux résultats des prélèvements qui sont réalisés. La loi du 11 janvier 2007 impose un rythme de tests, dont la cadence augmente proportionnellement au nombre d’habitants d’une zone. »

Pour l’Eurométropole, le nombre de prélèvements annuels pour les pesticides est de un par mois au niveau des points de mise en distribution. Quatre substances ont été détectées en 2017. L’atrazine mais aussi d’autres pesticides : la simazine, le chlorure de choline et l’hexachlorobutadiène. La valeur maximale mesurée de concentration d’un de ces pesticides était de 0,05 µg/l (microgrammes par litre). C’est inférieur à la limite de qualité en vigueur qui est de 0,1 µg/l.

Mais dans les zones rurales, faiblement peuplées, les tests sont moins fréquents selon l’ARS :

« Par exemple, pour un hameau de moins de 50 habitants, une analyse complète est réalisée tous les 5 à 10 ans au point de mise en distribution. Au niveau de l’eau du robinet, 2 à 4 analyses par an sont effectuées (mais pas de recherche des pesticides). Toutefois, selon la qualité de l’eau, un programme renforcé d’analyses peut être mis en œuvre sur une période plus ou moins longue, pour un paramètre donné. »

Le texte de loi du 11 janvier 2007 dispose que pour un village entre 2 000 et 5 000 habitants, 9 analyses par an sont réalisées mais seuls les nitrates sont recherchés et pas les pesticides. Une seule analyse complète est réalisée chaque année pour ces zones, elle comprend un test pour les pesticides.

En plus, tous les pesticides ne sont pas compris dans les tests de détection. Pourtant, ces zones sont sensibles, surtout en Alsace, étant donné que se sont des territoires fortement concernés par l’agriculture intensive. D’après l’ARS, « l’eau n’est pas toujours dans les limites de potabilité. »

Selon Bernard Legube, « on peut arriver dans des situations où, au moment du test, des populations ont bu de l’eau dont les concentrations en pesticides sont au dessus des seuils de toxicité depuis des mois, et dans ces cas, le mal est déjà fait ». De plus, d’après Hervé Chrétien, tous les pesticides ne sont pas recherchés partout et il est possible que certaines molécules soient présentes au delà des seuils de potabilité mais qu’elles ne soient pas recherchées par les tests.

Dans le Bas-Rhin, aucun traitement spécifique des pesticides

Dans les cas où une pollution de l’eau a bien été détectée, Hervé Chrétien, de l’ARS, explique que des traitements de l’eau sont appliqués :

« Si nous mettons en évidence la présence de nitrates ou de pesticides dans des quantités qui dépassent les seuils de potabilité, évidemment, nous mettons en place des traitements de l’eau sur les zones de captage concernées. Nous diluons l’eau récupérée avec de l’eau plus pure, qui provient d’un autre site de captage ou nous utilisons des charbons actifs qui retiennent les pesticides. »

Ces traitements sont fiables d’après Bernard Legube. Les charbons actifs sont d’excellents filtres qui attachent tous les pesticides. D’après lui, le problème « c’est qu’on ne sait pas toujours où traiter, parce qu’on ne sait pas toujours où il y a des pesticides, vu le grand intervalle de temps entre les prélèvements et le fait que tous les pesticides ne sont pas recherchés. » Dans le Bas-Rhin, aucune infrastructure de traitement physico-chimique n’existe. Les seuls traitements réalisés sont la désinfection bactérienne par le chlore et la dilution avec une eau plus pure. La qualité de l’eau au niveau des sites de captages est conforme aux normes de qualité en vigueur, d’après les tests de l’ARS.

Hervé Chrétien explique que “la liste des molécules recherchées est en constante évolution, il y en a une infinité ». Il est possible que des molécules issues d’intrants agricoles encore méconnues échappent complètement aux prélèvements et se retrouvent dans l’eau potable.

Bernard Legube soutient également ce postulat :

« Les pesticides se dégradent en métabolites, et pour connaitre toutes les molécules dérivées d’un seul pesticide, il faut à chaque fois au moins une thèse, il y a plein de voies de dégradations différentes. Pour certains pesticides comme les organochlorés, les métabolites sont justement plus dangereux que les éléments initialement répandus sur les champs. D’autres deviennent moins toxiques. »

En Alsace, l’usage des pesticides est encore très répandu. (Photo Aqua Mechanical / Flickr)

L’effet cocktail des pesticides mal mesuré

Une eau est déclarée potable en fonction des quantités de polluants détectés. Par exemple, pour le glyphosate, si la quantité détectée est de moins de 0,10 µg/L, l’eau est considérée comme propre à la consommation.

Les examens toxicologiques sont réalisés sur des souris, qui sont soumises à différentes doses de chaque élément testé. À partir du moment où un effet est observé, la dose correspondante est notée et par proportionnalité de taille d’organisme, on peut estimer la limite de toxicité chez un être humain. Le seuil fixé pour déterminer si l’eau est potable est inférieur à la limite de toxicité. Ces normes sont fixées internationalement. Evidemment, il n’y a aucun moyen d’être sûr à 100% qu’une molécule n’a pas plus d’effet sur l’organisme humain que sur l’organisme d’une souris.

Bernard Legube évoque la sureté de ces examens toxicologiques :

« On arrive à estimer les effets toxiques à court terme. Par contre pour les maladies du long terme, comme le diabète ou l’obésité, il est très difficile de conclure quelque chose avec les tests réalisés.

Ensuite, les doses limites à partir desquelles un effet toxique est observé sont estimées en général pour un seul pesticide pris indépendamment. Cependant, la plupart du temps, ce sont plusieurs pesticides en même temps qui sont ingérés par une personne. Leurs effets quand ils sont plusieurs et qu’ils agissent en synergie, ce qu’on appelle l’effet cocktail, ne sont pas étudiés. Justement, il a déjà été prouvé que certains perturbateurs endocriniens ont une toxicité bien plus importante lorsqu’ils agissent en synergie. Pour les pesticides, il y a très peu d’informations à ce sujet, on n’a pas assez de recul. »

En réalité, une étude dont il est question sur le site internet de l’INRA témoigne d’un effet cocktail observé avec des pesticides. Elle a été réalisée sur cinq pesticides que l’on retrouve régulièrement dans l’alimentation humaine. Cette recherche prouve que ces pesticides deviennent plus toxiques lorsqu’ils sont plusieurs. Indépendamment des autres, la plus toxique de ces molécules provoque des effets à partir de 4 micro-molaires. Le mélange de molécules est toxique dés 3 micro-molaires, ce qui correspond à 0,6 micro-molaires de chaque composé.

À Strasbourg, les intrants agricoles qui sont testés sont toujours présents dans des quantités inférieures aux seuils de toxicité. Toujours est-il que quatre pesticides différents, et possiblement certains dérivés encore inconnus, sont présents dans l’eau potable strasbourgeoise, avec toutes les incertitudes au sujet des « effets cocktails » que cela implique.

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Colorée, participative et ouverte, une « Maison citoyenne » en construction au Neudorf

Colorée, participative et ouverte, une « Maison citoyenne » en construction au Neudorf

La joyeuse maisonnette colorée au début du Neudorf à Strasbourg veut permettre aux habitants de se retrouver autour d’un lieu commun, permettant rencontres, réunion, coworking… et un café associatif. L’intense rénovation est menée par l’association Eco-Quartier, qui sollicite l’aide des Strasbourgeois pour une ouverture prévue à la rentrée 2018.

On ne peut décidément pas la rater : la petite maison colorée à l’entrée du Neudorf à Strasbourg, bordée par les lignes A et E du tram, ne passe pas inaperçue. D’autant qu’elle est actuellement en chantier : l’association Eco-Quartier souhaite la réhabiliter pour en faire un lieu de vie et de rencontre, au profit des habitants et associations du quartier. Emmanuel Marx, directeur d’Eco-quartier, détaille le projet :
« On est encore au tout début du chantier : en ce moment, des charpentiers interviennent pour reprendre toutes les parties abîmées du colombage et consolider la structure. À l’étage, on voudrait créer un espace de réunion pour les associations du quartier, et un espace de coworking. Au rez-de-chaussée, on va organiser un espace de convivialité pour le quartier, notamment sous la forme d’un café associatif. »
Les besoins du quartier pour un tel lieu sont importants, selon Maïté Gayet, bénévole au sein de l’association :
« Il y a vraiment de grands enjeux dans le quartier, entre les nouvelles constructions qui sortent de terre et l’arrivée de nouveaux habitants. Il existe déjà un bon terreau d’initiatives citoyennes, avec plusieurs projets d’habitat participatif (notamment Eco-logis, ndlr). Le quartier porte un vrai projet autour du “vivre ensemble”, donc c’était logique qu’un lieu comme la Maison citoyenne s’installe ici. »

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L’association voulait d’abord mener elle-même les travaux, pour impliquer les bénévoles à chaque étape de la rénovation, et créer un lieu qui soit fait « par et pour ses habitants ». Mais l’état de la maison s’est avéré plus problématique que prévu, selon Emmanuel Marx :
« En entrant dans les lieux, on a vite compris que ce ne serait pas si simple… On a fait venir des entreprises pour faire un diagnostic et il s’est avéré qu’il fallait qu’on refasse entièrement les soubassements. Les 50 000 euros de travaux prévus au début sont vite devenus 200 000 euros… »
Alors la petite équipe a fait appel à un architecte, Olivier Hangen, qui travaille au sein du cabinet Atolh Architectures.

Un financement participatif via HelloAsso

Pour financer ces travaux, l’association bénéficie de fonds publics, mais a refusé de demander une subvention à la Ville de Strasbourg :
« On ne voulait pas être dépendant de la Ville pour l’équilibre budgétaire. On ne voulait pas devoir répondre à un cahier des charges et entamer notre autonomie. Mais nous avons réussi à obtenir une subvention de l’État via le programme des « Territoires à énergie positive pour la croissance verte ». On a eu aussi 50 000 euros de la Région Grand Est via un appel à manifestation d’intérêt pour les Initiatives territoriales, 25 000 euros par des fondations privées (par exemple la fondation d’entreprise Batigère, ou encore la fondation UP), et on commence à être soutenu par du mécénat d’entreprise… »
Pour financer l’aménagement intérieur de la maison, l’association Eco-Quartier a lancé une campagne de financement participatif, via HelloAsso, avec l’objectif de recueillir 25 000 euros. Cette campagne se termine à la fin du mois de mai. En avril, une trentaine de bénévoles se sont lancés dans le chantier participatif de l’isolation de la Maison, avec des bottes de paille.
Une isolation avec des bottes de paille (doc remis)
Une isolation avec des bottes de paille (doc remis)
Ensuite, la Maison compte bien être autonome financièrement, via les recettes du café associatif. « L’idée pour nous, c’est que la Maison citoyenne reste à l’écoute des rêves des habitants du quartier. C’est le café associatif qui doit nous permettre d’équilibrer le budget », explique Emmanuel Marx. Les travaux doivent se prolonger encore tout l’été, pour permettre l’ouverture de la Maison citoyenne en septembre 2018.

8 mai : après la commémoration officielle, le « Régiment Immortel » propose son défilé aux tonalités russes

8 mai : après la commémoration officielle, le « Régiment Immortel » propose son défilé aux tonalités russes

Lancé en 2012 en Russie, le « Régiment Immortel » organise sa propre commémoration du 8 mai dans plus d’une cinquantaine de pays. En France, Paris, Nice, Marseille, Lyon, Montpellier et Strasbourg voient des cortèges défiler dans leurs rues.

Le jour férié du 8 mai, de nombreuses villes commémorent la capitulation de l’Allemagne nazie face aux Alliés, en 1945. À Strasbourg, pour célébrer cette date qui marque la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’événement officiel se déroulera comme chaque année, à 11h devant le Monument aux morts place de la République, en présence du Secrétaire général de la Préfecture, Yves Seguy, du député de la circonscription Thierry Michels (LREM) et de plusieurs autorités militaires.

Jeune tradition russe

La 3e édition locale du défilé du « Régiment Immortel » quant à elle, débutera au même endroit à 13 heures. Le défilé des Immortels commémore les soldats morts ou qui ont servi dans l’Armée rouge. Une jeune tradition née en Russie en 2012, selon le média russe Sputnik.

Après s’être rassemblés, les participants entameront ensuite une marche jusqu’au parc de la Citadelle en passant par plusieurs rues symboliques comme l’avenue de la Marseillaise, le boulevard de la Victoire et l’avenue du Général de Gaulle.

Plusieurs animations sont prévues dans le parc à l’Esplanade. Les participants pourront déposer des gerbes et des photos de leurs proches victimes de la guerre sur un mur de mémoire et assister à un concert et plusieurs danses pour fêter la victoire contre le fascisme.

Un défilé particulier et moins officiel dans les rues de Strasbourg le 8 mai, avec de nombreux drapeaux russes (Photo « Victoire 1945 » / doc. remis)

« Pas politique »

L’association culturelle européenne Héritage est à l’origine de l’événement et une quinzaine d’associations locales participent à l’organisation. Parmi elles, l’association culturelle russe de Strasbourg, la maison Russe, Souvenir Napoléonien ou encore Ordre Lafayette.

L’année dernière, la commémoration avait réuni plus de 700 personnes, selon Ernest Zakharov, coordinateur du comité d’organisation du « Régiment Immortel » à Strasbourg :

« C’est un événement qui a vocation à compléter la cérémonie officielle. En plus de défiler avec leurs proches, ce sera l’occasion pour les participants de venir échanger dans une ambiance festive. Des vétérans seront également présents pour raconter leur histoire. »

Il précise aussi qu’il ne s’agit pas d’un événement politique, malgré le contexte de tensions internationales où la Russie joue un rôle central, mais d’un rendez-vous à la fois européen et international qui s’adresse « à tout le monde ».

Les habitants de Laiterie rêvent d’un quartier plus convivial

Les habitants de Laiterie rêvent d’un quartier plus convivial

Les travaux de rénovation de l’îlot Laiterie, dans le quartier Gare de Strasbourg, devraient commencer à l’été 2019. La municipalité a voté environ 2 millions d’euros de crédits pour ce chantier, sans compter les travaux de réfection de voies et des places contiguës à l’arrivée du tramway vers Koenigshoffen et du bus à haut niveau de service. Avant cette transformation, Rue89 Strasbourg est allée à la rencontre des habitants pour recueillir leur ressenti.

En ce début d’après-midi de printemps, Régine prend l’air avec une voisine. Elles sont assises sur un banc de l’aire de jeu pour enfants de la rue du Hohwald, devant l’immeuble où elles vivent depuis plus de quinze ans. Nous sommes dans l’îlot Laiterie, ce morceau du quartier Gare de Strasbourg comprenant les deux rues parallèles du Hohwald et de la Broque, bordées de part et d’autres par la rue du Ban de la Roche et le boulevard de Lyon. Deux hommes discutent avec elles derrière les grilles du petit parc. Mais pour répondre aux journalistes, il ne reste plus que Régine et à condition qu’on ne la prenne pas en photo.

« La porte de l’aire de jeu est cassée depuis trois semaines. »

Ce qu’elle aimerait voir changer dans son quartier ? Sans hésitation elle confie :

« Moins de drogue, surtout le soir. »

Trafics, prostitution, sentiment d’insécurité… Des préoccupations qui reviendront plusieurs fois dans les confidences des habitants du quartier. Les aménagements prévus par la municipalité parviendront-ils à y remédier ?

Le futur payant du parking très mal accepté

Régine a assisté la veille à une réunion publique d’information sur la rénovation de l’îlot Laiterie. Elle en a retenu que les parkings de la rue du Ban-de-la-Roche vont devenir payants :

« De toute façon, il n’y a jamais de place. Et puis pour une femme qui part à 5h du matin ou rentre à 22h30, ce n’est pas évident de rentrer de ce parking. »

Le pari affiché de la municipalité est de permettre aux habitants du quartier de se réapproprier le parking en le rendant payant au tarif « résidents ». L’idée d’installer des agrès sur une partie des places de stationnement actuelles, pour que les habitants fassent du sport ? La retraitée ne se sent pas concernée :

« Il faut penser aux seniors aussi et aux aires de jeu pour les familles. En ce qui me concerne, je m’achèterais bien un petit vélo d’appartement. »

Selon les plans, les trois plus vieux immeubles de logements sociaux, situés face à la salle de la Laiterie au bout de la rue du Hohwald, vont être détruits. A leur place serait installée justement une aire de jeux pour enfants, à condition que le bâtiment de la Semencerie voisine – que les artistes vont bientôt devoir quitter – puisse être reconverti en logements sociaux.

Un cour urbaine et piétonne

La fin de la rue du Hohwald pourrait ensuite être transformée en cour urbaine et piétonne au moment de la rénovation de la salle de concert. Plusieurs associations du quartier, dont Porte ouverte, ont déjà manifesté leur envie d’animer cet espace. Régine se projette :

« Je pense plutôt que c’est toute la rue qu’il faut mettre en impasse. Mais si j’ai quelqu’un pour m’accompagner, j’irai dans cette cour. Il faut bouger. J’apprécie d’avoir la possibilité de faire des petits tours à pied autour de chez moi. »

Mamika regrette qu’on détruise trois immeubles de la rue du Hohwald. « Ces bâtiments font partie de Strasbourg. » (Photo : Salem Slimani / Rue89 Strasbourg / cc)

Arrive Mamika, habitante depuis 15 ans du quartier elle aussi. La mère de famille travaille à l’accueil périscolaire des enfants, de 17h30 à 19h. Alors les réunions de la Ville, c’est à chaque fois sans elle :

« Mais je lis ce qui passe dans les boîtes aux lettres. Je m’informe par les voisins. »

Si elle n’a pas de voiture, Mamika sait combien il est difficile pour ses voisins et ses invités de se garer dans le quartier. Ce qui lui manque ici ? « Un peu de verdure. »

Du bruit, trop du bruit

Ses enfants vont jouer dans le grand parc derrière la voie de chemin de fer ou ici, précise-t-elle en montrant la petit parc triste flanqué d’un unique arbre sans fleurs. Le projet de la municipalité prévoit de « végétaliser » une partie de l’actuel parking.

À la sortie de l’école maternelle Louise Scheppler, de l’autre côté de la voie de tram, au bord de l’autoroute, Brigjilda vient chercher sa fille. Pour cette habitante de la rue du Hohwald depuis un an (voir la vidéo ci-dessus), pas de doute, les places de parking sont préférables à des installations sportives :

« Le sport quand on est adulte, on peut en faire n’importe où si on est motivé. Mais se garer c’est plus compliqué. »

La traversée risquée du boulevard de Lyon

Rue de la Broque, Bella ramène aussi ses enfants de l’école. Sa famille y occupe un logement social depuis trois ans. Quand on l’interroge sur ce qu’elle aime dans son quartier, elle préfère évoquer tout ce qu’elle n’aime pas. De son appartement, Bella voit l’autoroute et l’entend surtout.

« L’hiver, sans les quelques arbres, c’est moche. Mais heureusement que nous ne sommes pas de l’autre côté, rue du Hohwald, avec les nuisances des salles de concerts en plus. »

Bella et ses enfants au retour de l’école. « La rue est bruyante mais heureusement qu’on n’habite pas rue du Hohwald. » Photo : Salem Slimani / Rue89 Strasbourg / cc

Bella fait référence à la Laiterie et au Molodoï, qui attirent plusieurs fois par semaine un public nombreux à des concerts ou à des événements festifs.

Le principal souci de Bella, c’est la traversée du boulevard de Lyon pour atteindre les trottoirs de la rue de la Broque.

« C’est très dangereux. Les voitures ne s’arrêtent pas pour laisser passer les piétons. Je connais quelqu’un qui a été blessé. Je suis déjà allée me plaindre au commissariat. Il faudrait un dos d’âne, une zone 30, voire un feu rouge. »

La mère de famille a bien compris que seule une pétition pourrait convaincre les autorités de réagir. Mais elle confie ne pas avoir l’aplomb d’aller faire du porte à porte. Lors de la réunion publique, l’adjoint de quartier Paul Meyer s’est dit impuissant pour l’heure à résoudre ce problème mais a assuré qu’avec les aménagements à venir pour le prolongement de la ligne G du bus à haut niveau de service (BHNS), un feu rouge pourrait enfin être installé. À quel horizon ? Les habitants s’impatientent.

« Que ça reste un lieu familial »

Bella adhère au projet municipal de rendre le parking du Ban-de-la-Roche payant :

« C’est mieux. Souvent je n’y trouve pas de place. Ce sont les gens du centre-ville qui l’utilisent, ou des gens qui laissent leur véhicule deux ou trois semaines. »

Elisabeth vient d’acheter un appartement dans la rue de la Broque (voir vidéo plus haut). Elle regrette que l’idée d’installer un marché sur le parking n’ait pas été retenue. Le projet de cour urbaine rue du Hohwald l’intéresse mais avec des réserves :

« Je pense que c’est une bonne idée. À condition que ça reste un lieu familial et pas juste centré autour d’un bar pour les jeunes qui viennent voir les concerts le soir. »

Pour les habitants de l’îlot Laiterie, l’enjeu des réaménagements futurs n’est pas tant de faire de leur quartier un lieu attractif pour les fêtards strasbourgeois qu’un espace de vie convivial et sûr.

Roland Ries se fâche pour mettre fin à une guéguerre de ses adjoints sur le commerce

Roland Ries se fâche pour mettre fin à une guéguerre de ses adjoints sur le commerce

Le maire de Strasbourg, Roland Ries (encore PS), a rappelé ses adjoints à l’ordre dans un communiqué diffusé dimanche soir. Dans ce texte, il rappelle qu’il est le chef de la majorité municipale, en qu’en tant que tel il « exige dorénavant le respect scrupuleux de la charte qui a été signée par chaque composante de la majorité, et [il est] décidé à sanctionner avec vigueur les membres de la majorité, et plus encore les membres de l’exécutif, qui s’écarteraient de la règle qui a été définie en commun. »

Tadaaa ! Qu’est-ce qui a pu mettre notre bon maire, d’habitude si calme, dans une telle colère ? L’affaire remonte à l’évocation fin avril, par Paul Meyer, adjoint au maire (La Coopérative) en charge du commerce, d’une possibilité d’imposer aux restaurants du centre-ville un minimum de 50% de produits locaux. Cette idée fait suite à l’installation prochaine d’un fast-food KFC à la place du Rocher du Sapin.

« Coups de com’ et benchmarking sur Google »

Début mai, Philippe Bies et Mathieu Cahn, deux autres adjoints mais socialistes, publient une tribune sur le commerce en centre-ville dans laquelle ils s’en prennent violemment à l’idée exprimée par Paul Meyer, sans le nommer :

« On ne peut pas d’un côté manifester son mécontentement quand des zones commerciales se développent à l’extérieur du centre et de l’autre vouloir empêcher ces enseignes de s’y implanter, sauf à vouloir spécialiser le centre de Strasbourg et ne le rendre accessible qu’à une partie de la population, l’autre devant se contenter de fast food en périphérie. (…) Si nous devons éviter la fuite des commerces en périphérie et en même temps les diversifier au centre, il faut agir de manière cohérente, développer une véritable stratégie offensive qui prend aussi en compte la croissance accélérée du commerce en ligne, un sujet peu abordé. (…) Cette stratégie ne saurait se construire à coups de com’, de benchmarking sur Google suivi d’annonces plus ou moins farfelues et toujours sans lendemain, au risque de proposer des mesures éloignées des valeurs que nous portons. »

« Des excuses ou la rupture »

C’est peu dire que Paul Meyer et le groupe La Coopérative ont mal pris le texte des adjoints socialistes. Dans un communiqué publié le lendemain, ils crient à l’attentat :

« Les élus de la Coopérative sont consternés par la violente tribune publiée par Philippe Bies et Mathieu Cahn. C’est un moyen pour justifier leur inaction face à la standardisation, leur soutien unanime à la ZAC Nord de Vendenheim, en cohérence avec leur positionnement politique de renoncement et de fatalité. Cette agression constitue une rupture totale de solidarité et une entorse à la charte de bon fonctionnement de la municipalité. Nous demandons à Philippe Bies et Mathieu Cahn de présenter leurs excuses et invitons les membres du groupe PS à prendre leurs distances par rapport à de telles pratiques. »

« Des débats collectifs svp ! »

Si le maire de Strasbourg a quitté le groupe socialiste du conseil municipal, c’est justement parce qu’il sentait que ce genre d’échanges peu amènes entre membres de sa majorité allait arriver. Dans son communiqué, Roland Ries rappelle :

« Il est naturel que les ambitions des uns et des autres s’expriment. Mais personne ne fait ses preuves en attaquant un collègue élu sur la même liste que lui. C’est par l’action, la loyauté et la vision qu’un élu s’impose. Lorsqu’il peut y avoir désaccord sur tel ou tel sujet d’actualité, j’appelle à ce que le débat soit collectif, qu’il mobilise l’ensemble de la majorité, et que l’issue en soit assumée par chacun. Le moment venu, il y aura un temps pour la campagne. Mais pour le moment, le temps est au travail, à l’achèvement de notre programme et du mandat que les Strasbourgeois nous ont confié. »

Car évidemment, cette passe d’armes entre adjoints est un nouvel épisode du feuilleton qui mène vers les élections municipales de 2020. Au sein de la majorité municipale, quatre groupes désormais se verraient bien avec une tête de liste dans deux ans : les Socialistes menés par Philippe Bies et Mathieu Cahn, En Marche mené par Alain Fontanel et Olivier Bitz, la Coopérative avec Paul Meyer et Eric  Schultz et les écologistes avec Alain Jund.

SOS nettoyeurs en détresse

SOS nettoyeurs en détresse

Cette semaine, Rue89 Strasbourg a révélé dans une enquête combien les conditions de travail des agents de nettoyage de la gare étaient difficiles. Sous-équipement, management par la peur… Les entreprises de nettoyage se livrent une concurrence féroce, et ce sont les employés qui en paient le prix.

Avec la loi contre les « fake news », Bruno Studer espère « envoyer un signal »

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Strasbourg a des idées pour occuper tous vos week-ends printaniers

Strasbourg a des idées pour occuper tous vos week-ends printaniers

En mai et juin, Strasbourg va accueillir six festivals et rendez-vous. Le NL Contest, le festival Contre-Temps ou le Pelpass Festival sont déjà bien connus. Un nouveau s’insère dans la liste : Plaine Débouchée à la Meinau.

Du 18 mai au 24 juin, Strasbourg accueille des festivals chaque week-end ! Le NL Contest, festival des cultures urbaines, ouvrira la saison printanière du 18 au 20 mai avec plus d’une vingtaine de compétitions sportives. Une grande scène musicale est ouverte pendant deux jours avec notamment le groupe de rap électro Foreign Beggars. Un espace sera dédié au Street Workout, une discipline émergente tenant à la fois de la musculation et de la gymnastique et qui se pratique en extérieur grâce à du mobilier urbain. Le club Artcorps Streetworkout organisera un battle sur un fond de musiques urbaines. • NL Contest les 18-19-20 mai au Skatepark de la Rotonde, Strasbourg-Cronenbourg. site web, page Facebook Avec un OFF du 28 avril au 26 mai. Pass 1 jour : 5€, Pass 3 jours : 5€ Du jeudi 24 au samedi 26 mai, place au Pelpass Festival au jardin des Deux-Rives avec Demi Portion, Yuksek, Soviet Suprem et une vingtaine d’autres artistes. La 2e édition du festival plein air affiche une programmation très éclectique allant du rap en passant par l’urban tzigan et la cumbia, proposée par de nombreux artistes internationaux. Au même moment débutera le Mini Maker Faire au Shadok qui proposera des ateliers créatifs, des animations et des conférences sur le thème du « Do-it-Yourself ». 45 « makers » seront présents pour montrer et vendre leurs inventions. Le but principal : solliciter la créativité des participants en les invitant à créer aussi. • Pelpass Festival,  les 24-25-26 mai au jardin Des Deux Rives, Strasbourg-Port-du-Rhin, site web, page Facebook Pass 1 jour : 14€, Pass 3 jours : 36€ • Mini Maker Faire, les 26-27 mai au Shadok, presqu’île Malraux, Strasbourg. site web, page Facebook Gratuit Au cours du mois de juin, ce sera au tour du festival Contre-Temps d’ambiancer Strasbourg. Ce rendez-vous de la musique électro s’étale sur les quatre week-ends du mois. Il débute avec la Block Party les 2 et 3 juin et se clôture avec les Pelouses Sonores dimanche 24 juin. La soirée officielle d’opening prendra la forme d’une exposition, avec des œuvres de l’artiste peintre américaine Ellen Rutt dans un endroit encore tenu secret. • Contre-Temps, du 7 au 17 juin un peu partout au centre de Strasbourg. site web, page Facebook. Prix variable selon l’événement

Plaine Débouchée, un petit nouveau à la Meinau

Nouvel entrant dans cet agenda surchargé, Plaine Débouchée est un festival organisé par un collectif d’artistes et d’artisans vendredi 1er et samedi 2 juin au Colod’Art et aux anciennes usines Junkers (rue du Maréchal Lefebvre). En tout, une cinquantaine d’artistes résidant à la Plaine des Bouchers exposeront leurs travaux et leurs créations. Des jeux, des concerts et des performances artistiques sont aussi prévues. Une organisatrice précise :
« On va bloquer la rue, on fait sortir les artistes des ateliers. L’idée, c’est de dire qu’ici se trouvent énormément de créateurs, de montrer les savoirs-faire dans un esprit festif et de rencontre avec le public. En même temps, on veut faire découvrir l’architecture du lieu, expliquer comment il s’est construit et comment on se l’ai réapproprier en lui donnant une seconde vie. »
En filigrane, les organisateurs font en effet part d’une volonté de mettre en lumière ces deux sites industriels chargés en histoire. Le bâtiment Junkers est un site industriel datant de 1911, réquisitionné au début de la Seconde Guerre mondiale par Junkers Flugzeug & Motorenwerke AG pour la production et les révisions de moteurs de bombardiers et d’avions de chasse. Le second édifice quant à lui, abritait l’usine Lesieur de colorants alimentaires. Des visites guidées seront proposées, en mémoire de cette culture ouvrière. • Plaine Débouchée, les 1er-2 juin, bâtiments Junkers et Colod’Art, rue du Maréchal-Lefebvre. page Facebook Gratuit. Puis c’est au tour du festival Des Bretzels et Des Jeux de se dérouler, samedi 9 et dimanche 10 juin place et salle de la Bourse (1 place du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny). Comme chaque année, les visiteurs pourront rencontrer une quarantaine d’éditeurs de jeux de société venus de France et tester leurs nouvelles créations et rencontrer Martin Vidberg, le dessinateur de l’actu en patates et grand amateur de jeux de société. La grosse nuit du jeu du samedi soir donnera accès aux participants à un très grand buffet de jeux divers et variés. • Des Bretzels et Des Jeux, les 9-10 juin, salle et place de la Bourse à Strasbourg. site web, page Facebook Gratuit.

Adieu le Rhénus, place au « Crédit Mutuel Forum » pour la SIG

Adieu le Rhénus, place au « Crédit Mutuel Forum » pour la SIG

C’est bien le Crédit Mutuel qui donnera son nom à la nouvelle « arena » de la SIG. Cette nouvelle salle, qui incluera 6 000 m² de surfaces commerciales va s’appeler… le Crédit Mutuel Forum.

Avec le temps, c’était devenu un secret de polichinelle. Rue89 Strasbourg vous annonçait dès février que le Crédit Mutuel aller donner son nom à la future salle de la SIG. Le club de basket, la Ville de Strasbourg et l’Eurométropole ont enfin confirmé officiellement vendredi après-midi le sponsor principal pour l’agrandissement du Rhénus Sport, dans le quartier d’affaires Archipel au Wacken.

Sauf qu’il ne faut plus dire « Arena » comme depuis le lancement du projet en 2015, mais « Forum, le “Crédit Mutuel Forum” », a ainsi annoncé Nicolas Théry, président de la Caisse Fédérale du Crédit Mutuel, créant ainsi une demi-surprise. Pourquoi un « Forum » alors que des « Arena » s’inaugurent un peu partout en France, avec ou sans « namer » ? Explication de Nicolas Théry :

« L’équipe mythique des Los Angeles Lakers avec Magic Johnson jouait aussi dans un Forum dans les années 1990 ! »

Plus précisément, le Great Western Forum, remplacé par le Staples Center depuis. Strasbourg – Los Angeles, même combat !

Plus de places et des revenus commerciaux

Le club espère jouer dans sa future antre pour la saison 2021/2022. L’extension vise à passer de 6 100 à 8 007 places. L’agrandissement permettra aussi d’implanter 6 000 m² espaces commerciaux (restaurants, boutiques) pour lesquels le club espère tirer un loyer, afin d’augmenter son budget sportif et recruter des joueurs toujours plus forts. Enfin, de plus grands « espaces d’hospitalité » pour des événements d’entreprises sont aussi prévus.

Les travaux visent à surélever le toit du côté du canal de la Marne au Rhin, pour ajouter un étage de tribunes supplémentaires. La Sig continuera de jouer dans son arène pendant les travaux, comme lors de la création du Rénhus Sport à la place du Hall Rhénus Nord au début des années 2000. Une fois les travaux terminés, elle utilisera les lieux, propriété de l’Eurométropole, au titre d’un bail emphytéotique, long et à loyer symbolique qui fera l’objet d’une délibération, vraisemblablement en juin.

Le toit côté canal serait surélevé pour ajouter. Un grand parvis serait aussi aménagé à hauteur de l’arrêt de tram. (Visuel Nogha Consulting)

10,5 millions d’euros d’argent public

« La banque à qui parler » associera son nom pendant 15 années à la salle de la SIG. Le montant ne sera indiqué qu’en fin d’année 2018, avec le plan de financement complet. En mai 2017, le club tablait sur 7,5 millions d’euros, mais sur 10 ans et non 15. Quoiqu’il en soit, le montant restera bien abordable pour par le Crédit Mutuel-CIC par rapport aux 2,4 milliards d’euros de bénéfices réalisés rien qu’en 2017

Le total de l’opération est estimé à 40 millions d’euros. Au total, 10,5 millions d’euros seront apportés par les collectivités (4,5 millions d’euros par la Région Grand Est, 4 par la Ville de Strasbourg et 2 par le Département du Bas-Rhin). Le reste des travaux est financé par un emprunt de 29,5 millions d’euros, garanti en partie par l’Eurométropole de Strasbourg et remboursés en partie par le chèque du Crédit Mutuel.

Une salle annexe

Satisfait de cette « concrétisation, qui est aussi un point de départ », le maire de Strasbourg Roland Ries (PS) a notamment précisé que l’argent de sa municipalité financera une salle annexe, pour les entraînements ou d’autres compétitions.

Le président de la SIG, Martial Bellon, a aussi indiqué que Strasbourg et son club se sont ainsi positionnés pour accueillir des matches de la Coupe du monde de handball en 2022, que la France espère organiser. En revanche, il a été convenu qu’ »aucun spectacle pouvant faire concurrence au Zénith » ne sera hébergé, selon Robert Herrmann (PS), président de l’Eurométropole.

Comme indiquait Martial Bellon dès 2015, le club espère franchir un pallier sportif au niveau européen avec ce projet :

« Depuis huit ans, nous avons développé ce club sur deux jambes : l’aspect sportif et l’aspect économique. Pour atteindre le top-20 européen, nous devons disposer d’un équipement aux standards européens. »

Plan détaillé de l’extension (plan Nogha Consulting)

Crédit Mut’ partout dans l’Archipel

Dans ce qui commence tout doucement à ressembler à un futur « Quartier Crédit Mut’ », la banque mutualiste comptera près de 6 000 salariés dans les environs. Il y en a déjà 3 000 à son siège situé à quelques centaines de mètres de là (« 7 minutes », dixit Nicolas Théry). Elle a également acheté un grand immeuble nommé « Le Lab, » en face de l’Arena, pour y implanter sa filiale informatique Euro Information. Et la banque a confirmé qu’elle construira une nouvelle tour de bureaux, voisine de l’Arena, côté Parlement européen, pour regrouper 1 200 salariés. La tour CIC, près de l’autoroute accueille aussi plusieurs centaines de collaborateurs du groupe.

Si la banque est très présente dans les événements sportifs amateurs locaux, le Crédit Mutuel n’est guère actif dans le monde professionnel. Mais cet investissement n’est pas un revirement de stratégie pour autant, poursuit Nicolas Théry :

« Nous n’avons pas vocation à financer du sport professionnel (bien qu’une des filiales, Cofidis, possède une équipe cycliste depuis 1997, ndlr), les demandes seraient bien nombreuses. Ici, nous accompagnons le développement d’un quartier. »

Bons résultats sportifs

Côté sportif, la SIG a remporté la Coupe de France fin avril. Deuxième ex-aequo du championnat à trois journées de la fin, elle participera aux phases éliminatoires dans l’espoir de remporter un titre en juin, après 5 échecs d’affilée en finale. Sur le plan européen, elle a été éliminée en quarts de finale de la « Ligue des champions », compétition de deuxième niveau, après l’Euroligue.

Laurence Vaton démissionne de la tête d’En Marche dans le Bas-Rhin

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